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 We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]

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MessageSujet: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Lun 13 Juil 2015, 11:50


Les jours précédents auraient pu être mes derniers. J’aurais pu m’éteindre et rejoindre de nouveau cet enfer qui m’appelle, qui m’inspire ; qui me manque tant… Je crois que si je ne savais pas le voyage sans retour j’aurais mis fin à ma vie il y a bien des mois. Pour retrouver le chaos qui m’avait toujours semblé si… Serein. J’ai survécu, bien que le mal ne semble me quitter. Cette douleur qui m’oppresse, alors que je semble sur le point de me disloquer… Aidé par Chayton mon… Mon quoi d’ailleurs ? Homme de main, garde du corps, jouet ou plutôt esclave… Allez savoir, je n’en avais aucune idée et cela ne me préoccupait pas plus que cela ; Il m’appelle bien souvent son ‘maitre’ et je n’allais point le contredire. J’ai toujours été passionné de domination. Bien que les majordomes puissent appeler leur employé de la sorte, il n’avait pas le profil de l’emploi. Il m’a sauvé la vie, mais je ne me sentais aucunement redevable à cet homme ; je pensais que c’était après tout normal ; je considérais qu’il me devait tout. Du repas au slip qu’il pouvait bien porter. Alors je n’étais pas reconnaissant pour ce qu’il avait fait, parce que s’il n’était pas pour ainsi dire ma chose ; il n’aurait pas levé le petit doigt pour me sauver. Si je ne l’avais pas traqué pendant des semaines à travers la ville, jusqu’à aller le trouver dans le bayou sauvage pour l’arracher à cette misère dans laquelle il se complaisait. Non pas pour la bonne action de lui venir en aide, mais simplement pour l’obtenir. Je méritais de l’avoir, je m’étais donné tant de mal pour le posséder. Et à présent, il m’appartenait. Il m’est dû. Je n’étais pas le sorcier qui l’eut crée ; mais j’étais à présent celui auquel il devait obéir. Et personne ne viendra me l’ôter car je l’avais décidé ainsi. Chayton était ma propriété ; celui que j’avais désiré. Le seul. D’une façon peut-être un peu grotesque et obsessionnelle. Mais la preuve étant que j’obtiens toujours ce que je veux. S’en était presque devenu une preuve scientifique. Irréfutable. Une règle mathématique. Et quand je n’ai pas ce que je convoite, j’explose. Je détruis. Et personne d’autre ne l’aura.

Je sortais enfin de la maison, la démarche un peu ralentie, je me tenais pourtant bien droit malgré la douleur. N’étant pas du genre à courber l’échine en public. A laisser croire en une quelconque faiblesse. Je sentais atrocement bon après ce long bain pris dans ma demeure où j’avais laissé encore du sang noirâtre se rependre dans l’eau claire. Un bandage de maintien à la cuisse ; une plaie qui aurait pu me couter la perte du membre ; un pansement compressif sur l’épaule et une multitude de bandage barricadant ce torse et se dos cruellement fouetté dans l’arène. Seul le temps peu me venir en aide à présent. Je devrais me ménager, mais la faim gronde et j’ai besoin… Ce besoin viscéral de… Tuer.

Je déambule dans les rues ; telle une ombre menaçante. Je repense souvent à cette ombre absente qui me faisait sentir si… Incomplet. J’ai glissé ma main dans ma poche ; jouant avec la dague qui s’y trouvait. L’envie folle de fendre la chair ; de découper comme l’on m’avait tranché. Où sont-ils les spectateurs rieurs ? Que je martyrise leur âme. Ils se cachent et les clowns ont disparus de la ville sans que je n’aie l’opportunité de me venger. Puis finalement, mes yeux se posent sur toi danseuse. L’arrogante. Toute insolence à mon égard se fait payer un jour. Ou lors d’une nuit sombre comme celle-ci. D’un pas décidé j’approche de l’asiatique à la silhouette indécente ; mon regard plongé dans ses petits yeux sombres avec la promesse de douleurs insoutenables. Et quand enfin, j’arrive à sa hauteur, que sa beauté m’éclate au visage ; sur mes lèvres se dessine un sourire cruel « Ce soir encore, tu vas danser. » Tu danseras entre mes doigts pantin. Tu te briseras si je le décide. Tu danseras… Jusqu’au lever du jour. Jusqu’à la mort de la lune. Cette mort qui moi je le sais, n’est jamais finalement définitive. Je fis son regard s’affaisser et je senti couler le long de ma jambe de grosses goutes chaudes et sombres contre ma peau blanche. Je crois que mon bandage à la cuisse n’a pas tenu le coup, imbibant ainsi le tissu de mon jeans. Je lui adresse cependant toujours un sourire ; bien trop habitué à présent à pire pour me plaindre d’une grimace « La douleur m’inspire… »

Oh oui, bien des symphonies s’amusent dans ma tête ; elles se chevauchent, s’affrontent et s’emmêlent. Quel délicieux chaos. Je ne la laisserais pas se défiler cette fois ci, elle me dérobe son âme. Mais elle ne le sait pas encore seulement ; elle est à moi. Parce que je l’ai décidé. Parce que j’ai œuvré dans ce but. Et je suis là, partout dans son existence. Au travail, dans la rue, dans les cauchemars… Nous sommes ironiquement au pied et cette bâtisse, cette petite chapelle. Y était-elle venu prier ? Pauvre âme ; ou un parfait hasard qui nous fera peut-être disparaître dans les flammes de l’enfer. Entrons et demandons asile au diable. Et finalement, mon regard se perd dans les méandres tortueux de mon esprit et dans mes yeux brillant d'une folie certaine j'articulais « Ne t’es-tu jamais demandé comment cela est… Sous ta peau ? » Moi je me demande sans cesse. Sous sa douce peau qui semble si parfaite, à priori je n’avais rien à lui envier quand l’on observe la blancheur de ma peau, la ligne si droite de mon nez ; mais il n’y avait rien dans mon reflet qui me paraissait plaisant.


Dernière édition par Gawain J. Fronzak le Lun 27 Juil 2015, 09:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Mer 15 Juil 2015, 09:54



We only going to see us at Weddings and Funerals.

(pv) Gawain J. Fronzak


~

La douleur, insoutenable douleur, qui s'insinue à l'intérieur de ton crâne, glisse au fond de ta gorge et brûle tes poumons. Un éclat rouge dans les ténèbres et un sourire, le tien. Oui… la mort vient. Les doigts se referment sur ta gorge, avides de souffrances, désireux d'entendre le cri et de voir les larmes que tu n'as pas. La pression augmente sur ton cou et tu te réveilles dans un sursaut.
Tu es morte, ma jolie.

Assise sur le fauteuil miteux, les yeux par delà la misérable fenêtre, tu te permets de réfléchir, encore et encore. Au pourquoi du comment ? Non, tu sais trop bien ce que tu vois, ce que tu sens. Tu penses silencieusement aux symptômes qui suivent un cauchemar et tu te demandes, avec grand sérieux, ce que signifie de ne pas avoir peur. Le sursaut vient de la mort, comme pour chacun. Il ne te réveille pas dans la peur, il t'indique seulement la fin du rêve et le début de la réalité. Tu ne reviens à toi ni en sueur ni essoufflée et ton cœur est tellement calme que tu pourrais fermer les yeux et t'endormir de nouveau, dans un rêve inédit ou dans l'asphyxie quotidienne. Alors tu soupires, tu ries derrière tes mains et tu soulèves ton corps du fauteuil. Tu arrives à une réponse, la seule et unique, qui fait briller tes yeux sombres dans le noir. Ce n'est pas un cauchemar, c'est un rêve, basé sur un souvenir. Ca aussi, c'est ton quotidien. Et si, ce soir, tu te décides à sortir de chez toi, loin du sang du loup qui salit encore le sol et pollue l'air de sa désagréable odeur, c'est parce que les actes de ce diable ont sonné comme une promesse et résonnent dans tes rêves comme une prophétie.

Quand vient la nuit, les monstres sortent de sous les lits, paraît-il, pour effrayer les enfants. Il semble tellement plus amusant, pourtant, de chasser les plus grands. Les petits corps n'ont jamais rien eu à offrir aux vicieux de ton espèce et que devient une chasse si la proie n'a que ses yeux pour pleurer ? Les vieux contes sont si loin de la vérité… Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas… mais les loups n'y vont pas, ils rôdent en ville sous leur masque de brebis, ils défient les monstres à celui qui perdra le plus de sang, à celui qui mourra le premier. Détrompez-vous, naïfs, si les loups courent après les monstres, et les monstres après les loups, aucun d'eux n'est l'allié des hommes. Parce que les loups sont des monstres autant qu'eux et que les monstres se déchirent entre eux. N'est-ce pas, ma belle fleur de prune ?

