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 French Letter | Shandro & Aimée

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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Mar 28 Juil - 21:20

Le souffle court, tu le laisses déchirer ton étreinte comme il déchire le masque qui l'a toujours recouvert. La violence, tu en as malheureusement la triste habitude, parce qu'elle sommeille en toi depuis des lustres, parce que tu as connu celle de Seraphina, celle de Zampa, celle d'Aimée, celle d'Alvin et rien qu'à la façon dont il t'a fait l'amour quand vous vous êtes rencontrés, tu as pu deviner à quel point il pouvait faire preuve de brutalité. La frontière entre la haine et l'amour est si mince. Soupirant, le corps tremblant, tu te laisses aller contre le mur, le laisses hurler, le laisses frapper si près de ton visage tandis qu'il te menace, qu'il crache tout un tas d'obscénités. Un tas de choses qu'il ne contrôle pas, comme toi tu ne les as pas contrôlées quand tu t'es insurgé contre Alvin. Une seule différence subsiste ; Shandro ne s'excusera jamais de tout ce qu'il vient de dire.

« Sache une bonne chose, c'est que la véritable signification des phrases que tu prononces est celle choisie par la personne qui les reçoit. Quand tu as un revolver dans la main, que tu vises la tête de quelqu'un et qu'au lieu de ça tu touches son cœur, tu es quand même coupable d'avoir tiré, tu es quand même coupable d'avoir fait mal. »

Lorsqu'on parle aussi violemment à quelqu'un comme Shandro a parlé à ta sœur, il faut préparer tout de suite ses excuses et s'attendre à devoir se remettre en question. Dans une discussion, tous les protagonistes sont coupables. Aimée est coupable d'avoir frappé, de n'avoir rien dit. Shandro est coupable d'avoir frappé, de n'avoir rien dit. Tu es coupable d'avoir frappé, de n'avoir rien dit. Vous êtes tous coupables de la même chose, d'une manière différente, et tu sembles être le seul qui en prend conscience actuellement. Le dos trempé de sueur collé contre le mur, tu croises simplement les jambes, te contrôlant désormais sans peine puisque toute la colère que tu as pu ressentir s'est fondue dans la braise qui palpite dans ta paume à vif.

« Tu t'es monté la tête pour quelque chose qui n'a pas eu lieu. Aimée n'est pas dans le mouvement et elle ne l'intégrera pas tant qu'elle ne le choisira pas. Sache que si un jour tu y rentres, tu devras accepter d'obéir à des ordres sans savoir sur quoi ils se fondent, tu devras accepter qu'on te cache des choses et agir bêtement. Quand on voit comment tu réagis à l'échelle de tes amis, tu n'es pas plus prêt qu'elle à réagir à l'échelle du monde. Elle m'a demandé un nom, une existence, je lui ai donné la mienne. Si elle est condamnée, je lui ai donné au moins le privilège de repousser sa sentence. »

Et tu ne t'énerves toujours pas. Tu sembles être la lumière de son ombre, le calme de sa rage, l'amour de sa haine. Chaque personne est présente en nous, pour nous, si on croit en elle et qu'on lui est fidèle.

« J'ai jamais rien eu à te demander parce que je t'ai cerné dès que je t'ai vu et j'ai continué à t'analyser au fil de nos rencontres. T'as du être tellement mis à l'écart tout au long de ta vie par ceux que tu aimes, par ceux que tu as aimé, que tu as explosé quand l'espoir que tu as placé en nous s'est révélé vain. Tu es tellement du être rejeté que le simple fait de ne pas tout savoir t'a rendu dingue. Que dès qu'on t'aime tu te jettes a corps perdu dans les bras du concerné, et que dès qu'on te rejette tu t'accroches comme une moule à son rocher. Je n'ai rien eu à te demander, j'ai compris tout seul. Ce que j'ai compris m'a suffit, et s'est plus que jamais vérifié ce soir. »

Et ça n'a franchement pas été pour te plaire.

« Tu es entrain de me reprocher au présent le mal que le passé t'a toujours fait. »

Un soupir s'échappe de tes lèvres, le silence s'installe. Tu fermes les yeux, lèves la tête. Le ciel étoilé te paraît soudain si proche, ainsi découpé en illusion d'optique par le haut des immeubles de l'impasse. Tu pourrais t'accrocher aux étoiles pour fuir cette confrontation stupide qui te tord le ventre. Et soudain un rire te secoue. Un rire triste.

