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 C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]

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MessageSujet: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Mar 14 Juil - 11:55

C'est en marchant dans les entrailles
Que les barbares vont a l'assaut
Et par le fer des haches de batailles
Tailler la chair et broyer les os.


La Marche Barbare - Naheulbeulk



Lorsque ta voiture lancée à pleine vitesse a fendu l'air glacial après que vous ayez passé la porte Est de la Nouvelle Orléans, tu t'es senti revivre. Un sourire aux lèvres, tu as baissé les fenêtres et monté la musique.

« Liberté ! »

Titine a râlé quand tu as passé la cinquième mais elle s'est élancée sur les routes sinueuses et bientôt beaucoup plus sombres. La végétation a commencé à disparaître sous le givre pour ne plus du tout repousser, et l'air s'est raréfié, alourdi. Le ciel lui-même s'est séparé du soleil qui garde sa chaleur pour la nouvelle capitale des Etats-Unis et s'est recouvert, à l'approche de la ville gelée, d'une masse de nuages gris et noirs qui roulent les uns entre les autres dans la menace d'un orage dévastateur. Bientôt, la route devient difficilement praticable et tu te vois obligé malheureusement de fermer les fenêtres si vous ne voulez pas mourir de froid. Ta veste de cuir semble soudain bien légère. Il serait tellement idiot de crever d'hypothermie plutôt que par une morsure de zombie.
Malgré le poids de la voiture et la tenue des pneus, la laguna commence doucement a glisser alors que les alentours se recouvrent de neige et de glace. Au loin, la silhouette fantomatique de New York se dresse dans l'Enfer Blanc, au delà du pont désert.

« Il va falloir continuer à pied. »

Comme lorsque vous avez visité l'hôpital psychiatrique, tu te gares sur le côté du chemin pendant que la voiture peut encore rouler sans se prendre dans le givre dans les roues. Tu arrêtes le moteur, détaches ta ceinture et entreprends d'enfiler rapidement un lourd sweat de coton sous ta veste dans laquelle tu commences à grelotter. Tu entoures ton cou d'une écharpe, rabats la capuche sur ta tête, plonge les clés de la voiture dans ta poche avant d'enfiler des gants de polaire et de t'extirper du véhicule. Le vent s'engouffre dans les fibres du tissu et te glace les os ; il ne faudra pas rester immobile trop longtemps. Heureusement, il ne neige pas, et vous avez pas le risque de retrouver la voiture enfouie. Tu gagnes le coffre de cette dernière et y pêches ton sac à dos. Cette fois-ci, ce sont deux lampes torches qui y sommeillent pour le moment et quelques potions de ta composition au cas où les choses venaient à mal tourner – et elles vont mal tourner ; antalgiques, chaleur liquide et coagulants se bousculent dans un cliquetis tandis que tu endosses le sac avant de saisir une hache. Tu refermes le coffre avant de contourner l'habitacle et d'aller donner l'arme à Andon.

« Tiens, cadeau. On va se faire le plus discret possible mais tu auras peut-être besoin de t'en servir. Essaie de le faire quand j'ai le dos tourné. »

Quelle magnifique idée que d'aller se perdre dans la froide New York gorgée de zombies quand on a une peur panique du sang. Aussi belle que celle que tu as eue d'aller visiter l'hôpital psychiatrique en plein milieu d'une nuit de tempête.

« Ce qu'on a vu dans l'hosto c'était de la crème chantilly à côté de ce qui nous attend. Nous avons eu la chance incroyable de n'en croiser qu'un seul. En général ils se déplacent en meutes. Ils ne sont pas très rapides, mais s'ils te chopent à plusieurs, ils te bouffent. Si tu en croises un qui t'approche d'un peu trop près et que tu n'as pas le temps de l'éviter, vise le cerveau, c'est la seule manière de les tuer. Ils entendent et sentent particulièrement bien notre odeur. Même en étant discret, on va les attirer. Ils ne sentent pas la douleur et ne s’essoufflent jamais, contrairement à nous. Si on en sort vivant, Wes pourra être content d'avoir un disciple de ton acabit. »
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Mar 14 Juil - 17:52

Je ne sais toujours pas ce que je fais à bord de cette voiture, à côté de ce psychopathe qui m'avait emmené une fois dans un hôpital psychiatrique désaffecté, en plein orage, et en pleine nuit. Je me rappelle bien du savon que Wesley m'avait passé lorsque j'étais rentré trempé et transis de froid et du coup de fil qu'il avait immédiatement passé à son ami. Et pourtant, je suis là, à côté de lui, dans cette même voiture qui nous emmène quelque part pour de nouvelles aventures tout aussi psychopathiques …

La musique sonne à fond dans l'habitacle, le vent s'engouffre par les fenêtres ouvertes. Il fait encore mais sans doute pas pour longtemps vu que Loon m'a dit d'emporter une veste et un pantalon long. Le pantalon je l'avais déjà mis mais je suis resté en t-shirt et j'ai la veste dans mon sac. De l'eau aussi, de quoi manger, un autre t-shirt, une lampe torche, des piles .. tout ce qu'il faut pour une bonne excursion.

Bientôt Loon referme les fenêtres de la voiture et je sens l'air s'engouffrer tout de même. C'est là qu'il me dit que nous devons continuer à pied. Je le regarde avec des gros yeux.

- T'es sérieux ?

Non mais franchement, on est sans doute encore assez loin de la ville et on doit réellement marcher jusque là bas ? Je sors de la voiture en sautant et me rétame par terre. Je glisse sur le gel … Ok j'ai compris pourquoi on doit finir à pied. J'attrape mon sac, sors ma veste et l'enfile avant de la boutonner, puis règle les hanses pour qu'il soit ni trop bas ni trop haut dans mon dos. C'est mon sac de cours mais les bretelles bougent sans arrêt.

Je sens mon coude me piquer un peu et, en relevant la manche, je constate que la glace m'a fait une petite entaille. Quelques perles de sang apparaissent, vite estompées par le tissus. Puis là, Loon me donne une hache.

- Sérieusement ? Tu crois vraiment que je vais aller casser du zombie là ?

