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 Für Immer Jetzt [Alvin]

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MessageSujet: Für Immer Jetzt [Alvin]   Ven 17 Juil - 12:12

Italique : Allemand


Wir durchbrechen die Zeit
Gegen jedes Gesetz
Für immer du und ich
Für immer jetzt


Für Immer Jetzt - Tokio Hotel

Lorsque tu franchis les portes automatiques de l'hôpital, l'air froid conditionné se mélange à une gerbe d'air chaud venue de l'extérieur. Le soleil frappe dans toute sa splendeur sur le goudron luisant par endroits et le cagnard s'est abattu sur tout New Orleans jusqu'à au moins neuf heures le soit-même, jusqu'à ce que l'astre coupable veuille bien dégager derrière les collines et vous laisser un peu de répit. Le cœur lourd, tu t'arrêtes un instant en plein milieu de l'allée pavée. Ton regard embrasse le paysage d'une banalité morne : les voitures passent, les visiteurs entrent et sortent, les infirmières secondent d'éventuels patients. Quelques brancards, souvent vides, s'échappent des portes pour regagner les véhicules utilitaires des secours qui s'ébranlent alors sans demander leur reste, disparaissant au coin de la route dans une nuée rouge ou blanche. Des passants traversent la route, munis d'une poussette ou chargés de sacs. De l'autre côté de la rue, l'enseigne de la pharmacie où tu travailles clignote de son vert chimique. La vie suit son cours.
Et au dessus de ta tête, quatre étages plus haut, au fond du couloir observatoire, l'un de tes plus proches amis a failli y rester.

Ca vient si vite, sans qu'on s'en aperçoive.
Et quand on se retourne sur ce qu'on a laissé, on n'en découvre que les morceaux. Bien sûr, tu as été là, tu as répondu présent quand tu as été contacté, mais pour toi c'est déjà trop tard que de s'asseoir au chevet d'un ami. On l'a laissé mener sa bataille et s'écrouler seul, ce n'est pas pardonnable. Apolline te l'a bien fait comprendre en te tabassant lourdement dans un coin du couloir, te laissant des séquelles que tu portes encore sur les bras.

Pris d'une soudaine insanité, tu traverses le parking de l'hôpital sur lequel tu te gares toujours puisque la pharmacie n'en possède pas et pénètres dans ta voiture sur le siège passager duquel tu jettes ta besace. L'habitacle démarre en trombe et file dans la rue, passant devant la pharmacie sans que le conducteur n'y accorde le moindre regard. Seule la destination compte, et elle te noue déjà le ventre. La voiture passe la porte sud et tranche la campagne de son moteur puissant. Les risques inconsidérés se poursuivent jusqu'à la position indécente de l'aiguille sur le compteur de vitesse. Tu atteins la forêt en un temps record et la traverses sans prendre la peine de rétrograder une seule fois tandis que les branches donnent des coups réprobateurs sur la carrosserie. Lorsque enfin tu ralentis devant cette maison bien connue, tu éprouves toutes les peines du monde à arrêter le contact et a serrer le frein à main. Les mouvements derrière les rideaux indiquent une présence. Tu ignores s'il a senti la tienne. Ouvrant la porte, tu t'extirpes de la voiture avant de changer d'avis et gravis les marches du perron. Prenant l'inspiration la plus douloureuse de ta vie, tu frappes trois coups distincts sur le panneau de la porte d'une phalange repliée.

« Salut, pardon de te déranger, je reste pas, donne-moi trente secondes. »

Voyant que la porte ne se referme pas immédiatement, tu poursuis rapidement avant que tes jambes ne se dérobent et ne te fassent perdre toute ta crédibilité...si seulement tu en as encore à ses yeux.

« Je suis juste venu te présenter mes excuses pour la dernière fois. Je ne regrette absolument rien de ce que j'ai dit et j'assume, mais si ça vient à mettre en péril une amitié aussi vieille que la nôtre, je préfère tout autant que tu fasses comme si je n'avais rien dit. Comme si rien ne s'était produit. Je voulais que tu saches que si j'ai pas donné de nouvelles pendant dix ans c'est en grande partie parce que j'avais peur de me heurter à la réalité que tu aies pu fonder une famille. C'est stupide mais c'est comme ça. Ca n'effacera pas mes erreurs, mais au moins, tu le sais. »

Ton regard soutient le sien.

« Tu me manques. Vraiment. Tu comptes beaucoup pour moi. Notre amitié est très importante pour moi et je m'en veux d'avoir failli la briser. Je n'évoquerai plus tout ça et si je peux faire quoique ce soit pour me faire pardonner...dis-le moi simplement. »

Tu esquisses un pas en arrière.

