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 'Can't Walk on Water [PV]

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MessageSujet: 'Can't Walk on Water [PV]   Jeu 16 Juil - 13:12

« Thief ! »

'Can't Walk on Water  

« Merde ! » maugréa Liara, en se retrouvant finalement face au phare. Qui aurait cru que la journée finirait ainsi ?

Quelques heures auparavant, tout allait bien. La jeune fille errait dans les rues de la ville, à la recherche d'un peu de « matériel ». Une façon d'enjoliver les choses, pour ne pas dire qu'elle cherchait tout simplement quelqu'un à voler ! Ce jour-là, malheureusement pour elle, le temps était au beau fixe, et nombreux étaient les passants. Difficile, donc, de se frayer un passage tout en restant discrète. Ses lunettes de soleil sur le nez, elle finit par se fondre dans la masse des passants, lorsqu'une douce odeur lui parvint. Quelque chose de fruité, peut-être même boisé à la fois... Elle ne savait pas réellement le définir mais c'était agréable. Une jeune femme s'était arrêtée, à côté d'elle, et regardait la vitrine d'un magasin. Signe du destin ou non, Liara n'attendit pas deux fois et glissa doucement sa main dans le sac de sa cible. Portefeuille pris. Elle allait s'en aller, mais, malheureusement pour elle, ses nouvelles facultés olfactives la retinrent, et elle ne pu s'empêcher de s'attarder, une fraction de seconde. Seconde de trop, bien évidemment, puisque la jeune femme avait dû la sentir et se retourna vivement.

« Qu'est-ce que... »

Sans attendre, Liara couru, aussi vite qu'elle le pu, à travers la foule ! Elle devait s'enfuir, ne surtout pas se laisser rattraper. Elle ne savait ni si la jeune femme la suivait, ni où elle se trouvait, mais il était là question de vie ou de mort. Car même si ses pouvoirs de Daybreakers n'étaient pas encore bien développés, elle sentait que la jeune femme n'était pas juste humaine. Si elle décidait de se venger... qui sait ce qu'elle lui ferait ! Tout ça pour un portefeuille... La misère, c'est vraiment un fléau !
Tout allait vite, trop vite. Une rue, puis deux, puis une autre, un tournant... Si bien qu'elle se retrouva rapidement coincée, face au phare.

Ainsi donc, nous en revenons au point de départ. La petite brune se retourna en sentant de nouveau ce parfum fruité et boisé. Elle l'avait effectivement suivie... Quelle chance ! Il allait bien falloir qu'elle l'affronte, où il lui faudrait sauter dans l'eau... Mais était-ce réellement nécessaire, pour quelques billets ?

« Bon écoute, je suis désolée. Tiens, ton portefeuille. Prends-le. Laisse tomber. » lui dit-elle en lui jetant l'objet. Objet qui fut rattrapé avec une impressionnante agilité. « C'est réglé maintenant ! Je peux partir ? »  

Elle n'avait vraiment pas envie de se battre et surtout, elle se demandait même si elle pourrait avoir le dessus. Bastien lui avait toujours dit de faire confiance à son instinct mais également d'être prudente et de reconnaître lorsqu'il était possible d'échouer. « Ta vie est plus précieuse que n'importe quoi Liara », lui disait-il souvent. Et en l’occurrence, il avait bien raison.

Pourtant, elle sentait la tension monter. Une lourde tension... La brune, aussi jolie soit-elle, qui se trouvait en face d'elle, ne semblait pas vouloir partir... Dans quelle situation s'était-elle mise encore !



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MessageSujet: Re: 'Can't Walk on Water [PV]   Sam 18 Juil - 2:43

Pain Money to My Pain

Il faisait beau. Mais cela ne faisait aucune différence pour elle. Assise au bord de la fenêtre de son appartement, elle observait le monde extérieur, si petit, et pourtant bien trop vaste pour elle. Alors, comme chaque jour de repos qu'elle prenait, elle restait chez elle, enfermée dans son monde à elle. Elle écoutait la musique d'un monde-qui-fut, fuyant celle du monde-qui-est. Nostalgique, un brin mélancolique, elle se berçait dans les fragrances de ses souvenirs. Mais aujourd'hui, elle voulut bousculer ses habitudes. Caly lui avait montré une boutique lors de l'une de leurs ballades dans la Nouvelle-Orléans, et une envie soudaine d'y retourner finit par la faire bouger de son perchoir.

Elle ne prit pas la peine de se maquiller, n'étant qu'assez peu soucieuse de son apparence. De toute façon, quand elle n'était pas la serveuse du Old, elle n'attirait guère les regards. Une chose qu'elle n'avait aucune envie de changer. Mieux valait être seule que mal accompagnée aurait pu être son leitmotiv. La solitude ne lui pesait plus autant qu'avant, elle s'y était faite, elle s'était faite une raison. Son égoïsme dictait sa vie plus que de raison, mais même pleinement consciente de cet état de fait, elle ne faisait rien pour changer. Elle n'en avait aucune envie, ni pour elle, ni pour les autres.

Casque sur les oreilles, cigarette en bouche, elle sortit de chez elle. Les rues de son quartier étaient calmes, sereine, une chose qu'elle appréciait. Mais par contraste, elle aimait tout autant l'agitation du Old, plus apte à l'oubli, à la non-pensée. Un placebo futile, mais cela aussi, elle le savait. Ema avait une certaine arrogance, aussi se targuait-elle d'avoir une certaine acuité concernant sa situation. Elle pensait qu'elle-seule était à même de se comprendre, était l'unique personne à avoir pleinement conscience des étincelles de qualités qu'il pouvait exister en elle, au milieu de son océan de défaut. Et elle ne laissait à personne d'autre la chance de s'en apercevoir.

Elle se suffisait à elle-même.

Le temps passa sans qu'elle ne s'en rende compte, bercée par la mélodie de ses pas suivant le rythme de sa musique. Elle finit par arriver dans la rue de la boutique, sans l'avoir réellement cherché. Elle ne tarda pas à repérer l'enseigne du magasin, évitant la foule, feignant de ne pas la voir. Elle se planta devant la vitrine de la boutique. Petite, elle ne vendait rien d'extraordinaire, rien d'extravagant. Seulement quelques bijoux, quelques vêtements, dans un style qui lui rappelait la lointaine Albion.

Nostalgique, un brin mélancolique.

Mais la bulle de ses souvenirs éclata quand elle sentit son sac bouger sous son bras. Elle se retourna juste à temps pour voir s'enfuir une tête brune parmi la foule. Sans se poser plus de questions, elle se lança à sa poursuite.

