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 Livin' on a prayer {.pv}

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↳ Playlist :
The Devil's own feat 5FDP • Animal feat Disturbed • My name is Stain feat Shaka Ponk • Do or Die - Night of the Hunter feat 30 STM • On my Own - Play Dead feat Killing Bono OST • Madness feat MUSE • Hustler feat JOSEF SALVAT •

↳ Citation : There's a battle between two wolves inside us all. One is Evil. It is anger, envy, jealousy, and ego. The other is Good. It is joy, love, hope, and faith. Which wolf wins? The One you feed
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MessageSujet: Livin' on a prayer {.pv}   Sam 1 Aoû - 21:04

livin( on a prayer
TWISTING AND TURNING UNABLE TO SLEEP. DO THE VOICES EVER STOP. MY THOUGHTS SPEAK LOUDER THE MORE I RESIST. AND THEY'RE DRIVING ME INSANE. INSIDE I'M A PRISONER OF MY OWN HELL.


Le nez levé vers les hauteurs de l’édifice, les pupilles se perdent sur les détails de l’architecture. Il les connait par cœur, tous ces saints et autres figures importantes des écritures saintes. Et malgré la vie d’hérétique qu’il mène depuis sa renaissance, l’ancien religieux ne peut s’empêcher de se sentir cruellement insignifiant devant tant de grandeur. Indigne de se tenir là, de monter ces quelques marches et franchir la lourde de bois. Comme si tous ses péchés étaient écris sur sa peau. Le silence fait courir des frissons contre sa peau. Avec les effluves capiteux de l’encens c’est toute son ancienne existence qui lui revient dans la gueule comme une claque. Il déglutit, et l’espace d’un battement de cœur, le soldat se décompose. Laisse apercevoir sous la surface de ses traits de fer, les relents d’une faiblesse qui fut celle d’un adolescent enrôlé trop tôt dans les rouages de l’horreur. Un raclement de gorge lui redonne courage, résonne contre les hauts piliers de l’édifice au même titre que ses pompes sur les dalles de pierre. L’hésitant dans le cœur, il se fige un mince instant avant de laisser le bout des doigts de sa main gauche venir frôler la surface du liquide cristallin. Bénédiction d’un fou, sa main esquisse le geste de croix. Comme si la dernière fois qu’il avait exécuté ce geste datait de la veille et non de sept siècles en arrière. Les lèvres esquissent les paroles saintes, énoncent dans un latin murmuré des litanies dont les notes prennent une toute autre dimension à ses oreilles. Il se demande encore ce qu’il fout ici. Ce qui le pousse à venir se perdre dans la fraîcheur mystique de ce lieu de culte.

Le Hunter reste dans l’ombre, erre derrière les colonnes bordant le bas-côté de l’édifice, le regard perdu sur les œuvres qui recouvrent les murs. Insignifiant. Aberration dont la présence souille le lieu. Impie. Monstre. Trop de choses se bousculent dans sa tête. Ses propres pensées se retournent contre lui et le trainent dans la poussière et la merde de sa vie. Les traits se crispent, son crâne se fend en deux sous la force de cette lutte qui se joue dans sa pauvre tête. Il pousse un soupir, s’immobilise derrière un pilier et pressent ses doigts contre son front. L’horreur en toile de fond. C’est un malaise affreux qui le prend à la gorge. Et lorsqu’il recouvre la vue, son regard se pose sur l’imposante silhouette dominant le chœur. Se souvient-Il ? Qu’un jour ce pauvre type Lui a juré allégeance, offert son corps et son âme pour Le servir ? Probablement non. Il autre chose à foutre de s’intéresser à tous ces petits êtres insignifiants qui se vautrent dans l’indécence. Stain a déjà vendu son âme au Diable de toute manière, ça il en a la certitude. Et comme pour affirmer ses délires, il frôle de la main droite, l’anneau d’argent qui lui bouffe la peau sous son t-shirt. Voué à se faire cramer le cul en Enfer pour avoir un fauve dans le bide. Elle le savait. Que la malédiction signerait sa damnation. Les rétines s’embrasent et le nœud coulant autour de sa gorge se resserre. Dans un battement de cils frénétique, le soldat chasse le sel et les larmes. Il ravale sa douleur dans un reniflement, joue des épaules pour faire partir les fourmillements qui dégringolent perfidement de le long de son échine pour mieux venir les électriser les reins. La douleur fuse sous sa peau, rend certain de ses gestes affreusement raides, mécaniques. Et l’angoisse revient. Il a peur, à en crever, de se retrouver à nouveau clouer sur des roulettes. Un con debout est toujours mieux qu’un con dépendant d’autres cons. Si ça devait arriver, il serait capable de se faire exploser le cerveau cette fois. Trouver le courage dans sa détresse pour ne pas se traîner à nouveau dans la honte et se montrer redevable envers des gens qui lui crachent dessus une fois le dos tourné. Bande de crevards. Il a dû le marmonner tout haut car en relevant le nez, il croise le regard courroucé d’une vieille chouette. Sa main crochue manquant de faire péter les perles de son chapelet miteux. Le mien avait plus de classe à l’époque mémère. Tout avait plus de classe à l’époque. Même l’édifice dans lequel il se tient, aussi imposant soit-il, n’a pas cette splendeur brute qui faisait la beauté des lieux religieux de son temps.

