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 Cascading failures (Kyran)

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MessageSujet: Cascading failures (Kyran)   Mar 7 Juil - 21:15

CASCADING FAILURES

feat Kyran R. Hogan & Aleksi S. Lenaïk
Like fire beneath the ice. An inevitable demise. Standing on the edge jumping into hurt. Time and time again I will never learn. And I should cut all the ties. Let it burn and walk away from you. There’s beauty in suffering. When you love someone you’re scared to lose. This passion is a blasphemy.  My enemy, I know I’m dancing with the devil, Darken up my heaven. Brighten up my hell. Ain’t no chance of heaven. Going straight to hell.


Le froid, il coule entre mes doigts en un filet fébrile. Trop fragile pour parvenir à empêcher la fièvre de dévorer ma peau. Mes mains tremblent, à grands fracas. Les phalanges s’enroulent, se serrent et dans un soupir, je passe la tête sous ce misérable filet d’eau glacée. Des frissons dégringolent le long de mon échine. Je navigue entre la crise de claustrophobie et celle engendrée par le manque. Les espaces clos m’indisposent. A trop forte dose, l’asphyxie me prend à la gorge et c’est tout mon corps qui lutte pour se sortir de l’enfermement. Panique sourde forgée par des années d’emprisonnement, puisée dans les démons que la prison engouffre dans les cœurs. Le retour dans les entrailles du manoir m’a fait l’effet d’une claque. Seul au milieu des ténèbres, l’angoisse est revenue me prendre à la gorge dès le deuxième jour. Privé de tout contact avec le monde extérieur, la solitude me rend fou. Tiraille mes nerfs et détruit ma patience. La crise de manque, résulte de ce sevrage forcé auquel mon corps doit se plier. Une nouvelle horreur qui s’ajoute à ce châtiment déjà bien éprouvant. Les paupières closes, je fronce les sourcils lorsque le froid sur ma nuque s’efface. Tremblante ma main droite vient tourner le misérable robinet branlant, dans les deux sens. Sans succès. Un lourd soupir m’échappe lorsque je me redresse et fixe d’un regard vide la plomberie rouillée et défaillante. La fraîcheur de l’eau qui dégoûte sur mes épaules n’est déjà plus qu’un souvenir. Elle ne m’apporte plus aucun soulagement. Par réflexe je cherche à tirer sur le col de mon tshirt, avec le vain espoir de desserrer l’étreinte autour de ma gorge. Mes doigts ne se heurtent qu’à ma peau. Un nouveau soupir brise le simulacre de silence qui règne dans ce piège nauséeux et je m’éloigne.

Mes pieds traînent sur le sol, s’y abîment et refusent d’avancer comme je le voudrais. C’est tout le système qui est en train de se révolter. Un appel à l’aide d’une mécanique proche de la destruction. Ma langue claque contre mon palais et les dents se serrent avec force. La fatigue s’engouffre par les brèches ouvertes, tiraillées par des nerfs de plus en plus à vifs. J’ai perdu le fil du temps. Ne parvient pas à dire quel jour nous sommes. Si le soleil s’est levé ou si la nuit vient de commencer. Seul dans le noir, mon unique source de lumière ayant rendu l’âme… Quelques jours plus tôt ? Un râle de frustration m’échappe et je bute rageusement du pied dans ce qui me fait office de matelas. Ma seule source de lumière réside en la visite régulière des gorilles de Kyran. Abrutis à la conversation aussi éloquente d’une porte de prison, descendant dans les méandres de cette maison de fous juste pour m’offrir le plaisir d’assister à la mise à mort de la créature agonisante qui se lamente contre les barreaux de ma cage. Hogan dans toute sa miséricorde m’offre de quoi me sustenter. Les restes de ses repas certainement. Des hommes et des femmes, à peine capable de tenir debout, juste bon à gémir à longueur de journée. Je ne le supporte plus. Ces jérémiades, ce souffle faiblard, cette présence. Elle éveille mes instincts, me ronge le ventre et décuple cette faim qui me tiraille. Je connais mes limites, et malgré ma perte de repère, je crains de l’avoir déjà atteinte.

Après avoir effectué un autre tour de ma demeure de fortune, mes jambes abandonnent la lutte et je me traîne jusqu’à mon lit de fortune pour m’y recroqueviller. Le regard perdu dans le vide, je m’oblige à ne pas le poser en direction du corps à moitié mort. Seul avec ce souffle rauque et fatigué qui ne demande qu’à être libéré de cette prison de chair. Seul avec le bruit des battements de mon cœur contre mes tempes. Il s’accélère à chaque inspiration, distille le malaise jusque dans le bout de mes doigts. Ils s’ouvrent dans un spasme, et se referment aussitôt contre mes genoux que j’agrippe avec plus de force. Les méandres de mon cerveau en lambeaux ne parviennent pas à se souvenir de la raison de ma présence ici. Totalement déconnecté d’une réalité qui me blesse, c’est un refus catégorique qui s’effectue dans ma mémoire dès que je tente de remonter plus d’une journée en arrière. Les jours se ressemblent tous. Se suivent avec la même lenteur. Entrecoupés seulement des visites morbides des vigiles. Une première pour venir jeter la victime dans ma prison. La seconde pour l’achever devant moi et la tirer au dehors dans une traînée de sang dont l’odeur me retourne l’estomac pendant des jours. Un spasme vient faire trembler ma pauvre carcasse et me pousse à gémir devant la force de l’attaque. Mes paupières se ferment, et dans une obscurité encore plus totale que celle régnant déjà dans la cave, je m’allonge sur le matelas éventré. Prenant soin de tourner le dos au néant, à la pauvre créature suffoquant dans un coin. A la porte et à la menace qu’elle représente. Roulé en boule, j’ai la douloureuse impression d’être retourné dans ma cellule, aux prémices de mon incarcération où le monde entier constituait une menace pour ma pauvre vie. Les frissons reviennent, plus forts encore, et mes dents claquent.

J’ai dû m’assoupir. Tomber dans les limbes d’une inconscience de façade car le réveil s’effectue dans un violent sursaut. Mon cœur en vient à s’écraser contre ma poitrine, tressaute et s’agite avec plus de force. La porte vient de claquer. Echo mortifère annonciateur de malheur. Je refuse d’ouvrir les paupières, m’accroche aux ténèbres pour ne pas affronter ce qui va se passer dans mon dos. Une nouvelle mise à mort. Une nouvelle entaille invisible dans ma peau. Un nouveau cauchemar qui va venir s’ajouter à tous ceux qui hantent mes phases de sommeil déjà fragiles. J’en viens à ressentir une certaine peine à l’égard de mon ‘repas’. Une compassion d’un instant que j’efface dans un soupir silencieux. L’anesthésie se fait lentement. Tente de me protéger en m’isolant du danger. Les bruits de pas résonnent contre mon crâne. Plus fortement à mesure qu’ils approchent. Le bruit des clés et ensuite le grincement lugubre de la porte métallique qui tourne sur ses gonds. Raclant le sol miteux dans un bruit assourdissant. Le même schéma. Encore et encore. Mon Enfer, dans lequel je m’enlise à chaque nouveau battement de cœur frénétique.

