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 Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)

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MessageSujet: Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)   Sam 27 Oct - 21:06

Plusieurs semaines avaient passées et je n'avais pas revu Roxanne depuis cette entrevue dans son bureau. J'étais ressorti mal en point de cette joute verbale, blessé, pleins de doutes et encore plus paumé qu'avant. Par dessus le marché Wayne était revenu mettre son grain de sel, me mettant un peu la pression en quête d'informations sur la Résistance, même pas besoin de beaucoup lui mentir puisque je n'avais vraiment rien à lui transmettre. Pour remplir ma fonction d'espion encore fallait-il que je puisse participer à l'élaboration de futures actions de sabotage. C'est bien pour cela que j'avais occulté Roxanne, passé outre son autorité et m'étais servie de mes entrées acquise au fil des années pour me greffer à un groupe en pleine réflexion sur une mission. Une aubaine pour moi, un contrat assez important que j'allais pouvoir superviser, puisque au moins parmi les membres de la Résistance on reconnaissait encore mes talents et ma place. J'étais le loup au milieu de la bergerie et tout le monde l'ignorait, la vérité c'est que moi-même je ne me sentais pas totalement à l'aise avec cette position. J'oscillais sans cesse entre l'envie de réussir et prouver à Wayne qu'il avait raison de m'avoir confier ces responsabilités et le dégoût de trahir tant de personne qui avait confiance en moi. Une lutte entre l'homme blessé que je suis et l'homme intègre que j'étais avant que je me persuade d'oublier mais qui finalement est ce qui ce rapproche le plus du vrai moi.

J'ai toujours eu un problème avec l'autorité, bien pour ça que de voir une de mes disciples si je peux la nommer ainsi, être désignée leader alors que je me voyais déjà occuper cette place. Je pensais être libéré en me détachant de tout ça et me lançant tête baisser par l'idée séduisante que me présentait Wayne, mais là encore je prenais petit à petit conscience qu'il avait une totale emprise sur moi. Mes doutes n'étaient pas permanents et chaque entrevue avec le sorcier me remotivait à suivre le chemin qu'il avait choisi pour moi, puis le temps passait et à nouveau des milliers de questions se bousculaient dans ma tête. Un truc clochait mais quoi ? Usait-il de sa magie ? Il m'avait pourtant promis qu'il n'en ferait rien, qu'il voulait que nous agissions comme deux égaux, pas de dominant pas de dominé mais j'étais sans doute trop naïf. Son pouvoir sur moi me laissait perplexe mais j'étais totalement incapable d'orienté plus attentivement ma réflexion et de le percer à jour, sans cesse mon esprit se brouillait et je me retrouvais à pratiquement boire ses paroles, non sans grincer des dents de temps à autre.
Finalement dans tout ça ma meilleure alliée restait ma bouteille de scotch ou bien la drogue... Un échappatoire vile et dangereux mais dont les effets m'aident à tenir le coup, en tout cas d'en avoir l'impression. Je me berçais de belles illusions en rejetant avec arrogance les mains tendues qui se raréfiaient désormais. Il ne faut pas croire que je n'avais aucuns regrets ni aucuns remords, bien au contraire j'en était bourré.

Précis, concentré, créatif et fiable étaient les adjectifs que l'on employait souvent à mon sujet pour me décrire au sein de la Résistance. Si mon caractère n'avait pas été aussi merdique et que j'avais su faire preuve d'un peu plus de demi-mesure au lieu de toujours dire bien fort ce que je pensais, c'est moi qu'on aurait choisi comme Leader. Mais inutile de ruminer encore et encore cet affront qu'on m'avait fait. Aujourd'hui j'étais là comme simple membre actif, mais un peu comme tête pensante de cette mission. Cependant cela dans la plus grande discrétion de peur de me faire rapidement évincer par Roxanne qui devait avoir en travers de la gorge mon comportement de ces derniers temps. Je ne suis pas un gamin que l'on puni, je suis un électron libre peu gérable mais efficace j'avais le droit à quelques écarts de conduite de ce fait mais à présent je n'étais plus très sûr qu'on ferait preuve d'indulgence à mon égard. Sage petit soldat je suivais le groupe jusqu'à la raffinerie, cible de notre sabotage. L'accès était sécurisé et nécessitait toute notre attention et notre prudence. Je m'affairais à la tâche que l'on m'avait confié, minutieux pour ne pas faire courir de risque aux autres. Il fallait que je désactive le courant électrique du grillage pour qu'ils puissent le découper.
Les grésillements cessèrent, signe que j'avais réussi, je relevais la tête pour m'assurer que les autres commençaient leur boulot. C'est là que je la vis, Roxanne... Elle n'était pourtant pas prévue au programme à priori. Peu importe, maintenant que nous étions dans le feu de l'action elle ne me ferait peut-être pas de scène, l'espoir fait vivre paraît-il. A l'instant où son regard bifurqua vers moi et qu'il croisa le mien je détournais les yeux, sortant ma pince je me découpais moi aussi un passage dans le grillage.
Bien vite nous nous retrouvions dans l'enceinte de la raffinerie mais le chemin était encore long avant d'atteindre le bâtiment visé. Ce que je n'avais pas prévu et qu'aucun de nous n'avait vu venir c'est que depuis peu des tireurs longue portée étaient sur l'une des tours de surveillance...
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MessageSujet: Re: Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)   Dim 28 Oct - 1:14

Presque comme une attraction. Une de ces attractions gigantesques qui frôlaient les cieux, véritables ascenseurs émotionnels, vous refilant le coeur aux bords des lèvres et l'adrénaline de la chute à peine contrôlée. Sensations fortes à s'en faire vomir, à en hurler. De loin, les raffineries n'étaient ni plus ni moins que de grandes attractions, avec leurs immenses tours crachant leur fumée dès le petit matin. Entassement de ferraille autour duquel flottait le mystère, épaisse brume prête à vous avaler tout entier au moindre moment d'inattention. C'est pourquoi on n'y restait pas, on ne s'y aventurait pas une fois la nuit tombée, on laissait les cachotteries qui semblaient s'y dérouler où elles étaient. Les rares qui y allaient étaient ceux qui travaillaient encore, ouvriers à la tâche répétitive qui s'enfuyaient une fois que l'heure a sonné ; et de temps à autres, on y trouve quelques puceaux effarouchés en quête de sensations fortes. Et puis il y avait eux... entêtés, actifs. Volontaires d'assister à une nouvelle ère, et profondément répugnés par ces jeux sanglants qui avaient repris. C'était devenu l'activité quotidienne de millions de scélérats. Tous là, affalés comme des cons dans leurs canapés trop confortables, en train de jubiler devant leur putain de poste de télévision. On jure, on hurle, on s'excite à la vue d'une arme. On réclame sa boisson gazeuse dégueulasse et son plateau-télé, parce qu'on a dépassé une masse corporelle qui nous permet de nous mouvoir sans problème. Et on crève de suspense, et on se fait tirer au sort pour la prochaine saison. Et dès les premières minutes, on se rend compte qu'on a été sacrément con, et que ce qu'ils vivaient était un véritable enfer. Le stéréotype d'un incapable et inconscient de nos jours.
Petit groupe qui avait décidé de prendre en cible la raffinerie. Elle n'était pas censée être là, elle n'était pas supposée être là, si seulement Maxence n'avait pas été pas terrassé par la fièvre. Il lui avait alors tout expliqué, dans les moindres détails, sans oublier le nom des personnes présentes. Elle avait tiqué en entendant son nom, se rappelant leur dernière rencontre avec amertume. Mais là n'était pas la question, ils n'allaient pas se voir pour jouer les amants fiévreux et mièvres. Ils avaient assez donné dans ces rôles-là, ils avaient assez donné dans les rôles des amants bipolaires et violents. Elle en avait fini, de ça. Il était là, d'accord, qu'il y soit, car c'était indéniablement un atout : elle ne pouvait nier qu'il était doué, agile, habile, et efficace. Que si elle se voyait dans l'obligation de confier sa vie à quelqu'un, il valait mieux que ce soit lui, plutôt qu'un autre. De plus, c'était une zone qu'il connaissait particulièrement bien.
Il fut un temps où ils allaient de paire. Complémentaires, au point de s'étonner eux-même. Dans leurs actions, dans leurs paroles, leur façon de penser. C'était finalement ça, la clé d'une bonne équipe : cette osmose parfaite, le respect mutuel, et un esprit vif. Il fut un temps où ils s'étaient faits un nom au sein de la Résistance, ensembles ; où l'un n'allait pas sans l'autre. C'était pour eux l'occasion de se retrouver, cette mission de sabotage au doux parfum de la réminiscence. Au souvenir d'une époque qu'elle croyait encore pouvoir attraper du bout des doigts, qu'elle espérait faire revenir à eux, et qui était malheureusement révolue. Partie, envolée, dans la fumée. Période qui faisait désormais partie des bons souvenirs, auxquels on repense avec un sourire mélancolique et nostalgique.