Un soupir dévale ses lèvres et Stain se résigne à faire volte-face. Il n’a pas sa place ici et le malaise qui le prend aux tripes ne fait que renforcer cette sensation. Imbécile qu’il est, à chaque fois c’est la même chose. Il traîne, hésite, rode et finit par quitter le lieu sans demander son reste. Et cette fois de plus ne déroge pas à la règle. Il hésite malgré tout lorsqu’il se passe devant le recoin d’un confessionnal. Poussé par une envie folle de repentir. Ezio le pousse en avant, hurle contre ses oreilles quand Stain se marre à s’en péter les cordes vocales. Dualité à son apogée qui lui met les nerfs en pelote et ravage le restant de neurone qui subsiste dans son pauvre cerveau. Il se mord la langue, ravale la bile venue lui lécher le palais et dans un froncement de sourcil rageur, le soldat reprend sa route, le poing serré. Te confesser ? Stain enfin, tu ne serais pas par où commencer. Et le pauvre homme qui devra écouter l’atrocité de ta vie, n’aura pas assez de la sienne pour tout entendre. Une ébauche de sourire s’appose sur les lèvres du loup, accompagné d’un léger rire sarcastique et d’un infime mouvement de tête, il approuve les paroles émises par sa cousine. En  nouveau réflexe alors qu’il passait à côté du bénitier, les phalanges reviennent troubler la surface de l’eau et esquisse le geste. La prochaine fois…

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MessageSujet: Re: Livin' on a prayer {.pv}   Dim 9 Aoû - 4:14


LIVIN' ON A PRAYER
Stain & Viktor

***

Une éternité de solitude voltigeant en ces quatre cloisons de salle de bain. Assez pour m’effacer ne serait-ce qu’un bref instant de la surface de la Terre. Robinet ouvert à pleine puissance, c’est la cascatelle seule qui trouble toute paix sonore. Visage humidifié par un coup d’eau comme pour balayer les défauts, je dévisage le reflet qu’étaye le miroir face à moi, cherchant à retrouver à travers l’accablement la paix qui, naguère, élisait aisément berceau sur mes traits. Rien ne subsiste, pourtant. L’image est synonyme à celle d’un putain de junkie en manque. Même les pognes arrimées au lavabo tremblent contre la surface immaculée, m’obligeant à les frustrer de leur perchoir pour les cacher dans le crin cendré, là où je ne les verrai pas trépider impulsivement sous la carence imposée.

Posté sur les berges de ma fosse sépulcrale, à jouer ma vie pour quelque verte opinion érigée contre ma nouvelle nature. Le feu aux membres et la vacuité dans la panse, je résiste de peine et de misère. Résiste depuis plusieurs jours à libérer ces sibyllins instincts contre l’humanité, non point par quelque élan de cœur, mais parce que chaque fois que je succombe, je me sens glisser hors de la société, spolié de mon apparat d’homme pour devoir endosser celui du monstre. Je refuse l’étiquette et cèle le secret, préférant l’atroce faiblesse au fléau de ma métamorphose, cherchant qui plus est à espacer la ripaille, le temps d’oublier ma condition. Cela fait sept jours, sept jours que je tente d’enterrer mon mal sous l’abstinence. J’y parviens, mais à quel prix. Devant troquer mon caprice par une constante fièvre qui mangeotte les parois de ma carcasse, je dois subir en plus les railleries de la tentation chaque fois que je côtoie des hommes. Je passe mon temps à me questionner sur les efforts fournis, qui plus est leur réelle utilité qu’étant celle de décaler une acceptation de soi qui devra tôt ou tard poindre. Mais de me sentir prêt est loin d’arriver ; encore faut-il admettre sa tare avant de céder à ses conséquences, a fortiori faire mes adieux à l’ancien Viktor, celui de chair et d’homme que la mort n’a pas conquis.

Dernière fois que je guigne ma gueule délabrée, peu convaincu de mon état, mais obligé de quitter la cabine pour m’exposer aux fervents déambulant dans la cathédrale avant qu’ils ne se croient abandonnés. La toge colle à la peau, une goutte ou deux perlent comme des traitres sur le visage autant que faire se peut marmoréen ; j’avance dans le couloir, le cœur en fête et le masque aussi fendillé et transparent qu’un vitrail. Ma comédie ne saurait grimer mon chancre, lequel suppure de tous mes pores tels la funèbre lèpre. Qu’on me pose des questions, je tisserai des mensonges pour tuer leur curiosité ; je les nourrirai de mon hypocrisie comme je me gave moi-même de mes histoires fallacieuses pour enterrer mon dur secret. Mes foulées me guident jusque dans le cœur du sanctuaire. C’est calme ; trop calme. J’ai l’impression que ma respiration est responsable de tout un hourvari ; que ces paires d’yeux qui m’empalent fissa à mon arrivée me scrutent avec dégoût, comme si ma peau fondait sous la chaleur de ma maladie et que clignotait ostentatoirement l’insulte zombie au plein centre du front. Je me frotte le visage de ma paume tremblante. La folie disparait et la réalité reprend ses droits. Personne, en fait, ne remarque mon arrivée ; la plupart sont en génuflexion devant leur dieu, trop concentrés à palabrer dans le vide pour bien vouloir dresser l’échine. Et je leur en remercie.

L'allée principale accueille mes pas. Je jette mes calots dans les parages, mettant au défi ma mémoire en essayant d’apposer un nom sur les abandonnés du coin. Jamais je n’aurais cru jouer le prêtre aussi longtemps, au point de me créer un réseau de relations et une solide réputation, sans un doute pour obombrer mes exploits. Ma procession est pénible comme je sens vibrer sous chaque chair l’énergie tant désirée par ma panse affamée. Je continue de refuser tous ces menus, du moins jusqu’à ce que mes billes tombent sur un faciès plus que connu ; une vile attirance que pas même mes volontés ne sauraient endiguer. Cet homme, ce péché sur guiboles qui se dirige vers les portes gémelles, je le reconnais par l’aura qu’il libère. Tout de suite, le carrosse de ma mémoire me charrie quelques vagues souvenirs de notre dernière rencontre. Brebis égarée intimidée par la Providence Divine, je l’ai jadis goûtée. Je dirais même l’avoir dévorée dans un consentement mutuel et tacite comme jamais je ne crus possible – cela sans réellement savoir si je suis démasqué ou non par ma victime. Et là elle se tient ; dressée sur mon chemin de croix comme un foutu jambon, annihilant tous remparts derrière lesquels je me cachais pour venir narguer mon appétit vorace.

