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 Root of all evil.

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MessageSujet: Root of all evil.   Sam 15 Aoû - 2:49




À la surface, au grand jour, l'opulence raffinée des lieux est souveraine, s'étale avec langueur, temple somptueux, emblème de la vanité des hommes et injure à l'indigent. Les individus qui y grouillent usent et abusent d'obséquiosités, dissimulent leurs intentions perfides derrière des sourires coquets et factices et derrière la bonhomie feinte se terre une répugnante matoiserie qui n'a rien à envier à celle du soudard. Au cœur du vaste hall, au carrelage lustré, il louvoie entre ces gens policés et cossus. De prime abord, il est leur semblable ; un nanti, engoncé dans ses riches étoffes anthracites, l'encolure ceinte par une cravate céruléenne, auréolé d'une certaine prestance. Il n'est pourtant qu'une fraude. Un étranger. Chaque œillade jetée en sa direction éventre son secret, il en est persuadé. Wesley a beau se grimer, se draper de nippes royales, il ne demeure qu'un animal, une bête brutale et belliqueuse, ayant humé le fumet singulier de la turpitude. Il presse le pas, flanqué de sa délégation, coule de raides foulées en direction de l'ascenseur et fuit avec empressement ces flagorneurs et leurs simagrées.

La mécanique gémit de pitoyables lamentations et le rideau d'acier s'ouvre. Le faste du vénérable établissement ne suinte vraisemblablement pas jusqu'au sous-sol. Le contraste est saisissant. Plus un zeste de luxe, plus l'ombre d'une soierie. Les murs sont nus, les remugles rances et la tuyauterie pleure. C'est un royaume sinistre qui s'ouvre à eux, où la bienséance s'évanouit autant que les affabilités. Ici, c'est bien plus que sa réputation que l'on met en péril. Les sicaires frayent avec les gens de pouvoirs, les catins avec les grandes dames. Des âmes peccamineuses unies par les mêmes noirs désirs. Il s'avance et sa paume embrasse la poignée de la porte. Depuis l'autre côté sont susurrées mille et unes promesses grandioses. Ceci n'est pas un simple claque. Ceci est l'opportunité d'asseoir son règne fantoche, de fortifier l'hégémonie du groupuscule sur les usurpateurs. Et par la même risque-t-il de porter l'estocade à son couple valétudinaire. Le truand exhale un soupir désabusé, raidit l'échine et fait grincer les gonds.

L’atmosphère se gave d'électricité, l'orage se pressent. Juché sur son trône, accompagné de deux acolytes, Kyran. Redoutable rival, son organisation et la Bratva se livraient depuis peu à un féroce bras de fer, les échauffourées jaspaient d'écarlate les venelles de la Nouvelle-Orléans. Le regard malévole du pantin couronné fulgure mais il ne brise pas son mutisme. Il s'avance vers l'arène, plante au détour sur la tempe d'une Svenja toujours abasourdie un rapide baiser et prend place, Andreï à sa droite. L'une des vénustés slave que les russes ont généreusement amené se laisse choir sur les genoux de l'ancien agent du KGB et lui verse des inepties à l'oreille. La deuxième sylphide jette son dévolu sur un politicien chenu et ventripotent, tétant sur son cigare comme un infant sur le sein maternel, qui s'ébaudit suite à cette bénédiction. Le museau de Wesley se gondole en un rictus goguenard et il coince entre ses lèvres une cibiche, dont les volutes de fumée entament dès bientôt leur ascension, allant épaissir les fumerolles qui lévitent paresseusement dans l'air. Sous le cuir de l'outrecuidance dont il s'est affublé, grondent l'appréhension et les tourments ; la présence de Kyran est fâcheuse, les secrets qu'il est susceptible de divulguer encore plus. Les yeux de Viktor lui brûlent la nuque.


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MessageSujet: Re: Root of all evil.   Sam 15 Aoû - 10:19


Pour sûr, l’austère nudité des lieux jurait avec l’insolente opulence régnant à l’étage supérieur. La première fois que Svenja avait désigné cette pièce comme le centre de leur nouvelle activité, l’homme présentement à ses côtés avait suggéré de le redécorer avec un faste égal si ce n’est supérieur aux autres pièces de la bâtisse. Mais son employeur avait objecté que c’était justement cette apparente absence de raffinement que recherchaient leurs futurs clients, l’illusion de tremper dans un monde souterrain où une certaine élite pouvait côtoyer le frisson de l’imprévisible, tout en conservant un certain nombre de privilèges comme en témoignait la panoplie de liqueurs précieuses, cigares rarissimes et autres poisons sophistiqués étalés sur un buffet au fond de la pièce.

Pour l’inauguration de cette nouvelle facette de sa carrière, l’allemande avait choisi des invités de marque. Le premier arrivée se présentait ni plus ni moins comme le premier conseiller d’un illustre ministre tandis que le second exerçait son influence sur un tout autre domaine… Comme toujours lorsqu’ils se rencontraient, Svenja réprima cette impression tiraillant ses entrailles à la vue de Kyran. Sa main resta ferme lorsqu’elle se glissa dans la sienne pour une poignée de main d’une froide cordialité. « Toujours un plaisir de traiter ensemble » glissa t’elle avant de le laisser prendre place accompagné de son homme de main. Il ne manquait plus que deux personnes pour compléter le cercle.

Le rideau de fer s’ouvrit avec fracas sur une cour de sosie, à l’intérieur de laquelle blondeur et mine patibulaire semblait de rigueur. Traits anguleux, mâchoire carrée, prunelles d’acier ; la parfaite panoplie du mafieux russe arborée avec une ostentation à en faire grincer des dents l’hôte de ces lieux. Captives de sa propre stupeur les protestations ne trouvèrent pas le chemin de ses lèvres entrouvertes lorsque Wesley s’avança d’un pas martial pour planter au vol ce qui se présentait au choix comme une marque d’affection ou un acte de propriété. Passée la surprise un sourire goguenard vint accueillir les nouveaux arrivant tandis que ses prunelles de glace détaillaient un à un les visages des acolytes de son amant. « Mr Andronikov, je suppose ? » Son sourire s’effaça cependant lorsque des gloussements percèrent l’atmosphère poisseuse de tension du sous-sol. Un fin arc blond vint couronner son œil droit tandis qu’elle toisait la source du chahut. « Je crois que nous nous sommes mal compris sur les modalités de cette partie, ces messieurs sont ici pour le jeu. Pas pour ce genre de… courtoisie. » Ses yeux croisèrent les iris impassible de Kyran, déjà assis à la table puis du politicien sur les genoux duquel une poule blonde avait déjà pris place, non sans marquer au passage sa connivence avec l’instigateur de cette scène d’une œillade lasse. Loin de se départir de son calme olympien elle se rapprocha de la table ronde, toisant de toute sa hauteur son auditoire assis. « Si vous voulez passer aux choses sérieuses, il va falloir vous débarrassez de vos… » un nouveau rire vint couvrir sa voix « hum, amies. » conclut-elle en russe sur une mimique hautaine, désignant au passage le jeu de carte soigneusement étalé au centre de la table.

