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 time is money (Loon)

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↳ Citation : « Too late it was, for him, for them, the evil curse had won. The anger and the anguish overwhelmed his fragile soul, and caused a wicked tantrum that he never could control. »
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MessageSujet: time is money (Loon)   Mer 8 Juil - 11:05




I am the one who blames only you, the flame in my eyes now blackens
my view.
(c) crackle bones

Caïn était mécontent. Un monsieur de Sade mécontent n’était pas de toute beauté soyez-en certain. Car ses yeux déjà forts saillants s’en voient doublé de volume ; un petit rictus prenant la forme de la lettre « y » apparaît sur son front et il est pris d’un bruxisme incontrôlable. Mais pour le moment, son visage se montrait le plus impassible et jovial du monde. L’homme politique que vous voyez avait ses habitudes auxquels il tenait. Parmi elles, une somme régulière d’or jaune se devait d’être dans ses coffres pour son bien et celui de l’humanité, enfin, le peu qu’il restait. Mais cela demandait un travail considérable que notre aristocrate ne pouvait se permettre. Il lui fallait des relations, des contacts. Tout était beaucoup plus simple lorsqu’il vivait en France, jadis. La chaleur et l’humidité écrasante de la Nouvelle-Orléans lui faisait quelque fois presque regretter cette situation dans laquelle ils sont tous. Presque seulement. Car il s’amuse bien trop pour avouer un quelconque et pathétique regret en réalité.

Aujourd’hui donc, Caïn était contrarié. Ses comptes n’étaient pas corrects et comme tout problème mathématique, la solution était logique. Un de ses fournisseurs faisait mal son travail. Après quelques recherches, trouver le coupable ne fut pas très compliqué. Une équation de collégien. Son problème venait de la pharmacie à l'est de la ville. Celle proche de l'hôpital. Une de ses sources lui rapportant le plus d'argent. Personne n'imagine le nombre massif d'hommes et de femmes de la santé qui ont besoin de leur petite sucrerie pour tenir 72 heures de gardes d'affilées. C'est un métier éprouvant. Il fut déçu en apprenant la source du problème. Car le responsable qu'il s'apprêtait à aller faire face n’était pas la plus désagréable de ses « employés ». Caïn était cependant magnanime. Ainsi, a-t-il laissé s’écouler vingt-quatre heures avant de se décider de faire irruption en personne à la pharmacie en question. Qu’elle était propre et tranquille cette pharmacie ! Il serait tellement regrettable que l’un de ses pharmaciens perde son emploi du jour au lendemain. Il n’est pas chose aisé de trouver un travail, les temps sont durs. Les mains dans les poches de son costume trois pièces, Caïn eut juste le temps d’éviter la porte en verre de la pharmacie qu’une demoiselle venait de pousser de l’intérieur, mais manifestement trop occupé à lire quelques instructions grotesques derrière une boite de pilules quelconques. Elle n’avait même pas daigné un regard à Caïn de Sade. Quelle grossièreté ces jeunes adultes, par qui ont-ils été éduqué, on se le demande. Tout en la suivant du regard et en haussant un sourcil, Caïn sortit un petit carnet noir et tout en ayant les yeux rivés sur la jeune fille qui s’éloignait, pris un stylo et ouvrit son carnet puis se mit à écrire « recevoir une porte vitrée sur le nez ». Ceci faisait bien sûr partie des évènements pas drôles. Caïn en avait un autre, pour les choses drôles. Qu’il portait également toujours avec lui. On ne savait jamais le moment où l’on peut se retrouver face à une situation alarmante. Ou désespérante, les deux fonctionnent. C’est pour cela que l’aristocrate avait ces deux carnets. Et qu'il pouvait à foison répéter ce qui état drôle et éviter ce qui ne l'est pas.

Tout en rangeant son carnet et son stylo dans sa poche intérieur, Caïn ouvrit la porte et pénétra nonchalamment dans les couloirs de la pharmacie. Ah qu’il aimait lorsque tout était d’une clarté blanchâtre à l’odeur de propre. Il n’y avait personne. A dire vrai, selon la pancarte devant leur porte indiquant les horaires, c’était probablement parce que la pharmacie était sur le point de fermer. Dans quatre minutes piles si l’on en croyait la montre de Caïn de Sade parfaitement réglé. Mais pour un membre du gouvernement, on pouvait bien faire une exception n’est-ce-pas ? C'est qu'il était occupé le monsieur. Venir ici en personne en fin d'après-midi tandis que le monde respectable rentrait chez eux lui demandait un effort considérable.
Néanmoins, Caïn attendit patiemment. Il prit appui sur ses avant-bras sur le comptoir de la caisse. Et voici qu’apparu Loon, le bon samaritain faisant patriotiquement son travail. N’était-il pas splendide dans sa blouse blanche, donnant de quoi soulager les pauvres âmes en peine de douleur physique ou psychique ? A sa vue, Caïn plissa soudainement les yeux et porta les trois premiers doigts de sa main droite sur sa tempe, feignant un mal atroce.

« Mon pharmacien favori ! C'est étrange mais je suis pris d'un mal abominable. Hier après-midi alors que je faisais mes comptes, une migraine insoutenable apparu si bien qu'un rictus se forma. Il est ma foi très peu esthétique d'avoir un rictus apparent au milieu du front, vous en convenez. J'ai donc besoin de l'avis d'un professionnel : quel peut en être la source ? »

Bien évidemment, le rictus en question n'était plus. Pour le moment. C'était pour l'image voyez-vous. La question posée était rhétorique bien entendu, mais Caïn avait tellement hâte de connaître la bonne raison –car elle devait forcément être bonne- du retard du versement de la somme due de la part Loon.

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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Mer 8 Juil - 19:38

Italique : Français


« Désolée monsieur, nous sommes fermés.

« Nous ne sommes pas fermés. »

Tu pousses l'épaule de Rachel afin de t'avancer derrière les comptoirs, le regard de ta supérieure psychorigide vissé entre tes omoplates comme le laser d'un fusil de sniper. La pharmacie est en effet vide, à l'exception d'un invité de la plus haute importance. Tu cesses ta progression vers les banques de verre pour te tourner vers cette doctorante pince sans rire que tu as hâte de voir filer quand son contrat sera terminé.

