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 Whisper [PV Delsin]

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↳ Citation : " In order to rise from its own ashes, a Phoenix first must burn. "
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MessageSujet: Whisper [PV Delsin]   Ven 31 Juil - 0:46

Whisper

○ Catch me as I fall. Say you're here and it's all over now. Speaking to the atmosphere. No one's here and I fall into myself. This truth drives me into madness. I know I can stop the pain if I will it all away. Don't turn away. Don't try to hide. Don't close your eyes. Don't turn out the light. I'm frightened by what I see. But somehow I know that there's much more to come. Immobilized by my fear and soon to be blinded by tears. I can stop the pain if I will it all away.


Les bras ramassent la cage thoracique alors que la nuée suivante distend les côtes. L’angoisse parasite la moindre arabesque esquissée, c’est un réveil douloureux après une anesthésie locale volontaire, orchestrée par l’acier d’un mental sollicité pour mener à bien la mission. La conscience émerge, elle balbutie dès que la sorcière ôte la partie supérieure de sa combinaison. Les vestiaires subissent ses tremblements. Ces dernières heures ont aggravé la fragilité latente. En abolissant l’exil de Chiara, Joan s’est offerte à de nouvelles composantes qui défont aléatoirement les résolutions forgées par cette existence. A moins qu’elle se méprenne. Sa poitrine succombe à de nouvelles saccades aortiques qu’elle cherche à étouffer en enfilant son t-shirt froissé avant de se défaire plus abruptement encore du reste de son uniforme. Une urgence éclot dans cette fugue erratique de la fonction qu’elle s’est assignée aujourd’hui. La réalité la fauche maintenant que le maquillage s’écaille et révèle les ecchymoses. Ce qu’il s’est passé, ce mal pour ce bien. Ce qu’elle a refusé de juger. Sa belle liberté se fracasse contre ce malaise qui n’a de cesse de sévir entre son cœur et sa gorge. Elle étouffe si subitement qu’elle en sursaute littéralement. Suffocante, ses doigts se jettent à l’intérieur du casier qu’elle n’a pas encore refermé. Elle renverse le contenu de sa sacoche au sol, propulsant dans l’espace sonore un tonnerre qui annonce l’orage. Ses genoux claquent contre le carrelage tandis qu’elle racle sa confusion en repoussant rageusement les babioles inutiles sur son chemin. Finalement, la délivrance. Son inhalateur atterrit entre ses lèvres, elle respire pesamment la médication avant de pouvoir remuer à nouveau. Purement psychologique. Cette faiblesse l’accule dans l’aliénation et aux portes de l’hystérie, elle se relève enfin. Rester dans cette ignorance taraude sa mémoire, ramène entre ses paumes, l’impuissance massacrante. Elle ne sait pas combien d’autres décès elle pourra porter avant de succomber à la démence. Elle s’y refuse. Elle prétend à l’espoir et finit par croire les vérités.

La trentenaire rassemble son beau bordel en une mare incompréhensible de couleurs indescriptibles avant de tout balancer rageusement dans son sac pour mieux s’éloigner des lueurs blafardes renvoyées depuis le plafonnier défectueux du bâtiment gouvernemental. Grelottante, elle s’avance dans la nuit. L’aube peut s’annoncer d’un instant à l’autre. Sans doute qu’elle court droit vers le vide à cette heure avancée mais ça n’importe pas. L’attache imperceptible semble pulser entre ses vaisseaux contrits par le désarroi.  Elle ne sait même pas interpréter les signaux dissimulés de cette connexion magique. Elle ne l’a jamais souhaité et pourtant, dans cet instant funeste, elle aimerait presque pouvoir abuser  de télépathie afin d’apaiser la peur viscérale qui l’écrou à une vulnérabilité dérangeante. Ce mal être impensable s’accorde mal à sa carrure chétive et au titre qu’elle se croit en mesure de réclamer. Mais même dans ses refus consciencieux, les plus vindicatifs  et les plus affirmés, elle ne peut s’ôter la détermination d’en finir avec le drame anticipé. Lui façonner une nouvelle nature, s’offrir à une malédiction pour en savourer la déchéance d’une autre. C’est comme un échec virulent et une réussite cuisante. Pourtant, elle aime le penser en vie désormais. Elle apprécie de s’inventer sa rythmique cardiaque, de corrompre ses traits jusqu’à lui prêter ces expressions insolentes qui lui donne littéralement envie de l’étrangler. Tout semble plus adapté que le sort peu reluisant qu’on a pu lui servir alors qu’elle a fait de lui un de ces changeurs retorses qui dérangent les hauts placés.

Pressée par la crainte qui bat la mesure contre son thorax de manière irrégulière, sa carcasse s’échoue sur les routes désertes afin d’accélérer la progression. Elle remonte plus qu’une allée sordide dans sa dérive. Elle embrasse les deuils consécutifs et la conséquence malheureuse à l’attachement qu’elle a tenté de prohiber pour mener à bien cette croisade contre sa seule personne. Ecarter la déficience et croitre dans l’endurance, la hargne, devenir quelqu’un qui assume chaque rature. Qui transforme les pertes en forces sans plus de transition. Un beau rêve qui la maintient en vie maintenant que sa fille repose sous terre et que son quotidien ne ressemble qu’à un jeu de tir, à un raid démoniaque et un tissage d’absences. Mais elle est au-dessus de ça maintenant. A chaque fois qu’elle se lève, elle remporte une nouvelle victoire ténue contre son fantôme, abandonné aux pieds des zombies qu’elle a titillé. Alors plus rien ne pourra la faire flancher à nouveau. Il doit donc disposé de sa santé et de tous ses moyens. Après l’avoir forcée à accomplir l’odieux rituel, il serait même inconcevable et tout à fait déplacé de sa part, de se retrouver mort, même dans ces circonstances.

Entretenant son obsession et s’abreuvant de sa paranoïa, l’américaine repousse ses limites respiratoires pour atteindre le seuil de sa porte. Sur le palier, on l’observe. Elle ignore le regard d'une gamine. Son poing cogne la paroi, elle réitère encore et encore, et encore. Chaque fragment de silence la renvoie à l’inimaginable. Peut-être qu’il s’est fait kidnapper. Peut-être qu’on l’a torturé. Peut-être que l’expérience a mal tourné. Peut-être qu’il était là-bas, pas loin d'elle, se faisant charcuter par un autre chirurgien. L'aurait-elle ressenti ? Elle n'en sait rien. Elle ne comprend pas ce qui les unit désormais. « T’as dix secondes pour ouvrir ta putain de porte de merde avant que je défonce tout, Danes. Fais pas le con. » Ses phalanges s’écorchent contre le bois, l’air déserte ses poumons à mesure que les secondes s’engrangent et dans son impatience caractéristique, elle extrait son flingue de l’holster pour mieux le braquer sur la serrure. Déjà prête à tirer pour avoir l’accès à l’appartement. Déjà prête à réduire en charpie le moindre obstacle. Irrationnelle et honteusement humaine. Même dans cette position, même dans cette situation, elle ne veut toujours pas reconnaître la réelle cause de ce remue-ménage. Cette sensation, ce sentiment hors de son contrôle, qui gâche son indifférence quotidienne et la rend plus altérable que jamais.

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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Sam 15 Aoû - 22:01



Putain de merde, Del'. Mais qu'est-ce-que t'as foutu?! Mâchoires serrées, échine courbée et main crispée sur une plaie que l'on ne distingue pas, Delsin gravit les dernières marches d'escalier menant à son palier. La nuit est bien avancée mais Newt est toujours là (ou déjà là?), les jambes pendant à travers le garde-fou de la rampe. Il sent le regard de l'adolescente se poser sur lui. En vagues successives, l'inquiétude de la jeune fille l'assaille. Il entend un rythme cardiaque qui n'est pas le sien s'accélérer. Levant sa main libre, il grommelle un "ça va, c'est rien" qui n'apaise personne. Gauchement, il fouille la poche de son jean à la recherche de ses clés. C'est Newt qui les lui agitera sous le nez après avoir vidé celle de sa veste. Tu veux que je te file un coup de patte? Je peux nettoyer ton bordel, je sais faire. Oh il n'en doute pas un instant. Newt s'en est mangé des belles en pleine face, le genre de coup qui passe à Mach 4 et laisserait sur le carreau n'importe quel gosse. Les ecchymoses, la peau ouverte, elle connaît, le cloaque où elle grandit l'a obligée à ne compter que sur elle-même. Depuis que son père a plongé par la fenêtre et finit sa vie sur le bitume, c'est sur sa mère qu'elle exerce ses talents d'infirmière de la misère. Les mauvaises passes sont bien trop fréquentes dans ce quartier et les clients déglingués ne manquent pas. Son regard clair croise les iris inquiets de la gamine. Delsin risque un demi-sourire rouvrant sa lèvre inférieure. Rentre chez toi, Newt. Je gère. On se voit demain. Elle doute. Elle fronce les sourcils. Ca l'a fait chier. Mais au final, elle obéit. Delsin soupire de soulagement, il n'a pas la force de se prendre à la tête avec elle ce soir et encore moins le courage d'affronter cette paire d'yeux inquiets. Tournant finalement la clé dans la serrure, il s'engouffre dans son petit appartement avant de refermer derrière lui. Une longue douche brûlante, c'est la première étape. Virer ce sang qui le couvre et laisser à l'eau le soin de lui révéler où on a crevé sa couenne et quelle allure ont ces plaies.

Un tourbillon rosâtre tourbillonne entre ses pieds. La vapeur de l'eau brûlante qui lui ruisselle sur les épaules floute son champ de vision et Delsin ne peut réprimer un soupir las. Même dans cette atmosphère infernale et moite, sa vue distingue toujours avec une netteté stupéfiante ce qui l'entoure. Depuis cette nuit où Joan a accédé à sa demande et lui a offert une seconde vie, Del' a subi de profonds changements qu'il a eu toutes les peines du monde à gérer. Et encore à l'heure actuelle, il lui arrive de se laisser emporter par cet afflux massif d'informations qui lui passe par les cinq sens. Sa cervelle entre alors en ébullition, une migraine sort une scie rouillée pour tenter de lui fendre le crâne, ses nerfs s'affolent et Delsin a le sentiment que sa raison déjà vacillante glisse inexorablement dans le gouffre de la démence. Ces moments où il perd le contrôle, où il n'est plus qu'une coquille vide incapable de prendre une décision, où tout l'agresse, Delsin s'isole, s'enferme et boit jusqu'à en tomber. Un moindre mal quand on sait qu'il a envisagé la pire et la plus facile des solutions. Retrouver l'anesthésie rassurante et mortifère de l'héroïne.
Pourtant, il est toujours clean malgré les circonstances.
Voilà des jours que Joan Valentine est introuvable. Injoignable. Depuis cette nuit où elle a réussi à exécuter le rituel qui lui a octroyé cette seconde chance. Sa création magique a appris seule à se débrouiller, obligée d'avancer en aveugle, contrainte à tomber pour apprendre. Il aurait aimé être guidé, conseillé, épaulé. Il aurait aimé partager ses progrès et ses réussites avec quelqu'un. Il aurait aimé ne pas avoir été seul quand la lune s'est arrondie parfaitement la première fois. Lui en veut-il? Delsin Danes n'est plus cet être veule qui se contentait de courber la tête en acceptant docilement son sort. Alors oui, il lui en veut. Il a dépassé l'étape de la naïveté rassurante durant laquelle il se persuadait qu'elle l'avait abandonnée parce qu'elle croyait en lui et en son autonomie. Il en a terminé avec les jolis mensonges et aussi sûrement que ses sens se sont accrus, les flashes de lucidité pure se multiplient.
Le jet d'eau brûlante se tarit laissant apparaître sous le sang séché les hématomes sur sa peau et la plaie ouverte sous ses côtes. Rien de bien inquiétant. C'est...spectaculaire mais pas fatal. Ca aussi, il le doit à son nouvel état. Les blessures ont tendance à se refermer plus facilement. Au début, elles le démangeaient atrocement, c'était comme si quelque chose s'agitait sous son épiderme. Maintenant, il ne s'étonne plus de cette sensation, il sait qu'elle fait partie d'un processus bizarre de régénération. A pas lents, une serviette nouée autour des hanches, Delsin regagne son salon et se laisse tomber sur son canapé. Tendant la main vers la table basse, il referme les doigts sur une bouteille de whisky dont il ingurgite un bon quart en une gorgée. Ses articulations geignent à chacun de ses mouvements et il sait aussitôt que son sommeil est loin d'être gagné d'avance. Renversant la tête en arrière sur le bras du canapé, il inspire bruyamment et expire longuement.