Sans m’en rendre compte, j’accélère.
Je me surprends même à courir, tel un malade derrière son palliatif.

Et ma patte se dépose in extremis sur son épaule, et à ce contact seulement, je sais que plus rien ne saura stopper la tentation sur son chemin vers sa réalisation. « Stain ? » que je laisse échapper, légèrement nerveux, extrêmement reconnaissant. « Je ne t’avais pas vu. Tu pars ? Déjà ? » Involontairement, la question prend les couleurs de l’admonestation. Avant que je ne lui impose une poignée amicale, ma dextre se débarrasse discrètement de sa moiteur sur la toge. J'essaie de compatir à sa douleur, mais je suis aussi salopé par mes tourments qu'il ne l'est par son passé. Tête-à-tête entre deux martyrs ; j’ai grand mal à dissimuler le malaise que la faim a semé dans tous les recoins de mon être. « Mon enfant, la Maison de Dieu n’est pas seulement un toit sur ta tête, mais un exutoire à tes maux. Je te sens rongé par des affres ; ne veux-tu point parler au seigneur, qu’il allège ton fardeau ? »

J’impose un sourire à mon visage de fantôme comme je sens les forces affluer dans les muscles à la simple idée de planter quenottes dans l’énergie de mon vis-à-vis.
Sept putain de jours... Il était temps.
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MessageSujet: Re: Livin' on a prayer {.pv}   Lun 10 Aoû - 20:41


Le bordel dans la tête. Rythmé au son d’un ‘t’as rien à foutre ici’, Stain se dérobe. Courbe l’échine devant l’Omniscient et se sent con d’être venu ici. La voix intérieure, d’abord la sienne au premier abord prend des intonations cruellement familières. Celles de son père. Infâme personne qui revient le hanter dans ses moments de perdition. Rejeton indigne d’un paternel droit dans ses pompes, chaque erreur est un nouvel affront envers ce nom disparu depuis bien des siècles. Même avec des siècles d’éloignement, la voix a conservé toute sa force. Ce ténor glacial paré de l’étrange chaleur de l’accent italien. Le latin en horreur tant il lui rappelle de mauvais souvenir. Langue morte pour tous sauf pour lui. Le soldat secoue la tête, se mord la langue pour se forcer à se bouger le cul. Personne, hormis la vieille moche, n’a remarqué sa présence. Ils sont tous occupés à fourrer leur pif dans leurs mains jointes. A murmurer des choses que personne n’entendre. Et il a cruellement envie de le leur gueuler à la figure. Que tout le monde s’en fout, de leur petit malheur. Qu’il n’y a rien au-dessus de leur tête sinon des nuages et des piafs pour leur chier dessus. C’est le délire d’un être frôlant la démence qui se dessine devant ses pupilles fatiguées. Un type maigre à en crever, sautant sur l’autel pour cracher son venin à la face de prêcheurs n’ayant rien demandé à personne. Le loup en gémit de douleur. Terrassé par ses propres délires, c’est la migraine qui vient lui purger le museau. La bouche sèche et pâteuse, le fauve frissonne lorsque les doigts de l’homme trouble la surface de l’eau sanctifié. Le pousse à plonger tête la première dans la cuve pour retrouver un semblant de calme, faire taire la fièvre folle qui vient de s’éveiller sous sa peau.

L’air qui s’engouffre de sous les portes closes le titille, l’attire comme une mouche et la lumière. La sortie se fera en silence, comme son arrivée. Et il pourra enfin respirer une fois qu’il sera dehors. Le calme reviendra dans sa tête. Il n’y aura plus que sa voix et celle d’Azzura. Celle de son père retournera dans la boîte pleine de ses souvenirs. Des tas de poussière qui le ronge et qu’il ne parvient pas oublier, malgré son errance sous la forme d’un loup pendant des siècles. Ils lui reviennent dans la gueule, toujours avec plus de force pourvu que le lieu lui soit familier. T’es trop con d’être venu ici… Il se maudit intérieurement et lorsqu’il s’apprête à pousser le lourd battant de la porte, son geste s’arrête en plein vol. Le poids d’une main contre son épaule qui manque le faire chavirer tant elle lui semble lourde pour sa pauvre carcasse. Son prénom volète dans ses oreilles au milieu des bourdonnements et du rire moqueur du géniteur. Le soldat ferme lentement les paupières et exalte dans un soupir le nom de celui qui vient de le condamner à se damner encore un peu. « - Viktor… » Il pose sur sa bouche un sourire de circonstance et frissonne tout en faisant légèrement volte-face afin de pouvoir avoir en ligne de mire le visage de son interlocuteur. Le cœur s’affole contre les côtes et c’est tout son être qui se tend face à cette présence. Les réminiscences d’une dernière rencontre s’apposent sur celle qui se joue maintenant. La faiblesse en porte-à-faux et le malaise au cœur. Il jure que son esprit fatigué à imaginer ce qui s’est passé. Providence divine distillée des mains d’un seul homme, le châtiment accepté avec une docilité effrayante. Refuse seulement de se dire que le religieux est une créature du diable, ces foutues bestioles qui vous aspire de l’intérieur comme un trognon de pomme.

