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 "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei

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MessageSujet: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Lun 20 Juil - 11:30



"Us" never existed.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Femme. Brune. Asiatique. Age inconnu. Nom inconnu. Visage méconnaissable. Son corps pue la malchance et tu souries à ta folie, à tes envies. Tu as tant voulu mourir, encore et encore, tu as frôlé la mort. Tu as cru qu'elle allait t'emmener mais elle a joué avec toi, elle t'a effleurée de ses doigts glacés et elle t'a laissée pour morte, détruite, mais toujours en vie. Les loups, les diables, aucun n'a voulu te tuer. Ton propre monstre ne pourrait se résoudre au suicide. Tu es vouée à survivre, à endurer toutes ces souffrances. Je te l'ai déjà dit, non ? Tu dois expier tes pêchés, ma sœur. Il fallait y penser avant l'apocalypse, avant que tu passes le point de non-retour. Tu es perdue, à jamais. La paix, tu ne l'auras pas, tu ne la mérites pas. Tu ne mourras pas avant que la culpabilité ne finisse de te ronger, de pousser ton esprit à sa grande folie, ton corps à ses limites. C'est du moins ce que tu as toujours pensé, ce que je t'ai toujours souhaité. Mourir lentement, douloureusement. C'est la seule chose que tu mérites.
Mais il y a là la chance qui croise ta route, un trèfle à quatre feuille qui roule entre tes doigts. Cette idiote-ci est morte avant toi, devant toi. Le visage éclaté sur des souffrances redoutables, le corps dénudé sur une folie regrettable. Sûrement a-t-elle connu un destin moins tragique que le tien, des douleurs fades comparées à ce qui t'attend. Tu le sais mais il n'en reste pas moins une sauvagerie impressionnante dans le meurtre qui te fait face. Une bête qui s'amuse de ses proies et les laisse plus inutile que jamais sur les pavés froids. Et ce miroir brisé qui se reconstitue devant tes yeux, qui étire ton sourire plus grand encore, qui laisse ta propre folie te pousser à l'impardonnable. Tu vas vous détruire, une bonne fois pour toute.
Tes doigts glissent sur l'épaule si lisse, sur la beauté d'une peau sans trace et ton sourire se fane. Si seulement l'idiote avait connu les mêmes épreuves que toi, si l'assassin avait pensé à attaquer ce bras qui a sûrement tenté de se débattre… Mais ta décision est prise, ta résolution ne pourra pas être ébranlée. Le monstre a parlé. Tu ne peux plus revenir en arrière. Vous ne le pouvez plus. Alors tu attends sagement, découvrant dans ce corps tellement de différences avec le tien que tu pourrais hurler ta rage au monde, sans qu'il ne comprenne. Mais tu restes calme, les bras croisés, le sourire revenu sur ton doux visage. Et lorsque les autorités débouchent dans la rue pour découvrir la folie d'un meurtre, c'est toi qu'ils regardent, toi et ta presque joie, toi et ton regard impassible posé sur l’œuvre d'un diable perdu sur terre. Eux, ils ont l'habitude mais… toi… serais-tu suspectée, maintenant ? Que le monde est drôle à regarder avec les yeux du monstre, Lili.
Alors tu commences ta comédie, ton visage se tourne vers le leur et tu pleures silencieusement, les mains tremblantes, les mots coincés au fond de ta gorge. Et tu attends, encore, qu'on ose toucher le corps pour hurler et crier que ça ne peut pas être possible, qu'une ville ne peut pas pousser le vice aussi loin. Je suis sûre qu'ils ont vu des cinglés toute leur vie, ma chérie, mais des comme toi… Ils ne s'en rendront pas compte, bien entendu. Ils ne te connaissent pas comme moi, ils ne savent pas que tu es simplement tombée sur le corps et que le pire plan de ta vie a alors germé à l'intérieur de ton esprit. Ils ne comprennent pas que tu mens, que tu ne connais pas cette idiote qui n'a pas fui la folie. C'est à peine s'ils t'écoutent en t'emmenant à leur suite, en essayant de te poser des questions auxquelles tu ne réponds pas. Continue, ma jolie, et ils vont finir par te frapper pour que tu cesses de pleurer.

Li Mei Tyler.
Le nom sort de ta bouche dans un souffle, attirant les regards, les interrogations. C'est son nom, bon sang ! Ne comprennent-ils rien ? Li Mei, ta jolie asiatique, ton amie, ta sœur de cœur. Si seulement… Les raisons de sa mort ? Comment peux-tu le savoir ? Tu as simplement pris cette rue, guidée par l'odeur étrange de la pourriture et du sang. Tu as découvert le corps avant un autre, tout simplement. Mais tu réponds, tu balbuties, tu feins de ne pas comprendre, tu décris ton amie, sa vie, son comportement, sa folie croissante. Peut-être a-t-elle provoqué le mauvais loup ? Leurs voix se font pressantes. Skinchanger ? Non, tu parles de monstre. Daybreaker ? Mais que te veulent-ils à la fin ? Ton amie est morte, assassinée de la plus sauvage des manières, et ils s'inquiètent de sa nature, de la nature de ses ennemis ? Alors tu te remets à pleurer.

Rafael.
Ils s'interrogent, te prennent pour une folle. Mais, non, ce n'est pas son nom à elle, c'est son nom à lui. Rafael Morienval. Celui qu'il faut prévenir de cette folie, son mari. Non, ils ne sont pas mariés mais est-ce important ? Tu ne veux plus parler, tu n'as plus rien à dire, de toute façon. Qu'on l'appelle lui, qu'on lui demande de venir, qu'on lui dise que sa douce est crevée, il saura, lui, dire tout ce qui s'est passé, dire comme il la connaît. Rafael, dis-tu ? Ils l'appelleront, oui, car déjà ils le suspectent, devant ton empressement, devant tes mots étranges. Et tu ris tellement, intérieurement, que tu pourrais exploser. Est-ce si facile de manipuler le monde ? N'ont-ils plus rien à te demander ? Non, ils sont fatigués de tes larmes, ma jolie, et ils n'ont pas tant d'effort à donner pour un meurtre de plus dans ce quartier. Peut-être était-ce une prostituée… et elles sont si nombreuses à se faire tuer.

Libérée, tu essuies les traces des larmes sur tes joues et tu pouffes entre tes mains. Alors, c'est fait ? Ta vengeance est achevée ? Tu l'as enfin brisé ? Le monde va finir par t'oublier ? Il va enfin te laisser dormir, tranquille, loin des peurs, des monstres, des hommes ? Tu es morte. Juste… comme ça. Et ce corps, à la morgue, il est si méconnaissable… Va-t-il se laisser duper ? Oui, tu le veux, tu l'espères. Il a promis des choses que tu ne veux pas le laisser faire. Te tuer ? Non, il a déjà essayé. Une fois, deux fois, trois fois. Il peut essayer à l'infini, il n'y arrivera jamais. Mais tu devais mettre un terme à cette folie, à votre folie. Alors, tu l'avoues, oui, tu as peur qu'il en vienne aux mots que tu as osé proféré, dans ta détresse. A l'amour que tu as susurré. Tu ne veux pas, non, il t'est tellement plus facile de détester, d'être détestée. Et maintenant, de crever. Il faut qu'il te laisse t'en aller, qu'il te laisse tomber dans les égouts qui te vont si bien, dans la mort qui joue dans tes yeux sombres. Ton humanité ? Tu ne veux plus qu'il t'y pousse, qu'il te fasse souffrir comme il n'en aura jamais conscience. Il est plus simple de mettre la folie sur le dos du monstre, les crimes sur ta faim. Pourquoi ne pouvait-il pas comprendre quelque chose d'aussi simple ? Il doit t'abandonner, cesser de te chercher, de vouloir te tuer, se tuer. Maintenant, vous devez survivre l'un sans l'autre ou vous mourrez l'un avec l'autre, plus misérables que jamais.

Et, pourtant, tes pas te mènent là, à cette morgue viciée, à la pourriture qui la consume, la corrompt. Tu t'y engouffres sans réel but, sans y penser, sans comprendre pourquoi tu dois aller de ce côté, pourquoi tu ne peux pas rentrer. Non, tu sais qu'il pourrait t'y chercher, essayer de percer la vérité. Un œil sur le corps te réconforte, pourtant. Il est parfait, les longs cheveux noirs, la peau claire mais colorée, le visage impossible à identifier. Il n'y a que cette épaule, sous la couverture bleue, cette maigre épaule immaculée, sauvée. Aurais-tu dû faire une blessure, trouver une balle à y planter ? Non. Ils auraient vu, ils auraient compris que les choses n'étaient pas aussi simples que tu le leur as dit, que tu as voulu leur faire croire. En auraient-ils eu quelque chose à faire ? Non. Mais leur bouche se serait peut-être ouverte inutilement. Alors tu soupires, tu recouvres cette peau lisse, sans cicatrice, et tu t'éclipses, tu te terres dans l'ombre, dans le néant qui te va si bien. Tu te caches des regards et tu souris dans la nuit. Oui, il ne manquera pas d'y croire, n'est-ce pas ? Et tu n'auras plus à le revoir, à avoir peur de lui, de toi. Tu seras libérée. Tu seras morte.

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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Mer 22 Juil - 0:04



"Us" never existed.

(pv) Li Mei


~

Le mépris, le dédain, l’arrogance, ce sont des armures dont je me pare avec un naturel déroutant. Et ces armures me sauvent la vie à présent. Sans elle, je m’effondrerai à chaque réveil, à chaque pas dans les longs couloirs du Government Building, à chaque nuit tombée sur la ville qui me vole de nouvelles heures de ma vie et condamne des innocents. Une douce amertume, un manteau dans lequel je m’enveloppe, marbré de faux semblants et de déni. Je ne vis pas, je survis péniblement et pour me venger de ces battements de cœur qui me maintiennent debout j’ôte à d’autres le droit de respirer. Elle m’a chassé. Elle m’a chassé de chez elle et je la hais pour ça. La vulnérabilité n’a jamais été mon fort quand bien on peut la brandir à ma face en me faisant remarquer à quel point le reflet qu’elle m’offre de mon visage est celui d’un humain. La vulnérabilité m’insupporte et alors que je m’extirpais péniblement de mon donjon d’insensibilité, cette petite peste m’a planté un couteau en plein cœur, plus douloureux que cette balle qui a transpercé mon cœur et déchiqueté mon être, plus douloureux encore, et je ne l’imaginais pas possible, que la mort d’Azzura. Je la hais et je m’en persuade. Je la hais et pourtant je refuse de la chercher, je refuse de lui concéder la moindre victoire, je me refuse le droit de penser à elle une seule fraction de seconde parce que j’ai décidé de lui refuser le droit d’exister à mes yeux.

Je n’ai pas besoin d’elle. Et elle n’a aucune importance.