Je la prends toutefois. Elle n'est pas très lourde mais encombrante. Et si je glisse encore et qu'elle me tombe sur la jambe … Non en fait je ne veux même pas le savoir ! On commence à marcher et Loon commence à déblatérer un taux monstrueux de parole, comme s'il récitait un manuel appris par cœur.

- Et mis à part ça c'est quand même toi qui a voulu qu'on vienne ici. Pourquoi d'ailleurs ? Ah oui au fait ! Ici il fait jour donc ce sera déjà plus simple de voir et d'anticiper les choses.

Ou pas. En fait je n'en sais rien, j'ai toujours évité les quartiers où les rôdeurs trainaient le plus. Je ne tiens pas particulièrement à me faire bouffer leur cerveau. Alors, bon dieu, qu'est-ce qui m'a pris d'accepter de le suivre dans un de ses nouveaux délires ? Je dois être complètement frappé, moi aussi !
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Mar 14 Juil - 18:35

« Eh. »

Tu te retournes et pointes un doigt ganté de laine sur ta poitrine.

« C'est toi qui a accepté. »

Non mais quelle idée de rejeter la faute sur toi ! La dernière fois, tu as proposé, et il a accepté aussi ! Il peut très bien rester dans la voiture sinon. Et lorsque vous avez visité cet hôpital psychiatrique il y a quelques jours de cela, c'est bien toi qui a été blessé, lui s'en est sorti indemne...physiquement, parce que tu ne sais pas du tout s'il lui reste des souvenirs de la perte de conscience qui l'a touché lorsque vous avez aperçu le rôdeur à l'étage du bloc.

« Le jour ne change rien, c'est une ville fantôme peuplée de cochonneries de toute façon. Et par contre, là, vraiment, il ne faut pas faire de bruit, parce qu'il n'y aura pas l'orage pour nous couvrir. »

Un silence de mort plane en effet sur le pont gelé. L'épaisse couche de neige qui recouvre la ville de New York et ses environs joue le rôle d'un insonorisant naturel. Depuis que vous êtes descendus de la voiture, le vent s'est éteint, ne laissant que le vide intersidéral de ce néant mortuaire. Tu te retournes une dernière fois en direction de ta voiture tandis qu'Andon règle les bretelles de son sac à dos qui se voient modifiées par l'épaisse conséquente de sa veste.

« Ne laisse rien de valeur, je ne ferme pas la voiture, sinon avec ce froid je ne pourrai jamais la ré-ouvrir et on restera coincés. »

Les conséquences de cette éventuelle erreur se suspendent dans l'air glacial qui te meurtrit les narines à chaque respiration. Tu plonges le nez dans ton écharpe avant d'entamer une marche précautionneuse sur l'immense plaque de verglas qu'est le Verrazano Narrows Bridge. Tu remarques que Andon marche d'un pas décidé à tes côtés et que depuis votre dernière escapade, il a abandonné lui aussi le vouvoiement ; faut dire que passer conjointement à côté de la mort, ça rapproche, pas vrai ? Bientôt ta peau s'habitue au froid et les mouvements permettent de véhiculer une chaleur corporelle qui imprègne les fibres de tes vêtements. Devant vous le point semble s'étendre à l'infini. Il est recouvert de voitures qui semblent posées, là, naturellement. De part et d'autre s'étend le vide ; plusieurs centaines de mètres d'un air glacial vous séparent d'une eau glacée aux couleurs de rouille, alimentée par les cadavres qui y pourrissent lentement à cause de la faible température.

« T'as habité à New York avant l'exode où t'es né à New Orleans ? » demandes-tu distraitement tandis que tes yeux se promènent autour de vous.

Il ne semble pas y avoir de rôdeur, par ici. Tu scrutes néanmoins chaque parcelle de l'environnement qui t'entoure au cas où l'un d'eux venait à surgir de derrière une voiture pour vous égorger. Tu te demandes à quoi ressemble Queens, le quartier où tu habitais alors avec tes mères. Le quartier proche de celui de Seraphina, de celui d'Alvin.
Tout désormais est figé dans un souvenir de glace.
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Jeu 16 Juil - 9:46

- J'ai accepté oui, mais je suis pas là non plus pour faire de la marche à pied !

Je râle un peu, je provoque, je cherche, mais je suis également impatient d'entrer dans la ville et de voir tous les changements qui ont eu lieu depuis que la population a été contrainte de déménager vers des terres plus chaudes. Juste la Nouvelle Orléans. C'est restreint pour voyager et s'évader. On nous parle toujours de la glace qui a pris possession de New York et des autres villes. Je veux bien croire que tout ce qui est plus au nord de la Nouvelle Orléans soit glacé mais tout ce qui est plus au sud c'est quoi ? Un désert ensoleillé ?

- Tu sais que leur odorat est plus développé que leur ouïe ?

Je n'ai pas vraiment l'intention de rester silencieux tout le long du périple. Je sors de la voiture, règle mon sac à dos tout en pestant car il faudra que je les modifie une nouvelle fois en revenant. Il gèle ici, je me suis couvert alors que je traine en t-shirt à la Nouvelle Orléans et du coup, le sac ne rentrait plus. La misère.

- C'est bon.

Rien de valeur, tout est dans mon sac. Enfin, même ce qu'il y a dedans ce n'est pas des choses de valeur. Loon se met en route, je le suis. Je ne sens déjà presque plus mes pauvres orteils. Les chaussures de toile que j'ai mis ne sont pas suffisantes. Des vieilles Converses bien confortables, c'est le must. Par contre, en fait, j'aurai du mettre des boots.

Les lieux sont apocalyptiques. Cette impression me donne la chair de poule d'avantage que le froid. Tout est trop calme, silencieux. Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai accepté de venir ici. Repasser devant l'ancien appartement où j'ai vécu quelques mois, devant les quelques rues que j'ai fréquenté quand je quittais le foyer pour échapper aux disputes et aux tensions. Tout n'a pas été rose avec Wesley. Aujourd'hui, on se comprend d'avantage. Mais ce fut difficile.

- Je vivais à Boston avant d'aller chez Wes. On y est pas resté longtemps, à New York.

