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 Traverse la mousson mon gars || PV Loon

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MessageSujet: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Jeu 9 Juil - 11:38


« durch den monsun »


   
   
Andon & Loon

Perdu. Le seul mot qui lui vient en tête, c'est qu'il est perdu. A trop s'aventurer il a fini par quitter le sentier et maintenant il ne sait pas où il est. De la cambrousse partout autour de lui, un calme trop pesant et surtout le silence de la nuit. C'est la seule chose qui le garde à peu près serein et qui contrôle ses nerfs. Andon continue donc à avancer. Il ne sait pas où il va, et il sait que ça va encore faire désordre s'il rentre trop tard chez lui, alors il continue.

- Putain fait chier !

Le garçon se relève. Il est tombé à cause de branches entreposées sur le sol qui formaient un tas qu'il n'a pas vu. Il râle, se tape dans les mains pour faire tomber la terre et s'essuie les genoux. Il passe ensuite ses doigts dans ses cheveux, secoue la tête et reprend sa marche. Il se sent bête d'être tombé ainsi et ça l'agace.

Il continue à marcher tout en râlant à haute voix. Certes, ce n'est pas vraiment très distinct, il parle tout seul et bougonne mais personne d'assez près ne peut l'entendre. Andon baisse la tête en sentant sa chaussure s'enfoncer dans quelque chose de visqueux, vaseux. Il ne sait pas ce que c'est et relève son pied d'un air dégouté.

- Qu'est-ce que je suis venu foutre ici sérieux !

Il peste encore une fois et tape du pied dans une branche morte qui se brise dans un bruit sec. Le garçon panique, et la colère va prendre le dessus dans peu de temps s'il n'arrive pas à évacuer son trop plein d'émotion. Alors, la seule chose qu'il trouve à faire, c'est courir. Il court, la tête bien droite, expulsant l'air et le reprenant avec aisance. Il bouge les bras au rythme de ses pas, enjambe les obstacles sans difficulté et garde le regard perçant pour voir dans la nuit. Il se perd un peu plus à chaque pas.

Finalement il s'arrête et regarde autour de lui. Il est un peu essoufflé et encore plus perdu. Il s'adosse à un arbre pour reprendre sa respiration et c'est là qu'il commence à entendre du bruit. Le stress monte. Il sent les gouttes de transpiration couler dans son cou pour atterrir dans son dos.

- C'est quoi encore ce bordel ?

Andon est grossier. Il ferme les poings quand il entend à nouveau ce bruit. Comme si quelqu'un passait dans des fougères. Comme un tueur psychopathe. Le garçon se sent comme pris au piège de quelque chose qu'il ne voit pas et voit rouge. Il s'énerve à nouveau. La colère emporte la peur. Mais il est seul. Trop seul.

Il fait quelques pas et ramasse une branche pour se protéger. Le bruit se rapproche, le jeune homme se sent moins confiant. Est-ce une créature, un zombie ? Ou un animal ? Il n'en sait rien et il aurait préféré ne jamais le savoir. Quand le bruit est assez près, Andon lève son bout de bois, prêt à frapper. Quand soudain, un homme se matérialise dans la faible lueur de la lune. Le garçon se sent comme soulagé.

- Vous êtes qui ?

   


   


Dernière édition par Andon S. Cole le Mar 14 Juil - 9:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Jeu 9 Juil - 12:04

Il est beaucoup plus tard qu'à l'ordinaire lorsque tu fermes le verrou de la porte de la cabane. La lampe torche entre les dents, tu t'appliques à brouiller le code du cadenas pour que les moins téméraires soient dissuadés de se faufiler jusqu'ici. Enfin, les moins téméraires n'auront pas eu le courage de grimper le long des dix mètres d'échelle de corde qui permettent d'accéder à la terrasse de planches de bois. Les moins téméraires, désormais, ne peuvent voir la cabane que s'ils disposent du gri-gri en bois qui pend à ton cou. Après plusieurs mauvaises intrusions dans ton intimité, tu as décidé de faire protéger la cabane d'un sortilège très puissant. Désormais si tout fonctionne bien, seules trois personnes peuvent voir l'enceinte de la station radio : Aubin, ton ami hibou, Shandro, le créateur même du charme et des talismans, et toi-même.
De toute façon ce soir, on ne voit pas grand chose.

Néanmoins, l'ambiance a changé. Il fait plus frais, presque froid. Les cigales se sont tues. Le silence plane dans le bayou. Dans la couverture étouffante de l'obscurité nocturne, les rôdeurs se terrent, attendent une âme à dévorer. Rares sont ceux qui sont assez fous pour se balader ici en pleine nuit, hormis ceux qui habitent les environs. Tu fais partie de ceux qui ne logent pas ici, donc des gens complètement chtarbés qui se sont laissés guider par l'environnement tropical où la solitude est notre seule amie.
Tu saisis le paquetage de corde que tu balances dans le vide. L'échelle se déroule et disparaît dans le néant. La lampe toujours entre les dents, tu passes ta besace au travers de ton torse avant d'entamer ta descente. Une minute plus tard tu poses les pieds sur la terre ferme – un bien grand mot quand on parle de la boue du bayou – et fais tournoyer l'échelle autour du tronc avant de l'y fixer avec une liane. Il ne faudrait pas que les visiteurs prennent ça pour une invitation.

Enfin tu te faufiles entre les branchages des arbres qui semblent vouloir te garder près d'eux. Les feuillages se perdent dans tes cheveux, s'accrochent à ta veste, frappent ton torse vigoureux. Tu titubes sur les racines. Te devançant, le halo blanc de la lampe torche tremblote sur les carcasses des arbres plus ou moins nus et plus ou moins menaçants. Enfin, le clair de lune vient te donner davantage de repères, les racines deviennent des fougères.
Au loin, une voix se fait entendre. Elle n'a pas l'accent du bayou, mais elle a sa grossièreté. Fronçant les sourcils, tu t'approches d'une silhouette tremblante dans la demi-obscurité et lui braque ta lampe dans la figure.