Inspire...il entend Newt réveiller sa mère dans l'appartement à côté. Expire...il ne l'entend plus, réduisant ses paroles à un brouhaha à peine perceptible.
Inspire...l'odeur de gel douche masque mal l'odeur d'alcool et encore moins celle du sang qui suinte encore de ses plaies. Expire...il ne reste dans l'appartement qu'un vague fumet d'aloe vera industriel.
Inspire...le plaid est aussi rêche que du papier de verre dans son dos, la fraîcheur de la pièce agresse sa peau échaudée et il sent avec une précision clinique la moindre ecchymose, la plus petite coupure dans sa chair. Expire...il est épuisé, a mal partout mais est confortablement installé.

Peu à peu, Delsin se détend, oublie l'un après l'un le tumulte des vies autour de lui. Les yeux clos, il prend une nouvelle rasade de whisky se laissant lentement engourdir. Inspire...et il ouvre soudainement les yeux aussi éveillé qu'on puisse l'être. Au-delà du cube de son appartement, au-delà du couloir à la moquette élimée, au-delà des murs du hall d'entrée, il sent quelque chose approcher. Comme une onde ou une pulsation destinée qu'à un seul récepteur, lui. Le battement d'un tambour se rapproche et sans qu'il ne s'en rende compte son propre rythme cardiaque s'adapte à ce martèlement étranger qui fait partie de lui. Les pulsations s'accélèrent et Delsin se redresse en grimaçant, les sourcils froncés, la tête penchée sur le côté n'entendant plus rien à part ce boum-boum rapide qui se fait de plus net. Quand des coups furieux ébranlent sa porte, il sursaute et le tambour se tait brusquement. La voix qui s'égosille sur le palier, il la reconnaît. Il la reconnaîtrait entre milles. C'est une joie stupide qui l'envahit. Stupide et qu'il se hâte de réfréner car il n'a aucune raison de se réjouir de l'irruption de Valentine. Elle l'a largué, bordel. Elle l'a abandonné aussi vite qu'elle l'a sauvé. C'est ce foutu lien qu'elle a tissé entre eux qui se réjouit. Lui, par contre, n'a pas envie de se réjouir.
Quittant son canapé, retenant sa serviette d'une main, il se dirige vers la porte tandis que derrière le bois la menace d'entrer de force fuse. Delsin ôte un à un les trois verrous. C'est un compte à rebours durant lequel il rejette le soulagement de la savoir là pour se draper dans la froideur et le dédain. La lumière du palier envahit le couloir de son appartement. Le regard franc de Delsin détaille Joan Valentine de haut en bas. Un haussement d'épaules, un geste du menton dans sa direction et il lâche d'un ton monocorde. Qu'est-ce-que tu fous là? L'inquiétude déborde encore de la jeune femme et c'est le skinchanger qui la perçoit. Le lien surnaturel entre eux tressaille. Elle vient de flipper et il vient de se réjouir. Mais ce qu'ils perçoivent de l'autre est bien différent de ce qu'ils affichent. Leurs regards à peine croisés, ils se coulent dans une attitude de façade, mettant sous scellés leurs ressentis. Delsin n'attend pas de réponse à sa question. A peine l'a-t-il prononcée, qu'il se contente de tourner le dos à Joan et de retourner dans son salon en laissant la porte ouverte. Qu'elle entre si elle le désire vraiment. Reprenant sa bouteille, il en boit une nouvelle gorgée et dès qu'il entend qu'elle pénètre dans la pièce, il réitère sa question. Nan mais sérieusement...qu'est-ce-que tu fous là?
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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Sam 22 Aoû - 2:17

Ces séparations, ce matériel voué à oppresser la vue pour provoquer l’hypothèse, pour susciter le chagrin précoce, pour engendrer son contraire dans l’optimisme latent d’un organe tanguant. Ces saletés de parois qui lui ôte tout visibilité, toute vérité dans un silence rendu assourdissant par les quelques secondes qui séparent son cri de toute autre manifestation sonore. Pendant ce court instant où toutes les possibilités se délient, le regret tord les artères. L’amertume transforme chaque degré de colère en mélancolie. Peut-être qu’il est déjà perdu. Elle sonde les sensations qu’elle croit pouvoir éprouver, ce flux magique qui circule depuis déjà tant d’années dans cette carcasse hantée. La sorcière a cherché par tous les moyens à l’ignorer. A peine réconciliée avec cette part obscure d'elle-même qu’elle a voulu s’en séparer à nouveau. Mais maintenant, sur le pas d’une porte résolument close, elle aspire uniquement à ressouder ce qu’elle s’est empressée de vouloir trancher. Ce qui les rapproche. Ce qui la terrifie. La peur parasite le canal, insecte frémissant qui remonte une ligne de cristal. Ses émotions fracassent l’atmosphère et obstruent la communication psychique. L’index sur la gâchette, l’autre contre le cœur. La balle n’est pas partie, pourtant, elle pourrait jurer l’avoir déjà reçue en pleine poitrine. Le canon vacille, le bras souffre. La démolition s’impose dans la panique qui saisit une énième fois les poumons et la gorge. Et puis, enfin. Enfin, la délivrance. Joan réapprend à respirer alors qu’il se soumet à sa vision. La main ramène le flingue pointé directement sur le métamorphe dans l’holster avant que le coup parte et qu'elle ne l'abatte sur un malentendu sordide. Manoeuvre maladroite, elle manque à deux reprises le cuir qui lui sert d'étui. Fébrile, elle se contente ensuite de sa présence, là dans l’embrasure. Sans jamais vicier leur air d’un mot ou d’un comportement. L’humanité refoulée se savoure dans ces fugaces déclarations d’allégresse qui éclosent dans l’estomac pour rejoindre chaque extrémité de l'enveloppe. Aucun sourire pour ponctuer l’émotion pourtant. Trop de contradictions pour épier les retrouvailles.

La beauté du moment est massacrée si rapidement. Son ténor attise l’irrationalité et réveille la personnalité dormante. Le nez se retrousse, les sourcils accusent la dureté de ce commentaire tout à fait déplacé. Le choc la désarme toujours et il en profite honteusement la plantant carrément sur le palier. La survie se manifeste alors, traduite par une bouffée de rage qui calcine les pommettes vêtues jusqu’ici d’opale. La trentenaire le talonne abruptement. Avant qu’elle n’arrive à sa hauteur, il a le culot de répéter. Elle le dérange par-dessus le marché ? Cette énergie du désespoir se métamorphose si vite en déception et plus vite encore, en vive hargne. Il ne réalise pas l’enfer qu’elle vit par sa faute. Egoïstement, elle évacue l’irrégularité de son pouls d’un geste ridiculement théâtral. Les doigts s’élancent et claquent contre la joue du cuistot. « Qu’est-ce qui t’as pris autant de temps pour atteindre la porte, hein ? T’as les couilles à l’air, c’est ça ? Elles sont trop lourdes à porter ou quoi ? Putain, la prochaine fois, je fais du petit bois de ta foutue porte. Ça me tiendrait chaud l’hiver et passe-moi ça. » Sans plus de cérémonie, elle lui arrache littéralement sa bouteille des mains, l’écorchant au passage de ses ongles avant de porter le goulot à ses lèvres asséchées par l’anxiété. Deux longues gorgées dévalent l’œsophage. D’un soupir, elle en apprécie la saveur avant de plaquer le contenant contre le torse de sa création, lui rendant son dû avec peu de soin. L'évidente nudité de son hôte évince alors toute autre interrogation, semblant tout à coup concrète. L’odorat accroche chaque composante de cet arôme à la fois répulsif et attractif. Pour avoir rabiboché la plus grande partie de ce corps, elle ne peut pas jouer à l’effarouchée. Mais ça la dérange depuis longtemps. Peut-être même depuis toujours. L’épiderme à découvert, les idées qui s’enlisent dans une perspective qu’il faut révoquer. Cette attraction musèle la tranquillité. Il serait tellement plus facile de l’oublier s’il ne passait pas constamment son temps à s’exhiber. A croire qu'il le fait exprès pour qu'elle se ridiculise.

Pour feindre le détachement, la première excuse reste toujours la meilleure. La jalousie s’invite alors sans mal dans l’esprit d’une femme trop souvent maltraitée et rabaissée. Forcément, l’idée de la douche implique d’autres songes qui nourrissent le fantasme et tout à son contraire, détruisent chaque parcelle de rêve. « Y a une meuf ici ou quoi, que t’es à poil ? Comme je suis navrée de déranger ta petite séance de branlage quotidienne. Appelle ta poule, je veux voir à quoi elle ressemble, cette pauvre fille. » Sa susceptibilité exacerbée, sa vulnérabilité à masquer et peut-être plus encore. L’imagination fertile qu’elle se doit d’annihiler. Jusqu’à quel point va-t-elle se donner en spectacle ? Instable, elle se sent perdre toutes ses forces dans la minute suivante quand les autres détails frappent enfin son attention défaillante. Cette impulsion soudaine la laisse pour morte mais elle tient bon, droite sur ses guiboles grelottantes. Sa paume déserte le récipient, grimpe sur la mâchoire de Delsin lentement. « T’es encore bien amoché… » Sa douceur la déconcerte et la propulse aussi vite dans l’autre extrémité. Il ne faudrait pas qu’il s’y réhabitue. Avant, elle osait encore lui dévoiler cet instinct maternel qui ne l’a jamais tout à fait quittée, cette bienveillance qu’elle pouvait lui témoigner quand il ne l'avait pas pousser au vice du rituel. Tout ce qu’elle a voulu distancer et qu’il a rappelé par sa propre attitude. Elle l’exècre. Son pouce appuie férocement sur le premier hématome à portée pour que cette résurrection cesse. « Abruti, c’est bien fait pour ta gueule. » Les griefs ne tiennent pas sur un morceau de papier. Elle lui en veut pour l’attachement, elle lui en veut tellement d’être devenu assez important pour qu’elle se rende, épuisée, à son domicile en plein milieu de la nuit afin de réclamer l’attestation de sa survie. Depuis quand s’est-il permis de prendre autant de place ? De quel droit lui a-t-il imposé cette affection dont elle se serait bien passé ? Ne rien contrôler la déroute. Elle doit même veiller à ne pas appuyer sur sa carcasse, le regard qui annonce cet esclavage insolite. Indomptée, elle se refuse à abdiquer ses résolutions pour lui. D’ailleurs, elle n’a pas répondu à sa question. Pas sûre qu’elle se donne cette peine dans l’heure qui suive. Ni dans celle qui viendra ensuite.

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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Dim 23 Aoû - 22:16



Il avait dressé une liste de questions à poser à Joan le jour où elle daignerait refaire son apparition dans son horizon. Mais devant le fait accompli rien ne sortait, rien ne venait. La seule chose que Delsin veut savoir est la raison de la présence de la Peacekeeper chez lui, ce soir. Il ne se contentera pas d'un "va te faire foutre" ou d'un "j'ai vu de la lumière, je suis entrée", il ne se laissera pas embobiner et ne la laissera pas noyer le poisson. Tandis qu'il reste vautré tranquillement dans son canapé, Joan avale la courte distance qui les sépare. Ses sens en sourdine s'éveillent lorsqu'elle franchit cette barrière invisible qui rend la proximité soudain dérangeante et intrusive. Il voit venir le coup de loin mais il ne l'esquive pas. Une paume claque sur la peau de sa joue et il n'esquisse qu'un simple demi-sourire pour toute réaction alors qu'un flot de reproches lui passe aussitôt au travers. Ses doigts s'écartent lorsque Joan lui arrache sa bouteille des mains et il ne cille pas à la morsure des ongles de la jeune femme sur son épiderme. Oh la belle colère que voilà. Et dire qu'il n'a pas encore réellement ouvert la bouche. Silencieux, Delsin laisse Joan jouer le rôle qu'elle a décidé d'endosser pour cette comédie qu'il évalue parfaitement factice. Ces gestes empressés, cette façon d'avaler le whisky comme on inspire une grande bouffée d'air, cette arythmie corporelle qui transparaît au creux de son poignet lorsqu'elle lui rend sa bouteille en la lui plaquant lourdement contre le torse. Un être humain pourrait s'y laisser prendre, mais pas le cabot que Delsin abrite désormais au fond de lui.

