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 I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]

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MessageSujet: I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]   Mer 1 Juil - 10:06


You make me sick because I adore you so
I love all the dirty tricks
And twisted games you play on me


Il avait lu dans les livres que les rencontre se faisaient toujours dans un lieu public.
Il l’avait lu dans ses livres, et n’ayant aucune autre sorte d’expérience dans ce domaine, il avait demandé à Kyran à ce que leurs rencontre ne se fassent exclusivement que dans des lieux publics ( enfin, pas trop tout de même, la peur et l’angoisse de se retrouver face au mafieux n’allait pas non plus changer son avis sur les lieux publics. ).

Dans le calme enfumée des pipes des plus âgés, dans cette entre de vieillerie, ce petit musée d’éthanol, Aubin trouvait toujours sa place parmi les vieux objets, dans un coin reculé de la pièce, une sorte d’alcôve qui leur garantissait néanmoins une certaine tranquillité.
Ce n’était pas la première fois qu’il avait ce genre de petits rendez-vous avec Kyran, des médicaments en échange d’informations qu’il pouvait avoir sur le gouvernement. Mais chaque fois ils étaient une épreuve, une épreuve de mesure et de dosage des mots ( il était plutôt avare en mots ceci dis ) car l’homme qui dans quelques instants allait lui faire fasse était semblable à un volcan : dangereux et capable d’exploser à tous moments.

Le verre du hibou était déjà à moitié vide, après tout il ne fallait pas lui demander de le voir à moitié plein, il n’était pas de ce genre-là. L’absinthe de sa jolie couleur verdâtre, venait en lécher les parois de vers pour les colorer de sa teinte subtile, ainsi que dans la lumière calme traversant le conteneur de cristal, elle faisait se darder ses reflets émeraude sur le bois noueux des table.
Aubin soupira, et rejeta sa tête en arrière, l’appuyant sur le mur à ses côtés en proie à une fatigue, à des rêveries qui le tiraient loin du monde des hommes. N’y avait-il pas plus douloureux que de se plonger dans l’abime des souvenirs ? A croire qu’Aubin aimait à se faire mal.

C’était Paris en début de siècle, Paris la grande, Paris la belle. C’était son époque, leur époque.
Autour de lui s’effaçait la présence du bar et de ses gens. Derrière ses paupières closes se dessinait ces motifs de plafonds, ces vieilles poutres apparentes. S’il oubliait parfois certaines choses, il était de ces visions qu’il ne pouvait se sortir de la tête, comme imprimée sous ses rétines.
S’il se souvenait si bien des nuance du plafond de leur petite mansarde, c’est que par milles fois, il l’avait fixé, n’ayant pas attendu d’être transformé en hibou pour trainer ses insomnies.

Il regarde le plafond dans la lumière de l’Aube qui filtre par la fenêtre. C’est ton heure ça l’aube, Aubin, lui disait-elle parfois.
Elle ? Oui, elle était là, reposant sa tête sur son épaule, bloquant son bras  de son corps fin, bras qu’il ne sentait déjà plus vraiment attaqué par les fourmis, manquant de sang. Bras douloureux, à peine réparé de ses dernières misères.
Alors il n’était plus dans le bar, il était dans leur lit. Il n’était plus à la Nouvelle Orléans, il était à Paris. Il n’était pas seul, oh non car il sentait ce poids, son poids sur son épaule.
Il fait glisser son regard, de sa contemplation passive du plafond, jusqu’à rencontrer une chevelure rousse agressant de leur exubérance ( qu’il aimait tant ) ses rétines grises. Il ferme les yeux, déglutit. Il sait bien que tout cela n’est pas réel, et qu’il a toujours été doué pour s’inventer des histoires, pour vivre dans un monde irréel puisque le vrai semble trop dur pour lui.
L’écrivain délit son bras, bouge sa main et rencontre la peau de la femme à ses côté. Il ne la voit pas, mais en connait tous les détail, il sent sa blancheur, ses nuances, sous la pulpe de ses doigts, alors qu’il s’éprend à les faire glisser sur le flanc de l’endormie. Dénivelant sur les côtes s’élevant et s’abaissant au rythme de sa respiration. Rencontrant la naissance de la courbe de ses seins pour retomber sur son ventre, comme caressant de la porcelaine chaude.
Dans la réalité, le pauvre homme raffermit sa prise sur le verre dans sa main, ses jointures blanchissant autour du fragile cristal à moitié vide d’alcool, tandis que dans ses rêves, sa main glisse et serpente entre les proéminence discrète de la colonne vertébrale de sa douce. Il s’amuse à faire slalomer ses longs doigts, a dévaler ces monts et ces vallées, ces flanc et ces crevasses. Il arpente de sa simple main ce paysage qu’il connait par cœur.
Il voudrait ouvrir les yeux. Il doit ouvrir les yeux. Qu’il est triste le rêveur, quand le réveil est la pire des souffrance. Car il sait bien que s’il relève ses paupière. Tout aura disparu. Il sait bien que s’il ouvre les yeux, ceux-ci ne rencontreront pas cette chevelure rousse. Il ne rencontreront rien d’autre que cette réalité qu’il abhorre et dans laquelle il se voit obligé de vivre.
Alors le rideau s’ouvre sur ses yeux, et il découvre alors qu’il s’est trompé. Car cette chevelure en effet lui fait face.  Il n’a pas le temps de réfléchir, ou plutôt toute réflexion, toute sensation semble abandonner son corps, car il n’entend même pas l’éclat de cristal, il ne sent même pas la douleur du verre qui s’enfonce dans sa main et qu’il vient de briser sous le joug de la surprise. Il ne sent pas la chaleur du sang venir se rependre entre ses doigts, ni la langue de feu de l’alcool qui le brûle dans ces nouvelles plaies. Il ne sent plus son corps, ne sent plus battre son cœur. Même ses tremblements se sont arrêtés. Il semble pétrifié comme ayant croisé le regard de la gorgone.
Pétrifié comme traversé par un fantôme.
Un fantôme trop réel.


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MessageSujet: Re: I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]   Mer 1 Juil - 13:48

Italique : Français


La quenotte d'un blanc irréel lâche la lèvre sur laquelle elle laisse une trace de morsure qui déjà pleure une petite goutte de liquide carmin. Le cœur battant secoue la carcasse appuyée contre le mur. Les yeux fermés, tu tentes de calmer le trouble qui t'agite, entre cette excitation fiévreuse et cette colère insondable. Tu n'es à cet instant qu'une masse d'hormones en fusion qui menace de tout détruire sur ton passage. Tes mains se serrent vigoureusement sur le petit sac en plastique gras qui contient la livraison et tu te sens aussitôt comme une fugitive, une résistante transportant des bombes ultra sensibles. Ce qui n'est pas tout à fait faux : tu fuis l'éventuel regard de celui que tu convoites et qui à travers la vitre semble s'être assoupi dans la demi obscurité et la bombe ultrasensible est celle qui bat dans ta poitrine. Tes lèvres tremblent comme si tu avais froid alors que c'est la chaleur de la haine amoureuse qui irradie tes veines.
Et tu hésites à te jeter sur lui pleine d'amour ou de rancœur.

