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 You had to give me your hell ♟ Oshaÿa

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MessageSujet: You had to give me your hell ♟ Oshaÿa   Sam 27 Juin - 17:18

Declan avait pris des engagements et de plus, il était payé grassement. Oshaÿa l’avait engagé pour faire le boulot et un petit bonus lui était versé, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Il ignorait bien pourquoi elle avait tant insisté pour que ce soit lui qui s’en charge et pas un autre mais, au fond, ça n’était pas vraiment son problème. Cet argent, il en avait besoin et il y avait clairement du boulot à fournir.
Il était déjà venu s’occuper de l’électricité. Le plus urgent à ses yeux. Il avait sécurisé le système, fait en sorte qu’il n’y ait plus de risques. Il se donnait le temps de tout réparer correctement mais, il avait commencé par des petits ajustements, histoire que ça ne disjoncte pas ou que ça ne devienne pas dangereux, surtout avec les problèmes de plomberies pour envenimer le tableau.
Jusqu’à présent, il ne s’était retrouvé à aucun moment devant le jaguar dont avait parlé Oshaÿa mais, il continuait de se méfier et de faire attention. Il n’avait aucune envie de figurer au menu.

La chaleur était écrasante aujourd’hui. Ça le rendait presque ravi de ramper sous la maison pour terminer le travail. Il serait très certainement dégueulasse mais, il aurait au moins de l’ombre même si l’humidité ne le tentait pas le moins du monde. Il faudrait d’ailleurs qu’il trouve une solution pour ça aussi. Au bout du compte, avec le temps qu’il faisait désormais en permanence à la Nouvelle-Orléans, ça pourrait devenir un problème de plus.
Accrochant son t-shirt au robinet extérieur comme si c’était un support parfaitement normal, il recommença son jeu du premier jour. Il traîna son matériel à l’aide d’une corde et se mit au travail. Pendant un long moment, il ne refit pas surface, troublant la tranquillité des lieux la rythmant de jurons, de grognements, de coups de clefs et autres. Il chassa aussi quelques bestioles qui avaient élus domicile sous la maison. Il risquait d’avoir besoin d’une très bonne douche et d’un coup de peigne magistral.
Après une bataille acharnée contre la plomberie de la salle de bain, il surgit enfin de sa cachette et s’étira, se plaçant au soleil. S’il n’était pas recouvert de boue contrairement à la dernière fois, il n’avait pas été épargné pour longtemps et comptait bien sécher un peu avant de s’asperger sans sourciller histoire de ne pas dégueulasser la maison en allant s’occuper de la salle de bain à proprement parlé. Il espérait que la propriétaire des lieux n’allait pas débouler dans les secondes qui suivaient car il aurait certainement dû s’expliquer.

Dégoulinant, il se réinstalla au sol le temps de sécher.

S’il était parvenu à se débarrasser de l’impression qu’il avait eue concernant Oshaÿa au début, il avait bien du mal à présent de faire comme s’il n’était pas dérangé pas quelque chose. Il avait eu le temps de repenser à cette histoire d’armes et elle l’obsédait. Il s’était même réveillé quelques fois, le lendemain, persuadé d’avoir une réponse tout en la perdant rapidement sans pouvoir réussir à remettre le doigt dessus.
Il avait bien songé à les observer de plus près mais, si elle le voyait faire, que ce se passerait-il ? Il avait besoin de ce job et ne pouvait pas se permettre de le perdre même s’il ne risquait pas sa place, de façon globale.
De plus, il avait réalisé, de plus en plus, qu’elle semblait parfois décalée, mal à l’aise avec le monde. Plus d’une fois, il s’était posé la question de savoir si elle était le fameux jaguar dont elle avait parlé mais, il n’avait pas demandé, préférant sans doute ne pas savoir. Le refusant aussi peut-être, trop enfermé dans l’idée qu’il se faisait de la femme, en général. Sa vision des choses, étriquée, lui jouait ici des tours, tout comme elle lui en jouait avec Nymeria, bien qu’il parvenait à se mentir efficacement la concernant. Mais, ici, avec cette femme qu’il connaissait à peine mais commençait à connaître, la tâche était bien plus compliquée.
Il était intrigué par ce bout de femme qui s’approchait de lui au point de pénétrer dans son espace vital, avant de se détourner et reprendre ses activités comme s’il ne s’était rien passé. Il était perplexe et cela ne faisait que la quatrième fois qu’il venait. Mais, à chaque fois, il repartait avec l’impression farouche qu’elle jouait à un jeu dont il ne connaissait pas les règles. Lentement, ses interrogations s’immisçaient dans son quotidien sans qu’il ne puisse rien y faire.

Il finit par se relever, pas tout à fait sec mais, pas loin, pour s’allumer une cigarette. Le temps qu’il la termine, il pourrait très certainement se mettre au travail à l’intérieur.
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MessageSujet: Re: You had to give me your hell ♟ Oshaÿa   Dim 28 Juin - 12:50

Griffes sorties, la bête reniflait les lieux, à la recherche de l’étranger qui s’était aventuré ici. Son sixième sens l’avait averti d’un danger imminent, d’une caractéristique étrangère à cet endroit. La mort rôdait entre les troncs, écrasant les feuilles séchées, tournant en rond sans savoir où aller. Sans maitre pour piloter, le cadavre pouvait bien marcher mille ans sans savoir quoi faire. Ceux-là, la jaguar ne les tolérait pas. Cela faisait deux nuits qu’elle avait capté l’odeur du félon, de l’inutile. Deux nuits qu’elle le cherchait, prête à l’abattre afin de préserver son bout de forêt. Elle tenait à ce que rien ne vienne troubler la quiétude de cet endroit, tout comme elle souhaitait respecter la promesse d’un endroit sûr. Ne venait-elle pas d’engager quelqu’un pour veiller à l’entretien de sa maison ? Elle avait garanti à Declan que les alentours étaient sûr, « clean » comme on le disait ici. Sa parole valait de l’or, les promesses étaient sacrées dans son peuple. On ne pouvait pas revenir dessus. Elle ne pouvait donc laisser un cadavre déambuler librement, risquer le trépas de quelqu’un. Et surtout pas lui. Pourquoi ? Parce qu’il était sien. Il était sa proie, l’homme blanc qu’elle voulait, une destinée, aussi étrange cela puisse t’il paraître. Elle ne pouvait courir le risque de le perdre, de quelques façons que ce soit. La chose était inconcevable, sans qu’elle ne comprenne réellement pourquoi. Il l’attirait, physiquement surtout, car la conversation n’était le fort ni de l’un, ni de l’autre. Il excitait la bête, comme au début d’une chasse, et pourtant, le félin savait pertinemment qu’elle ne le dévorerait pas. L’amérindienne aspirait à sentir ses mains caresser autant son pelage que sa peau nue. Étrange, déroutant. Que pouvait-il bien avoir de spécial cet homme blanc finalement ?

