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 Tends moi la main et je te trancherai le bras {PV}

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MessageSujet: Tends moi la main et je te trancherai le bras {PV}   Jeu 10 Sep - 12:38



   
« Oh Brother, Brother of Mine. »
[ ▬ Oh, brother, brother, brother, I know you've been layin back a long time. But I love you like no other. Oh, brother of mine, I've been watching everything you do. And I've been wishing only good for you. All you've got to do is just want it to.
   


Ce soir là la voisine avait dû prendre le relais, heureusement qu’elle était là, elle, cette vieille bonne femme gâteuse aux rides répugnantes mais au sourire tout à fait chaleureux. Elle s’occupait bien des petits lorsque Declan n’en était plus capable et savait concocter de bons petits plats. Chose appréciable, elle avait le talent de faire fonctionner la machine à laver et l’homme avait toujours le plaisir de retrouver le linge des mômes propre et plié sur leurs couvertures miteuses. Il savait qu’elle ne regardait jamais l’heure et laissait l’horloge défiler aussi longtemps qu’il s’absentait, sans jamais lui poser la moindre question, comme si elle savait qu’il ne faisait rien de bon pour lui-même mais faisait tout de même au mieux pour ses gamins qui n’étaient pas vraiment les siens. Ce détail aussi elle s'en doutait mais ne lui avait jamais fait la moindre réflexion à ce sujet. Elle se contentait de les chouchouter et de veiller au grain sans demander de retour, le silence sur les lèvres et la bienveillance dans le coeur.

Lui non plus ne regardait pas sa montre pendant qu’il sirotait un fond de whisky dans le dernier endroit où s'était encore possible, quelques cartes fripées en mains dans une clandestinité totale. Putain de gouvernement, c'était bien la première fois qu'il lui crachait dessus. Il était dans une merde noire, il croulait sous des dettes qu’il ne parviendrait jamais à éponger et il le savait, mais pour autant ça ne l’empêchait pas de continuer son petit manège. Toujours plus de jeux, toujours plus de fric perdu, mais toujours l’espoir de remporter le jackpot ! C’est bien ça qui le poussait à continuer ce vice, l’espoir de remplir enfin ses poches d’une mise honorable, comme si avoir des poches pleines à craquer lui permettrait de combler le manque qui lui bouffait la vie. Son existence n’était qu’un vide sinistre, le fruit d’un destin qu’il n’avait jamais pu contrôler, qu’il n’avait jamais choisi mais qu’il acceptait sans protester parce que c’était comme ça, vous savez la famille... On ne se pose pas la moindre question, on agit. Les responsabilités nous emmerdent, on s’en passerait bien, mais pour autant on refuse de toute son âme de les envoyer bouler parce que l’amour qui nous lie à notre sang est plus fort que tout le reste et appelle au sacrifice. Les choses sont ce qu’elles sont et on fait avec. Et le poker l’aidait à sa manière à se sortir de ce quotidien oppressant qui lui était tombé dessus sans lui demander son avis.

L’aiguille de l’horloge tournait sans qu’aucun joueur ne s’en rende compte, tous les protagonistes étaient attablés autour de ce tapis nuisible et buvait sans modération, fumait jusqu’à en cracher leurs poumons. Tel était son monde, totalement dépravé, un beau reflet de ce qu’il était lui-même depuis maintenant belles lurettes. Il avait conscience de tout le mal qu’il se faisait ainsi que des scénarios tragiques qui pourraient enrôler les petiots sans leur laisser la moindre de chance de survie mais... Les cartes étaient une drogue et un camé ne pouvait s’en priver d’un claquement de doigts simplement parce qu’il le désirait. Eamon lui traversait à l’esprit à ce moment là, dire qu’il avait osé jouer l’aîné sans reproche et moralisateur lorsqu’il avait découvert son penchant pour la petite poudre blanche... Quel faux-jeton ! Si son cadet le voyait il n’en croirait pas ses yeux. Il ne se priverait peut-être pas de lui mettre une belle pêche en pleine poire, simplement pour lui faire remarquer à quel point son hypocrisie était grandiose. Bref, il chassa cette pensée aussi vite qu’elle l’avait heurté pour se concentrer d’avantage sur son jeu qui ne promettait malheureusement rien de bien phénoménal. Il avait misé trop gros, encore une fois.

[...]

Deux heures dix huit du matin, ce qui devait arriver arriva. Declan avait perdu toute sa paye de plombier du jour en une seule soirée et bien plus encore. Il culpabilisait mais n’y pouvait pas grand chose, il était accroc et aucune solution ne pointait à l’horizon. Il subissait son addiction sans se plaindre à haute voix parce qu’il était le seul responsable de cette passion maladive qui le conduirait sans aucun doute - et surtout très prochainement - à bouffer les pissenlits par la racine. Et les petits qui l’attendaient à la maison ne l’aidaient pas à s’en sortir, finalement ils avaient même été le déclencheur de toute cette merde qui le contraignait aujourd’hui à brandir les armes pour se sauver la mise, la goutte d'eau de trop après l'abandon d'Emmy et le silence de Nym. Néanmoins, il refusait catégoriquement de réfléchir à tout cela, le pour qui, le pourquoi du comment, il n’avait pas le droit de blâmer ses neveux qui, tout comme lui, n’avaient pas choisi de terminer dans ce trou pourri aux côtés d’un oncle qui ne contrôlait plus vraiment leurs vies. Il pensait tenir les rênes par moment mais ce n’était qu’une fâcheuse impression, en réalité il avait dérapé et ne parvenait plus à redresser le carrosse. Mais il ne lâchait pas le morceau pour autant et continuait de se battre avec toute la force dont il était capable pour leur offrir la vie la plus décente possible. Tel était son devoir.