Finalement, tu décides de te jeter sur ta pipe. Saisissant l'instrument de bois entre tes doigts fébriles,  tu le bourres d'un tabac à l'eucalyptus avant de l'enflammer et d'en tirer une longue bouffée qui s'échappe dans l'air chaud de la nuit d'été. Ton corps se détend visiblement, les battements de ton cœur s'apaisent. Inspire, expire. Sans se calmer totalement, ton esprit paranoïaque trouve le chemin d'une pensée à peu près cohérente qui maudit profondément Kyran et Aubin : bien sûr, c'est très intelligent de se retrouver dans un lieu public où le regard des autres constitue la meilleure des parades. Impossible de mettre à exécution la moindre menace. Aubin doit être parfaitement conscient de la puissance de cet imposant Daybreaker qui t'a récemment pris sous son aile.
Ce qui signifie aussi faire le larbin, certes ; mais Kyran sait récompenser ceux qui le servent, et à travers la vitre, dans la lumière tamisée par la fumée des cigares, la récompense est de taille.

Prenant une grande inspiration, la vilaine sorcière que tu es se décolle du mur et s'extirpe de la nuit sombre pour plonger dans l'ambiance secrète du Old Absinthe House. Les longues franges de ton poncho lèchent l'air chargé de fumée. L'aura créée par la fumée de ta pipe t'enveloppe à son tour et malgré ton faible niveau magique, il suffit d'un regard pour comprendre qu'il ne faut pas te chercher des noises ; le regard sombre et brûlant du prédateur qui cherche sa proie.
Et qui croise celui du barman pour commander ce perroquet que tu chéris tant.

C'est un autre oiseau cependant vers lequel tu te diriges et que tu vas croquer avant l'autre. Un sourire sarcastique figé sur tes lèvres fines, et brisé par la pipe que tu tiens en bouche, tu ondules entre les différentes tables jusqu'à parvenir à la sienne. Tu le contemples un moment, dans la douceur sereine d'un rêve dans lesquels il savait autrefois si facilement se perdre. Il n'a pas changé. La même silhouette fragile, la même peau diaphane, les mêmes séquelles jamais refermées des blessures que tu lui as toi-même prodiguées, les mêmes longs doigts qui ont tantôt su courir sur ta peau, tantôt su tenir ce qui t'a menée au néant.
Soudain, il ouvre les yeux, le rêve et la réalité s'entrechoquent et dans la plus grande brutalité, se mélangent, le verre se brise et la fiction se déchire. La sécurité s'évapore et la sérénité s’annihile d'elle-même. L'absinthe se répand, mêlée de sang et d'éclats de verre, comme une déclaration de guerre.

« Bonsoir mon canard. »

Ton gigantesque plumage de laine et de fumée se penche au dessus de la table et, corbeau de mauvais augure, tu provoques le poussin d'un regard de braise. Tes serres se tendent dans sa direction et d'un geste expert, se referment sur un fragment de verre planté dans la chair, qu'elles retirent aussi sec pour le déposer sur la table.

« J'espère que tu as mal. » murmures-tu d'une voix mielleuse.

Le sac plastique atterrit sur la table comme un prétexte sans matière tandis qu'un serveur vient t'apporter ta commande. Il amorce un geste vers Aubin, le voyant blessé, et tu l'en empêches, assurant qu'il se débrouillera.

« Je viens de la part de Kyran, il m'a dit qu'il avait cela pour toi. Je vois qu'il faut décidément un nombre incalculable de cochonneries pour remplacer mes breuvages. »

Naturellement, tu te laisses tomber sur la chaise, le verre à la main et le défies d'un regard noir.
C'est qu'au delà de tes sentiments, il t'a quand même assassinée.
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MessageSujet: Re: I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]   Dim 5 Juil - 23:36


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Le mince filet d’air vient caresser ses lèvres, seul petite chose qui lui permet encore d’actionner ses poumons, comme ralentit par un givre pernicieux.
Sa main est ,elle, serrée à l’extrême sur ces morceaux de cristal qui s’enfoncent dans ses chaires, les faisant pleurer des rivières de sang, qui glissent, poisseuses, entre ses phalanges.
Mais il n’en a cure pour l’instant, de cette douleur immonde, car celle qui se jette sur son cœur lui semble cent fois plus dur à surmonter. Sa tête tremble, son visage tique, le coin de sa lèvre tressaute au surnom qu’elle emploie pour le designer. Canard elle a toujours été moqueuse.
Le gris de ces yeux se déchire et tombe en lambeau devant la vision fantomatique qui lui fait face. Ses iris s’abîment dans l’observation rigide de cette chevelure rousse, dans la confrontation dont il ne peut s’échapper avec ces vis-à-vis bleu, plus noir et plus profond que le fond d’un gouffre. Peut-être sembleraient-ils vouloir l’avaler, le dévorer, vouloir le tuer tout entier.
Il reste figé, dans une inertie, dans un choc. Et les rouages de son cerveau fatigué de se remettre à fonctionner.
Elle est là.
Elle est là devant lui, plus réelle qu’alors. Plus réelle que tout ce qui l’entoure, que le bar , que son bruit, que ses gens qui ne semblent guère se soucier que leur drame.
Elle est là. Comme sortie, comme échappée de ce rêve qu’il faisait naguère.
Et lui aussi est là, rattrapé, engloutit par les fictions dans lesquelles il prenait plaisir à se bercer.
Peut-être n’est-ce qu’une illusion. Oui. Encore une illusion. Peut-être n’est ce qu’un rêve causé encore une fois par les médecines qui pourrissent son sang. Peut-être n’est ce que le reflet de celle qui s’est tant de fois imprimées sur ses rétines lors de ses rêveries. Peut-être que rien de tout cela n’est réel.

Mais le contact de leurs peaux que cependant elle provoque, le fait sursauter. Sa main est chaude brulante. Vivante. Plus vivantes que les siennes qui sont toujours froide. Il panique  et sa respiration se bloque dans le fond de sa gorge. Ainsi peut-être est-ce lui le plus mort des deux ? Son imposante vitalité le cloue sur place, sa présence en elle-même est un choc trop douloureux. Il avait toujours imaginé la possibilité qu’elle soit vivante, non, il l’avait su vivante, mais n’avait jamais poussé le vice à imaginer ce cas de figure. Le monde était petit, le monde était une farce. Sans douceur mais sans forcer, elle délia ses phalanges, son poing serré autour du verre, comme si elles n’avaient été que les mains d’un enfant, comme si à cet instant il avait perdu toute sa force.
Il baisse les yeux vers la plaie béante et songea, le quart d’un instant que ce sang ruisselant entre ses doigts est semblable au temps où il pouvait à loisir passer ses phalanges dans la crinière de la rousse.
Mais la griffure du verre retiré sans attention, tourné entre les chaires pour les séparer plus encore, les meurtrir, lui arrache un sursaut et un gémissement de douleur qui reste au bord de ses lèvres, un instant sa vision est piquée de quelques mouches noires, son trouble renforcé par la voix qui lui vrille les oreilles, lui arrache un frisson aussi bien qu’elle lui broie le cœur.
Apolline retire un morceau de verre, mais les autres restent fermement ancrés dans ses pales mains d’artiste. Et déjà ses chaires semblent vouloir se refermer autour de ces corps intrus, la voilà sa pauvre condition de changeur qui milles fois avait fait son malheur ressoudant ses os brisés, ses bras déchirés, pour lui permettre de mieux les rompre. Encore et toujours.

