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 J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]

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MessageSujet: J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]   Lun 6 Juil - 21:52

Ce rp se passe juste après l'event freakshow

Il avait été sous forme d'alligator et barbotait dans l'eau poisseuse du bayou. Le léopard avait laissé la place au reptile. Chayton avait pris soin de rester sous forme animale pour soigner ses plaies dues à l'arène des clowns fous. Il avait donné ce nom à ce lieu de folie. Mais il devait rentrer et demander de l'aide à Gawain. Il avait comme la nette impression qu'il ne guérirait pas ainsi. Il espérait que le sorcier, enfin ce qu'il pensait être un sorcier, pourrait l'aider. Il ne savait pas si son nouveau maître aurait pitié de lui, mais sincèrement, il ne perdait rien à essayer. L'alligator s'extirpa difficilement de l'eau, siffla, gronda et ferma les yeux. La forme ondula, vibra et quelques minutes après, un homme fut là, nu et tremblant. Son corps était couvert de griffures et de morsures que l'autre skinchanger de l'arène lui avait fait. Savoir qu'un des siens lui avait fait cela, cela faisait mal, vraiment mal. Il serra les dents et se redressa. Son regard foncé brillait de douleur, mais il tint bon. Il alla en boitant jusqu'à la planque où il laissait ses vêtements. Enfiler le tissu sur ses plaies ouvertes faisait un mal de chien. Il avait envie de s'arracher la tête tellement il avait mal.

Chayton se soignerait mieux chez l'homme aux cheveux rouges. Étonnement, il lui manquait, mais vraiment. Il avait besoin de sa présence, il ne s'expliquait pas pourquoi, mais il en avait besoin. Le chemin serait long jusqu'au french quarter, mais il se promit de s'y rendre. Chayton tenta de s'arranger, de ne rien laisser paraître. Traîner dans ce quartier qui ne connaissait aucune difficulté, en tout cas pas celles du nord, le rendait malade. Il avait envie de hurler à la tête des gens, de les frapper, de les mordre, mais il ne pouvait pas faire cela, lui en déplaise. Il devait rester silencieux et discret, c'était la clef de la survie. Chayton tourna à l'angle d'une rue. French Quarter était un chouette quartier, rien à dire, mais il avait l'impression de terriblement dénoter dans ce paysage. Il avait l'impression d'être très sale et horrible. Finalement il arriva devant la maison de Gawain et n'en déplaise aux passants suspicieux, il sortit une petit clef de sa poche. La clef de l'entrée. Il déverrouilla la porte, se glissa dans la maison dont il ne manqua pas de claquer la porte bruyamment.

Bien fait. C'était une manière très enfantine de se venger du regard des gens. Chayton était vraiment à prendre avec des pincettes pour le coup. Il regarda autour de lui et eut aussitôt un mauvais pressentiment.

« Gawain ? »

Son ventre se tordit en prononçant le nom de son maître. Un mélange d'excitation et de peur le traversa. Il traversa le hall et chercha du regard une trace de son maître.

« Où es-tu ? »

Sa voix n'était qu'un murmure qu'une personne en dehors de la même pièce que lui n'entendrait pas. Pourquoi avait-il soudainement si peur ? Pourquoi son cœur se serrait-il ? Avait-il peur de voir son maître blessé ou de le voir fâché ? Il n'en savait trop rien, mais il continuait d'avancer entre les pièces. Il titubait légèrement et ses plaies s'étaient rouvertes. Du sang s'en échappait lentement. Il arriva jusqu'au salon et hoqueta d'horreur en voyant son maître.

« Gawain !! »

Il se précipita vers lui. Il voyait du sang, il voyait du rouge. Il avait peur, il avait envie de vomir, il se sentit si faible. Chayton tomba à genoux devant son nouveau maître.

« Tu es blessé ?! »

Sa voix était rauque de peur. Il tenta de se raisonner. A cause de la peur, il voyait mal et tremblait. Il était si faible. Un si mauvais esclave et domestique au fond. Mais Chayton adorait servir Gawain. Il y avait quelque chose chez cet homme aux cheveux rouges qui le fascinait. Il ne se considérait pas comme gay, mais il était vrai qu'il éprouvait une attirance pour Gawain. Une attirance qu'il ne s'expliquait pas, tout simplement. Il avait peur de perdre son maître alors qu'il voyait en sang, il avait si peur. Il était tout simplement tétanisé. C'était ridicule, n'est-ce pas ? Ses mains palpaient le corps, nerveusement. Il n'arrivait pas à s'arrêter.
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MessageSujet: Re: J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]   Mer 8 Juil - 21:30

La douleur a toujours été mon lot, mais je serais incapable de dire à partir de quand celle-ci à commencé. Je ne saurais décrire ce qui a fait qu’elle puisse devenir une habitude et encore moins expliquer sa raison. Mais j’ai mal. Ce soir. La douleur est vive. La douleur m’avait arraché des hurlements, étendu sur mon canapé ; je pensais que cette fois je ne pourrais jamais plus me relever. Une partie du torse ouvert, la cuisse entaillée jusqu’aux muscles et du sable c’était collé dans les plaies. C’était répugnant. Et si je ne meus pas de douleur, je vais mourir d’une infection. Je suis allongé là, sans me souvenir de comment j’ai pu m’en sortir. Comment j’ai pu me trainer jusque là. Je ne peux pas même décrire ce que j’ai ressenti quand je me suis rendu compte que Chayton n’était pas là. Je sais qu’il n’est pas obligé de vivre ici, j’exige seulement de lui qu’il rapplique quand je l’appelle et qu’il dorme au moins une nuit par semaine ici. Afin de m’assurer qu’il n’aille chez personne d’autre qui puisse se demander pourquoi il découche. Il dormait assez régulièrement ici, bien plus que je ne pouvais le lui exiger et je lui laissais bien plus de libertés qu’il ne semblait le croire. Mais il ne se plain de rien, à mon plus grand étonnement. Il ne désobéit pas ; bien qu’il pose parfois des questions qui me mettent hors de moi. Même si je refuse toujours qu’il fasse mine de se préoccuper sincèrement de moi et qu’une attention de trop de sa part peut générer ma rage ; il revient toujours. Et cela, même si je le chassais de la demeure, j’en étais persuadé.