« C'est fini ? Mais rien n'a commencé Shan, strictement rien. On a couché ensemble et tu m'as clairement dit que la première fois était la dernière parce que cette fille te hantait. Chacune de tes phrases me le rappelle, me rappelle que malgré l'amour que tu me portes, je passerai toujours en seconde position. Est-ce que je t'en veux pour autant ? Non. Si tu prétends que je mens, si tu n'es pas capable de me faire confiance, alors effectivement, même si tu étais amoureux de moi, il ne pourrai rien se passer entre nous. Alors quoi ? Tu aimes Aimée ? Mais vas-y, aime-la de tout ton cœur, elle ne voudra plus jamais t'adresser la parole après le comportement que tu viens d'avoir; elle ne va pas chercher les gens au bout du monde par amour. »

Un ricanement te secoue.

« Tu es tellement en colère que tu es en train de jeter la seule des deux personnes qui te porte de l'attention et d'aimer celle qui n'en a rien à foutre de toi. La vie est mal faite. »

Finalement, tu ouvres les yeux pour les plonger dans les siens. Ton visage n'a pas durci une seule fois, il s'est peint de ce sourire éternel gorgé d'amour.

« Loon n'est pas mon vrai prénom. Quatre des cinq personnes qui ont l'honneur de le savoir me connaissent depuis plus de vingt ans. Mais puisque tu tiens à le savoir, si ça peut te calmer, je m'appelle Warren. »

La quatrième personne étant Aimée, qui reste un cas à part. Elle t'a donné son nom, tu lui as donc donné le tien ; échange de bons procédés, en somme. Ton prénom n'est pas une honte, il est un douloureux rappel des origines que tu ne connaîtras jamais et surtout, une prise de risque monstrueuse si on connaît ton activité dans le mouvement. T'appuyant sur le mur, tu finis par te redresser et à te lever complètement étant donné que tu n'as plus rien à dire. Tu te dégages de l'impasse, le cœur alourdit par toutes ces révélations. Tu tires une cigarette de ta veste, la grille, tires dessus avec nonchalance.

« J'ai revu Alvin récemment et nous nous sommes mutuellement présenté nos excuses. J'ai décidé, pour ne pas ruiner notre amitié de si longue date, de lâcher son cœur. Pour arrêter de souffrir. Quitte à douiller pour une chose inaccessible, j'ai choisi de douiller pour celle qui contenait un peu d'amour de la part de l'autre. Tu veux que j'arrête de mentir ? Parfait, puisque tu y tiens, j'arrête de mentir. »

Tu te retournes vers lui, la cigarette entre les doigts, le cœur au bord des lèvres.

« Je suis amoureux de toi. »
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MessageSujet: Re: French Letter | Shandro & Aimée   Jeu 30 Juil - 18:20



 La vérité se dit en français

Shan , Loon , Amy  
featuring

Les éternelles métaphores sentimentales de Loon. Celles que tu ne comprends souvent que parce que c'est lui qui les énonce. Loon a cette capacité innée à donenr de la signification à des mots qui n'en ont pas. Toi, t'es plus le genre à faire disparaître la signification de mots qui en ont, et en ça vous vous complétez. Si seulement il savait à quel point c'était difficile pour toi de rester de marbre face à lui lorsque ta seule envie est de fondre en larme et de le prendre dans tes bras. Si seulement il savait le florilège de sentiments qui te déchirent le cœur tous en même temps, lorsque tout ce que tes lèvres laissent échapper, c'est une des répliques du tac-au-tac que tu t'amusais régulièrement à lui lancer lorsque ses élucubrations commençaient à partir trop loin. Sauf que d'habitude, ces répliques étaient l'occasion de rire, chose que tu ne te permettras sûrement pas dans ton état actuel.

« Headshots and Heartshots are both a kill. Wud be no difference where'd I aim whatsoever. »

Trad:
 

