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 Behind a vacant image [pv Caly & Oz]

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MessageSujet: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Ven 26 Juin - 3:33



[Ominous]


Chaque homme dans sa nuit, s'en va vers sa lumière.

Et les autres, il ne les voit pas. Il s'avance seul, fendant une foule de visages inconnus, courant vers les vicissitudes mornes de leur vie qu'ils croyaient paisibles. Il les ignore, ne les regarde pas. Il se contente d'aller à contre-courant, comme il l'a toujours fait. Non pas comme le ferait un rebelle ou un libre-penseur. Il n'est rien de tout cela et pourtant tout à la fois. Il ne suit qu'une seule voie, celle que lui-même il trace. On le bouscule d'un coup d'épaule, un mot d'excuse, un rire gêné. Il ne se retourne même pas. Il n'en voit aucune utilité. De toute façon, il l'a déjà oublié. Aucune de ces personnes ne font parties de son monde. Ils ne font que graviter autour de lui, il les garde hors de son champ de vision. Ils ne sont riens pour lui. Jamais ils ne seront autre chose.

Il fait nuit.

Il tourne au coin d'une rue, empruntant une allée plus éparse mais qui ne s'en trouve que plus chaleureuse. Des rires, des bribes de paroles, une douce chaleur emplie d'odeurs de nourritures aux multitudes de saveurs, lui parviennent de terrasses de restaurants ou de cafés. Il ne s'arrête pas. De la musique résonne dans cette rue, diverse, multiple, inconstante. Violon, saxophone, soliste ou petit groupe. Il ne les écoute pas. Son esprit est ailleurs, tourné vers autre chose. Un grain de sel, un rouage grippé dans une mécanique qu'il pensait huilée. Une tumeur qu'il doit prévenir avant de se résoudre à la guérir. Le Gouvernement. Encore et toujours. Les Rois, les nouveaux Empereurs de ce siècle. Il avait dû s'abaisser à leur niveau, négocier, parlementer avec eux. Pour garder ce qu'il possédait, ce qui lui appartenait. Et malgré un orgueil piqué au vif, il s'était résolu à respecter sa part du marché. Mais il se doutait que tôt ou tard, cet accord qu'il savait pourtant éphémère et instable, finirait par disparaître, effacé par les ambitions de cette élite ignorante. Et qui n'en était que plus dangereuse encore, tant cette ignorance la gangrenait.

Un vaccin. Un soi-disant remède. Une alchimie destinait à contrôler les masses. Une chimère qui jamais n'aura besoin de Bellérophon. Il le sait. Du moins, en était-il persuadé. Une telle ne pouvait exister. Une telle chose n'existerait jamais. Mais pourquoi alors ? Pourquoi il ne pouvait empêcher cet étrange sentiment de poindre dans son esprit, de rendre les battements de son cœur un peu plus difficile ? Il n'avait pas l'habitude de ressentir une chose aussi prosaïque que le doute. Et cela l'énervait profondément. Il inspira profondément, et chercha quelque chose dans une de ses poches.

Il s'alluma une cigarette, la fumée s'échappant dans son sillage.

Il l'avait vu de ses propres yeux, ce que le Gouvernement dans sa folie était prêt à faire. Ce vaccin, cette sainte promesse aux brebis égarées, avait besoin de corps, avait besoin de cobaye. Et des cobayes, la Nouvelle-Orléans n'en manquait pas. Ils avaient pourtant tout planifié, rendu cela le plus officiel possible. Appel aux volontaires contre rémunération, ou jouant sur la corde sensible de quelques patriotiques, un sentiment qui dans ce monde, n'était que fadaise inutile. Mais ce simulacre, ce spectacle de marionnettes, n'était qu'une façade. Il les avait vus, ces voitures et ses hommes vêtus de noirs. Et ceux qu'ils capturaient, personne ne les revoyait. Mais personne ne s'en souciait. L'illusion était parfaite, le public naïf et crédule.

Le Gouvernement prend. Mais jamais il ne rend.

Alors, comme les Rois de jadis, il protégerait ce qu'il lui appartient. Il pouvait tout perdre, tout sauf elle.

Une nouvelle rue.

Il ralentit son pas, et s'adossa contre un arbre, fixant une porte noire, portant l'inscription dans la langue de la lointaine Albion ''Staff Only''. Puis il attendit. Une multitude de tête s'échappèrent du Old Absinthe House, et comme les autres, il les ignora. Il avait jeté sa cigarette sans la finir, ne fumant plus par effet de mode que pour autre chose, espérant ainsi que l'odeur n'imprégnerait pas trop le tissu de ses vêtements. Elle détestait quand il fumait.

La porte s'ouvrit une nouvelle fois. Mais elle n'était toujours pas là. Elle avait sûrement dû oublier quelque chose, comme cela lui arrivait souvent. Mais, comme pour le faire mentir, le cliquetis de la porte qui s'ouvre et se referme résonna à nouveau, et une crinière rousse qu'il connaissait s'offrit à son regard. Il se redressa, et fit quelques pas vers elle.

Caly.


Il s'arrêta juste devant elle. Il réprima le désir ardent qu'il ressentait alors de la prendre dans ses bras, et d'embrasser ses lèvres, mais ce doute qui le rongeait, et qui se muait en autre chose à présent, de plus viscéral, retint son geste. Alors, il essayait au moins de contrôler sa voix, en éliminant les traces de sa colère passée qui y subsistait.

Qu'est-ce qui t'as pris autant de temps ?


Entre eux, ils ne se parlaient qu'en français, par habitude, par nostalgie. Peut-être aucun des deux. Peut-être les deux à la fois.


Dernière édition par Oscar de Lagny le Mar 14 Juil - 1:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Mar 7 Juil - 11:43



Behind a vacant image.

(pv) Oscar de Lagny


~

Calypso parle français.

Le monde tourne et tourne sans toi, Mère, alors que tu te perds dans des pensées qui ne te vont pas, des pensées qui ne devraient pas exister. Serveuse, tu entends les ragots. Idiote, tu les déformes. Naïve, tu y crois dur comme fer. Maudite, tu espères.
Un espoir vain, crois-moi. Ce ne sont que mensonges et fagotages d'habitués, d'hommes plus saouls que sobres, comme toi. Tu t'y accroches, pourtant. Tu prêtes l'oreille, tu écoutes ce que le monde t'offre, ce que les dieux ont mis sur ton chemin. Une porte de sortie, une lumière dans l'obscurité, l'information de trop, la rumeur qui écrase toute intelligence au fond de ton regard.
Faut-il être complètement folle ou stupide pour croire des choses pareilles ? Ou bien es-tu les deux, héritage de ton errance, de ton cœur brisé ? Tu devrais, pourtant, poser un œil critique sur les mots, déchiffrer le faux du vrai et comprendre que l’espoir appartient aux faibles. Je sais que tu le peux, que tu l'as déjà fait, que tu as été plus rusée que ça, plus dangereuse que jamais. Je sais, et tu sais aussi, qu'aucun homme ne t'aurait aimée idiote, perdue, désespérée. Tu as été tellement plus et tu as simplement… oublié. De ce temps, tu ne gardes que mes grands yeux innocents qui pleurent ton absence et te prient de ne pas faire de moi la fin de toi.

C'est le cœur serré que tu arpentes la salle de long en large, l'air absent, un sourire aussi faux que les autres sur les lèvres. Tu penses, Mère, tu oses penser à ces mots qui t'ont été soufflés, à cet espoir qui nourrit ton cerveau en idiotie. Tu veux y croire.
Comment pourrait-ce être faux ? Tu as perdu des odeurs sur ton chemin, des éclats de lumière dans les ténèbres de tes nuits. Tu as senti un vide autour de toi, des corps en moins dans ton sillage putride. Tu as vu qu'il manquait quelqu'un, encore et encore. Tu sais que c'est vrai, que le gouvernement les prend, leur promet et leur donne. Et tu sais qu'ils réapparaissent rarement.
Tu veux y croire, pourtant. Encore et encore. Accroché à la bouée que l'on te lance. Un vaccin. Un vaccin à ta malédiction, un remède à tous tes maux, une solution à vos querelles. Crois-tu qu'il changera votre vie, à tous les deux ? Crois-tu que Père t'aimera plus dans ta normalité ? Crois-tu réellement que ça va tout arranger ?
Réfléchis. Le passé restera comme il est. Les mensonges ne seront pas dévoilés. Les actes ne seront pas pardonnés. Les morts ne seront pas ressuscités. Vous êtes voués à l'échec, à la destruction. Un vaccin n'y changera absolument rien, Mère. Vous vous êtes déchirés bien avant que la malédiction ne salisse ton corps et ton esprit. Bien avant que le monde n'explose sous vos pieds.
Tu continues d'y croire, pourtant, de vouloir sauter dans la gueule du loup, refermer tes bras maternels sur le gouvernement, épouser leur cause perdue. Tu veux ce vaccin pour des raisons obscures. Des raisons que tu ne pourras jamais lui dévoiler. Mais es-tu seulement capable de lui cacher quelque chose ? Tu en as déjà trop fait, Mère, trop dit. Vous vous perdez dans vos propres mensonges, dans les non-dits de vos passé et présent. Un mensonge de plus, un seul, et tout pourrait basculer, se briser, précipiter vos corps dans leur lente décadence, vos âmes jusqu'aux enfers. Un jour, vous devrez vous détruire. Mutuellement.
Et ce jour est peut-être déjà arrivé.