Je ferme les yeux, tente de me détendre. D’oublier la douleur. Même si cela semble vain. J’essaye encore. Il me semble que je m’en vais. Quelque part ; que j’avance lentement et que la porte se claque derrière moi. A moins que ce soit la porte de chez moi qui ait claquée. Mais j’en doute. Pas à cette heure ci. Je demeure les yeux fermés à attendre je ne savais trop quoi finalement. Je ne me rendais pas même compte de la présence de Chayton avant que sa voix ne me parvienne et que ses mains se posent sur moi. A moins que ce fut son contraire. Je ne savais pas, ses mains me palpant m’irritaient quelque peu. De plus que cela était douloureux. J’ouvre les yeux, je ne me suis pas même rendu compte de l’aspect que je pouvais avoir. Ainsi torse nu, sale de rouge et de sable poussiéreux. Je sentais ses mains sur moi, sa peur me transpercer. Pourquoi tu as peur pauvre fou ? Je ne sais pas… Je ne comprends pas cet homme, cet animal. J’ouvre les yeux et observe son visage, il est si beau. Même dans la terreur, dans la fatigue, je pouvais regarder ses traits sans pouvoir demeurer indifférent. Il est… Magnifique. Empli de vie et de simplicité. Je ne sais pas ce qui existe chez lui, dans son âme qui me captive avec énergie. « Chayton… Calmes-toi… » Lui disais-je épuisé ; ce qui était malgré tout un ordre. Douloureusement, ma main est venue saisir la sienne qui touchait mon abdomen. Je le dévisage et je sais qu’il va mourir si je prends son énergie vitale. Que je n’en aurais pas assez ; que je dois… Tout lui dérober. Alors… S’il est véritablement mon serviteur ; il fera ce choix pour moi. Le choix du sacrifice. Quel qu’il soit.

« J’ai besoin… De me nourrir. » Je peux lire dans son regard qu’il est près à me donner un peu de sa force ; mais j’aurais besoin de tout. Alors je poursuivais malgré la fatigue « Sors… Et va… Apporte-moi… Quelqu’un… Parce que… Quelqu’un doit mourir ce soir, pour que je puisse vivre. » Je n’ai aucun scrupule à le soumettre à cet épreuve douloureuse, à briser le peu qu’il puisse lui rester. Oh, si tu es vraiment celui que tu prétends, si me servir tu le feras jusqu’à la mort… Alors tu le feras ; Chayton. Tu feras ton choix. « N’importe qui… Même toi. Alors… Va chercher… Ou choisi de me laisser mourir ici. » Trois options se présentent à lui. Je sais que choisir une personne au hasard dans la rue et la tuer m’indiffère ; mais lui… Je crois qu’il a bien plus de morale que moi. Je me crispe un moment, traversé par une onde de douleur ; je serre les dents avant de reposer de nouveau mon corps. Je respire difficilement. Je n’ai pas peur de mourir encore une fois… Je sais déjà, où j’irai.
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MessageSujet: Re: J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]   Mar 14 Juil - 21:40

Son apparence faisait froid dans le dos. Tout ce sang, toute cette poussière. Chayton en oubliait ses propres blessures. Il regardait nerveusement Gawain. Que faire ? Les mots surgirent enfin de la bouche de son maître et le skinchanger se figea à la manière d'un reptile. Sa main qui palpait ce corps venait de se faire arrêter. Il ne bougeait pas et sondait ce regard qui aurait dû lui faire encore plus peur. Mais il n'avait pas suffisamment peur. Il ne savait pas si c'était de l'amour qu'il éprouvait pour le mauvais sorcier ou de la connerie, mais il s'en fichait. Il avait la bouche sèche et réfléchissait déjà comment soigner ces terribles plaies. Mais Gawain lui apporta la terrible vérité, de l'énergie. Au fil des mois avec lui, Chayton avait compris ce que cela signifiait. Il avait compris, sans vraiment demander, que le sorcier aux cheveux rouges se nourrissait de l'énergie. Il l'avait subit de nombreuses fois sans jamais broncher, juste en serrant les dents. Cela faisait mal, mais il avait toujours appris à se taire, car il fallait parfois cacher la vérité. Il déglutit lentement. Quelqu'un devait mourir pour que son maître vive. Le monde se fractura. Le skinchanger se mit à trembler.

Sa respiration s'était soudainement coupée et il ne bougeait plus. Il tentait de réfléchir, mais son cerveau avait tout coupé. La vérité était trop horrible à encaisser. Il fallait sacrifier quelqu'un pour que Gawain survivre. Quel genre d'homme ferait ça ? Il regarda ce corps se tordre de douleur. Il devait agir. Lentement, il se redressa. Il continuait de trembler. Chayton pivota sur ses hanches, il devait choisir et le choix se fit, terrible, mais il se fit. Ses pieds bougèrent et il passa dans un autre état. Il sortit sans rien dire et il se mit à parcourir les rues. Ses pas le portèrent jusqu'au quartier malfamé du nord de la ville. C'était terrible à dire, mais l'ancien voleur savait où trouver quelqu'un. Il y avait des gens dans un sale état qui n'attendaient qu'une chose, mourir. Il devait apporter quelqu'un de vivant, quelqu'un de mort serait inutile. C'était du moins la théorie qu'il se faisait, il ne l'avait jamais demandé à son maître. Il n'avait jamais demandé plus d'explication sur ce pouvoir démoniaque. Car pour lui, c'était de la malice, le mal, tout simplement. Ce fut pour cette raison qu'il se retrouva à assommer une pauvre junkie en fin de vie. Elle sentait l'urine, mais surtout, la maladie. Elle allait prochainement mourir.