Tant et si bien que, malgré tout ce qu'elle essayait de se dire mentalement, tentant d'effectuer sur sa propre personne un réel bourrage de crâne, que ce qui la tenaillait le plus, était de se retrouver face à Connor. Et elle se détestait pour ça, elle qui avait juré de séparer sa misérable vie privée de tout le reste. Elle qui s'était jurée de ne pas se faire asservir par ses propres démons. Émotions aux dents acérées qui se plantaient dans son minable coeur. Elle essayait, de se répéter que sa priorité devait être la mission, ce devaient être les raffineries. Elle tentait de s'occuper l'esprit, se remettant en tête les différentes tours, les différents bâtiments. Visualisant du mieux qu'elle pouvant les grillages et les systèmes de sécurité, se disant qu'ils allaient sans doute couper le courant avant de pénétrer à l'intérieur. Mais ils avaient déjà tout prévu. Étape par étape, méticuleusement, et il ne lui restait rien à faire, rien à envisager. Elle n'avait qu'à être présente et faire les tâches qui étaient assignées à Maxence.
La vérité était qu'elle perdait littéralement les pédales en sa présence, ou même lorsqu'un simple détail la lui rappelait. Les syllabes de son prénom, le son de sa voix. Le bref soupir qu'il pouvait lâcher avant d'esquisser un sourire, et son affreux raclement de gorge. Tout, n'importe quoi, à s'en rendre malade. Elle n'avait pas besoin d'attractions d'une centaine de mètres de haut pour sentir son coeur aux bords des lèvres, elle avait juste besoin de l'insupportable absence de Connor.

Et elle pénétrait dans la nuit d'un pas décidé, perçant le brouillard ambiant avec sa frêle silhouette, avant d'apparaître aux côtés de ses acolytes. Elle voulut s'en empêcher, mais trop faible : l'une des premières choses qu'elle fit, fut de chercher Connor du regard. Mais rien. Envoyé pour couper le courant, avant de réapparaître à quelques mètres d'elle, silhouette se détachant à peine du brouillard opaque qui enveloppait cette partie du pays. Comme un fantôme, un spectre sur lequel les volutes blanches virevoltaient. Et machinalement, sa mâchoire se crispa à sa vue. Elle resta silencieuse cependant, se contentant de le foudroyer du regard presque inconsciemment. Les laissant découper le grillage, avant de se faufiler à l'intérieur.
C'était un silence de mort. Comme une tombe. Et l'atmosphère était similaire à celle d'un cimetière. Ils étaient alignés, longeaient à pas de loups les murs pour atteindre le bâtiment en question, comme des ombres se glissant le long des murs. Imperturbable et obscure tranquillité.

Lorsque soudain une sifflement métallique vint réduire en poussière cette bulle de quiétude. Transperçant d'une traite l'épaisse couche de brume, et allant s'écraser maladroitement contre un mur à deux mètres d'eux. Moment de stupéfaction, chacun perdant son calme, se recroquevillant sur soi, et tiraillé entre la nécessité d'aller s'abriter quelque part et la peur de se prendre la prochaine balle entre les deux yeux au moindre mouvement. Et le son sec et irritant des balles claqua de nouveau. Une, deux. Et leur organisation bien belle, bien faite s'effondra d'un coup de vent traître. La panique et l'horreur de la mort à la gorge, le groupe s'éparpillant pour sauver sa propre vie. Le problème étant qu'ils étaient aveuglés, perdus dans cette mélasse noire, les sens totalement engourdis par la nuit. Ne pouvant repérer précisément d'où venait les balles, et qui, putain, les tirait. Parce que ce n'était pas prévu, qu'ils n'étaient pas au courant, que personne ne savait qu'il y avait des putains de snipers posés dans une des tours. Et surtout, pourquoi ?
Comme des rats. Le sentiment d'être un vulgaire dans une vulgaire boîte de carton, ou au mieux un labyrinthe vicieux. Avec des charges électriques à tout bout de champ, pour tester cette caractéristique-ci ou cette caractéristique-là. Est-ce que nos étaient assez masochistes pour aller se faire électrocuter de leur plein gré, si cela était lié à la sensation du plaisir ? Est-ce que l'instinct existait, est-ce que d'autres sens se développaient lorsqu'ils étaient totalement aveuglés ? Est-ce qu'en s'éparpillant, en fuyant sans repères, ils ne finissaient pas par se rapprocher de l'emplacement de leur bourreau ? C'était exactement ça, le sentiment d'être un rat de laboratoire.

Elle se terra sous des escaliers, près d'un mur, à la recherche d'une éventuelle porte pour pénétrer dans la raffinerie en elle-même. Pensant que les balles auraient ainsi plus de mal à les atteindre. Le souffle court, et elle sentait trembler, effrayée de perdre la vie et révoltée par le fait de savoir qu'ils avaient un avantage considérable sur eux. Elle ne le supportait pas, ce sentiment, d'être coincée. D'être à la merci d'autrui, sans avoir la possibilité de faire quoique se soit.
Elle se sentit alors bousculée, présence masculine se glissant à ses côtés, cherchant un endroit où se terrer lui-aussi. Et ce souffle là, ça ne pouvait être que lui. Tellement liés qu'ils finissaient par prendre la même direction et s'abriter au même endroit... C'en devenait presque ridicule.
Elle grinça alors entre ses dents, « Connor ? », avant d'allumer sa lampe torche quelques instants pour faire apparaître dans la lumière son visage, et l'éteignant aussitôt qu'elle en eut la confirmation.
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MessageSujet: Re: Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)   Lun 29 Oct - 0:35

Cette mission avait des allures de souvenirs, ça faisait une éternité que Roxanne et moi n'avions pas été sur le terrain en même temps. Depuis sa promotion à la tête de la Résistance elle y était bien moins ou en tant que superviseur, pourtant je sais combien elle aime l'action et quelque chose me dit qu'elle ne tiendra pas bien longtemps avant de remettre pleinement la main à la pâte. Je ne pouvais pas me permettre de penser au passé pas maintenant, pas pendant cette mission délicate. Les raffineries ne sont pas vraiment ce que l'on peu qualifier d'accueillant et il y avait fort à parier que si les choses étaient ainsi ça n'était pas pour rien.
La première phase, à savoir passer le grillage, pouvait être rayée de la liste mais le plus complexe restait à venir. Nos regards à Roxanne et à moi s'étaient croisés, le sien lançait des éclairs et le mien avait fuit. La vie privée ne devait pas interférer sur nos missions, sauf que n'étant pas des machines nous ne pouvions que difficilement mettre nos émotions en veille. Sans pouvoir rien y faire j'avais toujours une pointe d'inquiétude pour elle, et d'autant plus avec ce nouveau statut de leader qui la mettait finalement encore plus en danger à mes yeux. Plutôt crever que de l'avouer, mais si quelqu'un devait absolument survivre c'était elle. Et là ce n'était pas seulement ma rationalité de bon petit soldat qui se dévoue à ses supérieurs qui parlait, mais mon cœur. Un mélange à éviter bien évidemment s'il l'on veut garder les idées claires au maximum. Faire abstraction était facilité par la tournure qu'avait prit notre dernier entretient, n'était-ce pas ce que j'avais chercher après tout ? Me faire détester par elle était bien plus facile pour la trahir ensuite. Allais-je pouvoir aller jusqu'au bout ? Ça en revanche c'était un autre problème.

La légère brume qui nous enveloppait pouvait être un atout mais elle nous handicapait également par notre visibilité réduite... Investir dans des lunettes de vision nocturne n'aurait pas été de trop sur ce coup là. Une lacune dans notre organisation dont je me sentais coupable, j'aurais dû penser que l'air pollué à proximité de ce boui-boui dégueulasse et polluant allait nous emmerder. L'austérité des bâtiments n'offrait pas des perspectives très motivantes mais nous étions là pour une chose précise. Le silence n'était en rien rassurant et le moindre son trop audible pouvait nous trahir. Discrets et furtifs nous nous avancions à l'assaut d'un des bâtiments avec comme objectif d'y entrer. Un groupe d'invisibles c'est ce que nous aurions aimé être, mais c'était une belle utopie malheureusement... Une série de balles s'abattait sur nous brisant le silence d'un coup sec, et créant une certaine panique parmi dans le groupe. « A couvert ! » criais-je à l'adresse des autres pour qu'ils ne cherchent pas à faire de prouesses inconsidérées, agir avec stupidité était une chose que je me réservais si nécessaire.
Dans ces instants il n'y a pas de héros, seulement des individus qui veulent survivre et déploient l'intégralité des possibilités que leur offre leur instinct de survie pour y arriver. Des tireurs étaient placés sur les tours et eux au contraire de nous disposaient de lunettes de vision nocturne. Deux avantages pour eux, la situation allait tourner au vinaigre, quoi faire ? Dans un premier temps s'abriter, mais ça tout le monde avait l'air de l'avoir percuté, je regardais autour de moi pour m'assurer qu'il n'y avait pas de blessé dans le coin et déguerpissait aussi rapidement que possible. Je trouvais alors refuge derrière un escalier en métal sous lequel je me glissais en roulant, heurtant au passage quelqu'un qui avait eu la même idée. Même pas besoin de voir son visage pour le savoir, qui d'autre pouvait avoir cette idée à part moi ? Roxanne... Bien évidemment. Elle souffla mon prénom et avant même que je ne puisse répondre alluma sa lampe de poche un bref instant pour vérifier son hypothèse, un petit rire discret m'échappa « Les grands esprits se rencontrent... » lâchais-je alors que mes yeux continuaient de scruter l'obscurité en vain. « Je sais que la question qui te brûle les lèvres c'est de savoir ce que je fous là, mais je crois que ça peut attendre, non? » j'anticipais sur ce qu'elle pouvait avoir à me demander en sachant pertinemment que ça pourrait l'agacer.
J'essayais de m'adapter à l'obscurité et d'y voir mieux, chose improbable bien sûr. Ne pas savoir si les autres avaient pu trouver un abri convenable pour ne pas se faire tirer dessus comme du gibier me préoccupait « J'espère qu'ils ont tous réussi à... » nouvelle déflagration en hauteur, une balle siffla et ricocha sur l'escalier en métal faisant une étincelle. Une autre n'allait pas tarder à suivre pas le temps de se poser trop de questions, il fallait qu'on s'en aille de là. La brève lueur émise par la lampe de Roxanne avait du attirer l'attention du tireur.