« - Je n’aurais pas dû venir en premier lieu. » C’est un constat. Plus qu’une véritable réponse. Il évite soigneusement de croiser le regard de Viktor. Pas certain de renvoyer une image suffisamment présentable pour avoir l’air convaincant. Fatigué à en crever, le soldat a parfois l’impression d’avoir pris vingt ans dans la gueule d’un seul coup. « - Le Seigneur, aussi miséricordieux soit-il prendrait peur et deviendrait sourd en entendant le chapelet de merde que je me traîne. » La voix se pare de cynisme, se fait moqueuse. Il hausse une épaule, certain de ce qu’il avance. Une confession de sa part rendrait sourd le Saint Esprit et toute sa clique. Le Diable lui-même s’en boucherait les oreilles et s’en retournerait piquer de nouveaux derrières  avec sa fourche. L’image appose l’ombre d’un sourire niais sur ses lèvres. Qu’il efface d’un infime raclement de gorge. Stain réalise enfin la main tendue dans sa direction. La regarde un moment comme s’il ne savait pas quoi en faire avant de se décider à la serrer dans la sienne. Le geste est mécanique, à peine teintée d’une chaleur amicale qu’il ne parvient pas à effacer de son attitude. Le feu et la glace se partage ce corps miteux. Bien que la mauvaise humeur prenne plus souvent le pas sur le reste ces derniers temps.

« - Je crois pas qu’il soit prêt à entendre mes confessions. » Il s’efforce de faire bonne figure, de laisser sa voix se perdre dans les notes d’un amusement de façade. C’est lui qui n’est pas prêt à le faire. Qui redoute l’instant autant qu’il le désire. Tout en sachant pertinemment qu’une quelconque confession ne lui apporterait rien. La félicité d’un instant, le cœur plus léger en sortant, mais rien de plus. Il se lèverait aussi minable et crade le lendemain matin.  Le museau se lève enfin et se pose sur Viktor. « - Tu vas bien ? » Un infime haussement de sourcil accompagne la question. Aussi inutile que de lui dire qu’il avait un pif au milieu de la figure. Le loup a senti que quelque chose n’allait pas forcément avec ce type. Il montre les crocs et grogne, mais l’homme décide de ne pas l’entendre. Il s’en fout. C’est plus pour avoir l’air poli, de montrer un peu d’intérêt pour un autre derrière que le sien qu’il pose la question. Pour détourner la conversation de sa misérable personne aussi peut-être. Sûrement

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MessageSujet: Re: Livin' on a prayer {.pv}   Sam 15 Aoû - 20:15


L’énergie gondole sous l’enveloppe charnelle pour titiller une appétence allant crescendo de minute en minute, lesquelles sont toutes gaspillées lamentablement à discutailler en vain pour altérer la terrible vérité. Je fais montre d’un zeste d’intérêt porté à la personne de mon vis-à-vis seulement pour endormir toute possible méfiance ronflant dans un recoin de son esprit saboté. Souffrance intolérable similaire à celle du jeûneur devant un banquet, la saloperie me prend aux tripes chaque fois que gambadent à mes narines les parfums exotiques d’une âme délice. Quelle velléité que celle de s’évertuer à la discrétion, quand tout de mon visage lui glaviote mon problème en pleine tronche. Mais quand bien même je n’accorde que trop peu de foi à mon pitoyable sourire se voulant façade à mes maux, j’ai l’impression que ma propre douleur se camoufle dans ses affres, au point de lui être totalement invisible. Nonobstant, je l’entends et ne met terme à ces banalités, effrayé des questions et conjectures guettant une raie de lucidité pour empaler les brumes de son encéphale. Puis hoche la tête. Comme un con, parce que je ne cherche à comprendre ce qu’il me débite, mes idées ravagées plutôt par les chimères que sème mon appétit sur les rails de mes premières réflexions. J’ai faim, et je me sens toujours un peu plus sale et un peu moins humain chaque fois que dérive mon train de pensées sous le joug de ma gourmandise. Chaque fois qu’une envie nait, l’aversion l’escorte et ma sympathie pour ma propre personne se meurt. Aidez-moi, que je cris sans un bruit aux âmes à l’entour. Pour moi, dont le problème est plus urgent que les vôtres, exigez de votre dieu un peu de compassion à mon cas, car je refuse vertement de m’adresser directement à celui pour qui mon incroyance flamboie. Un remède, par pitié, que je réitère à l’adresse du monde entier. Il n’y a pourtant aucun dictame pour ce genre de mal ; seul palliatif qui me vient à l’esprit repose sous ma toge liturgique, brûlant tout contre ma chair pour attirer mon attention, avec ses promesses faites de plombs et de bang. Mais je suis trop lâche pour m’éradiquer. Je cherche encore une solution alternative pour sauver ma malheureuse humanité des abominations qui me rongent. Volontiers, je me munirais d’un scalpel et opérerait seul cette foutue tumeur ; grand malade que je suis, je supplie en silence dans le giron de mes nuits élégiaques médecins et scientifiques de trouver une panacée. Et je n’ai plus que l’attente et l’impatience au milieu de cet océan de conséquences dans lequel je me tue à tous les temps.

« Tu vas bien ? » Retour à la réalité duquelle j’avais pris vacances, la question décantée prend des airs de mandale sur ma misérable trogne. Retrouve un Stain qui darde de ses billes insondables ma barbaque, laissant planer un intérêt émoussé d’une politesse triviale. Du moins, je le crois ; mieux, je l’espère. Reprenant contenance sans tarder, j’hoche du crin un peu trop frénétiquement, faute à ma nervosité, et m’empresse de ruiner un silence porteur de plus amples interrogations : « Oui… Oui, oui, je vais bien. Le sommeil ne m’est pas de bonne compagnie, ces derniers temps. Ce n’est rien. » Et maintenant que le cerveau est remis à l’ordre, il fait travailler synapses et neurones pour se remémorer ce qui a été dit. Mon repas est sur le point de prendre la poudre d’escampette, il me faut une idée brillante pour l’enchainer à mon église, ne serait-ce que le temps de me repaître. Dressé devant lui à fondre sous ma fièvre, j’ai l’air de réfléchir intensément à ma solution et lorsque je la trouve enfin, la débite sans une once de naturel, tendu comme un élastique sur le point d’éclater : « Le seigneur a toujours une oreille à t’offrir, mais si tu ne te sens pas prêt mon enfant, soit. Je ne suis pas là pour te forcer. » Me résignerais-je ? Non. Pas tant que je serai tarabusté par ma panse. « Mais n’importe quel homme, croyant ou non, a besoin d’être entendu. Partage ton fardeau avec moi. Confie toi à moi, non pas de prêtre à dévot, mais d’ami à ami. » Ma senestre ouvre les initiatives en s’échouant sur l’épaule de Stain, l’invitant d’une délicate poussée à venir partager un banc. La proximité est de trop ; je laisse tomber toutes mes armes et m’abandonne à son énergie. Une petite quantité est absorbée ; c’est trop minime pour apaiser mon creux ou titiller la sensibilité de ma victime. Amuse-gueule dont je m’empare de la cime des doigts, c'est une goutte que je sens insufflé sous ma chair, première de tout un cortège, et qui suffit à m’octroyer un peu de force.