Ma réponse est naturelle. Je hausse les épaules en prenant la parole. Ce n'est pas quelque chose d'intimement personnel, je n'ai rien à cacher me concernant, de toute façon. La seule chose importante et que je préfèrerai garder pour moi, c'est mon incapacité à gérer la colère et tout ce qui s'en rapproche. Mais ça, je suis bien obligé de l'admettre, ce n'est vraiment pas facile à cacher.

- Tu vivais ici, toi ?

J'ai comme l'impression qu'il n'a pas voulu venir ici uniquement pour tester son adrénaline et casser du zombie. Peut-être cherche t-il des souvenirs ? Il va peut-être m'emmener là où il vivait avant ? Je n'en sais rien et je le laisse prendre les commandes de l'aventure.

Pour l'instant, il n'a pas de bruit sauf nos pas sur cette étrange substance de glace au sol. Ma respiration rejette des petits nuages de fumée. Il fait vraiment froid. J'observe les carcasses de voiture les plus proches de notre duo. Personne. Aucun cadavre à l'intérieur. Comme si la population s'était envolée subitement. C'est étrange. Et oppressant.
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Jeu 16 Juil - 10:07

« Qu'est-ce qu'il y a, tu veux monter sur mon dos ? »

Tu avises sa carcasse et en conclus quand même que malgré ta force physique Andon est loin d'être une petite crevette et que tu ne pourrais pas le porter tout le long de ton périple. Qu'est-ce qu'il peut être petite nature celui-ci. Il ressemble à une femme, parfois, à dire le contraire de ce qu'il pense. Alors qu'il a accepté de venir, et ce, malgré l'épisode mouvementé de l'hôpital psychiatrique, mais il continue à râler. Tu imagines déjà ses cris de vierge effarouchée alors même qu'il fait jour. Il trouvera bien un peu d'énergie à puiser dans cette colère qui lui semble si familière pour tailler en pièce les zombies qui se planteraient sur votre chemin.
C'est cependant toi qui ouvre la marche ; contrairement à ce qu'on pourrait penser, quand on va dans ce type d'endroit, ce sont ses arrières qu'il faut surveiller. Andon l'a très bien compris la dernière fois quand il a fini par te chipper la lampe torche et te passer devant, trop flippé de se faire croquer les fesses par le rôdeur qui vous poursuivait alors.

« Comment vous vous êtes rencontrés ? » demandes-tu. « Wes' et toi ? »

Tes chaussures renforcées craquent dans la neige, glissent sur la glace. Parfois, tu te rattrapes au rétroviseur d'une voiture en étouffant un cri. Tu te demandes quelque part, s'il se répercuterait quand tu le laisserais échapper. En dessous de vous, les flots ne sont plus agités du moindre mouvement. Ils stagnent désespérément, rempli d'un tas de saletés qui feraient passer les marais du bayou pour une source thermale et qui assurent sans conteste une mort douloureuse à la victime que l'impressionnante chute de dix mètres n'aura pas tuée.
Bien entendu la question d'Andon ne se fait pas attendre.

« Je suis né ici. »

Combien de fois as-tu traversé ce pont à l'arrière d'une voiture ? Combien de fois t'es-tu demandé s'il n'allait pas céder sous le poids des bouchons ? Combien de fois n'es-tu pas sorti fumer une cigarette alors que ces derniers s'éternisaient ? Les souvenirs peinent à te revenir en mémoire. Les plus vieux sont déjà loin, figés dans la glace, et peut-être vont-ils remonter à la surface comme les cadavres remontent de la terre humide lorsqu'il pleut trop, si jamais vous passez dans le quartier de ton enfance. A supposer que tout est en aussi bon état que le pont et les voitures qui y demeurent pour l'éternité, les réminiscences risquent d'être particulièrement brutales.

« Je suis parti en 2013, quand on ne nous a pas laissé le choix. Toute ma vie est ici. Mon enfance, mes études, mes amours, mes joies, mes peines. Il faut admettre que le climat de la Nouvelle Orléans était le mieux pour tout le monde, même si je préfère celui-ci. Risquer ma vie tous les jours et vivre en unique survivant dans cette ville fantôme...ouais, non, moyen. Pourtant on raconte que des ermites vivent encore ici. En mode survival. »
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Ven 17 Juil - 11:59

- Non, c'est bon.

Je me renfrogne légèrement et redresse mon sac qui pend sur mon dos. Loon se met en marche et je me mets derrière. Il fait jour, je n'ai pas de crainte. Je m'avance toutefois rapidement à sa hauteur, c'est plus simple pour discuter et pour entamer un dos à dos au cas où les zombies arriveraient trop vite sur notre piste. J'observe les environs et mon compagnon commence déjà à poser les questions. Il est curieux, un peu comme moi, sauf que ça ne me gêne pas quand c'est moi qui demande les choses. Là, c'est différent. C'est énervant quand on vous pose toujours les mêmes questions mais là, ce n'est pas dérangeant. Je lui réponds sans chercher à cacher un vice quelconque.

- Au foyer. Plusieurs jours après les délibérations du juge. On m'a dit qu'il avait des affaires à régler quelque part et j'ai attendu dans un foyer qu'il vienne me chercher.

Je regarde devant moi en répondant mais ne manque pas d'observer Loon se raccrocher plusieurs fois aux rétroviseurs pour éviter de tomber en glissant. Le sol est détrempé mais gelé et je le sais bien car je suis tombé en sortant de la voiture. Je me moque silencieusement. Je sais qu'il a vu ma chute et je serai mal avisé de me moquer pour m'en prendre plein la tronche par la suite.
L'homme me confie ensuite être né ici. Je suis né un peu plus au nord et je n'ai jamais véritablement connu New York, mais je me dis que, maintenant, il ne m'a peut être pas trimbalé jusqu'ici uniquement pour quelques frayeurs. Peut-être que quelque chose le pousse à venir spécialement dans cette ville plutôt que dans un des petits villages gelés aux environs.

Je ne sais pas trop quoi dire quand il me raconte les souvenirs et les émotions liées à cette ville. Il l'affectionne et je sens que c'était difficile pour lui d'avoir du partir. Ce n'est pas facile de quitter un endroit qu'on aime.

- Quand j'ai quitté Boston, je ne savais pas ce que j'allais devenir. Je ne savais pas qui était mon tuteur et j'étais trop concentré à ruminer sur le fait que j'allais devoir rester en foyer quelques jours pour m'apitoyer sur mon sort. Pourtant .. je ne regrette pas tellement d'être parti. Sauf quelques amis peut-être mais le reste ne me raccrochait à rien de bon.