« Je te retiens pas plus longtemps. »
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MessageSujet: Re: Für Immer Jetzt [Alvin]   Lun 20 Juil - 13:00

Tranquillement installé devant un bon bouquin, tu redresses les yeux lorsque tu entends le bruit distinct d'un moteur. Les rideaux tirés pour garder la fraicheur et l'ombre ne te permettent pas d'observer et tu te lèves en soufflant. Tu observes sans les bouger. Une voiture se dirige vers ta maison et tu recules alors en comprenant de qui il s'agit. Loon. Pourquoi vient-il ici ? Tu te rappelles très distinctement votre dernière entrevue, tu te rappelles aussi de ce que tu t'es promis dans ce cimetière de New York où tu as bien failli y passer. Tu soupires et te dirige vers la porte d'entrée quand tu entends les trois coups portés au panneau de bois. Tu ouvres et poses tes yeux sur ton ami. Il parle vite, mal à l'aise. Il veut trente secondes. Tu t'appuies sur l'encadrement.

Tu l'écoutes. Il parle encore plus vite et pourtant tu comprends et retiens tout ce qu'il dit. Puis il fait un pas en arrière alors que toi aussi, tu en fais un et, d'un signe de tête, tu l'invites à entrer. Tu n'as pas encore parlé. Tu ne sais pas quoi dire. Il s'excuse, tu devrais en faire autant.

- Je suis désolé moi aussi.

Le ton que tu emploies est froid, comme toujours. Tu sembles tendu, rigide, tandis que tu t'assoies sur ton canapé, droit comme un i. Puis tu fermes les yeux, quelques secondes, te détends et les rouvres, prêt à communiquer cette fois-ci.

- Je suis désolé. Je n'aurai pas du me mettre en colère comme ça moi non plus. C'était plus fort que moi, je ne m'attendais pas à de telles déclarations. Ou peut-être que si mais peut-être pas si vite. En fait j'en sais rien mais ça m'a stressé et tu sais comment je suis quand je stresse. Il ne faut pas m'en tenir rigueur.

Tu t'arrêtes pour reprendre ton souffle mais tu ne soutiens pas son regard. Lui t'observe, toi, tu regardes par la fenêtre. Les branches des arbres bougent délicatement.

- Tu n'as rien à te faire pardonner. C'est dans la nature humaine de faire des erreurs bien que je ne crois pas que tu en ais commises. Tu as juste laissé parler ton cœur en quelque sorte, c'est plutôt à moi de me faire pardonner mon comportement excessif.

L'heure est aux aveux dirait-on. Tu as bien réfléchi depuis ta mésaventure au cimetière, tes nouvelles connaissances, tes nombreuses discussions. Tu as mal réagi avec ton ami et tu te dis que vous pourriez être ami tant qu'il ne te harcèle pas avec ses sentiments. Tu n'en as pas ou plutôt comme pour un vieil ami. Tu n'as pas besoin de plus. Enfin, tu n'en veux pas plus, en tout cas.

Tu te rends compte que tu ne lui as pas répondu sur certains points et tu souffles à nouveau pour mettre tes idées au clair.

- Pendant dix ans il s'en est passé des choses. La perte de mes parents, de Liam, d'un certain nombre de mes amis. Tu me connais pourtant, tu me vois vraiment avec des gosses dans les jambes ? La famille ce n'est pas fait pour moi, je ne serai pas capable d'en avoir une responsabilité correcte. Mais ta réflexion n'était pas stupide. Je ne pense pas. J'aurai pu essayer de te contacter aussi, mais j'étais centré sur moi-même sans faire attention à ce qui m'entourait.
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MessageSujet: Re: Für Immer Jetzt [Alvin]   Lun 20 Juil - 14:14

Dans un miroir parfait, vous reculez en même temps, toi pour partir, lui pour t'inciter à entrer. Incrédule mais soulagé, tu le regardes disparaître dans cette maison si belle que tu connais bien. Tu restes figé dix bonnes secondes sur le pas de cette porte grande ouverte, les derniers mots de Alvin flottant dans ton esprit. Alvin. Alvin vient de s'excuser. Ton estomac se retourne. Vingt ans d'amitié et tu ne l'as jamais entendu demander pardon, s'avouer coupable ou se remettre en question. Ce n'est pas dans sa nature.
Mais ne dépasse-t-on pas sa nature quand une situation importante l'exige ?
Tu pénètres dans la maison, laissant la fraîcheur t'envahir. Le panneau de la porte claque délicatement contre le chambranle, plongeant l'immense salon d'une propreté impeccable dans la semi obscurité procurée par les rideaux. Tu retires ta veste. Tes Dr Martens mal lacées s'échappent respectueusement de tes chevilles et tu gagnes le canapé sur lequel tu t'assieds, à côté d'Alvin, un talon replié contre ta cuisse, l'autre jambe en angle droit sur laquelle tu laisses reposer ton bras meurtri. La pénombre légère dissimule quelque peu les marques atroces laissées, quelques dizaines de minutes auparavant, par la ténébreuse Apolline qui t'a puni de la trop grande proximité entretenue avec Aubin. Tes blessures rougies à demi guéries palpitent encore des coups violents qu'elle t'a donné, tandis que ton cœur blessé se soulage des mots d'un Alvin transformé.

