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 /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)

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MessageSujet: /! I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Lun 10 Aoû - 1:10



« Elle sait qu’elle n’oubliera jamais rien de lui, ni la forme de ses mains, ni le goût de sa peau, ni l’intensité de son regard. »


EZRELL
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Ils ne sont plus qu’un souvenir, entreposé parmi les autres. Une trace qui s’incorpore pour inscrire une marque. Une preuve de leur existence ensemble. Ils ne sont plus qu’une cicatrice, dissimulée parmi les autres. Une entaille qui s’insère pour laisser une gravure. Une empreinte de leur union personnelle. Ils ne sont plus qu’elle et lui, deux pronoms distincts qui ne parviennent à se raccorder l’un à l’autre. Deux notes qui sonnent fausses lorsque les instruments se croisent. La mélodie n’est plus qu’un cri de désespoir déchirant l’orchestre de leurs sentiments meurtris. Ils ne sont plus qu’un rendez-vous, répertorié parmi les autres. Une entrevue qui s’effrite pour devenir une rencontre. Un croisement au détour d’une ruelle. Comme deux inconnus que tout sépare. Comme deux amants que tout détruit. Ils ne sont plus ce qu’ils étaient autrefois. Ils ne sont que les restes d’une fissure. D’un cœur trempé dans l’acide. D’un amour qui se suicide.

La violence des propos d’Ezra la frappe de plein fouet. Il lui faut redoubler d’efforts pour ne rien laisser transparaître. Ni le chagrin qui s’accumule, ni la honte qui s’entasse. Ni la souffrance qui s’accentue, ni la colère qui s’intensifie. Elle pince l’une de ses lèvres pour s’empêcher de répliquer. Jusqu’à sentir une goutte de sang se perdre dans sa cavité buccale. D'habitude, mentir, manipuler, tromper ne représente pas une difficulté. Mais cette fois, c’est différent. Cette fois elle agonise en silence. Puisqu’il est le seul complice du châtiment qu’elle s’inflige. « Contente que les choses soient claires entre nous. » Elle aimerait disparaître à cet instant. Oublier chaque seconde passée avec lui. Afin de ne plus sentir cette douleur l’étriper de l’intérieur. Elle aimerait s’évaporer dans les airs. Fuir le plus loin possible. Afin de ne plus sentir ce venin la consumer lentement. Mais elle est là, en face de lui. Glacée d’effroi par ce regard qui la surplombe pour mieux l’abattre. Les teintes qui se superposent au creux de son iris lui font mal. Atrocement mal. Parce qu’elle ne reconnaît aucune d’entre elles. Parce qu’elle connaît l’origine de leur éveil.    

« Elle aurait pu vraiment te tuer. » Le déluge de haine touche à sa fin mais Ellie ne dit rien. Les mots n’ont pas trouvé d’échappatoire à son tourment, ils sont restés au fond de sa gorge. Coincés avec les résidus qui se meurent. Les condamnés à l’exil qui n’ont pas la chance de pouvoir s’exprimer. Les malheureux qui respirent le poison s'évadant de ses poumons. Les indigents qui abandonnent la lutte avant même de la commencer. Parce qu'ils craignent l'ampleur des dégâts qu'une seule syllabe pourrait causer. Qu'un seul son pourrait produire. Parce qu'ils se sacrifient, pour maintenir l'illusion du squelette pendu par un fil. « Non, sérieusement, tu crois ? » Faute de parvenir à extraire un échantillon de vérité, elle se contente d’une question qui n’attend aucune réponse. Alimentée par le sarcasme malsain qui camoufle les tremblements incessants de sa voix. A moitié brisée. A moitié froissée. Égarée au milieu de l'opposition qui soutient la différence. « Puisque j'ai le choix, allons-y. » Qu'elle annonce sans ménager le ton qui s'imprègne de l'atmosphère. Presque oppressante. Mordante.

Le temps semble superflu, absent, incongru. Défilant derrière eux, comme une âme en peine. Éteinte de toute ambiguïté. Le temps semble avoir disparu, sur les rivages de leur histoire. Dépossédée de la moindre conséquence si ce n'est celle d'exister. D'avoir eu lieu. A un moment, dans l'espace. A la surface. Ellie emprunte le même chemin qui l'amène au même endroit qu'hier, que demain. Et ce, sans en avoir pleinement conscience. Ses pas suivent une mécanique parfaitement structurée. Une chorégraphie quotidienne, reflétant la précision qui bouscule sa mémoire, absorbée par les récents événements. C'est comme si elle avait été témoin de la scène. Totalement passive. Totalement inerte. Les dialogues reprennent vie au creux de son esprit, s'enflamment, se superposent, se broient impunément. Elle essuie les larmes qui ne coulent pas. A l'image des mots qui n'ont pu s'échapper. Qui devaient succomber pour mieux le tromper. Pour mieux achever l'espoir qu'il transportait. Parce qu'Ezra doit croire à l'imposture, peu importe ce qu'il en est vraiment. Peu importe si elle ne demande qu'à faire tomber le masque. Devant lui.

Lorsque la façade de l’hôtel finit par engloutir son champ de vision, une vague de panique l’envahit. Elle en perd les couleurs qui d’ordinaire, teintent ses pommettes. Seule la confusion lui vient, remuant le doute qui s’alimente de chaque hésitation. Jusqu’à ralentir les mouvements que ses muscles tentent d’aboutir. C’est bien la première fois qu’elle s’apprête à dévoiler une infime partie de son monde à quelqu’un. En tout cas, de cette façon. Et les battements criminels qui martèlent son cœur, peuvent en témoigner. Elle souhaiterait courir à toute allure plutôt que de franchir cette porte. Mais l’ombre d’Ezra, par-dessus son épaule, l’en dissuade. Ce n’est pas comme si elle pouvait cavaler jusqu’à en cracher ses poumons. « Je n’avais pas prévu d’avoir de la visite. » Peut-être comprendra-t-il le message qui transpire de ses mots ? Peut-être finira-t-il par s'enfuir, à son tour, en découvrant le vrai visage de son amante. Dont chaque trait est exposé dans cette chambre, reflétant ce qui se cache sous les innombrables couches opaques. Un vide absolu. Une coquille vide. Le moindre effet personnel donne l'impression d'être atrocement impersonnel.

Les vêtements qui recouvrent le lit ne sont qu'un amas de tissu terne. Et l'absence de photo suffit à imaginer la solitude qui se morfond entre ces murs. Rien n'est à elle. Pourtant tout est à elle. La distinction demeure délicate, presque insensée. La pièce ressemble à un lieu abandonné aux accès de nostalgie qui ne peuvent être comblés. « Je n'ai pas de vêtements à te passer » dit-elle comme l'annonce d'une conclusion irréversible. Il n'est plus possible de faire marcher arrière. De retourner dans le couloir, de retourner dans l'ascenseur, de retourner dans le hall. De l'empêcher de monter, de venir, de saisir les nuances qui la composent. Elle le regarde, s'attendant à voir la désillusion recouvrir ses prunelles agressées par la vision de cet univers froid, livide, usé. Elle crève d'envie de le repousser, mais c'est trop tard. Il voit à travers ses yeux, sans avoir besoin d'imiter ses battements de cils. S'attendait-il à ça ? Absolument pas, elle en est certaine. Alors combien de temps lui faudra-t-il avant d'admettre la déception qui le guette ? Il est loin le rêve qu'ils ont partagé dans l'intimité. Il ne reste que le cauchemar qui tenaille les intestins. Il ne reste plus que la sinistre réalité qui s'accorde au destin.


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Dernière édition par Ellie Wilson le Mar 3 Nov - 5:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Jeu 20 Aoû - 2:26

Dans l’assurance du déni, elles perdurent. Presque évanouies sur le bout des doigts ankylosés par les crissements de gorges irritées. La pupille s’assèche dans la plus grande précaution. Que reste-t-il encore de l’émotion ? Récital clandestin pour amener les artères au gémissement. Frémir de l’intérieur, tenir bon à l’extérieur. Dedans, dehors. Ici, là-bas. Des positions relatives, des distances infinies et l’affection à marteler pour ne pas conquérir les territoires perdus. Les éraflures se marquent, elles assignent au récit de douloureuses notes qui raturent les marges et corrigent maladroitement la calligraphie. Blessés tous deux, mutilés par l’éclosion d’une rancœur imparfaite, appréhendée de façon incomplète. Rien à répliquer, rien à avouer. Le mutisme, une évidence et pas une option. La frustration réprimande la communication aussi naturellement que la semelle se défait des racines qui l’implante dans ce coin d’enfer, accolé étrangement à l’Eden. N’est-ce pas ça l’ultime châtiment ? Admirer les nuages, les sentir picorer le sommet du crâne alors que les flammes acculent la carcasse dans une obscurité construite d’hurlements métalliques. L’issue, l’idylle pour seule rivage visible alors que la houle emporte le désir, l’attise dans la proximité et l’abat dans l’éloignement brutal. Ellie se dresse à quelques pas de là, figée dans la brume affective qu’ils ont engendrée à force d’invoquer l’orage pour justifier la pluie. Si proche qu’il peut tendre un bras pour chiffonner la distance, l’émietter en une multitude d’éclats déjà ternis. Poser l’os du genou dans la boue et prétendre à sa bienveillance quand le pardon sera réclamé. Le vacarme l’éprouve. Sa solitude fracasse la pelure qui déguise le monstre et le réduit à l’homme qui considère ce silence comme une mise à mort inédite. Sa faiblesse surplombe sa rétine, elle s’insère entre eux. Il s’écarte de sa trajectoire pour se rapprocher. Combien de battements écoulés à espérer la moindre attention ? Combien d’inspirations retenues à rêver d’un mouvement, d’un frôlement accidentel qui soignerait au moins la brûlure aortique.