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MessageSujet: Re: Cascading failures (Kyran)   Ven 17 Juil - 21:44

Le soleil cogne, tambourine contre la vitre. Ce qui n’était d’abord qu’un rayon de lumière faiblard agresse maintenant férocement ses paupières de plomb. Le corps agité, la tête s’enfonce paresseusement dans le moelleux de l’oreiller. Les jambes envoient valser nerveusement les draps, dans lesquels il s’est lové tout habillé, comme un gosse incapable de se dévêtir seul. Ses grandes cannes inutiles ne lui ont jamais parues si encombrantes. Elles prennent trop de place, le rendent naturellement imposant quand il se voudrait insignifiant. Il lutte une seconde supplémentaire contre les  terreurs qui hantent ses songes. Pour la forme. Les cils collés par un trop-plein de sel, ouvrir les yeux lui demande un effort presque surhumain. Des battements de cœur effrénés résonnent dans son crâne, cassent le rythme lent épousé par le demi-sommeil. A l'intérieur ça tangue, ça se casse la gueule comme à l'intérieur d'une cale secouée par les flots. Le dernier rempart contre ses idées noires s’est effondré, et tous ses démons hurlent à l’unisson. Mortes. Toutes les deux. L’annonce de la mort de Sanjana l’a rendu fou de rage. Celle du décès de Théodora a achevé sa destruction. Il visualise leurs cadavres, en redessine les contours figés dans un marbre douteux. La dépouille de l’indienne git certainement quelque part dans une fosse commune, prête à se faire dévorer par la vermine et les insectes. Il s’assoit péniblement sur son lit, laisse son front affreusement lourd tomber contre ses phalanges. Elles cherchent vainement à enrayer la migraine, la gueule de bois qui le taillade en morceaux. La première gorgée l’a profondément écœuré. Mais il s’est habitué au goût amer des suivantes. La cacophonie infernale redouble d’ardeur lorsqu’un de ses hommes de main tape contre la porte avant d’entrer dans la suite privée du maitre. Le norvégien lui lance une œillade éteinte, presque vitreuse. « - Tu as l’information que je t’ai demandé ? » La question est purement rhétorique. Il sait parfaitement que le vigile ne se risquerait pas à se présenter devant lui sans. Il n’y a rien qui lui importe plus en cet instant. Savoir qui l’a dénoncée. Qui l’a menée droit à sa perte. Le mafieux n’aura pas de répit tant qu’il n’aura pas écrabouillé comme un vulgaire cafard celui ou celle qui l’a privé d’elle.

[…]

La clef tourne avec une lenteur presque calculée dans la serrure. Comme s’il cherchait à ménager son effet. A renforcer l’atmosphère effrayante qui règne dans la cave. Ce n’était au début qu’une décision purement provisoire. Une façon assez tordue de protéger le finlandais de lui-même et de ses abjectes pulsions. Il voulait le placer à l’isolement le temps de lever toutes ses suspicions. Au fil des jours, la mesure avait fini par se muer en punition. Et l’intuition en conviction. L’odeur de la mort le prend aux tripes lorsqu’il pénètre dans la prison aménagée. L’hémoglobine avariée, les immondices et les restes humains se bousculent dans ses narines. Horreur et putréfaction possèdent les lieux et leurs sinistres occupants. L’eau glacée n’a pas pu laver cette puanteur, pas plus qu’elle ne parvient à purifier la peau des amants maudits. Il descend lourdement les marches, n’allume la lumière électrique qu’une fois en bas. Elle illumine les traces des massacres qui s’y perpétuent depuis deux semaines et les silhouettes chacune recroquevillées dans un coin de l’étendue de béton.

Un rictus malsain déforme ses traits taillés à la serpe alors qu’il s’approche de la pauvre créature gémissante. Ses doigts perfides s’enroulent aux boucles dorées, tirent pour la forcer à se relever. Les râles de souffrance s’accentuent, prennent une tournure plus apeurée. Triste pantin dont le vil marionnettiste a sectionné tous les fils. Le geôlier reste sourd aux pauvres suppliques, à cette détresse inapte à l’émouvoir. Peu enclin à faire preuve de compassion. La colère, comme un gouffre sans fond, l’aspire toujours plus profondément dans ses entrailles sanglantes. Insecte particulièrement pugnace, elle le dévore littéralement. Elle glisse dans ses vaisseaux sanguins comme du poison, mouille ses tempes et se visse dans ses poings. « - Alors comme ça, on refuse de manger mes restes ? Tu fais la grève de la faim ? Tu sais que c’est encore plus cruel que de les achever, de les laisser agoniser comme ça… » Susurre t’il, s’adressant sans la regarder à la loque la plus alerte, enfermée derrière des barreaux forgés en acier. Passablement éméché, il n’hésite pas plus d’une misérable seconde avant d’envoyer la cervelle s’éclater contre les tiges métalliques. Réitère son geste atroce jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un corps inanimé. Trouve dans cette barbarie gratuite un délicieux exutoire. « - Mais ça t’est bien égal qu’elles souffrent encore plus, pas vrai ? » Ses rangées de nacre grincent, menacent de se pulvériser l’une l’autre. Il déverrouille finalement la dernière barrière qui sépare leurs carcasses meurtries. Brise aisément la distance entre eux. Sans préliminaires, son talon vient violemment s’abattre contre l’estomac affamé du hacker, puis écraser la main abandonnée contre le sol putride. « - Pas vrai ? » Hurle-t-il en se penchant contre son oreille, pour faire s’agiter de force l’enveloppe avachie, certainement épuisée par la famine et l’inconfort de sa captivité. Les griffes du tyran se plantent dans la nuque de sa victime, tirent pour la faire émerger des ténèbres dans lesquelles son propriétaire a pu juger préférable de se réfugier. « - Lève-toi putain ou je me charge de le faire ! » Dénué de toute patience, il défait pourtant son emprise hargneuse et se recule d’un pas pour Lui laisser la place de se relever. Ses prunelles claires noircies par un courroux à son paroxysme. S’Il a déjà été le malheureux réceptacle de sa cruauté, ce n’est rien à côté de ce qui l’attend. Absolument rien à côté de la sauvagerie qui gicle dans ses veines, s’y déverse comme jamais auparavant.

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MessageSujet: Re: Cascading failures (Kyran)   Lun 20 Juil - 20:40


Les ténèbres se transpercent. Eventrés par la lueur criarde d’une lumière trop crue pour être seulement supportable. Les paupières closes, elle parvient à me brûler les rétines. J’en gémis de douleur et plaque mes paumes contre mes orbites dans l’espoir futile d’apaiser le feu qui me dévore les yeux. J’oublie pendant un instant la pauvre créature qui me tient compagnie, focalisé sur ma propre détresse pour me soucier du sort de cette malheureuse. Les gémissements se changent en plainte, suppliante. Et un spasme me traverse le ventre. Comme en prison, seul dans la cellule d’isolement plus pour ma propre sécurité que pour ma mauvaise conduite. A l’attente de l’ouverture de la porte, c’est tout mon corps qui se révolte, se comprime et se déchire, cédant aux vagues acérées d’une peur sans nom. Enfermé là pour échapper à ceux qui faisaient de ma vie un enfer. Pour laisser à mes plaies le temps de se refermer. La réalité s’appose sur les souvenirs. L’instant se calque sur d’autres et je serre les dents. Aspire à me recroqueviller plus avant, emprisonner ma tête entre mes bras et me couper totalement de ce monde nauséeux. La voix émane du néant. Transperce le silence et s’élève au-dessus des plaintes. Je l’accueille dans un claquement de dents nerveux, mes phalanges agrippant mes cheveux dans un spasme musculaire qui me détruit les articulations. Elles craquent au même titre que toute ma carcasse lorsque je me retourne pitoyablement sur mon autre flan. Le froid de Son regard contre ma nuque me donne l’impression de n’être qu’une proie. Lui faire face rend la chose encore plus insupportable et je regrette aussitôt mon geste.