« Je te connais bien, je sais qu'il y a des manières de te dire les choses et je n'aurais pas du les dire ainsi. Tu as réagi naturellement, comme je l'ai fait moi-même. »

La langue d'Alvin se délie avec une facilité déconcertante qui laisserait presque penser qu'il a pu réfléchir à la situation depuis les deux semaines qui vous ont séparés de votre altercation. Qu'il y a pensé même très sérieusement et qu'il a compris certaines choses. Tu comprends bien entendu que son cœur ne s'ouvrira jamais pour toi, sans doute par peur de détruire votre amitié si tenace, et tu espères au fond de toi que ta passion se tarira pour ne plus vous blesser comme elle l'a fait. Malgré tout, alors que tu le regardes et l'écoute parler de cette froideur calme qui lui va si bien, tu éprouves toutes les difficultés à te contenir, à contenir cette lueur qui brille dans tes yeux et ces élans qui te pousseraient à le prendre dans tes bras. Au lieu de cela tes mains se nouent et glissent le long de ton jean jusqu'à entourer la cheville qui soutient ta jambe dressée.

« Je crois que notre amitié s'est réellement manifestée dans le fait que nous avons été sincères l'un envers l'autre, ce qui a occasionné ses réactions violentes. Nous ne nous sommes jamais rien caché, c'est visiblement ce qu'il se passe quand on le fait. En tout cas que j'aie fait une erreur ou non, tu n'as pas à t'inquiéter. Ca ne se reproduira plus, si ça doit te faire plus de mal que de bien. »

Alvin va de surprises en surprises. S'il ne soutient pas ton regard il prend grandement sur lui, se confie comme il ne l'avait plus fait depuis des années, depuis votre adolescence. Son regard se perd dans ses souvenirs, certainement, dans ces périodes difficiles de sa vie, qu'il te raconte et qui te font comprendre ô combien tu as raté des choses.
Malgré la douleur que te font ressentir tes bras blessés, l'évocation de Liam fait brutalement chuter une pierre dans les tréfonds de ton estomac. Tu hoquettes, la surprise se lisant clairement dans tes yeux.

« Liam est mort ? »

Et ses parents aussi. Et d'autres de ses amis. Si jamais tu avais su tout cela, jamais tu n'aurais agi de la sorte. Alvin avouant publiquement son égocentrisme démesuré et son incapacité à prendre des responsabilités achève de te clouer sur place.

« C'est juste que tu as toujours été quelqu'un de très propre sur toi, de très linéaire dans ta progression, de très carré. Tu as toujours été un modèle pour moi malgré notre écart d'âge. Tu as toujours été celui qui réussissait tout ce qu'il entreprenait, et malgré ton caractère, dans ma tête, ça passait aussi par le fait de fonder une famille, de te poser durablement comme les mœurs l'indiquent. »

Un soupir s'échappe de tes lèvres et la sentence d'Apolline résonne plus fortement en toi.

« Si j'avais su tout ça je t'aurai soutenu, pas balancé mes états d'âme à la gueule. Je comprends que tu aies changé à mes yeux. Je...Je reviens de l'hôpital où je suis allé voir un de mes amis qui...qui a tenté de mettre fin à ses jours. J'ai réalisé à quel point je n'étais pas assez proche de ceux que j'aimais, et que je devrais davantage me soucier d'eux avant de devoir inhumer leur cadavre. J'ai ressenti quelque chose que je n'aurais jamais voulu ressentir, et je n'ose imaginer te voir disparaître de ma vie simplement parce que j'étais trop con pour me soucier de toi. »
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MessageSujet: Re: Für Immer Jetzt [Alvin]   Mer 22 Juil - 8:53

La situation est à l'heure des aveux. Tu t'es confié facilement, tu as raconté tout ce que tu avais à dire. Même si tu n'as pas réfléchi outre mesure, les mots sont venus naturellement. Tu as dit ce que tu avais sur le cœur, ce qui t'a fait réfléchir dans ce cimetière de New York. Tu ne voulais pas gâcher la seule amitié qu'il te reste de tes années d'enfance. Les autres ne sont qu'éphémères. Des pions que tu bouges pour mieux gravir les échelons.

Loon prend ensuite la parole. Il essaie de mettre un pourquoi et un comment de cette situation. Comment en étiez-vous arriver là ? Pourquoi aviez-vous besoin de vous excuser ? Autant de questions que de réponses qui trouvaient finalement matière à redire. Tu n'as cependant rien à ajouter à ce qu'il te dit. Tu ne vois pas quoi lui dire. Tu t'es excusé une fois. Tu sais que tu l'avais blessé en lui balançant ces méchancetés alors tu as demandé pardon. Mais qu'il ne se fasse pas d'illusion, ce n'est pas quelque chose qui se reproduira. Tu l'as fait car, quelque part, tu tiens quand même à Loon.

- Liam est mort, oui. Il est enterré à New York. Quelques temps avant les cataclysmes.

Tu ne t'étends pas sur le sujet. Ton ami est bien assez grand pour demander des détails s'il en veut. Tu n'aimes pas parler des morts, tu penses qu'il faut les laisser en paix et passer à autre chose mais pour certaines personnes, c'est beaucoup plus dur. Oublier tes parents, tes amis, Liam. Ce sont des problèmes compliqués à résoudre. Tu as toujours leur image en tête, certains souvenirs qui reviennent dans une situation banale ou insolite. C'est ce qui arrive, parfois.