L'élastique glisse le long de tes cheveux roux et échappe à tes doigts pensifs. Tu reprends conscience du monde, prenant peur, soudainement, de la maladresse dont tu as dû faire preuve alors que tu n'étais pas concentrée sur ton travail. Mais les battements de ton cœur se stoppe rapidement à l'idée qu'un verre cassé, un liquide renversé, auraient dû te ramener à la réalité. Tu ramasses alors tes quelques affaires le plus rapidement possible, comprenant au collègue qui sort en te saluant, que tu es la dernière à rester et qu'il te faut te dépêcher.
Le courant d'air qui s'engouffre par la porte, avant qu'elle ne se ferme, amène à ton esprit une odeur étrangement familière. Néanmoins, tu sembles encore trop endormie par tes divagations spirituelles pour comprendre l'étendue de la menace, du danger, derrière la porte.
Par le plus grand des hasards, tu as rassemblé ton maigre courage et choisi ce jour pour fuir la dictature d'un sorcier et te jeter, volontairement, dans les bras menaçants du gouvernement. En réalité, tu ne comprends pas non plus que le plus grand danger vient de la tête de la nation, et non de la tête d'un homme jaloux et possessif. Pour faire simple, tu ne comprends rien au gouvernement et à la politique. Il ne t'en parle que rarement et juste trop pour que les mots s'entrechoquent et perdent le moindre sens à tes oreilles. Si tu l'avais écouté, peut-être, je dis bien peut-être, qu'alors tu ne te jetterais pas dans le piège des vicieux de ce monde.

L'odeur te frappe lorsque la porte s'ouvre devant toi et percute ton épaule alors que tu ne la tiens plus. Cigarette. Certes, mais tu reconnais l'homme avant même de l'entendre parler. Ce n'est pas n'importe quelle cigarette. Ni n'importe quelle connaissance qui aurait pu attendre la fin de ton service pour te parler.
Oz.
Ton regard glisse vers le sien et tu déglutis péniblement, consciente que ton plan d'évasion, de fuite, ton plan de folie est voué à l'échec par sa simple présence. Tu pourrais, tu le veux, te jeter dans ses bras et embrasser ta mort, ta lente agonie. Ta résolution, pourtant, n'a jamais semblé aussi grande et tu fermes les poings pour contenir l'amour et laisser place à la haine. Ou presque.

A deux doigts de craquer, de prendre ses doigts entre les tiens et de l'emmener au loin, il se permet des mots qui brisent ton cœur en mille morceaux. S'il se croit capable de te cacher sa colère, alors vous n'êtes plus faits que pour vous détester et vous entre-tuer. Tu l'as déjà fait, après tout, ça ne devrait pas être difficile de recommencer.
Un faux sourire aux lèvres, tu approches d'un pas de plus, les yeux papillonnant de défi et de mensonge, prête à resserrer ton piège sur un cœur qui n'en souffrira pas. Il te faut simplement trouver un moyen de t'éclipser et tu comprends, presque immédiatement, que tu n'en trouveras pas. Tu es une mouche prise dans la toile, la Terre qui gravite autour du Soleil. Tu ne lui échapperas jamais.

Si j'avais su que tu venais, tu ne m'aurais pas attendue. Ta main se pose sur son torse et le repousse. Mais ce n'est pas le bon jour, Oz, j'ai des choses à faire. Et ça ne te regarde pas.

Sans attendre qu'il t'en empêche, tu tournes les talons et fais ton premier pas. Alors que tu crois sentir ses doigts glisser sur ton bras, jeu de ton imagination et de l'envie de rester avec lui, tu t'écartes violemment, tes pieds s'entrechoquant dans leur maladresse. Tu t'étales sur le sol, plus idiote que jamais, incapable de fuir. La confrontation est inévitable et tu en as déjà trop dit, Mère.
Peut-être finira-t-il par jeter lui-même les morceaux de ton corps dans les flammes du gouvernement.

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MessageSujet: Re: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Mar 14 Juil - 1:50



Rage, enrage. D'être incapable de faire un simple choix.

De sa réponse, naquit un sentiment étrange, proche et à la fois éloigné, de l'étonnement. Une chose qu'il n'avait pour habitude de connaître, si habitué qu'il était à tout prévoir, tout anticiper. Mais elle venait de lui prouver une nouvelle fois que son inconstance n'était pas une chose prévisible. Il resta interdit, ne sachant que dire, que répondre, alors qu'elle posait sa main sur son torse et le repoussait. Il la vit faire un pas, puis un autre, la suivant du regard sans réellement la voir, alors que ses paroles s'immisçaient dans son esprit, et que leur cohérence le frappait de plein fouet. Son esprit aimait à prendre des raccourcis quand cela l'arrangeait, et il ne mit pas longtemps à faire le lien de cause à effet.

Il ne pouvait s'agir que de cela. Le destin semblait vouloir en faire les rouages du chemin qu'il s'évertuait à tracer pour eux.

Il ne la vit trébucher qu'une fraction de seconde trop tard. Il tendit la main pour la rattraper,  mais ce temps de latence suffit à Calypso pour s'étaler de tout son long sur le trottoir. Il s'agenouilla, observant son corps à la recherche d'une trace de blessure quelconque, d'une égratignure aussi infime soit-elle. Il dégagea une mèche de cheveux rouquins qui lui cachaient son visage, et la prit par la main pour la relever. Il connaissait sa maladresse, mais même s'il lui arrivait de s'en amuser en d'autres circonstances, il ne voyait rien d'amusant ce soir.

Ça va ?


Il avait plus soufflé que murmuré ces quelques mots, d'une voix absente de toute émotion autre que l'inquiétude. Mais son trouble latent et les paroles qu'elle avait prononcées ne tardèrent pas à reprendre pleinement la place qui étaient la leur. Il resta un moment silencieux, refoulant plus inconsciemment que volontairement toute trace d'animosité dans sa voix, que le geste de son aimée aurait pu provoquer en lui. Il voulait comprendre, comprendre avant d'agir. Son assurance quant au lien qu'il pensait avoir fait s'était envolée avec la chute de la rouquine, balayant ses certitudes aussi facilement que les nuages chassent le soleil.

Où vas-tu, Caly ? Il planta ses yeux dans les siens, conscient de la froideur naturelle qui les habitaient. Tout ce qui te regarde me regarde.


Ses paroles auraient souffert nulle contestation habituellement, mais la lueur qu'il voyait dans les yeux de Calypso lui fit comprendre tout le contraire. Elle était à lui, elle lui appartenait, maintenant et à jamais, mais il ne la contrôlait pas pour autant, il le savait parfaitement. Mais elle ne pouvait lui cacher quelque chose bien longtemps, tout comme lui en était tout aussi incapable, dans cette espèce de valse dangereuse qu'ils aimaient à pratiquer, oscillant entre mensonge et vérité, faux mensonge et réelle vérité. Les saisons pouvaient mourir les unes après les autres, ils avaient trouvé comment leur survivre, comment survivre l'un à l'autre.

Il l'observait toujours, silencieux, flirtant avec la limite tenue d'un air contemplatif devant la beauté de son visage. Lui-même ne comprenait pas réellement la façon qu'il avait de réagir, avec cette fausse douceur, se voulant tellement fausse qu'elle en devenait vraie,  cette retenue qu'il avait dans sa voix et dans ses gestes, à cent lieues de ce qu'il s'était imaginé. La colère fit battre son cœur un peu plus vite, mais cette fois-ci, elle n'était dirigée que contre lui, et uniquement contre lui, et nulle trace extérieure ne put en témoigner, et personne n'aurait pu le remarquer. Personne hormis elle.

Il n'aimait pas ce qu'il se passait, mais était incapable de le montrer comme il l'aurait dû.

Tu n'as aucune raison de t'attarder dehors. Aucune que je connaisse, aucune que je n'ai besoin de connaître. Il aurait voulu lui tendre la main, espérant qu'elle la prenne dans la sienne, mais il savait déjà qu'il n'en ferait rien. Rentrons.


Son s'était durci, comme pour répondre au chaos qui embrumait son esprit, en choisissant la facilité, en choisissant ce qu'il connaissait. Il regrattait presque aussitôt ce parfum d'animosité distillé dans sa voix, mais son visage n'avait pas pour habitude d'exprimer physiquement les regrets. Seuls ses mots en avaient le pouvoir. Mais ils refusaient de franchir ses lèvres.  

Un instant d'hésitation. Un aveu de faiblesse.

S'il-te-plaît.


Il gomma la pointe de supplication qu'il crut percevoir dans ses mots en ne la quittant pas des yeux. Un silence qui ne lui plaisait pas fut la réponse qu'il entendit, alors qu'ils se défiaient  du regard, attendant le premier signe trahissant les intentions de l'autre. L'ombre de ce qu'il savait le hanter. La connaissance est le pouvoir, mais ce pouvoir ne peut jamais être réellement contrôler. Il ne peut qu'attendre et réagir, et prendre en compte ces constantes et ces variables pour guider ses actes. Et dans cette alchimie chaotique à laquelle se livrait son esprit, germait ce sentiment qu'il exécrait par dessus tout. Le doute. Car après tout, peut-être se trompait-il, peut-être se laissait-il aveugler par son égoïsme et son arrogance, par la peur qu'on lui prenne, qu'on lui enlève celle qu'il possédait et posséderait à jamais.

Mais peut-être était-ce tout le contraire.

Comme une piqûre de rappel, il saisit toute l'amertume de constater à quel point son pouvoir pouvait se montrer aussi contrôlable que versatile.  

Quiconque les aurait observés à cet instant, se dévisageant l'un l'autre dans le silence, n'aurait jamais pu deviner le lien qui les unissait, ni même comprendre ce qu'ils représentaient l'un pour l'autre. Ils étaient aussi différents que pouvait l'être le jour et la nuit, mais se ressemblaient peut-être plus qu'eux-mêmes ne l'auraient jamais voulu. À la fois fardeau et pilier. Chimère et Bellérophon.

Ils se sauvaient, autant qu'ils s'entre-tuaient.
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MessageSujet: Re: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Ven 17 Juil - 12:07



Behind a vacant image.