Chayton la porta dans ses bras et emprunta tous les dédales secrets qu'il connaissait pour ne pas se faire voir. Il savait qu'il faisait quelque chose de mal. Il savait qu'il n'était pas quelqu'un de convenable, mais il n'y pouvait rien, rien du tout. Il continuait d'avancer, indéfiniment. Il priait juste pour qu'on ne le voit pas. L'ancien rancher avait presque honte de prier. Dieu l'entendrait-il ? Ou une autre divinité ? Qui dans ce foutu ciel daignerait l'entendre alors qu'il faisait quelque chose d'horrible, hein, qui ?! Il aurait aimé qu'il ait une autre solution, vraiment. Mais il n'y en avait aucune. C'était cela ou se sacrifier. S'il n'avait pas été si égoïste, il se serait sacrifié. Mais là, il n'arrivait pas à franchir le pas. Il se disait qu'il devait encore vivre. Même si cela lui coûtait son âme, clairement. Il avait envie de hurler de honte. Il arriva finalement devant chez Gawain, pas chez eux, oh non clairement pas. Chayton entra dans la maison et se dirigea vers le salon. La fille n'était pas réveillée et il ne voudrait pas voir cela quand elle se réveillerait. Il regarda son maître, mais le regard du skinchanger était vide et hanté tant il avait honte de ce qu'il accomplissait.

« Tiens. »

Sa voix était morne. Il posa la fille au pied du canapé. Il espérait pouvoir fuir, ne pas assister à cela.

« Je vais te chercher des habits propres ? Et une bassine d'eau. »

Ce n'était pas une affirmation et il espérait secrètement que Gawain lui permettrait de dégager. Le début de l'enfer débuta, la fille ouvrit les yeux. Elle le regarda, elle regarda le skinchanger avec ses cheveux fous et son regard hanté avant de regarder le sorcier aux cheveux rouges. Chayton ne bougea pas, il se sentait tellement vide, une coquille terriblement vide à cet instant. Il ne réagit pas quand la fille se mit à hurler. Il resta stoïque, attendant des ordres. Mais c'était définitif, il sentait quelque chose se briser en lui, si cela n'était pas déjà arrivé. Il était juste un putain de monstre et cette constatation le brisait tellement. Des larmes roulèrent sur ses joues.

« Je suis désolé, désolé. »

Cette litanie de désolé se déroula tandis qu'il s'excusa. S'excuser d'être un monstre et d'exécuter les ordres de son maître. Refuser de sacrifier sa vie ou celle de cet être infernal sur le canapé. Il était faible, tellement faible au final.
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MessageSujet: Re: J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]   Mer 15 Juil - 11:46

Il n’a rien dit. Et il est parti. Je crois qu’il ne reviendra jamais. Je suis partagé entre l’envie de rire et celle… D’exploser. La rage cambra mon corps de douleur, me faisant pousser un cri étouffé entre mes dents serrées tandis que l’homme n’était pas même encore évadé de ma demeure. Mes ongles se plantent dans le tissu du canapé et je suis resté là, dans la souffrance. Mon regard vitreux fixait le plafond ces longues minutes, le sang s’échappait de mon corps au moindre soubresaut de celui-ci. Sursaut incontrôlable que m’infligeait la peine ressentie. Je souffrais. Puis un sourire niais apparu sur mon visage, riche de la lâcheté de celui que j’avais voulu à mon image. Oh Chayton… L’on se retrouvera en enfer ou quelque part d’autre. Je lui en faisais cette douce promesse. Je n’oublierais pas ce visage, si beau… Si torturé… Oh lui qui avait une si belle âme, si grande conscience ; qui donnait tant d’importance à la vie et à la mort. Qui avait cette notion de bien ancré dans l’âme ; lisible dans ses prunelles sombres. Je crois que je me suis laissé charmé par cette naïveté, cette… Innocence esquintée… Je me suis laissé charmer ; alors je pense que par cette erreur, il m’est temps de mourir.

C’est alors que j’entendis des pas ; mes yeux étaient restés fixe sur la plafond. Et la présence de Chayton éveilla en moi… La parfaite illusion de compter. La présence humaine aussi. Pas de première fraicheur. Je trouvais le regard de cet homme, mais quelque chose avait brutalement changé dans ses yeux. Ni peur, ni innocence. Juste la culpabilité froide et poignante. « Si seulement j’avais un cœur à t’offrir… Pour réparer le tien. » Se lamenta ma voix, d’une troublante sincérité. Oh oui, si seulement je pouvais m’ouvrir le poitrail un peu plus. Mais il n’y aurait que pourriture à l’intérieur. Alors peut-être, pourrais-je lui en trouver un autre ; plus tard. Pour encore el détruire. Parce que finalement, ne fut-ce pas le but de tout cela ? Mais telle fut mon autorisation pour qu’il aille chercher cette eau claire ; pour qu’il n’assiste pas à ce qu’il avait décidé pour cette femme. Mais celle-ci se réveilla, mes doigts venaient de trouver le chemin de sa peau et s’enroulaient autour de sa nuque. Peu à peu, je senti cette pâle énergie se propager vers mon être ; la femme se mit à me fixer et commença à hurler ; comprenant alors ce qui se produisait. Je fermais les yeux, m’abreuvant de son énergie. Mon corps se secoua sous la violence des souvenirs que je lui dérobais. Les plus belles parcelles de sa vie, aux plus obscures qui animent son âme. Un râle plaintif grondait au travers de ma gorge ; tandis que mes doigts se crispent à tel point que mes ongles ont traversé sa barrière cutané et fit couler ce sang rouge vif sur sa peau délavée.