Un frisson stoppe tes pas. A force de défier le monde, ma chérie, il va bien finir par s'allier pour t'écraser. Et s'il ne le fait pas, l'un d'entre eux réussira. L'un d'entre eux ou l'Un parmi eux.
Tes yeux glissent sur l'origine du frisson, sur les grandes portes qui se dressent devant toi et laissent échapper un fin et glacial courant d'air. Tu sens le froid qui glisse sur ta peau, comme pour te mettre en garde, pour te prévenir de ne pas avancer, de ne pas entrer. Les monstres ne sont pas acceptés dans la maison du Seigneur, peu importe la valeur de leur foi au temps de leur humanité. Ce qui tombe pour le mieux : tu n'as jamais été croyante. Aujourd'hui, pourtant, une lueur malsaine dans le regard, tu tends à penser qu'il serait peut-être temps de mettre les pieds dans une église, une misérable chapelle, en réalité. Tu veux défier ce Dieu craint autant qu'aimé. Tu veux voir si Sa colère t'emportera de l'autre côté. Qui sait, Il est peut-être ta solution, la réponse à tes maux, la fin de ton chemin. Depuis le début, peut-être est-Il le seul à pouvoir et à vouloir donner la mort que tu réclames tant.

Et il faut, pourtant, que l'on te dérange de nouveau dans ta quête infinie, que ton chemin bifurque une nouvelle fois avant de plonger dans les abysses, dans le néant qui résume parfaitement ta regrettable existence. Un bruit, un pas, une présence derrière toi. Une menace ? Une promesse. Tu te retournes alors, le dos droit, les bras croisés sur ton débardeur, provocant de tout ton corps la colère du diable qui avance. Ses yeux dans les tiens, ton sourire et le sien. Tu sais que cette nuit va être plus redoutable que la dernière et tu frissonnes déjà de la douleur à venir. Il est idiot, pour une morte-vivante, d'avoir peur de se faire mal. Comment pourrait-on te tuer sans te faire bobo, petite conne ?

Tu aurais pu répondre, lui proposer une danse privée, comme tu l'as déjà fait à l'un de tes bourreaux. Tu vas danser, Lili, et tu en es persuadée. Danser au creux de sa paume, comme il le souhaite, souffrir comme une damnée pour te laisser presque morte sur les pavés. Tu ne mourras jamais, danseuse, car le monde aime jouer et tu es un jeu divertissant. Tu tentes de t'en sortir, de te débattre, de paraître plus qu'une femme méprisable mais, au final, tu n'as guère plus d'impact qu'un poisson qui remue hors de l'eau sous les yeux amusés des plus cinglés d'entre tous. Car tu as ce don, ma chérie, d'attirer à toi la folie qui te promet de te détruire si lentement que le monde périra avant toi.
Tu aurais pu répondre, donc, si le sang n'avait imbibé son jean, si l'odeur du liquide sombre n'avait titillé tes narines. Tu vis dans un air vicié, tu ne peux que reconnaître le parfum particulier de la vie. Et cette blessure qui suinte difficilement, qui semble assez grave pour que le monstre n'arrive à s'en débarrasser, amène à tes lèvres un sourire plus grand encore que celui d'avant. Il n'y a aucun doute à avoir, tu cours à ta perte, ma sœur, car le sang réveille le monstre qui a soif de vengeance, sans pour autant endormir la femme qui veut mourir. Tu vas le provoquer, jouer avec ta vie, Lili. Mais, au final, il ne te tuera pas. Il ne te tuera jamais.

Voilà un point que nous avons étrangement en commun… Tu t'avances, réduisant assez la distance entre vos corps pour que tout devienne dangereux entre vous. Si seulement le monde savait comme ton art peut être redoutable… T'es-tu finalement décidé à boiter sur la mort comme le plus meurtrier des zombies ? Tes doigts se referment sur la blessure, laissant le sang noir tacher ta peau colorée. J'en doute.

D'une main plaquée contre son torse, tu le repousses au plus vite et fais demi-tour jusqu'aux portes de la chapelle. Il aura tout le temps de se venger plus tard, il ne faut pas le laisser te détruire dès les premiers instants, n'est-ce pas ?
Pivotant sur tes talons, tu lui fais face de nouveau, le regard critique devant la faiblesse qui vient de lui cette fois, et non de toi. Tes blessures ont appris à se refermer vite et bien, les coups sur ton ventre et la balle dans ton épaule ne sont plus que de vilains souvenirs, de faibles cicatrices. Alors tu peux bien essayer de lui faire croire que tu méprises son pouvoir, certainement plus grand que le tien ne le sera jamais. Tes yeux tombent sur le sang tachant ta paume de sa noirceur monstrueuse. Un sourire sur les lèvres, tu ouvres ta main à son regard à lui.

Je crois que nous savons tous les deux à quoi ressemble le monstre sous l'humaine. Tu ouvres finalement grand les bras devant les portes de la petite chapelle. Mais ne perdons pas de temps à discuter dehors comme des bêtes. Le Seigneur nous offre Son hospitalité, ne devrions-nous pas nous montrer honorés ? Les danses sont plus appréciables en privé, tu sais… Tu mimes une rapide révérence, l’œil attentif au moindre mouvement… Après toi…

Tu es méprisable et tu cours à ta perte, monstre.

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MessageSujet: Re: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Jeu 16 Juil 2015, 21:05

Son sourire en réponse, reconnais-tu l’être qui te domine ? Bien sur… Elle le reconnaitra toujours. Je ne devrais probablement pas m’afficher en publique ainsi, lui montrer à elle, une possible faiblesse. Cela ne manqua pas à son œil avisé et sur ses lèvres s’accroit son sourire provocateur. Mes yeux s’enfoncent un peu plus dans les siens comme un funeste avertissement qui je le sais, sera vain. Elle est femme. Par définition insolente et déloyale. Elle s’approche ; et ses mots acerbes se déversent hors de cette jolie gorge. Cette main se serre autour de ma cuisse. La douleur nous inspire… Et la douleur s’empare de moi ; ma mâchoire se crispa ; mais elle fut impitoyable et les secondes s’écoulant semblent des heures. Je ne pu rien répondre, seul de ma gorge s’échappa un grondement plaintif et féroce. Même si nous guérissons rapidement, un membre coupé ne repousse pas. Je ne peux me permettre de perdre ma jambe, autant mourir immédiatement. Puis elle me repousse ; et je pars à sa suite. Me fichant de la douleur et de la pierre blanche brunie par mon sang. Elle se fait rieuse ; qu’elle prenne garde la moqueuse car bientôt c’est elle, qui ne pourra plus marcher. Nous voici donc lancé dans cette partie de trappe-trappe ? Qu’elle me pardonne, mais j’aime par-dessus tout gagner et tricher n’est pas à mes yeux un problème. Mais elle ne l’ignorait pas, nous pouvions nous qualifier de camarades de longue date. Je la soumets, elle me défie. Aujourd’hui encore ; et je n’arrive pas à m’en lasser. Pourtant, je devrais occuper ce temps à chercher à me nourrir, mais je ne pense alors qu’à me divertir d’elle. Maudite danseuse ; elle faisait terriblement valser mes idées dans ma boite crânienne.

Cette main tendue, je le regarde alors qu’elle semble si fière de s’être peinturée de mon sang. Il était vrai que je n’avais peut-être pas besoin de lui ôter sa peau pour provoquer ce qui attisait mon désir en sa personne. Cette monstruosité camouflée au nom de… De quoi d’ailleurs ? Je n’en savais rien, de l’absurdité j’imagine. Elle m’invita dans la maison du seigneur, cela fit dessiner sur mes lèvres un sourire railleur « Le seigneur ne me fera pas disparaître dans les flammes de l’enfer, si là est ton seul espoir ce soir de m’échapper… » Elle devra trouver un plan plus ingénieux. D’un geste de mépris de la main, les lourdes portes de la bâtisse s’ouvrent. Je n’avais pas l’intention de lui faire croire que j’étais faible au point de devoir économiser mon pouvoir. Et pourtant… Je n’étais pas dans ma meilleure posture ce soir. Je me souvenais encore avoir été humilié quelques mois plus tôt par une garce dans les toilettes du masquerade ; j’avais été saigné comme un porc. Quelle frustration que de savoir qu’elle avait été tuée de la main d’un autre. Puis je pensais à cette humiliation suprême dans l’arène et la vengeance inaccessible. Alors j’entre le premier dans la maison du bon dieu. Je me traine un peu, j’ai déjà eu des pas plus vigoureux ; mais il m’est physiquement impossible d’exagérer. La chapelle est faiblement éclairée, des bougies dont les flammes dansent sur l’autel et aux bordures des fenêtres colorées. Les bancs sont usés de tous ces prieurs. L’asiatique à ma suite ; je me tourne vers celle-ci. Et je referme les portes dans son dos alors que nos regards s’affrontent. Comme c’est divertissant…