Ses rêveries se décomposent dans le traitement chimique d’un sentiment indompté. Il subit l’urgence d’un mot, l’impatience d’un contact, la hâte de l’épris. Vulgaire dépendance aux yeux d’un damné isolé. Egoïste qui souhaite bafouer son odieux comportement pour se réfugier dans des bras qui ne l’accueilleront pas. Et à juste titre. Sa docilité interpelle les ruines physiologiques pourtant. Son ordre honoré, sa requête infantile préservée. Le danger a éclairé la route ? Facilité l’anxiété ? Sans doute pas assez pour qu’elle saisisse le péril encouru en restant à ses côtés. Les mètres se défont, le décor vacille. Ce chemin étranger qu’il s’est vu arpenter quand replié dans ses chimères, il se pensait capable de la dérober à la fatalité et à ce refus implicite qui annonce la fin dans son début. Comment peut-il récidiver ? Les menottes déjà aux poignets, il se voit mendier quelques regards pour sustenter le déficit orchestré dans la violente réminiscence. Kitty dépose toujours plus d’épines contre ses chevilles dès qu’il se surprend à souhaiter sauvegarder les prémices d’une dissonance cardiaque pour celle qu’il ramène maladroitement chez elle. Adolescent hagard poursuivant une ombre en la pensant absolue. Ce n’est pas un jeu cependant. Et si ça l’était, il aurait déjà perdu. Suspendu à la confusion, entretenu par le choc, il n’aborde pas le contexte comme celui qui comprend et agit mais davantage comme l’égaré qui subit et obéit. Il a fait son choix. Il a choisi d’être là. Avec elle. Elle est tous ses choix. Les seuls qu’il se plait à endosser. Les seuls qui en vaillent la peine. Malgré tout, malgré lui. Malgré ce qu’il est et sera toujours. Le pire de la monstruosité. Celle qui ne s’assume pas mais qui s’exerce, s'éprouve et grandit dans la dénégation.

Les jambes s’alourdissent, la glace le tire par la manche vers les contrées dissolues. Il frémit. Depuis qu’il a quitté son pays natal et ses promesses écorchées, le froid s’est apparenté à la mort, à l’oubli, à la déception et à la douleur. Sans apparat, le norvégien succombe à ses retrouvailles, se découvrant de nouvelles cavités dans la poitrine. Combien de balles pour perforer la chair ? Combien peut-il encore en supporter ? Elle file, le distrait de sa manœuvre. Une porte est poussée. Le menton se relève pour saluer une bâtisse qu’il n’a pas anticipé. L’hôtel. L’affliction.  Encore une ruse pour amplifier les ombrages autour de la mâchoire. Un visage qui en préserve mille autres. Son identité n’a qu’un prénom pour raisonner et qu’un souvenir arraché pour subsister. L’infirmier la poursuit dans des couloirs. La clé s’aligne à sa paume. Alors elle vit ici. L’allée disparait et la chambre se matérialise brusquement. En premier, il ne retient qu'un fait qui agrippe l'aorte jusqu'à la rupture. Elle l’a laissé entrer. Et aujourd’hui plus que jamais, il ne l’a pas mérité. Désorienté, au centre d’une mélancolie qu’il croit reconnaître et qu’il réapprend tout autant, il ne se permet même pas de remuer. « Je m’en doute, oui. » Et je l’espère bien. Des vêtements adaptés à sa corpulence suggèrent la présence fréquente ou antérieure d’une personnalité masculine en ces lieux. Orgueilleusement, il préfère se penser seul à soutenir la boiserie et le chagrin contenu entre ces quatre murs dépouillés. Le premier. Un mensonge pour endurer ces dernières heures. Ces derniers jours. Ces dernières années. Aucun commentaire, aucun jugement. Il se retrouve ici. Il se comprend. Il la comprend.

D’un coup d’œil imprécis, il sollicite tacitement sa permission afin de s’éclipser dans la salle adjacente. Il ne referme nullement l’accès quand il s’y rend. Il agrippe seulement le textile, l’ôte de l’épiderme meurtrie. Le torse molesté par le passé dévoilé au miroir qui fait face, la fibre humide passe entre ses mains. Il essore fébrilement son t-shirt dans l’évier avant de chercher, à nouveau, à l’enfiler mais la maille ne se laisse plus malmener. Exaspéré, sa vision entre en collision avec le reflet. A cette lèvre fendue contre laquelle l’ébène coagule, contre laquelle son dernier amour a posé ses phalanges, il dédie ses pensées les plus noires. Son désespoir le surprend au virage qu’il n’a jamais pu devancer. Sa sorcière abimée par un déséquilibre meurtrier. Sa responsabilité brise son expression. Les mains se rassemblent contre la porcelaine, il soutient à peine le poids inutile de cette entité maudite. L’air est suffoqué, convulsion des poumons pour abjurer le vice et appeler à la fragrance assassine de la locataire des lieux. Il se redresse comme il peut, glisse ses doigts dans sa tignasse brimée par l’humidité avant de revenir la honte placardé au faciès décomposé. Il prend la première surface plane comme siège pour son abominable enveloppe, l’étoffe toujours accroché à la main et non au buste. L’autre dextre ramasse le front s’avançant vers le vide, voile son horizon. Le remord grignote la fermeté du timbre. « Tu ne devrais pas être mêlée à tout ça. Ce qu’il s’est passé… C’était une erreur. Tu avais raison. » Non. Bien sûr que non. Il ne peut résumer leur aventure à un terme aussi inexact. Ou peut-être que si. Pour elle, pour sa survie. « Pourquoi est-ce que tu m’as fait rentrer ici d’ailleurs ? Il faut que ça cesse. Il faut que tu arrêtes d’agir comme ça. C’est ça qui te fera tuer. » La peur qui taraude le ténor, qui le démantèle sur l’autel de ses pêchés aux pieds des instances qu’il a cru jusqu’alors impérieuses.

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    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove


Dernière édition par Ezra S. Reilly le Lun 24 Aoû - 23:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Ven 21 Aoû - 22:16



« Elle sait qu’elle n’oubliera jamais rien de lui, ni la forme de ses mains, ni le goût de sa peau, ni l’intensité de son regard. »


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Voit-il enfin ? La sécheresse qui parcourt sa vie. L’absence de tout, le besoin d’un rien. La mélancolie qui recouvre les détails chiffonnés. La plaie qui suinte de ses erreurs passées. Entend-il au loin ? Le silence plat qui résonne. Le manque de tonalité qui fait grincer les notes. Les murmures qui se propagent à l’horizon, révélant une mauvaise prédiction. Et ce bourdonnement qui persiste, longe les canalisations pour mieux s’étendre. Comprend-il soudain ? L’urgence qui l’opprime. L’étau qui la contraint d’abandonner sans résister. La déchéance qui résume son existence à des mots sans valeur. Des mots éphémères qui se dissipent dès lors qu’ils sont prononcés. Des mots condamnés. Les artifices s’effacent pour ne laisser que la réalité se dévoiler. Révélant les fragments occultés, les débris enterrés, les cris étouffés. D'un monde meurtri, délabré, enchaîné sous terre. Là où les rayons du soleil ne parviennent à se frayer un chemin. Là où il fait noir. Tout le temps noir.

Comme une évidence, il voit, il entend, il comprend d’un seul regard l’univers qui se dessine devant lui. Interrompant d’un seul mouvement, le cours des pensées qui chahutent dans l’esprit d’Ellie. L’incompréhension la sollicite alors qu’il arpente ce terrain inconnu, sans un bruit pour froisser le silence. Elle l'observe, suspendue à ses mouvements, cherchant la faille de ce comportement inattendu. Qu’est-ce que tu fais Ezra ? Putain qu’est-ce que tu fais ici ? Ses lèvres s'apprêtent à radier le calme apparent qui parfume l'air lorsqu'elles se verrouillent subitement. Les souvenirs calfeutrés au fond de sa mémoire refont surface, bien qu'elle tente en vain de les ignorer. Hélas la vision que sa rétine capture, écime le moindre effort qu'elle tente d'accomplir. Déconcertée par la reconnaissance de ce corps qu'elle a parcouru, connu, confondu avec le sien. Dans un besoin brut de s’approprier l'autre. De le découvrir, l'apprivoiser, le posséder. Juste pour le plaisir de consommer la vie. Juste pour le désir de consumer l'interdit.

C’est la voix d’Ezra, à peine audible, qui finit par l’extirper de ce songe. J’aurais préféré avoir tort, crois-moi. Ellie redoute de rêver parce qu’il faut se réveiller. Ce n’est ni une option, ni une alternative. C'est une obligation formelle, une contrainte éternelle. Et chaque fois que la fiction se dissout entre ses doigts, son cœur se resserre un peu plus. Jusqu'à comprimer les battements qui continuent de s'exécuter pour ne pas s'éteindre complètement. « Je sais. » Elle était loin d'imaginer qu'il finirait par le reconnaître. Au contraire, elle craignait qu'il ne parvienne à le faire. Alors pourquoi ce chagrin ? N'était-ce pas ce qu'elle voulait ? Oui, absolument. Parce que c'est la seule façon de le protéger. Non, définitivement. Parce qu'elle n'est pas prête à le perdre. Le choix défie l'accord des opposés qui s'affrontent pour remporter la victoire. L'un alimenté par la raison, l'autre par la passion. Dans cet affrontement brutal, elle perçoit les dégâts que la défaite d'une entité pourrait déclencher. Et ils sont bien pires, que la dislocation de son âme.

« Je pourrai te poser la même question, pourquoi tu es rentré ici ? Mais je ne le ferai pas » dit-elle en avançant dans sa direction, malgré le danger d'une proximité imminente. « Parce que les réponses amènent à d’autres questions qui conduisent à d’autres réponses qui reviennent à d’autres questions. C’est un cercle sans fin. » Elle l'effleure sans le toucher pour se rendre à son tour dans la salle de bains. Néanmoins, la porte renferme la vue de son corps dénudé. Contrairement à lui, elle estime que c’est une précaution nécessaire. Pour la simple et bonne raison que sa volonté n’est pas infaillible. Et l’attirance qui brûle dans ses entrailles rend la situation particulièrement délicate. Inspire et expire. Il lui faut quelques minutes avant de réapparaître dans la chambre, vêtue d’une chemise tombant sur ses genoux. Bien que ses cheveux soient encore mouillés, les serviettes empilées dans ses bras sont destinées à Ezra. Elle ne peut décemment le laisser dans cet état. Encore moins dans cet accoutrement si l'on considère qu'il en porte un.