Et alors que Chayton se confondait en excuses inutiles et vaines ; la vie quitta peu à peu cette femme dont la tête vint se poser contre le matelas. Epuisée… Elle se laissait alors peu à peu vider de toute vie, la douleur venait de passer ; son souffle ne fut plus et elle se mit à gasper. J’aspirais ce qui pouvais bien rester dans la moindre de ses cellules et ses yeux ouverts me fixent alors que toute vie avait disparue définitivement de son être. Ne laissant alors que ce corps totalement rigide et sec. Haletant, je vins caresser ses cheveux crasseux et ferma ses paupières qui ne s’ouvrirons jamais plus. Les plaies les plus superficielles se sont refermées et mon membre presque arraché me sembla tout à coup moins insoutenable bien que je ne m’aventurais pas à la mobilisation de cette jambe. Puis ma main s’est tendue vers Chayton pour toucher cette joue souillée de larmes « Regrettes-tu ? Est-ce pour cela que tu pleures ? » Moi qui n’avait point hésité un seul instant à me nourrir, je n’avais pas pensé que cela puisse être mal. Il me fallait me nourrir. Telle est la chaine alimentaire. Le voir pleurer m’agaçait. Je ne l’avais jamais vu dans un tel état, et pourtant… Il aurait pu choisir de s’enfuir et regagner sa liberté… Ma voix est faible, mais elle poursuivie tandis que je continuais de toucher sa peau sans succomber à la tentation de le tuer lui aussi « Je peux… Te parler de la mort… Chayton. D’abord… On l’affronte. On la regarde droit dans les yeux, on l’imagine encore ; la douleur n’est pas si insoutenable et la mort nous fait rire. Puis l’on commence à se débattre, l’on se pose toutes ces questions sur la vie et ce que l’on aurait pu changer. Et l’on se débat, parce que l’on pense que l’on peut tout modifier, que si seulement… Ce n’était pas trop tard. Et cette douleur s’empare de tout. La douleur et les émotions veulent sortir, mais la mort les gardent prisonnières du corps. A tel point que c’est insoutenable, que vivre est devenu la pire des options. Alors l’on abandonne. L’on attend que notre corps cesse de nous faire souffrir ; comme une libération. Et toutes ces émotions éclatent dans la poitrine, et l’on se sent… si calme. » Je ne sais pas pourquoi je lui dis tout ça… Dans le fond, je crois que je veux seulement le rassurer. Sur la mort, que personne n’a vécu…. « C’est ainsi que l’on meurt Chayton. Je le sais… Car il y a cent-vingt ans ; je me suis tué. Et si un bref instant, j’ai pensé que j’avais commis une erreur c’est parce que la mort a le don de vous mettre face à ces émotions que l’on s’ignore. J’ai laissé les doutes dans ce corps abandonné au bout de cette corde. » On laisse dans notre corps ce que l’on hait le plus quand l’on trépasse. J’avais laissé mon humanité et mes doutes à ce corps malade que j’avais quitté autrefois. Je lui en disais beaucoup sur moi, bien plus que je ne l'avais jamais confié à personne. Et mes caressent cesse; d'épuisement... « La mort, nous permet de devenir… Ce que l’on est vraiment. Elle efface le reste… Elle efface la douleur d’être… Sensible. » J’avais été si sensible. Heurté par la maladie, la solitude… J’avais tant souffert d’être incompris et maintenant, je n’en avais que faire. Et pourtant… Il y avait encore ces soirs où des larmes s’échappaient de mes yeux ; quand le vide dérobe ma place. « Mais... Je vie de nouveau. Et rien n'est calme dans mon esprit. » La sérénité me semble si lointaine, mais j'étais riche de son souvenir...
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MessageSujet: Re: J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]   Mar 21 Juil - 19:38

Il ne répondit rien quand Gawain proposa de lui offrir un cœur, pourquoi faire bon sang ? Il était un monstre, il ne méritait pas un nouveau cœur, il était une enflure. La douleur étreignait tout son corps tandis qu'il assistait à ce spectacle honteux, impuissant. Un instant, le skinchanger rêva de bondir en avant et de sauver cette fille, mais impossible, là encore. Alors il assista à ce spectacle horrible. Il regarda la vie quitter le corps, il regarda cette pauvre fille se débattre. Au bout d'un moment, elle cessa de s'agiter et il se sentit mieux. C'était fini, non ? Les bêtes en lui comprenaient que ce qui venait de se passer devait se produire car c'était le cycle de la vie. Sans vie, il n'y avait pas de mort et cela avait toujours été ainsi. Nier ce fait était stupide. Son cœur se serra. Quand il vit la main de son maître approcher, Chayton s'approcha vivement, comme s'il entendait une voix l'appeler. Impossible de se reculer ou de ne pas s'approcher. C'était tout simplement plus fort que lui. L'homme de plus de quarante ans renifla piteusement.

« Que valent mes regrets dans ce monde ? Rien. »

Souffla-t-il avec une pointe de rage. Oui clairement, il était furieux. Il en voulait à lui, mais aussi à Gawain. Il lui en voulait de l'avoir charmé. Car ce n'était que du charme à son sens. Il l'écouta parler de la mort et ce qui l'attendait de l'autre côté. Son regard foncé se teinta de peur. Il ne voulait jamais passer de l'autre côté, mais cela arriverait car il n'était pas immortel. Il n'était qu'un misérable mortel. La peur étreignait son petit cœur qui menaçait de se briser à cet instant. Il déglutit lentement, ne voulant pas interrompre son maître qui semblait se livrer à lui. Car il se livrait, c'était évident comme le nez au milieu de la figure. Qu'est-ce que cela pourrait-il être d'autre, hein ? Il se figea en apprenant l'âge réel de Gawain. Il était bien plus âgé que lui. Il ne sut pas vraiment quoi dire. Une boule se forma dans sa gorge. Il avait envie de vomir.