« Coucou. »

Le halo l'aveugle un instant, avant de descendre lécher son buste puis son torse. L'aura périphérique de la lumière te laisse deviner les traits du visage de l'inconnu dont la jeunesse te surprend. Il n'a même pas vingt ans.

« Un visiteur. Et vous, qui êtes-vous ? »

Tu te sens nettement plus âgé que lui, mais l'environnement sauvage qui s'étale à perte de vue de te dispense pas de la politesse.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Jeu 9 Juil - 12:36

Une lumière l'aveugle et Andon porte instinctivement sa main vers son visage pour se cacher de cette lueur qui lui a brulé les yeux. Il est resté si longtemps dans le noir, simplement habitué à la lune et à ses faibles rayons, que là, c'est un choc. Sa branche retombe mollement sur le sol et le jeune homme se tortille.

- Putain mais vous êtes cons !

Andon crache ces quelques mots avec aigreur et réouvre doucement les yeux quand il se rend compte que la lumière a disparu. Il voit tout blanc, puis tout noir. Ses pupilles l'empêchent de voir sans flash et c'est une sensation atroce. Il déteste ça. Il met même quelques secondes à retrouver le tronc de l'arbre contre lequel il s'appuie. Sa peur s'est enlevée depuis qu'il a trouvé cet homme face à lui.

- Vous m'avez aveuglé !

Il crie et attend que sa vue soit redevenue comme avant de lever la tête vers l'inconnu. Première fois qu'ils se rencontrent et déjà, Andon ne l'aime pas. Enfin, à son âge, il se fait des opinions aussi vite qu'il change de paire de chaussettes … Si l'inconnu lui dit un truc sympa, Andon va bien l'aimer. S'il lui refait le coup de la lampe torche, il va vouloir lui lancer sa branche dans la tête. C'est à double tranchant et il n'y a pas de juste milieu. L'homme se présente suite à sa question. Un visiteur. Ok sympa la réponse. Genre il s'appelle visiteur. Il le regarde avec un air dépité de celui qu'on ne prend pas pour un idiot. Il fronce les sourcils ensuite et se dit que lui n'a pas besoin d'un pseudo pour ne pas qu'on sache qui il est.

- Andon.

Le garçon répond finalement à la question de l'homme qu'il peut regarder à présent sans difficulté. Il est plus âgé que lui, c'est clair, mais il s'en doutait simplement au timbre de sa voix. Il le détaille d'avantage à présent. Les cheveux bruns plutôt courts, une silhouette certainement un peu sportive et quelqu'un d'assez grand sans trop l'être. Andon ne se sent pourtant pas en position d'infériorité. Lui aussi a des muscles et il est quand même assez grand. Certes il devrait se tenir un peu plus droit pour le paraitre d'avantage mais déjà comme ça, il est nettement mieux que les autres gars de son âge.

- J'me suis perdu.

Il fait ce constat en levant les épaules, avec un visage benêt. Il trouve ça ridicule de le dire ainsi mais au final, la situation le fait rire. Disons surtout que ça le fait moins stresser. Il n'est plus seul et ce gars ne semble pas être un dangereux psychopathe. Et il anticipe déjà la question suivante du "qu'est-ce qu'un gamin de ton âge fait ici tout seul ?" Il la connait par cœur cette réplique pour l'entendre à chaque fois qu'il tombe sur quelqu'un dans les lieux où il va. Il sait que Wesley va encore s'énerver quand il rentrera enfin à la maison mais tant pis. A force ils ont l'habitude, tous les deux.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Jeu 9 Juil - 13:18

Le visiteur s'agite tandis que tu l'aveugles. N'importe qui en ferait autant mais le ton de sa voix te donne déjà une indication sur son âge. Il doit avoir à peu près celui d'Aimée et si tu en crois son potentiel râleur qui va jusqu'à remplacer les salutations, il devrait fort bien s'entendre avec ta petite sœur qui dépasse à peine la vingtaine. Dans le noir, tu ne peux discerner son âge précis et de toute façon ce n'est pas une question qui se pose, que l'on soit un homme ou une femme, sachant que tu ne connais même pas son nom. Tu es maladroit mais tu as conscience que certaines questions font clairement désordre. Il décline rapidement une partie de son identité ainsi que sa présence ici. A en juger par sa tenue, il devait être en train de faire son footing et il a du se perdre en s'éloignant du sentier.

« Tu m'étonnes. »

Le bayou se révèle déjà très difficile à pratiquer de jour, mais alors de nuit, surtout si on ne connaît pas, on est sûr de ne pas en sortir vivant à moins qu'une bonne âme ne daigne vous accorder l'hospitalité ou le guide. Tu es visiblement cette bonne âme. Calant la lampe entre ton coude et ton flanc, tu saisis ton paquet de cigarettes et en attrape une qui, quelques secondes plus tard, se consume entre tes lèvres. La fumée danse autour de toi et le halo blanc de la lampe lui donne une clarté irréelle. Saisissant le rouleau de tabac entre tes doigts, tu reprends la source de lumière dans une autre main avant de diriger le halo dans la direction qui se trouve derrière toi.

« Enchanté, moi c'est Loon. Vous êtes venu à pied ? Vous en avez, du courage. Ma voiture est garée à dix minutes d'ici. Si vous voulez je peux vous ramener. »

Tu allais rajouter « Vous êtes de N.O. ? » avant de te raviser devant la stupidité de la question...pas si stupide que cela quand tu fais le tour du foyer de chacune de tes connaissances.