Toujours armée de son affabilité de façade, le regard de la blonde sorcière rencontra celui de l’homme plus âgé que la moyenne slave du groupe rassemblé autour de son ancien garde du corps. Bien que la tension régnant autour de sa personne semblait indiquer Wesley comme le meneur de la bande. C’était pourtant bien à l'inconnu que s’adressait cette dernière invitation. Elle comptait sur le goût de l’esclandre propre à Windsor pour provoquer l’occasion de le forcer à suivre ses créatures blondes sur le chemin de la sortie. Si par la même occasion, elle pouvait froisser l’égo de son supposé supérieur et le pousser à la faute avant le début de la partie, sa soirée ne serait pas complètement gâtée.
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MessageSujet: Re: Root of all evil.   Dim 16 Aoû - 5:29


ROOT OF ALL EVIL
Wesley, Svenja, Viktor & Andreï

***

Dans le giron de notre Mère la nuit j’abandonne qui je suis pour me draper d’un déguisement répondant aux desseins du groupe. Je quitte ma toge afin d'étrenner publiquement l’apparat du criminel, substitue le métal froid de ma fatale amante aux breloques liturgiques et déloge ma carcasse de mon breuil lithique pour plonger dans l’ombre de mon féal neveu. J’occis Viktor prêtre et Viktor chef pour adopter Pyotr et embrasser entièrement un passé patenté par les doigts de l’hypocrisie, de sorte que je puisse inhaler pleinement le musc de la liberté derrière l’égide de mon anonymat. N’ayant point l’habitude de m’exposer au danger d’une récognition qui mettrait en péril tout ce à quoi je me suis dévoué à construire, je brave tout de même les écueils cette nuit pour une seule raison, laquelle me taraude depuis que nous avons mis pied dans le fameux hôtel. Les clabaudages veulent que Kyran, fieffé faucheur de mes précieux amis, se terre sous l’opulence de cet imposant édifice. Et quand bien même je sais à la fois que la raison de notre présence à cette soirée est tout autre et que mon costume endigue la moindre intervention de ma part, je n’ai pu et ne peux empêcher mes guiboles de se planter dans les traces de Wesley, fièrement couronné roi de ma cour.

Nous parcourons un dédale de grandes salles, écrasés par les fastes qu’arborent autant une généreuse décoration qu’une clientèle de squales, pour nous retrouver en de longues foulées dans les entrailles modestes de l’hôtel, à l’antichambre d’un moment fort attendu. Wesley pousse la porte. Andreï passe. Et moi, j’hésite une seconde à traverser dans le ring, à la fois retenu par ma raison et poussé par ma colère. Puis succombe. Dérape un peu sur la déclivité de mon laxisme avant de retrouver un équilibre précaire sur les frangibles étais de ma contenance, évitant tout fâcheux incident dès les introductions. Mes billes se jettent comme des dogues enragés sur les participants et s'ancrent sans discrétion sur ce visage, terreau de mon fiel et de ma peine. Kyran se tient là ; souverain des abimes urbains dans lesquelles nous grignotons notre place. Aucun mot ne se risque à la lisière de mes lippes, du moins jusqu’à ce que l’hôtesse m’adresse quelque palabre qui m’empale une oreille pour s’échapper de l’autre. Un silence. Une faille dans mon costume. Mais je rapièce rapidement en fixant mon interlocutrice, répondant laconiquement : « Ce sera Pyotr. » avant de rejoindre le neveu et son acolyte à la table, me gardant de chiper une place. « Ja ne znaju, mogu li ja deržat’ spokojnym.1 » Que je murmure à l’intention du boss fantoche, avant de tourner la tête à son amante qui ne me lâche pas d’une semelle. Je guigne de biais pour m'assurer de l'oisiveté de mon supposé supérieur et consens à obtempérer à la demande formulée : « C’est vous le patron, krasota2. » Un sourire s’ébauche sur mon visage marmoréen, et j’indique aux catins, d’un bref signe de tête, de quitter l’endroit. Elles soupirent ; pire encore, la grosse baleine en rut, soudainement abandonnée, s’étend en promesses auprès de sa belle fugitive : « Prépare ton petit cul, je viendrai te rejoindre après avoir lavé ces messieurs. » Je hausse un sourcil ; si non de vomir, passe outre l'irrespect. Je dépose sur la table la valise conglomérée à ma pogne depuis mon arrivée et l’ouvre. Les billets corroborent le sérieux de notre participation.
Ceci fait, je demeure debout derrière les frères quand se joue sous ma chair un duel entre vengeance et bienséance, gueulant à qui mieux mieux pour prendre les brides de mon être.