« La pneumonie, c'est contagieux. » Qu'elle lui annonce en lui donnant le linge de toilette. Evidemment, avec sa condition, il ne risque pas d'attraper la mort comme n'importe quel être humain trempé jusqu'aux os. Pour autant, Ellie ne peut s'empêcher de se préoccuper de lui. Et c'est tout naturellement qu'elle vient occuper la place en face, afin de s'attarder sur sa lèvre fendue. Délicatement, elle approche une main de son visage et sans attendre sa permission, commence à tapoter la plaie avec un chiffon préalablement mouillé. Inconsciemment, son expression s'adoucit, ses traits abandonnent leur fermeté et ses lèvres s'étirent presque. Mais ce n'est pas un sourire qui émerge, c'est un mensonge émietté par-ci par là. Afin de réconforter le coeur, d'endormir la vigilance, de prévenir la menace. « Par ailleurs, toi aussi tu as raison ... il faut que ça cesse. » Ses propos semblent en parfaite contradiction avec son geste. A moins qu'ils ne reflètent l'illustration d'un dernier échange. D'un ultime tête à tête. D'un adieu.


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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Mar 25 Aoû - 2:41

Jeu d’échecs, jeu de chocs. Noir sur blanc ou blanc sur noir. L’ordre n’a déjà plus d’importance. Des collisions sans transition, des gammes de plus en plus réduites. Ailleurs ou ici. Avec ou sans. Allégresse ou accablement. Des contrastes rudes pour un organisme qui joue sa dernière course contre l’astre ardent. Cette entêtante machination de l’absolu et du néant, éprouve ses dernières forces. Dans les derniers fracas que le piège intemporel a brodé, il se voit succomber aux plaies infligées. Double homicide pour quelques heures éparpillées. A quel rythme se damner ? A quelle cadence faut-il enfin se laisser crever ? C’est le jour qui revient sans cesse pour l’éloigner de ses bras, pour la disperser. C’est la nuit qui se referme et s’invente une légende. Un mythe construit dans le berceau d’une idylle en fuite. Elle court depuis le début. Chaperon rouge à la capuche tirée sur les joues écorchées, voilant le mystère d’une existence composée par une complainte faussée. Des secrets qu’il faut traquer et qu’il faut aussitôt oublier. Ils sont deux à espérer se planquer dans la forêt. Un duo d’innocence et de culpabilité. Dans la percée de branchages, dans la fougueuse luminescence que l’aube engrange, le loup craint ses lendemains. A l’ombre, protégés des écorces, les ennemis, les alliés, les amants se cherchent et s’égarent. Des points communs pour les nouer aux différences. L’ébène et l’orge se semant à l’abri de vérités, ramassés par des doigts avides et terrorisés. Des lignes raccourcies et des aveux perdus. Attrapés par le collet, rattrapés par le filet, deux captifs et deux fugitifs. L’exiguïté de cette situation n’offre que peu de solutions à ces dissonances aortiques. Prétendre sans feindre le mensonge. Supercherie qui n’achète pas les méfiants et ne concède absolument rien aux lèvres closes.

Ils éduquent le silence, réapprennent la douleur du vide emphatique. Coexister dans la retenue, refréner l’humanité alors qu’elle bat les veines vivement à chaque mot qui effleure la quiétude relative. A gorge déployée, le norvégien chute sur de fantasques canulars. Sans doute qu’il exploite ses craintes, les mêle aux murmures pour la voir exhumer chacune d’entre elles dans l’empressement. Mais depuis l’étreinte, la limpidité de son comportement ne peut répandre le moindre espoir sur sa carcasse esseulée. Ne le sait-il donc toujours pas ? Ellie possède ses propres lois physiques, la gravité ne la retient pas du même côté de la sphère. Toujours ces deux régimes à vitesses antinomiques, toujours ces versants extrêmes. A t-il oublié cette saveur et ce cauchemar ? Combien de siècles a-t-il pu laisser passer dans cette amnésie affective ? Depuis quand n’a t-il plus ressenti cette violence ? Aucune donnée chiffrée ne lui rendra la maîtrise même partielle, de ce tumulte incessant qui ajourne l’après et consume l’avant. Il n’y a que dans le présent qu’il peut se permettre ces conclusions. Le cœur en suspend et la nuque brisée par la mélancolie, il la surprend à l’angle de son épaule. Si proche par le corps, terriblement lointaine par l’âme. Aucune réplique pour ramener son propre récit, juste une nouvelle porte qui se referme sur sa prochaine peine. La colonne vertébrale se déboite quand il se redresse. Il ignore comment endurer son identité dans cet espace dédié à la perte. Ses mains se joignent, s’accostent, se soutiennent. Friction répétée pour inviter la chaleur, il délaisse le textile trempé au coin d’une table. Il ôte très prudemment ses pieds du fond aqueux de sa chaussure, écartant l’enveloppe fibreuse touchée irrévocablement par les dommages afin de proposer le sol à ses pieds désormais nus. Pudiquement, il conserve le peu de frusques restantes. Les jambes compressées par l’épaisseur du tissu rugueux. C’est tout ce qu’il peut maintenir comme décence en désertant les bancs de givre.

Les doigts remontent le flanc, grattent le sceau de sa malédiction. Sans ça, peut-être que les circonstances auraient joué en sa faveur. Il s'avoue tout depuis que sa créatrice a perturbé la temporalité. Il se crispe, se replie et déjà, elle revient. Le regard la déniche mécaniquement et la rejette presque aussi rapidement. L’impudence de sa tenue lui a déjà comprimé la rétine et balance dans ses pensées décousues, de nouvelles chimères auxquelles il doit se refuser. Il devrait partir avant que l’envie ne se convertisse en une délicieuse insolence et une impertinente ânerie. La serviette s’enroule bien vite autour de sa carrure, les paumes ramènent l’étoffe sur la crinière pour la débarrasser du surplus inconvenant qui trace encore de longs sillons dans son dos. Dans quelques minutes, il sera dehors. Fracturé une nouvelle fois par celle qu’il ne pourra jamais se permettre. Celle qu’il a réussi à revendiquer une nuit où la vulnérabilité a débauché les raisons. Elle puise dans ses faiblesses, toujours plus, choisit méthodiquement ses moments pour approcher. Le geste renverse les entrailles, il doit se retenir d’appliquer le code tacite des deux couleurs en l’invitant contre lui ou en la propulsant à plusieurs mètres de sa position. Les ongles agrippent plus fermement la surface contre laquelle il repose. La prunelle interroge, la pupille soumet et l’iris réclame inlassablement. Déstabilisé, le visage désamorce sa dureté malgré la brutalité d’une réalité qu’elle se doit, semble-t-il, d’évoquer.

D’un revers de main, il repousse prudemment les soins prodigués. « Alors tu devrais commencer dès maintenant. » Seul le chagrin manifeste sa déroute dans ce timbre fragmenté par les assauts de leurres éventrés. « Arrête de te montrer si compatissante pour mieux me massacrer après. J’ai compris le message, tu te rappelles ? Je sais très bien à quoi m’en tenir avec toi, Ellie. » Ou Hope. Il ne sait plus à qui il s’adresse. Sûrement à celle qu’elle doit devenir et non, à celle qui lui a laissé les moyens de l’aborder. Le pouce ramasse le macassar au creux des gerçures. Les lippes crissent, tombeau pour les sentiments. Tout a été écrit là et tout y a été brûlé. Les sourcils se soulèvent et l’œil témoigne de sa fébrilité, de l'incrédulité. « Tu ne vas rien me demander alors ? Qui est-elle ? Pourquoi elle te veut du mal ? » Pourquoi je me trouvais dans le coin. « Où est-ce que ton instinct de survie débute et où est-ce qu’il s’arrête à la fin ? Je n’arrive pas à te comprendre, pas à te suivre. » Un peu d’irritation pour appuyer les mots mais déjà, la lassitude reprend ses droits. Il frissonne et s’empresse de frotter sa peau transie par le froid. « De toute façon, je ne compte pas te déranger longtemps. » Ses doigts attrapent déjà le t-shirt échoué. Toujours imbibé, toujours importable. Un soupire se disloque dans l’atmosphère, la vue bascule sur le plancher. « Je ne t’approcherai plus. Je ne te parlerai plus vu que c’est ce que tu souhaites si ardemment. Je ne dérangerai pas ton petit show d’indifférence. Mais… Promets-moi que tu feras attention à toi. Que tu ne te mettras pas en danger, que tu… » L’anxiété instaure son règne de terreur sur le thorax, bouscule chaque organe pour en congédier la rationalité. Kitty peut se planquer à chaque recoin du monde désormais, prête à frapper à nouveau. Sa folie méconnue, son champ d’actions étendu.

Le scandinave avance ses doigts vers la main libre de la doctoresse dans un spasme inspiré par cette panique. Doucement, il la kidnappe et la ramène contre sa joue. Ça sera la dernière fois sans doute qu’il possédera encore cette possibilité, pouvoir être aussi inconvenant et goûter une dernière fois, à l’interdit. Les paupières basculent, le ténor s’abime. « Je veillerai à ce qu’elle ne vienne plus t’importuner. Mais reste toujours sur tes gardes, s’il te plaît. » Sa bouche brimée par le trépas d’une orpheline renaissance, frôle la paume de la brune juste un instant comme un serment scellé par l’intimité. Il la relâche avant de reprendre de la hauteur, se donnant un semblant de contenance en cherchant à détendre la fibre décomposée de son haut détrempé. Il l’enfile tant bien que mal, éternue à la suite. Maintenant, il faut partir. Il le faut avant qu’il ne force plus encore le destin. Avant que le regard n’implore sa clémence, avant qu’il ne suggère le pardon, l’abjuration. Avant qu’il ne se révèle le pire. Et surtout, le meilleur.

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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Lun 31 Aoû - 22:06



« Elle sait qu’elle n’oubliera jamais rien de lui, ni la forme de ses mains, ni le goût de sa peau, ni l’intensité de son regard. »


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Le chapitre se termine au rythme d’une note sibylline qui ne révèle rien, qui englobe tout, d’un battement de cils. L’encre s’épuise sur cette dernière page, révélant le dénouement de leur histoire. Le papier succombe aux mots qui le creusent, le délogent de son repos. Et le livre se referme, comme il s’est ouvert la première fois. Sans qu’on sache pourquoi. Sans qu’on sache comment. Il ne reste de la couverture qu’un parfum, presque familier, qui soulève le cœur, étourdit l’esprit, hante l’âme. Un parfum qui finira par disparaître, au milieu des autres. Comme s’il n’avait existé que pour s’évanouir sous le poids écrasant de la réalité.

