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 some are born to endless night † VIKTOR

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MessageSujet: some are born to endless night † VIKTOR   Lun 31 Aoû - 21:26


some are born to endless night




Skylar M. Romanovitch & Viktor Zakharov
New-York, Octobre 2010


La Capitale. Triste, essoufflée, endormie sous le poids de l'automne. Non loin, quelques bambins emmitouflés dans leur manteau s'amusaient au creux d'une mare que l'éternelle pluie d'octobre avait laissé derrière elle. Au loin, quelques navires marchands se laissaient voguer au gré du courant sur le Long Island, prêt à s'engager dans les entrailles de l'océan Atlantique. Les gratte-ciel étaient dévorés par les nuages, chatouillait de leur silhouette métallique la voûte céleste et disparaissait en son sein. Quelques cabots errants éventraient les ordures dans une ruelle non loin, en quête d'un festin tant désiré. Quelques âmes silencieuses parcouraient les trottoirs d'un pas hâtif, pressées de retrouver la chaleur réconfortante d'une demeure. New York n'avait rien conservé de mes souvenirs. Son éclat, sa magnificence, son attrait. Elle n'était guère plus à mes yeux qu'une ville fantôme, où mille diables vagabondaient sans but ni destination ; quelques-uns, parfois, se retrouvaient pris au piège dans sa volupté et son avarice, se sédentarisait dans cette ville de pêcheur. New York était malade. Le mal la rongeait, empoisonnait son sang, pénétrait ses poumons et contaminait chaque allée, chaque bâtiment. New york vous infectait. Elle s'insinuait sous votre peau, tel un parasite, et ne vous quittait jamais. une année. Une année passée en exil, loin d'ici, loin du mal et de son venin, loin d'elle, et pourtant. Le destin m'avait ramené dans ses entrailles, dans sa noirceur, et me menaçait de ne me donner aucun répit avant que je n'aille trancher le cordon ombilical qui me reliait à elle. Soit. Il me fallait en finir, me séparer d'elle, rompre tout attache, et peut-être qu'alors, enfin, pourrais-je enfin aspirer à la paix. Tout me semblait venir d'une autre époque, comme si des siècles s'étaient écoulés depuis la dernière fois où j'avais arpenté les dédales de cette grande ville. Là, assise au comptoir de ce petit bistro, une adolescente dévorait un sandwich en compagnie d'une dizaine de garçon, alors que ceux-ci se chamaillaient à savoir qui lui payerait l’addition. Plus loin, là, au détour d'une ruelle, la même femme embrassait langoureusement un charmant jeune homme au veston de cuir et au look bad-boy. La nuit tombée, elle infiltrait ce magasin d'antiquités pour dérober une montre hors de prix. Tout cela semblait provenir tout droit d'un rêve, alors que je le savais très bien ; tous ces souvenirs m'appartenaient. C'était comme défiler un album-souvenir sous mes yeux. Avais-je réellement été cette jeune fille innocente qui rêvait du monde et de ses merveilles ?

L'Ermitage. Quelle ironie lorsque le nom d'un bar accueillant la pire racaille faisait référence au plus grandiose musée du monde. Les néons peinaient à maintenir le logo bleuté, lumière vacillante après tant de soirées à étancher la soif des malfrats. Le panneau open plaqué contre la porte n'affichait quant à lui aucune couleur. Cependant, j'étais loin d'être dupe. Je savais qu'à l'intérieur des murs, accoudé au comptoir, mon rendez-vous improvisé mijotait un quelconque plan despotique. Le visage à moitié dissimulé sous un large chapeau, le regard planqué derrière des lunettes fumées -inutiles par un tel temps pluvieux, je n'avais en rien l'allure des clients habituels d'un tel trou à rat. Pantalon noir ajusté sur un veston d'un blanc immaculé, les cheveux bouclés ramassés en une queue-de-cheval, je ressemblais davantage à la femme d'un richissime homme d'affaires. Bien. L'artifice n'en serait que mieux réussi. Je daignais finalement pousser la porte du bar, qui s'avérait n'être pas verrouillée. Outre les innombrables tables et chaises vides, un vieil homme s'entêtait à astiquer quelques verres derrière son comptoir, alors qu'à celui-ci, me faisant dos, une silhouette sirotait tranquillement son scotch. « On est fermé, m 'dame. Revenez vers vingt heures. » Fort accent russe. Un sourire à peine perceptible étira mes lèvres. Il y avait longtemps que je n'avais pas entendu un anglais si familier. Je m'avançai tranquillement, telle une panthère se rapprochant de son prochain repas, alors que je retirais nonchalamment mes gants. « Je pense qu'il vous est possible de faire une exception ; j'aurais moi-même bien besoin d'un verre. Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'il nous est donné de revoir notre mentor... »

Je vis les muscles se raidirent sous son complet, sa main interrompre brusquement son geste alors qu'il portait le verre pour une énième fois à ses lèvres. Langoureusement, je me hissai au siège à sa droite, croisant mes jambes interminables l'une en-dessous de l'autre. Puis, finalement décider à briser le suspens, je retirai les verres fumés pour dévoiler mes prunelles dorées, dans lesquelles son visage mortifié se refléta avec angoisse. « Dobryy vecher, Viktor.»