« A moins que vous ne soyez du bayou et dans ce cas je serais bien incapable de vous diriger en pleine nuit. Je ne connais que cette partie-ci. »

Et même si tu connaissais l'autre, tu n'irais pas, surtout pas en pleine nuit. Les rumeurs évoquent cet hôpital psychiatrique désaffecté, ces îles aux eaux troubles, ce pont mortuaire où encore ces marais où se cachent les créatures les plus sanguinaires. Ca doit grouiller de rôdeurs dans le noir, et tu as encore envie de vivre quelques temps, merci bien.
Tes hanches se dirigent doucement en direction de ta voiture. Si vous suivez le sentier, vous finirez par déboucher sur un chemin plus larges bordé de fourrés touffus. Sur la gauche, ta voiture est enfoncée dans l'un d'eux et sa couleur d'un vert amère la fond très facilement dans les feuillages tropicaux. Il reste ensuite une bonne demi heure de route jusqu'au centre ville, mais au moins, on se sent un minimum en sécurité à l'intérieur de l'habitacle.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Jeu 9 Juil - 13:52

- Me vouvoyez pas, j'ai pas cinquante ans !

C'est la première chose qu'Andon dit, avant même de répondre à ce Loon. Loon, c'est déjà mieux que visiteur. Au moins le jeune homme peut mettre un prénom sur cet inconnu qui lui semble cependant tout à fait sympathique. Il est toutefois naturel pour lui de réagir si vite quand on le vouvoie. Il déteste ça, il a l'impression d'être un vieux grand père avec ses petits enfants sur les genoux. Et pour ça, il a bien le temps ! Alors qu'on le tutoie et il ne demandera rien de plus.

- A pied ouais. Et je veux bien que vous me déposiez au centre ville.

Andon relève la tête et s'étire le dos avant de finalement finir sa phrase.

- S'il vous plait.

La politesse, ce n'est pas quelque chose qui sort facilement chez le jeune homme. Il n'y connait pas grand-chose, il n'a jamais eu besoin de l'employer outre mesure. Chez lui, son père était un sale ivrogne qui n'avait jamais un mot doux envers Andon ou envers sa mère. Il donnait des ordres à chaque instant, tapait sur la table ou cassait tout ce qui se trouvait sur son passage si quelque chose ne convenait pas. Alors, depuis tout petit, il n'a jamais eu l'habitude qu'on emploie des formules de politesse. A part sa mère qui, elle, veillait à ce qu'Andon soit le mieux éduqué possible.
Et à présent, chez son tuteur, c'est la même chose. Le garçon n'a pas besoin de faire état de politesse et il reprend alors sa nature un peu sauvage. Quoi qu'il sait se tenir, s'il le faut !

Andon commence alors à suivre l'inconnu, d'abord en silence. Il remarque à l'aide de la lampe torche qu'ils se trouvaient maintenant sur un sentier. Pourquoi ne l'avait-il pas vu tout seul ? Mais ça ne le dérange pas de faire connaissance avec cet homme. Il n'a pas peur et au moins il sait qu'il ne va pas se perdre d'avantage.

- Et vous, qu'est-ce que vous faisiez là ?

Le garçon est curieux, c'est un vilain défaut comme une grande qualité. Tout dépend des moments où ce trait de caractère surgit. En même temps, dans son esprit, il se rappelle ce que l'autre a dit à propos de l'autre partie du bayou. Andon ne connait pas vraiment cet endroit là, aucun des côtés, et il aurait bien aimé en savoir d'avantage.

Quand ce Loon s'arrête près des bosquets, Andon ne remarque pas tout de suite la voiture mais s'y installe rapidement quand il lui fait signe de le faire. Il attends quelques minutes avant de reprendre la parole.

- C'est si grand que ça, le bayou ? Et c'est visqueux de partout ?

Il ne se rend pas compte de sa deuxième question. Visqueux … ça peut prêter à confusion et on voit bien qu'il ne connait pas Loon. Cependant, c'est naturellement que le garçon a posé cela. C'est vrai, il a marché dans un endroit où ça faisait "pouic pouic", alors, pour lui, c'est visqueux.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Jeu 9 Juil - 14:48

« Si tu veux. »

Il préfère quoi ? Que tu l'appelles le mioche ? Que tu lui fasses bien ressentir les peut-être, quoi, dix ans d'écart que vous avez tous les deux ? Que tu le tiennes en laisse et que tu lui prennes la main tant qu'à faire ? Tu le laisses monter à l'avant de la voiture – quoique tu lui demanderais limite de monter à l'arrière en précisant que tu n'as malheureusement pas de réhausseur. Sa jeunesse t'intrigue et te fait sérieusement te poser la question de sa présence ici. Bien sûr ton métier à la pharmacie te donne l'occasion de voir une grande diversité de personnes, certaines étant accompagnées d'enfants, mais cela se révèle particulièrement rare.

Tu éteins la lampe torche et prends place à l'avant de la voiture, à ses côtés, ta cigarette toujours allumée, tantôt entre tes doigts, tantôt entre tes lèvres. La tête en arrière dans l'obscurité, tu démarres la voiture. La grosse Laguna se met en branle, broie les racines, s'emmêle dans les fougères, piétine dans la boue, avant de finalement faire crisser ses pneus dans les graviers du chemin. Tu passes la première vitesse en écrasant l'embrayage avant que le véhicule ne s'immobilise et la voiture se propulse violemment en avant, fondant l'obscurité du halo orangé de ses phares en plein feux. Les fenêtres avant s'abaissent pour laisser s'échapper la fumée et le vent brûlant s'engouffre dans l'habitacle. Le gamin ne tarde pas à y aller de ses petites questions de commère.

« J'avais besoin de me ressourcer. Et toi ? »

C'est plus ou moins la vérité ; aujourd'hui n'est pas un jour d'émission mais tu ne vas pas confier à un inconnu que tu émets sur les ondes pirates pour le compte d'un mouvement qui se ligue contre le gouvernement. Depuis quelques temps tu t'éloignes de plus en plus de la civilisation, inconsciemment peut-être pour t'éloigner d'Alvin et te rapprocher de Shandro dans les bras de qui tu as trouvé un réconfort que tu sais parfaitement temporaire – ce qui ne t'empêche pas de te faire des idées. Andon te tire de tes pensées mélancoliques en te posant des questions sur le bayou. Tu hausses les sourcils pour appuyer physiquement la taille effectivement immense de la forêt tropicale qui s'étire au sud du territoire.