Piquée dans son orgueil, elle ne voulait pas laisser passer ça. Même si elle faillit la perdre du regard à plusieurs reprises, ses sens de Daybreaker lui permirent à chaque fois de retrouver sa piste. La plénitude qu'elle ressentait encore il y a quelques minutes lui laissait un goût amer en travers de la gorge. Cette fille venait de lui gâcher sa journée, et dans sa colère, elle ne la laisserait pas s'en sortir comme ça.

Ema était rancunière.

La poursuite s'éternisait. Elle s'essoufflait. Mais son orgueil malmené la poussait à continuer. Elles finirent par arriver en vue du phare, et l'air marin la frappa de plein fouet. Elle s'arrêta pour reprendre son souffle, alors que la voleuse s'engouffrait dans le phare. Un sourire satisfait se dessina sur son visage. Elle l'avait coincé, elle ne lui échapperait pas. Elle gravit à son tour les marches menant en haut du bâtiment, la respiration haletante. Puis elle se retrouva en face d'elle.

Elle la fixait froidement, ses pupilles rouges de colère. La jeune femme lui lança son portefeuille qu'elle rattrapa presque machinalement, feignant de s'excuser, feignant que tout était réglé.

Oh non, rien n'est réglé. Ema lâcha son sac et se jeta sur elle, la plaquant contre la vitre qui protégeait le projecteur du phare. Elle n'était pas spécialement forte, mais la tension de sa course et la colère lui donnaient le surplus d'énergie dont elle avait besoin. Pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi ?


Elle tremblait, sans réellement comprendre pourquoi cela l'énervait autant. Elle avait récupéré son bien, elle aurait pu simplement tourner les talons et rentrer chez elle. Mais un nœud qui enserrait son cœur semblait se détacher, libérant toute la noirceur qui pouvait habiter ses pensées, toutes les choses qu'elle n'avait de cesse de refouler, ces choses que cette journée avait laissé de côté. Et cette fille venait de tout gâcher.

L'occasion était trop belle. Elle avait trouvé son exutoire, quelqu'un sur qui déversait toute sa peine et sa détresse.

Elle ne la laisserait pas filer.
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MessageSujet: Re: 'Can't Walk on Water [PV]   Sam 18 Juil - 13:21

« Thief ! »

'Can't Walk on Water  

« Pourquoi as-tu fait ça ? Pourquoi ? »

Sous le coup de la bousculade, Liara eut le souffle coupé et ses lunettes de soleil tombèrent sur le sol, dévoilant un regard émeraude extrêmement surpris. Il paraissait maintenant évident que la journée n'était pas prête de se terminer calmement. Elle avait « attaqué » la mauvaise personne... si l'on considérait ce petit vol comme une attaque ! Mais à en juger par les yeux plein de colère de la jeune femme qui la maintenait fermement, c'était effectivement quelque chose de grave. Et que pouvait-elle répondre à sa question ? « Oh eh bien je t'ai volée parce que tu étais là, j'ai fait un choix, et c'est tombé sur toi, et puis tu sentais bon. Au moins je n'allais pas me retrouver avec un portefeuille vide : une femme qui prend soin d'elle est forcément friquée ! » ? Plutôt se tirer une balle tout de suite... D'autant que ses sens ne l'avaient pas trompée : cette femme était forte, elle n'était pas uniquement humaine, il y avait autre chose.

« Eh bien tu vois, j'ai tellement d'argent chez moi que je m'ennuie... Du coup je me suis dit que voler mettrait un peu de piment dans ma vie insipide ! » lui dit-elle, ironique. Mauvaise idée Liara ! Tu crois que faire de l'ironie lorsqu'une excitée maintient ta gorge fermement contre une vitre, c'est un bon plan? D'ailleurs, elle resserra son étreinte, ce qui provoqua une toux chez la brune, qui commençait maintenant à paniquer légèrement. « Okay désolée... J'essayais de détendre l'atmosphère. Mais la réponse me paraît évidente. J'avais besoin d'argent, et tu as l'air d'être quelqu'un qui... disons... n'est pas nécessiteuse. Je suis désolée. S'il te plaît, lâche-moi... Je m'en irai et tu n'entendras plus parler de moi... »  

D'après les rumeurs, l'honnêteté, ça paie. Mais elle commençait vraiment à en douter là... L'atout de Liara, ce n'était pas sa force, bien qu'elle en ait à revendre, mais son goût pour le dialogue. Cette fois-ci encore, elle en avait la preuve : elle n'arrivait pas à se dégager de la prise de sa nouvelle rencontre. Elle était forte... et enragée ! Pourtant, un éclair dans ses yeux intima à la petite brune qu'elle commençait à se calmer.
C'était le moment ou jamais d'apaiser les choses. Elle était en danger et elle le savait... Pourtant, cela lui plaisait. Ca faisait longtemps qu'elle ne s'était pas retrouvée dans une situation similaire... Et en général, le danger provenait d'hommes horribles, qu'elle n'hésitait pas à manipuler jusqu'à s'en nourrir. Aujourd'hui, elle avait la « chance » de se retrouver en tête à tête avec une femme d'une beauté incroyable. Ses yeux bleus étaient rivés dans les pupilles vertes de Liara et d'une certaine matière, ça rendait les choses... Excitantes ! Évidemment Liara, c'est VRAIMENT le moment de se soucier de ça... Vraiment !

« Quitte à rester aussi proches, toi et moi, tu peux peut-être me donner ton prénom ? » Un sourire en coin naquit sur son visage. Elle ne pouvait pas s'en empêcher ! Encore une chose que Bastien lui avait souvent répété : Liara, bon sang ! Apprends à te taire un peu, tu vas nous foutre dans la merde! Mais c'était plus fort qu'elle. Il fallait qu'elle fasse de l'humour, du charme, et lorsqu'ils étaient plus jeunes, cela leur avait évité pas mal de punitions !

Mais aujourd'hui, elle n'était pas avec Bastien, non. Aujourd'hui, elle n'était pas face à ses parents, non. Elle était face à quelqu'un qui pouvait s'en prendre réellement et physiquement à elle. Voire, dans le pire des cas, la tuer. Et ça, c'était malheureusement la réalité. Pourtant, son instinct lui intimait de rester calme, que les choses allaient s'arranger. Et étrangement, l'inconnue lui inspirait confiance... Espérons-le !



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MessageSujet: Re: 'Can't Walk on Water [PV]   Mer 22 Juil - 2:27

Pain Money to My Pain

La beauté des pupilles émeraudes qu'elle lui dévoila fut balayée par le ton ironique de sa voix. Sa colère s'accentua, et sa prise se resserra. Elle aurait pu faire plus, presser encore un peu plus fort, sentir sa respiration s'essouffler, voir l'étincelle de sa vie mourir dans ses yeux. Elle avait tant à lui faire payer. Tant et tant de choses. Une injustice de plus à son actif, mais, dans son impuissante volonté à assumer elle-même ses propres erreurs, elle les faisait payer à d'autres. Et à cette culpabilité latente qui rongeait son cœur et son esprit, se mêlait le poison suppurant de ce sang pourrissant dans ses veines, la noirceur de ses choses qu'elle ne désirait qu'oublier, mais qu'elle ruminait sans cesse. Paradoxe morbide de sa personnalité.

