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  Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]

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MessageSujet: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Jeu 6 Aoû - 0:41

 Have you forgotten
all I know ?

○ You don't remember me but I remember you. I lie awake and try so hard not to think of you. But who can decide what they dream ? And dream I do... I believe in you, I'll give up everything just to find you. I have to be with you to live, to breathe. You're taking over me. I look in the mirror and see your face. If I look deep enough, so many things inside that are just like you are taking over.


Le soupir se fait attendre mais la rancœur persiste à l’ombre de l’élancement solaire. Il n’y a que les bruissements cristallins pour cingler les rares notes s’évadant péniblement de la chaine hifi usée par les fracas temporels. Les doigts de Joan maltraitent inlassablement le récipient, marquant une impatience insoluble qui a éclot dans l’ennui. La boisson avinée caresse la bouche quand la bête jaillit. Les pattes s’invitent dans son espace proche, bousculent son geste et trahissent sa distraction. L’alcool se répand sur le tissu moutonnant, encre écarlate pour textile fragile. Dans un chapelet d’injures, la sorcière se redresse, chasse l’animal d’un geste empressé de la main avant de faire face au désastre. Son plus vieux peignoir, son préféré pour ainsi dire réduit à la condition de fresque vermeille persistante. Gribouillage permanent qu’elle cherche à dissoudre dans l’urgence. Avant que la tâche ne finisse par s’incruster et par se proclamer habitante de l’étoffe, la trentenaire se jette littéralement sur l’évier, armée de ce détergent bon marché qui s’acharne à lui échapper des mains tout en retirant les manches du vêtement. Après une seconde salve d’insultes, elle parvient à noyer les dégâts sous une tonne de bulles et s’applique à frotter les sombres arabesques avant qu’ils n’installent. A mesure qu’elle se déchaîne sur cette parcelle fibreuse, elle note l’usure au niveau des coudes et à d’autres endroits où le duvet devient épars. Forcée de constater que cette cause est perdue, elle ne prend pas la peine de vider l’eau savonnée et balance hargneusement sa sortie de bain à la poubelle non sans renvoyer au chien, le regard assassin qu’il mérite. « T’es fier de toi ? Maintenant, je me les gèle en plus de m’emmerder. » Elle soutient les prunelles de la créature avant de s’attendrir.  « Tu te fais chier toi aussi, hein, c’est ça ? Putain que je hais les jours de repos. » En détournant son attention, elle accroche visuellement les documents éparpillés à même le sol. Des notes principalement entre lesquelles quelques photos dérobées ou récemment prises s’insèrent pudiquement. Son beau bordel, cet affreux bazar.

Cette enquête ne peut pas être mieux résumée que par cet amoncellement de papiers froissés. L’aorte comprimée, elle s’accroupit pour saisir le premier cliché à sa portée alors que le poilu revient à la charge, déposant son museau sur sa paume avec entêtement. En roulant des yeux, elle délaisse sa paperasse et annonce d’une voix solennelle.  « Un peu d’air frais ferait pas de mal. » Avant que la nuit tombe. Presque religieusement, elle enfile les frusques de Susanna en suivant le rituel habituel. Elle invite son fantôme autour de ses épaules avec beaucoup de soin avant d’embarquer son flingue et de revenir dans la salle de séjour  pour attacher le cerbère à sa laisse. Ils dévalent les étages avec empressement, nourrissant l'enthousiasme de l'autre. Le trottoir les accueille brièvement avant qu’ils ne pénètrent dans l’habitacle de sa voiture rutilante. Le moteur émet d’étranges vibrations avant de lui accorder le loisir de suivre la route.