« Fais ça en Allemagne et ton commerce ne tient pas une semaine. Je fermerai, tu peux y aller. »

Ton regard insistant a tôt fait de laisser disparaître la jeune femme derrière les étagères. Tes racines françaises et allemandes s'entremêlent pour lui hurler des jurons muets que tu gardes bien au chaud dans un coin de ta bouche pour les cracher durant un moment plus opportun, au lit ce soir avec ton plan cul du moment, certainement. Lorsque tu te retournes en direction de cet homme qui vient te rendre visite en personne, la pharmacie est totalement vide en dehors du rôle titre. Derrière lui, le rideau métallique s'abaisse au niveau de la baie vitrée dans un grincement sinistre ; le public disparaît et désormais la scène la plus intéressante se tient dans les coulisses avec pour seuls témoins les néons crus qui bourdonnent.

« Monsieur De Sade. »

C'est ton tour de t'appuyer contre le plateau de ce jeu d'échecs imaginaire. Il est ton meilleur adversaire, une proie de choix que tu aimes dévorer des yeux et que tu respecterais davantage si seulement il te laissait lui passer sur le corps. Ton aristocrate préféré s'abîme dans sa tirade, n'obtenant de ton corps qu'un haussement de sourcils miroité d'un sourire dans la parfaite symétrie de ton visage détendu. Ton doigt te tend vers le nœud de sa cravate que tu lisses de la pulpe d'une phalange experte. Tu connais parfaitement la raison de sa présence et sais qu'il saura rester distingué jusqu'à ce que Rachel dégage de la pharmacie.

« Mon pauvre Marquis, vous me voyez navré de vous causer tant de peine. Comment puis-je vous accueillir dignement après un tel affront ? M'agenouiller devant vous et vous supplier de me pardonner ? Vous sucer, peut-être ? Il paraît que c'est un très bon remède naturel contre la migraine. »

Ta main relâche la respectable cravate soyeuse tandis que tu tends l'oreille à l’affût du moindre bruit. Quelque part dans la réserve, Rachel te souhaite une bonne soirée avant de claquer la porte. Un tour de clé dans la serrure, et vous voilà piégés.

« Bon, plus sérieusement. »

Tu laisses choir ton français dégueulasse de la même manière que ta blouse que tu retires vivement comme s'il s'était agi d'une entrave avant de la poser sur le comptoir.

« Le dernier client n'a pas payé pour la simple et bonne raison que cette petite ordure s'est fait prendre par derrière en essayant de revendre la farine, très cher. Je sais pas si tu as des ennemis connus dans le coin, mais il me semble qu'il serait temps d'aller les saluer. »
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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Jeu 9 Juil - 15:44


D'abord étonné d'autant de confidence, Caïn de Sade se demanda l'espace d'une micro seconde si ses employés savait qu'il était né et avait grandi en France. Non, à dire vrai il s'en moquait. Le gentillet petit Loon. Mais ne sommes-nous pas à la Nouvelle-Orléans ? Tout le monde ou presque avait des notions de français que diable ! Qu’il était amusant. Loon ne faisant encore partie d’aucun des deux carnets de l’aristocrate. Mais là, il fallait l’avouer sans honte : ce jeune homme était hilarant. Et Caïn de Sade aimait jouer. Sa vie n’était faite que de jeu et d’amusement, plus le risque était dangereux, plus il en profitait.
Caïn pressentait une présence dans l’arrière-boutique. Allait-elle partir ? Tant qu’elle serait là, les sous-entendus allaient être de rigueur et cela amuserait grandement Caïn. Ce dernier se laissa faire allégrement en ne bougeant pas d’un millimètre excepté un haussement de sourcil gauche démesuré. L’opportun. Sans doute avait-il oublié que l’homme à qui appartenait la cravate dont il semblait raffoler possédait assez d’argent et de contact pour le faire disparaître en un claquement de doigt. Cependant, la présence, peu importe qui cela pouvait-il être, l'empêchait de répondre à sa convenance. Monsieur de Sade avait une réputation à tenir et encore plus lorsque l'on devait travailler pour le gouvernement. Il lui répondit néanmoins avec un visage allant à l'encontre du ton qu'il employait, un ton outré par tant de démesure.

« Oublierez-vous à qui vous parlez jeune homme ? Un membre du gouvernement, lui, n'oublie aucun affront. »

Et il fallait de ce pas passer aux choses sérieuses comme il disait. Non, non, non ! Pourquoi si vite être sérieux ? Cette petite scénette improvisée lui aurait presque fait oublier la colère et le frustration qu'il avait ressenti en faisant ses comptes la veille au soir. Mais il fallait parler affaires n’est-ce-pas, il s’agissait de la présence même de monsieur de Sade. Soit, même si passer si vite de l’amusement au sérieux fut un ascenseur émotionnel trop brusque pour le politicien. Alors il écouta ce que son employé avait à dire. Car pas besoin de mot, il connaissait pertinemment la raison de sa présence. Impassible, le geste de Caïn à « l'excuse » de Loon fut aussi perturbant qu’un battement de cil. Comme sa réponse qui fut dit d’un ton monotone et presque nonchalant.

« Je suis déçu. Je suis foncièrement déçu. »

Caïn marcha lentement le long du guichet et finit par trouver un passage à son extrémité qui permettait d’être du côté des caisses. La vue était déjà nettement plus agréable lorsqu’on avait tous les rayons de la pharmacie sous les yeux. Il y a avait dans ce rangement méticuleux une sorte de satisfaction personnelle que Caïn appréciait énormément sans raison apparente. Il ne s’attendait à rien à dire vrai. Tout ce qu’il savait, les faits, c’était qu’il y avait un vide dans les comptes, et que ce vide était dû à la négligence d’un de ses employés en la personne de Loon W. Zwitter. Et Caïn ne pouvait se permettre que son nom soit entiché d’un trafic bâclé incapable de passer ses doucereux médicaments d’un point A à un point B. C’était inacceptable. Son nom devait être respecté.

« Je suis déçu car je croyais en toi. Mais à t’entendre, tu distribues mon bien sans même un reçu en échange. Non, non, non, non, non. C’est décevant. »

Caïn ne daigna pas regarder son interlocuteur, bien trop occupé à toucher tout ce qu’il lui passait sous la main. Brosse à dent biodégradable, pastilles pour l’haleine, pommades pour toutes les parties du corps possibles, réglisses à mâchouiller. Réglisse qu’il s’empressa de prendre parmi tout un tas d'autres dans un gros bocal rond. Le type de bocal transparent dont des millions de poissons rouges ont été retrouvé un matin le ventre à l'air. Il mordilla un de ses bâtons noirâtres sans plus attendre. « Tu ne me le déduiras pas j’imagine. » dit-il tout en remettant son bâton allégrement dans sa bouche. Puis aussitôt, il le retira, mis ses deux mains derrière son dos et fixa intensément le regard de Loon. Il n’y avait personne aux alentours mais Caïn parla si bas et d’une voix si calme que seul le pharmacien serait de toute manière en mesure de l’entendre.