« Ainsi donc… Tu va chanter mes louanges ? Il me tarde de les entendre. » Lui demandais-je narquois ; finalement je m’approche d’elle, prenant le risque qu’elle n’en profite une fois de plus pour s’amuser à asticoter ma plait. Mes doigts se posent sur la base de son cou pour remonter jusque son menton que je relève pour lui adresser un sourire empli de cruauté. Sa beauté intolérable, je voudrais tant l’anéantir. Ne sommes-nous point le reflet de notre âme… Pas le moins du monde. Et derrière mes traits d’innocence se cache un diable qui avait succombé à tous les vices. Et sous cette peau magnifique et ce corps velouté de femme ; se cache un monstre. Un animal que je dompterais, que je déploierais dans ce monde pour le mener à sa perte. Avec elle, à mes cotés. Comme un besoin irrépressible que je ressentais d’être dans ses yeux le suprême. Le chef d’orchestre… D’une telle œuvre comme elle que je dirige à la baguette. Je n’avais jamais été aussi narcissique ; mais elle me poussait sans le savoir à vouloir lui montrer le pire de moi-même.

Je me perds un instant dans la contemplation divine de mes songes, de mes idées virevoltantes à son égard. Ainsi le bon seigneur ne me dispersa point d’avoir mis un pied ici. Il n’y avait plus rien de sacré en ce monde. Que de divaguer, si loin que l’on se perd et que jamais l’on ne retrouve son chemin, la route de la raison. Si inutile… Oublions la raison mon bel oiseau. Mes doigts touchent cette peau si lisse, il n’y a pas la moindre imperfection sur ce visage. Et pourtant ; je choisissais de l’esquinter. Encore et encore. Oh si seulement elle avait plus à me donner, je ne sais pas quoi exactement, quelque chose de plus… Quelque chose que personne d’autre ne possède comme… Son âme ou… Un cadeau de grande valeur que personne n’a jamais possédé d’elle. Comme un bras ou… Ses beaux cheveux noirs… Absurde n’est-ce pas ? Rien qu’elle ne veuille m’offrir, je ne devais que le lui dérober. Pièce après pièce. Que resterait-il d’elle quand je me lasserais ? Si seulement je le savais, peut-être arrêterais-je. « Qu’as-tu donc à m’offrir ? » Je suis affamé comprends-tu petite idiote ? J’ai si faim… Je ne peux plus me contenter du vide, j’ai faim. Je ne tiendrais plus jamais ainsi, je ne peux pas le supporter. Pas une nuit comme celle-ci, où ma douce ballerine pouvait me donner le pire d’elle. Non… Elle le devait. Elle me le devait.
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MessageSujet: Re: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Ven 17 Juil 2015, 07:13



We only going to see us at Weddings and Funerals.

(pv) Gawain J. Fronzak


~

Qu'espérais-tu, idiote, en invitant le Diable dans la maison de Dieu ? Croyais-tu voir les flammes des enfers sortir de terre pour lécher ses cheveux ? Croyais-tu que les monstres de ton espèce – la pire espèce – sont punis, comme touchés par la foudre, au premier de leur pas sur la pierre grise et glacée ? Croyais-tu vraiment que le bon Dieu allait te tuer, d'un claquement de doigts, sous prétexte que ta présence malsaine a corrompu un lieu sacré ? Non, tu ne croyais rien, tu n'as jamais cru, tu n'as jamais voulu croire qu'un être joue avec les fils de ta vie, s'amuse de tes souffrances et décide ta mort. Et le monstre en toi rit de savoir que vous êtes d'accord, qu'aucune chose, quelle qu'elle soit, ne peut se crier supérieur au monde et le contrôler comme un marionnettiste envoie sa poupée au bûcher. Quoi que ton jugement soit moins poussé par l'ego, ma sœur, tu n'en penses pas moins être la réponse à tous tes maux et le monstre n'accepterait pas, en vérité, de savoir qu'un autre dirige sa vie, il est son seul et unique maître, guidé par ta folie.

Les portes s'ouvrent finalement, sous la bonne volonté de ton compagnon et ton regard critique. Comme tu souhaiterais qu'il s'épuise en vaines preuves de pouvoir, qu'il se fatigue lui-même d'avoir voulu te prouver qu'il est blessé mais toujours dangereux. Tu le sais, tu le sais mais tu veux croire qu'il est possible pour toi de le défier sans être écrasée, de le soumettre à ta propre monstruosité. Qu'il doit être agréable de voir l'effet que ça fait, à son visage, d'être malmené par une femme de ton genre, par une folle en attente de la mort. Tu souris, donc, en entrant dans la chapelle, soudain frappée par la fraîcheur de ce lieu de culte et la sombre lueur des bougies qui peine à éclairer la pièce, alors qu'un vulgaire « c'est dommage, j'aurai essayé » s'échappe de ta bouche dans un murmure. Mais as-tu seulement eu envie de le fuir, ma sœur ?

Voilà où commence ton problème, ma chérie. Tu pourrais, j'en suis certain, prendre avantage de sa blessure et fouler son ego au pied. Tu pourrais lui expliquer que tu es plus dangereuse qu'il ne tend à le penser, que tu es prête à le tuer quand lui te crie qu'il s'en fout de ta putain de survie. Tu pourrais, tu sais, parce que tu as cet art au bout des doigts, ces entraînements de ton enfance, cette force qu'ils oublient de craindre. Regardez-vous, vous tous, puants de vice, au sang plus noir que les ténèbres, vous vous asseyez sur vos pouvoirs, explosant de confiance comme de vulgaires adolescents en pleine puberté. Vous vous défiez avec des ombres, des blessures qui se referment d'elle-même. Vous jouez avec vos sens et les morts qui reviennent à la vie. Tout ça est tout à fait cool, ma jolie, mais tu en oublies l'essentiel, tu en oublies tout une vie. Cesse donc de croire que tu pourras un jour faire du mal à quelqu'un avec un monstre que tu ne contrôles pas et pense, plutôt, à la femme qui a été une enfant, à la femme qui a grandi au cœur de divers entraînements. Les danses ne sont pas si éloignées des arts martiaux, Lili, et regarde comme le Diable s'offre à toi.

Tu laisses pourtant ses doigts glisser sur ton cou, ramenant à ton cerveau l'étreinte douloureuse de la dernière fois, le cadeau empoisonné que tu lui as demandé. Tu as toujours cru que la pire mort viendrait de l'étouffement mais peut-être est-ce simplement la mort que tu mérites, la mort que tu auras. De ses mains ? Tu n'y crois plus. Il a déjà rejeté tes supplications débiles et tu doutes que, en lui demandant de nouveau, il accepte cette fois-ci. Peut-être, alors, devrais-tu le supplier de te laisser en vie ?
A cette pensée, ton sourire vient rejoindre le sien, les yeux brillants d'envie de le faire taire une bonne fois pour toute. Je te l'ai dit, Lili, ton pouvoir est insignifiant mais… tu es redoutable au corps à corps et tes blessures ont appris à se refermer d'une meilleure manière. Alors, fais-le, laisse tes mains glisser sur son corps, laisse le petit bout de fille agir comme elle l'a toujours fait. Un coup sur la tête, un autre au ventre, sans oublier sa jolie jambe et le tour est joué. Tu signes ton arrêt de mort.

Je ne crois pas avoir parlé de « chanter ». J'ai dit « danser ».

Ta main chasse la sienne pour mieux l'attraper et amener ses doigts blancs à tes lèvres, sans les toucher. Comme une invitation d'un temps inconnus, tu t'inclines finalement et recules. Tu aurais pu le faire tourner, l'obliger à appuyer sur sa jambe blessée, peut-être même le faire tomber. L'humilier. Au lieu de quoi tu souris dans l'ombre et tu arpentes la pièce, les doigts caressant les flammes indolores des bougies. Il paraît que le mal ne brûle pas du feu qui vient d'en bas, qu'il est insensible à la morsure enflammée, qu'il ne s'agit pour lui que d'une caresse. Tes yeux reviennent chercher les cheveux rouges. Brûle-t-il comme un mortel ou rit-il comme un damné ?

Non, ce n'est pas la bonne question. Chassant les quelques bougies sur l'autel, tu t'y assieds, comme un défi au Seigneur. Que veux-tu que je t'offre ?