Sur la gauche un mur pouvait nous abriter mais ça nécessitait de faire quelques mètres totalement à découvert avant de pouvoir se cacher derrière. Mon cœur battait plus fort sous l'effet de l'adrénaline, une réponse physiologique au stress qui nous permet de fuir. Je tournais mon visage en direction de la leader et lui indiquait d'un ton presque autoritaire « Donne moi ta lampe... Quand je l'allume tu courre sur la gauche jusque derrière le mur. » peu importe si je n'étais pas le chef, j'avais cette idée et notre survie étant en jeu je me foutais pas mal de tout ce qui ne se rattachait pas à l'instant présent. Naturellement mes habitudes de flic en charge d'une équipe reprenait le dessus, c'est toujours les vieilles habitudes que les situations merdiques font ressortir.
Je pressais rapidement le bouton de la lampe, créant ainsi un point de diversion pour le tireur et laisser une demi seconde supplémentaire à Roxanne pour qu'elle se mette dans un endroit plus sûr si on peut appeler ça comme ça. Éteignant l'engin lumineux, j'empruntais exactement le même chemin, me dégagent de sous l'escalier et entendant une nouvelle balle ricocher sur le métal « Aaaah connard ! » pestais-je sous l'effet de la tension, parce que oui à cet instant j'avais peur de sentir une balle venir se loger dans ma tempe. Je bifurquais sur la gauche, nouveau sifflement et je sentis le souffle de la balle frôler ma joue. J'accélérais ma course, qui pourtant pas bien longue, me sembla durer une éternité. Soudain une vive douleur apparu dans mon dos s'étendant ensuite à mon flanc droit, me faisant perdre l'équilibre alors que je m'embrouillais dans ma course, c'est pourtant pas compliqué de courir ! Je glissais dans le sable humide et rampait jusque derrière le mur avec précipitation, à l'abri... Enfin. Je me redressais, essoufflé et je riais nerveusement « Quel fils de p*** ! » ma main appuyait sur le côté de mon abdomen et de l'autre je rendis sa lampe à Roxanne pour ne pas avoir mes deux mains prises. J'essayais de lui masquer que j'avais été touché et m'appuyais l'air de rien le dos contre le mur froid et crasseux derrière moi. « Comme au bon vieux temps, hein ? » dis-je en souriant avec une étonnante bonne humeur que j'avais du mal à comprendre moi-même. La douleur se faisait plus vive, ces balles étaient peut-être à fragmentations, qui sait ? Cependant une chose était sûre à en croire la sensation chaude et visqueuse sur ma main, elle était ressortie. Je regardais autour de nous « Bon et maintenant on fait quoi ? », je grimaçais en me penchant légèrement en avant « Il y a l'air d'y avoir une porte plus loin, tu la vois ? ». Question peut-être stupide dans cette obscurité mais je voulais savoir si j'hallucinais ou non.
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MessageSujet: Re: Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)   Lun 29 Oct - 15:19

« J'en ai rien à foutre, ça m'est égal de savoir ce que tu fais ici. » lui répondit-elle, les dents serrées. C'était d'ailleurs en partie vrai, les évènements faisaient que cette question était loin d'être une priorité : un peu inconscients tous les deux, mais pas au point de déblatérer sur des futilités lorsqu'ils risquaient de se prendre la prochaine balle entre les deux yeux. Mais étant d'une mauvaise foi criante, elle crevait d'envie de reporter la faute sur lui. Car elle n'était pas censée être là, elle n'avait pas préparé l'opération. Ils l'avaient fait, eux, et ils s'étaient jetés dans la gueule du loup, comme de bons idiots. Se rendre sur place pour se faire exécuter. Et Connor était indéniablement celui qui maîtrisait le mieux les situations dans le groupe présent ce soir-là, celui qui, spontanément, s'était sans doute chargé de toute la planification du projet. Son efficacité n'était plus à démontrer. Alors comment avait-il pu omettre une telle chose ? Comment avait-il pu se montrer si naïf ? La vérité était telle que, personne n'était au courant de ces tireurs placés en hauteur. Personne. Ni elle, ni lui. Mais il était tellement plus aisé de rejeter minablement la faute sur lui plutôt que d'encaisser les coups, et admettre qu'elle avait sa part de tort également. Qu'ils n'étaient pas du bétail guidé par leur grand berger, qu'ils auraient tous dû prendre leur précaution avant et envisager tous les dangers. Mais il lui restait encore un peu de bon sens pour étouffer sa langue de vipère aigrie.

Elle sursauta lorsqu'une nouvelle balle fut tirée, laissant échapper de sa bouche une ribambelle de jurons. Serrant davantage ses jambes contre sa poitrine, et courbant le dos pour être réduite à l'état d'une petite boule toute recroquevillée sur elle-même. Elle n'osait plus se redresser complètement, bien qu'elle releva légèrement la tête lorsque Connor lui ordonna de lui tendre sa lampe torche. Créer une diversion pour qu'elle ait le temps de s'abriter ailleurs... Ses muscles se détendirent une fraction de seconde, elle fronça les sourcils, prise par l'hésitation et la surprise. S'ils n'avaient pas été prisonniers de la nuit, il aurait vu se peindre sur son visage l'étonnement, créé par le comportement qu'il venait d'adopter. Ses doigts se crispèrent autour de l'objet, incapable de prendre une décision rapidement, tant sa réaction l'avait perturbée. Ses piques assassines s'étaient ancrées en elle, et désormais toutes preuves d'affection, aussi minimes soient-elles avaient le don de la secouer. Et pourtant, venant de lui, cette réaction n'avait rien d'étonnant ; il aurait sans doute la même chose pour n'importe quel coéquipier.
Finalement, elle posa la main qui tenait la lampe contre lui pour qu'il puisse l'attraper sans mal dans cette noirceur. Ils ne pouvaient pas se permettre de débattre longtemps, et Connor était largement capable de s'en sortir. C'était alors, sans broncher qu'elle se redressa sur ses pieds, accroupie, avant de foncer dans la direction indiquée. Tout s'enchaîna rapidement, sans même qu'elle n'ait le temps de réfléchir à ce qu'elle allait faire. Tout reposait sur l'instinct et ses réflexes, puisque sa vision était médiocre. Il n'y avait rien dans ce coin-là, que des minables lampadaires postés à une vingtaine de mètres les uns des autres, qui émettaient une lumière diffuse, ne lui permettant pas de distinguer le moindre détail. Elle courrait comme une aveugle, et jurait haut et fort lorsqu'une balle claqua derrière elle, parvenant finalement à s'abriter derrière ce qui lui semblait être un muret. Ses rotules claquèrent contre le goudron humide, elle chercha à se décaler le plus possible vers la gauche pour que Connor ait la place de se glisser à ses côtés. Sa cage thoracique se soulevait et s'affaissait, l'air glacé pénétrant sa gorge sèche, pendant que toute sa colonne vertébrale cherchait appui sur le mur froid. Fraîcheur qui s'immisça en elle, et elle ferma les paupières une fraction de seconde. Fausse sérénité perturbée par un nouveau sifflement métallique, à la suite duquel elle parvint à capter quelques jurons.

S'il restait à Connor assez d'humour pour lancer quelques remarques légères, Roxanne s'était littéralement refermée comme une huître. Car elle était prise au dépourvu, sur un terrain qui lui était inconnu, et voyait comme ils étaient peu avantagés par cette position-ci. Ses tripes se serrèrent à l'intérieur, et elle tenta de rester concentrée. Elle se pencha à son tour, dans l'espoir de voir la porte dont il parlait, mais rien. Il n'y avait que des formes vagues et des ombres vagues qui s'étiraient. Et elle écarquilla les yeux autant que possible, car elle voulait la voir, cette fichue porte. Elle voulait en distinguer les contours et lui dire qu'en effet, ils allaient pouvoir pénétrer dans la raffinerie et donc, théoriquement, éviter les balles. Mais toutes les incohérences lui sautèrent au visage alors qu'elle scrutait vainement ce paysage monochromatique. Pourquoi est-ce qu'ils étaient encore en vie ? L'avantage que les tireurs possédaient était total : il était impossible de les rater, surtout que ces tireurs là n'étaient sans doute pas de pauvres amateurs maladroits et borgnes. Alors pourquoi tant de balles et si peu de blessures ? « Je vois pas à plus de 15 mètres Connor, je vois rien, je sais pas s'il y a une putain de porte là-bas. Mais... Les mecs postés là-haut, ils sont doués. Ils sont loin d'être incompétents, alors je me disais que s'ils voulaient réellement nous abattre, on serait déjà mort à l'heure qu'il est. » Elle posa sa main sur son épaule comme pour se rassurer de sa présence, et après une déglutition quelque peu difficile, elle poursuivit : « Écoute, si tu la vois cette porte, ça me suffit, on y va. »

N'ayant pas la moindre idée de l'endroit où ils se situaient actuellement, ni de l'emplacement de la prétendue porte, elle le laissa passer devant lui, se contentant de le suivre soigneusement, se voulant plus rapide, encore et encore alors qu'elle sentait ses jambes faiblir, comme si la partie inférieure de son corps échappait à son contrôle. Elle s'imposait une course effrénée et eut du mal à s'arrêter au niveau de la porte, tant et si bien qu'elle se prit l'encadrement métallique dans l'épaule, manquant de s'écraser face contre terre. Mais l'essentiel était qu'ils étaient désormais à l'intérieur d'une des raffineries. Un sentiment de sécurité et de soulagement s'empara d'elle une demie-seconde, avant de partir en fumée. Dans la précipitation, elle ressortit sa lampe pour s'assurer qu'ils étaient bel et bien seuls là-dedans, que ce n'était pas un piège vicieux où les tireurs à l'extérieur n'étaient que des amuse-gueules et que les pires tortures les attendaient, en réalité, à l'intérieur.
Elle lâcha un profond soupir lorsqu'elle en eut la confirmation, ses muscles se détendirent petit à petit, et elle reporta sa lumière sur Connor.