« Le corps que tu as… N'est donc pas le tien ? »

Dit à voix haute, cela n'avait aucun sens. Rien n'avait de sens à cet instant et cela lui faisait tourner la tête. Clairement, il avait envie de vomir. Il ferma les yeux. Il se sentait si mal, c'était incroyable. La caresse de l'homme aux cheveux rouges s'arrêta et il lui expliqua ce que la mort faisait. Chayton n'aurait jamais voulu de cela, même si on lui offrirait cette chance. Mourir puis revenir, c'était tout simplement pénible. Il se demanda un instant si son maître avait dû voler ce corps. Et si oui, qu'est-ce que cela faisait, hein ? C'était horrible, tout simplement. Un haut le cœur le traversa et il posa vivement sa main sur sa bouche, pliant son buste. Il ne voulait pas être vu aussi faible. Il releva son regard foncé sur lui, rien n'était calme dans l'esprit de Gawain, il voulait bien le croire. Le skinchanger se leva vivement, il devait prendre l'air, il devait respirer. Il avait l'impression d'étouffer, il avait l'impression que le monde tournoyait autour de lui. Il perdait pied, complètement. C'était tout simplement insoutenable. Il tituba jusqu'à la cuisine et s'appuya contre un mur, couvert de sueur. Il ferma les yeux et fit un décompte dans sa tête de dix à zéro. Chayton rouvrit les yeux.

Ce n'était pas un rêve, il était bel et bien ici. Il avait l'impression d'étouffer, encore. Il ne pouvait pas se sortir de cette situation, il devait la vivre, coûte que coûte. Chayton ouvrit une armoire, attrapa un linge de cuisine et le passa vivement sous l'eau fraîche. Il ne réfléchissait pas vraiment, il agissait par automatisme. Il savait très exactement ce qu'il devait accomplir. Le léopard retourna dans le séjour et toisa son maître.

« Il faut qu'on te nettoie. »

Il n'osait pas le déplacer, mais il ne laisserait pas une goutte de sang séchée être encore visible. Il s'approcha de Gawain et du bout du pied, déplaça le corps de la fille sans aucune pitié. Il ne la regardait même pas. Il se fit la réflexion qu'il devrait faire quelque chose d'elle. Il dut se répéter de nombreuses fois qu'elle n'était rien qu'un paquet et compter dans sa tête pour s'apaiser. Clairement, ce n'était pas facile. Chayton s'accroupit devant l'autre homme et entreprit de le nettoyer doucement, presque trop lentement.

« Que va-t-on faire du corps ? »

Une question légitime qui attendait une réponse. Il espérait qu'il allait échapper au cliché qu'il devrait passer son corps dans une broyeuse ou une connerie du même genre. Il ne serait pas capable de faire cela. Même s'il fallait bien avouer, l'ancien esclave avait déjà commis ce genre d'acte, mais clairement, il ne serait pas disposée à recommencer. Il voulait oublier son passé, sauf que Gawain l'y ramenait sans cesse et cela avait tendance à le rendre fou, tout simplement.
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MessageSujet: Re: J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]   Lun 27 Juil - 12:00

Il n’avait pas tord, les regrets sont vains. Je trouvais que Chayton possédait beaucoup d’esprit, une grande capacité de résilience à vrai dire. Tout qui puisse me plaire. Il y avait quelque chose de plaisant chez lui, de tout simplement… Irrésistible. Je parlais à Chayton, sans savoir pourquoi je me confiais ainsi à lui. Pour le rassurer ou me soulager ? Peut-être bien les deux… Mais quelque part, je voulais seulement resserrer les liens qui m’unissaient à cet être. Je voulais lui faire confiance, lui donner un part de moi en gage de tout ce que j’allais lui voler. Et de tout mon discours, il ne me posa qu’une seule question. Cela semblait l’inquiéter et malgré l’épuisement je tachais de lui répondre. D’apporter une once de vérité dans tout ce que nous vivons, lui laisser entrevoir la réalité. Je ne suis pas un voleur de corps si là fut sa pensée. Car j’en aurais choisi un bien plus robuste si tel fut le cas, un corps comme celui de Chayton qui était parfaitement ravissant ! Ou plutôt parfait, il était absolument parfait. Un homme fort qui en impose. Je lui parlais de la mort et du calme qui n’était plus en mon esprit. Je le vis manquer de vomir et cela provoqua une étrange sensation dans ma poitrine… Un pincement au cœur. Oh saleté d’organe, tu n’as point fini de me faire souffrir ? Je te le ferais payer en te nécrosant bien plus encore chaque jour. Je le vis partir et je soupirais faiblement. Je n’avais pas véritablement répondu à sa question cette fois ci. Il avait disparu et je me senti seul un bref instant avant de me souvenir que là était mon destin. Etre seul.

Puis mon servant apparu de nouveau, déclarant que je devais être nettoyé. Je n’étais pas au bout de mes peines. Je constatais alors que le skinchanger était également blessé. Aurait-il été dans cette atroce arène ? Je ne l’avais pas vu. Je ne disais rien, le laissant laver mon corps avec douceur, mes yeux le fixaient sans que je dise un mot. Puis il me demanda que faire du corps avec une certaine froideur ce à quoi je répondais « Je m’en chargerai demain… Quand tu te réveilleras, il ne sera plus là. Il ne se sera… Rien passé. » Mensonge. Pourquoi lui disais-je cela ? Pourquoi voulais-je à ce point le rassurer et consoler sa pauvre âme que je torturais tant. J’étais l’auteur de ces maux et pourtant, je me comportais également comme le seul sur lequel il pourrait se reposer. Un si cruel manipulateur en puissance.