Le félin griffa l’arbre le plus proche, frustré, agacé, avant de finalement lever le museau dans les airs, humant sous le vent. L’odeur nauséabonde lui parvint enfin, L’obligeant à rebrousser chemin, à traquer l’infâme, jusqu’à finalement le trouver, et laisser sa fureur éclater. Une boucherie, à bien des égards, jusqu’à ce qu’elle observe son œuvre d’un regard blasé. La nature ferait le reste, fertilisant son sol pour permettre à d’autres pousses de voir le jour. Les charognards s’occuperaient des viscères, à s’en rendre malade. Il était temps de rentrer. Le jour était levé depuis bien longtemps, elle voulait quitter cette peau, prendre une bonne douche et se laisser tomber dans son lit.

Pourtant, un feulement pitoyable franchit ses babines, alors qu’elle faisait face à la camionnette de Declan. Elle avait manifestement oublié qu’il viendrait aujourd’hui. Pattes de velours s’éloignant, elle s’arrêta pourtant net en le voyant lui, dans un accoutrement des plus alléchant. Visible, elle ne chercha pourtant pas à s’approcher plus, demeurant sur ses pattes, prête à déserter dès qu’elle jugerait le moment opportun. Elle s’ébroua une fois, débarrassant son pelage noir tacheté de la terre qui s’y était accrochée. Elle n’avait qu’une poignée de solution désormais… Rester dans la forêt jusqu’à ce qu’il parte, ou rentrer le plus discrètement possible chez elle et en repartir de la même manière. Sur la pointe des pieds. Glissant son regard de jade dans celui de son vis-à-vis, la bête finit par s’en détourner, repartant comme de rien vers la forêt, suffisamment rapidement pour ne pas être suivie. Ce ne fut qu’à l’abri qu’elle se glissa dans sa peau précédente, délaissant la fourrure, elle apprécia la légère brise caressant sa peau nue. Repoussant sa chevelure noire en arrière, Oshaÿa entreprit enfin de repartir vers sa demeure. Elle n’aurait pas put rester une heure de plus dans la peau de sa bête, craignant certainement par dessus-tout de rester des siècles de plus piégée en animal.

Silencieuse, elle s’aventura, veillant à ne pas être captée par son invité, évitant les branches qui pourraient trahir sa présence, se faisant toujours féline, conservant ses instincts au plus haut. Et quand enfin elle aperçut sa maison, se cacha derrière un arbre afin d’évaluer le taux de danger pour elle. Jusqu’à présent, seules quelques personnes l’avaient vu nue. Son sorcier, et ses victimes. Sa pudeur était telle qu’elle ne souhaitait pas être vu de la sorte, pas plus qu’elle ne voulait qu’on découvre sa nature de changeuse de peau. Personne en vue. Accélérant le pas, elle se cacha par le mur, jusqu’à finalement se diriger vers la fenêtre de la cuisine. Ouverte. Un soulagement s’échappa de ses lèvres, jusqu’à ce qu’elle se glisse enfin par celle-ci. Ne lui restait plus qu’à monter à l’étage pour se rhabiller. La douche pourrait attendre.
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MessageSujet: Re: You had to give me your hell ♟ Oshaÿa   Ven 3 Juil - 1:35

Attentif sans l’être vraiment suffisamment, Declan s’octroyait une pause qu’il jugeait bien méritée. Après tout, son travail n’était pas évident et personne - à moins d’être idiot - n’aurait osé dire le contraire. Et, si d’aventure, quelqu’un s’y essayait, il était fort probablement que plus jamais il ne trouverait un ouvrier de bonne volonté. L’ennui, dans un secteur comme le sien, c’était que tout se savait et que les blacklist n’étaient pas un mythe.

Loin d’imaginer que plus loin, entre les arbres, le jaguar dont avait parlé Oshaÿa rodait, il fumait sa cigarette. Le coin était plutôt calme et il appréciait y travailler. Cette sérénité était plutôt rare dans sa vie et il n’avait jamais vraiment le temps de profiter des moments de quiétude, trop rongé par ses préoccupations et les responsabilités qui le talonnaient.
Se redressant tout en étirant sa carcasse légèrement courbaturée, il braqua son regard vers les alentours, pas tout à fait certain d’avoir entendu quelque chose mais, pas non plus assez idiot pour ne pas faire un peu plus attention. Scrutant un moment l’origine probable d’un bruit qui n’avait peut-être retentit que dans sa tête, il sera les poings d’instinct. Chez lui, cette partie de ses réactions primaires fonctionnaient un peu trop bien. Le combat était quelque chose pour quoi il était taillé, ça n’avait jamais trompé personne. Le pelage noir qu’il désirait apercevoir sans vraiment le vouloir était bien visible, tout comme la bête à qui il appartenait. Prudent, il fixa l’animal, les muscles tendus. Le félin se tint malgré tout à bonne distance, s’ébrouant même, comme pour lui signifier qu’il n’était pas le plus fort des deux et que seulement lui, pouvait se permettre une telle distraction.
Il devait reconnaître que l’expérience n’était pas banale. Ça n’était pas tous les jours que l’on avait l’occasion de voir une chose pareille. Se lassant sans doute de cette observation stoïque, l’animal repartit sans qu’il puisse le suivre, ce qu’il ne tenta pas de faire. Il n’était pas certain que poursuivre une bête comme celle-là était une très bonne idée si on tenait à la vie.

Après quelques minutes dans le silence, remis de cette rencontre, il mit fin à sa pause et écrasa sa cigarette pour se mettre au travail dans la maison. Il ne se voyait pas dire qu’il n’avait pas avancé à l’intérieur parce qu’il avait croisé le jaguar et qu’il avait trouvé l’animal impressionnant. Seulement, il se figea presque instantanément. L’amérindienne, qu’il n’avait pas aperçu depuis qu’il était là, était bien là. Mais, elle était nue, dans sa cuisine et devant lui. À cet instant, il devait bien admettre qu’il ne pensait plus au jaguar noir, plus à la plomberie ou à l’électricité, même ses problèmes venaient de disparaître provisoirement. « Nom de Dieu » était à peu près le seul commentaire qui parvenait jusqu’à son cerveau.
Il mit quelques secondes avant de réaliser et de se retourner. Il en fallait plus pour le gêner bien sûr mais, les circonstances étaient plutôt étranges avec elle, qui passait son temps à pénétrer dans son espace personnel pour un oui ou pour un non.

- « Je suis désolé ! Je ne savais pas que vous étiez là, dans cette tenue. »

Absence de tenue serait plus exacte. Déjà qu’il avait manqué de tact, à son sens, en mentionnant justement le sujet de la tenue, il se sentait très con. Seulement, il se retrouvait confronté à un autre problème, il se trouvait entre l’escalier et elle et il n’était qu’un homme. Il ne pouvait pas se mentir, la tentation de se retourner était bel et bien là et il doutait fortement qu’elle apprécierait qu’il se rince l’œil. Il n’en était pourtant pas bien loin. Pas certain de lui-même à ce niveau, il retira son t-shirt de sa ceinture pour le lui donner, tendant le bras en arrière.