Elle avait été trop absorbée par sa propre vie pour remarquer quoique se soit. Trop apeurée pour elle-même, et concentrée sur la nécessité de pénétrer dans une des raffineries, qu'elle n'avait finalement pas compris qu'il s'était pris une balle. Et ce fut comme une claque dans la gueule lorsque son halo lumineux se posa sur lui, faisant apparaître sa silhouette, et sa grimace qui étirait ses traits, pendant que sa main appuyait tant bien que mal sur son abdomen. Elle se précipita alors vers lui, lui faisant comprendre qu'il valait mieux s'asseoir. Elle avait essayé de rester plus ou moins calme, et de ne pas perdre les pédales, mais là se voyait littéralement perdre pied. Incapable de rester de marbre, elle se sentait terriblement inutile dans cette situation-là : ils étaient piégés. Vraiment. Car même s'ils parvenaient à sortir d'ici, et éventuellement à trouver le trou qu'ils avaient fait dans le grillage pour se glisser à l'extérieur, il leur faudrait marcher un bon bout de chemin. Pas de véhicule à leur disposition, pas de carrosse magique en forme de citrouille qui allait apparaître d'une minute à l'autre. « Comment tu te sens ? »
La culpabilité qui devenait oppressante, lourde, étouffante. Elle serra nerveusement les poings, alors qu'il se formait sur sa langue toute sorte de jurons, dont le niveau sonore augmenta en crescendo. Son esprit tournait à plein régime, et elle arrivait toujours à la même conclusion : ils étaient coincés. Coincés et foutus. « On peut pas rester ici, sinon tu... » Il n'y avait pas souvent de belles fins à ces histoires-là. Ils étaient terriblement humains, terriblement mortels, surtout.
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MessageSujet: Re: Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)   Mar 30 Oct - 12:18

Nous étions des animaux et les chasseurs attendaient de pouvoir nous débusquer pour nous abattre. La sensation était désagréable, la tension palpable... A qui la faute si nous en étions là ? Difficile à dire, mais je me sentais un peu responsable. Ces tireurs c'était une éventualité à laquelle j'aurais dû penser pour ne pas mettre en danger les autres. Mais après tout Roxanne aurait dû s'intéresser d'avantage au protocole d'action et aux informations dont nous disposions. Tout le monde avait en réalité sa part de responsabilité dans cette histoire, raison de plus pour s'en sortir ensemble et ne pas jouer les cavaliers seuls.
Je prenais les initiatives, proposais quoi faire pour sortir de cette cachette sous l'escalier qui n'était plus assez sécurisante. Tenter de sauver notre peau était mon seul objectif et j'étais bien loin de tous calculs concernant mon comportement vis à vis de la jeune femme. J'étais dans ma bulle, guider par mon instinct de survie et mettant mon expérience au service de notre fuite. Exit les émotions ou les questionnements, maintenant encore plus qu'avant de franchir ce foutu grillage, notre vie privée ne devait pas s'immiscer ici. Pourtant la mort pouvait nous emporter à tout moment, une balle bien placée et tout s'arrêtait, alors comment réussir à être une machine dans ces moments là ?

Cette balle qui venait de me transpercer n'allait pas me faciliter la tâche, mais j'étais déterminer à ne pas faiblir, pas avant de m'assurer que pour Roxanne tout irait bien. Je trouvais la force de blablater sur notre situation, un moyen pour moi d'évacuer la tension et je me heurtais à un mur silencieux. Comme inerte la chef de la Résistance ne répondit rien, seule sa respiration saccadée parvenait à mes oreilles. Malgré la douleur qui commençait à prendre de plus en plus de place dans mon esprit je restais assez lucide pour observer ce qui nous entourait, avide de trouver une solution plus durable que de rester adossé à ce muret. Au point où nous en étions cette porte que je distinguais vaguement était notre seule alternative pour le moment, je cherchais du soutien de la part de Roxanne mais sans succès. Sauf que sa remarque concernant les sniper me fit tiquer, elles n'avaient pas tort... Si ces types étaient si doués, pourquoi ne pas m'avoir tiré directement dans la tête ? Je restais perplexe, elle venait de soulever une interrogation essentielle pour nous. « Ils veulent nous amener dans une direction particulière... Ou alors ils ne sont pas si bien entraînés qu'on le croit. » dans ces deux possibilités la première était celle qu'il valait mieux considérer le plus sérieusement. Si c'était vraiment leur but, c'est qu'il y avait un piège.
Je sentis sa main sur mon épaule, exprimant sa confiance à mon égard au vue de la situation elle était prête à me suivre jusqu'à cette porte que je n'étais même pas sûr de vraiment voir. Et puis qu'est-ce qui dit qu'elle allait être ouverte ? Rien mais c'était notre seul espoir.

Appuyant toujours sur ma plaie je me redressais doucement, je restais au maximum à couvert et une fois prêt courrait aussi vite que mon corps dans son état actuel me le permettait. J'avais chaud, une goutte de sueur coula sur mon front et ma vision se troubla légèrement. Tenir jusqu'à la porte c'est tout ce qu'il fallait que je fasse. Quelques secondes atroces passèrent et enfin ma main accrocha la poignée de la porte. Je poussais dessus et un sentiment de soulagement s'invita en moi quand je la sentie s'ouvrir. Roxanne trébucha mais je n'eus même pas de réaction pour la retenir, l'esprit trop embué. Haletant je sentais la douleur d'autant plus vive et lancinante, ma respiration forcée n'aidait en rien mais chaque fois que j'essayais de calmer le rythme c'était comme si l'air me manquait. Ma lucidité s'amenuisait et je fus reconnaissant que Roxanne prenne l'initiative d'éclairer la pièce pour s'assure que nous étions à peu près en sécurité ici.
La peur l'avait envahie et c'était légitime, mais maintenant la tension pouvait redescendre un peu, c'était même nécessaire si nous voulions trouver une solution pour sortir de là définitivement... Ce beau merdier dans lequel nous nous étions fourrés ! La lumière de sa lampe de poche se tourna vers moi et je plissais les yeux sous l'effet de l'éblouissement, grimace qui se mêlait à celle de la douleur plus présente à chaque minute. Quand le halo lumineux fût sur ma main je la décollais de mon abdomen pour constater qu'elle était pleine de sang et que l'hémorragie continuait. Jusque là Roxanne ne c'était rendu compte de rien, bien heureusement d'ailleurs sinon nous serions peut-être encore derrière ce muret.
Rapidement elle s'approcha et me fit asseoir, ce que je fis en grimaçant et soufflant fort à chaque pic de douleur. J'esquissais un léger sourire à sa question sur mon état « Moins étanche... Mais ça va.» dédramatiser la situation, c'était tout moi. Bizarrement je n'étais pas convaincu que la réponse soit vraiment en adéquation avec la réalité, ni franchement bien accueillie par la jolie brune, parce que la vérité c'est que j'avais un mal de chien.

Cédant à l'énervement propre à l'inquiétude Roxanne tournait comme un lion en cage et jurait tout ce qu'elle pouvait. Adossé au mur je basculais la tête en arrière et regardait vers le haut « La colère ne t'aidera pas, les solutions n'apparaîtront pas par enchantement... » j'eus un petit rire léger, même là il fallait que je lui dise si ce qu'elle faisait était approprié ou non « Et tu vas me coller mal au crâne alors que crois moi le ventre ça me suffit largement. ». Son regard se posa sur moi, sérieux et inquiet et quand elle disait que nous ne pouvions pas rester là elle avait entièrement raison, la suite peu optimiste, me fit secouer vivement la tête je rejetais cette idée en bloc « Je rien du tout... Ces salauds auront pas la peau de Connor Blackpearl si facilement. » j'essayais d'être convaincant, le plus possible pour qu'elle ne se sente pas désemparé alors que les choses reposaient sur elle désormais. J'avais encore plus chaud et c'était étrange parce que le mur derrière moi paraissait glacé « Ch...Cherche l'interrupteur que l'on voit où on est... » quand elle avait éclairé la pièce plus tôt je n'avais pas remarqué de fenêtres, il n'y avait donc pas de risque que la lumière attire l'attention. Il m'avait même semblé que cette pièce ressemblait à une salle de pause, probablement l'endroit où le personnel pouvait prendre quelques minutes de répits avec l'accès vers l'extérieur pour pouvoir sortir fumer. Je fermais les yeux et me concentrais sur un rythme de respiration qui ne me fasse pas trop souffrir « Je vais encore passer pour... » je serrais les dents avant de souffler « ...Un emmerdeur mais il y a peut-être de l'eau. ». J'espérais qu'elle en trouve, ma bouche était sèche et je sentais ma tête commencer à tourner. J'appuyais plus fort sur ma blessure, mon t-shirt était maculé de sang tout comme l'intérieur de ma veste « Si t'as un chiffon aussi, je ne suis pas contre... », je partais dans mon délire pour oublier que j'avais mal et que mes forces s'amenuisaient « Les numéros gagnant de la loterie j'aimerais bien... Un bon verre de scotch hors de prix, et de la purée maison comme faisait ma mère. Je t'ai déjà dit combien elle était délicieuse ? » Sûrement que non, ça n'était pas le genre de chose que je disais, c'est con mais il fallait que je sois au plus mal pour que dans mes délires je m'ouvre un peu plus qu'habituellement. « J'ai juste besoin d'un peu de repos et je pourrais repartir... » je feignais d'être optimiste mais pour être honnête je ne pouvais pas m'empêcher de me demander si j'allais crever ici, dans cette saloperie de raffinerie.
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MessageSujet: Re: Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)   Mar 30 Oct - 14:49

