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 Pain Killer [Andreï & Ema]

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MessageSujet: Pain Killer [Andreï & Ema]   Mar 30 Juin - 17:18

Keep Calm and Drink Tea


Pardon ?


Un sourcil levé, les bras croisés. C'est ainsi qu'elle avait accueilli la nouvelle. Loukas ne lui avait laissé le temps de répondre qu'il s'était déjà éclipser, la laissant là, elle et son flegme tout britannique. Mais son flegme dont elle était si fière habituellement, fier comme le serait n'importe quel anglais, mettait sa patience à rude épreuve. Elle retint un juron, se mordant doucement la lèvre inférieure, avant de souffler un grand coup d'exaspération. Pourquoi fallait-il que cela tombe sur elle ? Pourquoi ?

Un nouveau. Elle devait se coltiner un nouveau. Quoi rêver de mieux pour une personne comme elle, qui croit dure comme fer qu'il vaut mieux être seul que mal accompagné ? Elle savait que Loukas savait qu'elle n'appréciait pas de se voir coller quelqu'un dans les pattes, et elle était prête à parier qu'il l'avait fait en partie exprès. Elle donna un coup sur le comptoir, faisant sursauter l'un des premiers clients de la soirée, avant de s'échapper derrière. Il devait arriver aux alentours de dix-huit heures, le pire soir de la semaine que pouvait connaître le Old Absinthe House. Elle traversa la cuisine s'en s'arrêter, et sortie dans la petite ruelle qui donnait sur l'entrée des employées. Elle s'alluma une cigarette avant de s'asseoir sur les marches.

Le soleil se couchait déjà. Depuis combien de temps ne l'avait-elle plus regardé ?

Les volutes de fumée, le son lointain de la musique s'échappant du Quartier Français, l'apaisaient peu à peu. Elle finit par se calmer, fermant les yeux devant la lumière entre chien et loup que produisaient les derniers rayons du soleil. Dix-sept heures trente. Déjà.

Elle se leva, jeta une cigarette à peine entamée, et retourna à l'intérieur.

La salle principale se remplissait peu à peu. Elle aussi, elle ne prenait pas souvent la peine de l'observer avant que le tumulte de la soirée ne l'emplisse. Elle salua quelques habitués, de vieux marins qui prenaient plaisir à discuter d'un autre temps, d'une autre époque, qu'elle soit le fruit de leur imagination ou de lointains souvenirs. Elle les écoutait parfois, au détour d'une commande, furetant vers leur table son plateau à la main. Ils lui rappelaient d'une certaine manière les pubs de Southampton, et le charme britannique qui y régnait. Elle ne se laissait pas souvent aller à la nostalgie, mais la lointaine Albion lui manquait quelque fois.

L'heure s'avançait. La porte tintait à intervalles de plus en plus régulier, alors que la soirée s'entamait. Les commandes commençaient à arriver. Elle se déplaçait entre les tables, souriante, d'un sourire un peu factice, un peu artificiel, mais d'un sourire quand même. Elle prit dans ses bras la petite fille d'une de ses rares amies, salua de la main un voisin avec qui elle parlait de temps en temps. Son petit monde s'animait, son esprit s'embrumait. Elle pensait moins. A tous ses tourments, à toutes ses choses qui guettaient le moindre moment de relâchement, le moindre instant de faiblesse. Alors peut-être, peut-être que pour une fois, cela lui ferait du bien, de se coltiner quelqu'un. De ne pas être seule.

Six heures. La vieille horloge du Old sonna six fois, il devrait déjà être là. Déposant son plateau emplit de verres vides sur le comptoir, elle jeta un coup d'oeil à sa montre, et fit la moue en voyant qu'elle n'allait pas tarder à afficher six heures une. Ema était souvent en retard, mais dans son orgueilleuse arrogance, détestait le retard des autres. Elle nettoya rapidement son plateau, avant qu'il ne soit une nouvelle fois remplit. Elle huma délicatement les différentes fragrances d'alcool que l'on y déposait, avant de le saisir à deux mains et de se retourner.

Un grand sursaut suivit d'un choc. Le plateau se renversa, le contenu des verres préférant le chemisier de la britannique au parquet vieilli du café. Elle écarta les bras, trempée, avant de relever la tête. Elle se retrouva face-à-face avec un inconnu. Et même si son visage ne montrait pas réellement ce qu'elle ressentait, ses yeux, eux étaient noirs de colère.

Si tu me dis que c'est toi le nouveau, je te tue...Ses mots restèrent figés dans son esprit, alors qu'elle cherchait désespérément une manière polie de répondre.

Excusez-moi, je ne vous avais pas vu. Elle se pencha pour ramasser le verre brisé et nettoyer l'alcool sur le plancher, ignorant les regards en coin que quelques clients lui lançaient. Elle finit par se relever, son plateau emplit des débris de sa commande.


C'est là qu'elle vit, à quelques pas derrière l'épaule de l'inconnu, les grands signes que lui faisaient Loukas. Alors, elle comprit. Elle releva la tête, et regarda l'étranger dans les yeux.

C'est toi le nouveau ?


Cette fois, sa voix était bien moins amicale qu'avant.


Dernière édition par Ema Brand le Ven 3 Juil - 2:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Ven 3 Juil - 0:03



Allongé sur le canapé, j’essaye de lire le livre que Lizzie m’a mis entre les mains il y a de cela une heure. Elle est bien charmante comme petite-fille mais elle m’agace à vouloir constamment me trouver occuper. Elle m’a déjà refilé ces livres d’histoire, comme quoi c’est important que je sache à quel point les américains n’ont pas vraiment été touchés par mon ancienne patrie d’adoption, et que je me mette au goût du jour. Mes doigts tournent les pages sans que je ne parvienne à me concentrer. Je finis par abandonner et sortir de ma poche la photo que m’a refilé Demian il y a quelques temps déjà. Je n’arrive pas à comprendre que cette vieille femme, là, c’est ma Lara. Je n’arrive pas à assimiler qu’il y a quelques mois j’étais rat et que je suis désormais homme. Et vieux. Et jeune. Et que j’ai loupé toute la vie de Demian. Je soupire en me recroquevillant et en tirant sur moi une couverture inutile. Je n’arrive pas à lire, alors autant dormir. Tenter du moins. Il est près de seize heures, je sais que je vais encore travailler ce soir mais si j’ignore où et pour qui pour le moment. Mikkel est le premier à avoir compris mon besoin de m’activer et, en digne petit fils, il a vite compris aussi comment tirer parti des capacités d’un agent du KGB. Je ne lui ai pas posé de questions lorsqu’il m’a avoué devoir de l’argent à des personnes peu patientes, j’ai juste haussé les épaules. J’ignore ce qui est le pire entre retrouver chez mon petit-fils le même sang vicié que celui qui coule dans mes veines et dans celles de mon père et ne pas s’étonner de trouver chez mon fils cette tare. Sa mère l’a certainement mieux élevé sans moi. J’ai un goût amer dans la bouche à cette pensée.

Et je me réveille lorsqu’avec toute la délicatesse familiale, Mikkel me secoue. Dans un grognement, je me retourne, lui fauche les jambes et atterris sur lui, mon avant bras ayant trouvé sa trachée et mon genou, ses côtes. Je papillonne des yeux en m’extirpant de mon sommeil presque réparateur. « Tu m’expliques ? J’aurai pu te tuer ! » Ce qui est absolument faux, mais il n’a pas besoin de le savoir. Je ne toucherai jamais à un cheveu de ma progéniture et de ma descendance. C’est d’ailleurs pour ça que j’accepte de le seconder dans ses remboursements, de faire le sale travail à sa place, de prendre sur moi ses écarts. Un accord tacite entre le grand père et le petit fils, un accord tacite entre les deux pourris de la famille. Je l’aide à se relever, il se contente d’hausser les épaules et de remettre son tee-shirt en place. Ce gosse tient trop de moi : non seulement il n’est pas étonné mais en plus il ne prend pas ma menace au sérieux ou du moins, si je l’intimide il le cache. Le voilà qui me tend un post-it. « Je t’ai trouvé un truc pour ce soir. Calme, sans histoire, t’inquiète. » Je plisse les yeux en déchiffrant le lieu, l’horaire et l’intitulé du contrat. « Tu te fous de ma gueule ? » Je crois que c’est une blague. Parce que sinon, il va me faire mentir : si c’est effectivement ce que je pense, alors que je me sens tout à fait capable de le tuer, maintenant. Son large sourire me fait lever les yeux au ciel, je lui colle le post-it sur le front en me dirigeant vers l’évier. « Il n’en est pas question ! » Il me répond par un éclat de rire. Je m’immobilise. Il est vraiment sérieux ? « Je vais te tuer, tu sais ? » Je m’essuie le visage aspergé d’eau froide et m’adosse au plan de travail pour lui faire face. « Allez grand-père, fais pas ton difficile ! Tu m’as demandé de te trouver des jobs, c’est ce que je fais ! Tu ne vas tuer personne en plus ! » Je le foudroie du regard, me passant une main dans les cheveux pour en extirper quelques gouttelettes. Je passe au russe, qu’il baragouine plus qu’il ne parle, pour rétorquer un sarcastique « C’est eux qui vont me tuer, tu vas voir… et s’ils ne le font pas, ce sera moi qui te tuerai. » Je crois qu’il a compris l’essentiel puisqu’il part à nouveau dans un éclat de rire. Moi, je relis le post-it et soupire. Je râle, je sais, et j’y vais quand même. Parce que Mikkel n’a pas tort : j’ai besoin de m’occuper. Et même s’il ne l’a pas dit, il a aussi bien en tête que moi que s’ils ont besoin d’employés supplémentaires c’est qu’il y aura du monde, et que s’il y a du monde, c’est que je vais pouvoir me nourrir discrètement sans tuer qui que ce soit.