Je soupire faiblement, puis je tendais de nouveau la main pour caresser sa peau au risque de le dégouter. Puis je répondais enfin « Ce corps est le mien Chayton, le corps que j’ai mérité. Purgé par ma mort de tout ce qui était faible en moi. Purgé de toute maladie. » Y compris cette maladie atroce qu’est l’humanité. Je glissais mes doigts dans sa nuque, lui adressant un sourire bancal. Oh mon bel esclave, si tu savais comme il est bon d’être ainsi lavé de toute faiblesses… Oui, je me sentais si puissant, hormis ce soir. Je sentis malgré tout une certaine douleur lorsqu’il me lava. « Tu es blessé… Va donc te soigner… Tu fais ça mal. Tu trouveras des médicaments dans le placard sous l’évier. Prends… » Je mentais, il faisait cela très bien, mais je ne pouvais me permettre de le laisser dans cet état ; j’aurai besoin de son énergie ultérieurement. Je le relâche et lui fit signe de déguerpir. Déjà quelques marques s’effacent de mon épiderme recrachant le sable à al surface. Quand il fut parti, je me tournais dans la douleur, faisant face au dossier, cette position me soulagea la jambe et je soupirais faiblement. Quand il est revenu, il n’avait alors vue que sur mon dos flagellé par les coup de fouet et j’étais quasiment endormi, avec un air pourtant… Eteins.
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MessageSujet: Re: J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]   Ven 7 Aoû - 17:14

La réalité de cet instant était violent, peut-être bien trop. Chayton tentait de se détacher de tout cela en demandant pour le corps. Plus vite il serait loin, mieux ce serait. Cela lui permettrait d'oublier les horreurs qui pouvaient avoir lieu ici. Les horreurs dont son maître était capable. Mais il avait beau tenter d'oublier, Chayton savait au fond de lui qu'il n'oublierait rien, bien au contraire. Il se mit en tête de nettoyer ce corps blessé. Cela aurait le mérite de lui changer les idées, non ? C'était permis de rêver, mais tout bon prétexte était bon à prendre. Il laissa la main de Gawain l'effleurer, à dire vrai il ne réagit même pas. Il restait complètement statique. Il se cachait en lui-même pour survivre car pour le coup, il n'avait franchement pas le choix. Le brun avait la nette impression qu'il risquait de se briser en mille morceaux sans pouvoir rien y faire. Il se battait avec lui-même pour tenter de maintenir les morceaux de son âme. Il était brisé et cette fois-ci, cela semblait la fois de trop. Comment en était-il arrivé là bon sang ? Il n'en savait fichtrement rien. Il leva son regard foncé sur son maître quand celui-ci lui expliqua que son corps était le sien.

« Peux-tu encore mourir ? »

Sa question aurait pu paraître suspicieuse, mais en fait ce n'était pas le cas. Il avait juste peur de le perdre. Le skinchanger se fit la réflexion qu'il devrait peut-être dire à son second maître, qu'il y avait eu une autre avant lui et qu'elle était toujours en vie. Qu'elle pourrait débarquer du jour au lendemain sans prévenir. Qu'elle pourrait le reprendre comme on reprend un animal laissé en pension. Un tressaillement de peur courut le long de son échine rien que d'imaginer. Il ne voulait pas qu'on revienne le rechercher. Il ne pourrait pas le supporter, il préférait mourir plutôt que de le vivre, il le savait pertinemment. Il savait que cela pouvait paraître ridicule, mais c'était plus fort que lui. Chayton s'arracha à ses pensées quand les doigts touchèrent sa nuque. Il se demanda ce qu'allait lui faire Gawain. Il lui adressa un sourire plus vivant et éclatant que celui de son maître. Le skinchanger était vivant, vibrant de vie animale en son sein. Il hocha la tête quand son maître lui dit qu'il faisait cela mal et qu'il était blessé. Chayton obéissait bien en règle générale. Il n'avait jamais dans l'idée de se rebeller, bien au contraire. Lentement et calmement, il se redressa et obéit.

Il se rendit dans la salle de bain et quand il vit son pâle reflet dans le miroir, il prit peur. Il était étrangement pâle même s'il était mat de peau. Il avait du sang séché sur les tempes, les avant bras. Chayton se rendit compte alors de la douleur qui pulsait dans son corps. Il se sentit soudainement endolori et s'accroupit, tentant de contrôler sa respiration. L'angoisse étreignait son cœur, menaçant de le détruire. Il devait se reprendre coûte que coûte. Chayton se redressa et entreprit de se rincer le visage et de nettoyer chacune de ses plaies avec un calme sidérant. Elles se refermeraient si aucune infection n'arrivait. Le skinchanger s'assura qu'il avait meilleur mine et descendit au rez-de-chaussée. L'homme se figea en voyant le dos de Gawain couvert de marque de fouet. Il ne bougea pas et détailla les marques. Il avait soudainement l'impression que son maître était inerte, mort. Lentement, le félin s'approcha de lui et le détailla. Il tendit la main et effleura son épaule. Il avait peur qu'il soit définitivement mort et lui, complètement seul.

« Gawain, réveille-toi. »

Et s'il ne se réveillait jamais, que se passerait-il, hein ? L'horreur, tout simplement. Chayton se retint de pleurer. Il reprit le chiffon qu'il avait utilisé pour nettoyer son maître. Il se pencha et tendrement, il commença à frotter les marques pour faire partir le sang séché et du….sable ? Il ne réfléchit même pas et s'exécuta. Parfois il ne valait pas mieux réfléchir.

« Il faut que je t'avoue quelque chose. »

Dit-il doucement, presque prudemment. Le brun avait pris sa décision. Il devait lui dire la vérité, il méritait de savoir ce qui se cachait.

« J'ai été créé par des sorciers. J'avais une maîtresse… Elle est encore en vie et elle me cherche. J'ai préféré m'enfuir que de la tuer, je n'aurai pas pu. »

Il serait mort avec, il en était convaincu. Les mots étaient sortis d'une traite de sa bouche. Il se sentit soulagé de dire la vérité. Il avait continué de le nettoyer car il en avait besoin. Il se demandait comment son maître allait réagir, avec violence ? Probablement. Mais il était prêt à subir sa colère, oh oui.
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MessageSujet: Re: J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]   Ven 14 Aoû - 20:52