Les paupières se referment à nouveau. Je m’enlise dans l’ombre pour éviter d’affronter l’horreur qui se joue dans la lumière de l’autre côté des barreaux. Le fracas me lacère l’échine. Même aveugle, il m’est impossible d’ignorer la scène qui se joue en transparence sur mes paupières. Ses mots m’effleurent, mais ma langue reste fermement collée contre mon palais, refusant de se délier. La mâchoire crispée, mes dents grincent, retiennent avec difficulté la bile qui me caresse la trachée. Le silence est certainement ma meilleure option en cet instant. Les connexions tentent de se faire dans mon cerveau fatigué, de m’offrirent une ligne de conduite à adopter pour faire face à cette aura malsaine qui se déverse dans ma prison de fortune. L’air ambiant a changé dès Son entrée dans la pièce. Passant du ramassis étouffant de vide et de noirceur à un assemblage de fureur brute. Elle m’étouffe, me prend à la gorge et pousse mes poumons à l’asphyxie. Je me noie dans mes propres terreurs et le retour à la surface se fait dans un râle de douleur difficilement contenu. Le heurt comprime le ventre vide, fait monter une vague de sang le long de ma gorge et m’oblige à quitter mon néant salutaire. Les tremblement me brisent, s’accroissent lorsqu’Il en vient à se tenir trop près de moi. Le souffle en berne, la douleur fuse et je me laisse quelques battements de cœur avant d’oser faire le moindre mouvement. « - Le Seigneur de ces lieux me fait l’honneur de sa présence. J’aurais pris le temps de ranger si on m’avait prévenu de ta venue… » L’ironie se fait cinglante, mais ma voix tremble. Elle n’est qu’un murmure étouffé. Brisée par le trop plein de douleur qui se déverse sous ma peau.  Je tente alors pitoyablement de me relever, les élancements dans mon flanc et ma main rendant l’exercice plus ardu que prévu. La détention, le manque et la faim distillent sous ma peau un mélange absolument répugnant. Eveille mes colères pour les mettre au diapason de celles qui L’assaille.

« - Qu’est-ce que ça peut te faire ? Tu t’inquiètes de leur confort maintenant ? Fallait y penser avant de les jeter là-dedans. » Je le lance en désignant la zone où gis le corps. L’odeur de sang me retourne le ventre. Attise le vide de mes entrailles en lambeaux et me pousse à saliver. A affronter la famine, comme à chaque fois qu’une présence humaine en vient à se tenir dans cette pièce. Le monde vacille lorsqu’enfin mon corps se décide à se redresser. Bancal sur des jambes qui me semblent faites de coton, je cille pour tenter de m’habituer à cette luminosité décidément trop forte pour mes pauvres rétines. Mon regard s’échoue un instant sur la masse étendue par terre de l’autre côté des barreaux. Le malaise s’enroule autour de mon cou, comprime veines et trachée pour accompagner au mieux cette vision détestable. Une profonde inspiration qui me lacère le ventre et je m’oblige à porter mon attention sur Lui.

« - Ta délicieuse humeur a assassiné tous tes larbins, pour que tu descendes ici faire toi-même leur sale boulot ? » Debout sans vraiment l’être, mes pieds ne parviennent pas à supporter convenablement mon poids. Je m’enlise dans les brumes de ce monde chancelant. Agrippé aux épaules par une angoisse qui s’enroule à présent autour de ma gorge. C’est de la peur qui me brûle la langue. Un goût de souffre dans la trachée. Distillé par l’aura qu’Il peut dégager. Bravade d’un fou, je m’écorche les talons sur le sol, m’obligeant à faire un pas mal assuré, puis un second pour venir me poster près de Lui. Contre le feu de ce corps tendu par les assauts de la colère. Le souffle fragile s’appose contre Sa peau, caresse Sa mâchoire. « - Ou bien je te manquais ? » La moquerie se pare d’une suave innocence. Emplie de sous-entendus qui se renforcent lorsque mes phalanges dérivent, caressantes, contre Son entrejambe et mes lèvres s’apposent furtivement au coin des Siennes. Le désir en berne, c’est la carte d’atouts bien pitoyables qui s’appose la première sur la table dans l’espoir d’apaiser l’orage que je sens rugir sous Sa peau. Mon regard se perd le temps d’un souffle dans le Sien, et ce que je peux y lire me fait reculer aussitôt. Habitué à Ses crises et ses colères, celle qui se dresse devant moi ne leur ressemble en rien. Et me fait perdre toute la maigre assurance dont je suis d’ordinaire doté en sa présence. La prudence me pousse à faire un autre pas en arrière, mon talon butant alors contre le matelas défoncé.

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MessageSujet: Re: Cascading failures (Kyran)   Sam 1 Aoû - 21:22

Ses colères sont légion. Bien trop fréquentes, elles ont brisé les os du captif, fait couler des rigoles pourpres le long de Sa peau diaphane à de nombreuses reprises. Ravagé d’ecchymoses ce corps qu’il détruit presque aussi souvent qu’il le fait sien. Mais celle qui saccage son âme meurtrie est sans précèdent. Aussi monstrueuse que la trahison qui l’a engendrée. A la hauteur de l’effroyable surprise. Le malfrat ne l’a pas vue venir, et la chute est terrible. Loin d’imaginer qu’Il pourrait aller si loin. Risquer à la fois de démanteler son commerce et de le faire exécuter, juste pour se débarrasser d’une rivale particulièrement tenace. Ils semblaient s’être tous accommodés de cette cohabitation étrange et douloureusement malsaine. Ou plutôt, lui s’y était fait. Il calmait les ardeurs de l’une, réduisait à néant les pulsions macabres de l’autre. Il pensait être parvenu à dompter les fauves, et maitriser la situation. Il se serait davantage attendu à ce que l’indienne cherche à poignarder Aleksi dans son sommeil, qu’à ce que ce dernier ose prendre les devants. L’illusion mièvre a volé en éclats, et les débris de verre s’incrustent partout dans ses veines viciées. Le fleuve ténébreux emporte toutes les braises sur son passage. L’ironie avec laquelle fanfaronne le prisonnier le rend fou. Il veut le faire ramper, le voir gémir à ses pieds. Lui faire ravaler Son ignoble insolence, l’étouffer avec.  

