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 Dans l'oeil du chat, l'au-delà

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MessageSujet: Dans l'oeil du chat, l'au-delà   Jeu 2 Juil - 0:08






Lovée, la nuit, au creux du monde.
A son giron, l'enfant terrible s'enivre. Toujours. Plus loin. Plus fort. L'essence humaine, née du zénith, suinte dans les rues noires pour trouver la lumière. Ma lumière. Je règne sur un domaine insomniaque que n'inquiète pas l'horreur de l'aurore. Mieux que l'éternité, j'offre tout à la fois la soif et le poison pour l'épancher. Mieux que l'éternité. Tellement mieux. Je sais ce que valent les journées sans fin, sans faim. Un cercle jamais fini, gratte la peau de vos os à chaque révolution absurde. Une lente constriction des sens, quand j'offre leur libération. L'éternité n'est qu'une absence. D'envie. De motif. Je vends le besoin, et je vends la drogue. Je suis votre sauveur. Pour une nuit. Pour une seconde.
Lovée, la nuit, aux creux du monde.
A son giron, les vivants vivent.


***
"Ada, chérie, c'est trop.
" - Mais j'en ai besoin."

Ses yeux pâles, l'abime. Une main fine comme une hirondelle, chaussée de gemmes, et l'odeur de jasmin - entêtante. Elle porte ses pierres et son or et son rouge, d'abord par défiance : les belles personnes ne sont pas tristes. Sa main de poupée agrippée à mon bras, qui ne sait si elle frappe, repousse, supplie. Au coin de ses paupières fanées par les années perlent de vagues souvenirs rougis par l'opium. Ada consomme depuis deux ans. Elle est venue me trouver après la mort de son époux. Certains viennent me voir pour oublier, pour s'oublier. Ada venait pour se souvenir, lovée dans les vapeurs rassurantes de la Maison Cendre, tétant à la pipe d'opium les fragments de sa mémoire.
Deux ans. Il ne reste que des miettes.

"Chérie, c'est en train de te tuer."

Ses yeux s'éclairent d'une lueur de défi. Un sursaut de fierté sauvage, devant l'inacceptable, devant l'évidence. D'une main douce, je guide la vieille femme sur l'un des sofas de velours niché dans l'une des discrètes chambres accueillant les opiomanes de la Maison Cendre. Sur la table ornée, une cruche de vin, un verre de cristal. Rien d'autre. Je pose une main fraiche sur son front brûlant.

- Je peux faire mieux."

***

Je repousse le rideau de gaze, fais signe à l'homme posté à l'extrémité du couloir de me rejoindre. Le jeune nécromancien, vêtu de l'uniforme des serveurs de la Maison Cendre, jette un œil inquiet dans la salle. Eddie est encore tendre, mais il a du potentiel. Il comprendra. J'exhibe la fiole de verre encore chaude. Le dernier souffle d'Ada glisse paresseusement contre les parois ouvragées. "Après avoir déposée la moisson au laboratoire, je veux que tu appelles une ambulance. Notre amie a eu un malaise. Son cœur a lâché. Rien d'étonnant pour une si vieille, si triste femme." Eddie fait bien une tête de plus que moi, mais à cet instant, il semble vouloir faire rentrer son  imposante carcasse dans le sol. Je pose une main rassurante sur son coude, et répète les mots familiers, rassurants. "Elle a donné sa permission. Je lui ai offert la paix. Beaucoup n'ont pas ce luxe. Au travail, boy."

Laissant mon élève s'activer, je quitte l'aile dédiée aux rêveurs. Quelques chambres richement décorées, au besoin adaptées au goût de mes clients les plus riches. Mon activité de vente d'opium, quoique tolérée par le Gouvernement pour la dîme qu'il en retire, implique une certaine discrétion. Officiellement, la Maison Cendre est un night club à la réputation sulfureuse, mais parfaitement légale. Avec ses liqueurs rares, sa musique plus souvent transcendante que moderne et ses habitués au look particulier, l'établissement jouit d'une image de marque unique, entre luxe-champagne et mysticisme punk.

Un ascenseur capitonné m'amène en toute discrétion au rez-de-chaussée. Les portes veinées d'onyx s'ouvrent sur un soupir, et me frappent tout d'un coup la musique, la chaleur, la pénombre. La salle entière est une matrice, chaude, mouvante, dont se nourrissent les errances alcoolisées de la foule élégante. J'avise le rempart opaque de danseurs me séparant du bar tenu par Jo - un éclat de chevelure platine, entre deux lampées d'ombre. Je choisis de me faire apporter mon habituel whiskey, confortablement installé sur une banquette de cuir, dans l'une des alcôves usuellement occupées par les buveurs endurcis, les couples énamourés, et les vieillards dans mon genre.

