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 Traverse la mousson mon gars || PV Loon

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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Ven 10 Juil - 14:35

« Laisse tomber. »

Le problème lorsque les gens ne partagent pas vos opinions spirituelles c'est que vous risquez rapidement de passer pour un illuminé et d'avoir justement votre place dans cet asile de fous. Tu t'approches de la porte et saisis l'interstice entre deux planches avant d'y braquer ta lampe pour essayer de discerner quelque chose. Soudain, une exclamation d'Andon te fait sursauter. Ton cœur rate un battement et tu recules à ton tour, étouffant un cri de surprise dans le manche de la lampe encore entre tes dents. Tu remarques alors qu'Andon a reculé dans le dégoût de toutes les petites bestioles qui filtrent entre les planches pourries. Sentant les battements de ton cœur se calmer, tu secoues la tête, le sourire au lèvres, te demandant comment un tel hypocondriaque a pu s’aventurer si loin dans le bayou sans avoir une ou deux crises cardiaques. Retirant la lampe de poche d'entre tes dents, tu le regardes revenir vers toi.

« Je te préviens qu'on va entrer dans un hôpital psychiatrique désaffecté depuis des dizaines d'années, tu risques d'en voir un paquet, des insectes. »

La dernière planche de bois s'écrase sur le sol où elle se brise en échardes humides. Marchant sur les déchets de bois, tu fais face à la porte dont la serrure désormais libre scintille dans le halo de la lampe de poche. Néanmoins, un courant d'air se manifeste. Les sourcils froncés, tu tends la main et pose le bout de tes doigts sur le panneau...qui pivote.

« Sérieusement ? » chuchotes-tu.

Dans un grincement lugubre, le battant pivote. L'obscurité totale se manifeste devant vous et une odeur de renfermée mêlée d'humidité et de pourriture ne tarde pas à investir vos narines. Tu jettes un regard à Andon, passe le perron, avant de pénétrer dans le bâtiment. Cette fois-ci, c'est un véritable froid polaire qui t'envahit. Tu as l'impression de t'engager dans une imitation de New York. Par acquis de conscience, tu cherches un interrupteur sur le mur, que tu finis par trouver et actionner, sans succès. Ta respiration s'accélère. Il va falloir vous diriger à la simple lueur tremblotante de la lampe de poche que tu tiens dans la main. Tu attends de sentir physiquement la présence de Andon avant de progresser. Léchant les murs à la lueur de la lampe, tu distingues que vous vous trouvez dans un hall d'entrée. Des chaises s'alignent le long des murs, parfaitement intactes car vissées sur le sol. A droite comme à gauche, des couloirs bouchés par des portes battantes doivent se prolonger dans le noir. Au fond du hall se trouve un comptoir d'accueil aux vitres fissurées. Quelques détritus jonchent le sol. Tout semble figé, comme si on venait juste de fermer l'hôpital.
La tension est plus pesante que jamais.

« Tu choisis : droite ou gauche ? »

Tu appuies ta question en dirigeant tour à tour le halo dans les deux directions. Les deux inscriptions surplombant les portes ayant été effacées avec le temps et l'humidité, le hasard décidera du reste.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Ven 10 Juil - 15:08

Sous l'étonnement des deux hommes, la porte coulisse après un simple poser de la main. Etrange. Andon ne répond pas à la petite exclamation de son acolyte mais le battant grince à nouveau. Le garçon anticipe le bruit et se bouche les oreilles tout en chuchotant des paroles inaudibles. Tout ça pour ne pas entendre le crissement. Puis, finalement, il remet ses mains le long de son corps et enjambe le tas de bois pourri à l'entrée afin de pénétrer dans ce bâtiment mystique.

Directement, une envie de vomir remonte le long de son corps. L'odeur est pratiquement insoutenable. L'humidité, la pourriture mais aussi du gaz et d'autres choses se mélangent. Comme l'odeur d'une cave qui n'aurait pas été ouverte durant de longues années. Depuis combien de temps cet hôpital n'est plus en fonction ? Depuis quand est-il fermé ? Cette odeur est épouvantable mais, en dépit de tout, le garçon s'y habitue.

Loon est à côté de lui et leur chaleur mutuelle se transmet délicatement. Il fait vraiment froid dans ce bâtiment et cela étonne quelque peu Andon quand il compare avec la chaleur à l'extérieur. Le garçon entend un petit clic, puis quelques autres frénétiques. Dans la lumière de la lampe torche, il constate l'optimisme vain de l'homme qui essaie d'allumer le courant électrique. Il fallait bien se douter que l'eau et l'électricité seraient coupées, depuis le temps.

Andon remarque immédiatement les rangées parfaites des chaises sur le sol avant de voir les vis encore apparentes. Ils sont bien dans l'entrée et, comme dans n'importe quel hôpital, les chaises ne peuvent pas être déplacées. Elles sont fermement fixées au sol, sur plusieurs rangées. Le hall d'entrée. La salle d'attente. Voir ces chaises vides lui donne la chair de poule. Aucun des deux aventuriers ne parlent, comme s'ils inspectaient un endroit légendaire. Puis, finalement, Loon rompt le silence. Droite ou gauche, telle est la question.

Le halo de la lampe torche balaie les deux côtés, permettant à Andon de voir quelle direction prendre. Il choisit celle opposée au comptoir d'accueil tout simplement parce qu'il y a moins de saleté au sol, qu'il ne semble pas y avoir de cassure sur le petit hublot de la porte et que cela le rassure. Il a l'impression de partir pour un endroit plus calme, moins effrayant.

- Gauche !

Le garçon s'avance alors, en suivant de près la lumière. Le battant est en face de lui et il sent son cœur s'accélérer. Que se cache derrière cette porte ? D'un coup de pied, il ouvre précipitamment le battant qui se cogne contre le mur. Il a à peine eut le temps d'apercevoir ce long couloir. Désert. Sombre. trop lugubre.

- Bon. Je crois que la voie est libre.

Il tente un peu d'humour pour se rassurer. La porte fait encore quelques faibles allers et retours avant de se recoller à l'autre. Pourtant, quelque chose lui dicte de pousser l'autre battant de la même façon. Alors il passe de l'autre côté de Loon, en passant devant lui pour être sûr qu'il n'y ait rien dans son propre dos, et pousse la porte aussi forte que l'autre. Malchance, l'effet est comme s'il venait de heurter un mur. La porte est coincée, elle ne bouge pas. Et lui, il sautille sur place, sa jambe l'élançant.