Il ne la quitte pas des yeux dans une attitude tellement placide et passive qu'elle en deviendrait indécente face à la colère de la jeune femme. Il prend une nouvelle gorgée d'alcool tandis que Joan entame une nouvelle diatribe. Tout en se redressant, il pose sa bouteille sur la table basse tandis que la Peacekeeper invoque la présence d'un tiers féminin qui n'a pour seul effet sur Delsin que lui plaquer une main sur les yeux. Joan... l'appelle-t-il d'une voix lasse mais elle ne l'entend pas. Levant les mains en signe d'abandon, il se laisse de nouveau retomber au creux de son canapé. Autant laisser l'orage passer, elle n'est pas en état d'entendre quoi que ce soit d'autre que sa propre voix. Séance de branlage? Merde, j'ai toujours dit branlette, moi. relève-t-il comme un gamin raille le zézaiement d'un autre avant de détourner le regard avec un air fat. Un drôle de silence tombe brusquement. Il lève les yeux pour croiser les siens. Le cul de la bouteille claque sur la table - elle l'avait donc reprise? - avant que sa main ne glisse sur la peau de sa joue. Doucement. Presque affectueusement. Une seconde. Il écarte à peine la tête pour mieux revenir à ce contact. Deux secondes. L'étincelle de provocation au fond de ses iris s'éteint, il se sent soudain paisible, si paisible. Trois secondes. Il hausse nonchalamment les épaules quand le souffle de Joan semble déplorer qu'il soit encore blessé. C'est pas grave. Je vais bien. disait-il les dents serrées quand elle le soignait. Quatre secondes. C'est trop simple, trop sincère, trop nu. Le trouble plante ses griffes dans les nerfs de la Peacekeeper. L'authenticité devient danger. La proximité se fait invasion. La douceur s'évapore dès que la pression d'un pouce réveille l'élancement d'un hématome sur sa mâchoire. Surpris, Delsin jure entre ses dents avant de s'écarter de cette fichue cinglée bipolaire. La main plaquée sur sa joue bleuie, il entend un "bien fait pour ta gueule". Peut-être mais je suis toujours vivant. Et il y a deux semaines, je suis rentré dans un état bien pire. Ta présence aurait été d'ailleurs grandement appréciée, c'est la gamine d'à côté qui m'a aidé à monter les escaliers. J'aurais aussi aimé t'avoir à mes côtés pour ma première lune, ça m'aurait évité de passer le lendemain bourré de codéine parce que j'avais mal partout à éplucher les journaux pour chercher une mort dont j'aurais pu être responsable. J'aurais aimé que tu m'apprennes à gérer mes nouveaux dons. J'ai failli me fracasser le crâne contre les murs avant de ne plus subir mes sens développés. Delsin se tait soudain, pousse un soupir.

Tu n'as pas répondu à ma question, Joan. lâche-t-il d'une voix lasse en se levant. Retenant sa serviette sur ses hanches, il se tourne vers la Peacekeeper en restant debout. D'un ton docte, il reprend. Je te la rappelle, même si je sais pertinemment que tu ne l'as pas oubliée...quelle est la raison de ta présence ici? Il arque un sourcil interrogateur avant de poursuivre arpentant la pièce de long en large. Ca fait des jours et des jours que j'ai aucune nouvelle de toi, et pourtant, c'est pas comme si je n'avais pas essayé tous les moyens. Outre les moyens de communications classiques, Delsin s'était également tourné vers leur petit réseau d'informateurs. Il avait laissé des notes à l'intention de Valentine dans les gargotes et bouibouis où ils avaient l'habitude de récolter leurs infos. Il s'était volontairement faire arrêter s'attendant à ce que son cas soit traité par elle. En désespoir de cause, il avait même parié sur ce lien qui était sensé l'unir à elle (et dont il ne savait rien) et avait essayé une forme de télépathie digne de vieux film de SF. Tu fais la morte à mes appels, je dirais même que tu m'évites et quand je renonce à te joindre parce que je me sens moins terrorisé par mon état, tu débarques de nulle part, carrément hystérique et parano en me jouant une scène de série soap. Index pointé dans la direction de la jeune femme, il se permet un court aparté d'un ton moqueur. Et entre nous...le tigresse jalouse, c'était pas ton meilleur rôle. T'es plus crédible en alcoolique enragée. Et dans cette poignée de secondes suspendues où il n'y avait plus de masque, de crainte ou de doute. Cette poignée de secondes sincères et fragiles qui font vaciller le monde. Foutue sorcière psychotique. Ca te faisait tant chier que ça de ne pas savoir si je suis en vie que t'as eu besoin de venir vérifier par toi-même?
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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Lun 31 Aoû - 0:11

Les erreurs débutent dans la marge. Ce sont de vulgaires annotations, de pauvres mots dénudés de sémantique. Une suite de qualificatifs pour aucun intitulé, des émotions brutes, des sensations sans écran qui outrepassent les lignes. Elles en remplissent des pages, du regret au remord, à l’expectative. Qui a dit qu’il fallait tirer une leçon de ses fautes passées ? Elle désapprend chaque faux pas depuis le début. Il la dérobe à ses circonstances, il la kidnappe en incitant la provocation, en déliant de farouches réalités. Dans chaque phrasé, le besoin se terre, oppressant, impérieux et absolu. Au fond de ses prunelles qu’une pénombre insidieuse broie, elle déniche le garçon égaré qui cherche désespérément l’issue. Enfermé dans une pièce obscure, ligoté aux ombres et offert à l’inconnu en pâture. Joan peut prétendre la rancune, elle ne peut se permettre de feindre l’indifférence. Son sort l’intéresse, l’interpelle, l’agresse littéralement chaque jour durant. Une vieille obsession qui réveille les meurtrissures d’un cœur en fuite. Cette dépendance chronique, elle en attribue les mérites au jeu de l’autre. Il l’a piégée dans ses idéaux et l’a torturée par ses déboires réguliers. Les conséquences se définissent à cette heure tardive, au centre d’un énième conflit entre une femme entêtée, à l’orgueil férocement déployé et à cet homme vexé, désorienté par son cruel retrait. Que restera-t-il de cette opposition incessante dans une heure ? Un jour ? Un mois ? Va-t-elle réussir à oublier, à le semer ? Ou va-t-elle marcher à reculons pour mieux disputer sa carcasse d’un coup d’épaule mal placé ? La sorcière admire sa création, abolit toute tendresse de sa gestuelle alors qu’au creux de ses désirs inavoués, scellé sous l’épaisseur de l’épiderme avachi, elle en crève de ne pas agripper ses bras pour réconforter la hantise avérée. Ce soir, il aurait pu réellement y passer. Et elle y aurait participé indirectement. Indifféremment.

Son premier écart, cette nuit, c’est de rester alors qu’elle a assouvi le but derrière la pulsion. Peut-être que c’est moins facile de détourner le regard maintenant qu’il est juste là à portée de mains. Maintenant qu’il grignote son environnement bien plus ardemment qu’une sonnerie de téléphone ne s’y appliquerait. Les évidences se délient, elle a eu le temps de digérer l’acte interdit et de souhaiter bien plus pour lui qu’une malédiction à vie. Accrochée à ses yeux, elle ne fléchit pas. Le venin du changeur pénètre sa peau mais elle laisse le reste de sa chair dépasser chaque accusation. Accordant ses traits à son insolence naturelle, elle réprime ses cris pour se parer d’ironie. « Pauvre petit canard, t’avais besoin de maman pour te border ? Ne me fais pas pleurer. Toute ta merde là, c’est toi qui la cherche, viens pas jouer à l’homme brisé. Si t’as envie qu’on remboite chaque partie de ton foutu corps, je te conseille de voir ailleurs. Tu sais, dans ce grand bâtiment qu’on appelle hôpital. Je suis pas ta boniche, putain. Si t’as envie de reposer ta tête sur une paire de nibards pour chialer sur ta pathétique existence, vois ça avec les professionnelles qui tapinent. Si tu leur sors le grand jeu de la serviette sur les fesses, peut-être même que tu payeras rien. » L’acide râpe la langue alors que la dernière syllabe crève dans l’air sans attendre son reste. Ça serait plus simple de ne pas ressentir chaque contradiction et de poursuivre cette attitude revancharde dans toutes ses composantes fielleuses. Si au moins, Delsin cessait de jouer de son physique pour qu’elle puisse au moins dénigrer l’attrait comme il se doit. Il retient à peine la serviette sur ses hanches, c’en devient réellement risible de détourner l’œil afin d'éviter ces mystères à peine entretenus comme une adolescente qui aborde ses premiers émois pour la première fois.

Quand il se retourne, elle recule. Les mains glissent dans la crinière, les paumes soutiennent le front alors que la voix grimpe. « Je voulais pas de ça, putain, tu savais que je le voulais pas de ce lien, de cette transformation à la con ! Tu sais pas ce que ça fait, de voir quelqu’un devenir une de ces choses sans… Sans… » Les intentions se fracassent au bout de l’instabilité. Elle ne veut pas penser à Jill. Elle ne veut pas parler de sa fille, ni du corps calciné qu’elle a dû abandonner derrière elle après avoir tenté cette même petite expérience. La survie revient, vague qui sape le chagrin et la remet sur ses guiboles. L’index accuse le métamorphe abruptement. « Et puis, merde j’ai pas à me justifier. Je t’ai sauvé la vie, t’es qu’un ingrat. Tu m’as forcée à … Arrête de jouer avec ta vie avant de la ramener, bordel de merde. T’es même pas fichu de réussir à t’en sortir sans ta nounou ? T’as voulu que je préserve ton petit cul alors maintenant, t’assumes. Qu’est-ce que j’en sais moi ? Tu crois que j’ai déjà dû aider qui que ce soit sur cette route ? Tu m’as prise pour Blanche-Neige, mec ? Tu crois que je me promène dans les bois et que j’appelle tous les gentils animaux de la forêt pour qu’ils m’aident à nettoyer mon putain de sol marbré ? Et que je te chante à quel point je suis comblée par les corvées que je viens de réaliser comme une de ces putains de femme soumise ? Tout ça, bien sûr, en te glissant ton sac de croquettes sous le nez ? » Un ricanement sinistre. Les épaules grimpent et retombent, témoignent de l’impuissance et de l’impertinence. « Comment tu veux que je t’apprenne quoique ce soit ? J’ai jamais eu à m’occuper de ça. T’es le foutu premier. Alors merde, range un peu ton petit numéro de pauvre toutou sans maître et arrête d’hurler à la lune, j’en ai rien à foutre. » Le mensonge raisonne avec tellement de dissonance dans l'atmosphère qu’elle doute qu’il l’accuse en toute naïveté.

L’esquive suivante pioche son énergie dans ce qu’il faut répudier. C’est une forme de réponse qu’elle lui fournit par son acte mais pourra-t-il l'interpréter ? Les blessures encore fraîches, pas encore totalement refermées démolissent l’esthétique de son faciès, de ses muscles engourdis, elle en a mal de le regarder. Pour les dégâts et pour autre chose de bien plus inavouable encore. Alors elle cesse de s’imposer la distance pour mieux lui faire face à nouveau. Ses doigts remontent sur les plaies les plus sévères. « Putain que t’es vraiment amoché. Bouge pas, sinon je vais t’en filer d’autres, de jolis coups tout beaux et totalement gratuits. » Un rictus carnassier qui masque surtout la satisfaction de remédier à ses souffrances. Sa concentration fissure le toupet, elle accompagne son silence de gestes assurés, posés et prudents, glissant sa paume sur les contusions qu’elle peut soigner de sa magie. Attendant que le contact guérisse les lésions à la portée de son don. Dans l’intimité soudaine qu’elle partage, elle ne peut pas faire taire l’anxiété. « C’est quand que tu vas arrêter tes conneries franchement ? T’as que ça à foutre sérieux ? Tu devrais te trouver un vrai passe-temps. Fais de la poterie je sais pas, un truc utile. » Dans cette autodestruction complète, il se construit une identité bien sordide qui attire la trentenaire et qui lui déplaît tout autant. Quelqu’un qui a de l’honneur, des couilles et assez d’ambition. Avant, c’est ce genre de gars qu’elle aurait suivi au bout du monde. Désormais, c’est ce genre d’hommes qui la font courir en sens inverse. Elle ne peut pas prendre ce risque. Sinon elle se trahirait. « Au fait, la tigresse et l’alcoolo t’emmerdent profondément. Je croyais que t’allais être heureux de me voir. Petit con, un jour, je pourrai pas te sauver. Tu en seras bien emmerdé. » Et elle, encore plus.