Je hausse les épaules en lui disant tout ceci. Puis je regarde un peu plus ce qui nous entoure. Nous avons fini de traverser le pont et, sur plusieurs centaines de mètres, s'étendent les avenues sur lesquelles les voitures sont lamentablement échouées. Un cimetière de voiture. C'est tellement gai ..

- Il fait trop froid pour que je veuille vivre ici, perso. Mais je pense que ce sont des légendes. Personne ne serait assez fou pour vivre à côté de zombies sans perdre la boule.

Ou alors, ce sont des gens qui ont fui le gouvernement. Les gens en parlent tout le temps. Radio, télé, journaux, le gouvernement est partout. Certains l'approuvent, et restent, d'autres le dénigrent, mais restent. Et puis, il y a sans doute quelques courageux qui ont préféré prendre la fuite. Honnêtement, le gouvernement n'est pas mon problème. Je n'ai pas affaire avec eux. Enfin, pas encore, du moins.

- On va par où ?
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Ven 17 Juil - 18:15

Ce que Andon veut bien te raconter n'explique en rien pourquoi Wesley l'a récupéré. Tu l'écoutes tranquillement, enjambant des débris, parfois des corps piégés dans la glace, sillonnant le chemin orné de voitures comme Andon sillonne ses propres souvenirs pour te les confier. Ainsi donc, son histoire pas toute rose lui a collé le potentiel de ceux qui savent facilement s'adapter parce qu'ils y sont habitués et parce qu'ils n'ont pas eu le choix. Tu te demandes comment il a bien pu se retrouver en foyer : délinquance ? Mort de ses parents ? Abandon de ces derniers ? Toutes les solutions sont possibles, mais poser davantage de questions reviendrait à porter un jugement implicite sur l'adolescent qui te suit et ce n'est pas dans tes projets ni dans tes principes. Tu acquiesces simplement.

« Et ça se passe bien ? »

En tout cas même si ça se passe bien, ça doit se passer bizarrement. Wesley est un personnage étrange qui trempe dans les cochonneries illicites depuis son adolescence : c'est d'ailleurs sur ce terrain que vous vous êtes rencontrés. D'abord rivaux, vous avez fini par devenir des associés proches et même si votre relation n'a rien d'une amitié, vous êtes mutuellement loyaux et chacun peut compter sur l'autre en toutes circonstances. D'une certaine manière, Andon te rappelle un « toi » passé. Tu devais avoir seize, dix-sept ans quand tu as rencontré Wes, l’œil vif et la rage au ventre. Oui, à bien y réfléchir, la ressemblance est troublante.

« Je suppose. » conçois-tu tandis qu'Andon évoque le climat invivable. « Mais la ville est aussi abandonnée qu'accessible. La tranquillité suprême. Regarde, le bayou où l'on s'est rencontrés est étonnamment peuplé malgré son climat tropical et ses cochonneries qui sommeillent dans l'eau et les arbres. Ici, c'est juste l'exact opposé niveau température, après-tout. »

Tu ne serais pas surpris de voir débouler un ermite acariâtre, fusil de chasse sur le dos, chien sur ses talons vous faire la morale sur la stupidité et l'inutilité de venir jusqu'ici. Peut-être que certaines personnes sont assez tarées pour vivre ici, chassant du zombie pour s'en faire du sauciflard ou en élevant en batterie pour en faire une armée. Cette pensée te fait tressaillir ; si Andon ignore certainement tout des créatures magiques comme en atteste son attitude dubitative auprès des rôdeurs jusqu'à ce que l'un d'entre eux vous poursuive, toi en revanche tu es parfaitement renseigné. Andon n'a aucune idée de la portée de sa pensée lorsqu'il songe qu'il faut être dérangé pour venir ici.

Vous gagnez la fin du pont pour pénétrer sur l'un des plus gros carrefours de New York, qui bien évidemment, à première vue, se révèle désert et totalement silencieux. Seul le murmure du vent se manifeste à vos oreilles et le froid perce la fibre de tes vêtements pourtant chauds. Ton cœur s'accélère, chargé d'une anxiété inhérente à la prise de risques en même temps que des souvenirs qui affluent à ton esprit sous la forme de flashs. Ces derniers se superposent à ta vision actuelle des choses, figurant une New York ensoleillée, vivante, aux rues bondées et animée des klaxons. Une NewYork qui n'existe plus et n'existera plus jamais. La question d'Andon te fait brutalement revenir à la froide réalité. C'est vrai qu'entre vous deux c'est plutôt à toi de jouer les guides touristiques.

« A gauche on a The Queens, le quartier où je suis né et qui est devenu une zone industrielle par la suite. A droite, Manhattan, tourisme, tout ça. En face, le fameux Bronx et tout au fond à droite, Brooklyn et la plage, qui n'en est plus vraiment une maintenant. »

Tu plies et déplies tes doigts qui s'engourdissent.

« A toi de choisir. »
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Lun 20 Juil - 9:53

Loon semble bien curieux. Il me pose plusieurs questions sur Wesley, notre cohabitation, ce genre de choses. Je sais qu'il connait mon tuteur et ce n'est pas quelque chose qui me dérange outre mesure. En revanche, quelque chose me pousse à garder certaines choses sous silence. Certaines disputes avec Wesley, convocation par le doyen de l'université, tout ce genre de petits trucs pas très glorieux. A part les bêtises que je peux faire, tout semble bien se passer.

- Oui ça va.

Je n'entre pas plus dans les détails. J'en ai déjà assez dit sur ma vie, tandis que lui ne m'a rien avoué. A dire vrai je m'en fiche un peu. Je suis curieux de nature mais connaitre la vie des gens n'est pas quelque chose qui m'intéresse fortement. Il faut que ça ait un rapport avec un but, une découverte, ce genre de choses. Juste connaitre leur vie, je m'en fiche.

- Comment tu as connu Wesley ?