1 Je ne sais pas si je pourrai garder mon calme. | 2 Beauté.


Dernière édition par Viktor Zakharov le Lun 31 Aoû - 5:56, édité 2 fois
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rirat bien qui rirat le dernier

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MessageSujet: Re: Root of all evil.   Lun 17 Aoû - 0:53

Root of all evil

Wesley & Svenja & Viktor & Andreï

(italique: allemand)
Ca pue le fric à plein nez. C’est la première remarque que je me fais lorsque nous arrivons enfin aux abords de la bâtisse. Ca, un hôtel ? Je ne sais pas pourquoi, j’ai l’impression que je vais dégobiller des lingots d’or rien qu’en respirant l’atmosphère guindée de la place. Ce qui serait sympathique pour mon compte en banque mais bien moins apprécié par le costume que Wesley m’a forcé à passer, rejetant mon jean et mes tee-shirts plus ou moins déchirés, hérités de mon petit fils, au fin fond d’un placard estampillé vide-ordure. Je me sens mal, avec cette cravate qui m’enserre le coup comme une corde nouée pour mieux me faire taire. Je ne suis pas vraiment à mon aise, conscient d’être là en tant qu’ami, associé, bras droit, garde du corps, en tant qu’Andreï Ievseï. J’ai l’impression d’être un baudet conduit à l’abattoir et pourtant bien du mal auraient ceux qui ne me connaissent pas à discerner dans mon silence une marque de mon mal être. Je suis un assassin. De ceux qui agissent dans l’ombre ou qui couvrent leur trace et leur visage par des cadavres (ce qui revient, autant se le dire tout de suite, parfaitement au même). J’ai l’impression d’être un baudet, donc, ce qui convient bien à la description d’âne et de tête de mule que l’on fait habituellement de moi. Lorsque nous nous enfonçons dans ce qui pourrait être appelé arrière-boutique si les gens avaient un soupçon d’humour, je sens mes muscles se décrisper. Je n’ai rien à faire ici, le fantôme du rat me hurle d’aller me terrer sous un meuble pour grignoter un petit morceau de fromage et cesser de sentir dans ma nuque le regard brûlant de Viktor. J’étouffe sans trop d’effort un bâillement alors que ma main filant dans mes cheveux blonds remonte légèrement ma veste et dévoile le holster lourd de menaces que mon costume cache. C’est bien le seul avantage que je trouve à cet accoutrement ridicule.

Je fais craquer mes articulations, indifférent aux regards qu’on me jette, considère d’un œil vide ceux qui occupent déjà la pièce. Kyran. Aucun intérêt. Un gros lard de politicien. Aucun intérêt non plus. Une blonde assez charmante, mes yeux pétillent, mon sourire renaît et… Wesley me rappelle que c’est chasse gardée. Je retiens de justesse un soupir de lassitude. Je ne l’avais pas reconnue, la bougresse. Je me laisse tomber avec toute la grâce que l’on me connait (entendez par là que je trébuche et me rattrape adroitement pour cacher l’ensemble) sur une chaise à droite de Wesley et accueille avec joie le réconfort qui s’installe sans aucune gêne sur mes genoux. Je fais un clin d’œil à Wes dans un murmure, « Tu sais te faire pardonner, imbécile » destiné à lui seul avant de ricaner aux bêtises que la jeune femme qui s’accapare déjà mon oreille, ma joue, mes lèvres dans un mordillement que… Ah. Voilà pourquoi la blonde est chasse gardée : elle ne sait pas s’amuser. Se débarrasser de nos amies ? Non mais elle s’est vue la grognasse… Je chuchote à la jolie brune de rester dans le coin parce que j’aurai besoin d’être consolé de ma défaite ou fêter ma victoire, avant de la libérer de mes genoux et de reporter mon attention défaillante sur le jeu de cartes. Je grommelle dans un anglais volontairement teinté d’accent russe un vague « Si on n’a même plus le droit à quelques muses… » boudeur, avant de reprendre ce sérieux que j’ai du mal à maintenir. Wesley devait pourtant savoir à quoi il s’exposait en me conviant. Je suis un bon assassin. Un excellent menteur. Un parfait garde du corps (surtout celui des femmes). Et un invétéré bavard. Il faut que je me taise. Que je me reconcentre sur l’intérêt d’une telle rencontre. Que je sois pour une fois au fait de ce qu’il y a à négocier dans toute la splendeur de la diplomatie russe. Dans mon dos, je sens la présence oppressante de Viktor. Fantôme, pieuvre aux tentacules qui s’immiscent dans les moindres recoins des strates pourries de la société. Marionnettiste de toute cette mascarade qui pense encore tirer les ficelles de son cher neveu. Qui pense aussi tirer les miens, d’ailleurs. Son regard brûle ma nuque. Je déteste être manipulé mais toute ma vie n’a été que soumission. Et bien vieux chnock, ma loyauté va uniquement au blond assis à côté de moi. Je me passe une main nerveuse dans ma barbe claire mais non clairsemée pour autant. J’attrape sans la moindre discrétion une clope que je me colle aux lèvres, l’allumant d’un mouvement et soufflant quelques volutes de fumée en direction de Svenja. Je sais que Wesley l’aime bien. Chasse gardée, tout ça. Je me retiens de lui balancer un « Vas-y croupière, fais ton office, et penche-toi bien en distribuant les cartes. » que je transforme en allemand et en ricanement de justesse. J’aime bien jouer avec mon plurilinguisme. Surtout lorsque je suis persuadé d’être le seul à maîtriser la langue de mon paternel. Je rajoute en anglais un impatient et innocent : « On commence ? » destiné à l’ensemble de la tablée.

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MessageSujet: Re: Root of all evil.   Lun 17 Aoû - 23:22





Le masque lisse de la belle est inébranlable, ne trahit en rien l'irritation qui doit sans nul doute sourdre sous le voile flegmatique. Il croit néanmoins percevoir une bise d'hiver dans la voix de son amante – une promesse de blizzard lorsqu'ils seront joints dans l'intimité, sans l'ombre d'un pli. Outre cela, elle farde avec brio les apparences, garde sous sa semelle la frustration, demande avec aménité que l'on congédie ces créatures des bas-fonds. Wesley ne bronche pas, se contente de la mirer, longuement, de ses prunelles vierges d'émotions ; la requête n'est pas tournée vers lui, et c'est le marionnettiste lui-même qui accède à la demande. C'est un caprice, une exigence uniquement formulée afin qu'elle conserve un aplomb chimérique, l'illusion du contrôle. Les catins, obédientes, obtempèrent et s'éclipsent sans piper mot, un serment salace qui se glisse dans leur sillage. C'est un serment creux, décide le dogue, car jamais le faquin adipeux n'effleurera de ses pognes vulgaires les dispensatrices de volupté. À sa droite, son féal camarade maugrée et Windsor partage l'amertume. Il se rencogne dans son fauteuil, tire longtemps sur la clope pendue à sa gueule, les braises crépitent paisiblement et il dévisage ouvertement la triade antagoniste. Ses sourcils sont froncés, il affecte une mine songeuse, s'abîme dans son silence furieux. Les désirs de l'aîné sont versés à son oreille, font grelotter ses tympans et la bête tapie en lui. C'est une mélopée que Viktor a souvent susurré, à laquelle il a prêté plusieurs visages mais la quintessence demeure immuable : il est altéré de sang. « Krov’ vraga budet oplačivat’sja. » Les mots laissent un goût de cendres dans sa bouche car il est le véritable ennemi, il est celui qui a arraché un frère à son oncle et ce, uniquement pour lénifier son incoercible besoin de régir. Inéluctablement, ce seront ses chemins du sang qui seront tranchés par le courroux vengeur du moscovite. Toutefois, s'il joue le feu à sa faveur, peut-être pourra-t-il connaître encore l'un ou l'autre jour filé de soie. Il exhale un soupir résigné et affûte sa concentration.