« - Rien. Je constate seulement. Le manège aurait cessé dès la première victime si tu n’avais pas refusé de t’en nourrir comme un pauvre imbécile. » Il enjambe avec une pointe de dégoût le cadavre encore chaud, avant de rejoindre celui qui risque de tomber. Statue de pierre, il reste muré dans son venin, hautain et dédaigneux. Il ne bronche pas lorsque le finlandais se décide laborieusement à se remettre sur ses pieds, se contente de serrer imperceptiblement le poing. Ça le démange furieusement, de Lui éclater à lui aussi la cervelle jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. Juste de la bouillie indigeste. Un misérable légume, qui ne le charmerait plus par son esprit vif et acéré. La brute se retient néanmoins et se contente de Le toiser avec tout le mépris qu’il peut avoir en réserve. Mais le démon a plus d’une carte dans sa manche pour le faire vaciller et le souffle suave qui vient caresser délicieusement son épiderme lui arrache un frisson. Serrée à se la fracturer, sa mâchoire tremble légèrement. Il se mord l’intérieur de la joue jusqu’au sang pour ne pas répondre à la provocation lubrique. Laisse le liquide noirâtre inonder son palais et y imprégner son arrière-goût de soufre. Le désir s’empêtre dans sa haine, rogne ses chairs. Il lèche ses reins, les longe avec une lenteur insoutenable. Brut, viscéral, animal. Il se répugne d’être si faible. Encore capable de brûler pour celui qui l’a privé en traitre de sa compagne de plusieurs décennies. Il s’en rend malade et l’ombre qui obscurcit ses rétines gagne en noirceur. L’allusion scabreuse l’écorche vif. La main baladeuse qui s’égare contre son entrejambe achève le travail. Le scandinave réalise avec amertume qu’il aurait parfaitement pu y céder dans d’autres circonstances. Sans la mort de Sanjana sur la conscience, et la certitude qu’Il l’avait précipitée. Il ne comprend toujours pas cette attirance putride, malsaine. Celle qui rend même les plus belles courbes féminines affreusement fades en comparaison de l’attraction impérieuse qu’Il exerce sur lui. Qui lui fait préférer de loin Sa peau sur les os et Ses cheveux en bataille aux silhouettes plus harmonieuses.

La lueur démente incendie ses sphères d’acier avec plus de force, fait rougir le blanc de ses yeux. Son amant maltraité semble finir par s’en apercevoir lorsque Ses prunelles plongent dans les siennes avec une fausse innocence. Semblable à une biche effarouchée, Il recule immédiatement, comme s’Il venait tout juste de réaliser l’ampleur du danger. Le tortionnaire voit basculer Son assurance de fortune avec un plaisir sadique. Il ne laisse pas la distance s’agrandir davantage et la rompt en deux enjambées rapides. Son genou bute hargneusement contre le Sien, manque de le faire trébucher sur le matelas miteux. Ses phalanges rêches agrippent sauvagement le poignet qui a effleuré lascivement sa cuisse, le retourne dans Son dos et le casse d’un coup sec. Sonore, le craquement sinistre résonne dans la cage en métal, bourdonne contre ses tympans lacérés. Leurs jumelles s’enroulent autour de Son cou frêle, y impriment la marque de leur domination et le font décoller du sol. Il appuie contre les vertèbres du cou, les presse pour Le priver d’air. Il tourne Son visage contre le mur, comme pour s’assurer que les lèvres tentatrices ne s’aventureront plus à frôler le contour des siennes avec une si sournoise indécence. « - Repose tes sales pattes sur moi pour faire diversion et j’en fais de la charpie. » Le prédateur susurre perfidement dans le creux de Son oreille, insiste particulièrement sur le dernier mot pour que la menace soit correctement prise au sérieux. Il serait trop facile qu’Il puisse s’en sortir si facilement, en usant et abusant de son obsession maladive pour Lui. S’il n’a pas su la protéger, il est fermement décidé à la venger. Même s’il n’est pas certain qu’il pourra réellement le faire, son courroux et son chagrin l’aveuglent. Surpassent le temps d’un instant forcément voué à l’échec son attachement inconditionnel pour le hacker.

« - T’as pas une petite idée de ce qui m’amène là ? Quelque chose que t’aurais fait pour m’entuber profondément ? Quelqu’un que t’aurait dénoncé ? » Siffle t’il, en forçant Sa pommette à rapper contre le béton froid, quitte à Lui infliger un méchant torticolis. Le tyran se nourrit de Sa peur, grisé par le tourbillon écarlate qui s’épanouit dans ses propres viscères. Il se focalise sur les souffrances subies par l’ancienne chaman. Sur tous les sévices abjects qui lui auraient été épargnés, sans Sa félonie. Il se laisse dévorer par sa rage, pour ne pas sombrer dans un gouffre de peine. Si elle l’envahit, il est foutu. Drapé dans sa fierté mal placée, il refuse de s’effondrer devant le coupable. « - Tu ne me demandes pas comment elle va ? Pourquoi elle n’est pas venue te narguer une seule fois depuis que tu moisis dans la cave ? » Ses dents grincent, sa voix devient plus teigneuse. Le molosse ne lâchera pas sa prise tant qu’il ne l’aura pas rongée jusqu’à la moelle. « - T’as pas pu t’en empêcher hein ? De laisser encore ta langue trop pendue trainer là où il fallait pas ? » La référence à son frère est évidente, emplie de rancœur. Pourrie, elle ravage ses entrailles et s’y répand comme la gangrène. La révélation de leur relation parait cependant ridicule en termes de dommages désormais. Dans son for intérieur, le norvégien continue à espérer. Qu'Il va démentir. Que tout ça n'est qu'une grossière erreur.

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MessageSujet: Re: Cascading failures (Kyran)   Lun 3 Aoû - 20:43


La douleur en écho à la peur. Elle survient sans prévenir. Aussi soudaine que Son avancée qui ne me laisse pas le temps d’esquisser le moindre geste pour l’éviter. Pris au piège par ma propre sottise, je me retrouve privé d’air dans un hoquet de surprise. A peine capable de réaliser que les craquements lugubres qui se déchaînent contre les murs insalubres, viennent de mon poignet. Brisé net par la folie du maître des lieux. Le temps de latente me fait ciller, stupidement. Et quand la douleur fuse enfin le long de mon bras, aucun son ne s’échappe de mes lèvres entre-ouvertes. Le hurlement de souffrance meurt dans ma trachée, asphyxié comme le reste de ma misérable personne. J’ai inconsciemment jeté de l’huile sur un feu près à exploser. Réalisant que trop tard l’étendue de la tempête en train de se former devant moi. Trop habitué à Ses colères pour parvenir à les prendre au sérieux. Jouissant d’un statut, certes précaire, mais suffisamment fort pour m’empêcher de finir comme la plupart de Ses pauvres employés. La douleur bat contre mes tempes, suinte du moindre de mes pores et consume mes pupilles par le sel et l’eau. Les larmes s’apposent sur mes cils mais ne parviennent pas à glisser contre ma peau. La mécanique s’est mise en veille lorsque Son autre main est venue m’étreindre la gorge. Stupidement ridicule. Affreusement frêle et insignifiant face à un être de Sa trempe. D’infimes centimètres de différence qui en cet instant, creuse un fossé entre nous et Lui offre une taille de géant. La menace m’effleure et l’ombre d’un sourire amer s’appose sur mes lèvres. Si souvent entendue, qu’elle aussi, elle est devenue une sonorité à laquelle je me suis habitué. Les menaces en public, l’opposé en privé. C’est là que le plomb qui s’est glissé dans la pièce depuis Son arrivée prend tout son sens. En privé, mais ce qui incendie ces prunelles que je ne peux m’empêcher de sonder n’a rien de familier.