Le sac plastique tombe sans appel, contre la surface plane du bois, mais Aubin sursaute comme si c’était son corps que l’on venait meurtrir, comme si chaque coup porté par un objet sur la table était en fait porté sur sa propre personne. La belle, la dangereuse pose devant lui l’une de ses faiblesse, elle l’accable même d’un regard noir. Oui, voilà, elle souhaite le voir souffrir en tordant du verre dans ses mains. Mais sait-elle que c’est toute son âme, tout son être qu’elle broie entre ses doigts ? Oui.
Bien sûr qu’elle le sait, elle l’a toujours su.
Après tout c’est ce qu’elle veut. C’est ainsi qu’elle se venge de lui, lui qui avait passé des année à se punir.
Le hibou passe sa langue sur ses lèvres sèches qui se brisent et se craquèlent. Elle connait tes faiblesses, elle les connait toutes et bien mieux que toi, songe-t-il, elle sait à quel point tu es un être misérable. Depuis toujours, il avait senti le besoin de se soulager du réel. Au départ grâce à l’absinthe, grâce à l’opium qu’il consommait avec ses camarades, autres têtes érudites avide de légèreté, d’imaginaire, d’élévation spirituelle. Et puis il l’avait rencontré, la sorcière et ses potions, bien mieux que tous les psychotropes l’amour. Et qu’avait-il à cette époque ? Il avait ces petites furies cachées sous leur opercule, ces monstres dans leur enveloppe d’aluminium. Obligé de trafiquer avec des mafieux, de se fournir dans des endroits lugubres pour cacher cette dépendance et éviter de demander cela a Caïn, lui qui pourtant pourrait plus que le fournir en médicaments.

Il avale sa salive, et lentement approche sa main blessée de celle d’Apolline. Il sent sur ses épaules le poids de son regard, la noirceur de ses reproches. Mais il n’ose rien dire, il n’a pas la force de prononcer des mots. Il  approche lentement sa main de celle-là même qu’il avait si souvent tenue et caresse furtivement le derme languis de la pulpe de ses phalanges. Aussitôt il se recule apeuré, il a laissé sur la peau laiteuses quelques tache de son sang. Et cette couleur sur cette ivoire diaphane ne lui rappelle que trop la scène de son crime. Cet acte dont il a gardé chaque détails en mémoire et qui forgent son irrépressible culpabilité. Celle-là dont il rêve toutes les nuits. Celle-là même qui le pourri de l’intérieur, qui le ronge comme les vers mangeraient le pâle cadavre humain qu’il est devenu.
Il se recule et de sa main encore viable couvre sa bouche pour y étouffer un sanglot silencieux, tandis que l’autre se referme avec force sur le vide, enfonçant douloureusement et un peu plus profond les épées de verre dans sa chaire, faisant vibrer ce pâle membre de douleur.  Il n’a pas besoin d’aide pour se faire mal, non, elle ne lui en a que trop donné l’habitude.
Le sanglot s’étouffe dans sa bouche et ses épaule fragiles tremblent. Il baisse ses yeux rougis fixant quelque chose devant lui, horrifié. Il n’a pas la force de la regarder en face, il n’a pas la force de l’affronter et de se faire cracher au visage ce qu’il ressasse depuis plus d’un siècle. Il n’a pas la force de parler. Il n’a pas la force de lui dire que jamais, au grand jamais il n’a cessé de penser à elle.
Il voudrait que ça s’arrête. Il n’a envie de rien.
Si il a envie que ça s’arrête.
Il a envie d’avoir mal. Il a envie de faire ce qu’il s’efforce à faire, à admettre comme sa ligne de conduite : expier ses fautes.
Il a envie de mourir tant la culpabilité lui broie les épaules.
Il a envie de vomir, l’estomac aux bord des lèvres,  ce mal être qu’il ressasse depuis si longtemps.
Il a envie de pleurer. De verser toute ces litres de larmes qu’il n’a jamais voulu faire ruisseler sur ses joues creuses, comme pour les laisser devenir aussi corrosif que l’acide et le bruler de l’intérieur.
Oh, il envie de tout cela de toutes ses choses. Mais là, là seulement prostré comme il est dans son choc, se balançant légèrement d’avant en arrière, sa respiration erratique bloquée par la barrière de ses mains, crispée, enfoncées jusqu’aux ongles dans son visage, il n’a envie que d’une chose. Aussi folle soit-elle.
Qu’elle le prenne dans ses bras.


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MessageSujet: Re: I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]   Lun 6 Juil - 0:38

A travers la fumée dansante qui s'échappe de ta pipe comme d'un volcan en effusion, tu contemples le reflet brisé de ton propre miroir. Ta création s'effrite sous tes doigts, alors que tu arraches d'un geste sec le débris de vers comme l'éclat de la glace, l'éclat du passé, l'éclat du temps. Tout se fige autour de vous, la lumière s'éteint et il te semble voir Aubin flou, en noir et blanc, comme sorti d'un de tes souvenirs branlants. Et pourtant, il est bien là, trop flou pour être vrai, et pourtant trop réel pour être fictif. Un léger soubresaut l'anime lorsque l'innocent sac plastique rebondit sur la table, sac d'armes, sac à mort. Tu perçois parfaitement la trouille monstrueuse qui anime sa pathétique silhouette au bord de l'évanouissement. Tu t'abreuves avec un délice orgasmique de l'embryon de gémissement qui s'échappe de ses lèvres et qui confirme le caractère misérable de ta condition. Au delà de son meurtre et de ta disparition, lui est toujours là, condamné à la souffrance éternelle liée à son péché impardonnable.
Par amour, je t'en ficherai des par amour.

Tu vois dans ses yeux qu'il a compris que tu es revenue et que tu ne partiras pas sans l'avoir brisé d'amour suffisamment fort pour qu'il expie totalement son acte. Serrant ta pipe dans ta main, tu enroules une de tes longues mèches de lave en fusion autour d'un doigt, la rage haineuse qui l'anime menaçant de l'arracher. Tu te contentes simplement et raisonnablement du flot vital qui s'échappe de la main d'Aubin et qui ruisselle en larmes de sang sur le bois vieux de la table, se mêle à l'absinthe et à l'odeur enivrante de l'amour qui doit être à cet instant la seule chose qui le maintient debout...enfin, à peu près droit pour qu'il ne s'écroule pas tout de suite sur le sol, brisé de ton regard.

« Arrête de chialer. » craches-tu sévèrement.

Tu n'as pas besoin de le voir s'apitoyer sur son sol. Perdu entre les différents fragments du temps qui s'étalent en sanglots de verre autour de lui, jusque sur le sol, Aubin en étouffe même un dans sa gorge. Lorsqu'il tend sa main vers la tienne, tu ne bouges pas, n'esquisses même pas un geste pour répondre à son appel, comme si tu figurais un fantôme pourvu d'une trop grande dose de substance. Pourtant ta main est terriblement brûlante au contact de la sienne, et le sang qui s'imprime sur la surface blanche de ta peau lisse est comme un baiser au rouge à lèvres trop prononcé. Ton regard glisse sur les petites fleurs écarlates que s'effacent déjà tandis que tu rabats les franges de ton poncho sur ta main pour en effacer cette trace hérétique.

