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 Freaky Love Hotel [Shandro]

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MessageSujet: Freaky Love Hotel [Shandro]   Ven 17 Juil - 20:17

«Je suis un clown dans un piteux état.
Je m'oblige à être drôle pour oublier que ma vie ne l'est pas.
»

Freaks - Tod Browning


Les événements se déroulent après l'intrigue.


« C'est là. »

Tu enfonces l'embrayage pour passer la voiture en roues libres et la laisse glisser jusque sur le côté du chemin. Les roues s'enfoncent dans l'herbe pour dégager la route au cas où quelqu'un aurait l'idée saugrenue de s'aventurer sur le chemin menant au bayou de nuit. Un taré comme les deux qui sont dans ta voiture actuellement, quoi. Tu romps le contact, serre le frein à main et détache ta ceinture. Captant le regard de Shandro, tu donnes un coup de menton sur la gauche. Au delà de la route s'étalent les hautes herbes du champ et à l'horizon se dresse l'immense carcasse de l'hôpital psychiatrique désaffecté, ses hautes murailles en barbelés et son portail grinçant qui dissuade les visiteurs les moins téméraires. Au dessus du paysage, contrairement à ta précédente visite, s'étend indéfiniment le firmament dégagé. Aucun nuage épais ne roule à l'horizon des prémices d'orage et de tempêtes comme celle qui vous a autrefois chassés des lieux, Andon et toi.

« J'ai ratissé le hall d'entrée, le rez de chaussée et les deux premiers étages. Y'a au moins un rôdeur à partir du second, et il reste le sous-sol. J'ai forcé le portail la dernière fois. Go ? »

Sans attendre sa réponse, parce que tu te doutes bien qu'il ne va pas te dire non après avoir parcouru trente minutes en voiture au beau milieu de la nuit, tu t'extirpes de la voiture et va chercher ton sac contenant les deux lampes de poche que tu trimballes toujours en couple depuis qu'Andon a cassé l'une d'elles au beau milieu de votre petite escapade en pleine nuit, vous plongeant dans le noir à la merci de toutes les petites cochonneries qui peuvent traîner dans l'ombre. Et ce soir, ni lune, ni orage pour vous éclairer, à moins que Shandro lui-même ait ses petits secrets en la matière.

Vous laissez la voiture derrière vous pour plonger jusqu'aux genoux dans les herbes hautes. Malgré l'heure, il doit être minuit passé, les cigales chantent encore et le vent chaud ne s'est pas encore endormi. Aucune présence à déceler pour le moment d'après tes sens qui semblent s'être étrangement aiguisés depuis la dernière fois. Ton expérience dans les rues glaciales de New York y est certainement pour quelque chose : disons que tu sais désormais à quoi t'attendre et que tu es d'autant plus sur tes gardes, loin de la mentalité adolescente qui t'a laissé te jeter dans la gueule de cette bâtisse malsaine la dernière fois.
Tu t’agrippes à la moindre étincelle de magique qui daigne pointer le bout de son nez désormais.

Vous gagnez le portail qui se dresse devant vous, plus monumental que depuis la voiture où il aurait pu paraître presque inoffensif, à moitié dissimulé dans le noir. Tu constates que la chaîne cadenassée que tu as crochetée la dernière fois gît toujours sur le sol, dans les herbes et la boue. Tes doigts s'enroulent autour d'un des barreaux de la grille dont tu fais pivoter le lourd battement dans un grincement sinistre.

« Charmant, n'est-ce pas ? »
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Sam 18 Juil - 5:15



Mentally Ill

ShanLoon
featuring

Chaussures renforcées tenant tes pieds d'une main de fer. Pantalon de cuir noir rutilant parfaitement ajusté, laissant à tes jambes leur entière liberté. Tee Shirt à manches courtes te serrant le poitrail, antithèse parfaite des débardeurs trop larges qui t'accompagnaient habituellement. Et surtout, des cercles à n'en plus finir. Colliers de cou, colliers de bras, chaînes, bracelets et ceintures conventionnelles... à des endroits des moins conventionnels. Toutes ces fioles dont la nuit ne laissait pas voir la couleur, et ces breloques que tu y avais accroché, oscillant entre grossièreté et étrangeté, visant occasionnellement l'univers du morbide, c'étaient des artefacts. Des objets imprégnés de ta magie, nécessaires ou renforçant tes sortilèges. Loon n'avait que peu souvent, si jamais eu l'occasion de te voir ainsi, dans une tenue qui s'il on oubliait ta touche personnelle, ressemblerait presque aux siennes. Loon n'avait que rarement eu l'occasion de te voir en dehors de tes habits abîmés de paysan négligé, et encore moins souvent l'occasion de voir ton visage animé d'un tel sérieux. Il pouvait se vanter de t'avoir vu traverser toute sortes d'émotions, de la rage à la passion, mais presque toujours tu avais gardé cette pointe d'exhubérance qui aujourd'hui semblait éteinte.

« Yup. »

Tu le suis vers cet endroit que tu détestes du plus profond de tes tripes, sans le suivre à contrecoeur. Tu suivrais Loon partout, prêt à risquer ta vie pour la sienne, mais cette fois-ci, il ne s'agissait pas que de lui. Si cet endroit te remuait tant les tripes, c'est parce que c'est l'un de ces rares endroits qui t'effraient. Toi et ton contact privilégié avec les esprits, vous avez fui les murs de ce que tu as longtemps appelé l'Antre de la folie. Maintenant que tu n'étais plus seul, il était temps de lui faire face. Quelque chose de monstrueux se terre entre les murs délabrés et en perturbe les occupants. La bâtisse hurle des cris des esprits tourmentés, piégés par une force occulte, sûrement source de la mort de nombreux d'entre eux. Des rôdeurs traînent à n'en pas douter de l'autre côté de la roche humide. Des rôdeurs dont tu comptes bien te débarrasser. Ton cœur bats la chamade lorsque Loon pousse le battement d'un portail qu'il traverse en réalité pour la seconde fois, et tu ne peux t'empêcher de rajouter une couche d'ironie au dessus d'une question qui serait presque drôle.

« Lovely. I always like myself screechy ass spirit cries in the morning. »

Trad:
 

Tu suis de près ton ami et guide à travers la pénombre, jusqu'à ce qu'elle vous enveloppe un peu trop à ton goût, et alors le grand bocal que tu gardais accroché dans ton dos, et qui avait semblé tant intriguer Loon la première fois que ses yeux s'étaient posés dessus, quittait sa place initiale pour venir s'accrocher à la chaînette qui ornait ton poignet gauche, et sous un silencieux ordre de ta part, s'illuminait d'une lumière éthérée, semblable à celle de milliers d'étoiles dansant dans un ciel sans Lune.

« Dead fireflies. Necromancy's cheaper than batteries. »

Trad:
 

Chaque pas en direction des battants de la grande porte et ton oreille fait un peu plus écho à la peine de ceux dont la vie a été détruite dans l'enfer de ces quatres murs. Tu déglutis bruyamment alors que vous êtes à deux doigts de vous jeter dans la gueule du loup. Tu la respectes la créature féroce que tu t'aprettes à provoquer en duel, mais qu'elle essaie seulement de te dévorer et alors c'est de l'intérieur que tu la détruiras sans le moindre remors. Tu n'es pas là juste par curiosité, tu ne tiens pas juste à explorer, et ça, tu tiens à ce que Loon le sache. C'est lui qui t'as proposé cette expédition, mais tu tiens à ce qu'il sache dans quoi il s'est lui-même embarqué en te choisissant toi comme accompagnateur.

