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 French Letter | Shandro & Aimée

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MessageSujet: French Letter | Shandro & Aimée   Mer 22 Juil - 0:21

Italique : Français



La petite sucrerie rouge quitte son écrin de plastique pour courir sur la chair tendre. Elle roule sur les phalanges, dépose quelques grains de sucre sur la peau , avant de bondir dans le ciel. Elle danse sur le vent, s'imprègne des vapeurs polluées, se mouche dans les rares nuages qui caressent le ciel encore bien bleu à cette heure de la journée. Sept heures, la journée se termine et pourtant il fait encore jour. La fraise tagada, soudain, perd son équilibre, soumise à la gravité et chute avec brutalité pour disparaître avec perfection dans ta bouche qui l'accueille avec délices. Tes dents la broie de toutes leurs forces et bientôt l'assemblage de glucose se dissout dans l'acide de ton estomac. Et puis tu en reprends une autre dans le petit sachet, réitérant le refrain qui a débuté à la sortie de la pharmacie.

Tu as pourtant bien mangé à midi mais ton estomac gronde. Les écouteurs dans les oreilles vomissant ta musique de malade, tu sautilles presque en direction de chez toi, ton corps se balançant au rythme des basses puissantes. Tu gagnes rapidement l'université, ta besace frappant tes hanches, le contenu du sachet de bonbons descendant dangereusement entre les doigts de ta main gauche. Tu parviens enfin à l'immeuble et sans prendre le temps de râler contre l'ascenseur en panne, gravit les quatre étages, donc huit escaliers qui mènent à ton couloir. La musique toujours à plein volume, tu ne peux prévoir ce qui va se trouver derrière la porte dans la serrure de laquelle tu enfonces énergiquement la clé qui sert de poignée. Dans le pire des cas, Aimée est en petite culotte en train de chanter des conneries et ce ne serait pas la première fois.
C'est donc tout naturellement que tu fais basculer le panneau de la porte sur une chanson de Superbus portée par ton français presque sans failles qui prend donc le relais lorsque tu sors de la musique pour prendre conscience de ce qu'il se passe chez toi.

« Ta voix résonne au fond de mes...-Oops, salut vous deux ! »

Ta besace s'écrase négligemment sur le sol tandis que tes Dr Martens mal lacées s'échappent de tes chevilles pour s'échouer contre le placard à chaussures. Ta veste s'écrase sur le porte manteau et tu déambules dans le salon-cuisine, les écouteurs encore dans les oreilles. Tu balances le sachet sur les genoux d'Aimée.

« Tiens, cadeau ! »

Tes doigts effleurent subrepticement l'épaule de Shandro qui se présente, dans un salut muet et plus discret qu'à l'ordinaire, tandis que tu gagnes l'évier pour chasser la sécheresse qui gagne ta gorge. Tandis que l'eau s'écoule dans un verre, tu retires tes écouteurs et éteins ton baladeur avant de te retourner vers eux, le verre à la main, les reins contre le vasque d'aluminium.

« Alors qu'est-ce que vous complotez dans mon dos ? »

Tu bascules légèrement la tête en arrière tandis que l'eau s'écoule dans ta gorge en cette sensation de soulagement salvatrice. Ton regard ne les a pas quitté et glisse rapidement sur Aimée, dans un rappel muet mais ferme de leur ancienne promesse que tu n'as pas oubliée.
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Mer 22 Juil - 2:56



« Better just go with the flow.
Last thing that we should do is go slow. »



Aimée – Loon - Shandro
featuring

J’avais eu raison de dire surement à Shan’ parce que finalement, on c’était revu. Le pire c’est qu’on c’était revu que nous deux cette journée-là. Il voulait améliorer son français, je devais entrainer le mien, on faisait un bon duo non? Le seul problème que je voyais, c’était les discours que m’avaient tenu Loon. Je pouvais plus vraiment considérer Shan comme possession de Loon, mais en même temps… ils couchaient ensemble… ou ils avaient couché ensemble. Donc ouais, c’était bizarre. Pourtant Loon était persuadé que Shan’ avait des sentiments pour moi. On est d’accord que c’est du grand n’importe quoi hein? Mais le problème, c’est que je lui avais promis de demander au principal concernée un jour, quand Loon en serait témoin. L’idée d’inviter Shandro pendant que Loon n’était pas là était donc surement la meilleure en fait. Non?

Oui, j’étais fourbe, oui j’étais égoïste et oui je ne voulais pas savoir la réponse à cette question. Je commençais sincèrement à apprécier le mec, fallait pas venir tout gâcher avec des sentiments et m’obliger à le tenir le plus éloigner possible de peur de plus. Non, je n’avais pas envie de le rejeter, je n’avais pas envie d’être son Alvin non plus et s’il répondait à l’affirmative… j’allais devoir le faire. Ne faites pas de moi la méchante, je n’en ai pas envie, merci.

Alors, j’étais au salon avec Shandro, j’étais bien et j’étais habillée cette fois, ce qui rendait le tout encore plus confortable pour moi. Moi dans mon coin du canapé, lui dans le sien, on pouvait vraiment en apprendre un peu plus l’un sur l’autre. Parce qu’au final, fallait discuter pour parler. Enligner des mots pour le plaisir, sans sujet… c’était difficile. Je n’étais jamais tout à fait à l’aise de parler de moi, mais je ne le serais jamais en fait, alors aussi bien qu’il s’y fasse. J’allais éluder cette partie de moi toute ma vie. En même temps, je me sentais plus à l’aise dans mon rôle depuis que moi et Loon, on c’était mis d’accord, j’étais officiellement sa petite sœur. Comme ça, pas de problème, pas de malentendu, rien. Juste moi et Loon, frère et sœur.

Frère qui arriva comme à son habitude, même si je n’avais pas remarqué l’heure qui approchait. Mon plan initial avait été de trouver une façon X de partir quand Loon arriverait. Ne pas être les trois au même endroit, c’était mieux quand même. Pourtant, Loon était rentré et j’étais là avec Shan’ ce qui n’était pas vraiment le mieux quand même. J’avais entendu Loon chanter en français, il était dans la thématique du jour. La preuve qu’il était meilleur que moi, voilà. J’avais été interpellé, parce que je connaissais ça. Chanter a capella par contre, c’était moins simple, me fallait plus de parole… ou plus de musique. Comme simple réponse un : « Salut. » et un sourire. Parce qu’il avait un peu l’air étonné quand même. Il rentrait pour se rendre à la cuisine, moi je n’étais pas vraiment étonné jusqu’à ce qu’il me balance un truc sur mes genoux. Oh bonheur, des fraises tagada. J’avais donc commencé à piocher dans le sachet en disant un simple :

« Merci!»

Parce que si parler avec Shan se faisait naturellement en français pour nos cours, parler avec Loon… je le faisais en anglais, tout simplement. Loon c’était pris un verre d’eau, maintenant près à nous accuser de comploter contre lui! Genre, pas parce que c’était mon genre, que j’allais automatiquement le faire.

« Tu arrives à temps pour le cours de français de Shandro. Il a besoin de pratique et moi aussi. Donc on s’aide. »

Je m’étais remise à au français de façon plus poussé après ma dernière rencontre avec Shan’ même si je m’étais aussi mise à l’allemand pour rigoler. Comme ça, un jour, Loon il dirait un truc important en allemand et je comprendrais. Parce que j’avais le droit! J’étais sa sœur. Je connaissais même déjà quelques mots et des phrases toute faite. Un jour, peut-être, je montrerai à Loon. Je sentais le regard de Loon peser sur moi, genre euh non? Pas maintenant? Pitié? Mon regard avait été croisé le sien, mais je n’avais rien de plus à ajouter qu’un :

« Il se débrouille bien en plus, tu lui montres que tu es le meilleur de nous deux? »

Parce que c’était le cas. J’avais un accent qui commençait tout juste à s’adoucir et même là, ce n’était pas vraiment le cas. Au moins, ma syntaxe était bonne. J’avais un meilleur français écrit qu’un français prononcé, c’était triste quand même. Butterfly! God, je cherchais vraiment depuis que j’avais entendu les paroles, mais… je parierais sur butterfly. Oui? Non? Ma connaissance de superbus n’était pas parfaite non plus en fait.