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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Jeu 10 Sep - 8:56



Bordel, il est tellement loin de la colère dont il s'imaginait se draper et de la réaction que Joan allait adopter. Il peut au moins se réjouir d'avoir eu le temps de s'exprimer parce que la Peacekeeper est loin de tapoter sa coulpe. Elle vomit un flot de paroles qui se veulent acerbes et qui devraient ébouillanter le métamorphe. Pourtant, Delsin reste silencieux, prenant en plein visage la colère d'une Peacekeeper qui ne lui a plus donné signe de vie depuis un bail, qui l'engueule alors qu'il était peinard dans son salon. A moins qu'il ne soit tout simplement soufflé par la situation et son caractère complèment what the fuck. S'il n'explosait pas, il devrait au moins protester, hausser le ton ou aller se coucher en la plantant là. Mais non. Il se contente de froncer à peine les sourcils, les paupières plissées, le regard rivé sur ces expressions tellement fugaces qu'un oeil humain normal ne pourrait pas capter. Joan a d'ordinaire un très grand contrôle d'elle-même elle ne dévoile jamais ces menues fêlures qui détruiraient à coup sûr la façade qu'elle maintient en un tout d'une main de fer. Là, face à lui, elle joue les équilibristes. Et le spectacle est hypnotique.
Seconde après seconde, l'esprit de Del' décroche, les mots deviennent un simple brouhaha. Il ne prête plus attention aux "paroles" mais à la "musique". L'animal tapi en lui prête ses dons; le chien n'est pas une bête télépathe, c'est une créature observatrice capable de discerner chez l'humain les plus discrètes altérations du comportement. Delsin se fait attentif au frémissement d'une paupière, à une commissure qui se crispe, à un éclat particulier dans le regard de la jeune femme ou à une légère inflexion de la voix. Il ne comprend plus, il ressent avec un instinct qui n'a rien d'humain. Derrière les éclairs et le tonnerre de cet orage de colère, Delsin croit distinguer les fantômes qui hantent Joan. Et le plus grand, le plus acharné est le spectre de l'échec. Une défaite inadmissible, impardonnable. Un monstre osseux qu'il traîne dans sa propre ombre. Un battement de coeur et il parvient à happer une bribe d'information. Vient-elle d'admettre à demi-mot qu'elle a déjà tenté le rituel? A peine a-t-il le temps de saisir ce point qu'elle jette un voile opaque dessus et repart au créneau de plus belle, noyant sous un flot de paroles ce qu'elle vient de révéler, espérant peut-être que son hôte en oublie ce qu'il vient de deviner.

Et elle enchaîne. J'en ai rien à foutre. Ca a beau claquer et sonner comme une conclusion pleine de hargne qui ne laisse aucune ouverture, c'est difficile d'y croire. Le visage de Delsinredevient mobile, il cligne des yeux avant de plisser les lèvres en une moue sceptique. Il aurait pu y croire si elle avait tourné les talons il y a déjà une paire de minutes. Maintenant, tout départ sera inévitablement perçu comme une fuite, un repli, une retraite, un truc pas très glorieux qu'il ne manquerait pas de mentionner à la moindre occasion. Plus le temps file, plus les options se réduisent. Bientôt, elle ne pourra plus qu'avancer. Profitant de ce silence, Joan rompt la distance qu'elle s'est imposée à l'égard du métamorphe dès l'instant où il lui a ouvert la porte. Ses doigts effleurent les plaies que la nuit a laissé sur sa peau réveillant à peine la douleur que la cervelle de Delsin a jugé comme pas suffisamment alarmante pour s'y intéresser. Il avait presque oublié qu'il sortait d'une énième nuit de violence sans classe ni règles. Il baisse les yeux sur la Peacekeeper, plus petite que lui, mais ne croise que le sommet d'un crâne. Joan l'a soigné une tapée de fois, pourtant, ce soir, ce contact léger presque précautionneux est différent. Elle n'a jamais été aussi..."empathique". L'appréciation qui franchit les lèvres de la Peacekeeper semble autant s'adresser à lui qu'à elle-même. Amoché. Cabossé. Abîmé. Delsin est comme une vieille peluche qu'on s'escrime à réparer vaille que vaille parce qu'on redoute le jour où on ne pourra plus faire. Elle lui ordonne de ne plus bouger sous peine d'arborer de nouvelles stigmates qu'elle lui infligera personnellement. Ne me tente pas, Joan. chuchote-t-il avec cette intonation aussi puérile que pleine de défi. Elle lui adresse un regard noir qui le musèle aussitôt. OK. J'la ferme. Vas-y. abdique-t-il en hochant la tête avant de fermer les yeux, un énigmatique demi-sourire aux lèvres. Il sait que la longue entaille sur ses côtes et ses ecchymoses seront presque invisibles dans quelques jours. Ce n'est pas lui qui a besoin de ces soins.
Si la régénération inhérente à son statut de métamorphe se manifeste par une certaine sensation de démangeaison désagréable à laquelle il a du s'habituer bon gré mal gré, l'usage de la magie pour refermer des blessures est douce presque anesthésiante. Le silence, la concentration de Joan et le calme de Delsin contribuent à créer une sorte de bulle presque sereine où il se sent en parfaite sécurité. Un murmure familier s'infiltre dans ses oreilles, une voix suave et ronronnante lui répétant que tout va bien. Il en perd la notion du temps, restant immobile, se laissant bercer par ce sentiment d'apaisement. Seconde ou minute, il s'en fiche et ce n'est que le souffle de Joan sur sa peau qui lui fait ouvrir les yeux et retrouver le réel de son salon sombre. Elle s'inquiète. Il l'inquiète. Avant même qu'elle n'ouvre la bouche pour oser le lui dire, il le sait. Il le sent. Il l'éprouve comme s'il était dans sa peau à elle. Sa gorge se serre alors que la première phrase de Joan résonne douloureusement à ses oreilles. Combien de fois Julianna le lui a dit, d'arrêter de jouer au con, de respecter un peu plus sa carcasse, qu'un jour on le retrouvera froid? Tu sais que je peux pas faire ça. Pas maintenant. soupire-t-il avec un triste sourire aux lèvres. Si avant, il subissait sans lutter, les choses se sont inversées, il lutte sans subir. Delsin n'est plus cet être trouillard, faible et enclin à baisser les bras devant la moindre difficulté. Il s'est lancé au mépris de tout dans une cause perdue d'avance. Et il ne s'arrêtera pas. Pas avant d'avoir obtenu satisfaction. Pas avant d'avoir enfin le droit d'offrir aux morceaux de son âme la paix qu'elle mérite. C'est grandiloquent. C'est noble. Ca le dépasse et c'est tel un croyant qu'il s'est engagé dans cette voie. S'il tombe, il trouvera toujours la force pour se relever car il a foi dans l'utilité de sa tâche. Et si pour cela, il doit verser son sang et oublier les notions de bien et de mal, alors qu'il en soit ainsi. Son regard se baisse sur son flanc où la longue entaille qui la zébrait encore il y a quelques secondes a disparu. Merci. murmure-t-il en posant la main sur l'épaule de la Peacekeeper avant de s'en éloigner. Je reviens. Tâche de pas picoler toute la bouteille. Laissant là Joan, il se dirige vers sa salle de bain. Par la porte qu'il a laissé ouverte lui parvient sa voix et son ton persifleurs. Un reniflement amusé lui échappe alors qu'il croise le regard de son reflet qu'aucune ecchymose ne teinte d'un camaïeu de bleu. Foutue Valentine, elle est autant un mal nécessaire pour lui qu'il ne doit l'être pour elle. Plus inextricablement liés que jamais. Evidemment qu'il est content de la voir mais merde...il devrait être en colère contre elle et contre ce comportement de salope sans coeur qu'elle a eu en l'abandonnant brusquement. Quelles que soient les raisons, il méritait quand même l'esquisse d'un embryon d'explication, nan? Il est pas le mec le plus cultivé de la Terre mais il s'est toujours vu comme quelqu'un loin d'être stupide. Délaissant sa serviette pour un pantalon de jogging propre, il entend la dernière phrase de la peacekeeper et ne peut s'empêcher de sourire. Parce que toi non? Pourtant, quand j'arrête de t'emmerder, tu débarques chez moi le flingue à main...

De retour dans le salon, Delsin retrouve rapidement son canapé et sa bouteille, il boit une longue rasade au goulot avant de fixer quelques secondes Joan. Haussant les épaules, il soupire. Et maintenant? On fait quoi? On essaie de reprendre sur de bonnes bases, sans hausser le ton et sans se balancer des saloperies? Il n'attend pas vraiment de réponse et une poignée de secondes leur échappe. Un courant d'air froid traverse soudain le salon par l'entrebaîllement d'une fenêtre. Le ciel commence à peine à s'éclaircir, la nuit bat lentement en retraite. Entre chien et loup...ce fragment de jour et de nuit sans heure et sans avenir où tout est encore possible. D'un ton plus détaché, Delsin reprend la parole. Je me suis trituré les méninges pendant des jours pour comprendre ce que j'avais bien pu te faire ou dire pour que tu m'ignores aussi soudainement. En fait, c'est pas totalement contre moi, hein? Je veux dire...je suis pénible, désespérant et chieur mais tu t'y es plutôt bien habituée. C'est ce que t'as fait ce soir-là, c'est le métamorphe qui t'a fait fuir. Se penchant en avant, il lui tend la bouteille qu'il retient un instant dans sa main. Je peux pas m'excuser pour ce que je suis devenu et tu peux pas te reprocher d'avoir réussi. La bouteille tressaute entre ses doigts tandis que Joan essaie de la lui arracher. Accrochant son regard un court instant au sien, il libère enfin le goulot en chuchotant. Mais je suis profondément désolé d'être ton premier skinchanger.
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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Mar 15 Sep - 0:42

Des sonorités qui effleurent les vérités, juste assez pour les réarranger à la convenance de leur instigateur. Les excuses, elle connait. Première victime de ces plaidoiries trop souvent muettes, trop insidieuses, malsaines. A commencer par les siennes quand la peur au ventre, elle se refusait à quitter son foyer brisé. Celles de son ex-mari quand ses phalanges accostaient la mâchoire de son épouse. On se justifie les plus belles atrocités pour instaurer un cadre sécurisant, quelque chose qui rassure quand la nuit semble trop longue et bien trop noire. Son combat est un prétexte. Elle le sait depuis le départ. Elle reconnaît les stigmates de la perte dans cette déroute sanguinaire qu’il n’ajourne que pour panser de nouvelles plaies. Une douleur à la fois mais les cicatrices jubilant d’un même chœur contre son épiderme malmené. Sa revanche demeure amère mais respectable aux yeux de l’ancienne martyr. Déchiffrer ses humeurs, ses états d’âme lui paraît plus aisé qu’elle ne le croit. Des analogies entre les luttes, entre les absences et dans le chaos interne. Ça, il l’a compris dès le premier regard. C’est ça qui effraie la trentenaire quand sa main achève de réassembler la chair de son protégé, ça qui la tétanise quand ses doigts esquissent un mouvement qu’elle avorte vers sa pommette pour le rapprocher. Il y a des niveaux d’horreur qu’il faut avoir enduré pour réussir à saisir l’ampleur de la détresse voisine. Ce froissement dans la pupille, cette inconstance dans la gestuelle et cette traînée lasse qui accompagne chaque couplet délivré. Joan respire à peine quand il la remercie. Elle cherche sa prochaine réplique cinglante mais la sème dans le flot agité de ses veines. L’aorte exige plus de pression pour endurer un tel enchevêtrement de sentiments. La brune se tait toujours quand il déserte la pièce. Un mutisme qui n’annonce qu'une fin. Mais laquelle ?

La sorcière attrape la bouteille, s’installe dans le canapé, cherche à désobéir, avec ses maigres moyens, aux indications qu’il lui a fournies et qu’elle a laissé filer sans pouvoir s'offusquer. Contre le verre, les bagues qu’elle porte aux doigts, claquent désagréablement. Depuis quand s’est-elle mise à trembler ? Les paupières basculent, la fatigue l’assaille. Le cauchemar se prolonge, la journée a été rude et elle rêve seulement de son oreiller, de son peignoir au duvet analgésique, de plusieurs heures de sommeil sans la moindre anxiété. Le soigner lui a aspiré le peu d’énergie dont elle a pu disposer jusqu’alors et entretient ses délires internes. Le goulot atterrit entre ses lèvres, elle boit de longues gorgées qui lui brûlent la gorge et distendent ses cheminements déjà rendus nébuleux par l'harassement.  Dans un accès d’effronterie, elle s’imagine vider le reste du contenant dans ses plantes pour lui faire croire à sa descente prodigieuse mais se rétracte en le voyant revenir. Malgré toute la bonne volonté du monde, elle ne peut retenir la pensée qui éclot dans une déception fébrile. Il a revêtu quelque chose de plus décent. D’un grognement à peine audible, elle se redresse et repose le récipient sur la table. « Je l’ai toujours le flingue, alors à ta place, je ferai pas trop mon malin. » lui fait-elle remarquer. Bien entendu, dans son état actuel, elle doute de réussir l'exploit de viser correctement. Mais il n’est pas obligé de le savoir.