(pv) Oscar de Lagny


~

Calypso parle français.

Tu aurais voulu rester là, allongée contre les pavés, à deux doigts de crier ou de pleurer, maudissant le mauvais sort et ton manque d'habilité. Tu sais pourtant faire preuve d'une grande adresse quand tu le veux, Mère. Quand tu n'es pas concentrée sur autre chose que ce que tu désires faire. Tu pourrais te mettre à taper des mains et des pieds, comme une enfant, simplement parce que son parfum est trop fort, qu'il pue la cigarette, qu'il n'a pas fait un seul geste pour te ramasser et qu'il t'aide maintenant à te lever.
Tu n'en fais rien, pourtant, prenant simplement soin de ne pas croiser son regard tout en époussetant tes vêtements. Tu voudrais le frapper pour avoir été là au mauvais moment, et tu maudis son incroyable sixième sens. Echapperas-tu jamais à sa vigilance ? Tes plans sont voués à l'échec à l'instant où ils traversent ton esprit, Mère, tu devrais le comprendre à force.

Ca va !

Boudeuse, tu rejettes ses inquiétudes d'un geste de la main. Même si tu avais été blessée, ton corps n'est que trop habitué aux chutes et aux coups pour ne pas savoir s'en défendre. Tu n'aurais pas le temps d'avoir mal que la blessure ne serait déjà plus qu'un souvenir. Pourtant, il ose s'inquiéter de ce qu'il a provoqué, il t'humilie de ses petits yeux qui se moquent de l'engourdie, de l'étourdie. Il te pousse à tomber pour mieux t'écraser, a-t-il toujours été si cruel ? Oui.
A ses mots, tes iris s'illuminent de défi et tu mimes sa façon de parler comme un enfant contrarié. Croyait-il que tu allais tout lui révéler, là, dans l'immédiat, simplement parce qu'il l'a demandé ? Tu es presque tentée. Tu voudrais tellement voir la tête qu'il fera en comprenant ta folie, ton idiotie. Le voir comprendre qu'il ne peut plus rien pour toi, qu'il est la cause de tout ça. C'est une douce vengeance à tes oreilles, mais tu ne peux décemment pas te laisser prendre à son jeu. Il veut que tu capitules avant de t'être défendue ? Très bien, alors l'heure de la guerre a sonné.

Voilà maintenant que le dragon retient la princesse prisonnière de son château. Si tu ne fuis pas maintenant, tu seras condamnée à attendre le prince charmant – qui ne viendra pas, bien entendu. Il doit bien avoir un moyen de t'échapper à ses griffes acérées, de ne pas suivre la main qu'il tend à ton esprit égaré. Main qui, d'ailleurs, aurait fait flancher ta résolution de son côté s'il l'avait levée devant tes yeux pour que tu la prennes. Tu te félicites donc de la voir inutilement pendante à son côté, comme sa jumelle, bien qu'elle soit tout aussi tentante.
Aah… le démon est vicieux et tu serres les poings pour lui résister. Ton dos se redresse, tu lèves le menton et, les bras croisés sur ta poitrine, tu le défies du regard. Qu'il essaie donc de tenter la Mère avec sa colère, il n'arrivera à rien d'autre que t'éloigner un peu plus de lui. Ou presque.
Quatre mots suffisent à ébranler tes convictions, à plisser tes paupières sur tes yeux clairs. S'il te plaît. Tu es faible, finalement, et ton corps tremble pour te le faire comprendre. Tu vas tomber dans ses bras et il te punira pour l'avoir défié, non ? Non. Cette fois, il ne t'aura pas, il ne pourra pas t'empêcher d'être folle. Tu veux ce vaccin, qu'il existe ou non, tu veux tout faire pour te séparer du chat. Pour redevenir…

Non.

Un sourcil haussé, tu le regardes avec surprise. D'un pas en arrière, tu as brisé le contrôle qu'il exerçait sur ta personne, tu as permis à tes pensées de sortir dans ce simple mot. Non. Comme si c'était logique, comme s'il aurait dû s'attendre à ce que tu refuses, à ce que tu te rebelles contre lui. Comme s'il n'aurait jamais dû croire que tu le suivrais. Comme si ça avait toujours été impossible.

Tu ne comprends pas. Tu ne peux pas m'en empêcher, pas cette fois. Je dois y aller.

Pourquoi ? Que t'es-tu mis dans la tête pour te forcer à te jeter dans les bras du loup ? Qu'as-tu cru possible pour attendre qu'il refermer ses crocs sur ta gorge ? Tu es idiote, vraiment. La plus idiote de toutes. Mais tu es déterminée, et tu es bornée. Il ne pourra pas t'arrêter, tu iras jusqu'au bout, tu dois aller jusqu'au bout, vérifier que c'est possible, que tu vas guérir. Il ne peut pas t'arrêter, il n'en a pas le droit.
N'est-ce pas de sa faute, après tout ? N'est-ce pas à cause de lui que tu es ici, à chercher un moyen de lui échapper ? Ne devrait-il pas se montrer compréhensif, essayer de corriger ses erreurs ? Non, tu ne sais que trop bien qu'il aime ce qu'il t'a fait devenir, ce qu'il t'a obligée à être. Tu sens qu'il jouit du contrôle qu'il a sur l'animal, du pouvoir qu'il exerce sur ta personne. Mais tu sais aussi qu'il s'en mordra les doigts un jour, que tu lui feras payer ton malheur. Et tu es prête à te faire tellement de mal pour ça…

Tout ça, c'est de ta faute, de toute façon. Si tu étais simplement mort, si tu m'avais laissée tranquille, alors rien ne serait arrivé, et je ne serais pas en train de te fuir maintenant. Je vais y aller, Oz, je vais aller voir le gouvernement. Un vaccin, tu as entendu ? Je le veux. Je n'accepte pas ce que tu as fait de moi. Si tu n'avais rien fait, j'aurais pleuré ta disparition, peut-être, mais j'aurais fini par en trouver un autre, plus grand, plus riche, plus puissant, plus beau. Tu pouffes légèrement. Et tellement plus doué. Il m'aurait épousée, comme tu n'as jamais eu le courage de le faire, et nous aurions eu pleins d'enfants, de jolis petits enfants, loin de ta méchanceté pour les tuer ! Qui sait… je serais peut-être devenue Reine de France, Première Dame ou Impératrice, plus que tu ne seras jamais, Oscar.

Tu oses cracher ton venin sur l'homme le plus dangereux que tu connaisses, perdue dans ta folie, ta folle envie. Et tu sais que tu ne trouveras pas de meilleure occasion de fuir, de le fuir, lui et sa colère. Alors tu t'élances sans crier gare, prenant soin de ne pas faire le moindre faux pas, mettant ta grande endurance à l'épreuve de la sienne. Et tu pourrais rire de savoir qu'il va te suivre, te poursuivre, courir, lui, le grand Oz, à la suite d'une idiote, d'une putain. Tu pourrais si ta résolution ne s'émiettait pas à chacun de tes pas, si tu ne sentais pas ton cœur exploser à l'intérieur de ta poitrine. Et alors, sans t'en rendre compte, tes pas te mènent jusqu'à chez toi, chez lui, et tu t'écroules sur le palier, brisée, détruite, en larmes. Il ne comprend pas. Tu essaies de t'en convaincre, de le rendre responsable de ton malheur. Il ne comprend pas. Que tu veux simplement revoir mes grands yeux, sentir mes petites mains, entendre un maman sortir de ma bouche. Il ne comprend pas. Que tu veux guérir. Que tu veux simplement être fertile et entendre mes rires à nouveau. Mais ce ne sera pas moi, Mère, car je n'existe pas. Il ne comprend pas. Que tu veux redevenir Mère et que je n'existerai plus.

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MessageSujet: Re: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Mar 21 Juil - 23:02



Ses paroles s'insinuèrent comme un poison dans ses veines, s'insinuant par tous les pores de sa peau.  Elles firent s'accélérer les battements de son cœur, s'intensifier sa respiration. Ses poings se serrèrent, de frustration, de colère. Elle soufflait sur les braises ardentes de son orgueil, assombrissant son regard, fermant son visage. Ses paroles étaient absurdes, noyées par une haine dont il était l'origine et le récipiendaire, mais elles le frappaient avec plus de force qu'il ne l'aurait pensé. Elles lui faisaient mal, autant qu'il était possible d'en faire à quelqu'un comme lui, et cela l'énervait.

Ce sentiment qui le rongeait aurait pu la faire taire, mais cela n'aurait rien changé. Ce geste qu'il se refusait de faire n'aurait que contribué à rendre plus béant encore l'abîme qui les séparait. Alors il se taisait, absorbant toute sa rancune, toute sa haine, toute sa détresse. Il la laissait faire, tant que ses actes ne se limitaient qu'à des paroles dont il avait sans doute nourrit la véhémence. Mais jamais il ne la laisserait mettre en œuvre son plan. Elle était aveugle à ce mensonge suppurant qu'on lui avait doucement susurré à l'oreille, ce mensonge destiné aux âmes perdues, errantes dans un monde qui les rejette. Personne ne s'emparerait d'elle tant qu'il lui resterait un souffle de vie.

Ses mots moururent dans sa gorge, alors que la belle s'élance, pour fuir, pour le fuir. Surpris, il réagit une seconde trop tard, et l'avance qu'elle prend sur lui lui semble déjà bien trop importante. Il se lance à sa poursuite, la colère le disputant à la peur pour la suprématie de son esprit. Elle lui échappait, il se refusait à le croire. Les gens s'écartaient devant son passage, mais ils ne les voyaient pas. Il n'entendait pas leurs cris offensés, les regards étranges qu'on lui lançait. Il se moquait du monde, il se moquait du reste. Elle seule était importante, elle et tout ce qui risquait de disparaître si elle venait à s'enfuir. Il ne lui survivrait pas si elle s'en allait.