Il est étrange de constater à quel point tu es influencée par ton prochain. Un loup te pousse à ton humanité et un diable à ta monstruosité. Et tu laisses mener par le courant, souriant dans l'ombre et pleurant sous la lumière. A bien y regarder – cette infime cicatrice sur ton épaule –, l'homme t'a fait plus de mal que le monstre, au final, sans que tu n'en viennes à te venger. Tu es si inutile, ma mie, quand te décideras-tu enfin à tous les tuer ?

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MessageSujet: Re: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Ven 17 Juil 2015, 15:53

Chanter ou danser, qu’importe… Le spectacle continué. Sa main chasse la mienne, je la laisse la conduire finalement non loin de ses lèvres qui semblent si douce et que pourtant je n’avais jamais touché des miennes. Bien que l’idée m’avait effleuré l’esprit ; je ne cédais plus aussi facilement aux vices d’un corps à corps que dans mon passé d’humain raté. De sorcier de bas étage. Elle contrôle ma main et je me laisse étrangement faire. Puis elle recule. Je l’observe se faufiler dans l’ombre, n’avait-elle point compris que c’était là mon royaume et qu’il lui serait si inutile de s’y cacher. Que seule la lumière puisse la protéger de moi. Elle me demanda finalement ce que je voulais qu’elle m’offre alors qu’elle prit place sur l’autel ; comme un délicieux repas qui s’offre un moi. Un doux sacrifice donné de façon loyale et fidèle. S’offrait-elle entière ? Serait-elle stupide à ce point. Mais depuis ma place, je ne pouvais qu’imaginer offrande de sa part. Alors que voudrais-je ce soir ? Je veux la lumière derrière ces yeux. Je m’approche lentement d’elle arrivant à sa hauteur en montant les quelques marches qui me séparaient du sommet. Ma démarche se fit bancale, fatigué. La vérité était que j’étais épuisé. Je me sentais sur le point de m’effondrer à tout moment. C’était une sensation particulièrement désagréable. A vrai dire, insoutenable… Si j’étais du genre plaintif, je serais probablement en train de gémir ma peine. Jamais ! Je ne ferais plus jamais le malade, je hais ce rôle. Plus que tout. Je posais une main à plat sur la pierre à coté de sa hanche, ses jambes en parfait état me narguant. Elle me dépassait depuis son perchoir, m’obligeant à lever la tête pour la contempler. Un léger sourire en coin, malgré cette douleur qui m’oppresse. Qui m’étouffe sous ses yeux fins.

J’ai mal… Et toi, mon oiseau en liberté… Je veux te mettre en cage ce soir, je veux t’arracher les plumes une à une. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de ta splendeur. Car enfin… J’ai mal. « Seuls les inconscients peuvent formuler cette question… » Lui répondais-je simplement. Je crois que la jeune femme est folle. Parfaitement et c’était tout ce qui m’était tout simplement le plus plaisant. Inouï. J’ai besoin de sa folie, de m’en nourrir. De m’enrichir de sa bêtise. Sait-elle à quel point je la possède. « Tu es folle Li-Mei… Comment ne pas jouer avec toi… Se jouer de toi… Il est si agréable de t’observer danseuses funambule sur le fil de la vie. » Puis mes mains se glissent sur ses cuisses, tels des serpents vénéneux. Je les écarte sans grande douceur et approche un peu plus, mon front se heurte contre son sternum et lentement je soupire. La scène est étrange et je me sens faible. Faible et affamé. L’entendait-elle ma douleur ? Hurlante au travers de ma poitrine. Je n’en doute pas et ce sang s’écoule encore de mon être, cette plaie qui tend à se cicatriser me pompait cette énergie indispensable. Et je suis là, appuyé contre son corps et je senti presque la chaleur de son cœur humain. Ce qui provoqua un frisson qui me traversa avec violence, secouant ce corps meurtris que je trainais dans cette chapelle. Mon corps glacial ; quelques goutte de sueur brulante coula sur mon front. Suis-je en train de partir ? Je devrais arrêter de jouer. Oui… Cette nuit, je suis si fatigué de jouer et je trouvais refuge dans ses bras trop minces pour supporter l’être que je suis. Je trouve refuge chez cette femme qui n’aspire qu’à ma perte, à une vengeance qu’elle cherchait depuis si longtemps à mon égard. N’est-ce pas ? Alors, si je ne suis pas en train de partir, ce n’était plus qu’une question de temps. De la volonté de mon oiseau asiatique.

Je relève doucement la tête, plantant mon regard brillant malgré moi ; d’une douleur évidente. Le regard vitreux et pourtant souligné de cette folle détermination de ne jamais abandonner. « Et toi… Que prendrais-tu ? » Oui, que ferait-elle de moi, si elle pouvait me dérober cette vie… Elle le peut. Et je sais qu’elle en a conscience. Je me défendrais, je m’épuiserais à lutter. Mais ce soir, je ne peux pas gagner. Ce soir, je n’aurais pas du sortir. Mais il est trop tard et la vie n’est qu’une accumulation d’erreur qui nous fait grandir ou perdre. Je ne suis pas effrayé à l’idée de mourir, c’est une grande indifférence à mes yeux. Tout comme souffrir n’est pas à mes yeux le pire des fardeaux ; seule l’humiliation m’atteint… Dans le fond, j’ai toujours préféré mourir que de supporter les moqueries des autres ; ou pire : leur pitié. Et ce fut bien parce que je fus un humain bien pathétique que je m’étais pendu il y a cent vingt ans… Désespéré d’être ainsi… D’être… moi. Je dois l’admettre, il ne m’est rien de plus insupportable de ma propre image, ma propre réalité.
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MessageSujet: Re: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Sam 18 Juil 2015, 10:37



We only going to see us at Weddings and Funerals.

(pv) Gawain J. Fronzak


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Folle, oui, tu es folle à lier, Lili. Tu t'amuses d'un jeu dangereux, sans cette peur de mourir qui habite l'humaine. Est-ce parce que le monstre est prêt à trépasser ou sait-il que ce n'est pas l'heure ? Tout est si difficile à dire quand la folie fait briller tes yeux sombres, ma jolie. Est-ce la peur qui te garde immobile à son approche ? L'impatience ? L'amusement ? L'inquiétude ? Non. Tes sourcils se froncent, pourtant, devant ses pas étranges, devant la fatigue de son corps. Est-il devenu aussi vulnérable et inoffensif qu'un bambin ? Il se traîne devant toi, souriant, et tu vois la douleur parce que tu la connais, lancinante, prête à drainer la vie jusqu'à la dernière goutte… de sang qui suinte toujours de sa plaie. Hémorragie ? Peut-être n'aurais-tu pas dû appuyer dessus, après tout… Et tu pourrais rire, vraiment, de voir ce que l'on vous a fait et de votre entêtement à survivre. Tu n'en fais rien pourtant, et tu rages, intérieurement, de savoir que lui aussi a été écrasé, de comprendre que personne n'est à l'abri du mal qui rôde à la Nouvelle-Orléans. Si il meurt, danseuse, tu peux être sûre que le prochain corps sans vie sera le tien.

Un sourcil dressé, un nouveau sourire aux lèvres, tu le fixes comme s'il avait énoncé une vérité incontournable. Inconscience, folie. Si tu n'en étais pas pleine, ma jolie, s'amuserait-il à tourner autour de toi comme un oiseau de proie ? Certainement pas. Si tu n'étais pas folle, ma chérie, tu ne le laisserais pas glisser ses mains sur ton corps et prendre appui sur ta poitrine, comme si tout lui appartenait. Sans même une seule envie de le frapper pour si peu ? Tu t'es étrangement laissée dominer par le monstre, danseuse, tu vas le regretter. Mais tu n'arrives pas à détacher tes pensées de la chaleur de son front, de ses mains, de la fièvre qui l'habite. Tu en oublies presque de respirer, par peur que ton cœur s'inquiète, s'emballe, tu ne sais plus. Il est si faible entre tes bras qu'il te serait presque trop facile de le détruire, une bonne fois pour toute. Et peut-être est-ce ça, finalement, que tu tentes de cacher, de retenir, cette soif de vengeance. Mais quelle vengeance, idiote ?

Finalement, il relève la tête, présentant sa douleur à ta folie. Et tu le fixes, les lèvres pincées, devinant la souffrance de celui qui se sent partir. Dois-tu le détruire, profiter lâchement de sa faiblesse ? La folie a ce don, celui d'ignorer les critiques, de ne simplement faire que ce qui lui plaît. Tu as toujours été lâche, de toute façon, à te réfugier derrière des murs pour échapper à la douleur, échapper au monde. Que t'importe, alors, d'assouvir une vengeance sur un homme qui ne pourra que peu se défendre ? L'ennui, voilà la malédiction qui te suit. Les prédateurs aiment qu'on leur résiste, ils se lassent quand la proie cesse de courir. Et il n'a jamais eu besoin de te fuir, tu es si insignifiante, Lili.