 

 
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Jeu 23 Juil - 1:31



La vérité se dit en français

Shan , Loon , Amy
featuring

Les cours de français... c'est vrai, c'était une bonne excuse pour la voir, et puis c'était toujours une bonne chose que d'avoir un autre langage dans sa manche, et puis peut-être que ça te sauverait même un jour... Mais quel ennui. La scolarité est loin d'avoir été la partie la plus joyeuse de ta vie, et reprendre cet apprentissage faisait malheureusement remonter des souvenirs et des sensations que tu aurais préféré savoir effacés par le temps. Sourire aux lèvres parce que tu passais un moment de complicité avec elle, mais la mort dans l'âme parce que tu n'arrivais absolument à rien, ou du moins, pas à ce que tu aurais voulu. Tu as beau savoir que ce sont des erreurs, tu as beau savoir exactement ce qui te manques, tu répètes encore et encore les mêmes absurdités qu'au tout départ. Tu ne vois pas ta progression, et ça a le don de te sortir de tes gonds. Tu détestes sincèrement stagner. Stagner, ça voulait dire qu'elle risquait à tout moment de couper court à votre échange, et puis tu avais investi bien trop de temps dans cette histoire pour ne pas réussir. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que pendant ces jours où elle ne t'a pas vu, tu as continé de t'entraîner de ton côté. Ton dictionnaire ne t'a que rarement quitté, et tu as mis tes parents à contribution. Tu as forcé le français à couler jusque dans ton foyer pour ne pas perdre la face devant elle, et pourtant, rien ne marchait ici.
Non seulement tu stagnais, mais tu ne t'en rendais compte que maintenant que tu te retrouvais face à ton institutrice de fortune. Ce n'était pas encore parfait, mais lorsque tu étais chez toi, tu te débrouillais bien mieux. Le stress peut-être ? Ou alors peut-être n'étais-ce qu'une coïncidence et n'avais tu utilisé que des formulations avec lesquelles tu étais plus à l'aise chez toi.
Allez, di tu étais capable de comprendre et d'appliquer une règle, tu seras capable d'appliquer les autres, tout n'est qu'une question de temps... de temps dont tu vas finir par manquer une fois que ta chère et tendre dragonne l'aura décidé, et vu sa patience à toute épreuve, ça risquait bien de ne pas attendre très longtemps. Détens-toi Shan putain. Ce ne sont pas quelques mots qui vont te manger. Il suffit de réfléchir un peu. Tu ne le fais pas souvent, mais tu sais très bien réfléchir. Tu préfères juste faire sans lorsqu'on t'en donne l'occasion. Et là tu aimerais bien que l'on t'en donne l'occasion et que quelqu'un te libère ne serait-ce que pour souffler un peu. Normalement, c'est dans ce genre de cas que devrait intervenir Loon, lui qui te comprends mieux que personne. C'est dans des moments comme ça que tu te reposerais sur son imagination débordante pour inventer un bobard et te donner quelques minutes de répit... et d'ailleurs, il suffisait de souhaiter pour être exaucé, parce que Loon venait d'arriver... sauf que pour ne pas perdre le masque à peine crédible de patience que tu avais enfilé, tu t'es contenté de le saluer silencieusement et d'écouter les frère et sœur. Mais rester calme cest bien trop difficile, et lorsqu'Aimée a pointé du doigt ton manque de pratique, et donné la parole à Loon, tu n'as pas pu résister, et tu as profité du court instant de flottement qu'il a laissé pour lancer ta complainte.

« Oui et bien c'est que ça commence à être épuisant! De la pratique j'en ai eu tous les jours chez moi et ça m'empêche pas de faire et refaire les mêmes erreurs que le premier jour. C'est que c'est vraiment une langue pourrie le français, bien content de pas être né au pays de la limace. »

Et là, plus d'erreurs. Alors, coup de chance ou stress ? Tu ne saurais toujours pas le dire. Mais c'es sur un ton toujours tout autant vindicatif, renforcé par ton accent des profondeurs de la Louisiane que tu continuais.

« Désolé Loon, c'est bon, parle et éblouis-nous donc de ta perfection. »

Pas que tu lui reproches d'en être capable, tu l'admires d'aussi bien maîtriser plusieurs langues, mais toi, tu t'en veux d'avoir autant de mal à te débrouiller avec celle que l'on aurait dû aussi te léguer. C'est contre toi-même que tu es en colère, et il n'y a qu'à espérer qu'ils le comprennent.
 

 
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Jeu 23 Juil - 9:35

Aimée se saisit des fraises tagada tandis que Shandro te salue d'un simple signe de tête. Pourquoi fait-il la tronche ? Aimée est-elle un si mauvais professeur que cela ? Les yeux rieurs, tu termines ton verre en les entendant parler. Lorsque le verre retourne dans l'évier, tu ne peux t'empêcher de sourire, les échos de leurs voix encore dans la tête.

« Oh, votre accent à tous les deux est trop mignon ! »

Le français te vient naturellement, plus naturellement que l'allemand, qui vient lui-même plus naturellement que l'anglais. Tes mères n'ont cessé de te parler en trois langues à la maison et sans doute parce que tes véritables racines se situent en Europe, tu t'es toujours senti plus proche de ces deux langues, malgré le fait qu'elles soient beaucoup, beaucoup plus difficiles à parler et à prononcer que l'anglais. C'est pourquoi tu fronces inévitablement les sourcils quand Shandro, arrivant même à prononcer de l'argot, qualifie la langue française d'une manière pas très sympathique. Tu secoues la tête, fermement convaincu du contraire.

« Le français est une très jolie langue lorsqu'on le parle correctement, et d'autant plus lorsque l'on sait manier les mots des poètes. Dommage que le langage soutenu ne soit plus utilisé de nos jours, il avait cette musicalité que l'américain de la Nouvelle Orléans n'aura jamais. »

Tu leurs offres un sourire désabusé avant de hausser les épaules. Tu traverses la cuisine pour atteindre le coin du salon et saisissant ton paquet de cigarettes, tu t'en vas ouvrir la fenêtre pour t'installer à son bord et t'en griller une. Tu avales une bouffée de nicotine que tu recraches ostensiblement au dehors, car tu sais que ni l'un ni l'autre n'aime te voir fumer.

« C'est facile de le parler correctement pour moi, c'est ma langue maternelle. Mais c'est un langage qui se perd maintenant que le monde a été ravagé. Même les français ne le parlent pas avec exactitude. Ils forment une langue propre à eux, parce que ce qui compte au fond, ce n'est pas de parler correctement, c'est qu'on se comprenne entre nous. »

Les expériences, particulièrement celles des enfants, ont montré au fil des années que le langage n'était pas une barrière à la compréhension et à l'amusement. Le cinéma muet, à sa création, constituait un produit d'exportation inestimable ; les quelques rares cartons des films les plus accessibles n'étaient peut-être pas saisissables par tout le monde, mais il suffisait alors de se raccrocher aux gestes et aux expressions des acteurs pour comprendre l'histoire. Quand on daigne prêter un peu attention aux gens qui nous entourent, on peut même les comprendre d'un seul regard.

« Le français c'est la belle langue des sentiments, c'est celle qui est associée aux lettres d'amour, c'est pour ça que dans certains endroits on appelle ça une ''french letter'' au lieu d'une ''love letter''. Le français c'est le romantisme, c'est l'amour. Ca se dose et ça se travaille pour faire battre le cœur de celui qu'on a pris en chasse. »
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Jeu 23 Juil - 20:50



« Better just go with the flow.
Last thing that we should do is go slow. »



Aimée – Loon - Shandro
featuring

Je les trouvais amusant moi nos cours de français. Shandro avait du mal, mais on s’en fichait un peu non? Tant qu’on s’amusait et que ce n’était une corvée pour personne, moi ça m’allait. En fait non, tant que ce n’était pas une corvée pour moi, ça m’allait. En ce moment, ce n’était pas le cas. Je répétais souvent les mêmes règles, mais ce n’était pas bien grave. Tout le monde apprenait à son rythme et j’étais nulle comme professeur, ça… on le savait tous les deux. Bon en même temps, heureusement pour lui que je n’étais pas quelqu’un de parole, parce qu’au rythme où ça avançait, on aurait peut-être déjà abandonné. Pourtant, je n’avais rien dit sur le sujet, sa débloquerait peut-être un jour. Juste, je sais pas, donner du temps? Au pire, s’il s’emmerdait, fallait le dire hein.

Loon arrivait finalement et sérieusement, j’aimais l’un, j’aimais l’autre, mais pas les deux dans la même pièce. Ce n’était pas mal lorsqu’ils étaient à deux, juste que… j’avais fait une promesse, je le savais et je n’avais rien de mieux à faire que d’éviter de l’appliquer, voilà tout. Shan’ faisait un peu la gueule, Loon souriait, moi j’étais ambivalente, comme toujours. Malgré que les bonbons avaient fait pencher la balance vers le positif de la chose! Oui, j’étais facilement achetable, comme n’importe qui ayant fait 5 ans de prison sans sucrerie. Loon trouvait nos accents mignons. Moi je le trouvais chiant mon accent. En même temps, j’en aurais surement toujours un. Oh et Shan’ qui râlait en prime. Le pire… c’est qui le faisait bien! J’avais relevé un sourcil en mode « tu te fous de ma gueule là? » Parce qu’il était bien là! Loon lui, il répliquait à l’insulte, défendant la langue qu’il aimait. Parlant de la musicalité de la langue et tout. Ouais, Loon était meilleur que moi en français, vraiment. Il rajoutait que c’était sa langue maternelle, expliquant que les gens le perdait et tout. J’avais de la chance d’être tombée sur lui finalement. Bon, pour ce qui était de Shandro… je ne savais même plus quoi en penser. Il venait de faire des phrases très correctes. Mieux que ce qu’il avait fait avant que Loon arrive. Pourquoi avec moi ça ne marchait pas, mais avec Loon oui? Et ne me dite pas que c’était parce qu’il râlait avec Loon et pas avec moi, il pouvait le faire avec moi aussi! Ce serait surement plus drôle s’il le faisait en prime. Ensuite, Loon c’était lancé dans l’explication du français en lien avec l’amour et les sentiments. Un truc bien mielleux et guimauve typiquement Loon. Si le français était la langue de l’amour… on pouvait m’expliquer pourquoi on me l’avait enseigné?