J’enfile ma veste, efface mes boucles blondes avec la capuche du survêtement de mon petit fils et me faufile dans la rue. Six heure. Il m’a réveillé à cinq heure et demi. Pourquoi ai-je donc le petit fils le plus agaçant de l’humanité ? L’horloge sonne encore lorsque j’arrive devant la bâtisse et que je fronce les sourcils. J’aurais peut être du me changer : mon simple tee-shirt blanc et mon jean noir ne vont peut être pas être adéquats. J’hausse les épaules : je ne suis plus à ça près. Dès que je rentre, je suis en train de me dire que Mikkel s’est vraiment foutu de moi. Je suis maladroit : tout le monde l’a vite compris autour de moi. Si je brille au combat, que ce soit au corps-à-corps ou avec un flingue, si je mens comme personne, si je sais toujours quoi dire et quoi répondre, ma maladresse n’a jamais disparu. Et le temps que je rejoigne le comptoir, j’ai déjà bousculé deux personnes et écrasé un pied – je crois. J’aperçois une serveuse, je m’approche dans l’idée de l’interpeller et… Un fracas de verres brisés m’arrache un soupir et un sourire blasé. Bravo Andreï, tu viens de passer au niveau 15 de la maladresse : tu contamines les autres maintenant. Les yeux noirs de colère de la – jolie – jeune femme hésitent à faire disparaître mon sourire. « Bon… jour ? » Excusez-moi, je ne vous avais pas vu. Elle se penche pour ramasser les éclats, je me retiens de justesse de faire de même. Heureusement : il en aurait résulté la rencontre fracassante de mon crâne. Serveur. Mikkel, tu es vraiment sérieux ? Je fronce les sourcils. « Ce n’est rien, c’est moi, je n’ai pas fait attention à… » « C'est toi le nouveau ? » Je ne perds pas mon sourire devant son ton colérique. J’ai vu pire. J’ai vu mieux aussi, comme entrée en matière. Mais au moins, ça a le mérite de la fixer sur mes capacités, c’est déjà ça. « Le nouveau mais juste pour la soirée, ne t’inquiète pas ! C’est toi qui dois me montrer comment faire ? » Allez, je fais celui qui est enthousiaste et qui a déjà classé cet incident comme fait anecdotique dans sa mémoire. Intérieurement, je me lamente en m’imaginant faire payer chaque seconde de ce calvaire à mon petit fils. Je lui tends une main que je souhaite amicale dans un « Moi c’est Andreï et toi c’est ? » avant de me souvenir qu’elle tient un plateau et que si j’étais dans sa situation je ne le lâcherais pas une seule seconde de peur de le faire tomber. Hum… Je vais être dans sa situation d’ici quelques minutes.

Spoiler:
 


Dernière édition par Andreï C. Ievseï le Ven 10 Juil - 10:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Jeu 9 Juil - 22:50

Keep Calm and Drink Tea


Ema regarda la main qu'il lui tendait, puis planta son regard dans le sien. Elle inspira profondément, avant de lâcher un sourire forcé. Elle empestait l'alcool par sa faute, et si elle s'était écoutée, le plateau qu'elle tenait entre ses mains aurait fini dans son visage, ne serait que pour arracher le sourire qui striait ses lèvres. Elle regarda furtivement autour d'elle, la plupart des clients étaient retournés à leur discussion, mais certains la fixaient, attendant sans doute de voir qu'elle allait être sa réaction. Et comme elle détestait se donner en spectacle, elle ravala sa fierté, ce qu'elle ne devait faire que trop souvent à son goût, et envoya ses plans de vengeance dans les limbes de son esprit.

Je m'appelle Ema. Suis-moi. Sa voix n'avait été qu'un murmure légèrement colérique, mais vu que la soirée s'annonçait particulièrement longue, elle s'efforçait à calmer ses ardeurs. Elle se retourna alors, se rendant compte qu'elle était partie sans prendre la peine de voir s'il suivait. Et ne fait plus rien tomber cette fois.


Sans attendre de réponse, elle s'engouffra derrière le comptoir, laissant les ruines de sa commande au bon soin du barman.

Attends-moi là, je dois me changer.


Elle fila en réserve, ouvrant son casier d'un geste rageur, en en faisant claquer la porte contre celle de son voisin. Par chance, elle prenait toujours une tenue de rechange. Elle ôta son chemisier blanc et le troqua contre une chemise rouge striée de blanc, qu'elle ne boutonna pas jusqu'en haut. Car, dans sa chance infinie, elle avait pris la seule chemise de sa garde-robe à être trop petite. Elle inspira une nouvelle fois avant de retourner en salle. Elle lança un regard noir à Terry, le barman du Old, qui n'avait pu s'empêcher de sourire à la vue du décolleté de la britannique.

Bon. Elle claqua un peu plus violemment que voulu sa main sur le comptoir, alors qu'elle se plantait devant le nouveau. Andreï, c'est ça ? Tu verras, ce n'est pas bien compliqué. Elle fouilla sous le comptoir et en sorti un petit carnet, un crayon, et un torchon. Tu tournes en salle, en débarrassant les tables vides sans oublier de les nettoyer. Quand tu dois prendre une commande, ne joue pas les équilibriste. Soit tu rapportes ton plateau, soit tu le poses sur la table des clients. Comme t'es nouveau, prends une commande à la fois pour commencer. Pour une soirée, ce n'est pas la peine de t'apprendre la disposition des tables du Old.


Son ton s'était adoucie à mesure qu'elle lui parlait, sans qu'elle ne s'en rende réellement compte. Un petit air de musique traditionnelle anglo-saxonne résonnait doucement au-dessus du brouhaha des conversations, et cet air emprunt de nostalgie l'apaisait.

Au début, ne prends pas les tables trop nombreuses, occupe-toi des couples, des solitaires. Laisse à Terry...Elle le désigna d'un geste de la main, sans se retourner, l'abru...le barman s'occupait des clients au comptoir.


Elle attrapa un plateau propre qu'elle glissa jusqu'aux mains d'Andreï. La salle se remplissait à mesure que la soirée s'entamait, et les commandes n'allaient pas tarder à pleuvoir.

J'allais oublier. Elle s'éloigna vers la caisse, avant de revenir avec une sacoche qu'elle lui tendit aussitôt. Tu as une petite réserve de monnaie dedans. A chaque commande que tu règles en espèce, viens la déposer à la caisse, sinon tu vas vite te retrouver avec une petite fortune là-dedans. Elle lui adressa un léger sourire, laissant encore s'échapper avec ce simple geste un peu de la tension qu'elle avait accumulé. Ça va bien se passer, évite la casse, et surtout, n'hésite pas à m'appeler ou à venir me chercher si tu as un problème. De toute façon, je tourne aussi dans la salle.


Elle essaya une nouvelle fois de resserrer son chemisier, avant de lâcher un soupir d'exaspération. Puis elle prit deux verres, une bouteille de Pur Malt Écossais réservée aux employés, et plus particulièrement à elle, puis versa un peu du précieux liquide dans chacun des deux verres. Elle en tendit un à Andreï.

Bois. C'est peut-être purement psychologique, mais ça donne du courage. Elle porta son propre verre à ses lèvres avant d'en boire le contenu. Elle ferma les yeux le temps que le liquide brûlant descende le long de sa gorge, alors qu'elle sentait ses joues rosirent légèrement. Des questions avant de commencer ? C'est le moment si tu veux savoir quelque chose.


Elle hésita un instant, puis finit par rajouter dans un souffle, que l'animation du Old fit passer pour un murmure, des mots qu'elle n'avait pas pour habitude de prononcer.

Ah et, excuse-moi pour tout à l'heure, je n'ai pas été très sympa.


Elle détourna aussitôt le regard, chassant de son esprit l'image de son chemisier blanc tâché d'alcool, alors que son orgueil mal placé réfutait déjà l'idée qu'elle ait pu dire ce qu'elle venait de dire.


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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Ven 10 Juil - 13:38



Mikkel je vais te tuer. Cordialement, Grand Père. Je vais lui envoyer cette lettre. Non, je vais lui graver ces mots dans la peau, avec une lame chauffée au fer blanc. Oui, voilà, c’est une excellente idée. Ce n’est pas que je sens très très mal les heures à venir, c’est que je me demande si je ne viens pas de mettre un pied dans la tombe en acceptant de me pointer malgré tout à ce bar alors que je connais parfaitement l’adresse dont je suis capable, même mes meilleurs jours. Et vues les flagrances lourdes d’alcool qui envahissent mes narines, je doute que ce soir change mes habitudes et révolutionne le cours du temps. Je soupire et prends mon inspiration en hésitant sur un bonjour devant le regard noir que m’offre la serveuse. Je persiste et signe, continue de sourire. Tente d’engager la conversation et me fais rabrouer par un agressif c’est toi le nouveau qui pourrait doucher le peu d’enthousiasme que j’ai réussi à amasser si je n’avais pas été élevé sur des tons aussi sévères. Tu sais, beauté, j’ai connu pire, donc ne t’embête pas. J’ai l’habitude d’être face à des gens que j’insupporte, et je maintiens mon sourire, comme si j’étais amusé par la situation catastrophique dans laquelle j’ai foutu les pieds. Mikkel, je vais te tuer. Elle sourit à son tour, regarde autour de nous et je ne peux pas m’empêcher de faire comme elle. On nous regarde. Parfait, Andreï, vive la discrétion, tu t’es bien fait remarquer. Mais au moins, elle ne peut pas m’assassiner sur place et j’ai comme la certitude qu’elle en aurait bien envie pourtant. Je m'appelle Ema. Suis-moi. Ah, voilà, qu’est ce que je disais ! Elle essaye de m’éloigner de la foule pour m’étrangler tranquillement et dire que le nouveau s’est cassé la figure dans les escaliers et s’est brisé la nuque tout seul. Ce serait marrant, tiens, comme retournement de situation. Sauf que j’imagine que je la tuerais avant qu’elle ne me touche. Un soupir, j’essaye de me montrer sympa et avenant dans un nouveau sourire en la suivant. Et ne fait plus rien tomber cette fois. J’étouffe de justesse un éclat de rire qui, je n’en doute pas vraiment, aurait été un peu malvenu. Et absolument apprécié à sa juste valeur. Je me contente donc d’un spirituel « Tu sais, techniquement, c’est toi qui as fait tomber les verres… » avec un sourire en coin. Déjà que je me suis retenu de rire, on ne va pas pousser : j’ai le droit de dire ce que je pense, même si c’est absolument stupide et inapproprié. Je la suis derrière le comptoir, en faisant un clin d’œil à une cliente qui rougit en se replongeant dans la conversation totalement inintéressante qu’elle avait de toute évidence quittée avec joie. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours tendance à essayer de m’imaginer ce qu’il se passe dans la tête des gens, mais bon… comme pour mes remarques, on ne peut pas trop m’en demander.