« - L’envie soudaine de fracasser, une fois de plus, son employé le plus téméraire ? » La moquerie s’échappe dans un souffle étranglé et une grimace de douleur qui convulse mes traits. Le béton contre la peau, la saveur du sang sur la langue et son contact contre la peau. Les frissons dégringolent, détruisent mon échine et c’est tout mon corps qui se déchire dans un spasme. Je ferme les paupières, me réfugie dans ce que je connais de mieux : les ténèbres. Et laisse le restant de Son venin me cramer le cœur. Le cœur du problème. Sa si détestable indienne. Ce n’est pas la souffrance qui s’appose sur mon visage cette fois, mais cette profonde inversion que sa seule mention peut éveiller en moi. Je serre les dents et me mords la langue, lutte un instant pour faire entrer une infime bouffée dans mes poumons. La flammèche dans ma poitrine se fait incendie et l’air me consume de l’intérieur. « - Pourquoi s’en serait-elle seulement donné la peine ? Le manoir et son propriétaire pour elle toute seule, elle a dû s'en donner à cœur joie et m’effacer de sa mémoire. » J’agrippe de ma main valide Son poignet, fait pression dessus pour tenter de le faire lâcher prise. Mes ongles raclent la chair, glissent contre cette peau qui me hante et c’est tout le désespoir qui se presse contre mon cœur qui me pousse à lutter. Les sonorités d’un rire jaune et étouffé se brisent dans le silence. La nuque craque lorsque je m’oblige à contrer Sa poignet pour Lui faire face au mieux. « - Tu ne l’as toujours pas digéré ? Ce que j’ai pu dire à Ezra ? Si tu avais les couilles d’assumer ce qui te bouffe, ce serait tellement plus simple. » La vilenie de mes propres paroles me dépasse. Venin distillé par le mal et la crainte. Alimenté par un autre souffle qui me caresse les reins et attise ces désirs assassins qui m’effrayent. « - Qu’est-ce que tu veux? Que je tente de démentir ? De plaider mon innocence ? » Ma voix se brise. Fragilisée par l’étreinte. Elle tressaute sur les notes d’une colère latente. Dans un spasme, les phalanges se referment avec plus de hargne contre la chair à présent à vif. Raclent avec plus de hargne, creusent des tranchées noirâtres jusqu’au milieu de Son avant-bras. Main fracassée qui trouve la force de venir en aide à sa jumelle pour repousser l’assaillant. L’étau se desserre, suffisamment pour me permettre de bouger la tête et achever de me libérer de cette prison assassine.

L’air qui s’engouffre dans mes poumons me brûle la trachée, secoue ma poitrine d’une quinte de doux râpeuse. Le silence en seul spectateur. Les secondes en alliée afin de trouver comment formuler la chose. J’en ai rêvé. De sa mort. Bourreau et juge, je prenais le rôle de son propre assassin. Indienne parasite voué à engendrer la ruine de mon monde branlant. « - Je n’ai pas pu m’en empêcher. C’était devenu trop dur à supporter. La voir tous les jours se pavaner à tes côtés. Récolter ton attention quand tu m’accables de ton mépris devant les autres. » C’est un aveu qui m’arrache la langue, qui s’échappe de ma bouche asséchée dans un seul soupir. Chargé de toute ma peine. Puant la jalousie dans ses plus violents extrêmes. Le silence à nouveau et toute la physionomie de la créature change. La haine en sourire, le meurtre dans les pupilles, je vacille face à cette ombre qui s’agrippe à mes épaules. Ecartelé entre deux attitudes aux antipodes l’une de l’autre. « - Je voulais qu’elle souffre. J’en crevais d’envie… Alors oui, je l’ai dénoncé. Pour la faire chuter, elle seulement. » La peur s’efface dans cette seule confession. Achevée par l’écho de cet aplomb étrange. L’inconnu au bout des doigts, j’effleure les contours de cet autre qui se partage mon cœur. Ce symbiote qui parasite mes pensées et attise des désirs immondes et inavouables. « - Je ne suis pas aussi con que tu sembles le penser Kyran. Elle allait être la seule à tomber, pas toi. » Blessé plus que de raison par cette attitude qui me pousse sans cesse à passer pour un imbécile. Ce besoin constant de rabaisser les autres pour se sentir au-dessus de la fange. Je m’oblige à me redresser, à chasser la faiblesse qui se rue dans mes veines, et manque me faire défaillir. L’arsenic sous ma peau engendré par l’isolement et la faim se couple avec la crainte. Le défi et le besoin effrayant de justifier ma propre trahison. Qu’elle tombe, je n’attendais que ça. Qu’elle disparaisse enfin. Pièce inutile d’un puzzle qui survivrait au mieux sans sa présence. J’ai pourtant l’horrible impression que son fantôme se tient entre nous. Continue de m’accabler de ses moqueries coutumières même en étant hors de ce monde. Chimère de glace qui me gèle la peau, déverse un flot de frissons le long de mon échine que je tente de chasser en effleurant du bout de mes doigts tremblants, les contours blessés de ma nuque.

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MessageSujet: Re: Cascading failures (Kyran)   Mer 12 Aoû - 15:38

Même acculé, mis au pied du mur, le finlandais ne semble pas enclin à se défaire de son ironie détestable. Le suicidaire continue de jeter de l’essence sur le brasier qui décime déjà tout sur son passage. Il déchire ses nerfs nécrosés, les effrite comme du papier de verre. Le mélange létal le fait frissonner de rage, le pousse à accentuer son emprise sur Son coup si frêle. Il suffirait d’un geste mécanique pour que le jeu cesse. Briser la nuque d’un coup sec, parfaitement maitrisé. Et voir la source de sa colère s’effondrer comme une vulgaire poupée de chiffon sur l’asphalte putride. Il lui arrive de regretter de ne pas avoir laissé Sa fiancée lui arracher sauvagement la carotide, avant de l’éviscérer vivant. Elle était si bien partie, et Lui, si impuissant à l’arrêter. Trop choqué par l’horreur absolue de sa nouvelle condition pour parvenir à la tuer. Au lieu de se repaitre de la scène ou de passer son chemin, le mafieux n’avait rien trouvé de mieux que de se lancer dans un sauvetage désespéré. La mort de Sanjana ne représente qu’une énième conséquence de son sursaut d’héroïsme. Ou de son excès d’opportunisme, selon le point de vue. Moqueur et amer, le rire du damné transperce ses tympans et fait redoubler ses tremblements. Il en relâche légèrement son étreinte, suffisamment pour qu’Il puisse croiser son regard de pierre. Ses griffes lacèrent désespérément son bras, tracent des sillons foncés le long de sa peau meurtrie. « - Mais putain, c’est pas à toi d’en décider ! T’avais aucun droit de lui raconter ça, de pleurnicher en plus. Me fais pas croire non plus que t’avais nulle part où aller, t’aurais pu te débrouiller. » Les reproches affluent entre ses dents serrées. Il ne l’a pas digéré non, de subir une honte si cuisante sans l’avoir vu venir. D’être humilié au point que l’échange dégénère à nouveau, et le pousse à commettre l’impardonnable. La gifle colore toujours sa paume d’écarlate, le hante sans arrêt. Il lui en veut affreusement, presque autant qu’il se maudit lui-même. Jamais Aleksi n’aurait dû se réfugier chez son cadet en premier lieu, quand lui n’y serait accueilli que comme un paria.