« There's something awry about this place, and I'm not out until I killed it. »

Trad:
 

 

 
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Sam 18 Juil - 10:05

Un léger rire t'échappe lorsque tu l'écoutes parodier un célèbre film comme s'il partait à la guerre, ce qui, vu son accoutrement, serait une situation tout à fait plausible. Tu savoures la chaleur de sa force qui ondule souplement à tes côtés, bien loin de la froide angoisse d'un Andon terrorisé. Inconsciemment tu te reposes déjà sur lui, que tu n'as pas à protéger dans l'escapade. Parce que son niveau de magie est largement supérieur au tien, qu'il n'est pas le plus jeune de vous deux et qu'il domine largement dans l'équipe étrange que vous formez tous les deux. En atteste les lucioles qui brillent soudainement dans le bocal qu'il tient dans la main. Un sourire étrange t'anime alors que tes yeux sont accaparés par les petites lueurs merveilleuses.

« Je devrais songer à me lancer dans la nécromancie. »

Comme dans tout un tas de trucs qui a rapport à la magie si tu ne veux pas frôler la mort à chaque exploration un peu fastidieuse au goût de rôdeur, Loon, te souffle ta conscience raisonnable. Tu l'envoies balader d'un coup d’œil assuré vers la porte à double battant qui se dresse au bout de l'allée.

« Tant que ça te laisse suffisamment d'énergie pour sortir vivants d'ici. »

L'incertitude qui plane dans tes mots provoque une montée de cette adrénaline qui te donne l'impression d'être puissant et invincible. Si tes dernières expériences en matière de fantômes et d'horreur sur pattes n'ont rien à envier à la terrible illusion qu'Alvin a pu te faire subir quand vous étiez adolescents, tu commences doucement à surpasser tes peurs. Celle de l'obscurité, notamment, et celle de mourir. A moins que ton être ne glisse doucement vers l'inconscience qui va te gober tout cru et te perdre dans les méandres de la folie.

Vous gagnez du terrain sur la lourde porte de l'asile. Vos pas font craquer les planches pourries, couvertes de vermine, que vous avez arrachées de l'embrasure la dernière fois avec Andon. Elle s'étalent en miettes de bois sous vous, giclent en échardes humides qui vont s'échouer jusqu'à la porte. Celle-ci semble tellement inoffensive à côté de ce que vous allez trouver à l'intérieur. Ta paume atteint la surface froide de la vitre à demi opaque, en très bon état, qui laisserait presque penser que l'hôpital n'a rien de désaffecté, que lorsque tu vas pousser le battant, les lumières vont s'allumer et les infirmières vous accueillir. C'est vrai que vous ferez de très bons pensionnaires, à commencer par le fait que vous avez été attiré par le mauvais sexe. Et par le sexe tout court. Tu ne peux t'empêcher de tressaillir lorsque Shandro t'annonce ses intentions, que tu avais de toutes façons devinées qui semblent si logiques.

« Je ne savais pas que les Nightkeepers pouvaient tuer les rôdeurs. Mais qu'il en soit ainsi. »

Ton bras se replie légèrement tandis que ton corps accentue la poussée sur la lourde porte grinçante. Tu t'engages dans l'ouverture et laisses passer Shandro pour qu'il vienne à tes côtés. Le hall d'entrée n'a pas changé. Toujours ces dizaines de chaises intactes, vissées sur le sol, ces deux couloirs à droite et à gauche, cet comptoir d'accueil abandonné, ces papiers sur le sol, ces journaux et magasines éparpillés.

« Etrange cette impression de ne pas être seul. »

Des ondes nouvelles se sont ajoutées à ta perception peut-être parce que tu visites l'endroit pour la seconde fois et que tu t'attardes sur d'autres choses. Il te semble entendre des gémissements bondir sur les notes d'une sonnerie de téléphone, comme si le hall d'entrée s'animait simplement de manière sonore, vous laissant imaginer les images.

« On monte ou on descend ? »
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Sam 18 Juil - 18:49



 Mentally Ill

ShanLoon
featuring

    "You should."

Trad:
 

La nécromancie. Sûrement l'un des savoirs les plus utiles que puisse actuellement avoir un sorcier. Votre influence la plus directe avec le monde qui vous entoure. Peu de rituels, peu de codes, juste de la concentration, de la volonté et de la force pure. L'expliquer ? Personne n'avait jamais pris le temps de le faire. La magie ne s'explique pas, la magie se vit, et tu comptes bien le lui montrer. Quelque chose chez Loon a changé. Autrefois en dehors de ses préparations, il abordait ses dons de NightKeeper avec une certaine distance, alors que tu le sentais, il tentait maintenant de s'y accrocher, et de toutes ses forces. Tu faisais ton devoir de le protéger, et en le protégeant, d'essayer de lui apprendre. Quelle que soit la distance qui puisse sembler se creuser entre vous, tu l'aimeras toujours, et il pourra toujours compter sur toi. Tu as brisé le sérieux de ton visage pour lui adresser un clin d'oeil complice, se voulant rassurant.

"Stamina's not a problem. I know that you've not always seen the best o'me but I'm pretty tough. Anyway... you said y'already went upstairs, so let's go down."

Trad:
 

Tu emboîtes silencieusement le pas à ton ami, à l'affût du moindre bruit, mais les murmures incessants et les cris intempestifs des habitants de ces lieux te rendaient la tâche ardue. Il faudrait que tu comptes sur Loon, dont l'oreille encore insensible à ces appels serait plus prompte à repérer le bruit d'un objet se fracassant contre le sol ou d'un grognement dans la pénombre. Ses sens s'étaient déjà considérablement consolidés depuis la première fois que tu l'as rencontré. Déjà il sentait quelque chose. Ce n'était plus juste un vague pressentiment. Il était persuadé de ne pas être trompé par ses sens, et c'était là le premier pas. L'atmosphère devenait de plus en plus lourde au fur et à mesure que vous vous enfonciez, et si tes yeux avaient déjà été témoins de quelques apparitions sans importances, ceux de Loon n'avaient encore croisé rien de particulier, faisant mentir son instinct.

"Would've been strange if we didn't feel surrounded, because we are. There's a shitton of tormented ghosts lurking 'round the corners. They're afraid, they're angry, and they're insane. This madhouse drov'em crazy for a lifetime, and now even death won't realeas'em. And I have  feeling that killing those pesky wanderers will help break them free."

Trad:
 

Comme répondant au danger approchant, les cinq êtres d'os et de toile qui t'avaient accompagné lors de ta rencontre avec le sorcier se sont d'eux même détachés de la ceinture qui les portait, et chacun, arme minuscule à votre échelle, mais démesurée à la leur en main, ont commencé à marcher dans tes pas.

"And of course we Nightkeepers can kill wanderers. Even Soulcrushers can. They're your average zombie Joe. You just gotta get him off with his head."

Trad:
 

 

 
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Lun 20 Juil - 0:10

« C'est une proposition de m'y aider ? »

Malgré son intérêt réel pour ses pratiques personnelles qui se rapprochent plus des travaux manuels qu'autre chose – et tu adores d'ailleurs l'y seconder – Shandro n'a jamais réellement fait l'étendue physique de sa magie. Tu imagines, par sa prestance et son aisance, qu'il doit avoir quelques compétences bien supérieures aux tiennes – ce qui n'est pas bien compliqué quand on voit que tu es quasiment un être humain lambda en dehors de tes potions redoutables qui se rapprochent plus de la chimie très évoluée que de la magie.
Si tu ne le montres pas physiquement, l'attitude de Shandro achève de te rassurer, ce qui doit être signalé dans un endroit aussi effrayant. On n'aborde pas du tout pareil un lieu gorgé d'esprits en souffrance plongé dans le noir quand on se sent protégé, en sécurité.

« C'est bien ça, le problème. Je les sens, je sais qu'ils sont , quelque part, tout autour de nous. Mais je ne les vois pas. Je ne peux que les imaginer. Je crois que c'est pire que de les voir réellement. »

Tu déglutis difficilement alors que vous traversez le hall d'entrée pour vous approcher d'une porte marquée d'un écriteau indiquant clairement que seul le personnel peut la passer. Eh bien, vous serez le personnel pour ce soir, qui s'en soucie après tout.