- Tu sais bien que les mœurs et moi, on n'est pas vraiment amis. Me poser durablement c'est quelque chose d'envisageable et qui s'est fait plus ou moins, mais fonder une famille c'est autre chose. Depuis que tu me connais ça n'a pas changé. Je n'aime pas les gosses. Les voir gesticuler et crier partout m'exaspère. Et puis, je ne veux pas me poser de ce point de vue là. Je n'ai pas l'intention de me trouver une gentille petite femme, tellement gentille que je culpabiliserai d'aller voir ailleurs. C'est dans ma nature d'être volatile de ce point de vue.

Ce n'est un secret pour personne. Loon le sait. Tu n'as jamais aimé les enfants, ni les jolis petits couples qui se tiennent la main dans la rue. Non, définitivement, ce n'est pas pour toi. Tu préfères ce qui est sauvage et clandestin. Un baiser volé, un dénuement consenti et une soirée qui s'achève. Des relations aussi courtes que positives. Si le coup était mauvais, tu l'effaces. Si c'était bien, voire bien bon, tu n'hésites pas à reprendre contact pour quelques autres nuits volées.

Loon rajoute quelque chose. Tu le regardes, quittant des yeux la cime des arbres.

- Tout comme je n'imaginais pas voir disparaitre certaines personnes. C'est quand on les perd que l'on se rend compte à quel point elles nous étaient précieuses.

Tu parles pour Liam, sans qui tu te sens comme déchiré, un morceau de toi enfoui avec lui. Tu parles cependant aussi pour les vivants. Tu as failli perdre Loon une seconde fois. C'est maintenant que tu te rends compte qu'il est un ami que tu n'as pas envie de perdre.
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MessageSujet: Re: Für Immer Jetzt [Alvin]   Mer 22 Juil - 9:54

Alvin ne s'étend pas sur la mort de votre ami commun. Alvin ne s'étend jamais dans le domaine sentimental. Tu t'es longtemps plu à imaginer que la proximité étrange qui régnait autrefois entre Liam et Alvin relevait des sentiments amoureux, ce qui t'a donné le courage d'avouer à Alvin ce que tu ressentais pour lui. Bizarrement, ton caractère invasif habituel ne se manifeste pas. Tu n'as pas envie de mettre les choses au clair sur ce sujet. Ce qui t'attriste le plus, c'est que tu ne l'as pas vu partir, et que quelques jours plus tôt, tu es passé à côté de sa tombe.

« J'ai été amené à me rendre à New York il y a trois jours. J'aurais pu le saluer, si j'avais su. Ce n'est qu'une occasion de plus d'y retourner. »

Derrière cette phrase au ton mélancolique se cache la tristesse insondable qui t'a pris à bras le corps lorsque Alvin t'a annoncé la terrible nouvelle. Ta jambe glisse sur le tissu du canapé et se perd dans le vide le temps que tu la replies pour te mettre en tailleur. Laissant échapper un soupir, tu enfonces ton dos dans le dossier et laisses ta tête basculer en arrière, les yeux clos sur ce trop plein d'aveux qui te noue les entrailles. Pour une fois dans ta foutue vie tu te brides, et ne laisse pas échapper à haute voix la pensée selon laquelle tu pensais que c'était avec Liam qu'il avait fondé une famille ; ce qui est tout à fait probable étant donné que d'après les dires d'Alvin, votre ami est décédé récemment, alors que vous aviez déjà perdu contact depuis des lustres. Tu ne laisses pas non plus échapper le fait qu'il lui suffirait de trouver quelqu'un ayant le même rythme de vie que lui.

« Effectivement, de ce point de vue là, tu n'as pas changé. Toujours ce chat sauvage qui s'amuse de nuit et s'échappe au lever du jour. »

Un sourire s'étire sur tes lèvres tandis que les souvenirs te submergent. On a toute notre vie pour changer de comportement et trouver une stabilité ; Alvin a toujours trouvé son équilibre dans le déséquilibre et le mouvement perpétuels. Dès son adolescence il s'est montré comme un oiseau dynamique qui picore entre toutes les cuisses qui veulent bien s'ouvrir à son approche.

« Je n'ai pas attendu de te perdre pour comprendre à quel point je tiens à toi. »

Tu es soulagé d'avoir eu l'intelligence de déporter la sensation atroce qui t'a traversé lorsque tu as vu ton proche ami étendu sur ce lit d'hôpital entre la vie et la mort, avant qu'il ne soit trop tard. Tu devrais voir Seraphina également, avant qu'elle ne te file entre les doigts pour te raconter par la suite de trop sombres histoires.
Quelque part en toi tu remercies Aubin, ce petit ange gardien qui t'a fait comprendre la valeur des choses. Bien sûr il s'est sacrifié pour une raison totalement différente mais chacun trouve sa leçon dans l'expérience vécue par les autres. Tu espères du plus profond de ton cœur que Caïn et Apolline, que tu as rudement croisé en sortant de la chambre, aient trouvé la leur, au lieu de te donner la tienne comme un châtiment divin.
Tes blessures te lancent et cet instinct de guérison qui ne se réveille pas. Tu grimaces avant de te redresser, contemplant d'un air las les traces qui déchirent ta peau et peinent à se refermer.