Attends-moi là, je dois me changer. J’hoche la tête dans un d’accord qui se meure dans les bruits de la salle. Appuyé au comptoir, je commence à faire la conversation au barman, trouvant dans ses répliques les échos parfaits au niveau de ma conversation et de mon niveau intellectuel lorsque je n’ai pas envie de réfléchir. On parle de tout et de rien, surtout de rien, il me présente les clients réguliers, me touche deux mots sur cette Ema alors que je regarde le champ de mines dans lequel je vais devoir évoluer pour la soirée. Je suis un assassin. J’ai tué, fouillé, torturé, volé, j’ai espionné, fais des choses pas très très licites. Et j’angoisse presque plus à l’idée de devoir jouer au serveur sans rien renverser – une mission nettement plus impossible que l’assassinat d’un président américain à mes yeux – que de faire face une seconde à la Mafia russe dans son ensemble. Et en colère. Finalement, après un temps interminablement court – et je ne retiens de ce laps de temps que le minable en fin de compte – elle revient et… Okay. Je lance un regard amusé à Terry, qui s’en prend un noir de la part d’Ema. Et je lance un regard encore plus amusé à Ema et à son joli décolleté qui me tend les bras. « Comment tu veux que je ne renverse rien si tu ne fais pas d’efforts, n’empêche ? Tu veux pas aller mettre un sac ou quelque chose dans le genre ? » Je m’aperçois un peu tard que ça aussi, elle risque de ne pas vraiment apprécier. Bon. Tant pis. J’hausse les épaules, écoute ce qu’elle a à me dire. Bon. Andreï, c'est ça ? Tu verras, ce n'est pas bien compliqué. J’ai envie d’éclater de rire, à nouveau. Rien de compliqué ? Elle est marrante. Je réceptionne le carnet, le crayon, le torchon, que j’ausculte comme s’ils étaient des armes de première catégorie destinée spécifiquement au meurtre de la fierté d’Andreï Ievseï. Tu tournes en salle, en débarrassant les tables vides sans oublier de les nettoyer. Quand tu dois prendre une commande, ne joue pas les équilibristes. Soit tu rapportes ton plateau, soit tu le poses sur la table des clients. Comme t'es nouveau, prends une commande à la fois pour commencer. Pour une soirée, ce n'est pas la peine de t'apprendre la disposition des tables du Old. J’acquiesce, intégrant sans trop de difficulté ce qu’elle me raconte. J’ai déjà vu des serveurs à l’œuvre. Et quand j’étais encore un agent en mission, et un rat, j’ai du, une fois, me faire passer pour un serveur. Le temps d’un soupir. J’ai appris à me faire passer pour un serveur, même si mon sorcier m’interdisait formellement de prendre la moindre commande. J’inspire posément, ça devrait bien se passer, même si j’ai la trouille. Allez, haut les cœurs les amis, Andreï va entrer en scène. Je soupire. De désarroi. Je m’imagine tranquillement étrangler Mikkel. S’il n’était pas de mon sang, ce serait tellement plus simple. Oh, il a glissé dans l’escalier et s’est fracassé le crâne contre le mur, quel malheur. Et… Au début, ne prends pas les tables trop nombreuses, occupe-toi des couples, des solitaires. Laisse à Terry... l'abru...le barman s'occuper des clients au comptoir. Ah, parce qu’on peut aussi s’occuper des clients au comptoir ? Et c’est pas plus simple ? « Tu es sûre que… » Pas de plateaux, pas de marche à faire, pas besoin d’éviter les boulets qui restent au mauvais endroit et surtout pas besoin de faire attention à ne pas écraser de pieds, bousculer de clients, de… je réceptionne de justesse le plateau qu’elle me glisse dans les mains. Je vais finir par le lâcher. C’est inévitable. J'allais oublier. Tu as une petite réserve de monnaie dedans. A chaque commande que tu règles en espèce, viens la déposer à la caisse, sinon tu vas vite te retrouver avec une petite fortune là-dedans. Ça va bien se passer, évite la casse, et surtout, n'hésite pas à m'appeler ou à venir me chercher si tu as un problème. De toute façon, je tourne aussi dans la salle. Cette fois, mon petit rire m’échappe totalement. « J’vais essayer de faire mon possible pour la casse, je te promets. Alors si j’ai tout compris, je prends la commande, je viens la préparer, je l’amène, lorsque les gens partent, ils payent et je mets l’argent dans la sacoche et non dans ma poche. » Elle essaye de détendre l’atmosphère à sa façon, moi à la mienne. Je regarde le plateau et le repose prudemment avant d’assommer quelqu’un avec sans m’en rendre compte.

Et je manque d’échouer dans mon opération lorsqu’elle attire à nouveau mon attention sur son décolleté en essayant de resserrer son chemisier. Je soupire. « Non mais ne change rien Ema, tu es très bien comme ça. T’as souvent des pourboires, non ? Et si tu pouvais ouvrir juste un bouton, je suis sûr que tu serais un peu plus à l’aise. » Oui, je sais, encore une fois j’aurais du me la fermer. Mais c’est plus fort que moi : j’ai parfois besoin d’être con, surtout lorsque je suis tendu. Et pour être tendu, je le suis. Lorsqu’elle sort une bouteille d’un liquide que je n’arrive pas trop à identifier pour le moment, je me fais la remarque que de toute évidence elle a une autre manière de se détendre, manière à laquelle j’adhèrerais totalement si tout n’avait pas un goût de cendre à mon grand désarroi. Bois. C'est peut-être purement psychologique, mais ça donne du courage. Des questions avant de commencer ? C'est le moment si tu veux savoir quelque chose. Ah et, excuse-moi pour tout à l'heure, je n'ai pas été très sympa. Elle détourne le regard d’une manière adorable, alors que je suis encore en train de regarder mon verre rempli dans mon éternel sourire amusé. Oui, avant que vous m’en fassiez la remarque, je donne continuellement l’impression d’être mort de rire. C’est une façon comme une autre d’encaisser cette magnifique justice aveugle qu’est la vie, et c’est un moyen comme un autre de ne pas se mettre une balle dans le crâne lorsque tu te rends compte que cette vie, justement, ne vaut pas un clou et que tout ce que tu as à faire c’est d’espérer survivre  et t’occuper suffisamment en cherchant à nouveau un sens à tout ça. Pendant des années, j’ai été brimé, battu, maltraité. Et lorsque j’en ai eu assez, je me suis barré guidé par une seule chose : le ressentiment. En fait, il n’y a eu qu’avec Lara que j’ai réussi à vivre et non survivre. Lara et Demian. Je soupire. Je recommence à penser et à oublier de parler. Ca craint. J’hausse les épaules en essayant de paraître moins con qu’en réalité. Avant de boire une gorgée de terre. «  T’as raison, ça fait du bien ! » Je ne sais peut être pas quoi faire de mes deux mains droites, mais je suis un menteur hors pair. « Des questions… hum… ça t’arrive souvent de casser des verres ? Enfin, je veux dire… lorsque tu n’as pas de boulet à proximité ? » Je lui fais un clin d’œil pour lui faire comprendre que ma question est sincère, pas juste pour me moquer de sa chemise précédemment imbibée d’alcool. Par ma faute. Je soupire. « Pour être franc, je ne sais pas ce que je fais ici… C’est mon petit-fils… c’est mon… cousin je veux dire, qui m’a trouvé ce travail, mais je ne suis pas du genre… adroit en temps normal. J’espère que tu ne seras pas considérée comme responsable si jamais j’offre des douches à des clients… » Histoire de mettre les choses au clair.

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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Sam 18 Juil - 0:09

Keep Calm and Drink Tea

Un soupir. Elle tapota des doigts sur le comptoir, placebo futile pour évacuer les prémices d'une colère qu'Andreï avait provoqué en elle, lui et ses remarques sur son décolleté, dont sa maladresse était le principal artisan. Elle écouta sa question, jetant un bref regard en coin à l'heure, ainsi qu'à la salle. Elle s'emplissait au fur et à mesure, ils n'allaient pas pouvoir continuer ce petit jeu de question/réponse bien longtemps. Elle fit un dernier effort en reportant son attention sur lui. Il avait au moins pour lui d'avoir un certain charme, mais ses paroles la refroidirent quelque peu. Elle appréhendait déjà la suite, et retint un nouveau soupir, laissant quelques paroles assassines mourir dans sa gorge.

Ça m'arrive de temps en temps, comme à tout le monde ici. Elle se retourna et lança un nouveau regard, plus noir encore que le précédent, à Terry. Enfin, je crois que j'ai battu mon record ce soir grâce à toi !


Un léger sourire avait terminé ses mots, fustigeant ainsi la colère qui s'y serait volontiers mêlée. Elle écouta ce qu'il lui dit ensuite, penchant légèrement la tête sur le côté, comme à chaque fois que quelque chose l'intriguait dans les paroles de l'autre. Elle eut un petit rire amusé. Elle n'avait pas eu besoin de lui pour se rendre compte que l'adresse semblait le fuir comme la peste. Elle lui sourit alors, peut-être son premier sourire sincère de la soirée à lui être destiné. Cela n'aurait servi de l'accabler plus que de raison. A moins qu'elle n'espérait secrètement qu'il exagère volontairement ses paroles.

Personne ne sera tenu pour responsable. Surtout vu le monde qu'on l'on attend ce soir. Après bien sûr...Elle lui fit un clin d'oeil amusé. Si on pouvait faire en sorte que toute la vaisselle n'y passe pas, ça serait le mieux ! Te mets pas trop la pression. Elle le quitta des yeux, jetant un nouveau regard circonspect à son chemisier, puis prit son propre carnet à commande. Bon allez, ça va être à toi. Tu vois les tables du fond ? Tu as un couple, et deux tables seules. Occupe-toi du couple en premier, ils sont arrivés depuis quelques minutes déjà. Même si les autres t'appellent, tu leur dis que tu reviens, mais ne prends pas leurs commandes de suite. Je vais m'occuper des clients à côté, je ne serai pas loin si tu as besoin. Elle lui posa une main sur l'épaule, et prit l'air le plus sérieux qu'elle put. Courage.


Elle le laissa au comptoir, avant de recommencer sa valse entre les tables. Les minutes passèrent, elle guettait discrètement le moindre son de verre brisé, suivant Andreï du coin de l'oeil alors qu'il s'avançait vers les tables qu'elle lui avait désignées. Tout semblait bien se passer. Son esprit s'échappa alors, fuyant sa réalité pour celle si versatile du Old.

Elle échangeait quelques bribes, quelques sourires. Elle s'attardait un peu plus longuement avec certains, s'asseyant une minute, murmurant. Elle se jetait à corps perdu dans son travail, sa façon à elle d'oublier le reste, de ne plus voir ce qu'elle ne voulait voir, de ne plus penser à ce qu'elle voulait de toute façon oublier. Le temps filait, une demi-heure, mais il lui semblait que tellement plus s'était écoulé. Puis, alors qu'elle quittait une table, elle se mit à chercher Andreï du regard. Elle le vit un peu plus loin. Elle laissa échapper un léger soupir de soulagement, il semblait suivre ce qu'elle lui avait dit, même si elle ne put s'empêcher de remarquer une certaine tension dans son visage. Elle retourna derrière le comptoir, nettoyant son plateau, déposant la monnaie accumulée à Terry.  

Il sort d'où ce mec ? La voix de Terry résonna à ses oreilles, suivant le regard de la demoiselle vers Andreï, alors qu'elle s'occupait de sa nouvelle commande.


C'est Loukas qui l'a embauché. Il n'est là que pour un soir. Trois cafés, deux thés, une bière. Soit sympa avec lui, veux-tu ? Le ton impératif de sa voix ne souffrait nulle réponse. Mais le visage de Terry afficha un large sourire moqueur.