« Faut que tu sois là plus souvent alors, parce qu’avec toi il n’a fait aucune erreur encore. Je dois faire peur comme prof en fait. »

Ce qui était franchement possible quand on se rappelait que c’était Loon le gentil de nous deux. Je m’étais renfoncée un peu plus dans le canapé avec mes bonbons que je commençais à manger tranquillement. Loon avait pris cigarette et fenêtre comme siège et Shan’ n’avait pas bougé. Faudrait que quelqu’un fasse le repas. Je pourrais bien faire ça après mes bonbons. Les laisser discuter un peu et avec de la chance… Loon oublierait cette stupide promesse comme un grand. Genre, regarde Loon comment Shan’ me faisait la gueule à moi et pas à toi! Donc ouais, évident, promit.

 

 
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Ven 24 Juil - 20:34



 La vérité se dit en français

Shan , Loon , Amy  
featuring

  Pause. Attendez une minute. Rewind. Sa langue maternelle ? Bon, toute l'histoire comme quoi le français est une belle langue, une langue de poésie et compagnie qui sert à décorer les lettres fleur-bleue tu veux bien le croire, même si à ton oreille aucune langue pour l'instant n'aura su surpasser la musicalité de l'anglais. Les textes de la chanson française, pour ce que tu en as entendu sont bien plus beaux que ceux de vos vocalistes made in USA, mais côté mélodie, tu continueras de clamer que leurs sonorités sont loin derrière. Mais ça tu l'excuses, c'est juste Loon, faisant un discours digne de lui-même et tu espères que lui de son côté excuse ton discours tout aussi digne de toi-même, mais sa langue maternelle ? Comment ça sa langue maternelle ? Si c'était sa langue maternelle, alors c'était sa langue maternelle à elle aussi. Et si c'était sa langue maternelle à elle aussi, il n'y aurait absolument aucune justification à son accent à en trancher la chaîne automatique d'une scierie à métaux. Ils étaient frère et sœur non ? Si c'était leur langue maternelle, alors pourquoi est-ce que sa mère aurait eu à la lui apprendre en plus de l'anglais. T'avais choisi de faire fi de leurs différences physiques, parce qu'il y avait des frateries dont les membres ressemblaient à n'importe qui sauf à leurs frères et sœurs, mais là, cette histoire devenait vraiment trop louche.

« Attends un peu ? Alors le français est ta langue maternelle ? Ça veut dire qu'en réalité c'est quand tu parles anglais que tu fais des efforts ? »

Parce que ça n'y paraissaît pas du tout. C'est vrai, il n'avait pas l'accent tranché de la New-York dont il disait venir, ses mots dansaient un peu à la manière de ceux des européens, mais il débitait la langue des colons comme si c'était une seconde nature. Il ne t'en devenait au final que plus impressionnant. Un jour quand même il faudra que tu lui avoues la pointe de jalousie que tu éprouves à son égard... un jour... peut-être... mais il faudra déjà commencer par te l'avouer à toi-même.

« Mais si c'est votre langue maternelle, alors pourquoi Amy à l'air aussi peu familière avec ? Parce que je sais que je suis encore moins familier qu'elle avec cette langue, mais c'est parce que c'est seulement mon père qui la parlait, et qu'il ne me l'a jamais vraiment imposée. »

Peut-être simplement, vu la différence d'âge, qu'ils ont fait leur petite enfance dans des contextes différents, et que du coup l'apprentissage du français ne s'est pas fait de la même manière. Peut-être que Loon a pu voir un peu de la France avant de venir vivre New-York, alors qu'Aimée y est née et n'a donc connu que l'anglais. Oui, c'était bin possible, mais qu'ils te le redisent et tu n'y croirais pas, parce que leurs visages semblaient indiquer que tu avais touché un point sensible. Aimée était peut-être sa sœur sur le papier, mais ce n'était pas sa sœur de sang. Même étant sa sœur de cœur, elle n'aurait eu aucune raison de changer de nom pour prendre le sien. Quelque chose ici ne tournait pas rond. Tu t'es légèrement calmé, pour te retourner vers elle, et lui demandé, concerné par la gravité que pourrait avoir la chose.

« Lil' Dragon, who are you exactly ? »

Trad:
 

Et par ça, tu lui demandais expressement de te parler de la roche sous laquelle elle avait vécu, celle que vous avez évoqué à votre première rencontre.
 

 
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Sam 25 Juil - 1:52

Tu éclates de rire à la remarque d'Aimée avant de reprendre une bouffée de ta cigarette.

« Permets-moi de douter de tes capacités didactiques ma chère, ceci dit je ne pense pas que tu fasses plus peur que qui que ce soit dans cette pièce. »

Question carrure et caractère, même si ta sœur se défend bien, c'est sans conteste de Shandro dont il faut avoir peur. A moins qu'il n'ait fait aucune erreur pour tenter de t'impressionner ? Technique de drague à revoir décidément, bro', autant envers elle qu'envers toi, même s'il sait que malheureusement tu lui es acquis éternellement, jusqu'à la fin des temps et jusqu'au bout du monde. Il aurait fallu que les tendances s'inversent ; que tu ne sois pas si attaché que ça à la tendresse humaine et qu'Aimée ait le courage de se perdre une bonne fois pour toutes dans ses bras. Tu ne veux que son bonheur, mais les voir se tourner autour sans vraiment le faire commence à sincèrement t'agacer. Tu sais que de toute façon, la tournure des événements ne te plaira pas, mais tu n'en laisses rien paraître. C'est avec des gens coincés comme ça que les espoirs en l'humanité se perdent !

« J'ai appris trois langues étant petit : français, allemand, et anglais. Je ne fais d'efforts pour aucune, je les parle toutes de la même manière. Certaines interviennent dans des émotions particulières, cependant. »

Les émotions les plus fortes, comme l'extase sexuelle ou la colère se manifestent ainsi à travers les accents brutaux de l'allemand, tandis que les émotions plus douces et mélancoliques se manifestent en général en français. Le reste du temps, l'anglais est de mise, sauf peut-être avec Caïn dont tu te moques allégrement de la soit-disant pureté alors qu'il porte le même nom que l'un des plus grands pornographes de toute l'histoire de la littérature française.
Shandro fronce les sourcils ; tu lui rends son regard suspect. Ce n'est que lorsqu'il demande clairement à Aimée qui elle est que tu la devances avant qu'elle ne fasse un malheur.

« N'espère pas recevoir de réponse à cette question Shan', il y a de fortes chances pour qu'Aimée ne te dise pas ce qu'elle ne m'a pas dit à moi. Et moi-même je ne pourrais par répondre à cette question parce que certaines choses doivent rester cachées. »

Et soudainement la lumière se fait dans ton esprit. La relation que tu entretiens avec Aimée se tisse dans les fils de l'évidence et de la symbiose, si bien que l'illusion aux yeux du monde se perfectionne de jour en jour. Visiblement, Shandro est de ceux qu'elle a bernés de bout en bout. Un large sourire traverse ton visage tandis que tu recraches longuement la fumée que tu avais avalée.

« Oh, Shan. En fait, Aimée et moi n'avons aucun lien de parenté, ni même sanguin. Nous avons juste le même nom. Tu sais, fausse identité concernant le mouvement dont je t'ai parlé. »

En réalité c'était le prétexte du début, mais maintenant ça n'a strictement rien à voir. Aimée semble avoir écarté légèrement l'hypothèse de cet engagement. Ce qui compte pour elle désormais, c'est de se reconstruire, ce qui passe par le fait d'avoir une identité civile stable à laquelle elle peut se raccrocher si les choses tournent mal de nouveau.
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Sam 25 Juil - 2:55



« Better just go with the flow.
Last thing that we should do is go slow. »



Aimée – Loon - Shandro
featuring

Loon riait lui, parce que je ne faisais pas vraiment peur. Au moins, je ne faisais pas trop peur d’après lui. C’était bien ça, alors maintenant, fallait le faire rentrer dans la tête de shandro, parce que lui ne voulait rien savoir d’apprendre avec moi, mais avec Loon ça allait. Oh et je n’avais aucune idée de ce que didactitruc voulait dire, mais… je pouvais plus ou moins déduire :

« Ça va, on sait maintenant que quand je vais me chercher un job… je ne ferai rien qui va me demander d’enseigner. Je suis nulle dans ce domaine. »