Les verres s’enchaînaient, cette nuit il pouvait se le permettre, les gosses étaient entre de bonnes mains et la vieille femme ne l’attendrait de toutes manières pas avant les premières lueurs du jour, comme il était coutume depuis des mois déjà. Il eut toutefois le réflexe de regarder sa montre pour faire bonne mesure. Ah, merde... C’est vrai, pour palier au manque d’argent misé il avait dû filer le bijou au vainqueur. Une de plus. Il fit tournoyer le liquide dans le fond de son verre en regardant les ondulations d’un regard azur un peu paumé, résigné. Misérable vie. Sur cette réflexion il avala la dernière lampée avant qu’un homme un peu sec et débraillé ne vienne le sortir de sa petite bulle d'éméché. L’inconnu s’assit sur la chaise face à Declan et le scruta d’un air suffisant.

« Il paraît que tu dois un peu de pognon à mon ami assis juste derrière moi ». Le skinchanger jeta un coup d'oeil au gros costaud au crâne dégarni qui l'observait d'un air sombre. Une blonde pulpeuse mais vulgaire se frottait à lui comme une chatte en chaleurs. S'il pensait pouvoir l'impressionner, l'abruti graisseux se fourrait carrément le doigt dans l'oeil. Declan jugeait cette scène particulièrement pitoyable. « Il paraît qu'je dois un peu d'pognon à pas mal de monde, ton ami devra attendre son tour ». Le petit gringalet lui décrocha un rictus de son sourire édenté, sa voix était sifflante mais pleine d’assurance. « Vois-tu pour combler sa petite femme, il a besoin que tu règles ta dette immédiatement ». Le blond se concentra d’avantage sur l’armoire à graisse qui ne le lâchait plus du regard, cet homme il ne l’avait jamais vu. Etrange. Son esprit cogita rapidement malgré toutes ses liqueurs ingurgitées. Les rumeurs allaient toujours bon train et il n’avait pas échappé à l’aîné des Grimes que son nom avait rapidement fait le tour des bas fonds de la ville, il était toujours décrit comme " l’homme qui doit tant de pognon à X ou Y et qui n’a pas conscience de la merde dans laquelle il s’est fourré", un titre tout à fait charmant ! « Dis à ton tas d’graisse que s’il a besoin d’argent il n’a qu’à se prostituer, je suis sûr que sa pétasse pourra lui donner quelques cours bien utiles sur le sujet ». L’inconnu vira à l’écarlate et tenta de protester avant qu’un regard noir de Declan n’avorte son intention. Il tourna les yeux vers son arme cachée. L’homme à la frêle carrure les suivit et finit par retourner vers son acolyte en proférant des jurons, néanmoins sans demander son reste. Qui ne tente n’a rien, après tout...

Il oublia aussitôt cette fâcheuse mascarade pour replonger à nouveau dans sa mélancolie. Ses doigts jouaient sur rebord cristallin de son récipient pendant qu'il le regardait d'un air vide, usé. Une impression étrange le saisissait, comme un frisson lui parcourant l'échine et laissant en son coeur une douleur sourde. Si proche de lui et pourtant... Declan ne s'en était pas rendu compte. Il était là, Emmy, le petit Grimes faiblard au regard coupable.
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MessageSujet: Re: Tends moi la main et je te trancherai le bras {PV}   Jeu 17 Sep - 0:31


Doucement je m’enfonce… Le monde tourne autour de moi, s’illumine d’une couleur que je ne voyais plus. C’est sublime, magnifique et me perdre dans cet abime de beauté me fait sourire. Enfermé chez moi, les yeux dans le vague, le sang empli de cet enfer que l’on dénomme drogue, je plane. Le monde est différent maintenant, je ne remarque plus rien d’autre que les couleurs, étrangement vives, dansantes. L’air vicié semble plus doux, la lumière acide semble adorable et la moiteur ambiante semble même plus sèche. Ma gorge d’ailleurs l’est tout autant, dévastée par le manque de liquide. Ce n’est pas de l’eau qu’il me faut d’ailleurs. Non. J’ai besoin de brûler de l’intérieur, de ressentir l’extase à un tout autre niveau. Doucement je me redresse, laisse ma tête tourner une seconde avant qu’un sourire béat ne vienne décorer mon visage fatigué, usé. Dans les dernières semaines, l’on pourrait croire que j’ai pris des années tant mon visage s’est émacié, durci. Non pas la faute au manque de nourriture, mais plus des abus de la vie. Ceux là même que le gouvernement condamne désormais. Ceux dans lesquels je me complais depuis sa mort. Depuis qu’il a disparu de ma vie aussi soudainement qu’il y est entré. Depuis que Bastien m’a quitté, sans jamais être à moi. Ce vide qu’il a créé semble impossible à remplir, peu importe ce que je peux faire pour y remédier. Je m’enfonce à mon tour dans une spirale impossible à retenir, mes vices me rattrapent, s’accrochent à moi comme de vieux amis et je ne veux d’ailleurs plus les perdre. Soudain je ris, sans raison apparente, pris d’une démence passagère ou simplement d’une constatation soudaine. Toutes ces lois de prohibition, semblent avoir été crée à mon encontre seule. Comme si l’univers voulait maintenant me punir de mes pêchés passés. Dans une certaine mesure, j’ai été prévenu. Dieu ne pardonne pas les pêcheurs, je suis l’un de ses enfants de la honte et il me punit ainsi, comme il a puni le monde de l’apocalypse…

Mes pensées se mélangent, deviennent abstraites et je perds soudain le fil. Incapable de me souvenir pourquoi je me suis levé, je me laisse tomber sur le lit sans aucune considération. Et encore une fois je me lève, de nouveau conscient de la soif qui m’anime. Je veux de l’alcool. Des doses astronomiques pour un effet moindre. Des doses monumentales pour qu’enfin ma douleur se stoppe. Celle qui anime mon cœur et le blesse un peu plus à chaque battement. Mon regard s’évade une seconde sur l’heure, trop tardive, mais peu importe. Je peux bien être au retard au travail, cela ne fera qu’une fois de plus. Leurs cadavres peuvent bien attendre quelques heures, ils ont toute la mort pour patienter. Je tangue, mes pieds ne semblent plus faire leur office et je dois m’agripper au mur le plus proche pour ne pas chuter de nouveau. Mon portefeuille en poche, j’entame enfin la folle épopée qui me mènera au bar clandestin que je convoite maintenant. Impossible maintenant d’être remarqué en état d’ébriété, mais lorsque l’air frais vient fouetter mon visage, je sens comme un regain de lucidité me prendre. Juste assez pour me permettre d’aligner un pied devant l’autre. Ces derniers sont habitués, ils n’ont pas besoin d’informations de la part de mes neurones pour avancer et faire le chemin seul jusqu’à ce nouveau temple de la décadence humaine. Mes yeux ne suivent pas et l’univers qui m’entoure se pare de flou, qui m’amuserait presque. Je maintiens cependant juste assez d’attention pour m’empêcher de rire et enfin vient franchir les portes du club clandestin.