Pas de chance que se soit tombé sur toi ! Toi, la si irascible britannique !


Elle se contenta d'un nouveau soupir en guise de réponse, préférant ignorer la pique du barman plutôt que de se lancer dans une nouvelle joute de mots doux, à faire rougir Twain ou Jackson, qu'ils avaient l'habitude d'échanger. Ils avaient toujours entretenu ce genre de relations tous les deux, et ce depuis le premier jour d'Ema au Old, Terry prenant grand plaisir à titiller le flegme dont elle aimait se vanter. C'était ce petit jeu qui égayait parfois les soirées plus calmes que pouvaient connaître l'antique établissement.

Tu ferais mieux de regarder ce qu'il se passe, je crois qu'il a quelques difficultés ton Andreï.


Ema leva les yeux de son plateau juste à temps pour voir Andreï virevoltant entre les tables, son plateau bien plus chargé qu'il ne l'aurait dû l'être. Elle se précipita dans la salle, manquant de bousculer un client, et tendant les mains dans un geste ultime de désespoir, alors qu'elle sentait déjà comment cela allez finir.

Attent...Son cri mourut dans sa gorge, alors que le plateau basculait dans le vide.

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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Mer 22 Juil - 21:37



Je sais que comme ça, tout de go, après dix minutes passées en ma compagnie, on peut me reprocher un certain nombre de choses sans que je ne puisse rien dire pour me dédouaner. Par exemple, j’ai un sens de l’humour pourri. Ou encore, j’ai deux mains droites qui n’ont pour vocation que de faire tomber les choses et de trébucher sur le reste. Donc voilà, de base, je sais qu’on peut rapidement se faire une idée de moi. Et donc, que je n’ai aucun intérêt à cacher la plus remarquable de mes caractéristiques : ma maladresse. Et ma tendance à trop parler. Mais ça, elle s’entend avant même que je ne puisse m’excuser donc ça ne compte pas. Bref. Tout ça pour dire que je n’ai aucun scrupule à balancer cash ma plus grande inquiétude. Et sa réaction me surprend aussitôt. Ça m'arrive de temps en temps, comme à tout le monde ici. Enfin, je crois que j'ai battu mon record ce soir grâce à toi ! Bon. Déjà, c’est un bon point pour moi, elle prend la chose sur le ton de l’humour et ça me convient à merveille. Mais je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’elle réagisse de la sorte. Tant mieux pour moi. J’hausse les épaules dans un sourire qui répond au sien. « Oh ? Trop d’honneur, ne me remercie pas, je suis tout ému je crois que je vais pleurer. » Oui, je sais, ferme là Andreï, pas besoin de me le dire. Mais comment voulez vous que je cesse de parler alors que ça fait un bail que je n’ai pas été autant tendu avant un job ? Tuer, menacer, suivre, cambrioler, si on met de côté ma discrétion aléatoire ça ne me pose plus aucun problème, j’ai trop d’expérience maintenant dans le milieu pour que ça me fasse quoique ce soit. Mais être serveur, bon sang, être serveur, ce n’est clairement pas dans le parcours scolaire d’un apprenti-assassin. Et j’ai quitté trop tôt l’orphelinat pour qu’on m’oblige à travailler dans un bar, je sais. Je secoue la tête en essayant de faire en sorte que mon regard ne soit pas trop anxieux lorsqu’il quête une réponse dans son petit rire. Tu es de bonne humeur Ema ? Parfait, parce que dans une demi-heure tu n’auras plus qu’une envie : me voir disparaître de ta vie et de ta vaisselle cassée. En espérant que tu ne sois pas renvoyée. Personne ne sera tenu pour responsable. Surtout vu le monde qu'on l'on attend ce soir. Après bien sûr... Si on pouvait faire en sorte que toute la vaisselle n'y passe pas, ça serait le mieux ! Te mets pas trop la pression. J’éclate de rire sans savoir si c’est un rire franc ou un rire désespéré à l’idée qu’elle n’a vraiment aucune idée de tout mon talent en la matière. Peut être un peu des deux. Dans tous les cas, elle signe la fin de la discussion en récupérant son carnet et je l’imite dans un entrain simulant la motivation que je peine à trouver. « J’vais surtout essayer de ne pas me mettre de pression de partout, pas de souci ! » Je lui fais un clin d’œil. Quand je vous dis que j’ai un humour… à la limite de l’acceptable, je ne plaisante pas. C’est regrettable n’est ce pas ? Bon allez, ça va être à toi. Tu vois les tables du fond ? Tu as un couple, et deux tables seules. Occupe-toi du couple en premier, ils sont arrivés depuis quelques minutes déjà. Même si les autres t'appellent, tu leur dis que tu reviens, mais ne prends pas leurs commandes de suite. Je vais m'occuper des clients à côté, je ne serai pas loin si tu as besoin. Je suis son geste et regarde les tables indiquées. Couple. Table. Deux. Seules. Okay, c’est intégrer, qui est ce que je dois liquider en premier ? Le couple, parfait. J’inspire comme un sportif qui s’apprête à courir un marathon. Sa main sur mon épaule manque de me faire sursauter, son air presque sérieux, de me faire rire une nouvelle fois. Courage. Ouais, courage, c’est ce qu’il me faut. Heureusement, au milieu de mon humour et de ma maladresse, il parait que j’en ai un peu, du courage. A moins que ce ne soit de la bêtise mais dans ce cas, on ne peut plus rien pour moi. « Merci, je crois que j’en ai besoin… courage à toi aussi »

Je prends à nouveau mon inspiration en m’approchant du couple qu’elle m’a indiqué. Allez, Andreï, c’est comme si tu devais les mettre en confiance pour t’introduire illégalement chez eux et les assassiner dans leur sommeil ou voler des dossiers, rien de bien compliqué. « Bonsoir, vous avez choisi ? » Je fais un large sourire aux deux, un plus grand à la jeune femme, faut pas se le cacher. Et… hop, la soirée commence, la bataille aussi, je me languis déjà des contrats mafieux dans lesquels Mikkel m’embrigadait de force il y a quelques jours. Peut être que c’était son plan depuis le début, en fait… La lumière se fait dans mon esprit, je ris dans mon coin en revenant chercher… qu’est ce qu’ils ont commandé eux déjà ? Je jette un coup d’œil à mes pattes de mouche rédigées en russe par réflexe.

Les minutes s’écoulent finalement plus vite que prévu. Fidèle à mon habitude, digne représentant de mon espèce en voie de disparition, les orphelins formés au meurtre par le KGB pour ceux qui ne suivent pas, je m’adapte de mieux en mieux, notant aussi de moins en moins sur le carnet. Ce n’est pas parce que je suis maladroit que je suis stupide ou que j’ai une mauvaise mémoire, il ne faut pas croire ! Et en fait, jusque là, je m’en sors plutôt bien. Je me surprends moi-même, c’est magnifique, c’est… j’écarquille les yeux devant la liste de commandes qui s’allonge pour une seule et même table. J’ai dit que je n’étais pas stupide, ce n’est pas pour rien : jusque là, c’était un plateau une table, donc maximum deux cafés à la fois et même ça j’arrivais à le gérer. Et mon retard était compensé par mon charme naturel (j’ai récupéré deux numéros de portable depuis le début de la soirée, si ça c’est pas un signe). Mais là… je cesse de retenir pour noter à la va-vite ce qu’ils ont déjà demandé. Trois cafés. Deux thés. Deux pâtisseries. Mais ils sont combien en fait ? Parce qu’il n’y a que deux chaises, là… Je fais un grand sourire en essayant d’ignorer la petite goutte de sueur qui dégringole ma tempe. Il faut juste chaud, ne vous faites pas d’illusion. Mais je me dis que ça va être un petit défi de ramener ce plateau, surtout que la salle commence à être bondée et qu’il y a un sacré va-et-vient de clients qui entrent, qui partent, qui gesticulent pour me créer un magnifique parcours d’obstacle. Lorsque je le récupère au bar, j’en soupèse le poids et je tente de lui trouver un équilibre précaire sur mon bras. Lentement, je fais un pas, deux, prendre de l’assurance, esquive une personne, une deuxième. Je commence à me dire qu’en fait je suis dans une bonne soirée et que rien ne va… Attent... Trop tard.
Le plateau m’échappe, j’ai trébuché, s’écroule au sol et explose en multiples fragments de céramique brisée. Bravo Andreï, tu rajoutes mille dollars dans la cagnotte. Bientôt le jackpot. Je fais une grimace en me retournant vers Ema alors que tout le monde nous regarde. « Ouch. Je crois que ton record vient d’être explosé. » Mikkel, bordel, Mikkel je vais te tuer. Ces regards que l’on pose sur moi me mettent mal à l’aise, il n’y a pas photo. Je sais, merde, je sais bien qu’en tant que serveur je crains. Mais ce n’est pas de ma faute bon sang ! Je me concentre sur Ema pour ne pas perdre mon calme et mon sourire gêné. « Je t’avais bien dis que ça risquait d’arriver et… tadaaaam, surprise ! Il y a un balai quelque part du coup ? Va falloir que je rembourse quelque chose, que je note quelque chose, que… » Je suis un peu perdu. Ma maladresse est un fléau. Elle m’a coûtée mon humanité, m’a presque coûté la vie, d’ailleurs, à de multiples reprises. On pensait que me faire devenir métamorphe pourrait m’aider, ça a juste caché le problème (plutôt bien caché, d’ailleurs). Je soupire en cherchant où j’ai bien pu mettre le torchon qu’elle m’a confié un peu plus tôt, histoire de réduire un peu le massacre. Mon bras effleure une cliente, mon angoisse me submerge et je lui vole un peu de son énergie sans pouvoir me retenir. Elle pâlit, je retire brusquement ma main, un peu plus paniqué encore. J’ai dit quoi un peu plus tôt ? Qu’en fait, j’étais peut être dans une bonne soirée ? Et bien je retire, je retire, je nettoie, j’efface, je détruis et je fais disparaître. Parce que cette soirée est définitivement pourrie. J’ai besoin de prendre l’air. Je ramasse en vitesse les débris sans me soucier un seul instant aux coupures que je m’inflige, je m’excuse sans y penser et je disparais, une fois le plateau déposé au bar ainsi que mon kit carnet-crayon-torchon, par la porte de service. Dès que l’air moite de la Nouvelle Orléans s’infiltre dans mes poumons je m’adosse au mur le plus proche et me laisse glisser tout le long pour finir assis par terre, cherchant dans mes poches une cigarette égarée que j’allume sans même réfléchir. « S’il y a du monde, tu pourras te nourrir… C’était une foutue mauvaise idée, Mikkel… »


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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Mer 29 Juil - 0:19

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Le temps se ralentit. Figé, saccadé, comme la bobine d'un vieux film qui n'aurait que trop tourné. Ses mains tendues effleurèrent le plateau, et, impuissante, ses yeux le virent s'écraser au sol, inondant de son contenu le parquet vieilli du Old. Un silence gêné s'installa aussitôt, ponctuait du regard des clients sur les deux serveurs. Ema fit signe à ses collègues de reprendre le service. Un léger brouhaha, la reprise des conversations, d'abord timide, gagna de nouveau peu à peu en intensité. Seuls gardaient le silence ceux entourant les débris de verre, et l'homme qui se démenait au milieu.