Je me fous de tes problèmes et de ta vie. Elle accentua sa prise, pressant un peu plus sur la gorge de la jeune femme. Non, je ne te lâcherai pas. Tu vas me le payer.


Elle se tut à nouveau. Elle le savait pourtant. Elle savait qu'elle aurait dû la relâcher, la laisser partir de son côté et elle du sien. Elle savait que seul son égoïsme et une colère injustifiée la guidaient, dictaient ses gestes et sa pensée. Mais il était trop tard. Elle était allée trop loin, elle s'était enfoncée trop profondément dans ses vices et ses péchés pour espérer un jour se pardonner à elle-même. Alors jamais elle ne laisserait s'enfuir une occasion de faire souffrir quelqu'un d'autre à sa place.

Mais alors que son esprit vagabondait, perdu dans ses propres méandres, elle ne remarqua pas que sa prise se relâchait. Elle voyait son propre reflet dans la vitre du phare, son visage déchiré par la colère, ses yeux rougis par la haine. Mais son reflet lui dévoilait aussi toute la pâleur de ses traits, la tristesse inscrite au plus profond de chaque ride, le désespoir que portait chaque parcelle de sa peau. Son masque d'arrogance dont elle se paraît se fissurait de lui-même à chacune de ses colères, et ce qu'il dévoilait lui faisait plus de mal qu'elle ne l'aurait voulu. Elle n'était plus qu'une image jaunie, une parodie de vie. Et elle n'avait de cesse de se mentir à elle-même.

Peut-être était-ce de cela finalement dont elle voulait se venger. Cette fille lui avait montré en face celle qu'elle était réellement, et ce qu'elle serait à tout jamais. La vérité était toujours plus douloureuse que d'avoir conscience de son propre mensonge. Jamais elle ne changerait. Elle n'en avait pas l'envie, elle n'en avait pas la force. Elle ne le pouvait tout simplement pas.

Sa voix. Des mots. Un sourire. Elle s'agrippa à cette nouvelle occasion de laisser s'échapper sa colère, fuyant par la même la tristesse qu'elle ressentait pour elle-même, et le dégoût qu'elle s'inspirait. Son cœur accéléra brusquement dans sa poitrine.

Mon nom ? Elle la prit par les vêtements et la jeta contre la rambarde du phare. Pourquoi te donnerai-je mon nom ? Elle la regardait, sans oser s'approcher. Tu as tout gâché ! Tout gâché ! Elle avait pleinement conscience de son geste. Mais il avait toujours été trop tard.


Ses poings se serrèrent alors que la paroi glacé de la vitre entra en contact avec son dos. Son esprit lui dictait de la frapper, de répandre son sang sur le sol, et de la regarder crever comme l'auraient fait ses maîtres de jadis. Ses yeux se tintèrent de rouge, alors que sa magie si haïssable s'animait. Elle voulait lui faire mal, aussi mal qu'elle-même avait mal. Alors, pourquoi ne bougeait-elle pas ? Elle se sentit glisser le long de la vitre, tremblante de la tête au pied. Elle ne la quittait pas du regard, mais le sien était perdu. Perdu dans les abîmes de sa noirceur, dans la fange de son ressentiment.

Silencieuse, des larmes s'écoulèrent le long de ses joues. Elle se prit la tête entre les mains, alors que la pleine absurdité de sa colère lui explosait en plein visage. Elle était destinée à finir toujours ainsi, enfoncée jusqu'au cou dans les ronces qui parsemaient le chemin qu'elle s'entêtait à suivre, condamnée à payer encore et toujours, toujours et à jamais. Son regard se porta alors de nouveau sur la jeune femme, et plus loin encore. Une idée germa dans son esprit, une solution de facilité, une fuite en avant. Quelque chose qui restait là, enfouit tout au fond d'elle, mais que l'égoïsme d'un souvenir empêchait de naître. Mais cet endroit lui offrait peut-être la sa seule chance de fuir une réalité qui n'avait de cesse de s'accrocher à elle.
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MessageSujet: Re: 'Can't Walk on Water [PV]   Jeu 23 Juil - 12:56

« Thief ! »

'Can't Walk on Water  

Une folle. C'était ça. Liara était tombée sur une sociopathe qui avait besoin de se défouler sur n'importe quel être vivant ! Et oui, il avait fallu que ça lui tombe dessus... C'est comme ça chez les Shepard, on ne récolte que ce que l'on sème... Et quand on croit avoir semé du blé, on se retrouve avec de l'ivraie. Dans ce cas précis, le vol se transformait en vendetta... Mais la voleuse savait que tôt ou tard, on devait payer pour nos actes...
Seulement elle ne s'était clairement pas attendue à une réaction aussi virulente de la part de la jeune femme, bien sous tout rapport au demeurant. Elle avait l'air calme, détendu... Et pourtant, à cet instant, on aurait dit une folle furieuse, dégoulinante de rage. Elle l'envoya sur les roses, alors qu'elle lui avait elle-même posé la question du « pourquoi » du vol... tout ce qui l'intéressait, à l'heure actuelle, était de s'en prendre à Liara.

Quand la petite brune senti son cou se libérer, elle se rassura. C'était peut-être le bon moment pour apaiser les tensions ?

« Mon nom ? Pourquoi te donnerai-je mon nom ? Tu as tout gâché ! Tout gâché ! »

La violence du choc contre la rambarde sonna temporairement Liara qui glissa sur le sol. Mais avant de se sentir ainsi, elle avait parfaitement assimilé les mots de l'inconnue et se demandait ce qu'elle pouvait bien vouloir dire. En quoi avait-elle tout gâché ? Elle lui avait pourtant rendu le portefeuille, n'y ayant rien pris. C'était une journée banale, et elle regardait une vitrine... Elle n'avait pas interrompu un mariage ou une conversation !

Finalement, elle leva les yeux vers elle et ce qu'elle vit commença à l'inquiéter sérieusement : elle avait des pouvoirs... et elle était sur le point de s'en servir sur elle. Ses yeux rougeoyaient tandis que Liara essayait tant bien que mal de se relever. Et finalement, c'est elle qui se retrouva sur le sol, glissant lentement le long de la vitre, comme aurait coulé une larme sur une joue... Larmes qui vinrent finalement éteindre le feu animant son regard explosif.