Le bruit m’assaille, ainsi que les odeurs et les lumières. Je plisse les yeux et de nouveau titube. A l’abri des murs interdits, je me permets d’être faible, je laisse la drogue prendre possession de mon corps entièrement. Mon exaltation s’impose au monde tandis que je marche difficilement jusqu’au bar. Je lève le bras pour commander un verre lorsque des éclats de voix me font frissonner soudain. Hypnotisé par le franc accent irlando-zélandais je me tourne et ce sont mes yeux maintenant qui ne peuvent se défaire de la haute silhouette de mon ainé. Il est en vie. Je me suis donné tant de mal pour l’éviter que je me jette désormais dans la gueule du loup. De nouveau mes pieds s’animent seuls, mon cerveau ne peut les empêcher d’aller vers la chaleur imaginaire de mon frère. Je recherche cet amour dont je suis dépourvu depuis trop longtemps. Je cherche cette chaleur qui me manque terriblement. Je m’avance encore, je ne me formalise pas de la proximité soudaine que j’instaure et sans crier gare je m’écroule sur lui dans une étreinte plus que maladroite. Mes bras se resserrent sans force autour de lui et je ferme les yeux, rassuré par son odeur, malgré les fortes nuées alcooliques qui l’entoure. Il me faut plusieurs secondes pour me rendre compte de ce que je viens de faire et tout aussi soudainement je me redresse. La tête me tourne sous l’effort et je dois me rattraper à la table pour ne pas sombrer sur le so douteux de l’établissement. Mon estomac aussi s’agite, je voudrais rendre son contenu pourtant absent. Ce sont pourtant les mots qui s’échappent, incontrôlable, juste animés par la drogue qui agite mon sang… « Deko. Deko c’est bien toi ! Tu m’as manqué ! » Et rien ne saurait être plus éloigné de ma vérité sobre… Le drogué pourtant, se délecte de ces retrouvailles plus qu’étranges…

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    MessageSujet: Re: Tends moi la main et je te trancherai le bras {PV}   Jeu 17 Sep - 11:07

    L’irlandais manqua de s’écrouler lorsqu’un poids relativement mort vint le percuter sans s’annoncer, comme sorti de nulle part. Le contenu de son verra fut vidé sur le bar mais par miracle le récipient roula jusqu’au rebord sans chuter malgré le vide qui l'appelait. Declan avait failli se lever d’un bond tout en houspillant et en envoyant le malheureux se vautrer un peu plus loin drapé d’insultes et de jurons. Mais il n’avait pas tarder à le reconnaître, lui le fantôme de ses souvenirs que la brise de la Nouvelle-Orléans n’avait jusqu’à ce jour jamais porté jusqu’à lui. Et qui jamais n’aurait dû le faire... Ce ne fut ni la joie ni la mélancolie qui anima ses traits mais une franche colère mêlée à une moue totalement écoeurée. Certes, l’hôpital se foutait royalement de la charité ce soir, tout comme il se fichait que ce put être le cas. Finalement, dans ce putain de monde, rien n’était fait pour changer. Eternel recommencement qui privait les hommes et les non hommes de tout espoir de véritable amélioration. Declan n’avait fait que perdre son temps avec ce frère qui se complaisait dans le pitoyable d’une réalité relative. Il avait cru en lui et s’était imaginé que cette croyance était à l’époque réciproque. Peut-être l’avait-elle été et le serait-elle encore s’il n’avait pas décidé de lui tourner le dos comme à un vieux chien errant. Ou peut-être pas. Le changeur de peau n’avait pas envie de se blâmer ce soir, ni plus aucun autre soir. A quoi bon lorsque cela concernait des éléments sur lesquels il n’avait aucun contrôle. Nymeria, Eamon. Il avait toujours fait au mieux et décidait à l’instant qu’il s’éteindrait sans regret. Sur cette pensée plutôt complaisante, il redressa son verre et quémanda un énième service alors que son petit frère s’était un tantinet éloigné d’une manière lamentable.

    Les mots fuyaient avec une facilité trop grande pour être ceux que le cadet auraient souhaité prononcer, il n'en doutait pas. La drogue le cajolait de ses doigts plein de vices. Declan n’avait jamais imaginé que leurs retrouvailles, si le destin désirait leur donner vie, se produiraient de la sorte. Deux âmes troublées qui se plongeraient dans une scène prometteuse d’innombrables dérapages. Le premier ne tarda d’ailleurs pas à survenir pendant que l’aîné qui n’avait toujours pas osé regarder le plus jeune prit l’initiative de se retourner promptement pour le saluer de son poing, sans toutefois y mettre de sa force de peur de briser ce petit être qui lui semblait si frêle. Il n’avait eu besoin d’aucune violence, le geste suffirait à lui exprimer toute la haine qu’il avait pour lui. Mais aussi tout l’amour qu’il avait gardé en son sein lorsqu’il le contempla d’un regard sincèrement peiné, juste le temps d’un battement de cils. Il se retourna vers le bar sans plus attendre, s’y accoudant avant de se frotter le visage de ses mains usées pour tenter d’éclaircir ses émotions. Puis préféra avaler d’une traite sa boisson avant de partir encore en vrille. Il avait envie de hurler, de l'insulter plus que jamais puis de le serrer tendrement dans ses bras. De le secouer avec violence pour ensuite lui susurrer que tout irait bien. De lui dire à quel point il le haïssait avant de lui avouer toute l’affection qu’il continuait à lui inspirer. Il demeurait son frère, quoi qu’il ait pu se passer, quoi qu’il ait pu faire. Peu importait ses choix damnables et ses dérives, rien ne saurait lui faire oublier ce même sang qui coulait dans leurs veines et qui même dans la mort continuerait de les unir. Juste à demi. Juste un demi-frère, un bâtard. Son regard était sombre pendant que son esprit effleurait de si vilaines pensées. Et il poussait derechef son verre vers le barmaid pendant qu’il les chassait, coupable et perdu. Troublé par l'antipode de ses sentiments qui lui nouaient l'estomac.