« Mon bon Loon. Ma magnanimité m'empêche de te faire le moindre mal. Pas ici. On me soupçonnerai. On me soupçonnerai d'ailleurs plus encore après ce qu'il s'est passé si j'en crois tes paroles. Tu ne veux pas que l'on m'arrête, n'est-ce-pas Loon ? »

Ses yeux le fixèrent d’une intensité foudroyante et imperturbable. Personne ne pouvait prédire ce qui pourrait ensuite se passer. La nature humaine de Caïn de Sade terriblement changeante pourrait le faire soit exploser de colère soit rester impassible et imperturbable tout au long de cette fin d’après-midi. Puis subitement, son regard se changea en un air amusé accompagné d’un sourire malsain. « Je connais mes ennemis. En aurais-je un nouveau sous les yeux ? »

Caïn laissa ses deux bras se dégourdir et mâchouilla son bâton de réglisse avant de remettre les mains dans ses poches. Définitivement, cela risquerait bien de devenir sa nouvelle friandise préférée. Il n’était pas vraiment sûr que cela en était une d’ailleurs.

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Dernière édition par Caïn de Sade le Jeu 9 Juil - 21:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Jeu 9 Juil - 17:39

« C'est vrai, il va falloir me punir alors. »

Ton regard se plante fièrement dans celui de ton vis à vis tandis que tu lui assènes calmement toute cette témérité qui un jour, finira par te perdre. La prise de risque, toujours respectueuse, demeure cependant de taille. Il pourrait te faire disparaître d'un claquement de doigts, te fiche derrière les barreaux, te torturer jusqu'à la mort, te réduire en esclavage. Car tu es sa chienne, son esclave, un passeur aux mains d'un blanc poudreux qui avale la farine pour mieux la recracher aux pauvres âmes à l'agonie qui pissent le fric en liquide par centaines de dollars.
Il est déçu, voyez-vous ça, le pauvre chéri. Ton expression reste impassible tandis que tes yeux suivent son mouvement vers le battant permettant de passer du côté des comptoirs. Lorsqu'il se trouve au même niveau que toi, il semble se sentir plus puissant ; c'est dingue l'impression de contrôle que l'on peut avoir lorsqu'on passe de devant à derrière un comptoir.

« Ton sadisme, tu veux dire. »

Car entre ses mains, tu es tout, sauf une bonne personne. Tu ne cherches pas à paraître bon devant les membres de ce gouvernement qui te plument et te considèrent comme un monstre. Tu n'as rien d'humain à leurs yeux ? Parfait, autant leur donner raison, même si tu dois faire preuve de bien plus d'humanité que la plupart des êtres humains eux-mêmes. Te mordant la lèvre, tu tournes les talons pour que le comptoir se trouve au niveau de tes reins et prends appuis sur la surface de verre avant de te propulser en arrière. Ton séant entre en contact avec la surface dure et tu t'y assois tranquillement, tes jambes pendant dans le vide, leur ombre dansant sur le lino propre à la lumière franche des néons crus.

« Car tu sais que j'aime avoir mal. »

Bien sûr qu'il en a parfaitement conscience sinon il te priverait de rien. Il jouerait davantage, avec plus de sincérité certainement. Pourtant, son masque demeure, ainsi qu'un enfant-adulte, il mordille son bâton de réglisse dans de petits mouvements infantiles qui à tes yeux font preuve d'une grande obscénité, car c'est un autre bâton que tu te surprends sans gêne à imaginer passer la barrière de ses lèvres fines. C'est un homme bien trop propre, bien trop carré, qui doit cacher un nombre incalculable de vices derrière les coutures bien taillées de ses costumes sur mesure. Te penchant légèrement dans sa direction, tu l'embrasses d'un regard profond.

« On n'a d'ennemis que ceux que l'on veut bien se faire. »

Tes dents se referment sur l'autre morceau du bâton avant que ta langue ne s'y enroule, lui permettant par la surprise de la lui arracher. Glissant la friandise du côté de tes molaires, tu déglutis le goût amer, presque anisé, avant de te redresser.

« Et maintenant ? Le paiement en nature ne s'évalue pas en chiffres. Alors il se passe quoi ? Tu m'éviscères et tu vends mes organes au marché noir ? »

Tes doigts s'enroulent autour de cette cravate trop sage et glissent sur sa chemise en direction du sud.

« Ou je tâche de te libérer de ta migraine et on va récupérer ton argent ? »
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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Ven 10 Juil - 11:29


La désinvolture était une chose que Caïn pratiquait énormément. Le voir s’exprimer sous l’habit d’un autre que lui provoquait à la fois un sentiment d’exaspération mais qui avait également le don d’attirer toute son attention. Loon, pharmacien de son état, qui s’asseyait négligemment sur une surface en verre en faisant balancer ses jambes dans le vide tel un enfant, avait pour l’instant réussi le challenge d’attirer toute l’attention de Caïn de Sade. Malheureusement pour lui, ce n’était pas de bonnes intentions qu’il s’agissait.

« Je sais que tu aimes jouer. Même aux jeux les plus dangereux. »

C’était de cette manière que le jeune Loon en était parvenu à travailler pour lui. Caïn choisi ses employés avec soin comme n’importe quel homme d’affaire vous en convenez. Le quartier était idéal, la pharmacie proche de l’hôpital, les clients allaient être nombreux. Caïn se devait d’être présent, il lui fallait donc quelqu’un pour le représenter. Mais de Sade n’a-t-il jamais fait confiance à autre personnage que lui-même ? Difficilement. Très rarement. Les contacts étaient cependant nécessaires. Et la réputation du type de patron qu’il était ne tarda pas à le précéder. Être autant craint que généreux. Une des clés du succès.
Il arracha sa friandise des dents et se l’appropria comme le sien. Bien que surpris, Caïn n’en laissa paraître pas un trait d’étonnement. L’aristocrate se contenta de répondre à son regard tandis que tout en soutenant ses pupilles il sentit une nouvelle fois sa cravate faire l’objet de sa curiosité. O qu’il jouait à un jeu dangereux. Beaucoup trop. Il le savait. Et il s’en amusait le gredin. Comme satisfait de sa proposition, Caïn souria bienséant à sa mule favorite.

