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 Fucking Psycho [Aubin/Loon/Caïn/Apolline]

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MessageSujet: Fucking Psycho [Aubin/Loon/Caïn/Apolline]    Jeu 16 Juil - 9:12

I'm gonna make you
I'm gonna break you
I'm gonna make you
A fucking psycho
A fucking psycho
A fucking psycho
Your ass belongs to me now


Psycho - Muse


« Eh ! »

Pas de réponse. Les yeux fermés, le dos appuyé contre le mur de l'arrière cour de la pharmacie, les écouteurs enfoncés dans les oreilles vomissant un métal brutal, la clope entre les dents, tu savoures ta petite pause du matin. Et bien entendu, tu es bien incapable de réagir à l'appel de Rachel qui n'a strictement pas le droit de te déranger pendant ces moments là ; elle le sait pertinemment. Néanmoins, la jeune femme ne se laisse pas abattre par ton silence et dévore la distance qui vous sépare pour arracher une de tes oreillettes, fissurant brutalement la bulle dans laquelle tu t'es enterré. Tu ouvres les yeux, l'agacement se lisant dans tes prunelles vertes et te tournes vers Rachel, prêt à la disputer. C'est lorsque tu remarques tes traits tirés par le souci que tu t'apaises et changes radicalement de réaction, lui lançant un regard interrogatif.

« Je viens d'avoir la visite d'une collègue infirmière, tu sais, Juliette. »

« Et ? » t'étonnes-tu.

« Ils ont admis ce matin un patient souffrant d'une overdose de médicaments. Tentative de suicide apparemment. »

Tu fronces les sourcils, l'invitant à poursuivre.

« Il t'appelait dans son sommeil, alors elle est sortie pour venir me le dire. Avec ton prénom la confusion était difficilement possible. »

« C'est qui ? » demandes-tu précipitamment, ton cœur bondissant dans ta poitrine.

« Un certain Aubin Malaussène. »

Une pierre s'échoue brutalement dans tes entrailles et te broie allègrement les tripes. Tu arraches le second écouteur de ton oreille encore occupée et ne prends même pas la peine de finir ta cigarette que tu jettes sur le sol de la cour. Tu rentres rapidement dans la pharmacie en te débarrassant de ta blouse et, saisissant ta besace, traverse le commerce avant de te retrouver à l'avant. Juliette, une jeune infirmière qui passe souvent vous demander des médicaments spécifiques, t'attend à côté de la porte coulissante, vêtue de sa blouse. Elle t'intime de la suivre et vous traversez la route avant de pénétrer dans l'hôpital. Tandis que tu lui emboîtes mécaniquement le pas, tes pensées s'entrechoquent à toute vitesse les unes contre les autres pour en arriver à la terrible conclusion que tu n'es même pas étonné par la présence du hibou ici. Aubin est un être déchiré, malheureux, sans aucune once de vie dans le creux des yeux. Il fallait que ça arrive un jour. La culpabilité point dans tes viscères et gravit les parois de ta poitrine jusqu'à enserrer complètement ton cœur. Ce dernier rate un battement lorsque vous atteignez le bon couloir. La vision d'horreur qui se manifeste à travers la vitre te pétrifie. Il est simplement allongé, une perfusion dans son bras trop faible aux os saillants, des électrodes glissées sous sa chemise au niveau de sa poitrine. Même le masque à oxygène pend, inutile, à côté du lit où il semble dormir paisiblement.

« Il est hors de danger maintenant. » assure ta collègue. « Mais ça n'a pas été facile. Le médecin a fait un boulot exceptionnel pour le tirer de la mort. »

« De la mort ? » tu t'étrangles.

« Il a fait plusieurs arrêts cardiaques et des hallucinations. Il t'appelait toi, et une Apolline, qu'on a contactée aussi, et un Caïn, également. »

Ton regard bouleversé oscille entre le visage de Juliette et celui du hibou que tu fixes finalement, longuement, jusqu'à ce que tu vois distinctement sa poitrine se soulever et s'abaisser au rythme de sa respiration. Putain mais qu'est-ce qui lui as pris ?! Tes larmes gagnent tes yeux et tu poses une main  contre la vitre, comme si tu voulais l'atteindre.

« Tu peux rentrer. Essaie de ne pas le réveiller, il le fera de lui-même. Il est épuisé. »

Tu déglutis avec difficulté, les jambes tremblantes, hésitant franchement sur ta capacité à entretenir une plus grande proximité avec cet être auquel tu es tant attaché. Juliette te saisit le bras, ouvre la porte et te pousse délicatement à l'intérieur de la chambre, t'indiquant qu'au moindre problème, il suffit d'actionner l'alarme pour appeler les médecins. Lorsque le battant se rabat derrière toi, tu as l'impression désagréable d'endosser toutes les responsabilités du monde sur tes épaules. Le moindre son s'annihile, hormis celui des battements effrénés de ton cœur qui paraissent alors décuplés. Les dents serrés, tu te laisses tomber sur une chaise à côté du corps étendu de ton ami. Ta besace quitte ton épaule et s'échoue brutalement sur le sol si bien qu'elle s'y couche. Au prix d'un effort incroyable, tu laisses glisser tes doigts sur le tissu du matelas jusqu'à atteindre sa main. Tes doigts s'enroulent autour des siens et entrent en contact désagréable avec la froideur mortuaire de sa peau qui achève de briser tes nerfs.

« Bon sang Aubin mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête... »

Il est bien vivant, l'électrocardiogramme pulse juste à côté du lit. Mais il paraît...il paraît tellement froid, tellement raide, tellement mort. Les larmes dévalent tes joues tandis que tu t'imagines le perdre tout en espérant le meilleur. Pourquoi ne t'a-t-il pas contacté avant de faire une connerie ? Pourquoi s'est-il simplement laissé mourir ? Pourquoi a-t-il fait preuve d'un tel putain d'égoïsme ?! Tes doigts se resserrent sur les siens comme si tu pouvais lui redonner de la chaleur par ce simple contact. Dieu qu'il est froid. Ta langue humidifie tes lèvres qui déjà récupèrent les ocelles salées de tes larmes.
Et la culpabilité te ronge intégralement.