Droit comme un i, je me considère devant la glace, traquant sur mon visage le moindre signe de vieillesse, le moindre signe de faiblesse. Mes yeux se froncent en me considérant alors que mes doigts s’agitent sur ma chemise pour fixer les boutons de manchette en argent qui brûlent mon épiderme constamment, comme un rappel que je m’inflige de mon anormalité. J’inspire profondément, tirant sur ma chemise, réajustant mon col, me recoiffant une dernière fois. Comme tous les jours, comme à chaque fois que mon regard croise un miroir, comme à chaque fois que je ne peux m’empêcher de céder à son appel et de me figer sous l’emprise de mes yeux clairs qui m’accusent autant qu’ils m’admirent. Je me foudroie du regard, aperçois un reflet qui n’a pas lieu d’être, ferme les yeux et romps le charme. Elle est morte. Tout comme sa sœur. Elles sont mortes, parties, disparues. Comme Natascia. Comme Aurora. Comme chaque personne que j’ai connue, comme chaque être qui a croisé ma route lorsque je n’étais qu’un Seigneur, lorsque je n’étais qu’un dieu, lorsque je n’étais qu’un maître au milieu de la basse populace. Lorsque j’ouvre les yeux, je m’oblige à fixer à nouveau mon regard et à ignorer la silhouette de Cora qui me regarde dans un sourire goguenard. Une jumelle apparaît de l’autre côté de la pièce, comme en écho et maintenant c’est au tour d’Azzura de me fixer. Mécontente. Déçue. En colère. Et dans mon dos, dans mon dos s’élève dans une hallucination pire que les deux autres par son incohérence et le cœur qui bat encore dans sa poitrine. Mon poing se fracasse sur la vitre et une toile d’araignée s’étire aussitôt autour de mes phalanges sanguinolentes. Les silhouettes se dispersent, se multiplient, mon poing heurte une nouvelle fois ce qu’il reste du miroir. Je fais volteface, appelant l’un de mes serviteurs pour mieux nettoyer ce que je laisse derrière moi et ranger tout cela dans un coin de mon esprit. Ce ne sont que fabulations, ce ne sont qu’hallucinations. Je me pince l’arête du nez en consultant les messages qui peuplent mon téléphone. Inintéressant. Inintéressant. Inintéressant… Mon cœur cesse de battre un instant. Cela ne se peut…

Li Mei Tyler. Morgue. Défigurée. Une vingtaine de minutes me suffisent pour me voir débarquer sur les lieux, le visage figé dans une glace exprimant bien plus par son inexpressivité que s’il montrait ce qu’il cache. Je la hais d’autant plus à présent si c’est bien elle qui est étendue sous ce suaire qui aurait du m’héberger. Je la hais, je la hais tant que mon souffle est une brûlure atroce dans mon thorax lorsque j’exige de voir le corps pour vérifier si c’est bien celui de ma… « votre si chère amie ? » complète-t-on à ma place. Comment ? « de ma proie allais-je dire. Cet être n’était pas une amie, c’était un vulgaire lapin caché dans son clapier et débusqué par le loup. » Mon sourcil s’inquiète et s’arque. Je m’approche de la porte de la salle réfrigérée lorsque l’on m’interrompt à nouveau un grincement de dents. « Pourtant elle a dit que… » Je me retourne, définitivement agacé. « Définitivement, vous ne tenez guère à votre poste. Et ce elle m’intrigue. Qui donc, qui vous a si mal renseigné sur mes relations avec cet être ? Vous m’intriguez tout comme elle. » Je me tourne vers mes hommes qui m’ont suivi : « Recueillez tout ce que vous avez sur la déposition, moi, je vais offrir mes adieux à cette… comment avez-vous dit ? si chère amie » Je la hais. Je la hais de me faire si mal, je la hais pour m’avoir damé le pion à être partie avant moi, sans aucune classe, sans aucune retenue. Je la hais tout simplement et ma haine est à l’égale de l’amour que je portais pour Azzura.

Le froid de l’air ambiant dresse sur mon épiderme une chair de poule mais il serait bien mal se mentir que de mettre aussi sur le dos de l’atmosphère le frisson qui parcourt ma colonne vertébrale. J’ai peur de soulever cette couverture qui la recouvre, j’ai peur de… mon regard se fige sur cette épaule. D’un mouvement de poignet, le suaire s’écroule et dévoile l’entièreté du massacre et de son corps dénudé. Ce n’est pas elle. Mon poing percute la table de soulagement et de colère. « Pestes soient les monstres et leurs tours de passe-passe. » Ma colère se mue en éclat de rire lorsque je prononce ces mots et me rends compte de deux choses : de l’ironie de la situation et de cette odeur particulière qui nargue mes papilles. Je ferme les yeux. « Petit lapin, petite proie, tu as cru par la mort pouvoir m’échapper, pouvoir me fuir, pouvoir me rejeter et te réfugier dans un monde qui s’acharne à rester hors de ma portée ? » Je susurre aux oreilles de la morte des mots chargés de colère et d’amertume. « Mais même terrée au fond de ton terrier, tu ne peux échapper au loup, petit animal terrifié. Car il ne peut rien oublier. Ni ton odeur, ni ta saveur, ni même la perfection de ton corps dévoilé à l’ombre d’une chair en sang comme nous en avons pris l’habitude. » Je me redresse lentement, me tournant vers l’obscurité, laissant l’animal me guider. « Me pensais tu si… naïf ? »



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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Mer 22 Juil - 17:58



"Us" never existed.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Non, tu ne seras pas morte. Tu pues la vie, ton cœur ne cesse de se débattre au fond de ta poitrine, de te crier de mettre un terme à cette folie. Veux-tu réellement mettre une fin à tout ceci, à tout ce que vous avez construit ? Oui, car tu as peur, ma sœur, et la peur pousse à la folie. Tu es effrayée par le mal qu'il te fait, que tu lui fais. Tu trembles en imaginant, dans tes plus étranges cauchemars, l'avenir que vous partagez, baigné de sang et de haine, de cris et de larmes. Tes larmes. Mais tu en as déjà trop versées. Tu n'en as plus à donner, à lui donner. En vérité, tu n'as plus la force de l'affronter, alors tu préfères t'enfoncer dans les mensonges, dans l'obscurité. Tu préfères l'insulter, lui cracher au visage qu'il ne doit plus te chercher, qu'il n'a plus qu'à te tuer. Tu préfères croire que vous saurez vous libérer de l'un, de l'autre, que vous finirez par ne plus vous trouver. Croire, pourtant, ne te suffit plus, tu veux être sûre, tu veux pouvoir respirer, soupirer, rire sans te retourner sur son sourire, vivre sans craindre son reflet, son ombre qui s'insinue dans ta misérable survie. Alors il t'a fallu trouver un moyen, une issue. Et ce corps est ta bouée de naufragée.

Allongée, immobile, le regard perdu l'on ne sait plus où, immonde et détruite. Tu fixes ce cadavre qui pourrait être le tien, qui aurait dû être le tien. Cette idiote qui a traversé le quartier sans se soucier de rien, qui a cru que le monde ne l'atteindrait pas, ou plus. Cette inconnue laissée dans la rue, qui porte maintenant ton nom, salement inscrit près de son crâne, comme si c'était la vérité, ta vérité. Elle est morte pour toi, au final, et tu sais déjà, par ton ridicule instinct animal, qu'elle ne te servira pas, pas longtemps en tout cas. Les autres… peut-être y croiront-ils. Qui connaît la pute asiatique, Lili le monstre ? Mais lui… pourquoi l'avoir appelé ? Tu aurais dû attendre, patienter le temps que le corps soit en train de brûler. Alors il n'aurait rien pu faire, rien pu découvrir. Il aurait gobé le mensonge comme il lui a été susurré. Il t'aurait enfin lâchée.
Non, tu n'y crois pas. Tu sais que le loup aurait fini par te trouver, par te tuer lui-même de ses crocs acérés. Ce que tu as fait là ne sert qu'à raviver la haine qui vous anime. Qu'il croit ou non au faux corps, au mensonge maladroit, il finira par te retrouver. Tu espères juste qu'il oubliera avant, qu'il t'éradiquera de ses souvenirs. Sûrement pourra-t-il se rappeler l'idiote qui a cru lui échapper, oui. Mais ton odeur s'effacera de son esprit, ton visage, ta voix. Et il ne pourra plus t'appeler, te toucher, te blesser. Il ne pourra plus rien pour toi et ta folie. Sans lui, ma Lili, tu pourriras de l'intérieur, tu mourras pour de bon, tu sais ? Il n'y aura plus aucun homme pour animer la femme. Le monstre prendra le corps qui lui est dû et jamais il ne le rendra.

Tu n'as même pas le temps de t'ennuyer que des voix résonnent dans les couloirs, tremblant à l'intérieur des murs pour mieux s'échapper de ce vulgaire endroit. C'est à peine si tu entends ce qui se dit, quelques portes plus loin, mais le peu que tu captes menace ta discrétion. Tu as envie de rire, pour mieux évacuer ton malaise. Tu aurais préféré qu'ils insistent, qu'ils le questionnent, qu'ils l'ennuient avec leurs questions, leurs insinuations. Tu aurais tant aimé qu'on lui dise que ce n'est pas ainsi que l'on traite ses amis. Mais tu as embêté le mauvais garçon, le chiot du gouvernement qui se traîne toujours avec ses petits chatons pour mieux oublier qu'il est lui-même commandé. Si ça avait été un autre homme, avec moins d'assurance, d'arrogance, d'influence, tout aurait été plus drôle, en effet. Mais si ça avait été un autre, danseuse, tu n'aurais pas fait tout ceci, tu n'en aurais pas senti le besoin. Tu n'aurais eu qu'à cesser de le croiser, le fuir dans les rues, ou simplement le tuer. La source de votre problème est ici : il s'agit de lui, le loup et de toi, le monstre.

Tu as à peine le temps de te serrer un peu plus contre ton siège, dans cette ombre si dense qui t'entoure, que déjà il entre et pose ses beaux yeux sur le cadavre, ton cadavre. Tu voudrais qu'il y croit, qu'il parte en pensant qu'il n'aura plus jamais affaire à toi, qu'il s'éloigne en ne s'intéressant plus à ton âme perdue. Ton cœur se serre alors quand il repousse le seul obstacle entre lui et la vérité, entre ses yeux et l'épaule immaculée. Tu pinces les lèvres dans l'obscurité, maudissant le loup et sa perspicacité. Ne pouvait-il pas simplement oublier, t'oublier et avec toi tout le mal qu'il t'a fait ? Non, rien n'est facile, ma chérie. Et, je te l'ai déjà dit, tu n'as pas encore fini de souffrir.
Tu voudrais le frapper, là, dans l'instant, crier à son visage la haine que tu lui portes, lui demander pourquoi il ne peut pas faire semblant. Tu restes pourtant immobile, les phalanges blanchies sur tes poings serrés, déglutissant aussi mal que si tu étais en train de pleurer. Tout aurait été plus simple s'il n'avait rien vu, s'il avait cru tes mensonges idiots, s'il avait laissé ce cadavre porter ton nom ridicule. Non. Tout aurait été plus simple s'il t'avait vraiment tuée. Alors tu te permets un rire sombre qui résonne sur chaque mur et inonde ses oreilles de ta folie, avant de se coincer dans ta gorge, comme le sien avant lui. Devait-il être aussi bête ?

Je ne savais pas que tu aimais les corps morts à ce point. Tu avises la nudité de l'idiote d'un œil critique, découvrant une nouvelle fois les blessures innombrables de son insouciance. Je suis soulagée qu'il ne s'agisse pas du mien. Cesse donc tes tours de passe-passe, comme il le dit si bien. M'échapper ? Je ne crois pas t'avoir vu me chercher, loup. Ce matin, j'ai bien cru que le lapin avait tué son chasseur. Tu te lèves de ta chaise, toujours dans l'ombre, les yeux fixés dans les siens, te demandant si l'animal aperçoit ton visage dans l'obscurité. Alors tu n'as pas oublié tout le mal que tu m'as fait.

L'accusation fuse, ranimant une vieille douleur à ton épaule, seule explication à la découverte si rapide de ta supercherie. La cicatrice qui pollue la douceur de ta peau et te rappelle chaque matin que vous vous êtes égarés sur un chemin vicié. Peut-être finirez-vous par vous tuer, qui sait. Pour l'heure, vous ne faites que vous blesser. Et, à ce petit jeu, il semble plus doué que tu ne le seras jamais.
Finalement, tu t'avances dans la lumière, te plantant devant lui, comme un défi, la provocation faisant briller tes yeux sombres.

Je te pensais plus… intelligent, Rafael. Ne pouvais-tu me laisser morte ? Tu le dépasses pour rejoindre ta morte de substitution, ramassant au passage le suaire tombé par terre. Dommage, elle était si parfaite. Un dernier regard et tu recouvres sa nudité avant d'appuyer ton dos contre le mur du fond, les bras croisés. Vraiment... tu as sale mine. Vas-tu pleurer la mort de ta si chère amie ? Regrettes-tu de ne pas avoir été là pour l'achever ? Tu as promis de la tuer mais il est trop tard, dans quelques heures, elle sera enterrée. Le sourire qui t'avait échappé revient étirer tes lèvres de monstre. Et je serai morte.