« Peut-être bien. »

D’un geste si rapide qu’il fit tomber une étagère près de lui, Caïn pris de sa main droite le visage de Loon par les joues si fort qu’il en retroussa ses lèvres et de la main gauche, il lui empoigna la gorge, sans l’étouffer mais assez pour rendre sa respiration plus difficile. Caïn sentait qu’il avait le bon saisissement lorsque la respiration de son interlocuteur devenait régulièrement rauque. Avec le temps, il avait comme acquis une certaine expérience dans ce domaine. Loon avait envie de jouer, alors soit. Jouons un peu. Mais avec les règles de monsieur de Sade cette fois-ci. Le malappris. Personne ne devait le prendre de haut. Encore moins un de ses sous-fifres qui n’était que l’intermédiaire entre ses produits pharmaceutique et l’indéniable divinité que le monde même au bord du gouffre ne pouvait vivre sans, cet argent insipide et sans odeur qui faisait le bonheur de tant de classes. La voix de Caïn alternait entre son calme respectable et une crise foudroyante de colère. Deux intermédiaires qu’il n’arrivait que très rarement à distinguer. Car bien qu’opposés, ils faisaient partie intégralement de lui.

« Doucereuse et insolente petite créature. Je veux l’intégralité de ce que tu me dois, tout, tu m’entends, TOUT ! » Son visage aurait été probablement plus charismatique sans cette veine apparente qui apparut au milieu de son front. Veine qui semblait vouloir rester apparente même en poursuivant ensuite avec une sérénité qui allait à l’encontre de la bouche en canard de Loon, toujours en suspension sur sa surface en verre mais dont les jambes semblaient se balancer ironiquement beaucoup moins. « Je te donne une dernière chance. Une dernière. Car je crois en toi, tu es plein de ressource. Et si tu n’a pas ce que je veux, ton corps possède assez d’organes pour me rembourser intégralement. » Caïn baissa puis remonta les yeux tout en réfléchissant à ce qu’il pourrait effectivement vendre en premier pour le garder en vie assez longtemps afin que ses autres organes ne pourrissent pas trop vite. Cela serait pour le moins fâcheux.

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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Ven 10 Juil - 12:09

L'étau de chair te prend vivement à la gorge, faisant pencher ta tête en arrière. Un craquement d'os se manifeste, tes reins gémissent sous la prise et tu te rattrapes de justesse au comptoir pour ne pas tomber en avant sous la violence de son étreinte. Tes poumons cherchent l'air avec avidité, les vaisseaux de tes yeux exorbités éclatent un par un, les larmes bondissent de tes paupières pour ruisseler le long de tes joues. Le bâton de réglisse quitte tes lèvres à la position grotesque pour s'écraser sur le lino et rouler sous le comptoir. Tes jambes s'agitent d'un soubresaut avant de s'immobiliser brutalement. Ta vue se brouille et soudain tu as l'impression d'avoir repris une de ces merdes qu'il te refile de temps à autre. Entre haine et calme froid, il te menace de sa force indéniable mêlée de ton déséquilibre dont il joue. Dans ses yeux se manifestent la noirceur de sa folie, qui te foudroie sur place et te contamine.
Un spasme te secoue brutalement tandis que tu te vides de ton air. Les hallucinations s'esquissent.
Et tu éclates de rire.

Un rire d'abord étouffé par la position de tes lèvres serrées entre ses doigts puissants puis prenant de l'ampleur. Il s'échappe de ta gorge et rebondit contre les étagères, les néons crus, les murs aseptisés. D'abord en notes cristallines et sincères, il s'acidifie, devient tranchant, vulgaire, démoniaque. Tes yeux noircissent sous le désir fou de la douleur qui te paralyse la nuque. Tes épaules en souffrent à leur tour, ton dos craque, tes mains moites de sueur glissent sur la surface de verre dans un crissement plaintif.

« Ah, tu es à mourir de rire. »

Tes larmes glissent au coin de ta mâchoire avant de se perdre dans ton cou. L'acidité salée qu'elles contiennent te brûle atrocement les yeux, ce qui ne t'empêche pas de le fixer avec la témérité de ceux qui n'ont rien à perdre.

« Non tu ne crois pas en moi petite ordure de mon cœur, je ne suis rien pour toi, rien qu'un maillon de la chaîne de tes merdes. Oh regarde toi, regarde la lueur qui s'échappe de tes yeux quand tu les poses sur moi. Mes organes ne valent plus rien à force d'être pourris par toutes tes conneries. Il tueraient le moindre bénéficiaire d'une quelconque greffe. Parce que vous le dites si bien, Caïn, toi et tes moutons. Je ne suis pas un être humain, je suis un monstre. »

D'un geste vif tu te dégages de la main qui tient ta mâchoire et écartes les lèvres pour planter sauvagement tes dents dans cette chair tendre qui sépare le pouce de l'index. Tes dents tranchent l'épiderme dans la folie la plus pure tandis que tu soutiens bestialement son regard. Tu le dévorerais sur place et tu recracherais ses idéaux à la con comme des noyaux pourris. Le goût métallique du sang se distille sur tes papilles et le liquide carmin s'écoule sur ton menton, tâche ton jean, ruisselle dans ton cou. Alors seulement maintenant, tu le lâches et de tes mains profite de son déséquilibre lié à ta surprise pour le pousser loin de toi.
Seulement maintenant, tes connexions neuronales s'entrechoquent avec violente tandis que tu prends conscience de ton éclat de folie. Essuyant le sang qui s'échappe de tes lèvres d'un revers de main, tu contemples alors la peau rougie. Ton cœur s'emballe, tes membres se mettent à trembler, ton estomac se révulse, les larmes redoublent. Et toute l’irrationalité de ta phobie sanglante te prend à bras le corps pour te donner la nausée.
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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Dim 12 Juil - 16:06


Évidemment que Caïn de Sade était à mourir de rire. Il était de notoriété publique que son humour était le plus hilarant de tous. Et certains même, en meurent, Loon venait de le dire en personne ! La preuve qu’il était drôle, notre monsieur de Sade. Mais il ne cédait pas. Le vaurien était coriace. Était-ce dû à une impertinence infinie ou à simplement de la folie pure ? Que se passait-il par la tête des gens qui n’avait selon eux rien à perdre pour afficher clairement leur doigt d’honneur au monde entier ?