- Putain de saloperie !

C'est fou à quel point il est grossier, celui là ! En attendant, le fait que ce battant ne bouge pas ne le rassure pas. Pas plus que les échos qui se répercutent encore. Le premier battant avait fait un terrible boucan et ce nouveau coup aussi.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Ven 10 Juil - 16:42

Andon choisit d'aller à gauche. Tu opines du chef et te diriges dans cette direction. Tu essaies en vain de déchiffrer l'écriteau qui se trouve au dessus de la porte battante au fur et à mesure que vous vous en approchez, sans succès. C'est étonnamment Andon qui prend les devants et donne un monumental coup de pied à la porte battante. Le panneau grince légèrement et part vers l'intérieur d'un couloir désert, plongé dans le noir. Tu as l'impression que ton comparse vient d'ouvrir une porte sur le néant. L'écho d'un bruit sourd se poursuit dans le couloir, lézarde les murs, s'évanouit dans l'obscurité dans un gémissement effrayant de fantôme. Tu déglutis avec difficulté malgré l'avidité qui fait bondir ton cœur dans ta poitrine et observes la paroi revenir, repartir, revenir, battant l'air chargé d'une puanteur à vous donner la nausée.
Après avoir assuré que la voie était libre, Andon passe devant toi pour assurer l'autre côté du couloir. Un boucan monstrueux suit le choc de son pied contre le battant, sans que ce dernier ne bouge. L'adolescent jure à tes côtés, électrocuté par un mélange de peur et de douleur.

Silencieusement, tu t'approches à ton tour avant de poser ta paume sur la paroi de la porte et de la pousser dans un souffle. Le halo de la lampe tranche l'obscurité pour éclairer le sol et tu le fais remonter jusqu'en haut de la porte. Levant la main, tu actionnes un mécanisme qui déverrouille le second battant sur lequel tu exerces une légère pression avant de jeter un regard rieur à Andon.

« La voie est libre maintenant. »

Le dos contre le premier battant, tu t'effaces dans l'embrasure pour lui permettre de passer à son tour, la lampe tendue dans la direction qu'il a souhaitée prendre. Ta main libre remonte au niveau de ton visage et d'un index contre tes lèvres, tu lui intimes d'arrêter de faire du grabuge. Tu imagines qu'il fait ça pour se rassurer, pour donner un peu de chaleur humaine à ce lieu froid comme la mort, mais s'il continue ainsi il aura de très bonnes raisons de flipper pour son cul.
Tu laisses le battant se rabattre sinistrement derrière vous alors que vous pénétrez dans le couloir de gauche, le halo glissant sur le carrelage. Vos pas résonnent dans la veine froide et déserte. La pression se raffermit sur ta tempe et au niveau de tes flancs. La température semble chuter d'un demi degré à chaque pas, si bien que tu pourrais presque voir de la buée s'échapper de tes lèvres. Tu regardes de temps en temps Andon afin de s'assurer qu'il est toujours à tes côtés. Tu es peut-être le plus âgé des deux, mais pas le plus rassuré.

« Estime-toi heureux de ne rien sentir. »

Et toi tu peux franchement t'estimer heureux de ne rien voir et de ne rien entendre, même si ta perception spirituelle t'engage à imaginer un tas de choses réellement effrayantes.
Tout à coup, un bruit retentit au bout du couloir. Tu te stoppes brutalement, le halo de la lampe toujours braqué sur le sol. Ton souffle s'accélère.
Tu ne sais pas quoi, mais quelque chose est tombé.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Ven 10 Juil - 20:02

Il ne bouge pas et observe l'autre aventurier ouvrir doucement le battant de droite, débloquer le levier du battant gauche et revenir à côté de lui avec un petit sourire. Et Andon, lui, se tient toujours le pied. Il a l'impression qu'une colonie de fourmis tourbillonne entre ses orteils et remonte vers son genou.

- Ouais …

Il fait la mine un peu boudeuse d'un gamin ayant échoué lamentablement à une épreuve toute simple avant de finalement passer la porte que Loon lui tient gentiment. Par contre, il se retourne vivement pour regarder qu'il n'y a rien dans le coin. Il déteste les coins, il y a toujours un truc qui s'y cache. Comme dans les bons films d'horreur qu'il regardait à l'occasion de quelques soirées un peu terrifiantes avec ses amis.

En se tournant, il voit Loon un doigt sur les lèvres et avec le halo de la lampe, il ne peut s'empêcher de sursauter. Son cœur rate même un battement.

- Mais vous êtes fous vous !

Andon déteste quand quelqu'un s'illumine le visage et fait une drôle de tête. Là, c'était plus pour lui dire de faire moins de moins mais le garçon a déjà une réplique cinglante à lui sortir.

- C'est quand même moins stressant de s'entendre nous, au moins on entend pas les bruits courants.

Et son explication tient la route. Andon aime le bruit et déteste le silence. Il a besoin de se rassurer en parlant à haute voix, en tapant bruyamment ses pas contre le sol. Avant, il avait un téléphone pour mettre de la musique. Mais plus aujourd'hui. C'est d'ailleurs ce qui lui manque le plus depuis cette affreuse année 2012. Plus de téléphone, plus d'Internet, plus de musique. Il reste encore les CD et les vieux walkmans mais bon, impossible de trouver de la musique convenable à écouter ainsi quand il va se promener. Alors il a trouvé l'alternative de parler lui-même.

- Et je devrai sentir quoi ?

Le garçon est complètement sceptique à ce que peut ressentir l'homme à ses côtés. Lui ne sent rien. Absolument rien. Le néant. Il sent juste l'humidité le long des parois et cette horrible odeur de renfermé. En marchant, il observe cependant les cellules accolées les unes aux autres, avec les numéros gravés sur des petites plaques dorées. C'est bien calme. Trop calme.

Andon imagine sans peine les malades déambuler dans ces couloirs, les yeux éteints ou animés d'une lueur dangereusement folle. Au final, il est bien content que ce soit désaffecté. Sauf quand il pense à ces médecins qui ont sans doute profité de ces gens pour pratiquer des expériences douteuses. La lobotomisation ou d'autres choses tout aussi horribles dont il ne veut rien savoir. Jamais.

Il n'a plus parlé depuis l'avertissement de Loon et, soudain, un bruit retentit et s'amplifie en venant vers eux. Par réflexe, le garçon se recroqueville et se relève sitôt l'écho amoindri, avant de se rapprocher de l'homme

- Vous voyez, je vous avais bien dit que faire du bruit ça éviter d'entendre ce genre de truc effrayant !