Elle n’y est allée qu’une seule fois. Le plus tôt possible après le décès, afin de dénicher toutes les preuves qui pouvaient s’y trouver. Elle avait dévalisé la garde-robe ensuite et embarqué l’animal. Depuis, elle n’a plus voulu se confronter à l’intimité de sa sœur. Pourtant, dans l’impasse, la brune se sent bien contrainte à revenir au point de départ. A défaut de retourner flageller Ezio, elle peut au moins s’abriter du repaire de sa jumelle. Il y a forcément quelque chose là-bas. Et quand bien même aucun indice ne serait présent, il n’y a pas de meilleur endroit pour méditer sur ce qu’il s’est passé.  Quand le chalet se dévoile, la gorge s’assèche, les mains tremblent. Les émotions toujours trop fraîches lui laminent la poitrine. La bête s’installe sur ses genoux tout aussi brutalement, broyant de ses pattes la boîte de vitesse pour se faire.  « Ça va, je vais pas en faire une dépression, arrête de faire ton sentimental !  Si t’as envie de brayer, t’es pas obligé de te fourrer dans mes jupes ! » Elle glisse nonchalamment ses doigts sur son pelage avant de rassembler son courage et de s’extirper du véhicule. Bien entendu, elle a réussi à se procurer un double des clés. Quelques intimidations bien placées. C’est fou comme la menace fonctionne bien quand on expose un peu trop l’holster sous la veste. De gestes peu assurés, elle délivre l’entrée et ôte toute attache au chien afin qu’il gambade sans plus de contrainte dans son ancien foyer. L’américaine ne lui accorde plus le moindre regard alors qu’elle s’invite dans chaque pièce avec un but. Elle retourne à nouveau absolument tout pour mieux remettre chaque chose à sa place désignée, déplaçant si peu de poussière qu’on ne pourrait même le deviner. C’est important, semble-t-il de préserver cet endroit, important qu’il conserve la dernière empreinte, le dernier passage de sa propriétaire. Une forme de respect en somme et aussi de réconfort sordide. La rationalité la déserte dès qu’il s’agit de l’italienne. Sans doute qu’il y a plus de place à l’intérieur afin que Chiara respire par ses propres moyens.

Plus vulnérable que jamais, elle vide minutieusement une armoire et en déniche une cassette qu’elle n’a pu apprécier à sa première visite. Intriguée, elle s’installe dans le premier siège qui croise sa route après avoir disposé du matériel pour visionner le contenu de l’enregistrement. La surprise brise immédiatement l’expression placide de la peacekeeper. Azzura, Ezio, le sang, la hache. La violence force des soubresauts contre l’épiderme. Elle ne reconnait définitivement plus sa famille mais ne peut s’empêcher de fixer l’écran jusqu’à brimer la rétine et le cœur. Parce qu’elle tient sans doute là, les restes audiovisuelles de son autre parente. Les remords de la jeune noyée l’écroue à une tristesse sans fond. Elle était présente quand elle a rendu son dernier souffle. Elle aurait peut-être pu l'arrêter mais elle ne savait pas. Elle ne savait rien. Elle se recroqueville en attendant que le cauchemar s’arrête à la fin de la bande. Mais elle doute qu’il ne persiste dans la mémoire. Au centre de cette défaillance qui se dilue pourtant dans la succession d’épreuves et de questionnements. Presque complète et pourtant, imparfaite.

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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Mer 19 Aoû - 20:19

Elle ne trouve plus le sommeil. Les maudits grains de sable ne parviennent plus à tenir ses paupières fermées plusieurs heures d’affilée. Les démons qui s’épanouissent dans ses viscères la réveillent en sursaut, grattent la surface avec leurs griffes acérées. La nuit exacerbe ses angoisses, les mélange à celles de la chirurgienne morte. Elle les sent qui grouillent comme la vermine, qui s’agrippent et la grignotent insidieusement ses chairs. Ouvrir ses prunelles métalliques dans un appartement qui ne lui appartient pas n’arrange rien. Ce n’est qu’une douloureuse piqure de rappel. Un rappel supplémentaire de sa nouvelle condition. Elle ne supporte plus ce mobilier qu’elle n’a pas choisi, ces voisins qui lui tapent sur le système à toute heure. Même le chien lui remémore l’animal qu’elle a perdu, et qu’elle ne pourra certainement jamais récupérer. Elle peut s’estimer heureuse qu’il n’y ait pas plus d’attaches cependant. Seulement un ainé un peu trop envahissant et un benjamin fuyant. Elle n’aurait pas su composer avec un mari ou un compagnon stable. Elle aurait été incapable de faire semblant, même si elle prétend bien être une autre avec Lui. Aucun point commun n’est plus effroyable que celui-là, ne la ronge plus frénétiquement de l’intérieur. Ne serait-ce que songer à la brûlure du regard indécent de son cousin contre ses courbes plantureuses lui fait serrer les dents. Ses phalanges se crispent contre le volant jusqu’à en faire blanchir ses articulations et c’est dans un crissement sonore de pneus que son cercueil ambulant s’immobilise brutalement. Les contours de son ancienne habitation se découpent dans la nuit. Aussi intacts que dans sa mémoire morcelée. Tout ce qu’elle a un jour possédé s’est échappé entre ses doigts ensanglantés, effrité en cendres. Mais la pierre reste, inébranlable. D’extérieur, rien ne semble avoir changé. Le simple constat la rassure autant qu’il la brise. Elle a cependant besoin de se réfugier dans un endroit familier, de s’entourer des affaires qu’elle n’a pas pu rassembler. Retrouver un semblant d’ordre au milieu du chaos qu’est devenu sa vie.  