Tes doigts se referment sur son visage, la main glissée sous son menton, agrippant ses joues comme pour le forcer à te voir. Tu sens alors, contre ta peau, la fièvre d'un corps qui n'est pas prêt pour la mort. Sans ma folie, tu mourrais seul, Gawain. Crois ce que tu veux, idiote.

T'ont-ils détruit à ce point ?

Aucune once d'inquiétude, ni même de mépris, de pitié. Plus ni d'amour ni de haine. Un simple constat, même pas une déception, la vérité. Tu comprends que le monde est perdu, qu'il te tuera, qu'il a déjà refermé ses doigts glacés sur les monstres de ton espèce. Ils te trouveront, Lili, et ils t'extermineront dans des souffrances telles que tu n'en as jamais connues encore. Il te faudrait un autre fou pour t'achever avant d'être trouvée. Mais ce fou-là, quand tu ne seras plus là, qui le tuera ? Tes doigts caressent doucement sa joue, si désireux de lui arracher cette vie qui se bat encore en lui.

Tu le sais, non ? Il n'y a rien à prendre sur un cadavre.

Ou presque. Tu sais ce qu'il t'a proposé, la dernière fois, ce que tu as déjà refusé. Tu sais ce qu'il est possible de faire avec un cadavre, quel chaos peut être créé avec un zombie, lâché en pleine ville. Tu sais, pourtant, que tu ne ferais que le détruire, qu'il t'est impossible de faire de lui le meilleur mort-vivant de la Nouvelle-Orléans.

Il est plus amusant de prendre ce que tu ne veux pas donner, n'est-ce pas ? Je me demande… Tu rapproches ton visage du sien, comme pour sonder la mort au fond de son regard… ce que tu me refuses.

Un sourire et tu te redresses pour mieux te laisser glisser au sol, si près de son corps que je trouve ça indécent, ma chérie, éloigne-toi. Une main sur son épaule, tu le fais pivoter sur sa jambe libre – quelle remarquable gentillesse – jusqu'à ce que la pierre froide de l'autel se colle à son dos. Tu pourrais le laisser là, tu ne crois pas ? Partir et le laisser crever dans les bras du Seigneur. Peut-être est-ce sa destinée, après tout. Mais, non, tu ne fais pas le moindre mouvement, les yeux levés vers les siens. Tu envisages même de sortir et revenir accompagnée. Tu supportes si mal sa vulnérabilité.

Devrais-je amener le dîner ? Tu es si… faible… Aucun rire dans ta voix, juste… la sévérité, la curiosité de savoir comment il a pu laisser faire ça, faire les mêmes erreurs que toi. Tes doigts attrapent les siens… Peut-être préfères-tu que je t'offre mes souvenirs ? Ma vie pour la tienne ? Ou… Tu recules et proposes ce que tu ne lui donneras pas : la fin…Ca fait mal, hein, de se faire écraser. Je pourrais peut-être… Tu hausses finalement les épaules, un air de malice – et de folie surtout – au fond des yeux…  qui sait…

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MessageSujet: Re: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Sam 18 Juil 2015, 17:58

Je senti ses doigts glisser sur mon visage et la  regarde ; l’épuisement au fond des yeux et pourtant, je ne veux l’admettre. M’ont-il détruis ? Je la dévisage je crois que oui… Dans le fond… Je vois encore ce monstre approcher dans l’arène et cet insolent adversaire. Je voyais encore les armes si lourdes, puis il y eut moi qui ne me méfiais de rien. Riche de ma toute puissance qui n’était pas. Je  me souvenais de la douleur et de ma rage, des clowns et des railleries à mon égard. Et cet être arrogant qui me tardait de retrouver pour m’en venger. Stupide faux monstre, voila ce qu’il fut. Un homme qui avait eu peur de moi. Si peur… J’en étais persuadé. Alors sa question résonne dans mon squelette douloureux ; je me souviens de la brulure de cette lame dans ma chair, de la douleur infligée. Par ma faute. Mon imprudence. « Ils ont essayé eux au moins… » Mais je vis encore ; ils ont osé tenter. Comme elle ne le fera probablement jamais. Mais je ne pouvais pas en avoir la certitude. Il n’y avait rien de plus déloyal qu’une femme apeuré. Une femme qui aspire à sa propre survie. Voila ce qui était dangereux… Une femme. De vile créature de par leur nature. Et moi que suis-je ? Ni homme, ni femme. Rien. Juste un monstre. Probablement le pire. J’ai répondu dans un souffle ; alors que ces doigts me caressent lentement, je sentais cette douceur. Femme… Oui, si douce en enivrante… C’était aussi cela. Ce que j’oubliais et malmenais. Ce que je ne m’offrais finalement jamais. Elle ignore ce que l’on peut faire d’un cadavre, ou plutôt elle n’en est point capable. Elle le sait… Elle refuse simplement de le voir.

Elle se penche et mon regard se perd dans le sien, et malgré la douleur je ne fléchi pas davantage ; refusant de m’écrouler définitivement. Elle se redresse ; ce corps fin contre le mien. La femme asiatique n’a pas de courbes voluptueuses, gourmandes et rondes. Non, la jolie brune est une beauté fine, si gracieuse et délicate… Son parfum une gourmandise que mes sens n’avaient jusque là, jamais remarqué… Une douceur que j’avais ignoré par manque d’intérêt et dans ma quête inavouable de réconfort ; je la découvrais. Mais déjà elle me repousse, je sens mon échine heurter la pierre et ma tête si lourde se dresse tout de même pour la défier. Elle me propose de me servir le diner ou bien de me servir de diner. A mon bon vouloir. Mes doigts liés aux siens, je pourrais la soustraire de sa vie ; j’aurais pu le faire dès le début. Contre cette pierre. Mais je ne veux pas ; je me suis laissé atteindre par sa… Présence. Elle ne s’en rendait probablement pas compte. Mais je n’avais plus été si humain, depuis bien longtemps. Mieux vaut qu’elle ne le sache pas… Car ma plus grande des peines c’est bien de l’être au fond de moi, quelque part… D’être humain, une petite part. Pas même une moitié, mais quelque chose… Les émotions sont belles et biens restées en moi et dans cette vie que je porte. Que je traine et défend avec ardeur. Je l’observe jubiler et mon regard se mit à sourire d’amusement. Quel divertissant instant… « Je me fiche des souffrances ; j’ai commis une erreur… L’incompétence se pait ; même lorsqu’il s’agit que d’un… Accident. » Toujours convaincue d’être trop puissant pour être éradiquer si je ne fait une faute. Si je n’abandonne. Persuadé d’être si fort ; d’être la puissance. Le dieu incarné… Oui, ce bon seigneur n’est rien à coté de moi. Je suis… Le maitre des ombres et un jour, maitre de ce monde. D’abord ici, puis Darkness Falls ; je rêve parfois… Oh oui, j’y règne comme un roi.

« Je te laisse choisir… Saches que mes souvenirs te tueront probablement petite sotte. Et si tu survis, jamais je ne mourrais… Je serais en toi Li, tu seras… Moi. » C’est ainsi que nous gagnons en pouvoir et richesses ; plus nous mangeons finalement, plus nous devenons fou. Et les hurlements de leurs souvenirs me hantent, elle devra tous les avaler à son tour. Tout ce que j’ai volé et ce qui était propre à ma vie… Oh non… Elle ne survivra pas à cela… C’était bien trop dangereux. Elle qui voulait tant mourir. Aurions-nous une fin aussi sublime ? Pourquoi croit-elle que je me refuse à me nourri de ceux de mon espèce ; moi-même je n’étais pas certains de pouvoir contrôler toutes ces… Emotions… Je m’appuie sur cette jambe blessé, de ma gorge s’échappe un râle partagé entre douleur et plaisir. Ce plaisir incohérent de défier son propre corps. Balançant ma tête en arrière, plongeant mon regard dans ce ciel de peinture qui orne le plafond. Je me hisse sur la pierre et m’effondre ; renversant les bougies en soupirant cette fois ci. Ma main tombe dans le vide ayant perdu le contact de ses doigts. Pour survivre, je serais capable de prendre ce risque… Je pourrais la tuer cette fois si elle le voulait vraiment ; si elle n’avait que cela à m’offrir. Finalement, elle ne peut rien faire d’autre que me sauver. Car la satisfaction de me tuer, elle ne l’aura jamais. Pas de cette manière, car c’est eux… Qui m’ont eut. Et ce soir pourtant, je suis près à négocier ce qui a toujours été convenu avec elle. Si seulement elle y songeait. Je me souvenais avoir parlé de la mort à Chayton, de la façon dont on la vie la première fois. « Je me demande bien souvent à quoi ressemble Darkness Falls à présent… Connais-tu cet endroit danseuse ? » Cette place que je lui ai promis et dont elle n’a rien cru je crois.
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MessageSujet: Re: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Lun 20 Juil 2015, 08:27



We only going to see us at Weddings and Funerals.