L'espace d'un instant, la brune voulu ramasser ses lunettes et courir pour sa vie, courir pour échapper à un sort funeste, courir pour fuir la situation... Oui, l'espace d'un court, très court instant car lorsqu'elle croisa le regard embuée de l'inconnue, elle s'approcha. Elle n'avait pas peur, elle n'avait plus peur. Envolés les principes, envolée la méfiance, envolé aussi Bastien lui murmurant d'être prudente.
Encore un pas. Puis deux. Elle était debout devant elle, la surplombant. Doucement, elle s'accroupit, et la regarda droit dans les yeux. Elle y vit de la tristesse, de la douleur... et la ressentit elle-même. L'empathie la gagnait. Elle savait bien, pourtant, qu'elle ne devait JAMAIS ressentir ce genre de chose. Que cela soit pour une victime d'un vol, ou pire... d'un... « meurtre ». Elle n'osait y penser mais lorsqu'elle se nourrissait de l'énergie des autres, les vidant de leur vitalité, c'était un meurtre... Alors commencer à ressentir de l'empathie n'était clairement pas la meilleure idée à avoir. Et pourtant, cette fois... elle ne pouvait y échapper. Ce n'étaient pas des larmes qui coulaient sur les joues de l'inconnue mais de la douleur pure, du dégoût... et de la rage.
Et là, un regard qu'elle reconnaissait. Un regard tourné vers l'eau, vers cette étendue calme et paisible et qui, pourtant, pouvait amener bien des choses négatives. Oui, un regard qu'elle avait déjà perçu dans les yeux de Bastien.

« Liara. Je m'appelle... Liara. » Elle fit une pause, tentant d'accrocher à nouveau le regard de cette femme qui semblait si perdue. « Je suis désolée d'avoir... eh bien... gâché quoi que ce soit. » Elle tendit sa main vers celle de la belle inconnue mais se rétracta finalement. Il valait peut-être mieux éviter toute tentation de lui briser les membres...

Pourtant, lorsque leurs regards se croisèrent à nouveau, elle n'y vit pas la violence qui animait ses yeux, il y avait encore quelques minutes.


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MessageSujet: Re: 'Can't Walk on Water [PV]   Mer 29 Juil - 3:09

Pain Money to My Pain

La brume. Celle de l'ondée s'abattant sur la mer. Celle de ses larmes voilant ses pupilles. Elle ne voyait plus rien, absente à tout, absente aux autres. Absente tout simplement. Seul comptait l'ondulation des vagues, les remous de cet océan de possibilité. La chance que tout cela lui offrait, de mettre fin aux tourments de ses pensées, de combler le vide abyssal qui faisait battre son cœur. Elle ne voulait plus de cette vie, elle en avait assez. Assez de mentir, de se mentir, de faire semblant. De se battre pour seulement survivre. Elle l'avait toujours voulu finalement, refusant la moindre chance qui lui était donnée s'en sortir, de changer de vie, s'enfonçant d'elle-même toujours plus profondément dans sa solitude et ses ressentiments. Elle empruntait de son plein gré la propre voie menant à sa damnation.

Elle n'était qu'une âme errante, échappée d'un Enfer qu'elle n'aurait jamais dû quitter.

Mais quelque chose brisa finalement le silence étrange dont elle s'était entourée. Une voix, douce et limpide, qu'elle semblait entendre pour la première fois. Elle revint brusquement à elle, tremblotante, de froid et d'autre chose, ses yeux papillonnant pour chasser les larmes qui s'y étaient accrochées. Levant son regard, elle croisa celui de la jeune femme, la victime injuste d'une colère injustifiée, celle dont elle avait voulu faire son placebo pour apaiser le mal qu'elle s'était causée. Un prénom, des excuses qu'elle ne méritait pas. Elle croisa son regard et le fuit aussitôt, honteuse de ses actes et de ses paroles, de sa rage aveugle et de son égoïsme. Elle cacha son visage avec ses cheveux, retenant à grandes peines une nouvelle volée de larmes, refusant de craquer. Elle se mordit la lèvre jusqu'au sang pour s'empêcher de hurler.

Elle ferma alors les yeux, posant une main sur son cœur, espérant que ce geste apaiserait la frénésie de ses battements, et la douleur que chacun d'eux provoquait.

Tu...Tu n'as pas à t'excuser. C'est moi, et seulement moi...Elle dégagea finalement ses cheveux et se leva, fuyant cette soudaine proximité que cette fille lui imposait. Elle s'approcha doucement de la rambarde, l'agrippant des deux mains. Et tu n'as rien gâché, rien qui mérite que je t'inflige tout cela. Le vent frappait son visage, glacial. Je...A quoi cela servit-il de donner un prénom qui bientôt ne sera plus ? Je m'appelle Ema.


Elle se retourna alors vers elle, tenant toujours fermement le fer rouillé de la rambarde. Et pour la première fois, elle prit alors la peine de l'observer. Elle ne voyait que les traces de sa colère, la marque rouge de son bras sur son cou. La peur qui dansait dans ses yeux, le ressentiment qui y naissait. Peut-être se trompait-elle, peut-être avait-elle raison, elle ne le savait pas, elle ne voulait pas le savoir. Elle voyait finalement ce qu'elle voulait bien voir. Une justification, une raison valable, l'approbation silencieuse que ce qu'elle s'apprêtait à faire était sa seule solution.

Tu peux partir, je ne te poursuivrai pas. Elle jeta un coup d’œil à son sac. Prends ce que tu veux dedans. Prends et vas-t'en. Elle se tourna de nouveau vers elle. Son reflet lui renvoyait son propre regard, emplit de la supplique muette qu'elle l'écouterait, qu'elle n'assisterait pas à ça. S'il-te-plait.


Elle se retourna brusquement, ne pouvant plus retenir ses larmes. Elle chercha à étouffer ses sanglots, plaquant une main tremblante sur sa joue. Elle avait peur, peur de son acte futur, peur de son acceptation. Peur de ne pas retrouver de l'autre côté celle qu'elle espérait retrouvée. Amélia. Celle qu'elle n'aurait jamais dû perdre, celle qu'elle n'aurait jamais dû quitter. La seule personne qui lui manquait.

Son esprit s'embrumait, perdue dans les méandres de ses sentiments. Elle se tourna de nouveau elle, et ses larmes striaient un visage rouge de colère. Elle se perdait. Elle était perdue. Elle l'avait toujours été.

Pourquoi tu ne pars pas ? Pourquoi tu restes là ? Injuste. T'en as pas assez fait aujourd'hui ? Égoïste. Vas-t'en ! Dégage ! Égoïste. Laisse-moi ! Égoïste. Laisse-moi seule ! Désespérée.