« Je passais juste m'assurer que tu allais bien et que tout était clair entre nous. Il va falloir que j'aille soigner ça. »

Avant que ça ne te fasse tellement mal que tu ne puisses plus contenir ce que tu as sur le cœur.
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MessageSujet: Re: Für Immer Jetzt [Alvin]   Ven 24 Juil - 9:01

Tu souris lorsqu'il te dit vouloir repartir à New York saluer votre ami Liam. Tu n'y es allé qu'une seule fois depuis le grand déménagement, et tu ne sais d'ailleurs toujours pas comment tu étais entré dans ce cimetière. Cependant tu avais pu voir sa tombe une fois de plus, tu avais pu rester devant de longues minutes. Tu avait été reposé, ressourcé. La chose la plus bénéfique que tu ais pu avoir depuis de longs mois.

- On ne change pas une équipe gagnante.

Tu souris encore une fois. Loon cherche peut-être la stabilité. Peut-être qu'il veut se convaincre que tout le monde accède aux normes de la société : fonder une famille. Ainsi, lui aussi serait en âge de le faire. Pourtant c'est sur toi qu'il avait ce genre de pensées. Tu vois Loon bien plus père que toi. Tu n'es pas assez mature pour t'occuper d'un enfant. Tu ne les aimes pas et tu ne ferais jamais un enfant pour faire plaisir à la femme que tu aimes … si tu trouves un cœur à aimer un jour ! C'est un cycle sans fin, une boucle trop parfaite.

Ton ami ajoute quelque chose. Il tient à toi et tu as failli tout gâcher. Tu n'en reviens pas toi même de lui avoir dit tout ce que tu avais sur le cœur. Le plus impressionnant, c'est sans doute d'avoir pu discuter sans que l'un de vous n'élève la voix. Grande première depuis vos retrouvailles. C'est toutefois mieux ainsi.

- Je suis content de te retrouver.

C'est la seule chose que tu trouves à dire pour lui répondre et ne pas laisser le silence gagner. Puis tu le regardes se lever, contempler quelque chose sur lui-même. Est-il blessé ? Il confirme ta pensée en parlant d'aller se soigner. La conversation semble déjà se terminer ? Tu l'as trouvé drôlement rapidement. Chacun a dit ce qu'il avait à dire. Peut-être qu'il n'y a plus rien à rajouter jusqu'à la prochaine fois ?

- Qu'est-ce que tu as fait ?

Volontairement, tu t'efforces de ne pas faire de sarcasme et tu n'ajoutes pas le "encore" qui te brûle les lèvres pour sortir. Tu souris. Tu as envie de rire mais tu te retiens. Tu te lèves à ton tour. Si c'est une blessure superficielle, tu peux toujours lui prêter quelques produits de soin qui trainent dans l'armoire de ta salle de bain. Sinon … tu peux toujours lui proposer de manger avec toi. Tu n'as pas très faim mais tu te dis que ça serait sympa de recommencer à zéro et donc d'aller diner ensemble. Ce n'est peut-être pas une bonne idée. C'est peut-être trop tôt. Mais tu sais que si tu ne dis rien, tu vas le regretter.

- Tu veux qu'on aille manger un bout ?

Voilà qui est dit. Tu ne sais même pas quelle heure est-il exactement et tu t'en moques. Tu as envie de parler de choses plus joyeuses, plus gaies. De t'amuser et de faire des rencontres. Tu as envie de redécouvrir ton ami.
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MessageSujet: Re: Für Immer Jetzt [Alvin]   Ven 24 Juil - 11:35

« Je suis d'accord avec toi, moi aussi je vis ainsi. »

Le confort d'une vie stable se trouve parfois dans le déséquilibre et vous l'avez bien compris. Alvin est heureux en ne couchant jamais avec la personne, toi aussi. Malgré le fait que ton ami peuple ton esprit et que son visage se superpose momentanément à la personne que tu baises – selon sa position, évidemment, sinon l'effet devient glauque – tu te satisfaits du rythme de cette vie. Tu ne peux pas vivre sans passion, sans affection charnelle. Elle est ton carburant, la raison de ton existence, sans elle, tu préfères autant te laisser mourir dans un coin du bayou. C'est pourquoi les quelques phrases pourtant banales, innocentes, prononcées par Alvin te réchauffent le cœur, parce qu'elles sont à leur manière une marque de tendresse amicale. Il en sera ainsi pour toujours, il te l'a bien fait comprendre, et désormais tu le respectes. Tu ne le forceras plus. Tu l'aimeras pour deux, comme tu le fais toujours.