Parce que bon, vu comme ça… c’était logique. Je n’allais pas devenir prof du jour au lendemain et je ne retrouverais pas faire des études dans ce domaine. Loon avait balancé que le français était sa langue maternelle et on avait presque pu entendre le tilt dans le cerveau de Shan’, c’était chiant quand même. Loon parlait trois langues sans effort. Loon, il était parfait, on ne se le cacherait pas. Je l’avais rarement entendu parler en allemand, mais un jour, je le surprendrais avec des connaissances en Allemand, j’y arriverais bien. Déjà, j’apprenais des banques de mots. Les phrases, ça serait pour une autre fois. Pour quand je connaitrais plus de mots à mettre dedans. Bref, je commençais à m’ennuyer, mon estomac me faisait savoir qu’il existait et ça, c’était important quand même. Pourtant, mon regard se fixa rapidement à celui de Shan’ quand il posa sa question. Ce surnom que j’aimais, mélangé à une question que je n’aimais absolument pas. Qui j’étais. Qui j’étais? Aucune idée, je n’étais rien, ni personne au final. Chercher mes mots, c’est exactement ce que je faisais en ce moment. Je me serais braquée. Venant de n’importe qui d’autre, Dieu que je me serais braquée, mais j’étais chez moi, il était dans mon salon et mon frère était là. Du coup, quoi répondre? Pourtant, le premier à répondre fut Loon. Il venait à ma rescousse, comme toujours. Faisant oublié à Shan’ l’idée d’apprendre à me connaitre. Que je ne lui raconterais surement pas, parce que même Loon ne savait pas. Pourtant, là, maintenant, j’avais envie de tuer Loon qui en avait dit beaucoup trop. Réflexe de mon adolescence, j’avais attrapé le premier truc qui me passait sous la main pour le balancer à Loon qui n’avait même pas remarqué son erreur. Non sérieux, je lui avais dit à lui, mais pas pour qu’il le dise à tout le monde. Je lui avais donc balancé un coussin pour qu’il se la ferme. Mon nom, c’était personnel et il le savait pourtant. Donc, maintenant Shan’ savait que moi et Loon, on n’était pas vraiment frère et sœur. Chose qu’il termina de clarifier. Mentionnant qu’on n’avait de lien que le nom, nommant la fausse identité comme un pré-requis au mouvement. Sauf qu’il connaissait aussi mon véritable prénom… Mouvement dont je ne faisais même pas partie en plus! J’avais donc haussée la épaule en regardant Shan’, parce qu’au fond… on se fichait bien de qui je suis ou de qui j’étais. Ça n’avait aucune importance.

« Je suis personne au final. C’est pas important. »

Parce que je n’avais pas envie d’en parler plus que ça. J’étais quand même relativement heureuse que Loon ait répondu. Il aurait pu faire un effort niveau discrétion, mais bon, tant pis. Je donnais surement juste l’impression de mettre refermé sur moi-même. Retourné me terrer au fond de ma coquille. Loin de tout. En même temps, il y avait du positif, je savais maintenant que Shan’ connaissait l’appartenance de Loon au Mouvement. Est-ce qu’il en faisait partie aussi? Je m’étirais finalement avant de me lever. Bon, maintenant qu’on avait éludé les questions chiantes, manger était la meilleure solution. Avec tout ça, le pauvre, je ne lui facilitais absolument pas la tâche au Shandro. Il aurait dû aimer Loon, sa vie aurait été plus simple. Avec de la chance, il l’aimait surement. Je savais que j’avais à lui demander, mais… je n’osais pas, maintenant encore moins. Avec de la chance, il ne supporterait pas de savoir que tout ce qu’il savait sur moi était faux, du coup… il dirait que non. Je m’étais rendue jusqu’à la cuisine. Si j’étais occupée, Loon n’insisterait pas. Parce qu’on savait tous les deux qu’il ne cherchait qu’à me faire poser cette stupide question.  

« Y a que moi qui ai faim? Ou j’en fais pour trois? »

Parce que l’idée d’envoyer Shandro au fourneau m’était passé par la tête, mais l’idée n’était surement pas la meilleure. Pas maintenant qu’on avait volontairement refusé de répondre à sa question. Il n’y avait même pas de mensonge, rien. Juste un refus de collaboré de ma part et de celle de Loon. J’étais déjà en train d’explorer le frigo à la recherche d’un truc à manger. Si ce n’était que pour moi, j’allais surement me faire un truc simple et sans cuisson. Pour trois… j’en avais absolument aucune idée.
 

 
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Lun 27 Juil - 19:54



 La vérité se dit en français

Shan , Loon , Amy  
featuring

   Elle te l'a d'une certaine manière avoué lors de votre première rencontre. Aimée est restée de longues années à l'écart de la civilisation. Où, pourquoi et comment, ça elle a préféré le taire, et c'est tout à son honneur. Tu n'étais alors pour elle qu'un imbécile d'inconnu qui lui avait sauté dessus au milieu de la nuit. Maintenant la situation n'était plus la même. Vous vous étiez rapprochés, elle, Loon et toi au fur et à mesure du temps. Vous vous étiez d'ailleurs trop rapprochés. On ne pouvait même pas parler d'amitié lorsqu'il s'agissait de vous trois. Tu étais amoureux de la fille, et tu éprouvais quelque chose que tu ne saurais vraiment exprimer pour le garçon... mais les secrets n'avaient jamais été éclaircis. Votre petit groupe était l'exemple parfait de personnes se côtoyant sans rien connaître les uns des autres. Leurs vies ne te sont qu'un immense mystère qu'ils n'acceptent de dévoier que trop lentement, elle en particulier. Elle avait trop suggéré auparavant pour se taire maintenant, sauf qu'elle ne comptait vraiment rien dire de plus. Jouer avec la curiosité de son auditoire pour au final briser tout espoir de connaître la vérité derrière la rumeur. Dieu seul sait comme ce genre de choses t'insupportait.
Tes sourcils commençaient à s'arquer, et c'est Loon qui fut le premier à prendre la parole pour la première fois, énoncer un discours qui ne te plaisaient pour le coup pas du tout. Parce que tu n'y croyais pas le moindre mot. Plus que de te sentir trahi par leur fausse parenté, qui au final, te laissais pas mal indifférent, c'est l'impression qu'ils te cachent tous les deux quelque chose qui te dérange. Loon, tu en es convaincu, en sait bien plus sur Aimée qu'il n'ose le dire ; et c'est ton instinct qui te le chuchote, son changement de nom joue un rôle important dans cette affaire, mais pas parce qu'elle a décidé de rejoindre un quelconque mouvement. D'ailleurs, Aimée est loin d'avoir le profil d'une engagée dans quoi que ce soit. Elle est un électron libre et le restera toujours. L'agacement t'a poussé à brusquement te lever, et avec ton corps ta voix s'est soulevée.

« Y'all really think I'm stupid huh ? But guess what, as dumb as I may be, I know for a fact that Amy's not the type of people to get involved in any kind of rebelion. She barely understands the world she's living in ! Why would she want to change it ? That doesn't make any sense ! Y'all are hiding something away from me for some reason, and as childish as it may sounds to you. I. do. Not. Like. it. »

Trad:
 

Et à voir comment Aimée se rétractait, tu avais touché un point sensible. Quelque chose cloche avec cette fille, et ton petit doigt te dit qu'elle est fourrée dans bien plus de problèmes qu'elle n'ose l'avouer. Des problèmes qui ne te concernent sûrement pas. Après tout, ils ne te doivent rien, c'est plutôt toi qui leur doit quelque chose, alors pourquoi est-ce que ça t'énerve qu'ils décident de garder des choses secrètes ? Ils en ont parfaitement le droit.
La mise à l'écart. Purement et simplement. Tu refuses d'être mis à l'écart. Tu les aimes bordel. T'es amoureux de cette fille merde. Eux ils n'ont pas le droit de te mettre à l'écart. Toute ta vie on t'a mis à l'écart, et maintenant que tu trouvais enfin des gens avec qui t'avais fini par tisser des liens, voilà que ça recommençait. À une blessure d'enfance tu réponds par un comportement puéril, et tu t'irrites sans aucune raison. Tu t'irrites d'autant plus que la principale concernée tente sans vergogne d'esquiver la discussion... jusqu'à ce que ça tilte enfin.
Elle a vécu 5 ans à l'écart du monde.
Elle ne sait rien des événements de Darkness Falls.
Elle n'a fait irruption dans le livre qu'après que l'intrigue ait été écrite.
Elle n'existe pas aux yeux des écrivains, alors elle se cache.

« She doesn't exist. »

Trad:
 

Pause.

« You gave her a name, because she's not supposed to be. I guess she's one of those that supposedly died when the gates opened... »

Trad:
 

Tu te retournes vers Loon, rage au ventre.

« You always knew... You always knew I was infatuated with a bitch ass living ghost and you never had the guts to tell me ! »

Trad:
 

Qu'elle ait été vivante ou morte ne changeait rien. Qu'elle existe ou pas aux yeux du gouvernement ne changeait rien. Que tu le saches ou pas ne changeait rien. Mais tu voulais croire qu'il te faisait assez confiance pour te l'avouer et te dire qui est réellement celle que tu aimes tant.
 

 
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Lun 27 Juil - 20:33

Il a suffit de quelques phrases pour que l'appartement se retourne et le monde avec. En quelques expression tu as lâché deux bombes incendiaires, deux grenades dégoupillées, qui ne demandaient qu'à exploser. Aimée t'a simplement lancé un oreiller à défaut d'autre chose, avant d'avorter une potentielle dispute pour aller se diriger vers le frigo. Tu lui indiques que tu as faim toi aussi, passant à autre chose comme tu tires une bouffée de cigarette. Te retournant, tu plonges alors ton regard au dehors, le balance dans le vide avec les échos des paroles de ta demi-soeur. Personne. Tu déglutis avec difficulté. C'est si cruel. Tu fermes les yeux un instant, jusqu'à ce que Shan se lève brutalement. Etonné, tu te retournes pour le voir se dresser de toute sa hauteur tandis que le ton monte. Tu fronces les sourcils, retiens ton souffle.
L'enfer se déverse dans le salon. Un enfer de rage, de rancœur, de sentiment de trahison. Au fil du discours de celui qui se targue d'être ton amant, de jouer avec tes émotions tandis qu'il en drague une autre ouvertement devant toi, tu fronces les sourcils. Tes entrailles se contractent, tu serres le bord de la fenêtre de ta main libre et ton estomac se retourne irréfutablement à la première accusation. Elle n'existe pas. Une pierre chute dans ton ventre. Un putain de fantôme. Seconde pierre, second coup porté sans la moindre considération, à votre visage à votre cœur. La rage monte, les larmes montent, la tension monte.