A chaque mot du monologue sanglant de Loon, les lèvres de Caïn se retroussèrent que de quelques millimètres à peine visible jusqu’à former un sourire à peine perceptible mais bel et bien présent. Encore une fois, tout était une question de pouvoir n’était-il pas. O, innocente petite créature, se sentant monstrueuse de par sa nature. Mais dans ce cas-là, que devrait penser Caïn de lui-même ? Si l’on suivait la logique de son interlocuteur, il était un mouton. Au milieu d’un troupeau exacerbant de politicien toutes avides de pouvoir, de gloire, de richesse et autres renommées. Mais bien évidemment que Caïn de Sade faisait partie du lot ! Lui et ses « collègues », mélangés dans ce troupeau qu’était le gouvernement, à se cracher dessus mais toujours avec délicatesse, toujours derrière le dos des autres, toujours avec Madame Hypocrisie comme alliée et le masque du sourire sur le visage. Le gagnant était celui qui réussissait à se distinguer. A s’afficher. A se montrer. Et Caïn trouvait ce jeu si drôle, mais si drôle ! Trouver toujours le moyen de rendre fou ses collègues d’incompréhension, de provoquer une petite émeute, et d’y assister, tout simplement. D’être là au bon moment. Faire bouger les pièces de cet immense échiquier, faire partie de ceux qui avait le pouvoir de bouger toutes ces pièces était jubilatoire !

Mais ce sourire qui devenait de plus en plus large à mesure que Caïn s’aperçut qu’il avait réussi à presque faire perdre le calme trop détendu du jeune Loon, disparu en un instant lorsqu’il sentit une douleur atroce sur sa main. Cette même main qui tenait le visage de Loon, visiblement enragé et hors de contrôle il en va de soi. Si ce fut la surprise et la douleur qui fit provoquer un râle grave et sec de la gorge de Caïn, ce fut surtout ses yeux qui exprimèrent une terreur mais avant tout une angoisse sans nom. De Sade avait sous les yeux son propre sang qui s’écoulait le long de sa main jusqu’à disparaître sous sa manche en plusieurs fils rouges délicatement abondantes. L’angoisse fut telle que son esprit commença à s’engourdir, angoisse due à une peur incompréhensible du sang sous toutes ses formes.
Loon finit par lâcher prise et le poussa d’un geste brusque. Caïn n’eut pas la force de répondre, il se contenta de reculer de plusieurs pas jusqu’à trouver un mur derrière lui pour s’adosser. Il le fallait. Il fallait prendre appui, sur n’importe quoi. Plus rien n’existait à part sa main meurtrie. Caïn était comme hypnotisé par sa main droite dont le sang coulait toujours plus, si bien que ce fut la manche de son costume en entier qui était maintenant de couleur rougeâtre. Ce ne fut pas la douleur qui le terrassait. C’était cette substance, ce liquide pourtant vitale à n’importe qui ! Non, il ne pouvait pas, il ne pouvait pas regarder son état une seconde de plus. Une nausée abominable le pris accompagnée d’une transpiration subite. Il ne savait comment mais il s’était retrouvé assis, dos au mur, jambes affalée devant lui.
Cette vision était insoutenable. Caïn fit une vaine tentative pour retirer son regard de cette main ensanglantée et fixa son regard au plafond puis fut pris d’un incontrôlable fou rire.

« Un monstre ! Oui ! Oui c’est ça ! Un monstre ! » Caïn venait maintenant de poser son regard sur la personne, source de sa blessure ; Loon avait toute la partie inférieure de son visage en sang, du sang de Caïn, dont les ruissellements glissaient le long de sa gorge. Cela suffit à faire arrêter son rire aussi malsain qu’il fut court. « Un monstre arrogant et beaucoup trop téméraire ! » Sa respiration était haletante. Ses inspirations devenaient de plus en plus longues et bruyantes. Les yeux de Caïn lui piquaient tant il était noyé de transpiration
« Pauvre fou que vous êtes TOUS ! » Il était difficile de dire qui de Caïn où d’un quelconque esprit vengeur venait de prendre la parole. L’aristocrate peiné –par pas grand-chose à dire vrai mais suffisamment pour faire remonter des peurs inexpliquées- sembla alors entrer dans une sorte de transe fumigène. Son teint déjà pâle vira au jaunâtre maladif. Il se sentit défaillir alors qu’il était déjà à terre.

« Serait-ce des larmes ? Que tu es étrange… »

Sa voix était faiblarde mais à l'affût. Le petit Loon devenait-il faiblard à cause de son geste trop téméraire ? Ou parce qu'il avait du sang dans la bouche et que sa jolie blouse blanche était tâchée ? Caïn trouvait cela troublant puis sans intérêt, dans cet ordre.
Ses yeux se brouillèrent. Les contours commencèrent à devenir flou. Son cœur battait si fort que sa poitrine faisait soulever sa chemise et sa veste. Il devait se ressaisir. Mais plus tard. Il devait d’abord faire payer le responsable. Responsable qui semblait mine de rien percevoir les conséquences de son geste. Avec un effort considérable, Caïn pris appui sur le meuble le plus proche de lui afin de se remettre sur ses jambes flageolantes. Mais il tacha cette fois-ci de rester sagement à sa place. La respiration toujours haletante, il ne put regarder Loon plus longtemps. Caïn ferma les yeux et passa sa main intacte de son front à l’arrière de sa tête comme s’il s’agissait d’un remède miracle. N'était pas mondain n'importe qui. Puis il rouvrit ses pupilles. Une fois de plus elles étaient fixées au plafond.

« Je vais devoir soigner ça. Seigneur, que se sera périlleux ! »

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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Dim 12 Juil - 16:53

Ton cœur tambourine dans ta poitrine. A travers ta vue brouillée par les larmes acides et l'inconscience qui te guette, tu distingues le pantin de sang qu'est ton bourreau s'écraser lamentablement sur le sol, au bord de l'évanouissement. Ce n'est pourtant qu'une petite blessure causée par des dents humaines, pourquoi se met-il dans cet état ? Il semble en transe, totalement dépassé par les événements, et la vision de son corps agité de tremblements est à vomir. La nausée gravit doucement les parois de ton œsophage, poussée par les spasmes qui secouent ta poitrine serrée de la vision d'horreur qui se dresse devant toi. Tu te maintiens aussi fermement que possible sur le comptoir dont tu manques de basculer, les larmes ruisselant sur tes joues, comme si tu regrettais ton acte.
Mais ce n'est pas le cas.