Elle ne sait pas quoi dire, ne sait que lui répondre. Elle le regarde, interdite, son esprit passant de colère à compassion avec autant d'aisance que le jour succède à la nuit. Mais quelque soit ce qu'elle ressentait, elle se refusa à l'accabler d'avantage, à ajouter au chaos ambiant une colère véritablement injuste. Elle se pencha pour l'aider, essuyant les liquides mélangés suintant au sol. Elle suit ses gestes, ses mouvements, observe son visage, tente d'accrocher son regard, pour l'apaiser un peu, pour le rassurer. Puis il frôla le bras d'une cliente, qui pâlit instantanément. Le visage d'Andreï prit un air plus paniqué encore. Il ramassa ce qu'il put et disparut alors, sans qu'elle ne puisse l'arrêter, sans même pouvoir lui dire que ses mains saignaient.

Elle resta un instant, seule, à regarder son dos s'enfuir par l'arrière du bar, repensant à ce qu'il venait de se passer avec cette cliente, à l'étrange sensation qu'elle avait ressenti alors. Un léger frisson, un tremblement fugace. Elle finit par se décider à le suivre, demandant à une collège de finir de nettoyer. Elle répondit par un simple geste, un majeur dressé, au regard narquois que lui lançait Terry, sans même le regarder, sans même daigner tourner son visage vers lui. Elle ouvrit la porte menant à l'arrière du Old, et l'air frais de la Nouvelle-Orléans la frappa en plein visage. Elle le retrouva là, adossé contre le mur, assis à même le sol. Sans le moindre mot, elle prit place à ses côtés, allumant une de ses propres cigarettes.

Ils restèrent silencieux quelques instants, loin du tumulte du café, des regards et des médisances.

Seul résonnait les sonorités lointaines de la ville, le son étouffé de la musique. Et les notes distantes de sa voix.

Faut pas t'en vouloir, tu sais. Ce n'est pas grave. Elle tourna doucement la tête vers lui, cherchant ses pupilles. Ça arrive à tout le monde ici. Un instant de silence. Peut-être pas autant d'un coup, mais ça arrive. Elle se rapprocha de lui, frottant un peu ses bras pour se réchauffer. Elle regardait sa cigarette se consumer entre ses doigts, sans réellement la voir, sans réellement sans soucier. Et puis, tu n'es là que pour un soir, personne ne t'en voudra.


Elle se voulait rassurante, apaisante, mais sa voix tremblotante n'était que trop peu habituée à ce genre de sentiment. Elle n'était pas très à l'aise avec ses semblables, du moins, quand il s'agissait de réconforter quelqu'un. Elle devenait maladroite et d'une manière assez étrange, manquait immanquablement de tact. Elle se plongea de nouveau dans le silence, soucieuse. Soucieuse d'une chose bien différente, et qui était la seule réelle source du trouble qui s'était emparée d'elle. Le visage de cette femme quand il l'effleura, la façon dont son visage avait perdu de ses couleurs, l'étrange sentiment qu'elle avait ressenti à ce moment-là. Perdue dans ses propres réflexions, elle en oubliait le monde alentour. Passant une main dans sa chevelure, elle baissa la tête, jetant son mégot au loin.

Comment aborder une telle chose ? Elle ne pouvait tout simplement pas lui dire ''Toi aussi tu es un Daybreaker ?''. Elle pouvait se montrer idiote, mais jamais à ce point-là. Mais elle voulait, elle devait, le savoir. Sans qu'elle ne le comprenne, elle avait toujours cherché à ne serait-ce que connaître ceux possédant les mêmes dons qu'elle, les maudits échappés des Enfers. De savoir qu'elle n'était pas la seule à être empoisonnée de la sorte avait quelque chose de rassurant pour elle.

Dis...Ce qu'il s'est passé tout à l'heure, avec cette cliente quand tu l'as touché...Elle se tût, essayant de choisir ses mots. Je crois avoir déjà vu ça avant. Elle tourna sa tête vers lui, le fixant d'un regard qu'elle voulait rassurant, mais qui dissimulait que trop maladroitement sa curiosité. Si tu ne veux pas me répondre, je comprendrai, mais...Enfin...Elle dégagea son visage d'une mèche de cheveux, et inspira une dernière fois. T'es un Daybreaker c'est ça ?


Il lui arrivait de mentir, de mentir aux autres, de se mentir à elle-même. Mais jamais elle ne l'avait fait de manière aussi rapprochée. Ses mots avaient franchi ses lèvres sans qu'elle ne puisse les arrêter. Elle détourna le regard, gênée par sa maladresse, furieuse contre elle-même de s'être montrée aussi stupide. Mais le mal était fait maintenant, et peut-être cela était-il mieux ainsi.
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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Mer 29 Juil - 23:29



Je suis lamentable. Véritablement lamentable. Toute ma vie, je me suis cherché une place, je me suis cherché une identité, je me suis cherché un but et un combat à mener. Pendant mes vingt premières années, c’était prouver au monde que j’étais autre chose que le bâtard d’un nazi, puis ça a été de prouver au monde que j’étais capable d’être un père, que j’étais capable d’être un homme et maintenant… je ne sais pas ce que je cherche à prouver. Je ne sais plus. Les premiers mois, je ne songeais qu’à survivre, je pataugeais trop dans la réalité et les désastres pour imaginer autre chose. Puis je suis tombé sur Demian, sur sa famille, sur ma famille et j’ai cru… je n’ai rien cru. Je suis lamentable. Parce qu’en aidant Mikkel, en me rapprochant de ce petit fils qui me ressemble bien trop, je me donne l’impression de faire partie de cette famille et d’apporter moi aussi quelque chose à l’édifice. Mais il faut que je comprenne que non : je suis resté le même qu’il y a quarante ans, et Demian a grandi, changé, mûri, vieilli. Et cette cigarette qui se carbonise entre mes doigts me fait l’effet d’une métaphore : j’ai brûlé sans le savoir les plus belles années de la vie de mon fils en me pliant à la volonté d’un sorcier, d’un gouvernement, d’un métier que je croyais être fait pour moi lorsque le monde m’apparaissait hostile dans sa globalité. Si je regrette mon allégeance à la Russie ? Bien sûr que non. Je regrette juste ce qu’elle a fait de moi, je regrette… je souffle un peu de fumée que je contemple s’étirer en volutes juste devant moi.

Soirée pourrie, soirée désastreuse, soirée catastrophique. Je regrette juste d’avoir accepté de venir, tout en sachant que si c’était à refaire… mon cerveau suivrait la même logique : protéger Mikkel, quoiqu’il m’en coûte. Après tout, alors que je mets en péril la tranquillité relative de Demian, c’est la moindre des choses que je puisse faire, non ? Je me prends la tête entre les mains, avant de rejeter la tête en arrière et la caler contre le mur pour mieux tenter de regarder ce qu’on peut voir du ciel. Un mouvement sur le côté, je n’ai pas besoin de jeter le moindre coup d’œil pour savoir que c’est Ema. « Je suis désolé. » je murmure sans y penser, clope au bec. Elle ne doit même pas l’avoir entendu. J’espère, du moins, parce que s’excuser machinalement, ça ne sert généralement à rien. C’est juste un automatisme. J’inspire profondément alors qu’elle s’assoit et allume sa propre cigarette. Je la regarde faire dans un petit sourire sans joie. Et j’apprécie étonnamment le silence qui prend ses aises. Une cigarette de finie, j’en allume une deuxième, juste pour avoir un contact brûlant dans la main et de quoi occuper mes doigts. Et pour m’empêcher de céder à la fin et à la tentation de la savoir si proche. Définitivement catastrophique, comme soirée, oui. Faut pas t'en vouloir, tu sais. Ce n'est pas grave. Le fracas des verres brisés résonnent à mes oreilles, comme pour me narguer, comme pour se moquer, comme pour me ramener dans le présent. Du coin de l’œil je la vois chercher le contact visuel mais je me concentre pour regarder le mur face à moi comme s’il était digne des plus grands chefs-d’œuvre picturaux. Ça arrive à tout le monde ici. J’arque un sourcil et la regarde, un sourire désespéré aux lèvres. Vraiment, Ema ? Peut-être pas autant d'un coup, mais ça arrive. Elle se rapproche de moi, je me crispe et cherche à me décaler. J’ai faim, bordel, et aucun contrôle sur ce que je suis, sur les contacts, alors qu’elle ne s’approche pas trop, pitié, ça me tuerait de la tuer. Non, ça me sauverait, c’est ça le plus ironique dans l’affaire, c’est ça le plus désespérant aussi. Je soupire en détournant à nouveau le regard, inspirant une nouvelle bouffée de nicotine. Et puis, tu n'es là que pour un soir, personne ne t'en voudra. Je sens bien qu’elle essaye de me rassurer, de me consoler ?, de me faire éventuellement aller mieux ou juste parler mais pour une fois, je ne sais pas quoi dire. Cette soirée est un carnage, autant pour moi que pour les autres. Cette cliente n’a fait qu’effleurer ma main et déjà ses souvenirs m’envahissaient, sa vie me nourrissait. Je déglutis. Tuer ne me dérange pas, ne me dérange plus depuis bien trop d’années. Tuer, c’était une obligation, c’était un contrat, c’est resté un moyen de vivre et de gagner de l’argent. Tuer ne me dérange pas, c’est tuer sans le vouloir, sans contrôle, c’est paniquer, c’est trébucher, c’est être désespérant qui me dérange. « Ca me fait chier d’être aussi… maladroit. » Je ne sais pas quoi dire d’autre sans en dévoiler trop. Parce qu’en fin de compte, renverser un plateau ce n’est pas ce qui me pose problème parce que je m’y attendais. Certes, je commençais aussi à croire que tout allait bien se passer mais, vraiment, ce n’est pas ça le problème. Ce qui me mine, ce qui me fait fuir, c’est l’idée que je perde le contrôle. Et que je devienne encore plus dangereux qu’avant. Le silence reprend à nouveau ses droits. Je me mords la lèvre, ne sachant pas vraiment ce qu’elle attend ni ce que j’attends. Que le temps passe, j’imagine, alors qu’ils ont besoin de nous, ou plutôt d’elle, en salle. Son mégot gicle au loin, je me rends compte que ma cigarette s’est éteinte, à demi consumée.