« Tu les vois, toi ? Tu les entends distinctement ? »

Etant donné la précision de la description qu'il a pu donner de la demeure de ces esprits qu'il visite pourtant pour la première fois, tu supposes que oui, et le fait de le voir conserver un incroyable sang froid malgré cela en dit long sur son expérience magique et spirituelle. Tes doigts se referment sur la poignée de plastique froid. Un panneau poussiéreux placardé à côté du chambranle indique que vous allez réellement descendre au sous-sol. Tu appuies sur la poignée avant de changer d'avis ; le panneau de la porte pivote vers l'extérieur, puisque l'intérieur débouche sur des escaliers dévalant dans l'obscurité. Brusquement, un courant d'air froid jaillit du néant et te traverse de parts en parts, te figeant sur place dans un sursaut frissonnant. Par réflexe, tes doigts se referment sur le poignet de ton ami que tu serres brièvement, le souffle bloqué dans ta gorge. La sensation de froid s'évanouit comme elle était venue, et le calme revient. Le cœur battant, tu relâches ta prise.

« Désolé, j'ai l'impression de ressentir plus de choses qu'à l'ordinaire et ça me tend. »

Tes instincts magiques pourraient se décider en plein jour dans une situation nettement moins cauchemardesque, quand même. La lueur des lucioles éclaire les premières marches sur lesquelles tu t'engages. La température change brusquement et malgré le fait qu'aucune fenêtre ne soit vraisemblablement ouverte ou même creusée, un courant d'air léger se poursuit. Shandro derrière toi, tu t'enfonces dans l'obscurité définitive, les jambes glacées par ces brises glaciales.
Vous n'êtes définitivement pas seuls.
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Lun 20 Juil - 4:24

Shandro E. Leblanc a écrit:


 Mentally Ill

ShanLoon
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    "I'm not the best teacher, but why not ?."

Trad:
 

L'aider à développer ses compétences, d'une manière ou d'une autre, tu ne sais pas vraiment si tu peux te vanter d'en être capable, mais tu sais par contre que c'est quelque chose que, si tu le pouvais, tu ferais avec le plus grand des plaisirs. Voir Loon progresser et enfin grandir dans la magie aurait été comme voir ton petit bouton de frère lentement éclore en la plus belle des fleurs, et enfin dévoiler les pétales que seuls toi lui voyait. Et tu pourrais te vanter d'avoir participé à avoir fait de lui ce qu'il est. S'il réussissais à dépasser ses appréhensions et que tu pouvais te vanter d'avoir participé à faire de Loon ce qu'il est, alors la fierté que tu en tirerais ! Déjà fier que tu étais d'être entré dans sa vie, d'avoir gagné son affection, au point même d'être devenu l'un des piliers sur lesquels il aurait la possibilité de s'appuyer lorsque la situation venait à le demander. Et elle le demandait maintenant.

« I do hear and see them exactly the same way I hear and see you. Except they make a heck of a lot more noise. »

Trad:
 

De la même manière, pas exactement. Ta perception des esprits te permettait aussi de communiquer avec eux, et dans une moindre mesure, leur permettait de communiquer avec toi. Ce que tu refusais d'avouer à Loon, c'est que malgré ton expérience avec les entités de leur genre, tu devais lutter pour vaincre l'intrusion d'âmes perturbées à la recherche d'une personne capable de leur offrir une chance de toucher le monde des vivants. Ce sont ces tentatives d'intrusions qui étaient en grande partie aussi à l'origine des désagréables sensations qui devaient le parcourir. Ironiquement, son manque d'expérience lui devenait une vertu dans cette situation. Plus hermétique que toi à leur contact, il courait beaucoup moins le risque de se voir cible de la vendetta d'un esprit frappeur. Plonger plus profond dans les mystères du surnaturel, c'était accepter de faire d'un monde routinier et sûr un univers défiant les limites de l'imaginaire lui-même. L'ouverture des portes de Darkness Falls l'a bien prouvé, imaginaire était souvent synonyme de danger.
La première marche passée, vous arriviez tous les deux en territoire inconnu. La main d'un Loon effrayé est soudainement venue se refermer sur ton poignet. Tu ne peux pas lui en vouloir d'avoir peur quand même toi tu es inquiet. Tes doigts se referment sur les siens, et profitant que ce qui te serve de lampe soit accoché à ton poignet, tu pose une deuxième main rassurante sur son épaule. Tu choisis de prendre les devants, si l'on peut vraiment le dire, vu que ce sont en réalité tes fétiches d'un pas vif et sautillant qui ouvrent la marche. Te laissant pleine occasion, ta main toujours serrant la sienne, de discuter avec Loon de ce qu'il ressent.

« You say them feelings are getting stronger... so I know it's not gonna be any pleasant, but you gotta hold onto them. You'll eventually get to a point where you see things more clearly. »

Trad:
 

Comme si vous descendez vingt-mille lieues sous les mers, l'atmosphère devient de plus en plus lourde au fur et à mesure que vous descendez les plateaux de l'enfer. Comparaison que tu aurais préféré n'en être qu'une. Ta main écrase celle de Loon alors que la pesante noirceur vire lentement vers un bordeau intense. La litanie spectrale s'efface pour laisser place à un désagréable silence. Un silence de mort, bientôt déchiré par d'atroces hurlements. Les cris de douleur vrillent tes tympans qui devinent à la manière dont ils se sont éteints l'hymne funèbre de celle à qui ils ont été arrachés. C'est ainsi et ici que se sont éteintes leurs souffrances physiques, et qu'ont commencé leur torture éternelle. La mort a pris de nombreux pensionnaires de ces lieux, et les peines qu'ils ont traversé suffisent à te convaincre que ce n'est pas la nature qui les a repris. Ils ne sont pas morts en paix.
Un vieil hôpital peuplés de fous. N'étais-ce pas là la parfaite réserve de cobayes ? Qui les croiraient s'ils venaient à dénoncer leurs bourreaux ? Mais une expérience a si vite mal tourné... il était peut-être simplement là le secret des rôdeurs de l'hôpital.
Le ciel de sang a à nouveau laissé place à celui de ténèbres, ta main a finalement lâché la sienne, et ta vue redevenue ton sens de perception principal a fini par s'arrêter sur les étagères poussiéreuses brisées éclairées par ta lanterne, sur les outils rouillés jonchant sol et meubles, dont les formes horribles ne laissaient aucun doute sur l'utilité, et des portes, de nombreuses portes aux battants faisant des allées et venues répondant à un courant d'air inexistant. Tu fais confiance à ton instinct, et à celui de ta petite armée, maintenant plus alerte lorsque tu te confies.

« They're somewhere 'round here. Now we just gotta find'em. »

Trad:
 

Et quelques grognements dans la pénombre, se faisait péniblement entendre par dessus la sombre mélodie des lieux, ont choisi de venir confirmer tes dires.

 

 
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Lun 20 Juil - 11:31

Personne n'est le meilleur professeur ; jusqu'à preuve du contraire, les professeurs de magie n'existent pas et si tel était le cas, tu aurais été renvoyé plus d'une fois. Même ta propre mère n'a pas réussi à te convaincre de travailler cette magie dont tu n'avais cure, jusqu'à ce que tu te découvres cet intérêt pour la chimie qui t'a poussé à déporter ces connaissances dans le domaine spirituel...ou plutôt spiritueux dans ce cas. Depuis quelques temps, la motivation a radicalement bifurqué. Il ne s'agit plus de s'amuser, d'apaiser sa soif de pouvoir éventuelle ou de faire plaisir à sa mère. Tu as failli mourir parce que tu ne savais pas te défendre, tu as failli perdre tes pouvoirs parce que le Gouvernement avait réussi à en saisir l'infime particule qui reposait en toi et surtout, tu pourrais gagner l'attention de la personne que tu désires le plus au monde si ton aura se développait un peu plus. Au delà de la nécromancie tu dois définitivement travailler le potentiel qui sommeille en toi. C'est donc d'un sourire timide teinté de gratitude que tu réponses à son hypothèse tandis que vous vous enfoncez dans les ténèbres de l'asile. Même si la remarque de Shandro sur sa faculté à discerner les esprits te fait tressaillir, tu peux bien comprendre qu'il aie moins peur que toi. Les esprits doivent exagérément gueuler dans un lieu maudit comme celui-ci. C'est comme investir un donjon médiéval ou une maison close, un lieu de passion déchaînées où tous les coups sont permis.

