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 lost in chaos (pv andreas)

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
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MessageSujet: lost in chaos (pv andreas)   Sam 27 Juin 2015 - 14:34


Lost in chaos.

(pv) Andreas Rasmussen


~


Un frisson dégringole ma colonne vertébrale. Je sens sa présence dans mon dos. J’ai du mal à respirer. Je sais qu’elle n’est pas là, je sais que le regard qui me brûle la nuque n’est que le fruit de mon imagination. Je sais bien qu’elle n’est un fantôme, qu’une matérialisation d’une culpabilité qui me ronge. Je sais bien tout cela mais je n’arrive pas à m’en défaire. Et mes doigts qui parcourent inlassablement le tissu cicatriciel et la peau étonnamment pâle de mon côté ne m’aident en rien. Qu’ai-je voulu faire en me tirant dessus à bout portant ? Mourir ? Je suis de toute évidence plus compétent lorsqu’il s’agit de tuer des personnes qui ne sont pas moi. L’expiation ? Un goût amer envahit mes papilles à cette simple pensée. Quelle expiation puis-je attendre ? Pour quels crimes, déjà ? Il y en a  trop de justifiés, pas assez d’assumés, trop d’oubliés. Il y en a trop pour tous les lister et je peine à m’imaginer ce que la Mort pourra me dire lorsque je me trouverai un jour face à elle, si elle trouve jamais son chemin jusqu’à moi.

Un frisson dégringole ma colonne vertébrale. Je me redresse en me fixant dans le large miroir qui me reflète un Seigneur aux mains couvertes de sang, sa belle-sœur le contemplant dans un rictus malsain. Je sais qu’elle n’est pas là, je ne peux m’empêcher pour autant de lui jeter un coup d’œil agacé et de me détourner de mon reflet. Mes doigts resserrent ma cravate, se coincent au niveau du col, soupire et la desserrent dans un même mouvement. Elle m’est de plus en plus désagréable. Insupportable. Je la jette sur mon lit lorsque mes pas me guident dans ma chambre, j’attrape mon téléphone portable et inspire un bon coup avant de décommander l’ensemble de mes rendez-vous de la journée. Lorsque mon pied frôle la dernière des marches de la mezzanine et me rejoint dans le salon, je ferme les yeux. Ma main glisse à nouveau à mon côté, dérange ma chemise, tâte mon côté durement malmené. L’expiation. Qui peut y prétendre ? Certainement pas moi, certainement pas ces morts qui se jouent de la finalité humaine comme des demi-dieux, certainement pas cette humanité que je chéris et qui, pourtant, s’avère toujours aussi immanquablement pourrie jusqu’à la moelle. Je perds espoir, autant en moi qu’en l’homme, autant en mes capacités et ma moralité qu’en ce Gouvernement qui me semblait la seule solution viable. Peut être que mon bras droit n’a pas tort, peut être qu’il est enfin temps que le pouvoir arrive dans les mains de ceux qui ont touché du doigt la perversion de la sorcellerie, dans les mains des victimes, dans les mains des maudits. Peut être que l’expiation, justement, ne se trouvera que dans la violence et l’oppression. Peut être que si je perds espoir, c’est que je suis un cas désespéré, et qu’il est utopique de ma part d’espérer trouver des justifications suffisantes pour accepter ce sang sur mes mains. Ce sang sur ma peau. Ce sang dans mon regard et sur les crocs du loup qui se fait de plus en plus pressant. Mon pas ralentit, je rejoins mon chauffeur et un seul regard lui suffit pour comprendre quelle sera sa destination. J’ôte la veste que j’ai passée par réflexe, la délaisse sur la banquette du véhicule. J’en viens même à déboutonner le haut de ma chemise, à défaire mes boutons de manchettes. Je m’immobilise dans mon mouvement.