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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Ven 24 Juil - 22:52



"Us" never existed.

(pv) Li Mei


~

Pestes soient les monstres et leurs tours de passe-passe, oui, mais pestes soient les monstres qui se prennent pour des hommes, aussi. Le suaire dégringole sa chair comme un voile de soie tombant dans un soupir, mes yeux clairs parcourent sans sourciller le corps de la malheureuse étendue là. Ce n’est pas elle. Mon poing percute le support métallique, un rire grave résonne le long des morts et je m’entends susurrer à un corps, comme à l’oreille de cette odeur qui m’enivre et obnubile mes sens, une moquerie, une attaque, à destination non pas de cette chair putride mais de celle qui pensait se camoufler dans les ombres. Que croyais-tu, Lily, en mettant en place ce simulacre de pièce de théâtre ? Pensais-tu vraiment, Lily, je me le laisserai prendre au piège, que je me ferai avoir par un simple corps qui ne te ressemble en rien ? Ma colère transperce ma voix, mon inquiétude aussi. J’y ai cru, bien sûr, le temps que mes pas empressés me guident jusqu’ici pour vérifier moi-même les propos ânonnés dans mon téléphone. Mes pupilles s’élargissent, fouillant l’obscurité, alors que je me relève, que je me redresse, le dos droit, l’air altier. Méprisant. Le méprise, le dédain, l’arrogance, ce sont autant de sentiments que d’enveloppe qui me calfeutrent dans ma tour. Je suis e colère, Lily, je suis en colère parce que je te déteste et que je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir craint que tout ceci fut vrai. Me pensais-tu si naïf, Lily, pour croire à ce petit tour visant à t’enfuir ? Je ne savais pas que tu aimais les corps morts à ce point. Je suis soulagée qu'il ne s'agisse pas du mien. M'échapper ? Je ne crois pas t'avoir vu me chercher, loup. Ce matin, j'ai bien cru que le lapin avait tué son chasseur. Sans la voir, me fiant à mes sens, à mon instinct et à sa voix moqueuse, je la fixe. Un raclement, elle se lève. Mes lèvres se retroussent légèrement, mâchoires crispées, à ses quelques mots. Je ne crois pas t’avoir vu me chercher. Parce que je ne l’ai pas fait, Lily. J’ai chargé quelques uns de mes hommes de le faire voilà tout. Ne te crois pas si importante, je n’ai guère le temps de te consacrer quelques minutes pour t’observer t’avilir dans la crasse et te perdre dans ta monstruosité et sa solitude étouffante. Si tu n’as pas de temps à perdre, Rafaele, que fais tu donc ici à parler à une ombre et à embrasser une morte que tu ne connais ni d’Eve, ni d’Adam ? Un frisson dégringole ma colonne vertébrale. Alors tu n'as pas oublié tout le mal que tu m'as fait. Sa dernière remarque me fait arquer un sourcil. Une petite moue, peu convaincue. « Pourquoi l’aurais-je oublié ? C’était un plaisir sans limite que de te l’infliger, n’en doute pas. » Ma voix, douce, tranche avec l’impassibilité qu’elle transporte. Ce n’est pas tout à fait vrai, ce n’est pas tout à fait faux non plus. S’il n’y a eu aucun plaisir, j’en conviens, à exploser sa chair et dévoiler ses larmes, je ne regrette strictement rien de cette cicatrice qui m’a livré ton âme, ma chère amie. Parce que tes larmes sont le reflet de ton humanité et je les préserve avec prévenance et douceur pour conserver en te voyant un peu de cet attachement qui commençait à naître entre nous. Je te déteste, Lily, mais je ne peux oublier que tu es femme, que tu es forte, que tu es faible malgré les apparences. Et que lorsque tu es toi dans ton entièreté, femme, monstre, diable et merveille pleinement assumée, alors tu es sans nul doute la plus belle créature qu’il me soit donné d’observer. Je prends la peine de respirer, lentement, pour éclaircir mes pensées qui m’emmènent sur un terrain dangereux, autant pour moi que pour elle.

Me pensais-tu si naïf, Lily ? Pour toute réponse, elle s’avance dans la lumière blafarde et tremblotante de ces quelques lumières blanches qui nous dispensent leur éclat. Nous n’avons guère besoin de plus de lumière, de toute manière, notre attitude clamant ce que nos regards cachent, sa posture me provoquant ne serait-ce que par sa présence devant moi. Je ne sourcille pas. « Et bien, petit lapin. » Mes lèvres se détournent dans un demi-sourire qui contemplent ses yeux sombres. Je te pensais plus… intelligent, Rafael. Mes sourcils se froncent. Mon sourire vacille. Mes lèvres articulent posément un « Navré de t’avoir déçue, dans ce cas. » qui n’a de valeur qu’inarticulé. Elle me dépasse, je la suis du regard un temps avant de tourner sur moi-même et de croiser les bras pour mieux l’observer en silence. Elle ramasse le voile, le rejette sur la morte. Dommage, elle était si parfaite. J’arque, encore une fois un sourcil désapprobateur. Parfaite, ce n’est pas le terme que j’aurais choisi pour la désigner. Mais soit. La voilà qui s’enfuit à nouveau vers le mur du fond, croisant ses bras en miroir des miens. Je fais un pas, deux, trois en arrière, m’adossant à mon tour au mur opposé, le corps inanimé dressant entre nous une barrière immatérielle, un Styx que Charon observe de ses yeux noirs. Mais j’ignore qui de nous deux l’a franchi et qui de nous de se languit sur la mauvaise rive. Vraiment... tu as sale mine. Vas-tu pleurer la mort de ta si chère amie ? Regrettes-tu de ne pas avoir été là pour l'achever ? Tu as promis de la tuer mais il est trop tard, dans quelques heures, elle sera enterrée. Et je serai morte. Mes yeux clairs se posent sur le macchabée. Reviennent sur elle. Une moue, un flottement sur mes épaules qui se haussent le temps d’un soupir. Mon sourire répond au sien : je n’ai guère envie de lui concéder quoique ce soit. « Tu es ravissante, cette robe mortuaire te va à merveille ; quel dommage que le corps qu’elle cache ne soit pas à la hauteur de mes espérances. » Li Mei, Lily, j’ignore moi-même de qui je suis en train de parler. « Je n’ai pleuré que deux morts, Lily, je crois malheureusement avoir atteint mon maximum. Ma si chère amie n’aura qu’un rire et des soupirs pour son enterrement, j’espère qu’elle ne sera pas trop déçue. » Je lui lance un regard entendu. Décollant mon dos de son support, je fais disparaître la distance qui me sépare du corps. Mes doigts, sans rejeter le suaire cette fois, retracent les veines de son bras jusqu’à son épaule. Je relève la tête pour fixer mes pupilles dans les siennes. « Tu es déjà morte, Lily, l’as-tu donc oublié ? Tu es morte et le Tartare t’a recrachée de dégoût parce que même lui ne voulait pas de toi. Ce que je regrette, Lily… » Mes doigts se déplacent sur le corps, suivant le mien qui contourne la table et pose un pied conquérant de l’autre côté. « J’ai certes promis un meurtre, mais vois-tu… tu n’as pas tout retenu il me semble. Avant de tuer ma si chère, ma si tendre amie, je compte la détruire. Et même si je regrette de ne pas avoir porté le coup fatal sur celle là… ma promesse tient toujours. Je vais la disloquer. Disloquer son âme, piétiner ses espoirs ou du moins ce qui en reste et même s’il ne lui reste rien, je trouverai quelque chose à détruire. Et lorsqu’il ne restera vraiment rien qui vaille la peine que je m’attarde, alors là, oui, je la tuerai. Une deuxième fois, de toute évidence, mais que veux-tu. Je tiens toujours mes promesses. » Je fais un pas supplémentaire. Mon visage est impassible, mes yeux assassins, il n’y a que la commissure de mes lèvres qui me trahit dans son petit sourire. Je pense chaque mot que j’ai prononcé. Elle ne veut pas de moi, elle profite de ma vulnérabilité pour me rejeter alors même que tout dans son comportement me laissait croire qu’elle… et bien soit. Elle n’a pas voulu de Rafael elle aura droit à Rafaele, le bourreau italien. Si c’est le seul moyen que j’ai de continuer à la voir, de continuer à danser, de continuer à survivre à son contact. Je jette un coup d’œil au cadavre. « Maintenant, dis-moi, Lily. Est-ce ton œuvre ou simplement ton incroyable opportunisme qui se trouve dans mon dos ? »



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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Dim 26 Juil - 12:23



"Us" never existed.

(pv) Rafael A. Morienval


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Le moindre de ses mots écorche le monstre et l'humaine, criant à l'une de le tuer sur-le-champ, à l'autre de se réveiller et de mettre fin à son propre massacre. S'amuse-t-il de tes larmes, comme tu l'en as déjà accusé ? Tu ne sais plus, tu n'es jamais sûre de rien lorsque ses yeux se posent sur toi et glacent chaque partie de ton corps où ils osent glisser. Petit à petit, tu te découvres des peurs à chaque coin de rue, et tu apprends à les comprendre, dans ton idiotie infinie. Tu as fini par savoir que la douleur était une maigre peine face à ta peur, non pas de mourir – ce qui serait une solution à nombre de tes problèmes – mais d'une vie après la mort. Néanmoins, dans toutes ces révélations inutiles qui parsèment ta misérable existence, il reste un constant effroi au fond de ton cœur que tu n'arrives pas à déchiffrer. Il est là, oppressant, enserrant ta poitrine de son étau, étouffant ton corps dans ses nuits viciées. Mais, surtout, il mélange tes pensées, coince ton souffle en travers de ta gorge et brille au fond de tes yeux sombres quand le loup se tient devant toi, à te mépriser, t'écraser, à faire de toi la plus minable des femmes de ce monde, à te détruire en quelques mots trop justes. Et c'est cette peur qui te pousse au faux monstre, aux mensonges, qui te murmure de le provoquer, de le détruire avant qu'il ne le fasse, qui t'a conseillé la mort à laquelle il n'a pas cru. L'idiotie se paie au prix fort, ma jolie, et toujours la vérité prend sa revanche sur les hommes. Ta peur ne te sauvera pas, Lili. Elle te pousse dans un abîme sans fond.

Un abîme duquel tu ne peux plus te sauver, danseuse, car ses mots sont plus d'épines que tu n'as jamais eu besoin d'en supporter. Tu crains de tomber à peine l'accusation a franchi tes lèvres et trouvé une réponse détestable entre les siennes. Mais tu te reprends et continues ton vieux manège, ignorant chaque réponse pour mieux te concentrer sur tes propres provocations. Devra-t-il gagner, cette fois encore ? Tu ne fais pas le poids, tu ne l'as jamais fait, en vérité. Entière, le monstre accepté et dominé, tu aurais pu le détruire, le tuer sans même avoir à subir toutes ces fois où il t'a piétinée. Il n'aurait pas survécu à la forêt de votre premier combat, celui que tu as fui avant de perdre, comme le plus lâche des lâches, ma chère. Peut-être même, que dis-je, certainement que ton corps n'aurait pas subi, alors, tous les dommages qui sont venus après. Dire que tu aurais été la plus grande de tous les monstres, ma sœur, c'est me laisser aveugler par mon opinion. Mais je resterai persuadé que tu aurais mieux fait de faire la paix avec ton sang noir avant que celui-ci n'écrase la femme dans un combat que tu as perdu d'avance, comme tous tes autres combats, au final.