Une main sur mon épaule, je ne bouge cependant pas, je préférais rester ainsi immobile. C’est ainsi plus confortable pour moi. Mais sa voix m’appela sans que je ne réponde. Pourquoi avait-il peur de la sorte ? Moi qui avait été si détestable avec lui… Qu’est-ce qui peut bien rassurer Chayton à me servir ? Etait-il habitué à se ranger du coté du pouvoir ? Et pourtant, j’ai l’air si faible à cet instant. Je me vengerai. J’ignore encore comment. Je le laisse nettoyer ma peau ; la douleur me tira de mes songes et je tentais alors que ne pas me focaliser sur ce pauvre corps meurtris. En vain. Puis il me trouva distraction par ses mots. Je l’écoutais avec attention alors qu’il me fit plus de mal que de bien. Un mal nécessaire. Pauvre idiot, croyait-il m’apprendre quelque chose sur la création de Skinchanger ? Je sais tout… Mais je ne disais rien. Le laissant poursuivre, parlant de maîtresse à sa poursuite et du fait qu’il n’avait su la tuer. Il semblait décidé de me faire cette confidence bien que ce n’était probablement pas le moment. J’aurais pu me mettre dans une rage folle ; car il est vrai que j’étais facilement furieux. Si furieux à vrai dire… Je le suis probablement quelque part, le sentiment qu’il m’avait cherché tout autant que je m’étais évertué à le trouver. Parce qu’il avait besoin de servir, la frustration, le sentiment d’avoir été manipulé autant que je l’ai manipulé. Il m’a charmé et je ne peux pourtant lui en vouloir. Car depuis qu’il est là, je suis convaincue que j’ai tout simplement besoin de lui. Je ne sais pas pourquoi j’avais ce sentiment, mais il m’était impossible de m’en défaire. Alors je soupire simplement de lassitude. Tant de faiblesse à son égard. Je me tourne de nouveau, non pas sans douleur. Le teint livide je le fixais silencieux.

Puis je répondais d’une voix froide, cruelle. Je répondais de façon brute et pourtant je n’étais pas tant en colère. Atrocement strict et dominateur. « Je la tuerai… Personne ne me vole et tu m’appartiens. Et tu n’es pas à vendre. Diable, s’il te vient à l’esprit l’idée seule de me trahir, je te le ferais payer. » Et je serais si rude avec lui, impitoyable. Je ne supporterais pas qu’il se moque de moi. Je plante mon regard dans le sien. Chayton, mon petit… Ne fais jamais l’imbécile avec moi, parce que je te briserai autant que cela me détruirait de savoir que tu ne me hais. Bien que ta haine, je la mérite. « Ton maître c’est moi, Chayton. Et ne compte pas t’enfuir ou me tuer. Tu n’as aucune chance. » Le seul maître et unique. Son dominant. Qu’il se mette ça dans le crâne une bonne fois pour toute. Qu’il ne craigne rien de cette maîtresse. Qui qu’elle soit… Cependant, je me rendais bien compte que je ne connaissais rien de lui et ce n’était pas dans mon habitude. C’était assez troublant comme révélation.

Je suis épuisé, il continuait de nettoyer mes plaies et y mettre quelques bandages. Je souffrais de ses soins. Je soupire faiblement et je lui demandais d’une voix plus douce « Parles moi de ta vie auprès d’elle… » Quel fut son travail ? Comment avait-il été traité ? Pourquoi s’enfuir ? Etrange cette histoire. Après tout, puisque je lui avais livré quelques brides de ma vie, je n’en attendais pas moins de lui. Voir bien plus. J’ai besoin de plus. Je ne su pourquoi, mais je détestais dès à présent qu’il ait des secrets pour moi. J’avais besoin de réponse et cette ignorance me paru inadmissible.
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MessageSujet: Re: J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]   Mar 18 Aoû - 22:41

Chayton avait parlé sans réfléchir et se figea quand Gawain parla de manière si abrupte. Il était lié à jamais à Gawain, il le sut à cet instant, mais il n'en fut pas triste. C'était donc cela son destin. Un frémissement le traversa à cette pensée. Il aurait probablement une fin de vie plus décente que ce qu'il avait vécu auparavant. Il saurait s'en contenter pour survivre. Le brun affronta son regard sans broncher. Il se contenta donc de hocher simplement la tête pour dire qu'il avait parfaitement compris les ordres. Il savait reconnaître la détermination quand il la croisait et il était inutile de se rebiffer contre cela. Après tout, c'était pour cela qu'il l'avait choisi. Un félin choisissait son maître. Chayton n'avait pas eu le choix la première fois, alors cette fois-ci il avait tenu à l'avoir. Il ne savait pas vraiment dans quoi il s'engageait, mais il n'avait plus grand-chose à perdre à dire vrai, bien au contraire. Il jouait ses derniers dés. Comme s'il voulait tuer Gawain, quelle idée farfelue !

« Je ne te tuerais jamais, ce serait comme me tuer. »

Il avait vécu près de deux ans sans maître, mais maintenant qu'il avait trouvé quelqu'un digne de lui, il ne le laisserait pas filer. Chayton se l'était promis. Il fallait parfois s'offrir des moyens de survie. L'esclave reprit son nettoyage et commença à mettre des pansements, l'air de rien. Il restait silencieux, mais se figea à la demande de l'homme aux cheveux rouges. Devait-il vraiment raconter ? Avait-il le droit de dire non ? Il n'en était pas convaincu. Son regard sombre se posa sur Gawain, pensif. Il avait un peu peur d'attiser de la jalousie en racontant son passé. Un peu comme on craignait de parler de son ex au nouveau conjoint. C'était toujours dangereux et bien trop empli d'enjeu émotionnel pour le coup. Alors il allait devoir marcher sur des œufs tout en veillant à ne pas s'en prendre plein la tête. Chayton posa ce qu'il avait dans les mains et réfléchit comment formuler tout cela, tout ce qui se bousculait dans sa tête.