Il aurait voulu lui crier qu'elle ne devait pas croire ce qu'elle avait entendu. Que tout cela n'était qu'un mensonge de plus, qu'une illusion, qu'un appât destiné à les perdre. Il aurait voulu lui hurler sa colère de vouloir le laisser, de vouloir l'abandonner une nouvelle fois. Il aurait voulu lui dire qu'il était désolé. Lui dire qu'il l'aimait. Mais sa gorge serrée ne laissait résonner aucun son.

Les rues changeaient, mais il ne voyait rien d'autre qu'elle. Leur course se ralentissait, alors qu'il comprenait peu à peu. Inconsciemment, les pas de Caly les avaient conduit chez eux. Il aurait pu la rattraper de quelques enjambées de plus, mais ses jambes refusaient de faire plus que ce qu'elles avaient déjà fait, le condamnant à observer son dos qui jamais ne lui avait semblé si fragile. Il entendait ses sanglots, et s'imaginait son visage. Ils arrivèrent devant leur maison, et, impuissant, il la vit s'écrouler le palier. Alors, toute trace de colère s'évanouit, son poison s'évaporant comme s'écoulaient ses larmes. Il s'approcha d'elle, réduisant la distance, si courte et si grande à la fois, qui les séparait. Se penchant vers elle, il la releva, avant de la prendre dans ses bras.

Il ne dit rien, il n'y avait rien à dire. Il ne pouvait que la serrer contre lui, lui dire avec ses gestes ce que ses mots étaient incapables de faire. Il ne sut combien de temps ils étaient restés. Cela n'avait aucune importance.

Se détachant de son étreinte, il la maintint contre lui, la soutenant d'un bras, ouvrant la porte de chez eux de l'autre. Il lui retira son manteau, avant de la porter jusqu'au canapé du salon.

Repose-toi. Sa gorge était douloureuse. Chaque mot lui faisait mal. Je reviens.


Puis il la laissa. Quittant la pièce, il entra dans la cuisine, alors que la peur qui l'avait paralysé cherchait un échappatoire. Il devait frapper, détruire, laissait exploser ce sentiment qu'il haïssait, qu'il exécrait. Il brisait tout ce qu'il trouvait, laissant libre cours à sa rage. Ses mains s'écorchèrent sur du verre brisé, traçant un sillon sanglant dans le sillage de ses poings, sa voix hurlait à s'en briser. Enfin, haletant, il se laissa tomber contre un mur, avant de glisser jusqu'au sol, au milieu des ruines de ses destructions. Il resta là, sans rien dire, laissant les bribes de sa peur ravageuse s'échapper de son corps, écho de son propre sang s'écoulant de ses plaies. Fixant d'un regard éteint le ciel étoilé se dessinant au dehors, son esprit encore embrumé revenant peu à peu à la réalité, revenant à celle qu'il avait laissé dans la pièce à côté. Il se leva.

Attrapant une bouteille et deux verres, il la rejoignit. Sans un regard, il se servit, déposant le reste sur la table. Il s'éloigna, observant la rue enténébrée à travers la fenêtre, portant le liquide à ses lèvres. Son verre fragilisé se brisa dans sa main, l'entaillant un peu plus encore. Il fit mine de ne pas le remarquer, jetant les débris au sol. Sa voix lui faisait toujours aussi mal. Plus encore que les échardes de verres striant sa peau. Le ciel se couvrit, la pluie se mit à tomber.

Tu le sais, n'est-ce pas ? Il ne se retourna pas. Au fond de toi, j'en suis sûr. Tu le sais que ce vaccin n'existe pas. Il se tut, laissant un silence étrange s'installer entre eux, seulement troublé par la pluie battant contre les carreaux. Alors pourquoi ? Pourquoi voulais-tu partir ?


Il finit par se retourner, vrillant son regard dans le sien.

Dis-le moi, Caly.


Il devait savoir. Et comme en écho à son attente, la peur de sa réponse revenait elle aussi.
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MessageSujet: Re: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Mer 22 Juil - 12:21



Behind a vacant image.

(pv) Oscar de Lagny


~

Calypso parle français.

Il ne comprend rien à ton malheur parce que tu ne lui dis pas, tu le gardes pour toi, jalousement, comme une mère couve son enfant. Tu as tort, tu le sais, mais votre vie a été détruite deux siècles auparavant, entre une vulgaire broche et la magie. Vous n'êtes plus les mêmes, vous ne le serez plus jamais. Peut-être auriez-vous mieux fait de ne jamais vous retrouver, de vous laisser tomber. Vous n'êtes bons qu'à vous détruire avec des mots, des coups, des mensonges.
Au fond, tu sais. Tu sais que tu as tout gâché, que tu es celle qui a tout brisé, qui a tracé la fissure entre vos deux reflets. Tu sais que rien n'en serait à ce point si tu avais su me protéger, m'aimer sans te laisser tuer par l'abandon, la solitude, le chagrin. Tu sais que tu n'aurais jamais dû replonger, plonger, dans l'alcool, le vice, loin des seules mains qui ont su t'aimer. Et tu sais que rien ne changera, qu'il n'est plus possible de tout arranger, la plaie saignera jusqu'à ta mort, impossible à refermer. Pleurer, hurler, frapper, tant de choses inutiles, futiles, qui vous brisent un peu plus à chaque fois. Tu sais que vous ne pouvez plus continuer, qu'il va se lasser et t'abandonner. Tu vas le perdre, une nouvelle fois. Et jamais il ne reviendra.

Alors tu pleures, recroquevillée sur le palier, sous les regards, devant les murmures. Tu regrettes tous les mots, les mensonges que tu as dit, que tu l'as laissé entendre. Le mal est fait, pourtant, et tu entends ses pas qui approchent, sa colère qui te surplombe, t'écrase de sa puissance. Tu es une idiote, tout simplement. Croyais-tu qu'il te laisserait t'en aller, l'insulter ainsi sans te chasser ? Non, tu savais qu'il te poursuivrait. Et tes sanglots s'accentuent sur la vérité, tes misérables pensées : tu voulais qu'il te tue, qu'il se débarrasse de toi et ta folie, qu'il te sauve de cette vie.
Tu pourrais lui susurrer de le faire, de t'achever. Tu sais qu'il ne voudra pas, qu'il ne le fera pas. C'est pourtant un maigre mal pour tout le bien que ton absence lui fera. Insister pourrait te délivrer, le faire flancher. Tu n'en fais rien, pourtant, lorsque ses bras retombent sur toi, tapotant son épaule d'un poing si faible qu'il ne ressemble à rien, à peine à une caresse. Tu pourrais lui crier de te lâcher, lui demander de s'en aller, mais tu ne le veux pas et déjà tes mains se glissent dans son dos, un profond soupir arrêtant tes sanglots pour ne plus laisser que quelques larmes silencieuses sur tes joues.
Une enfant, voilà ce que tu es restée, non, redevenue. A te calmer dans les bras d'un père. A te laisser soutenir par la main d'un amant. Une enfant capricieuse qui n'a jamais eu la vie qu'elle aurait voulue. Une enfant idiote et naïve qui pourrait se laisser croire que tout peut s'arranger, que les mots peuvent être oubliés, que la fuite peut être pardonnée. Mais non, Mère, tu n'es pas si optimiste, maître menteur, le chat ne se laisse plus berner par la fausseté. Tu sens la tension dans sa voix, dans ses mains, tu la connais. Et tu redoutes sa colère, celle-là même que tu as provoquée.
Tu n'es pas dupe. Comment pourrait-il te cacher une chose pareille ? Tu sais ce qu'il va faire et tu voudrais l'en empêcher. Tu aurais dû le faire. Tu n'en fais rien, les mains posées sur les genoux, le regard cherchant un trou au sol pour s'y cacher. Et au premier coup qui brise dans la pièce d'à côté, tu sursautes, te remets à pleurer. Tout ça, c'est de ta faute. Ne devrais-tu pas fuir, le laisser seul avec sa colère et ne plus revenir ? Mais tu ne sauras pas lui résister, tu ne pourras que le retrouver. Tu es foutue, Mère, tu n'as nulle part d'autre où aller. Et tu ne pourras jamais te résoudre à crever.

Éreintée par les larmes, la peur et le stress de la journée, c'est à peine si tu entends que le silence est revenu dans la cuisine. Alors tu sursautes lorsque la bouteille tape la table, accompagnée d'un verre ridicule. A quoi joue-t-il ? Tu pourrais fermer tes doigts sur l'étiquette et amener le goulot à ta bouche pour sentir l'alcool emplir ta gorge. Tu pourrais tout finir d'une traite, sans qu'il ne t'en empêche. Tu pourrais et, pourtant, ta peau ne fait que glisser sur le vert sombre, la main tremblante, les larmes s'accumulant à tes paupières, brouillant ta vision.
Un regard au dos qui te fait face et la pluie se remet à tomber, aussi bien sur ton visage que sur les carreaux. Comme un intrus qui a pénétré ta vie, il se tient droit, si loin de toi que tu en souffres. Il ne comprendra jamais. Tu es la tare de cette histoire, le personnage raté, oublié, celui qui fera tout péter. Tu es l'idiote qui a cru qu'elle avait un rôle à jouer.

Je sais. Je le sais. Mais si… Laissant tomber tes chaussures au sol dans un bruit sourd, tu te recroquevilles sur le canapé, la tête cachée dans les genoux. Est-ce que ça t'aide à racheter ton crime ? Non. Je voulais y croire. Je voulais que ce soit vrai.