- « En attendant... ? »

Pourquoi sa voix avait-elle formulé une interrogation, il n’en savait rien non plus. Cette situation hautement burlesque aurait presque pu devenir ridicule s’il ne semblait pas aussi respectueux. Du moins, il essayait de l’être. Il avait quelques principes et il refusait de s’en passer. Un tantinet vieux jeu dans sa conception des rapports avec les femmes, il tentait de témoigner tout le respect possible, jetant aux ordures tous les préjugés. Une femme, quoi qu’elle fut ou quoi qu’elle fasse de sa vie méritait de ne pas être mal regardée ou maltraitée. Il les sous-estimait mais c’était bien là son seul défaut finalement. Il faisait preuve d’un certain machisme, d’un certain sexisme même mais, au moins était-il orienté vers le positif et pas le négatif.

- « Vous voulez que je sorte ? »

La question était légitime et il devait la poser. Soudain, les préoccupations économiques revinrent à la charge et il se sentit profondément fatigué. Si elle le virait, il pourrait faire une croix sur cet argent et ça, ça l’emmerdait. Il en avait vraiment besoin.
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MessageSujet: Re: You had to give me your hell ♟ Oshaÿa   Ven 3 Juil - 11:31

Silence et quiétude, c’étant dans cette ambiance que l’amérindienne tentait de regagner son domicile. Son instinct animal était aussi haut que les réflexes qu’elle conservait encore. L’oreille attentive, l’œil aux aguets, à pattes de velours. La forêt représentait une cachette idéale. Sous sa forme animale, elle n’était pas facilement repérable, l’ombre étant une zone de confort suffisante pour la rendre invisible. Sous sa forme humaine toutefois, l’enjeu était bien plus intéressant. Il lui fallait trouver de bonnes cachettes temporaires, prendre garde aux brindilles pouvant craquer sous ses pieds et avertir de sa présence. C’était là un jeu d’enfance, le jeu de cache-cache où il fallait être le plus rusé possible. Être capable de se cacher ou être le loup silencieux destiné à retrouver ses proies. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas joué pourtant, se remémorant ses bourdes passées pour ne pas les commettre à nouveau. Elle s’en sortait plutôt pas mal, parvenant à se glisser derrière des troncs tout en tâchant de ne pas alerter son hôte. L’enjeu était simple : parvenir à rentrer chez elle sans croiser Declan. Un défi qui semblait aussi ardu que simple. Il n’y avait qu’une chance sur deux de toute manière. Elle espérait toutefois parvenir à la victoire sans trop d’encombres. Quelques minutes plus tôt, il se trouvait dans l’entrée, s’octroyant une pause bien méritée à coup sûr. Jamais elle ne se serait permise de remettre ses compétences en doute. Avec un peu de chance, la pause allait durer un peu plus encore. Ou, peut-être se serait-il aventuré dans les bois afin d’apercevoir une nouvelle fois le jaguar qui n’était plus. Une espérance vaine certainement, mais on peut toujours rêver.

Elle ne risqua pas le coup d’œil vers l’entrée, jugeant plus utile de passer par la fenêtre. Nul doute qu’elle devait offrir un regard cocasse, digne d’une voleuse certainement. Hélas, elle savait parfaitement qu’aucune autre fenêtre ne serait accessible. La chambre du haut peut-être, mais s’y rentre était périlleux, et bien trop bruyant. Elle n’avait hélas pas d’autres solutions. Toujours aussi silencieuse, elle dépassa l’encadrement, l’avant de son corps reposant sur le plan de travail impeccable. Il n’y aurait pas de casserole ou de couverts pour alerter de sa présence. Une aubaine. Passant le reste de son corps, elle ne mit pas moins de quelques minutes pour retrouver le sol, retenant sa respiration comme si celle-ci pouvait la trahir. Encore quelques mètres jusqu’à l’escalier. Si elle prenait un pas rapide, elle y serait en quelques enjambées. Au mieux pouvait-elle glisser derrière le canapé si Declan revenait de sa pause. Il faisait suffisamment de bruit pour qu’elle sache où le trouver. Et pourtant, à peine se redressa t’elle qu’elle se figea, se rendant compte de son erreur de jugement, étouffant un exclamation de surprise. L’homme se tenait face à elle, aussi surpris qu’elle. Rien à sa portée n’aurait put cacher son corps offert à la vue, l’obligeant à se recroqueviller d’un coup sur elle même, cherchant finalement à se cacher de l’œil de l’homme qui lui plaisait au delà de toute raison. Sa chevelure ébène fut suffisante pour cacher le haut de son anatomie, mais seuls ses jambes repliées et ses bras purent cacher le rester. Quant à son faciès, rien ne pouvait dissimuler le rouge qui s’était installé, cette honte de s’être ainsi fait surprendre. Stupide, voilà ce qu’elle était. Risqua t’elle un regard vers lui ? Pas un seul, trop mortifiée pour oser bouger. Elle ne daigna pas même ouvrir les lèvres face à ces excuses. C’était plutôt à elle d’en faire, elle le savait pertinemment. Il n’y avait finalement pas plus embarrassant.

D’autres mots franchirent sa barbe, l’incitant finalement à jeter un regard. Il s’était retourné, ce qui en soi, était un soulagement suprême. Elle n’aurait sans doute pas supporté qu’il puisse observer la honte qu’elle portait sur le visage. En une autre époque, elle aurait sans doute été moins pudique, moins portée sur l’embarras, car tout aurait été différent. L’homme ne se serait pas fait prier pour venir prendre ce qu’elle pouvait lui offrir, et elle aurait été consentante. Mais cette nouvelle époque lui avait apprit la pudeur. Ce qu’autrefois seul le regard pouvait immortaliser, aujourd’hui, il était possible de le retrouver sur de nombreux écrans. Elle avait apprit au détriment d’autres personnes, qu’une seule image pouvait réduire à néant tout ce qui était durement acquit. S’aventurant à quatre pattes jusqu’à l’homme, elle attrapa le vêtement sans se faire prier pour l’enfiler. Bien plus fine que l’employé, le tee-shirt s’avérant suffisamment couvrant pour tomber jusqu’à mi-cuisse, cachant tout ce qui faisait sa féminité. « Merci. » murmura t’elle finalement, se redressant enfin. Le rouge n’avait pas daigné quitter ses joues, et elle doutait qu’il disparaisse, tant elle avait honte.