Même si ce genre de question n'est pas ce que j'appelle un truc croustillant à savoir, il est bien de faire la conversation et de cerner un peu le pote de mon tuteur. Puisqu'ils se connaissent, autant en savoir un peu plus sur leur relation. Cerner un peu tout ça pour savoir la liberté que ça me donne, ce genre de choses. Toujours prévoir, c'est essentiel. Chose que, pourtant, je ne fais pratiquement jamais.

Nous évoquons ensuite le climat. Quelque chose me dit que ça ne déplairait pas à l'homme à côté de moi, de vivre ici. Complètement barjot ! Jamais je ne pourrai vivre ici. Il fait trop froid. Mais les changements de saison me manquent. Eté, automne, hiver, printemps. Cette succession n'est plus qu'un mythe à présent. La Nouvelle Orléans est un lieu estival. New York est hivernale. Deux endroits à plusieurs kilomètres l'un de l'autre et pourtant radicalement différents niveau température.

- Tu aimerais revivre ici, toi ? Même avec ce climat ?

Puis je me stoppe durant quelques secondes. J'observe les environs. C'est vrai que tout est calme. Trop calme. J'aime les endroits isolés mais pas à ce point. Et généralement, quand je m'isole, c'est pour faire quelque chose d'illicite. Pas pour le plaisir de rester seul. En plus, souvent, j'ai un ou deux potes avec moi. Les conneries, c'est mieux quand c'est fait à plusieurs.

On s'arrête à un embranchement et Loon m'explique les anciens quartiers. Il me donne leur nom, ce qu'il y avait avant à la place de la glace. La plage me tente bien. Mais bon, si ce n'est plus que de la glace, ce n'est pas vraiment utile à observer. Voir l'océan, en tout cas, ça peut être sympa. J'hésite. Je ne sais pas.

- Le Bronx ?

Je dis ça au hasard. J'en ai souvent entendu parlé, c'est pour ça que je choisis celui-là. J'aimerai bien le voir, même s'il n'a plus rien à voir avec ce qu'il était avant. Mais ça peut être sympa. Enfin, je ne sais pas trop. On verra bien.
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Lun 20 Juil - 12:25

Comment tu as connu Wesley. La question devait tomber à un moment où à un autre. Haussant les sourcils, tu réfléchis quelques secondes avant de te demander de quelle manière tu dois tourner le récit. Andon est-il au courant de l'activité illégale, quasi mafieuse, de ton ami d'enfance ? La cautionne-t-il ? N'est-ce peut-être pas pour cela qu'Andon s'est retrouvé sous la protection de Wes ? Wes n'a pas l'instinct paternel et ne s'encombrerait pas d'un gamin de aller, quoi, vingt-et-un ans, simplement parce qu'il a eu un coup de cœur pour lui comme on a un coup de cœur pour un animal. Il doit lui trouver quelque chose, mais quoi ? S'ils se connaissent depuis le temps décrit par Andon, ce dernier aurait du abandonner rapidement son potentiel râleur. Ou alors ils sont d'une lointaine même famille.

« Nous sommes nés tous les deux ici, en fait. Il n'a qu'un an de plus que moi, on a vécu dans le même quartier, donc on s'est inévitablement retrouvés dans la même école à un moment donné. C'était au lycée. Disons que... »

Pis merde.

« J'ai été très, très tôt passionné de potions et ce qui était au départ inoffensif est devenu finalement redoutable. Quand au lycée tu commences à faire les expériences du sexe, de la cigarette et de la drogue, ça influe inévitablement sur ton comportement et sur ce que tu vis quotidiennement. Alors fatalement j'ai commencé à fabriquer des substances psychotropes. Et à les vendre. »

Haussement d'épaules. Pauvres mamans qui l'ignorent et qui te pensent encore tout gentil tout mignon. Si elles savaient seulement ce que leur éducation pleine d'amour et de bon sens a fait de leur fils chéri. Si elles savaient seulement que leur divorce a réveillé des vieux démons pour précipiter leur progéniture dans les abîmes de la folie.

« Désolé si tu pensais que j'étais un enfant de cœur. »

Tu éclates de rire. Un enfant de cœur n'empêche pas une connaissance toute fraîche aller risquer sa vie dans un asile désaffecté. Vous parvenez à l'embranchement et Andon choisit d'aller visiter le Bronx. Lui non plus ne semble pas avoir fait que des jolies choses tout au long de sa vie pour se soucier d'un quartier aussi mal famé. Vous traversez donc le carrefour sans vous soucier des signalisations caduques et des murmures qui courent autour de vous, que de toute façon Andon n'entend pas.

« Pour finir ce que je disais, il se trouve que Wesley faisait la même chose donc on s'est rentrés dedans un moment en tant que rivaux, jusqu'à ce qu'un troisième connard redoutable vienne s'ajouter à l'équation. On a décidé de faire du business ensemble pour jarter cet enfoiré et on a obtenu la suprématie totale sur la partie obscure du lycée. On ne s'est jamais quittés depuis. »

Le bon vieux temps innocent a perduré durant toutes ces années alors que vous avez pourtant pris des chemins professionnels et émotionnels différents. Cela te fait penser qu'hormis Alvin et Seraphina, tes deux plus proches amis, tu as gardé contact avec tout le monde. Sauf avec ceux à qui tu tenais le plus. C'est étrange. Comme si tu savais que tu allais les retrouver, quelque part, poussé par le destin.

« Je ne suis pas un solitaire. Pour rester auprès de ceux que j'aime je peux bien supporter les quarante degrés perpétuels de cette belle cuvette pleine de paillettes. »
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Mar 21 Juil - 9:46

- Ouais, tu magouilles la même merde que Wesley. Tu en prends toi ? Ou tu les vends simplement ?

Il avait hésité. Sans doute qu'il ne savait pas que j'étais déjà au courant de toutes les activités illicites de mon tuteur. J'en avais même testé certaines. Les petits sachets de poudre, les bouteilles de rhum et tout ce genre de truc. Tout ce qui était arme, je n'avais pas touché. Je suis un peu maladroit et le coup aurait pu partir sans que je ne le veuille, et les dégâts auraient été conséquents.