Tes lèvres se pincent et tes bras se resserrent plus fort sur ta poitrine, comme pour empêcher ton corps de trembler, ton cœur d'avoir peur. Tes efforts sont vains, ma jolie. Ce n'est pas physiquement que l'on détruit ce qui est psychologique. Il le sait mieux que toi, le loup fier et arrogant, car il ne cesse de briser ton esprit et de déchirer ton corps. L'un peut vivre sans l'autre, difficilement certes, mais il le peut. Lui, il ne veut pas que tu vives tranquillement, que tu survives. Il ne te lâchera pas tant que ton cerveau sera capable de contrôler ton corps, tant que ton corps pourra le fuir. Il te veut à sa merci, ma jolie, et il sait qu'il finira par gagner, car tu es faible et inutile, ta rébellion est futile. Il t'aura et alors il te jettera, comme un vieux jouet qui n'amuse plus personne.

Tandis que tes mains se crispent sur tes bras, tu relèves le menton et le défies – comme si tu en étais capable. Il peut dire ce qu'il veut, faire son malin, tu sais que s'il devait être déçu, si ton corps devait écrabouiller tout ce qu'il a pu espérer, ce n'est pas aujourd'hui que son cœur a dû souffrir d'une telle trahison, n'est-ce pas ? C'est donc un léger sourire aux lèvres que tu accueilles ses prochains mots. Tu t'es donnée si peu de mal pour le garder en vie qu'il te paraît presque normal qu'il se mette à rire. Cette mort, vous l'avez tous deux cherchée. Simplement, cette mort, vous ne pouvez vous la donner. Tu n'espérais rien d'autre que sa joie de te voir mourir, une bonne fois pour toutes. Et c'est là qu'est le problème, la source de ce long et désagréable frisson. Car ce n'est pas le rire que tu retiens, ce ne sont pas non plus les provocations, les mots idiots qui sortent de vos lèvres. C'est la vérité qui a traversé son esprit et qu'il n'a pas laissé filer, ta mort qu'il n'a pas voulu accepter, qui vous aurait libérés. C'est le poing qui a frappé la table, chargé de… de quoi d'ailleurs ?

Ses prochains mots obtiennent toute ton attention et le monstre, ce faux masque que tu aimes porter devant le loup, se fissure un peu plus à chaque phrase. C'est par miracle que tu gardes un visage impassible, le regard perdu dans l'obscurité pour ne pas avoir à lui faire face. Si la peur ne t'a jamais quittée, elle revient au pas de charge, secouant ton corps de petits tremblements tout à fait inopportuns. Là, encore une fois, tu aimerais fuir très loin et tu maudis ton plan foireux dès le départ, essayant de cacher tant bien que mal à quel point il contrôle ton esprit de dépravée. Il s'en amusera, s'il le sait, tu n'en doutes pas. Et il te détruira, comme il te le promet une nouvelle fois.

C'est mieux comme ça.

C'est à peine un murmure qui échappe à tes lèvres et serre ta mâchoire tandis que tu espères de tout ton cœur qu'il n'entende rien. Il ne comprendrait pas, de toute façon. Mais, dis-moi, ma sœur, essaies-tu de t'en convaincre ? Tu as conscience que tu n'y arriveras jamais, n'est-ce pas ? Et tu sais que ça ne changera jamais, n'est-ce pas ? As-tu planifié ta fausse mort pour qu'il te laisse tranquille ou pour que le monde t'oublie et qu'il ne reste plus que lui pour croire à ta survie ? As-tu essayé de lui faire comprendre que tu veux te cacher, que tu ne survivras pas à la folie qui te guette, aux mains sadiques qui te cherchent ? Ce serait parfaitement idiot de ta part et complètement insensé, tu ne crois pas ? Ses doigts sont aussi avides de tes souffrances que les autres, Lili, parce qu'il est des leurs, ne l'oublie pas. Il s'amuse aujourd'hui avec toi mais, demain, qui sait ce qu'il te fera ? Il finira bien par se lasser de ce petit jeu et, alors, il te jettera dans le feu, ma jolie, et s'il ne participe pas à ta dissection vivante, il se régalera du spectacle, n'en doute pas.

Elle s'écrase au sol dans un bruit assourdissant que toi seule entend, cette larme qui attend ses suivantes. Et tu sursautes dans ton coin, passant une main sur un faux sourire pour lui cacher la faiblesse qui s'amuse à briser ton masque de glace. Tu sais… tu sais tout ça et tu le laisses faire ! Tu le laisses te contrôler, tu le laisses te blesser et tu n'attends qu'une chose : qu'il te détruise et te tue pour de bon. Es-tu masochiste, Lili ? Non, tu es folle, et tu exècres cette folie autant que le monstre qui la dirige. Tu as peur de tes mains, de la mort que tu donnes et qui vient lentement, si lentement, jusqu'à tes bras. Tu as peur de toi, de ce que tu deviens, comme le loup qui est venu se plaindre jusque chez toi. Et tu as peur de lui, oui, parce qu'il te prouve à quel point tu es méprisable, détestable, coupable. Il te ramène en plein visage le monstre que tu es, la femme que tu étais. Il réveille en toi un combat que tu ne veux plus avoir, que tu ne veux ni perdre ni gagner. Il ne t'aide pas, non, il ne t'a jamais aidée. Il ne fait que t'enfoncer un peu plus dans le vice, à chaque instant. Il alimente ta folie. Comment ? En réveillant la femme qui se cache, en lui chuchotant de se battre pour le corps qui est le sien. Mais comment pourrait-elle gagner contre un sang qui n'est plus le sien ? Alors, oui, il participe à ta lente dépravation. Sa présence scinde ton esprit plus qu'il ne l'est déjà. Il n'est pas ta bouée de naufragée, il est le vautour qui rôde en plein désert, hurlant à l'imprudent qu'il est inutile de luter, la mort viendra et le dîner sera prêt.

Est-ce que ça a une quelconque importance ? Tu ne lui fais pas face, non, le dos tourné, tu enrages et tu laisses exploser ta colère contre le mur qui tremble sous ton poing. Ca n'en a pas ! Ca ne change rien. Ce n'est pas moi… Ca devrait être moi… Ta voix se brise sur tes mots et tu te retournes, les yeux brillants de rage contre… lui ? Non, contre toi-même. Opportunisme ? Non, Rafael, c'est mon incroyable folie qui nous a mené là, cette putain de folie que tu nourris de ta détestable présence. De quelques pas, tu avales la distance entre vous, posant un doigt accusateur sur sa poitrine. Toi, pourquoi t'as pas simplement fait comme si c'était vrai, comme si j'étais morte et bientôt enterrée ? Ok, elle me ressemble pas, mais y'a que toi qui sais ça… Déjà tes dernières défenses s'effondrent et une larme tombe de nouveau sur ta joue. que toi pour me pousser à faire ça. Tout sera mieux si je n'existe plus… pour toi, et toi pour moi. Alors pourquoi, Rafael, pourquoi ?! Tes poings se serrent et viennent frapper son torse aussi faiblement que ta tête qui s'affaissent, la pluie roulant librement sur ton visage. Dis-le-moi.

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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Mar 28 Juil - 15:56



"Us" never existed.

(pv) Li Mei


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En réalité, ce n’est pas elle que je promets de détruire. C’est moi. Parce qu’en la détruisant, parce qu’en m’attachant à la poursuivre et en la liant définitivement à ma vie par cette traque que je lui jure, c’est ma vie que je vais détruire, c’est mon âme que je vais réduire en morceaux, ce sont mes principes et le peu de moralité qu’il me reste que je vais piétiner sans le moindre scrupule. En suis-je conscient, le veux-je réellement ? Bien sûr. Il n’y a aucun raisonnement logique qui puisse expliquer la haine que je lui porte, les je te déteste que je lui assène par mon regard et mes yeux assassins. Il n’y a aucune lucidité dans mes propos et dans mes actes, je m’en rends bien compte et c’est certainement cela le plus inquiétant. Pourquoi donc me sens-je obligé de réagir de cette manière à son rejet, à ses subterfuges visant à se faire oublier, à me faire la perdre de vue ? C’est une excellente question dont je crains la réponse. Je ne supporte pas l’idée qu’elle meure, voilà tout. Je ne supporte pas l’idée qu’elle m’abandonne de quelque manière que ce soit. Elle n’en a tout simplement pas le droit parce qu’au fil des mois, sans que je ne sache comment, cette danse que nous esquissons de nos pieds légers est devenu le point central de ma vie. Lorsque nous dansons l’univers recommence à tourner autour de ce centre de gravité, de ce soleil létal, de ces rictus et de ces provocations qui rythment nos échanges. Je te déteste Lily parce que contre ma volonté et certainement contre la tienne tu as pris bien trop d’importance et que je ne supporterais pas de te perdre toi aussi. J’ai perdu Azzura, j’ai perdu Orfeo, j’ai perdu Zaira, j’ai perdu bien des gens. Et je te le dis : mes larmes n’ont coulé que pour deux morts, j’ignore s’il m’en reste encore assez pour pleurer la tienne. Tu es déjà morte, Lily, tu es déjà morte et moi aussi. Nous errons, nous survivons, nous agissons plus que nous vivons. Et je vais te détruire, pour me détruire déjà, mais aussi pour me donner le sentiment d’être une part intégrante de ta vie même si tu ne veux pas de moi. Tu refuses de m’accorder ton aide et ton amitié ? Tu auras ma haine et ma violence. Et celles là, tu n’es pas en droit de les refuser parce que tu ne peux leur fuir. Ce que je t’ai offert et que tu as refusé, tu le recevras de gré ou de force à présent. Tu ne connaissais certes pas ma susceptibilité, tu en paies les conséquences de ton inconscience, petit montre, petit lapin terré au fond de ton clapier, petite créature frissonnant qui relève le menton, me défie alors que j’égrène mes menaces d’une voix pâle, d’une colère froide, d’une haine assassine qui n’est en définitive que le reflet de ma douleur et de mon désespoir. Je vais disloquer ton âme pour que tu deviennes comme moi, monstrueux, monstrueusement seul, monstrueusement malade, monstrueusement instable. Je tiens toujours mes promesses et je me suis promis d’une manière ou d’une autre de cesser d’être celui que j’étais pour goûter aux délices de l’oubli et de la désinvolture. C'est mieux comme ça. Son murmure me brûle comme de l’acide dispersé sur ma peau. Si faible qu’il s’immisce dans ma carcasse pour devenir ouragan, si fragile que le loup jure n’avoir rien entendu. Bats-toi, Lily, bon sang bats-toi, défends-toi, montre moi que je ne suis pas voué à devenir comme toi, que je peux faire brûler de la rage dans tes yeux aussi bien que toi dans les miens.