Pourtant, elle osa enfin lui faire face, mal à l’aise, mais suffisamment téméraire pour déposer un baiser sur ses lèvres, un remerciement tactile comme seule elle pouvait le faire. Il n’y avait pas plus tactile qu’une femme indienne, peut-être le comprendrait-il, alors qu’elle se remettait de nouveau dos à lui, cherchant à cacher un peu plus l’embarras dans lequel elle s’était fourrée. Elle hocha négativement la tête à la question, tirant malgré elle sur le bas du tee-shirt. « N…Non. C’est… C’est de ma faute. J’avais… oublié que vous seriez là aujourd’hui. » Une vérité. Trop prise dans sa chasse, elle en avait oublié jusqu’à son existence. « J’étais à la rivière. J’aime me baigner dans la rivière quand il fait trop chaud. » Un demi-mensonge, mais qui pouvait expliquer sa tenue. « Je suis vraiment désolée que vous… enfin que je… Je suis désolée. » glissa t’elle finalement, tirant de nouveau sur le tee-shirt. Elle avait l’impression d’être toujours nue, et que rien, pas même le vêtement, ne parviendrait à cacher ce qu’il avait vu. Elle ne doutait pas un instant qu’elle n’était pas la première à se retrouver nue devant lui, pour elle pourtant, c’était une première lorsqu’il s’agissait d’un contexte aussi innocent. Sa pudeur était largement égale à celle d’une vierge, ce qu’elle était encore malgré toutes ces années. Tournant de nouveau le visage vers lui, elle ne put empêcher une nouvelle rougeur en constatant sa propre tenue. L’œil humain ne valait pas celui de l’animal… Declan était un homme bien bâti, il fallait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte. Croisant son regard, elle se hâta de le détourner, se dirigeant rapidement vers l’escalier. « Je vais m’habiller. » ajouta t’elle précipitamment, montant rapidement les marches pour mieux cacher le trouble. Eut-elle été différente qu’elle aurait glissé une invitation à la rejoindre. Mais trop mortifiée, elle laisserait le destin s’en mêler.
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MessageSujet: Re: You had to give me your hell ♟ Oshaÿa   Ven 3 Juil - 22:35

Entrer dans la cuisine pour tomber sur Oshaÿa dans le plus simple appareil n’avait pas été son but. Il avait simplement jugé qu’elle n’était pas chez elle et vu qu’il avait pu entrer, avait pensé qu’elle lui faisait suffisamment confiance pour faire son travail en son absence. Il ne pouvait pas dire que ça le gênait vraiment. Il avait apprécié la vue, furtive mais néanmoins charmante. Ce qui l’ennuyait vraiment et bien, c’était... En fait, si, ça l’ennuyait. Il n’était pas un voyeur et son respect presque suranné, le mettait mal à l’aise vis-à-vis de la situation. Voilà pourquoi il avait ainsi tendu son t-shirt. Une façon de se racheter, quelque part. Si sa nudité avait été volontaire, il n’aurait certainement pas eu autant de scrupule mais, ça ne l’était clairement pas vu la réaction de l’amérindienne. Aussi, il attendit, pas bras tendu et quand le t-shirt lui échappa, il se sentit soulagé.
L’avoir dans son champ de vision, dans son t-shirt était quelque chose d’étrange. Ce genre de choses avait tendance à arriver quand on avait passé la nuit avec quelqu’un. Pas sur un malentendu comme celui-là. C’était franchement bizarre mais, pas déplaisant non plus. Quant au baiser, surprenant, il ne savait pas quoi en faire tant il ne s’y était pas attendu. Cette femme lui faisait se poser plus de questions qu’il ne le voulait et elle continuait sur sa lancée comme un train lancé à pleine vitesse. Les excuses qui suivirent le laissèrent encore plus perplexe, plus perdu que jamais. Elles contrastaient avec le baiser, à moins que ce soit sa façon de le remercier auquel cas, il aurait du mal à s’y faire.

Les femmes n’avaient rien d’un mystère insoluble mais, celle-ci se donnait beaucoup de mal pour le perdre en court de route. Il en avait presque oublié le jaguar et les travaux et il avait totalement oublié la possibilité de se faire virer à cause de cette histoire. À vrai dire, il en avait oublié sa propre tenue, torse nu. Il s’en serait baffé. Il n’avait pas vraiment réfléchi en ôtant son t-shirt tout à l’heure. Cela pouvait la gêner et vraisemblablement, c’était le cas. Mais, à présent et bien... il n’allait pas pouvoir y faire grand-chose puisqu’elle l’avait sur le dos. Il la regarda partir encore perplexe par cet échange et événement surréaliste. La suivant du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse à l’étage, il soupira et se passa une main sur le visage.

À présent qu’il était seul, il avait tout le temps de revenir là-dessus. A tous les coups, la totalité de ces événements étaient involontaires. Son comportement avait tout de l’inhabituel et puis, il y avait le jaguar qu’il avait aperçu et ça. Il en arrivait à se poser pas mal de questions, sans compter les armes qu’elle lui avait présentées lors de sa première visite des lieux. L’esprit en ébullition, il finit par se rendre compte qu’elle n’était toujours pas redescendue. Habituellement, il ne se serait pas posé la question et se serait remis au travail directement mais là. Il l’avait peut-être froissé et mise plus mal à l’aise qu’il ne l’avait cru.
Une fois en haut, il s’arrêta sur le palier et passa une main dans ses cheveux. Il ne savait pas trop quoi dire ou faire pour rendre la situation moins étrange.

- « Oshaÿa ? J’espère ne pas vous avoir froissé. Je suis vraiment navré, si j’avais su, je ne serais pas rentré dans la cuisine. Ce n’est pas à vous de vous excuser mais à moi, vous êtes chez vous. » Parler dans le vide était une chose dont il n’avait pas l’habitude, parler aussi longtemps non plus du reste. « Je peux revenir un autre jour si vous préférez. »

Il restait toujours la possibilité qu’elle le vire, d’autant qu’il était monté à l’étage sans y être invité. Mais, il n’y pouvait rien, ne pas la voir redescendre l’avait incité à présenter à nouveau ses excuses. De plus, il fallait admettre qu’il voulait être certain que le baiser était juste un remerciement un peu trop tactile pour l’époque et pas une invitation. Il restait un homme et de ce qu’il en avait vu, et bien... Il ne dirait probablement pas non si la deuxième solution était la bonne. Entre adulte consentant, pas de gêne, du moins, il voyait les choses ainsi. Il les avait toujours vues ainsi, bien que plus adepte des relations longues durées que des histoires passagères.
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MessageSujet: Re: You had to give me your hell ♟ Oshaÿa   Ven 3 Juil - 23:59