L’hémoglobine avariée coule, se déverse hors des plaies qu’Il forme en s’acharnant à creuser la chair avec Ses ongles sales. Mais il est presque insensible à la souffrance physique, elle est négligeable en comparaison de celle qui se jette sauvagement contre les parois de son palpitant. « - Par exemple, oui. Tu pourrais commencer par ça si tu ne veux pas aggraver ton cas. » Il préfèrerait se faire endormir de mensonges, bercer d’illusions. Volontiers prêt à se laisser berner pour finir là l’interrogatoire. Il précipite la confession mais n’a pas réellement le courage de s’y heurter. S’Il confirme cette terrible traitrise, il sera confronté à un choix effroyable, à un choix impossible. La venger ou laisser son bourreau vivre. Il ne peut pas, il en est incapable. Comme ces maris bien trop lâches pour quitter leur femme, mais trop épris de leur maitresse pour la laisser s’échapper, il a évolué dans un sordide entre-deux pendant des mois. Des années. Très loin d’être exclusifs ou même un couple à part entière, il s’est cependant bien gardé d’ébruiter sa liaison. Il aurait été mortifié que l’indienne l’apprenne. Elle l’aurait pris comme une irréparable trahison, elle qui ne comprenait déjà pas qu’il le laisse vivre sous leur toit après qu’Il ait tenté de la tuer à maintes reprises. Avait-elle sous-estimé la menace qu’Il représentait pour ne pas lui rendre la pareille ? Ou bien se doutait-elle au fond qu’Il restait bien plus précieux à ses yeux que n’importe lequel de ses employés ? Et même plus important qu’une alliée de plusieurs décennies.

La vie fragile de son amant palpite sous ses phalanges hargneuses, pulse et trouve un douloureux écho dans sa propre poitrine. Les vils serpents s’éloignent de la gorge malmenée, viennent s’aplatir contre le béton froid, à proximité de Son visage. L’aveu tant redouté le tétanise et c’est tout son être qui se brise. Tous les mots qu’il pourrait prononcer se font avaler, aspirer par un gouffre sans fond de peine et de rancœur. Engloutis par une vague de stupeur et d’angoisse. Comme emporté par un cataclysme, il se sent chanceler, terrassé par une fièvre assassine. Il a beau se faire violence pour reprendre ses esprits, ses barrières de nacre claquent. Il perd pied. Un tressaillement nerveux agite sa misérable carcasse, alors que le meurtrier poursuit son inexorable descente aux enfers. La culpabilité, le chagrin, la gêne ne sont que de courte durée. Ils cèdent rapidement leur place à la haine, à une forme d’autosatisfaction qui le débecte. La jalousie dans sa forme la plus brute, la plus exacerbée. Il ne le reconnait plus. L’indigne organe niché dans sa cage thoracique s’emballe comme un soldat décidé à déserter le front. L’accable de palpitations infernales jusqu’à l’intérieur de sa boite crânienne.

Le scandinave se recule d’un pas, comme pour mieux prendre son élan ensuite. Il toise de toute sa hauteur l’aliéné qui a déréglé son existence entière sur un coup de folie. Le sourire du monstre qu’il a lui-même façonné attise ses envies meurtrières et l’accable. « - Pas pu t’en empêcher ?! Tu te fous de ma gueule ? » Gronde t’il. Son souffle s’emprisonne dans sa trachée, rend sa respiration presque haletante. Il fulmine, bouillonne de s’être montré si laxiste, si faible. La distance est à nouveau rompue, ses doigts rêches retournent s’enrouler autour du cou de l’assassin. Il l’envoie se cogner violemment contre le mur puis il rejette la pauvre carcasse contre le sol. Il ne Lui laisse pas le temps d’essayer de se relever, que déjà son poing lui fracasse l’estomac, puis les dents. Dépassé par sa colère, il veut le faire se tordre de douleur, cracher du sang. La main fermée, sur le point de lui casser le nez, s’immobilise pourtant en plein vol. La vision de la figure ravagée le fait frissonner et l’empêche de poursuivre le carnage. Il saisit le traitre par le col, le redresse légèrement. « - C’est moi qu’ils voulaient connard ! J’ai failli me dénoncer pour elle, bordel… Et maintenant, grâce à toi et à ta jalousie de merde, ils ont toutes les cartes en main pour anéantir tout ce qu’on a bâti en deux ans. » Ses billes d’acier fusillent les Siennes, avant qu’il ne daigne le relâcher et s’écarter. Ses phalanges tremblantes épongent son front alors qu’il tourne le dos au nuisible, grelottent furieusement. « - Je devrais te tuer pour ça. » Crache-t-il, plus ou moins conscient qu’il ne pourra pas prononcer une sentence aussi irrévocable que celle qui a condamné Sa rivale. Le conditionnel éloigne la menace. La possessivité maladive du fou n’est qu'une jumelle dérangeante de la sienne. La vérité le martèle, prend de l’ampleur avant de s’abattre sur lui comme un couperet. La brute se fige, et les évènements macabres des derniers mois lui reviennent en pleine gueule comme un boomerang. Les connexions grésillent, s’assemblent pour lui faire enfin prendre le recul nécessaire sur le puzzle qu’il s’efforce vainement de compléter depuis des mois. « - Les autres… Toutes ces femmes... Ce n’était quand même pas toi Aleksi ? » Ce n’est qu’un murmure horrifié, soufflé avec une anxiété palpable, par peur d’être entendu. Ses sphères métalliques lancent une œillade en biais à l’ancien détenu. Il a beau être le coupable idéal, une part imposante de lui réfute l’ignoble hypothèse. Trop fragile, trop sensible pour avoir commis des crimes si réfléchis, si abominables. Cela reste impensable pour lui, même par dégoût de le partager, de le savoir entre les reins d’autres conquêtes.

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MessageSujet: Re: Cascading failures (Kyran)   Sam 15 Aoû - 21:21


L’écho de la révélation assassine. Une bravade qui écorche et blesse plus qu’elle ne le devrait. J’assiste à Sa destruction. Cille et tremble lorsque Sa main vient se poser contre le mur à côté de moi. C’est un geste de recul qui m’effleure, visant à sauver ma maigre carcasse de l’assaut de rage qui tarde pourtant à se déferler sur ma peau. La crainte de l’attente. Ronger par l’angoisse. Alimenter la folie d’un sang en pleine ébullition. Mon propre monde vacille. Tiraillé entre deux attitudes aux antipodes l’une de l’autre. Je me brise et me divise. La raison et la déraison en oriflammes, c’est tout le système qui souffre face à ce cruel dilemme. L’hésitation me frôle et mes doigts tentent un instant de venir se poser contre Son épaule. Le contact trébuche, et s’avorte avant même d’avoir eu le temps de débuter. Immobile contre mon appui de fortune, le sourire du monstre aux lèvres, je scrute. Me nourrit de ce qui est train de sévir sur le fer de Ses traits. Mon cœur saigne pourtant. Terrassé de voir son jumeau se rouler dans un chagrin évident. Du fin fond de mon crâne, je sens la migraine venir. Elle s’insinue dans les fibres, ronge les neurones et frappe contre les parois du crâne. Un simple murmure qui va gagner en ampleur jusqu’à devenir un hurlement. Et me fracasser le crâne avec insistance. Je tente d’apprendre à vivre avec. Persuadé que la prochaine ne pourra pas être pire que la précédente. Ce n’est qu’un leurre de benêt. Une excuse pour atténuer la douleur. Cette souffrance qui me scie la tête et me plonge dans une léthargie dangereuse.