Viktor, nimbé de sa prestance coutumière, dévoile au su et au vu de tous les billets neufs et craquants contenus dans la valise. Ça fleure l'hémoglobine et la poudreuse et la mouillure de femmes, ou tout du moins l'esprit névrosé de la bête leur insuffle-t-il ces fumets exquis. Sa langue darde au dehors, humecte ses lèvres craquelées et son pouce, d'une pichenette désinvolte, envoie valser son mégot. Puéril, il gratifie Svenja d'un sourire oblique alors que soudain, Kyran se dresse et s'esbigne en prétextant une urgence, abandonnant là ses deux sbires. Il arque un sourcil doré et demande à la maîtresse de céans : « Bon, sommes-nous au complet ? » Il pivote le buste vers les opposants, pose ses prunelles glacées sur eux : « À moins que ces messieurs ne désirent suivre leur patron ? » Il se chausse d'un sourire insolent et ses doigts tambourinent impatiemment le tapi velouté de la table.



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MessageSujet: Re: Root of all evil.   Dim 30 Aoû - 14:51


Une chape de glace s’était abattue sur les protagonistes de cette rencontre clandestine depuis l’arrivée de la compagnie slave. Bien que les faciès restent de marbre, des œillades peu amènes s’échangeaient entre les coins opposés de la table, confirmant l’hôte dans sa conviction que la confrontation n’aurait pas seulement lieu sur la table de jeu ce soir.
L’obtempération du sbire de Wesley fut accueillie avec hochement de tête entendu, mais le sobriquet choisi pour la toiser la laissa de glace. Son regard glissa sur l’homme avec indifférence avant de se poser de nouveau sur le reste de la bande, fouillant leurs expressions à la recherche du moindre signe d’agacement. Elle s’arrêta un instant sur l’homme à la droite de son amant, visiblement le plus jeune de la bande. Mais malgré ses grommellements teintés d’insolence, il laissa s’envoler ses muses sans broncher en bon toutou mafieux parfaitement dressé, comme ses compagnons d’ailleurs. En place et lieu de réponse, un rictus mesquin vint fendre le masque de neutralité arboré. Svenja ne doutait pas une seule seconde de « l’accueil » que ferait son personnel aux accompagnatrices de ces messieurs, quelques étages plus haut. S’ils devaient les retrouver à la fin de la partie, ce serait certainement à la place leur revenant de droit : juchées sur le trottoir opposé à l’hôtel. Cette dernière remarque, la sorcière se garda bien de l’énoncer se contentant d’une œillade entendue en direction de l’homme qui la suivait comme son ombre depuis le début de la soirée. Avec grandiloquence, ledit Piotr venait de faire preuve de sa capacité à entrer dans la danse. Un éclair de convoitise s’alluma quelques secondes dans le regard de la blonde sorcière avant de s’estomper sous les effets de la surprise.

Une nouvelle source d’agitation vint troubler la fête sous la forme d’un départ cette fois ci. Il suffit de quelques mots glissés à l’oreille de Kyran pour qu’il s’ébroue, sorte de son silence et s’esquive auprès de la compagnie avec pour tout prétexte une excuse sibylline murmurée à l’hôtesse avant de tourner les talons. Prise de court, Svenja ne prit même pas la peine de formuler les politesses d’usage afin de saluer cette rapide capitulation. Rappelée à l’ordre par l’exclamation pleine de morgue de Wesley, elle reprit cependant le masque impénétrable de la froide politesse de rigueur. Les accompagnateurs de Kyran ayant décliné l’offre de l’ancien garde du corps, elle reprit la situation en main.

« Passons aux choses sérieuses, en effet. Messieurs je vous présente Thomas, votre croupière. » Précisa t’elle en appuyant volontairement sur des sonorités germaniques, les pupilles vrillées dans celles du jeune slave s’étant démarqué par son insolence quelques minutes auparavant. « Il veillera au bon déroulement de cette partie, notamment en procédant à la distribution des cartes. » De nouveau son regard vint envelopper chacun des convives avec force d’exagération pour être certaine que le message contenu était bien réceptionné par leurs encéphales englués par le phallocentrisme: Leurs chances de parvenir à tricher ce soir seraient minces. A nouveau son regard rencontra celui du plus jeune des invités.« Comme Thomas n’a la chance de maîtriser ni l’allemand ni le russe, je me chargerai de lui traduire vos exigences. » Elle se tourna vers son subalterne qui quittait justement son giron pour prendre place au centre de la table. « Thomas, fais bien attention de te pencher en direction de ce monsieur là-bas à chaque fois que tu distribue tes cartes, veux-tu ? » L’homme lui décocha un regard surpris mais se garda de se départir de son mutisme tandis qu’il se saisissait d’un paquet de carte.