    « Je n’suis même pas surpris Eamon. T’as toujours été qu’un faible t’façons, suffit d’voir comment t’as laissé crever ta famille, jusqu’à ton clébard... Finalement tu mérites que ça... Cette putain d’vie d'camé sans passé... Sans avenir... ». Il parvint enfin à le contempler, simplement pour mieux le fusiller de son oeillade glaciale, impitoyable. Ses mots tranchaient comme la lame du bourreau sur le billot du condamné. « Tu n'es qu'un lâche, t'aurais dû être à sa place ». Il n’avait plus aucune maîtrise sur les mots qu’il laissait fuir. Il ne désirait plus que foudroyer son cadet, le meurtrir jusqu’aux tréfonds de son âme pour se venger du mal qu’il avait causé. Des dommages qu’il avait provoqués et de cette existence difficile qu’il avait contraint le plus vieux à épouser, parce qu’il avait bien fallu sa dévotion pour tenter de " sauver les meubles ". L’ image de la mère de ces petits orphelins qu’il tentait au mieux de choyer l’asséna avec plus de violence qu’il ne l’aurait cru. Il l’avait laissée mourir sans même se préoccuper de son sort, sans une pensée pour elle et leur descendance. N’avait même jamais essayé depuis tout ce temps de les retrouver, eux, lui, ou qui que ce soit qui puisse le conduire jusqu’à la connaissance de leur mort ou de leur survie. Il avait tourné la page d’un claquement de doigts, avait poursuivi son chemin chaotique sans un regard en arrière. Declan sentait son coeur frapper fort pendant que son sang bouillait dans ses veines et menaçait de laisser toutes ses pulsions les plus haineuses le submerger avant de se déchaîner contre l'auteur de leurs origines. Comment Eamon avait-il pu survivre ainsi ? L'aîné était totalement dépassé par la bassesse d'un pareil comportement, n'envisageait même pas la possibilité de poser un pied devant l'autre s'il se trouvait présentement à la place de l'autre. Pourquoi ne s'était-il jamais donné la peine d'éluder le mystère de leur déchéance ou de leur persistance ? « Plus de deux ans... Sans même t’soucier d’si on était en vie ou si on s’était fait déchiqueter par ces bouffeurs d'viande fraîche. Sans te d’mander s’ils avaient survécu à l’enfer. Ta femme... Tes gosses... Mais bordel, y a qu'moi qui m’soucie d’la famille dans tout ce merdier ? J’ai honte de vous... ». Son frère. Sa soeur. Pas un pour rattraper l’autre. Et lui ne les rattraperait plus aujourd’hui. Il était révolu le temps où il leur tendait la main. Eux n’avaient pas changé, ce qui n’était finalement pas son cas à lui... « Pas de doute que si on était pas déjà en Enfer, c’est là qu’vous atterririez et crois moi que j’me donnerai plus la peine d’vous en ressortir. Brûlez-y, pour le peu qu'ça me fasse aujourd'hui ». Sur cette conclusion, une nouvelle gorgée vint lui caresser le gosier dans l'espoir de réchauffer son humeur glaciale. Sûrement en vain.
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    MessageSujet: Re: Tends moi la main et je te trancherai le bras {PV}   Jeu 17 Sep - 14:40


    Douleur soudaine dans ma mâchoire alors que le poing de mon ainé vient la rencontrer. Ce n’est probablement pas si fort mais ma tête tourne sous l’impact, je vacille légèrement et ma main se resserre prestement à la bordure du bar que je tiens toujours. Aussitôt les larmes montent, veulent s’écouler, mais une fierté inconnue m’en empêche. J’ai pourtant senti mon cœur se serrer à son assaut et je baisse les yeux, incapable de les conserver dans les siens. Je suffoque, mon souffle me manque tant le geste me surprend et me blesse. Finalement, ce n’est plus au lieu d’impact que je souffre mais tout mon être intérieur se pare d’une nouvelle douleur. Raté pour l’oubli. Submergé par diverses émotions, je voudrais cette fois me laisser glisser au sol, pour attraper mes genoux et me replier sur moi-même. Dans un monde que personne ne pourrait atteindre. Dans un mal qui me rongerait sans répit et dont l’unique délivrance serait la folie. J’envisage toujours cette possibilité lorsque de nouveau son accent réconfortant se fait entendre. Ses mots achèvent pourtant ma souffrance, la rendent si vive que chaque parcelle traversée par mon sang semble surchauffée, brûlante. Sans passé… Sans avenir… Un simple homme placé là, sans aucun espoir, ni de rédemption, ni de quoi que soit d’autre. Juste la drogue comme compagnon… Auparavant, elle m’avait permit de me sociabiliser, de découvrir la vie et d’être plus heureux. Là, elle me tient simplement compagnie dans mes plus sombres moments, lorsque personne d’autre ne fait. Bien sûr que je pourrais le blâmer. Lui, mon grand frère. Celui qui aurait toujours du être là pour me préserver, m’aider et me soutenir. Celui qui m’a abandonné au moment où j’avais le plus besoin de lui. Celui qui par ses mots m’engrène dans une géhenne jusque là inconnue…