(pv) Gawain J. Fronzak


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Qu'on essaie de tuer celui qui n'a jamais envisagé de te donner ce que tu demandes te laisse… pensive. Il pourrait l'avoir mérité, lui et sa grande fierté, lui et ses idées étranges, lui et sa folie. Lui et ses zombies. Ne t'ont-ils pas aidée en mettant hors-jeu celui qui n'a pas voulu te tuer ? En l'empêchant de te nuire davantage ? Et s'il n'était qu'une victime d'une autre folie, celle-là même qui s'empare de chacun de vous ? Peut-être ai-je raison, finalement, peut-être es-tu le M de SM, danseuse. Mais… plus sérieusement. Ta vie était détruite, tu étais vouée à l'échec, au néant, à l'oubli. Tu ne servais pas à ce monde et ce monde ne te servait pas davantage. Tu avais les deux pieds dans la gouffre, ma jolie, et je t'ai sauvée de la chute en m'accrochant à ta peau si douce. Je t'ai offert une nouvelle vie, dictée par un nouveau but. Je t'ai montrée la poussière que tu étais pour que tu renaisses de tes cendres et deviennes un bel oiseau rare. Mais tu n'as pas supporté de devoir aimer les gens comme tu ne l'as jamais fait, de devoir dépendre de quelqu'un d'autre que de toi-même. Tes restes étaient corrompus, ils sont volatiles et n'arrivent plus à unifier ton corps et ton esprit. Tu es lentement tombée dans la folie, une folie qui te renforce, ma chérie, qui te fait prendre les décisions qui doivent être prises. Cette folie que tu partages avec chacun des tiens, avec ces monstres qui se nourrissent d'humains. Et lui alors, est-il fou ? A-t-il mérité son mal ? La folie mérite-t-elle la destruction ? Tu ne sais pas. Non. Tu as peur de la réponse. Tu as peur de comprendre ce qui t'attend si tu ne crèves pas au plus tôt, si vous n'êtes pas si différents.

Non, vraiment, vous êtes trop différents. Il se fiche des souffrances ? Tu les exècres et tu es pourtant la première à tomber dans les pièges, à attirer les fous furieux qui aiment faire mal sans tuer. Fais-tu semblant de détester la douleur ou essaies-tu de te croire encore humaine ? Ne pourrais-tu pas, comme lui, considérer le mal comme une conséquence de tes nombreuses erreurs ? Ta survie serait plus simple si tu acceptais ton idiotie, si tu laissais le monstre te guider dans les ténèbres. C'est son sang qui te soigne, après tout, qui te permet de souffrir le moins longtemps possible. Mais… Tes doigts viennent caresser la légère cicatrice à ton épaule, trace indélébile de ta profonde connerie. Est-ce aussi un accident ? Et les rayures sur ton ventre ? As-tu commis une erreur ? L'incompétence… oui… si tu avais laissé parler le monstre, Lili, les loups seraient morts depuis longtemps. Et ton corps serait au summum de sa perfection.

Tes yeux se lèvent dans sa direction, attentifs à ses mots, à l'avenir qu'il te prédit. N'est-ce pas magnifique ? N'est-ce pas la solution à votre ridicule survie ? Le libérer de ses douleurs, te sauver de les tiennes, d'une seule et meurtrière caresse. Votre nature n'est-elle pas merveilleuse ? Tu pourrais découvrir les souvenirs empoisonnés de son existence, goûter à la folie de son être, la laisser t'imprégner et te grandir ou… te tuer. C'est ce qui pourrait t'attirer, finalement. Sa mort et la tienne, d'un seul et même coup. Est-ce une erreur, un accident ? Non, c'est la plus belle chose que tu pourrais faire de ta vie, de ce qu'il te reste de vie. Mais assure-toi de mourir, ma jolie, car je n'accepterais pas qu'un autre dicte tes pas, je ne partagerais pas mon trône avec ce diable-là, Lili. Je pourrais détruire ton esprit en gardant jalousement la place qui est la mienne, le contrôle que j'exerce sur ton corps. Alors… n'est-ce pas mieux de mourir et de vite me retrouver ?

Mais il attire ton attention ailleurs, une nouvelle fois, et tu contemples un instant la fatigue qui va peut-être le tuer. Peut-être pas. Est-ce ce qui est prévu, après votre mort ? Darkness Falls. Crois-tu vraiment que c'est là-bas que je t'attends, idiote ? Tu ne connais de cet endroit que ce qu'on a bien voulu te dire, te dévoiler. Ce que tu as parfois vu dans la mauvaise main que tu as bouffée. Tu as été intriguée, pour sûr, quelque peu effrayée aussi. Tu sais qu'un endroit pareil est un paradis pour le monstre qui t'habite. Et tu n'es pas encore prête à laisser mourir la femme qui se bat au fond de ton cœur, même maintenant que le contrôle appartient à ton sang noir. Tu préfères croire qu'après la mort le néant te prendra, que tu flotteras dans le noir complet, la solitude infinie. Que le monde te foutra enfin la paix. Tu pourras dormir sans plus aucune pensée, sans plus aucun visage pour te réveiller, sans plus aucune voix pour te parler, sans plus de bruit pour t'effrayer. Aah… idiote. Si tu aspires à ce point à la paix, tu ne l'auras jamais.

D'un pas calme, un léger amusement aux lèvres, tu reviens à l'autel où il s'offre au pardon d'un Dieu qui a depuis longtemps abandonné ce monde. Alors ta main revient attraper la sienne, tes doigts glissant entre les siens comme une amante au chevet de son défunt. Mais il n'est pas encore mort et tu as depuis longtemps cessé d'aimer quelqu'un d'autre que toi.

N'est-ce pas magnifique, Gawain ? Je te libère de ce monde et tu m'offres la mort que tu m'as refusée. Main dans la main jusque l'autre côté. Ta main se resserre plus fort sur la sienne. Mais tes rêves ne sont ne sont que des rêves. Tu ne retourneras jamais là-bas. Lâchant sa main, tu lui tournes le dos pour t'appuyer à l'autel. J'en ai entendu parler, j'ai… vu certaines choses. Mais les portes sont fermées, elles ne s'ouvriront plus. Il n'y a plus rien là-bas. Ou pire que toi. Tu te penches finalement au-dessus de lui, pour mieux lui glisser ta folie en plein visage. Tu n'as pas voulu de ma mort quand je te l'ai offerte, il est trop tard pour la réclamer mais… Tes doigts glissent sur les siens, comme pour le défier de te tuer, ou donner un tout autre sens à tes mots… devrais-je t'amener un enfant de ce monde ? Je ne voudrais pas que tu me quittes en oubliant à quoi ressemble ton paradis.

Petite idiote. Combien de temps crois-tu que ça va te prendre de trouver un homme qui a traversé Darkness Falls ? Il va crever d'avoir trop attendu, d'avoir cru à tes mensonges, au poison que tu siffles à ses oreilles. Tu t'en crois capable, pourtant. Comme s'il avait besoin de ça, comme s'il dépendait tant de toi. Mais tu es inutile, Lili, tu ne serviras jamais à rien. Laisse-le donc crever sur l'autel de sa faim, de sa fin. Laisse-le libérer ta survie de sa détestable présence, de sa folie qui écrase la tienne. Laisse-le calmer la haine de ton cœur. Est-ce de ne pas avoir pu tuer un loup qui te rend aussi folle du sang d'un monstre ? Tu es plus perdue que jamais, ma jolie. Fais donc le dernier pas et tombe dans le néant avec moi. Tu n'es plus rien en ce monde, il est temps de découvrir le prochain.