Dernière édition par Loon W. Zwitter le Dim 19 Juil - 22:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fucking Psycho [Aubin/Loon/Caïn/Apolline]    Sam 18 Juil - 16:01






Il avait peut-être fait une connerie.

C’est la seule pensée a peu près cohérente qu’il peut aligner alors que ses doigts griffent la porcelaine minable de la cuvette. Son corps est agité d’un soubresaut douloureux tandis que ses bras se raidissent, moins souple que des barres d’aciers.
Il a dans la bouche et sur les lèvres ce gout de bile, amère et brulant, tandis que les bonds de son estomac déjà vide ne sont que des spasmes inutiles. Sous le douloureux processus de son corps se rebellant, des larmes de fatigue viennent perler à ses yeux alors qu’il se relève et sort de l’espace exigus des toilettes.
Aubin s’échoue contre  la rangé de lavabos, manquant de tomber car ses jambes déjà ne le portent plus. Sa main ripe contre le robinet, dont même le métal semble plus chaud que lui : mon dieu, il est mort de froid. Le hibou se rince la bouche et crache, désireux de faire partir ce gout de bile et … d’hémoglobine. Tant bien que mal le filet d’eau qui pleure dans le silence de cette pièce vide, rince le pauvre erre. Mais quand il passe ce liquide frais sur le facies, il a l’impression que le sang circulant dans son visage et drainé par quelque chose. Il a l’impression de sentir ses veines se vider, des fourmies lui piquer le visage.
Il relève la tête vers la large glace qui lui fait face, et sursaute au reflet qu’elle lui offre. Le néon qui grésille et projette sa lumière blanche sur lui ne le rend que plus fantomatique, plus mort tant son visage semble être lavé de toute couleurs. Plus pâle qu’un mort même. Le reflet alors le fixe, cet avatar cauchemardesque qui n’est qu’une copie conforme de son être le transperce de son regard et il est tout en mesure d’admirer ses pupilles tant dilatées qu’elles lui en deviennent douloureuses.
Et la voilà qu’elle revient, la douleur. Cette vieille douleur qui remonte comme un poison glacé dans ses bras, qui semble les briser de l’intérieur et les lécher comme une langue de feu. Sans que pourtant il n’ait aucune marque. Aucun coup en plus. Ces douleurs ne prenaient naissance que dans sa tête après tout, mais elles sont bien réelle.
Il lâche un râle souffrant et ses mains se plantent dans l’email du lavabo, si fort que les veines saillent, si fort que peut-être il aurait pu le briser entre ses doigts. D’un geste rageur qui pourtant ne lui ressemble pas, il envoi valser les opercules d’aluminium vide qui dans sa perte sont ses seuls compagnons. Ceux-ci s’échouent par terre, dans une jolies pluie, une pluie éclectique tant ils sont tous différents : psychotropes, antidouleurs, antidépresseurs…et plus encore ; diable quel charmant pot-pourri ! Charmant petits poisons servis sur un plateau d’argent.
Mais il n’a cure de ce qu’il a pris, bon dieu qu’il a mal. Mal au corps, mal au cœur. Mal à l’âme. En plus de ce être, de ces bras et de ses douleurs qui le font souffrir, il y a ces démons qui empêchent sont esprit malade de se poser un instant. Qui l’empêchent de dormir. Qui l’empêchent d’écrire. Car dès qu’il cligne des yeux ô c’est bien Lucifer qu’il pourrait voir, mais ses courbes sont beaucoup plus appréciable, ses cheveux flamboyant, son sourire lui transperçant le cœur d’un mélange de douleur, de manque, d’amour et de culpabilité.
Mais soudain il se sent comme du mal à respirer tandis que la tête lui tourne. Il porte une main à sa poitrine, capturant sa chemise et la froissant entre ses doigts. Qu’est-ce donc ? ses poumons qui le lâchent ?  Il aimerait peut être appeler à l’aide, mais les mots meurent avant de naitre dans les tréfonds de sa gorge où l’air ne passe plus et, à cet instant il ne sent plus la douleur.
Non il ne sent plus rien, tellement rien qu’il lui semble que même son cœur s’est arrêté.
C’est le cas.
Il ne sent pas son corps s’échouer sur le carrelage, ni même sa tête cogner contre cette surface avec violence. Il ne sent pas la chaleur du sang se rependre dans sa bouche, ni même celle contre sa tempe.
Il se dit que Caïn n’allait pas trouver cela drôle.
Qu’Apolline allait être furieuse.
Il se dit qu’il devrait prévenir Loon, lui surement saurait quoi faire. Mais qu’il était peut-être un peu tard pour ça. Oh, cela peut attendre. Oui. Cela peut bien attendre qu’il se réveille. Car pour une fois il peut savourer le mince laps de temps durant lequel il ne souffre pas, il ne souffre plus.
Et pour cause : il ne sent plus rien.
Il n’est plus rien.


Aubin entend des bruits. Pourtant ils semblent si distants.
Un bip, lent et rébarbatif. Cadencé et égal.
Il semble lointain pourtant il ne sait à quel genre de chose il peut le raccrocher. Ou du moins son esprit ne semblent pas en état de le faire.  Son corps, il ne le sent plus. En a-t-il encore un ? Ou alors est-il mort ?
Non.
Il ne faut pas qu’il meurt voyons. Il ne peut pas mourir.  Il n’a pas le droit de mourir. Pauvre bête qu’il est, il doit encore se crever, se saigner, souffrir sur cette pauvre terre après tout.

Il a l’air bien misérable sur ce lit d’hôpital. Presque mort on croirait voir a sa place une remarquablement bien faite statue de cire. Immobile.

Mais à regarder de plus près, à faire attention aux détails, on remarque sa poitrine a travers la chemise ouverte qui se soulève entre les électrodes et la peau brulée qui bien vite se soigne : souvenirs des coups de défibrillateur.
Ils lui ont taillé la barbe d’ailleurs, grâce à dieu il ne lui ont pas coupé, mais juste assez pour découvrir le visage et fin et les joues cadavérique qu’elle s’évertuait à cacher.
Une perfusion, vile tentacule qui repends sont suc salvateur dans son être, s’enfonce dans l’un de ses bras. Il avait dû falloir du courage a la pauvre infirmière, pour trouver une veine valide au mieux de ce no man’s land. Pauvre petite chose qui à grand peine essaie de filtrer son sang, qui ne doit plus être qu’une mélasse profanée par des molécules synthétique, de la nicotine et de la caféine.