« Regarde-moi dans les yeux espèce d'ordure. Regarde ce que tu as fait de moi. »

Le ton de ta voix claque dans l'air avec la force de la liane d'un fouet qui s'abat sur son dos. Car il ne mérite que ça, une punition pour sa vilaine bêtise envers sa génitrice, celle qui lui a tout appris, celle à qui il doit le respect suprême. Ton regard s'assombrit et la façon dont il se recroqueville sur lui-même te désespère. Tu ne l'as pas éduqué ainsi. Saisissant le poignet rattaché à cette main blessée, tu le tires violemment vers toi pour le forcer à te regarder en face et à t'affronter.

« Si tu savais comme tu m'as manqué, combien je t'ai cherché, mon amour. »

Ta main exerce une torsion sur le membre affaibli, déjà les tendons gémissent.

« Si tu savais... »

Tes ongles s'enfoncent dans la chair et les os crissent les uns contre les autres.

« comme... »

Un craquement.

« je... »

Et il se brise.

« t'aime. »
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MessageSujet: Re: I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]   Lun 6 Juil - 23:23


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Le son de sa voix cingle l’air.
L’onde le gifle d’une telle puissante, comme un coup porté à bout portant.
Elle lui crache ces simples mot à la figure, sans pourtant hausser le ton au milieu de la foule qui les entoure, elle sait se faire discrète. Ou plutôt tous deux ont oublié la foule. Elle n’est plus que décor, elle n’est plus qu’accessoire, une annexe de la scène sur laquelle se joue leur drame.
Elle crache son venin pernicieux qui le prend à la gorge et se distille dans ses oreilles, comme si elle venait de lui hurler dessus, lui pauvre potiche de verre. Il se recule et son dos bute contre sa chaise tandis qu’il ravale ses mots, bloquant tous bruits au fond de sa gorge.
La peur bloque tout ses mouvements, même le hibou au fond de lui n’ose bouger face au prédateur. Comme un cerf dans les lumières de phares. Comme la proie face au chasseur.
Si le poison violent des reproches et de la peur ont commencé a se rependre comme un gel dans ses veines, c’est parce qu’il sait pertinemment ce qui l’attend. Oh, il n’ose imaginer même les pensées qui ont pu traverser cet esprit malade.
Elle est comme le fantôme revenu le hanter, voici le jugement dernier qui fume comme un dragon pourpre en face de lui. Elle est comme la faucheuse qui l’attend au bout du chemin. Mais loin de lui apporter la délivrance, c’est l’enfer qu’elle lui sert sur un plateau d’argent, l’enfer entre ses doigts fin. L’enfer à la bouche rosée. L’enfer coiffé de rouge.
Son enfer, son bourreau, c’est Apolline.
Et cette peur, comme un langoureux souvenir qui remonte son être fait remonter en lui ces images qu’il n’a jamais pu oublier. Ces image de ces douces tortures qu’elle lui avait si longtemps prodigués la perfide.

Ses mots l’accablent d’une telle force qu’il ne peut que ce soumettre.Ordure Oui, après tout c’est ce qu’il doit être. Mais les mots claquent dans une telle violence qu’ils le clouent sur place, relèvent ses yeux pour les laisser se faire empaler par le regard noir d’Apolline.
Des yeux d’un bleu si en colère, d’un bleu si haineux, si électrique qu’ils paraissent noir, avides, comme des bouches prêtes à le mordre. Des bouches qui lui hurlent leur souffrance, qui lui crachent toute leur rancœur au visage.
Il regarde, il est obligé de regarder. Ce qu’il a fait d’elle ? Est-ce vraiment lui l’auteur de cette monstruosité qu’il aime tant ? De cette absence d’humanité dans une âme qui jadis était sa sœur. Il ne peut pourtant s’y résoudre.
Mais les voilà tous les deux, les amants déchirés. Misérables n’est-ce pas ? L’un comme l’autre se contemplent. L’un comme l’autre contemplent ce qu’il ont fait de l’autre. Si cette créature sans cœur, avide de vengeance n’est que le fruit de ses péchés et de ses erreurs, que dire de la misérable créature brisée jusqu’à l’âme qui lui fait face. Cette bouillie humaine, cet être timoré n’est que le fruit de ses traitements. A jamais brisés. Et il sent le dégout et les reproches pleuvoir, tomber sur son dos du haut des iris bleu de sa belle.
Et soudain, le contact. Violent contact quand elle se saisit de sa main encore sanguinolente et se met à la presser, lentement. Mais toujours plus fort, ponctuant chacune de ses phrases. Ces mots dans sa bouche. « mon amour », « je t’aime » sonnent comme les crocs d’une vipère qui se plantent dans ses yeux. Leur venin froid le fait frissonner de tout son être tandis que sa respiration s’accélère. Ses lèvres tremblent et dessinent un « non » muet, une supplique pitoyable qui bien sûr ne fait pas mouche aux oreilles de la belle.
Elle le martèle de mots, et il sent sous ses doigts si précieux se tordre se tendons. Il sent les os ployer plus que de raison. Il sent la sauvagerie de ses ongles qui éraflent ,avide de meurtrir, sa peau diaphane.
Il porte une main à sa bouche, mordant dans ses lèvres avec violence, fermant les yeux en derniers recourt.
Et soudain, pauvre chose, il casse. Il se brise dans un son si clair qui n’est pourtant ouïe que d’eux seul.
L’estomac d’Aubin se soulève à l’entente distincte de ses chaires souffrant, et il se plie en deux contre la table, son visage contre la table pour étouffer ce cri de douleur qui s’étrangle dans sa gorge. Même dans la souffrance, il s’interdit de crier. Il n’a pas le droit d’extérioriser son mal.
Dans sa plainte silencieuse, le visage caché dans son bras encore viable, ses épaules se soulèvent et se baissent dans un tic nerveux. Comme un sanglot silencieux qui secoue tout son corps de façon archaïque pauvre petit être misérable qui souffre le martyr pour le plus grand plaisir de son bourreau.
Mais bientôt, le silence du sanglot est remplacé par un bruit. Horrible bruit. Désagréable. Nauséabond.
C’est un rire.
Nerveux et fou il s’échappe de ses lèvres entre deux respirations erratique, c’est lui qui agite ses épaules. Quelque chose, du choc ou de la douleur, vient de se casser dans la tête d’Aubin.
Soudain, dans un geste brusque qui n’est pourtant pas de son habitude, il relève la tête et plante ses yeux gris dans ceux d’Apolline. La douleur lui vrille la vue, l’accompagnant de traces noires et de raies de lumières. Ses lèvres sont recouvertes de carmins, un liquide qui lui coule sur le menton, entre les poils de sa barbe a grandes flots, tant il les a détruites en y enfonçant ses dents, sous le joug de la douleur.
Il la regarde, comme un fou. Il la fixe avec toute la froideur de ses yeux gris, celle qu’il a apprise pendant ce siècle. Cette froideur même qui n’est que l’expression de sa rage. Il la regarde et il rit. Un rire amer, aussi amer que le gout de bile qui a dans la bouche, aussi amère et dingue que l’arsenic. Que leur relation.
Sa tête tique comme la commissure de ses lèvres maintenant carmin. Comme un automate bloqué dans un mouvement et qui ripe, qui répète en boucle. Son autre main se pose sur la table et enfonce ses ongles dans le bois pour s’y accrocher.
« C-comme… »commence-t-il le regard fou, le sourire dément qui semble une balafre sur son visage « Comme… » continue-t-il, sa main glissant lentement, saccadée, rageuse et impavide pour griffer cette table qui n’a rien demandé. Sa tête continuant de ponctuer ce mot comme un disque rayé
« Comme. Au. Bon. Vieux. Temps. »
Cinq mots assassins. Glacés comme du givre. Mais pourtant si réalistes, si simples.
Il sait qu’il n’a pas besoin d’en dire plus. Il sait qu’elle comprendra.
Comme au bon vieux temps elle recommence à le briser. Comme au bon vieux temps elle recommence ses vices. Lui fait subir ses humeurs. Est-ce le retour de ce cercle vicieux qui jadis les avait détruit.
Comme au bon vieux temps. Alors serait-ce toujours la même ?
Il repart dans un éclat de rire malade et amer. Sa tête pique vers l’avant tant la douleur le vrille. Mais il n’a plus cure de rien. Le choque peut être, de la revoir était trop violent pour son cerveau malade.
Mais au fond, Aubin, lui n’a fait que se détruire, à petit feu, il saute à pieds joint sur les éclats de sa propre âme. Aubin n’est plus un homme. C’est un pantin misérable, un automate en berne. Il a changé oui. Après toutes ces années, après ces centaines d’années.
Il a perdu l’esprit le jour où il l’a perdu elle.