Et le silence.
Tu prends enfin une inspiration, la nausée au creux de la poitrine et tu écrases tranquillement ta cigarette dans la paume de ta main, le visage impassible. La douleur irradie dans ta peau, consume les tissus, et malgré tout, te calme radicalement. Une larme coule, une seule. Tu viens de te résigner, en silence, à balancer ton poing dans la figure d'une des personnes que tu aimes le plus au monde. Et Shan prend officiellement sa place dans ton cœur, au rang des personnes les plus blessantes de ton existence.

« Pour commencer, je vais te demander de baisser d'un ton, sinon tu prends la porte. »

La froideur de ta voix contraste avec la chaleur qui irradie dans ta paume. Tu passes ta main par la fenêtre et laisse tomber le mégot dans le vide. Le vent dépose un baiser sur ta chair à vif. Tu te redresses lentement, avant de fermer les deux battants de la fenêtre et de t'adosser contre la vitre. Personne n'en a rien à faire de vos éclats de voix, et tu sais que si tu t'approches, tu vas lui en coller une.

« Tu me déçois. Je te pensais mature. Je pensais que tu ne jugeais pas les gens. Je pensais que tu avais de l'espoir en celle que tu dis aimer. J'avais tord sur toute la ligne on dirait. On ne te cache rien, je ne te cache rien. Tu sais ce que tu as besoin de savoir, et pendant que tu gardes toi-même un secret, tu n'as pas à nous blâmer de garder les nôtres. »

La colère se glisse en murmures dans ta voix, dans ton souffle retenu, tandis que tu retiens les sanglots de la douleur qui s'étend dans ta poitrine. Tu ne pensais pas que Shandro serait capable de parler ainsi. Tu n'aurais jamais parlé ainsi à ceux que tu aimes. Le fossé se creuse entre vous et soudain, soudain...soudain vous ne vous ressemblez plus du tout. Un horrible sentiment de déjà vu s'impose à tes yeux. Cette scène où tu as tout avoué à Alvin et qu'il t'a brutalement rejeté.

« Aimée est inscrite à l'état civil. Par conséquent, désormais, elle existe. Je t'interdis de dire le contraire, de parler à la troisième personne comme si elle n'était pas là. Ton putain de fantôme est là, en face de toi. Alors regarde la, parle-lui de front, assume seulement la stupidité que tu viens de lui cracher. »

Tes mains te démangent, tu croises les bras, le cœur au bord des lèvres, dont un ricanement sardonique s'échappe.

« C'est à elle de te dire tout ça. Si je n'ai rien dit, c'est parce que c'est elle que ça concerne. Si je n'ai rien dit, c'est exactement pour éviter le genre de réaction que vous venez conjointement d'avoir. Ce n'est pas une histoire de cran, c'est une histoire de respect. Si Aimée m'a confié des choses, ce n'est pas pour que je les crie sur les toits. Je n'aurais même pas du dire ce que je viens de dire, estime toi heureux d'avoir l'honneur de savoir au moins ça. »

Ingrat. Des insultes effleurent tes lèvres, mais tu ne t'abaisseras pas à les prononcer.

« Et tu me parles de cran ? Alors que t'es pas foutu de choisir entre elle et moi ? »

Tu désignes Aimée d'un signe du menton.

« Regarde-la en face. Regarde-la dans les yeux. Prends tes couilles à deux mains et ose seulement dire que tu es amoureux d'elle après l'insulte que tu viens de lui balancer à la gueule. »
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Mar 28 Juil - 0:56



« Better just go with the flow.
Last thing that we should do is go slow. »



Aimée – Loon - Shandro
featuring

Je savais que dire la vérité n’’étais pas une bonne idée. Loin de là même, mais Loon était comme ça. Moi, je ne lui aurais surement jamais dit mon prénom, tandis que Loon lui aurait raconté sa vie entière. Pour le coup, c’était un peu de ma vie à moi qu’on racontait et étrangement, je n’aimais pas ça. J’avais balancé un oreiller à Loon à l’entente de mon prénom. Pourquoi il ne pouvait pas se concentrer un peu sur les mensonges qu’on disait hein? Ça serait gentil quand même. J’avais donc été à la cuisine à la recherche d’un truc à manger. Loon avait faim, Shan’ ne répondait pas, aussi bien en faire pour trois et la faim viendrait. Sauf que j’avais un peu été déranger dans ma chasse au repas par un Shan’ qui réalise les bobards qu’on lui a déjà servi, qu’on lui a menti et il n’était pas content. Il c’était levé, il avait haussé le ton, mais venant de Shandro ce n’était pas vraiment la fin du monde. C’était même relativement normal. Pourquoi est-ce qu’on le penserait stupide? C’était bien là ma première question. Euh… pardon? Je me lançais dans la rebellion si je voulais d’abord! En fait… va te faire foutre Shan’ je suis une Rebelle si je veux. Bref, il n’aimait pas les cachoteries. Bravo mon grand, la porte est par-là, tu peux m’oublier d’ambler, je ne dirai rien. Sauf qu’il continuait le salaud et c’est là que le bât blesse. Parce qu’il balançait que je n’existais pas.



Mes jointures étaient devenue blanche tellement je serais les poings. Moi, moi j’avais le droit de le dire. C’était ma vie, j’étais dans mon droit, mais pas lui. J’étais là, il me voyait, il n’avait pas le droit de dire des trucs du genre. Il m’accusait de faire partie des personnes de je ne savais pas trop quoi à l’ouverture des portes du truc ou les méchants en sont sortis. Bon d’accord, méchants c’était vite dit aussi. Pourquoi est-ce que je m’en cacherais si j’étais censée être morte là en fait? Parce que bon, une survivante en mode « I’m alive » c’est viable non? J’avais presque réussit à me calmer quand il me traitait de nouveau de putain de fantôme. Euh non. Shandro il dressait des fantômes, pas moi, donc je n’étais pas un putain de fantôme. Je m’étais avancé vers lui, vers eux. J’en avais marre qu’on parle de moi comme si je n’étais pas là. Genre, j’étais là du con! Le seul point positif… c’était que je n’aurais pas à poser la question, il venait de le dire. Il avait un truc pour moi. Ouais, avait, parce que c’était clairement fini maintenant que j’étais un putain de fantôme. J’aurais voulu parler, mais les mots me manquaient et Loon était intervenue. Dieu que je l’aimais Loon en ce moment.

Genre, Loon n’avait jamais été du genre à prendre ma défense, mais il voulait qu’il baisse d’un ton. L’idée que Loon puisse le mettre à la porte pour ça me rassurait. Parce qu’on parlait de moi quand même. Je les regardais limite s’envoyer la balle en fait. J’aimais tellement pas son « celle que tu dis aimer » Euh… non. Il ne m’aime pas. On ne peut pas aimer quelqu’un qui n’existe pas, voilà. Fait chier, je n’arrivais même pas à chasser cette espèce de rage grandissante que j’avais au creux de l’estomac.  Le pire, c’est que Loon n’avait rien à voir là-dedans, il n’avait rien à dire. C’était ma vie, pourquoi il lui aurait raconté hein?!? Donc, entendre Loon dire que j’existais maintenant, c’était rassurant quand même. Merci Loon de te rappeler que j’existais et que j’étais dans la pièce. En général, on ne m’oubliait pas. Ce n’était pas le moment de commencer. Pourquoi Shan’ ne me parlait pas à moi? S’il en voulait à quelqu’un, c’était à moi. Parce que moi, je lui en voulais à lui, beaucoup. J’avais avalé légèrement de travers quand Loon avait dit qu’il n’était pas foutu de choisir entre nous deux. Genre, j’aimais pas ce genre de phrase. Loon avait finalement terminé et il balançait à Shan’ de me parler à moi. Non, il n’était pas amoureux, pas de moi en tout cas. Je ne voulais même pas entendre ce que monsieur avait à dire. Je voyais rouge, comme à mon habitude. C’est donc avec un ton sec et tranchant que je prenais la parole pour la première fois depuis trop longtemps :

« Je peux parler maintenant? Vous avez fini? »

Parce que sérieusement, il n’y avait que moi pour répliquer à l’affront, personne d’autre. J’étais maintenant plus proche de Shan’ pour qu’il perçoive mon regard noir. En ce moment, il était dans la merde. « De un » Je lui balançais mon poing à la gueule, je visais le nez, rien à foutre qu’il saigne sur le plancher et je l’avais fait rapidement pour qu’il n’esquive pas. « Puisque j’existe pas du con, t’aura pas mal. » Non mais oh, ça va de dire n’importe quoi. « T’es mieux de t’y faire maintenant ou de dégager, parce que je ne dirai rien sur moi, jamais. Si tu crois vraiment que Loon aurait dû te parler de moi parce que tu t’imagines des sentiments… bah t’es pas le genre de mec à qui je vais faire confiance de sitôt. »