La tête penchée sur le côté dans une moue mutine et sanglante digne des films de genre des dernières décennies, tu embrasses le corps meurtri d'un regard angélique et trouble.

« Ca serait tellement dommage, si j'étais sage. »

Tu ignores ce qui t'aide à tenir debout. Est-ce l'adrénaline ? Est-ce la vision pittoresque de cet homme en train de souffrir qui anime tes désirs normalement cachés dans les plis des draps de ton lit ? Est-ce la peur elle-même, qui non contente de vouloir vider ta vésicule biliaire, te transforme en amas de chair prêt à tout dévorer sur son passage pour survivre ?

« Une sensation terriblement humaine, n'est-ce pas. »

Ta voix se perd au fond des tremblements de ta gorge. Tes mains se serrent si fort le comptoir que tes jointures en deviennent blanches et pourtant ton équilibre n'a jamais paru aussi précaire. Il suffirait qu'il trouve la force de se lever et de te faire basculer en arrière pour que ton corps s'écrase sur le sol en brisant quelques os dans un traumatisme crânien.

« Franchement question distinction, tu peux repasser...Moi au moins dans certaines cultures je peux faire passer mon geste pour une demande en mariage. »

Tu fermes les yeux, tentes de te maîtriser. La peur se mue en dégoût et le cœur au bord des lèvres tu te demandes à quel point ton heure est proche. Malgré toutes les faiblesses qui flottent autour de toi, tu as l'impression que tu n'as rien à perdre, sinon la vie. Quand les facultés de survie s'enclenchent, l'homme s'abandonne à ses instincts primitifs et devient une créature redoutable.
T'appuyant sur le comptoir, tu en descends maladroitement pour t'y appuyer. Voilà, c'est bien, que chacun reste à sa place et tout ira pour le mieux.

« Soigner quoi, ta migraine ou ta folie ? Il fallait accepter mon aide quand je te l'ai proposée. »

Tes jambes flageolent et tes genoux, ingrats valets, menacent d'abandonner leur roi à tout moment. Tes yeux noircissent dans la folie et la souffrance alors que c'est pourtant toi qui a fait mal.

« J'aimerais tellement pouvoir te dire que je suis désolé. »

Ton dos glisse contre le comptoir et tu t'écrases pitoyablement à terre, les jambes formant un angle bizarre. De ton autre manche tu viens essuyer le mélange d'eau salée et de sang qui macule ton visage, avant de soupirer dans une hallucination euphorique.

« Puuutain. On s'ennuie jamais toi et moi, pas vrai ? »
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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Mer 15 Juil - 15:21


« Aurais-je entendu parler de distinction dans ce lieu dépourvu de tout raffinement ? »

Caïn devait malgré tout reconnaitre une chose : l’inconsciente détermination de son passeur qui se montrait effronté à tous les égards. Un autre que lui aurait été plus ennuyeux il fallait l'avouer. Mais il n'y avait bien que lui pour lui poser autant de problème. L’intervention de Loon face à l’appréhension de Caïn de redevoir poser les yeux sur sa blessure afin de se soigner ne le fit pas bouger d’un centimètre. Caïn ne s’était jamais pensé comme étant fou. Étrange oui, quelque fois. Il s’étonne ainsi de sa propre personne au sujet de quelques évènements. Comme à l’instant. Ce n’était qu’une petite blessure. Un peu de sang sur ses vêtements. Quelques gouttes sur le sol. Mais étrangement, son esprit était toujours embrumé. Sa tête tourna ensuite d’un mouvement lent vers Loon. Il aimerait être désolé. Il aimerait être désolé. La voix de Caïn resta sobre, sans un haussement de ton. Il est inutile de crier sur un enfant qui désobéit quand celui-ci sait qu'il a commis la faute. Car il sait qu'il payera tôt ou tard.

« Tu le sauras. »

Caïn suivit le corps de Loon mollasson et qui s’affala à terre sans aucune émotion. Il s’essuya le visage. Son habituel sentiment d’indifférence se mêla cependant à une interrogation palpable. Le pharmacien avait réussi la charge de ne plus être un passeur comme les autres. Il fallait qu'il le note dans son carnet, quand tout ceci sera fini. « J’ai connu des divertissement plus distrayant. » Sans un mot de plus, il marcha d’un pas lent en direction des allées. Ignorant totalement le sang qui laissait des gouttes grotesques sur son passage, il partit en quête d’un bandage ou de n’importe quel autre produit qui pourrait arrêter ce liquide rougeâtre de couler disgracieusement. Il passa quelques boites en revus du regard avant de s’arrêter sur ce qui pourrait le convenir. En prenant la boite avec sa main valide, il s’arrêta subitement tout en ne lâchant pas la boite de bandage standard des yeux.

« Je devrais rincer ça. »

Penser à voix haute était une chose courante pour le politicien. Retournant sur ses pas, Caïn accorda un regard désintéressé à Loon avant de s’engouffrer dans l’arrière-boutique en quête d’un robinet ou d’une bouteille d’eau. Il ne mit pas longtemps à trouver l’objet de sa quête et fit face rapidement à un robinet blanc surmonté d’un miroir rectangulaire. Faire face à son visage encore maculé de sueur eut l’effet de rendre Caïn hors de lui et encore plus jaunâtre à la fois. Pris d'une respiration forte et quelque peu rauque, il posa la boite près du robinet et activa l’eau froide et plongea ses mains sous la cascade transparente. L’eau en ressortit d’un rouge si clair et limpide que Caïn se sentit une nouvelle fois faiblard, toujours animée d’une rage inexpliquée. Ses mains tremblaient. Il voyait maintenant distinctement les traces de morsures qui ne cessaient de provoquer ce saignement incontrôlable. Sa peau avait même était arrachée de part et d’autre. Un monstre, oui c’est bien cela. Tous des monstres. Un monstre ne peut ressentir de compassion. Mais comme n’importe quel animal, tout être vivant s’attache instinctivement à la vie. Cependant, à force de trop jouer avec, il semblerait que son très cher Loon n’avait plus aucune idée de la précieuse valeur de ce qu’était la vie. Certains tuaient pour elle. Quelle ironie !