Si tu laisses les choses ainsi, Mère, il finira bien par te tuer. Tu avoues, de la plus naturelle des manières, que tu comptais fuir son autorité pour un vaccin qui ne fait pas partie de votre réalité. Tu avoues que tu voulais mettre fin au contrôle du sorcier sur sa créature. Peut-être même avoues-tu que tu voulais le quitter ? Non ! Mais lui, comment peut-il le savoir, dis-moi ? Si tu ne dis rien, si tu ne fais rien pour t'expliquer… Tu ne sers vraiment à rien, Calypso.
Bondissant sur tes jambes, tu cours jusqu'à lui, quelques pas maladroits, et tu attrapes ses mains, glissent tes doigts entre les siens, prenant conscience du sang qui vient titiller tes narines et tâcher ta peau blanche. Doit-il se faire autant de mal à cause de toi ? Alors tu l'attires à toi, jusqu'au canapé, et tu ouvres sa main blessée pour en extraire les bouts de verre.

Je n'ai jamais voulu partir, Oz. Mais j'ai si peur que… Tes mains retombent sur les siennes, tremblantes, et les larmes roulent de nouveau sur tes joues tandis que tes yeux fixent le sang sur vos doigts. Si tu pars pour une autre, si tu m'abandonnes pour vraie dame ? Je n'y survivrai pas, tu sais ? Qu'est une femme sans homme, une mère sans enfant ? Ton regard se lève jusqu'au sien Alors, oui, j'ai voulu croire qu'il était la solution, notre solution. Je ne veux plus me battre mais… c'est inévitable, parce que je suis incomplète, parce que… Tes doigts glissent sur sa gorge. je t'ai tué une fois. Et je ne me le pardonne pas.

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MessageSujet: Re: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Lun 27 Juil - 2:49



De l'opalescence de ses pupilles, de l'univers qu'elles lui offraient, il ne vit que deux yeux rougis, rougis par des larmes qu'il n'avait que trop souvent vu couler, qu'il n'avait que trop souvent provoqué. Mais son visage, et le masque de fer dont il se paraît, se contractait, faisait tout pour garder ce semblant d'impassibilité, ce fragment d'assurance, de contrôle, qu'il voulait montrer. Mais il le savait, il se mentait à lui-même. Il mentait comme il n'avait de cesse de le faire. Et ce trait de sa personnalité, ce vice enfoui au fond de lui, lui éclatait en pleine face désormais. Il était trop fier, bien trop orgueilleux, pour avouer avoir des regrets. Mais de la voir ainsi, en face de lui, à affronter son jugement et un regard qu'elle ne méritait pas, il ne s'en trouvait que plus haïssable.

Rien de tout cela ne sera jamais vrai. Nous ne sommes que des menteurs s'enfonçant dans nos propres mensonges, le Gouvernement plus encore. Son sang gouttait sur le parquet, s'enfuyant comme ses mots soudainement retrouvés. Et si ce mensonge avait été vrai, alors je t'aurai perdu.


Puis elle se leva, effaçant la distance qui les séparait de quelques pas. Elle prit sa main dans la sienne, tâchant sa peau blanche de l'ichor pourrissant dans ses veines. Il se laisse guider, la laisse le traîner jusque sur le canapé. Il ne peut décrocher son regard du sien, il n'en a jamais été capable. Elle était tout autant sa malédiction  qu'il était la sienne, son plus grand défaut, sa seule et unique qualité. Son ultime chance d'effacer un jour ses pêchés.

Elle ouvrit sa main, retirant de sa chair les marques brut de sa colère. Chaque fragment qu'elle lui retirait laissait s'envoler sa rage et son ressentiment, filtrant par ses simples gestes, par le seul contact de sa peau sur la sienne, le poison qui s'immisçait dans ses veines. Puis tremblante, elle s'arrête, et de ses yeux baissés, s'échappent de nouvelles larmes. Il l'écoute, son cœur lui fait mal. De ses paroles s'échappaient la triste réalité qui était la leur. Cette haine et cet amour, aussi versatile que le jour et la nuit, les tuaient à petit feu. Ils n'avaient besoin de personne d'autres qu'eux-mêmes pour se rapprocher sans cesse de l'Enfer qu'ils avaient quitté. Il se sentait tellement stupide d'avoir garder les yeux fermés sur ce qu'elle ressentait, lui qui n'avait de cesse de se vanter d'être le seul à la connaître, le seul à la comprendre.

Il ne comprenait rien. Il n'avait jamais rien comprit.

Elle vrilla de nouveau son regard sur le sien, chacune de ses paroles, chacun de ses mots lui renvoyant sa médiocrité en plein visage. Puis ses doigts glissèrent sur sa gorge. Son silence vu la réponse qu'il trouva. Son esprit peinait à assimiler, à comprendre. Si fier et si arrogant, il n'était plus qu'un pâle reflet de lui-même. Doucement, il glissa sa main sur la sienne, appuyant plus encore sur sa gorge, avant de la faire remonter sur sa joue. La chaleur qu'elle dégageait annihilait la froideur de sa peau.

Cette mort, cent fois je l'ai mérité. Et cent fois de plus encore. Nous étions destinés à finir ainsi, quoi qu'il pouvait se passer, quoi qu'il pouvait arriver. Il déposa un baiser dans la paume de sa main, serrant ses doigts contre les siens. Cette solution n'était qu'une chimère, un placebo futile. Elle n'existe pas, et n'existera jamais. Nous payons pour nos crimes. Tu paies pour les miens, il aurait tant voulu le lui dire. Mais ses mots moururent dans sa gorge. Il se rapprocha d'elle, ne pouvant se résigner à fuir le seul regard qui comptait pour lui. Jamais je ne pourrai t'abandonner pour quelqu'un d'autre, Caly. Tu es plus précieuse pour moi que ma propre vie. Tu es mienne, maintenant et à tout jamais. Il passa une main sur sa joue, essuyant les larmes de la jeune femme. Tu es la seule chose que je désire, la seule pour laquelle je vendrais mon âme.


Il se tut. La pluie battait contre la fenêtre, laissant la tempête expiait pour lui toute la noirceur de ses sentiments.

Je ne peux survivre sans toi.


Sa main passa dans son cou, alors qu'il l'attirait doucement à lui. Il déposa un unique baiser sur ses lèvres. Il l'aurait tant voulu, que cet instant dur pour l'éternité. Que le temps se fige, que le monde tourne et meurt autour d'eux, qu'ils restent ainsi pour toujours et à jamais. Mais trop vite, il se dégage, se levant de nouveau, fuyant le dégoût qu'il s'inspire, de croire qu'un simple baiser pourrait effacer les tourments de cette soirée. Il se colla de nouveau devant la fenêtre, passant une main dans ses cheveux, se retenant de briser le verre de la vitre de l'autre.

C'est moi, qui ne te mérite pas. Si je t'aimais réellement, peut-être devrais-je te dire de partir, de me fuir, le plus loin possible. Mais j'en suis incapable. Je ne suis qu'un égoïste, un égoïste qui ne peut se résigner à t'abandonner.


Jamais il ne s'était autant ouvert. Jamais il ne lui avait parlé ainsi. Il savait que demain déjà, il serait redevenu comme avant, celui qu'il a toujours été, pour les autres comme pour son propre regard. Cet homme dont il était si fier, si fier de sa puissance, de son savoir, de ses connaissances. Si fier des actes qu'il commettait, si fier des gens qu'il écrasait. Si fier encore et encore. Mais ce soir, la faille dont son cœur ne guérissait pas s'était ouverte une nouvelle fois. Il appuya sa tête contre la vitre, y déposant sa tête, fixant sans les voir les ténèbres de la nuit.

Alors, je refuse que tu partes, je refuse que tu t'en ailles. Une fausse colère se trahissait dans sa voix, une carapace factice pour la peine qu'elle dissimulait. Si cette vie est la seule qu'ils nous aient possible d'avoir, tant qu'elle me permet de t'avoir à mes côtés, alors je l'accepterai, même si cela doit nous conduire à la damnation.


Il se retourna, et s'approcha d'elle à nouveau, vrillant son regard sur le sien. Il mit un genou à terre, prenant sa main dans la sienne.

Je t'aime.

Alors, je t'interdis de partir.


Je t'aime. Mais il ne lui dit pas.
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MessageSujet: Re: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Mar 28 Juil - 11:21



Behind a vacant image.

(pv) Oscar de Lagny


~

Calypso parle français.

Là, dans ce misérable instant de révélations, de recueillement et de fausse compréhension, tu crois que tu pourrais lui sauter au visage, lui demander de t'aimer pour l'éternité, lui ordonner de ne plus jamais te quitter, comme l'égoïste que tu as toujours été.
Tu pourrais l'embrasser, le forcer à t'épouser, une bonne fois pour toutes, comme si l'anneau béni pouvait régler vos soucis, vos mensonges. Alors même que tu n'es pas sûre d'en avoir un jour eu envie. Tu le veux rien que pour toi comme il te veut pour lui, mais tu connais l'hypocrisie derrière l'obligation, tu as tant de fois ouvert tes bras sales aux hommes coincés dans leur pitoyable mariage. Tu ne te pardonnes pas sa mort, certes, mais si tu apprends qu'une autre ose toucher son visage de ses doigts viciés, tu te crois bien capable de recommencer, encore et encore, jusqu'à ce qu'il comprenne que sa folie est la tienne, qu'il n'a peut-être jamais été le plus dangereux de vous deux, au final.
Tu pourrais le frapper, également. Lui cracher toute ta haine au visage, car il n'y a toujours eu qu'un pas entre les deux extrêmes, un mot pour que l'amour s'efface au profit d'un sentiment bien plus facile à avouer. C'est tellement plus simple pour vous, de vous cacher encore et encore derrière les coups, les insultes, les mensonges et le sang que vous laissez derrière vous, de vous forcer à croire que vous l'avez bien mérité, que ça n'a pas besoin d'être pardonné. Vous ne vous en sortirez jamais, tu sais ? Parce que vous y avez pris goût, parce que vous ne connaissez plus que ça et qu'il vous est impossible de vivre sans. Si je ne le force pas à me haïr, à ne penser qu'à moi et au mal que je lui fais à longueur de journée, alors il sera tenté de me quitter, de me croire inutile et de me remplacer. Vous êtes pathétiques. Et toi plus encore, Mère.