Un bruissement soudain l’agite, mais on le remarque à grand peine. Il faudrait un œil avisé près de son visage pour voir que ses paupières se meuvent, qu’elle se froncent douloureusement.
Et peu à peu, elles laissent entrevoir –furtivement d’abord, peut-être pour ne pas les brusquer sous la lumière pâle de ce néon d'hôpital- les iris grisâtres qui plus que d’habitudes semble vide et bien sec, fatigués, arasé tant et si bien que même le blanc de ses yeux s’en trouve rougit.

Le plafond lui apparait blanc. Bien trop blanc d’ailleurs. Tant et si bien qu’il l’éblouie.
Ou est-il ?  Effectivement cela ne ressemble pas aux toilettes de son service du gouvernement.
La panique s’empare un peu de lui. Ou est-il ? Que s’est-il passé.
Les pensées s’entrechoquent douloureusement dans sa pauvre tête vide, et il laisse glisser ses yeux sur le côté, quand un mouvement attire son attention qu’il recouvre à grand peine.
Il reconnait le visage juvénile à son chevet. Bien sûr qu’il le reconnait, comment pourrait-il oublier le si singulier facies de son ami Loon. Un des rares qu’il ait d’ailleurs.
Il se sent si vide qu’il ne saurait dire s’il est heureux de le voir ou non, mais il sent sont cœur se serrer quand il capte les sillons humides qui dévalent ses joues.
Il sont à l’intérieur non ? Il ne pleut pas à l’intérieur. Alors pourquoi ses joues sont-elles mouillées ?Pourquoi ?
Pourquoi ?
Sont-ce des pleurs ?
Mais pourquoi donc ?
Oui ce sont bien des pleurs qui griffent les joues de son vis-à-vis. Et plus qu’alors il sent ses entrailles se serrer, tandis qu’à ses côté la petite machine se met à battre un peu plus fort. Rendant les bip un peu plus vivant, sans qu’ils ne soient rapides pour autant.

«  L-loon… ? » Sa voix est un murmure interrogatif car il n’a pas le force de la hausser plus que cela. Il ne doit y avoir guère que Loon qui ne puisse l’entendre car il est proche de lui, et de plus il est habitué au débit du hibou qui pourtant semble maintenant encore plus ralentit.

Il n’aime pas le voir pleurer. Et il ne sait même pas ce qui lui cause tant de peine. La seule fois où il a vu ces larmes acides rouler sur ses joues c’était dans sa cachette, au milieux du Bayou. Et à son grand damne, il était la cause de sa tristesse.
En serait-il encore et toujours la cause ?
Ses yeux se baissent encore un peu, et il voit la main de Loon sur la sienne. Il avale sa salive avec difficulté.
Quelle tristesse. Loon après tout était un soleil qui avait l’habitude de l’irradier de ses bonnes ondes, de lui insuffler une énergie qu’il n’était pas capable de trouver en lui. Mais voilà que dans cette farce, sur ce lit d’hôpital, il ne sentait plus ses membres aux tel point que la main de Loon sur la sienne semblait invisible.
Il n’arrive pas à sentir sa chaleur. Et ne doit lui donner guère que de la glace, quelques morceaux taillés pour qu’il puisse y empaler son cœur.

Mais après tout, ne sont-ce pas là des larmes de rage ? De colère contre lui.
Oui Aubin, tu le sais après tout : tu viens de faire une belle connerie. Te voilà bien idiot et une des rares personne que tu aimes est en colère contre toi.
Mais bien sûr l’idée que l’on puisse s’inquiéter pour lui a du mal à se frayer un chemin dans sa pauvre tête de hibou. Non, lui ne se destine que la haine et le remord, après tout il est un porte poisse, il est malsain le Malaussène. Tant est si bien que s’en est ironique, s’en est risible n’est-ce pas ? Oh, il rirait peut être de lui s’il en avait la force.

«  E-ex-excuse-moi mais… j-.. » Sa voix est toujours si faible, comme celle d’un mourant et il se voit obliger d’entre couper tous ses mots pour reprendre sa respiration et se calmer, car les differentes parties de son corps ne semblent pas vouloir fonctionner en concert. Réfléchir, puis parler, puis respirer. Ne pas oublier de respirer. Contrôler cette respiration qui lui brule la gorge.
« J-j’avais mal… » Un sanglot lui bloque la respiration et il renverse ses yeux vers le plafond, se les brulants à nouveau contre cette surface trop blanche. Peut-être est-ce pour cela qu’au coin de ses yeux perle un peu d’eau ? Ou peut-être est-ce là le reliquat de cette lassitude, de cette fatigue et de cette tristesse qui s’affiche sur son visage. « J-j’avais t-t-telle…ment… Mal… » . Est-ce une excuse pour ce que tu as fait Malaussène ? Tu aimerais te dire que oui après tout. Tu aurais aimé que tout cesse, que la douleur cesse juste un instant et ton esprit fou, ton esprit malade ( presque aussi malade que le jour où tu as commis ton crime abjecte ) aurait été prêt à tout pour. A te tuer même ? Peut-être pas. Tu as tant a expier encore pauvre idiot….
Il ferme les yeux et tente de serrer les doigts de Loon avec les siens. Mais Il n’arrive a rien à part à les agiter d’un spasme ridicule. Il avale sa salive et essaie de contrôler par sa bouche entrouverte le flot d’air qui s’y échange, la brulure que parler, cette action trop couteuse en énergie, lui procure.
Mon dieu il a tant de question, tant de question. Tant de choses qu’il devrait dire, mais si peu d’importantes après tout.
Quelques derniers mots passent la barrière de ses lèvres, comme une supplique pour calmer ses angoisses.
« Q-qu’est ce qu’il….c’est… Passé… ? »

La petite machine à ses côtés s’agite, Bip, bip, bip, bip. Attention à ne pas trop en dire, à ne pas trop en faire. Tu as frôlé de si près la mort Aubin, et tu le ne sais même pas.