« Je ne sais pas si je veux réellement qu'ils se clarifient. Mais...c'est déroutant. Merci de ne pas te moquer. »

Quand un Alvin t'aurait certainement blessé en te voyant te crisper comme une fillette à cause de ce qui pouvait s'apparenter à une simple peur de l'obscurité quand on ne voyait rien. Andon ne voyait rien, Alvin aurait vu quelque chose certainement, mais tout aurait été bon pour te rabaisser. Les doigts de Shandro restent intensément liés aux tiens jusqu'à ce que, suivant les fétiches, vous finissez de descendre les escaliers pour plonger dans les entrailles du lieu le plus effrayant de la Nouvelle Orléans selon toi. Sa chaleur te rassure et la présence des fétiches te donne l'impression de n'être ni devant, ni derrière. Mais si quelque chose apparaît, que faire ?

« J'ai exploré New York récemment. Même là bas ce n'est pas aussi sinistre et pourtant dieu sait que cela a pu être un lieu de souffrance quand Darkness Falls s'est déversée sur ses habitants. »

Vous pénétrez dans un couloir aux portes battantes continuellement en mouvement sur un courant d'air imaginaire certainement créé par les souffles des esprits. L'ambiance t'oppresse, te serre les entrailles en même temps qu'elle provoque cette excitation suprême de proximité intrinsèque avec la mort. Elle pourrait vous saisir tous les deux, derrière un de ces lourds battants, vous mâcher délicieusement et ne jamais vous recracher.

« On se croirait en Enfer. »

Des craquements se manifestent soudain et votre comité d'accueil commence à se profiler dans la lumière tremblotante des lucioles. Plus que la première fois, plus que la seconde fois, tu sens les rôdeurs. Tu sens leur douleur, tu sens leur tristesse, mais surtout, tu sens leur faim.

« Le cerveau tu dis ? »

Non, vous ne vous croyez pas en Enfer.
Vous y êtes.
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Lun 20 Juil - 18:50



 Mentally Ill

ShanLoon
featuring

    « You said it yourself. Imagining feels worse than seeing. If you don't try holding on, then you'll never see. »

Trad:
 

New-York, ça fait bien longtemps que tu n'as pas posé le pied à New-York. Tu fais partie de ceux qui n'ont connu la New-York gelée que par les images que le gouvernement a accepté de vous en transmettre durant les immigrations massives qui ont suivi l'ouverture des portes de Darkness Falls. Saleté de prison interdimensionnelle. Saletés de mages noirs. Si seulement ils n'avaient pas foutu le souk dans leur propre univers, alors peut-etre qu'on n'aurait pas eu à en créer un autre pour les y bannir, et alors vous n'auriez pas eu à supporter ce putain de gouvernement pompeux qui se goinfre de vos ressources et de votre savoir sans jamais rien donner en retour. Tu en es absolument sûr, ce sont ces mêmes mages noirs autrefois soit-disant bannis qui se sont retrouvés parmi les plus hauts postes de votre système politique. Faire un enfer glacé d'une partie de vos terres pour ensuite prendre possession de celles qui restent. Sacré tour de force.
Mais si la glace rendait l'environnement là bas austère, la lourde atmosphère des couloirs que vous traversiez n'avait sûrement rien à envier au vide du Nord, et si Loon venait confirmer ce que tu imaginais, alors tu n'avais pas grand chose à ajouter. Tu avançais lentement à travers les longs corridor, guettant le moindre son, le moindre mouvement, cherchant à distinguer l'odeur familière de la chair à travers celle des moisissures. Tu sais que vous vous rapprochez, parce que là où vous allez, les esprits s'en échappent. Ta main libre se pose sur le manche de la dague accrochée à ta ceinture, prête à dégaîner au moindre mouvement brusque.

« Exactly. A good lurker's got his head off and his brain squashed. Getting rid of one of'em isn't that hard. Problem is, they're often moving in swarms. »

Trad:
 

Tu savais à peu-près à quoi t'en tenir avec les rôdeurs, toi qui avait déjà eu affaire à eux par le passé, mais c'était un de ces cas où savoir te rendait d'autant plus méfiant. Sans expérience, tu aurais abordé la chose avec insouciance et témérité. Seulement maintenant que tu savais à quel point ils étaient vicieux, c'est avec anxiété que tu t'approchais de là où tu pensais en savoir un, et en trouver dix. Les mains de ta petite armée se sont resserrées sur leurs lames, et la cadence déjà lente de votre convoi a encore descendu une vitesse. Un grognement gagnant en puissance à chacun de vos pas, le grincement des roues d'une table contre laquelle la créature devait s'affairer. Dans un instinct protecteur, tu es venu donner ton dos à Loon, dans l'espoir de faire de ta masse écran an danger. Tu pouvais la sentir maintenant, tant à travers tes instincts de NightKeeper qu'à travers tes narines, encore un virage, et vous vous retrouveriez face à l'horreur.

« Stay safe Loonie. »

Trad:
 

Un tas de chair putride en mouvement, ce qu'on pouvait facilement appeler une erreur de la magie vous faisait face. Une abomination qu'un nécromancien aussi expérimenté que toi ne pouvait presque pas se résoudre à appeler mort-vivant. Il y avait une certaine beauté dans le fait de redonner un souffle de vie à la chair des défunts. Faire d'un corps quitté par son âme un réceptacle pour qu'une autre puisse y habiter était quelque chose de fascinant, et même si c'était un peu glauque, ce n'en était pas moins... merveilleux. Mais cette chose, cette chose qui vous reniflait, elle se déplaçait sans âme pour la guider. Ce n'était qu'un corps sans esprit aux instincts primaires. Une créature sans réel but, condamnée à errer jusqu'à ce que quelqu'un la détruise, puisque sans âme, elle ne pouvais pas être tuée. Le visage du monstre s'est relevé vers vous, chair vivante si appétissante à ses orbites vides, et alors, de tout le peu de vitesse dont il est capable, il s'est jeté vers vous. Aucune crainte face à lui, juste de la colère. Tu es resté dernière barrière devant ton ami, et tu n'as pas bougé. Il n'a pas eu la chance d'arriver jusqu'à vous que tes fétiches ont sauté, se sont arraché au sol de leurs petites jambes, pour planter à l'unisson leurs lames dans le crâne fragile de la bête, et ainsi la terrasser au vol. Un de moins, ça voulait dire que la bataille était engagée. Ces trucs ne se déplacent jamais seuls, ce n'était qu'une question de temps avant que les autres ne vous tombent dessus.

« Now Loon, is when the real deal begins. »

Trad:
 
 

 
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Lun 20 Juil - 19:24

Il n'a pas tort, il n'a jamais tort. Qu'est-ce qu'il peut devenir agaçant à penser exactement de la même manière que toi, de sorte de prêter attention à chacune de tes phrases pour la ressortir derrière contre toi. Il pourrait au moins comprendre le trouble qui t'habite et qui te fait osciller entre une peur viscérale et une curiosité maladive. Dans les deux cas c'est un sentiment extrême qui te saisit à bras le corps et te donne autant envie de sautiller partout que de vomir. Tu sais pertinemment ce que vous allez trouver au sous-sol. L'obscurité et la monstruosité telle que le gouvernement ne la vend pas ; celle qui ôte réellement la vie, qui bouffe réellement les gens. Oh, la nuit d'orage de la dernière fois semble tellement inoffensive à côté de celle qui vous attend. La nuit sera longue, particulièrement longue.