Tu butes sur les mots, tu cherches la petite bête, tu as toujours su faire ça à la perfection, tu aimes à donner un autre sens à ses paroles, pour qu'il cesse les murmures et que ses cris répondent aux tiens, sa douleur à la tienne. Tu es égoïste, oui, tu veux qu'il souffre autant que tu as souffert, et tu serais pourtant incapable de l'abandonner comme il t'a lâchée, de voir dans ta douleur ce que tu as mérité, les graines que tu as toi-même semées. Tu l'accuses de tous tes maux, comme un coupable plaide son innocence. En rejetant la faute sur les autres, tu allèges ta peine, ta putain de culpabilité. Tu en oublies que mes yeux ont cessé de briller parce que tu as été plus absente pour moi qu'il ne l'a jamais été, lui. Que tu as toi-même alimenté le feu sur les issues pour être la seule de Rosenbourg à en réchapper. Que tu as été la première à tendre la main à un homme dangereux. Tu as toujours rêvé d'avoir le cœur qui palpite, au centre de toutes les aventures. Sois heureuse, Mère, car le voilà qui explose au fond de ta poitrine.

En un geste, en un simple baiser empoisonné, il pourrait bien réussir à ébranler toutes tes convictions, à anéantir la haine qui bout en toi. Mais la pluie n'arrête pas le volcan en éruption, et ses lèvres, plutôt que de t'attirer à lui, t'expulsent au plus loin que tu puisses être, fulminante de rage contenue. Tu n'as que trop pleuré pour ce soir, il ne te reste que ce goût trop amer au fond de la gorge. Alors… oui, tes yeux se posent sur la bouteille, avides de son pouvoir, de sa capacité à éradiquer le mal qui naît en toi. Non, elle ne t'empêchera pas de frapper, elle t'empêchera de te sentir coupable, d'essayer de penser que tu ne devrais pas.
Tu n'arrives pas à t'y résoudre, pourtant, les oreilles attentives à ses paroles, au poison qu'il crache contre la fenêtre, loin de toi et de ta colère. Il te suffit de tendre la main, d'ouvrir les doigts et d'accueillir l'alcool en ton sein, brûlant ton estomac dans une douleur que tu ne connais que trop bien. Quelques centimètres de plus et…

Ses doigts se referment sur les tiens et ton regard glisse sur la beauté de ses yeux clairs, alimentant ta rage de sa vilenie. A-t-il seulement le droit de te retenir ? De te donner tous les ordres qu'il souhaite ? Croit-il à ce point contrôler ta vie ? N'est-ce pas justement parce qu'il ne dirige rien de ta folie qu'il a fait de toi le plus soumis des félins ? Ah. Oui… soumise. Il arrive des fois où tu ne lui résistes pas, où tu dis oui quand il t'ordonne de te taire, où tu baisses la tête quand il te demande de disparaître. Mais aujourd'hui… trop de choses ont été dites, trop de vérités vous ont écrasés. Et ta haine est plus grande que ta culpabilité, que ton amour, que quoi que ce soit qui puisse te pousser à lui obéir.
Alors tu lui arraches ta main, non sans oublier de frôler dangereusement sa joue, dans une promesse muette. Tu te lèves, le pousses de ton chemin et attrapes cette bouteille qui te tente tant. Il l'a mise ici, non ? Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même. La première gorgée est salvatrice. La deuxième te ramène tous ses mots en plein visage. Qu'il aille au diable, lui et… et quoi ? Idiote.

Destinés à finir ainsi ? Tu le penses vraiment ? Un rire nerveux se coince dans ta gorge. J'étais peut-être destinée à être une putain et toi à aimer les moins-que-rien, mais je n'étais pas destinée à devenir ton animal de compagnie. Une troisième gorgée t'arrache un soupir et un sourire amer. Oui, je l'avoue, j'ai péché mon père, et tant de fois déjà. Mais ça ne t'a pas donné le droit de m'arracher les enfants que j'aurais pu avoir… Ton regard se fait méprisant. avec ou sans toi. La quatrième gorgée se bloque à tes lèvres et retombe dans la bouteille tandis que ton doigt tendu accuse le sorcier. Jamais ? Attention, les enfers s'ouvrent sur tes mensonges, Oz. Tu m'as abandonnée, tu as payé de ta vie et voilà ce que tu as fait de moi. Ta main libre attrape le premier objet à ta portée et le lance à ses pieds. Mais je ne suis pas ta chose !

Ta voix se brise sur tes mots et la cinquième gorgée te calme quelques instants avant de ranimer le feu qui brûle en ton cœur et te fait souffrir, déchirant ta poitrine sous sa puissance.

Tu peux survivre sans moi. Le constat te donne envie de vomir tout cet alcool qu'il a lui-même poussé dans tes veines. Tu le peux, n'en doute pas. Mais tu es humain avant d'être… un monstre ? Un salop ? C'est à la solitude que tu ne survivras pas. Tu abandonnes, par peur d'être abandonné.

Mère, cesse tes hypothèses étranges. Il est plus fort que toi, tu sais ? Si on oublie tes derniers mots, n'est-ce pas de toi que tu es en train de parler ? De la peine qui t'a poussée à l'alcool, à ton regrettable métier ? Tu as besoin de la chaleur d'un autre pour vivre, survivre dans un monde qui n'a plus rien à te donner. C'est dur de l'avouer, hein ? Et c'est pour ça que tu te forces à la haine, au mal que vous vous infligez. Car c'est une douleur plus douce que ces longues années sans ses bras pour te protéger… du monde ? De toi-même.

Si tu m'aimais vraiment, tu n'aurais pas besoin de le dire. D'une main tremblante, tu chasses les nouvelles larmes sur tes joues. Combien d'eau peut bien contenir ton grand corps ? Crois-tu que je veux partir, que j'ai besoin que tu m'ordonnes de rester ? Es-tu aveugle à ce point ?! La sixième gorgée explose au sol avec ses suivantes, mélangeant le vert et le rouge devant tes genoux qui n'ont plus su te supporter. Pendant six ans j'ai attendu que tu me réveilles, que tu me dises que ce n'était qu'un vilain cauchemar, que tu n'étais pas parti, que tu ne m'avais pas laissée seule avec cette innocente entre mes sales mains. Personne ne devrait grandir sous les lanternes rouges, personne ! Mais tu n'es pas venu, tu es resté dans ton luxe, loin de l'idiote qui a cru que tu allais changer sa vie. Elle… tu aurais pu l'emmener, tu aurais dû. Son sourire était si joli… Tes mains s'écrasent au sol et se referment sur les bouts de verre, ignorant la pâle douleur comparée à celle qui enserre ton cœur et bloque l'air en travers de ta gorge. Je ne veux pas de cette vie !

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MessageSujet: Re: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Jeu 30 Juil - 0:12



If I Had a Heart.

Il aurait dû s'y attendre. Au fond de lui, il aurait dû le savoir. Elle quitta son étreinte, lâchant sa main, effleurant sa joue, d'un geste fugace, futile, une promesse oubliée sitôt énoncée. Elle le repoussa, il ne bougea pas, encaissant les prémisses de sa colère. Doucement, il se relève, se retourne, l'observe. Elle boit, noie ses paroles, noie son visage dans les foudres de l'alcool. Ses traits se déforment à chaque gorgée. Impassible, il se tait. Ses mots fusent, le frappent avec toute la violence de siècles de rancœurs, de mensonges, d'un amour haineux, d'une haine amoureuse. Il récolte l'ivraie de ce qu'il a semé, la furieuse tempête d'une vie passée.

Elle détourne, déforme, détruit la moindre de ses phrases, la plus petite de ses pensés, le moindre de ses mots, retournant contre lui l'une de ses rares étincelles d'honnêteté. Il se maudissait de s'être montré si stupide, si crédule, d'avoir naïvement cru en la puissance de sa persuasion, en la force de ses paroles. Ses illusions s'étaient brisés comme une mer déchaînée sur les rochers, en même temps que son calme apparent, et sa colère qu'il pensait refoulé, cognait contre ses tempes, faisait bouillir son sang. Mais il se taisait. Il l'écoutait.

Quelque chose se brisa à ses pieds, il ne le vit même pas. Il se contentait de la fixer, d'observer ses yeux rougis de larmes, sa bouche déversant sa haine. Son cœur accélérait, il serra ses poings, cachant le tremblement qui s'emparait de ses membres, le chaos qui détruisait son esprit. Ses paroles étaient comme des coups de poignards, un poison vorace destiné à détruire chaque parcelle de sa peau, à anéantir son esprit, à mettre son cœur en cendre. Elle parlait de lui, autant qu'elle parlait d'elle-même. Tout comme lui-même le faisait. Ils se connaissaient, autant qu'ils pouvaient être étranger l'un à l'autre.

Ses mots restèrent coincés dans sa gorge, alors que le verre se brisa à ses pieds. Ses jambes lâchèrent, et elle s'écroula, entaillant sa chair, répandant son sang. Elle saisit un morceau de verre entre ses doigts. Il l'avait abandonné. Il ne l'avait jamais nié, et ne le nierait jamais. C'était son péché, sa croix, sa malédiction. Mais cela n'aurait pu en être autrement. Il l'avait fait pour une seule raison, une raison qu'il n'était pas prêt à évoquer. Il la gardait enfoui au fond de lui, un secret qui pourrait les détruire à jamais. Il préférait mourir que de voir une telle chose se produire.