Prestement, sa silhouette se faufila jusqu’à la table s’attardant derrière la chaise quittée par Kyran quelques instants plus tôt. « Puisqu’il reste une place, je vais me joindre à vous. Si vous le permettez, bien entendu. » Une lueur de défi enflamma ses pupilles tandis que celles de Wesley se posaient sur elle. Avec une promptitude contrastante avec sa passivité dernière, le politicien accueillit cette nouvelle avec un gloussement ravi. «  Au contraire, ma beauté, vous êtes justement ce qui manquait à cette table. » Svenja ne releva pas la comparaison peu flatteuse aux déserteuses à l’origine du soit disant manque à combler. Toute son attention était concentrée vers la partie opposée de la table dont elle attendait impatiemment la levée de boucliers.
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MessageSujet: Re: Root of all evil.   Lun 31 Aoû - 5:50

Une excuse balancée là, dans le tas. Et la chaise grince, et l’homme me fait dos. Quitte le conciliabule par la porte en laissant ses dogues au poste, emportant nonobstant mes derniers espoirs de vindicte avec lui. Je ne sais comment mes glaces ont réussi à perdurer durant ces quelques secondes, quand bien même que sous mon pardessus, ma belle métallique me hurlait de la dégainer pour marquer la fin de cette mascarade de bangs et de sang. J’aurais volontiers fait cadeau d’un plomb en l’encéphale de mon rival comme ça, alors qu’il avait le dos tourné, balayant tous ces principes d’honneur et de respect que se vouent mutuellement et tacitement les patrons de gangs ennemis, si seulement ma raison n’était pas restée au garde-à-vous tout ce temps. Une fusillade dans cette pièce exigüe relevait d’un suicide collectif. Si ma survie ne vaut rien comparée à ma soif de justice, je crains néanmoins pour les vies à l’entour, a fortiori celles de ma famille. C’est ce pourquoi je n’ai pas bougé d’un iota lorsque le personnage a quitté la pièce sans un regard pour nous. C'est aussi ce pourquoi je ne ferai probablement aucun mouvement pouvant mettre en péril ma précieuse comédie. Je laisse à Wesley le soin de glaner un zeste d’équité dans cette situation indue, quitte à devoir glavioter sur les deux larbins plutôt que sur l’assassin lui-même, pour autant, je l’espère, qu’ils aient quelque réponse aux moult interrogations nimbant les tristes événements.

Le jeu se met lentement en place suivant les indications de l’hôtesse, laquelle décide elle-même de combler le vide laissé par Kyran en se greffant aux joueurs. Je m’échine à sortir des liasses que je distribue à Wesley et Andreï avant de sceller le pactole au creux de sa valise, le déposant fissa à mes pieds une fois fait. J’observe croupier et concurrents d’un œil inquisiteur, tel un aigle juché au-dessus de la table, lequel attend impatiemment de happer des aveux ci et là. Et comme les cartes sont enfin distribuées, l’un des deux féaux délie enfin sa langue, espérant sûrement alléger cette atmosphère que l’on sent horriblement lestée par une flopée de non-dits. « On sait pourquoi vous êtes là. On n’est pas cons. » Le quadragénaire mâchouille son cure-dent, prend son temps en organisant sa main, puis poursuit, calme malgré une pointe d’irritation ponctuant sa glose. « Ce doit être par rapport à Yuri. Putain d’enfoiré de Yuri. » L’irrespect joignant le nom du défunt me fait grigner autant que les gloussements du compère. Je pense à me changer les esprits en allant cueillir un de ces délicieux cigares à la table du fond ; le coupe, l’allume. Inspire et expire, ma colère gisant non loin des poumons salopés. « Il l’aura bien cherché, ce con. » Il termine sur cette dernière allégation. Vague. J’ai l’impression qu’un mystère est semé et un autre va poindre d’une minute à l’autre. Et Sergeï, lui ?, veux-je me permettre. Mais mon silence perdure comme la discussion est plutôt hachée par la voix grasse du politicien, lequel jubile dans son coin en beurrant le premier sa mise. « Héhéhé. Si les demoiselles préfèrent pépier, moi je me gênerai pas. » Pour ma part, je m’efface dans les brumes de ma réflexion, derrière un nuage de fumée que viennent tout juste de recracher mes noires entrailles.

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MessageSujet: Re: Root of all evil.   Jeu 17 Sep - 11:34

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Wesley & Svenja & Viktor & Andreï

(italique: allemand)
Je ne sais vraiment pas ce que je fous là. Soutien ? Garde du corps ? Membre à part entière de la Bratva qui s’est vu confier la lourde responsabilité d’être un pote du parrain ? Je ne sais pas ce que je fous là, ça se sent dans mon attitude et mon incapacité à me taire. Je ne peux pas m’empêcher d’articuler, de ricaner, je ne peux pas m’empêcher de fanfaronner, aussi. Mes doigts piétinent d’impatience sur les courbes de la femme qu’on m’enlève aussi rapidement qu’on me l’a offerte, je boude et attrape une clope avant de l’allumer dans une nonchalance non feinte mais belle et bien exagérée. Le russe chantonne à mes oreilles, mes lèvres se tirent et dévoilent un petit sourire mesquin. L’allemand, lui, jaillit de ma bouche, certain que je suis d’être le seul dans cette pièce à parler autre chose que l’anglais et le russe. En même temps, un assassin est quelqu’un qui voyage, un petit globe-trotter, qui aime se promener, se faire de nouveaux amis avant de les buter d’un couteau dans le dos. Bon, bon, commençons. « Bon, sommes-nous au complet ? À moins que ces messieurs ne désirent suivre leur patron ? » Comme un gamin au courage stimulé par la verve de son pote, je ricane ; ton en décalage avec les sarcasmes de Wesley. Je suis le bouffon de la soirée. Voilà pourquoi je suis ici, j’imagine. Je suis le bouffon de la soirée, qui peut éventuellement faire le clown ou mieux encore le Joker si le besoin s’en fait sentir. Je m’avachis un peu plus sur ma chaise en soufflant de la nicotine face à moi. Et je manque de m’étouffer aux mots de la blonde. Hein ? Thomas ? Croupière ? J’éclate de rire, ma susceptibilité tout autant que ma crédibilité étant restée dans un coffre fort, fermé, jeté dans l’Atlantique. Le charmant Thomas commence à mélanger les cartes, je secoue la tête, un sourire au bord des lèvres, en suivant du regard l’Allemande surprise. « Une autre germanophone, comme c’est inattendu. C’est très aimable à toi de vouloir faire la traduction… » Ca m’apprendra à trop parler. Un soupir. Je réceptionne la liasse donnée par mon boss, fait rouler les billets dans le creux de mes doigts comme de vieux amis que je n’aurais pas vu depuis longtemps. Je les délaisse cependant pour les cartes que l’on fait glisser vers moi pour n’y jeter qu’un rapide coup d’œil désintéressé. La partie vient de changer de plan. L’un des hommes de main de l’autre couille molle qui a quitté la table tente maladroitement de défendre les intérêts de son patron, sans succès j’imagine. « On sait pourquoi vous êtes là. On n’est pas cons. » Ah ? J’arque un sourcil, moqueur, avant de lancer un regard éloquent à Wesley. « J’adore sa subtilité. Il faudra qu’il me donne des cours. » Ma langue se délie, mon cerveau carbure. Ils ne sont pas cons, ils sont juste inopportuns. Parce que sous mes airs désinvoltes, je me doute bien que tout ne risque pas de bien se passer pour Wesley si on s’engage sur une voie de règlements de comptes. « Ce doit être par rapport à Yuri. Putain d’enfoiré de Yuri. » Tu t’enfonces, tu t’enfonces, petit cadavreux. Dans quelques minutes, Wesley va parler ou mieux encore, Viktor va te faire comprendre soit que tu es stupide, soit que tu devrais sortir de table aller graver ton épitaphe avec ton tibia qui sera, à ce moment là, gentiment extrait de ton organisme. « Il l’aura bien cherché, ce con. » J’étouffe un bâillement, interprété à juste titre par le cachalot de la bande comme une autorisation à pointer le bout de sa moustache et à tenter de paraître intéressant. C’est mort, crétin, la partie a pris une autre dimension, les cartes, elles vont juste servir de couverture à un règlement de compte. Mais… j’entre dans son jeu, renchéris dans un sourire goguenard, en oubliant les cartes de merde que j’ai dans ma main. « C’est vrai, ça, pendant que les adultes parlent, faut occuper les bébés… » Non mais tais-toi, Andreï.