Dis... Je sursaute, ne m’attendant pas à ce qu’elle reprenne maintenant la parole, et mes yeux clairs la fixent, interrogatif. Ce qu'il s'est passé tout à l'heure, avec cette cliente quand tu l'as touché... Je déglutis péniblement. Je crois avoir déjà vu ça avant. Ah ? « Il ne s’est rien passé de particulier… » Je ne dois pas être très convainquant. Son regard heurte le mien, je fronce les sourcils. Elle n’est pas particulièrement anxieuse, elle ne me le semble pas dans tous les cas. Juste… curieuse ? Pardon ? Si tu ne veux pas me répondre, je comprendrai, mais...Enfin... T'es un Daybreaker c'est ça ? Mes yeux s’écarquillent de surprise. Je suis quoi ? « Je suis… quoi ? » Et ma surprise n’est pas feinte, dévoilant bien plus que je ne le désire intérieurement. Est-ce ce nom que l’on donne à ma nature ? Mordu par un zombie, ma cicatrice marque l’intérieur de mon avant bras. « Je ne comprends pas… je… » Elle a détourné le regard. « Ema, c’est quoi un daybreaker ? » Ma question est sincère, ma question est un mensonge. J’ai peur de comprendre sans craindre qu’elle sache pour ma nature. J’ai faim, d’une faim dévorante. Le moindre contact entre nous et je ne pourrai pas me retenir, je le sais. Donc les chances qu’elle meure ce soir sont élevées et elle ne pourra pas raconter à quiconque que je ne suis… plus… normal. Je ne l’ai jamais été de toute manière : toute ma vie, je n’ai été qu’un paria, qu’un monstre aux yeux des hommes. D’abord à cause de mon père, ensuite à cause de mon métier, de ma nature, maintenant à cause de cette cicatrice qui tranche sur ma chair. Je relève ma chemise, lui montre mon avant-bras. « Est-ce… ça ? » Mes doigts parcourent la peau inélégamment boursoufflée. « Je veux dire… je ne comprends pas le mot que tu as utilisé, ni ce à quoi tu fais référence. Avec cette cliente… c’était un accident. J’ai paniqué à cause du plateau et… » Je m’enfonce, je patauge, je ne sais même pas ce que j’essaye de cacher, ce que je veux justifier.


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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Jeu 30 Juil - 16:59

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A son incompréhension, à la surprise qu'elle lit sur son visage lui répond la sienne. Elle ne comprenait pas ce qu'il lui disait, ce qu'il lui répondait. Elle s'était presque persuadée d'avoir vu juste, d'avoir deviné sa nature, d'en avoir trouver un autre comme elle. Mais ses réponses aussi illogiques qu'inattendues la faisaient douter. Elle regrettait sa hardiesse et sa stupidité, de s'être livrée ainsi à un quasi inconnu. Elle se recula légèrement, alors que ses muscles se tendaient. Puis sa question, si innocente, la déconcerta plus encore.

Euh...Elle cherchait une réponse, désespérée. C'est quand...Enfin...Elle bafouillait, elle ne trouvait pas ses mots. Jamais elle ne se serait attendue à ça.


Puis, elle se mit à suivre ses gestes des yeux, alors qu'il relevait sa chemise et lui dévoilait son avant-bras. Elle vit la trace de morsure que sa chair portait, la légère boursouflure que cela provoquait. Sans s'en rendre réellement compte, elle avait approché sa propre main, ses doigts effleurant presque la cicatrise quand elle comprit son geste. Elle s'arrêta brusquement et replia son bras, se redressa, et le fixa droit dans les yeux.

Elle inspirait doucement, tentant de se calmer, de mettre de l'ordre dans ses idées. Elle devait réfléchir, se montrait moins stupide qu'avant, évitait une nouvelle maladresse. Ses yeux ne semblaient pas lui mentir, et l'incompréhension qu'elle y percevait ne lui paraissait pas feinte. Mais cela ne l'aidait pas. Comment expliquer quelque chose qu'elle-même refusait d'accepter ? Elle cherchait peut-être la compagnie de ses semblables, de ces autres erres marqués du même destin funeste, mais elle maudissait tout autant le sang presque noir qui coulait à présent dans ses veines, et le poison magique qu'il transportait.

C'est...Le nom que l'on donne à ceux portant ce genre de morsures. Elle passa une main dans ses cheveux, cherchant sur les murs, dans le ciel étoilé, un moyen de se sortir de ce guêpier. Ce qu'il s'est passé avec la cliente...Il n'y a que ceux qui ont été mordus qui peuvent le faire. Mais il a fallu que ça arrive pour que je comprenne qui tu étais.


Elle qui n'avait qu'une maîtrise partielle de ses dons ne prêtait que peu attention aux choses qu'ils lui faisaient ressentir. Elle préférait en avoir la preuve physique, de voir avec ses yeux et non pas avec quelque chose qu'elle ne désirait pas, ce que les autres pouvaient lui montrer.

Et puis, regarde ta main. Elle prit sa main blessée dans la sienne, et essuya le sang séché qui s'y était accroché. La plaie est presque guérie. Elle garda un moment sa peau contre la sienne, l'observant sans réellement la voir, se nourrissant juste de ce contact, de la chaleur qu'il lui transmettait, de l'énergie qu'elle ressentait. Et tu as déjà dû le remarquer, que ton sang n'avait plus la même couleur.


Elle finit par relâcher sa main, se redressant un peu plus. Elle hésitait à le faire. A montrer cette chose qu'elle haïssait, ce souvenir viscéral qu'elle ne pourrait jamais effacer. Elle était la marque de tout ce qu'elle avait perdu, de tout ce qu'elle ne retrouverait jamais. Mais elle ne voyait que ce moyen pour l'apaiser, pour calmer les craintes qu'avaient suscité sa question. Pour réparer sa bêtise, effacer sa stupidité. Elle déboutonna deux boutons de son chemisier, dévoila son épaule gauche et la morsure encore, toujours, rouge qu'elle portait.

Je suis comme toi. Elle tourna la tête, laissant sa chevelure cacher son visage, et le léger rougissement de ses joues. J'ai été mordu moi aussi. Le vent froid de la ruelle mordait sa peau nue. C'est pour ça que j'ai compris ce qu'il s'est passé dans la salle.


Elle se rhabilla, et s'assit à nouveau à ses côtés. Elle resta silencieuse, s'allumant une autre cigarette qu'elle regarda se consumer entre ses doigts.  

Pardonne-moi. Je n'aurai pas dû te parler de ça. Un instant d'hésitation. Mais...Quand j'ai compris qui tu étais, j'ai voulu savoir. J'avais besoin de savoir. Elle fixa sa cigarette, les faibles braises qui rougeoyaient, les volutes de fumée qui s'en échappaient. Cela me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à être comme ça.


Une certaine tristesse transparaissait dans sa voix, signe d'une acceptation silencieuse d'une chose qui jamais ne changera. Elle se savait condamnée, condamnée à rester telle qu'elle était, maintenant et à tout jamais. Mais dans son égoïsme exacerbé, elle refusait d'être la seule à endosser cette malédiction, la seule à errer dans ce monde sans personne vers qui se tourner. Elle pouvait vivre enfoncer jusqu'au cou dans sa solitude, mais préférait emporter les autres avec elle dans la tombe que de mourir seule.

Elle se tourna vers lui, cherchant son regard, avant de le fuir aussitôt. Elle se sentait un peu perdu, perdu par ce qu'elle lui avait demandé, ce qu'elle lui avait dit, ce qu'elle lui avait révélé. Elle passa machinalement une main sur sa cicatrice, et instantanément, la douleur se réveilla. La douleur froide  d'une plaie qui ne se refermera jamais.

Ça t'arrive t'avoir mal encore ? Elle ne le regardait pas, fixant toujours la cigarette se consumant d'elle-même. A ta cicatrice, je veux dire. Elle passait son doigt sur la plaie, sur chacun de ses reliefs, sur chacune de ses aspérités. J'ai toujours mal moi, toujours.


Elle se perdit dans ses pensées, dans ses souvenirs. De cet Enfer à laquelle elle avait échappé.
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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Mar 4 Aoû - 17:02



On a l’air fin, tous les deux, à fumer nos clopes dans la rue, assis sur des dalles aussi crasseuses qu’inconfortables. On a l’air fin, je dois avoir l’air encore plus malin. Ca me fait chier d’être aussi… maladroit. Ah. Ah ah. Voilà qui résume ma vie en quelques mots. Oh, je sais qu’en général, je ne suis pas aussi pessimiste et déprimé mais là, ce soir, il faut croire que c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Je me fais d’ailleurs la promesse qu’après cette soirée définitivement pourrie, il n’est plus question que Mikkel me trouve des jobs, j’en ai assez. Déjà que si j’appartiens à la Bratva, c’est pour lui sauver la mise, rembourser ses dettes et lui éviter la mort de son frère et de sa sœur, mais si en plus il s’amuse à me refourguer des contrats aussi inutiles qu’exaspérant, ça ne va pas aller. Je me demande d’ailleurs encore pourquoi, bon sang pourquoi j’ai accepté. Peut être parce que j’avais faim et que cette faim qui me tordait et me tord encore le ventre ne réclamait que d’être rassasiée. Non, ce n’est pas un peut être : c’est un certainement. Je ferme les yeux en inspirant un peu plus de nicotine de ma cigarette à demi-consumée. Et éteinte. Merde. Et sa question, son interrogation tout d’abord hésitante puis osée coupe mon mouvement visant à la rallumer. Pardon ? Si je suis… quoi ? Tu es un Daybreaker, c’est ça ? Jamais entendu parler. Même si ça correspondrait bien à cette cicatrice qui boursouffle mon avant-bras et se moque de moi à chaque fois que je la regarde. C'est quand...Enfin... C’est quand, c’est quoi ? Bon sang, je déteste les phrases entamées et avortées parce qu’elles sont porteuses autant de promesses que de menaces, d’espoirs que de déceptions. Je dégage ma chemise, remonte la manche tâchée pour dévoiler mon avant-bras. C’est ça, c’est ça être un daybreaker ? Je suis mon instinct, je ne fais que cela depuis quelques bouffées d’air. Mes yeux remarquent son trouble, l’interprètent comme il se doit : comme un aveu. Qu’elle confirme dans les secondes qui viennent. C'est...Le nom que l'on donne à ceux portant ce genre de morsures. Ce qu'il s'est passé avec la cliente...Il n'y a que ceux qui ont été mordus qui peuvent le faire. Mais il a fallu que ça arrive pour que je comprenne qui tu étais. Je fronce les sourcils, réaction si habituelle chez moi que je vais avoir des rides prématurées. Si on peut parler de rides prématurées lorsque notre corps à soixante-dix ans. « Tu veux dire que… c’est fréquent ? » D’instinct, et à cause de ma formation qui m’a douloureusement appris à ne pas me faire remarquer, ne pas me faire prendre, ne pas me faire piéger, j’ai gardé le silence sur ma nature incompréhensible depuis que je suis devenu ce que je suis devenu. Mais… j’ignore tout de ce que je suis et plus encore de ceux qui sont, de toute évidence, comme moi. Suis-je en mesure de les remarquer ? J’imagine que oui, en théorie, si Ema a réussi en quelques minutes à me mettre à nu (au sens figuré de l’expression, malheureusement).