Avant de déglutir. Je recommence. J’ignore d’où vient ce besoin. D’ailleurs, est-ce un besoin ou un automatisme ? L’ensemble complexe des deux qui me conduit lentement mais sûrement vers une folie héréditaire ? J’ignore ce que je suis en train de faire. D’une voix aussi pâle que mon visage blême, j’ordonne à mon chauffeur de s’arrêter. Tout va bien monsieur ? Non. Non, rien ne va. Mes mains tremblent. Je prends le temps de respirer posément alors qu’il gare le véhicule sur le bord de la chaussée. Je ferme les yeux, serrant mon poing pour contrôler les tremblements. L’agitation que je perçois dans les rues de la Nouvelle-Orléans m’insupporte. L’Humanité qui se déploie, sourde à son délabrement, me débecte. Et au milieu de tout cela : une seule échappatoire réelle m’apparaît, la perdition qui me tend les bras depuis bien trop longtemps. Je suis fatigué. Fatigué de lutter, fatiguer de me débattre et de perdre quoiqu’il arrive. Mes convictions me guident, mon sang me soudoie, ma haine me fait vivre et m’offre des cibles sur un plateau d’argent qui me brûle les doigts. Je déglutis. Je suis fatigué, si fatigué. Mon corps, loin de me trahir, s’anime d’une vitalité sans limite. Je me perds, je me perds dans ma monstruosité sans parvenir à dissocier l’homme de l’animal. D’un mouvement de main, je fais signe à mon chauffeur de remettre le véhicule en marche. Je ne serai pas long, je murmure lorsqu’il me dépose dans un regard involontairement inquiet au cœur d’un quartier mal famé. Non, je ne serai pas long. Mes doigts glissent à mon côté mais se contentent cette fois de vérifier la présence rassurante de mon arme à feu. Je suis une particule de ce Gouvernement, j’ne suis un organe que je me plais à imaginer vital. Mais ce matin, tôt, très tôt, je me contenterai d’être un nettoyeur. Je ne ferme pas les yeux sur les atrocités commises au nom de la science. Je ne les soutiens pas non plus mais je suis trop lâche, j’imagine, pour m’y opposer de manière frontale. Et la violence qui coule dans mes veines se complaît dans cette atmosphère mortifère. J’exécute les hommes et les loques que le Gouvernement déverse dans les rues comme des déchets dont il ne sait plus que faire. Est-ce l’expiation que je viens chercher, alors que d’une balle tirée de sang froid je calme les souffrances du premier malheureux qui se trouve sur mon chemin ?

Non, c’est bien plus égoïste que cela. Je ne cherche rien si ce n’est le calme et la paix dans la mort de mes victimes. Chaque coup de feu est un battement de cœur, chaque giclée de sang est une bouffée d’oxygène. Suis-je en train de devenir fou ou suis-je simplement devenu plus lucide quant à ma véritable nature ? J’ignore laquelle de ces deux possibilités est la plus effrayante. Je persiste à me dire que je leur évite des agonies lentes et douloureuses. Je m’obstine à me chercher des justifications. Mais je tue, encore et encore, je termine mon chargeur sans état d’âme, je jette sa carcasse vide sur le côté et recharge mon arme dans un seul mouvement fluide. Un mouvement sur le côté m’immobilise. Il y a un témoin. Dans cette partie de la ville, les meurtres, la misère et les coups de feu ne sont pas rares. Mais il y a un témoin. Innocent ? Une moue du loup me convainc qu’il n’y a plus d’innocence dans ce monde que chez les rares enfants survivants. Et que laisser un témoin en vie ne fera que me porter préjudice. Et que le loup, ce prédateur, excelle à la chasse tout comme l’homme excelle dans cet art qu’est le meurtre. Mes sens s’affinent, j’en oublie mes remords, j’en oublie ma culpabilité, j’en oublie mon humanité. Il ne me faut que quelques minutes pour me retrouver face à l’homme terrifié, acculé dans un cul-de-sac. Dans mon dos, le silence de la lâcheté, d’un quartier létal. Je le mets en joue sans sourciller, la tête légèrement penchée sur le côté. Le loup jubile, me supplie de le laisser prendre ma place pour égorger ce malheureux. J’hésite. Et je me hais d’hésiter. « Désolé, tu n’aurais pas du assister ça tout ça. Il n’y a rien de personnel. Si ça peut te consoler, tu n’es qu’un dommage collatéral. » Le coup résonne dans la ruelle, je fais volteface, épaules tendus, bile acide dans la gorge. Et mes yeux clairs se posent sur une nouvelle personne. Le poids de mon revolver s’impose dans ma main, me chuchote de continuer la boucherie. Mais quelque chose me retient : il n’a pas peur. Loin de là. Je fronce les sourcils. « Bonjour. »



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