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MessageSujet: Re: I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]   Mar 7 Juil - 0:09

Quelque chose vient d'éclater en morceaux. Une petite perle, une petite chose fragile. C'est certainement son cœur, ou son cerveau. En tout cas, lorsqu'il relève la tête, le petit pantin, il n'a plus rien d'humain. C'est toute la grise mine de leur passé qui défile dans ses iris sans vie, en une foule de souvenirs de ce vieux temps, de ce bon vieux temps où les journées banales se coloraient du rouge de son sang. La main pourtant si soignée et si frêle serre toujours avec cette vigueur tremblante de haine l'ensemble des os brisés dont la propriétaire se délecte du craquement. Les fragments s'enfoncent dans le derme, commencent à poindre sous la peau translucide qu'ils menacent à chaque seconde de déchirer. Au lien charnel de vos bras se couple celui de leur raison qui s'effrite et fiche le camp au dessus de leur tête, dans les volutes macabres de la fumée de la pipe que tu serres toujours entre tes dents pointues. La sorcière que tu as n'a rien fait d'autre que de révéler le temps d'une souffrance trop bien connue à quel point ce morceau de néant qui se tortille dans l'entrave de ses doigts fins, n'a jamais été que l'ombre de lui-même depuis sa disparition. Qu'il n'est strictement rien sans toi.

A la défiance de son regard gavé d'une folie fiévreuse, tu te penches, te durcit davantage si c'est possible. Tes yeux s'assombrissent, piquetés d'ocelles d'un bleu glacial.

« Arrête de me regarder comme ça ou je te jure que je te casse l'autre. »

Et il sait que tu en es capable. Les yeux rivés sur les lèvres tremblantes et sur ces doigts crispés qui s'acharnent sur le bois de la table en y gravant des hurlements, tu comprends qu'il n'a pas tout oublier. Qu'il n'a surtout pas le droit de crier. Qu'il n'a le droit de ne rien montrer. Qu'il ne le fera de toute façon pas, puisque tout au fond de lui, la fierté demeure, et qu'il ne veut pas te décevoir, toi, sa maîtresse, son amante, son amour.

« Aller, lève toi, on a des choses à se dire, toi et moi. »

Enfin, ton étreinte au niveau de son poignet se dé-serre. Tes longs doigts glissent au niveau de son avant bras, effleurant chaque ecchymose, chaque cicatrice, chaque bosse du cartilage, chaque séquelle comme si tu tournais une à une les pages du livre de vos souvenirs communs. Des souvenirs atrocement douloureux, teintés de sang et de larmes, des souvenirs qui ne disparaîtront jamais, ancrés pour toujours dans ce corps mainte fois brisé et reconstitué. L'étreinte se referme de nouveau en un étau de chair et, sans avoir fini ton verre, tu décides que le spectacle est terminé. Le reste se produira en coulisses. Te levant, tu intimes fermement à Aubin de faire de même, saisissant le petit sac plastique que tu as apporté avec toi. Sous le regard étonné des clients, tu tires ta créature derrière toi, ondulant entre les tables, t'excusant auprès du barman pour cet ivrogne que tu ramènes chez vous. Enfin, vous vous extirpez de la scène et sans lâcher Aubin, de peur qu'il ne prenne la fuite, tu regardes ta pipe s'éteindre dans un dernier sursaut de braises de tabac avant de la ficher dans ton sac à main qui a glissé au niveau de ton poignet.

Dans la rue déserte, tu attires soudain le corps du hibou fracturé contre le tien. Sa carcasse s'écrase contre tes seins, ton plumage de laine vibre soudain d'une ardeur nouvelle. Ton bras libre s'enroule autour de ses épaules trop fines, tes hanches rondes entrent en contact avec les os tranchants des siennes. Et tu le serres contre ton cœur jusqu'à le briser davantage, le fondant en toi comme aux premiers jours, dans une terreur suprême de l'abandon éternel. Les longues boucles de tes cheveux de feu s'échappent en flammes cuivrées qui enveloppent vos visages soudain si proches.

« Mon amour... »

Dans le sang et les larmes, tu t'empares de ses lèvres. Sous tes paupières roulent les sillons acides qui dévalent sur tes joues blanches. Ta main de fer annule son étau pour gagner son dos, remonter entre ses omoplates, scrutant chaque vertèbre brisée, chaque muscle claqué, chaque tendon déchiré, pour se faufiler dans sa nuque tremblante et laisser ses doigts se perdre dans ses cheveux. Tu aspires son oxygène entre tes lèvres, lui donnant le tien en bouffées d'air chaud gorgé d'un amour destructeur, celui là même, qui entre tes papilles, se dresse fièrement. La barre d'acier qui transperce ta langue vient tendre subrepticement, tout contre celle d'Aubin, sa perle d'argent.
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MessageSujet: Re: I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]   Mar 7 Juil - 12:51