« Oulà, tu n'as pas idée. Certains propriétaires ont de grands territoires, sans compter la forêt qui s'étend sur des hectares et des hectares, les îles, les marais, les bicoques hantées ou encore l'ancien hôpital psychiatrique... »

Si c'est visqueux ? Un ricanement t'échappe inévitablement quant au double sens de cette expression. Ce maniaque énervé te rappelle Alvin sous bien des aspects ; tes entrailles se serrent d'ailleurs à cette pensée.

« C'est que tu es nouveau dans le coin ? Tout l'monde sait qu'il faut éviter de s'aventurer ici. Je te dépose de quel côté ? »

Toi tu dois remonter jusqu'au fond du quartier Est de la Nouvelle Orléans et malgré cela, tu prends ton temps, même si la dernière fois que tu es sorti du bayou à cette heure, tu as été victime d'une attaque de rôdeurs et tu as même écrasé l'un d'eux, dont le sang a repeint le pare-brise de la voiture, te faisant déverser le contenu de ton estomac sur le côté du chemin. Personne ne t'attend à la maison, Aimée est certainement sortie, Shandro a du la suivre, Zampa doit être en train de cuver, Nine aussi, Enya n'en parlons pas, et Loukas a disparu quelque part dans la nature.
Et vu ton humeur du moment, c'est clairement mieux ainsi.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Jeu 9 Juil - 15:16

Il semble content que l'homme ait fini par le tutoyer après sa demande et il se fiche bien de ce qu'il peut en penser. La voiture se met en marche et ils sortent de là tous les deux, d'abord en silence avant que la curiosité d'Andon arrive au galop.

- Je sais pas. J'avais besoin de prendre l'air et d'aller courir.

C'est ridicule et dangereux de venir ici mais le garçon ne connait pas tous les recoins de la ville. Il connait assez bien tous les quartiers sauf celui-ci et c'est là qu'il est descendu du métro ce soir. Il avait besoin de voir du pays, sans doute. L'homme ne semble pas se moquer de lui quand il lui pose la question de la taille du bayou et il lui offre même une réponse plutôt détaillée, ce qui plait à Andon. Il le trouve sympathique et sa colère s'est évaporée.

- Sérieux ?

Le garçon a l'air impressionné par tout ce qui se trouve par ici. Et ça lui plait bien d'ailleurs. Il se dit qu'il devrait y revenir plus tard, pour visiter ces endroits glauques, et emmener un ou deux amis pour l'occasion. Il est certain qu'il trouvera quelques timbrés à l'université en quête de sensations fortes pour l'accompagner ici.

L'homme ricane à l'expression d'Andon sur la viscosité de ces territoires. C'est là qu'il comprend le double sens de ses paroles.

- Bon ça va hein !

Il bougonne légèrement mais se met à rire légèrement lui aussi. Puis c'est au tour de Loon de poser des questions. Il s'intéresse à Andon qui aime ce retournement de situation. Il n'a rien à cacher de sa vie, il aime parler de lui.

- Heu non je vis ici depuis qu'on nous a forcé à quitter New York. Mais je viens jamais dans le sud de la ville, je suis plutôt dans l'est et au centre. Bah n'importe où, là où ça va vous arrange.

Il n'a pas vraiment d'endroit où être déposé. De toute façon il faut qu'il marche pour retourner chez Wesley. Alors qu'on le dépose plus ou moins loin, ce n'est pas bien grave. Ce n'est pas gênant pour Andon, ça lui permet de marcher encore un peu tranquillement. Et si Wesley a encore des invités chez lui …

La voiture sort peu à peu du bayou mais le garçon semble entendre un bourdonnement. Comme si le moteur chauffait d'avantage. Il n'y prête pas vraiment attention jusqu'à ce que le bruit s'intensifie. Il regardait par la fenêtre le décor changer petit à petit quand il s'est tourné vers Loon.

- C'est normal ce bruit ?

Instinctivement il dirait que non mais il n'y connait pas grand-chose en voiture. Toutefois il obtient rapidement sa réponse quand il voit comme une espèce de fumée sortir du capot devant lui et le bruit disparaitre soudainement.

- On a calé ?

Le moteur s'est arrêté et il n'a pas pu le conducteur changer de vitesse. Non … c'est une panne ! Il regarde alors Loon avec un visage interloqué.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Jeu 9 Juil - 17:21

A ta grande satisfaction Andon se détend, à la fois piqué de curiosité par la description digne d'un conteur que tu lui fais du bayou mais aussi parce que ton ricanement sur le double sens de sa phrase l'aide à se dérider ; les clichés masculins ont décidément la vie dure et ils peuvent parfois sauver une mauvaise ambiance, mine de rien. Lorsque tu lui donne une occasion de parler de lui, tu remarques qu'il ne se fait pas prier et que, comme beaucoup d'habitants de la Nouvelle Orléans, il a déménagé dans l'actuelle capitale des Etats Unis parce que le choix s'est imposé à la radiation de New York de la carte du monde. Dans l'Est ou dans le Centre ? Parfait, tu n'as qu'à te garer devant chez toi et le laisser prendre le tramway ou continuer à pied.
Tu passes la quatrième vitesse lorsque le moteur râle brutalement. Etonné, tu baisses les yeux sur le levier, vois que pourtant tu ne t'es pas trompé. Sur le tableau de bord, un thermomètre scintille soudainement en rouge. Une fumée s'échappe du capot, attirant l'attention de Andon qui demande si c'est normal ; abruti, bien sûr que non !
La voiture gémit, crachote et le moteur lâche par sécurité. Tu tournes instinctivement le volant tandis que l'habitacle s'échoue en roue libre sur la droite du chemin. Et c'est le silence.

« On ne cale pas à cette vitesse à moins de freiner comme un dératé. » expliques-tu.