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MessageSujet: Re: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Mer 22 Juil 2015, 15:18


Je n’en pouvais vraiment plus… Je me sentais si mal… Terriblement… Mal. Je me demandais pourquoi je me battais encore. Je ferme les yeux doucement. Je crois… Que je m’éteins. Là… Maintenant. Mais je senti les doigts de la jeune femme dans les miens, il était si difficile pour moi de résister à la tentation de me nourrir… Me nourrir d’elle. Je crois que je vais flancher, que par instinct je vais lui dérober tout ce qu’elle possède. Oui… Je crois que je vais… La tuer pour vivre. Quitte à devenir bien plus fou encore. Ses mots semblent une douce promesse funestes. J’ouvre finalement les yeux, je regarde les traits magnifique de cette femme comme si je ne les verrais jamais plus. Mes doigts tentèrent un mouvement, pour resserrer ses doigts, en signe que je m’accrochais encore à la vie. Le sang avait fini de couler de ma plaie, du moins j’en avais l’impression. Je me sentais vide… Puis elle m’arrache les boyaux en me clamant que je ne retrouverais jamais mon enfer. Je le voulais tant pourtant… Je le voulais… Ses doigts de femmes quittent les miens et me laisse un amer regret de ne pas avoir alimenté mon corps de son énergie vitale qu’elle avait elle-même prélevé sur quelques malheureux de ce monde. Puis je senti de nouveau sa peau contre la mienne, un râle de suffocation traverse la paroi de ma gorge alors que mes lèvres demeurent scellées. Je supposais qu’elle se réjouissait de me voir souffrir de la sorte. Si seulement… J’étais resté auprès de Chayton. Il ne m’arriverait rien avec lui, je connais ses souvenirs… Du moins une bonne partie. Et j’avais encore beaucoup à apprendre de lui… Beaucoup trop.

Finalement, j’attrape ses doigts farouchement, une lueur affamée dans les yeux. Je ne tiens plus. Et je lui répondais dans un ordre articulé d’une voix faible mais sèche « Apportes moi donc l’enfant Jésus. » Les enfants, la jeunesse est emplie d’énergie. Cette croissance en eux dissimulait bien des ressources. Je me réjouirais tant d’une telle créature, mais où en trouver en pleine nuit ? Ils sont précieusement cachés par leur mère, comme l’avait fait la mienne. Mais elle ne pu me protéger du mal, car il était en moi. Bien logé. Au creux de mes entrailles. Me dévorant petit à petit. Sans relâche. Sans pitié. Pas même un semblant. Et je ne m’en suis jamais plain. Bien au contraire. Le mal m’apporte depuis toujours une telle satisfaction. J’avais cependant une claire préférence à faire du mal que d’avoir mal. Qu’il m’aurait plu de dévorer ce Jessus Christ… Cet homme plein de convictions et de faux espoirs pour l’humanité. Stupide humanité. Ma main se lève se pose sur sa joue délicate. « Va ou je te tue… Il n’est pas trop tard Li… Apprend seulement que tout ne se produit que si je le décide. » Oui, sauf là… Je ne peux plus décider de grande chose… Mais je peux choisir de la tuer. Pour gagner la force nécessaire pour me trainer hors d’ici et trouver repas plus copieux… Je ne pourrais jamais m’arrêter de tuer, voila mon sentiment face à cette situation.

Mes yeux se perdent alors dans la fresque sur le plafond. Les anges me narguent. Et je sens mon corps se tordre de douleur sans je ne puisse rien en contrôler. Mon souffle s’arrêta un bref instant ; mon regard perdu semble se noyer dans mes souvenirs les plus atroces… Les plus doux… Non mère, je n’irais pas dans cet hôpital. « Aaahh… » Me plaignais-je en agrippant sa chevelure noire « Vos saloperies d’aiguilles n’atteindront jamais mon cœur… » Murmurais-je avec amertume. Aucun médicament ne m’a rendu : normal. Juste des souffrances infinies, sur ma peau blanche. Bande de salauds… Et malgré la douleur, je me redresse brutalement, tel en plein cauchemar ; mes ongles plantés dans la peau de sa main dans la mienne et mes yeux se plantent dans un regard qui nous fixe au loin. Notre vacarme a fini par attirer le pauvre père qui vivait dans cette chapelle. Et déjà, il trace la croix sur son cœur. Cela pourrait être la dernière… Les traits de mon visage déformés par la haine déchainent le pire coté du monstre. Ton dieu ne te sauvera pas mortelle et d’atroce tentacules noires déjà l’enroulent et l’attirent vers moi. Mes mains ne libérant point la pauvre créature qui pensait me vaincre : admires, trainée ; le pouvoir du diable. L’homme se mit à implorer son seigneur et je sais qu’il ne viendra pas. Et de mes lèvres s’échappe un rire grave, un rire qui ne semble venir du minet que je peux sembler être parfois. Je suis dans mes dernières ressources, près à tout pour survivre. Au diable l’enfant Jésus ; j’irais le chercher moi-même. « LA FOI T'AS RENDU AVEUGLE ! » Grondais-je en saisissant le visage de l'homme enfonçant mes doigts dans ses globes oculaires qui explosèrent, rependant leur liquide sur ce visage hurlant de douleur. Le monstre s'en lèche les babines et je suis venu chercher la lumière derrière ses yeux.
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MessageSujet: Re: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Ven 24 Juil 2015, 15:01



We only going to see us at Weddings and Funerals.

(pv) Gawain J. Fronzak


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Une pointe de panique serre ta gorge lorsque ses doigts attrapent les tiens. Tu sais qu'il pourrait le faire, te tuer, dans la détresse de sa condition, en frôlant cette mort dégueulasse qui s'accroche à son corps. Tu le sais et, comme chaque fois que ton cœur est prêt à lâcher, tu n'es plus sûre de le vouloir vraiment. Comme une petite voix dans ton cerveau qui te crie de te débattre, de ne laisser personne piétiner ta survie. Qui essaie de te convaincre que la mort n'est pas ta solution, qu'elle ne résoudra pas tes nombreux problèmes, qu'elle n'est qu'un passage vers une plus grande folie. Ah… tu serais déjà perdue si je n'étais pas là pour serrer mes mains sur ton crâne et te pousser à dire oui à la vie. Mais ce que tu comprends, avec ses doigts serrant les tiens, te laisse plus perdue que jamais. Tu veux mourir, oui, et tu sais que la mort viendra pour chacun – tu aimerais juste qu'elle se dépêche un peu plus. Ce qui t'effraie réellement dans la mort, ce qui t'empêche de faire le dernier pas, c'est qu'il y ait une vie après celle-ci.

A deux doigts de lui arracher ta main, ses paroles ébranlent tes folles pensées, étirent un fin sourire sur tes lèvres et chassent tes peurs idiotes. Le petit Jésus n'est que trop bien accroché à ses petites étoiles, et quand bien même il existerait un enfant de ce nom dans cette ville, tu doutes d'en trouver un sans la surveillance rapprochée d'une mère. Il serait imprudent de laisser un gosse seul dans la folie de l'apocalypse, n'est-ce pas ? Et tu ne doutes pas que les orphelins sont aujourd'hui mieux protégés qu'ils n'ont pu l'être autrefois, jalousement gardés pour « assurer l'avenir »… Quel avenir ? Ils seront morts avant d'être adulte, la fin du monde n'est plus très loin et si, par un malheureux hasard, ils deviennent grands… qui sait ce qu'ils seront alors ?

Le contact de sa paume sur ta joue t'arrache un frisson. De peur ? D'excitation ? Tu ne sais plus, tu es perdue. Égarée entre ton envie de le laisser te dévorer une bonne fois pour toutes et celle de fuir sa monstruosité. Tu dois faire un choix, Lili, avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'il ne le fasse sans te demander ton accord. Te laisser crever pour de bon, loin des loups, des hommes, des bouffons. Accueillir la mort les bras ouverts, le laisser s'imprégner de ta folie, de ton agréable utilité. Mais ne te fais pas d'illusions, danseuse, je ne passerai pas de ton esprit au sien. Si tu meurs, je t'accompagne de l'autre côté et nous verrons, ensemble, s'il existe une vie après la mort. Ou te laisser vivre une fois de plus, dans la peur, le vice, la folie d'une étonnante et double personnalité. Te laisser survivre, misérable, méprisable, à ramper dans la boue et le sang des damnés. Pire que morte, en vérité.