    Ce qu’il prononce se mélange dans ma tête, les mots s’emmêlent, les phrases ne veulent plus rien dire et je voudrais lui demander de répéter. J’ai pourtant bien trop peur de comprendre ce qu’il essaye de me dire. Les laisser crever. Chien. Camé… A sa place… Quelle place ? La question veut fuser, se faire entendre mais ma bouche soudain sèche et pâteuse ne me permet pas de prononcer les deux mots pourtant simples. D’un geste, j’incite le barman a me servir à mon tour mais le verre tarde. Lorsqu’il m’arrive enfin entre les doigts, il est déjà passé à autre chose. « Tu racontes que des conneries ! » Cette fois, la remarque fuse, presque avant la fin de sa phrase… Il a tort. Je les ai cherché. Je suis retourné à New York après la catastrophe. Je me suis pelé les miches à y retourner. J’ai cherché, risqué la mort avant d’arriver à la conclusion qu’ils étaient tous en vie. Et Declan, Nymeria… Je le sais depuis bien longtemps. Seul le sort de mes enfants me reste inconnu et je n’ai même pas eu l’occasion de lui demander qu’il m’assène une demi vérité dont je ne parviens pas à comprendre le sens. De nouveaux, ses propos s’embrouillent et j’ajoute encore plus confusion à mon esprit déjà fragile, lorsque je viens boire mon verre d’un cul sec. « Je comprends pas… C’est… Tu dis quoi là… » Je secoue la tête, comme pour m’éclaircir les idées, mais je n’ai pas le temps d’assimiler quoi que ce soit, qu’une de ses nouvelles paroles m’atteint, douloureuse une fois encore.

    Un long frisson de peur me prend soudain lorsque la menace de l’enfer plane devant mes yeux. Lorsque je suis dans cet état, il est plus facile pour moi de nier, de me trouver des excuses, mais entre ses lèvres implacables, je ne peux refuser le jugement. Si lui le dit alors ma place est forcément réservée. Cette fois, les larmes viennent brûler mes yeux, ne coulent pas mais les humidifient douloureusement. « T’es injuste… » Juste un murmure, qu’il n’a probablement pas entendu alors je répète, plus fort… « T’es injuste ! Tu sais pas de quoi tu parles ! Tu sais rien du tout ! Forcément ! Tu peux pas savoir ! Tu m’as laissé tout seul ! J’avais besoin de toi ! Et toi tu m’as envoyé balader ! T’es injuste ! » Ce n’est pas de sa faute à lui si j’ai abandonné mes enfants, si je n’ai pas eu le courage de rester près d’eux. Je le blâme par contre de m’avoir laissé seul ensuite. Jamais je ne l’aurais avoué sobre, mais la drogue me donne mes ailes, me permet de parler plus haut que je ne le voudrais, et d’aligner des pensées que je voudrais pourtant dissimuler très profondément. « T’es pas étonné hein ? Mais va te faire foutre ! T’étais pas là à l’époque, toujours à être avec Nym, à l’aider elle, à la défendre elle. Toujours elle. T’es pas là maintenant non plus ! T’as pas à m’juger, j’suis tout seul ! Tout seul merde ! » Mon accent ressort fortement, la faute à la fatigue, à la drogue, l’alcool maintenant. Tout ça se mélange, rendent mes propos difficile à comprendre, mais lui comprendra. Parce qu’il connaît l’accent irlandais que je parle… Il me connaît ! « Moi j’me suis fait bouffer par un bouffeur de viande comme tu dis ! mais t’en a rien à foutre ! Rien du tout ! » Je ne me rends compte de mon aveu que trop tard. Lorsque les mots sont sortis. Par réflexe, je regarde autour de moi mais heureusement, personne ne semble m’avoir entendu, et j’en viens à espérer que lui non plus...

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      MessageSujet: Re: Tends moi la main et je te trancherai le bras {PV}   Jeu 17 Sep - 16:26

      Les paroles d’Emmy le lacérèrent et l’assénèrent d’une douleur qu’il avait espéré ne plus jamais avoir à ressentir. Elle le tourmentèrent et le perdirent dans les méandres d’une souffrance qu’il savait finalement méritée. Le dressèrent au devant de son erreur la plus grande, le jugèrent coupable sans lui laisser l’occasion de défendre des actes qu’il savait de toutes façons condamnables. Nymeria et lui avaient toujours été soudés et n’avaient laissé que peu de place à ce frère au sang légèrement différent qui n’avait jamais démérité. Et pourtant, il avait toujours été là dans les moments les plus torturants, à lui tendre une main sans réel jugement. Ca n'avait pas été suffisant... Jusqu’à ce fameux jour où il tourna le dos à ceux qui avaient le plus besoin de lui. Père indigne qui délaissa toute une famille simplement par peur de l’avenir, par pure faiblesse. Et Declan s’était à son tour glissé dans les ombres de la bassesse en abandonnant celui qu’il avait considéré indigne de son amour. Mais qui était-il pour le juger aujourd’hui, alors qu’il descendait à son tour lentement vers les infinis espaces de feu critique des Enfers. Lui qui avait chassé de ce monde un frère dont seule la terreur avait été le pêché alors qu’il tentait désespérément de demeurer dans celui d’une soeur qui avait commis le meurtre et se complaisait dans des affaires peut-être plus sordides encore... Declan se rendait compte à quel point Emmy avait raison, et lui s’était montré injuste. Il n’y avait jamais vraiment réfléchi jusqu’à ce que cette vérité poignante lui tombe dessus comme un couperet, parce que tout avait semblé couler de source dans la plus totale des innocences, alors que cette vertu n’avait finalement jamais effleuré son âme. Sonné par le choc qu'Eamon venait de lui susciter, il s’affala légèrement sur son grand tabouret, déposant son front plissé d’amertume dans la paume de sa main tremblante. Pourquoi le monde entier lui semblait se reposer sur ses épaules ? Pourquoi devait-il se tenir droit, homme d’acier inébranlable, sur tous les fronts ? Pourquoi devait-il sans cesse tendre la main à ces autres qui ne paraissaient pas avoir conscience qu’il n’était qu’un homme avec toutes les limites qui incombaient à sa condition ? Parce que j’l’ai accepté c’putain d’rôle ! Assume maintenant ! Il ne s’était jamais senti à ce point au bord du précipice, paré à chuter dans un néant dont il n’était plus certain de vouloir se défaire. Abandonner, c’était le mot juste. Quelle ironie.