Et avec ça il coupe court aux images pour passer aux faits. Il oscille selon les passages entre finalement donner raison à tes jugements soit-disant malvenus, émettre à son tour des jugements malvenus, et justifier ce qui t'a poussé à émettre de tels jugements. Aimée ne fait pas partie du mouvement, ça tu t'en étais douté. Elle n'avait pas pris son nom par rapport au mouvement, et ça aussi tu t'en étais douté, sauf qu'en utilisant tes réactions actuelles pour justifier ta possible inaptitude à toi aussi rejoindre la rebellion, il faisait une grossière erreur. Il y a une différence majeure entre alliés et amis. Tes alliés te soutiennent tant que vous combattez pour une cause commune, tes amis te soutiennent quoi qu'il arrive. En tant qu'alliés, vous êtes là pour vous battre, vous vous épaulez dans une guerre, et il n'y a pas le temps pour les sentiments lorsque l'on est en plein milieu d'une bataille. T'es capable de faire des choses insensées pour une cause que tu penses juste. T'es capable d'obéir aveuglément si l'ordre de semble judicieux, tu t'en fous des secrets de guerre parce qu'à la guerre, moins de soldats informés, c'est moins d'ôtages valables. À la guerre, la seule chose que tu refuseras, c'est de jeter des gens à la mort sachant pertinemment que rien n'en sera tiré, ni dans l'immédiat, ni sur le long terme. L'amitié n'est pas la guerre, simplement parce que contrairement à la guerre, l'amitié n'a pas besoin d'être justifiée, mais comme la guerre, elle éclate bien trop facilement.
Ça t'a fait encore plus mal de réaliser qu'il avait compris depuis le début. T'aurais préféré avoir à lui expliquer, plutôt qu'il te dévoile lui-même avoir brisé consciemment l'espoir que tu avais placé en eux. Tu lui en veux d'avoir toujours su, et d'avoir quand même lancé les dés, malgré le peu de scores en ta faveur. Oui tu lui reproches le mal que le passé t'a fait. Tu le détestes de t'avoir replongé dans la seule et unique douleur ayant voilé ton bonheur d'enfant. Une douleur d'autant plus forte que chaque fois qu'elle revient, elle porte avec elle son lot de désagréables souvenirs.
Ça te fait encore plus mal lorsque le sujet de ses aveux en arrive à la phrase de trop, celle qui t'aura achevé, et chassé de devant sa face. Parce que cette phrase en plus d'être douloureuse, était elle aussi un mensonge. Il savait très bien la position qu'il occupait dans ton cœur. Ton choix était déjà fait et il en avait été informé. Tu ne prétends pas qu'il ment, tu sais qu'il t'a menti, et il vient de l'avouer. D'une voix trop fébrile pour que ça soit réel. Il rit. Il ne rit pas comme rit celui qui tente de faire rire pour apaiser. Il rit comme celui dont l'esprit n'est pas tranquille. Un rire triste qu'apporte la contrariété. Tout ça parce que tu as menacé sans même le penser, d'arrêter ce qui n'a jamais commencé. En riant il t'avoue une nouvelle vérité. Ce qu'il redoutait lors de votre première rencontre a fini par arriver. C'est d'une pointe de jalousie que ce rire est teinté. Il n'est pas juste – la seule des deux qui te porte de l'attention – il a succombé. Il est amoureux de toi. Tu fronces les sourcils, tentant péniblement de lui tenir le regard, avant de baisser les yeux vers tes paumes.

« My hands are aching. »

Trad:
 

Tu ressens à nouveau la douleur physique, et c'est signe qu'il aura réussi à calmer le volcan qui bout en toi. La montagne ne crache plus, mais les incendies subsistent. La fumée qui lui parvient aux narines lui est bien moins agréable que celle des cancers cylindriques qu'il refuse d'arrêter de s'enfiler, alors il continue de pleuvoir de vérités. Il finira par l'avouer, qu'il t'aime, alors tu attends, tu te dérides un peu chaque fois qu'un mot trouve écho dans ton esprit. Le voilà donc, son véritable nom. Celui qu'en tant qu'animateur rebelle, il ne peut dévoiler au grand jour. Tu n'espérais pas vraiment le connaître, et en vérité, tu t'en fous pas mal. Ce nom-là, les raisons pour lesquelles tu ne le connaissais pas, tu les savais. Tu t'en foutais royalement de son véritable nom, mais tu mentirais à ton tour si tu disais que la démonstration de confiance que traduisait cet aveu ne t'avais pas profondément touché.
Le feu est affaibli, mais ne s'éteint pas. Il se lève, combat la fumée par la fumée, puisque la pluie ne fonctionne pas, et puis finalement, elle arrive, la dernière goutte, et tu te lèves à ton tour. Mine toujours renfrognée, tu lui arraches violemment le mégot d'entre les lèvres.

« Je suis amoureux d'Aimée. »

Et tes doigts endoloris venaient péniblement s'accrocher aux siens.

« Mais elle peut prendre son temps. »

Tu as vu dans le regard d'Aimée de la colère, mais tu y as aussi vu de la culpabilité. Un jour elle réfléchira, et elle finira par comprendre ce que tu voulais lui dire. Elle comprendra ce qui t'a fait peur, et alors là plus que jamais elle sera prête à te rendre ton amour. Mais pour l'instant, il y a lui. Il y a lui qui t'aime sachant qu'il ne t'aura jamais entièrement pour lui. Alors le moins que tu puisses faire, c'est d'oublier tes rancoeurs, pour lui donner à ton tour un peu de la douceur qu'il mérite tant. Ta main libre vient s'user contre sa nuque, contre laquelle tes doigts tremblant la douleur de leurs os émiettés tentent désespérément de se poser, vibrant contre sa peau plutôt que de l'accrocher. Tes lèvres elles viennent cueillir les siennes dans un mouvement assuré, lui échangeant un baiser plus passionné que jamais. Les voilà, tous les pardons qu'il n'entendra jamais. Tu brises doucement un long baiser, pour poser ton front contre le sien.

« Parfois, il fait très bon attendre... Loon »
 

 
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