La rougeur refusait de s’estomper, brûlure incandescente sur ses joues habituellement dorée. La honte d’avoir été ainsi surprise resterait permanente, se verrait certainement à chaque fois qu’elle croiserait son regard. Elle s’était magistralement plantée en pensant l’homme balourd, en le sous-estimant. Il venait de lui montrer l’inverse, et elle… elle n’était manifestement pas au mieux de sa forme pour ne pas l’avoir entendu rentrer. Mais il avait été suffisamment bon pour ne pas persister sur la vision de la chose, un soulagement qu’elle ne reconnaitrait certainement que plus tard, lorsque son cœur battrait bien moins vite. Elle demeurait une femme avant d’être un animal féroce, une créature qui avait vécu loin du regard des hommes, tenue en laisse par un sorcier aussi possessif que détestable. Autrefois, elle aurait peut-être joué avant de s’évaporer dans la nature. Autrefois, elle n’aurait pas hésité à se glisser dans les bras de l’homme pour en soutirer plus qu’un regard. Mais cet homme n’était pas de son peuple, pas de la même ère. Elle pouvait le sentir à chaque geste qu’il avait envers elle, chaque mot. Encore maintenant, alors qu’il lui tendait le tee-shirt pour qu’elle se couvre. Declan ne cessait de lui réserver des surprises quelque part. Lui faire face finalement, s’était avéré plus ardu qu’elle ne le pensait, mais bien moins que ses lèvres goûtant les siennes. Un remerciement, un acte irréfléchi… le résultat demeurait le même : elle en voulait encore. Il était le seul à lui permettre l’accès à des émotions dont elle ne parvenait à estimer la valeur. Deux siècles passés dans le corps d’un animal l’en avaient privé, elle ne demandait plus qu’à retrouver ces sensations humaines. Ce vœu toutefois, était trop dangereux pour qu’elle daigne y accorder plus d’importance que nécessaire, se faisant violence pour ne pas approfondir sa recherche, pour ne pas balayer cette chaleur persistante au niveau de ses joues. Elle avait mal, mal dans sa fierté, mal dans son cœur.

La meilleure solution était de s’évader, de fermer les yeux sur cette scène irréaliste. Elle avait besoin d’autant de solitude que la présence de Declan à l’étage inférieur pouvait lui apporter. Étrangère à cette époque, elle s’était pourtant jetée sur le lit, comme si ce dernier représentait une zone de sécurité infranchissable, serrant un oreiller contre elle. Elle ignorait totalement que faire, comment agir, réagir. C’était nouveau, et troublant. Tout autant que l’odeur que le tee-shirt dégageait sur sa propre peau, et qu’elle ne souhaitait pas quitter. Elle s’y sentait à l’aise. Glissant finalement ses doigts sur ses propres lèvres, elle eut un instant de rêverie, fleur bleue que l’on n’avait pas encore cueillie, hélas cruellement consciente que l’homme n’était pas pour elle. Aucun ne saurait jamais l’être. Quel courage lui fallut-il pour finalement repousser l’oreiller et daigner ôter le vêtement qui ne lui appartenait pas. Oshaÿa pourtant, ne put s’empêcher de sentir le tee-shirt, s’imprégnant plus que jamais de la fragrance de son hôte. Nier qu’il lui plaisait au delà de toute raison était inutile : le ronronnement intérieur était une preuve plus que tangible. Elle désirait ce qu’elle ne pouvait avoir. C’était contre nature, et sans aucun doute un piège du Grand Esprit.

Se glissant finalement hors de son lit, elle attrapa un boxer qu’elle enfila afin de cacher l’endroit le plus secret de son anatomie. Celui-là même à qui elle n’avait jamais donné accès, par manque de temps, manque de conviction, mais certainement pas par rêverie enfantine. Jusqu’à présent, elle n’avait pas trouvé d’homme pouvant faire battre son cœur ou faire pulser son bas-ventre. Ses monts furent bientôt eux aussi caché par le plus basique des soutiens-gorge, pas du genre à aguicher qui que ce soit, pas totalement tue-l’amour pour autant. Elle en était à enfiler un short lorsque des bruits de pas lui parvinrent, ravivant la rougeur qui s’était estompée. Et s’il venait pour autre chose que la tenir informer des travaux ? Était-elle prête ? Elle-même n’en savait rien. Elle ne voulait pas dire non, elle aspirait à sentir sa peau contre la sienne, à parcourir la sienne de ses lèvres. Le dire à haute voix pourtant… lui semblait compliqué, hors de propos, trop étrange pour être abordé. Et lorsque sa voix lui parvint, elle ne put s’empêcher d’enfiler son débardeur plus rapidement, cachant définitivement sa nudité à celui qui n’avait plus grand-chose à découvrir. Se tournant vers lui, elle ne put s’empêcher de le dévisager de nouveau, se noyant dans le céruléen de ses yeux, envoûtante création qui lui valut de nouveau une chaleur du faciès. S’occuper était primordial. Glissant ses doigts dans ses cheveux, elle entreprit de les tresser pour évacuer le trouble, s’agaçant pourtant à la rencontre de chaque nœud indésirable.

« Non, non ne vous excusez pas. Vous ne pouviez pas savoir… Ce n’est vraiment pas grave… J’avais juste oublié que vous deviez passer. J’ai tendance à oublier ce genre de chose, je n’ai pas l’habitude d’avoir de la compagnie… » Délaissant enfin sa chevelure ténébreuse, elle lâcha son désir précipitamment. « Restez. » Rester avec elle. S’asseyant de nouveau sur le lit, elle finit par tendre la main vers le tee-shirt pour le lui tendre, sans désir de le voir le remettre pourtant. Il était tout aussi plaisant sans artifice du genre. « Merci encore pour le tee-shirt. Vous n’êtes pas obligé de le remettre. » Trop tard, les mots étaient sortis, obligeant l’amérindienne à baisser sauvagement le regard, ses mains venant cacher son visage sous la compréhension de ses propres mots. « Je suis désolée. Je n’ai pas non plus l’habitude d’avoir un homme sous mon toit. » Un soupir, un sourire gêné, alors qu’elle se permettait de nouveau de lui faire face. « Je… Hum. J’ai conscience de ne pas être comme toutes les femmes que vous devez rencontrer. J’ai été élevée dans des tribus plutôt… anciennes. » Mordillement de sa lèvre inférieure, avant de finalement se relever. « Vous me plaisez Declan, et c’est très troublant pour moi. C’est nouveau. » Une explication banale, alors qu’elle se jetait dans la gueule du loup. « Vous avez faim ? J’ai un lapin qui n’attend que de passer sur le feu ! » Lança t’elle finalement pour changer de sujet, retrouvant finalement un aplomb destiné à alléger l’ambiance. Les aveux n’étaient pas son fort, mais elle l’avait fait, sans vouloir l’assumer, encore moins lorsqu’elle repassa finalement devant lui, cherchant à redescendre en bas, à s’évader. Fuir était une solution de facilité, bien plus que d’affronter cet adversaire. Un seul geste pourtant, et elle savait qu’elle succomberait à l’étreinte damnée.
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MessageSujet: Re: You had to give me your hell ♟ Oshaÿa   Sam 4 Juil - 22:31

À présent planté sur le palier, Declan ne savait trop que faire. Il était hors de question d’explorer, il n’était pas chez lui et certainement pas convier à le faire. Il n’était monté à l’étage que pour une seule chose finalement, s’assurer que tout allait bien, pour eux deux tant la situation avait été particulière. Il ne savait pas qui elle était et lui oscillait dangereusement entre travail, attirance, devoir et impulsivité. Le mélange n’était pas des plus évident à supporter et il s’interrogeait forcément. C’était normal.
Il ne savait pas ce qu’elle avait traversé, ce qu’elle était en train de vivre et ce que tout ça allait engendrer. Bon tacticien et observateur, il ne l’était que lorsque ses actions concernaient un affrontement. Il réfléchissait quand il s’agissait de famille et de travail mais, là, et bien il ne savait pas trop quoi faire. La situation était inédite et encore, il était très loin du compte. En tendant l’oreille, il aurait peut-être pu l’entendre se précipiter pour s’habiller mais, il n’aurait sans doute pas été capable d’identifier ça pour ce que c’était.