Je peux toutefois calculer l'âge de Loon. Vingt-huit ans. Il a un an de moins que Wesley, d'après ce qu'il me dit. Soit onze ans de plus que moi. Je ne traine vraiment pas avec des gens de mon âge, ni avec des gens rangés et cleans. De toute façon, depuis ma naissance, je ne suis pas entouré de gens normaux. Sauf ma mère, sans doute. Et les gens qui ont été dans mes classes. Et ceux de l'université aussi, ils sont à peu près normaux.

- Tu penses peut-être que je le suis ? J'ai été viré de trois collèges différents et l'université a déjà convoqué Wesley plus de quatre fois.

Non pas que je sois content d'afficher ce palmarès, mais je n'en ai pas honte. Je travaille quand même bien, j'ai des notes convenables et je donne un bon coup de boost en foot américain. Donc, je ne suis pas un mauvais élément. Pas entièrement en tout cas. C'est juste cette histoire de colère ingérable. Le reste, ça va.

Lorsqu'on déboule sur le Bronx, je reste silencieux. Les lieux ne sont pas du tout comme certains me les ont décrit. En même temps, New York ne ressemble plus à rien depuis les cataclysmes et ce froid permanent. Toutefois, j'aime bien imaginer ce que c'était avant et repérer des lieux dont on m'a parlé. Des amis ont gardé des photos d'eux là bas, il suffit de les flouter et de regarder uniquement le décor.

- Il a commencé jeune alors. Je m'en doutais un peu de toute façon et ça ne m'étonne pas qu'il ait eu gain de cause.

Je m'arrête quelques instants pour fouiller dans mon sac et prendre un truc à manger. J'opte pour une barre de céréales dont le chocolat n'a pas fondu vu la température. Tant mieux. J'ouvre l'emballage et le jette dans la poubelle la plus proche. Même si plus personne ne vit ici, je ne veux pas polluer ou laisser mes déchets. Alors je m'arrête près d'un container abandonné, envoie le papier voler à l'intérieur et continue ma route.

- T'en veux une ?

Je propose à Loon une autre barre que je garde dans ma poche pour après, même si je sais qu'il faut que j'arrête de manger en dehors des repas. Pourtant, je ne peux pas m'en empêcher.

- Ouais. Je comprends.

Je n'ai pas vraiment de personne que j'aime pour vouloir rester indéfiniment avec eux. Disons que je les supporte et c'est bien assez. On s'entend bien, on reste ensemble le temps qu'il faut et chacun reprend sa vie. Certains m'ont plus marqué que d'autres, et ça me manque de ne plus faire de bêtises avec eux. Une partie est allée s'installer ailleurs, d'autres sont sans doute morts et un autre petit noyau est dans la même fac que moi. Pas forcément la même section, mais on se voit encore et ça, c'est cool.
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Mar 21 Juil - 10:40

« Les deux. » réponds-tu naturellement. « Ce que j'ai avalé la dernière fois pour me tenir éveillé en fait partie. »

Et oui très cher, tu fais une petite escapade avec un Nightkeeper drogué jusqu'à la moelle, elle est pas belle, la vie ? Non, elle n'est pas belle. Depuis l'exode, ta vie n'a rien d'un conte de fées, et cette cité fantôme dans laquelle vous déambulez te le rappelle chaque seconde. Oh, tu ne te drogues pas à outrance pour fuir la réalité, tu aimes la réalité, tu aimes la vie, et la vie est trop courte. C'est ainsi que tu fais diverses expériences et qu'après tout, le meilleur cobaye du monde reste soi-même. Tu es ton propre sujet, ton propre témoin, ton propre laboratoire. Ton beau corps se détériore et se gangrène de l'intérieur sous tes sourires solaires et ton regard joueur. Ceci dit tu apprends par la suite qu'Andon n'a rien à te reprocher puisque jusqu'à présent, il n'a pas été tout blanc dans sa vie. La proximité qu'il entretient avec le système scolaire te fait cependant tiquer.

« Collège, université ? Mais tu as quel âge ? »

Soudainement tes hypothèses font un étrange chemin jusqu'à passer sous la barre des vingt ans. La façon dont il se comporte, la façon dont il encaisse les chocs, la facilité avec laquelle il s'énerve, la relation étrange qui le lie à Wesley...Plus tu le regardes, plus tu découvres sa jeunesse et tout à coup, tu te dis qu'il a du double plusieurs fois...à défaut de n'être tout simplement pas majeur. Tes yeux se posent sur la hache qu'il tient dans la main et tu te dis que si jamais tu abîmes le petit protégé de Wesley, tu vas prendre cher.
Vous remontez l'avenue jusqu'à atteindre le quartier le plus célèbre de New York par sa dangerosité. Sans paraître inoffensif, il est désormais désert et son ambiance est sans conteste plus sombre et plus oppressante que celle du reste de la ville.
Des enseignes vides s'étalent en désordre le long des rues, taguées à répétition sous le givre centenaire. Des voitures éventrées, brûlées avant d'être glacées, s'éparpillent dans la grande rue à double sens. Les bouches d'incendies sont défoncées, leur réserve d'eau éternellement figée dans la glace. De larges terrains vagues s'étendent au loin, brodées d'immeubles fantômes au mille yeux sans vitres, ouverts sur le néant du monde.

« Bonne idée, merci. »

Manger donne du courage et réchauffe. Vous allez en avoir besoin. Ecartant la remarque rhétorique d'Andon, tu places soudainement ton bras en travers de sa poitrine, lui intimant silencieusement de cesser sa marche. Tes dents qui ont déchiré la barre énergétique cessent d'en broyer le contenu. Dans le silence hurlant, tu écoutes, le cœur battant. Jusqu'à ce que des murmures se fassent entendre et que des crissements s'élèvent le long de la rue. Balayant cette dernière du regard, tu finis par apercevoir une, puis deux, puis dix silhouettes qui pataugent dans la glace et les multiples déchets.

« Allons dans une autre rue. » chuchotes-tu. « S'ils nous prennent en bande, on est fichus. »
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Mar 21 Juil - 22:17

Je hoche la tête sans répondre. Je me doutais bien que ce qu’il avait pris dans la voiture n’avait rien de légal, mais je m’en moque. Les gens prennent bien ce qu’ils veulent. Ce qui est dommage, c’est quand ils deviennent accro. Personnellement, je touche à tout mais juste une fois, pour essayer. Enfin, peut être deux, mais en petites doses. Il est hors de question pour moi de devenir un de ces junkies qui ne vivent que pour leur seringue ou leurs produits illicites.