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Elle ne délaisse pas sa prise autour de son poignet famélique. Comme un lien, un unique pont tendu entre eux.
Elle ne desserre pas sa prise et la douleur continue de lui broyer la cervelle, pauvre fou qu’il est. Il sentirait presque ses os venir lui déchirer la peau, venir la fendre de toute part.
Elle le regarde et lui intime de changer le sien, de regard. Pourquoi donc Apolline ? Que te fait-il ce regard qui n’est que le fruit de tes actes ? ce n’est encore là qu’une de tes œuvre pourquoi alors tant de dégoût lorsque tu la regardes ?
Les taches noires dansent devant ses yeux, rendent la pièce beaucoup plus sombre. Sa vison perd de son acuité tant les bord s’en teintent de cette couleur sombre, comme un carcan, pour ne laisser, pour ne sublimer qu’Apolline, le centre de sa netteté.  La belle comme un dragon endormi et elle-même coiffée d’un épais masque de fumée. Des volutes épaisses qui lui dansent devant le visage, qui le font paraitre plus fantomatique, plus rêvé qu’alors. Comme une apparition irréelle dans une fumeries d’opium, comme une chimère magnifique sortie droit de  ses rêveries, comme le poison doucereux du souvenir. Comme la brutalité du monde réel.
Elle s’approche de lui, et il lui semble que son regard si acéré n’est qu’une autre épée venant se planter dans son être. Empalé au bout de la noirceur compacte de ce regard qui se durcit a la limite  du possible, le parsemant d’éclats de glace.
Il sait bien, oh oui, il sait bien qu’elle serait capable de lui briser son autre poignet, sans aucunes concessions, sans aucunes hésitations, parce qu’elle en a tellement l’habitude.  Parce qu’elle l’a si souvent fait.
Son corps tremble dans cette folie froide. Son corps est agité de soubresauts de douleurs tandis que ses doigts ont ainsi laissé leur trace dans le vieux bois de la table. Il a mal mais ne fait aucun bruit. Ravale douloureusement ses peines qui ont ce gout de bile lorsque son estomac se soulève horriblement, venant frapper son diaphragme, bloquant ses poumons.
Tout son corps et raidit, tendu a l’extrême. Peut-être s’effondrerait-il sans plus de cérémonies si il n’y avait pas cette tension pour tenir ses membres entre eux, si il n’avait cette amour passionnel, inconditionnel et totalement névrosé qu’il lui vouait.
Quand la belle défait enfin sa prise, enfin Aubin respire et lâche un gémissement silencieux mêlé d’un soupire quand il sent ses doigts délicats glisser sur sa peau abimée, comme une brise chaude, comme de l’eau brulante lui ruisselant sur le derme. Comme si elle essayait de lire en braille sur sa peau le livre de leur pitoyable histoire. Afin qu’il n’oublie jamais, elle l’avait marqué au fer rouge dans sa personne. Peut-être afin qu’elle non plus n’oublie jamais ?
Apolline lui intime de la suivre, et à ce moment-là, pauvre bête à l’esprit brisée, il n’est plus qu’un automate qui suit son maitre. Il suit ses mouvements, et n’entend plus rien à la foule qui les regarde d’un air étrange, jugeant surement son pas raide et titubant découlant des affres de l’alcool, alors qu’il lutte simplement pour ne pas s’effondrer, de cette douleur qui comme un corset lui tien le dos à peu près droit.

L’air du dehors fait frissonner sa peau, tant l’atmosphère nocturne est différente du dedans, piquant son derme, le lavant de la moiteur du bar. Il déglutit et s’attends au pire. Le hibou serre la mâchoire comme dans l’attente de prendre des coups.Des choses à se dire. Les choses à se dire étaient parfois chez Apolline douloureuse comme des coups, comme toutes ses autres articulations friables qu’elle pouvait encore briser.
Mais soudain sa poigne se fait plus forte et elle l’attire contre lui, le presse contre la chaleur de son corps si contraire au sien. Un hoquet de surprise reste bloqué dans sa gorge, nullement gêné par la force de cette étreinte, la tension qui anime son corps soudain l’abandonne et il se perd dans les bras de sa belle. Grisé par le contact de leurs corps si contraire, de cette chaleur émanant du corps d’Apolline qui se mêle a la glace du sien, de son odeur qu’il peut sentir, le nez dans ses cheveux, son visage si proche du sien. Il s’enivre contre cette peau si souvent désirée. Il ne s’attendait pas à un tel retournement de situation, mais sa surprise laisse place à une sort de sensation de plénitude.
Les mots d’Apolline le font frissonner. Plus qu’alors car le mots doux n’est cette fois-ci plus teinté de la haine froide dont il avait tant été l’objet.
Et ses lèvres rebondies, comme deux pétales de rose viennent s’accrocher aux siennes cachées dans sa barbe, des lèvres fines et déchirées, couverte de leur parure carmin.
Aubin sent ses mains parcourir son corps, comme pour le réveiller après un long sommeil et cette sensation fait perler à ses yeux quelques gouttes de sels qui pourtant ne coulent pas. Car il se souvient tout de même qu’entre les souffrances et les tortures, elle avait toujours été la seule à savoir le faire vibrer ainsi. A savoir arracher à son être terne quelques lueurs de vie.
Il lui semble alors que son inertie est aspirée en même temps que son oxygène par cette bouche qui prends possession de la sienne. Mais il ne tarde pas à répondre à cette langue jumelle, qu’il préfère contre la sienne plutôt qu’à l’accabler d’horribles mots. Il préfère ces mains brulantes qui passent dans sa nuque plutôt que celles qui naguère lui brisait les os. Et bien sûr la bille d'argent pernicieuse qui siège sur la langue de sa douce le brûle comme la plus horrible des tortures. Mais il ravale son gémissement et serre le poing de a main brisée, pour que cette douleur remplace celle de sa bouche.
Il descend sa main valide le long de son dos félin, pour poser sa main dans le creux de ses reins et l’attirer plus à lui, prolongeant le baiser jusqu’à ce que l’un comme l’autre le souffle les abandonne et qu’ils se retrouvent obligés de séparer leurs lèvres de leurs amoureuse étreinte.
Il pose à nouveau ses yeux gris, un peu rougis, sur le visage d’Apolline en dessous du sien, mais son regard a changé, la folie s’y est terrée, pour laisser place à la douceur qui n’a sa place que chez cet homme.
La vison des sillons brillant sur ses joues pleines lui tordent le cœur, et les lèvres de la belle sont aussi carmin que les siennes, colorée de son sang.
Doucement, il prend un pan de son visage en coupe et en douceur se penche pour l’embrasse à nouveau, pour faire partir de ses lèvres ce sang.  Son pouce se passe sur ses lèvres sans que sa mains de quitte son visage, puis avec douceur, il le fait remonter pour effacer les larmes qui roulent sur ses joues. Son geste est tendre, et ses longs doigts dansent sur sa peau comme un aveugle découvrant un visage.
Le hibou baisse son visage et l’embrasse dans le cou, la chatouillant surement au passage à cause de sa barbe, et remonte lentement le long de la jugulaire qu’il sent pulser, pleine de vie, sous se lèvres. Il cache un instant son visage dans ses cheveux de couleur sanguine et finis par relever la tête, il l’embrasse sur le front et passe à nouveau son bras dans son dos, l’attirant au plus près de lui pour qu’il soit en mesure de poser sa tête sur la sienne, reposant contre son torse maigre. Il n’arrive pas à parler. Il voudrait lui dire, lui hurler combien elle lui a manqué, combien il l’aime. Mais les mots parlé ne sont pas son fort, et elle sait que son contact est pour lui plus sincère que tous les je t’aime. Il titube en arrière, mais se retient. Ses jambes ont du mal à le porter mais la passion de cette étreinte le tiens debout. Sa main abimé pend a côté de lui et rayonne comme un soleil de douleur dans toute sa personne.
Mais il n’en n’a cure.
Elle est là, près de lui.
Elle est là dans ses bras.
La douleur n’est qu’accessoire, même si sa vision à atteint le noir total et que son dos doit se soutenir contre le mur pour ne point s’effondrer. Il a peur. Il a peur que si ce moment cesse tout s’effondre autour d’eux. Il a peur que le mal recommence. Et il a peur car il sait qu’il se jetterait dans ses filets a corps perdu.