Soudainement, le changement dans l’atmosphère se fait drastique quand il prend place à ses côtés. Tout dans sa position invite à l’honnêteté et ça la tétanise. Elle veut l’arrêter mais c’est déjà trop tard, son métamorphe débute sa litanie. Dans un murmure acerbe, elle s'écoute lui glisser entre deux phrases. « Je suis pas sûre d’avoir été programmée pour ça. Balancer des saloperies, c’est ma vie. » Elle ponctue sa réalité d’un haussement d’épaules las et dénudé d’hilarité tandis qu’il poursuit. Le cœur se crispe à de multiples reprises. Elle aimerait qu’il se taise. Elle aimerait qu’il soit bête et qu’il ne saisisse rien. Qu’il la déteste aussi pour qu’elle arrête de lutter avec l’horrible sensation qui est née de ses attentes les plus démentes. Celle de se réfugier contre lui, d’oublier la frayeur et de mettre derrière elle absolument tout ce qu’il s’est passé aujourd’hui. Ou hier, elle n’en sait rien. A la fin du monologue de son interlocuteur, entrecoupé par quelques bruits de gorge quand l’alcool dévale son œsophage, elle reprend la parole. Sèchement, elle le malmène en une ligne mélodique. « En effet, moi aussi, je suis désolée que tu sois le premier. » Elle le regrette presque aussitôt.

Ses épaules se voûtent alors que le récit débute. « La seule autre fois où j’ai tenté de jouer à l’apprentie sorcière… » Mais sa voix se brise sur le point comme une vague fauchée par un brise-lame. C’est trop en vingt-quatre heures. Elle n’est pas encore prête pour tout. Pour ça en tout cas. Mais elle se reprend comme elle peut, affichant un mépris nécessaire à ses traits contractés par la souffrance mémorielle. Entre son index et son pouce, elle évalue les chances qu’il avait eu d’y laisser sa peau. « T’es passé à ça de devenir une abomination difforme avec des plumes, des poils,  six oeils et dix-huit orteils. T’es content ? » Un ricanement qui s’effondre sur lui-même, les coudes sur les genoux, les mains pour prendre le front en otage, elle bascule vers l’avant. « Qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? C’est pire qu’un mariage. Je peux même pas divorcer de ta sale tronche de rat sans devoir te tuer. Ce qui serait une idée hein si je n’avais pas dépensé autant d’énergie à te garder en vie. » Un soupir. Et un autre à sa suite. « Tu m’as forcée à accepter cette merde, à reproduire ce que je ne voulais pas, c’est à toi de trouver des solutions. Repartir sur de bonnes bases ? Tu veux qu’on fasse quoi ? Que je te tienne la main quand tu te transformes ? Que je te lise ta petite histoire du soir ? Je ne sais pas, Delsin, si j’ai besoin d’une responsabilité pareille. J’ai l’impression d’avoir à m’occuper d’un gamin de… Putain mais t’as quel âge d’ailleurs ? » Elle se redresse, le défie du regard. « On se connait même pas. Tu réalises un peu dans quel foutoir tu nous as mis ? » Sa tête retombe en arrière contre le dossier du siège, les doigts pour masser les tempes et la langue pour faire tanguer davantage ses secrets. « J’espère que t’es discret à ce propos. Le gouvernement organise de jolies rafles en ce moment pour dénicher des spécimens dans ton genre. Tu devrais surveiller tes arrières au lieu de foncer tête baissée dans les emmerdes où tu vas te retrouver étudié, charcuté... » Les visions d’épouvante qui l’ont poursuivie au point qu’elle soit ici, maintenant lui sautent à la gorge. Elle ramène un bras sur ses yeux comme pour ne pas assister à ce qu’elle s’apprête à révéler. « Delsin, s’il te plait. Fais attention à toi, ok ? » La politesse est inutile mais souligne l’importance de sa requête pourtant. Va-t-il seulement l’entendre ? Morphée engourdit déjà ses membres. Elle devrait se lever et partir mais elle se sent étrangement bien là où elle est. Là où il est.

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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Mar 15 Sep - 22:00



Les occasions de se révéler sont rares et plus encore maintenant. La vie s'est servie de ces deux-là comme d'un punching ball et si les douleurs, passées et sans voix, de Joan sont telles des ombres insaisissables que l'on ne distingue que du coin de l’œil avant qu'elles ne s'évanouissent, Delsin comprend leur assourdissant silence. Il ne pourra jamais totalement en vouloir à la Peacekeeper, quoiqu'elle lui fasse quoiqu'elle lui dise, ils ont pataugé dans les mêmes vases gluantes avant de parvenir à s'en arracher. On ne peut pas avoir de rancune envers un frère d'armes qui a traversé un champ de bataille similaire. Il ne peut pas y avoir de rancœur entre survivants. Alors, il parle, sans défi ni provocation dans la bouche. Entre chien et loup, il se fait lucide. Peut-être trop, il n'en sait rien, c'est tellement spontané, mais son propos trouve un écho chez Joan. Il n'en tire aucune fierté ou satisfaction. On ne se réjouit pas quand on découvre les fêlures chez autrui et voir derrière le masque de porcelaine de la Peacekeeper n'a rien d'une victoire. Delsin est profondément sincère quand il avoue être désolé d'être la première création de Joan. La connaissant, cela avait du être une décision aussi désespérée que celle qu'elle a prise à son égard. La vie qu'elle avait tenté de sauver par l'entremise de ce rituel avait du être précieuse pour elle. S'il avait eu les mêmes dons, il ne fait aucun doute qu'il se serait épuisé, vidé pour Julianna, il aurait poussé sa carcasse jusqu'à ses limites pour parvenir à empêcher cette existence chérie de s'éteindre. Qui était cette personne pour qui Joan avait tout tenté? Un amant? Un ami? Un membre de sa famille? La curiosité s'éclipse quand elle reprend la parole et le métamorphe se contente d'hocher une unique fois la tête avec un demi-sourire amer aux lèvres. L'envie d'entourer les épaules de la jeune femme de son bras lui serre la gorge mais ces instants où elle se permet d'être moins monolithique sont trop rares pour qu'il prenne le risque de tout faire voler en éclats. D'un revers de la main, il effleure des phalanges le poignet de la Peacekeeper. Ce n'est ni un encouragement ni une incitation à poursuivre, les silences sont bien plus éloquents que le plus long des discours. Il veut simplement lui faire sentir qu'elle n'est pas seule dans ce monde cinglé et dégénéré. Ils avaient accepté la présence de l'autre par le passé et ce n'est pas son statut de métamorphe qui y a changé quoi que ce soit. Du moins, en ce qui le concerne. Peu importe la place qu'elle lui accordera, il sera là.

Contre toute attente, Joan répond et c'est le début d'un récit douloureux qu'elle entame mais ne finira pas. L'amertume a cédé le pas à l'acide une poignée de secondes et bien qu'elle s'avère incapable d'aller plus loin, aux yeux de Delsin, le plus difficile a été fait. Le décor était propice mais pas le contexte. Soit. Ce n'est pas un échec juste une retraite stratégique. La Peacekeeper se reprend rapidement, esquissant en un geste la catastrophe d'un rituel foiré. Si l'image a quelque chose de grotesque et de comique de prime abord, Delsin mesure brièvement ce que cela aurait pu générer chez la jeune femme. Elle aurait été obligée de lui coller une balle entre ses six yeux et aurait du continuer à vivre avec le poids d'un nouveau fiasco. Il plisse un instant les paupières, se demandant si c'est de cette façon que sa première tentative s'était soldée. Bordel...c'est le genre de truc qui vous ravage pour toujours. Pas le temps de le mentionner, la Peacekeeper se laisse aller vers l'avant, coudes sur les cuisses, front entre les mains. Sans vergogne, elle lui dérobe la vanne sur le mariage qu'il s'apprêtait à jeter d'un ton railleur en évoquant les inconvénients qu'ils se prennent en pleine face sans bénéficier des avantages. Tronche de clebs, Joan. la reprend-il à la volée d'une voix blasée. Il semblerait que j'ai plus de choses en commun avec un chien qu'avec un rat. Cette fidélité un peu stupide, cette incapacité physique à mordre la main de son maître, cette courte bouffée de joie quand il a ouvert la porte en la voyant. Mais je suis soulagé de t'entendre dire que ça te ferait chier de me buter. Elle soupire mais ne se tait pas pour autant. Elle continue, exposant son point de vue qu'il n'avait pas encore réellement calculé faute d'avoir pu en débattre avec elle. Il esquisse une grimace quand elle sous-entend qu'il l'a obligé à exécuter ce rituel. Il était en train de crever et il était hors de question de mourir sans avoir terminé sa croisade. Il avait raclé le fond, s'en était tiré, c'était pas pour disparaître sur l'asphalte dégueulasse d'une ruelle crasseuse. Certes, il l'a implorée mais dans cette situation, qui ne l'aurait pas fait. Et puis, les cartes n'étaient pas dans ses mains à lui, qui se vidait de son sang. Elle aurait pu choisir la voie de la normalité, appeler des secours, accompagner ses derniers instants et laisser la fatalité faire son œuvre. Mais Joan Valentine avait décidé de voler la pièce de la Faucheuse annulant brusquement sa partie de pile ou face et s'était prononcée en faveur de la magie. Quand elle caricature ses besoins, Delsin claque des doigts et hoche la tête comme si l'idée d'être un fardeau infantilisé était la putain de meilleure idée de la Terre. Puis, il la laisse terminer jusqu'à ce qu'elle lâche, en évitant son regard, qu'il doit se montrer prudent.

Je sais comment me démerder, Joan, parce que j'ai été un gros lâche et que je ne suis plus cet homme-là. Quand au méta...et bien, j'arrive à plus ou moins gérer la chose. Je te rassure, j'ai pas besoin de baby-sitter au quotidien, sauf si tu fais les voix quand tu lis un conte. Je peux pas résister quand on fait les voix. remarque-t-il en se tournant vers elle tout sourire. En fait, je ne serais pas contre ta présence lors des nuits de pleine lune. C'est flippant de reprendre conscience sans savoir ce que t'as fait ou pas fait. Et c'est atrocement éprouvant. Même pour lui qu'une fracture n'a jamais empêché de continuer de tabasser. Se laissant couler dans le dossier du canapé, il lève les yeux sur le plafond craquelé en soupirant. Dans tous les cas, c'est fait maintenant. On va pas se lamenter pendant des mois sur ce qu'aurait été ta vie si tu m'avais laissé crever dans cette ruelle. On est lié même si ça te branche pas plus que ça. Navré mais sur ce coup-là, t'as pas trop le choix ma grande. Alors, on va de l'avant. lâche-t-il en brandissant le poing de façon théâtrale avant de reprendre d'un ton plus grave. J'ai déjà suffisamment donné dans l'autoflagellation par le passé. C'est chiant, ça fait mal et ça n'apporte rien. Dans tout de ce que tu viens de dire, il n'y a qu'une chose qu'on peut changer... Il laisse sa phrase en suspens avant de croiser le regard de la Peacekeeper. Le fait qu'on ne se connaisse pas vraiment. S'il parvient à déchiffrer quelques mystères en elle, la réciproque doit être vraie. Ils identifient les mêmes cicatrices chez l'autre, remarquent des routines similaires tout en ignorant parfaitement l'origine de ses dernières. Des points communs flous. Des atomes crochus éthérés. L'ornière, sur le chemin, d'une croix qu'ils ont trainé et trainent toujours, en solitaire, et soigneusement entoilée. Elles me manquent nos expéditions dans les bas fonds. Je trouve qu'on fait un beau duo de desperados. Accorder sa confiance, c'est chaud à l'heure actuelle. Je te fais confiance, Joan, et c'est trop précieux pour que je ne lutte pas pour la conserver.
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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Jeu 17 Sep - 1:14

Il y a des vérités qui s’élancent et qui s’expriment bien plus intensément dans les contacts les plus ténus. Présents mais à peine distincts, les frôlements de Delsin provoquent pourtant des dommages qu’elle ne souhaite pas qualifier. Il suffirait d’un seul souffle, d’un seul mouvement de sa part pour qu’elle se brise. Sans doute, n’en a-t-elle pas conscience. Sans doute que lui peut le deviner parce qu’il s’arrête à ces quelques bruissements inaudibles. Dans cette atmosphère feutrée et abstraite, Joan pense pouvoir réussir à l’éloigner mais à chaque mot, c’est elle qui s’attache. C’est elle qui est venue de toute façon. Pourquoi nier les évidences ? Parce qu’elle risque gros en parant ses attentes d’un or soutenu alors qu'elle ne peut même pas s’offrir du bronze. Non, elle vient seulement s’assurer qu’il n’a pas servi de viande aux bouchers du gouvernement, par acquis de conscience. Maintenant, elle devrait repartir. Elle le devrait mais les paroles se multiplient et les réactions de Delsin la font s’attarder. Cet homme en sait déjà beaucoup sur elle, suffisamment pour réussir à se positionner face à ses incohérences et sa détresse, pour déjouer tous les drames qu’elle lui invente et pour replacer le cadre autour de la scène. Il délimite leur réalité, leur offre quasiment un décor dans lequel évoluer sans trop trébucher. Elle n’en veut pas pourtant. Elle ne désire pas se projeter dans un tableau parce qu’il y aurait forcément des expectatives. Forcément une dépendance. Peut-être que ça a déjà commencé. Comment pouvait-il se montrer si attentif alors que son esprit semblait régulièrement se décomposer par des démons dont elle n'avait que des connaissances tacites et imparfaites ? La sorcière se détruit plus d’une fois dans son mépris mais il la rattrape avec tact, dissipant les pénibles amoncellements de termes, la reprenant avec un humour qui l’aurait amusée sans doute si elle n’était pas aussi troublée et occupée à se convaincre qu'elle le détestait.