« Ouais, je sais, j'ai bien remarqué. »

C'est d'ailleurs en groupe que les rôdeurs sont les plus efficaces. Ils ont le quotient intellectuel d'une huître mais la force d'une machine de guerre boostée au nitrométhane. Et surtout, ils ont faim. Un être humain creusé par la famine peut devenir redoutable, alors un être qui ne ressent pas la douleur et ne s’essouffle jamais, c'est la porte ouverte aux neuf enfers. Si tu as pu t'échapper de l'asile avec Andon alors que vous étiez poursuivis par un rôdeur, c'est bien parce que ce dernier était seul et qu'il n'a pas eu l'idée d'appeler ses petits copains. Dans le cas contraire, tu ne serais pas là pour y penser.
Shandro se place naturellement devant toi comme pour te protéger. C'est pire, car n'importe quoi peut arriver de derrière. Depuis que vous avez brisé le cadenas et les barricades, tout peut rentrer et sortir. Tout peut-être n'importe où, n'importe quand, même aux étages que vous avez trouvés vides la dernière fois.

« Toi, essaie de rester vivant. »

Une seule morsure et c'est l'amputation ou la mort. Vous n'avez pas le droit à l'erreur. Les fétiches s'avancent dans le halo de lumière, aux aguets. Tu déglutis avec difficulté et tes mains libres se positionnent inconsciemment aux alentour de ton holster où, à la place de balles de fusil de chasse, se glissent des dizaines de petites potions de ta propre confection. Certaines sont de redoutables antidotes, d'autres des poisons au caractère létal plus ou moins rapide et douloureux. La plupart d'entre eux contiennent de l'acide sulfurique qui consume la moindre matière organique en quelques dizaines de secondes. Il suffit d'une fissure dans le crâne bien souvent rongé et la mort s'infiltre indéniablement dans les quelques tissus présents. La magie n'a aucun effet sur les rôdeurs ; ce sera peut-être la seule fois de ta vie où Shandro et toi seraient quasiment à égalité sur vos chances de survie.

Vous tournez à l'angle, tout se passe très vite. Les fétiches s'attaquent au cadavre ambulant qui s'écroule sur le sol. Shandro prend à peine le temps de t'informer de la déclaration de guerre contre ces cochonneries infernales que l'un deux te saisit par l'épaule, venu de derrière. Tu te retournes rapidement avant de saisir l'os fragile et de le tordre dans ton étreinte. Tes doigts se glissent dans ton holster, saisissent une fiole, l'enfoncent dans un orifice crânien tandis que ta poigne fracasse la pauvre tête contre le mur. Le verre se brise sous le choc et l'acide se répand bientôt dans l'organe et dans le reste du corps, dans un crépitement qui ressemble à s'y méprendre à une bouteille de champagne mousseuse que l'on débouche.
Tu recules brutalement, heurtant tout tremblant le dos de Shandro.

Ouais, champagne.
Tu viens de tuer ton premier rôdeur.
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Lun 20 Juil - 21:29



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    Ils pouvaient venir de n'importe où. L'endroit devait en être complètement infesté jusque dans les plus sombres recoins, et pourtant, tu as sincèrement cru que tu aurais pu le protéger juste en te plaçant devant lui. Votre ennemi a beau ne pas être plus intelligent qu'une moule morte, il n'en est pas moins plus vicelard encore que vous ne pourriez imaginer. Même le moins stratégique des prédateurs sait qu'il est plus efficace de sauter dans le dos de sa proie. Aussi forts que vous puissiez être, aussi dangereux que vous puissiez vous révéler, au yeux de ces créatures infernales, vous restiez bel et bien des proies et rien d'autre. Chose qu'ils ont voulu vous prouver avant que vous n'ayiez le temps de vous le rappeler vous-même. Peut-être croyait-il s'en prendre au maillon faible lorsque sa main s'est déposée sur l'épaule de Loon. Peut-être espérait-il retourner ton ami, moins stable sur ses jambes contre toi. Mais il n'a pas eu besoin de toi pour voir là où il avait tort si seulement il est capable de reconnaître son erreur, car c'est en quelques gestes aussi rapides qu'ils étaient puissants, que Loon a su se débarrasser de son agresseur, et te laisser sans voix par la même occasion.
Le temps s'est comme arrêté. Les cris ont cessé, me silence a pendant un instant pris possession des couloirs, et alors tu as craqué. Tu as ri, d'un rire nerveux mêlé au soulagement. Voilà donc de quoi il était capable. Loin de toi l'idée d'un Loon fragile et incapable de se défendre. Tu prends plaisir à penser que sa puissante musculature ne lui est pas qu'un simple apparât. Juste que... tu ne lui voyais pas tant de hargne. Alors vous aviez donc aussi cela de semblable... cette manière d'exprimer plus violemment que nécessaire votre peur et votre colère. Loon et toi partagiez ce tempérament explosif, seulement lui avait la mèche bien plus longue. Il devait avoir appris à gérer cette chose enfouie en lui, là où tu te laissais allègrement exploser jusqu'à ce que l'épuisement t'arrête. Il tremble, il vacille... non... il est encore loin de posséder ta hargne. La peur est capable de le pousser à détruire, mais il ne semble en tirer que maigre satisfaction. Si seulement il savait quel plaisir tu prends à écraser les crânes de ces horreurs, alors il comprendrait peut-être mieux ce qui te rends capable de prendre tant de risques. Fin de l'éclat de rire, mais ton sourire ne ternit pas. Un rictus cruel vient te redessiner les lèvres, lorsque tu prends la force que tu découvres à Loon comme un défi. Il est capable de t'aider à détruire ces merdes, ce qui voulais dire que le nettoyage n'en serait que plus complet. À toi maintenant de le pousser dans ses retranchements. Tu es une machine de guerre. Tu sauras faire de lui ton ailier.

« You never told me you could fight ! Means we can step up our game... »

Trad:
 

Tu guettes un instant à travers l'obscurité, pour t'assurer d'avoir ne serait-ce qu'un instant de répit.

« They won't find us if we can find'em. »

Trad:
 

Ton sourire carnassier redouble d'intensité lorsque tes yeux se posent sur les carcasses des deux rôdeurs que vous avez déjà éliminé. Des os et de la chair... tu n'as pas besoin de beaucoup plus. Tu tends la main dont la chaînette porte les lucioles, et le halo de lumière émit par les insectes monte en puissance. Ton autre main s'applique à exprimer en gestes ce qui cours dans tes veines. Loon n'avait vu de ta magie et des ponts que tu créais entre monde spirituel et physique que tes fétiches. Tu lui offrais maintenant d'observer l'une de tes spécialités en nécromancie. La reconstruction. C'est en faisant de cet art un jeu que ta mère a réussi à te l'inculquer. Contrairement à la plupart des nécromanciens, capable de faire revenir un corps dans son entièreté, toi tu t'amuses à détruire pour réassembler en autre chose, en des créations aussi monstrueuses et instables que ton imagination est débridée. Tu es de ceux qui choisissent de bâtir une œuvre à la magnificence éphémère plutôt qu'un abri solide.

« Pause, and just take a look. »

Trad:
 

Sous tes ordres, les chairs putréfiées et les os brisés de vos deux victimes se soulèvent pour mieux se briser, se mêler, et se renforcer. Tu ériges de vertèbres et de muscles une créature qui quoique plus effrayante que ses pairs possède des airs protecteurs, presque paternels, à travers sa chair encore abîmée, tant tu as eu du mal à lui rendre un peu de sa gloire. Ce qui ressemble à une simple épingle que tu coinces dans son dos, vient en réalité de lui lier l'un de tes gardiens les plus hargneux. Cette femme qui s'est attaquée à Aimée le jour où vous vous êtes rencontrés. Avec une recrue géante dans ta petite armée, le jeu pouvait réellement commencer.