L'esprit serein, je savoure l'instant de solitude volé à une nuit qui promet d'être longue.




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MessageSujet: Re: Dans l'oeil du chat, l'au-delà   Dim 12 Juil - 15:05



Dans l'oeil du chat, l'au-delà.

(pv) Cinna Six


~

Les paroles en italique sont dites en français.

Parler de concurrence à une prostituée, c'est parler de bois à un bûcheron. Si tu ne comprends rien à ce monde comparé au notre, il n'en reste pas moins une chose que tu connais sur le bout des doigts : le danger d'une bonne concurrence. Certes, tu as plus été la concurrence que victime de concurrence, mais tu restes perturbée par la nouvelle. Perdre des clients est un fait inévitable et bénin pour l'établissement. Perdre tous ses clients – même s'il serait surprenant que ça en arrive jusque là, ton cerveau a sa limite de compréhension – est inacceptable. Et tu ne connais rien de plus mauvais et dangereux qu'une femme éconduite, une prostituée abandonnée.
Hm… tu t'égares, Mère.

Tourmentée par ce que tu as entendu, tu as passé les jours suivants à épier les conversations, à surveiller de loin ce que les clients osent dire de la fameuse Maison Cendre – the Ash House, traduite vulgairement Cendre Maison par ton critiquable niveau de langue, finalement inversée pour un rendu moins étrange. Tu en es même venue à effrayer une table tranquille lorsque, dans la conversation, tu les as entendus dire qu'ils « iraient bien passer la soirée » chez la concurrence. Le regard noir et le torchon tordu sauvagement entre tes mains les ont dissuadés de sortir cette nuit. C'est donc décidé, tu iras toi-même découvrir quel genre d'établissement ose voler la clientèle juste sous ton nez.
Tu dois prendre les choses en main.
Eh bien… Mère, à ta place, connaissant tes capacités physique et intellectuelle, je ne ferai pas le moindre pas. Tout ce que tu vas réussir à faire, c'est t'attirer des ennuis… encore. Tu n'es pas capable de la discrétion nécessaire à une telle mission et, s'il apprenait tes intentions, je ne doute pas que ton patron t'enchaînerait dans les vestiaires pour être sûr que tu ne tentes rien d'imprudent. Tu devrais savoir, pourtant, qu'une bonne entreprise peut cacher un homme effrayant. Qui sait ce qui t'arrivera, si tu vas là-bas ? Quoi qui puisse arriver, tu es incapable de te défendre.

Mais tu t'es décidée et il est impossible de te faire changer d'avis. C'est ainsi que lorsque ton service est terminé, tu fonces sans attendre dans les rues du quartier, sous les yeux suspicieux de ton patron. Sais-tu seulement où se trouve la Maison Cendre ? Pas le moins du monde, aussi te laisses-tu porter d'établissement en établissement par l'odeur de l'alcool. Vas-tu trouver l'endroit que tu cherches de cette façon ? J'en doute, comme je doute que tu puisses reconnaître les mots au-dessus de la porte. Tu ne te laisses pourtant pas démonter, puisant dans tes grandes réserves d'énergie pour courir plus vite et plus loin, si loin que tu pourrais avoir changé de quartier sans en avoir conscience.
Heureusement, ce n'est pas le cas, et tu t'en rends compte en stoppant ta course à l'intérieur du bâtiment, haletante, quelques gouttes de sueur perlant sur ton front. Quelques regards curieux glissent à toi tandis que tu laisses échapper un « enfin » de ton français natal et chasses d'une main la misère sur ta peau blanche. Quelle autre folle que toi peut pénétrer un endroit, qu'elle compte espionner, à bout de souffle ? Tu ne t'es guère préparée, poussée par ton impulsivité, sans réfléchir. Et tes habits choisis avec très peu de soin pour une soirée enfiévrée t'attirent le mépris de quelques regards vite déviés.