Éreintée par une plaidoirie qu’elle n’a conclu que dans sa faiblesse, elle ne soulève même pas le bras quand il prend à son tour le crachoir. De la même manière qu’il a respecté son monologue, elle ne l’interrompt pas. Peut-être pas par choix pourtant, juste par lassitude. Le métamorphe veille à démonter ses arguments et elle ne comprend pas son acharnement. Enfin si, d’un point de vue pragmatique, dénicher une peacekeeper qui pouvait le réparer sur commande, ça devait valoir de l’or quand on était un petit voyou dans son genre. L’idée d’être son objet, son beau pion la rend malade. Elle se fait à cette idée pour ne pas écouter sa rythmique cardiaque se démanteler quand il lui parle de ces choses qu'elle a besoin d'entendre et qui l'effraie au plus haut point. C’est cette vaniteuse certitude, celle d'être son jouet, alors qu’il achève sa tirade qu’elle se redresse abruptement. Acerbe, sa langue claque contre son palais. « Ça te manque qu’on se fasse agressés dans des quartiers pourris, vraiment ? Et tu dis que t’as arrêté l’autoflagellation. Laisse-moi rire. Tu reviens en sang bien trop souvent pour donner l’impression d’avoir dépassé le stade de l’autodestruction. T’es en plein dedans, c’est quand que tu ouvres tes foutus yeux, Danes ? Ne me mets pas dans ton camp, moi, je veux juste la vérité ! Pas la mort ou la rédemption. » Elle se lève alors soudainement pour se placer face à lui. Aussi violemment, elle se penche sur le visage du changeur en posant ses doigts sur l’épiderme de ce dernier. Un index au-dessus du sourcil droit, un pouce en-dessous de sa mâchoire à l’opposé, tout à gauche. « La dernière fois que j’ai accordé ma confiance à un homme, je lui ai ouvert la peau d’ici à là avec un couteau. T’es sûr que tu veux apprendre à me connaître ? » Un autre ricanement alors qu’elle continue à s’incliner vers lui jusqu’à ne plus pouvoir, pas sans basculer dans ses bras. Les yeux dans les yeux, elle fait coulisser ses mains de chaque côté de ses tempes et garde cette emprise sur lui durant de longues secondes avant de réussir à parler, coupée dans son élan par une succession de sentiments contradictoires. « Tu réalises que t’as placé tes putains d’espoir dans le plus mauvais des paniers ? Je suis la dernière des garces, je te traite comme de la merde et tu me sors ta connerie de discours sur la confiance. Bordel. T’es vraiment un foutu maso. » Elle se détourne de lui tout aussi sauvagement et fait quelques pas pour effacer cette proximité enivrante.

Même de dos, La trentenaire ne se tait pas. « Je sais pas ce que je vais faire de toi. Mais alors vraiment pas. Je te rendrais peut-être service en te foutant derrière les barreaux, t’arrêterais enfin de me revenir en petits morceaux au moins… » L’inquiétude s’invite dans l’amertume. Elle a déjà trop bu ou elle est trop crevée. Les bras croisés sur la poitrine, elle tourne enfin les talons et le toise sévèrement. « J’espère que ça en vaut la peine, ta petite vendetta, parce que tu sais, les tronches de cake et les connards, c’est pas ça qui manque. Tu pourras pas tous les démonter, crois-moi. J’ai déjà essayé. C’est peine perdue. Faudrait brûler tout l’Etat et encore. La vermine, ça résiste à tout. Regarde-nous, on est encore là pour en parler. » Un sourire tordu perturbe sa bouche et l’instant d’après, elle fait basculer sa tête vers l’arrière, agite ses cheveux en signe d’abandon. D’un ton bien plus posé, elle prend au moins la peine de soulever un des points de son discours. « Pour ton souci de pleine lune, je pense que t’as juste paniqué. D’après ce que j’ai lu, t’es censé être maître de tes actes. M’en demande pas plus, j’en sais rien. Je devrais apporter la laisse, tu penses ? La muselière ? Tu pourras la garder quand tu seras redevenu humain, ça sera bien pratique. » L’insolence a remplacé allégrement le sérieux et sans plus de transition, elle grogne vivement. « Putain, cette journée a vraiment été pourrie. » Tous les événements des dernières vingt-quatre heures semblent retomber brutalement sur ses épaules. Elle veut juste dormir, trouver le peu de réconfort qu’elle puisse s’offrir ici sans les conséquences qu’elle ne pourra pas assumer.

D’un coup de pied sur le talon, elle retire ses chaussures, les laisse choir au sol et déboutonne son gilet pour mieux se retrouver en t-shirt. La peacekeeper approche du canapé qu’elle a délaissé pour s’y réinstaller. « J’espère que ton canapé est confortable, sinon je vais tout démolir. » Elle s’y allonge cette fois-ci, se recroqueville pour réussir à y tenir et passe le textile qu’elle a ôté sur elle en guise de couverture. Ses paumes tâtonnent les coussins  pour leur donner une forme correcte, en vain. Elle étouffe un bâillement d’une main, ferme déjà les paupières. « On reprendra la dispute plus tard hein. Oublie pas où on en était. J’ai raison et t’as tort. Comme toujours. » Elle rouvre les yeux pourtant aussi vite, réalisant sans doute tout ce qu’elle n’a pas pu analyser dans le feu de l'action. « J’ai du mal à t’imaginer lâche… Tête-brûlée, crétin, fou furieux peut-être. Mais lâche… Je crois que t’es un des rares mecs à savoir où se trouvent ses couilles sans devoir les chercher. Après tu te les aies peut-être récemment greffé pour ce que j’en sais… Me dis pas que tu t’appelais Martha avant quand même ? » C'est un compliment qu'elle n'accorde à personne et qu'elle masque derrière la première stupidité à sa portée. Elle prend appui sur un coude pour se redresser afin de l’interroger du regard le plus sérieux qu’elle put trouver. Ça vaut toujours mieux de s'adonner à l'immaturité plutôt que d’effleurer les plaies quand elles sont encore ouvertes et prêtes à saigner.  

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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Dim 4 Oct - 23:02



C'est maladroit et il le sait mais Delsin n'a jamais été un grand et excellent orateur. Les pérégrinations dans les bas fonds aux côtés de Joan lui manquent avoue-t-il mais ces accès de violence adroitement dirigés vers certains cibles n'est pas ce que regrette de plus Delsin. Au-delà du sentiment de sécurité et d'assurance procuré par la présence de la Peacekeeper, c'est sa simple compagnie qui le satisfait, ce fait de marcher aux côtés de quelqu'un, de ne pas être une bête solitaire. Delsin avait toujours refusé de s'attacher de nouveau à qui que ce soit. Le karma lui a prouvé à de nombreuses reprises qu'il avait tendance à laisser la moindre pousse verte mourir entre ses mains. Danes s'est vu frappé d'une malédiction qui l'amène fatalement à gâcher toutes les occasions un peu positives qui se proposent à lui. De mauvais choix en mauvais choix, Delsin a décrété que dorénavant, ses écueils, ses errances ne blesseront plus autrui. Mais métamorphe ou pas, il n'en demeure pas moi un être humain et Joan...et bien il l'apprécie bien plus que ce qu'il ne voudrait croire. Il secoue lentement la tête en signe de dénégation lorsque la Peacekeeper évoque ces escapades sanglantes comme une nouvelle forme d'automutilation. Si elle savait...si elle savait jusque dans quelles profondeurs abyssales il a pu se laisser couler sans chercher à se débattre. Si elle savait à quel point il a pu ramper, à quel point il a été veule et lâche.

Mais elle soulève toutefois quelque chose. Elle, elle cherche la vérité, tout comme lui dans un sens. Mais lorsqu'il l'aura trouvée, lorsque le sang de ceux qui ont assassiné sa seule amante maculera ses mains, que fera-t-il? Des années de violence, ça ne s'oublie pas, ça ne s'efface pas. Est-il en train d'aimer ce qu'il fait lorsque la lune monte dans le ciel? Devient-il une bête à visage humain lentement mais sûrement? Avec une pointe d'effroi, Delsin se rend compte qu'il n'a au final aucune perspective d'avenir. Il vit pour, par et à travers sa vengeance. Mais après? A-t-il seulement songé à un après? Une saveur acide tapisse son palais. Son esprit est déjà en train de s'évader mais Joan le rappelle brusquement dans son enveloppe de chair. Sa silhouette masque la lumière du salon tandis qu'elle se penche sur lui. Deux doigts froids se posent sur son visage, le départ et l'arrivée d'un coup de couteau qu'elle a elle-même infligé à un tiers. Plantant son regard dans celui de la Peacekeeper, Delsin affiche une mine soudain sérieuse qu'il n'arbore que rarement. Pourquoi t'aurais besoin d'un couteau contre moi? questionne-t-il simplement. Elle se penche un peu plus, toujours plus jusqu'à être si proche que son souffle caresse ses lèvres. L'atmosphère semble s'épaissir et ils semblent hésiter entre résistance et abandon. Il aurait juste à tendre la main pour la faire tomber sur lui, l'emprisonner dans ses bras. Les doigts de Joan glissent jusqu'à ses tempes et s'ils s'aventurent plus loin, s'il sent ses ongles ramper dans ses cheveux, il ne répond plus de rien. Vénéneuse, Joan brosse un portrait grotesque de la relation qu'ils cultivent entre eux, une relation faite de départs et de retours, de rejets et d'acceptations, de dépit et d'anxiété. Une relation hybride, indéfinie mais clairement vivante qui ne les laisse pas indifférents.
Est-ce parce qu'il paraît soudain si concentré sur elle, est-ce parce qu'elle se rend compte de cette irrésistible attraction qui est en train de les entraîner on ne sait où, est-ce parce qu'elle comprend qu'elle aura beau le rejeter, il reviendra sans cesse (comme un chien). Pour toute réponse, Joan s'écarte brusquement, évoquant de nouveau l'image d'un repli stratégique. Lui tournant le dos, elle ne s'arrête pas, continue de parler. "Je te rendrais peut-être service en te foutant derrière les barreaux, t’arrêterais enfin de me revenir en petits morceaux au moins…" L'inquiétude transperçant ces mots boudonnent sourdement à ses oreilles. Ce n'est pas la première fois qu'on le "menace" d'une dénonciation. Delsin baisse une instant les yeux sur la surface de la table basse, son sourire moqueur se fige et ses mâchoires se crispent. La voix accusatrice s'élève, hallucination empoisonnante qui tisonne les braises du passé. J'aurais du te dénoncer, Delsin, je nous aurais sauvé tous les deux puisque t'étais incapable de le faire. Mais je t'ai cru. Je t'ai cru quand tu as promis de tout arrêter. Regardes-la, Delsin. Il daigne enfin lever le regard sur Joan. La voix désincarnée murmure à son oreille, se mêle à celle de Joan en masquant ses paroles mais pas ce ton plus posé qu'elle a adopté.Cette bienveillante garce... ronronne le fantôme d'un timbre mielleux et suave avant de conclure en un souffle. Tu vas la condamner comme tu m'as condamné.