Parce que sérieusement, je n’allais pas lui raconter des trucs pour qu’il en parle à ceux qu’il juge mériter de savoir. J’avais ensuite levé les yeux aux ciels. J’avais tourné mon regard vers Loon en balançant simplement un :

« Et toi t’essais de me pousser dans les bras de ce mec? Sérieusement? Et pas besoin de lui poser la question, il a répondu de lui-même. Il en a de la chance, on ne sort pas avec des putains de fantômes et encore moins avec une fille qui n’existe pas, problème réglé. On n’en parle plus. »

Parce qu’au final, Loon avait tenté de me convaincre de lui laisser une chance, mais non, ça ne servait à rien. Plus maintenant. J’avais finalement tourné les talons pour me rendre au congélo. J’avais sorti un sac de légumes congeler pour mettre sur mes jointures qui me faisait un mal de chien et j’en avais balancé sur le canapé pour Shan’, pour son visage. Parce que ouais… j’en prenais soin même s’il me faisait chier. Ne demandez pas il était où mon problème, j’en avais aucune idée. Je m’étais assise sur le comptoir, la glace sur les jointures. Fuck ma vie quand même.
 

 
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Mar 28 Juil - 3:27



 La vérité se dit en français

Shan , Loon , Amy  
featuring

    Tes secrets ? Quels secrets ? Alors soit il se fout de toi soit tu as raté un épisode de ta propre vie. Pour autant que tu le saches, tu ne lui as jamais rien caché, et s'il y a encore beaucoup de choses qu'il ne sait pas à ton sujet, c'est simplement qu'il ne l'a jamais demandé. C'était bien différent de ce qu'eux ils t'avaient fait. Il te pensait mature, et bien tant pis pour lui. Tu es aussi mature que peut l'être quelqu'un qui n'a jamais tissé de liens affectif qu'avec ses deux parents et des morts. Tes parents ne t'ont jamais rien caché, et les morts n'ont pas de secret, et surtout pas d'aussi grave. Ils ne comprennent pas, ils ne comprennent rien, et ils ne comprendront jamais. Ils ne te connaissent pas assez pour te comprendre, et ils ne réfléchissent pas assez pour saisir la profondeur de tes mots. Non, elle n'existe pas, elle n'existe aux yeux de personne d'autre que vous, et sous un gouvernement comme le votre, ça voulait dire qu'elle était dangereuse. Le gouvernement sauve, personne ne survit par soi-même. Les gros-bonnets feront tout pour prouver à la population qu'ils sont absolument nécessaires, et que rien ne peut se faire sans eux. Les survivants disparus à l'ouverture de Darkness Falls, ils sont bien plus nombreux que l'on voudrait le faire croire, mais chaque jours certains d'entre eux sont sujets à de mystérieuses disparitions. Ceux qui sont censés être morts doivent mourir, et ainsi les souverains n'ont jamais tort. Elle doit bien le savoir, ce qu'elle risque si elle vient à être découverte et elle aurait bien pu être découverte par ta faute, simplement parce que tu ne savais pas sa situation. Ni Loon ni sa sœur n'ont accepté de te dire qui elle était, et en te privant de la vérité, c'est bien la petite dragonne elle-même qu'ils mettaient inconsciemment en danger. Mais l'analyse d'un pauvre paysan, qu'est-ce qu'ils pouvaient s'en foutre les citadins.

« My secrets ? What secrets exactl... »

Trad:
 

Tu reconnaitrais ce poing entre mille. La signature de la technique de frappe d'Aimée se griffonnait de lettres écarlates en travers de ton visage. Heureusement malgré tout, tu l'aimes, elle en a de la chance... parce que pour ça, n'importe qui d'autre serait mort. Peut-être même Loon lui-même. Tu ne réponds plus de toi lorsque tu es hors de tes gonds, et alors le moindre contact embrase ta mèche, et ta mèche est à la fois courte et plongée dans un énorme sac de poudre. Lorsque tu exploses, tu cognes, et tu cognes fort. Tu aurais roué n'importe qui d'autre de coups jusqu'à ce qu'il ne reste plus un seul os intact. Tu aurais usé tes phalanges jusqu'au sang au point de faire de n'importe qui d'autre un pauvre sac de chair battue, déjà attendrie et prête pour la cuisson. N'importe qui, mais pas elle. Elle, tu étais encore prêt à lui parler. Ou presque.

« Doesn't matter how much of a liking I could've taken to you, if you do not exist to their eye. 'Cause if you do not exist to their eye, they'll make sure you do not to anyone else's. So you better enjoy walking down New-Orleans while ya can, 'cause one day, you'll realise in how much of a mess you are, and before you even think about it for a second, then you'll have your beloved brother here crying over your grave. »

Trad:
 

La douleur physique, celle qu'elle aurait dû t'infliger, t'en a absolument rien a foutre. La seul raison pour laquelle ton corps a mal, c'est parce que ton cœur a mal. Le scénario que tu as vécu encore et encore dans ton enfance se répétait aujourd'hui. T'as beau bien connaître l'odeur du rejet, elle te brûle toujours autant les narines... autant ou même plus encore. C'est contre un incendie que tu luttais cette fois alors que lui choisissait de rajouter encore de l'huile sur le feu. Choisir entre elle et lui c'est la première chose que tu as fait lorsque tu l'as rencontré lui. La relation que tu avais avec lui n'avais jamais été celle que tu aurais eu avec elle pour peu qu'elle t'ait donné une chance et il le sait très bien. Il sait aussi très bien à quel point tout aurait été plus simple si tu étais tombé amoureux de lui. Vous aviez toujours été très clair sur ce que vous ressentiez l'un pour l'autre. Alors pourquoi est-ce qu'il... pourquoi est-ce qu'il te frappait là ? Est-ce qu'il était vraiment capable d'être si cruel ? Tu t'es retourné vers Loon, avec un regard traduisant la perte totale de ta patience. Tes yeux habituellement empreints d'une malice chaleureuse étaient épris d'une monstruosité que l'on n'attribuerait même pas au plus horrible des cauchemars. Là tout de suite, tu le hais. Tu le hais du plus profond de tes tripes, et pourtant, tu l'aimes tellement, que tu arrives à te haïr encore plus.

« You... you... WELL FUCK ! »

Trad:
 

C'est presque l'appartement entier qui a tremblé sous l'impact de ton poing. Tes phalanges se sont violemment écrasées contre le mur, taillant des failles à la fois dans la fébrile peinture et dans ta peau. Ta main est lentement descendue de sa cible, laissant quatre tracés écarlates imprimés sur leur mur. Et alors tu es parti, rage au ventre et mort dans l'âme. Tu es parti en claquant la porte derrière toi en adieu. Pourquoi est-ce que t'es si con Shan ? Pourquoi est-ce qu'il a fallu que tu l'ouvres ? Maintenant tu les a perdu pour toujours, ceux que tu aimais plus que tu ne t'aime toi.
Ils sont encore tellement près. Ils ne sont encore qu'à une ou deux rues de toi. Tu pourrais encore te retourner et demander pardon, mais pour une fois avec eux c'est ton orgueil qui prendra le dessus. Tes poings ont continué à se planter ça et là sur ton chemin, brisant tour à tour ta main ou ta cible, avant que finalement, tu ne puisses plus avancer, et que tu t'effondres, seul, cachant ta peine dans un coin sombre. Cette fois aucune larme n'a coulé, parce que la peine est trop forte pour être expiée.
 

 
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Mar 28 Juil - 6:56

La suite des événements se déroule à une vitesse monstrueuse, tel un train de l'horreur lancé à pleine puissance et boosté à la tension qui vous anime tous les trois. Par deux coups successifs, ton appartement devient malgré tout le plus grand champ de bataille qu'il n'a jamais été. Pourquoi est-ce qu'il réagit comme ça ? Pourquoi est-ce qu'il est obligé de laisser déferler une telle violence sur vous alors que vous avez simplement essayé, toi et ta sœur, de vous protéger mutuellement ? Tu serres la mâchoire, contemplant sans grande incrédulité la réaction ultra-violente d'Aimée. Tu n'es pas surpris ? Non, parce que tu l'a vu venir à des kilomètres. Parce qu'elle est comme ça, parce que Shandro le mérite, parce que tu aurais réagi exactement de la même manière si tu avais été visé par son insulte. De toute évidence, Aimée venait de briser quelque chose entre eux, entre eux deux, entre deux trois. Définitivement. Puisque Shandro parlait désormais d'elle au passé. Tu soupires, fermant les yeux. Shandro avoue que tu as raison sur toute la ligne en quittant l'appartement de manière fracassante. Tu l'entends descendre rapidement les escaliers, et c'est le silence. Le silence de l'après-guerre.

Les entrailles nouées, tu enfouis le visage dans tes mains avant de laisser ses dernières remonter dans tes cheveux qu'elle agrippent fermement. La tête entre tes coudes, prostré en avant, tu retiens la nausée qui te prend au corps devant cette scène surréaliste. Tu serres les dents pour ne pas pleurer devant elle. Devant le mal que tu lui as fait. Te redressant, tu saisis le sac de congélation que tu remets dans le congélateur avant de rejoindre la jeune femme. Tes bras s'enroulent autour d'elle et ton front rencontre le sien.