Sa voix n'était plus qu'un murmure, un simple murmure porté par le vent. Elle tomba à genoux, craquant définitivement. Elle se maudissait, elle se haïssait. Elle n'était plus qu'une coquille vide, qu'une épave, le pâle réceptacle d'une vie inachevée, d'une vie qui demandait désespérément d'en finir. Une vie que sa lâcheté refusait de quitter. Sa résolution s'ébranla en même temps que la force qui l'avait maintenu debout. Et de sa colère, ne subsistait que les tressautements dans sa voix.

Pourquoi...Pourquoi je n'y arrive pas ? Elle chercha les pupilles de Liara, et s'y accrocha. Pourquoi ?


Une dernière supplique, une dernière volonté. Les dernières paroles d'une condamnée.
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MessageSujet: Re: 'Can't Walk on Water [PV]   Jeu 30 Juil - 2:44

« Thief ! »

'Can't Walk on Water  

« Tu...Tu n'as pas à t'excuser. C'est moi, et seulement moi... »

Un point positif. Ou du moins, il y avait une avancée, un pas vers « quelque chose ». Mais aussitôt, elle s'éloigna, comme apeurée. Liara s'en rendit compte mais ne brusqua pas les choses. Il n'était plus question de fierté, de vol ou autres choses futiles. Elle ressentait un mal plus profond, plus dangereux. Un mal qui ronge et qui ne peut s'en aller tant il est ancré à l'intérieur.
Ses cheveux volèrent doucement au vent, tandis que l'inconnue se tenait contre la rambarde. Son regard... Un tel regard aurait pu faire s'écrouler tout l'univers. Elle souffrait tellement qu'il était impossible pour Liara de l'ignorer.

« Et tu n'as rien gâché, rien qui mérite que je t'inflige tout cela. Je... Je m'appelle Ema. »

Ses yeux... Son regard... Elle était apeurée, effrayée, terrorisée. Mais ce n'était pas rationnel. Elle n'avait pas peur de Liara. Elle avait peur... d'autre chose. D'elle, peut-être ? Cette peur était réciproque... La petite voleuse avait peur d'une réaction violente, d'un seul coup.

« Ce n'est rien... Ema. »

Lorsqu'elle prononça son prénom, ce fut comme une délivrance. Le moment où Elle, l'Inconnue, devenait quelqu'un. Devenait réelle. Et Dieu qu'elle était réelle... Certainement trop car lorsqu'elle plongea de nouveau ses yeux dans ceux de la brune, elle y vit son intention. Elle voyait Bastien. Elle voyait son propre reflet, il y a quelques mois lorsqu'elle regrettait d'être encore en vie... Lorsqu'elle regrettait ses souvenirs, lorsqu'elle maudissait Riley ne pas avoir plutôt visé la tête...

« Tu peux partir, je ne te poursuivrai pas. 
Non... Je...
Prends ce que tu veux dedans. Prends et vas-t'en. 
Mais...
S'il-te-plait. »


Non. Non. Non.
Non.
Bien sûr que non. Cela lui était impossible.
Non. Ema... Non.

Liara fit un pas. Elle ne pouvait pas la laisser. Mais elle ne pouvait pas prendre le risque de l'effrayer. Qui sait ce qu'elle pourrait faire en la voyant arriver près d'elle. Et si elle se mettait en tête de sauter, à ce moment précis ? Et si... Et si tu arrêtais te de poser des questions Liara, et que tu fonçais ? Tu veux peut-être assister à sa noyade ? Ou sauter pour la récupérer dans l'eau ? Ca te tente ? Non ? Alors bouge-toi. Bouge-toi bon sang.
Un deuxième pas. Impossible de faire autrement. Ce n'était pas possible. Elle entendait ses pleurs, elle entendait cette détresse, cette douleur qui lui enserrait le cœur. Son cœur. Leur cœur.
Un troisième. Jamais deux sans trois. Mais ce n'était pas assez, elle était encore trop loin. Beaucoup trop.

Et elle se tourna.

« Pourquoi tu ne pars pas ? Pourquoi tu restes là ? T'en as pas assez fait aujourd'hui ? Vas-t'en ! Dégage ! Laisse-moi ! Laisse-moi seule ! »

Que pouvait-elle répondre à cela ? Elle n'avait strictement aucune réponse valable à lui donner parce qu'elle-même l'ignorait. Elle restait. Elle restait malgré la violence, malgré l'agressivité, malgré ces mots, si durs. Elle restait parce qu'elle en ressentait le besoin et parce qu'elle ne pouvait lutter contre ça. Comment pouvait-elle abandonner une âme en peine ? Elle qui n'était rien, qui n'était personne... Qui, aux yeux du monde, était déjà morte... Elle n'avait plus grand chose à perdre, et tout à gagner.

« Pourquoi...Pourquoi je n'y arrive pas ? Pourquoi ? »

Il n'était plus question d'hésiter. De faire un pas. Puis deux... Puis trois... Non. Elle ne réfléchit plus, et effaça l'espace qui les séparait. Elle s'accroupit auprès de la brune et posa sa main sur la sienne. Elle était glacée, ce qui tranchait avec la chaleur que ressentait Liara. Toutes ces émotions lui avaient fait bouillir le sang autant qu'elles le lui glaçaient. C'était trop...

« Parce qu'il ne faut pas. Parce que... tu ne le dois pas. Ema. Tu ne peux pas. Elle glissa sa main sous le menton d'Ema, doucement, délicatement. Elle voulait juste pouvoir la regarder... Droit dans les yeux. Elle avait besoin de lui montrer, d'une manière ou d'une autre, qu'elle était là. Qu'elle ne partirait pas. Parle-moi... Je t'en prie. Parle-moi. »

Qu'est-ce qui lui prenait... Pourquoi se mettait-elle dans des états pareils pour une inconnue ? Certes, elle était en détresse mais en quoi cela était-il son problème ? Elle avait bien d'autres chats à fouetter, clairement. Elle avait Bastien, elle avait ses problèmes parce qu'elle n'était pas censée être encore en vie... Elle avait Riley, à retrouver... Normalement. Mais là, elle avait une autre priorité. Elle savait ce que c'était de se retrouver seule, abandonnée... sale... souillée... Souillée par sa noirceur, par son désespoir, par ses pensées noires.

Sa main gauche toujours sur la sienne, Liara fit descendre l'autre de son menton, et s'arrêta dans son cou. Elle frissonna instinctivement. La peur. On pouvait lire de la peur dans son regard. Mais pas de sa magie, pas de sa violence... Non... De ce qu'elle pourrait faire si elle la laissait.

« Ema... »

Un seul mot. Un seul moment d'espoir. Saisis-le Ema... Je t'en supplie... Saisis-le...