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MessageSujet: Re: some are born to endless night † VIKTOR   Jeu 10 Sep - 7:00


SOME ARE BORN TO ENDLESS NIGHT
Skylar & Viktor

***

Jamais depuis des éons me suis-je senti aussi léger. Sur mes épaules ankylosées est jeté comme un manteau de sérénité délestant la charpente de la horde de problèmes qu’elle a charriée ces derniers mois. Mes épreuves auront été nombreuses à faire la queue-leu-leu au seuil de mon existence, grignotant ce qu’il me restait de force jusqu’à ce que je les marrie à des solutions lesquelles, sans me plaire, auront tout de même calmé la houle. Me voilà, brave survivant du fatum, devant le seul trophée capable de dégraisser au visage un sourire que je ne me gêne point d’arborer dans mon agréable solitude. Le triomphe se célèbre par un verre contre lequel blanchissent mes phalanges, transbahutant jusqu’à mes lèvres le doux spiritueux d’un scotch dispendieux que je ne cesse de réclamer derechef à mon vieil ami. En vérité, je souligne mes simili-vacances depuis les prémices de la journée, laissant les heures s’étioler discrètement sans que mon auguste postérieur ne quitte ce qu’il aura élu comme trône pour la journée. Et pendant ce temps, mon foie se salope par un coude léger qui ne cesse de jeter d’un arc parfaitement maitrisé la précieuse liqueur aux tréfonds du goitre, pour le bon plaisir d’un esprit apaisé amoureux de ces chaleureuses caresses tout du long de la trachée. « Yeshche.* » exigé-je d’une voix graveleuse venue trancher la calme atmosphère patentée par le chant russe que délivre un vieux jukebox. Mes désirs sont comblés en une énième tournée. Je dérive sur les flots d’alcool sans que ma raison ne parte au large, bercé des notes qui voyagent jusqu’à mes tempes en une agréable symphonie me rappelant mes racines de jadis.

L’Ermitage est, sans nul doute, le seul endroit capable de me transporter jusque dans mes terres, ravivant à la fois mes souvenirs et tout mon patrimoine sans cesse taché par la multiethnicité de New York. Un pied à l’intérieur et l’on se sentait franchir une quelconque ligne imaginative pouvant séparer les Amériques de ma Russie, me renvoyant à une jeunesse qui, sans être oubliée, manquait atrocement à mon présent. Que de frères et de sœurs pour seule clientèle, l’homogénéité du groupe permettait ainsi de se laisser aller à des discussions frivoles sur la langue et les mœurs de notre pays sans gêner quiconque du dialecte adopté. Ce n’est pas pour rien, après tout, que la Bratva ait jeté son dévolu sur cette entreprise pour l’empreindre de son influence ; moult membres étant des habitués, le propriétaire lui-même n’abhorre point l’entente qui unit son bar à la petite organisation slave. De veiller comme un dogue sur mon petit coin de paradis, c’était un peu ce à quoi je me suis échiné toutes ces fois où, dans le velours de la nuit ou sous le giron de l’astre coruscant, j’occupais mon trône.

« On est fermé, m 'dame. Revenez vers vingt heures. » marmonne le barman sans quitter des yeux sa besogne. Je ne me dérange pour cet invité impromptu, préférant lever le coude plutôt que de tourner nuque, portant à mes lippes la nappe de feu invitée à embraser mes sens. Mais le mouvement est jugulé sur-le-champ, et ma volonté de le finioler se heurte soudainement à un cortège de frissons que vient planter le long de mon échine un phonème bien trop familier. Je n’ai le temps de guigner la revenante. Pas même n'ai-je une seconde pour dire adieu à ma petite paix qu'on me désape de mon fameux manteau tissé de quiété. Je les vois qui s’envolent au vent comme arrive à mes flancs la silhouette élancée de jésus au féminin telle une violente commotion à mon esprit nébuleux. Et elle parle, la macchabée. Ses notes se griment d’un russe parfaitement maitrisé, lequel porte à mon encéphale un bagage de souvenirs et de contradictions venus achever ma raison fragilisée par l’abus. Je pense rêver quand s’imprime définitivement sur mes rétines la femme qui a conservé sa beauté telle que je me l'ai ébauchée au détour d’une commémoration. Pendant cinq secondes, je bute maladroitement contre la surprise sans parvenir à l’appréhender et, finalement, me rappelle à ma seule bouée capable de me sauver de ce bourbier : la comédie.

Le théâtre s'ouvre sur ce prime dialogue, soufflé sur le tempo de la stupéfaction. « Ne mogu v eto poverit’.* Skylar... » Je fais signe au barman de traiter la demoiselle comme il se doit, ce qu’il fait fissa avant de disparaître dans les coulisses du bâtiment, nous laissant dans une intimité que j'aurais volontiers cédée à autrui. « J’ai cru que... » Et la fin de ma phrase se suspend dans le néant pour mimer l’effarement. « Explique-moi. Que s’est-il passé ? » Mes sourcils se froncent sous les poids de mon inquiétude et de mon incompréhension. Je pousse le verre en sa direction, incitation tacite à brouiller sa vigilance pour que passent sans travers mes petits mensonges. De mon côté, je cale, cherchant à endormir les affects que je sens poindre au fonds des tripes, destinés à la fois à mes compères hypocrites et à Dame Fatalité, laquelle est bien trop cruelle pour me laisser patauger plus longtemps dans ma paix récoltée.

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