Le son sourd d'un objet tombant au sol le renvoie dans son salon. La présence invisible a disparu et Joan s'avance vers le canapé, pieds nus et en abandonnant son gilet, avant de s'y installer. Il faut quelques secondes à Delsin pour retrouver une certaine liberté de mouvement et la Peacekeeper est déjà en train de s'aménager un tas correct de coussins, emmitouflée sous le gilet qu'elle vient d'enlever. Attends. Tu fais pitié. Je vais pas te proposer mon lit parce que...ben, c'est mon pieu...mais j'ai bien mieux que ta pelure. Posant les mains sur ses cuisses, le métamorphe s'arrache à son fauteuil, trottine jusqu'à sa chambre pour mieux revenir les bras chargés d'une couverture.  Ca se déplie, si tu veux. dit-il en jetant la couverture sur la Peacekeeper. S'asseyant en tailleur au sol, accoudé à la table basse, Delsin hausse innoncemment les épaules lorsque Joan énumère ses "qualités". Le compliment fuse rapidement et est immédiatement enrobé par une remarque puérile. Tournant la tête vers la fenêtre entrouverte, il esquisse une indéfinissable moue. Non. Je me suis toujours appelé Delsin. Mais j'étais la sixième fille de mon père. Frustré, il m'a affublé d'un prénom masculin et m'a élevé comme si j'étais son fils. Ca a été un secret bien gardé et entretenu jusqu'à ce que je puisse légalement devenir ce que j'avais toujours été. Presque fier de lui, il coule une oeillade à Joan, n'y croise aucun amusement mais une invitation silencieuse au sérieux. On est encore entre chien et loup...Delsin plisse les lèvres, se mord l'intérieur de la joue. Après un long soupir, il glisse une main sur son cou, ses doigts se crispent sur sa nuque et il baisse la tête. J'ai pas envie que tu saches ces choses-là, Joan. murmure-t-il du bout des lèvres en croisant de nouveau le regard de la peacekeeper. C'est quasiment une vie antérieure à mes yeux. Tout ce qu'il en reste, ce sont des regrets, de la culpabilité, du mépris et...de la rage. Un reniflement amusé sans chaleur lui échappe et un coin de ses lèvres se retrousse en un sourire amer. Une grosse, très grosse rage.
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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Dim 18 Oct - 18:11

Des aimants au magnétisme mutilé par des amants congédiés. Dans les brèches qu'il arbore, il signe l'arrêt brutal d'une idylle. Une évidence qu'elle a perçu dans sa routine dévastatrice. La solitude colle à sa chair, tarit ses gestes et la suite logique de ses actes. Il porte une absence. Elle sait en discerner les contours autour de sa pupille. Des déceptions s'acculent dans ses mots, il n'a même pas besoin de remuer les lèvres pour qu'elle le comprenne. Ils ne sont pas faits pour s'attacher. Tous les deux ignorent comment rattraper des sentiments déjà morts et comment accepter la renaissance d'un procédé chimique, même si Delsin est prêt à faire plus de sacrifices qu'elle. Ou du moins, qu'il semble le vouloir en réclamant la présence de sa sorcière pour endurer sa nature fraîchement acquise. Par bien des aspects, il présente plus de force de caractère qu'elle. Ce seul fait lui a permis d'obtenir le respect quasiment absolu de la brune. Un penchant pour l'admiration qu'elle accorde rarement à la gente masculine. Depuis qu'Isaac a été semé, depuis qu'elle a ravagé définitivement leur histoire chaotique en l'attaquant cette nuit-là, aucun homme n'a pu obtenir grâce à ses yeux. Lui le pourrait mais elle s'y refuse, se butte à chaque défaut qui l'agace. Sa façon arrogante d'envisager sa cause, la faisant impérieuse, noble, sa manière de l'inviter à partager ce petit secret scellé par la magie et sa conviction de la penser acquise, de croire pouvoir l'invoquer à sa guise. Il exige bien trop et elle ne veut pas exécuter. Elle ne le peut pas à vrai dire. Chaque pas à esquisser dans cette direction, lui râpe la peau. Elle ne veut pas finir ensanglantée à ses pieds. Parce que malgré tout, il est façonné comme tous les autres monstres qu'elle a pu côtoyer. Des os, du sang, de la chair. Tous les ingrédients sont rassemblés pour une énième tragédie. C'est pour ça qu'il fallait fuir. Notamment.  

Sa question prouve qu'il n'a rien compris. Ou qu'il refuse de comprendre. La violence qu'il narre de ses phalanges, elle l'habite en tout point. Et elle a une nette tendance à la diriger contre ceux qui veulent la rapprocher. Le dernier recours et son seul rempart depuis qu'elle a détaché le nom de son époux pour reprendre le sien, depuis que l'alliance a été ôtée. Ce qu'elle a fait subir à son ancien mari, elle se l'est infligée tout autant. Une empreinte de ce qu'elle a dû devenir pour pouvoir se défaire de l'emprise néfaste de l'homme. Cette démence primaire la terrorise. L'aorte tordue et les nerfs à vif, elle ne peut apporter que décadence à celui qui s'essaierait à l'apprivoiser. Mais son métamorphe ne saisit pas. Elle ne compte pas lui donner la moindre explication et bat littéralement en retraite avant de confondre les yeux du changeur à son horizon. Lui aussi s'égare. Et elle, elle parle beaucoup trop pour combler des vides qu'elle aurait aimé remplir de sa proximité. Le sommeil survient quand la tête se fait lourde de pensées. Une grimace s'allonge sur ses lèvres alors qu'il s'éloigne. Au moins, il est sain et sauf... Pour l'instant songe-t-elle amèrement. Elle réfugie ses angoisses au creux des bras qu'elle replie contre sa poitrine. La somnolence débute déjà, sa tête roule lentement contre les coussins qu'elle a calé à l'arrière de sa nuque quand quelque chose atterrit abruptement sur elle. Ses paupières à demi-refermées fusillent le propriétaire des lieux pour cette interruption. « Comme c'est aimable à toi... » crache-t-elle avec ironie. « Il faut que moi, je sois là pour te border mais toi, t'es pas fichu de m'apporter correctement une couverture ? A quoi ça sert que tu sois ma foutue bestiole si t'es même pas capable de me servir dignement, mauvais esclave ! » Elle déplie l'offrande cependant et l'étend sur son corps engourdi par l'harassement. Elle cale le tissu sous son menton et écoute avec attention l'ingrat, enivrée par l'odeur douloureusement familière qui s'échappe de la fibre.

On ne pouvait pas lui retirer son don certain pour la répartie. Une de ses qualités indéniables. La trentenaire masque son amusement comme elle peut, ses esquives ne l'intéressent pas de toute façon. « Ça explique tout alors. Y a qu'une meuf qui peut posséder une telle paire de couilles. Tu veux que je t'appelle Marlène, histoire que tu rattrapes le temps perdu ? » Un ricanement qui s'avorte alors qu'il reprend. Elle prend en considération toutes les nouvelles notes qu'il ajoute à sa mélodie. La mélancolie qu'elle a interprété, prend pleinement son sens. Là où le reste du monde ne l'intéresse pas, il la fascine adroitement de toutes ces blessures qu'il lui faut absolument divulguer en se les infligeant afin d'aguicher l’œil. N'est-il pas seulement en détresse ? Non. Il tente de se relever lui aussi. Joan se redresse pour mieux le détailler. Les froissements dans l'air sont imperceptiblement douloureux. Elle veut les recouvrir pour qu'ils arrêtent de mettre le nez dans leur passé. « Enragé, toi ? Quelle surprise. » Son sarcasme claque et sa sévérité la talonne aussi sèchement. « C'est bien ce que je dis donc, tu te punis. C'est quoi tes projets après tout ça ? Te laisser crever dans un tas d'ordure ? Tabassé à mort par de nouveaux ennemis ? Ton plan d'avenir tient pas la route, mec. » Mais la hargne et l'inquiétude s'éteignent. La compassion qu'elle a voulu ravaler s'impose. Comment peut-elle jouer l'hypocrite alors que d'une certaine façon, elle se jette dans les mêmes pièges. « Mais je comprends. » C'est un souffle plus instable que les précédents. Elle baisse les yeux, cherche à reprendre consistance. Son essence s'est émietté dans la tonalité voisine. Leurs vulnérabilités la corrompent suffisamment pour qu'elle décide de se détacher de cette pesanteur qui semble si prête à écraser son cœur.

D'un bond, elle se remet sur ses jambes, envoie le textile qu'il lui a apporté au sol dans la manœuvre et annonce d'un air autoritaire « Tu sais quoi, ton plumard ne m'intéressait pas du tout. Mais depuis que tu m'en as clairement refusé l'accès. » Elle s'oriente prudemment vers sa chambre en se retournant ultimement pour lui servir un sourire tout à fait provocateur et enfantin. « Je vais pouvoir saluer la petite poule qui s'y trouve peut-être. » A ces mots, elle se met à courir avant qu'il ne puisse la rattraper et se jette dans son lit. Comme une gamine, elle s'enroule dans les draps en attendant qu'il se manifeste pour la gronder. L'immaturité comme seule réaction envisageable pour semer leurs démons. Puérile, elle n'en demeure pas moins farouchement troublée et pas moins affreusement impertinente.

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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Mer 11 Nov - 13:58


Se punir? Delsin hausse nonchalemment les épaules, il n'a pas de réponse car il n'a jamais pris le temps de réellement se pencher sur la question. La psychologie de comptoir a le don de l'emmerder profondément et personne n'aime être sur le gril. Ou se mettre sur le gril. Et puis, c'est délicat, une vengeance. On titube à la frontière du bien et du mal, on oscille entre rédemption qu'on désire obtenir et pardon que l'on souhaite se voir accorder. A la fois bourreau et victime, Delsin ne se voit pour l'instant qu'en juste exécuteur. Ce qu'il se passera après avoir atteint son but...J'en sais rien. Vraiment rien. murmure-t-il en baissant le regard. Il ne s'est jamais imaginé dans un pavillon de banlieue en digne membre d'un casting de série soap. Ni dans un appartement chaleureux en centre ville. Il n'a jamais réussi à s'incruster dans un tableau de ces genres-là, même en ayant eu des parents adoptifs irréprochables, il a toujours su que ce bonheur, cette félicité lui serait éternellement étrangère. Il est un figurant qui n'apparaît pas sur le grand script de la vie. L'avenir de Delsin a toujours été d'un noir d'encre. Impénétrable ou inexistant. Et Valentine a raison. Il finira peut-être buté par un ennemi trop fort pour lui ou il commettra inconsciemment une erreur qui lui sera fatale pour mettre un terme à cette spirale de violence dans laquelle il s'est jeté sans savoir comment en sortir. Sera-t-il capable de retrouver une existence "normale"? Delsin en doute.

La voix de la Peacekeeper reprend ces intonations connues qui lui font plisser les lèvres comme un gamin que l'on soûle à sermonner une fois de trop. Qui l'eût cru, pauvre bête solitaire perdue sans collier...ta sale carcasse a réussi à se rendre intéressante pour quelqu'un. Le ton railleur de sa culpabilité se tait lorsqu'un murmure à peine vibrant, mais suffisamment pour son ouïe fine, se faufile à la suite des reproches acides de Joan. Un aveu intimiste qui se glisse dans son oreille. Elle comprend. Julianna lâche un rire bref, un ricanement grinçant et moqueur avant de retrouver le silence du néant. Le métamorphe relève les yeux sur la Peacekeeper qui, elle, baisse les siens. Il aurait préféré qu'elle ne dise pas cela. C'est tellement plus simple quand elle joue la reine des neiges brise-burnes et lui le désespérant cas désespéré. Etre honnête, c'est comme se balader à poil, ça dérange autant celui qui le fait que celui qui y assiste. Delsin tend la main vers le poignet de Joan, décidant de faire cesser ces secondes de malaise par un geste spontané mais ses doigts ne se referment que sur la couverture qu'elle rejette soudain loin d'elle. Ele écarte son bras du sien pour se relever et abandonner le canapé. Le surplombant de sa hauteur, elle adopte un ton pète-sec esquissant rapidement la menace d'un squat illégitime du lit du métamorphe.
Pas à pas, elle s'éloigne de lui.
Pas à pas, elle se rapproche de la porte de sa chambre.
Elle se tourne dans sa direction évoquant de nouveau la présence d'une nymphette dans les lieux avant de disparaître en cavalant dans l'obscurité de sa chambre. Y a pas de poulette dans ma piaule. rétorque-t-il avec un sourire amusé aux lèvres. Juste une grosse dinde maintenant.