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MessageSujet: Re: Fucking Psycho [Aubin/Loon/Caïn/Apolline]    Dim 19 Juil - 22:49

Ton prénom, ton unique fichue syllabe de merde retentit en écho foutrement lointain que tu ne veux pas entendre. Ton cœur se déchire en mille morceaux. Pire que si Shandro s'échappait de ta vie, c'est comme si tu perdais Alvin et que tu le voyais agoniser devant toi. Il est de ces personnes que tu ne vois pas assez, de ces personnes à qui tu ne prêtes que trop peu attention alors qu'elles marchent sur la poutre désespérément fine de la vie, à peine retenues par les fils tissés de ce bonheur éphémère que tu parviens à leur donner. Tu as brisé Alvin avec tes mots, tu as brisé Aubin avec tes larmes, il suffit de deux lettres pour tout changer et pourtant c'est la même chose, le même sentiment, le même égoïsme et la même fragilité inhérente, la même chute latente. Tout va s'écrouler lamentablement autour de toi, tu le sais très bien ; Aubin n'est qu'une menace tranquille. Le souffle court, tu resserres tes doigts autour des siens, les agitant d'un spasme que tu devines douloureux. Tes sens de plus en plus aiguisés dernièrement rendent particulièrement éprouvant le naturel avec lequel tu perçois les émotions d'Aubin : souffrance et culpabilité. L'écho qu'elles trouvent en toi est particulièrement troublant.
Vos regards se croisent et vos âmes se mélangent tristement.

« Mais moi aussi j'ai mal...je... »

La fin hypothétique de la phrase se meurt dans le tremblement de ta voix gorgée de larmes. Tu scelles tes lèvres pour retenir un sanglot et les coudes appuyés sur le bord du lit d'hôpital, saisis plus fermement la main du hibou pour la coller contre ta bouche, comme si tu voulais en masquer la moue pathétique, comme si ce membre rachitique pouvait empêcher toute ta tristesse actuelle de se déverser sur ton ami. Tes paupières se rabattent devant tes yeux humides et de nouvelles perles salées dévoilent tes joues comme autant de reproches que tu aurais tant voulu lui cracher à la figure. Ca ne changera rien. Ou peut-être que si. Peut-être que ça le dissuadera de recommencer.

« Il s'est passé que tu as failli mourir. »

Après tout c'est ce qu'il a voulu, pas vrai ? Tu ne remarques aucune trace de séquelle physique récente, à moins qu'elles ne soient déjà guéries, alors tu devines avec horreur qu'il a du avaler quelque chose de particulièrement puissant. Des somnifères, peut-être, ou alors un joli panaché de ces médicaments puissants qui l'aident à tenir debout. Tu ne veux pas y penser. Ton esprit embrumé par la souffrance qui traverse l'empathie te reliant naturellement à lui fait défiler toutes les possibilités les plus horribles selon lesquelles tu aurais pu vivre sans lui. On ne peut pas penser vivre sans ceux qu'on aime, sans ces repères. On ne peut pas s'en remettre. Tu as vingt-huit ans, bon sang, tu ne mérites pas de perdre une partie de toi-même si jeune. Il est ton éclipse, ton soleil noir, il est ta douceur, ta tendresse romantique, il est ce que personne ne sera jamais. Il est ton Yang, celui qui te raisonne, qui te tempère, il est tout pour toi. Il est de ces personnes qu'il ne faut pas abandonner. Il est de ceux que tu aurais du protéger.

« Pourquoi... » hoquettes-tu pathétiquement. « Il suffisait de venir me voir...Il suffisait...Putain mais tu te rends compte du mal que tu aurais fait à ceux qui t'aiment ? Tu sais qu'ils t'aiment, tu les as appelés dans ton sommeil, ma collègue les a contactés en entendant leur nom. Tu le sais, bordel, tu le sais qu'il y en a qui tiennent à toi...Pourquoi...pourquoi t'as fait ça... »

Ton étreinte se resserre sur sa main. Tu cherches son regard, tu cherches cette lueur qui pourrait tout t'expliquer, tu cherches ton humour, ta joie de vivre, tu cherches cet amour dont tu es capable pour deux. Mais tu n'as jamais été aussi bouleversé. Jamais. Même Alvin en essayant de te tuer ne t'a jamais fait une telle frayeur. Parce que tu aimes plus les autres que tu ne t'aimes toi-même.

« J'aurais du être là. J'aurai du venir te voir plus souvent, me soucier davantage de toi. Je ne suis pas venu depuis trop longtemps, je...Je ne te laisserai plus jamais sombrer ainsi. Tu n'imagines même pas le mal que tu m'aurais fait en passant de l'autre côté, en réussissant à te tuer. En guérissant ta douleur de cette manière tu nous fais du mal, tu me fais du mal. Il y a d'autres moyens, je te jure qu'il y a d'autres moyens. Ne refais plus ça, je t'en supplie. »

Tu inspires avec difficulté, la peur et le soulagement te serrant la gorge. Tes deux mains se sont refermées autour de la sienne, cherchant à lui donner cette chaleur qu'il ne sait produire lui-même, cherchant à lui faire comprendre par des gestes simples que la douceur du repos peut provenir d'une autre source que celle du sommeil éternel. Tes lèvres effleurent sa main de la force de l'amitié que tu lui portes.