J’hausse les épaules. Dans un sens, ça fait super longtemps que je ne suis plus totalement humain, alors un peu plus étrange ou un peu moins, ça ne me fait pas grand cas. Ce qui me trouble plus, c’est elle. Et sa réaction. Timide. Interrogatrice. Qui n’attire que deux conclusions : soit je suis dangereux, soit c’est dangereux d’être ce que je suis. Soit les deux, bien évidemment. Et puis, regarde ta main. Son contact me fait frissonner, je lutte pour ne pas aspirer son énergie, je lutte pour me contrôler, je lutte pour l’écouter sans regarder ma main. La plaie est presque guérie. Je serre le poing lorsqu’elle fait mine de vouloir poursuivre le contact et arrache avec impatience ma main réparée, il est vrai, de ses doigts un peu trop électrisant. Et tu as déjà dû le remarquer, que ton sang n'avait plus la même couleur. J’acquiesce, m’écarte un petit peu d’elle et ramenant davantage mes genoux contre ma poitrine et en croisant les bras. Hostile, fermé. Si contraire à mon attitude habituelle. Si déstabilisé, aussi. « Hum… je n’avais pas fait attention. Guérir, comme ça, ça ne m’a pas vraiment dérouté, j’y étais habitué. » Je suis déstabilisé, oui, mais que je vous rassure : je suis stupide de base et dans tous les cas, j’aurai répondu une telle chose. De toute manière, ma condition de Skinchanger n’a jamais été un secret honteux à mes yeux. C’était ce que j’étais, je l’avais fait pour sauver ma vie et contrôler ma maladresse, augmenter ma discrétion… je ne regrette rien. Et… j’ai dis que j’étais déstabilisé ? Ca ne va pas aller en s’arrangeant. Parce qu’elle déboutonne son chemisier. « Ema, bordel, qu’est ce que tu ve… » Je me tais, soudainement. Ecarquille les yeux. Plisse les yeux. Son épaule est marquée. Comme mon avant-bras. « Oh. » Oh. Ca change la donne. Parce que je ne l’avais pas vu venir, ce coup là. Je suis comme toi. Elle détourne le regard, je fronce les sourcils. Je ne suis pas tout. A-t-elle honte d’être ce qu’elle est ? C’est ridicule. La seule chose dont elle devrait avoir honte, c’est d’être aussi attirante et aussi proche de moi mais ça, ce n’est pas de sa faute totalement non plus. J'ai été mordu moi aussi. C'est pour ça que j'ai compris ce qu'il s'est passé dans la salle. Ah. Oh. « C’est plus clair d’un coup. » J’en oublie beaucoup de chose. Ma maladresse, déjà, la soirée pourrie, aussi. Et enfin, j’en oublie presque les raisons qui nous ont conduits ici, dans cette ruelle crade et grotesque. Mes doigts glissent chercher mon briquet pour rallumer ma cigarette, gêné, alors qu’elle se rhabille et referme, quel dommage, son chemisier complètement. Enfin presque. Pardonne-moi. Je n'aurai pas dû te parler de ça. Mais...Quand j'ai compris qui tu étais, j'ai voulu savoir. J'avais besoin de savoir. Cela me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à être comme ça. Je ne sais pas trop quoi dire. Pour une fois. En fait, pour être exact, je sais exactement ce que je veux dire, mais pas ce qui est pertinent à dire. Bon, et bien, tant pis. « T’as pas à t’excuser, au contraire, c’est chouette de ta part de m’avoir dit, montré tout ça. Je veux dire… je ne sais même pas exactement ce que je suis, et t’y as de toute évidence réfléchi un peu plus que moi, ce qui ne veut pas dire grand-chose j’en conviens, du coup… non, c’est cool. Y’a pas de souci. » Je ne la connais pas des masses, voilà qui est certain. Pas depuis longtemps non plus. Et j’ai comme l’impression qu’elle n’est pas du genre, en théorie, à se confier à tous les mecs qui renversent des plateaux sur son tablier puis au milieu de la salle. D’autant plus qu’il ne doit pas y avoir masse de mecs à postuler au casting pour le poste. Je ne pas connais pas des masses, donc. Mais je sens bien qu’elle hésite, tâtonne, qu’elle doit même regretter d’avoir commencé à parler. Et que contrairement à moi, elle n’accepte pas spécialement ce qu’elle est devenue. Et même si ce ne sont que des suppositions, et que je sais très bien ce que valent mes suppositions, j’ai comme l’impression confuse que je ne dois pas être totalement dans le faux.

Lorsqu’elle se tourne vers moi, je la regarde avec un petit sourire encourageant et… elle détourne encore le regard. C’est n’importe quoi cette discussion. Je me sens minable, elle me réconforte et en me réconfortant – avec succès – c’est d’elle-même qu’elle mine le moral. Ca n’a aucun sens. « Hé, ho ! » Ma main se pose sur son épaule, sans grande violence, pour la secouer un peu et attirer son regard. Ça t'arrive t'avoir mal encore ? A ta cicatrice, je veux dire. J'ai toujours mal moi, toujours. Je claque la langue, agacé. Ma main se serre sur son épaule, lui intime une torsion pour la forcer à me regarder. « Hé, oh, Ema, j’crois que tu ne comprends pas tout, là. Je pensais qu’entre toi et moi, c’était toi qui connaissais mieux notre… nature ? mais de toute évidence je me foire. De un, de toute évidence, tu n’es pas alone, moi non plus et ça c’est cool. Et de deux… pourquoi tu détournes le regard ? D’où t’as honte ? Tu te gères super bien, de quoi j’ai l’air, moi, à côté ? D’un crétin. » Je lui souris comme si je venais de dire une évidence. « Je suis un crétin, voilà. » Je relâche son épaule avant de perdre le contrôle. Est-ce que les gens comme moi peuvent manger les gens comme… moi ? Je n’ai pas vraiment envie d’avoir la réponse en utilisant Ema. Mes doigts repensent à sa question que je n’ai pas oubliée, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Je gratte ma cicatrice. Est-ce qu’elle me fait mal ? « Pas vraiment. Enfin… je ne sais pas trop. Là, par exemple, j’ai faim. Donc elle me le fait remarquer. Mais comme je n’y prête pas attention, et bien… oui mais non, en gros. Peut être que c’est parce que tu… la rejettes ? »

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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Mar 1 Sep - 23:04

Keep Calm and Drink Tea

La main qu'il pose sur son épaule lui semble peser bien plus lourd qu'en réalité. Elle frisonne, autant de froid que devant la gène que ce geste provoque en elle. Elle ne cherchait pas, ne voulait pas sa compassion. Elle ne demandait pas que l'on s'apitoie sur son sort, elle le faisait déjà si bien elle-même. Mais elle n'arrivait pas à le repousser. Elle se contenta de se recroqueviller sur elle-même, enserrant ses jambes de ses bras. Il finit par briser ce contact, et comme une réponse silencieuse à sa question, elle enfouie sa tête contre ses bras.

Si elle rejetait sa cicatrice ?

Je la rejette...Je la haie. Je haie ce que je suis. Ce que je suis devenue. Elle détourna la tête, se refusant d'affronter son regard. Et je ne me gère pas si bien que ça. J'ai faim moi aussi, mais je préfère souffrir à en crever que de me laisser avoir. Mais ça ne marche pas à chaque fois. Son regard se perdit dans le vague, s'assombrissant. Une fois, je n'ai pas réussi à résister...


Son silence était plus évocateur que n'importe quelle tirade. Elle portait cet acte en sa mémoire comme un stigmate, une tâche noire sur son âme impossible à effacer. Une chose parmi les nombreuses autres qu'elle aimerait tant oublier. Mais rien n'y faisait. Son esprit n'était pas prêt à lui accorder une chose aussi prosaïque et futile que l'oubli. Jamais elle ne connaîtrait le pardon, là était sa seule et unique vérité, là était son dogme. Mais peut-être ne le voulait-elle pas réellement, peut-être que se souvenir lui permettait de vivre. Vivre pour se souvenir.

Paradoxe.

Et peut-être que ce silence ne lui allait pas finalement.

Cette fois-là...Elle se replia sur elle-même à nouveau, comme-ci elle cherchait à se protéger des paroles qu'elle allait prononcer. Je venais d'arriver à la Nouvelle-Orléans. Une plongée dans les abîmes de son passé. J'étais seule. Je n'avais rien ni personne, rien à quoi me raccrocher. Je sentais cette...chose en moi, cette sensation qui me tiraillait l'esprit et me déchirait le ventre. J'étais si seule...Mais cela n'excuse rien, cela ne m'excuse en rien. Elle aussi, elle était seule, et je l'ai tu...


Elle n'arrivait pas à le dire, elle ne le pouvait pas. Elle ne le voulait pas. Sa vie n'était régit que par son arrogance, son orgueil, et sa lâcheté. Le courage qu'elle pouvait afficher n'était que fadaise, un masque d'argile pour cacher la couardise qui ternissait son âme et qui gangrenait son cœur. Elle préférait survivre seule, quitte à sacrifier le monde entier. Cela ne lui importait que peu du moment qu'elle survivait. Et même si elle se dégoûtait elle-même de ressentir une chose de manière si viscérale, cela ne lui suffisait pas pour la faire renoncer à ce qu'elle est.

Après ça, j'ai juré de ne plus jamais succombé à ma faim. Mais je n'y suis jamais totalement arrivée. Elle se redressa, collant son dos contre le mur de pierres froid. Je n'ai plus jamais tu...Enfin, tu m'as comprise. Elle lui jeta un bref regard en coin, avant de le fuir à nouveau. Elle n'arrivait même pas à affronter en face la conséquence de ses propres aveux. Je ne contrôle pas ma faim, mais j'essaie de l'ignorer le plus possible.


Même si elle savait pertinemment que cette malédiction coulera à jamais dans ses veines, qu'elle ferait partie d'elle maintenant et à jamais, jamais elle ne serait prête à l'accepter. Si Darkness Falls n'avait jamais existé, si la bassesse de l'espèce humaine ne l'avait pas réduite à ce qu'elle est aujourd'hui, peut-être aurait-elle pensé différemment. Mais des ''peut-être'' et des ''si'' n'avaient jamais rien changé, n'avaient jamais rien provoqué, hormis des regrets plus grands encore.