Une larme. Toujours aussi surprenante, toujours aussi déroutante. Ne suis-je bon, finalement, qu’à te faire pleurer, Lily ? Je me souviens de sourires, de ricanements, dans tes yeux les premières fois. Je me noie de ces larmes qui coulent sans interruption sur tes joues depuis quelques mois. Je veux te faire vivre, je ne parviens de toute évidence qu’à te rendre ton humanité et à te planter des couteaux dans le corps dans ma colère et ma haine que je ne maîtrise pas, que je ne contrôle pas, que je ne contrôle plus, pas plus que ma vie après tout. Ma voix râpe, le r racle contre ma gorge. « Arrête. » Arrête de pleurer, arrête d’être humaine alors que je ne parviens plus à l’être, arrête de me renvoyer en pleine face ta beauté et ma laideur. Cesse, cesse tout de suite Lily, cesse cette attaque basse et puissance qui veut me mettre à terre et qui y parviendra si tu n’interromps pas de suite cette cascade qui brise et réduit en poussière ton visage de glace. Ma langue claque sur mon palais, désapprobatrice. « Cesse donc, de suite. » Elle se détourne, je fais un pas en avant, jette un coup d’œil au cadavre, siffle une nouvelle question pour la faire parler. Le mur tremble sous son poing. Est-ce que ça a une quelconque importance ? Ca n'en a pas ! Ca ne change rien. Ce n'est pas moi… Ca devrait être moi… Je déglutis péniblement lorsque sa voix se brise pour mieux serrer les poings. Non, non, ça ne devrait pas être elle, ça ne pourrait pas être elle. Parce que je l’interdis, je te l’interdis Lily, m’entends-tu hurler cela ? Bien sûr que non : mes lèvres restent pincées, ma mâchoire crispée, et moi je reste coi. Elle se retourne, je ne peux empêcher le loup de faire un pas en arrière devant son regard. Opportunisme ? Non, Rafael, c'est mon incroyable folie qui nous a menés là, cette putain de folie que tu nourris de ta détestable présence. Son doigt accusateur percute ma poitrine, me brûle et me tétanise. Ce contact, comme tous les autres contacts, me met incroyablement mal à l’aise et fendille mon armure. Ne me touche pas, Lily, pas alors que tu me parles, pas alors que tu m’attaques, pas alors que je ne sais plus où j’en suis et encore moins où tu en es. Toi, pourquoi t'as pas simplement fait comme si c'était vrai, comme si j'étais morte et bientôt enterrée ? Ok, elle me ressemble pas, mais y'a que toi qui sais ça… que toi pour me pousser à faire ça. Tout sera mieux si je n'existe plus… Alors pourquoi, Rafael, pourquoi ?! J’ouvre la bouche, j’inspire et les mots s’étranglent sans qu’un seul son ne puisse se frayer un chemin. Ses poings martèlent mon torse, mes doigts pâles les emprisonnent et les retiennent. « Lily… » J’ai le choix. Le choix entre me réfugier derrière mes barrières, laisser le monstre et le loup s’exprimer, laisser le Seigneur ricaner et mépriser, ou… Je libère ses poignets. Mon index caresse sa joue dans une douceur qui contraste tant avec mes mots et sa colère qu’elle semble déplacée. Je cueille ses larmes alors que les battements de mon cœur menacent de faire exploser mes tympans. Dis-le-moi. Je m’immobilise dans mon mouvement. Dis le moi. Que suis-je supposé lui dire ? « Je… » Mes yeux s’affolent, se troublent. Je prends mon inspiration, ma respiration se bloque et mes mains tremblent sans que je ne puisse rien faire. Je suis ridicule. Si je laisse ces mots franchir ma gorge, je serai ridicule. Mes deux mains emprisonnent brusquement son visage, glissent dans sa nuque, je l’embrasse pour lui formuler l’informulable. « Parce qu’il n’y a que toi pour me pousser à faire ça, il n’y a que toi qui as de l’intérêt, parce que t’imaginer morte me pousse à la folie et que je ne peux supporter l’idée que quelqu’un d’autre que moi te touche ou te blesse. » Je ne sais pas ce qu’il m’a pris : les mots se sont formulés d’eux même, perdus dans la nuque de Lily dès que mes lèvres se sont séparées des siennes. Sincères, plus que jamais. Déroutants, comme ses larmes. Vrais, comme ma peur et mes angoisses. Je tente de me justifier, maladroitement. « Je ne peux pas, je ne peux simplement pas jouer à ce jeu. Elle ne te ressemble pas, personne ne te ressemble. Même avec toute la mauvaise foi du monde, je n’aurais pas pu me convaincre que c’était toi. Que c’est toi. Si tu n’existes plus… tu ne peux pas ne plus exister, comprends-tu ça ? »

Je ferme les yeux. J’ai du mal à respirer. Ce frisson, qui parcourt mes muscles, frémit au coin de mes lèvres, s’entortille dans ma poitrine, je ne sais comment le décrire. « Je ne veux pas te tuer. Je ne veux pas te détruire. Je veux juste que tu me fasses vivre et que je te fasse rire. Ce n’est pas ma présence ni même la tienne qui est détestable. C’est cette folie, cette folie qui nous guette, cette folie qui se jette sur nous lorsque nous oublions que nous ne sommes pas que des monstres. Et toi, toi es si humaine que tu me fais avoir honte d’être aussi putréfié de l’intérieur, d’être aussi vide, d’être aussi mort. » Je la regarde dans les yeux. « Je ne veux pas te tuer, je ne veux pas te détruire. Je veux juste que tu m’empêches de le faire, je veux seulement que personne d’autre ne te tue, que personne d’autre ne te détruise. »



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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Mar 28 Juil - 20:10



"Us" never existed.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Pourquoi… demandes-tu ? Voyons, ma jolie Lili, ma petite fleur rien qu'à moi. Es-tu idiote à ce point ? Pourquoi ? Tu oses le demander ? Bien… Assieds-toi près de moi, ma chérie, je vais t'expliquer la vie, ta vie. Ne t'occupe pas de lui et de ses murmures empoisonnés. Laisse-moi t'enseigner la vérité. A la question « pourquoi » que tu t'entêtes à poser, il pourrait tout aussi bien répondre « parce que ». Pourquoi ? N'as-tu pas fini ? Parce que c'est ainsi que tout se joue entre vous, parce que vous avez toujours été bons pour la destruction. Tu as voulu fuir, faire semblant de quitter ce monde. Tu as voulu être lâche, encore une fois. Aurait-il dû te laisser faire ? Oui. Non. L'aurais-tu laissé faire, ma sœur ? Si ça avait été lui, un homme comme lui, allongé sous ce linceul, prêt à plonger ta survie dans un enfer sans fin, dans le sang noir qui bout à l'intérieur de tes veines. Tu comprends que tu n'aurais pas pu le laisser faire, parce qu'il ne peut pas être le seul à échapper à la folie. Tu comprends, également, que tu aurais tout fait pour le faire souffrir, pour lui faire regretter d'avoir voulu t'abandonner. Alors ce « pourquoi » est déplacé. Il ne mérite qu'un « parce que c'est à moi de te tuer » et une belle balle pour transpercer ton corps. Aucune autre réponse ne saurait être plus vraie, tu le sais, n'est-ce p-…

Tes plaintes se figent dans ses mains qui enserrent les tiennes, sous son souffle qui t'appelle. Le tien se coince en travers de ta gorge, la tête baissée pour ne pas avoir à affronter son regard, comme si ça pouvait l'empêcher de se délecter de chacune de tes larmes, d'y puiser la force qui t'écrase et te rappelle sans cesse à quel point tu es minable. Et tu sers la mâchoire si fort que la douleur fuse à ton cerveau en même temps que le doigt qu'il glisse sur ta joue, avec une douceur que tu doutes de lui avoir un jour connue. Tu es tentée de relever les yeux pour comprendre à quel point il s'amuse de ta faiblesse, pour comprendre à quel point tu es perdue. Mais ton cœur se pince, crache son poison noir à l'intérieur de tes veines avec plus de ferveur. Tu n'en peux plus, tu dois savoir. Dis-le-moi. Tes propres mots t'étonnent, rapprochent tes lèvres et stoppent tes larmes aux bords de tes paupières. Tu veux qu'il le dise, qu'il te dise qu'il est le seul et unique à pouvoir te tuer, qu'il va le faire puisque tu ne réclames que ça, que ta folie ne l'intéresse plus. Alors le « je » qui lui échappe serre tes mains sur leurs tremblements. Parce que ! C'est comme ça que ça commence, comme ça que « vous » se termine.

Ses mains se plaquent sur tes joues et tu sursautes, levant tes iris sombres jusqu'aux siens si clairs, si brillants, qu'ils disparaissent à ta vue. Tu aurais aimé rester immobile, impassible à son petit jeu, aux souffrances qu'il veut t'infliger avant de te tuer, mais c'est presque malgré toi que tes mains s'agrippent à sa chemise, comme pour en réclamer plus, persuadées d'avoir mérité davantage que ce ridicule baiser. Es-tu idiote, malade ou complètement folle ? Déjà les mots t'assaillent, s'insinuent à l'intérieur de ton cerveau et ébranlent les mensonges que tu as créés. Il ne va pas te tuer. Ne te souviens-tu pas de l'ordre des choses que tu as murmuré ? Ne lui as-tu pas demandé de t'aimer ? Alors tes yeux s'écarquillent, tes mains se resserrent un peu plus sur son vêtement si propre qu'il te détestera de l'avoir froissé. N'est-ce pas le moment, ma sœur, de lui révéler combien d'autres t'ont touchée, blessée ? Combien aiment à tourner autour de ta vulnérabilité ? Ne devrais-tu pas le supplier de t'aider, te protéger des monstres que tu attires et qui dansent dans ton ombre ? Tu ne peux t'y résoudre et d'autres larmes viennent alors s'écrouler dans le sillage de leurs ancêtres.

Tu ne sais plus faire face à ses phrases, incapable de trouver des réponses, que ce soit l'humaine ou le monstre, ton esprit se montre soudain bien silencieux et concentré, décidé à ne rien oublier des mots étranges qui se glissent entre vous. Est-ce l'endroit qui vous pousse à la vérité ? Est-ce la morte qui va finir par se lever pour vous demander de dégager ? Si tu n'existes plus… tu ne peux pas. Mais si, Rafael, cette enveloppe finira par crever, j'y tiens. Je m'étonne simplement que tu puisses encore sentir ce genre de choses, danseuse, maintenant que tu n'as plus personne à protéger, maintenant que tu n'en as plus la possibilité, ou plutôt, la capacité. De quoi je parle ? Voyons, idiote. De ces tremblements, ce fin sifflement dans ta gorge, cette incroyable douleur qui broie ta poitrine, ces nouvelles lumières dans l'obscurité de ton regard. De ces putains de larmes qui ne savent plus si elles doivent tomber ou glisser, crier ou chuchoter. Est-ce que tu comprends à quel point il t'a détruite, que ces gouttes de pluie sont des morceaux de ta misérable survie, qu'il n'a jamais cessé de te piétiner ? Non, tu ne comprends pas.

Et ses mots t'enfoncent dans ton incompréhension, accélèrent la souffrance de ton cœur et coupent ton corps de son oxygène. Je ne veux pas te tuer. Oui, ça, ma chérie, ça a déjà été dit. Tu l'as dit, il l'a dit. Et aujourd'hui encore tu ne doutes pas de sa sincérité, de ta propre vérité. Tu te demandes seulement combien de temps ça prendra, cette fois, avant que ce monde-ci bascule pour l'ancien, avant que vous ne repreniez les coups et les menaces, les promesses d'une mort que vous ne vous donnerez jamais. Oui, il te fera rire, comme il a toujours su amuser le monstre au fond de ton cœur. Oui, la folie est ici, détestable. Elle rôde sur tes épaules, s'inquiète de ne plus être dans ton regard et hurle de bon cœur que tu ne lui échapperas jamais. Elle sera toujours là, à épier tes mouvements, sonder tes pensées, et t'obliger à l'aimer, petit à petit, à y prendre goût comme chacun des tiens. Elle t'a épousée, adoptée, elle ne te quittera plus jamais, ma Lili. La seule chose que vous puissiez faire c'est vous accorder un répit, de quelques minutes, quelques heures. Après quoi elle reviendra. Elle ne te lâchera pas tant que le monstre n'aura pas éradiqué la fausse humaine.

Personne ne me tuera si tu ne le fais pas. Parce que personne ne veut le faire ? Mais la folie… Tu frissonnes et te serres impulsivement contre lui, tes bras glissant dans son dos, l'oreille attentive aux battements de son propre cœur. Tu n'entends pas ? Les tambours de guerre. Tu n'es pas mort, Rafael. Tu t'écartes juste assez de lui pour poser tes mains sur ses joues et l'obliger à regarder tes yeux trop sérieux. Tu dois me le promettre. Que tu me tueras quand la folie me prendra. Parce qu'elle le fera, n'en doute pas. Et nous ne pouvons rien faire pour l'en empêcher.

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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Sam 1 Aoû - 11:52



"Us" never existed.