Le plus gros soucis de ta vie reste l'alcool qui déjà attire tes yeux sur le bar, au fond de la pièce. L'obscurité ne te dérange pas pour avancer, ton animalité perçant les ténèbres pour te dicter d'éviter telle ou telle personne, tel ou tel objet. Si tu n'étais concentrée sur l'ambre qui coule dans les verres, tu pourrais trébucher, là, comme ça, sans même avoir besoin d'obstacle, simplement parce qu'il y a tant de choses à regarder que tu ne saurais plus que faire. Tu as donc cette chance, dirons-nous, d'oublier le reste pour fendre la foule et atteindre ton paradis bien à toi.
Tes doigts glissent sur le bar et tes yeux parcourent les nombreuses bouteilles. Tu sens le regard du barman posé sur toi, sa voix qui se fraie un passage jusqu'à tes oreilles inattentives, guère plus qu'un murmure que tu ignores. Range ta bave, Mère, tu n'es pas là pour boire. Reprenant tes esprits, tu gratifies la barman irritée d'un grand sourire. Il ne faut pas te demander de t'excuser, tu ne t'es même pas rendue compte du traitement que tu lui a réservé.

Whisky !

Le parfum de l'ambre étire un peu plus tes lèvres et c'est avec avidité que tu t'empares du verre, sans oublier de glisser ton dû dans la main de la dame. Il n'y a plus rien, dans ton crâne, de ce qui y fut avant de pousser la porte. Tu déambules entre les corps, attentive à ne renverser aucun goutte d'alcool, sans plus penser une seconde à ta mission première : l'espionnage. Comme quoi, j'avais raison, tu étais vouée à l'échec.

Attention !

D'une main rendue experte par le travail, tu redresses le bord du plateau devant tes yeux tandis que ton épaule heurte le bras du serveur. L'alcool tremble à l'intérieur du verre et tu sens, sur tes doigts qui serrent le tien, le liquide s'échapper. Il ne manquait plus qu'un malheureux pour gâcher ton argent sur le sol. C'est donc non sans arrière-pensée que tu avise le whisky mieux rempli que le tien, sur le plateau. Ca ne se joue qu'à quelques millimètres d'ambre et, pourtant, tu ne peux décemment pas laisser le serveur s'en tirer avec ton futur vers entre les mains.
Agrippant la manche de cet homme qui dépasse ton grand corps du sien, tu retiens de nouveau son attention, alors même qu'il s'est déjà excusé – et que tu es, en réalité, plus en tort qu'il ne l'est. Ton doigt se dresse en direction d'un client, assis un peu plus loin dans un coin calme, et tu te permets un nouveau sourire, en plus d'une fausse volonté de réparer ton presque crime.

C'est pour cet homme, là ? Tu sens son hésitation, mais il finit par acquiescer. Tu avais, de toute façon, compris qu'il se dirigeait dans ce sens. Laisse-moi lui apporter… pour me faire pardonner, et comme ça tu gagnes du temps pour débarrasser la table là-bas, ok ? Bien !

Tu te vantes, intérieurement, de l'agilité avec laquelle tu refermes tes doigts sur le verre et de la rapidité dont tu fais preuve pour ne pas laisser le serveur riposter. En vérité, tu n'aurais jamais pu réussir s'il n'avait été si… timide. Oui, Mère, c'est de la timidité, cette chose que tu ne connais pas alors que le monde se porterait mieux de t'en savoir pleine.

Sans oublier d'avoir préalablement échangé les deux verres pour te garder le plus rempli, tu te poses finalement sur la banquette en cuir face à l'inconnu, glissant habilement la boisson juste devant lui.

Un Whisky pour monsieur, et un pour madame, bon appétit !

Terrorisée à l'idée qu'il ait pu remarquer ton jeu avec les verres, tu t'empresses de porter le nouveau tien à tes lèvres et d'en boire une gorgée. Suspecte, tu pinces les lèvres, lèves le menton et feins la suffisance.

Si ton verre est plus vide, c'est pas de ma faute.

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MessageSujet: Re: Dans l'oeil du chat, l'au-delà   Mar 14 Juil - 23:52



Eddie.
Tendre, naïf Eddie.

Vous penseriez que sa carrure de lanceur de poids lui donnerait un minimum d’assurance. Quelque chose. De quoi tenir tête à la gouaille supposée (d’ici, je ne peux pas les entendre, mais je peux certainement les voir) d’une cliente ayant autant sa place dans cet établissement qu’une chouette au parlement. Mais non. Les apparences… Les apparences ne sont que ça. Du visu. Du superficiel. Eddie est une larme de gentillesse versée par le plus délicat des moineaux. Eddie est le soupir de réconfort d’un bébé mulot s’endormant dans un nid de plumes.

Tant pis.