Il ne perd pas une seconde pour lui lancer sa réplique qui tombe parfaitement. Puis il lui attrape la lampe des mains, oubliant totalement que le manche est passé par la bouche de l'inconnu quelques minutes plus tôt. Ils sont là depuis moins de dix minutes et, pourtant, Andon jurerait que cela fait des heures.

Il braque aussitôt la lumière vers la provenance du bruit, mais ne voit rien. C'est quoi cette histoire ?
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Ven 10 Juil - 20:34

Levant les yeux au ciel, tu finis par secouer la tête avant de laisser la paroi de la porte battre l'air une dernière fois. Tu prends la précaution de regarder ce qu'il se passe à travers le hublot, où l'on voit le hall éclairé par la faible lueur des éclairs qui déchirent le ciel par intermittence. Désormais, ce ne sont plus les murs et les chaises qui s'alignent autour de vous mais les portes des cellules. Elles sont bien évidemment plongées dans l'obscurité, impossible à explorer mais tu les imagines avec une fascination sordide. Tu as entendu dire que certaines d'entre elles, les cellules d'isolement, s'utilisaient pour des expériences pas toujours très nettes. On enfermait un patient dans une salle hermétiquement close, aux murs recouverts de cette mousse qui insonorise ; le mythe scientifique raconte que cet élément est si efficace que le seul son que l'on peut percevoir, hormis celui de sa respiration, est celui des battements de notre cœur. Et que cela nous rend fou.

« Justement, si on n'entend que nous, on ne voit pas le danger venir. »

Ce qui ne veut pas dire que tu apprécies particulièrement le silence. Tu le détestes, même. C'est pour cela que tu as choisi d'emménager en immeuble dans un des quartiers les plus bruyants de la Nouvelle Orléans pour ne pas avoir à t'endormir dans le silence serein que toi personnellement tu considères comme pesant et effrayant.

« Les morts. » réponds-tu sans ajouter de détails.

Vous n'êtes définitivement plus seul. Si aucun vivant hormis vous n'est sensé errer dans cette bâtisse abandonnée, tu sens distinctement quelques âmes en peine et redoute de percevoir l'odeur putride des rôdeurs et d'entendre leurs grondements sourds.
Lorsque quelque chose tombe au fond du couloir, Andon se saisit brutalement de ta lampe pour la braquer sur l'éventuelle source du bruit...à moins que vous n'ayez rêvé ce dernier.

« On est dans un hosto psychiatrique gars, tout est effrayant. Et je te signale que ce truc est passé par ma bouche plusieurs fois. »

Un courant d'air se manifeste derrière vous. Tu te retournes brutalement, cherchant avec naïveté à percer de tes yeux l'obscurité quasi opaque qui vous entoure de son voile étouffant. Le cœur battant, tu imprimes une légère pression sur l'omoplate de Andon qui tient désormais la source de lumière, pour l'enjoindre à avancer. Il ne faut pas rester là, il ne faut pas laisser votre odeur imprégner l'air. Tes genoux butent brutalement contre quelque chose de métallique qui roule un peu plus loin, certainement une table à roulettes. Un cri se bloque dans ta gorge. La sueur et l'excitation se mélangent en une adrénaline qui ruisselle en de longs sillons le long de ton dos. Des bouffées de chaleur grimpent les parois de ton tors et pourtant tu as froid, terriblement froid.
Un gémissement plaintif se fait distinctement entendre, suivi d'un grincement régulier, répété, sinistre, qui lézarde les murs. Tu te retournes vers les portes que vous avez passé tout à l'heure. Un éclair illumine le hall à travers les hublots. Une terrible vérité soudain t'apparaît.

« On n'a pas fermé la porte. »

Au dessus de vos têtes, le tonnerre éclate.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Sam 11 Juil - 9:49

Andon écoute les explications de l'homme à côté de lui. On ne voit pas le danger venir et c'est justement ce que le jeune homme cherche. En faisant du boucan, rien ne peut les traumatiser. En faisant du bruit, ils mettent de côté tous les petits sons que l'on peut entendre et auxquels on peut donner milles explications.

- Vous m'enlèverez pas de la tête qu'il faut faire du bruit.

Ils continuent à avancer. Trop doucement peut-être. La tension est palpable. Le garçon a envie de parler, de faire du bruit. Il déteste le silence, surtout dans un endroit comme celui-ci. Il regarde un instant une des portes à sa droite. La porte blanche, sans aucune couleur mise à part sa petite plaque indiquant son numéro. 0004. Combien y en t-il ici pour que le numéro ait quatre chiffres ? Ce constat effrayant lui donne une nouvelle sueur froide et il continue son chemin. En un sens, il aurait bien aimé voir ce qui se trouvait dans une des pièces.

- Les morts ? Ok j'veux bien croire aux auras mais quand même.

Andon se met à ricaner. C'est sa façon de décompresser. Son pied le lance toujours mais il continue malgré tout son escapade. Il continue jusqu'à ce que ce foutu bruit se fasse entendre. Et le voilà à présent avec la lampe torche entre les mains. La lumière ne va pas aussi loin qu'il l'a espéré.

- Vous ne savez pas par où mes mains sont passées.

Le garçon a un étrange sourire sur les lèvres. Lui-même ne sait pas pourquoi il a dit ça. Deviendrait-il fou ? Les lieux commenceraient-il à prendre possession de sa raison ? Puis Loon le pousse légèrement au niveau de l'omoplate. Andon se retourne soudainement, attrapant le poignet de l'homme, un rictus mauvais sur les lèvres.

- Ne refaites plus ça !

Il déteste qu'on le touche par surprise et dans cet endroit, c'est encore pire. La tension monte d'un cran, la tension chez le garçon aussi. Maintenant, c'est lui qui a la source de lumière, il peut éclairer ce qu'il veut. Andon entend toutefois un bruit métallique et un roulement sur le sol. Il se pousse instinctivement contre le mur et braque la lumière sur le bruit. Une table à roulette. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Elle n'y était pas avant.

- Elle y était pas ! Putain ça apparait pas comme ça ! Putain de merde …

Andon stresse. Si Loon entend des gémissements, le garçon n'entend rien. Et en un sens, il n'est pas mécontent d'être sourd à ce genre de bruit. En revanche, l'éclair qui allume tout le couloir, ça aurait pu l'aider à anticiper l'heure de sa mort. Un flash. Andon n'a rien vu de suspect. Il garde la lampe en main, visant le fond, là où des escaliers les attendent sans doute. Et Loon qui fait un constat qui lui semble effrayant.