Celle-ci même qui la rattrape. Lorsque les paroles qu’il prononce s’emparent définitivement de leur affinité. D’une façon plus brutale qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Est-ce donc ce qu’ils vont être ? Des étrangers, l’un pour l’autre ? Des inconnus qui n’alimentent aucun sentiment, envers l’autre ? La réponse semble lui percer le crâne alors qu’il cherche à franchir le mur qui les sépare. Mais elle résiste, aux assauts qui bombardent sa poitrine. « Je sais » Et je t’assure que c’est mieux ainsi. Puisqu’il faut se dire au revoir sans s’émouvoir. Puisqu’il faut abandonner sans résister. Puisqu’il n’existe nulle échappatoire à ce cauchemar. Elle maintient les remparts qui l’empêchent de comprendre la raison de son départ. Alors qu’elle meurt d’envie de multiplier les questions. De le garder quelques minutes encore, près d’elle. De le contredire, le confronter, le consoler. Pourtant, elle se refuse d’entreprendre une de ces actions.

« C’est promis. » Ellie ne démontre ni résistance, ni hésitation. C’en est presque terrifiant. Cette absence de réaction, de violence, de révolte. Comme un feu éteint, une fleur fanée, un cœur brisé. Elle se résigne à perdre la lutte, ayant conscience qu’il n’y a ni gagnant ni perdant. Seulement de la souffrance des deux côtés. Il mérite d’en être libérée. Et pour ça, elle doit s’effacer. Pour ça, il lui faut renoncer à l’espoir qu’elle avait misé sur cette partie. Match nul par consentement mutuel. Existe-t-il quelque chose de pire au monde ? Elle cultive l’indifférence pour lui donner une chance de partir. Maintenant, tout de suite, immédiatement. Avant qu’elle ne renverse l’échiquier, réinstaurant la position initiale des pièces. Jusqu’à introduire de nouvelles variantes, avec lesquelles ils auraient du mal à composer. Parce qu’elles feraient voler en éclats chaque règle qu’ils s’évertuent de respecter.

De la même façon qu’Ezra désamorce la retenue d’Ellie. Il effleure sa main et le monde entier se réfugie au creux de son regard, décortique cette caresse qu’il lui porte. Pour mieux l’en priver l’instant d’après. « Attends … » Elle esquisse une faille au creux de sa muraille, compromet l’équilibre de sa forteresse, laisse la porte entre ouverte. Elle prend un risque qui, d’ordinaire, crève à l’orée de ses lèvres. Essoufflée avant même de courir. Echinée avant même d’émerger. Un risque dont l’existence suffit à la faire frissonner. « Je sais que je n’ai pas le droit de te demander quoi que ce soit mais puisque c’est la dernière fois qu’on va faire ça … être ensemble … toi et moi. » Ses pas l’amènent dans sa direction, connaissant le chemin sur le bout des doigts. « Est-ce que tu pourrais rester, encore un peu ? Au moins le temps de sécher ? »

Elle sait qu’il va probablement refuser. Il semble tellement pressé de partir, ce n’est pas comme si elle pouvait dire quelque chose qui serait capable de le retenir. Néanmoins, elle essaie. Sans comprendre ce qui la pousse réellement à s’acharner. « On pourrait faire ce que font les gens qui restent … ou pas. » Elle réfléchit à la pertinence de sa proposition lorsque l’évidence se lit sur son visage. Son expression trahit l’ignorance qui la percute violemment. « Je ne sais pas ce que font les gens qui restent. » Elle est désolée de cet aveu, désolée de ne pas être à la hauteur. Et surtout, désolée d’être aussi pathétique. Parce que c’est ainsi qu’elle se sent, à ce moment précis. Tellement ridicule à vouloir partager une dernière fois quelque chose, peu importe quoi, avec lui, peu importe combien de temps. Il aurait été plus facile de ne rien dire. A moins que le silence n'était la véritable difficulté de ce supplice.


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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Jeu 3 Sep - 2:08

Aucune abnégation. Aucune rédemption. Entre les entrelacs de la corde, le public s’annonce. Des visages familiers par millier, des échos attirés par les conjonctures. Ceux-là tiennent les pierres depuis le début alors que ceux-ci s’exercent à la perversité d’une mise à mort théâtralisée. Pas de ticket pour dénicher sa place. Pas de Salem, pas de bûcher. Pas une seule entrée dans le livre d’Histoire, aucune carte pour situer l’événement. Délocalisé de sa faune, écarté de la flore. Le bois craque sous ses semelles mais l’entrave, elle, ne désire pas communiquer. Autour du cou, à hauteur de la gorge, la ficelle se positionne. Les doigts d’Ellie filent de part en part de sa nuque alors qu’elle noue, centimètre après centimètre, l’affreux lien qui lui sectionne la pomme d’Adam. Pendaison soumise à de rudes extravagances. Bourreau instable, incohérent, inconstant. Inconscient. Elle fait basculer le corps pour mieux le ramener sur sa berge. Elle le balance entre le vide et les fondations. Contre ses pieds, il butte. Contre son cœur éteint et ankylosé, il chute. Contre sa voix, il déraille. L’air lui manque. Elle lui reprend chaque bouffée, le prive de tout oxygène pour abattre dans l’excavation de ses poumons, le sablier. Les  aiguilles empalent déjà la rétine, les grains crissent sous les molaires avant de pourrir repliés dans chaque amoncellement de chair. Ce n’est déjà plus qu’une question de secondes. Dans l’âtre du rejet, Ezra retrouve, avec aisance, ses repères. Le norvégien n’a le choix que du siège à aborder. Trop souvent, on l’y installe de force. Désormais, il s’interroge uniquement sur la couleur du dossier à rencontrer, sur son emplacement et sa conséquence immédiate pour la vue à collecter. Une attitude pour aucun résultat mais il s’y conforme. Parce que sa protégée a tous les droits. Elle peut s’acharner sur sa dépouille, tirer sur le lacet pour qu’il suffoque et crève. Oui, son fauteuil l’attend. Et il est cruellement unique aujourd'hui. Celui qui n’est orné que d’animaux sacrifiés, l’autel immonde pour l’immondice qu’il représente. Le trône de la Bête qui désirait la Belle et qui attendit inéluctablement que le dernier pétale fléchisse pour étreindre sa malédiction.

Après le point, il congédie son audace et ramène la langue sous les quenottes. Impuissantes, ses forces délaissent les veines pour courir entre l’espace que leurs deux corps, observe. Déjà si proche de sa fin. L’humanité aura finalement succombé alors. Tellement prévisible. D’ailleurs, il ne pensait pas y être si attaché mais à quoi aurait-il dû s’attendre ? Le scandinave ne cherche pas à s’éterniser dans un environnement qui soumet ses convictions à la déroute sensorielle d’un homme égaré. Alors il esquisse le pas de trop, le pas qui détermine, la finalité. Quand il sortira, elle cessera de noter sa présence dans les pièces qu’il encombrera. Ici, ailleurs, partout. Le monde devient trop vite étranger à celui qui a confondu un miroitement corrompu et la naissance d’une seconde étoile. Mais l’Univers est glacé et la rumeur givrée perce l’exhalaison émotionnelle.  Un seul astre et il est mort. Rien à trouver, rien à construire. Galaxie en ruine, dépouillée de la moindre molécule. Il faut fuir ou alors mourir. Le choix se marquera dans l’embrasure de cette porte qu’il lui faut franchir. Les échéances se bousculent pourtant alors qu’il se voit avancer. Rattrapé en bout de page par la suivante. Un seul mot mais c’est un Empire qui se relève. Un royaume où la limite se suspend à l'endroit exact où les rayons solaires s’immobilisent. L’espoir, si brutal qu’il lui fait mal. On apprend jamais, pas même dans les contes. Surtout pas dans les contes. On croit que le dénouement sera à la hauteur. Même les plus désabusés, les plus avertis, les plus lucides finissent par espérer quand ne plus rien attendre signifie saigner à perpétuité. Pauvre fou à la vision trompée, il se retourne pour narguer la sensibilité qui l’a fauché en pleine acceptation. Il la regarde pour la redécouvrir. Il agrippe ses yeux pour la revendiquer dans un ultime souffle, dans l’expectative de tout et dans la négation du rien.

La sémantique s’accumule contre ses tempes, raclée par l’ouïe et amenée au bord de l’oubli par le reste des sens. Il lui faut une minute pour comprendre, pour admettre la portée de cette gamme. L’Adieu amorcé, sévèrement concrétisé par son timbre sublimé dans l’écho de ses souhaits, lui découd les côtes. Elles se renversent juste à leurs pieds. Il se pare de froideur pour encaisser, les bras rassemblant les débris organiques de part et d’autre de sa cage thoracique. « Au cas où tu l’ignorerais, nous travaillons ensemble. Alors… Tu devras encore me supporter d’une façon ou d’une autre, si ce n’est pas trop te demander. Je ne compte pas démissionner pour que tu puisses garder ta tranquillité.  » Mais elle ? Non, elle ne peut pas disparaitre. Pourtant, tout annonce le départ ici. C’est une valise qu’on a jeté dans un coin, qu’on a ouverte mais qu’on n’a jamais vidé. C’est un cri en pleine rue quand midi rassemble les passants. Une évidence qu’on peut ignorer mais qui s’impose. De passage. Pas de seconde lumière pour son espace stellaire, non. L’étoile file pour ne s’accoutrer d’aucun vœu. Trahi par la promesse fortuite qu’il s’est composé, blessé par orgueil, éclopé par tendresse, il perçoit cette requête comme une énième farce. Un coup contre la vitre pour celle qui l’interpelle. Un éclat qui a fissuré le verre pour l’interpellé. Chaque acte est amplifié par la chimie aortique qui ne supporte ni cette vérité, ni le silence, ni leurs tonalités qui s’enchevêtrent pour se retrouver et se consumer.

L’infirmier se penche sur la jeune femme pour cueillir sa désorientation. Le regard accoste sans détour les prunelles voisines. L’austérité assoit son influence sur le ténor mais les traits, indomptables, témoignent du désordre devenu roi et maître. « Tu me demandes de rester ? Et de prolonger cette… mascarade. Pourquoi ?  » La paume se cale sur la mâchoire de l’effrontée, il la rapproche, étudie les reflets qui traversent ses iris pour infecter les siennes. Dans la proximité, le ressenti se fait conquérant. « On dirait que tu ne sais jamais ce que tu veux. » Et l’autre main s'amène pour glisser prudemment contre ses boucles. « On dirait que je ne sais pas non plus ce que je veux. » Un murmure quasiment inaudible qui se heurte aux dents resserrées par l'adversité. Il détourne les yeux. « Je devrais partir, arrêter de me donner en spectacle alors que tu vas me jeter dans une heure. Je devrais te dire que t’es égoïste. Que tu m’utilises à des fins qui me sont étrangères et que ça t’arrange bien d’avoir toujours le bon rôle. Que je n’ai pas que ça à faire. Rester… Pourquoi ? » Mais partir à quoi bon. Les doigts s’acclimatent aux joues de la mortelle, encadrent grossièrement sa perfection. Un cadre fissuré pour un chef d’œuvre sous-estimé. Il lui retire de sa valeur d’un seul contact. « Qu’est-ce que tu attends de moi au juste, Ellie ? » Mais il se refuse à sa réponse pour l’instant. Parce que dans cet intervalle infini, dans ce blocage temporel invoqué par cette sollicitation, il peut encore s’adonner au champ des possibles et réinventer leur fin.