Le bois gémit sous le poids respectif de nos carcasses. J’attends, avec une patience mieux aiguisée depuis cet avant-goût que se partagent les confidences. Il y a, celé dans sa cage thoracique, des affres qui, à défaut de les démasquer, marquent ostentatoirement leur présence sur les traits de Stain. La dernière fois, c’était la même ; et la fois d’avant aussi. L’étalage de ses tourments sans leur descriptif. Un refrain se répète et toujours, j’apprends quelques mots en plus sur cette sibylline mélopée qu’est sa vie. Aujourd’hui, je me fais voleur et compte bien dérober plus que quelques indices de son passé. Aujourd’hui, je veux satisfaire à la fois mon appétit et ma curiosité à l’égard de cet être que j’ai grand mal à cerner.
Et je commence d'ores et déjà en abattant derechef la main de la compassion sur son bras, grignotant un peu plus de son essence tout en l'incitant d'une œillade amène à la confession, parfaite distraction à mes méfaits : « Je ne suis pas là pour te juger, mon ami. »
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MessageSujet: Re: Livin' on a prayer {.pv}   Mar 18 Aoû - 21:08


Le rire se fait forcé. Puise une part de vérité dans la fatigue qui coule dans ces veines crevées. Le sommeil du loup n’est que débauche. Un assemblage horrifique de chimères qui le brisent. Et lorsqu’il parvient à sombrer dans un sommeil sans fond, il ne dure jamais plus d’une heure. Le maigre sourire de l’être compréhensif et compatissant s’appose sur ses lippes alors qu’il détourne les yeux du visage fatigué du prêtre. Dérangé par cette image qu’il lui renvoie en pleine gueule. La sienne, qui doit être aussi fracassée que celle de l’autre. Il hoche légèrement la tête, en signe d’assentiment. N’a pas la force de répondre si ce n’est pour dire qu’il comprend et partage une part de ses tourments. La confession n’a jamais été son fort. Même gamin, quand la religion faisait partie intégrante de sa vie misérable, il n’a jamais su quoi dire, par où commencer à chaque fois qu’il se retrouvait à étouffer dans un confessionnal. Et bien souvent, la confession s’achevait lorsqu’il prenait ses jambes à son cou pour fuir le prêtre et ses oraisons visant à sauver son âme. Ce qui lui reste d’âme aujourd’hui, ne peut être sauvé. Et une part doute encore de l’efficacité d’un vidage de sac devant un parfait étranger. Viktor ne se range plus dans cette case. Et pourtant, Stain redoute le moment où il devra délier sa langue. Pour dire quoi ? Yo, j’ai buté ma cousine parce qu’elle m’empêchait de fricoter tranquille avec mon autre cousine. Elle est morte, et à côté de ça, j’ai tenté de me suicider. Parce que je peux pas vivre sans elle, crétin que je suis. Les lèvres tressautent en une ébauche de sourire aussi miteux que ses épaules qui se voutent encore un peu plus. Accablées par le poids d’une connerie en perpétuelle croissance. Et par la véracité de ce qui n’aurait dû être qu’une vanne de plus.

Il frissonne devant les paroles qui lui tombent sur le museau. Il n’est pas prêt. Il le sera jamais. Et ces simples paroles le confortent dans son envie de foutre le camp. Le temps d’un misérable battement de cœur et l’espoir de recouvrer la liberté s’envole. Stain repose son regard sur Viktor, un sourcil levé et il le jauge. Etudie ces pupilles bleutées, les traits tirés et tente d’y voir l’image familière d’un ami. Et le contact qui se pose sur son épaule l’écrase. Le plonge dans un malaise qui le prend à la gorge. Le loup rechigne à aller s’assoir. Car il sait. Qu’une fois son cul posé sur un de ces foutus banc, il n’y aura plus de retour en arrière. Il soupire et se résigne, traîne des godasses sur les dalles de pierres pour finalement se laisser tomber sur le pauvre panneau de bois qui gémit de douleur devant la douceur avec laquelle il vient de poser son fessier. Les pupilles sombres papillonnent d’un coin à l’autre. S’essoufflent contre le sol avant de venir se planter contre la silhouette famélique de celui supposé être le sauveur de l’humanité. Je vais bientôt le rattraper. La comparaison de leur maigreur respective fait tressauter ses épaules d’un rire silencieux. « - C’est ce qu’ils disent tous. » Lâche-t-il plus amer qu’il ne le voudrait. Juger est le propre de l’homme. Et lorsque la route d’un sain croise celle d’un damné à la dépravation facile, il s’en donne à cœur joie pour juger. Comparer, assiéger de paroles assassines la carcasse qui se traîne dans la fange de l’Enfer. « - Je suis un monstre. J’ai perdu mon âme et je me traîne comme un con dans une église… Quelle ironie. » Monstre à tous les étages. Dans le cœur et le corps. Les doigts s’agitent contre sa cuisse et c’est tout le bras qui se défait du contact de l’autre homme. Quelque chose le dérange, mais il ne parvient à trouver quoi. Refuse seulement de penser que le religieux puisse être aussi pourrit que lui. Une de ces saloperies qui vous vide de l’intérieur comme de pauvres huitres à Noël. Le dévot lui, voit en ces larcins l’œuvre d’une autre entité. Le châtiment infligé pour laver ses parjures. Alors lorsqu’il pourrait aisément s’éloigner, Stain ne bouge pas. Il se contente de se pencher légèrement en avant et de laisser ses bras reposer contre ses cuisses, ses doigts s’entrelaçant à ceux de son autre main.