Même si cet ichor noirci mon sang et coule dans mes veines, même s'il me tue à petit feu et me gangrène. Même s'il a fait de moi une autre que jamais je n'ai voulu être. Même si sans lui je serai morte depuis longtemps et tant de fois...Jamais je ne l'accepterais.


Elle fixait son poignet droit. Lui, et la fine cicatrice qui se dessinait sous la peau. Elle n'était plus à une révélation près.

J'ai essayé pourtant, de m'en guérir seule...Elle tira doucement sur sa chemise, mettant sa peau à nue. Mais cela n'a pas marché...Un léger sourire gêné, et déjà elle cache cette honte de plus qui parsème son corps.


Elle se décida enfin à le regarder droit dans les yeux. Elle tremblait légèrement, sans qu'elle sache si cela était dû au froid ou à autre chose.

Alors, si je peux t'aider à ne pas devenir comme moi...Demande-moi.


Elle se surprit elle-même avec les paroles qu'elle venait de prononcer. Mais peut-être cela était-il un mal pour un bien après tout. Cela lui prouvait au moins que sous sa chair pourrie, noyé dans ce poison carmin que son corps abritait, son cœur battait toujours un peu.
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MessageSujet: Re: Pain Killer [Andreï & Ema]   Mar 22 Sep - 0:26



Je ne sais pas vraiment quoi penser de cette discussion qui prend forme à l’arrière d’un bar. C’est vraiment n’importe quoi, comme soirée, et pourtant… ce doit être la discussion la plus sensée que j’ai à propos de ma nature depuis que je me suis réveillé dans le salon de mon fils unique, il y a trop de mois déjà. Pourquoi ? Parce que c’est la première discussion à propos de ma nature que j’ai avec quelqu’un, voilà pourquoi. Et je ne sais pas encore si c’est une bonne ou une mauvaise expérience. Plutôt bizarre, en réalité, comme si… c’était contre nature d’en discuter avec quelqu’un ou plutôt comme si c’était contre nature que la première personne avec qui j’en parle soit à ce point… mal à l’aise vis-à-vis de ça. Depuis le début, je considère mes nouveaux besoins, ce sang dense, sombre, collant et brûlant avec plus de curiosité que de crainte. Ma cicatrice, je ne la sens presque pas en temps normal, elle se rappelle juste à mon bon souvenir lorsque la faim se fait sentir, la fatigue, la colère ou ce besoin presque oppressant de tuer quelqu’un en me nourrissant directement sur lui. Elle enfouit sa tête entre ses bras, je me contente de fixer le mur face à nous en posant mon menton sur mes bras, croisés sur mes genoux, pliés contre ma poitrine. Je ne suis qu’un mec recroquevillé contre un mur qui pense que regarder fixement un autre mur va lui permettre de disparaître un instant de la surface de la Terre et… Je la rejette...Je la hais. Je hais ce que je suis. Ce que je suis devenue. Et je ne me gère pas si bien que ça. J'ai faim moi aussi, mais je préfère souffrir à en crever que de me laisser avoir. Mais ça ne marche pas à chaque fois. Une fois, je n'ai pas réussi à résister... Je fronce les sourcils. Je comprends sans comprendre ce qu’elle ressent. Parce que si je ne hais pas ma nature, j’ai passé des années à haïr le sang qui coulait dans mes veines, transmis par la force par mon père, transmis malgré elle par ma mère. Je finis par hausser les sourcils, préférant me taire, laisser sa phrase se terminer sans mot, sans son. Je n’ai pas grand-chose à rajouter, parce que lorsqu’on hait ce que l’on ait au plus profond de soi, il n’y a rien à faire pour changer ça. Je suis une tare, je suis le rejeton d’un vainqueur et d’une vaincue, il y a plus de soixante-dix ans de ça, et ça ne changera rien que je me déteste pour ça. Tout comme ça ne change de rien de culpabiliser pour un meurtre, de culpabiliser pour sa faim, de culpabiliser pour cette cicatrice ou ce sang qui nous différencie des autres.

On ne peut pas remonter le temps, de toute manière. Moi aussi, je regrette ce que j’étais avant. Je regrette le rat dont le fantôme me hante, je regrette la nourriture, je regrette l’enfance de Demian, ses rires et ses sourires qu’il me confiait lorsque j’avais cessé, pendant quelques mois, d’être un assassin pour ne plus être qu’un père totalement comblé et… « On peut pas remonter en arrière, Ema. Ca ne sert à rien de s’en vouloir. Et puis, se nourrir, comme ça, c’est dans ta nature. » Je sais que je ne dis pas forcément qu’elle veut entendre mais au moins, j’ai le mérite de dire ce que je pense sans trop tenter de mentir. Et c’est pas faute de savoir mentir, pourtant. Mais non. « Tuer, c’est dans ta nature, Ema, maintenant. Alors faut que tu l’acceptes et puis c’est tout. Comme moi j’accepte d’être un con fini et un maladroit désespérant. C’est comme ça, c’est chiant : t’as beau essayé de corriger par tous les moyens du monde, c’est quand même comme ça. Et tu peux pas changer. » Ma voix, douce et conciliante au début, est devenue brusque, presque rageuse, lorsque je lui répète qu’on a beau tout tenter, rien ne peut faire changer sa propre nature. En dehors de la mort, en dehors de zombies, en dehors du surnaturel. Le problème, c’est qu’on est déjà tout en bas de l’échelle. D’humain, on peut devenir Skinchanger. De Skinchanger, on peut chuter à l’état de Daybreaker. Et maintenant, tout ce qui traîne à nos pieds, c’est éventuellement la mort. Celle que l’on appelle, que l’on crée, que l’on chérit, celle que l’on attend, éventuellement.

On est en bas de l’échelle, les pieds posés sur les os des cadavres. Je trouve ça stupide de lutter contre sa nature. S’il y a bien une chose que ma vie pourrie m’a apprise, c’est de toujours se préoccuper d’abord de soi, ensuite des autres. Tu te nourris sur la petite vieille qui passe dans le coin et seulement ensuite tu l’aides à grimper ses cinq étages et tu lui portes tes courses, si elle est encore en vie. C’est pas plus compliqué que ça… sauf que quelque part, je comprends qu’Ema n’adhère pas nécessairement à cette idée. Mais je me dis aussi qu’elle fonce droit vers le suicide si elle persiste à refuser d’ouvrir les yeux sur ce que va être sa vie maintenant.

Je soupire. Et moi, c’est quoi ma vie ? A jongler entre Mikkel, ses conneries, la suspicion de Demian, la discrétion de Colin, de Lizzie, mes deux autres petits enfants, les exigences de la Bratva et mes quelques contrats dégottés parfois… Ma vie, en résumé, ce sont des meurtres et des mensonges, ce sont des coups et des menaces. Ca ne me change guère de ce que c’était avant, au final. Cette fois-là... Je sursaute lorsque son murmure me parvient, persuadé que j’étais qu’elle n’allait plus parler. Mes yeux filent vers elle avant que je les retienne. Je venais d'arriver à la Nouvelle-Orléans. J'étais seule. Je n'avais rien ni personne, rien à quoi me raccrocher. Je sentais cette...chose en moi, cette sensation qui me tiraillait l'esprit et me déchirait le ventre. J'étais si seule...Mais cela n'excuse rien, cela ne m'excuse en rien. Elle aussi, elle était seule, et je l'ai tu... Je me retiens de juster de terminer sa phrase, le rat me chuchotant que ce n’est pas le moment de la ramener. Ta gueule, Andreï, elle n’a sûrement pas envie que tu t’en mêles. Après ça, j'ai juré de ne plus jamais succombé à ma faim. Mais je n'y suis jamais totalement arrivée. Je n'ai plus jamais tu...Enfin, tu m'as comprise. Je ne contrôle pas ma faim, mais j'essaie de l'ignorer le plus possible. Je la laisse parler. Sans rien dire. Parce que je ne la comprends pas tout en la comprenant un peu. Elle est comme Demian, en fin de compte : elle a ce petit quelque chose de naïf malgré toute cette merde, malgré ce sang qui coule dans ses veines. Elle a quelque chose d’innocent alors qu’elle est comme moi : vouée à détruire, à tuer, à massacrer par un simple toucher. J’hausse les épaules, lorsqu’elle me dévoile une nouvelle fois sa peau, son épaule, sa cicatrice si semblable à la mienne et pourtant si différente.

Et j’ai presque un mouvement de recul lorsqu’elle finit par me regarder dans les yeux. Alors, si je peux t'aider à ne pas devenir comme moi...Demande-moi. Ne pas devenir comme elle ? J’ai un petit rire qui fleurit sur mes lèvres. Qui enfle. Qui secoue ma cage thoracique, se fraye un chemin dans ma gorge, explose discrètement. « Tu te fous de ma gueule ? »

Je me relève d’un bond, pour la surplomber et le regarder d’en haut, à des années lumières de la réalité. C’est elle qui est haut dessus de moi, si on considère l’échelle de la… moralité ? De l’humanité ? quelque chose dans ce ton là, oui. « Tu es totalement à côté de la plaque, ma belle. Personnellement, je préfèrerai presque être aussi naïf, candide, innocent que toi. C’est à m’apprendre à devenir comme toi, qu’il faudra que tu m’aides si je n’étais clairement pas déjà un cas désespéré, assassin, meurtrier, tout ça, tu vois le genre. » Je secoue la tête en haussant les épaules. « Après, de mon simple point de vue, faut que tu sois honnête avec toi-même : okay, t’as tuée cette meuf. Et alors. Tu peux la faire revivre ? Si c’est un de nos super-pouvoirs, je veux le savoir parce que ce serait cool. Mais ça sert à rien de pleurer là-dessus. Tu te contrôles, plus que tu ne le penses. Moi, il suffit que je sois agacé, fatigué, en colère, déconcentré pour que je bouffe à tous les présentoirs, si tu vois ce que je veux dire. Toi, tu as une telle peur de manger que tu es prête à te laisser crever de faim sur le trottoir alors qu’il y a un festin à côté. » J’hausse encore les épaules, en essayant de me calmer. « Ca m’énerve les gens comme toi, et pourtant je ne peux pas m’empêcher de les admirer. C’est horriblement con, tu ne trouves pas ? Dans un sens, je t’admire parce que tu te raccroches à ce que tu as été comme si rien n’avait changé, mais d’un autre… on est pareil, Ema. Et il faut que t’ailles de l’avant. C’est tout. » Je me tais. Je sais que je ne devrais pas lui parler comme ça, elle va se braquer, et moi… je ne vais pas progresser. Et je vais continuer à bouffer à tous les présentoirs, comme je lui ai si joliment dit, et un jour… et bien… un jour, je boufferai mon fils ou mes petits-enfants et je n’aurai plus qu’à me mettre une balle dans le crâne. « Apprends-moi à ne pas tuer. Apprends-moi à être comme toi. »

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