La voix se réajuste aux dernières syllabes qui courent encore dans leur atmosphère. Aucun répit entre le phrasé incertain. Celui qui suit, n’a jamais semblé plus déterminé et déterminant pourtant. « Je ne sais pas ce que je suis censé faire. Alors je vais faire ce que j’ai envie. Tu l’auras bien cherché. » Il ne la brusque pas. Il ne la supplie pas. Son nez glisse contre l’arête du sien très sereinement, ses lèvres la frôlent sans froisser la moindre onde. Sa respiration imprécise s’égare alors contre cette bouche, cette insolente, qu’il s’approprie avec une étrange pudeur. Les paumes se rassemblent sur la nuque. C’est une immortalité qui survit aux chocs, aux contretemps. Une continuité aux vices multiples mais à la sapidité dorée. La divinité s’acquiert dans les battements accablants du thorax désaxé, dans un baiser qu’on a volé pour ne jamais garder. Rupture nerveuse, il décline le contact en écartant leurs visages mais capture la taille d’un bras. « Ça, c’était une vraie dernière fois, pas vrai ? » Il abolit sa trainée mélodique en traçant le sentier de l’interdit à la commissure de ses lèvres, du bout de sa langue. « Et ça ? » Le défi ébranle les gestes. Sa prise s’intensifie, il la presse contre lui, écrase sa bouche contre la sienne abruptement, rageusement. Le désespoir embrasse la fièvre. Réduit au concept et non plus à cette identité factice. L’avidité remplace chaque notion par une autre cependant dans la seconde qui précède. C’est une mutation perpétuelle. Ses lippes farouches imposent leur exigence, la soumettent au seul jugement de cette voracité. Le baiser s’achève quand le vertige survient. Alors, il est temps qu’elle s’explique. « Dis-moi, explique-moi, ce que ça veut dire la dernière fois ? »

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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Mer 16 Sep - 20:51



« Elle sait qu’elle n’oubliera jamais rien de lui, ni la forme de ses mains, ni le goût de sa peau, ni l’intensité de son regard. »


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Les opposés s’effleurent sans jamais se toucher, inventant des nuances qui n’existent que pour s’effacer; à la moindre rupture de cette limite, qu’ils entretiennent, de façon clandestine. Ils se rencontrent et se distancent, au milieu du chaos qui entretient leur différence. Ils se cherchent et s’abandonnent, durant cette valse qui contusionne leur équilibre. L’un survient quand l’autre s’éteint. Afin d’entretenir ce cercle vicieux, qui les installe au cœur d’une routine à couper le souffle. Ils s’épuisent à chaque mouvement, se consument à chaque instant. Parce qu’ils ne sont vivants que pour s’affronter, dans la lumière et l’obscurité. C’est ainsi qu’elle vacille, entre désir et interdit. C'est ainsi qu'elle s'égare, entre rêve et cauchemar.

« Je ne compte pas démissionner pour que tu puisses garder ta tranquillité. » Le contraire aurait été surprenant. Pour ne pas dire, décevant. La présence d'Ezra est sans aucun doute ce qui retient Ellie dans cette vie. Chaque seconde à ses côtés devient une raison supplémentaire de rester. Ou peut-être, de partir. Dès maintenant. Lorsqu'elle peut encore prétendre en être capable. Demain, il sera trop tard. D'une certaine façon, il l'est déjà. Le délai a expiré depuis que ses lèvres ont touché les siennes. Ce n'est qu'une question de temps, avant que le danger ne survienne. Le passé est comme un virus qu'on pense avoir éradiqué. Jusqu'à s'apercevoir, qu'on est en train de crever. Il se nourrit des failles du présent pour survivre. Et s'alimente des espoirs du futur pour l'anéantir. Sans qu'on sache comment. Sans qu'on sache pourquoi. Il continue d'exister, de ramper, de résister.

Ezra fait claquer sa langue sur son palais et abrège le doute avant de le disperser. Il se positionne, sans laisser de place à l'éventuel, donnant toute l'importance au réel. Il en vient aux faits, qui ne peuvent être annulés. Il en vient aux preuves, qui ne peuvent être invalidées. A ce moment précis, Ellie se sent impuissante. Parce qu'elle ne peut lui fournir aucune excuse. Dans ce procès, la défense n'a pas d'arguments à proposer, pas de témoins à convier, pas d'aveux à fournir. Si ce n'est, ceux qui se transmettent d'un seul regard. En réalité, je sais exactement ce que je veux. Elle aurait aimé lui balancer ces mots au visage. Juste une fois, rien qu'une fois. Plutôt que d'écouter ses reproches fondés. Et surtout, fournir une logique aux actes qui n'ont point de sens pour lui. Afin qu'il voit enfin, de ses propres yeux, la lutte des opposés qui se joue dans ce tribunal.    

La déception se lit sur les traits d'Ellie qui considère le procès perdu d'avance. Pourquoi resterait-il ? Concrètement ? Il ne semble avoir aucune raison d'accepter, toutes, de refuser. Il lui en veut probablement. Alors, qu'attend-il pour quitter la pièce ? N'est-ce pas ce qu'il souhaite ? Elle redoute de le voir partir sans un mot, d'entendre la porte claquée derrière lui, de se retrouver face au vide qu'il laisserait. Il est évident que son univers dépend de lui. Et que le simple fait de prononcer son nom, aligne les étoiles dans une même direction. Rendant le ciel, incroyablement lumineux. Je te veux, toi. Des nuages qu'elle s'attend à percevoir, il n'en est rien. L'azur se met à scintiller comme un feu d'artifices jeté dans les airs, au dessus d'une étendue d'eau dont le reflet suffit à projeter des centaines de faisceaux lumineux. C'est un véritable spectacle qui se déroule sous ses yeux, abasourdis.

Ellie est profondément troublée par ce baiser inattendu, bien trop court, bien trop fugace. Brutalement, il change la donne pour mieux raviver l'espérance d'un échange prolongé; d'une minute, d'une heure, d'une nuit. Peu importe. Elle prend ce qu'il lui donne, sans chercher à comprendre. Seuls les battements de son cœur ont un sens et ils ne conçoivent que de retrouver ce plaisir déroutant. Le caprice devient un besoin, presque vital. « Ça, c’était une vraie dernière fois, pas vrai ? » Elle est encore perturbée par le retournement de situation qui se déroule. A croire que c'est au-delà de ce qu'elle aurait pu imaginer. Nulle porte claquée pour la ramener face contre terre. Il n'y a que la bouche d'Ezra qui existe. Il n'y a que ses mains qui frôlent sa peau. Il n'y a que sa rage qui abrite son envie. Le reste est réduit en cendres, pour que le vent emporte les débris de l'incendie. Loin d'ici.

Et s'il en demeure quelques fragments. S'il en demeure quelques soupçons. Ellie considère qu'ils n'ont pas lieu d'être et qu'ils doivent disparaître. « C'est la dernière fois que tu te donnes en spectacle. » Volontairement, chacune de ses paroles s'accordent à celles d'Ezra, sans témoigner d'une intention quelconque. Alors que ses actes trahissent une visée atrocement évidente. Tout naturellement, elle fait céder un bouton de sa chemise sous ses doigts, tel un geste anodin qui ne l'est point. « La dernière fois je t'utilise à des fins qui te sont étrangères. » Elle continue à les retirer, un par un. A peine consciente de ce qui est en train de se passer. La raison ne faisant plus partie de son horizon. Cette dernière, réduite, soumise, à un appétit féroce qui ne possède qu'une convoitise. « La dernière fois que j'ai le bon rôle. » Jusqu'au dernier, qui laisse apparaître, sa peau dénudée. Elle s'offre, aussi brutalement, que son corps réclame ardemment le sien.

La nuance qu'Ellie compose est à la frontière des opposés qui penchent dangereusement, d'un côté et de l'autre. Elle se diffère de ses consœurs pour ériger une alternative au milieu du chaos. Et s'alimente, non seulement de ses origines, mais surtout, de ce que leur union pourrait produire. Un quelque chose, composé de quelques-unes, formant un tout qui repose sur un rien. Autrement dit, une chimère.



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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Lun 21 Sep - 23:43

La noirceur sillonne les cieux, du charbon pour nacrer la perte. Aucune constellation, aucun satellite. Une galaxie sans astres. L’immortalité du néant, construction solide pour un écho sordide. Ses pas battent encore la terre. Ne pars pas. Des mots qu’il retient, des phrases qu’il anime en capturant sa bouche et en défaisant leurs liens. Le givre s’empare de leur planète détruite par des motifs implicites, par des menaces qu’elle exécutera sous peu. Le centre de cette gravité se fendillera quand elle le poussera vers la porte, qu’elle annihilera les chemins qui mènent encore à son regard. Il faudra voler, partir, tout lâcher sans se retourner et errer dans l’obscurité. Mais en attendant, c’est un jeu visuel à plusieurs mètres d’altitude, perché sur une plaine ouverte à tous les périples. Deux silhouettes pour un espace dérangeant. Deux corps qui s’appréhendent dans le silence. Rien à perte de vue, seulement l’iris où se fracassent de ténébreuses tempêtes faites de bronze et d’acier. Le vent gronde, annonce la scission d’une galaxie et emporte dans sa torpeur, les mèches éparses de sa crinière. Dans l’Adieu, la beauté se sublime pour devenir mythe. Aucun mortel n’aurait pu concevoir des traits avec un tel esthétisme. A chaque seconde, cet envoûtement gagne en ampleur. A chaque inspiration, il s’infiltre sous sa peau pour le mettre en défaut. Elle qui est si belle et lui, si laid. A force de se tenir si près de l’éclat, il a cru pouvoir s’en revêtir. Mais dérober le diamant n'engendre nullement la tiare. Aucune pierre, aucune couronne. Seulement les chaînes pour brûler les poignets. Seulement la proximité de ce qu’il veut atteindre et de ce qu’il ne possédera jamais. Ellie lui a fourni un alibi pour quelques heures, une alternative furtive et une raison de croire qu’un jour, il a été un homme et non, une bête.