(pv) Li Mei


~

Je perds le contrôle. Et pour un homme comme moi, c’est l’une des pires choses qui puissent se produire. Je perds le contrôle, tant de mes actes que des siens, tant de mes mots que de ceux qu’elle expire. J’ignore ce qui me prend mais me voilà à nouveau vulnérable devant elle, délaissant mes sept siècles d’agonie pour redevenir l’adulte de trente ans qui lutte pour rester un homme malgré tout. Que suis-je donc devenu, pendant tout ce temps ? Un lâche, un couard, un lapin terrifié que le monstre vient cueillir à la tombée de la nuit ? Qu’est devenu l’homme prêt à s’enfuir et à tout abandonner pour vivre avec sa femme et son enfant, qu’est devenu le Seigneur croyant en une justice et des principes moraux ? Il est mort. Il est mort en tenant ce petit corps frêle et marmoréen dans ses bras ensanglantés, il est mort devant un bûcher aveuglant qui lui brûlait la rétine de ces flammes glacées, il est mort lorsque des lames ont ouvert ses poignets pour appeler à l’aide la Faucheuse, il est mort, encore, lorsqu’on a déchiré son âme en deux et poignardé sa femme. Qu’est devenu celui qui luttait à contre courant, encore et encore, tentant de garder rassemblé dans ses doigts ce qui faisait de lui un homme ? Il s’est délité, il s’est effrité, il a perdu confiance, il a perdu espoir, il a perdu la foi qui le faisait survivre.

Et si je tremble devant son pourquoi, c’est parce que, spectateur, je l’observe rassembler les morceaux de celui que j’étais et tenter de le reconstruire, maladroit empilement, si fragile assemblage, si futile effort. Et c’est aussi parce que j’ignore ce que je peux lui répondre sans être parfaitement ridicule. Mes lèvres choisissent d’elle-même de formuler l’informulable, mes doigts glissent dans sa nuque pour l’emprisonner. Je sens contre mon torse ses doigts qui choisissent ma chemise en otage, je frissonne en la sentant se froisser contre ma chair, comme pour échanger davantage que ce baiser contre sa libération. Je suis prêt, il me faut l’avouer, à la laisser gérer la négociation et à tout lui céder. Une fraction de seconde. Mes lèvres relâchent leur proie, articulent une confidence. Pourquoi ? m’a-t-elle demandé. Parce que lui réponds-je dans un soupir. Parce qu’il n’y qu’elle capable de me conduire à une telle folie, parce qu’elle rejoint la famille restreinte de ceux qui sont capables de me faire perdre le contrôle, parce que je ne peux ni ne veux la tuer, malgré tout ce que je peux dire. Je ne veux pas te tuer, Lily, entends-tu ça ? Si tu n’existes pas, mes restes se perdront dans le fleuve et s’échoueront dans le limon pour mieux pourrir en paix et laisser le monstre en vie. Tes mains, si fines, si fragiles, si meurtrières, tes yeux glacés, ces obsidiennes qui me dissèquent, tes lèvres rougies, tu me maintiens complet, Lily, sans même le savoir. Ce frisson qui enfle dans mes muscles, dans mes reins, dans ma poitrine, tu en es la seule responsable. Je ne veux pas te tuer, je ne veux pas te détruire. Je veux simplement que personne d’autre ne te tue, que personne d’autre ne te détruise. Mes yeux clairs se heurtent au sien et mon cœur bat dans chaque cellule de mon épiderme, vibrant de vulnérabilité. Et son corps collé au mien dans une embrassade que je ne sais comment qualifier mais qui m’empêche de respirer… Ce contact, à présent initié, précédemment craint, je suis incapable de le rompre. Nous ne sommes que deux pantins maladroits, dont les actes illogiques ne sont que des mots sur la pièce de théâtre que nous sommes en train de jouer. Finie la danse, passons au drame et à la comédie. Au tragique de notre folie. Personne ne me tuera si tu ne le fais pas. Mais la folie… Elle raffermit le contact, le loup hurle à la mort et me supplie de l’étrangler pour se libérer. Peur. Panique. Frisson. Je lutte, vraiment, je lutte pour ne pas la repousser violemment et retrouver mon espace vital. Pourtant, n’est-ce pas moi qui ai fait disparaître d’un pas le peu de centimètres qui nous séparaient ? De quoi ai-je peur ? De ton humanité, Rafaele. Je ferme les yeux. Tu n'entends pas ? Tu n'es pas mort, Rafael. Si, Lily, si. Ne ferme pas les yeux comme je le fais, ne te laisse pas tromper par les battements d’un cœur qui n’exauce pas les vœux et a refusé de s’arrêter les deux fois où je l’en ai prié. L’ignores-tu, Lily, que si mon corps refuse de mourir, mon esprit a déjà essayé par deux fois se jouer contre la Mort ? Elle s’écarte, mes bras la retiennent par réflexe alors que le loup apeuré se calme peu à peu. Et qu’elle m’oblige à la regarder, comme si je pouvais dévier le regard, comme si je pouvais masquer cet égarement presque enfantin que l’on peut lire dans mes pupilles. Tu dois me le promettre. Que tu me tueras quand la folie me prendra. Parce qu'elle le fera, n'en doute pas. Et nous ne pouvons rien faire pour l'en empêcher. Je fais un pas en arrière. Qu’y a-t-il de plus proche de ce frisson que la colère ?

« Non. » C’est un blizzard qui s’abat dans la pièce par cette simple syllabe assénée comme un coup de massue. « Je ne peux pas te promettre ça. Tu n’entends rien ? » La colère fait vibrer ma voix qui s’engage dans un trémolos menaçant de briser le froid de mon ton. Mes deux paumes se plaquent contre ses épaules pour la pousser et l’envoyer heurter le mur. « Je suis MORT ! » Rares sont ceux, j’imagine, qui m’ont déjà entendu réellement hausser le ton, perdre le contrôle. « Je suis mort à l’intérieur, Lily. Et si tu me demandes de te tuer, quelques soient tes raisons, c’est que tu me vois comme un monstre et pas comme un homme ! » Ma voix résonne dans la morgue, se répercute contre les cadavres qui nous entourent, qu’ils soient enfermés ou non dans des linceuls d’acier. Je recule d’un pas, passe une main dans sur mon menton, sur mes yeux, serre le poing pour contenir les tremblements qui m’agitent. « Je ne peux pas, je ne veux pas, j’imagine que je ne suis plus capable de te tuer parce que, Lily,… » Je la regarde dans les yeux, la colère contrastant avec mes mots, comme deux échos luttant pour prendre le dessus l’un sur l’autre sans pour autant y parvenir. « Tu es l’une des plus belles choses qui restent dans ma vie. Aussi étrange que cela puisse paraître. » Je recule d’un pas encore, heurte la table et le cadavre de son alter ego. « Alors ne me redemande plus jamais ça. » C’est un ordre. Une supplique. Une demande. Un vœu. Je ferme les yeux. « Qui suis-je, pour toi ? »



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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Mar 4 Aoû - 14:07



"Us" never existed.

(pv) Rafael A. Morienval


~

Vile humaine, adorable et monstrueuse. Comment peux-tu parler de cette façon avec tant de sérieux et d'espoir ? Ne devrais-tu pas lui mentir, l'obliger à croire que tout ne finira pas comme tu le penses, que la folie s'évaporera aussi longtemps qu'il te gardera contre soi ? Mais comment pourrais-tu dire une chose pareille, toi la dame de glace, la grande qui s'est écroulée, l'idiote qui n'a que trop pleuré ? Il était temps pour les vérités et tu préfères vous étouffer dans ces regrettables promesses. Réfléchis, un peu, est-ce ta réalité ? Tu ne sais pas, plus. L'humaine t'assure que ça va arriver, que tu ne seras jamais assez forte pour y échapper. Le monstre tourbillonne et hurle de rage, crie à la traîtrise alors que tu te précipites toi-même au bord du gouffre, priant Rafael de poser ses mains sur ton corps et de te pousser de l'autre côté, loin de la douleur, de la folie. Loin de la vie.

Son visage échappe à tes mains tandis qu'il recule d'un pas et détruit tout ton être d'un seul mot. Croyais-tu qu'il allait accepter ? Il ne l'aurait jamais fait, ni avant ni maintenant. Vos promesses ont toujours été futiles, vouées à l'oubli, à l'échec. Il a essayé, après tout, tant de fois déjà, de se défaire de toi. Mais tu es plus accrochée à la vie que le plus increvable parasite, le plus redoutable monstre. Toujours ton corps se pousse à ses limites pour te sauver, se sauver. Ton esprit lui-même laisse volontiers place à ton sang noir pour ne pas crever. Rien n'y fait, ma Lili, tu trouves constamment un moyen de t'en sortir, avec ou sans l'aide de ce monde qui te déteste, que tu détestes. Oui, la folie te prendra et tu ne l'en empêcheras pas. Tu deviendras la belle succube, la désirable vampire que tu devrais être. Tu murmureras au monde que sa fin est proche et tu poseras tes jolies doigts sur l'énergie de ta survie. Tu seras la plus grande, je n'en doute pas, alors pourquoi redouter tout ça ?

Ses mains heurtent tes épaules et arrachent à tes yeux un éclair de panique bien vite remplacé par la fatalité. N'est-ce pas mieux qu'il te déteste, encore et toujours plus ? Mais la douleur qui explose à l'intérieur de ton crâne te projette ta propre idiotie en plein visage. Non, ce n'est pas mieux, et déjà ton corps glisse au sol, tes jambes tremblantes ne sachant plus te soutenir. Dois-tu être aussi bête ? Tu aurais pu empêcher ça, ne jamais laisser ta tête heurter le mur, frapper le loup en réponse à son audace. Tu es pourtant restée immobile, priant intérieurement pour qu'un clou soit miraculeusement planté dans la paroi et veuille bien t'arracher la vie. Maintenant, tu te traînes plus bas que terre, une main plaquée sur la bouche pour t'empêcher de vomir le vide de ton estomac, essayant de contenir le mal qui bourdonne à tes oreilles et étouffe ses paroles. Mais tu les entends toujours, se répercutant sur ton cerveau endolori, et tu voudrais tant lui crier qu'il a tort, qu'il est le plus idiot de vous deux, que personne n'a jamais réussi à le tuer et qu'il est bien vivant. Qu'il faut qu'il arrête de faire semblant. Si seulement ta voix n'était pas coincée au fond de ta gorge.

Les yeux brillants de douleur, tu lèves ton regard jusqu'au sien, attendant, implorant la suite de ce vieux drama. Les mots, pourtant, tu ne les imaginais même pas. Belles choses ? Toi ? Un monstre qui se perd dans sa fausse folie, qui tente de se croire encore humain… N'a-t-il pas autant peur de toi que tu as peur de lui, de toi ? Qu'y a-t-il de beau là-dedans ? Tu as raison, Lili, ces larmes sur tes joues n'ont aucune beauté, elles ne font que laver tes joues pour montrer ta laideur au monde. Cesse donc ces gamineries et tue-le pour de bon. Il se moque de toi, tu ne comprends donc pas ? Tu acquiesces, pourtant, comme une débile, quand il te donne un ordre qu'il n'a pas à te donner. Où sont passés tes vilains mots, ces paroles qui attirent la haine dans les regards, la colère dans les coups ? Pourquoi ne butes-tu pas sur les mots ? Pourquoi ne pas les retourner contre lui, le rendre plus misérable que toi ? Parce que. Ah… tu as mal retenu mes leçons.