Roxanne avait cette fâcheuse manie de voir les pires conséquences avant tout. Pessimisme qui la caractérisait si bien, et qui ne s'était décidément pas envolé même des dizaines d'années après. Elle se sentait minable, et incapable. Formation d'infirmière grâce à laquelle elle aidait volontiers les autres, pour des blessures bénignes et quelconques, mais qui ne lui était d'aucune utilité dans ce cas-là. Car en tant qu'infirmière, ce n'était pas ça son quotidien, ce n'était pas les blessures par balle, ce n'était pas les obus dans la face, ce n'était pas la rapidité demandée en temps de guerre. C'était le quotidien banal d'une simple infirmière dans un hôpital, qui enlève les pansements, qui enlève les points de suture, qui prend la tension et la température des patients qui viennent aux urgences pour une minable fièvre, qui fait un plâtre. On ne l'avait pas formée pour ça.
Et bien qu'elle soit de nature responsable, préférant être celle qui tient les rennes plutôt qu'un pauvre pion à qui on dit d'aller à droite et à gauche, elle aurait volontiers refilé ce rôle-là à quelqu'un d'autre. Car elle s'effondrait. Elle essayait de se raccrocher au tas pourtant, elle essayait de réfléchir, de retrouver son calme, mais les résultats n'étaient pas à la hauteur de ses efforts. La légèreté des propos de Connor lui arracha un bref sourire, rapidement balayé par la panique. C'était typiquement lui, avec son cynisme qui arrivait sur le devant de la scène au mauvais moment, sans que ça ne le gêne véritablement. Sa fausse désinvolture qui l'avait littéralement rendue folle à leur début dans la Résistance, mais qui avait fini par faire partie de son charme. C'était sans doute bon signe, qu'il puisse encore se permettre cette légèreté, comme une preuve qu'il était bel et bien conscient de ce qu'ils disaient et qu'il n'était finalement pas en si mauvais état que ça. Elle aurait voulu le croire, se bercer de douces illusions et de doux euphémismes rassurants, mais il y avait la réalité, tranchante et douloureuse qui lui serrait la gorge avec sa poigne de fer.

« Et c'est toi qui me dit ça... » lui siffla-t-elle alors qu'il se glissait dans le rôle du gentil prêtre distribuant des conseils à qui le voulait. Rôle qui lui allait relativement mal, d'ailleurs, lui qui rivalisait aussi bien, si ce n'est mieux, dans le domaine de l'impulsivité et de vulgarité. Mais il avait raison, ce n'était pas en hurlant le plus fort possible et redoublant de créativité sur les jurons prononcés que sa plaie allait soudainement se refermer. Qu'ils allaient revenir sur leur pas, et peut-être ne jamais traverser ce putain de grillage.
Une grimace qui avait quelques allures de sourire se dessina sur son visage lorsqu'il la contredit. Il voulait la rassurer, ou se rassurer lui-même. Se persuader qu'il n'allait pas mourir ici, et que cette balle n'était rien. Un mauvais rêve, un mirage au mieux. Et pourtant, la seule expression que Roxanne pouvait afficher était celle des proches compatissants, ceux qui savent que celui qui est allongé n'en a plus pour longtemps. Ce sourire imbibé de larmes et taché par la crainte qu'ils vous affichent tous à deux secondes du trépas, à vous promettre l'univers, à vous promettre l'absolu. La douce berceuse des morts avec ses airs d'hypocrites.

Elle s'exécuta rapidement, recherchant un interrupteur sur les quatre murs qui les entourait, avant de se jeter dessus. La lumière limitée apportée par sa lampe avait l'avantage de ne pas lui révéler la véritable image de la réalité, ici, sous cette lumière jaunâtre, il n'y avait plus aucune zone d'ombre. Tout apparaissait clairement, et surtout sa blessure. Les débris d'espoir restant qui se volatilisèrent au moment-même où elle appuya sur l'interrupteur. Rapidement, elle se dirigea vers la fontaine à eau, tentant d'attraper un verre le plus rapidement possible, alors qu'il s'évertuait à rester dans son putain d'emballage plastique. Elle en remplit plusieurs de ces verres minuscules qui semblaient s'effriter sous ses doigts palpitants, avant de revenir vers lui.
Il abritait sous sa main une tâche qui lui parût d'autant plus grande qu'elle était près de lui. L'unique bonne chose était qu'il arrivait encore à modérer le saignement, et que la plaie n'était pas une déchirure de vingt centimètre de long de laquelle découlait le sang comme s'il s'agissait des chutes du Niagara. N'ayant pas de chiffon à portée de main, et se rendant compte que cette pièce était totalement vide à l'exception de trois pauvres chaises et d'une table ; la seule chose qu'elle put lui donner fut son pull. Elle le plia du mieux qu'elle put, et appuya à son tour sur la plaie à l'aide sa main droite, pendant que son autre main alla chercher celle de Connor pour la repasser au dessus du tissu. « Tu appuies. Tu appuies et tu lâches pas. » Elle voulait se montrer sûre d'elle car c'était finalement tout ce qui lui restait à faire. Sans relâcher son appui, sa main gauche se glissa au niveau de son cou, ses doigts se faufilant sur sa nuque pendant que son pouce, près de son oreille, maintenait sa tête droite face à elle.
Ses divagations provoquèrent en elle une montée de sanglot, qu'elle étouffa rapidement en se pinçant les lèvres. « Tais-toi, me parle pas de ta mère et de sa bonne purée, parce que c'est pas toi. Tu m'as jamais parlé tes parents, et c'est très bien comme ça, tu m'en parleras comme tu seras sur ton lit de mort, mais pas maintenant. » Il tenait le discours des futurs morts. Leurs regrets et leurs vieux souvenirs d'enfance enfoui au plus profond d'eux, qui leur reviennent avec vivacité au moment où ils sentent que tout se termine. Et elle refusait catégoriquement d'entendre l'histoire de son enfance maintenant, parce qu'elle ne voulait pas le considérer comme une victime sur le point de mourir.
Cherchant sans cesse son regard, elle l'obligeait à ce que ses yeux reposent sur elle. « Regarde-moi, tu peux te les garder pour plus tard tes dernières volontés, parce que tu vas pas crever ici, tu m'entends ? » Elle se voulait persuasive, parce qu'elle avait besoin d'y croire elle-même, et elle ne pouvait pas se permettre de le voir perdre pied à son tour. « Connor, t'as pas intérêt à crever ici. » lui répéta-t-elle, en articulant chaque syllabe dans l'espoir d'une diction claire et précise leur permette de fixer cette idée dans le crâne. « Puis tu pourras revoir tes dernières volontés parce qu'elles sont vraiment pas terribles... »

Il n'allait pas être apte à repartir comme si de rien n'était. Si l'hémorragie ne l'emportait pas, alors il resterait de lui un homme affaibli qui s'effondrera au moindre geste brusque, qu'il faudra secourir le plus rapidement possible. Dans tous les cas, une chose était claire : ils avaient besoin d'aide. Et elle savait qu'en appelant les secours, elle risquait gros, car ils allaient devoir répondre à diverses questions parmi lesquelles figurerait avec certitude : que faisiez vous dans les raffineries à trois heures du matin ? Et s'ils arrivaient à se sortir de cette première enquête, celle-ci remonterait sans aucune doute jusqu'au gouvernement, et ceci entraînant cela... ni Connor ni elle ne feraient long feu. Le problème de la résistance étant conséquent, les pourritures du gouvernement ne se gêneraient pas de donner l'exemple avec eux-deux. Roxanne qui travaille pour eux et qui n'est en réalité qu'une taupe. L'exemple parfait pour mettre la pauvre population en garde : les résistants sont partout, et sont peut-être même au sein de votre propre famille. Et la chasse aux traîtres se mettra ainsi en route, comme la chasse aux Juifs, comme la chasse aux sorcières. Répression violente qui serait le quotidien de toutes les personnes en qui il resterait encore quelques bribes de bon sens et d'humanité.
Mais ils pourraient s'en sortir, car ils étaient malins. Alors que s'ils restaient cloîtrés ici, il n'y avait pas plusieurs options, il n'y avait qu'une voie, celle de la fatalité. « Je sais que tu voudras pas que je le fasse, mais j'en ai rien à foutre, t'es absolument pas en état de débattre avec moi. J'appelle les secours, et on verra. On verra, d'accord ? »
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MessageSujet: Re: Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)   Mer 31 Oct - 11:37