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MessageSujet: Re: I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]   Mar 7 Juil - 13:49

Le feu et la glace se rencontrent brutalement dans la force mélancolique de vos deux corps. La violence se fracasse contre la tendresse, la haine contre l'amour, la vie contre la mort. Le corps chétif du hibou se font dans ton étreinte brûlante et le sol se dérobe sous tes pieds tandis que ton sac chute brutalement sur le sol et se renverse. Tes éclats de ta vie roulent sur les pavés, les médicaments d'Aubin parmi eux. Le maquillage se mêle aux pilules dans une triste nature morte de votre relation dévastatrice, l'apparence poudreuse masquant la maladie qui vous ronge. Les serres de l'oiseau de malheur que tu es s'agrippent aux angles tranchants de sa silhouette fébrile, plongent dans les fibres de ses vêtements que tu aurais presque envie de lui arracher, maintenant, en pleine rue.

La fougue de ta langue se mêle à la sienne et son rouge à lèvres plus authentique s'évade sur sa peau comme sur la tienne. Tu sens chacun de ses muscles se contracter avec violence à la caresse de l'argent sur sa muqueuse et plus que jamais le goût du baiser se teinte d'une saveur métallique. Même dans la plus grande tendresse amoureuse la rose que tu es aiguise ses épines et le repos n'existe pas. Le gémissement du hibou qui s'étouffe dans vos bouches se perd dans la souffrance et l'affection, tandis qu'au bout de son bras s'effiloche une aile aux reflets de sang. Tes reins s'enflamment du froid de ses plumes pourtant glaciales alors que vos corps s'épousent parfaitement ; vous avez toujours été faits l'un pur l'autre, et toutes ces années de séparation n'auront rien changé. Aubin demeure à ton image, brisé de toutes parts, et complète de sa carcasse gracile et de sa tendresse romantique l'enveloppe de haine désastreuse qui auréole ton être névrosé.

Tout ton corps vibrant d'ardeur se tend naturellement vers lui qui plus grand que toi vous élève dans une autre réalité. Ton cœur bondit dans ta poitrine et ta respiration s'emballe contre cet homme unique au monde, le seul à ce jour qui possède le pouvoir de calmer la flamme qui t'habite et t'agite. Sa longue main saisit dans toute la douceur de ses doigts fins ton visage opalin, et ses yeux gris teintés du rouge d'un désir intrinsèque, transpercent les tiens de l'acier du sentiment symbiotique. La pulpe de ses doigts doux comme une plume caresse ton visage, électrifiant les frissons qui traversent ton corps de parts en parts. Ton regard s'accroche désespérément au sien comme s'il allait t'abandonner d'un instant à l'autre, toi, le diable aux pactes sanglants. Il demeure muet mais la lueur de son regard vaut tous les mots du monde.

Ses lèvres rejoignent de nouveau les tiennes sans s'attarder sur la douleur vibrante de ta langue, glissent le long de ta mâchoire, épouse ton cou qui se tend en arrière. Tes yeux se ferment et ta raison s'arrache définitivement de ton corps tremblant. Il te serre davantage contre lui, ses lèvres quittant son front dans une bénédiction qui te ramène à la vie. Ta tête de poupée bascule dans son cou, tes cheveux ruissellent sur tes épaules comme des larmes de sang que tu ne verseras plus. Tes bras le serrent si fort contre toi, et il est si maigre que tu as l'impression que tu vas t'étreindre toi-même alors que son corps va soudainement disparaître en fumée et s'élever au ciel.

« Ne m'abandonne pas. »

Tes hanches brûlantes se collent contre les siennes et tes cuisses s'enflamment d'une supplication transparente. Il t'a dénudée, détruite, dévoilée, disloquée. Avec quelques gestes, avec cette tendresse viscérale qui te fait vibrer, l'unique arme de ce monde qui peut encore te mettre à terre. En quelques gestes.
Il t'a aimée.
Il t'a honorée.
Il t'a embrassée.
Il t'a serrée.
Il t'a transformée.
Il t'a sublimée.
Il t'a transcendée.

En trente putain de secondes.
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MessageSujet: Re: I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]   Mer 15 Juil - 22:34


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Il lui semble que leur corps comme toujours dans ces contraires, dans leur différence singulière et diamétralement opposées avait toujours joué dans leur alchimie. Que le feu de cette rousse, ne savait réveiller ses flammes que lorsqu’il se confrontait à la glace de son être. Et se mélange si délicieux, ce poison pernicieux qui roule alors dans leurs veines et qui les détruits de l’intérieur. Il les érode, les déchiquette, brule leur veine cette ciguë mortelle et amère que l’on nomme amour.
Ah amour, amour. Ton nom sonne pourtant si doucement dans les poèmes, mais sais-tu au moins comme tu déchire les âmes ? Sais-tu combien d’Hermione se sont vautrées dans le sang, combien d’Othello ont perdu la raison pour toi doux sentiment d’idéal, immonde chimère qui fait croire aux homme qu’un jour ils atteindront le bonheur.
Et voilà qu’elle se pousse plus fort contre lui, qu’elle fond son corps au sien. Qu’elle s’abandonne dans ses bras comme elle abandonne son sac et ses médicaments sur la chaussé, petits éclats de leurs vies respectives qui roulent sur l’asphalte, sur le sal, sur le sol, dans la vermine : comme eux.

Il sent pulser contre lui l’éclat de ce cœur, le cœur d’Apolline, qui semble vouloir traverser sa poitrine pour se cogner au plus près de celle décharnée d’Aubin. Battant comme un cœur la belle s’offre. Elle rayonne, oh oui, il a toujours aimé cela chez elle. Elle est un soleil à la chevelure de sang, elle brule la peau, elle éblouie les yeux, elle repend sa chaleur même dans les corps les plus froids. Même, ou plutôt surtout dans le sien.
Mais il ne voit plus rien, devant ses yeux ne danse plus qu’une seule tache noire qui lui englobe toute la vue. C’est la douleur de ses membres qui lui vrille la tête. Il ne peut que la sentir, Apolline, la deviner. Ressentir sa chaleur contre la sienne alors qu’elle le serre, quelle le serre si fort contre elle que ses os cassant menacent de rompre, comme si bien sûr, elle avait peur qu’il ne s’évapore entre ses doigts. Mais qu’importe, qu’importe, qu’importe il s’abandonne.
Et la supplique, la supplique qui tombe de sa bouche rosée, la supplique qui tombe comme un couteau sur son cœur le fait se serrer, imploser. L’abandonner diable.
Jamais.
Elle se colle un peu plus contre-loi, l’enserre entre sa chaleur brulante et solaire, et le froide pierre, humide et suintant du mur.
Le pauvre hibou aveuglé par cette noirceur devant ses yeux, ce pauvre hibou fébrile de sa main valide remonte le visage de sa douce et pose son front contre le sienne. Ses yeux sont grands ouverts, deux perles grises écartelées qui pourtant ne voient rien en dessous d’eux, ne voient rien de ce visage si longtemps fantasmé bien et qui pourtant courent dessus comme s’ils avaient pu d’un instant à l’autre recouvrer la vue.
Son souffle se mêle au sien, sans pourtant que leurs lèvres ne se touchent et lentement il attrape l’un de ses bras, fait glisser sa main contre le derme pour que celle-ci rencontre sa jumelle. Ainsi, il fait glisser ses longues phalanges entre les doigts de sa belle. Et dans la douceur qui est sienne il retrouve l’espace de ses doigts, juste à la bonne taille pour y faire coulisser les siens. Et prenant la main d’Apolline dans la sienne, il la remonte au niveau de son torse, la posant contre sa poitrine battant faiblement, sans rythme précis, au gré de ces émotions trop forte qu’elle lui provoque, qui le transcendent.
Ses lèvres tremble ses yeux se ferment.et pour une fois sa bouche articules des mots.