- Et alors ? Vous être sérieux flippé vous ! Y'a personne dans ce trou. C'est l'trou du cul du monde ici, personne va venir vous bouffer par derrière hein !

C'est facile de dire ça quand on est devant … Andon continue et voit à sa droite une cage d'escalier. En face, le couloir de divise en deux. A gauche, l'ascenseur.

- On fait quoi ?

Il ne semble nullement perturbé par le tonnerre et les éclairs.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Sam 11 Juil - 10:15

C'est ça, qu'il se marre. Il n'a donc aucune aura magique, tu en es désormais convaincu, ou alors, il cache bien son jeu. Pauvre petite chose. Tu sens la tension se glisser imperceptiblement dans ses veines tandis que ses gestes se font plus saccadés, sa respiration halète davantage et il marche légèrement plus vite. Le halo de la torche qu'il tient entre ses mains tremble plus que jamais et commence à faiblir, déjà qu'il n'allait pas bien loin. Tu sursautes ; il trouve encore le moyen de plaisanter dans un moment pareil, lui ?

« Je m'en fiche je mets n'importe quoi dans ma bouche. »

Tu hausses les épaules, te détendant imperceptiblement, jusqu'à ce que Andon se remettre à beugler en se terrant contre le mur, dirigeant la lampe sur la table de métal. Lui qui ne croit pas aux esprits va te faire gober que ce machin est apparut subitement ? Si, c'était là tout à l'heure mon coco, c'est que c'était dans le noir. Et il peut se tramer n'importe quoi dans ce que l'on ne voit pas. En l’occurrence, il y a énormément de choses que vous ne voyez pas. Enormément. La voix d'Andon tire dans les aigus quand tu le touches et quand tu fais remarquer que la porte n'est pas fermée. Tu secoues la tête tandis que ta propre voix se perd dans les graves glacials.

« On voit que tu ne connais pas le bayou. En entrant on va se confronter aux cochonneries qui restent ici. En laissant la porte ouverte, on laisse celles qui sont dehors entrer. Et crois-moi, le bayou regorge de tout un tas de saloperies que la ville rejette en permanence et qui se terrent dans le marais. Des saloperies qu'un mur de trois mètres et un portail un peu branlant n'effraient pas. Alors penses-tu, une porte ouverte. »

En trois mots, s'il y a vraiment quelque chose comme le disent les rumeurs, vous êtes cernés, et franchement, ça ne te plaît pas du tout. Serrant tes doigts contre la paume de ta main, tu remarques que ces dernières tremblent, moites d'une sueur froide. Le tonnerre s'écrase contre les nuages et des coups répétés entrent en contact avec la surface de l'hôpital. Il pleut des cordes. Andon se décide enfin à avancer et éclaire les différentes possibilités qui s'offrent à vous. Le couloir se divise en deux veines, à gauche un ascenseur inutilisable offre ses portes hermétiquement fermées, à droite la cage d'escalier.

« On monte. »

Te retenant de le pousser devant toi pour qu'il se magne un peu plus, tu t'engages dans la cage et commence l'ascension des marches derrière lui.

« On dit qu'il ne faut jamais lever les yeux au plafond. parce que les monstres détestent qu'on les regarde. »

Difficile de regarder autre part qu'en bas quand l'obscurité vous entoure et que vous ne pouvez voir l'environnement que découpé par le halo agonisant d'une lampe torche. Soudain, un courant d'air. Des volets claquent. Quelque chose se faufile derrière vous. Sans que tu n'aies le temps de réagir, une emprise glaciale se referme sur ton avant bras qu'elle serre vivement. Tu étouffes un cri, te retournes, manque de chuter dans les escaliers.
La chaleur revient le long de tes membres. Ce ne peut pas être Andon qui t'as saisi le bras, puisqu'il est devant toi. Saisissant son poignet, tu braques la lampe torche sur ton corps. Déglutissant difficilement, tu distingues nettement quatre longues marques rouges sur ta peau, comme si celle-ci avait été brûlée par quatre doigts en fusion.

« Ok. Là j'ai vraiment peur. »
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Sam 11 Juil - 18:40

Cette conversation commence à tourner au ridicule et Andon décide de ne pas poursuivre. Dans l’obscurité, il hausse les épaules et murmure quelques belles paroles incompréhensibles. Puis il continue son chemin en évitant soigneusement cette fichue table roulette, tout droit sortie des photographies des années 60 qu’il avait pu voir dans ses cours d’histoire, au lycée. Andon a toujours été passionné par ce genre de choses un peu terrifiantes, tant qu’il les approchait de loin. Là, il y est réellement confronté et ça le terrifie, même s’il n’ose pas se l’avouer à lui même.

Son camarade d’infortune se lance dans un monologue dont le jeune homme écoute chaque mot. Mouais. Il ne pense pas vraiment être terrifié par le fait de rencontrer d’autres personnes. En fait, ce n’est pas ce qui peut lui faire peur le plus. La table sur roulettes, par exemple, est quelque chose de pire pour lui que de rencontrer des hommes vivant dans ce bayou.

- On verra bien. Pour l’instant nous sommes vraiment seuls et vraiment dans la merde.

Très poli, comme toujours. Il s’arrête devant l’embranchement formé par la fin du couloir et ses multiples possibilités. Andon aurait sans doute préféré faire demi tour et attendre sagement dans la voiture, surtout que les élancements dans son pied se font encore un peu sentir. Mais non. Il va continuer. C’est Loon qui fait le choix cette fois. Tout à l’heure, le jeune garçon a choisi de prendre à gauche et maintenant, l’homme décide de prendre les escaliers. Ok, très bien, ils n’auront plus qu’à sauter par une fenêtre au cas où.

C’est toujours lui devant, puisque c’est encore dans sa main que se trouve la lampe. Il avance en grimpant les trois premières marches et s’arrête pour tenter de voir un peu plus ce qu’il y a au sol et le nombre de marches. Sauf que cet escalier semble être en spirale. Génial. Andon déteste ce type d’escaliers en colimaçon, il a toujours été effrayé par ça.

- De toute façon, le plafond est bien trop haut pour le moment.

Le garçon ne comprend pas très bien la remarque de l’homme à ses côtés mais, en revanche, il l’entend crier distinctement quelques secondes après. Le jeune fou a entendu les volets claquer et a sursauté, mais il pense encore à l’orage qui gronde à l’extérieur. Rien d’alarmant. Ou pas. Loon crie, Andon se tourne alors vers lui et l’observe. Ce dernier attrape son poignet malgré l’avertissement proféré quelques minutes plus tôt et braque la lumière sur son avant bras. Des marques sont apparues sur sa peau.