Quand elle fut face à lui, il était évident qu’il y avait bel et bien un malaise et qu’il en était la cause. Peut-être était-ce le fait qu’il était torse nu qui posait problème. La pudeur semblait être quelque chose à laquelle elle tenait. Il ne détourna pas pour autant le regard, tentant d’y voir quelque chose, d’y trouver des réponses mais, ces réponses ne vinrent pas, du moins pas immédiatement. Ce n’est que lorsqu’elle se mit à parler qu’il cessa de la fixer droit dans les yeux.
Il pouvait comprendre que l’on puisse oublier. Lui-même, avant les enfants, en bon solitaire, avait déjà été confronté à ce genre d’oubli, ce qui avait été gênant à plusieurs reprises et carrément problématique dans certains cas. Mais, alors qu’il s’apprêtait à lui assurer qu’il comprenait, il lui demanda de rester. L’observant par l’encadrement de la porte, il s’avança pour récupérer son t-shirt alors qu’une fois de plus, elle le prit au dépourvu. Cette fois, il sourit malgré lui et ne remit pas son haut, le glissant à nouveau dans sa ceinture.
Inattendu. C’était tout ce qu’il arrivait à penser pour le moment. Surprenant aussi. Déstabilisant même. Depuis combien de temps ça ne lui était pas arrivé ? Plaire était presque une sensation qu’il avait oubliée. Et se l’entendre dire... Mais, il ne dit rien, écoutant ce qu’elle avait à lui dire, trouvant dans ce monologue quelques réponses à ses questions. Il avait vu juste. Pas de cette époque. C’était sans doute la première fois qu’il était confronté à ça ou du moins, qu’il en avait conscience. Le brusque changement de conversation le laissa un moment stupéfait. Un lapin sur le feu ? Vraiment ? Et c’est sur ce palier qu’il resta planté quelques secondes avant de réaliser plusieurs choses.

Premièrement, il avait sans doute déduit juste en se disant qu’elle devait être le jaguar. Deuxièmement, son âge n’était pas celui qu’elle semblait avoir, elle venait d’une autre époque, avec d’autres mœurs. Troisièmement, il lui plaisait et lui n’était pas ce qu’on pouvait définir d’indifférent.
Elle l’avait intrigué depuis sa première visite, à lui parler des armes, à lui demander sans détour s’il était du genre à s’emporter en ayant constaté la texture de la peau sur ses mains. Il ne connaissait que son nom et une infime partie de sa culture. Oh. Et il venait d’apprendre qu’elle cuisinait à proprement parler à même le feu.

Declan finit donc par descendre les escaliers et par rejoindre Oshaÿa, oubliant au passage qu’il était là pour travailler, pas pour se remplir l’estomac. Hors, oui, il avait faim.

- « Je peux peut-être vous aider ? » Cela dit, en tant que bon citadin, il était incapable d’allumer un feu et encore plus incapable d’écorcher un lapin et de le vider. « J’aime autant vous prévenir que s’il faut se charger des poils et des entrailles... et bien je n’y connais rien. »

Avouer ses lacunes n’était pas quelque chose qu’il avait du mal à faire ce qui avait tendance à surprendre les gens. Il avait l’habitude cependant, à croire que l’on prenait les manuels pour des idiots. Alors effectivement, il n’aurait jamais entrepris d’études littéraires ou quoi que ce soit de ce genre, ça ne l’attirait pas mais, là-haut, tout était presque parfaitement connecté.

- « Dites-moi... c’était bien vous, le jaguar noir ? »

Peut-être que ça n’était pas le meilleur moment pour poser sa question mais, il n’y en aurait sans doute aucun de ces moments. Il avait appris avec le temps que quand quelque chose de gênant devait être demandé, il n’y avait jamais de moment opportun. Si elle était vraiment cet animal, il n’y avait pas de quoi en rougir et au fond, il était impressionné de savoir qu’une telle femme pouvait dissimuler pareil prédateur. Impressionné mais néanmoins mal à l’aise car il évoluait à présent dans un domaine qui lui était complètement inconnu. Les femmes, il connaissait mais, les femmes de son époque...
Il retira son t-shirt de sa ceinture et le posa sur une chaise avant de reporter son attention sur elle.
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MessageSujet: Re: You had to give me your hell ♟ Oshaÿa   Dim 5 Juil - 13:30

Troublée, c’était le moins que l’on puisse dire. La présence de l’homme n’aurait pas dû la perturbée, pas aussi facilement tout du moins. D’autres n’avaient pas cette chance de parvenir à lui arracher cette rougeur typique de l’inquiétude, pas plus qu’ils ne parvenaient à la faire douter de ses propres pensées. Mais lui, cet homme qu’elle était censée abattre pour préserver la pseudo-paix, y parvenait avec une facilité déconcertante. Elle pouvait croire qu’il s’agissait simplement de cette honte ressentie quelques minutes plus tôt, prise sur le fait d’une nudité qu’elle n’avait pas voulu lui faire contempler, mais c’eut été nier l’évidence. Il lui plaisait, et quelque part, c’était dangereux. Hélas, elle ne pouvait s’attarder sur ce type de spéculation, se glissant plus rapidement dans les vêtements réconfortants. Lui faire face, fut aussi facile que compliqué. Lui fallait-il se remettre dans l’idée qu’il était sa cible afin d’effacer cette pudeur manifeste ? Même avec toute l’envie du monde, elle savait qu’elle ne pourrait pas. Elle aspirait trop à goûter de nouveau ses lèvres pour avoir envie d’oublier. Mais il était difficile de parvenir à quoi que ce soit avec cette pudeur d’adolescente n’ayant jamais connu l’amour. Elle avait manqué sa chance une première fois, enlevée par la tribu de son père, et ce dernier n’avait pas jugé utile d’unir sa fille à un guerrier dans l’immédiat, trop fier de pouvoir rattraper un temps n’ayant jamais existé.