Tu retires la clé du contact et détaches ta ceinture. Les ténèbres et le calme du bayou vous enveloppent. Pas un chat, pas âme qui vive, même les rôdeurs semblent dormir. Le cœur battant, tu te maîtrises pour ne pas inquiéter Andon et reprends la lampe de poche avant d'ouvrir ta portière. Le halo des phares tranche la nuit, la rendant plus opaque autour de vous. Tu actionnes une manivelle sous le volant avant de sortir de la voiture et de la contourner pour ouvrir le capot. La fumée s'en échappe immédiatement mais heureusement, aucune fuite n'est à déplorer. Tu allumes la lampe torche pour constater que le voyant t'avait bien informé : le liquide de refroidissement est au bord de l'ébullition dans son alambic. Dégainant une perche, tu l'appuies sur le capot relevé afin qu'il reste ouvert et écrases ta clope sur le sol.

« Le moteur a surchauffé. Il ne redémarrera pas avant deux bonnes heures. »

Tu ne fais pas partie de ces rares privilégiés qui possèdent un téléphone portable : la seule solution est soit de se terrer dans la voiture, soit de continuer à pied, donc de doubler le temps de retour, dans le noir complet, en ligne droite. Tu frissonnes, les sens aux aguets, prêt à voir une créature surgir dans la nuit. Contournant la voiture, tu t'arrêtes au niveau de la portière d'Andon, tes yeux scrutant l'horizon. Et soudain, tu as une terrible idée.

« J'suis désolé mon gars, je serai pas ton sauveur pour ce soir. Tu peux rester dans la voiture ou continuer à pied, tout droit, jusqu'à la ville ou... »

Tu te penches alors vers lui, un sourire aux lèvres.

« ...ou alors tu viens visiter l'ancien hosto psychiatrique avec moi. »
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Jeu 9 Juil - 19:19

Il se disait bien, aussi, que ce ne pouvait pas être un calage. Non, en fait, il n'en savait rien du tout. Il ne connait pas grand-chose aux voitures et à toute cette histoire de mécanique. Andon sait à peine passer la seconde alors bon … Et de toute façon il n'est pas pressé étant donné que ses amis ont le permis et qu'il peut se déplacer comme il veut en ville avec le métro sans avoir à rester stationner dans une bouchon durant une heure. Tel qu'il se connait, il sait qu'il aurait arraché le volant, le levier de vitesse et le frein à main au premier embouteillage venu.

- J'me disais bien.

C'est la seule réponse qui lui vient. Il aime bien dire un truc après que les gens aient parlé, simplement pour avoir le dernier mot. Andon déteste que les gens ne lui répondent pas, même par un simple "hum". Il a l'impression d'avoir dit un truc dans le vide dans ces cas là, alors il se dit que ce doit être la même chose pour les autres et il commente souvent pour … rien dire d'intéressant, en fait.

Il regarde Loon sortir et aller voir ce qui se passe. Lui, il défait sa ceinture, et s'installe un peu mieux contre le dossier jusqu'à ce que l'homme vienne à côté de lui. Andon n'a pas ouvert la portière vu que la fenêtre est ouverte, il a ainsi tout le loisir de rester appuyé et d'entendre tout ce que le conducteur pourrait lui dire. Il l'entend alors expliquer que le moteur a surchauffé ou un truc dans le genre. Tout ce qu'il sait, c'est qu'ils ne pourront pas repartir avant deux heures, au moins.

- J'vais me faire tuer.

Andon dit ça plus pour lui-même que pour Loon. Il s'exprime souvent à voix haute, même si c'est pour lui-même. Mon dieu quand il va rentrer chez lui, Wes va encore lui gueuler dessus, il en est certain ! L'homme vient ensuite jusqu'à sa portière pour lui expliquer la suite des opérations. Il s'arrête en plein milieu du phrase et un sourire se dessine sur son visage avant qu'il lui donne sa dernière idée. Le garçon ne bouge pas et le regarde en clignant des yeux.

- Visite ce … ce machin là bas ?

Il pointe le vieux bâtiment qu'il voit à sa gauche d'un coup de tête. Il ne sait pas s'il doit s'inquiéter, prendre peur et partir, ou attendre patiemment. En fait, c'est peut-être un psychopathe ce gars là .. Mais Andon n'est pas vraiment effrayé. Au contraire, il se disait il y a quelques minutes qu'il devrait venir voir ça un jour, avec des potes. Alors qu'il soit avec Loon ou avec ses amis, qu'est-ce que ça change ? Ça change qu'on pourrait le retrouver découper en rondelles abruti qu'il fait ! Pourtant, il hausse les épaules et s'apprête à sortir de l'habitacle.

- Ça se tente ! On y va ?

Il sort du véhicule, lisse son t-shirt, passe sa main dans ses cheveux et souffle. Excité d'y aller, mais un peu angoissé quand même, quelque part.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Jeu 9 Juil - 19:49

Tu t'disais bien, tu t'disais rien du tout mon p'tit pote, je suis sûr que t'aurais crié comme une pucelle si c'était toi au volant, penses-tu avec un sourire. Tu poses le bout de tes doigts sur la carrosserie de la voiture et les laisses glisser le long de la peinture vieillie jusqu'à la portière arrière droite que tu ouvres. Tu récupères sur la banquette arrière ta besace, la lampe torche coincée entre tes cuisses. Au dehors, l'odeur de fumée se répand dans l'air, mais toujours aucune fuite à l'horizon. Tu espère de tout cœur que vous pourrez rejoindre la voiture et repartir rapidement, lorsque le moteur se sera enfin refroidi...si vous n'êtes pas morts avant.
Car c'est un risque considérable que tu te proposes de prendre tout de suite. Marcher de nuit, c'est pas rassurant. Marcher de nuit dans le bayou, encore moins. Mais aller se perdre dans l'hôpital psychiatrique désaffecté dont l'immense carcasse se dressait à l'horizon était complètement charbté comme idée.
Complètement toi, en somme.