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MessageSujet: Re: Root of all evil.   Lun 21 Sep - 17:28




L'engrenage se met en place, le croupier bat énergiquement les cartes, distribue les mains à toutes les forces en présence, tandis que Viktor octroie aux membres de la mafia écarlate une grasse liasse de billets raides. Le jeu, l'argent, le dialogue dans cet étrange idiome prenant place entre Svenja et Andreï, tout ça aurait fouaillé l'intérêt de Wesley, en temps normal. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui, il mire avec une attention absolue et une morgue souveraine ses antagonistes. Il grave sur sa rétine chacun de leurs traits patibulaires, chaque tic nerveux trahissant le fouillis confus et contraire de leurs sentiments. Peur, défiance, hargne, tout ça empuantit l'air. La bête est cernée, dos au mur, partout ses ennemis se dressent. Son seul camarade semble désarçonné, se confond en vannes faiblardes, en palabres oiseux. Il est pour ainsi dire seul face aux chiens galeux de Kyran, au mépris de Svenja et à la menace du courroux de son oncle. Le truand daigne accorder une œillade à ses cartes, dont il se contrebranle et les chiffres et figures dansent devant ses yeux, sont rétifs à l'idée d'être capturés par sa mémoire. Il décoche un sourire à Svenja et lance étourdiment « Assieds-toi donc bébé, fais comme chez toi. » La bête ignore où ils tiennent l'un l'autre, ce qu'ils représentent à l'autre, si, vraiment, elle est encore sienne. Un tracas de plus qui creuse un sillon sur son front jadis vierge de toute tranchée.

« Mmmouais, si vous étiez réellement pas cons, vous auriez sagement suivi votre patron. Et vous ne parleriez pas de la sorte de mon mentor au devant de moi. » Comme à l'accoutumée, il se blottit derrière l'égide de sa jactance et de son verbiage comminatoire. Toutefois, il n'est pas serein, loin s'en faut. Les remugles de ses damnés secrets risquent de débonder de la gueule des laquais du Norvégien et Viktor n'en perdrait pas une miette. Wesley avance à tâtons sur de la glace pourrie, il n'est pas assez fou que pour l'ignorer. Au premier faux pas, il choirait jusqu'au plus noir des abysses. « Et qu'a-t-il donc fait ? » Il appréciait Yuri. Un chic type, qui l'avait initié à la coke, lui avait même payé sa première pute. Un quidam à l'âme sale, aux saillies lubriques, suprêmement impénitent et sans l'once, à l'égard de Wesley, d'une quelconque cautèle, à contrario de ce vieux fielleux de Sergeï. Est-il judicieux d'évoquer ce dernier ? Les rustres d'en face ne l'ont pas énuméré, détail qui n'a sans doute pas échappé à l'oncle. Il tergiverse, atermoie, finit par conclure que la meilleure défense est l'attaque. « Et Sergeï, qu'a-t-il donc fait lui, pour mériter d'être abattu comme un chien ? » Avec une lenteur et une minutie étudiées, la senestre du pantin plonge dans le revers de son costume, s'arme du glock, qu'il dépose avec une infinie délicatesse sur le velours de jade. Le rideau de chair s'ouvre, dénude les crocs en un sourire insolent. Il s'épanouit alors, se prélassant dans son rôle du limère fou qui gronde, intimide, dilacère ses proies. « Vous nous avez enlevé deux des nôtres. Vous êtes deux. Je vous conseille de vous mettre à table avant que la patience ne me fasse défaut. » Puissent ces corniauds chanter la bonne chanson.

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MessageSujet: Re: Root of all evil.   Mar 29 Sep - 5:28

La morgue nouvelle dont se drape le verbe de Yakov tale la nervosité de ses interlocuteurs, lesquels oscillent clairement entre la répartie incisive et la forte prudence. Surtout lorsque mon neveu dégaine son arme à feu, laissant sous-entendre des menaces qui, bien qu’elles me fassent sourire sous le masque marmoréen qu’arborent mes traits, sont fissa réprimandées par ma raison toutefois restée aphone. La mort compacte dans son écrin métallique est déposée avec délicatesse sur la table, parmi les billets et les cartes, et tous la dévisagent, certains avec le regard de celui qui ne veut offusquer madame. C’est du kérosène déversé avec audace entre nous tous, prêt à gober la première étincelle pour exploser et nous emporter tout un chacun sous la glèbe. Mes dents grincent ; je suis tenté à mon tour de prendre en main ma belle de plombs, par précaution, mais me ravise. Le moindre faux geste et tout éclate. Alors je guette les réactions, a fortiori les mains et les intentions qu’elles révèlent d’un mouvement esquissé, aussi infime soit-il.