« Je suis curieux, Loon. Ne devrais-tu pas me soigner ? Je croyais avoir affaire à un pharmacien. » ll parla d’une voix assez forte pour que son seul et unique auditeur puisse l’entendre. Sa main endolorie ne semblait pas vouloir arrêter son saignement. Ni son tremblement. De son autre main, il ouvrit la boîte qu’il avait posée pour en ressortir un long bandage blanchâtre et l’enroula tout autour de sa paume en passant par sa blessure. Son rage et son estomac se calmèrent peu à peu. Pour reapparaître aussitôt en constatant que sa manche portait du sang encore frais sur presque toute sa longueur jusqu'au coude. Caïn en trembla de plus belle. Il lui faudra changer de veste avant de repartir. Voir emprunter une de ces blouses. Un membre du Gouvernement se baladant avec une manche couverte de sang ne serait pas très bon à voir. Il se fit face au miroir en tâchant de ne pas perdre totalement le contrôle de lui-même. Il avait de quoi se défouler non loin de lui.

« Tu ne le peux pas, n’est-ce-pas. A défaut de le vouloir bien sûr. »

Il pressentait un retrait inhabituel de sa part. Lui qui avait pour habitude de sauter sur tout et n’importe quoi. Littéralement. Caïn sortit de l’arrière-boutique pour retourner sur les lieux du crime. Bon sang, que tout était devenu soudainement si sale et souillée. Une pharmacie se devait de resplendir par la blancheur de ses murs et l’odeur de propreté habituelle aux lieux de la santé ; et non être désordonnée et estampillée de tâche de sang.

« Comment diable vas-tu pouvoir expliquer cela ? Un cambrioleur ? Un fou ? C’est ce que je suis d’après toi, je ne me trompe pas, ce sont tes mots. Et moi, comment vais-je devoir expliquer ceci ? » Il désigna sa main enturbannée dont il fit pianoter ses doigts libre contre un mur imaginaire. « Que dirais-tu d’un chien enragé ? »

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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Mer 15 Juil - 19:28

Ton esprit trop embrumé n'a pas l'idée de pressentir l'incroyable faiblesse que ton patron est en train de dévoiler sous tes yeux dans les lignes de sang tracées sur sa belle veste hors de prix. Et dire que vous en êtes arrivés là parce qu'il a refusé que tu te fasses naturellement pardonner, quelle tristesse. Comme quoi parfois, le sexe peut sauver le monde. Tu balades tes yeux vides sur l'environnement qui t'entoure, à la fois pour te donner l'impression de le redécouvrir et pour t'apitoyer sur la vanité de la vie. L'ambiance aseptisée te procure la désagréable sensation des hôpitaux, dans un bloc où une opération difficile aurait mal tournée. Où un humain mordu par un rôdeur aurait succombé à la seconde nature qui lui gangrenait les veines. En l'instant, tu es ce rôdeur, et Caïn le médecin. C'est souvent toi qui a le sale rôle en ce moment...
Ta vision se brouille, tu somnoles, épuisé par la violente montée d'anxiété et de colère générée par le comportement de Caïn. Tes jambes se replient, se croisent, et tu donnes l'impression de faire une petite sieste sous la lumière crue de l’irréel.

« Je t'emmerde ! » réponds-tu clairement lorsqu'il te demande de le soigner.

Tu lui as proposé une certaine solution qu'il n'a pas acceptée et les conséquences sont fâcheuses. Tu n'oses pas jeter ton regard désabusé sur le sol, de peur que la nausée ne gravisse les parois de ton œsophage pour te faire déverser sur le linoléum une nouvelle mixture à nettoyer. L'odeur métallique de la substance du Nightkeeper se répand dans l'air, te faisant froncer les narines. Quelque part dans l'arrière boutique, Caïn déblatère deux trois trucs que tu ne cherches pas à comprendre. Tu éprouves une petite pointe d'admiration pour lui qui, malgré l'aspect monstrueux de sa blessure, semble parvenir à se soigner en maîtrisant sa phobie. Quelque chose que tu n'arriveras sans doute jamais à faire compte tenu de la réaction irrationnelle qui te saisit le corps à chaque vision d'horreur ; Caïn l'a très bien compris.
Vous vous faites face tandis qu'il revient, lui considérant la scène de crime de son regard désabusé, comme le spectateur insatisfait, toi gisant sur le sol, encore sous le choc de l'événement.

« Franchement, ce n'est pas mon premier souci pour le moment. Si tu avais accepté mes avances, ça ne serait pas autant le bordel. »

Un haussement d'épaules ponctue cette boutade ornée d'un sourire presque triste. Le pantin de l'horreur a terminé son spectacle et privé de ses fils, s'échoue désormais sur le sol comme un jouet qu'on abandonne. Lentement, tu reprends une respiration calme et posée, contrôlant les hauts le cœur qui te secouent encore par intermittence. Tes mains gagnent tes genoux sur lesquelles elles s'appuient, comme pour t'empêcher de tomber plus bas et de t'écrouler lamentablement. Tu ne veux toujours pas regarder le désastre causé par vos stupidités, parce que ce n'est bien évidemment pas ce scribouillard malsain qui va t'aider à nettoyer tout cela.

« Ca m'correspond bien. »

Relevant la tête, tu lui lances un regard désabusé.

« Tu veux pas me donner un surnom et me tenir en laisse aussi ? »
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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Mer 22 Juil - 19:29


Caïn de Sade n’acceptait que très rarement les avances des autres. C’étaient la plupart du temps les autres qui cédaient à ses avances. Encore fallait-il trouver une personne qui soit digne de son attention. Il fixa le chien galeux, qui trouvait son surnom approprié. Il ne cessa de le lorgner. Soudainement, un rire le prit sous la gorge. Il essaye d’imaginer Loon sous la forme d’un chien. Mais ce n’était pas ceci qui le faisait rire. C’était même tout juste pathétique. Caïn considéra qu’il était bien aimable dans sa considération envers le jeune homme. Il en avait oublié sa blessure ne serait-ce qu’un dixième de seconde. Il s’en souvint alors brutalement alors qu’il allait se passer une main dans les cheveux puis s’arrêta aussitôt car ses yeux ont croisé le chemin de sa manche ensanglanté. « Oh Seigneur, je suis toujours couvert de sang, le vois-tu ? » Il désigna le poignet de sa manche rougi au pharmacien. Il enleva sa veste tout en parlant d’un ton las qui essayait de ne pas trahir la pâleur de son visage et la nausée intestinale qui semblait s’amuser à faire des allers-retours incessants.  