      Les enfants et leur mère défunte pénétrèrent l’oubli. Ses pensées étaient toutes tournées vers leur relation fraternelle qu’il avait été le seul à bafouer. Parce qu’Emmy ne lui avait jamais fait le moindre tort. Ne l’avait jamais directement blessé. Et pourtant, lui s’était permis de le déchoir de cette place de petit frère qu’il n’avait à aucun instant désiré laisser filer, au contraire. Declan était le seul monstre de l’histoire et se rendait compte seulement ce jour de toute l’ignominie dont il s’était vêtu sans même s’en apercevoir. Le temps avait fait son oeuvre depuis la faute d’Eamon et le changeur avait pu comprendre, durant ces deux dernières années, à quel point il était difficile d’élever deux petits êtres que l’on avait pas vraiment souhaités. Les responsabilités s’avéraient parfois trop lourdes à soutenir pour le porteur et dans l’angoisse l’erreur naissait, vicieuse et tentatrice. Elle parvenait toujours à piéger les plus faibles dans ses filets, tout comme les plus forts d'ailleurs... Sa haine s’était ternie au fil des ans et il prenait conscience qu’il n’en voulait plus à son cadet d’avoir laissé deux fils dans son sillage, mais de l’avoir contraint à endosser le rôle qui lui avait appartenu, qui lui appartenait, et qui lui appartiendrait toujours. Un égoïste, voilà ce qui façonnait maintenant l’irlandais qui s’était toutes ces années dissimulé derrière d'élogieux et preux sacrifices. Et sa relation avec Nymeria mettait en avant cette évidence, parce qu’il ne tentait pas de garder un pied dans son univers pour le salut de sa prunelle, mais bien parce qu’il avait terriblement besoin d’elle pour ne pas succomber au désespoir qui lui tendait ouvertement les bras.

      Il termina le fond de son verre avant de l’envoyer valser sans se préoccuper du lieu de son atterrissage. « La ferme Emmy ! ». Lorsqu’il s’aperçut que les formes qui l’entouraient tournoyaient en tous sens, il se dit qu’il n’aurait de toutes façons pas besoin d’en ingurgiter d’avantage pour s’écrouler dans ses draps avec l’esprit imperméable à toutes pensées. Il en fut grandement soulagé. Le feu qui l’avait pris d’assaut s’éteint tout aussi promptement pour laisser place à un profond chagrin. Et lorsqu’il s’ouvrit enfin à son petit frère, il le contemplait les yeux dans les yeux, sans aucune pudeur. N’abaissa son regard azuré à aucun moment. « T’as raison p’tit frère, j’ai tout foiré. J’suis derrière le cul d'notre frangine à m’prendre des raclées dans la gueule... alors que toi j’t’ai lâché comme une merde malgré tous ces sos. T’avais b’soin de moi putain ! J’me suis pris l’passé en pleine gueule et j’ai déconné. J'suis désolé Emmy... ». Sa voix se brisait sous l'émotion. Et là demeurait toute l’origine de leur haine à tous. Leur famille en éclats, leur propre abandon. Le noyau de leur déchéance. Parce qu’ils avaient tous plongé, à leur manière, dans une obscurité totale sous le joug de ce souvenir. Lui le premier. « J’peux plus assumer tout ça Emmy, c’est pas une vie saine qu’je vis. C’est pas une vie du tout en fait... Faut qu’tu t'sortes de toute cette merde et vite. Faut qu’tu reprennes ta place ». Ni l’un ni l’autre ne semblaient avoir les idées limpides et les paroles fusaient dans l’ordre de leurs pensées entremêlées. Evidemment Declan parlait de ses neveux qu’il mettait chaque jour un peu plus en danger pendant que les entraves de la perversion ne cessaient d’être toujours plus nombreuses. Son activité d’assassin, sa condition nouvelle, ses maîtres chanteurs et ses dettes accumulées, sa créatrice... Pour sûr Eamon ne devait pas comprendre grand chose de cette cascade de mots qui se déversait d’entre les lèvres du plus vieux, mais l’éméché savait de quoi il était question lui, là résidait apparemment le principal. « Quoi que tu puisses être aujourd’hui... ». Il avait entendu ces rumeurs qui disaient qu’une morsure de mort-vivant pouvait transformer l’homme en un être différent, sans savoir de quoi il retournait exactement. Le surnaturel était nouveau pour lui et l’étape de l’acceptation venait à peine d’être franchie. Il s’était déjà demandé si la tragédie qui avait bouleversé sa vie avait pu toucher sa fratrie. Il lui semblait avoir l’ébauche d’une réponse et pourtant, il ne parut pas réellement s’en soucier, comme si ce détail n’était plus qu’une simple formalité dont il se doutait déjà. Il n’avait pas à blâmer qui que ce soit de ne plus faire partie du genre humain, lui qui était récemment devenu skinchanger et avait commis la barbarie. Il attrapa la nuque de son frère d’un geste peu assuré et un tantinet brusque, approcha son faciès au regard brillant de son visage sévère. « Assume Emmy, avant d'tout perdre pour de bon ». Avant que la faucheuse ne finisse son oeuvre et n'invite la chair de sa chair à se laisser guider jusqu'aux portes du Paradis, ou de la Géhenne.
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      MessageSujet: Re: Tends moi la main et je te trancherai le bras {PV}   Ven 18 Sep - 17:53