Ton regard se fait critique lorsqu'il glisse jusqu'au sien et tu perds ton envie de mourir pour celle de le voir souffrir le plus lentement possible. S'il le décide… vraiment ? Alors il a choisi d'agoniser, de presque crever, de te laisser piétiner sa blessure, son putain d'ego. A-t-il décidé, également, de la suite de tes actes, de tes pensées ? Car tu hésites, encore, à aller lui chercher de quoi le sauver, une pauvre âme égarée, ou à simplement le laisser pourrir, loin de ta peau pleine d'énergie. Là, dans l'instant, poussée par l'arrogance des hommes qui t'entourent, des hommes qui t'ont fait et te feront le plus de mal en cette ville, tu te sens capable de le faire, de te reculer et d'admirer la mort embrasser sa vulnérabilité. C'est presque trop tentant. Mais… pourras-tu seulement lui échapper ? Tu es ridicule, Lili, tu ne fais pas le poids. Il est faible, certes, mais la faim pousse les fous dans leurs retranchements. Il t'attrapera avant que tu ne puisses faire le moindre mouvement. S'il l'a décidé, bien évidemment…

Ton souffle se stoppe en même temps que le sien, tes iris sombres braqués sur ce regard qui ne voit plus rien. Est-il mort ? Non. Et tu te perds une fois de plus dans tes contradictions. L'humaine crie, pour une des rares fois de sa vie, à la mort qui s'amuse qu'elle ferait mieux de l'emporter. Le monstre rit si fort que tu pourrais t'y mettre toi aussi. C'est pourtant un tremblement qui t'échappe et pince tes lèvres. Est-il à ce point de la fin où les souvenirs s'emmêlent, se heurtent, brouillent tout une vie en quelques minutes de souffrances ? Tu doutes, alors, de l'intérêt d'aller chercher une âme en dehors de cette chapelle. Tu n'auras pas le temps de revenir que son corps sera déjà froid et obsolète. Tu te surprends à ne pas le vouloir, à t'être finalement décidée à l'aider. Mais, dis-moi, idiote, que peux-tu faire pour lui ?
Un grognement se faufile à travers ta gorge, pâle écho de ses douleurs tandis qu'il agrippe tes cheveux sans ménagement. Tu as envie de le tuer, en fait. Cesse donc de revenir sur toutes tes décisions, ma sœur, il n'est plus temps pour les hésitations, les questions et les réflexions. Agis, tu penseras après, non ? Non, tu t'y refuses, immobile, le crâne prêt à exploser de contradictions. Tu le laisses se servir de ta belle crinière comme d'un vulgaire torchon, la bouche tordue sur un rictus douloureux. C'est à peine si tu entendes son murmure, concentrée sur la meilleure façon de l'obliger à te lâcher. Tu appuierais bien sur sa blessure une nouvelle fois mais tu ne voudrais pas non plus lui donner l'envie de te tuer, n'est-ce pas ?
Alors tu endures sagement et profites qu'il se relève brutalement pour reculer et t'extirper de son emprise. Tu te retiens de lui envoyer ton poing dans la joue quand ses ongles se plantent violemment dans la peau de ta main, qu'il garde jalousement au creux de la sienne. Souhaite-t-il te faire partager ses souffrances ? Tu n'es pas sûre de le vouloir. Ne peut-il pas te laisser partir et crever tranquille ? Tandis que tu essaies d'échapper, une fois de plus, à son emprise, tu captes un mouvement du coin de l’œil, et une nouvelle odeur pour compléter le tableau de vos péchés et blasphèmes. Il ne manquait plus qu'un prêtre pour raccompagner le Diable aux enfers.

Si tu espérais que sa future victime fasse diversion, tu soupires devant la vérité : il ne compte pas te lâcher. Tu ne peux que regarder les tentacules qui s'emparent du pauvre idiot qui aurait mieux fait de rester dans son lit, les sourcils froncés et les mains crispées sur les siennes. Tu te surprends alors à admirer son pouvoir, à entendre le monstre gronder de jalousie au fond de ton cœur, tandis que la femme se recroqueville dans un coin, tremblante comme une feuille. Le rire, quant à lui, te fait frissonner, sans arriver à lui donner de signification. La folie t'a rendu aveugle, monstre. Car il faut être fou pour se promener de nuit quand on tient à peine debout. Mais tu ne dis rien et tu recules précipitamment quand il ose te rendre ta main endolorie qui commence déjà à se reconstituer une peau lisse et colorée, sous les rares gouttes de sang.
Prête à fuir en courant, l'humaine cherchant à prendre le pas sur le sang obscur qui l'habite, l'explosion au visage du prêtre la retient pourtant et cède tout à fait la place à l'être vicié. Tu reviens donc à ses côtés, présentant ta peau blessée par ses ongles dans une ultime provocation. Tu n'as pas de limite, monstre, et ta folie te pousse au suicide.

Je suis blessée maintenant. Tu laisses glisser un doigt sur la joue du religieux. Je suis sûre, mon père, que vous préféreriez que ce soit moi qui vous emmène de l'autre côté. Je suis une mort plus… alléchante. Et le suicide te pousse à l'ennui alors que tu lâches le malheureux et recules jusqu'à un banc en bois. Tu te perds et ta faiblesse ennuie notre bon petit père. Tu n'as plus ta vie devant toi pour jouer à chat, tu meurs, tu sais ? Ah, non… Un sourire vient étirer tes lèvres. ta vie se fane Gawain. Et plus rapidement que la mienne, au final.

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MessageSujet: Re: We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]   Lun 27 Juil 2015, 09:09


Je ne l’ai pas même vu prendre la fuite, telle une lâche emplis d’humanité. A peine commençais-je à m’amuser avec ma proie que je vies ce doigts étranger menacer de me subtiliser une partie de mon repas. Je lui déconseillais fortement de jouer à cela car je pourrais profiter de la jonction de nos peaux pour lui faire la peau. Le pauvre homme sanglotait de douleur. Puis finalement elle avait choisi de s’éloigner, ses mots résonnent dans mon esprit. Mes yeux plongé dans les orbites dégoulinant de l’humain je serrais sa gorge d’une poigne impitoyable et j’abordais lentement cette énergie, diminuant progressivement les ombres sous mon contrôle qui m’affaiblissaient. Je sentais une énergie d’une telle pureté me parcourir que je pensais bien en mourir à cet instant. Recevant les souvenir de cet être que je refoulais dans l’inconscient sans prendre la peine de les lire vraiment. Je sentais mon torse se gonfler de plaisir, la vie quittait peu à peu ce corps qui avait entendu bien des histoires finalement de tant de malheureux venus se confesser. Mes ongles se plantent dans la chair tendre de son cou et mon être se mit à trembler sous cette onde chaude qui se propageait dans celui-ci. Je sentais douloureusement ma plaie tendre à se refermer, me pompant une bonne partie de cette énergie que j’emmagasinais. Et les lèvres du pauvre père s’agitèrent pour dire ‘Vous avez péché mon fils…’ Oh ça je le savais, mais ces mots là semblaient tels des poignards au travers de ma poitrine. L’une de ses mains est venu caresser ses cheveux, les souvenirs oppressants de mon passé ; les voyait-il tout comme je pouvais dérober les siens ? J’en doutais et pourtant… Mon visage se tordit un instant de douleur avant de dire avec un sourire malsain « Et je continuerais… » Oh oui, je ne cesserais jamais. Le péché et le vice. Doucement la vie s’éteignait chez l’homme et bien trop rapidement il n’y avait plus rien à prendre en ce corps que je relâchais lourdement sur le sol de la petite chapelle.

Puis tout naturellement, je basculais mes jambes dans le vide. Me releva dans une démarche bien plus assurée et me dirigea vers Li-Mei qui se tenait là assise sur un banc. Je m’arrête à sa hauteur. Ainsi donc je fane petite fleur ? Elle m’aurait laissé flétrir là, devant elle. Je lui ferais payer un jour ; je serais si cruel qu’elle me suppliera et je me détournerai pour la laisser agonisante et peut-être alors, aurait-elle suffisamment de force pour survivre comme je l’ai fait. Ou alors elle disparaitra de cette terre comme elle semble tant le désirer. Sa cruauté à mon égard avait éveillé en moi, un incompréhensible sentiment… D’amour… Dieu sait à quel point, mon amour est poison en ce monde. Dévastateur.

Je lui adressais un sourire d’une tendresse sans égal. Prenant son visage entre mes mains, la dévisageant avec une pointe d’admiration pour la cruauté qui grandissait en elle, focaliser sa haine contre moi n’était pas un problème. J’éteignais son humanité. Et finalement je me suis penché un peu plus vers elle, laissant mes lèvres effleurer les siennes, puis mon poing est venu s’abattre sur ce joli minois qui je savais serait intact à peine notre conversation terminé. La violence de mon coup fit basculer ce corps fin et pourtant, je n’étais pas du genre à y aller avec les mains. Je ne serais certainement pas à la hauteur, mais j’avais des pouvoirs qui me permettaient bien de tricher. Puis sans un mot, dans la plus grande indifférence, je parcourrais l’allée entre les bancs jusqu’à la porte de la chapelle. Pas une vengeance ce coup mon si bel oiseau. Une douce promesse. L’on se reverra et attends-toi au pire. Je pousse la porte, et disparaît dans la ville sans me retourner. Riche d’un amour qui me mis à vrai dire hors de moi et me rendait bien plus affamé encore.
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We only going to see us at Weddings and Funerals ▬ Li & Gawain [terminé]

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