Les couleurs s’évanouissent une à une, les plongent dans les ténèbres. Durant un bref instant, celui qui précède sa dernière interrogation, il croit que tout est terminé. Qu’elle va l’éconduire d’un geste, d’une parole. Mais l’argent rattrape la distance qu’ils ont creusé, il incendie le firmament éteint. La foudre débute avec la voix et se poursuit dans les mouvements esquissés. Les boutons désertent leur attache dans une sémantique inégale. Ton sur ton, ils revêtent des apparences similaires. Celles que l’orage insuffle aux amants oubliés. Ébloui, le norvégien prolonge une aphasie instinctive. Il pense à une farce d’un mauvais genre, le déclencheur défectueux d’un appareil usagé qui simule la tornade mais ne produit que des clichés. Comment agripper un espoir déjà avorté par la bouche qui déploie promesses et absence ? L’infirmier étreint l’incertitude et les failles, il chute entre chaque brèche et relève douloureusement le menton vers celle qui court dans sa direction pour mieux fuir ensuite. « La dernière fois que tu me ridiculises ? » Pourquoi le ténor ne supporte plus l’ironie ? Pourquoi ne peut-il afficher que la faiblesse de la chair et du cœur ? Une révérence avant le manque définitif. La surprise placarde toujours ses stigmates sur son faciès fasciné. Un bras la capture pourtant, la rapproche. Il décide qu’il n’a plus rien à perdre et qu’il ne peut plus la comprendre. Ses lèvres frissonnent contre les siennes. Un souffle. « Ou bien la dernière fois que nous pouvons prétendre savoir ce que nous faisons. » Ses lippes s’arrêtent sur sa gorge, au creux de la courbe parfaite qui unit le cou à l’épaule. Ses doigts chatouillent le textile sans l’ôter, il dévale le bras, attrape la main. Un autre murmure. « Viens. » Et il l’enlève aux circonstances.

Fébrile, l’aorte s’inquiète alors qu’il la place au centre de la pièce adjacente, sous les néons délavés d’un endroit exigüe. Ses paumes ondulent dans la cascade de boucles, ôtant l’humidité persistante. Son pouce coulisse sur sa bouche. Contre l’épiderme toujours glacé de sa protégée, il fait glisser ses baisers, trace de longs sillons contre sa clavicule et s’arrête au buste. Ses doigts écartent lentement les pans de la chemise qu’elle a pris soin d’ouvrir. Le carrelage de la salle de bain accueille l’étoffe et les débris de sa conscience. Ses mains se rassemblent contre son dos et flirtent avec ses courbes dans une étreinte étroite qu’il abjure ensuite pour s’occuper de ses propres frusques. Le tissu s’entiche rudement de son épiderme, toujours imbibé par le sauvetage en eaux troubles. Il s’en défait avec maladresse, découvre son thorax et affronte l’horrible sceau de sa malédiction trônant avec effroi sur le flanc maudit depuis le reflet du miroir. Il rejette sa prison cotonneuse plus loin, en grelottant malgré lui avant de se séparer de ses souliers. Sa peau déchirée par la fraîcheur soudoie celle de son alliée.

Dans une ultime inspiration, dans un ultime spasme, avant de se dévoiler entièrement, il attrape le visage de la jeune femme. De la détresse se suggère dans la fièvre, des ratés qui s’harmonisent avec élégance à l’envie. « Pour la dernière fois alors, fais-moi croire qu’il n’y aura pas d’adieu. » Un beau mensonge qui leur garantira une idylle fugace. C’est tout ce qu’il peut s’offrir. Tout ce qu’ils peuvent se permettre. Tout ce qu’il peut obtenir d’elle. Tout ce qui conclura leur aventure. Va-t-elle réellement y consentir ? Avant qu’elle doute, il abat sa bouche contre la sienne, interrompt ses réactions de sa langue et la serre contre lui jusqu’à craquer ses côtes. La terreur l’habite encore quand il se sépare d’elle pour dégager les dernières barrières fibreuses. Divulgué désormais sans la moindre pudeur aux prunelles de son hôte, il entre dans la douche en lui concédant par ce repli, une dernière issue avant la chute. Elle l’abandonnera demain quoiqu’il advienne, il devra endurer ce choix une fois de plus. Mais aujourd’hui. Aujourd’hui, il peut prétendre à l’éternité. Il peut s’inventer la vie qu’il n’a pu obtenir. La vie qu’il s’est lui-même arrachée. L’eau brûlante s’effondre en cascade sur sa carrure. Son audace et son inconscience lui coûteront ils  cette dernière opportunité ? Ce dernier acte ? Cette dernière chance d’aimer chaque défaut qui lui a permis de se tenir là. Avec elle, aux portes de la vérité.

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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Mar 3 Nov - 23:38



« Elle sait qu’elle n’oubliera jamais rien de lui, ni la forme de ses mains, ni le goût de sa peau, ni l’intensité de son regard. »


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Puisqu’il faut aimer, aimons à en crever. Jusqu’à saturer l’air dans nos poumons. Jusqu’à cracher le sang de nos veines, contaminé par l’arsenic qui impose son règne. Puisqu’il faut partir, partons avant l’aube. Quand la nuit éphémère laisse planer les étoiles dans le ciel comme des milliers de possibles qui s’étendent à perte de vue. Quand l’espoir luit encore, au fond de notre regard et se nourrit de chaque battement qui rythme notre coeur. Puisqu’il faut exister, existons l’un pour l’autre. Comme s’il n’y avait que nous, dans ce monde et le suivant. Comme s’il n’y avait que toi, dans le mien et le nôtre. Puisqu'il faut mourir, mourrons à répétition. Pour mieux se retrouver, pour mieux se perdre dans les fragments de notre amour, écorché à vif, par les affres de cette existence qui dévore nos corps. Puisqu'il faut vivre, vivons d'un seul souffle. A contre-courant des vents princiers qui s'évadent des jardins ensoleillés pour goûter aux saveurs interdites. Pour transgresser les limites de ces frontières qui s'effritent à mesure que les secondes se dispersent ...

Puisque le soleil finira par se lever, puisque la réalité finira par s'inviter. Au creux de leur baiser capricieux qu'ils se permettent d'un geste audacieux. Au sein de leur mensonge sibyllin qu'ils s'échangent d'un accord clandestin. Puisque tout finira par disparaître, le début, le milieu, la fin de l'histoire. Les détails qui tapissent les visages, les secrets qu'on refuse de voir, les vérités qu'on refuse de croire. Les blessures qui tuent à mi mot, les aikkimmauzes qui tailladent la peau, les rêves réduits en lambeaux. Puisqu'il ne restera que des bribes, des cendres, des restes indigestes. Quelques braises essoufflées de l'incendie qu'ils ont déclenché. Puisque le temps emportera ce moment, dans sa prison d'argent, derrière ses barreaux étroits qui filtrent à peine la lumière. Puisque le présent est la seule échappatoire à cette destinée certifiée, il leur faut le capturer, le manier, le multiplier. Par des promesses disparues demain, par des caresses semées aujourd'hui, par des sentiments refoulés hier. Il leur faut s'imprégner de la moindre trace, de ce qui sera un jour, un simple souvenir.

« Qu'il en soit ainsi ... » Sans aucune hésitation, Ellie s'avance vers la cascade brûlante qui se déverse d'ores et déjà sur la chair glacée d'Ezra. Ses mains partent à la rencontre de ce corps qu'elle reconnait pour l'avoir enregistré. Inconsciemment. Pourtant cela n'altère aucunement sa mémoire; ses doigts retracent à la perfection les lignes de son torse qu'elle discerne comme une évidence. Il lui suffit d'effleurer sa peau pour se rappeler de chaque parcelle qui peuple ce territoire connu. Et d'un geste, pour se l'approprier comme si elle le possédait. Comme s'il lui appartenait depuis qu'elle avait posé son regard dessus. Brusquement, Ellie le pousse en arrière jusqu'à percuter la vitre qui paralyse son initiative. Elle le dévisage un court instant qui semble s'éterniser, avant de suspendre l'attente d'un baiser fougueux, à s'en mordre les lèvres. Des siennes, elle en fait son empire à conquérir, son royaume à gouverner, son prestige à chérir. Une nuée de perception pour un goût unique qui s'incruste sur ses propres lippes. Et le monde entier disparaît sous l'ivresse de cette saveur à se damner.

La température monte, l'air bouillonne, le désir fulmine. Telle une étoile filante qui trace sa route sous le regard des astres, envieux de sa liberté volée au firmament. Ellie ne quitte plus la bouche d'Ezra, désormais prisonnière de cette passion qui lui remue les entrailles avec déraison. Elle se risque à cette folie qui trouble son esprit si violemment que ses pensées s'égarent comme des vagabondes au crépuscule. C'en est presque douloureux tellement c'est intense, fiévreux, extrême. A la limite du supportable. C'en est presque irréel tellement elle se sent vivante, au plus près de lui. Au plus près de l'euphorie. Alors que son corps ondule sous les variations qu'ils composent durant cette danse frénétique qu'ils chorégraphient en symbiose. Parfaite harmonie qui dévoile son existence supposée absente. Probablement trop fragile pour résister au soleil levant. Probablement trop résistante pour s'estomper définitivement. Cherchant l'équilibre suffisant pour s'inscrire, à l'encre noire, sur les pages de leur romance incohérente. Éternelle rebelle qui ne respecte ni foi, ni loi mais s'alimente de la moindre flamme pour faire resurgir d'entre les morts, le brasier ardent qui fait battre leur coeur.