Aux premières lueurs de l’obscurité, elle ne remarque pas l’autre véhicule. Elle ne prête pas la moindre attention aux extérieurs et se faufile directement vers l’entrée. Un léger sourire colore ses lèvres lorsqu’elle constate que la cachette avec un double de ses clefs n’a pas été débusquée. Elle s’accroche à un détail qui peut sembler dérisoire car elle sait que la réalité ne tardera pas à revenir l’écorcher. Elle sait qu’une fois la porte poussée une vague monumentale de chagrin ne tardera pas à l’engloutir, elle et tous ses espoirs futiles. Que l’organe inutile tapi dans sa poitrine recommencera à peser des tonnes, à couler tout au fond de sa cage thoracique comme un poids mort. Qu’elle se sentira à nouveau horriblement perdue, étrangère partout où elle traine sa misérable carcasse. Elle ne se leurre pas. Elle n’incarne guère plus qu’un fantôme prisonnier des mauvais lieux, mais condamné néanmoins à y errer perpétuellement. Mécaniquement, les phalanges appuient sur la poignée, comme si elle s’attendait inconsciemment à ce qu'elle ne soit pas verrouillée. L’ouverture lui coupe le souffle et elle reste interdite le temps de plusieurs battements de cœur, parfaitement figée. Sa paume s’appuie contre le panneau de bois avec appréhension. Une bouffée de colère lui noue la gorge, alors qu’elle se permet de pénétrer à son tour dans la tanière, sans une once de prudence. C’est plus fort qu’elle, elle se sent violée dans son intimité même si elle n’en est plus la propriétaire. Elle ignore si ses effets personnels sont encore là, mais que quelqu’un d’autre puisse se réapproprier l’espace lui retourne l’estomac.

Le son de la télévision et la lumière vive qui se reflète sur le plancher l’alertent sur la présence effective d’un intrus. Sa silhouette se fige, cherche à reconnaitre les éclats de voix. Son sang bouillonne, incendie littéralement ses veines, lorsqu’elle reconnait distinctement sa sœur et le soldat. Le timbre de Gemma n’a pas effleuré ses tympans depuis si longtemps qu’elle ravale péniblement un sanglot en l’entendant. Elle ne peut rester plus longtemps tapie dans la pénombre et ne résiste pas à l’envie d’avancer vers l’écran infernal. Bouche bée devant la scène effrayante qui se rejoue devant elle. Fascinée malgré elle par la folie macabre des membres de sa famille. La tristesse l’accable en contemplant le corps voué à être sans vie d’Azzura, en se rappelant qui l’a assassinée avec une préméditation abominable. Elle est loin d’en avoir fait le deuil, pas plus qu’elle n’a réellement réussi à faire celui de sa jumelle. Accidentellement ou sciemment, Il aura détruit sa vie à deux reprises. Qu’ont-ils fait d’autre durant toutes ces années, sinon s’échanger cruellement et inlassablement les rôles de bourreau et de victime ? C’est la danseuse qui tient la hache cette fois, et qui la plante avec une rare barbarie dans le ventre de son amant.