« Celle-là même, t'as la trouille ? »

Tout le monde a la trouille, mais c'est ça qui est drôle. Sentir cette adrénaline monter au creux de son cœur, sentir ses poumons devenir bien trop gros pour sa cage thoracique, sentir ses entrailles se resserrer, attendre le pire. Et ne pas le voir arriver. La vie est trop courte, il faut en profiter. Et quitte à faire quelque chose pendant les deux prochaines heures autant que ce ne soit pas se tourner les pouces à l'intérieur de l'habitacle à regarder les ténèbres s'épaissir et la batterie se décharger. Tu refermes la portière arrière avant de repartir à l'avant pour éteindre les phares. La seule source de lumière repose actuellement dans ta main en la présence de la lampe torche. Tu vérifies que tu as deux piles de rechange dans la poche avant de ton sac, avant de remonter la bandoulière sur ton épaule et d'embarquer les clés de la voiture.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Andon accepte, pressé de partir, même. Tu lui adresses un sourire complice.

« Appuie sur la fermeture centralisée et ne ferme ta porte qu'après. Elle est vieille la titine. »

Tu attends qu'il ait obéi avant de sortir du chemin pour plonger tes jambes dans les hautes herbes qui constituent la plaine s'étendant jusqu'à l'ancien hôpital. Vos pas feutrés retentissent au son de la végétation qui ploie sous vos pas. Quelque part, les grillons chantent, repris en chœur par les cigales. Parfois, le silence revient, pesant, étouffant effrayant. A vos pieds, à quelques mètres, le halo circulaire de la lampe tremblote sur les hautes herbes, déformé par le pseudo sol sur lequel il se reflète. L'immense bâtisse désaffectée vous fait de l’œil, tendant ses tours carrées pour déchirer le ciel qui se couvre de nuages. Pas une seule étoile à laquelle vous raccrocher, si ce n'est celle qui tremblote dans vos iris avides.

« J'espère que t'es majeur et vacciné parce que je veux pas être responsable de ton cadavre. »

Si tu savais à quel point tu avais tort.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Ven 10 Juil - 7:26

Loon récupère ses affaires sur la banquette arrière et le gamin n’a toujours pas bougé. Il ne sait pas ce qu’il attend mais il reste comme ça, étalé sur le siège passager. On dirait un poulpe écrasé. En fait, il attend simplement le top départ. L’homme semble avoir des affaires à récupérer, et il devrait peut-être éteindre les lumières avant leur escapade. Andon, au contraire, n’a rien à récupérer. Il est venu les mains vides se perdre dans ce marécage alors, à part ce qu’il porte sur lui, il n’a rien à préparer avant leur escapade.

Enfin, Loon signale le vert feu. Il lui explique comment verrouiller la voiture et le jeune homme suit ses instructions. Il ferme la porte et se retrouve debout à côté de l’homme, prêt. Il regarde rapidement la distance à parcourir. Andon est un peu fatigué mais l’excitation l’emporte. Il n’a pas les jambes engourdies et il se sent bien, à cette heure de la journée. Au moins, il ne fait pas trop chaud.

Ils marchent entre les hautes herbes et c’est sans doute ce que le garçon aime le moins. Malgré la lueur formée par la lampe torche, il ne voit pas dans quoi ou sur quoi il marche. C’est comme ça qu’il était tombé dans un trou, une fois. Et on peut dire qu’il avait attendu longtemps avant que son meilleur ami ne le trouve et se moque de lui. Du coup, Andon n’aime pas tellement les sols irréguliers.

- Absolument.

C’est la réponse qu’il offre quand Loon lui demande s’il est bien majeur et vacciné. Vacciné peut-être, mais certainement pas majeur. Sauf que ça, il n’allait pas s’en vanter pour finir enfermé dans la voiture à attendre qu’elle redémarre. Il avait soif d’aventure.

Sa petite escapade pour arriver jusqu’aux grilles de l’établissement ne l’a pas vraiment fatigué. Elle l’a simplement mis sur l’œil. Là, le bâtiment se dresse à quelques mètres de lui, protégé par des murailles en béton et des grilles d’ouverture. Charmant l’accueil.

- On doit escalader ou c’est suffisamment rouillé pour se péter d’un coup de pied ?

Andon n’a pas tellement envie de grimper sur ce vieux portail qui, a lui seul, suffit pour se donner des frissons. Il se dit qu’au moins poids sur dessus, il va s’effondrer et lui dessus avec. Un bon moyen pour se casser un os et rester invalide tout un mois durant. Non merci, ce n’est pas quelque chose qui le tente, en fait. Il tente alors le coup de pied dans la serrure mais rate l’endroit.

- Vous sauriez pas forcer une serrure vous ?

De toute évidence, ce serait le plus simple pour passer les grilles et pouvoir ensuite entrer dans le bâtiment. Parce que les lourds battants qui les attendent de l’autre côté ne semblent pas prêts à céder au moindre coup. S’il est tant abandonné que ça, cet endroit, pourquoi personne n’a pris soin de le détruire pour faire autre chose sur cet espace ? Ou condamner réellement les accès ? Andon ne pense pas ça parce qu’il a légèrement peu, non. Il réfléchit ainsi parce qu’il n’a vraiment pas envie de faire d’effort pour entrer par effraction. Dans un lieu hanté qui plus est.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Ven 10 Juil - 11:49

Au fur et à mesure que vous traversez le champ de hautes herbes, la stature du bâtiment se dresse, de plus en plus proche et de plus en plus haute. Ses tours lugubres aux angles modernes chatouillent le ciel orageux. Il semblerait même que le tonnerre de chaleur roule à l'intérieur des nuages cotonneux qui s'étendent au dessus de vous dans une couverture opaque. Pas âme qui vive, pas de lumière, juste vous deux, seuls au monde dans ce calme mortuaire. A tes côtés, Andon marche d'un pas vif et curieux. Vous dévorez la distance qui vous sépare de l'enceinte sinistre jusqu'à atteindre le mur de pierre raisonnablement impossible à escalader. En haut se dressent d'immenses piques à l'image des châteaux forts, peut-être pour dissuader des évasions. C'est pourtant le lourd portail de fer qui vous intéresse. Malgré les années qui l'on recouvert de mousse et de lierre, il se dresse fièrement devant vous et vous défi, impossible à escalader.