« Je suis content de ne pas t'avoir perdu. »

Tu sens que comme toi, il déteste que le silence s'installe, parce que vous allez vous sentir gêné ; malgré votre réconciliation vous n'êtes pas dupes, ni l'un ni l'autre n'oublierez jamais cet embarras latent du à votre précédente dispute. Tu te relèves ensuite. Heureusement, Alvin n'a pas porté une grande attention aux blessures qui barrent tes bras à cause, certainement, de la semi-obscurité qui règne dans le salon. Tu grinces des dents, préférant ne pas mentir, puisque de toute façon, s'il te suit jusqu'à la porte sans que tu n'aies ré-enfilé ta veste, la lumière du jour va tout faire apparaître.

« Une certaine mademoiselle Apolline a considéré que je tournais un peu trop près de son petit protégé, l'ami que je suis allé voir à l'hôpital. Elle me l'a fait comprendre en me tabassant. C'est loin d'être des blessures superficielles et comme tu le sais, mon instinct de guérison est juste merdique. Faut que j'aille avaler un truc dans le coffre de la voiture mais...J'étais trop pressé de venir te voir. »

N'en ajoutant pas davantage, tu réprimes une grimace tandis qu'une des blessures te lance plus violemment que les autres et t'apprêtes à partir lorsque la voix d'Alvin assemble plusieurs mots qui n'auraient jamais du se retrouver dans la même phrase dans ces conditions. Tu as envie de lâcher une connerie du genre « C'est un rencard ? » mais tu te retiens. Bon sang, il va être particulièrement difficile de te maîtriser devant Alvin désormais.

« Avec grand plaisir. Tu veux aller où ? »

Sans être totalement apaisées, les tensions s'amenuisent. Tu prends conscience de l'incroyable effort qu'Alvin fait de son côté à la fois pour passer outre votre violente dispute et pour aller de nouveau vers toi. Il semble se manifester cette tendresse nouvelle, ce besoin d'être près l'un de l'autre que votre fierté – surtout la sienne – n'avouera jamais mais qui sonne comme une évidence.
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MessageSujet: Re: Für Immer Jetzt [Alvin]   Mar 28 Juil - 9:55

Tu ne sais plus trop quoi dire. Tu lui as proposé de venir diner avec toi. Mais avant cela, il te dit pourquoi il a besoin de se soigner. Son instinct de guérison n'est pas des plus développés. Et il paraitrait qu'il possède un petit remède pour se remettre sur pied.

- Va le chercher, je vais me changer pendant ce temps.

C'est après avoir dit cela que tu tilts.

- Apolline ?

Tu te retournes en lui demandant confirmation du prénom. Décidemment, elle avait vraiment une dent contre ton ami. Même toi, tu n'es jamais allé jusque là. Et dire que tu l'as vu il y a moins d'un mois, alors qu'elle te parlait de réconciliation et autre. Quel beau foutage de gueule ! Au final, tu es bien content que Loon soit une grande gueule. Tu as apprends toujours un peu plus sans rien avoir à demander. Toutefois, tu es quand même en colère contre ton amie pour s'en être prise physiquement à Loon. Tu espères la revoir sous peu, histoire de mettre les choses au point. Une illusion ou deux ne lui ferait pas de mal !

Tu files prendre un autre jeans et une chemise blanche. Dans tes poches, tu transfères l'argent, les clés et les cigarettes, puis tu fermes les fenêtres et reviens aussitôt dans le salon. Loon a certainement eu le temps de prendre sa potion magique. Maintenant, le tout est de trouver un endroit où manger.

- Je t'avoue que je ne sais pas. Ca fait un moment que je n'ai plus mangé dehors. Enfin, dans un resto digne de ce nom quoi.

Tu ne te justifies pas, tu lui expliques simplement que, oui, tu es sorti, mais que tu n'as pas pris la peine de dépenser de l'argent pour manger de façon à peu près saine. Tu ne l'as pas attendu pour revivre, tu n'as jamais cessé de le faire. Tu avais juste un vide permanent dans tes idées. Enfin .. surtout depuis l'épisode du cimetière.

En attendant de trouver un endroit où manger, tu fermes les stores, sors de chez toi et verrouilles la porte d'entrée. Tu actives même les capteurs et tu rejoins ton ami vers sa voiture. Toi, tu n'en as toujours pas. Tu n'en as plus racheté depuis que tu as vendu celle que tu aimais tant. Tu souhaites en trouver une du même gabarit et ça coûte une blinde. Alors tu économises.

- Il n'y a pas grand-chose par ici. Peut-être quelques baraques autour du fleuve et un ou deux restaurants dans le quartier mais le mieux est de rejoindre la ville en elle-même. Là bas, on aura sans doute plus de choix.