- Vous voulez qu’on fasse demi-tour ?

Andon ne fait pas de commentaire concernant les brûlures. Parce qu’on dirait bien des brûlures. C’est étrange quand même. Mais le garçon refuse de se dire que quelqu’un les suit, et les suppositions trop insistantes de l’homme commencent à l’agacer.

Se défaisant de son étreinte, il tire violemment son poignet en arrière et projette le halo de lumière devant lui. Il continue à grimper tout en regardant bien ce qui pourrait le faire tomber. Il arrive ainsi au premier étage, l’homme sur ses talons et se fige. Là, en face de lui, le sol n’est pas aussi limpide. On peut voir l’orage et les éclairs à travers les fenêtres des cellules ouvertes, le capharnaüm qui règne dans celles-ci et le sol jonché de papiers et de bric à brac. Des seringues, des outils, tout ce genre de matériel médical. Et le pire, c’est que ça semble tout récent.

- Vous m’avez bien dit que c’était désaffecté ? Non parce que ces seringues là, c’est du récent.

Il pointe du pied l’une d’entre elle. Oh que oui c’est récent, ces modèles si fins. Qu’est-ce donc que cette histoire ?
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Sam 11 Juil - 19:13

Les choses surnaturelles ou non, n'existent réellement que lorsque l'on y croit. Cette absence de croyance chez Andon ne le sauvera pas éternellement. La brûlure persiste, même alors que tu ne la vois plus puisque Alvin s'est de nouveau saisit de la lampe pour continuer son ascension sans attendre la réponse à ta question. Tu aurais répondu par la négative, de toute façon, car malgré la peur qui te vrille les entrailles, ton objectif sournois est désormais de montrer suffisamment de recoins de cette bâtisse à Andon pour qu'il arrête de te prendre pour un imbécile. Ce qu'il pouvait être terre à terre, ce gars ! Tu attends quelques secondes que tes jambes tremblantes cessent de te menacer de défaillir et continue de gravir les marches derrière le jeune homme.

Vous gagnez le premier étage et tu manques de justesse de rentrer dans Andon qui se fige sans crier gare. La luminosité augmente légèrement dans le couloir bordé de cellules dont les portes sont cette fois-ci ouvertes. Les éclairs balaient de temps à autre le sol de leur lumière stroboscopique. Ce dernier est jonché de papiers, de matériel médical, de blouses et de détritus, comme si un ouragan l'avait traversé, comme si les dizaines d'occupants de cet étage avaient soudainement pris la fuite. Toutes les cellules, sans exception, sont ouvertes. Le temps s'est figé, et Andon fait une remarque particulièrement étrange.

« Nous avons du défoncer la seule entrée, bien sûr que c'est désaffecté. »

Et bizarrement cette affirmation fait naître un doute en toi tandis que tes yeux embrassent le sol et les différentes seringues qui s'y étendent, parfois pas complètement vides.

« Comment peux-tu l'affirmer ? T'étudies la médecine ? »

A moins qu'il ait des connaissances en sciences comme toi, impossible de déterminer la datation du matériel abandonné sur le linoléum, entre deux feuilles de papiers, dans les poches des blouses, sous les tables d'acier à roulettes dont le grincement sinistre semble encore retentir en écho dans le couloir alors qu'elles sont immobiles. Persuadé que de toute façon ce n'est pas lui qui y plongera les mains, tu le devances et, t'accroupissant près du sol, tend ton bras meurtri encore palpitant du toucher spectral pour saisir une seringue d'une forme, effectivement, récente. A travers la surface translucide, tu distingues un liquide trouble, encore parfaitement intact, comme s'il venait d'être utilisé. Le cœur battant, tu tends ta paume et appuies sur le piston de la seringue afin de lui faire cracher les dernières gouttes de ton jus. Lorsque tes narines captent l'effluve, ton verdict est sans appel.

« C'est de l'héroïne. »

Te relevant, tu laisses tomber la seringue sur le sol, vide cette fois-ci. Tu ne connais que trop bien cette substance pour la faire passer par paquets de dix à diluer aux pauvres âmes esseulées fournies par Caïn. Tu t'es familiarisé avec tant de fois avec Wesley durant ton adolescence, dans le dos de tes mères. Parce que la vie est courte, parce qu'il faut tout tester.

« Ca signifie qu'il y a une autre entrée. »
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Dim 12 Juil - 10:24

Au final, ils restent tous les deux dans l'entrée, à contempler le bazar de cet étage, parfois éclairé d'avantage avec la lumière venant de l'extérieur. L'orage ne cesse pas, les éclairs sont soudain plus puissants et, finalement il ne reste que les fines gouttes d'eau de la pluie. Andon n'a plus bougé depuis sa découverte. Il sent le regard de Loon sur le matériel étalé sur le sol.

- Non je suis en éco.

Qu'est-ce qu'on s'en fiche, Andon ! Mais le garçon semble complètement serein alors que n'importe qui serait paniqué rien qu'à l'idée de se retrouver ici. L'homme qui l'accompagne le devance et observe d'un plus près ce qui traine, appuyant d'ailleurs sur le piston d'une des seringues, avant de lâcher sa conclusion. Le jeune homme se retient de lâcher un commentaire cinglant mais Loon le devance. Une autre entrée.

- Donc c'est un repaire de junkies. Ok génial.

Andon lève les yeux vers le plafond mais ne voit rien que du noir. De toute façon, il ne cherchait pas à voir quelque chose. Il est plutôt content de l'apprendre. Cette révélation rend les lieux moins sinistres et hantés. Le garçon se sent moins vulnérable, moins effrayé. Loon ajoute cependant quelque chose. Une autre entrée. Mouais. Ce n'est pas ça qui va faire peur à jeune homme. Il sait cependant que l'autre est persuadé de se faire suivre depuis le départ. Il s'est fait agressé au niveau du bras mais Andon l'a pris à la légère. Il n'a aucune impression d'être suivi. Il est serein … Pas pour longtemps. Un craquement se fait entendre, comme si quelqu'un marchait sur les seringues vides qui explosaient sous la pression. Les papiers se froissent.

- Ok en fait vous aviez peut-être raison. Il y a peut-être quelqu'un.