Le rire fait vibrer mes cordes vocales et le sourire n’en devient que plus sombre à l’entente de Sa question. « - En ai-je vraiment l’air ? Si c’était pour me moquer, j’aurais trouvé autre chose. » Un infime haussement d’épaules frôlant l’attitude désinvolte accompagne la réplique acerbe. Juste avant qu’un hoquet de surprise ne vienne me voler ma verve et mon cynisme. Le recul en pause, le heurt qui me lacère l’échine me coupe le souffle. Je renvoie mes doigts venir s’enrouler autour de Son poignet, serre avec cette force venue des tréfonds des entrailles de cet autre qui me dévore. Poupée de chiffon entre les mains de son créateur, l’adrénaline fuse mais l’angoisse se fait souveraine. Les souvenirs de l’assassin se pressent contre mon crâne, se couple à ceux du détenu. Le choc en guise de retour à la réalité, l’air qui se fait denrée rare et les doigts qui se referment sur le néant. La douleur en drogue, elle m’explose le ventre. Attise la faim et libère la bile qui vient se mêler au sang sur ma langue. Les larmes montent, perlent sur les cils, et je me mure dans le silence. Encaisse sans sourciller les coups qui m’accablent. Et le corps se recroqueville sous une menace qui ne vient pas aussi rapidement que les autres. Le crâne en morceau, la migraine gagne en ampleur et fusionne, assassine avec le mal engendré par Ses coups. Je ne suis qu’un vulgaire chiffon entre Ses doigts. Poids plume, aujourd’hui plus que jamais, je me sens inutile, pathétique et affreusement frêle face à lui. L’illusion de la faiblesse en meilleure protection, Ses paroles m’accablent mais aucun son ne parvient à franchir le seuil de mes lèvres hormis ce flot écarlate qui me retourne le ventre. Et je m’effondre sur le sol lorsqu’Il me lâche enfin. Les membres engourdis, tétanisés par ces vieux réflexes, je me brûle les poumons en essayant vainement d’y faire entrer un peu d’air. Et le sourire du condamné suicidaire revient se coller sur ma bouche ensanglantée.

« - Fais-le, si tu penses que ça arrangera l’état de ta conscience déplorable. » Le souffle en lambeau, c’est une voix éraillée qui s’élève faiblement au milieu du silence. L’écho d’une strangulation dérangeante, la glotte écrasée par la poigne du norvégien blessé. « - Toi, elle, moi ou un autre, ils s’en foutent. Du moment qu’ils ont un nom et quelqu’un pour montrer l’exemple, ça leur suffit. » Le sang s’écrase au sol, goutte alors je tente une nouvelle fois de me remettre sur mes pauvres pieds. L’exercice s’avorte dans un soupir de douleur, l’acharnement avec lequel Il a cherché à me briser le ventre réduit la chair en lambeaux et me donne l’impression d’avoir du verre à la place de mes viscères. Et chaque mouvement en distille les débris contre ma peau.  « - Ils n’ont rien du tout. Une résistance comme les autres, rien de plus. Arrête un peu de tout ramener à ton nombril, ce que tu as bâti en deux ans ne va pas s’effondrer. » La colère fuse, et ma voix tremble. Son entêtement m’irrite. Il n’a rien perdu. Ne perdra rien. En allait dénoncer Sa précieuse indienne, je suis le seul à avoir couru un risque. Déjà repéré par les autorités, il aurait été tellement facile de me faire taire. De priver Sa petite entreprise de deux éléments. Mon sacrifice pour être enfin débarrasser de cette nuisible. A bien y réfléchir, j’aurais été capable de commettre une telle folie. Assis par terre, je me borne à contempler le mur. Concentré sur le parcours chaotique de ma propre respiration ce qui finit par gronder dans la pièce me laisse sans voix. C’est une vague de profonde stupeur qui se déverse sous ma peau. L’incompréhension en écho, je cille stupidement. Fronce les sourcils et secoue la tête tout en fermant les paupières pour arrêter de seulement penser à ce qu’Il vient de proférer. « - Non, comment peux-tu seulement penser une… » Le souffle amoindrit, c’est un vulgaire murmure qui lui fait office de réponse. Inachevé, car brisé par ce qui est en train de se passer dans les méandres de ma mémoire fustigée. Les images tournent. Sombres, dépourvues de couleurs, hormis les innombrables nuances de rouge. Ce ne sont que des ombres qui se dessinent sur mes paupières. Le parcours d’un fou. L’aliénation en ennemie de la raison. Ce ne peut être les conséquences de mes gestes qui s’apposent contre mes rétines. La migraine se fait violente et j’en soupire de douleur. Agrippe mes cheveux des deux mains dans l’espoir de voir l’horreur s’arrêter. Les cadavres de la morgue quittent leur prison glacés pour venir reposer dans leur carcan d’origine. Corps sans vie à présent aussi vivants que Lui ou moi. Les dernières heures de ces pauvres femmes, reproduites à la perfection. Et l’assassin en pleine lumière. C’est une plainte douloureuse qui s’échappe de mes lèvres lorsque je m’oblige à rouvrir les yeux.

« - Je… Je les ai tués. Toutes ces malheureuses… » Le sursaut me déchire le cœur. La vérité au grand jour, crève ma raison et m’enlise dans un bourbier de frayeur. Et pourtant, au milieu du charnier, le cœur palpite. Fier et droit, écartelé par la honte et la fierté du fou. Le sang en arrière-goût dans la trachée, et les frissons provoqués par délectation du meurtre. Dédoublement outrancier d’une personnalité déjà bien tourmenté, je me retrouve à nager à contre-courant. Brisé par mes propres actions. Fasciné par ce génie macabre qui me rend fou. « - Et je le referais sans hésiter. » La confession de l’assassin, énoncé avec une froideur qui parvient à me faire frissonner. Angoisse et délectation. Je me relève enfin, titube légèrement sur mes pauvres guiboles avant de retrouver un semblant d’aplomb. « - Je Les déteste Kyran. Elle et toutes les autres. Je le referais parce qu’elles le méritent. » C’est un fait, une évidence qui me détruit le cœur autant qu’elle peut le rendre plus fort. Mes pupilles dérivent de Son jusqu’au corps gisant de l’autre côté des barreaux. Elle aussi je l’aurais détruite s’Il en était venu à la toucher. Elle, et toutes celles qui suivront.