Au lieu de cela, elle bégayait, rougissait de plus belle, se sentant à la fois mal à l’aise et plus idiote que jamais. Si elle voulait parvenir à quelque chose avec l’homme barbu, ce n’était pas ainsi qu’elle y parviendrait, ayant plutôt l’impression que tout cela le ferait fuir. Et s’il était marié ? Elle n’avait pas même pensé à cette possibilité. C’était jouer avec le feu, et elle savait pertinemment qu’elle risquait de se brûler les doigts. Et pourtant, il ne répondit pas un mot à son monologue, se contentant d’esquisser un sourire. Était-ce de la compassion ? De la sympathie ? Elle fixa son regard de jade sur son torse, préférant cette vue à l’acier de son regard, sans même se douter que l’homme était en train de répondre à ses propres interrogations. Elle avait tout fait pour s’intégrer à cette époque, sans jamais demander de l’aide. Si elle parvenait à comprendre bien des choses, d’autres lui étaient totalement inconnues, et sa fierté était telle qu’elle se refusait à demander de l’aide, persuadée de pouvoir comprendre par elle-même. Ce fut manifestement pour cette raison qu’elle quitta son lit, s’arrangeant pour détourner la conversation sur quelque chose de différent. Elle avait fait preuve de franchise concernant l’état dans lequel il parvenait à la mettre, mais elle ignorait comment il fallait agir pour comprendre les motivations de l’autre dans cette époque. Dans la sienne, et dans sa tribu plus encore, lorsqu’un homme voulait une femme, il le faisait vite comprendre. Les détours étaient inutiles, et soit la réponse était positive, soit elle ne l’était pas. Mais dans cette époque-ci, jouer sur les sentiments était monnaie courante, de ce qu’elle avait put observer. Elle, elle avait faim d’émotions réelles, de sensations oubliées, dévastées par le temps. Face à l’homme, elle parvenait à en retrouver quelques unes, trop violentes encore.

Mettre une certaine distance lui semblait adéquat, néanmoins douloureux. Pourtant, lorsqu’il lui proposa son aide, elle ne put empêcher un soupir de soulagement de franchir ses lèvres. Il n’allait pas partir suite à ses aveux. Il allait rester, et partager un repas avec elle. Se retournant sur lui, elle décocha un regard soulagé tout autant qu’amusé. « Savez-vous allumer un feu dans ce cas ? Tout est prêt dehors, il suffit juste de rajouter de l’herbe sèche et d’allumer. Le feu aura le temps de prendre le temps que je prépare le lapin. » Elle n’ignorait pas que les Hommes de cette époque étaient pour la plupart, incapables de vivre à l’état sauvage. Attrapant un pot fermé ainsi qu’un petit saladier de sa création, elle se glissa à l’extérieur, invitant son hôte à la rejoindre. Derrière la maison, c’était un tout autre mode de vie qui était présent, un état sauvage, les vestiges d’une civilisation ancienne, que l’on pouvait toutefois retrouver dans n’importe quelle réserve amérindienne. Un peu plus loin, quelques cages contenait des lapins, dont elle prenait soin avant d’elle-même s’en nourrir. Attrapant le plus gros, elle le cajola, murmurant des mots dans sa langue natale, une prière au Grand Esprit certainement, avant de finalement rompre d’un coup sec la nuque de l’animal. Un façon bien cruelle de tuer l’animal, mais bien moins que si elle lui avait planté un silex dans le cœur. Mais alors qu’elle emmenait l’animal mort vers le petit feu de camp, la question de son vis-à-vis la prit au dépourvu, l’incitant à s’asseoir plus prudemment que nécessaire. Pinçant finalement les lèvres, elle entreprit d’arracher la peau de l’animal d’un coup sec, avant de finalement l’ouvrir avec un couteau qui était planté d’une petite souche d’arbre. « Ne l’ébruitez pas s’il vous-plait. » Avoua t’elle à demi-mots avant d’ouvrir la viande morte pour en extraire les entrailles. « Je me plais beaucoup ici, et c’est grâce à moi que les voisins peuvent vivre en sécurité. Mais s’ils apprennent que je suis le félin qui rôde… je doute de pouvoir rester. » Or, elle aimait trop cet endroit pour vouloir partir. « Vous n’auriez jamais dû me voir sous cette forme, mais il y avait un mort qui rôdait dans les alentours. Et comme je vous l’ai dit, j’avais oublié que vous deviez venir. Généralement, je reprends ma forme dès que j’arrive… Ce qui m’a semblé compliqué lorsque je vous ai aperçu. » avoua t’elle tout en fichant une pique de bois dans le corps du lapin. « Je voulais seulement entrer sans faire de bruits et repartir de la même façon. Je n’avais pas l’intention de vous faire peur, ou je ne sais pas… vous laissez voir les conséquences gênantes d’un changement de peau. » À savoir, cette nudité obligatoire. « Bien, il n’y a plus qu’à attendre que le lapin cuise. »
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MessageSujet: Re: You had to give me your hell ♟ Oshaÿa   Mar 21 Juil - 22:56

Troublé... Declan l’était sans aucun doute. Leur rencontre, la véritable première, face à face, chez elle, pour bosser, avait déjà été très particulière et à chaque venue, quelque chose l’avait poussé à changer de sujet, à se fermer ou esquiver. Entre gêne et envahissement de l’espace personnel, ils jonglaient tous deux régulièrement. Sauf qu’il n’aurait jamais cru qu’il la verrait nue, aussi furtivement que ce fut. Concernant les femmes, Declan était souvent pris au dépourvu et sa sœur ne faisait pas exception à cette règle. Comme quoi, toute faculté d’observation avait ses limites. Indéniablement, cette femme avait un don pour la surprise et il aurait été incapable de se rendre compte que sous la vulnérabilité de ses aveux, pouvait bien se cacher une femme redoutable face à laquelle il aurait sans doute eu peu de chance de s’en sortir intact, voire de ne pas s’en sortir du tout.
Conscient qu’il aurait probablement dû partager un peu de son propre ressenti, il ne le pouvait tout simplement pas. Il ne savait pas comment le faire, plus maladroit et bourru qu’il semblait l’être. Les choses viendraient comme elle viendrait, il se voyait désormais mal remettre ça sur le tapis alors qu’ils étaient en bas, à discuter repas. Il avait cette aptitude hors du commun de passer à côté des véritables discussions quand elles se présentaient si elles étaient susceptibles de l’exposer. Aussi, quand elle lui demanda de se charger du feu, il fut ravi d’échapper à ses ruminements.

- « Je peux m’en charger. »

Avec un bon briquet... Mettre le feu à un tas de bois et d’herbes sèches ne devait pas être trop sorcier. Quoi qu’il ne pouvait présumer de rien.

Il la suivit à l’extérieur, zone qu’il connaissait mal du reste, à force de ramper sous la bâtisse. Il fut finalement à moitié surpris de voir qu’elle élevait des lapins et encore moins quand elle brisa le cou de l’un d’entre eux. Le spectacle avait pourtant eu quelque chose de dérangeant. À nouveau, l’image qu’il se faisait des femmes ne correspondait pas du tout avec elle. Il appréciait cela autant que cela le dérangeait. Il était en terrain inconnu avec elle et, il devait l’admettre, il devenait curieux. Curieux au point de poser la question qu’il avait redouté de poser jusque-là.
Sans réellement lui répondre, elle lui offrit malgré tout la vérité. L’ébruité ? Il ne comptait pas le faire. Il connaissait plutôt bien la réaction de la plupart des gens et savoir que leur voisine pouvait se transformer en un grand félin ne réjouirait personne sauf peut-être les gamins. Il écouta ses longues explications, comprenant que l’absence de cadavres déambulants était de son fait. Durant ce laps de temps, il rassembla ce qu’elle avait préparé pour le feu et l’alluma avec son briquet, prenant soin de ne pas se brûler au passage.