« J'ai eu si peur, putain. Ne fais pas ça à ceux qui t'aiment. Je t'aime, je t'aime tellement... »
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MessageSujet: Re: Fucking Psycho [Aubin/Loon/Caïn/Apolline]    Ven 24 Juil - 18:30






Pauvre petite chose qui jamais ne sait ce qu’elle cause. Se rendrait-il compte ,lui, des humeurs qu’il provoque ?
Bien sûr il sait que Loon est un garçon expressif –et excessif- dans ses sentiments, mais voir le carnage qu’il cause, le déluge, les pluies diluviennes qui griffes les joues de son ami, voilà qui lui peine le cœur. Le pauvre hibou lui-même a du mal à comprendre, à actionner les rouages de sa cervelle encore pourrie par les médicament et la fatigue.
Il a même du mal à comprendre ce que Loon lui débite. Il fronce les sourcils, du moins, autant que son visage le lui permet. Mais ses muscles sont encore endormis, encore malades, encore si fatigué et éreintés.
Mourir.
Mourir… Quelle drôle d’idée.
Drôle d’idée qui pourtant ne lui avait jamais chatouillé l’esprit.
« M-mourir … ? » Souffle –t-il dans une incompréhension totale.  « N-non..acc…acc… C’était u-n… Ac-accident… » . Un accident. Oui un déplorable accident causé par sa bêtise, son ignorance.
Causé par sa faiblesse.
Tandis que Loon serre sa main, c’est son pauvre cœur qu’il sent se serrer plus encore à cause des dégâts qu’il cause chez son ami. Oh comme il aimerait pouvoir se morfondre d’excuses, d’explications. Mais comme parler lui coute tant.
Il frissonne et ferme les yeux, Lâche ! il veut s’éviter cette vision qui fait perler à ses yeux cette eau acide de larmes. Cette vison qu’il a lui-même causé. Il sent le bout de ses doigts s’éveiller au contact de cette peau chaude, brulante. De cette peau vivante et qui semble infiltrer sa chaleur par les pores de sa peau diaphane.
Il l’écoute, il l’écoute l’accabler de ses torts. Ceux qui l’aiment.Ceux qui l’aiment. Ce qui l’aiment ne devrait ils pas être aussi ceux qui pourraient mettre fin à ses souffrances, plutôt que de l’obliger à souffrir sa vie après tout. Celle qu’il aime après tout, n’en n’est que la cause.
Mais après tout. Qu’est-ce que Loon pouvait bien en faire de ses égoïstes petites souffrances ? N’avait-il pas déjà assez avec le lot dont chaque être humain est doté ? C’est facile de dire cela maintenant. Ça lui fait mal. Parce que d’un côté c’est vrai. Mais qu’aurait-il pu faire, lui qui ne sait rien, lui a qui il n’a jamais rien dis de cette part de sa vie, de cette part qui le hante. Lui qui ne sait pas le monstre qu’il est en réalité.
Lui tiendrait-il le même discours s’il savait son crime ?
Non peut-être bien que non. Peut-être même l’aurait-il souhaité, sa mort. Comme elle devait la souhaiter.
Non elle ne la souhaitait pas. Ou seulement de sa main. Après une longue, longue agonie.
Non, non elle allait le haïr. Elle allait certainement le punir même, croyant surement que par là il avait tenté de lui échapper. Qu’il avait voulu fuir en s’offrant le luxe d’une mort.
Pourtant rien n’était plus faux que tout cela.
Mais personne, non personne ne voulait comprendre. Peut-être, s’il avait pu expliquer, ironique pour celui dont on vantait les mots que de se retrouver à ne pas pouvoir exprimer ses souhaits quant à son mal être. Peut-être les choses auraient-elles été différentes ? Mais Aubin reste un être qui avait appris à souffrir en silence, qui ne sait pas exprimer ses maux. Un être incompréhensible après tout.

Il s’arme de courage et rouvre les yeux, rencontre ceux de Loon encore noyés de larmes il ne paraissent que plus brillant. Il se mord la lèvre alors que lui-même se culpabilise. Non, non, Loon ce n’était pas ta faute, et après tout tu ne peux rien y faire. Personne ne t’a jamais demandé de prendre ce poids en plus sur tes épaules.
Et chaque « je t’aime », chaque rappel de ce mot qui pour lui a un sens si douloureux lui martèle le cœur.  Il lui semble qu’il le crucifie sur place, qu’à chaque mot il y plante un clou de plus. Qu’il le saigne et qu’il le draine. Si seulement c’était du plomb qu’il pouvait lui mettre dans la tête plutôt que dans les ailes.
Et pire, pire que tout il ne supporte pas de le peiner ainsi.
Il serre les dents, arrache sa main des siennes. Ses gestes sont gauches et maladroits, tremblant de fatigue et, avec difficulté il porte sa main au visage de Loon, sur ses joues baignées de larmes il passe ses doigts.

« Shhht…. » Souffle t’il doucement entre ses dents, comme on fait parfois pour calmer les pleurs d’un enfant.   « Shht… » lui dit-il pour calmer ses angoisses irrationnelles. Cette culpabilité qu’il rajoute comme des poids à ses épaules. Qui font ployer les coins de ses sourires en de pâles et tristes grimaces.
Sa main tremble sur la joue rebondie, sur ces joues pourtant si habituées à sourire. La pulpe de ses doigts caresse le derme, essuie les larmes du mieux qui lui est possible de faire, même si les phalanges sont encore rigides et faibles, qu’elles ne bougent que douloureusement. Il serre la mâchoire se concentrant sur l’effort.
Malheureusement, l’instant d’après elles retombent comme mortes entre celles de Loon.
Il lâche un soupire : l’effort lui coute. Et sa tête retombe sur son oreiller, les paupières tombent sur ses yeux vides, et dans un dernier effort il porte sa main libre à son visage. Il fait glisser ses doigts sur son propre facies.
Ses phalanges se perdent un instant dans ses cheveux, puis se heurtent aux creux de son visage, révélé par sa barbe plus taillée qu’à l’habitude. Il sent un haut le cœur tant il se dégout et pose finalement sa main sur ses yeux entourés de larges cernes violacées. Il les rouvre, malgré tout, les offrant une nouvelle fois à la brulure de la lumière trop crue à la différence que cette fois ses mains faméliques servent de barrage.