Nous continuons à marcher avant que Loon ne me demande mon âge. Wesley ne lui a rien dit ? C’est bizarre ça. D’habitude, il me traite de gamin devant tous ses collègues histoire qu’on me fiche la paix. Il met toujours en avant le fait que je ne sois pas majeur, ni mature d’ailleurs. Je suis surpris que Loon ne sache rien de tout ça. C’est peut-être pour ça qu’il m’a emmené à New York si facilement. Il a peut-être pensé que j’étais plus âgé …

- J’ai dix-sept ans.

Levant le regard vers lui, je l’observe, le défiant de faire un quelconque commentaire. Je sens mes ongles s’enfoncer dans la peau de mes paumes. C’est à ce moment là que je me rends compte que j’ai les poings serrés. Je bouge un peu le cou pour me détendre et force mes doigts à reprendre leur place. J’ouvre lentement les mains et marche plus doucement. Je prends de la distance. Je ne sais même pas pourquoi je suis énervé. Simplement à l’idée d’une hypothétique remarque. C’est pathétique.

Finalement, Loon accepte la barre de céréales et je lui donne tout en continuant à manger la mienne. J’observe les lieux. Je ne les trouve pas effrayants ni dangereux. Je trouve le quartier calme et figé dans le temps. La panique qui devait régner, comme avant. Les voitures avec leurs klaxons, les habitants s’insultant d’un trottoir à l’autre. C’était animé, ici, et tout est resté figé, les gens en moins.

C’est alors que je les vois. Des zombies qui barbotent sur l’eau gelée. Certains morceaux se sont détachés et j’entends l’eau bouger sous leurs pas. Nous ont-ils déjà vu ? Loon propose de changer de rue.

- Ouais, allons-y.

Je n’ai rien d’autre à dire et m’engage à sa suite dans une ruelle. Il fait plutôt clair et je vois distinctement que la voie est libre. En me tournant, je constate qu’ils ne nous ont pas suivi.

- On a aucune chance de s’en sortir en marchant tranquillement, avec notre odeur. Tu crois qu’on devrait pas monter et attendre ?

Je lui montre alors un escalier extérieur en fer, un peu comme celui de l’hôpital psychiatrique, qui mène à l’intérieur du grand immeuble à notre droite. C’est peut-être la solution, attendre. Je ne suis pas certains que ces zombies entrent dans les logements. Et surtout, qu’ils grimpent aux étages. Ça m’étonnerait fortement, en tout cas.

J’ai les jambes légèrement engourdies par le froid. Le bout des doigts aussi, et je ne sais pas si j’ai une paire de gants dans mon sac. J’ai besoin de chercher, mais je sais que je vais faire du bruit. Et ça, c’est peut-être plus risqué que d’avoir un peu froid.

- J’ai besoin de chercher un truc.

Sait-on jamais, peut-être qu’il en sait d’avantage sur ces créatures, et que j’ai quelques secondes pour attraper le lainage. Mais rien de certain …
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Mar 21 Juil - 23:42

Donc Andon n'est même pas majeur contrairement à ce qu'il a pu te dire la dernière fois. Remarquant qu'il n'ajoute rien concernant tes activités illégales, tu fais de même concernant son âge. Quelque chose remue cependant au fond de toi. Il aurait pu crever la dernière fois et il prend des risques monstrueux en t'accompagnant ici. Tu saisis donc qu'au delà de la curiosité de son protégé, Wesley te voue une confiance monumentale pour te le confier à traîner dans des endroits pareils. Si Andon venait à passer l'arme à gauche, tu serais tout aussi responsable que ton ami d'enfance. Malheureusement tu n'as aucun instinct protecteur, et la tension irréfutable qui s'installe entre vous juste après l'aveu de sa minorité ne va pas grandement arranger les choses ; parce que non, il n'est pas majeur et vacciné.

« Si on court, c'est pire, on va faire davantage de bruit. Mais tu as raison, montons, nous pourrons ainsi voir où nous allons. »

Il te désigne un escalier en colimaçon recouvert de givre et de neige qui te rappelle désagréablement celui par lequel vous avez fui durant votre dernière escapade. Tu grimaces mais te rend à l'évidence ; il vous a sauvés une première fois, il vous sauvera peut-être la seconde. A moins qu'Andon n'accepte de se recouvrir de chair de cadavre afin que vous puissiez vous promener quasiment incognitos, il va falloir s'aventurer sur les toits et programmer très précisément les endroits dans lesquels vous allez vous rendre.
Tu esquisses un pas en direction de l'immeuble avant que Andon ne t'arrête. Avalant la dernière bouchée de la friandise qu'il t'a donnée, tu te retournes en fronçant les sourcils.

« Tu chercheras là haut. C'est une impasse au bout de la rue, s'ils nous surprennent on est fichus. »

Afin d'appuyer tes dires, tu tends la main dans sa direction et te saisis furtivement de ses doigts que tu remarques nus et légèrement bleutés.

« Dis donc t'as du courage, fais attention que tes doigts ne tombent pas. »

Tu te surprends à éclater de rire. Tu trouves toujours le moyen de balancer des pointes d'humour dans des moments pareils, tu es vraiment pas croyable. Tu l'avoues sans problème : c'est pour te rassurer, car la peur te noue les entrailles. Il ne s'y ajoute pas le malaise de l'obscurité comme autrefois, mais penser à ces meutes de rôdeurs qui peuvent vous encercler d'un instant à l'autre est bien pire que de les imaginer. Depuis votre exploration, tes sens se sont sensiblement aiguisés, ce qui fait que tu les sens de plus loin.
Et tu n'as pas envie de les sentir de plus loin.

Te détournant, tu t'élances sur l'escalier de secours dont tu gravis les marches en trébuchant, le plus lentement possible afin que les battements du métal ne se répercutent pas dans la rue et n'attirent pas vos éventuels bourreaux. Le toit de l'immeuble se rapproche beaucoup trop lentement, mais si tu cours et que malheureusement ces cochonneries savent grimper, vous êtes morts.
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Jeu 23 Juil - 8:50

Je suis content qu'il ne fasse aucune remarque sur mon âge. Je ne vois d'ailleurs pas en quoi être plus ou moins jeune doit restreindre les possibilités. Au contraire, je dois sans doute courir plus vite que ceux qui sont plus âgés et c'est un bon instinct de conservation. Loon n'ajoute rien là-dessus et je me détends un peu. Je craque les os de mon cou et continue mon chemin. J'ai terminé la barre de céréales et je suis calé pour un petit moment même si j'ai soif.