Le cœur en charpie suite à l’évocation de Yuri et de Sergeï de la bouche de mon neveu, lequel j’admire la contenance, c’est tout mon être qui appelle à la vengeance quand mon gros bon sens lui répond violemment. Après un long silence qui suggère une réflexion quant au dialogue à adopter, le larbin s’exprime, l’œil virevoltant entre son jeu et le glock qui veille comme un dogue au repos : « Yuri travaillait sur les deux fronts. Plus d’argent pour son con, vous voyez ? Le boss a flairé la taupe et l’a abattue. C’est un juste service rendu. » Il marque une pause, jette sa rétine sur Andreï dont l’attitude lui déplait mais se garde de piper mot sur son cas. Il revient à Wesley, marmonnant des explications qui nourrissent ma colère, laquelle enfle non loin d’un germe de doute planté à mon insu en mon encéphale. « Pensez-y deux secondes. Pourquoi le patron vous aurait déclaré la guerre, comme ça, sans que nos deux organisations ne partagent quelque historique commun ? Remerciez-le plutôt que de le blâmer. »  Et moi, de réfléchir sur ses dires, quand bien même ma haine hurle de taire toute réflexion pour continuer de s’acharner sur mon seul et unique bouc émissaire possible. J’ai besoin de venger la mort de mes amis. J’ai besoin d’un exutoire à cette marée d’émotions ravageant les landes de mon être.
Diantre ! c’est d’un coupable dont j'ai besoin.
« Et vous charriez, quand même. Encore Yuri, je peux vous affirmer que Kyran a pris grand plaisir à descendre cette vermine, mais ne prenez pas pour habitude de jeter la mort de tous vos hommes sur ses épaules. C’est un peu trop facile, comme moyen. On n’a jamais entendu parler de Sergeï. Pas à ma connaissance du moins. » L’autre rajoute son grain de sel, corroborant les dires de son comparse. « Nah, jamais entendu parler de lui. »  

Un rire éclate entre temps. Le politicien, toujours pleinement concentré sur sa main, expose une jolie suite qui lui fait gagner le pactole du centre. Fort de son gain, une provocation s'échappe des grasses collines tavelant son visage, visant Andreï auquel il n'a vraisemblablement pas pardonné son précédent commentaire. «  J'en connais un qui va aller pleurer dans les jupes de sa maman. À moi les billets et les minettes. » Tandis qu'il s'empare de son butin, ses yeux tombent sur l'arme à feu de Wesley qu'il n'avait pas remarqué. Ses calots s'assombrissent de crainte et, intimidé, hoche respectueusement du crin en direction de l'imposante figure au sérieux tranchant, manquant un ou deux battements à l'idée d'être entrainé contre son gré dans une fusillade.

J'ignore la baleine, ramène l'attention sur une discussion que je ne juge pas terminée. « Pourtant, on nous a reporté... » Ma langue se délie, mon mutisme se brise contre les interrogations multiples qui s'accumulent en l'esprit déboussolé. Je suis curieux bien plus que je suis enragé. Certes, un peu de tristesse gisant sur les ruines du cœur, l'impression d'ouvrir les yeux sur une vérité qui, sans être complètement déterrée, émerge de tout l'imbroglio d'hypothèses qu'on a pris pour truisme. Sitôt ma phrase lancée, on m'interrompt d'une voix nouvellement nimbée d'impatience : « Qui ça, nous ? Revoyez vos sources et cessez de croire tout ce qu'on vous raconte. » Je ne réplique rien. J'obéis docilement, fouillant le capharnaüm d'une mémoire érodée pour me souvenir du visage de ma dite source. Je cherche. Et ma vision s'embrouille. Et tout devient noir. Ne reste plus que le crin flavescent de mon neveu, confortablement assis sur son trône, devant moi. Je ne parviens à détailler son expression puisqu'il fait face aux joueurs. Je ne vois que son dos. Je suis pourtant soudainement persuadé que de l'autre côté se trouve un sourire de triomphe incrusté dans les traits d'un visage que je ne connais pas.
Non pas le visage du neveu que j'ai ma vie durant traité comme un fils.
Mais celui d'un coupable. Mon coupable.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Root of all evil.   Dim 4 Oct - 16:44