« Now, think as if we were the predators. Put trust in your senses, follow me, and most importantly, don't die. »

Trad:
 

Une petite lueur de profonde tristesse vient décorer tes pupilles à l'idée de pouvoir perdre un homme que tu aimes plus que de raison. Tes yeux n'en restent pas moins témoins de l'agressivité qui règne en ton sein, et de la fermeté de ta décision. Tu n'abandonneras pas si près du but, alors que tu vois la victoire au bout du tunnel dans lequel tu t'es élancé. La lame d'un fétiche, un agile coup de dague, ou une lourde frappe de ta créature, les rôdeurs que tu traquais tombaient l'un après l'autre. Garder la cadence, ne jamais briser votre perpétuel mouvement, et alors vous seriez maîtres de la situation. S'arrêter, c'était leur donner l'occasion de vous surprendre. Leur laisser la moindre ouverture, c'était prendre le risque de mourir, un peu plus que vous ne le preniez déjà.
 

 
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Lun 20 Juil - 22:04

« N'éclaire pas cette merde. »

Tu serres les dents, haletant et tes yeux se voilent de cette violence intrinsèque dont tu fais preuve quand tu es poussé à tes extrémités les plus sombres. L'adrénaline court dans tes veines avec une telle vitesse que tes membres sont secoués de tremblements qui font légèrement cliqueter le bracelet charmé par Shandro de toutes ses petites breloques. Un courant d'air glacial te traverse de parts en parts. Est-ce la peur ? Le froid ? Ou simplement cette énergie négative qui t'étouffe et te donne l'impression que ton crâne va exploser aussi simplement que cette coquille d’œuf de crâne de rôdeur. Tu peines à calmer les battements de ton cœur. Le semblant de vie qui animait cette cochonnerie s'en est échappé. Tu as tué quelqu'un. Tu cherches la chaleur de Shandro jusqu'à entrer en contact avec ses omoplates. Tout ton corps se recouvre d'une fine pellicule de sueur qui colle désagréablement tes vêtements à ta peau moite. La nausée te monte à la tête, serre ta gorge avec virulence. Ton estomac se soulève avec véhémence. Une senteur métallique se répand dans l'air. Tu luttes avec une force que tu ne connaissais pas pour ne pas laisser le concept même de l'hémoglobine passer la barrière de ton esprit.
Ce n'est pas possible, ce n'est pas réel.

Pourtant le Shandro qui se tourne dans ta direction, dans le silence, s'accorde bel et bien avec la réalité. Tu lèves un regard vide pour capter le sien, t'accrocher à son humanité tandis que la tienne fout le camp à travers l'unique larme de terreur qui quitte le coin de ton œil.

« Je ne sais pas me battre. Je sais survivre. »

Le niveau supérieur, quel niveau supérieur ? Il semble que Shandro a pris ta petite demande d'aide magique très au sérieux. Incrédule, tu l'interroges du regard et vois le sien virer dans une obscurité digne de celle qui vous entoure. Vos deux se posent sur les deux cadavres, ou plutôt l'endroit hypothétique où ils se sont écrasés. Ce qui se passe ensuite te paralyse, te terrifie autant que cela te fascine. Sous tes yeux ébahis se matérialise la magie pure et simple de ton ami, tandis que les chairs se reconstituent et que les os se redressent, faisant paraître les cadavres comme de véritables pantins fantastiques dont Shandro devient le maître. Ton souffle se fait plus court et soudain, quand les os craquent une dernière fois, ton cœur manque un battement.
Ne meurs pas. Ne meurs pas toi-même, oui.

« Arrête de me regarder comme ça. »

Tu le saisis par le bras et attrape ses lèvres le temps d'une seconde, le temps d'un pacte, le temps d'une promesse. Puis tu le relâches, simplement, sans un mot de plus. Tu n'es pas un prédateur et tu ne le seras jamais. Au delà de toute la violence dont tu es capable lorsque la provocation te tire dans les dernières parcelles de ton humanité, tu ne seras jamais un monstre. Lorsque la machine de guerre qui te sert d'amant s'élance assurément dans le couloir, détruisant tout sur son passage, tu comprends que tu viens seulement d'entrevoir la part la plus sombre de son âme.

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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Mer 22 Juil - 0:27



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     Un, deux, trois, quatres, dix. Tu ne comptes plus les membres que tu as arraché, ni les crânes qui ont volé en éclats. Les chair putréfiées giclent dans tous les sens alors que dans ta frénésie, tu t'enfonces toujours plus loin dans le sous-sol de cet endroit morbide. D'agiles acrobaties en sauvages coups de genou, tous les moyens te sont bons pour te débarrasser des atrocités qui te barrent la route. Plus tu en détruis et plus il en vient, plus il en vient et plus tu te perds dans ta soif de leur sang vicié. Ils sont tellement fragiles, tellement lents, tellement stupides. Pourquoi déjà faisaient-ils si peur à tes semblables, tu l'aurais presque oublié. Les risques te passent bien au dessus de la tête, tu as fait une promesse, et il l'a scellée de ses lèvres. Ses lèvres... ses lèvres t'avaient tellement manqué. Est-ce si mal pour toi qui en aime une autre de parfois te perdre dans le désir ? Tu es un homme, tu es faible, et ce n'était qu'un pauvre baiser. Une marque d'amour que tu prendrais bien du temps à obtenir de la revêche pour qui ton cœur bat...
Ton bras se tend violemment, et la chair de la monstruosité que tu as créé y répond. Dans une mimique de ton geste, les fibres musculaires rompent leur contact avec les os pour se jeter avec une force inouïe sur les corps entassés des quelques créatures vous faisant face, disloquant sur le coup leur stature fragilisée par le temps. Est-ce que Loon arrive à suivre la cadence ? Quelle importance vraiment ? Tu ne laissais absolument rien d'autre que désolation dans ton sillage, quel était réellement le risque qu'il courait ? Ce qui étais au départ une mission est vite devenu un jeu beaucoup trop facile à ton goût. Cette virée nocturne commençait à manquer un peu de piment pour tes papilles entraînées. Il te fallait plus, encore plus, toujours plus. Et tu as eu trop. Tu as mordu plus que tu ne pouvais avalé, et arrivé au bout du couloir, te voilà maintenant piégé dans une immense salle grouillante de ces créatures immondes. Tous ceux que tu as croisé sur le chemin venaient-ils donc de là ? Qu'à-t-il bien pu se passer dans cette salle par le passé pour qu'ils s'y retrouvent si nombreux ? Étais-ce là qu'ils avaient été créés ? S'étaient-ils rassemblés là pour une cause particulière ? Vous ne pouviez pas les interroger, et les réponses ne viendraient donc jamais. Et puis... même si vous arriviez à l'apprendre, il fallait survivre, et vous échapper de ce guet-apens sans arborer leur drapeau. Correction... pas vous... tu. Il fallait que tu t'échappes... parce que Loon n'était pas encore entré. Lui n'était pas encore encerclé... mais le connaissant aussi bien que tu le connais, il serait capable de braver le danger pour t'aider. Il sait survivre pas se battre... toi tu sais te battre mais pas survivre, et jusque là, il a toujours tenté de te sauver. Tu refuses qu'il te sauve une fois encore, pas au prix de sa vie.
Loon ne t'as pas déçu, et c'est bien lui que tu as vu apparaître au coin de ton œil. Sauf que ce que le coin de ton œil a aussi vu, ce sont les rôdeurs qui t'oubliaient pour converger vers lui. La proie la plus facile. Tu l'as encore laissé derrière, et cette fois-ci, il est trop loin pour que tu puisses l'aider sans ta magie, quand ses agresseurs éyaient immunisés à ta magie. Quelque chose... quelque chose... il te fallait... le feu. Il fallait que tu rappelles le feu auquel tu as survécu. Pas le temps de mettre en place le moindre rituel, pas le temps de rassembler plus d'artefact que tu n'en portes déjà. Juste une fraction de seconde pour puiser dans ton esprit et dans les leurs.