Roxanne trouva l'interrupteur et j'appréciais la lumière qui envahie la pièce, j'en avais marre d'être dans la pénombre à m'efforcer de tenter d'y voir quelque chose alors que c'était impossible. C'était de l'énergie que je n'avais plus à gaspiller et vu mon état je crois que toute économie était bonne à faire. Mon regard se posa sur la fontaine à eau, j'étais soulagé en sachant que j'allais pouvoir boire, ma gorge brûlait. Impatient je regardais Roxanne se débattre avec les gobelets, la précipitation n'aidait pas mais elle put en remplir plusieurs qu'elle m'amena. La main tremblante j'attrapais un a un les petits réceptacles pour les vider presque tous. « Merci.. » soufflais-je, me sentais un peu moins mal qu'auparavant. Soyons clairs le répit était de courte durée, je n'avais plus soif mais la douleur n'allait pas s'évanouir comme ça en un claquement de doigt. Mes yeux scrutèrent la pièce très spartiate : une table, quelques chaises et une fontaine à eau, c'était tout. Roxanne retira son pull pour éponger le sang qui continuait à s'échapper de ma blessure, pourquoi diable ça saignait encore ? Le trou n'était pas bien gros et le sang aurait du finir par coaguler mais j'avais bougé plus que je n'aurais dû... Le problème était peut-être là.
Elle appuya sa main sur ma plaie avant d'y reposer la mienne, mon bras était engourdi par cette position statique et la crispation que je lui infligeais. Je hochais la tête à son ordre « Bien chef... » dis-je alors que ma main ensanglantée tâchait la sienne en prenant sa place. Je me sentais un peu nauséeux, ma vue se troublait et mes oreilles semblaient comme enrobées dans du coton par moment.

Je sentis sa paume contre mon cou, plus chaude que ce mur sur lequel j'étais appuyé, rassurante dans cette situation. Comme le vestige d'une sensation que j'avais enterrée ce contact était agréable, la seule chose plaisante de cet instant pour le moins inconfortable. Roxanne maintenait ma tête droite et il fallait ça parce que je sentais ma force diminuer, ma conscience s'amenuisait et je divaguais un peu. Un moyen comme un autre de s'auto-anesthésier, une défense de mon système nerveux pour que je souffre moins. Mais mon délire ne fit pas rire la chef de la Résistance, je devais me taire, je ne devais pas parler de ma mère parce que tout ça ne me ressemblait pas. Je faillis lui dire qu'il valait mieux tard que jamais mais mon pessimisme ne franchi pas mes lèvres, comme pour l'épargner. C'était vrai, je ne me livrais jamais, elle ne savait pas un quart de ma vie puisque finalement ce qu'elle connaissait le mieux c'était mon cynisme, mes piques acerbes et ma mauvaise humeur. Pensant à cela je fus pris d'une vague incontrôlable de culpabilité et lâchais un petit « Désolé. » à peine audible. Sans doute n'allait-elle pas comprendre mais peu importe c'était sorti tout seul.
Mes yeux n'avaient de cesse que de vouloir se fermer mais je savais qu'il ne fallait pas, au lieu de regarder ce plafond et ses traces d'humidité je posais mon regard sur le visage de Roxanne comme elle me le demandait. Je me perdais un instant dans cette contemplation, ses traits m'avaient manqués, son regard que je trouvais emprunt de douceur à cet instant me semblait n'être qu'un souvenir. Je ne m'étais plus autorisé depuis bien longtemps à la regarder sans que cela ne me fasse sentir faible et terriblement idiot, croulant sous les remords et les regrets... Mais là qui pouvait me juger ? Personne. J'étais déjà au plus mal alors je ne me souciais plus de rien même pas de la regarder comme si c'était un précieux trésor, juste parce qu'elle était la lueur dans l'obscurité, le mince espoir auquel me raccrocher. La conviction avec laquelle elle me disait que je n'allais pas crever ici me donnait envie d'y croire, je savais qu'elle n'allait pas me lâcher malgré tout ce que nous avions traversé et nos différents. Je le savais parce que j'agirais exactement de la même manière si c'était elle qui se trouvait à ma place, mais Dieu merci ce n'était pas le cas. Je me sentais coupable de la situation et qu'elle doive gérer tout ça, mais ma culpabilité aurait été d'autant plus grande si elle avait été blessée. Je secouais doucement la tête « Non... » soufflais-je avant d'esquisser un sourire « Et je t'en devrais une si j'm'en sors. ». J'avais presque envie de rire à sa remarque sur mes dernières volontés mais je me contentais d'un haussement d'épaule « On ne juge pas...Les dernières volontés... D'un.. Blessé, Miss Delaney. ».

Ma main libre se posa sur son bras nu et je fronçais les sourcils, m'inquiétant pour elle « Tu vas avoir froid. » je baissais mon regard vers ma main et son pull déjà bien salis « Et ton pull est foutu. », qui ça intéresse dans un tel moment ? Mais c'était comme si chaque pensée devait être dite, la peur que ce soit les dernières, peut-être. Je fis glisser mes doigts sur sa peau, lentement me concentrant sur cette sensation agréable plutôt que sur la douleur lancinante de mon abdomen. Un bref instant de silence s'installa avant que Roxanne ne le rompt pour me faire part de son idée, prenant bien soin de me dire que je n'allais pas être d'accord mais qu'en plus de cela je n'étais de toute façon pas en état de protester. Elle voulait appeler les secours, idée logique si notre situation avait été classique et que notre présence ici n'était pas totalement hors la loi. Je soupirais et la regardais avec un air contrarié « Hors de question. » c'était plus fort que moi, même pas en état il fallait que je fasse part de mon désaccord et expose mon point de vue. « On verra...Quoi ? Notre exécution sur la place publique ?  » mais je comprenais tout de suite qu'elle avait pensé à ce que j'étais en train de lui dire, elle savait très bien que nous risquions gros en matière de représailles. Je secouais la tête « C'est trop risqué. » chuchotais-je en pensant déjà au pire. « J'ai pas le droit de t'entraîner...D'av...antage dans la m...Merde » aveu douloureux que je me faisais autant à moi-même qu'à elle. Je serrais les dents et me redressais légèrement en prenant appui sur Roxanne, au fer et à mesure j'avais glissé le long du mur et ma position finissait par être inconfortable.

J'utilisais la lucidité qu'il me restait pour essayer de trouver une meilleure alternative que la sienne mais en vain. Je soulevais ma main droite, dégageais légèrement le pull et relevais mon t-shirt pour voir à quoi ressemblait la plaie. « La balle est ressortie, c'est déjà ça... » je remettais tout en place et appuyais à nouveau mais bien moins que jusqu'à maintenant, je n'y arrivais plus. « Ça saigne moins on dirait... » Je tentais de positiver, d'être optimiste mais c'était de la poudre aux yeux.
Je savais pertinemment que la seule option possible était celle évoquée par Roxanne et que mon état ne nous permettait pas de bouger. « Il faut que tu t'en ailles... » pas question qu'elle prenne le risque d'être arrêtée « Sors de là et appelle les secours... ». Pourtant je ne voulais pas rester tout seul ici, mais pour une fois je pouvais bien mettre mon égoïsme de côté, non ? Je pris un des gobelets où j'avais laissé un fond d'eau et le terminais « Tu peux m'en redonner ? » si elle me laissait de l'eau j'allais pouvoir tenir, mes yeux se fermèrent et je décidais de ne pas lutter cette fois.
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MessageSujet: Re: Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)   Ven 2 Nov - 21:30

On ne l'aurait pas cru, mais des deux, il était peut-être celui qui avait le plus de théâtralité. Elle aurait voulu qu'il se montre égoïste, qu'il perde enfin cette fichue carapace qu'il s'entêtait à emporter partout avec lui, sa fâcheuse habitude de tout prendre à la légère, ou du moins d'en donner l'impression. Elle aurait voulu qu'il la sente, la peur d'y passer. Qu'il la sente réellement, et qu'il n'essaie pas de l'épargner. Qu'il s'accroche à elle et qu'il lui ordonne de faire tout ce qui était en son possible pour le sauver, parce qu'il ne pouvait pas mourir maintenant, pas comme ça, parce qu'il avait encore trop de choses à vivre. Elle aurait voulu qu'il pense à lui, plus que tout, plus que les autres. Elle aurait sans doute trouvé ces remarques touchantes si seulement elles sortaient de la bouche d'un acteur au joli visage d'ange imitant la douloureuse grimace de l'agonie, en tentant d'épargner sa belle apeurée. Le destin scellé d'une tragédie à l'eau de rose ou d'un grand film d'aventure. La réalité était tout autre, et ces belles paroles faisait bouillir en elle l'affreuse culpabilité, qui renforçait son sentiment d'incapacité.