« C'est une mauvaise idée, il est très haut mais il doit avoir quelques fragilités. Les gonds pourraient céder et le faire tomber en avant, nous avec. En plus de la violence de la chute, ça ferait beaucoup trop de bruit et je ne sais pas toi, mais moi je n'ai pas envie d'attirer les rôdeurs. »

Quelque part ton expérience en la matière te chuchota qu'il n'y avait pas besoin de faire du bruit quand l'odeur délicieusement parfumée de votre énergie vitale permettait de vous repérer à des centaines de mètres quand on était un zombie affamé. Déglutissant douloureusement à cette pensée, tu regardes autour de toi afin de vérifier que personne ne vous a suivis – et si c'est le cas, les visiteurs sont fort bien cachés dans l'obscurité glaciale. Tendant la main, tu saisis la lourde chaîne cadenassée qui lie les battants de métal l'un à l'autre et la secoue légèrement pour en tâter la solidité. Elle sera facile à briser avec une pince, que tu n'as pas. Jetant un regard à Andon qui te propose de forcer la serrure, tu avises le simple cadenas à clé avant d'acquiescer d'un signe de tête.

« Un jeu d'enfant. »

Tu te bâillonnes en enfonçant de nouveau le manche de la lampe dans ta bouche pour le braquer sur l'orifice. Passant ta main sur ton avant bras, tu fais descendre sur ton poignet ton bracelet à breloques étranges qui te sert dans ce genre de situations. Tu le détaches d'un rapidement mouvement de doigts avant de dégainer un crochet qui ressemble à s'y méprendre à une épingle à cheveux. Tu enfonces l'outil dans la serrure et le fait tournoyer avec rapidité. En quelques secondes le mécanisme cède et la chaîne glisse avant de s'écrouler lourdement sur le sol. Retirant la lampe de ta bouche, tu attaches de nouveau le bracelet à ton poignet et, cherchant l'aval de Andon, finis par pousser le battant gauche du portail. Ce dernier s'enfonce dans l'enceinte dans un crissement sinistre. Tu crées un entrebâillement suffisamment large pour vous laisser passer successivement, avant de pénétrer dans la cour de l'hôpital.

Un frisson perceptible te traverse et tes entrailles se serrent tandis que tu fais courir le halo de la lampe sur les alentours. Le vent s'est levé et dans les nuages, les éclairs déchirent le ciel par intermittence. Cette peur. Cette impression étrange que...

« On n'est pas seuls. »
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Ven 10 Juil - 12:06

Une fois devant la grille, le problème c'est d'entrer dans la cour de cet ancien hôpital psychiatrique. Andon propose d'escalader ou de casser le cadenas et attend les suggestions de son collègue d'infortune. De toute évidence, ce dernier préfère utilise un moyen plus discret que de passer au dessus du portail, au risque de tomber et de faire du bruit. Le jeune homme se fiche de faire du bruit, lui. En revanche, il n'a pas envie de se casser quelque chose ou de se confronter aux rôdeurs. Ces foutus zombies sont partout mais il sait que ce n'est pas le bruit qui va les attirer. Non, il suffit simplement de leur présence ici pour qu'ils arrivent. Ils repèrent à l'odeur, c'est bien connu.

Finalement, Loon fourre la lampe dans ta bouche et commence à titiller le gros cadenas à l'aide de quelque chose qu'il a détaché de son poignet. Andon l'observe, quelque peu impressionné de l'ingéniosité d'un tel appareillage. Il attend patiemment que la grille puisse s'ouvrir et relève les yeux vers l'homme quand il voit la chaine sur le sol. Un jeu d'enfant effectivement.

- Perfecto !

Il ne sait pas pourquoi il répond ça, surtout qu'il sent une petite boule se former au fond de sa gorge quand il entend le grincement du portail quand Loon le pousse. Il déteste les trucs qui crissent, ça lui donne la chair de poule. Il est bien trop sensible à ce genre de bruit, comme la craie d'un prof sur le tableau, le bruit du balais sur une pelle en fer et la fourchette qui dérape dans une assiette. Rien que d'y penser, il sent ses poils se dresser le long de ses jambes et de ses bras. Il se bouche alors les oreilles le temps pour la grille de se stabiliser et rejoint l'homme qui a déjà passé le porche.

- C'est vraiment lugubre, je ne vois pas comment un tel endroit pouvait être accueillant pour des gens qui avaient besoin de repères.

Soudain, Loon sort une phrase à faire pâlir un mort. Le "on n'est pas seuls" que personne n'aime entendre dans de telles situations.

- Pourquoi ?

Andon n'a pas de facultés spéciales comme certains dans la ville ont pu en avoir. Loon en a t-il pour sentir ça alors que le jeune garçon n'a rien vu de différent ? Toutefois, avec cette déclaration, il se rapproche un peu de son ainé et avance plus rapidement vers la porte d'entrée. Il aurait préféré reculer et s'enfuir de ces lieux, mais il est également intéressé par la découverte de cet endroit. Si seulement il avait fait jour … tout aurait été bien différent !

Il se trouve devant le porche de l'immense établissement. Il ne sait toujours pas à quoi s'attendre à rentrant là dedans et remarque que les portes et les fenêtres ont été condamnées. Il distingue aussi quelques graffitis et les barreaux anciens des fenêtres, au rez-de-chaussée comme aux étages.

- On rentre alors ?