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MessageSujet: Re: 'Can't Walk on Water [PV]   Mer 5 Aoû - 1:50

Pain Money to My Pain

Le vent glacé s'engouffrait dans sa chevelure. Il l'enserrait comme le feraient les bras d'un amant, cherchant à l'entraîner avec elle. L'emmener loin d'ici, vers le large, vers les profondeurs insondables de l'océan. Celui de ses souvenirs, de son passé, de son Enfer. De celle qui l'attend là-bas. Une ombre noire se dessine devant ses yeux voilés de larmes silencieuses, indistincte, imperceptible. Elle ne la voit pas vraiment, à moins qu'elle ne se refuse à la voir. Elle ne comprend plus, elle ne comprend pas. Ses membres ne lui répondent plus, son esprit s'étiole, son cœur s'endort.

Que sais-tu de moi pour dire cela ? Elle tremblait, de froid et de peur. Tu ne me connais pas. Tu ne sais rien de moi.


Elle entend ses paroles, sent sa main sur la sienne, la chaleur qu'elle dégage, et que sa froideur repousse. Tout son corps semble se rebeller à ce contact, comme s'il cherchait à fuir ce qu'il signifiait, à fuir le semblant d'avenir que ce geste préfigurait. L'ondée envahissait ses pensées, et les rendaient hermétiques à toute autre chose que son appel. Elle ne voulait pas être sauvée, elle n'en avait pas envie. Elle voulait qu'elle parte, qu'elle s'en aille et la laisse seule, comme elle l'a toujours été, pour qu'elle puisse partir. Alors pourquoi ? Pourquoi sa main se resserre sur la sienne, pourquoi ses yeux la cherchent quand elle glisse sa main sous son menton ? Elle ne le sait pas. Elle ne veut pas le savoir.

Parler ? Sa voix lui semble si différente, si étrange. Il n'y a plus rien à dire. Étrangère à elle-même. Plus rien. Laisse-moi, s'il-te-plait.


Elle le dit de sa voix éraillée, suppliante, mais elle n'y croit pas vraiment. Elle ne le veut pas. Ses yeux la fuient à nouveau, alors qu'elle réprime un nouveau sanglot, Elle voudrait la repousser, l'éloigner d'elle. Qu'elle la laisse seule à tout jamais. Elle voudrait tant trouver le courage de le faire, de mettre fin au fardeau que son existence était devenue. Mais son corps refuse de lui obéir, dévorait par sa lâcheté, par son courage défaillant, par les failles béantes de sa volonté.

Sa main glissa doucement dans son cou, brûlant sa peau glacée de sa chaleur, de sa douceur. Elle répéta son prénom, et ce son perça sa peau comme une dague l'aurait fait. Elle ne voulait plus l'entendre, plus jamais. Il ne représentait plus rien pour elle. Une vie effacée, quelque chose d'oublié. Une coquille vide, une âme en peine, une personne qu'elle ne serait plus jamais. Un paradoxe.

Elle n'était qu'une constante sinistre traversant les vicissitudes de sa vie, une ombre persistante dévorant les bribes informes de son avenir. Chaque pas qu'elle faisait en avant ne lui dévoilait qu'un ciel nuageux, absent de toute forme de vie, de toute envie d'avenir. Elle avait nié, c'était menti à elle-même, en croyant qu'elle pourrait survivre. Mais ses rêves n'étaient que des rêves. Ses hurlements, jamais personne ne les avait entendus. Et sa tristesse finissait de la tuer.

Pourquoi ne veux-tu pas me laisser ? Elle déposa sa main libre sur la sienne enserrant son cou. Pourquoi ne veux-tu pas me comprendre ? Son corps contredisait chacune de ses paroles. Pour la dernière fois, vas-t'en...Ses yeux se fermèrent. Vas-t'en...


Sa résolution s'amenuisait à mesure que son corps s'accrocher à cette fille qu'elle ne connaissait pas, et qu'un jour normal avait mis sur sa route. Elle maudissait ce destin qui lui refusait la maîtrise de sa vie, qui refusait qu'elle coupe son fil. Elle était prisonnière de cette existence maudite, enchaînée, condamnée à s'enfoncer encore et encore dans la noirceur de ses pensées, dans les Ténèbres dont elle se nourrissait.

Et comme un électrochoc, cette simple constatation de sa réalité lui donna le surplus de courage qu'il lui manquait.

Non ! Lâche-moi ! Elle la repoussa violemment, et la perte de ce contact la fit souffrir plus encore. Tu ne m'arrêteras pas ! Elle se recroquevilla sur elle-même, lui tournant le dos, s'accrochant fermement à la rambarde. Elle...Elle tendit une main dans le vide, et sur ses lèvres se dessina un sourire. Elle m'attend...


Une silhouette qu'elle avait déjà vue, qu'elle n'oublierait jamais. La promesse d'un passé qui devenait son avenir. L'écho lointain de ses pensées, la seule chose qu'elle désirait. Une prière ensevelie sous les débris et les lambeaux de sa vie. Elle voulait accomplir ce qu'elle n'avait que trop longtemps repoussé, ce qu'on ne lui avait que trop longtemps refusait. Ce qu'elle avait fui, en sachant pertinemment qu'ainsi, elle ne faisait que se mentir.  

Mourir et la rejoindre. Partir et ne plus revenir. S'enfuir avec elle.

A...Amélia...
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MessageSujet: Re: 'Can't Walk on Water [PV]   Mer 5 Aoû - 3:00

« I wish you could stay... »

'Can't Walk on Water  

« Je suis peut-être une voleuse, mais je ne suis pas idiote ! Je ne vais pas te laisser tout simplement parce que... parce que tu ne peux pas rester seule ! Tu ne le dois pas. »

Elle était persuadée d'avoir raison. Elle ne pouvait qu'avoir raison. Parce que la laisser seule, ça voudrait dire... l'abandonner... l'abandonner à son propre sort, à sa tristesse, son désespoir... sa colère... Ca la rongeait de l'intérieur, et la brune le voyait... Elle voyait avec horreur que la jeune femme était désespérée. Ses cheveux aux reflets de feu ondulaient dans le vent... elle était sublime. Sublimement dramatique.

A nouveau, et elle aurait dû y être habituée, Liara se fit repousser violemment. Mais cette fois-ci, elle ne se laissa pas aller, et tenta de garder l'équilibre.

« Non ! Lâche-moi !
- Arrête !
- Tu ne m'arrêteras pas !
- Tu ne... »


La petite brune s'interrompit, voyant dans quel état était sa nouvelle protégée. Oui, c'est comme cela qu'elle la voyait, tout simplement parce qu'il lui était impossible de la laisser. Impossible. Elle ne pouvait pas faire autrement que de voir Bastien. Bastien, son seul soutien... Bastien, sa famille... Sa seule famille. Et ici, elle le voyait. Elle le voyait perdu, déboussolé, prêt à en finir avec la vie. Quel être humain pourrait laisser quelqu'un mettre fin à ses jours en toute impunité ? Certes, elle était un Daybreaker, mais elle n'en restait pas moins Liara, cette personne loyale et fidèle.