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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Dim 8 Nov - 4:30

Phrases en italique = norvégien

Nouvelle lune aux promesses ambrées glorifiant un paysage en ruine sous la pupille isolée. L'or planifie déjà un deuil. C'est un linceul étendu sur une forêt décharnée. Des troncs tordus, des écorces obscurcies par la suie. Un royaume fait de bois et d'aube, calciné par une passion oubliée. Un parfum qui s'attarde dans l'air saturé de toxines quant à l'ombre de ces serments que l'astre déploie encore, les voix hantent les recoins d'une clairière épargnée. Des picotements contre les chevilles, autant de fleurs pour si peu de tombes. A cette heure opportune, on veut miser sur le moindre éclat, les attraper au creux de ses paumes pour noyer de rires, les larmes qui s'épanchent toujours au coin des yeux. Tiraillé entre espoir et abandon, on succombe au temps. Le satellite continue sa course, de quartier en quartier, il conquiert un empire. Il énonce la fin de l'ère en se faisant de fer, en se faisant surtout d'argent. C'est aux pieds de sa rondeur, qu'on délaisse un cadavre porté à bout de bras. On y renonce dans un ultime rituel, on creuse la terre profondément jusqu'à ce qu'il disparaisse, quand le cœur se débat une dernière fois. Le lendemain, on se retrouvera acculé dans un autre de ces cycles et on répétera le massacre. De ses nuits constellées, il ne reste plus grand chose. Des débris métalliques fichées dans l'aorte. Depuis longtemps, le ciel est noir et vide. Aucune déclinaison lunaire, aucune déception et aucune exaltation. Il se nourrit de ténèbres et s'abreuve de cris silencieux. Au détour d'un énième cauchemar, la lueur a déchiré des décennies de résolution. Revenue d'un périple sans commencement et sans fin. Piégé dans une suite d'étapes, il a levé le regard vers cette décadente splendeur. Il a récolté l'ocre quand à la moitié du parcours, son univers s'est paré de cet émail ardent. Au seuil de sa fin, agenouillé dans ces pétales flétries, il s'apprête à enterrer, une nouvelle fois, l'organe qui bat la mesure de ces gouttes qui s'effondrent au fond de sa prison. Dans une minute, dans une heure ou dans un jour, la nuit sera éternelle et redeviendra cette inéluctable inchangée. Incomplète et désaxée de sa routine stellaire.

Le froid survient alors que l'eau brûlante oppresse la chair mise à nue. Sa temporalité devient incertaine, déconstruite dans l'expectative. Est-ce déjà terminé ? La terreur le fauche, ses mains compriment les parois. L'échine se courbe naturellement. Il ne veut pas relever la nuque pour constater l'absence de clarté. Les secondes se décomptent dans le cliquetis entêtant du liquide incandescent qui abîme allégrement l'épiderme résolument givré du damné. Ezra démantèle son être en traçant entre lui et les ombres, une porte d'entrée mal vissée. L'organisme avale la douleur quand elle se suggère et sabote l'harmonie cardiaque. Elle ne viendra sans doute pas. Alors que pourtant, elle a toujours été là. Il ne lui faut qu'un pas pour abolir cette fatalité, un instant pour déguiser les corbeaux en hirondelles. Leur chant réinvente les saisons, il ne craint déjà plus l'hiver quand elle s'invite à ses côtés. Il n'y a même plus de crépuscule, plus d'aurore. Le jour chasse la nuit. Soleil consumant les ailes et la cire. Icare chute. Icare tombe. Ses lèvres le rattrapent, ses mains le bousculent, cherchent les plaies pour les gratter. Rien à cacher, rien à réprouver. Aucune honte pour talonner les vérités.

Ses paumes réapprennent les chemins qui mènent à ses soupires, dévorent chaque courbe qu'elle exhibe. Sa peau ondule sous ses doigts alors qu'ils se rapprochent jusqu'à se confondre. Deux corps pour une multitude d'identité mais un seul être pour courser l'infini. Il suffoque contre sa bouche, maintient une prise ferme sur ses reins mais ça ne semble jamais être suffisant pour dissiper l'impertinente impatience et ferveur qui lui tenaille le ventre. Il la serre plus fort encore jusqu'à incendier l'épiderme, jusqu'à souffrir de ce désir désespérément viscéral. Jusqu'à se perdre dans un trouble qui n'a de limite que leur souffle éparse. Cette belle incohérence étreint ses sens, anesthésie ses songes. L'éclipse est totale. Il en oublie ce qu'il est, ce qu'il a été et ne peut déjà plus concevoir ce qu'il sera. Dans ce chaos sensoriel, il a même réussi à écarter le moindre écho lui rappelant leur individualité. Exister en dehors de cette étreinte farouche, pratiquement interdite, lui est inconcevable. Le norvégien agrippe d'une main, la crinière embrouillée de son amante, fait basculer son visage pour torturer sa gorge de baisers. Il répète son prénom, le décompose jusqu'à ce qu'il perde lui aussi de son sens. Il l'invite à l'ivresse en la pressant davantage contre la paroi qui la soutient péniblement, de ses mouvements de plus en plus exigeants. Il interpelle sa frénésie, l'incite à l'abandon, dispersant ses caresses sur la chair que ses lèvres ne peuvent atteindre. Il n'a déjà plus que le goût de sa peau sur la langue, que son arôme stimulée par l'ondée artificielle pour seule fragrance. Il suffit dès lors qu'elle succombe pour qu'il l'imite. Il y laisse son souffle, sa lucidité et ses angoisses, s'effondre dans un plaisir entier, vorace et cruellement éprouvant.

Haletant, il l’entraîne sans réellement la relâcher au fond de la cabine. Ses mains désertent ses hanches, grimpent jusqu'à sa taille, coulissent dans son dos et gagnent bien vite ses joues qu'il capture. Son regard accroche le sien, érafle son thorax malgré l'esprit encore embrumé. Les paroles se désagrègent quand l'émotion comprime le larynx. Ses pouces soulignent les pommettes empourprées de sa complice, par l'effort et par l'ardeur démontrée. Les douleurs se mêlent à l'insolite euphorie. C'est la dernière fois. La dernière fois qu'il pourra rejoindre un continent égaré en terrain inconnu par les caprices de l'océan. La dernière fois qu'il aimera l'humanité pour ce qu'elle est, un affreux gâchis doté d'une beauté passionnelle, un accidentel enchevêtrement d'émois et de folie. Le silence n'est froissé que par sa respiration pesante, encore bouleversée par le désordre aortique.

Ses craintes le désertent alors qu'il réalise ce que cet instant signifie. Le chagrin propulse une urgence dans ses veines, elle scinde ses réalités. Sven prend possession de son regard alors qu'il adoucit ses traits pour la détailler longuement avec un triste émerveillement. Il s'attribue le contrôle de sa voix ensuite. Il aimerait qu'elle saisisse l'ampleur de ce qu'il accepte de s'avouer aujourd'hui mais il n'a jamais eu en sa possession les mots corrects. Il les emprunte alors au passage d'un de ces auteurs célèbres qu'il a voulu apprécier après sa résurrection. Extrait qui s'impose sans mal dans son crâne. « Si les étoiles se substituaient à ses yeux, en même temps que ses yeux aux étoiles, le seul éclat de ses joues ferait pâlir la clarté des astres, comme le grand jour, une lampe; et ses yeux, du haut du ciel, darderaient une telle lumière à travers les régions aériennes, que les oiseaux chanteraient, croyant que la nuit n'est plus. » Dérobant à Roméo son phrasé et sa tragédie.

Aucun cercueil pour amener la finalité de cette légende mais assurément un décès pourtant. Il ne peut qu'en mourir. Quand la gravité se sera inversée, il s'écrasera contre le ciel déserté. Il sera broyé. Ne l'est-il pas déjà ? Dans un spasme, il l'attire contre lui, glisse sa tête dans son cou. Ses gémissements sont étouffés par la bouche qu'il presse contre la gorge de l'implorée. Pourquoi faut-il qu'ils l'abandonnent toujours ? Il n'a plus envie de s'y habituer, de s'y résoudre ou de s'en protéger. Il veut qu'elle reste. Qu'elle continue de refermer les brèches. Ou de les rouvrir. Peu importe. Tant qu'elle reste. Son ténor s'échappe avec instabilité et se brise contre le point. « Ne me laisse pas toi aussi. » Il peut la rattraper en étant Sven. Il ne peut pas l'arrêter en étant Ezra. Ces mots, elle ne les comprendra pas. Et c'est normal. Il n'est plus celui qui aurait pu la mériter et qui pourrait désormais la combler. Il sait que dans ce conte-là, la Belle ne pourra jamais aimer la Bête.

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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Lun 9 Nov - 23:30



« Elle sait qu’elle n’oubliera jamais rien de lui, ni la forme de ses mains, ni le goût de sa peau, ni l’intensité de son regard. »


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La nuit fracture le jour, disperse l'assemblée réunie, abolit les lois établies. Son voile désamorce les interdits pour les éparpiller sur la trajectoire des étoiles scintillantes qui disparaissent à l'horizon. L'infini semble prendre tout son sens, quand ils ne forment qu'un seul être, un seul corps, un seul battement de coeur. Quand ils se confondent d'un regard, s'épuisent d'un souffle, se condamnent d'une caresse. Quand ils s'abandonnent à l'autre, sans restriction. C'est de ça dont il s'agit. C'est de ça dont ils ont besoin. Partager leur fardeau, juste un temps. Juste une seconde, une minute, une heure. Juste pour sentir qu'ils existent. Ils ne cherchent même plus à déjouer les plans du destin. Ils se contentent d'une dernière chance pour ne rien regretter.

C'est une impression à la fois étrange et déconcertante. Comme un parfum singulier qu'on pensait ne plus retrouver. Un parfum qui enivre l'air d'une caresse aussi délicate que la pétale d'une rose, l'aile d'un papillon, la porcelaine d'un vase. A cet instant précis, Ellie se souvient de ce qu'on ressent. Lorsque le monde n'est plus un mystère absolu. Lorsque la peur n'est plus une habitude familière. Lorsque le bonheur n'est plus une idée barbare. A cet instant précis, elle est heureuse. Sans le moindre artifice. Sans la moindre extension. Et si son coeur déborde de chagrin, c'est seulement parce qu'elle sait. Elle sait, ce que réserve demain. Le futur rôde comme une ombre le long des murs qui tombe en ruines.

Il s'effondre, pierre par pierre, morceau par morceau, bout par bout. Il s'estompe à chaque erreur qu'elle commet. Pourtant, il semble se maintenir lorsqu'elle en renouvelle une. Une en particulier. Probablement une faute écrite à l'avance qu'elle ne peut s'empêcher de réaliser de toutes ses forces. Ezra est l'éventualité qui fait chavirer son coeur. Celle qui hante ses rêves et alimente ses pires cauchemars. Le perdre aujourd'hui, demain, dans une semaine, un mois, peu importe quand. Le perdre comme on égare une pensée, la glace d'effroi. Parce que la destination qui l'attend, ne comprend pas le sacrifie d'une âme, autre que la sienne. C'est à ce point qu'elle l'aime. Au point d'être prête à le perdre. Pour un toujours qui l'achève littéralement.

