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 Monsters ; aurnia

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MessageSujet: Monsters ; aurnia   Mer 22 Juil - 4:36


MONSTERS
(flashback)
Aurni-thorynque & Viktor


***

Les brumes de mon flegme enveloppent des cimes de tristesse. Trop de cendres sur le brasier, de glaces entre mes organes. Il n’y a pas l'ébauche d’un pli pour écorcher mon fard marmoréen ni de larme pour me barrer le visage. La carcasse familière gisant au fond de sa sépulture nivéale s’imprime pour une ultime fois sur ma rétine sans parvenir à fendiller le roc de mon cœur. D’un regard enflé de tendresse, je caresse la dépouille d’Aleksandra, en repos sur la neige de New York, soumise aux vents et aux temps, à une fin scellée dans la poussière et l’oubli. Le silence rime en diatribe à mes oreilles. Quand bien même je n’aurais jamais pu obvier aux esquisses du fatum pour la sauver du trépas, je me sens en quelque sorte responsable de sa misérable existence qu’elle aura charriée de son berceau à son caveau. Par mon absence, ne l’ai-je pas enchainée à une vie solitaire, ne l’ai-je pas poussée moi-même dans les bras malingres de la maladie, dans l’étau étouffant d’une mélancolie si puissante qu’elle en a gangréné jusqu’à sa santé ? La culpabilité se fait criante et le feu explose de lui-même en mes entrailles pour cloquer mon âme de quelques remords. Les « si » s’accumulent mais la conclusion demeure tristement la même : elle meurt et je vis, balafré de fautes et de regrets. Plus que le cœur dont je ne sens les battements, la pulpe des phalanges me parait soudainement froide et douloureuse. D’un œil je constate que les doigts se diaprent d’un zeste de violet et de bleu suite aux morsures du climat pour m’avertir d’une hypothermie en devenir. Mes billes n’ont d’autre choix que de lâcher leur prise avec grande peine. La distance se dilate par une frangible volonté de la part de mon squelette en alerte. Dès que je tourne dos, un rideau moucheté de blanc tombe subito derrière moi comme un rempart de neige venu endiguer toute éventuelle velléité de rebrousser chemin pour la voir une dernière fois.

Je pénètre ma rutilante Audi charbon qui couine sous les assauts hiémaux d’un New York défiguré. Elle toussote quand je mets le contact, se cambre un peu, incertaine des conditions, et finalement la belle rugit dans la tempête qu’elle empale fissa de ses phares géminés, pimpante et prête à battre les vents à toute puissance. Mais curieusement, la semelle refuse la pédale, les doigts triturent la clé comme prêts à la retourner pour couper toute activité sous la carrosserie. Nonobstant l’imminence d’un froid allant crescendo, je ne suis pas hâté de la quitter. Pas même prêt à lui dire adieu et à tourner la page. Mon crâne pivote sur son socle pour darder le fossé dans lequel je l’ai abandonnée. L’imagination esquisse ce qu’efface la neige ; la nostalgie griffonne quelques additions au tableau pour laisser croire à l’esprit qu’Aleksandra est bel et bien en vie, au fond de son caveau. Elle se hisse hors de sa tombe, silhouette au derme vélin portant la mort comme un parfum, mais entièrement vivante grâce à quelque tour de ma folie. Elle se détache du rideau blanc, s’avance sur ses béquilles frangibles, manque de trébucher par trois fois et parvient enfin à atteindre la vitre de mon véhicule pour se découvrir traitre et illusion. Aleksandra ne porte pas ces horribles escarres au visage, n’a pas la mâchoire déboitée ni même les yeux révulsés. Ce qui cogne férocement contre le pare-brise n’est pas ma regrettable sœur, mais une de ces hideuses chimères qui hantent la ville et qui est parvenue à se creuser un layon jusqu’à moi sans que je n’en soupçonne la venue. Mes calots s’ancrent dans l’œuvre que la vermine tente de parachever sur la vitre de l’automobile et quand bien même la force menace de faire céder mon unique défense contre la furie des vents, je ne me sens pas l’âme d’un combattant. Aussi je m’épuise presque à tendre le bras sous mon pardessus pour agripper mon fidèle compagnon, un desert eagle coruscant pansu de plombs que j’ai par maintes fois fait chanter pour annihiler des existences sans jamais toutefois le tester sur ces créatures humanoïdes. Je tiens au creux de ma paume la mort compacte, et au lieu de pointer l’instrument du trépas en direction du zombie, je conglomère le nez de l’engin tout contre ma tempe comme le chien clique suite au poids exercé par le pouce. À une secousse de mourir. D’une simple pression de l’index, je pourrais taire mes peines, tuer mes maux, effacer mes fautes. Le courage fait fausse compagnie à l’initiative, et l’esprit quant à lui se plaint de la facilité de la solution, alors j’écoute mes sens et j’abandonne. Le soupir que libèrent mes poumons à la suite de mon abdication traduit toute ma lassitude. Une journée depuis la mort de ma sœur et je suis déjà las de la porter en fardeau.