Andon chuchote, peu rassuré par la potentielle présence d'une personne non désirable. Enfin, si c'est un drogué et qu'il a pris sa dose, il sera complètement dans les vapes. Mais si c'est la chose qui a agressé l'homme … c'est une autre histoire.

- On monte !

Le garçon ne laisse pas le choix et commence à courir dans les escaliers en colimaçon qu'il déteste tant. Il essaie de rester sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit et serait tenté d'éteindre la lampe torche mais non. Hors de question d'être dans le noir complet. Les compères arrivent à l'étage supérieur. Il en reste d'autre apparemment mais Andon s'engouffre au deuxième.

Ici, tout semble relativement calme. Il tente de lire un panneau mais celui-ci est tellement vieux que tout est illisible. Pourtant, quelque chose lui donne la chair de poule. Il ne voit pas grand-chose, mais il lui suffit de regarder la première cellule ouverte pour comprendre.

- On est au bloc.

Et tout un tas de flash lui viennent en mémoire. Les personnes attachées, faiblement endormies, sur lesquelles sont pratiquées les expériences de lobotomies. Les hurlements des patients. Le peu de délicatesse des infirmiers et du personnel. L'abandon des victimes avec un bandage autour du crâne. Andon a envie de hurler à son tour. Comment peut-il voir tout ça. Comme s'il était un journaliste assistant à une scène réelle pour un article. Comme s'il était à côté de tout ça, comme s'il avait plongé plusieurs années en arrière. Qui peut lui donner de telles illusions ? Tout semble réel et Andon s'écroule sur le sol.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Dim 12 Juil - 10:47

En économie, très bien, donc comment peut-il savoir que ces seringues sont récentes ? Il est junkie lui-même ou quoi ? Tu remarques aisément qu'il n'a pas répondu à ta question, mais les craquements de ton dos te signalent qu'il ne s'agit pas de la chose la plus urgente. Andon se crispe soudain à ton côté tandis que tu te redresses et sa voix tremblante se perd dans un chuchotement ; tiens, il se soucie de ne pas faire de bruit maintenant ?

« Ou quelque chose. »

Aucun être humain sensé ne visite cette bâtisse seul pendant une nuit d'orage, c'est du suicide psychique et mental...donc oui vous n'êtes pas sensés et vous allez bientôt perdre la tête si vous vous laissez saisir par chacune des visions d'horreur qui s'impose à vous. Le froid s'immisce un peu plus à l'étage, comme si les fenêtres ouvertes, ce qui logiquement ne peut pas être le cas. Un vent humide s'engouffre dans le couloir, les papiers craquent, les seringues roulent. On dirait qu'il n'y a aucune fenêtre, tout simplement, et que l'ancien hôpital est soudainement ballotté par les éléments qui se déchaînent au dehors. Pris d'une soudaine frénésie, Andon rebrousse chemin, la lampe dans la main et tu es bien obligé de le suivre si tu ne veux pas te retrouver dans le noir complet sans pouvoir sortir de cet enfer.

Tu sors du couloir et emprunte les escaliers menant à l'étage suivant, suivant la lumière tremblotante qui monte au dessus de toi comme ton seul espoir de survie. La main glissant sur la conduite, tu redoutes plus que jamais que quelque chose t'attrape de nouveau. Tes poumons se compressent, ton souffle s'accélère tandis que la vague de froid semble te suivre comme une ombre terrible. Tu gagnes le second étage dans lequel le jeune homme s'est engouffré avec l'avidité du désespoir. Il se fige encore une fois dans le couloir, beaucoup plus large cette fois-ci. Les portes se sont raréfiées, certaines sont ouvertes, mais surtout, la plupart des murs sont faits de verre, ce qui donne le loisir aux éclairs déchirant le ciel de projeter leur lueur blanche sur l'étage tout entier. Derrière les parois des blocs opératoires se dressent les plus horribles scènes de torture. L'ambiance s'alourdit davantage si c'est possible, et aux gémissements plaintifs succèdent les échos des hurlements qui te glacent le sang. Déglutissant avec difficulté, tu cherches des yeux le moindre esprit que de toute façon tu ne peux pas voir ; alors tu les imagines tournoyer autour de vous en hurlant, lézardant les parois de verre et vous traversant de parts en parts.
Soudain, Andon défaille.

Tu le rattrapes de justesse avant qu'il n'entre en contact avec le lino devenu carrelage et vos corps entremêlés chutent sur le sol. Tes genoux entrent brutalement en contact avec ce dernier, le corps d'Andon s'alourdissant dans l'inconscience que tes bras récupèrent. Tu vois presque au ralenti la lampe torche s'écraser par terre et se briser. L'ampoule explose et l'engin roule longuement avant de s'échouer contre un mur, ses piles s'en allant vers d'autres horizons.

« Putain gars c'est pas le moment. »

Son visage disparaît dans l'obscurité à laquelle tes yeux peinent à s'habituer. La peur te prend à la gorge, tes doigts glissent le long de son cou et de ses poignets afin de tâter son pouls, qui bat, lentement, mais qui bat.

« Andon réveille-toi ! »

Un grincement retentit. Des pas. Quelque chose crisse horriblement contre les vitres, te vrillant les tympans et te procurant cette sensation désagréable que l'on ressent quand les grincements se perdent dans les ultra-sons. Tu sens cette présence que tu espères imaginer. Ton avant bras droit te brûle plus que jamais et la terreur te serre les entrailles. Tu cherches désespérément une quelconque vision dans le noir.
Lorsqu'un éclair plus violent que les autres illumine l'étage.
Le temps de te laisser apercevoir distinctement un rôdeur.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Dim 12 Juil - 18:11

Il se laisse doucement sombrer dans un sommeil profond. Il n'entend pas la lampe se fracasser contre le sol, il ne sent pas les bras de Loon le rattraper. Il n'écoute plus l'orage et ne se perd plus dans ses pensées. L'illusion jetée été trop forte. Elle l'a emporté. Le garçon est toujours vivant, mais affaibli. La vision était trop réelle, trop puissante pour un humain, si jeune soit-il.

Après quelques minutes, pourtant, Andon commence à battre des paupières. Il les ouvre doucement et se rend compte qu'il se trouve dans le noir complet. Il se redresse, sentant la présence de quelqu'un juste à côté de lui. Il lui faut quelques minutes pour réaliser où il se trouve et retrouver la mémoire concernant ce qu'ils font ici et ce qu'il s'est passé avant qu'il ne s'évanouisse.