« J-Je suis malade…. » Lâche-t-il. « L-la pire m-maladie qui soit... »
Il ferme à nouveau les yeux et son corps et agité d’un rire qui se meurt en une toux qui secoue son corps, le brisant presque, réveillant des douleurs dans ses membres ankylosés. Il serre les dents et soupire, un sourire amères, presque aussi amère que les mots qu’il lâche. « L’amour. »



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MessageSujet: Re: Fucking Psycho [Aubin/Loon/Caïn/Apolline]    Sam 25 Juil - 2:22

Un accident ? Tu t'étrangles presque devant le murmure.
Un ACCIDENT ?
Tu te maîtrises à grand peine, broyé dans ta rage, ta peur et ta tristesse, pour ne pas éclater en face de ce pauvre petit hibou qui n'en ressent pas le besoin. Non, il a besoin de réconfort et de soutien, pas d'une petite guimauve sur pattes qui vient chialer à son chevet en l'accablant de reproches. Il connaît ses limites, il connaît par cœur sa fichue carcasse, il prend des médicaments depuis des lustres. Il sait. Il sait, bon sang de bonsoir, les quantités qu'il ne faut pas dépasser. La suspicion part tordre des entrailles alors que tu tentes de te dépêtrer du maquillage grotesque dont elle affuble ton visage sillonné de larmes salées. La phalange glacée d'Aubin contre tes joues te ramène brusquement à la réalité. Il tente de te consoler de son erreur. Le pauvre. Ce n'est pas son travail. Tu sembles avoir provoqué une prise de conscience un peu trop brutale, comme tu l'as fait avec Alvin, ce qui pousse, comme avec ton ami, celui-ci à te confier ce qu'il a sur le cœur. Sa révélation déchire littéralement le tien, non pas parce que tu ressens la même chose en ce moment, mais parce qu'il pense ainsi au sujet du plus beau sentiment du monde.

« Non, Aubin, il ne faut pas dire ça. L'amour n'est pas quelque chose d'horrible. L'amour n'est pas une maladie. C'est la raison de vivre d'un être humain, c'est ce qui lui permet d'exister, de survivre, d'être heureux. On ne peut pas subsister sans amour, on a besoin de ça. Ne dis pas des choses pareilles, l'amour est une très belle chose. »

Tu te redresses, laissant échapper un soupir. Oh, comme tu le comprends. Ta main qui était venue recouvrir la sienne disparaît dans la manche de ta veste afin que le cuir noir essuie ce que la peau diaphane du hibou n'a pu retirer des larmes dont les sillons marquent encore tes joues du sceau de la tristesse.

« C'est parfois douloureux l'amour mais ça nous fait comprendre qu'on est en vie. C'est une formidable énergie d'être amoureux, avec l'amour on peut surpasser tous les obstacles, on se sent invincible. Il faut l'accepter même si parfois c'est dur. Tu ne dois pas te sentir coupable d'être amoureux. Si tu dois te blâmer d'une chose, c'est de croire que tu n'as pas le droit d'être heureux. »

Vivre dans le malheur est la pire maladie qui soit. Le malheur constitue un virus autrement plus puissant et dévastateur que l'amour. Il vous ronge de l'intérieur pendant que vous regardez ailleurs et lorsque enfin vous tentez de regarder en vous, il vous a déjà gangrené de toutes parts, vous menant simplement à la mélancolie puis à la dépression, à l'état léthargique et à l'agonie perpétuelle. On ne meurt pas du malheur, c'est ça le pire : on meurt du manque d'amour.

« T'inquiète pas, ça va bien se passer. Je suis là, et ceux qui t'aiment vont venir aussi. Tu ne seras plus seul, je te le promets. Tiens, j'ai un petit cadeau pour toi. »

Tu aurais voulu le lui donner dans de meilleures conditions mais comme tu ne sais jamais quand tu vas le revoir, autant saisir l'occasion quand elle se présente. Te baissant, tu fouilles dans ta besace avant de trouver dans la poche frontale ce qui est destiné au hibou. Au bout d'un cordon de cuir pend, tel un pendule de bonne aventure, un large talisman ovale taillé dans le bois et charmé par l'un de tes plus proches amis. Tu saisis de nouveau la main du hibou pour enrouler autour de ses longs doigts le cordon aux senteurs coriaces des diverses herbes dans lesquelles il a été soigneusement confectionné. Enfin, le petit objet est recouvert de la paume fragile de sa main.

« C'est un talisman. Ca te protégera, et puis tant qu'à faire, ça te fera penser à moi. J'ai du protéger la cabane que tu as visitée la dernière fois contre les intrusions. Seuls ceux qui possèdent un talisman peuvent la voir et y pénétrer. Tu es le seul, en dehors de moi et du charmeur, qui en possède un. Tu as vu, je te fais honneur. »

Tes doigts glissent le long de sa paume aux veines bleutées. Ton sourire a regagné ton visage, l'illuminant de cette énergie amoureuse que tu maîtrises mieux que personne.

« Je vais venir te voir régulièrement. Je peux te ramener quelque chose que tu aimes si tu veux. C'est vrai, ça, qu'est-ce que tu aimes ? »

Et tu réalises que tu ne le sais pas.
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MessageSujet: Re: Fucking Psycho [Aubin/Loon/Caïn/Apolline]    Mar 28 Juil - 19:25







Et voilà qu’il parle, qu’il se lance dans un de ces grand discours dont il a le secret. Un de ces discours enflammés et candides, pleins d’émotions et de vie. Des discours comme Aubin aurait pu en écrire, avec des mots différents. Mais comme il n’aurait jamais l’occasion de les dire.
Puis les écrire après tout, quand en aurait-il l’occasion ? Lui écrivait dans la honte, dans la fange et dans les sentiments les plus noirs. Il n’était qu’un abominable cache misère, qui se servait de mots pour mieux faire passer la pilules faces aux nouvelles et desseins immondes du gouvernement. Loon écrit pour ce qui le passionne. Il discoure sur ses idéaux. Sur ce en quoi il croit. Et malheureusement pour lui, Aubin ne croyait plus en grand-chose.
Mais tandis qu’il songe à cela. Il l’écoute. Il ne peut s’empêcher de s’attendrir devant cette prose maladroite et pourtant si prompte à lui rétorquer le contraire. Il ne peut s’empêcher de sourire devant la vision de Loon.
Son corps se détend, ainsi que les traits de son visage que sa main libre a quitté pour se poser sur son torse entre ses clavicules saillantes et les électrodes, essayant d’y contrôler le flot de sa respiration erratique. Son facies triste se pare d’un sourire tendre et ses yeux s’attendrissent.

«T-tu parles comme… U-un, un enfant Loon. » lui dit-il gentiment.