Je ne veux pas de cette vie.

Le silence qui suivit fut plus douloureux que tout le reste. Il resta immobile, voyant ses larmes coulaient le long de ses joues, la douleur et la détresse se disputant à la colère sur son visage. Puis il s'approcha d'elle, doucement, sans la quitter des yeux. Sa voix n'est qu'un souffle glacé, emplit des mêmes sentiments que ceux de la rouquine quand il s'adresse à elle. Elle lui renvoyait son reflet, tout comme lui était le sien. Déformé, marqué, détruit. Abîmé, écorché vif.

Que cherches-tu finalement, Caly ? Tu n'as de cesse de répéter, que tu n'es qu'une putain, qu'une moins que rien. Que je survivrai sans toi. Il se tut, l'arrogance de son visage reprenant ses droits. Je t'ai abandonné, je t'ai pris ce qui faisait de toi une mère. Que je me trompe en pensant que tu es à moi. Que je ne pourrai t'empêcher de partir. Alors...Il s'agenouilla à son niveau, la fixant plus intensément encore. Pourquoi ne pars-tu pas ? Pourquoi ne mets-tu pas fin à ce cauchemar que je t'inflige ? Tu te persuades de connaître mieux que moi ce que je ressens. Il effleura du doigt le sang goûtant sur le sol, avant de dessiner une larme de sang sur sa propre joue. A moins, que tu ne cherches toi-même à te persuader que tu m'es indispensable ?


Il se plongea de nouveau dans le silence, la défiant du regard, testant les limites de sa détermination comme de la sienne. La tempête s'accentuait au dehors, rejouant à sa manière la scène qui jouait ici.

Je n'ai pas peur d'être abandonné, Caly. J'ai peur que tu m'abandonnes. Tout comme tu as peur que je fasse de même avec toi. Il essuya une larme de la joue de la jeune femme du bout de son doigt ensanglanté. Nous sommes enchaînés l'un à l'autre, que tu le veuilles ou non, que je le veuille ou pas.


Il saisit sa main tenant le morceau de verre entre ses doigts serrés, et serra à son tour, entaillant un peu plus la peau de Calypso. Puis il l'attira à lui, doucement, gardant le ton glacial de sa voix, l'arrogance de son visage, le défi dans son regard.

Pendant ces six ans, Caly...J'ai élevé notre fils. Je ne t'ai jamais oublié, mais cela ne pardonne rien. Oui, je t'ai laissé seule, je t'ai abandonné. J'ai fais ce pourquoi on m'avait élevé. J'ai détruit ceux qui me gênaient, anéanti ceux qui m'empêchaient d'avancer. Je t'ai menti. Je ne savais pas, je n'ai jamais su ce qu'il se passait sous les lanternes rouges. Mais cela aussi ne pardonne rien. Comment peux-tu accepter de rester là, avec moi, ici, dans cette maison ? Jamais je ne me pardonnerai de l'avoir perdu, comme j'aurai pu te perdre toi aussi. Elle était à nous, le meilleur de nous deux...Ses traits s'adoucirent l'espace d'un instant, d'un fragment, d'un battement de cœur. Le cœur que je n'aurai jamais plus...


Une profonde tristesse, insoupçonnée, impossible, le prit. Il se maudit, fissura le masque de son arrogance alors qu'il faisait tout pour chasser ce sentiment. Il le refoula le plus loin possible, l'enfouit dans les tréfonds de son âme, et l'enterra à tout jamais. Sa colère se nourrit de son chagrin, et souffla sur les braises qui l'animait. Son regard redevint dur, et sur ses lèvres, un sourire fugace passa.

Tu ne veux pas de cette vie...Il serrait toujours sa main, et délicatement, la souleva. Et pourtant, tu t'y accroches, tout comme moi, tout comme à moi. Il plaqua doucement le morceau de verre contre son cou. Que nous reste-t-il alors ? Il accentua la pression sur sa gorge. Tu crois que je n'ai pas besoin de te le dire, Caly ? Tu te trompes. Une légère douleur entaille sa chair. Je t'aime, Caly. Et je te le redirai, je te le répéterai jusqu'à ce que tu l'acceptes. Encore un peu, toujours plus. Je ne peux vivre sans toi. Son visage se rapprocha du sien. Alors maintenant...Son sang s'écoula le long de son cou. Prouves-moi que j'ai tort, prouves-moi que tu as raison. Son front effleura le sien, et sa voix devint un murmure. Prouves-moi que je peux vivre sans toi, mais que je ne peux vivre seul. Mets fin à tout ça.


Le temps se figea.

Et tue-moi.
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MessageSujet: Re: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Ven 31 Juil - 16:50



Behind a vacant image.

(pv) Oscar de Lagny


~

Calypso parle français.

La douleur s'insinue à travers ta paume, déchirant ta peau, laissant le sang perler sur les bouts de verre, et remonte, fulgurante, jusqu'à ton cerveau qui refuse de se laisser endormir par l'alcool. Elle est si pâle, si faible, que tes sanglots se font plus forts, étranglés dans ta gorge, bloqués à l'intérieur de ta poitrine. Et ce cœur, ce putain de cœur qui bondit, rugit, hurle au monde de le laisser mourir tranquille, te fait plus de mal qu'il n'a jamais osé t'en faire, plus de mal que tu n'as jamais pu en supporter. Quand tout ceci va-t-il cesser ?
Ne te fais pas d'illusions, Mère, tu expies tes péchés, tu purifies ta souillure, tu dois souffrir pour que le ciel accepte de t'ouvrir ses bras. Si tu n'avais pas été si vilaine, si pourrie, si ta vie avait été une autre, alors tu n'aurais pas besoin de supporter tout ça. En fait, tu serais déjà morte, au bout de ton siècle, des enfants à ton chevet pour te guider de l'autre côté. Tu aurais été si chiante… aucune aventure, aucun frisson, aucun battement de cœur. N'est-ce pas ce que tu as toujours voulu ? Devenir la belle héroïne, cette petite idiote qui tombe sous le charme du beau mâle, du mal. Celle-là même qui se laisse embarquer dans toute sorte de péripéties. Cette débile qui croit que toutes les histoires ont la même fin : « Ils vécurent heureux et eurent plein d'enfants ». Ca te donne pas envie de vomir ?

Tu sursautes lorsqu'il prend la parole, plus près de toi que tu ne l'aurais cru, prêt à punir ta folie. Alors tu gardes les yeux baissés, fixés sur le sang qui se mélange au vin, sur un rouge brouillé par tes larmes. N'est-ce pas ce que tu as toujours été ? Une fille de joie, une fille méprisée. N'est-ce pas ce qu'il est venu chercher ? Des prostituées se sont faites massacrer au fil des siècles et le monde a toujours survécu. Pourquoi lui ne le pourrait pas ? Il est plus fort que ça, plus fort que toi. Au diable le cadavre de la rousse, il n'avait qu'à tendre les mains à une autre et en quelques tintements de pièces il t'aurait déjà oubliée.
Pourquoi ? Tes mains se mettent à trembler sur les bouts de verre. Parce que je t'aime, parce que tu m'as liée à toi, parce que je n'ai nulle part d'autre où aller. Parce qu'il n'y a pas d'autre endroit où je veux être. Parce que tu es une gamine qui n'est pas capable de vivre seule, parce que tu ne survivrais pas trois jours dehors sans retomber dans tes vices premiers, parce que le monde te sera hostile s'il n'est plus là pour te protéger. Parce que ta vie dépend de lui maintenant. N'est-ce pas mieux quand je t'aide à te justifier, Mère ?
Ton corps stoppe le moindre mouvement, les larmes cessant de glisser sur tes joues, ton souffle se bloquant entre tes lèvres. Tu relèves vivement les yeux, les plantant dans les siens, essayant d'y chercher la vérité. Je le suis ! Tu aimerais que ce soit vrai, n'est-ce pas ? Ne l'as-tu pas dit toi-même ? Il survivra sans toi, bien mieux qu'il ne te survivra. Peut-être est-il temps de renouer avec ton passé pour lui prouver que tu lui es indispensable ? Ah ! Une enfant de trois ans ne devrait sûrement pas parler comme ça, n'est-ce pas, maman ?
Ne devrais-je pas ? Si, tu dois avoir peur de lui, de ses mensonges, du vice qui brille au fond de son regard. Ne le vois-tu pas ? Non. Idiote. Il t'a déjà abandonnée une fois, et voilà où ça vous a menés. Dis-moi donc ce qui pourrait bien l'empêcher de recommencer ? Les méchants des livres n'ont aucun scrupule. Pourquoi en aurait-il ? Parce qu'il est revenu. Et tu l'as tué. Alors, comme il le dit, il t'a enchaînée à lui, il t'a maudite, précipitée dans l'enfer d'une étrange vie. Parce que tu ne le veux pas ? Vas-tu vraiment continuer de jouer à ça, tourner ses propres phrases contre lui, pousser sa colère à son paroxysme ? Veux-tu qu'il mette fin à ta survie ? Tu n'es qu'une idiote.

Et maintenant, tu as vraiment peur, de lui, de sa main sur la tienne, du bout de verre que tu serres, du poison qu'il glisse à l'intérieur de tes oreilles. Tu as peur de lui donner raison, de lui pardonner tout le mal qui a été fait et de ne plus rester que l'unique fautive. Alors tu le fixes, tu écoutes, les yeux accrochés aux siens, les mots défilant dans ton regard en réponse aux siens. Je te gênais ? Mais tu ne dis rien, ton souffle n'est plus qu'un sifflement imperceptible entre tes lèvres. As-tu cherché à savoir ? Tu pourrais l'accuser de tous vos maux, de tes problèmes. Six ans à attendre en vain, six ans à désespérer, à le détester, le maudire, pleurer sur les joues d'un bébé. Six ans et il se permet de parler ainsi d'un être qu'il n'a jamais vu, touché, aimé. Le meilleur de vous ? J'ai été votre poison, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, les ciseaux qui ont coupé le fil entre vous.