Eddie est mon apprenti. Le plus gentil des nécromanciens, comme j’aime à l’appeler. Même s’il s’agit plus d’une boutade que d’une réelle invective. Le jeune homme est d’abord spécialisé dans la guérison, un art qui lui sied parfaitement. Il est efficace (le voilà déjà en train de servir, après le petit travail que je lui ai demandé) et affable. Je ne puis exiger d’un élève de contrer sa nature profonde. Eddie est gentil.

Mais je ne le suis pas.

« Madame. »

J’observe notre nouvelle « cliente » s’installer d’un œil ostensiblement amusé, et critique. Si la maison n’exige pas de dress code particulier, tout habitué sait d’ordinaire choisir ses tenues pour se fondre dans la masse. J’étire contre mon verre un sourire de requin devant le panache de son entrée. Il y a là un talent qui m’amuse. Me ferait presque oublier l’outrecuidance de notre invitée.
Presque.

Je bas des cils, mielleux. « Effectivement, mon verre est moins bien fourni que le vôtre (j’insiste volontairement sur le vouvoiement, une once de givre dans la voix). Mais peu importe la quantité, devant la qualité. N’est-ce pas ? La liqueur n’a rien à envier à l’eau du robinet. »

La gorgée de whiskey que la jeune femme a pu extorquer de mon verre sera la dernière. Contre-miracle ou abomination, voilà l’ambre changée en eau claire – du moins pour ses sens, brièvement altérés par une illusion gourmande en énergie. Un ange passe.

« N’oubliez pas, madame, de consommer. Nous sommes un night-club, pas un abreuvoir. »

Blasé, j’extirpe mon portable de ma poche. La lueur malade de l’écran bleuâtre tranche avec l’ambiance organique, chaleureuse, de l’alcôve.
Joanna, ma barmaid. Je fronce brièvement les sourcils, jamais tout à fait habitué au style télégraphique de l’omnisciente nécromancienne.

« OLD ABSNTH. SERVSE. DNGER »

Jo doit à son intelligence une grande vivacité d’esprit. Ainsi qu’une flamboyante paranoïa. J’observe la fille, désormais parfaitement intrigué par une situation que je ne maitrise pas. « Auriez-vous l’extrême obligeance de me renseigner sur votre nom ? J’aime à tenir un registre sur les clients qui humilient mon personnel. » Je croise du regard un Eddie penaud, plié en deux sur son plateau de serveur. Lui adresse un clin d’œil et un petit geste de main naïf, avant de revenir à ma prestigieuse voleuse d’alcool, ma joue confortablement calée dans ma main.

« Je suis Cinna Six, manager de cette petite coterie accueillante. Et je voudrais qu’elle le reste. Ainsi, madame, j’aimerais vraiment savoir si vos manières avec mes serveurs sont une habitude. Je crains qu’elles ne nuisent au business et au confort de mes clients, à moins que ce ne soit de votre part qu’une façon particulièrement maladroite de candidature pour un poste dans cet établissement. »

Ma diatribe est juste un peu gâchée par un effroyable éternuement de ma part, dont je ressors larmoyant. Une réaction allergique, à ma grande surprise.  

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MessageSujet: Re: Dans l'oeil du chat, l'au-delà   Dim 19 Juil - 17:04



Dans l'oeil du chat, l'au-delà.

(pv) Cinna Six


~

Les paroles en italique sont dites en français.

Ton regard croise le sien et s'y attarde un instant. Tu hausses un sourcil, la bouche contre ton verre, sans boire pour autant. Ton esprit se concentre ailleurs, voilà bien la seule chose qui te retient. Que te veut-il, à la fin ? Est-il un pervers ? Peut-être que tes vêtements ne lui reviennent pas ? Tu as les habits avec lesquels tu travailles normalement. Tu n'as pas réfléchi aux détails de ton infiltration – que tu as déjà oubliée, en fait. Te changer n'aurait pris que quelques secondes de plus mais… nous savons tous que ça ne t'aurait pas cachée. Un pas dans l'établissement et tu as tout fait disparaître de tes pensées. Habillée convenablement ou non, tu es un feu en pleine nuit, aussi peu discrète que le nez au milieu du visage.
Bref. As-tu choisi le mauvais type ? Tu ne veux pas qu'il insulte ta tenue et encore moins qu'il te reluque comme un chien regarde un steak. Tu devrais partir, Mère. Ton plan était voué à l'échec, de toute façon. Allez, allez, file donc rejoindre ton sorcier bien à toi.
Mais tes yeux se plissent davantage et tu restes clouée à la banquette. Peu importe la quantité ? Vraiment… tu préférerais avoir les deux que de devoir sacrifier le nombre pour la qualité. Non ? N'est-ce pas plus logique ? Liqueur ? Whisky. Eau ? Whisky. N'est-il pas simplement fou ou plus idiot que tu ne l'es ? Vivre aussi vieux avec un cerveau plus inutile que le tien, Mère, ça relève du miracle.
Et de miracle, en voilà un qui attire tes yeux sur le verre. Le doux parfum a disparu avec l'ambre qui glissait ses reflets entre tes doigts. De l'eau. Plate. Tout simplement. Inutile. Doit-on payer pour boire… ça ? Tu te le demandes, amenant le verre au niveau de ton front pour mieux voir qu'il n'y a absolument rien à voir. Transparente, l'eau remue à l'intérieur sans dégager une seule odeur. Il ne reste rien de l'alcool.