De sa place, Delsin entend la courte course de Joan et distingue le léger appui qu'elle prend pour se jeter dans son lit. Son matelas geint sous le poids de la jeune femme, il perçoit le chuintement de la couette qui glisse sur sa peau, le froufrou moelleux d'un de ses oreillers qui se creuse. Loin, plus loin derrière ces bruits, il distingue le tambour un peu plus rapide que la normale d'un coeur. Ce n'est pas une bande sonore dont il est coutumier. C'est apaisant en quelque sorte, cette cacophonie vivante. Bien plus apaisant qu'un silence que l'on doit convoquer lentement avant d'enfin pouvoir en profiter pleinement. Elle sait y faire, hein Del'? Je parie que t'es même plus en rogne contre elle. La voix onctueuse de sa culpabilité prend aussitôt forme. Elle est assise en tailleur sur le canapé, vision cauchemardesque d'un cadavre animé dont les blessures luisent dans la pénombre. Julianna glisse au sol, face à lui, son regard mort et éteint rivé au sien. Ses sourcils se froncent à peine et ses lèvres pâles esquissent une moue qui fut adorable de son vivant. Elle pose ses mains intangibles sur ses joues. Mon pauvre Delsin... ronronne-t-elle. Le métamorphe ferme les yeux à ce contact sans réalité. Ce n'est qu'une énième douloureuse hallucination et il le sait. Elle va partir. Silencieusement ses lèvres s'agitent en une litanie muette, avec la ferveur d'un croyant il se convainc de la non-existence du fantôme. Mais la voix maintenant sans corps reste, elle le nargue, devient un chuchotement semblant venir de partout et de nulle part à la fois. Il se lève, elle lui rappelle, narquoise, qu'il est toujours un junkie, son vice a juste changé de forme mais il le déglingue toujours autant. Il avance d'un pas et elle évoque ses serments, ses promesses qu'il n'a jamais tenu. Il se dirige vers sa chambre et elle le maudit, le promet à une longue agonie qui est la seule certitude qu'il puisse avoir à propos de son avenir. La main de Delsin se pose sur le chambranle de la porte. Lentement, il tourne la tête pour lancer une oeillade par dessus son épaule. Il redoute d'avance de croiser cette paire d'yeux morts scrutateurs et juges. Mais il n'y a plus rien. Rien qu'une pièce à vivre plongé dans les ombres.

Poussant la porte derrière lui pour éviter que la chambre soit inondée de soleil dans deux heures, il s'avance vers son lit d'un pas nonchalant. Je te préviens, je dors à poil. lâche-t-il d'un ton qui se veut détaché. Il se laisse tomber au bord de son lit, assis, le dos courbé, le temps de deux inspirations pour retrouver un semblant de calme ou quelques bribes de sérénité. L'âme déchiquetée, écartelée par ses propres nerfs, il se rend compte, jour après jour, que la seule image qui lui reste de Julianna est celle de son cadavre. Les souvenirs doux amers s'effacent et ne laissent que les scènes mortifères d'un couple qui s'aime autant qu'il se détruit. Jusqu'à quand pourra-t-il supporter cette envahissante et implacable culpabilité qui le bouffe. Il a beau savoir que ces apparitions ne sont que des hallucinations, un tricotage masochiste de son esprit, elles teintent son humeur en gris morne, terne. Ce n'est qu'une autre manière de te punir, avancerait la Peacekeeper. Certainement.
Posant la tête au creux d'un oreiller, Delsin s'empare d'un coin de couette qu'il tire doucement mais fermement avant de glisser les jambes dessous. C'est moi qui partage un lit. Pas toi, chieuse. grommelle-t-il entre ses dents comme un gamin lésé par son invité. Mais le coeur n'est décidément plus à l'échange puéril ni à la bagarre. Roulant sur le côté, il se retrouve face au dos de Joan. L'odeur de la jeune femme se mêle à la sienne, inconsciemment sa respiration s'harmonise à la sienne. L'homme hanté comme la Bête abandonnée ne peuvent clôturer cette nuit par la séparation. Tendant le bras, Delsin le pose sur la hanche de la Peacekeeper avant de l'attirer à lui. La maintenant contre lui, son dos contre sa poitrine, ses lèvres effleurent l'oreille de la jeune femme. Sssh. souffle-t-il doucement en desserrant son étreinte au fur et à mesure qu'elle cesse d'essayer de s'arracher à lui. Il laisse le temps s'écouler dans le silence et les ténèbres, profitant en toute humilité à ces instants de proximité aussi fragile que délicate.
Une parenthèse pacifique dans la fuite en avant qu'est sa vie.
Un soupir sur la portée d'une symphonie diabolique.
Se redressant sur un coude, Delsin se penche légèrement au-dessus de la tête de la Peacekeeper, ses lèvres se posent sur la courbe de sa mâchoire. Bonne nuit Joan. chuchote-t-il avant de la lâcher et de s'éloigner d'elle.
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MessageSujet: Re: Whisper [PV Delsin]   Mer 25 Nov - 2:21

Les doigts râpent les draps à plusieurs reprises. L’agitation se poursuit alors qu’elle repousse les oreillers pour mieux les rapprocher dans la seconde suivante. Aucune patience. Aucune maîtrise même partielle de ses émotions. Tout est brutal, du cœur qui se tord sous l’injonction irrationnelle de l’esprit vagabond à cet odorat qui se développe à l’abri de tout regard pour discerner chaque nuance séjournant dans la fibre qu’elle s’est décidé à côtoyer. Tout ici lui appartient, tout ici le représente. Tout ici la rassure. Ce seul songe nécessite une véritable concentration de sa part, elle doit déployer toute son énergie pour préserver un réel contrôle sur ses nerfs. Elle peut s’enfuir pour moins que ça. Delsin devient le plus grand des périls et elle en a pleinement conscience. Les mots affûtés et le regard brisé, le salaud sait pertinemment ce qu’il fait alors qu’elle peine à garder la tête hors de l'eau. Elle ne sait plus comment faire pour se distinguer en sa présence. Ce qu’il bouscule chez elle dérange chaque résolution prise jusqu’alors pour survivre. Pour changer. Parfois, il la déstabilise suffisamment pour qu’elle se surprenne à se taire afin de l’écouter parler. Cette attitude la terrorise. C’est pour ça qu’il faut gueuler plus fort, pour couvrir le silence, abolir tout doute. Et surtout noyer les battements qui émergent, à son insu, du thorax. Peut-être qu’elle est incapable de ne pas y laisser son identité à ce jeu tortueux. Sûrement qu’elle ne veut plus prendre le moindre risque. Tout chez cet homme incite sa confiance. Mais que se passerait-il si elle prenait le temps de regarder par-dessus son épaule pour le constater absent ? Ses propres comportements la fragilisent  mais la possibilité du rejet, de l’abandon talonnent sans mal les pourquoi elle devrait quitter ce matelas et rentrer chez elle. Il va la décevoir. Ou elle le décevra. C’est déjà sûrement fait d'ailleurs. Elle y a veillé. Qu’est-ce qu’elle fiche ici de toute façon ? Elle a juste paniqué.

Joan songe à se redresser, elle en esquisse même le mouvement. La lucidité reprend le pas sur l’émoi un bref instant. Un coude sur lequel elle s’appuie alors qu’il entre. Il fixe le vide de la pièce qu’il a délaissé. La mélancolie parcourt ses membres et lacère la poitrine de la sorcière. Suffisamment pour qu’elle se replie, s’enroulant toujours plus dans les couvertures, lui tournant le dos pour mieux reprendre son souffle. Insensé, risible. Mais réel. Son poids déséquilibre l’ensemble quand il s’assied. Elle pourrait presque rouler sans le vouloir dans sa direction, jusqu’à l’atteindre. L’idée la séduit mais elle l’étouffe dès qu’il se remet à parler. Croit-il pouvoir l’intimider ? Sans la moindre gêne, ses doigts accrochent le bouton de son jean. Il déserte rapidement ses jambes tandis qu’elle le brandit fièrement à son acolyte avant de le laisser retomber à terre, la moue victorieuse. « Ah ouais ? Toi aussi, tiens donc. » Non, elle ne veut pas qu’il gagne sur ce terrain. Pourquoi a-t-elle la désagréable impression de perdre dans ce cas ? Elle ne porte déjà plus que ses sous-vêtements et un vieux t-shirt difforme sous les draps qu’elle s’empresse de ramener contre elle. Elle se sent affreusement stupide. Ses paupières se referment machinalement. Elle préfère oublier ce qu’elle est en train de faire. « Ta gueule, l’ingrat. Tu devrais me remercier, t’as une putain de princesse dans ton plumard. Y en a qui tuerait pour ça. Et d’ailleurs, la grosse dinde, elle t’emmerde profondément et elle occupe tout l’espace qu’elle veut avec son gros cul, pigé. » A ces mots, elle étire un bras pour venir frapper d’une manière grotesque le visage du métamorphe, fait de même avec son pied alors qu’il rencontre le tibia voisin pour mieux se replier ensuite, en se retournant à nouveau. Elle perçoit sans grand mal son trouble. Il rogne ses tentatives de légèreté, amplifie un malaise complet.

Morphée a déserté sa carcasse dans la nervosité invoquée, dans la douleur évoquée. L’esprit se morcelle en souvenirs. Isaac est partout. Le traumatisme ne s’estompera sans doute jamais bien qu’elle y travaille avec acharnement. Elle sursaute quand le bras de son allié l’attrape. L’appréhension la fait presque suffoquer. Elle se débat presque par habitude, agissant par mimétisme, offrant à cette autre existence où il y avait tout à craindre de la personne reposant à ses côtés, le droit d'influer sur son présent. Pourtant, les bras qui la serrent ne sont pas déplaisants. Alors qu’il l’invite au calme, elle laisse sa tête reposer contre lui, coupe avec une facilité déconcertante le flot continu et anarchique de ses pensées. En sécurité, enfin. L’effroi qui ne l’a pas quitté depuis qu’elle a assisté aux petites expériences gouvernementales, s’estompe à mesure qu’il prolonge cette étreinte. Elle se met à prier pour qu’il ne la relâche pas avant l’aube. Mais un soupir les sépare déjà avant que sa bouche n’effleure sa mâchoire. Il s’écarte et l’obscurité reprend déjà ses droits. Elle le rattrape alors abruptement, balançant ses paumes vers l’avant pour agripper son bras. Elle ne peut plus supporter la moindre distance, n’endure plus aucunement le jugement de sa conscience, de l’expérience. Elle se glisse jusqu’à son torse, y dépose sa joue et sa main brièvement. La conclusion à leurs babillages s’impose tout aussi soudainement et l’urgence l’oblige à se relever juste assez pour pouvoir voir son visage, plaçant le sien juste au-dessus de ses yeux. La main remonte la tempe du cuistot doucement. Sa voix, cette fois-ci, ne recouvre pas le tumulte aortique, ce n’est qu’un murmure qui se refuse à briser le souhait prononcé peu avant par son comparse. « T’es pas obligé de porter ça tout seul, Del’. Ce qui fait que tu fais ce que tu fais. » Elle voudrait parvenir à lui fournir le réconfort qu’il lui a concédé ce soir. Peut-être aussi à le remercier. Elle ne sait déjà plus très bien pourquoi elle agit à l’encontre de ses principes, enfreignant chaque mesure de sécurité qu’elle s’est toujours imposée avec lui.

Son pouce roule contre la pommette de l’américain. C’est tellement plus simple d’anesthésier l’esprit quand il n’y a déjà plus de lumière pour les juger et qu'il ne reste que ce désir viscéral de se l'approprier. La milicienne se penche prudemment vers lui et dépose ses lèvres sur les siennes sans plus d'explication. Ça ne dure qu’une poignée de secondes. Elle ne lui offre pas le loisir de se décider sur la réaction à adopter, de préférer le rejet à l’acceptation. Elle ne pourrait tolérer ni l’un, ni l’autre de toute manière. Elle recule immédiatement, s’arrache aux couvertures pour se relever brutalement avant de filer vers la salle de bain, claquant la porte derrière elle. Elle se jette sur le robinet et déverse de l’eau glacée sur son visage rendue livide par l’effronterie. Qui a perdu maintenant ? Elle redresse le regard vers la glace. C’est une vaincue qui la fixe. Elle devrait sans doute partir. Ou est-ce trop tard pour ça aussi ?

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Whisper [PV Delsin]

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