Oui son discours a la candeur d’un jeune homme, et si le hibou se permet une telle réflexion c’est que l’autre sait en quel point il est son ainé. Parfois Loon lui donne l’impression de vieillir, d’être une sorte d’antiquité face à un objet si jeune. Il a la sensation que Loon est un enfant. Dans toute son effervescence sa manière de passer du rire aux larmes, ses façons de ne pas contrôler ses sentiments, de s’enflammer, de tout casser, de rayonner, d’aimer. Dans l’excès et sans arrêts il est comme un enfant qui découvre le monde ; Ses merveilles certes, comme ses douleurs.
Ou alors d’être le jeune héros de l’un de ses romans. Le Léon d’un Flaubert, Le Julien d’un Stendal, le Danceny de Laclos, Le Oreste d’un Racine. Et Aubin, même dans tout le Bovarysme qui est le sien, et grâce à tous les romans qu’il avait lu, sait que l’amour est une chose bien plus triste qu’il n’y parait. Qu’il est aussi porteur de sentiments plus ternes, Comme Swan avec Odette. Comme Roméo et Juliette. Qu’il peut transformer les hommes et les femmes en Othello et Hermione.
Mais il ne répond pas. Après tout Loon a le temps d’apprendre de l’amour. De la vie. Il n’est qu’au début du voyage. Qu’au début du roman, alors pourquoi lui en gâcher la fin ?
Et Aubin refusait d’être celui qui allait le faire.

A l’annonce du mot « cadeau » l’écrivain ne peut s’empêcher de froncer les sourcils et de pincer les lèvres. Pas que le fait que Loon lui apporte un cadeau lui fasse peur… Enfin, si un peu tout de même. Il connaissait Loon. Et Loon était capable de tout. Il l’entend farfouiller autour de lui et tente de redresser sa tête pour voir ce qu’il fabrique. Mais l’entreprise se solde par un échec quand une raie de douleur lui électrise le corps et qu’il retombe, misérable sur son oreiller. Il ferme les yeux et serre les dents, attendant que la douleur de son corps engourdi passe. C’est alors qu’il sent entre ses doigts, sur le derme de sa paume qui peu à peu s’éveille la caresse d’une surface lisse et plane, puis une odeur étrange qui dénote avec celle aseptisée de l’hôpital.
Avec l’aide de Loon, il serre ses doigts contre le talisman si précieux et essaie d’en imaginer la forme, la couleur, rien que par les sensation endormies qui lui proviennent de ses phalanges. Il essaie de se figurer cet objet qui, après ce que vient de de dire Loon devient l’un des plus précieux en sa possession. Ses yeux fuient ceux de Loon, les cherchent, puis les fuient encore. Il ne savent pas comment exprimer la reconnaissance de leur possesseur. Il ne saura jamais dire à Loon combien il lui doit après tout. Peut-être que lui-même ne le sais pas.

Puis, son ami lui propose oh, bien des choses. Des choses qu’on ne lui a jamais au grand jamais promis. Il lui pose une simple, simple question et pourtant Aubin y répond du tac au tac, avec une certaine vivacité qui peut sembler incongrue dans sa situation.

« L-livre » Murmure-t-il. La simple évocation de ce mot, de ce qu’il induit lui donne la force de se redresser sur ses coudes. « M-mes livres. » Ces yeux sont soudainement brillants, émerveillés comme ceux d’un enfant à qui on promet la lune et regardent Loon comme s’il avait été un saint ou quelque chose dans le genre. « C-c-c-’est vrai … ? Tu, tu.. ; Tu m’apporterais des l-l-livres ? ». Il guette sa réponse, comme si une réponse négative de sa part pouvait signer son arrêt de mort.

Aubin, contre toutes attentes appréciait certaines choses de la vie. Le bon café, les livres, les jours de pluie, les livres, voler, les livres, la neige, les livres, écrire, les livres, le piano, les livres, l’absinthe, les livres, le vin, les livres, la cigarette, les livres, Apolline ( mais ça c’était hors competition ),Les livres, les cours, les livres.
Et puis les livres.
Après tout, aussi idiot que cela avait l’air, les livres étaient pour lui depuis toujours des alliés fidèles qui ne vous trahissent jamais. Ils étaient des portes, des moyens de s’affranchir de cette vie qu’il détestait, du temps, des autres, de s’effacer pour n’être plus que le réceptacles de ces mots. Ils arrivaient à calmer ses angoisser. A faire ce qu’il avait souvent songer à faire : disparaitre.

Mais… Voilà que l’euphorie lui passe avant même qu’il n’ai pu recevoir une réponse de Loon. Sa dernière phrase tourne dans sa tête, et il en comprend tout le sens, du moins rois le comprendre. La fatigue le reprend dans ses bras et il retombe une nouvelle fois sur son oreiller, un rictus douloureux aux lèvres. Il s’agite, panique, regarde autour de lui, cherchant le visage de Loon.

« Loon… Loon.. Je… » Sa respiration se contrôle de plus en plus mal et il commence à comprendre le pourquoi du comment Tandis qu’il sent l’étau glacé de la panique qui lui grimpe dans la poitrine. « C-combien de temps j-j-je.. Je vais devoir rester ici ? » ses yeux où perlent quelques larmes d’angoisses qui jamais ne coulent, se ferment et s’ouvrent avec violence, horrifié, tandis qu’il secoue faiblement la tête de droite à gauche sur son oreiller « J-je… Je ne veux pas rester i-ici.. je.. Gh-… » Les mots meurent dans sa bouche et il réprime un sanglot de panique.
Sa main posée sur le lit, celle où est accrochée le pendentif cherche celle de Loon. Et panique, tremble, panique tandis qu’elle ne la trouve pas.




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MessageSujet: Re: Fucking Psycho [Aubin/Loon/Caïn/Apolline]    Mer 29 Juil - 6:51

« Ne dit-on pas que la vérité sort de leur bouche ? » réponds-tu du tac au tac.