« - J’ai tué. Beaucoup. J’ai regardé un membre de ma famille mourir sans rien faire. Et ça m’a fait un de ces putains de bien… » La vieille assise à quelques rangs devant eux se retourne à l’entente du blasphème. « - Pardon. » La politesse il en a oublié la saveur et se complet dans l’usage de ces mots grossiers. Il attend que la mégère retourne à ses oraisons, le regard assassin dévorant le dos voutée avec l’envie évidente de la démolir comme elle le mérite. Il ravale ses pulsions dans un raclement de gorge et se met à triturer ses doigts. « - Le Seigneur a toujours une oreille à offrir, mais il se fout royalement de ce que j’ai à lui dire. Je lui ai voué ma vie et en retour il me crache à la gueule. On dit que ceux qui tentent de se suicider finissent en Enfer… Même l’Enfer me tourne le dos, si c’est pas ironique. » Un rire jaune, cynique à en crever s’échappe de sa gorge sèche. Il a beau vider une partie de son sac, le poids dans sa poitrine est toujours là. Il a même la désagréable impression qu’il est encore plus lourd qu’avant. Le loup manque d’air, étouffe devant le Divin. C’est un constat qui lui broie le cœur et la panique menace de le faire se lever. Dans sa confession, il ne pense qu’à Elle. A tout ce qu’il a pu lui faire. A cette vengeance qui le prend aux tripes et va à contrecourant de ses envies suicidaires. Rester en vie le temps de trouver l’ordure, la faire souffrir jusqu’à ce qu’elle implore sa mère, son chien ou son rat. Que cette pauvre merde se traîne à ses pieds, se mouche dans son pantalon et que le bourreau puisse alors enfin lui éclater la gueule à coups de pieds. Le Hunter en frissonne de délice, se mord la langue pour ravaler le soupir d’intense satisfaction que cette seule pensée provoque en lui. « - Je vis avec un fauve dans le bide, qui a sans cesse besoin de sang. » Au sens propre comme au figuré. Que Viktor le prenne au pied de la lettre ou non, il s’en fout. Pour avoir participé aux Hunter’s Season, le pays entier a pu constater que sous la peau se cache un beau tas de fourrure immaculée.

« - Bénissez-moi mon Père car je vais pécher. Je me suis confié une mission avant de crever : retrouver l’enfant de salaud qui a tué ma femme. Le détruire jusqu’à ce qu’il implore que je l’achève. Et ça, je le jure devant Dieu, Satan, n’importe qui, que je me ferais un plaisir de le faire souffrir… » Le poing se serre, la peau brûlée crisse sous l’effort et les ongles s’enfoncent dans la chair morte. Il ne sent rien, se laisse griser par les arômes ferreux de son sang venus lui caresser le museau. Et dans un soupir assassin, le soldat reporte son attention sur le prêtre. « - Tu penses toujours que mon fardeau peut être allégé ? » Du cynisme dans les paroles. Et le miel d’une supplique caché derrière la glace de sa voix. Ecartelé entre ses envies, il souffre. Plus que jamais. Trop de choses viennent parasiter son pauvre cerveau, lui file la migraine à tel point qu’il crève d’envie de se fracasser la tête contre le bénitier. Que tout s’arrête enfin.

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MessageSujet: Re: Livin' on a prayer {.pv}   Dim 30 Aoû - 19:24


La réticence flamboie. La peur se palpe. Une légion gronde quand j’impose et non offre à Stain de s’ouvrir un zeste à moi. Ce ne sont pas ces petits soldats qui sauront me freiner vers le buffet comme je les ai naguère domptés à force de compassion et de patience, de sorte que son armure, je l’ai fendillée puis brisée. Ainsi, on a vite sonné le glas de son hésitation d’une pression tranquille contre son épaule, et son séant a sitôt touché le bois vétuste avant que quelque opposition sourde. Maintenant, je n’ai plus qu’à attendre avec mes larcins par-ci par-là que j’opère simultanément aux troubles qui l’assiègent. Quand bien même je capte la horde de doutes vagabondant entre ses deux rétines, le martyr clive finalement le silence en brèves remarques. Mes lippes empalent fissa un rictus lorsqu’il mentionne être un monstre. Il ne m’apprend rien. Je le sais habiter par une tumeur quasi-semblable à la mienne de par son odeur. Remugles du surnaturel que porte aussi ma protégée, jamais je ne saurai oublier ce qu’elle suppose : un animal git sous sa carne, et si je ne puis supputer sa nature exacte, je me souviens du moins avoir longtemps hésité avant de l’aborder, un chouïa raciste envers mon semblable. C’est un peu ironique. Comme la situation à laquelle je nous confine. Cet ersatz d’empathie qui moule mes traits avec hypocrisie, mariant à l’inquiétude feinte de brefs hochements de tête lorsqu’enfin il entame sa glose. J’ai l’air d’un putain de psychologue ? veux-je dire. Mais la curiosité garrotte la langue et sauve toute comédie ; fait germer un embryon d’intérêt à son histoire rien qu’à flairer l’incarnat teignant son passé. Si non choqué, j’avoue être surpris par la teneur de ses secrets, allant même jusqu’à soupçonner quelque figure de style pour exprimer je ne sais quelle vérité déconnectée de supposés meurtres. Mais comme il poursuit, je me fais à l’idée. De nos jours, on croise autant d’assassins qu’il y a de zombie, la survie poussant l’humanité dans des extrêmes où les lois ont peine à régir ; l’anomie s’installe, antichambre d’un chaos à venir.