L'homme accepte que l'on grimpe aux étages supérieurs. Je pense que c'est moins risqué et ça nous permettra de voir un peu mieux par où on doit aller. Eviter les petits groupes et ce genre de choses. Toutefois je m'arrête à quelques centimètres de l'escalier en fer qui est recouvert de givre. Il doit être méchamment glissant et je vais devoir tenir la rampe. Sauf qu'elle aussi est gelée, et que j'ai déjà froid aux doigts.

- Ouais bah je peux pas monter sans.

Tandis qu'il me dit de chercher quand on sera arrivé à destination, je suis déjà en train de fouiller tout en avançant de quelques pas, Loon m'attrape la main et je me dégage vivement avec un regard noir. Il me fait chier avec son "tu le feras après " et maintenant il blague sur le fait que je pourrai perdre mes doigts. Je ne plaisante pas, moi.

En quelques secondes, je trouve ce que je cherche, referme le sac et enfile la laine sur mes doigts tellement gelés qu'ils ne sentent pas encore la différence. Puis je me mets à grimper à la suite de l'homme. Je n'ai même plus envie de parler, je n'ai pas trouvé sa blague drôle et il m'a soulé. Je laisse mes mains glisser sur la barre en fer sans sentir le contact froid. Ils sont bien ces gants, très pratique pour isoler. La face extérieur est en cuir et à l'intérieur, la laine polaire qui tient bien chaud.

Je monte pas à pas, trop doucement à mon goût. Loon n'avance pas et j'ai bien envie de lui balancer une remarque cinglante mais je m'abstiens, tandis qu'on arrive en haut en plusieurs longues minutes. Je me rapproche du bord et contemple la vue. Nous ne sommes pas très haut mais, quand même, c'est bien joli.

- C'est super beau ici !

Je ne parle pas vraiment à Loon. Je suis encore en colère de son comportement. Je le trouve complètement immature et flippé. C'est pour ça qu'il prend milles précautions. Et ma colère bouillonne, se tourne et se retourne dans mon esprit. Je n'arrive pas à la faire sortir et donc à profiter du paysage enneigé.

Je fais quelques tours sur ce toit d'immeuble et vois que le groupe de zombies qu'on avait vu précédemment est sur l'avenue qu'on a quitté avant de s'engouffrer sur la ruelle. Je me recule instinctivement de quelques pas.

- Tu crois qu'ils ont repéré notre odeur ?

Je sais que Loon m'entend même si je parle si doucement. Je ne veux pas prendre le risque qu'ils nous entendent. Après tout, je ne sais toujours pas si ces foutues bestioles ne travaillent qu'à l'odeur où si elles ont d'autres sens développés.
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MessageSujet: Re: C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]   Jeu 23 Juil - 9:51

« Fais comme tu l'sens, moi j'veux vivre ! »

Après tout Wesley n'a pas précisément stipulé que tu dois protéger cet énergumène qui râle tout le temps. Tu te demandes ce qui le rend joyeux, ce qui le fait sourire ; c'est bien triste de tout le temps faire la gueule. A quoi s'est-il attaché quand il a perdu sa famille et ses amis ? A quoi pense-t-il quand il est si mal qu'il a envie de se jeter par une fenêtre ? A-t-il seulement un but dans la vie ? Ces pensées traversent très vite ton esprit tandis que tu montes les marches de l'escalier, te concentrant sur le silence que tu dois faire et sur les bruits que les créatures font, prenant garde de ne pas glisser et surtout, de ne pas lâcher la rambarde dont le froid d'acier transperce le lainage de tes gants. Tu comprends alors pourquoi Andon disait qu'il ne pouvait pas monter sans. Ses mains auraient tôt fait de s'ankyloser, l'obligeant à rester en bas. Eh, c'est lui qui a voulu monter après tout, qu'il se démerde !
Les quelques étages sont ainsi gravis au bout d'un temps qui semble interminable et vous gagnez l'immense toit qui, s'il ne se situe pas très haut, permet néanmoins d'avoir une vue raisonnable sur le quartier du bronx et donc sur les quartiers à éviter.

« T'es pas sérieux là. »

Beau, vraiment ? Le bronx peuplé en temps normal est bien quelque chose d'esthétiquement discutable, mais alors complètement désert hormis les rôdeurs qui s'y baladent et recouvert d'une neige glacée, il est strictement sinistre et morbide. Enfin, s'il s'en satisfait et que ça peut l'aider à arrêter de tirer la tronche, pourquoi pas.
Tu te glisses jusqu'au bout du toit avant de te mettre à quatre pattes derrière un petit muret qui permet d'observer la vue sans être repéré. A côté de toi, Andon se demande si vous avez été repérés par votre odeur.

« Je ne sais pas, ils ont l'air calmes. Je n'espère pas en tout cas, j'espère aussi que si c'est le cas, ils ne savent pas grimper. Si on se recouvre de leur chair putréfiée on passera sans problème, mais visiblement ton genre est plutôt de leur défoncer la gueule. »

Un faible sourire étire tes lèvres craquelées par le froid tandis que tu lui jettes un regard sincère. La violence et la colère qu'il dégage sont palpables, elles l'entourent comme une aura démoniaque qui va sans aucun doute attirer les rôdeurs. A moins que le corps humain ne sécrète réellement des hormones qui peuvent les aiguiller, et dans ce cas, c'est fichu pour vous. C'est fichu pour lui surtout, car si tu recèles d'une grande part de violence, il faut sacrément te provoquer pour la faire sortir. Tu tends la main vers lui sans le toucher.

« Eh Andon, calme-toi tu veux ? Je suis pas ton ennemi. Si tu te butes contre moi on ne pourra pas se serrer les coudes et tu vas mourir. »
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C'est en marchant dans les entrailles que les barbares vont à l'assaut ! [Andon]

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