De ses paroles qu'il lui offre, elle en mémorise les syllabes qui se perdent au coin de ses lèvres. Et la douceur qui accompagne le timbre de sa voix ... sentimentale. Un trop plein d'émotion la percute. Un trop qu'elle dissimule à peine, bousculée par les mots qui courent sur sa peau comme les frissons parcourent son échine. Ses yeux s'émerveillent sans avoir conscience de la lueur qui s'éveille au creux de leur regard. Ils ne parviennent à se détourner de son visage de la même façon qu'Ellie ne parvient à se détourner de lui. Les sentiments qu'elle ressent à son égard la submergent avec une telle violence que son corps manque de faillir. Contre son torse, elle suffoque presque.

Les plaies se ferment et les cicatrices se forment. Les secrets sommeillent et les vérités se révèlent. Le temps n'est plus qu'un concept incertain. Une seconde devient une éternité quand le silence succombe à son murmure. « Je t'aime ... » Elle se souviendra qu'il n'y avait que lui pour la rendre heureuse. Pour lui arracher un sourire sincère. Pour la faire douter de la moindre certitude. Pour l'obséder jusqu'à en perdre la raison. Mais que le bonheur n'était pas suffisant pour les sauver tous les deux. Et qu'il devait en rester un. Au moins un, pour prouver que leur histoire n'avait pas été qu'un rêve. 


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MessageSujet: Re: /!\ I was hiding and you let the light in (ft Ezra)   Sam 21 Nov - 1:57

Perdre, égarer, manquer. Abandonner. Des verbes aux conjugaisons passées, aux consonances présentes. Contre l’épiderme qui se détourne, contre la peau qui s’accroche, il ne reste qu’une traînée de cendres. L’incendie, au petit matin, porte la braise encore tiède au lit de la rivière. Repoussée par les flots, altérée par ce règne glacé, elle expire. L’incandescence s’abime dans les torrents et ne survit que trop rarement. De la flamme, il ne reste déjà qu’un soupir flétri, qu’un sanglot à écraser contre la surface froide et impersonnelle d’un nouveau tombeau. Des fleurs piétinées devant l’autel, du sel pour les lèvres closes et de la cire pour les semelles élimées. Il faut souffrir de chaque étape, il faut accepter la douleur, l’aimer dans chacune de ses nuances. Du premier regard au dernier frôlement, il faut se dédier à ces doigts qui arrachent l’organe du thorax. Ceux-là même qui effleuraient la chair pour la conquérir. Vénérer l’ardeur pour ne pas se substituer à la torpeur. Il ne faut jamais oublier. Jamais. Il faut se rappeler de cette main qui caresse le flanc, de cette beauté tordue à cet instant prophétique. Un solstice pour une saison incomplète. Des promesses au départ mais aucune arrivée. Un couloir sans porte, sans fenêtre pour une seule destination. Détenu du silence, captif de l’absence, il abjure le dédain et pactise avec l’adversaire. Le sang s’épaissit, ses veines l’étranglent. La vie impose ses règles et il ne déjoue aucun code. Le trouble admet la panique, il permet à l’accablement de fendre chaque os. Le squelette se démantèle contre cette idylle qu’il faudra ruiner, contre ces chances à gaspiller. Il se craquelle entre ses bras. Des pièces à peine soutenues par l’étreinte à laquelle il faudra bientôt se refuser. Il voulait semer l’adieu. Il ne lui a permis qu'une plus longue cérémonie. Abdication de toute possession et couronnement du sacrifice.

Les mots sont des étrangers qui improvisent leurs entrées. Exigeants, ils lui retirent toute pudeur pour amorcer la prochaine avalanche. Il creuse la neige de ses paumes engourdies pour s’y enfouir. Sa lâcheté débute dès que le courage s’élance. Les paroles qu’il ne peut pas retirer et toutes celles qu’il ne peut ajouter. Il y a trop d’espace entre leurs gorges pour qu’elles soient entendues et respectées pour ce qu’elles sont. De violents bouleversements, des pensées rebelles, des sentiments revêches rôdant dans son cœur depuis bien trop de mois, de jours, d’heures. En une minute, elles sont apprivoisées. En moins d’une seconde, elles sont absolues. Et bientôt, elles seront futiles, encombrantes et plus blessantes que jamais. Il croit avoir déjà atteint la cime, il croit pouvoir brûler, soumis au jugement implacable de l’astre solaire. Il sait que son organisme servira d’offrande aux branchages acérés quand il basculera. Quand plus rien n’aura d’importance. Alors il se souviendra d’une collection de déceptions, de son Empire de misère et de solitude. Isolé. Détesté. Délaissé. Depuis le début et jusqu’à la fin. C’est plus qu’un constat. C’est déjà sa vérité. Sa fatalité. Des convictions, il en possède si peu. Et elle, elle s’obstine à les fracturer les unes après les autres. Désorienté, il aurait préféré ne pas avoir à l’écouter.

Une ligne pour un aveu. Une seule droite pour une multitude d’arabesques. Les bras tremblent, la carrure trébuche contre les épaules voisines. Ezra se réfugie dans la nuque de sa tortionnaire, il en fait son repère pour les prochaines inspirations. L’aorte célèbre l’aube. Trois sonorités pour trois cent ans d’errance et d’incohérence. Une destinée obscure pour se tenir là, à ce point de jonction entre tragédie et espoir. Au carrefour des sens, il se replie. De cette voix qui lui tranche les artères et coagule l’hémoglobine au seuil des plaies, de cette bouche qu’il a revendiquée, elle tatoue sur sa poitrine l’infini, des constellations en expansion, assez de dorures pour qu’il puisse s’inventer prince d’un royaume où tout est à construire. Hope, pionnière des déroutes. La première à marcher sur ces allées effacées, la première à lui faire penser qu’il peut peut-être être sauvé. La seule qui lui donne envie de reprendre un nom pour le glorifier. Il aimerait appartenir à ces mots, il aimerait s’y dévouer, leur donner plus de sens encore chaque jour durant afin de les mériter. Il aimerait accepter la voracité de ses propres émotions, il souhaiterait conserver ces impressions insolubles. Embrasser la certitude d’exister pour une raison. Pour quelqu’un. Pour elle, seulement pour elle. Il se surprend à vouloir la croire. Il s’entend pourtant accentuer les désordres de ses pulsations en émettant ses premiers doutes. Combien de mensonges pour pouvoir le tenir proche ? Combien de vérités pour l’éloigner ? Du papier du verre pour les poumons. Il peut presque en recracher du sang. L’orphelin craint la lumière et se drape d’obscurité. Au creux des ombres, il se connait. Là-bas, il se désapprend. Vulnérable, il s’écarte d’Ellie.

Les muscles frémissent perpétuellement sous les assauts destructeurs du palpitant. La peine déchire ses traits, les contracte pour former ces cris de détresse qu’il ne peut exprimer. Il a mal quand ses yeux tombent sur elle, il souffre plus encore quand il la touche. Pourtant, ses paumes remontent ses bras, atteignent sa mâchoire. « Je ne peux pas, je ne peux plus. Je ne peux pas prétendre que tout ça n’aura pas de fin et que ça me convient alors que demain, tu me traiteras comme un étranger et que je ne pourrai pas le supporter. » L’intonation se brise avant d’atteindre le point. Sven pose ses lèvres contre celles de son amante avec urgence avant de délier l’évidence. « Si on doit en finir…»  Mais la force lui manque. Ses doigts s’emmêlent dans les boucles de la jeune femme. Le chagrin comprimé par la supplique qu’il concède sans la moindre animosité. « S’il te plait, arrête ça. Je m’en sortais mieux avant… Avant que tu ne débarques et que tu me mettes en pièces. Tu es apparue pour mieux disparaître. Quel sens est-ce que ça a ? Vous finissez tous par partir de toute manière. Et tu ne t’en es même pas cachée. »  Hypocrite qui l’a incité à l’exil par la parole et a voulu la conserver par les gestes. L’échine se courbe, les mains abandonnent la cause de ce périple passionnel qui a ébranlé l’insensibilité d’un être damné. Il ne comprend plus rien. Pourquoi elle a voulu rester. Pourquoi elle l'a approché en premier lieu. Pourquoi elle ment. Pourquoi elle joue avec lui. « Je ne peux plus supporter ça. C’est trop dur de te perdre, Ellie et de ne rien pouvoir faire pour changer ça. »  Il s’échappe de la cabine, s’effondre pratiquement sur le carrelage de la salle de bain en ramassant ses vêtements froissés par l’humidité. Il les enfile maladroitement après avoir sommairement effacé les traces d'eau sur la peau, sujet à des grelottements incessants, traqué par la douleur, offert en pâture à l’authenticité. Il aurait tout parié, tout donné pour pouvoir être l’homme qui aurait une chance de la retenir. Pour être celui à qui ces mots étaient destinés. Mais il n’était qu’un monstre déguisé. Elle, une belle aurore pour tromper le crépuscule. Eux, un beau désastre qui ne se solde que sur la note la plus éplorée. Celle qui résonne pour abattre.

Il ne l'attend pas, il se refuse le dernier regard. Celui qui lui donnerait envie de s'accrocher jusqu'à la prochaine brûlure, le prochain regret, l'abandon suivant. Le sol se dilue sous les pas à mener pour s'éloigner. Le désespoir lui fait cueillir une des étoffes qui ne lui appartient pas sur le lit. Il disparait en emportant un peu de son odeur. Tout ce qu'il restera des éclats, le peu d'étincelles qu'il a pu dénicher à son contact. Le voleur s'efface dans l'embrasure de la porte. Il s'égare dans le couloir, succombe à l'inconstance de sa rythmique cardiaque une fois la rue atteinte. Tout est donc terminé ?

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    Here I stand, helpless and left for dead
    Close your eyes, so many days go by. Easy to find what's wrong, harder to find what's right. I believe in you, I can show you that I can see right through all your empty lies. I won't stay long, in this world so wrong. Say goodbye, as we dance with the devil tonight. Don't you dare look at him in the eye, as we dance with the devil tonight. Trembling, crawling across my skin. Feeling your cold dead eyes, stealing the life of mine. ©endlesslove
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