Hé… J'ai payé un whisky. Whis. ky. Rends-le-moi.

Tu es sûre d'une chose, vous n'auriez jamais fait une chose pareille au Old Absinthe House, n'est-ce pas ? Quel détestable établissement. Comment peut-on voler des clients en les traitant aussi mal ? Hmm… Peut-être que les gens aiment être reçus comme des chiens ? Le monde a bien changé…
T'écoute-t-il, au moins ? Il lit son téléphone, comme le plus normal des hommes, comme si tu n'étais pas là, sans intérêt. Tu fulmines à l'intérieur, prête à lui jeter ton eau au visage. Non. Tu ne veux pas gâcher l'alcool qu'il cache. Devrais-tu crier au scandale ? Si tu avais l'intelligence nécessaire, oui, mais tu ferais mieux d'oublier, Mère. Ta capacité de rébellion s'arrête à ce que peut faire une gamine de quinze à son paternel. Incendier une maison ? Ce n'est vraiment pas de cette façon que l'on se bat contre ses ancêtres, tu sais ?

Ton nom. Rien que ça. Est-ce que ça justifie que l'on t'empêche de boire ? Non. Et tu n'as pas humilié la personne, si ? Eh bien… Je l'ai aidé. Certes, tu as remarquablement redressé le plateau qui allait tomber. Mais aurait-il été sur le point de tout renverser si tu avais posé tes yeux sur ta route plutôt que sur ton verre ?
C'est à peine un « Ca- » qui sort de ta bouche avant qu'il ne se remette à parler, sans t'écouter. Et tous ces mots que tu ne comprends même pas… Pourquoi poser des questions quand on ne veut pas de réponse ? Alors tu poses enfin ton verre d'eau et tu le fixes, les sourcils froncés, à essayer de capter ce qu'il raconte. Tu ne saisis pas tout mais l'essentiel est clair : tu le gênes. Tu ne sais pas ce que tu as fait de mal mais tu l'as fait, alors tant pis, on ne revient pas dans le passé, non ?
L'éternuement te surprend et te fait sursauter. Est-il malade ? Au moins a-t-il cessé de parler.

Ca va ? Un chat dans la gorge, peut-être ? Oh ! Cinna Six. Six ? Comme Napoléon III ? Manager c'est… empereur ? Hé… je veux pas te faire de peine mais c'est fini, il n'y a plus d'empereur nulle part. C'est pour ça que tu parles comme un vieux ? Tu sais… quand tu poses une question, il faut attendre une réponse au lieu de dire pleins de choses étranges. Moi, c'est Calypso, j'aurais pu être impératrice, non ? Ah ! Ce n'est pas une question.

C'en est une idiote, mais il serait compliqué de t'expliquer le sens d'une question qui n'attend pas de réponse. Tes yeux se reposent sur ton verre vide d'alcool et le sien si plein. Tu pourrais lui piquer, vider le verre d'une traite, à presque t'y étouffer. Après tout, n'est-ce pas ton verre ? Un soupire et tu poses ton menton sur tes mains à plat sur la table, l'eau calme juste devant le visage.

Dis… tu peux arrêter maintenant ? C'est cool, vraiment, même l'odeur a disparu et… le goût aussi j'imagine. Mais j'ai déjà payé ce verre et… si on apprend que j'utilise ma paie pour acheter de l'eau… Je voulais pas de mal au serveur, moi aussi je suis serveuse, mais j'en ai renversé quand il a failli faire tomber son plateau. J'avoue, j'ai échangé les verres, t'es content ? Rends-moi mon whisky maintenant. Promis, je bois, je pars, et je reviendrai pas. Le prends pas mal, c'est bien ici mais… il y a une odeur bizarre… peu importe. Arrête, s'il te plaît.

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