      Mon regard vide se pose sur la carcasse de mon frère. Cette carrure qui m’a toujours impressionnée, que j’ai toujours voulu avoir, tout en restant pourtant une crevette. Tout dans mon aîné m’impressionne, que ce soit son regard glacial, son coup à peine frappé ou bien sa voix rassurante. Pourtant actuellement, tout en lui m’effraie. Ce même regard, cette même voix qui m’assène des vérités douloureuses, ce même coup que je n’aurais jamais imaginé le voir utiliser sur moi et cette même carrure, pourtant avachie. Et cette injonction qu’il utilise et me fait sursauter soudain. Le ton est tellement incisif que je ne peux qu’obéir et me taire, sans broncher. Il est toujours le seul que je daigne écouter. Le seul à pouvoir m’ordonner quelque chose et que j’aille le faire, sans rechigner. Et le seul à pouvoir me briser d’un regard. Désormais, malgré les brumes hasardeuses de mon esprit, c’est de la douleur que je lis dans son regard. Ou simplement est-ce un tour de mon cerveau, fatigué de me voir souffrir des attaques des autres, de mon frère en particulier. Probablement n’est ce que le fruit de mon imagination parce que je n’imagine pas une seconde pouvoir rendre triste mon frère de simple propos. Pourtant, plus je me concentre sur ses yeux, plus je ressens cette tristesse qu’il ne cherche même pas à dissimuler. Ses propos cette fois encore, menacent de me faire chuter au sol, mais ce n’est pas le même ressentis, la même douleur. Je ne cherchais pas à le faire douter de lui, de ses capacités parfaites de grand frère. Je voulais lui faire mal, certes, mais pas à ce point. L’entendre se blâmer est plus dur encore qu’encaisser ses attaques et je secoue la tête, le regard paniqué, incapable de reprendre la parole après l’ordre qu’il vient de me donner. Pourtant je nie en bloc ce qu’il me dit, de mes gestes instables, cherchant désespérément à le faire taire.

      Seulement, une vanne s’est ouverte et il ne s’arrête pas, continuant à m’imposer des propos délirants, à peine compréhensibles. Place… Il utilise encore ce terme, sans que je ne parvienne à le comprendre. Quelle place ? Auprès de qui… Je cherche désespérément à comprendre sans y parvenir et puis de toute façon, je ne peux lui demander des détails. Comme un chiot qui vient de se faire gronder, je n’ose refaire la bêtise, dans la crainte de me faire battre de nouveau. Et encore un peu plus, je m’enfonce dans un nuage brumeux, dans lequel les mots se mélangent et je me retrouve incapable de dénouer les phrases qu’il a prononcé, de tout à fait les comprendre. Pourtant j’essaye, je cherche à trouver le courage de lui répondre et rentre juste un peu la tête dans mes épaules, prêt à me prendre un coup, tout en trouvant le courage de parler de nouveau, d’une petite voix, de celle d’un gamin en faute qui cherche le pardon… « Moi aussi je suis désolé Deko. Je sais que t’as jamais compris pourquoi j’suis parti… Après tu m’as pas laissé expliquer mais… t’as jamais su pourquoi. J’étais nul Deko. J’ai toujours été nul. Et je le serais toujours. J’étais pas fait pour être père. Je les aime… aimais… je…. Sais pas… mais j’étais pas prêt. Et puis je le suis devenu… mais j’le suis plus. D’façon ils sont morts hein ? Tu m‘as… tu m’as dit qu’ils l’étaient… » Et d’une réaction tout à fait désappropriée, encouragée par la drogue je me mets à rire. C’est un éclat de pur amusement, qui vient se mélanger bientôt aux larmes qui se sont mises à couler d’elles même. Un curieux mélange qui me noue le cœur et l’empêche de battre normalement.

      Alors cette fois mon corps lâche prise, mes genoux tremblent, échouent dans leur rôle et mon séant vient rencontrer le sol douteux. Le dos contre le bar, je ne parviens plus tout à fait à me maîtriser et ce sont mes bras qui viennent entourer mes genoux finalement pour que mon visage vienne se dissimuler au mieux. Ma voix s’élève de nouveau, comme une litanie, exacerbée par le produit dangereux qui coule dans mon sang… « Nate… Keane… Bon sang mais même Carrie. C’est pas juste. C’était pas eux qui aurait dur mourir. C’était moi. Pas eux… moi… Et puis d’façon, ça n’aurait pas été grave.. pas du tout… Même Deko l’a dit… » Je pleure, je ne peux m’en empêcher, c’est au plus profond de mon âme et cœur que je suis meurtri… « Deko… J’ai besoin de toi.. » et cette fois, ce n’est rien d’autre qu’une plainte, qu’il doit entendre…

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        MessageSujet: Re: Tends moi la main et je te trancherai le bras {PV}   Sam 19 Sep - 10:37

        Et dans la came le petit frère s’enfonçait. Des réactions sans mesure. Des larmes puis des rires. Des rires et des larmes qui s’entremêlaient. Des mots qui cascadaient sans cohérence au fil de ses émotions exacerbées. Une posture presque recroquevillée qui mettait en évidence toute la faiblesse qui l’assaillait, toute la peine sous laquelle son corps et son âme croulaient. Un chagrin qu’il avait lui même provoqué mais comment continuer de le blâmer. Plus de deux ans que leurs absences respectives les laissaient choir dans un vide douloureux, et pourquoi ? Pour une faute que l’aîné aurait finalement pu commettre s’il n’avait pas eu tant de force de caractère. Mais ça il ne le comprenait qu’aujourd’hui, alors qu’Emmy semblait brisé, presque trop pour être de nouveau façonné. Il l’avait laissé tomber, ni plus ni moins, et ne cessait de penser qu’il aurait pu ramener un père à sa famille s’il avait été présent pour lui montrer la voie. Pour le soutenir dans ce dérapage qu'il aurait peut-être pu contrôler avec une main tendue. Et si. Et si, et si, et si.... Avec des si tous referaient le monde et l'erreur ne serait plus qu'un mot de l'oubli. La situation était dramatique aujourd'hui et ne comptaient plus que l'avenir et le présent. Présentement, il y avait des choses à faire. Des choses à dire. Des choses qui détenaient l'espoir de remettre le petit homme meurtri sur la voie de la guérison de son âme. Que l'adolescent paumé devienne enfin l'homme attendu, celui de la situation. Celui qui cessera de rejeter l'existence promise pour une réalité pervertie qui n'était pas censée être la sienne. Une échappée dépravée à laquelle il était grand temps de mettre un terme.