Je me rappelle porter la toge. Je me rappelle être prêtre. La parodie veut que j'étouffe l’étincelle de passion, laquelle je pense scintiller au creux des onyx. Si mon faciès doit suppurer d’une émotion, ce doit être le dégoût et non pas la déférence d’un tueur à son jumeau. Alors mes sourcils s’arquent sous le poids d’une telle révélation. Mes lèvres se pincent. La surprise se mue en un bref mécontentement. Je me garde de juger comme le personnage me parait effrayé d’un jury et de sa sentence, mais je pense ébaucher convenablement les lignes  de l’étonnement. Et comme je suis cantonné au silence pour faire perdurer le masque captieux, c’est ma paume qui est chargée de quêter les réponses aux interrogations que m’insufflent une curiosité immarcescible. Je ne grignote plus ; je bâfre carrément l’énergie à grands monceaux, pour le plaisir de mon appétit et au dam de ma subtilité. Les vagues siphonnées ont totalement tu les contrecoups de ma carence. Ma fièvre est tombée, je parierais avoir repris des couleurs au même moment que mes forces ont été recouvrées. Et mieux encore, les mystérieuses nues de son existence se dissipent lentement. Les rideaux s’ouvrent sur des explications que je peux à loisir analyser.

Puis tout explose en mon encéphale. Des visions apparaissent comme les lambeaux de souvenir d’un amnésique guéri. Sa vie devient mienne. Le mécanisme reste imprécis. Il s'agit plus d'un livre bourré d'images qu'on a mis à l'envers, mais je pense percevoir des souvenances tirées d'une époque lointaine, comme si ma victime cachait sous son paraître des vies multiples. Au même moment que j'appréhende ce bagage d'informations, Stain parle ; débite son histoire comme une narration qu'on greffe à l’album photo. Par la quantité absorbée ou le manque d’expérience en le processus, je m’étourdis et lâche violemment prise. Un peu déboussolé, je sature des rêves devenus miens, incapable de dire si j’ai apprécié l’expérience quand bien même la panse semble adorer ces laisser-aller. Je voulais des réponses, j’en ai eu à foison, au prix de mon théâtre, certainement.

Quand sa dernière question fait écho dans notre huis-clos, je ne suis plus que ce loup dans un costume de prêtre, incapable d’embrasser son rôle plus longtemps, susurrant un secret à sa brebis : va te tirer en bas d'un pont, ce sera mieux ainsi : « Non. C'était idiot de penser que si. » L’absence de compassion répand une froideur dans notre relation, mais je n’ai cure de ne pas paraitre pieux et de ne faire montre d’aucune miséricorde. Parlons de monstre à monstre, veux-tu bien, Stain. « Ton fardeau ne sera pas allégé. Tu as déjà atteint le fond, visiblement. Je vais te dire ce que tu dois faire pour guérir. » Je courbe l'échine en sa direction et je persifle mon truisme en de faibles chuchotements. « Oublis l’enfer et le paradis. En n’y croyant pas, tu n’appréhenderas pas les contrecoups de tes choix. Si tu veux mon avis, d’ami à ami, Dieu est visiblement aveugle à ta souffrance, et il sera aussi aveugle à ta vindicte. Venge-toi, parce que je suis persuadé qu’il n’y a pas meilleur baume à tes maux que celui de verser le sang de ton ennemi. » Mes mots ont peut-être l'effet d'un surin supplémentaire dans les plaies de ma victime, mais rien ne m'arrête. Ma main s'alanguit de nouveau sur l'épaule de mon vis-à-vis, cette fois sans autre but que celui d'encourager. La sincérité suppure de mes dires comme je me reconnais à travers ses lignes. Ce que je lui conseille : je le conseille à moi-même, pour mes propres combats que je mène sans répit depuis les morts de Sergeï et Yuri. Depuis ma transformation et celle de Everly. « Règle ça d’homme à homme. Dieu n’a que faire de tes problèmes. Crois-moi.  » Je pousse la connerie jusqu'à étirer mes lippes en un vague sourire, cela même si mon discours ne reflète aucunement les vérités et mensonges que l'Église s'échine à transmettre à ses benêts. Foutrement plus diable que saint sur l'heure, cela va sans dire.
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MessageSujet: Re: Livin' on a prayer {.pv}   Mer 2 Sep - 20:10


La réponse du prêtre lui fait esquisser un sourire amer. Il s’y attendait. A se retrouver rangé dans le tiroir poussiéreux des causes perdues. Celles que l’on jette pour mieux les piétiner quand l’envie nous prend. A la place des déchets de ce monde de merde, il ferait pareil avec sa belle gueule. La démolirait jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien, qu’il crache ses quenottes pleines de sang et rende son dernier souffle sur un sol tâché par ses propres rejets. Une perte apportant avec elle un morceau du salut de l’humanité. Sans sa cousine il n’est rien. Il crève à chaque battement de cœur. S’enlise dans les ténèbres qu’il s’est évertué à fuir durant toute la misère de sa première existence. Fils du Diable et d’une pute. Rien de plus. Rien de moins. Il portait ses gênes en uniques responsables de ses tares. Maintenant qu’il se retrouve seul, elles ne sont que des grains de sable dans cet engrenage sordide. Les petites saccades qui lui rappellent qu’il fut un temps où il s’efforçait de conserver un semblant d’humanité. Qu’il l’agrippait avec fermeté par crainte de sombrer. Au feu les belles idées et les jolies pensées. Il n’en a plus rien à foutre. Ceux qui prêchent la vertu seront les premiers à crever dans ce monde de brutes. Le soldat côtoie l’horreur tous les jours, en admire les plus belles nuances pour mieux comprendre ce qu’il lui reste à faire. Ce qu’il est essentiel de faire pour ne pas se retrouver sur le chariot de corps encore chaud que l’on traîne tous les matins dans les rues en cendres d’une ville en pleine hémorragie. « - Je m’en doutais. » Le murmure se veut amusé mais il est empli d’un poids qui le tire vers le bas. C’est toute la stature qui s’affaisse. Soudain vidée. Il se sent fatigué, plus qu’à son arrivée. Miné par le poids d’une confession qui lui reste en travers du gosier. Incapable de se douter que cette soudaine faiblesse émane de l’homme qui se tient à ses côtés et qui profite du moindre contact pour l’aspirer comme une paille et le verre de lait du matin. Il ne veut pas savoir, se fiche de connaître la véritable essence de cet autre qu’il sait aussi peu humain qu’il peut l’être. La ménagerie du Diable sous les remparts du Seigneur, qu’elle blague.