Root of all evil

Wesley & Svenja & Viktor & Andreï

Si j’étais un peu moins stupide, j’imagine que je me tairais. Du moins, c’est ce qu’une personne moins stupide ferait dans ma situation je présume. Mais voilà. Je suis stupide, je parle, je parle, je parle aussi bien que je mens, que je mange ou que je tue lorsqu’on me le demande. Et je me sens si hors-propos autour de cette table de gens coincés, friqués, charismatiques et imposants que je parle pour compenser et participer à ma manière à cette tuerie en préparation. Les noms se vrillent dans mes tympans, des signaux d’alarme que j’encaisse et assimile dans un sourire tendu et un regard troublé à Wesley. Yuri. C’est le premier nom qui sort. Un connard, j’imagine, un mort surtout. Tué par d’autres connards. Nous sommes un groupe d’enfoirés, ça tombe sous le sens. Une petite moue, je regarde mes cartes, j’étouffe un bâillement, considère d’un petit mépris amusé le cachalot qui fait de l’esprit et me moque ouvertement de sa tronche. Pendant que les adultes causent, je m’occupe d’amuser la galerie, non ? Et pour causer, bordel, ils commencent à causer un peu trop sérieusement. Mon regard s’hasarde du côté de Wesley. Sergeï. Deuxième nom. On s’avance sur des sables mouvants et je ne comprends pas vraiment la logique de mon boss. Je fronce les sourcils, imperceptiblement, avant de jacasser encore dans mon coin des conneries à l’intention du politicien qui est définitivement aussi mou que sa bedaine. « Et Sergeï, qu'a-t-il donc fait lui, pour mériter d'être abattu comme un chien ? » Le mouvement de Wesley attire mon regard, je considère mes cartes mais plus encore l’arme qui pèse à mon côté et qui reste pour le moment bien rangée dans son holster. Celle de Wesley, en revanche, échoue avec lenteur sur la table, plongeant l’atmosphère dans un bain d’azote liquide. « Vous nous avez enlevé deux des nôtres. Vous êtes deux. Je vous conseille de vous mettre à table avant que la patience ne me fasse défaut. » Il joue un jeu dangereux, je n’aime pas trop ça. Je lui ai juré fidélité et si je suis aussi vénal qu’une pute de luxe, les amis sont les amis. Et un garde du corps est un garde du corps, qu’il soit sapé comme un pingouin ou comme un caïd de bas étage. Je n’aime pas ça, il s’enfonce sur un terrain dangereux et assis comme je le suis à cette table, il me faudra… quoi… une ou deux secondes supplémentaires pour planter une balle dans le premier geste agressif dirigé contre lui ou contre moi ? Deux secondes de trop. Les cartes subissent mon désintérêt, mes doigts me démangent et veulent se perdre dans ma veste pour plomber l’ambiance et surtout le corps de ceux qui menacent notre petite sauterie. Et mon intégrité physique, celle de Wesley, même celle du vieillard dans mon dos qui se tient calme pour le moment. « Yuri travaillait sur les deux fronts. Plus d’argent pour son con, vous voyez ? Le boss a flairé la taupe et l’a abattue. C’est un juste service rendu. » Deux fronts, argent, taupe, ça ne te rappelle rien Andreï ? Je bénis ma formation d’assassin et mes talents d’acteur, mon soupir ne laisse rien transpirer de mon malaise et de cette tension qui enfle comme une grenade dégoupillée. Un soupir las, désintéressé, un regard amusé et dédaigneux qui heurte la désapprobation du mec. J’inspire un peu de nicotine, m’amuse à la lui souffler au visage. Vas-y, asphyxie-toi, même si la table est trop grande pour que ce soit très efficace. J’aime agacer les gens. C’est une passion, un don au même niveau que ma maladresse naturelle et innée. « Pensez-y deux secondes. Pourquoi le patron vous aurait déclaré la guerre, comme ça, sans que nos deux organisations ne partagent quelque historique commun ? Remerciez-le plutôt que de le blâmer. » Au même niveau que ma maladresse innée mais aussi que ma violence acquise, développée à partir de ces graines de cruauté disséminée dans mon sang et dans mon ascendance. Il va trop loin, il jacte trop, mes doigts jouent avec mes cartes que je récupère, que j’observe, sans un mot, concentré que je suis sur ce qu’il se passe. « […] On n’a jamais entendu parler de Sergeï. Pas à ma connaissance du moins. » J’arque un sourcil. Je cherche quelque chose de spirituel à répondre quand le rire gras du politicien s’efforce à son tour de jouer au bouffon de la soirée. Je le regarde dans un sourire méprisant, avant de rire à mon tour comme s’il venait de sortir une plaisanterie particulièrement plaisante. Comme si ça pouvait être le cas. Sa suite, il sait où il peut la mettre ? Je profite de son rire et des regards attirés dans sa direction pour réagencer à ma sauce les cartes distribuées, histoire que le hasard daigne jouer en ma faveur. « J'en connais un qui va aller pleurer dans les jupes de sa maman. À moi les billets et les minettes. » Il s’empare du butin, j’éclate de rire à mon tour en posant ma main sur son épiderme gras et dégoutant. « Pas si vite, cachalot… » C’est puéril, je sais. C’est même à la limite de la stupidité. Mais on parle d’argent. Et je déteste l’idée que de l’argent sonnant, clinquant, froissé, s’éloigne autant de moi surtout pour aller vers ce genre d’énergumène qui n’a d’imposant que le dégoût qu’il m’inspire. Mes doigts dévoilent une quinte flush, royale d’ailleurs, je crois, et mon sourire se complait dans une bêtise immense. Je sais que je vais le regretter, que Wesley va soupirer, que je suis ridicule, mais ça me tue de voir la baleine me foudroyer du regard et ne même pas oser contredire – à juste titre – la légitimité de ma suite grâce à ce joli glock déposé sur la table.

Je ramène l’argent vers moi, dans une moue satisfaite de gamin fier de lui et de ces cartes changées d’un coup de poignet, lorsque la discussion dérive une nouvelle fois et attire loin de cette débacle annoncée les regards. Pourtant, on nous a reporté... » La voix de Viktor s’entremêle dans ma nuque, toute ma satisfaction s’évapore et l’assassin refait surface. La tension s’étend, prend ses aises dans ces phrases avortées, mon regard se déplie vers Wesley. Fait exceptionnel : l’argent et les billets disparaissent de mes préoccupations premières. Qui ça, nous ? Revoyez vos sources… Un filet d’air glacé tombe dans ma nuque. C’est ce que je craignais… je réfléchis à toute vitesse, me fiant néanmoins davantage à mon instinct qu’à toutes les conclusions auxquelles je pourrai difficilement parvenir. Je ne peux prendre ouvertement le parti de Wes. Encore moins celui de Viktor. Des soupçons ? Il n’y en a plus, seules les certitudes doivent encore subsister entre l’oncle et le neveu. Et moi dans tout ça ? Il ne faut pas se leurrer, des trois russes, je suis la chair à canon, je suis le garde du corps, je suis celui qui doit tomber le premier s’ils en viennent aux armes et aux coups de feu. J’ai un petit sourire tranquille. « Parce que vous croyez qu’on va chercher à remettre en cause nos sources plutôt que votre crédibilité de petits cons ? » Ma voix, traînante, contraste avec mes moqueries. Je me concentre, pendant que je parle, pour que mon ombre glisse sous la table, s’enroule avec discrétion autour de leur gorge et que commence à les étouffer. Une perle de transpiration dégringole mes mèches poisseuses, ma nature considère le politicien, les boissons dispersées devant nous, quelques victuailles de cendre auxquels nous n’avons pas touché. Je joue, je simule, je m’étonne. Je bondis sur mes pieds et envoie valdinguer toute substance située devant Wesley. « Du poison ? » Je me concentre davantage, jonglant entre les faux-semblants et cette migraine qui pointe le bout de son nez alors que mon ombre, de ses deux mains fantomatiques, enroule des doigts mortifères et coupe le sifflet des importuns dans une asphyxie immatérielle.


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