« Elle... Elle m'attend... »

Bastien. C'était ça. Elle était lui. Il était Elle. Comment ne pas le voir dans ses actes ? Comment dissocier les deux alors qu'ils agissaient de la même manière... certainement pour les mêmes raisons ? Ou du moins... des raisons similaires. Bastien avait perdu son amante... il l'a perdue. Il l'a tuée. Abigaelle. Bien entendu, il ne le voulait pas, il ne l'avait jamais voulu... Mais c'était arrivé et il est impossible de revenir en arrière. La mort est définitive. La mort... ce n'est pas un commencement, c'est une fin. LA fin.
La brune regarda fixement Ema. Elle délirait. Elle souriait, en regardant l'horizon, le vide...

« A...Amélia... »

Liara avait vu juste, ou du moins, c'est ce qu'elle pensait à ce moment précis. Elle le savait... Il n'y a qu'un être cher, que l'on aime désespérément, qui peut nous mettre dans un tel état de déchéance. De douleur. Toute perte, quelle qu'elle soit, est douloureuse, et peut nous réduire à néant. Bien sûr, il ne tient qu'à nous de nous relever, d'aller de l'avant... de ne pas se laisser abattre. Mais il s'agit de quelque chose de difficile, un travail sur soi que peu de gens arrive à faire. La petite brune, elle, avait vécu la perte de Riley de manière... désastreuse. Si on oubliait le fait qu'elle avait failli mourir, brûlée par les flammes, le fait d'avoir été utilisée de la sorte par l'amour de sa vie est extrêmement destructeur. Elle aussi, avait voulu en finir... Elle aussi, avait désiré mettre un terme à cette mascarade. A sa vie. Mais elle avait renoncé, d'elle-même... Elle avait renoncé parce qu'elle avait revu Bastien, parce qu'elle avait encore de l'espoir. Et c'était de ça dont Ema avait besoin, d'espoir. L'espoir d'une vie meilleure ? L'espoir qu'un jour peut-être, la douleur s'estompera ? Elle ne savait pas... Mais elle ne pouvait pas la laisser faire !

Alors elle prit son courage à deux mains, et des larmes perlèrent sur ses joues. Larmes de colère. Une fois, c'était douloureux... Mais deux fois, ce n'était plus supportable.

« Tu n'as pas le droit. Tu ne peux pas faire ça ! Lâche ! Elle tremblait de rage, de tristesse, de désespoir... de peur. Personne ne t'attend ailleurs ! Personne ! Non, personne ne t'attend ailleurs qu'ici ! Alors arrête ! Elle serre les poings et sa voix tremble sous le coup de l'émotion. Elle hurle presque. Tu m'avais promis ! Tu ne peux pas me laisser Bast... »

Soudainement, elle écarquille les yeux... Elle ne devait pas sombrer dans la folie, elle non plus. Elle ne devait pas craquer. Elle était forte. Elle était Liara... Elle pouvait pas faiblir en se rappelant de cette horrible période. Elle étouffa un sanglot tandis qu'elle reprenait ses esprits. Ema. La rambarde. Le phare. Le vol. L'eau... Tout se mélangeait mais la conclusion restait la même. Et elle ne permettrait aucune conclusion hâtive.

« Ema... Je suis désolée. Sans moi, tu ne serais pas ici... Sans moi, tu ne serais jamais venue jusqu'ici... Tu serais peut-être toujours devant cette vitrine, à écouter de la musique, à vaquer à tes occupations. Peut-être même que tu serais en train de boire un café quelque part ? Elle sourit en imaginant la scène. Mais dans tous les cas, tu ne serais pas ici... »

Elle s'approcha d'elle, déterminée. Elle n'avait plus le temps d'hésiter, voyant les jointures de la jeune femme blanchir. Elle se maintenait fermement à la rambarde... S'il fallait le faire... elle le ferait.
Sans réfléchir, elle enroula ses bras autour de la taille de la jeune femme. Ce simple contact la réchauffa, la rassura. Elle l'enserra de ses bras et joignit ses mains aux siennes. Elle posa doucement son menton sur son épaule avant de murmurer « Reste... », à son oreille.


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MessageSujet: Re: 'Can't Walk on Water [PV]   Sam 5 Sep - 0:58

Pain Money to My Pain


Sa main tendue retombe. Ce nuage de vapeurs, cette image illusoire, cette sombre manifestation de son désespoir, s'évanouit devant son regard. Elle voit ses courbes, ses veines en filigranes, un sang qui n'existe plus. Deux pupilles qui la fixent, une myriade de sentiments, une flux inconstant d'émotions. Encore et toujours, elle disparaissait sans qu'elle ne puisse rien faire. Encore et toujours, elle ne peut que rester en arrière. Seule, sans elle. Son bras tombe contre la barrière. Elle a froid, elle pleure. Sa résolution n'est qu'un lointain souvenir. Trop faible, trop lâche, tout juste bonne à survivre.

Alors, elle retombe dans le silence, ponctué de ses gémissements. Peut-être y avait-il quelque chose à comprendre. Une chose qu'elle s'était toujours refusée d'admettre, quelque chose qu'elle craignait par-dessus tout. Amélia se refusait à elle. Elle ne la voulait pas. Elle la rejetait. C'était là, devant ses yeux, mais elle avait toujours refusé d'y croire. Elle n'acceptait pas de lui accorder la seule chose qu'elle n'avait jamais demandé. Laisser cette vie misérable, et retourner vers elle, vers celle qu'elle n'aurait jamais dû quitter, vers celle qu'elle n'avait jamais voulu quitter.
 
Elle n'avait plus personne en ce monde, et la seule qu'elle désirait n'y appartenait pas.

Elle déteste sa vie.

Mais de cette absence, de ce vide, de ce froid qui la paralyse, elle sent une chaleur nouvelle qui l'entoure. Elle sent deux bras qui l’enserrent, des doigts qui s'entremêlent entre les siens. Elle frissonne à ce contact, nouveau, bizarre. Elle se souvient alors, d'elle, de cette fille, de ses mots, de ses gestes. De toutes ces choses qu'elle ne comprenait, que son aveuglement l'empêchait d'appréhender, d'en saisir le sens. Et cette signification lui explose en pleine figure, fait bondir son cœur dans sa poitrine, d'amertume, de regrets, de colère de s'être montrée si détestable, si injuste. Si égoïste.

Elle voulait lui parler. Mais sa voix mourait dans sa gorge.

Aide-moi.