Le garçon observe la porte. A part les planches de bois qui peuvent être arrachées vu la pourriture, il ne voit rien qui puisse les empêcher d'entrer, surtout depuis qu'il a vu Loon en action avec son passe partout.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Ven 10 Juil - 12:31

« Tout endroit est lugubre la nuit, alors si en plus il est désaffecté et a servi à interner des gens... »

Tu laisses la phrase en suspens, paralysé par toutes ces sensations qui t'assaillent. A en croire ton caractère et les conditions d'admission en vigueur durant certaines époques, tu aurais été très facilement interné à ton tour et certainement pour toute ta vie. Tu as quelques fois cauchemardé ton admission dans un centre de ce genre et cette pensée te serre les poumons, ta cage thoracique devenant soudain bien petite. Comment vivrait-on d'être pris pour un fou si on était interné par erreur ? Deviendrions-nous fous à notre tour ? Tu tressailles lorsque la voix soudain vibrante d'Andon retentit à tes côtés. Tu te tournes d'un seul mouvement vers lui, prenant cette fois-ci soin de braquer le halo de la lampe au niveau de ses jambes et non de son visage. Tu sens clairement qu'il n'est pas rassuré par la vérité que tu viens de promulguer et qu'il te fait d'ailleurs étonnamment confiance quand d'autres se seraient fichus de ta gueule.

« Tu ne sens rien ? »

Tes faibles compétences de sorcier ne te permettent ni de voir, ni d'entendre, et c'est peut-être bien comme ça. Pourtant, la tension qui règne dans l'environnement est irréfutable, presque palpable. Tu as l'impression de les sentir près de toi, à t'oppresser de la lourdeur de leurs âmes en peines. Beaucoup de malades ont du décéder ici, de leur propre main ou de la force des médicaments qu'on leur a fait injecter. Les frissons n'ont de cesse de courir le long de ton échine. Tes sens s'éveillent, en alerte, et tes yeux scrutent l'obscurité avec une telle force que ton mental serait capable d'imaginer des silhouette se déplacer dans la nuit. Tu éprouves la désagréable impression de sentir leur souffle glacial contre ta nuque, la froideur de leur substance incomplète t'effleurer les mains.
C'est vrai ça, il faisait au moins trente degrés quand tu as quitté la forêt, pourquoi fait-il soudain si froid... ?

Instinctivement tu te rapproches d'Andon et de la chaleur qu'il dégage. Vous vous approchez ensemble de l'hôpital dont la haute carcasse semble soudain vouloir vous engloutir. Le halo tremblotant de la lampe court sur les murs et les fenêtres à barreaux, suit les graffitis. Cet endroit n'a pas été visité depuis des années...

« On rentre. Viens m'aider. »

Calant une fois de plus la torche entre tes dents, tu t'approches de la porte barricadée par des planches de bois humides. Tu saisis l'une d'elles à pleines mains avant de pousser sur tes jambes pour la tirer vers toi. Le bois humide cède dans un craquement et s'effrite entre tes doigts avant de tomber sur le sol. La mousse tombe à ton tour tandis que l'ouverture de la porte apparaît peu à peu en dessous des barricades. Des clous rouillés roulent à tes pieds et entre tes jambes se faufile sur ses pattes velues la silhouette dansante d'une araignée.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Ven 10 Juil - 14:07

- Tout endroit est lugubre la nuit, ouais ok, mais la journée je suis certain que cet endroit est autant flippant que le jour.

Andon avait commencé à reprendre le début de la phrase de l'homme avant de donner son point de vue. Il ne veut pas savoir ce que ces gens ont subi en étant là dedans. Honnêtement, ce n'est pas quelque chose qui l'attire, loin de là. La psychiatrie et tous ces trucs dans le même genre, ça le fait simplement flipper. Alors il se passera bien des détails.

Il se rappelle très bien ses dernières séances chez le psy. Certes, il n'était pas allé là bas pour quelque chose comme la schizophrénie ou un dédoublement de la personnalité. Il n'était pas chez un psychiatre d'ailleurs, mais simplement un psychologue qui devait l'aider à y voir plus clair et à gérer sa colère. Et pourtant qu'il sache, ça n'avait servi à rien. Les quelques séances qu'il avait du faire s'étaient résumés à le laisser parler durant les quarante cinq minutes d'entretien. La femme posait parfois des questions pour approfondir quelques points ou pour orienter la discussion, mais Andon était totalement libre de dire ce qu'il voulait. Le pire, c'est qu'elle l'écoutait et qu'elle arrivait à prendre des notes sur sa vie. Alors il lui avait parlé de sa vie, de ses parents, de son tuteur et de sa vie à New York. Puis Wesley avait refusé de payer pour des séances qui ne servaient à rien et la thérapie s'était arrêtée. Le garçon avait cassé le nez d'un élève de son équipe de football américain. Il n'était pas si en colère que ça pourtant, mais son tuteur avait bien vu que la psy ne servirait pas à calmer cette émotion chez Andon.

- Heu non. Je devrai ?

Loon lui parle d'une sensation, comme si les présences qu'il avait détecté quelques secondes plus tôt étaient moins physiques que psychiques. C'est tordu comme raisonnement et Andon penche la tête. Mouais. A part entendre les quelques grillons qui chantent encore, le bruit des herbes sèches sous leurs pieds et sentir la légère brise qui rafraichit l'air passer dans ses vêtements, le garçon ne sentait rien. A moins que Loon ne parle de l'odorat. Le jeune homme hume l'air quelques instants mais ne sent rien, sauf son nez qui commence à le piquer. C'est ridicule.

Ils s'approchent ensuite tous les deux de la porte d'entrée et le plus âgé donne le ton en répondant à Andon. Ils rentrent. Très bien. Il se met alors à arracher les planches de bois qui s'effritent dans ses mains et en lâchant une par surprise quand il voit une espèce de ver sur l'une d'elle.

- Putain de merde ! Oh mon dieu !

Andon s'est reculé de plusieurs pas et sautille sur place, comme si le ver était sur lui. Il époussette son t-shirt, passe la main dans ses cheveux et s'ébroue comme un chien.

- Je déteste les vers et ces conneries d'insectes.

Il lève là tête vers la porte et voit la planche céder et tomber au sol. Le ver est par terre et le garçon revient. Il s'acharne dessus afin de l'écraser et une fois réduit en bouillie, il se sent plus calme.

- On peut tenter d'ouvrir maintenant.

Les planches sont toutes au sol, la serrure est à présent visible dans la lueur de la lampe de poche.
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Traverse la mousson mon gars || PV Loon

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