Là, dans l'instant, tu crois bien que tu serais capable de lui arracher ta main et de tracer une ligne de sang sur sa gorge, une fois encore. Tu n'es plus rien pour lui, n'est-ce pas ce qu'il te dit ? J'ai emporté son cœur avec moi, Mère, il ne reste rien pour toi. Oui, tu peux me maudire, m'insulter. Je suis la cause de vos disputes, le feu de votre haine, je suis détestable, tu ne penses pas ? Non. Plus idiote que je le pensais. Tu es capable d'accuser Père de tous tes maux, mais tu n'es pas prête d'en faire de même avec mon nom, de le rouler dans la boue comme tu aimes le faire du sien. Ai-je emporté ton cœur aussi ? Regardez donc le pire couple de la Nouvelle-Orléans.
Cette fois ton esprit se vide de toute futilité. Il ne reste que vos deux corps et ce regrettable morceau de verre, dangereusement posé contre sa gorge. Tu trembles et tu redoutes ces tremblements sans pouvoir les empêcher. Ton cerveau est au bord de l'implosion alors que le verre appuie toujours un peu plus sur la peau de son cou. S'amuse-t-il à te faire souffrir ? A te rappeler à quel point tu n'as pas hésité à le tuer, la première fois ? Tu as laissé parler ta haine, ton alcoolisme, et tu as enfoncé cette maudite broche à l'intérieur de sa gorge. Rien n'y fait, tu n'arrives pas à détacher ton regard apeuré du sang qui commence déjà à s'écouler. Même ses murmures, ses mots d'amour, n'arrivent pas à te déconcentrer, à retenir les larmes à tes paupières.

Il n'a pas le droit de me faire ça.

Ton corps sursautes soudainement, comme foudroyé, et ton regard se plonge dans le sien. Doucement, les mâchoires serrées sur ce qu'il te demande de faire, tu lèves ton bras libre, le poing fermé, prête à l'abattre sur son beau visage. Mais ta main se stoppe à quelques millimètres de sa peau et tes doigts se déplient pour se poser sur sa joue.

Dois-tu être si égoïste ? Tes lèvres se tendent jusqu'aux siennes. Qu'est-ce que je suis sans toi ? D'un coup sec, tu lui arraches ta main, le bout de verre entaillant ses doigts et traçant une ligne de feu sur la peau blanche de ta joue qui déjà se referme. Et toi, que cherches-tu ? A me demander de te tuer comme si c'était aussi simple. Je l'ai déjà fait, oui, et je crois que ça n'aurait pas pu être autrement. Mais si je te tue, maintenant, même le chat ne me sauvera pas. Lâchant l'arme dangereuse, tes deux mains se plaquent sur ses joues. Tu ne peux pas me faire croire que c'est ce que tu veux, Oz. Je ne peux pas aimer un homme comme celui-ci, qui rejette sa vie. Et tu ne peux pas aimer une femme qui dit oui, je vais le faire mon amour, je te libère. Ton murmure se perd sur son visage, tes yeux fixés aux siens si bleus. Qu'as-tu fait au monde pour mériter d'être autant à sa merci ? Est-ce que tu le ferais, si je te le demandais ? Non, ça te ferait trop mal là. Ta main se pose sur sa poitrine. Où crois-tu que ton cœur est parti ? Il est bien ici, au chaud, et tu le protèges jalousement du moindre mal. Tu préfères me voir souffrir que de souffrir. Tu es si égoïste, Oz.

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MessageSujet: Re: Behind a vacant image [pv Caly & Oz]   Lun 17 Aoû - 2:47



Si proche. Et si loin à la fois. Sa peau entre en contact avec la sienne, foudroyant sa chair, l'électrisant d'un simple toucher. Il plonge son regard dans le sien, ignorant son reflet dans ses pupilles, ne voyant plus qu'elle, et la noirceur de son âme qu'elle lui renvoyait. Ses lèvres effleurèrent les siennes, et sa voix, ce simple murmure, cette douce caresse, engourdissait ses sens, et noyait son esprit des mots qu'elle transportait. Égoïsme. Ce mot, ces quelques lettres, ne lui allait que trop bien. Ce trait de caractère, cette tare indigne, avait toujours régi sa vie. Il n'avait servi que lui et lui seul, méprisant les autres, méprisant le monde. Il n'avait cure du destin qu'on lui avait demandé de tracer, il se créait lui même sa propre destinée. Puis, elle lui était apparue, et son égoïsme avait pris une autre tournure.

Elle lui arracha sa main de la sienne, traçant un nouveau sillon, entaillant une nouvelle fois sa peau. Mais de la douleur, il n'en ressentit pas. Il la vit taillader sa propre peau, et son sang s'écoulait sur sa joue. La plaie, éphémère, disparait déjà à son regard. Elle lâcha alors le bout de verre, et prit son visage entre ses mains, le rapprochant plus encore du sien. Son horizon se voilait, alors qu'elle ne se limitait plus désormais qu'à celle qu'il voyait en face de lui. Sa respiration était semblable au souffle d'un mourant, mais son cœur frappait à tout rompre contre sa poitrine. Ses paroles le transpercent, l'assassinent à nouveau, il les laisse s'insinuer en lui, entre chaque parcelle de sa peau, entre chaque fibre de son être, aspirant leur poison, se nourrissant de leur noirceur, pour la faire sienne.

Sa main se pose alors sur sa poitrine, sur son cœur qui s'emballe aux murmures de sa voix et qui lui fait mal. De toute cette contradiction qui l'habite, de ce paradoxe qui le hante. Il la hait, autant qu'il l'aime à en mourir. Cette vérité, l'effroi qu'elle lui cause, la souffrance qu'elle provoque en lui, le réconfort qu'elle lui apporte.

True. Dread. True. Dread. Encore et toujours.

Égoïste...Il ferma les yeux, collant son front contre le sien. Je le suis, oui. Je ne te veux qu'avec moi, qu'à moi et uniquement à moi. Maintenant et à jamais. Pour toujours. Il effleura sa main, avant de s'en emparer, et de la glisser contre sa joue. Tu as raison, mon cœur n'est jamais parti. Il a toujours été là. Il se plongea à nouveau dans ses pupilles. Il a toujours été à toi. Depuis le début, il t'appartient. Il glissa ses doigts dans ses cheveux, agrippant délicatement sa chevelure rousse. Nous sommes aussi égoïstes l'un que l'autre. Nous n'acceptons pas d'être les seuls à souffrir, les seuls à mentir. Nous nous accablons que pour nous faire mal l'un à l'autre. Et cela nous a déjà tué une fois, cela aurait pu nous tuer un millier d'autres fois. Il tira doucement, et fit basculer sa tête en arrière, dévoilant son cou et la blancheur d'albâtre de sa peau. Alors pourquoi ? Il déposa un baiser au creux de son cou. Pourquoi n'y arrivons nous plus ? Il goûta sa peau une nouvelle fois. Notre égoïsme nous permet de vivre de la seule façon qu'il nous ait possible de le faire. Il porta son regard sur le sien. L'un contre l'autre. L'un avec l'autre.


Il déposa ses lèvres sur les siennes. Il l'embrassa comme la première fois, comme ci elle lui était subitement revenue, alors qu'il croirait l'avoir perdu à jamais. Il l'enserra de ses bras, la serra contre lui. Il aurait vendu son âme pour que cet instant, cet infime fragment de temps, dure pour l'éternité. Mais trop rapidement, il se détachait d'elle, de son étreinte, de sa chaleur. Il caressa du bout des doigts les joues rougies de Caly, effleurant ses lèvres encore une fois, son visage toujours contre le sien, ses yeux se noyant dans ses pupilles, dans leur abime infini.

Sa colère avait disparu. Sa rancœur s'était évanouie. Lavée par la tempête au dehors, lavée par leurs paroles, par leurs mots. Lavée dans le sang qu'ils avaient versé. Lavée par leur baiser. Il s'assit au sol, jetant sur la nuit noire encore déchirée par l'orage un regard vide, semblant la voir sans réellement le faire. Son esprit était envahi par une lassitude soudaine, et son corps tombait de fatigue, comme si ses forces s'étaient décidées à le quitter. Mais son cœur battait toujours la chamade dans sa poitrine, et ne semblait pas vouloir se calmer. Il inspira profondément, avant de s'allonger, débarrassant les morceaux de verres. Encore embrumé, il ne savait que penser. A tâtons, il chercha la main de Caly, avant de glisser ses doigts entre les siens. Il savait que cet apaisement ne durerai pas, il ne pouvait en être ainsi entre eux. Mais pour cette nuit, cela suffisait.

Ce silence lui convenait. Il se laissait envahir par une quiétude étrange, sa culpabilité semblant s'être allégée, ses remords et ses regrets pour un temps laissés de côté. Il savourait simplement d'être là à ses côtés, de n'avoir rien d'autre à penser qu'à elle et à elle seule. Au mal qu'ils n'avaient de cesse de s'infliger, à cet amour qu'ils ressentaient, à cette étrange fatalité qui les liaient. Puis, il lui cacha son regard de son bras, lui masquant ses yeux. Il serra sa main un peu plus fort. Sa voix ne lui faisait plus mal.

Je ne veux plus te perdre, Caly.


Je t'aime.

Je ne veux plus avoir à affronter tous les âges de ce monde sans toi.
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