Certes, il aurait été mieux pour toi de diner dans ce coin afin d'avoir moins à marcher pour rentrer. Tu ne vas pas non plus demander à ton ami de jouer les taxis. Mais tant pis, tu as envie de bien manger, d'un peu d'ambiance. Pas être les seuls dans le restaurant. C'est toujours gênant.
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MessageSujet: Re: Für Immer Jetzt [Alvin]   Mar 28 Juil - 22:55

Tu y vas de ce pas, même, parce que la douleur commence à te rendre dingue. Elle demeure supportable, linéaire, comme une sensation d'ambiance qui ne te fait pas de mal mais dont il est impossible de te défaire. Sauf qu'elle te fait réellement mal et qu'elle te fatigue désormais. Tu te contrôles à grand peine, tes jambes tremblant désagréablement tandis que tu gagnes la porte de la maison, Alvin soufflant qu'il va se changer. Bon sang, Alvin, vous sortez simplement manger quelque chose, vous n'allez pas à un dîner de gala, non plus. Néanmoins, cette constatation te réchauffe le cœur jusqu'à te tirer un sourire tandis que tu quittes la maison ; il n'a pas changé, toujours à prendre soin de lui à l'extrême. Les femmes ont vraiment de la chance, bon sang.

« Oui, Apolline ; tu la connais ? »

Il te semble faire une chaleur caniculaire – ce qui n'est pas tout à fait faux – lorsque tu sors. Le choc entre la fraîcheur de la maison d'Alvin et le souffle infernal du vent de l'été te fracasse les poumons et te donne une désagréable bouffée de chaleur qui fait naître une sueur froide sur toute la surface de ta peau. Tu frissonnes, paradoxalement, avant de te diriger vers ta voiture ; bon sang, y'a moyen d'attraper un sale coup de froid à cause de cette merde de climatisation. Ouvrant le coffre de la voiture, tu fais glisser devant toi une mallette de premiers secours dans laquelle les fioles de potions s'entrechoquent. Saisissant l'une d'elle, tu la débouches et fais glisser le contenu dans ta gorge jusqu'à la dernière goutte. La fiole vide reprend sa place tandis que tu t'appuies quelques secondes contre la voiture. Ta vue se brouille, la nausée monte, un désagréable goût se propage dans ta gorge, tu te sens partir tandis que tes pastilles de couleurs dansent devant tes yeux...
Et tout revient comme avant. Lentement, les chairs craquent et commencent à se reconstruire.

Lorsque tu regagnes le perron, frais et dispo, Alvin s'est endimanché de cette manière qui te fait craquer mais que tu ne laisses pas paraître. Tu respires son parfum, admire la tenue de son corps, avant de l'accompagner alors qu'il rejoint ta voiture en ta compagnie.

« Sans aucun doute. Il y a une demie heure de voiture jusque là bas, nous avons le temps de discuter déjà de ce que nous voulons. »

Tu lui indiques la place sur le siège passager avant de refermer le coffre qui claque. Tu gagnes alors la place du conducteur avant d'attacher ta ceinture et d'ouvrir les quatre fenêtres au maximum. Ta voiture est tellement vieille qu'elle ne dispose pas de la climatisation et même si c'était le cas, tu ne l'utiliserais pas, vu à quel point ça suce, cette technologie pourrie. Tu mets le contact, la voiture démarre avant de s'ébranler brutalement, laissant derrière elle la tranquillité de la maison d'Alvin et un nuage de poussière emporté par le vent. Le véhicule prend rapidement de la vitesse, fendant la forêt, tandis que le vent chaud se rafraîchit à cause de l'allure qui devient bientôt limite légale.

« Que dirais-tu de retrouver les saveurs de cette bonne vieille Europe ? Tu as des origines allemandes il me semble, non ? »
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MessageSujet: Re: Für Immer Jetzt [Alvin]   Jeu 30 Juil - 19:44

Le sujet dérive peu à peu. Tu penses qu'il n'y a plus rien à dire à propos des tords de chacun. Vous avez fait le tour, l'un comme l'autre, et tu as assez avoué pour les vingt prochaines années à venir. Ces moments là sont rares et précieux. Alors que Loon s'en rappelle, car il ne vivra sans doute pas cela deux fois. Maintenant, c'est Apolline qui est au centre de la discussion. Tu n'es pas réellement fâché avec elle, vous avez juste un petit malentendu vers la fin de sa visite. Rien de grave en soi, surtout qu'elle a eu l'intelligence de s'en aller avant que ça déraille. Mais visiblement, ton ami d'enfance ne l'apprécie pas plus qu'elle, et ça t'étonne qu'elle en soit quand même arrivée aux mains.

- Ouais. Je savais qu'elle ne t'appréciais pas trop car tu tournais autour de je sais pas quoi, mais quand même en arriver là, c'est chaud.

Tu balances. Tu t'en fous, tu n'as rien à perdre. Elle aussi mérite des gifles qui se perdent. A choisir, de toute façon, tu privilégieras toujours Loon, quoiqu'il se passe entre vous. Tu le connais depuis trop longtemps pour pouvoir prendre le parti de quelqu'un d'autre. Apolline a des idées trop préconçues sur les relations humaines. Et toi, tu n'aimes pas tellement ça.