Mais n'étant pas un être surnaturel, il ne sent pas la peur qui émane de Loon. Il ne comprend pas la terreur qui vit en lui. Andon se réveille, simplement. Mais se rappeler de la vision l'aide à se remettre debout. Il recule doucement pour rejoindre la cage d'escalier.

- Tu as vu quelque chose, toi ?

Sans s'en rendre compte, il se met à tutoyer l'homme qui l'accompagne. Il n'est pas focalisé là dessus, mais plus sur ce qui vient de se produire.
Parce que oui, le garçon n'est pas idiot. S'il a vu un homme se transformer en cerf une fois, c'est bien la seule chose qu'il ait vu du monde surnaturel vivant à la Nouvelle Orléans. Il ne sait rien d'autre là-dessus. Ni que Loon est un nightkeeper, ni qu'il existe des daybreakers et autre sortes de créatures tout aussi malfaisantes. Mais voilà, il comprend bien que ce qu'il a vu n'est pas réel. Devant lui, il n'y a que du noir.

Le souvenir est toujours bien présent. Trop présent. Il oppresse le jeune garçon qui trouve de l'air difficilement.

- Où est la lampe torche ?

Andon a raté une portion de l'épisode. Il n'a pas vu le rodeur, il n'a pas senti son odeur, il ne sait rien. D'autres éclairs illuminent le couloir et l'étage de chirurgie. Tout est vide. Le garçon sent son cœur accélérer. Les images des expériences scientifiques et abominables sont à présent à jamais gravées dans son esprit. Il n'est pas sûr de dormir aussi tranquillement, sur ses deux oreilles, le reste de sa vie.

Il sait qu'une telle pratique a été abolie. Qu'elle n'existe plus aujourd'hui. Mais quand même. C'est une frayeur ça. Une idée qui le hantera à jamais. Il s'imagine déjà à la place de ces pauvres victimes. Et cela donne à Andon l'envie de hurler.

- Je .. Je ne veux plus rester à cet étage.

Ils ne l'ont pas visité mais, vraiment, Andon n'a pas tellement envie d'y rester. Le tonnerre gronde une nouvelle fois et un éclair jaillit. Le couloir est toujours vide, mais pas l'escalier. Quelque chose grimpe. Le garçon n'a pas le temps de voir ce que c'est que déjà le noir est revenu. Mon dieu, la situation est désespérée.

- On ne peut pas grimper !

Le jeune homme hurle. La panique le prend, la colère augmente. Son pied et sa jambe ne le lancent plus. Et c'est alors qu'il tape contre la porte coupant l'accès entre l'étage et les escaliers. Celles-ci se détache du mur contre lequel elle était coincée et part en avant dans le couloir, effectuant quelques allers et retours. Ils doivent passer par ce couloir. Coûte que coûte.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Dim 12 Juil - 18:39

Le temps d'un clignement d’œil, et la vision s'est évanouie. Si l'ambiance ne demeurait pas si oppressante, si les murmures inintelligibles ne cessaient de se manifester, si la froideur du lieu ne perdurait pas, tu pourrais croire que ton esprit t'a joué un tour, que la peur t'a fait halluciner. Mais tu l'as vu. Tu as vu distinctement un spécimen de ces créatures que tu as croisé il y a quelques mois, avec Seraphina, alors que vous reveniez du bayou. Tu as toi-même écrasé la cervelle d'une de ces choses sous les roues de ta voiture, qui semble si loin, à des années lumière de vous. Et maintenant que le noir est revenu et que vous suintez la peur par tous les pores de votre corps, la chose peut être. Absolument. N'importe où.

Entre tes bras, le corps d'Andon s'anime et le jeune homme se relève comme si de rien n'était, comme s'il s'était simplement assoupi, qu'il avait fait sa petite sieste. Tu le sens se relever, te demander où est la lampe, te demander ce que tu as vu. La peur te bloque la mâchoire, tu tentes de saisir sa chaleur pour ne pas le perdre dans le noir, et le jeune homme comprend. Son instinct de survie s'active, il oublie tout, la politesse, la contenance, la discrétion, et se dirige vers la sortie de cet enfer. Tu te relèves avec difficulté, avant de le suivre, ta besace frappant contre ta cuisse, ton bras droit te lançant plus que jamais. Vous regagnez la cage d'escalier, tentez d'accéder à l'étage supérieur avant d'entendre les échos sordides des barreaux de fer qui vibrent.
Tu te penches.
Un éclair.
Et tu le vois.

« On dégage d'ici, file ! »

Sans attendre sa permission, tu le saisis par les épaules et le projette dans le néant auquel la porte battante donne accès. Les courants d'air glacials s’engouffrent soudain dans le couloir bordé de fenêtres à travers lesquelles l'orage gronde. Certaines sont ouvertes, d'autres brisées, d'autres barricadées. Le jour et la nuit alternent, l'ombre et la lumière ne sont plus qu'un mélange flou dans à ta vue brumeuse. Tu bouscules une table roulante, un siège, un fauteuil roulant, tu marches sur des seringues, glisses sur des papiers, te prends un paravent en pleine tête, mais la peur qui t'anime se mélange aux bruits qui courent derrière toi et te donnent l'énergie nécessaire.
Au bout du couloir tu enfonces brutalement une poignée latérale qui s'étend sur toute la largeur de la porte. Celle-ci finit par céder, il s'agit de la sortie de secours.

Le vent s'engouffre dans le couloir et la pluie battante s'abat sur ton corps tremblant. Tu poses un pied sur le sol grillagé d'un escalier de secours qui descend le long de la bâtisse aux étages inférieurs et grimpe au dessus de ta tête aux étages supérieurs. Dehors, c'est l'apocalypse. Les feuillages dansent, les arbres se fracassent les uns contre les autres tandis que la pluie diluvienne trempe tout sur son passage.
Tu te retournes, jetant un regard dans le couloir. La chose vous a rattrapé. Tu l'entends, tu la sens.

« Je sais pas toi, mais moi, je sors ! »
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Lun 13 Juil - 10:00

L'homme ne répond à aucune de ses questions. Il semble totalement paralysé par la peur, comme si l'illusion n'avait jamais cessé. Ou comme si quelque chose bloquait totalement sa capacité à parler. Andon n'a même pas besoin de ses réponses, en fin de compte, pour comprendre qu'il se passe quelque chose. Il recule jusqu'à la case d'escalier, tente d'accéder à la première marche avant d'entendre le bruit significatif des vibrations produites quand quelqu'un tape dans les barreaux de l'escalier. Un nouvel éclair. Un rôdeur.