- « Je n’en parlerai pas. Je comprends que vous n’ayez aucune envie de partir. Le lieu est agréable, sans doute bien plus que le centre-ville. Pour des gens comme vous. Proche de la nature je veux dire. Je n’ai rien contre les changeurs. Rassurez-vous. » Declan aurait sans doute apprécié vivre dans un endroit calme, un peu en retrait d’une ville... s’il avait été seul. Soupirant intérieurement, il lui sourit. « J’ai très certainement eu peur de... votre forme animale mais, j’étais surtout captivé. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut apercevoir pareille bête, sans vouloir vous vexer. C’est très impressionnant. Ça ne m’a pas empêché de faire très attention à ce que je faisais. Finir déchiqueter par des griffes comme les vôtres ne me semblait pas être une mort sympathique. »

Observant le feu crépité, il se tut un instant. Il en avait déjà dit bien assez. De plus, certaines de ses paroles pourraient être très mal comprises et prises. Souvent, Declan s’embrouillait dans ses explications, trop direct quand il lui arrivait de s’étaler un peu. Les notions de tact relevaient de l’abstrait.

- « Si on m’avait dit ce matin que j’allais manger un lapin cuit au feu de bois en compagnie d’une femme capable de se transformer en jaguar, j’aurais probablement ricané ou j’aurais commencé mon service en riant. Drôle de journée. »

Il prenait évidemment bien soin d’éviter le sujet de sa nudité passagère mais aussi, du fait qu’il lui plaisait. Pour le moment, il préférait essayer de... de quoi au juste ? La connaître un peu mieux ? Sans aucun doute. C’était une belle femme et il ne pouvait pas passer à côté mais, c’était surtout le fait qu’elle soit pleine de surprises qui le poussait un peu plus dans sa direction pour le moment. Ne pouvait-il pas se permettre de voir où cette succession d’événement pouvait l’amener ?
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MessageSujet: Re: You had to give me your hell ♟ Oshaÿa   Mer 29 Juil - 11:01

Elle n’esquissa qu’une mimique ravie à l’idée de garder l’homme à dîner. Pas seulement parce qu’il allait lui tenir compagnie, mais parce qu’il évitait la fuite… pour le moment. Elle ne comprenait que trop bien qu’il pouvait être difficile d’avoir à faire à une personne comme elle : étrange, bizarre… d’une autre époque. Rien n’y faisait, malgré son aptitude à s’adapter à son environnement, il y avait encore certaines manies, certains faits contre lesquels elle ne pourrait rien changer. Mais mieux encore que cette simple invitation acceptée, Declan allait l’aider à se charger du repas. Soulagement au creux du ventre, tandis qu’elle s’esquive à l’extérieur, profite de l’air sous sa peau première. Rien ne valait cette peau humaine, adéquate à ressentir la moindre brise quand le pelage noir du jaguar empêchait la moindre particule d’air de parvenir jusqu’à son épiderme. Elle fut plus rapide à aller à l’extérieur, bien moins nonchalante que l’animal qui la représentait, passant une main au dessus de ses yeux pour les protéger de la lumière vive. L’ombre n’était pas encore prête à prendre le relais. L’amérindienne n’eut aucun besoin de se tourner pour s’assurer que son mâle la suivait, capable de repérer son pas, sa respiration. Après l’incident parvenu plus tôt, elle se sentait vulnérable, obligée de savoir en permanence où lui se trouvait. Non par manque de confiance, mais par crainte d’être de nouveau surprise. Ce serait alors un bien mauvais tour du destin que de laisser ses sens s’émousser !

Elle ne vint pas s’enquérir de son ressenti, ce n’était pas dans ses habitudes, ni même dans celles de son peuple tout entier. Les hommes ne parlaient pas aux femmes, ne leur faisait pas part de leurs sentiments aussi facilement, ni même de leurs inquiétudes. Squaw avec Squaw, guerriers avec guerriers, rien n’était plus simple que cela. Elle avait terminée nue devant lui, mais c’était à elle d’en être profondément gênée, à elle d’en prendre le blâme personnellement. Lui, pouvait se contenter de regards intéressés ou non, de prendre les devants ou non. Attendait-elle un geste de sa part ? Elle même ne savait plus. D’autres ne se seraient pas gênés pour prendre immédiatement ce qu’elle avait à offrir. Pas lui. C’en était troublant… mais bien moins que la question qu’il lui posa. Imprudente, elle l’avait été. De sa faute une fois encore. Mais il avait raison sur un point : un jaguar n’était pas franchement de la faune locale. Maudit sorcier !

De nouveau, le soulagement quitta ses épaules lorsqu’il lui offrit sa réponse, alors qu’elle posait le lapin au dessus du feu naissant. Il faudrait un certain temps avant que la viande soit prête. « Merci. » ne put-elle que glisser en retour. « Je vous intimide c’est ça ? » lança t’elle de nouveau, sous ses explications trop fournies. Elle pouvait comprendre que cela soit dérangeant pour la population. Les changeurs de peaux et les sorciers n’étaient pas vraiment monnaie courante, et plus d’une centaine avaient été libérés brusquement, projetés dans un monde qui n’était pas le leur, ou du moins, ne leur appartenait plus vraiment. « Je ne vous aurai pas déchiqueté, sauter à la gorge pour vous déchirer la carotide est bien plus efficace. » Elle haussa les épaules, comme si cette simple réaction était banale. « Je ne joue pas avec mes proies, ou alors, il faudrait que vous soyez de la pire espèce et que j’ai du temps à perdre… » Silence, un regard en biais, avant de finalement rougir de plus belle. « Pardon. » Re-silence « Je ne vous aurai pas attaqué, pas avec la conscience encore en éveil. » Réponse bien plus adéquate, tandis qu’elle attrapait le petit saladier, ainsi que quelques baies rouges, qu’elle écrasa à l’aide d’un pilon pour en extraire le jus. « Je n’ai jamais pu parler de ma bête avec qui que ce soit… » Et surtout pas son sorcier qui n’y voyait qu’une arme pour parvenir à ses fins.

Elle esquissa finalement un nouveau sourire, laissant entrevoir ses perles nacrées à l’entente de sa nouvelle remarque. « Et je n’aurai jamais pensé qu’un homme puisse découvrir aussi rapidement mon secret.[/color] » Attrapant finalement une cuillère, elle laissa couler du jus sur la viande morte, avant d’attraper des herbes pour tapoter dessus et qu’elle en prenne l’odeur. « Parlez-moi de vous Declan. »
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