Un cri d’effroi perce le silence, comme au tout premier visionnage, et elle ne l’étouffe que trop tard en recouvrant ses lippes d’une main. Elle recule instinctivement, fait chuter un vase à proximité comme la pire des maladroites. Le verre fait un fracas terrible en s’explosant par terre, provoquant l’éveil brusque de l’animal endormi dans un coin de la pièce. Le husky aboie à tout rompre, s’avance vers elle en dévoilant ses crocs. « - Peluzzo. » Le rabroue t’elle sur un ton autoritaire, sans même avoir à y réfléchir. Assez pour déranger les repères de la bête, et lui faire stopper sa marche menaçante. La sorcière déporte alors enfin son attention sur celle qui s’est permise de fouiller chez elle et ne s’avoue qu’à moitié étonnée en reconnaissant Joan. La peacekeeper qui avait pour fâcheuse habitude de la suivre un peu trop avant que son beau-frère n’ait la délicieuse idée d’éparpiller sa cervelle contre les murs. Elle n’a jamais compris ses motivations et les a même reléguées dans un coin sombre de son esprit, en les croyant à tort sans véritable importance. « - Qu’est-ce que vous foutez chez m… » Elle s’interrompt juste à temps, mange la fin de son interrogation courroucée. Déphasée, choquée de trouver la milicienne là, elle a abandonné le filtre qui retient d’ordinaire ses paroles. Son armure de reine des glaces se craquèle, laisse apparaitre des failles dangereuses si elles restent à découvert. Elle doit s’inventer un mensonge en urgence, pour ne pas rendre sa situation plus précaire qu’elle ne l’est déjà.

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Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Lun 24 Aoû - 2:42

Les mains tremblent contre la poitrine. Les barrières se rehaussent à quelques reprises, perçant le flux pictural d’une rationalité inquiétante afin de contrer l’horreur et les drames qui se succèdent. Mais c’est déjà trop tard pour rappeler l’italienne, bien trop tard. Chiara rejette la tête en arrière, oblige Joan à boucler l’horizon sanglant en refermant les paupières. La sorcière se contente alors des sons, bien plus angoissants, désormais scindés de l’image. L’imagination tisse le visuel absent et construit des scènes bien plus sordides encore. L’estomac se retourne, ses bras serrent la cage thoracique. Bercée et entretenue par l’ombrage, la trentenaire succombe peu à peu aux réminiscences. Elles forcent le passage et compriment sa mémoire. Des fragments, des sensations, des échos. Pratiquement des hallucinations qui se craquellent et se brisent quand la réalité rattrape le passé. L’intrusion devient évidente quand l’objet heurte le sol. Les doigts grimpent alors dans un spasme sur l’holster. Vide. L’injure se noie aux aboiements précipités de la bête, la peacekeeper se redresse dans l’obscurité, les sens en alerte. Le chien se tait à l’injonction invoquée par l’intruse et durant une fraction de seconde, en constatant le repli instantané de l’animal, elle se plait à s’inventer Susanna, juste là, à proximité. Dans la pénombre, elle peut même se permettre de reconstituer ses traits sur cette silhouette indistincte. Le chagrin se mêle à l’allégresse factice. La balle qui a traversé son crâne, semble continuer sa course pour atteindre l'aorte de la jumelle. Arrêtée dans sa progression par cette chimère, elle en vient même à sursauter quand l’étrangère s’octroie l’air pour apposer une nouvelle mélodie à l’atmosphère. Transie par le souvenir, la brune éprouve des difficultés à se mouvoir durant ce qui semble être une éternité. Qui peut donc hanter ce chalet ? A part le meurtrier rempli de remords ou animé de nouvelles intentions ?