Le garçon n'a pas besoin de plus pour hurler, bloquer sa respiration, et entendre Loon parler.

- Quoi ? On descend sinon ?

Mais il n'a pas le temps de protester d'avantage que l'homme qui l'accompagne le pousse vers les portes du second étage. Tout sauf ça. Andon est résilié mais il passe tout de même les portes et cherche son compagnon d'infortune du regard. Il voit son ombre, il entend les seringues craquer sous ses pas, les objets encombrant se pousser sur son passage. Loon tape dans tout ce qui lui barre la route. Le garçon se met à courir. Il dérape sur les papiers glissants, évite de justesse des tables et autres trucs tout aussi gros quand les éclairs veulent bien animer le couloir. Il court, il souhaite simplement sortir de là.

Il entend Loon se stopper et s'acharner sur une porte. Le garçon s'arrête, poses ses mains sur ses hanches et se redresse pour reprendre sa respiration. Il n'a pas attrapé d'air depuis qu'ils ont quitté la cage d'escaliers.

- Oh putain !

C'est la seule qu'il trouve à dire lorsqu'il voit le déluge à l'extérieur. Est-ce possible que ce soit cette satané bestiole qui s'amuse avec le temps ? Il n'en sait rien, ne veut pas le savoir. Il remarque simplement qu'il va finir tremper jusqu'aux os avant même d'atteindre la voiture. Mais tant pis, c'est peut-être mieux que de rester enfermé ici, après tout. Tout est mieux que de rester dans cette baraque !

- Vas-y !

Andon le pousse doucement au niveau des omoplates et attend qu'il soit à quelques marches en dessous pour attraper la porte et la pousser afin de la fermer. Il se rend compte qu'une main dégueulasse passe juste au moment où le lourd battant s'écrase dans son encadrement. Les doigts pourris tombent sur le palier, arrachés à leur propriétaire.

Le garçon ne cache pas son dégout et fait mine de vomir avant de descendre précipitamment. Il rejoint l'homme et la pluie ne cesse pas. Ses cheveux sont trempés et dégouline dans son dos qui prend aussi la saucée. Andon déteste être sous la pluie.

- La créature a perdu des doigts.

Ce n'est pas franchement un détail croustillant mais au moins, il prévient l'homme que le rôdeur ne les suivra pas par cet escalier. Il remarque alors que les éclairs ont cessé et que la lune rayonne. Il voit les traces laissées sur le bras de Loon et ne peut s'empêcher de les considérer un moment.

- C'est bien dégueulasse quand même ..

Merci il n'avait pas remarqué sans lui !

- On repart ? Au pire on attendra dans la voiture, non ?

Mais pas sûr que la créature soit seule. Elle doit être en colère, le boucan a du ramener ses camarades. Leur périple ne semble pas terminé.
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MessageSujet: Re: Traverse la mousson mon gars || PV Loon   Lun 13 Juil - 10:58

C'est au tour d'Andon de te pousser dans le dos pour t'indiquer d'y aller tandis qu'il te suit. Sans regarder en arrière, les mains vissées sur les rampes, tu dévales les escaliers humides et glissant en manquant plus d'une fois de te carapater la gueule. Chaque étage est couvert par deux escaliers et un palier qu'il faut contourner pour descendre davantage. Tu sautes les dernières marches et atterris enfin sur la terre ferme. Enfin, ferme, la boue quoi. Au dessus de toi quelque chose claque violemment, suivi d'un hurlement. Tu lèves précipitamment la tête, le cœur battant, espérant de toutes tes forces qu'Andon ne s'est pas fait chopper. Tu le vois redescendre naturellement en t'informant que la bestiole a perdu des doigts. C'était donc ça.

« Ca va, je me passerai des détails. »

Tu penses rapidement à autre chose avant que ton esprit ne s'arrête durablement sur une quelconque image évoquant de près ou de loin l'hémoglobine, cet élément que tu as en horreur. Au dessus de vous, les nuages roulent dans le ciel, poussés par le vent. La pluie faiblit tandis que la lune apparaît, étendant son clair blafard sur le bayou humide. L'avantage c'est que même si vous êtes trempés jusqu'aux os, vous allez pouvoir rentrer dans l'aide de la lampe torche qui a été abandonnée quelque part au premier étage de la sombre bâtisse. Tu tends l'oreille, essayant de percevoir le moindre bruit indiquant que cette merde va vous suivre, peut-être même accompagnée. Pourtant, à l'instant, rien ne vient, ce qui te donne le loisir de reprendre ton souffle et de tenter d'essuyer l'eau mêlée de sueur et de larmes qui macule ton visage. Sans grand succès puisque tout ton corps est gorgé d'eau. Tu grimaces lorsque ton regard, orienté par la remarque d'Andon se dirige vers ton avant-bras meurtri.

« J'ai ce qu'il faut dans la voiture. Tu me crois maintenant que je te dis qu'on était pas seuls ? »

Il faut être stupide pour répondre par la négative. Ton souffle repris à un rythme convenable, tu redresses ta besace sur ton épaule avant de te diriger vers le devant de la bâtisse que vous contournez sous la bruine qui désormais vous fouette le visage d'une caresse glaciale.

« L'avantage, c'est qu'on a pas besoin de la lampe pour rentrer. Je reviendrai quand il fera jour. »

Et quand tu ne seras pas seul, et quand tu seras mieux équipé. Le mieux serait peut-être de gagner les étages supérieurs de la bâtisse avec quelqu'un qui s'y connaît en rôdeur et qui sait les contrer, un Daybreaker peut-être. Tu doutes franchement cependant que Seraphina veuille bien te suivre ici, elle a bien d'autre choses à faire.
Vous contournez la bâtisse en face de laquelle vous passez, pour regagner enfin le portail dans l'entrebâillement duquel vous vous glissez. Tu prends la peine de le refermer derrière toi dans un grincement sinistre, comme si cela allait contrer les éventuels rôdeurs présents dans la bâtisse. Vous n'êtes montés que jusqu'au second et il doit bien avoir cinq étages, qui sait ce que cachent les suivants...et les sous-sols.

« Quand je vais raconter ça à Wesley, il ne va pas me croire. »

Au loin, la carcasse de ta voiture vous attend, toute seule sur le bord du chemin qui pour l'instant demeure désert. Tu frottes vigoureusement la blessure sur ton avant bras qui malgré tes instincts de guérison ne semble pas vouloir s'effacer. Tu as une chance inouïe que le rôdeur ne t'ait pas mordu.
Inouïe.
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