« Quel gâchis ! Mais quel gâchis ! J’offre tant, et tout ce que j’obtiens en retour, c’est la haine et une tendance au cannibalisme. Charmant. »

Cependant, une fois en chemise, le résultat ne fut pas glorieux. Ses chemises habituellement d’un blanc éclatant se retrouvent ici à l’encontre de toute convenance. La manche était imbibée de sang frais jusqu’au coude. Caïn resta ainsi, immobile, la main gauche dans la poche de son pantalon hors de prix et la main droite en l’air, sa paume bandée tournée vers le ciel. Le poids de sa manche ensanglantée se faisait ressentir. Il lui faudra couvrir ceci. Son visage se tourna alors vers le seul autre être humain présent dans cette pièce. Un sourire tel le chat de Cheshire se dessina très lentement jusqu’à arriver au maximum de ses possibilités.

« Je recèle de surprise on dirait. »

Imperturbable, ses yeux se retrouvèrent imbibés de sang. Son sourire n’avait pas rétréci d’un millimètre. C’en était trop. Sa vue se brouilla. Sans s’en rendre compte, Caïn s’était retrouvé à terre. Un évanouissement les yeux ouverts, le visage figé dans une torpeur psychotrope. Il reprit conscience presque aussitôt, d’un battement de cil avec pour seule réaction « Tiens, que s’est-il passé ? » d’un air interrogatif, presque et seulement presque, candide.  Son corps ne bougeait plus, adossé encore une fois contre le mur. Il n'avait plus la force physique de se lever. Son esprit divaguait tout en restant parfaitement conscient de ses paroles. Et en même temps, il ne l'était pas. Ignorant totalement la réponse de Loon à sa dernière interrogation quand à une éventuelle excuse sur le massacre sanglant de la pharmacie, il réitéra sa question.

« Comment diable vas-tu expliquer tout ceci ? Je devrais sans doute trouver une explication à ta place. »

Les médias raffoleraient d’une attaque agressive à l’encontre d’un innocent membre du gouvernement. Ce qui n’arrangerait pas forcément les choses pour son compatriote de fortune. Et Caïn trouvera bien un moyen de disparaitre des vautours journalistiques avec le temps. Il en avait le pouvoir.

« Oh, et donne-moi ta blouse. »

Passer du coq à l’âne était une chose courante chez monsieur de Sade. Mais il fallait savoir que dans son esprit, tout était méticuleusement relié. Ce ne sont que les esprits des autres beaucoup trop fermés qui ne voyaient pas au-delà de leurs visières. Pour Caïn, c’était d’une évidence flagrante ; il avait besoin de cette blouse. Pour se protéger des regards indiscrets. Pour couvrir son sang. Pour éviter les interrogations de certains passants trop curieux. Ou tout simplement d’une altercation avec un de ces collègues. Cela serait grandement malheureux. Le principal concerné refusera certainement. Caïn trouvera bien un moyen de le faire changer d’avis. Si ce ne sera pas aujourd’hui, cela sera un autre jour que monsieur payera. La teinturerie en premier, son affront en second.

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MessageSujet: Re: time is money (Loon)   Mer 22 Juil - 23:29

« Mais t'arrêêêtes de râler... »

Un soupir t'échappe. Qu'est-ce qu'il est agaçant depuis que tu l'as mordu ! On dirait que tu lui as filé la rage, il n'est plus du tout drôle, désormais, et avec tout ce sang qui le macule tu le désires encore moins. Déjà que tu te concentrais sur son corps pour ne pas lui mettre des baffes, là c'est raté, définitivement. Il divague, il raconte n'importe quoi, semble se soucier de l'état de la pharmacie comme si ça lui importait vraiment alors que c'est toi qui va avoir des ennuis si jamais tu pars d'ici sans remettre de l'ordre. Rachel te tuerait, puisqu'elle sait très bien que c'est toi qui est sorti en dernier. Tu aurais peut-être du t'occuper de Caïn dans une ruelle sombre...Mon dieu, en arriver à de telles extrémités pour un simple retard de paiement, c'est tout de même triste. Tu le regardes tristement se tortiller, changer de vêtements. Il s'écroule même sur le sol et toi tu as beaucoup de mal à garder les yeux ouverts. L'adrénaline se mélange à la fatigue et à l'anxiété qui redescend et te détend visuellement. Tu pourrais t'endormir sur le sol, le visage couvert de sang qui tâche tes vêtements.

« T'inquiète pas pour ça, je vais ranger ton merdier et passer un coup de javel sur le sol. Mais puisque tu es maître dans l'art du mensonge je te laisse l'honneur de trouver une excuse. Après tout l'hypocrisie est l'essence de ton métier. »

A ce stade ce n'est même plus à reproche, c'est un triste constat. Etant donné la folie qui circule dans ses poumons aussi facilement que l'air que vous respirez, vous auriez pu presque devenir de bons amis. Tu l'as bien vu avec tes mères puis avec Alvin, une opinion politique peut ravager des relations, une amitié, une famille. Tu continueras de travailler pour Caïn parce qu'il paye très bien sous ses airs avares et sa malhonnêteté virale, mais jamais vous ne saurez vous lier autrement qu'on vous tapant dessus – en vous mordant, en ce qui te concerne.

« Ma blouse est sur le comptoir, suis un peu. »

Tu te redresses pour t'en assurer mais elle y est toujours. Tu l'as retirée tout à l'heure comme on retire le masque de la franchise pour se lancer dans l'illégalité la plus totale. T'appuyant sur tes mains, tu frottes ton dos contre le mur pour pouvoir te relever convenablement. Tes jambes tremblent et tu les engueules intérieurement. Tout ce que tu souhaites, c'est nettoyer toute cette merde et dégager chez toi pour pouvoir aller tranquillement t'écrouler sur ton lit contre ta sœur, ou contre ton amant, dont tu as désespérément besoin à cet instant. Ton cœur bat encore si fort que tu l'entends pulser dans chaque parcelle de ton corps. Un tambour est en train de frapper sans ménagement contre tes tempes et ton crâne est au bord de l'explosion. Tes doigts s'agrippent sur la blouse blanche que tu jettes sans ménagements à ton patron.

« Bonne soirée Monsieur De Sade. » déclares-tu dans ton français aussi tranchant qu'impeccable.
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