Un sursaut te ramène en plein visage la désagréable odeur de l'endroit, la sensation étrange des larmes séchées sur tes joues et la douleur qui a déjà disparu. Quelle est cette question qui passe ses lèvres, résonne dans ton crâne à la recherche d'une réponse ? Ces quelques mots qui crient à ton cœur que ça ne devrait pas avoir d'importance, qu'il devrait te tuer sans s'en inquiéter. Qui est-il pour toi, ma sœur ? Je suis curieux de le savoir également. As-tu seulement une réponse à lui offrir ? Ton cœur bondit mais ta gorge est toujours aussi sèche, presque douloureuse, incapable du moindre son. Qu'est-ce que tu pourrais bien lui dire de toute façon ? Peut-être devrais-tu laisser la place au monstre, qu'elle lui explique qu'il est son loup, son échappatoire, les mains qui lui donneront la mort.
Tu te relèves presque trop sûre de toi et profites de ses yeux fermés pour t'approcher. Il t'a repoussée une fois, Lili, n'est-ce pas qu'il déteste ta proximité ? Tu vas t'en mordre les doigts, crois-moi. Pourtant, tu continues jusqu'à te planter devant lui, coinçant son corps entre la table et le tien. Le loup pris au piège voudra s'échapper, petite idiote. Tu n'as pas peur, non, tu oses même lever la main jusqu'à son visage pour poser tes doigts fins sur sa joue, glisser le long de sa gorge et plaquer ta paume sur son cœur. Tant d'occasions ratées de lui voler sa précieuse énergie.

Rafael. Le murmure s'élève comme l'unique réponse à donner, la réponse à tout. A vous. Un homme, pas un monstre. Un homme qui mérite mieux que ça, que… moi. Le mot se coince au fond de ta gorge. C'est la mort qu'il mérite, idiote, rien de plus et rien de moins. Je ne te le demanderai plus mais… j'ai peur du mal que la folie me fait faire. Tes mains se rétractent sur tes bras pour essayer de réprimer l'affreux frisson qui court le long de ton dos. Si j'en viens à te faire du mal… je ne me le pardonnerai pas.

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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Dim 16 Aoû - 15:24



"Us" never existed.

(pv) Li Mei


~

Elle se distille dans mes veines. Enivrante. Hypnotisante. C’est une drogue qui se joue de mes sens pour me faire perdre le contrôle. Lily. Elle est pire que tout parce qu’elle détruit l’ordre établi dans lequel j’évolue. Elle est dangereuse parce qu’elle me fait perdre le contrôle, perdre la main. Quinte flush, la dame de cœur plante son côté dans mon carré d’as et je ne peux résister, mes cordes vocales prennent leur indépendance et plus que de raison la franchise se place entre elle et moi, délitant mes armures, effaçant la distance, détruisant ce qui fait de moi le Seigneur glacial et inaccessible. Expliquer, raisonner, trouver une quelconque logique à mes propos ne serait qu’une quête vaine et vouée à l’échec. Tu n’entends pas ? Tu n’es pas mort Rafael. Se laisse t elle donc avoir par ces battements au creux de ma poitrine qui ne sont que de vagues échos de ce qui fait de moi un être vivant ? Je suis mort, Lily, je suis mort et pourri de l’intérieur, ce n’est qu’une carcasse imbue d’elle-même, prétentieuse, arrogante, noble et agonisante qui se meut sous tes yeux, capture tes lèvres et te vend le peu de lumière qui subsiste encore en elle malgré tout. Malgré moi. La colère donc, se distille dans mes veines, s’immisce dans mes muscles, mes mains se plaquent contre ses épaules non pour l’enlacer mais pour mieux la rejeter, la repousser en arrière dans une violence non contenue. Je ne la tuerai pas, quoiqu’il advienne.

J’ai essayé, pourtant. A plusieurs reprises. Mais je suis faible, faible d’humanité, faible dans ma monstruosité. Je suis incapable de la tuer, je le lui avoue et voilà qu’elle méprise mes efforts pour cajoler le monstre, pour caresser le loup et lui tendre sa chair comme une offrande à ses pulsions sanguinaires. Je suis mort ! je hurle de tension. Ma voix passe aux aveux, mes yeux se figent dans la glace pour éviter aux larmes de couler. Je recule, heurte la table qui m’interdit la fuite. Ne sois pas lâche, Rafael, sois l’homme que tu as toujours été ou souhaité être : responsable. Assume ta colère, assume ta noirceur, assume le sang qui coule dans tes veines et te pousse inexorablement vers la mort et le sang, vers la douleur et la torture, vers la solitude mêlée de puissance. La table m’arrête, la douleur qui explose sur le visage de Li Mei me tétanise. Elle se laisse glissée au sol dans une humanité incarnée qui me semble désormais inaccessible, tant par sa vulnérabilité que sa fraicheur. Elle est l’une des plus belles choses qui me soient arrivées récemment parce qu’elle est elle. Elle est femme, elle est monstre, elle est belle et bien l’écho de ce que je ne serai jamais. Mais moi, bon sang, que suis-je à ses yeux ? Suis-je voué à être l’homme qui la tuera, qui la détruira comme je le lui ai si bien promis à trop de reprises ? Sa panique est la conséquence de mon impassibilité, ses yeux brillants sont l’ombre de mes iris glacées. Elle se relève, plus forte que jamais, serait capable de me faire ployer le genou par son autorité. Je sens dans le frottement de l’air qu’elle s’approche. Mes yeux butés refusent de s’ouvrir, refusent de faire face à la réalité. Un silence, étranglant, je brûle d’envie de relever la tête, de dévoiler mes pupilles et de les plonger dans les siennes en quête de réponses qui restent hors de ma portée. Un frisson de terreur me parcourt lorsque la pulpe de ses doigts dégringole ma chair dans un toucher si léger qu’il en devient fantomatique. Je sens les battements de mon cœur exploser dans mes tympans lorsque ses doigts frôlent ma gorge dans une sensation d’agonie. Mes yeux se plantent dans les siens sans que je ne sois capable de faire d’autre mouvement. Et sa main cesse de me déchirer la peau lorsqu’elle se plaque contre mon cœur qui échappe à mon contrôle et cherche désespérément à garder un rythme cohérent, sans grand succès. Rafael. C’est amusant de voir comme un simple prénom se revêt de puissance prononcé par une personne précise à un instant donné. Son murmure se faufile dans ma trachée pour mieux m’étrangler et tuer dans l’œuf l’ébauche d’une syllabe. Rafael. Qui donc m’appelle encore ainsi ? Qui donc ose franchir les murs que j’établis entre moi et le monde pour mieux se permettre une telle familiarité ? Qui d’autre a eu, depuis Azzura, une telle emprise sur mes émotions qui s’affolent, hors de contrôle, s’embrasant de colère pour mieux masquer autre chose ? Je suis Rafael. Juste Rafael. Est-ce une réponse, un appel, une interpellation ? Un homme, pas un monstre. Un homme qui mérite mieux que ça, que… moi. Je ne peux m’empêche de sourire à cette ineptie. Personne ne mérite mieux qu’elle, surtout pas moi. Nous sommes condamnés pour les mêmes torts : l’inhumanité, la monstruosité, le meurtre et l’agonie. Un homme, pas un monstre. Je n’en crois pas un mot mais je me plais à imaginer cette affirmation comme vraie. Je ne te le demanderai plus mais… j'ai peur du mal que la folie me fait faire. Si j'en viens à te faire du mal… je ne me le pardonnerai pas. Je reste silencieux, recueillant comme il se doit ce murmure, cet aveu, cette confession presque intime qu’elle me fait avec ce que je perçois comme une certaine… confiance. En sommes-nous vraiment là ? Après être passés par le feu, la glace, la colère et la haine, en sommes-nous vraiment arrivés là ? Sommes-nous réellement en train de s’aventurer comme deux fous, deux inconscients, de désespérés, sur ce domaine qui nous est étranger autant à l’un qu’à l’autre ? Je me mords la lèvre.

« Tu me feras du mal, forcément. Comme je te ferai du mal. C’est ainsi, Lily, nous sommes maudits et nous ne devons pas l’oublier. Nous portons la mort au bout des doigts. Deux êtres perdus dans la violence et dans le sang. Mais cette folie que tu crains, tu peux la concentrer sur une seule personne. Sur moi. Et ne blesser personne d’autre. Si tu le désires. » J’inspire, lentement. Suis-je fou à mon tour ? Peut être oui. Mais les derniers temps m’ont prouvé que j’étais plus résistant que quiconque, que je me drapais d’une cape pour leurrer la mort et que d’un coup de poignet, j’étais capable de tuer sans sourciller. Que mes deux obsidiennes perdues dans mes yeux clairs voyaient les morts pour mieux me tourmenter. Que j’étais le Maître de la Mort autant que son esclave. Et je ploie véritablement le genou devant Lily pour maîtriser le monstre autant que le servir. Ma main lâche la sienne, file dans sa nuque, mon front rencontre le sien dans un contact rapproché qui me coupe le souffle. Je cède une nouvelle fois à la tentation de capturer ses lèvres sans comprendre tout à fait ce qui m’attire à ce point chez elle. Parce que c’est bien d’attirance dont il est question. Nous sommes des aimants, notre humanité nous attire, notre monstruosité nous repousse. Et de cela à ce que nous terminions amant, il n’y a qu’un pas que je ne compte étrangement pas franchir pour le moment. Je me détache de ses lèvres avant de mordre la mienne. Un murmure s’échappe, s’enroule à son oreille comme un souffle sur sa joue. « Nous voguons dans des eaux troubles, Lily. Et il n’y a rien qui nous attende de l’autre côté du Styx, ne nous leurrons pas une seule seconde. Sommes-nous assez fous pour continuer à nous entêter malgré tout ? Nous sommes des monstres, Lily. Il ne tient qu’à nous de contenir notre monstruosité en confiant à l’autre le soin de nous brider par tous les moyens excepter la mort. » Je l’embrasse à nouveau, comme un effleurement. « Alliés ? »



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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Jeu 27 Aoû - 15:01



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(pv) Rafael A. Morienval


~

Tu t'enfonces, Lili, tu t'offres à sa perfidie, sa méchanceté. Ne vois-tu pas le mal qui brille dans son regard, l'amusement au coin de ses lèvres ? Il rit. De toi, de ta folie, de ta profonde idiotie. Il n'attend plus que le moment où un seul mot de lui brisera tout en toi. Un seul petit mot, avec toute la puissance du monde, tout le dégoût que tu sèmes, le mépris que l'on te réserve. Il trouvera lequel, n'en doute pas. Je suis certain qu'il cherche déjà, que le loup se lèche les babines, bave devant ce moment qui viendra. Je pourrais même l'y aider car, pour moi, le mot est tout trouvé. Presque trop évident, même. N'est-ce pas, monstre ?

Les mains soudain crispées sur les bras, tu aimerais tourner la tête ou fuir, carrément. Tu voudrais courir le plus vite que tu puisses loin de ses mots dangereux, du poison qu'il laisse couler sur ton visage. Tu n'en fais rien, pourtant, les pieds accrochés au sol, le crâne bien droit. Seuls tes yeux osent dévier, échapper aux siens pour s'échouer sur le corps qui accompagne votre mélodrame de son silence mortuaire. Tu reprends alors conscience de la mort qui plane tout autour, vous enserrant de sa désagréable odeur, laissant glisser ses doigts glacés sur ton dos sensible à ses caresses, ses menaces muettes. Que ferais-tu s'il mourrait ? Que ferait-il si tu mourrais ? Là, dans l'instant, au milieu de ces cadavres qui en attendent un autre. Tu ne sais pas, tu ne sais plus. Tu n'es sûre que d'une chose, celle-là même qui attire tes pupilles loin des siennes.

Tu lui feras du mal. Tu me feras du mal, forcément. Forcé… ment. Il ment.

Ton regard sombre se lève jusqu'au sien, soudain paniqué. Ca ne peut pas être vrai, ça ne peut pas finir comme ça. Si tu le désires ? Mais tu ne le veux pas, ne peut-il pas le comprendre ? Tu as depuis longtemps cessé d'espérer pouvoir lui faire le moindre mal. Tu en es incapable, tu le sais. D'abord tu étais trop faible, inutile, vulnérable face à la puissance du loup, face à sa haine. Puis tu ne l'as plus voulu, tu as eu peur de ce que tes mains ont appris à faire, de ce qu'elles pouvaient lui faire, avec ou sans ton consentement. Tu as fui, pleuré, crié, tu as fait tant de choses humiliantes en espérant qu'il te lâche, te laisse, t'abandonne à ta folie meurtrière. Tu as tant souhaité qu'il soit plus con qu'un autre, qu'il ne comprenne pas combien tu souffres de le savoir près de toi, prêt pour toi. Mais il est bien là devant toi, aussi grand que la première fois, répondant à l'appel de ton idiotie, attendant le bon moment pour mettre fin à tout ceci.