Quand la litanie chute, elle bondit littéralement sur la table pour y dénicher son flingue, renversant d’autres objets dans cette seule manœuvre. Le pouce maltraite la sécurité de l’arme alors que l’index chatouille la gâchette. « Au premier geste, t’es morte ! Pigé ? Alors tu la fermes et tu bouges pas. » Tout en pointant le canon sur l’inconnue, elle se dirige vers le premier interrupteur à sa portée. Son poing s’abat avec disgrâce alors que sa rétine accuse l’agression luminescente avec acidité. Les paupières balbutient, l’acuité visuelle vacille mais le bras ne perd pas son cap. Quand les contours se figent enfin et que l’identité se révèle, la surprise se placarde à son faciès et distend la dureté de sa peau opaline. La chirurgienne. L’anxiété saisit la gorge sans atteindre la détermination cependant. La confusion s’étale, offre de nouvelles perspectives à cette sordide enquête. De quelle façon est-elle impliquée ? Dans quelles mesures connaissait-elle la victime ? Assez pour se faire obéir de la créature ? Les interrogations fusillent l’impatiente et entraîne l’adrénaline, la curiosité quasiment viscérale. Une énergie dévastatrice qu’elle canalise très mal depuis son pan de la pièce. Peut-être qu’elle pourra en apprendre plus, peut-être que la chance lui sourit. La voix devient brutale faisant bonne mesure avec l’empressement.  « Tu mets tes mains bien en vue, je dois pouvoir voir ce que tu fais, ok ? » Elle contourne la table, s’approche calmement de son invitée.  Cette prestance la déstabilise encore, même dans ce décor et sans objets de torture pour l’encadrer. Le regard farouche, la mâchoire taillée par une fierté inébranlable et pourtant, plus elle l’observe, plus elle note les brèches derrière l’attitude.  

L’américaine redresse le menton, revête cette assurance acquise sur le terrain, traitant cette situation comme une énième intervention gouvernementale. « Assieds-toi. » Elle tire une chaise, s’y installe, en veillant à ne jamais dévier la trajectoire du pistolet. Toujours prête à immobiliser son opposante si le danger se manifestait. Le calme amplifie cette tension latente. Tout peut arriver. Elles le savent toutes les deux. Elles sont sur le fil du rasoir. « C’est quoi déjà ton nom ? Grumy… Gris… ? Je sais pas encore ce que tu fiches ici… » Mais ça ne saurait tarder.   « … Mais tu as mal choisi ton moment pour faire irruption.  La chance ne s'est pas décidée à être de ton côté aujourd'hui. T’es entrée par effraction, rien que pour ça, je pourrais te coffrer, t’en as conscience ? » Bien qu’elle soit sûrement protégée d’une façon ou d’une autre par le gouvernement mais peu importe. La furie dépose son coude sur la surface plane pour détendre les muscles du bras sans jamais réajuster la pugnacité de sa posture pourtant. « Alors dis-moi, tu passais seulement dans le coin ? Et tu as voulu dire coucou, arroser les plantes peut-être ? » Le sarcasme s’enroule autour de la langue et contamine les lèvres. Un demi-sourire éteint étreint sa bouche, marquant un mépris amplifié par la rancœur, par la douleur que cette perte suscite à chaque éveil.

Un millier de repères invisibles, des cicatrices incomplètes pour suturer la poitrine. « Tu sais seulement où tu te trouves ? Tu sais qui vivait ici ? T’es venue piller ce qu’il restait ? Tu squattes seulement ? Ou alors tu as eu des remords ? Choisis-bien ton excuse. Je te laisse cinq secondes. » Insolente, adoptant la tactique sournoise du mauvais flic, elle ponctue son point d’un tic-tac morbide en claquant des dents avant de retrouver son sérieux et d’enchaîner plus agressivement encore. « On a retrouvé le cadavre de la propriétaire des lieux, il y a un bon moment. Aucune piste, aucun suspect. Et voilà que tu te pointes, que tu fais taire le poilu et que tu prends de toute évidence, tes aises dans ce qui ne t’appartiens pas. Comprend que cela est intriguant. Alors dis-moi, à ma place, tu tirerais quelles conclusions ? » Elle se penche vers son interlocutrice et accroche plus impitoyablement encore sa prunelle. Elle veut des réponses, elle veut savoir, connaître, appréhender. Et peut-être abattre pour pouvoir retrouver des rêves immaculés ou du moins bien plus porteurs, que cette insécurité voilée d’impuissance. Pour pouvoir survivre sans garder la désagréable sensation d’évoluer dans un Monde où le salaud respire, vit encore. Cette abomination qui lui a repris sa sœur. Sa moitié. Sa famille. Un coup d’œil derrière l'épaule, sur la bande qui s'achève. Elle soupire. Oui, sa seule famille désormais.

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