« T-t ’abandonner ? » La voix est douce, rauque, elle vibre d’émotion. «  J’ai ton souvenir ancré dans le corps. Ton être découpé dans le cœur qui s’imprime sur moi à chaque battement. Ton visage gravé sous mes paupières. Tu le sais Apolline… » Sa voix tremble «  Tu le sais, pourtant. Pour moi tu as toujours été la seule, l’unique. Comment pourrais-je t’abandonner, toi qui durant toutes ses années est restée avec moi ? »

Il cache son visage dans son cou, savoure son odeur, sa chaleur. Sa réalité transcendante qui se heurte contre la sienne.
« Mais tu es là. » Il serre un peu plus sa main et souri contre sa peau. Un sourire fou. « Oui tu es là maintenant. » Oui. Elle n’était plus le souvenir, le démon qui hantait ses nuits, le passé. Non elle était réelle, et aussi réelle qu’elle lui provoquerait de la douleur, qu’elle se vengerait de lui. Qu’elle le tuerai peut être. Mais tant pis. Peut-être était-ce ainsi, peut être devrait-il mourir de sa main. C’est ainsi que leur cercle vicieux prendrait fin.
Un nouveau soubresaut de douleur cependant le terrasse et c’est ses jambes qui se dérobent sous lui. Il glisse contre la rousse, contre l’étoffe de son poncho de laine et ses rotules heurtent douloureusement l’asphalte. Sa tête est lourde, toujours aveugle et elle se pose contre l’aine, contre le bas du ventre de sa douce, dans une recherche maternelle peut être ?
Ou peut-être dans un geste d’abandon total de son âme, de sa raison. Ah oui, Aubin s’abandonne à cette femme pour qui il avait tout abandonné.


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MessageSujet: Re: I'd cut your name in my heart [Apolline|Aubin]   Jeu 16 Juil - 8:33

Ses mots doux secouent ton cœur si froid, le réchauffent d'une mélancolie romantique qui te fait perdre la tête. Tu te mors les lèvres et la secoue en signe de négation, les yeux embués de larmes rageuses que le corps n'a pas la force de suivre, trop bouleversée par la force des émotions que tu ressens.

« Mais tu m'as abandonnée...Tu t'es débarrassé de moi...Cent ans, Aubin, cent longues années j'ai croupi là bas, j'ai compté les jours en espérant te retrouver. Je t'ai si longtemps cherché... »

La main d'Aubin glisse le long de ton avant bras dans une douce caresse, légère, celle d'une plume, et glisse ses doigts dans l'espace parfait des tiens, comme s'ils avaient été taillés pour eux. Ta main remonte, mue par l'énergie d'un automate, pour se poser contre ce cœur trop faible. La pulpe de tes doigts vibre pourtant intensément, à moins que ce ne soit ta propre force vitale qui fait circuler le sang dans ces veines trop fines ? Il enfouit son visage dans ton cou à son tour et vous disparaissez dans le noir, dans cette bulle que personne ne saura faire éclater tant que vous la ferez vivre de votre amour puissant et destructeur. La chaleur timide de ses membres te gagne. Ton cœur bat si fort dans ta poitrine que tu t'imagines au bord de l'explosion. Et soudain, contre ta peau diaphane, il te prononce et te promulgue. Il te laisse exister, il t'identifie, te donne toute cette consistance que tu n'as jamais su conserver toi-même, trop occupée à te déchirer le cœur de ton manque de lui, de son absence. Il croit en toi, te prouve que tu n'as rien d'une apparition.

Mais c'en est trop pour lui. Des deux pantins damnés que vous êtes, c'est lui qui s'écroule en premier, épuisé de ce spectacle trop riche en émotions, et tu n'as pas la force de te retenir. Il te glisse entre les doigts, longuement, presque au ralenti, avant de s'écrouler durement sur les genoux, sa tête contre ton ventre infertile.
Car il est ton amant, mais il est surtout ton enfant.

« Madame, ça va aller ? »

La bulle se brise soudainement. Tu relèves la tête, les cheveux en bataille, les yeux rougis par les larmes, les joues humides. Un jeune homme sort précipitamment du Old Absinthe House, des écouteurs sur les oreilles, une cigarette entre les doigts et vous embrasse de son regard clair qui vous arrache à votre fiction euphorique. Tout est flou derrière le rideau de tes sanglots alors qu'il se baisse en direction d'Aubin, murmure son nom avant de le prendre dans ses bras. Il se redresse, ta créature palpitant faiblement contre lui, te touche le bras, te dit qu'il va vous ramener. Tu tends les mains pour récupérer la carcasse du hibou agonisant, tandis qu'il ramasse les fragments de vos vies sur le sol, les regroupe dans ton sac et vous diriges vers une autre carcasse, celle de sa voiture.

Le temps s'arrête tandis qu'il vous installe sur la banquette arrière. Le corps d'Aubin se liquéfie dans tes bras, ses vêtements s'éparpillant sur tes genoux, comme s'il se déchirait de toutes parts. C'est un regard vide que tu contemples à travers le pare-brise le paysage qui s'étale, les maisons qui défilent jusqu'à ce que vous atteigniez la tienne. Il t'aide à sortir de la voiture et à en extirper Aubin, à monter les marches de ton refuge et à y pénétrer. Il laisse s'échouer le corps du hibou sur le canapé avant de placer une petite fiole dans le creux de ta main tremblante, indiquant que son contenu aidera à la cicatrisation que son corps a déjà entamé. T'avançant vers la fenêtre, tu regardes sa voiture disparaître à l'horizon. Un soupir s'échappe de tes lèvres qui, elles, s'étirent en un sourire. Tu serres violemment le poing et la fiole s'y brise dans un craquement plaintif. Les fragments s'écroulent sur le sol en tintant dans les poils du tapis et ta peau blanche, perforée des éclats de verre, se teinte du sang mêlé de la mixture indéfinissable.
Tu ne le sais pas encore, mais tu viens de rencontrer Loon.


FIN
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