Mais l'incube capricieux joue de ses charmes diaboliques, posant son front contre le tien, s'emparant de lèvres qui ne sont pas les siennes, qui ne devraient pas être à sa portée, sa merci. S'il doit attendre, il ne peut rester immobile, assis dans un coin de ta déchéance, à te regarder tomber de toi-même. Il préfère te précipiter au bord du gouffre, profiter de l'attrait d'un corps pas encore mort, s'amuser pour mieux faire passer le temps qui s'abat sur vous comme mille lames qui vous rappellent que vous n'êtes pas seuls sur Terre. Tu ignores, pourtant, les bruits autres que les siens, les souffles qui ne glissent pas sur ta gorge, les mots qui ne lèchent pas tes joues, les cœurs qui ne battent pas aussi vite que le tien. Tu te laisses submerger par le mal, priant pour qu'il brise les liens à tes chevilles et que tu tombes enfin dans les bras du Diable.

Détrompe-toi, Rafael, je vous attends patiemment sur l'autre berge du Styx. Prends garde, poussin, car la mort a toujours attiré les vivants, et tu pousses mon adorable sœur dans mes bras maléfiques.

Alliés. Comme si vous pouviez vous résumer à ce simple mot dénué de sens. Votre alliance ne ressemblerait à aucune autre, c'est certain. Tu te méfies juste, ma belle, de ce à quoi elle pourrait bien ressembler. Ses baisers sont ennemis, ses mains aussi. Vous ne feriez pas un pas, les doigts enlacés, que déjà vous auriez envie de vous déchirer. N'ai-je pas raison, danseuse ? Si, mais tu te plais, immobile sur ton fil invisible, bravant la vie et la mort, souriant à celle des deux qui tendra les mains assez haut pour te toucher et ne plus te lâcher. Alors, oui, tu pourrais te laisser tenter. Tu pourrais.
Tu te recules pour mieux le regarder, ce petit sourire triste aux lèvres, la pluie au bord des yeux. Ne comprendra-t-il jamais que « vous » est impossible et impensable ? Tu dois être tuée avant de tuer, souffrir avant de faire souffrir, être abandonnée avant d'abandonner le seul homme qui aurait dû mériter tout ça, répondre du mal qui a été fait, du mal que tu as accepté. De tout ce qui fait que vous existez, l'un, l'autre, l'un pour l'autre, l'un avec l'autre, l'un contre l'autre.

Ne comprends-tu pas ? La première larme tombe, solitaire, lourde de ta propre solitude. Tu me demandes de concentrer ma folie sur le seul homme qui ne la mérite pas. Tu secoues la tête, arrachant la perle à ta joue. C'est impossible. Je me fous du mal que je fais au monde, tant qu'il n'est pas toi. Tu glisses tes mains dans son cou, approchant ton corps du sien. Ne pouvait-on pas t'envoyer le plus ignoble démon pour essayer de te tourmenter ? Je ne le désire pas. Ton murmure s'écrase sur sa bouche en même temps que tes propres lèvres. Mais regarde-moi, Rafael, je suis des pires monstres de cet enfer. Comment penses-tu pouvoir m'empêcher de te tuer ? Mon contrôle n'est qu'une illusion, un mirage, rien de plus. Comme cette alliance. Et il t'en coûte de l'avouer. Nous nous détruirons… car c'est ce qui nous a toujours attirés, au final.

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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MessageSujet: Re: "Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei   Lun 14 Sep - 22:10



"Us" never existed.

(pv) Li Mei


~

Mes yeux clairs se noient dans les siens, dans sa chair, dans ses lèvres. Je mords les miennes d'indécision. Je ne sais pas exactement où nous en sommes ni, pire, où nous nous sommes perdus tous les deux dans ce jeu de séduction et de violence agrémenté de haine. Un terrain insalubre, un terrain morcelé de pourritures douteuses, un terrain qui nous est étrangement familier et inconnu, un terrain sombre et vicieux, à notre image. Tu me feras du mal m'entends-je affirmer avec l'impassibilité fébrile qui me caractérise. Tout sonne comme une évidence dans ma bouche, alors que j'articule avec aplomb notre avenir. Nous sommes des monstres et si je porte le nom d'un ange, c'est que j'en suis un, particulièrement déchu. C'est que je suis un ange non pas porteur de lumière mais bien mortifère. Et elle est une nymphe de la mort, elle aussi. Son baisé est aussi glacée que la Faucheuse, son toucher, aussi léger que ces fils délicatement tranchés par des Parques qui soufflent dans notre nuque à tous les deux. Son regard sombre devient paniqué à mes mots, se heurtent à mes iris de glace. J'inspire lentement. Posément. Comme je l'ai toujours fait, comme j'ai toujours pris le temps de le faire. Ce que je suis en train de lui proposer ? De catalyser sa violence vers moi et que je résolve à faire de même. Que nous ne devenions des monstres que l'un pour l'autre et non pour le reste de l'Humanité contrainte de nous subir jusqu'à ce qu'en fait nous consentions de passer les rives du Styx pour une dernière fois. Suis-je fou ? La question mérite d'être posée mais n'accepte pour autant aucune réponse sensée. Suis-je fou ? Non. Je suis perdu, voilà tout. Et elle est un phare instable dans des ténèbres, ses lèvres que je capture une nouvelle fois, frontières rompues, barrages détruits, sont des appels au secours que je brandis, bras tendus, que je hurle au rythme des battements de mon cœur.


Je cède, totalement. Pour mon orgueil et ma fierté, c'est d'une reddition totale devant mes sentiments qui se produit à cet instant. Je cède, l'embrasse, accentue le contact entre nos deux êtres dans une complicité que je ne me sens pourtant pas près à complexifier. Alliés, Lily. Devenons alliés pour ne pas sombrer dans le Styx et le franchir ensemble, mains liées, condamnés à jamais à un purgatoire commun troublé par nos meurtres et notre damnation. Elle se recule, je fronce les sourcils comme blessé par ce que je ne peux que considérer comme un rejet de ma proposition. Je n'aime guère lorsque les choses ne suivent pas le cours du temps, je n'aime guère lorsque l'on ose remettre en question ce que j'ordonne d'un ton déclaratif. Elle se recule, donc, et son sourire sonne le glas de cette trêve durement acceptée. Conquise. Imposée. Ne comprends-tu pas ? Mon visage se durcit. Tu me demandes de concentrer ma folie sur le seul homme qui ne la mérite pas. C'est impossible. Je me fous du mal que je fais au monde, tant qu'il n'est pas toi. A chaque mot, mon coeur cesse de battre et mes iris s'obscurcissent. Le seul homme qui ne la mérite pas. Qui es-tu pour parler de cette manière de mérite ? Ses mains glissent dans mon cou comme des vipères languissantes venues me mordre dans une dernière étreinte. « Tais-toi. » L'ordre s'essouffle lorsque son rejet se transforme une nouvelle fois en attraction. Je ne le désire pas. La sentence tombe, ma bouche se referme et rejette ses lèvres en détournant le regard. La haine, brutale, brûlante, explose dans mon corps à l'image de ma déception et de ma désillusion. Qui suis-je pour chercher des alliés ? Qui suis-je pour recevoir de cette manière un refus que tout mon être abhorre ? La douleur est telle que je la repousse sans aucune douceur. Mais regarde-moi, Rafael, je suis des pires monstres de cet enfer. Comment penses-tu pouvoir m'empêcher de te tuer ? Mon contrôle n'est qu'une illusion, un mirage, rien de plus. Comme cette alliance. Nous nous détruirons… car c'est ce qui nous a toujours attirés, au final.

Nos pas de danse qui virevoltent depuis notre premier contact, dans cette forêt intime, nous mènent au bord du précipice. Qu'il serait simple de se laisser aller, pour une fois, à la facilité. Qu'il serait simple, une seule fois, une fois seulement, de fermer les yeux et d'accepter le réveil de l'homme et la mort du loup. Qu'il serait simple d'accepter la réalité et de nier les évidences. Nos pas de danse, sur un rythme endiablé, ont définitivement échappé à notre contrôle pour mieux suivre nos désirs. D'un lent apprivoisement, ils sont devenus plus joueurs, nous amenant l'un au contact de l'autre dans une parade nuptiale inconsciente digne des plus beaux ballets. La musique a ralenti, nous obligeant à nous regarder droit dans les yeux. Avant de s’accélérer brutalement. Les dernières notes sont, elles, en train de s'égrener entre nous, comme des petites larmes impatientes qui dégringolent les violons pour rebondir et exploser au sol. Un rythme, une croche et mon coeur cesse d'être en rythme pour me confier sur une mélodie aux dissonances modernes. Peut être est-ce là le problème principal. Nous voilà loin de la régularité de mes habitudes, des danses de mon époque, de la méticulosité de nos pas agencés et de nos étreintes codifiées. Le chaos. Voilà ce qu'est devenu notre danse. Un chaos où nous nous heurtons, où nous nous détruisons à chaque frottement. Où les étincelles scintillent aux coins de nos lèvres lorsqu'elles ont le culot  de se rencontrer. Il ne me faut qu'une seule seconde pour comprendre l'inévitable. Pour comprendre ce qui se profile devant nous. Le voile tombe, s'échoue sur le sol comme un suaire déposé là par précaution. Le voile s'échappe de mes yeux et je comprends que je me trompe depuis le début. Et que tout espoir de rédemption n'est qu'une illusion créée pour me bercer d'une réalité factice et confortable.

Mon murmure s'échappe de mes lèvres, comme un secret confié à son oreille, comme le susurrement de l'amant amoureux qui cherche à préserver l'intimité de cette proximité. « Tu as raison. » Mon bras se glisse par dessus son épaule pour mieux l'enlacer. « Nous nous détruisons. » Je l'embrasse doucement, possessif, impulsif. Je lui mordille la lèvre. « Mais tu as tort : nous ne nous détruirons pas. Je ne le permettrai pas. » Ma main libre file dans mon dos et revient alourdie. Le glock s'est logé dans ma paume comme un vieil ami, je serre Li Mei contre moi alors que l'arme se fraye un chemin entre nos deux corps pour remonter dans son cou et se poser entre ses deux clavicules. « Je suis désolé, Li Mei. Tu ne détruiras personne ainsi. Il me semble que l'on aurait pu s'aimer si nous n'avions pas été si loin si notre chemin de perdition. » Je l'embrasse, encore. Et je n'ai qu'à décoller mes lèvres des siennes pour presser la détente en détournant les regards. Les gouttes acides brûlent mon visage, je la retiens dans mes bras tremblants et la porte avec une délicatesse étonnante sur la table où se trouvait sa doublure. D'un mouvement de coude, le cadavre roule au sol et je couche l'asiatique sans prêter attention à son visage défiguré. Une larme ose se frayer un chemin et devient carmin en quelques secondes.

Je suis incapable d'éprouver la moindre émotion à cet instant. J'ignore même si j'en serai un jour à nouveau capable. Et lorsque je sors de la morgue, il n'y a plus aucun battement de cœur qui y résonne. Les corps des employés, les corps de mes hommes sont encore chauds, brûlants et effondrés au sol. Le loup s'en est donné à cœur joie, un carnage réel est hébergé par le bâtiment, une main marmoréenne essuie une goutte de leur sang qui est restée échouée au coin de mes lèvres alors que mes crocs se plantaient dans leur gorge dans une mise à mort dirigée par la rage.



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"Us" never existed ¤ Rafael & Li Mei

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