Dans ce sombre rêve, cette source de lumière qu'elle représentait, qu'elle ne pouvait, ne voulait, voir jusqu'à présent. Elle lui parlait.

Aide-moi.

Elle enserra un peu plus ses doigts entre les siens, entourant ses bras de ses propres bras. Elle se blottit contre elle. Elle veut sa chaleur, désire son abnégation, sa compassion.

Aide-moi. Ne m'abandonne-pas.

Puis, elle brise le contact, éteint l'étreinte. Elle se retourne, et la fixe pour la première fois. Elle la voit telle qu'elle aurait dû la voir, comme elle n'aurait jamais dû la voir autrement qu'en cet instant. Si belle, si lumineuse, son inverse. Son exact opposé. Le reflet déformé que son miroir brisé refusait jusqu'à alors de lui montrer. A son tour, elle l'entoure de ses bras, et dépose sa tête contre son cou. Elle ne voulait plus la lâcher, ne craignant que trop ce qu'il pourrait alors arriver. Elle ressent quelque chose d'étrange, de nouveau. Un sentiment enfoui, que jamais elle ne pensait voir resurgir.

Pardonne-moi. Sa voix lui revient. Je ne le ferais plus. Elle s'excuse comme une enfant. Alors...Comme une enfant en pleine renaissance. Ne me lâche plus.


Pourquoi se comportait-elle subitement ainsi ? Cette fille, qu'elle avait méprisé sans la connaître, qu'elle avait haït dans son égoïsme, dans l'aveuglement de sa colère, de sa rage et de son désespoir, devenait soudain quelque chose de plus pour elle. Une réponse à l'image fugace et évanescente d'Amélia, une main tendue dans ses Ténèbres.

Elle, qui n'était qu'une perdue parmi d'autres, déracinée dans cette terre désolée, absente de toute raison de vivre, de toute volonté de survivre. Ce paradoxe, cette inconstance, cette solitude qu'elle portait, dans laquelle elle s'enfonçait, mais qu'elle ne désirait que fuir. Ce destin qu'elle raillait, qu'elle maudissait tant, l'avait mis sur sa route, et dans son autodestruction imminente, dans le poison de son égoïsme, elle avait voulu l'emporter avec elle. La tuer comme elle voulait se tuer. Pour, encore et toujours, comme son leitmotiv le lui dictait, sa vocation unique, son dogme, ne jamais être seule, quelque soit l'instant.

Mais cela aurait été la pire des injustices. Un nouveau crime à inscrire à son panthéon, à célébrer dans les instants les plus sombres de ses nuits, dans ses plus mauvais rêves, dans ses plus beaux cauchemars.

Alors qu'en réalité, jamais personne d'autre qu'elle n'avait voulu l'aider.
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MessageSujet: Re: 'Can't Walk on Water [PV]   Dim 27 Sep - 2:41

« I wish you could stay... »

'Can't Walk on Water  

Surréaliste. Cette situation était extrêmement surréaliste. Liara se demandait comment elle avait pu se mettre dans une situation, et surtout, pourquoi n'était-elle pas déjà partie très loin ? Ce n'était pas dans ses habitudes que de se laisser aller de cette manière, de s'ouvrir aux autres sans se protéger et de les aider... ou de vouloir le faire. Pourtant c'est exactement ce qui se déroulait en ce moment même. Rien à voir avec une quelconque pitié, non. Il s'agissait réellement d'une envie de l'aider... Non Liara, ce n'est pas une envie... C'est un besoin. Tu le ressens au fond de toi... Tu l'as ressenti en l'enlaçant. Tu as senti ce frisson te parcourir non ? Tu sais qu'elle n'est pas simplement humaine et tu ressens cette connexion... Arrête donc de te voiler la face s'il te plaît. Ce n'est pas la peine, tu ne me la feras pas... Pas à moi.

Un besoin. Liara avait besoin de se sentir utile. Avec Bastien, les choses étaient différentes... Il était de sa famille, il était... comme son frère. Mais dans le fond, elle savait aussi qu'elle ne pourrait pas éternellement l'aider. Elle ne peut d'ailleurs pas aider les gens, contre leur gré. S'ils ont réellement envie de s'autodétruire, alors ils le feront et elle n'y pourra rien. Strictement rien. Mais tant qu'il y a de la vie, ne dit-on pas qu'il y a de l'espoir ?

Et c'est à ça qu'elle se raccrochait, à l'espoir. C'est aussi ça qu'elle ressentit violemment monter en elle lorsque son étreinte lui fut retournée, lorsque la jeune femme mêla ses doigts aux siens. Une vague de chaleur, un long frisson, un moment de douceur, d'apaisement. On était loin de ce vol raté au milieu de la foule... Il s'agissait d'une minute au milieu de l'éternité, se perdant parmi toutes les autres... Une minute de pur bonheur, sans question, sans réponse, sans problème.

Ema se retourna finalement, et la regarda dans les yeux. Et quels yeux... Elle est magnifique... Tu le sais, sinon... pourquoi sourirais-tu de cette manière ? Pourquoi te sentirais-tu aussi bien à cet instant précis ? Tu n'as jamais pu... Elle secoua mentalement la tête afin d'arrêter de penser. Elle ne voulait pas terminer cette phrase et préférait ne pas se poser de questions. Elle préférait... vivre. Mais jamais elle n'aurait pu s'attendre à ce qui allait se passer : la rousse s'approcha et l'enlaça. Tout simplement. Il n'y avait rien de plus, il n'y aurait rien de plus. On aurait dit... une enfant apeurée. Ce vol avait-il été un déclencheur ? Cette question était stupide. Bien sur qu'il avait déclenché quelque chose...

« Pardonne-moi. Je ne le ferais plus. Alors... Ne me lâche plus. »

Elle regrettait ses reproches... Elle s'en voulait de lui avoir parlé comme si... Comme si elle était Bastien. Elle avait eu peur de perdre son cousin, elle avait eu peur de perdre... quelqu'un de cher. Pourtant, elle ne connaissait pas la rousse. Elle ne la connaissait pas... mais elle ne pouvait pas la laisser ainsi. Dans cet état. Faible...
Elle se laissa aller quelques secondes, quelques minutes à ce moment de calme, de détente, contre la jeune femme, puis lui releva doucement la tête. Elle plongea ses yeux dans ceux d'Ema, se voulant rassurante.

« Je ne te lâche pas. Je n'en ai pas envie. Pas la force. Pourtant... Elle caressa son visage. Nous ne pouvons pas rester ici. Tu es glacée... Liara lui sourit, d'un sourire doux et sincère, alors qu'une larme perlait sur sa joue. Je ne peux pas te laisser dans cet état. Je ne serai pas ce genre de personne. »

Tout était vrai. Chaque mot. Chaque frisson. Chaque larme. Tout.


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