« Je suis désolé. J'ai espéré croire de tout mon cœur que ça se passerait autrement. Jamais je n'aurais pensé qu'il aurait réagi ainsi. Je le croyais digne de confiance sur ce point là je...Je ne sais même pas quoi penser. Pardon de t'avoir fait du mal, pardon, petite sœur. »

Tes lèvres viennent rejoindre sa tempe tandis que de ton étreinte, tu essaies de lui redonner toute sa chaleur, tout sa consistance d'être vivant, car à tes yeux elle existe bel et bien, mieux que quiconque et personne ne pourra jamais dire le contraire.

« N'oublie pas que tu existes. Ne l'oublie jamais. Tant que tu existes à mes yeux tu existeras, et tu viens de prouver à l'instant que tu te battras contre le monde pour survivre. J'ai confiance en toi. Ne m'oublie jamais, ne t'oublie jamais. »

Tes mains se perdent dans ses cheveux et tu lui prodigues encore l'amour nécessaire, cet amour désintéressé, muet, et fraternel que tu lui as toujours donné et dont elle pourra toujours te demander la preuve vivante. Jamais tu ne la laisseras tomber. On ne laisse pas tomber sa famille.

« Je vais te laisser tranquille. Je te fais confiance. Evite le cimetière si tu veux sortir, tu n'as rien à y faire, tu n'es pas un fantôme. Tu ne seras jamais un fantôme. »

Tes lèvres gagnent sa joue et tu te sépares d'elle, ta main caressant une dernière fois ses longs cheveux en bataille. Tu la contemples quelques secondes, le regard lumineux de celui qui a encore de l'espoir, de celui qui aime ces deux imbéciles, peu importe la stupidité monumentale dont ils viennent de faire preuve en face de toi. Tu la contemples comme la femme la plus forte que tu n'as jamais rencontrée, comme celle qui existera pour toujours à la fureur de vivre.

« Je vais aller m'assurer qu'il n'est pas en train de se fiche en l'air. On ne tourne pas le dos à la famille, même s'il vient de le faire. »

Et clairement, tu ne le laisserais pas s'en tirer comme cela. Comme un lâche, comme un idiot, comme une connerie d'amoureux. Tu ne le laisserais pas partir comme Alvin t'a laissé partir. Parce qu'autant toi tu as une capacité de remise en question redoutable, autant si vous le laissez filer, il deviendra lui aussi un fantôme dans votre existence. Tes doigts abandonnent la silhouette prostrée de ta sœur, lui laissant pour remède à sa douleur le calme olympien de l'appartement désormais presque vide. Tu rechausses tes Doc' sans les lacer, ré-enfiles ta veste et embarques tes clés avant de disparaître à ton tour.
Tu t'étais toujours promis de le suivre au bout du monde. Tu le chercherais toute la nuit, même si pour cela tu devais t'enfoncer au fin fond du bayou. Malgré la violence avec laquelle il vous a quitté, dans un adieu, une déclaration de guerre, tu ne le laisseras jamais tomber. Tu aurais fait strictement la même chose si c'était Aimée qui vous avait quittés. Mais Aimée ne file pas comme ça, parce qu'Aimée a au moins les couilles d'affronter ses problèmes en face.

Tu le retrouves sans grandes difficultés, suivant les traces des encastrements de son poing dans les murs, demandant aux passants que tu commences à bien connaître le souvenir d'un homme de son physique particulièrement énervé. Ta lueur perce la nuit, inaccessible, inatteignable, jusqu'à ce que tu éclaires de ta présence l'impasse sombre dans laquelle il s'est prostré. La main sur la pierre froide, tu le contemples un instant, dans toute la rage et la tristesse qu'il n'a jamais su te montrer, dans un abandon total de lui-même. Tu glisses contre le mur, accroupi en face de lui, assez proche pour te laisser frapper comme les murs qui t'ont guidé s'il en ressent le besoin.

« Vous ressentez vraiment le besoin intrinsèque de vous prendre la tête tous les deux, pas vrai. Il suffirait de vous avouer à quel point vous vous aimez, pourtant. C'est pas si compliqué. C'est terriblement simple, même. J'espère que tu as saisi qu'elle va t'être inaccessible un moment, maintenant. Sinon pour toujours. Que c'est pas en insultant les gens qu'on les garde près de soi. Surtout les femmes, surtout Aimée. »

Tes genoux rencontrent le sol et, dévorant la faible distance qui vous sépare, tu le prends dans tes bras à son tour, le parfum d'Aimée embaumant encore ta présence malgré le vent infernal qui l'agresse et tente de le faire partir.

« Viens là. »

Tu le serres fortement contre toi, l'empêchant de se débattre, l'empêchant de fuir, fracassant toute ta douceur amoureuse contre lui, cette arme ultime contre la rage et la violence. L'odeur de chacun d'eux sur ton corps, tu sembles vouloir réunir de manière abstraite ces trois entités trop sauvages que vous êtes. Ton cœur martèle ta poitrine, bien vivant, vibrant d'espoir et de lumière. Vibrant d'amour. Pour Lui. Pour Elle.
On ne te perd jamais, toi. Parce que tu courras toujours après les gens. Parce qu'après avoir failli perdre Alvin, tu ne feras pas la même erreur une seconde fois. Parce que tu aimes trop la vie, parce que tu les aimes trop, eux.

« Je ne te laisserai jamais partir. Je te suivrai au bout du monde, alors n'essaies jamais de me fuir. Je t'aime tu sais. Je vous aime tous les deux, infiniment. »

Tu raffermis ton étreinte, tes muscles roulant sous ta peau chaude tandis que ta chaleur se transfère une seconde fois. Tu es incapable de leur faire la gueule. Incapable de te buter trop longtemps contre eux tant la vie est courte et précieuse, incapable de les voir souffrir, incapable de ne pas les voir heureux. Et pourtant malgré ta douleur tu tentes encore une fois de les rapprocher, ange gardien maudit, distillant chez les autres ce bonheur que tu ne trouveras jamais.
Parce que toi, quand tu as fui, personne ne serait jamais venu te chercher.
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Mar 28 Juil - 18:04



 La vérité se dit en français

Shan , Loon , Amy  
featuring

    Recroquevillé dans ton coin à broyer du noir, tu enrages d'autant plus que tu sais qu'il va venir. Malgré tout ce qu'il a pu dire, il t'aime, et tu sais très bien qu'il ne supportera pas de voir se reproduire la tragédie qu'il a vécu avec Alvin. Tu sais que tu vas le voir, mais tu n'es pas sûr de vouloir le voir. Tu n'es pas sûr de comment tu réagiras face à lui. Aimée et toi avez ça de commun que vous êtes capables d'une grande violence, et autant qu'il ait pu psychologiquement te détruire en quelques phrases, tu n'as pas envie de lui rendre physiquement la pareille. L'oeil plus noir encore que les ténèbres qui t'entourent, tu essaies de te calmer, tu te balances sans but, les genoux dans tes bras, comme l'enfant paria que tu as toujours été. Si les autres te rejettent, c'est parce qu'ils ne te comprennent pas, et s'ils ne sont pas capables de te comprendre, c'est que tu as une longueur d'avance sur eux. C'est ce que disait toujours ton père lorsque tu revenais de l'école, systématiquement déçu de n'avoir pas su t'intégrer au reste de tes camarades. Pour le coup tu n'avais aucune avance sur Loon, et s'il ne te comprenait pas, lui qui as toujours su te comprendre, c'est que tu ne lui en a pas laissé l'occasion.
Un bruit de pas dans la pénombre et tu sais qu'il est là. Une forme se détache d'entre les ténèbres et te fait bouillir les tripes. Il est tout près, il est trop près, à portée de tes poings et de tes pieds. Il te tente, te provoque presque, il s'offre à toi prêt à encaisser ta rage. Non. Tu ne feras rien. Les regrets sont trop amers pour que tu te risques à t'en emplir les mucqueuses. Si tu lèves la main sur lui maintenant, tu le tues. Si tu le tues, tu te tues. Cette fois-ci il n'essaiera pas de comprendre, et ce sera donc à toi d'être explicite. Il ne dira pas à ta place les mots qui te restent en travers de la gorge, et pour une fois, tu devras faire l'effort de t'ouvrir.

« I never insulted her. I warned ya. Y'all just chose not to understand what I meant, 'cause y'all don't wanna face the truth. Lies just tastes so much better. »

Trad:
 

Il te prend dans ses bras, dans une étreinte à sens unique que tu luttes de toutes tes forces pour ne pas rendre. Tu lui en veux trop pour le pardonner maintenant. Tu ne peux pas te résoudre à exprimer ton amour tant que tu n'as pas parlé.