Tu n'as bien sûr pas pris la remarque comme un reproche ; Aubin n'est pas un être mauvais. Même s'il en avait été un, l'effet se serait conduit de la même manière. Tu agis effectivement comme un enfant selon certains aspects, et c'est grâce à cette façon d'être que tu peux te permettre de te battre aussi vigoureusement contre le monde. Avec optimisme, énergie et tendresse, tu surpasses la plus grande partie des obstacles qui se dressent sur ton chemin tout en sortant presque indemne de la bataille que tu mènes contre eux ; tu aimes de toute façon beaucoup trop la vie pour la mort veuille bien te prendre dans ses bras. Malgré tout, une qualité subsiste chez toi pour te tirer définitivement du monde de l'enfance : la lucidité. Et c'est parce que tu es lucide que tu cherches parfois à échapper à la réalité. Il t'es donc parfaitement impossible en toute notion de respect de blâmer un hibou ayant avalé un trop plein de médicaments étant donné toute la drogue que tu t'injectes chaque semaine en ce moment pour pouvoir encaisser tout ce qui t'arrive sur le coin du nez.

« En attendant, mes paroles d'enfant te font sourire. » fais-tu remarquer, l'air joueur.

En effet, au son des notes de ton amour, le cœur d'Aubin s'est légèrement soulevé, emportant avec lui les commissures des lèvres du hibou, formant ainsi un sourire, ou cette rareté que peu de gens doivent parvenir à lui tirer. L'effet se propage, même sans contact, jusqu'à ton propre visage, tandis que tu lui souris en retour, heureux de l'attendrir malgré la gravité de la situation et la naïveté de tes paroles. Peut-être sourit-il aussi en réponse au talisman que tu viens de lui glisser entre les doigts. Ses yeux bondissent d'un bout à l'autre de la pièce comme s'ils de leur volonté propre ils exprimaient le bonheur et la reconnaissance ressentis par le hibou face à ce présent. Malheureusement, toute crevette qu'il puisse être, Aubin demeure trop lourd et trop faible pour pouvoir se jeter partout comme tu le fais si bien. Tu saisis néanmoins les esquisses de sa réaction selon une chaleur qui se propage dans ton cœur par cette hormone qui se déclenche en nous quand nous parvenons à faire plaisir à quelqu'un que nous aimons.
Soudain, une lueur incomparable se saisit des iris d'Aubin qui cessent aussitôt de te fuir pour se planter dans les tiens. Tu sursautes face à cette vivacité inopinée qui le saisit après ta proposition de lui apporter quelque chose qu'il aime et sa réponse ne se fait pas attendre...et n'est ma foi, pas si surprenante. Tu souris de plus belle, avant d'acquiescer d'un signe de tête.

« Oui, bien sûr. Je vais me renseigner sur ton adresse et t'apporter des livres, si ça peut te faire plaisir. »

Il faut reconnaître qu'il ne t'a pas commandé les choses les plus légères du monde mais après tout, tu peux bien lui accorder ça, en excuse de ta négligence de son état. Tout à coup, son cœur s'emballe précipitamment tandis qu'une inquiétude le saisit à la gorge, faisant paraître sa voix déjà faible comme particulièrement erratique, presque agonisante. Tu fronces les sourcils avant de saisir sa main et de l'envelopper de la chaleur de la tienne par dessus le talisman.

« Calme-toi, calme-toi, je suis là. »

Tu ne montreras jamais la peine qu'il te fait actuellement, préférant la maquiller d'un sourire pour lui redonner du courage et de l'énergie. L'électro-cardiogramme s'emballe dangereusement quelques secondes, avant de se stabiliser sous la chaleur de tes doigts qui se propage enfin, comme une caresse rassurante, le long de ses veines trop fines. Ton cœur se serre avec la même force que le sien mais tu tiens bon sous la compréhension de son état ; toi-même tu ne pourrais jamais rester ici plusieurs jours, à respirer cette odeur aseptisée et à regarder la plafond, somnolant au rythme des battements de ton cœur bêtement représentés par ces « bip » réguliers mais incessants. Ca te rendrait malade, ça t'angoisserait au même titre que lui. Tes lèvres se perchent une nouvelle fois sur ses phalanges pour le rassurer.

« Je ne vais pas te mentir, tu as fait plusieurs arrêts et c'est un miracle que tu sois encore vivant après la dose de médicaments que tu as avalée. Tu es un être d'une force incroyable Aubin, aie confiance en toi, tout ira bien. »

Ton étreinte se resserre.

« Je suppose qu'ils vont te garder quelques jours en observation, le médecin ne devrait pas tarder à passer. D'ici là, tu devrais en profiter pour te reposer, écarté un peu du monde. Je viendrai te voir chaque jour qui succède à l'autre pour savoir comment tu vas ; je travaille à la pharmacie, juste en face, je me tiendrai régulièrement au courant de ton état. Et je t'apporterai des petites choses, ça te va comme ça ? »

Des coups frappés à la vitre te font sursauter et tu te retournes. Quand Juliette s'est assurée que tu as remarqué sa présence, elle pénètre dans la chambre et gagne ta hauteur, son éternel sourire tendre gravé dans son visage avenant.

« Je vais devoir te presser Loon. Sa femme et son colocataire ne vont pas tarder à arriver et il est plus raisonnable qu'ils restent plus longtemps que toi, tu comprends ? Ca risque de lui faire trop de monde. »

« Je comprends. » assures-tu.

« Je te laisse lui dire au revoir. »

Elle t'adresse un clin d’œil avant de disparaître de la chambre. Sa dernière phrase sonne de la même manière que celle que l'on prononce face aux proches d'un défunt. Le cœur lourd et les lèvres serrées, tu te relèves, faisant grincer la chaise sur le sol. Tu déposes délicatement la main de porcelaine tenant le talisman sous le drap qui recouvre son corps, comme par peur qu'il attrape froid après le contact brûlant de tes doigts. Puis te baissant, tu récupères ta besace que tu fais passer par dessus ta tête afin que la sangle trouve sa place sur ton épaule.

« On me chasse on dirait. » plaisantes-tu. « Aller, j'y vais. Fais gaffe à tes plumes. »

T'appuyant sur le matelas, tu te penches pour déposer un délicat baiser d'une fraîcheur tendre sur sa joue pâle, avant de disparaître dans un courant d'air lumineux.

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Fucking Psycho [Aubin/Loon/Caïn/Apolline]

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