« Je n'étais rien… Qu'une bête. J'étais un cadeau de mariage, une peluche vivante, or les peluches ne parlent pas. J'ai dû m'occuper de sa fille. Je devais tout faire, être partout, tout remarquer, sinon on me châtiait. »

Elle se défoulait souvent sur lui et là encore, il ne disait rien. Pourquoi faire ? Pas le droit à la parole, il n'était qu'une chose. Au début le brun avait pensé à se rebeller, mais il ne l'avait jamais fait en pensant que cela détruirait la vie de sa famille, sans savoir qu'ils étaient en fait déjà morts. On ne lui avait dit la vérité que quand on avait été sûr de sa loyauté. A ce moment-là, il n'avait plus rien sauf ses bourreaux. Il avait été forcé de rester avec eux ou de mourir. Même si Chayton avait énormément souffert, il n'avait jamais désiré la mort. Convaincu qu'il trouverait toujours une solution, quoi qu'il puisse arriver. Le skinchanger ne savait pas quoi rajouter. Il n'avait pas envie d'étaler la peine qu'il avait pu vivre dans le passé. Il n'avait pas envie d'attiser la pitié ou la haine, il voulait juste qu'on lui foute la paix. Il regarda droit dans les yeux Gawain, se demandant bien comment il allait réagir. C'était bien cela qu'il détestait dans les relations humaines, il ne pouvait pas vraiment anticiper les réactions ou les deviner.

Il devait dire les choses et attendre de voir ce qui allait se produire, tout simplement. Chayton avait l'air froid et maître de lui-même, mais à l'intérieur, il bouillonnait. Il voulait parler d'autres choses, fuir coûte que coûte ce sujet.

« Pouvons-nous parler d'autre chose ? »

Il avait bien conscience qu'en disant cela, il risquait d'attiser la curiosité, mais au point où il en était, il s'en fichait bien. Il voulait juste continuer de le soigner et l'inviter à aller dormir.

« Tu dois être fatigué et si je te montais à l'étage ? »

Son ton restait extrêmement calme comme si tout allait bien. Il était extrêmement nerveux et peinait à le cacher correctement pour le coup. Il avait l'impression qu'il allait exploser. Il n'aurait jamais dû accepter d'aborder ce sujet.
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MessageSujet: Re: J'ai mal, soigne-moi [PV Gawain]   Mar 1 Sep - 9:18

Il me disait ne vouloir me tuer, mais j’avais la sensation qu’il mentait. Pourquoi serait-ce le tuer ? Je n’en avais pas la moindre idée et son ‘attachement’ à ma vie ; m’était étrange. Je savais qu’il me serait douloureux de perdre cet homme bien que j’avais toujours rejeté l’idée qu’un jour je puisse ressentir cela de nouveau. Mais  c’est arrivé, tant bien même ; j’étais cruel et solitaire ; s’il venait à disparaître je savais tout autant que je m’en relèverais et deviendrais peut-être même encore plus fort. Peut-être devrais-je le tuer, lui ; mon apparente faiblesse. Je lui demandais de me faire part de sa vie, de ce qu’il avait vécu et sa façon de servir ses anciens maitres. Quand il ouvrit les lèvres ; j’écoutais ses mots qui me paraissaient invraisemblable. Une peluche lui ? Tant bien même, que je ne serrais jamais personne dans mes bras ; alors une peluche… Cela sembla particulièrement douloureux pour Chayton de se souvenir ; je le fixais absorbant sa peine avec un plaisir étrange ; celui de soulager. Puis il posa cette question ; comme une prière et je lui répondais simplement d’une voix épuisée « Ils t’ont gaspillé ; alors qu’ils auraient pu t’enseigner… » Ils auraient pu lui apprendre à se battre, à voler correctement, lui apprendre à tuer… Mais il en était incapable ; jusque ce soir où je l’avais contrains à en faire mon complice. Cependant, ils avaient planté en lui ; la graine de la soumission et cela me sera à jamais utile.

J’avais besoin de repos, mais lui aussi. Alors quand il me suggéra de monter à l’étage je lui indiquais l’endroit où se trouvait la clé de ma chambre. Un endroit où je ne l’autorisais pas à faire irruption. Cet endroit était propre de manière générale ; souvent j’y faisais les cents pas comme un forcené et l’absence de miroir contrairement aux autres se justifiait par le simple fait que je les avais tous brisé. Mes excès de colère exercer envers moi-même étaient les pires de tous et je me maudissais parfois d’exister et de ne pouvoir mourir pleinement satisfait. Sur le parquet, les traces noires ne partaient pas ; mon sang maudit. Les rideaux étaient en lambeaux et malgré tout je ne parvenais à chaque fois à venir à bout de ma misérable vie ; tant bien que pendait encore au plafond ; les fameux lambeaux telles des cordes qui m’attendaient dans ma cruelle obsession pour la mort. La cave était bien plus accueillante. J’avais épargné à Chayton l’étendue de ma folie ; mes yeux se mirent à briller de réjouissance à l’idée de lui imposer cette image morbide. Bien sur qu’il avait assez vécu d’horreur ce soir ; je voulais achever toute idée qui puisse lui faire croire que je sauverais son âme. Je n’en avais aucune intention. Pas plus qu’il ne pourrait sauver la mienne.

C’est la première fois que je me trouvais dans ses bras alors qu’il me soulevait. La première fois que mon corps me semble minuscule face à lui et sans défense. Ce serait mentir que de dire que je n’avais pas peur, bien que je l’admettrais jamais. Je lui devais la vie.

Je suis resté là, sentant la chaleur de son corps bestial et bouillonnant. Je songeais à toutes ces fois où j’aurais du le tuer et maintenant, à toutes ces fois où je devrais le sauver car il était devenu aujourd’hui le meilleur atout que je puisse disposer si je ne pouvais plus compter sur moi-même. Alors que n’importe qui m’aurait poignardé pour m’achevé ou lissé crevé comme un chien pour piller ma richesse qui était la seule raison pour laquelle les hommes me servaient. Chayton était devenu mon meilleur soutien en l’espace d’une nuit et aucun test n’aurait pu me conduire à cette conclusion et être persuadé à ce point de sa loyauté. Je me suis assoupi dans ses bras, contre sa chaleur ; demain est un autre jour. Mes doigts fins crispés sur son avant bras en guise d’une prière que je ne formulerais jamais : ne m’abandonne pas.
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