La porte grince et ma carcasse se faufile, à nouveau en proie à la course des aquilons. Le mort-vivant n’a pas le temps de changer son approche comme il reçoit en plein dans l’encéphale la visite d’une balle tirée avec indifférence. La détonation éclate le silence et se fait écho dans toute la zone. Je m’apprête à retourner dans mon giron de métal sans un œil de plus sur le macchabée lorsque des lambeaux de détresse me survolent soudainement, glanant en moi quelques miettes d’une curiosité jamais amplement assouvie. La source du cri n’est pas loin. Comme je ne souhaite quitter immédiatement, je trouve l’excuse parfaite pour retarder le départ en cette présence de prime abord humaine qui réclame secours. Non ce n’est pas une empathie quelconque qui m’emporte au loin ni un élan d’héroïsme pour galvaniser mes sens. Ma belle Audi me voit s’éloigner au point de disparaître des horizons qu’elle larde toujours de ses deux rayons jaunes, ronronnant anxieusement jusqu’à ce que la distance la mute complètement. Cinq minutes, tout au plus, avant de découvrir le fameux parc de New York dont je peux admirer une partie du haut de ma tribune enneigée. Vestige de Mère Nature, complètement salopé par l’absence de vie et la givre, par la mort de toute verdure et des dernières traces d’une activité humaine qui n’est plus. Le cadavre d’une bicyclette enterré, peut-être aux côtés d’un propriétaire qui a pris poussière depuis le temps ; quelques vêtements épars, entièrement gelés qu’il ne serait pas envisageable d'extirper de leur socle de glace ; des ballons, des déchets, une symphonie de râles venant de je ne-sais-où pour corroborer la présence d’écervelés, quelque part à l’entour. Et à une poignée de mètres de mon estrade, je peux voir une scène pour la moins atypique dans ces conditions. Deux humains visiblement en duel, au milieu d’une hécatombe de zombies, frappant à qui mieux-mieux pour mettre K.O. son prochain. Je ne sais pourquoi j’agis de la sorte, mais je soulève mon compagnon métallique en direction du tandem en criant un « Hey » afin de les sommer d’arrêter. C’est spontané et ce n’est certainement pas moi. Les questions se bousculent et j’entame la descente pour grignoter les mètres restants, toujours l’arme pointée face à moi, prête à glavioter sur ces deux individus pour, paradoxalement, faire cesser la querelle. « Hey ! » que je réitère, plus fort, plus déterminé dans ma mission de semer un peu de paix dans cet enfer.

Quand j’arrive enfin à leur hauteur, la neige est carminée et la vie, envolée. L’incompréhension farde mes traits un instant, et quand bien même l’horreur ne vient jamais réellement obombrer mon visage, je saisis en un éclair que le personnage encapuchonné que je tiens à ce moment en joue, si ce n’est pas un zombie, n’est certainement pas loin de leur nature pour oser s’en prendre à un innocent dans une arène où il n’est censé subsister ni loi, ni civilisation, ni problème pouvant mener à un conflit. « Humain ? » demandé-je, perplexe quant à la situation, persuadé qu’une fois encore, ma folie me joue des tours et ce personnage visiblement Homme n’est rien de plus qu’une de ces chimères venues mettre quenotte dans la carne d’une malheureuse victime. 
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