« In the eyes of the society, she doesn't exist. It's a fact. One day, the little protection your name gave her is not gonna be enough anymore. Someone's high up here is gonna recognize her, and they're gonna abuse her. And once they're done, they're gonna give her the death she was supposed to meet. You know as well as I...no... you even know better than I do how unaware she is. She doesn't know this world. It's all new for her. She's not ready for all'o'this. You can't make a rebel out of someone that doesn't have a clue who his ennemies are. She does have a rebelious spirit, but she's not quite ready yet. »

Trad:
 

Et il continue de te cracher de l'amour, en corps et en cœur comme il sait si bien le faire. Comme il l'a trop fait avant de te dire ça. Cette phrase qui t'a complètement sorti de tes gonds, et que tu ne lui pardonneras pas avant très, très, très longtemps. Cette phrase qui couplé aux mensonges, t'as fait reconsidérer toute l'affection qu'il te porte.

« Do you ever get sick of lying ? »

Trad:
 

Et avec ses mots, tu brisais entièrement son étreinte. Aussi forte qu'elle ait pu être, elle ne l'était pas assez pour contenir tant de rage. Ton poing s'est lancé, juste à côté de son visage, frôlant sa tempe à presque la couper, pour s'écraser contre le mur juste derrière lui.

« You didn't have the right to say that. »

Trad:
 

Et ignorant la douleur qui lancinait les os brisés de ta main, te poing recommençait encore et encore son chemin.

« I've always been truthful on how I felt about you, and I've always been truthful to you on how I felt about her. You always knew that I was in love with her, but you also always knew how hard it was for me not being able to love you. You always knew that you would've been my choice if I had one, but guess what, I do not. »

Trad:
 

Tu rétractes ta main droite, endolorie, ensanglantée, pour la cueillir de ta main gauche. L'adrénaline te permet d'encore bouger tes doigts, mais pour combien de temps seulement ?

« I'll always love her, no matter how much she hates me, because I do not have a choice... but you... you lost me. »

Trad:
 

Si seulement il suffisait de le dire. C'est loin d'être fini. Tu ne peux pas oublier Loon. Tu ne peux pas te débarrasser comme ça d'une partie de toi. La colère te fait dire des choses que tu ne penses pas, mais tu l'aimes, tu l'aimes plus que jamais, malgré le mal qu'il t'a fait tu l'aimes. C'est bien parce que tu l'aimes que tu parles et que tu ne frappes pas. C'est parce que tu l'aimes que tu parles, et que tu ne t'en va pas.

« I thought you'd always understand me, but now I realise... you do not know me one bit and I do not know you either. Only difference is, you would've known me if you had asked, but if I had been to ask, you'd have spit lies all upon my face. Loon... well shiet... if that's even your real name...»

Trad:
 
 

 
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Mar 28 Juil - 21:19



« Better just go with the flow.
Last thing that we should do is go slow. »



Aimée – Loon - Shandro
featuring

J’avais du mal à suivre, je l’avoue. J’avais du mal parce que j’étais furieuse, je lui en voulais d’exister en ce moment. Il ne savait pas de quel secret Loon parlait et je lui avais coupé court. J’en avais marre qu’on parle de moi sans se soucier de moi. J’étais dans la même putain de pièce qu’eux, j’existais et j’allais me battre pour y arriver. Rien à foutre que Shan’ m’en veule, il avait déjà fait une croix sur le peu d’amitié que je lui portais. Au moins, il me voyait maintenant. Il me parlait même. Il disait n’importe quoi. Genre, j’allais mourir un jour. J’étais morte il y a de cela 5 ans, en même temps que mes frères, alors je m’en foutais clairement de mourir aux mains d’un gouvernement tyrannique. La seule chose que je demandais, c’était de pouvoir leur rendre la pareille avant de mourir. Tout simplement. J‘aimais rendre coup pour coup.

« Je suis morte y a bientôt six ans. Rien à foutre de mourir ou d’être trouvée. »

Je n’existais pas de toute façon. Alors ça ne changerait rien. J’avais tourné les talons en prononçant cette phrase, parce que ma main m’élançait, parce que la douleur me rappelait que j’existais. J’avais mis de la glace, je lui en avais balancé aussi, mais il s’en fichait. Il était parti, bon débarra. J’avais cette espèce de poids dans l’âme, mais on s’en fichait. Il avait fait son choix. Il avait choisi de partir et bien tant mieux, qu’il ne revienne pas. Jamais. De toute façon, je n’étais pas assez bien pour lui. Les putains de fantômes, il les chassait, les enfermait, les tuait? Pas nécessaire de faire la même chose avec moi. Il aurait quand même dû prendre les légumes congelés en partant. Il allait avoir mal à la main après le coup qu’il avait donné dans le mur. Tant pis pour lui, je n’allais pas le revoir de toute façon, parce que ça au moins, c’était clair. S’il se pointait ici, j’irais ailleurs, point final. C’est finalement Loon qui était venu ranger les sacs, il était près de moi et moi, je continuais de regarder l’effet du froid sur mes jointures endolories. Les bras de Loon autour de moi me font déjà un bien fou, son front contre le mien aussi et je ne fais rien pour me dérober, mais je ne dis rien. je ne sais même pas comment je dois me sentir en fait. Danser entre rage et culpabilité, ce n’était pas dans mes habitudes. Il me demandait pardon. Pourtant… il n’avait rien à se faire pardonné.

« C’est pas toi Loon, tu n’as rien fait. Faut pas t’en vouloir. Maintenant je sais ce qui en est. »

Maintenant je savais à quel point les sentiments que Loon imaginait à Shandro à mon égard étaient complètement brisé. Parce qu’on ne peut pas aimer quelqu’un qu’on ne connaissait pas et même s’il avait peur de connaitre quelqu’un qui n’existait pas… il aurait pu le dire autrement. Demander comment on s’arrangeait? On lui aurait expliqué, tout simplement. J’étais crevée là et j’avais mal. Il dépose un baiser sur ma tempe et ça me fait sourire, un petit sourire triste, mais un sourire quand même. Je n’osais toujours pas le regarder, mais j’ouvrais et fermais ma main pour vérifier que rien n’était brisé. Il continuait en disant que j’existais, que je ne devais pas en douter et ses mots remplissaient doucement la plaie béante que Shan’ avait créé sans réaliser à quel point ses mots pouvaient me blesser. Il ne pouvait pas savoir à quel point ne pas exister, n’exister dans le regard de personne m’avait rendu hermétique au monde, mais Loon savait lui et il refusait que ça revienne comme ça. Du moins, j’avais cette impression. Elle était loin la Aimée qui fixait son plafond des heures durant, mais pas encore assez pour que je ne la sente pas revenir, pourtant les mots de Loon la tenait loin. J’avais finalement passé mes bras autour de lui pour le serrer dans mes bras. J’avais besoin de ça, maintenant. J’avais 21 ans, je n’existais que dans le regard de Loon et je n’avais rien d’autre. Sans savoir, Loon m’avait vendu du rêve un peu, l’idée de rajouter Shandro à la liste des gens importants m’était passé par la tête, mais… on allait laisser tomber.

« Je te l’ai dis Loon, exister que pour toi, ça me va à moi. et je n’oublie pas, promit. »

Parce que Loon était comme un frère et que j’en avais assez perdu pour ma vie en entier. Celui-là, je l’avais choisi, je le gardais, vraiment. Pourtant, lui me disait qu’il partirait. Que si je voulais sortir, de ne pas m’approcher du cimetière, même si on aime y jouer, parce que je ne suis pas un fantôme, malgré ce que Shan’ en pense. Pourtant, j’agis comme tel, il n’a pas tort. Il m’embrasse sur la joue avant de s’éloigner un peu. J’avale de travers. Je n’avais pas envie qu’il parte, mais il allait pourchasser Shan’, il y tenait trop. Il parlait de famille, mais… moi je pensais toujours qu’il l’aimait au fond… Qui pouvait en vouloir à Loon d’aimer après tout. Je tenais quand même à souligner un truc important.

« Pas de cimetière pour moi, je te le promet. Et fait ce que tu veux avec lui, mais il ne remet pas les pieds ici. Pas quand j’y suis. C’est ma seule demande. »

Ma voix c’était fait tranchante, mon regard était déterminé. Je n’allais pas le revoir, je ne le voulais plus et Shandro ne savait pas à quel point j’étais douée pour ne donner aucun signe de vie. Comment je pouvais disparaitre pour toujours de la vie de n’importe qui. Je venais de le rayer de la mienne et il venait de me rayer de la sienne, on le savait tous les deux. Et un peu avant que Loon quitte l’appartement, je laissais tomber simplement un :

« Je t’aime Loon. »

Parce qu’en ce moment, je n’avais pas envie qu’il l’oubli. Je n’avais pas non plus envie qu’il m’oubli. Il suffisait de pas grand-chose pour tuer une relation et même si j’étais nulle pour ça, j’espérais être assez douée pour garder quelque chose de fort avec Loon. Même si en ce moment, je me sentais amputé des sentiments plus que jamais. Parce que j’avais été incapable de tenir une conversation importante avec Shan’, mais maintenant… c’était fini, alors j’avais un poids en moins… non? De la musique, de la musique et un bain, le noir et moi qui pense. C’était comme ça que j’allais terminer cette soirée de merde. Parce que si je sortais, j’allais me foutre en l’air et Loon n’avait pas besoin de ça. Il avait déjà son Shandro à réparer, moi, j’allais être sage et rester à l’appartement finalement.

 

 


Dernière édition par Aimée Wolf le Mar 28 Juil - 21:26, édité 1 fois
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