- La lumière des lucioles est un symbole de pouvoir -
- La dague est un symbole de spiritualité -
- Les crânes représente la victoire -
- Le feu représente le jugement -

Juste un briquet allumé devant tes lèvres, et ton souffle, dirigé vers ceux dont tu as voulu voler la place dans la chaîne alimentaire. Faisant dernier hommage à celle que tu aimes, pour sauver son frère tu t'es fait dragon. Tu as fait jaillir le feu depuis entre tes entrailles, plongeant les démons de l'enfer dans la punition qu'ils méritent, cueillant au vol ceux dont les griffes approchaient de celui dont tu refuses de voir la mort. C'est la peur qui t'as finalement sorti de la frénésie, et ton cœur battant qui t'as donné le courage d'y faire face. Ta poitrine se soulève plus férocement que de nature à cause d'une respiration à la fois puissante et à moitié coupée. Un mur de flammes te sépare maintenant de ton guide, mais qu'est-ce qu'un mur de feu quand on a connu l'enfer ?
Tu marches en direction des flammes, épuisé, mais sourire aux lèvres, ton armée à ta suite. Loon qui ne la connaissait pas constaterait maintenant la profondeur de ton lien avec le monde spirituel, lorsque vos corps, à tes guerriers et à toi, quitteriez votre consistence charnelle pour adopter la leur et traverser l'incendie, pour vous retrouver à nouveau face à lui.

« Cleared. »

Trad:
 
 

 
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Mer 22 Juil - 7:25

Les ténèbres s'abattent sur vous de leur force glaciale et c'est le cœur lourd que tu vois Shandro s'y plonger. C'est ce reflet de toi-même que tu vois défoncer l'obscurité sous la forme de ces horribles créatures qu'il repousse aussi facilement qu'il repousserait des rideaux, comme s'il l'avait toujours fait. La violence habille chacun de ses coups, orne chacune de ses articulation craquant sous l'effort, illumine sa carcasse dansante contre les corps putréfiés qu'il met à terre dans un sommeil éternel. Le néant glacial se mélange à la lueur sombre qu'il dégage et les deux forces obscures se battent en duel dans ce déchaînement de brutalité bestiale que tu ne lui connaissais pas ; que tu te connaissais, mais que tu ne lui connaissais pas. Et soudain, entre deux fioles d'acide balancées aux âmes esseulés qu'il n'a su transcender, tu as peur. Tu flippes comme un enfant devant toute cette horreur dont il se révèle devant toi. Il est comme un monstre qui mue, qui ôte son masque et qui laisse derrière lui tous ces costumes pour te montrer nu à toi, complètement débarrassé du moindre code, du moindre voile qui pourrait t'empêcher de le voir tel qu'il est. Car au delà de sa magie, vous êtes strictement pareils ; et ce n'est pas cette averse de sang qui te rend malade, c'est cette obscure partie de toi-même qui se dévoile à vous deux en même temps.
Pour la première fois de ta vie, une phobie en surpasse une autre. Surpasse cette.

Tes sens s'agitent et s'aiguisent à la lame de son couteau dont il tranche tous les membres qui s'opposent à lui. Aux cris des bêtes savourant leur fatalité se joignent les hurlements des esprits qui semblent applaudir Shandro et le pousser dans les tréfonds de son humanité qu'il ne semble déjà plus avoir. Toi-même il te semble t'être séparé de la tienne à l'instant où tu as commis l'irréparable, à l'instant où tu as tué. Le cœur battant, tu laisses cette autre partie de toi prendre le contrôle, fracasser des os et consumer des chairs puisqu'il en est ainsi, puisque le Gouvernement n'a pas tort, puisque vous êtes des monstres.
Le chemin se trace des galets humides de leurs squelettes ensanglantés que tu piétines sans les voir , aveuglé par l'adrénaline qui te consume, les yeux rivés sur la lumière de Shandro qui au loin s’éteint dans son enfer. Tu ne dois pas songer au sang qui lézarde les murs et qui macule désormais tes vêtements, tu dois plutôt te laisser porter par le chœur infernal de ces esprits qui t'appellent à eux. Soudain, dans une brume timide, tu en vois apparaître quelques uns, puis disparaître dans la pénombre. Et cette vision achève de te rendre dingue.

Lorsque tu aperçois sa lueur au fond du couloir comme de celui de la mort, ton attention défaille et ton esprit s'engorge de sang et de larmes. Tu n'as pas le temps de réagir qu'ils arrivent sur la droite et abattent sur toi le joug de l'enfer. Quelque chose te transperce, mais la douleur masquée par l'adrénaline est fantomatique. C'est alors qu'un tourbillon de feu se manifeste devant toi, d'une chaleur et d'une puissance presque irréelles. Lorsque le mur des corps en décomposition explose devant toi, giclant sur le sol dans une marée sanglante, c'est le diable en personne qui se dresse de toute sa hauteur, promulguant sa sentence et ton absolution.
La douleur te foudroie violemment et tu portes légèrement une main à ton flanc qui dégueule ses tripes et pleure sa substance vitale. Ta vision se trouble. Non, tu ne veux pas mourir. Tu dois juste te reposer, l'espace de cinq minutes, juste le temps de fermer les yeux, de reprendre ton souffle. A la lueur dansante des flammes apparaît tout ce sang que tu abhorres, toute cette vie échappée, parfois de ses mains, parfois des tiennes. Tes genoux rencontrent le sol de cadavre, se plantent dans les chairs déchirées et tes mains les rejoignent pour t'empêcher de sombrer.

Pour la première fois l'étrange sensation de ton instinct de guérison se fait ressentir. Tu sens les chairs qui cherchent à se refermer, la chaleur de ta magie qui cherche à contrer le froid glacial qui prend peu à peu possession de tes membres. Tu hoquettes, en proie à cette nausée démoniaque que tu cherches à refouler. Tu ne dois pas paraître, faible, pas devant lui. Le silence apaisant de la bataille terminée vous enveloppe du voile de la mort. Relevant la tête au prix d'un effort considérable, à quatre pattes dans le sang et la tripaille, tu captes ses yeux, le défiant du regard, le défiant de te voir mourir.
La lumière disparaît. Et tu t'écroules.
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Jeu 23 Juil - 5:50

[

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      Aveuglé par ta propre lumière, des flammes encore dansantes dans les yeux, tu as failli ne pas voir l'ombre qui s'est abattue sur ses pupilles. Rose rouge, fleur de sang à la robe morbides, les racines du cruel végétal se tissaient un chemin à travers ses chairs pour en tirer la liqueur, crachant allègrement sur un sol déjà souillé, le sirop qu'ils faisaient verser sans la moindre intention de le déguster. Situation tragique qu'il a connu avant toi, après que la lame d'un malfrat t'aies frappé au ventre, seulement tu devais ajouter à ta peine d'avoir été là lorsque le mal a été commis, et de n'avoir pas réagi là où tu aurais pu tout empêcher. Tu t'es emporté et tu l'as laissé derrière sachant très bien quels obstacles il rencontrerait. Abus de confiance en lui comme en toi, t'ayant inévitablement conduit à la négligeance. Que vas-tu penser de toi maintenant que ton ami gît au sol parmi les cadavres qu'il menace de rejoindre.

« Loonie hang on ! I'm gonna getcha out of here. It'll all be fine 'kay ?»