L'ombre d'un sourire se dessina sur ses lèvres. Bien sur qu'il en était hors de question. Bien sur que c'était trop risqué, que c'était insensé. Risquer deux vies si ce n'est plus pour le prix d'une, il ne fallait pas être un génie pour se rendre compte que ça n'en valait pas la peine. Ce n'était pas un sacrifice au nom de la liberté et de la paix, ce n'était pas mourir ensembles qui leur permettrait d'arrêter cette véritable boucherie qui était devenue leur quotidien. La condamnation à mort des amants sur la place publique, elle les voyait déjà les gros titres. Et elle savait comme cette issue était idiote ; elle n'avait absolument pas envie de finir comme ça. Mais elle ne pouvait pas non plus accepter l'idée de le laisser se vider de son sang ici, et elle savait qu'il était impossible de sortir de là. Toutes les bribes d'idées qui émergeaient dans son esprit trouvaient leurs limites dès lorsqu'elles pointaient le bout de son nez. « Tu crois que je le sais pas ? Tu crois pas que j'essaie de trouver un mensonge qui tienne la route pour la suite ? Tu crois que je t'aurais proposé ça s'il y avait une autre solution plus facile ? Oui, c'est trop risqué mais c'est soit ça, soit tu meurs ici. » L'expression claire et nette de ses pensées sans le moindre artifice. Elle aurait dû, pourtant, en mettre un peu. Adoucir ses propos, les enduire de miel, les rendre moins tranchants. Mais si elle en arrivait-là, c'était bien parce qu'il s'agissait de la seule chose qui l'empêchait de sombrer dans le niaiserie la plus abominable qui soit. Cette franchise acérée, c'était tout ce qui lui restait avant de se mettre à genoux larmoyante et dégoulinante de peurs, pour se raconter avec nostalgie leurs bons souvenirs et l'époque révolue de leurs amours sans soucis. Elle s'en voulut d'ailleurs, d'être si sèche en un moment pareil, mais rien n'y faisait. « Fallait y penser avant. Maintenant arrête ton numéro du fervent chevalier qui doit garder sa dignité jusqu'au dernier moment, t'as pas besoin de ça avec moi. » Douloureux mélange émotionnel qui frappait avec entrain contre sa poitrine, à en faire précipiter ses larmes. Elle n'aurait su dire s'il s'agissait de la rage ou de la peine, sans doute autant de l'un que de l'autre. Paupières humides qu'elle s'empressa de sécher en détournant la tête, comme si ce geste futile allait lui permettre d'essuyer ses yeux sans qu'il ne le remarque. Alors qu'ils étaient deux dans une salle qui donnait froid dans le dos. Salle qui était immaculée jusqu'à ce qu'ils s'y s'immiscent, avec leur odieuse traînée rubiconde.

Grimace de douleur qui étira ses traits à chaque mouvement trop brusque, à chaque fois qu'il tentait de revenir dans une position moins inconfortable. Face à la difficulté avec laquelle il appuyait désormais, elle replaça sa main par dessus la sienne pour qu'il ne relâche pas l'appui. Elle le foudroya du regard lorsqu'il lui demanda de partir, mais silencieuse, et en pleine réflexion, elle finit par se dire que c'était sans doute ce qu'il y avait de mieux à faire, bien que le laisser seul ici n'était pas une chose qu'elle envisageait véritablement. Tiraillée par la nécessité de se trouver avec lui dans des circonstances pareilles et ce que la raison et les statistiques voudraient sans doute. Elle avait plus de chance de s'en sortir en s'éclipsant avant que les secours n'arrivent, et elle le savait. Mais se faire à l'idée qu'elle allait devoir l'abandonner – car c'était de cette façon là qu'elle percevait finalement son idée, abandonner Connor pour s'en sortir – lui serrait le cœur. Entre ce que la tête pensait et ce que les tripes subissaient. Son regard se fit moins sévère au fur et à mesure, se voilant d'une peine qu'elle parvenait difficilement à dissimuler.

Ses paroles eurent l'effet d'un écho lointain, tant elle essayait de démêler le vrai du faux, le raisonnable de l'insensé. Elle ne s'extirpa de sa bulle que lorsqu'il agita son gobelet sous son nez, et elle acquiesça d'un geste pressé, avant de se rendre à la fontaine à eau et d'y réitérer la piteuse routine qu'elle avait exécutée quelques minutes auparavant.
Elle voyait comme il perdait ses forces, lentement certes, mais sûrement. Et elle voyait comme ses chances de s'en sortir s'amenuisaient.
« Connor, regarde-moi, te laisse pas aller, regarde-moi. » articula-t-elle alors qu'elle l'avait retrouvé les yeux clos en se retournant. Elle porta les verres à ses lèvres, avant de se décider à appeler les secours. Sonnerie qui lui semblait durer une éternité avant qu'on ne se décide à lui répondre, et d'un ton pressant, elle commença à débiter tout ce qui lui venait à l'esprit sans laisser à son interlocuteur l'occasion de lui poser la moindre question. Elle se voulait claire et précise, mais les sons qui sortaient de sa bouche s'étouffaient parfois dans leur propre nid. S'arrêtant net lorsqu'il lui demanda de lui préciser son nom, elle hésita entre raccrocher en lâchant une dernière supplique pour s'assurer qu'une ambulance allait réellement se déplacer, ou inventer un nom fictif. Elle opta finalement pour la deuxième option, et après quelques hochements de tête, elle finit par raccrocher.
« Ils vont arriver. Ça va aller, ça va aller... » C'était un soulagement que d'avoir appelé les secours, mais elle savait que son inquiétude ne se dissiperait qu'au moment où elle saura Connor hors de danger. Et ils étaient encore loin, très loin de ça. Une étape franchie ne voulait pas dire une épreuve réussie. « Je m'en irai quand les secours seront sur le point d'arriver, donc dans pas très longtemps. Tu tiens jusqu'à ce qu'ils arrivent, tu m'entends ? Je te retrouverai à l'hôpital dans quelques heures, ou demain, enfin quand il fera jour. D'accord ? Je viendrai, et t'auras intérêt à avoir récupéré toutes tes forces. »

C'est lorsqu'on est sur le point de perdre une chose qu'on prend conscience de sa valeur, disait-on. Et c'était exactement ce qui se passait pour Roxanne. Elle avait beau essayer de se convaincre qu'il allait s'en sortir, une part d'elle restait angoissée à l'idée de le perdre réellement. Et si ce cas de figure venait à arriver, alors elle s'enliserait une vive culpabilité. Lancinante et tenace. Ne pas avoir été assez rapide, avoir cédé trop longtemps à ses beaux discours de chevalier responsable refusant catégoriquement d'appeler à l'aide avant de passer l'appel, elle maudirait de tout son être la lenteur de ces foutus ambulanciers, et par dessus tout, elle se maudirait elle-même. De ne pas avoir été plus souple, moins orgueilleuse, de ne pas avoir essayé de recoller les morceaux, car c'était tout ce dont ils avaient besoin. Ce n'était pas la complicité qui manquait, ce n'était pas la passion qui manquait. Juste un peu d'humilité, de quoi signer un traité de paix. Mais il fallait croire qu'ils en étaient incapables, qu'ils avaient besoin de pousser tout et n'importe quoi à l'extrême. Leur minable vie aux limites du supportable, aux marges de la mort. La seule chose qui leur ferait enfin prendre conscience de ce qu'ils étaient : des idiots, des imbéciles incapables de vivre simplement.

Il fallait qu'il vive.
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MessageSujet: Re: Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)   Dim 4 Nov - 17:01

Maintenant j'arrivais presque à faire abstraction de la douleur comme si elle était à présent ancrée en moi, indissociable de ma personne. Mon sang avait souillé mon t-shirt, ma veste, le pull de Roxanne, le sol. C'est ce qui se passe quand le sang coule, il souille tout sur son passage, le corps et même l'âme, vicieux liquide visqueux à la couleur vermillon, aussi fascinant que dégoûtant. Il est la vie et la mort, nectar précieux que les gens sont avides de voir couler. Les jeux télévisés meurtriers que l'on nous montrent en sont la preuve.
Et ce tireur en haut de sa tour, avait il vu la balle me traverser ? Faire exploser ma chair et me transpercer de part en part ? Ne ressentait-il pas de la satisfaction d'avoir réussi son tir, de mettre hors de nuire un intrus, un parasite ? Voilà ce que j'étais, un insecte que c'était fait avoir, je gisais là totalement inutile et Roxanne avait raison, l'unique solution envisageable était d'appeler les secours. Malgré mes protestations, je savais que j'enfonçais des portes ouvertes et que la leader de la Résistance était bien assez lucide pour savoir tout ce à quoi je tentais de la mettre en garde. Mais l'idée qu'elle paye elle aussi m'était insupportable, jamais elle n'aurait dû être là ce soir et si je n'aimais pas entraîner l'un de mes camarades de mission dans la merde c'était d'autant plus vrai la concernant. Bien sûr qu'elle avait pensé à tout ça, quel idiot j'étais de toujours tout remettre en question, comme un gamin pris en faute je ne répondis pas. J'allais crever là si elle ne prenait pas cette décision, c'était l'unique vérité de cette situation merdique dans laquelle on était à présent.

Ses mots étaient durs et malgré tout j'encaissais, j'avais créé cela à force d'être un abruti en ça présence et puis cette dureté n'était peut-être qu'une façade. Des larmes humidifiaient d'avantage ses yeux mais je ne lui fis pas l'affront de le lui faire remarquer, à quoi bon ? Plus besoin de dignité ni pour moi ni pour elle, on était deux dans le chaos alors pourquoi jouer encore... Malgré mon énergie en constante baisse j'avais bien perçu ses mots et je prenais de nouveau conscience de mon comportement à son égard. Je soupirais « Qu'est-ce que tu veux alors ? » je secouais la tête « J'vais p'tet crever ici et ça me fais chier que se soit toi qui assiste à ça. » voilà c'était dis, autre chose Miss Delaney ? Dans mon état j'étais prêt à lui donner de la vérité, à vrai dire chaque nouveau tiraillement m'éloignais de cette dédramatisation dans laquelle je m'enfonçais habituellement.
Que Roxanne parte était pour moi la solution qui me paraissait la plus raisonnable, s'il y en avait une. Partir, appeler les secours et advienne que pourra... C'est la soif qui revenait sur le devant de la scène, ou bien utilisais-je cela comme prétexte pour ne pas voir sa peine, me sentant atrocement coupable de lui infliger à nouveau un sentiment négatif. Je n'avais fait que ça depuis quelques mois, la rejeter, lui balancer des piques toutes plus acides les unes que les autres. Finalement le plus simple fût de laisser mes yeux se fermer, laissant une douce torpeur m'envelopper. J'arrêtais de lutter, si je devais m'en sortir les secours arriveraient à temps et sinon ? Tant pis... Je serais un énième Résistant mort en essayant de faire ce qui lui semblait juste, un de plus dont les actes n'auront été qu'une onde dans l'immense lac de la cause juste.