Tu sors de ta maison, ferme la porte à clé et glisse le trousseau dans ta poche qui s'alourdie un peu plus. Tu t'installes ensuite du côté passager après que le brun t'ait fait signe. Tu n'as toujours pas de voiture, ça t'agace de ne pas pouvoir conduire. Tu aimais tellement les pointes de vitesse. Tu as hâte que le vieux te file enfin la paperasse et son beau salaire. Là, tu pourras reprendre la bagnole de tes rêves.

- Je suis pas difficile. Si t'as un endroit en tête, on peut y aller.

Loon met le contact et vous démarrez. C'est horrible de ne pas avoir la climatisation mais la vitesse fait entrer l'air … et la poussière. Quelle idée d'ouvrir les quatre fenêtres, aussi ?! Petit à petit, l'embrayage arrive à son maximum. Un peu de vitesse, mais tu ne l'apprécies pas car ce n'est pas toi qui pousse le moteur.

Après un petit silence, ton ami prend la parole. Il cherche encore une idée de restaurant. Toi, tu as décidé de t'économiser. Il choisit, tu suis. Tu es trop feignant pour réfléchir où aller.

- Ma chère bonne Allemagne. Effectivement, tu as bonne mémoire.

C'est effectivement pas trop mal, d'aller manger dans un restaurant européen. Tu ne sais pas trop où en trouver un. Les restaurants de la Nouvelle Orléans, tu ne connais pas trop. Tu n'y as jamais vraiment prêté attention. Alors tu fais confiance à Loon. S'il t'en parle, c'est qu'il en connait un.

- Et sinon, ça va, en ce moment ?

Tu ne sais pas pourquoi tu poses la question ni cette question là. Il s'est battu avec Apolline, il ne guérit pas et tu demandes comment ça va ? Visiblement, tu as besoin de faire la conversation. A moins que tu ne parles d'autre chose.
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MessageSujet: Re: Für Immer Jetzt [Alvin]   Jeu 30 Juil - 21:15

« Elle est particulièrement possessive. » conclues-tu.

Tu n'as pas besoin de t'étendre sur le sujet car s'il y a bien une chose que tu ne veux pas t'attirer de la part d'Alvin en dehors de son indifférence, c'est bien sa pitié. Mieux vaut rester prudent ; tu as beau être majoritairement coupable dans la fissure de votre amitié, Alvin n'a pas totalement regagné ta confiance non plus. Surtout s'il s'avère qu'Apolline est une proche amie à qui ton compère irait tout raconter ; s'il te balance ce que cette vilaine sorcière pense de toi, il n'y a pas des kilomètres à ce que l'inverse se produise. Ces kilomètres, la voiture les dévore en ronflant, rugissant sur le chemin de terre qui se transforme bientôt en route. Alvin te laisse le choix du restaurant, plus par flemme que par véritable compassion ; c'est un homme qui aime bien tout contrôler après tout et ça n'aura pas changé en quelques semaines alors que c'est valable depuis des années.

« Je te connais bien. Nous pouvons aller à Bourbon Street, c'est la rue où j'habite, tu sais. C'est un quartier très animé et on y trouve des restaurants de toutes les nationalités du monde. On va forcément y trouver ce qui te fait plaisir. »

Car ton but est réellement de le voir sourire. De pouvoir te rappeler le bon vieux temps en sa compagnie, comme vous étiez en train de le faire en vous retrouvant la première fois, jusqu'à ce que l'aveu de ton homosexualité face complètement foirer les choses. Les collines défilent autour de vous tandis que le paysage s'étend sous le cagnard. Rompu par la chaleur, tu soupires et actionne la fermeture des fenêtres. Tu sens qu'Alvin ne sait pas quoi faire, ainsi installé à ton côté. La gêne laisse tomber son corps lourd entre vous deux. Euh, là tout de suite non, ça ne va pas ; enfin. Tu oscilles entre deux émotions distinctes : une douleur mêlée de tristesse face à l'endroit d'où tu viens qui s'est conclu par un passage à tabac dans le coin des toilettes de l'hôpital et un soulagement mêlé de désir quand tu songes que tu t'es réconcilié avec la personne que tu aimes le plus au monde. Mais sinon, tout baigne.

« Ca va ! J'ai une colocataire à la maison, une petite demoiselle qui s'appelle Amy. C'est pas toujours le grand amour mais on s'ennuie pas au moins. Et j'ai...décidé de faire quelque chose du semblant de capacités magiques que j'ai. J'espère un jour atteindre ton niveau. Un jour très, très lointain. »

Et tu as couché comme un sauvage avec un mec que tu venais juste de rencontrer dans quasiment toutes les pièces de ton appartement, sur qui tu as pleuré le sort qu'Alvin a abattu sur toi, mais ça, tu vas peut-être éviter de lui dire. Regardant autour de toi, tu constates que vous êtes bien évidemment seuls sur la route et choisis donc ce moment pour décélérer jusqu'à ce que la voiture s'arrête sur le côté de la route. Bougeant le levier de vitesse, tu la cales au point mort avant de lever les yeux vers Alvin, un sourire aux lèvres.

« Viens à ma place, tu conduis mieux que moi et je sais que tu en meurs d'envie. »
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Für Immer Jetzt [Alvin]

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