Trad:
 

Cela fait bien longtemps que tu ne l'as pas pris dans tes bras, et tu aurais aimé que vos retrouvailles aient un autre goût que celui du sang. Le sang que Loon hait au point d'un vomir ses tripes. Traumatisé par le sang qu'il a cru perdre à cause d'une illusion, le voilà réellement au bord des portes de la mort. Son souffle est faible, et son cœur bat bien trop vite, mais tu t'accroches avec espoir même à ces mauvais signes. Le corps que tu portes à bout de bras et sur lequel se versent tes larmes aurait tout l'air d'un cadavre, s'il n'était pas soumis à ces spasmes alarmants. Tu marches vers l'extérieur, à la fois vif et doux, tentant tant bien que mal de ne pas trop brusquer celui qui dort. Il t'a sauvé, alors tu le sauveras. S'il fallait donner ta vie pour qu'il ne meure pas dans tes bras, alors sans hésiter tu la lui échangerais. Ton existence est déjà si en phase avec la mort que pour toi, rien ne changerait.
La bâtisse curieuse t'observe de ses milles yeux, les fantômes fous à lier semblent estomaqués. Les moins sains d'esprit n'en ont pas moins gardé leurs yeux, et la chimère larmoyante sur le chemin du retour ne ressemble en rien au monstre destructeur qu'ils ont croisé à l'aller. Ils lui font à lui silence cérémonieux, te rappelant sans cesse qu'il n'est pas loin de devenir l'un d'eux. Sans mots, sans murmures, c'est toi qu'ils accusent, et le pire, c'est qu'ils ont raison. C'est toi et toi seul le responsable de son état. Tu l'aurais blessé de tes propres mains que rien n'aurait changé, tu dois, en solitaire porter ta culpabilité. Tu l'aimes putain, et tu l'as presque tué. Pourquoi est-ce qu'il fallait toujours que tu sois aussi con ? Ça t'arrivais parfois de réfléchir aux conséquences de tes actions ? C'est la chance et la chance seule qui fait que tu es encore en vie aujourd'hui, et plusieurs fois tu t'es toi-même fait cette remarque, alors pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu ressentais le besoin de faire courir aux autres les risques que tu te savais pertinemment prendre ?
Le marais entier est plongé dans un calme impérieux, le Grand Bayou lui-même fait le deuil de ta victime, et toi tu marches, tu fuis t'accrochant au plus fébrile des battements de son cœur, tu marches vers sa voiture, seul espoir de s'écarter de ce foutoir, comme si partir allait le sauver. Calmes-toi Shan, faut que tu ressasisses. Faut que tu prennes tes responsabilités, et que tu l'aides. Le fouiller à la recherche de ses clefs, ouvrir la voiture, et le déposer sur un des sièges. Faire un garrot de fortune de son T.Shirt déjà imbibé de sang, fouiller vos potions respectives à la recherche de quelque chose qui pourrait l'aider... si seulement tu avais un peu du breuvage qu'il t'a servi pour calmer tes douleurs ce jour là... les potions de Loon sont bien plus efficaces que les tiennes. T'as du te contenter de ce qu'il avait sur lui, et de tes maigres connaissances en magie classique, pour lui concocter sur le fil quelque chose qui l'aiderait à se tenir conscient. Il ne devait pas s'endormir avant que son état soit stable. Tu ne pouvais pas partir avant que sa respiration se soit calmée. Allez Loon, respire...
Imbibé de sueurs froides, le visage noyé dans les pleurs, tu t'en veux. Tu t'en veux corps et âme du mal que tu lui as fait.

« I'm sorry Loonie, I should've not leave you behind. It's all my fault, it's all my fault... »

Trad:
 

 

 
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MessageSujet: Re: Freaky Love Hotel [Shandro]   Jeu 23 Juil - 9:09

La douce voix de Shandro retentit comme une caresse, mais elle est loin, terriblement loin de toi. La petite luciole qui contient ses paroles s'échappe dans le néant avant de s'y fondre, et tu ne peux plus t'y raccrocher. Tu oscilles, dans un demi sommeil, ballotté, comme une poupée de chiffons, alternant entre le réveil et l'inconscience. L'environnement se meut sous toi, il danse, tu danses, vous dansez, la danse de la mort. Sont-ce les rôdeurs restant qui t'ont attrapés pour te manger ? Tu es trop fatigué pour avoir peur. La douleur te paralyse et pourtant tu sens tes jambes pendre dans le vide et s'agiter aux rythmes des pas de...de tu sais pas qui. Ton souffle est à la fois court et lourd, rapide et difficile, chaque inspiration te tire une grimace et ta main crispée sur ton ventre pour empêcher toutes tes tripes de se déverser sur le sol pèse trois tonnes. Les ténèbres t'enveloppent dans un cocon qu'elles serrent particulièrement fort autour de toi, te privant un à un de tes sens, un à un de tes membres. Bientôt, il ne te reste plus que l'ouïe et le cœur, vacillants dans les ténèbres opaques, attendant la mort.

Une grande inspiration te saisit et ton torse bondit vers le plafond de la voiture tandis que tu te redresse. Ton corps tombe en avant et tu t'appuies sur la première chose qui passe sous ta main, à savoir le corps de Shandro. Tes doigts s'enroulent autour de son bras chaud et moite de sueur sans en faire le tour, tandis que tu reprends peu à peu tes esprits, le corps tremblant. Tu as froid, putain qu'est-ce que as froid !
Tu as l'impression de te réveiller d'un cauchemar fait alors que quelqu'un conduisait la voiture pour te soulager du voyage. Tu comprends, en saisissant chaque nouvel élément de ton environnement, que tout est bien réel, de la voiture à Shandro en passant par la large blessure qui barre ton ventre et que tu préfères éviter de regarder. Des fioles jonchent le sol de ta voiture, vides, y compris celle contenant la codéine que tu coupes à tout un tas de trucs pour te faire tenir debout pendant les pires moments. Quelque part sur ton corps, les fourmillement de ta magie tentent désespérément de soigner cette grave blessure. Ta vision, sans être nette, n'est plus totalement plongée dans le noir, ce qui te permet de distinguer à tes côtés un Shandro ravagé par les larmes.

« Coucou. Désolé hein...J'suis manifestement pas à la hauteur. »

Aussi étonnant que cela puisse paraître, un sourire étire tes lèvres, car au delà de la fatigue qui pèse sur tes épaules et la douleur qui te ceint le ventre, ton cœur bat : tu es bel et bien vivant malgré tous les souvenirs atroces qui te reviennent en mémoire et supposent ta mort. Quelque part, tu penses à Andon ; si jamais vous étiez descendus aux sous-sols, vous n'auriez pas survécu. Et si Shandro n'avait pas été là, tu ne serais certainement plus de ce monde. Les redoutables potions qu'il a mélangées permettent néanmoins de te maintenir conscient, supportant la souffrance. Tes doigts glissent sur son bras, cherchent sa main, s'y entremêlent.

« Bravo, tu entres dans le cercle très privé de ceux qui m'aiment tout en m'ayant fait passer à côté de la mort. »

C'est peut-être un rituel. En tout cas c'est visiblement une manie de ceux qui t'aiment que de manquer de te tuer. Ou peut-être est-ce parce qu'ils t'ont tous deux, Alvin et Shandro, poussé dans les derniers retranchements auxquels ta faiblesse n'a pas su tenir tête. Les couleurs te fracassent le crâne, envahissent ta vue. La nausée grimpe les parois de ta poitrine et te menace durement, tandis que tu hallucines légèrement entre toutes les substances ingurgitées.

« Tu sais mon cœur, quelque part je suis triste que tu sois amoureux d'elle. Parce que ça veut dire que je ne t'aurai jamais plus en moi, et c'est vraiment pas cool. J'aimais bien quand tu couchais avec moi, ça me rassurait. Ca me faisait me sentir important. »

Un faible éclat de tire vibre au delà de tes lèvres et se perd dans une toux douloureuse.

« Pardon, la douleur...je divague. Dis, tu veux pas...je sais pas, me prendre dans tes bras ? Je suis gelé. »
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Freaky Love Hotel [Shandro]

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