Le loup s’affaisse encore un peu plus dans un élan de toux qui lui racle les poumons. Conséquence de son état pitoyable, la famine et ses revers. Les mots se suspendent dans les brumes de son cerveau et Stain tend l’oreille. Il scrute le décor face à lui sans chercher à le voir, les pupilles assombries par les vérités sordides qui se pressent contre ses tympans. L’autre là-haut  a toujours été aveugle en ce qui le concerne. Que cela change maintenant relèverait du miracle. Il cille, plusieurs fois. Dissipe les points qui dansent devant ses rétines et écarte les paupières sur le coup de la confession. Ce ne sont pas des paroles de religieux qui lui écrasent le crâne. Certainement pas. Les traits se tirent dans un nouveau battement de cils et les lèvres se pincent. Tous les muscles se crispent dans un seul spasme, et le loup appelle le sang. Il s’en pourlèche les babines et hurle sous la peau froide de l’homme. Qui décide de rester sourd, du moins pour l’instant. Vengeance. Elle résonne dans sa tête et sa poitrine à chaque instant de la journée. Come une chanson qui passerait en boucle dans sa tête, il ne parvient pas à se sortir l’idée du crâne. Et il tourne en rond. A essayer de trouver le responsable de cette abomination sans nom. Quand une infime part de sa petite personne pense en connaître l’identité. Une claque dans la gueule en guise de châtiment au meurtre qu’il a lui-même commis. Lançant les hostilités par pur égoïsme. On en revient toujours au même point, son égoïsme en premier ligne. Il se libère de l’étreinte d’un geste lent d’épaule. Se redresse du mieux qu’il peut dans une fanfare de craquements douloureux et garde le silence encore quelques instants. Le noir de ses pupilles rivé sur la silhouette cadavérique du Sauveur aveugle et sourd.

« - C’est un bien étrange discours pour un homme d’église. Pour un peu, j’en serais presque choqué. Je suis certain que mémé là-bas en ferait une attaque en entendant ce que tu viens de me sortir. » Il se raclé la gorge et reporte un instant son intention sur Viktor, un sourcil levé, suspicieux à en crever. « - T’es sûr que t’es prêtre ? T’as fait tes classes dans une cantine d’école maternelle ou quoi ? » Il se moque, use de cette plaisanterie piteuse qui lui colle à la peau. Plaisante d’une absurdité qu’il pense presque être une vérité. Les religieux n’ont jamais été synonymes de vertus. Il est le mieux placé pour le savoir. Lui qui a pu admirer de ses propres yeux la folie engendré par la purge à la gloire du Seigneur et de ses disciples. Conneries créées de toutes pièces pour faire couler le sang et ne garder que le meilleur de la société. Du moins, tout ce qui était supposé en être le meilleur. « - Elle ne reviendra pas. Que je me venge ou non, le résultat sera le même. Je me sentirais bien, quoi ? Une journée ? Et après ? Je vais retourner patauger dans la merde. » Il crache sa bile dans un soupir fatigué et se laisse choir contre le banc, étendant ses longues jambes sous celui qui se trouve devant eux avant de poser le pied sur l’assise. Il tapote contre le bois, les traits tirés par la réflexion qui est en train d’avoir lieu dans les méandres de son crâne. Comme si des punaises venaient de lui piquer le cul, Stain se redresse, faisant grincer le banc contre lequel il avait posé sa patte au passage. Qu’il fasse du bruit, entrer la fanfare dans l’église, peut être que celui au-dessus de sa tête finira par baisser ses beaux yeux sur sa petite personne à force de l’entendre faire un raffut de tous les diables. Le soldat se lève enfin, tangue alors devant la soudaine vague de fatigue qui lui démolit les jambes et la tête. Le monde tourne un instant, obligeant sa main morte à venir se plaquer fébrilement contre le dossier du banc. Dormir… Manger surtout. Tu te prends pour ma mère maintenant cousine ? Le loup piqué au vif secoue la tête et finit par poser les yeux sur le prêtre.

« - Merci pour le conseil et la confession mon père. Ce fut… peu commun, je dois bien l’avouer. » La patte se pose sur l’épaule de l’autre, dans un élan qui se veut amical mais qui reste empli d’une étrange retenue. « - Je te tiendrais au courant. Si mes cauchemars s’arrêtent une fois cette ordure sous terre. » Une dernière injure pour tirer dignement sa révérence et quitter le lieu saint. Le malaise le reprend alors qu’il en franchit les lourdes de portes de bois. Etreint son cœur jusqu’à ce qu’il tourne enfin le dos à l’édifice et s’en éloigne d’une démarche mal assurée. Le corps vidé, l’esprit embrouillé. La haine en venin sur la langue. Et la mort de l’assassin en ligne de mire.

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