J'entendais Roxanne mais sa voix était comme lointaine, ne pas se laisser aller... C'était si simple à dire. Mais justement j'étais bien là, les yeux fermés, bien que je sache pertinemment que ça n'était pas très judicieux dans mon état. Je bu l'eau qu'elle venait de me rapporter et fis l'effort de la regarder à nouveau. Je regardais sans voir, sa silhouette se troublait et d'un coup j'avais peur. L'angoisse que ce soit la dernière fois que je la vois me pris et je fus secoué de quelques tremblements, mes mains devenaient plus moites. Le sang avait cessé de couler de ma plaie, le tissu était collé dessus et je ne devais plus bouger jusqu'à l'arrivée des secours si je ne voulais pas que l'hémorragie reprenne.
Je fis signe à Roxanne de s'approcher quand elle eut fini d'appeler les secours, j'avais sourit en l'entendant utiliser une fausse identité. « Je sais pas si ça va aller... Mais merci de te donner tant de mal. » mes yeux s'humidifièrent sans que je ne puisse lutter et je lâchais dans un souffle « J'ai pas envie de crever là. Je... » je cessais de la regarder pour porter mon regard sur le mur à ma droite « Je veux pas que se soit la dernière fois que je te vois... ». Je fermais les yeux et deux larmes coulèrent. Bordel ! Voilà que je chialais comme une gonzesse mais c'était totalement incontrôlable « T'en as pas fini avec moi Rox'... Je reviendrais t'emmerder. ». Je tentais de m'en persuader, peut-être que ça allait m'aider à tenir.
Je pensais qu'elle allait partir maintenant, au lieu de ça elle comptait rester jusqu'à ce que les secours arrivent, ce qui ne laissait pas énormément de temps mais toujours plus qu'un départ imminent. Elle prévoyait de me rejoindre à l'hôpital ensuite, attention que j'appréciais. Me tournant légèrement je portais ma main à l'arrière de ma ceinture pour en dégager un revolver, le mien, mon arme fétiche. Je lui tendis « T'as sûrement une arme mais... Prends la mienne. » je fis un sourire ou ce qui s'y apparentait le plus « Comme ça tu seras au moins obligée de me la ramener. Ou moi de venir la chercher. » un prétexte pour se revoir si je m'en sortais, un cadeau si j'y restais. Je préférais que se soit elle qui l'ai plutôt que quelqu'un d'autre. « Discute pas la volonté du mourant... Ok ? ». il me restais toujours un petit fond d'ironie, c'était peut-être un bon espoir. Je refermais les yeux, repartant dans un délire étrange, incontrôlable « La dernière fois que je me suis retrouvé comme ça sur un sol en béton c'était pendant une nuit torride... » peut-être bien que c'était avec elle d'ailleurs, très sûrement même. « Bizarrement... C'ét... Plus agréable... » j'épuisais mes dernières forces à balancer mes conneries mais je sentais bien que ça n'était plus qu'une question de temps avant de perdre totalement conscience.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Everything is under control... Or not (Connor and Roxanne)   Ven 9 Nov - 18:44

« Moi aussi ça me fait chier, au moins on sera deux. » grinça-t-elle. La vérité ne les réussissait pas tant que ça, en fin de compte. Mais ils avaient tous les deux l'habitude des remarques criantes de vérité mais insupportables et blessantes. Tellement franches qu'on les croit de mauvaise foi. Parce que oui, s'il fallait à tout prix choisir, elle aurait préféré apprendre sa mort par quelqu'un, plutôt que d'être sur les lieux-même. Elle aurait préféré être persuadée qu'il n'y avait rien à faire, se réfugier dans le confort que procurait l'ignorance, plutôt que de se taper les remords et les irréels du passé. S'il venait à mourir cette nuit-ci, elle le savait, elle allait s'en vouloir.

Elle avait beau essayer de tenir le coup, de faire la fille forte qui ne se laissait pas abattre par ses émotions, essayer de faire celle qui résistait à tout, n'importe quoi. Elle essayait de noyer dans ses propres larmes sa petite personne fragile en quête d'affection et d'absolu. Elle tentait d'être celle qu'on voulait qu'elle soit, celle qu'il fallait qu'elle soit : ce rôle qu'on lui avait donné, cette tête-forte, cette épaule sur laquelle se reposer en cas de coup dur. Tout, sauf celle qui se mettait à chialer comme une idiote face à un mourant. Car c'était ce qu'il était, ne nous voilons pas la face : un mourant. Mais ça, Roxanne refusait catégoriquement de l'admettre même si elle le pensait bien fort.
Et malgré toutes ses tentatives, toute la force qu'elle y mettait, elle ne put se retenir davantage. Les quelques larmes versées auparavant étaient annonciatrices d'un plus gros orage. Perles qui s'accumulaient sous ses paupières et devenaient trop lourdes pour y rester. Son visage se déforma alors sous sa grimace, pendant que ses pleurs inondaient ses joues.
Sans relâcher la pression qu'elle exerçait sur sa plaie, elle plaça son autre main dans son cou, ses doigts se faufilant dans ses cheveux, pendant que son pouce retraçait la ligne de sa mâchoire. « T'auras intérêt à être aux petits soins quand ça sera mon tour. » Nouvelle vague de sanglots lorsque Connor eut à son tour les yeux humides. Ils avaient l'air de deux bons imbéciles, voilà tout. Il n'y avait donc que la mort pour leur délier la langue, et encore.

Elle secoua la tête lorsqu'il voulut lui donner son arme. Elle se contenta de poser sa main sur la sienne, repliant ses doigts sur l'arme afin qu'il comprenne qu'elle n'allait pas la prendre, peu importe quels arguments il allait avancer. Il ne s'agissait pas de bons sentiments, d'incapacité à la prendre parce que cela voudrait dire qu'il allait y rester. C'était juste de la précaution. « L'argument des dernières volontés d'un mourant, ça marche pas avec moi, je te l'ai déjà dit. Garde-la ton arme, tu peux en avoir besoin. Si... Je sais pas, si quelqu'un arrive pour finir son travail, tu pourras au moins essayer de te défendre, ou si l'ambulance arrive du mauvais côté et ne te trouve pas, tu pourras toujours tirer un coup pour qu'ils sachent où tu es... Ou, je sais pas... c'est toujours utile d'avoir une arme sur soi, c'est pas à toi que je vais l'apprendre. »

Sa dernière remarque lui arracha un sourire. Le souvenir de leurs nuits passées ensembles refaisant surface, sans leur habituel goût amer. Leur tension mutuelle et leur excès de rage merveilleusement transformés en une passion délicieuse, de quoi sceller définitivement leur dépendance l'un à l'autre. Ce n'était pas le parcours d'un couple lambda qu'ils avaient suivi, c'était la descente aux enfers de faibles dépendants. Le dégoût qu'on a de la chose, le refus de s'y plier, et la curiosité progressive qui s'installe, petit à petit, jusqu'à ce qu'elle devienne une envie irrépressible. Et dès qu'on y goûte, dès qu'on s'habitue à cette sensation pas si désagréable que ça, et même terriblement enivrante, on ne s'en passe plus. On en a désespérément besoin, mais on refuse de l'avouer à quiconque, et encore moins de se l'avouer. C'était toute leur histoire finalement, des junkies en manque pas foutus de reconnaître qu'ils ont besoin d'aide, que tous seuls entêtés comme des mules ils n'allaient pas pouvoir s'en sortir.
Elle se rapprocha alors de lui, déposant ses lèvres contre son front. L'odeur du sang, de la sueur, de la peur. Décollant doucement ses lèvres pour les glisser vers le bas, frôlant l'arête de son nez avec le bout du sien. Le souffle chaud, le souffle coupé. Sa bouche se mêlant à la sienne, attrapant sa lippe avant de lui souffler : « Je veux pas te rendre les choses si faciles. Tu m'en dois une, et tu te démerderas pour trouver une excuse valable pour venir me voir. Le coup de l'arme à récupérer, c'est beaucoup trop cliché, j'attends un peu mieux venant de toi. » Elle avait du mal à le laisser. A le quitter alors qu'elle n'allait pas savoir ce qu'il allait devenir. Peut-être que dans une poignée d'heure, elle se rendrait compte qu'il n'avait pas pu tenir plus longtemps. Qu'il avait perdu trop de sang et que l'arrivée des ambulanciers n'avait pas été assez rapide.
Elle glissa vers son oreille, frôlant son lobe avec sa lèvre, avant de lui susurrer, en essayant de flancher le moins que possible : « Et puis on fera en sorte que ton dernier souvenir avec un sol en béton reste celui d'une nuit torride. »

Et elle s'en alla.


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