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MessageSujet: Re: Cascading failures (Kyran)   Dim 23 Aoû - 21:20

Le temps se suspend. L’hémoglobine dans ses veines se fige et seul le vide résonne entre ses deux misérables oreilles. Le gouffre qui menace de l’aspirer tout entier est vertigineux. La moindre bouffée d’air menace de s’étouffer dans sa trachée et il reste parfaitement immobile, attendant que la vérité exécrable le cisaille en deux. Assassins, les frissons qui martèlent sa carcasse trahissent son angoisse latente. Une once de soulagement s’empare de lui lorsque le finlandais commence à démentir l’infâme accusation, mais le silence édifiant la réduit en cendres immédiatement. Ses paupières se referment sur les ténèbres, traversées par les images immondes des pauvres victimes. Il visualise les abjectes mises en scène. Les corps éventrés, dépecés, décharnés. La volonté de les rendre hideuses. Leur retirer toute grâce, toute féminité. Enlaidir les charmes qui pouvaient pousser un homme à les désirer, à les posséder. Il n’a voulu voir s’aligner que de vulgaires et insignifiantes coïncidences, pour ne pas se heurter à l’effroyable évidence. Elle se dessine désormais en lettres écarlates et éclatantes devant ses sphères de glace. Lui brûle les rétines à lui donner envie de se les arracher.

L’aveu monstrueux brise son repli dans l’obscurité et il se décide enfin à refaire face au fou. A celui qu'il devrait faire enfermer à l'asile pour rendre service à l'humanité. « - Non. » Le refus est ferme, tranchant. Il ne peut pas, ne veut pas croire que c’est Lui. L’entendre énoncer à voix haute ses crimes rend l’horreur aussi réelle qu’absolue, mais il continue de se débattre dans la vase putride. « - Tu… tu n’as pas pu faire ça… Tu es trop… Tu n’as pas pu. » Bafouille-t-il, davantage pour se rassurer lui-même que pour le convaincre Lui. « - Même te nourrir d’humains, tu n’arrives pas à t’y résigner… Alors ça… » Il ne comprend pas comment son amant peut basculer si aisément d’un extrême à l’autre. Comment il a pu être si aveugle durant tous ces mois. Il a toujours négligé les conséquences de son ignoble mépris en public. Si terrifié à l’idée qu’on puisse découvrir ses penchants déviants, qu’il n’a jamais hésité à Lui cracher dessus en présence de témoins. Ni à multiplier les conquêtes pour prouver stupidement sa virilité. Parce qu’Aleksi semblait bien l’encaisser et se contenter du peu qu’il concédait à lui donner, il ne lui a rien épargné. Il s’en régalait même, de le faire souffrir, simplement pour le punir de l’avoir séduit. De lui avoir fait piétiner tous les principes qu’il croyait solidement ancrés en lui,  immuables.

Et je le referais sans hésiter. La promesse funeste aggrave les tremblements intempestifs, les sueurs froides qui glissent le long de son échine. Il a toujours su qu’Il n’était pas à sous-estimer. Il a vu de ses propres yeux la folie sanglante qui était capable de s’emparer de Lui et de le pousser à commettre des atrocités. Mais il n’aurait jamais imaginé qu’elle se manifesterait sous une telle forme. Qu’elle se répéterait si souvent. En y réfléchissant, l’impitoyable couperet s’était abattu sur quasiment toutes les aguicheuses qui ont froissé ses draps. Allait-Il jusqu’à le suivre ? Plus que les morts provoquées en elles-mêmes, c’est la préméditation qui lui glace le sang. En définitive Sanjana pouvait sans doute s’estimer heureuse d’avoir eu une fin plus douce que les autres rivales du hacker. Le scandinave s’approche de la silhouette frémissante, refoule le dégoût qui incendie sa peau. Il passe ses mains derrière Sa nuque, oblige le captif à rencontrer son regard trouble. « - Tu ne dois plus leur faire de mal. Beth… » Il s’arrête en plein milieu de la phrase, rectifie aussitôt pour chasser toute familiarité et Lui éviter de se faire des idées. Relativement attaché à la casse-pieds qui lui sert de collègue, il tient à la protéger. Il est certainement trop tard, néanmoins. « - Le lieutenant Hart va finir par remonter jusqu’à toi. Elle te fera exécuter pour tous ces carnages. Tu finiras par faire une erreur et… » Sa gorge se noue en songeant à ce qui pourrait lui arriver si le pot aux roses était découvert. Un châtiment à la hauteur de Sa démence. « - Promets-moi que tu vas arrêter ça. Je t’en prie, jure-le moi. » La supplique prend des accents douloureux, lui tord le cœur tant il est convaincu que c’est vain. « - Je suis le seul fautif. Aucune d’entre elles n’a mérité ça. Il n’y a que moi. » Souffle t’il, les phalanges se perdant davantage dans les boucles noires. Les griffes s’y accrochent, s’y écorchent. Il voudrait déchirer le cou frêle en deux, en extraire les vertèbres une à une. Une montée de colère fait se crisper ses doigts sur leur prise de chair, en songeant à l’extermination qu’Il se permet de faire dans son dos. Au ménage malsain et sordide.

« - Qu’est-ce que j’ai fait de toi… Comment tu vas survivre avec ça sur la conscience ? » Affreusement rauque, sa voix grésille, masque difficilement les braises de haine qui bousillent sa trachée. Mais également l’anxiété, prédominante et démesurée, qu’Il ne le supporte pas. La mémoire fêlée doit poursuivre son travail, jeter dans les mâchoires de l’oubli ce que Son palpitant ne pourrait contenir au grand jour. Assez fort pour pallier aux faiblesses de Son esprit détraqué, pour le parasiter avec des absences salutaires. Trop faible pour se rappeler en permanence des détails immondes des massacres. Le mafieux continue de croire qu’Il n’a pas l’âme d’un tortionnaire. Qu’il reste encore un peu en Lui de celui qui a su l’attendrir et faire fondre les remparts d’acier autour de son myocarde. « - Quand je pense que tu m’en as voulu de l’avoir castré, le minus avec lequel tu fricotais. Qui est le plus malade de nous deux maintenant ? » Persifle-t-il, ricanant presque, renforçant la pression. La douceur se dispute sévèrement avec la rancœur, se teinte d’une cruauté acérée. « - Je ne les toucherai plus. Jamais. » Rajoute-t-il sans ciller, déterminé. Mais ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il n’est pas certain non plus de pouvoir à nouveau le caresser Lui non plus. Enivrante d’ordinaire, la proximité l’écœure profondément en cet instant. Il le révulse, le débecte. Il se sent comme si l’aliéné avait trifouillé avec ses mains sales au creux de ses entrailles et les avaient vidées sur le goudron infect. La convoitise qui consume ses reins en permanence ne se résume plus qu’à un fatras de bile, d’amertume et de poussière. Il a pourtant pitié de Lui. Il ne s’est pas épris du bourreau capable de torturer avec une telle barbarie d’innocentes femmes. La sensibilité, la fragilité et la maigreur apparentes ne ressemblent cependant plus qu’à des leurres, qu’à des mensonges et des masques pour recouvrir la vermine cachée en dessous. Il l’aime encore autant. Il se déteste seulement démesurément d’avoir façonné un monstre si féroce, de l’avoir détruit et perverti sciemment. Il est le seul coupable, le seul responsable de Ses péchés. Il a tout fait pour qu’ils en arrivent là.

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Cascading failures (Kyran)

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