        Pourquoi cette fuite ? Cet abandon qu'il avait jugé impardonnable ? Eamon n'avait plus besoin de se justifier, Declan avait saisi la détresse dans laquelle son jeune frère s'était retrouvé. Cette peur qui l'avait poussé à se fondre dans les ombres, incapable de l'affronter. Trop jeune. Trop faible. Trop peu paré à affronter cette vie d'homme alors qu'il n'était resté qu'un enfant perdu, presque un animal blessé. Comment se fondre dans la chair d'un père alors que la paternité n'était qu'une idée plus ou moins vague totalement bafouée par un géniteur qui n'avait jamais tenu son rôle. Emmy n'avait pas eu l'exemple à suivre. Mais toute cette compréhension ne frappait Declan qu'à cet instant - lui qui avait profité de son créateur jusqu'à son adolescence - provoquée par une réflexion que la colère n'avait jamais su autoriser. Aujourd'hui les barrières s'effondraient. Et le changeur espérait que leur chute ne survenait pas trop tard. Le destin pouvait offrir au pêcheur une seconde chance, il n'avait plus qu'à la saisir de ses mains fébriles et y puiser la force nécessaire à sa renaissance. Ses enfants l'attendaient et lui pardonneraient, tout comme l'irlandais pourtant peu enclin pour se faire y était finalement parvenu, malgré toute sa haine et sa rancune. Cela dit, si le benjamin laissait passer cette occasion, plus rien ne saurait attendrir le coeur de son aîné qui n’éprouverait plus de regret à le laisser derrière. Parce qu’il n’y avait plus que Keane et Nate qui avaient besoin de lui, mais aussi son grand frère. Pour la première fois Declan quémandait ouvertement qu’on lui tende une main. Une ultime chance de se racheter qu'il lui donnait. Aussi, dans la faille, l’éméché s’engouffra.

        « J’sais pourquoi t’es parti Emmy... Mais j’m’en fous aujourd’hui, c’est plus ça qui compte ». Son regard s’intensifia. Il le plongea vers cet être avachi sur sa carcasse qui à ses côtés laissait filer toute sa peine. La mine de l’irlandais devint grave. Puis, avec la tendresse d'un aîné, sa main vint se déposer sur l'épaule de l'éploré que les sanglots faisaient pitoyablement trembler. Il n'était plus qu'une épave à la dérive qui attendait d'être retrouvée au beau milieu des flots, seule et terrorisée, pour être ramenée vers le port de son salut. Le hasard avait conduit les deux frères à se confronter de nouveau, mais ce ne serait pas Declan qui guiderait Eamon vers le rivage. Non. Ce serait ces enfants qui affichaient ses traits et portaient en eux tout l'amour dont il aurait besoin pour se reconstruire. Emmy n'avait plus qu'à trouver le moyen de puiser en leur source intarissable pour que la force de rester digne ne le quitte plus jamais. « Ils sont vivants. Nate et Keane, ils vivent avec moi. Et ils vont bien. Aussi bien qu’peuvent aller des gosses dont la mère est morte et le père disparu j’veux dire... ». Il marqua un léger silence, chercha ses mots avec toute la précaution dont il était encore capable dans cet état. Ne se rendit pas compte qu'il venait d'annoncer la bonne nouvelle de leur survie mais aussi le décès de Carrie sans cérémonie. Continua sur sa lancée sans même y réfléchir. « Tu n'as pas b'soin d'moi p'tit frère, c'est d'eux dont tu as b'soin. Ils ne t'en voudront pas d'les avoir lâchés, les enfants pardonnent tout. Ils attendent leur papa et tu vas t'raccrocher à eux pour décrocher d'ta merde et prendre tes responsabilités. J'te laisse pas l'choix. Ils sont bien plus en danger avec moi qu'avec toi... Ils n'ont plus qu'toi et j'ai bien l'impression qu'tu n'as plus qu'eux... ». Declan n'en dit pas plus, Emmy n'avait pas besoin de connaître les détails. Pas encore. Et n'avait toujours pas pris la moindre pincette lorsqu'il énonçait la fin tragique de celle qu'il avait un jour appelée Belle-soeur. Parce que lui avait eu le temps de faire son deuil et de tourner cette page dramatique. Ce n'était plus qu'une vérité à laquelle il avait eu le temps de s'accoutumer et qu'il pouvait évoquer dans la plus grande des simplicités. Une triste acceptation.

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        MessageSujet: Re: Tends moi la main et je te trancherai le bras {PV}   Mer 23 Sep - 23:47


        Enterré dans la douleur, incapable d’entendre le moindre son autre que mon cœur dévasté, je me mure dans cette peine, sans aucune chance d’en sortir. Je ne veux pas. Les aléas s’accumulent sur ma pauvre carcasse détruite et pendant une seconde, je ressens l’impression d’avoir 80 ans au lieu de la jeunesse que je me trimballe. Chaque parcelle de mon corps se voit infiltrer d’une infâme noirceur déprimée et je sens la chute vers la déchéance arrivée. Je n’étais retenu vers le haut que par l’invisible fil du souvenir de mes enfants, là, quelque part, en sécurité… Ce fil rompu, rien ne m’empêchera de chuter dans les ténèbres les plus sombres et la terreur absolue. J’imagine déjà la spirale infernale qui m’attend lorsque dans la noirceur, la lumière la plus pure vient soudain percer. Sa main, que j’imagine plus douce qu’elle n’est, est venue toucher mon épaule et soudainement mes larmes se stoppent. La brume se dissipe une seconde lorsque je cligne des yeux pour en chasser les affres. Doucement, je lève mon visage, douloureusement crispé, vers lui et l’azur de ses yeux vient transpercer les miens de leur force. Rassurants cette fois, je m’y plonge sans attaches, sans doutes, prêt à me vouer entièrement à cet homme que je vénère depuis ma naissance. Et ses mots, tantôt si douloureux, devienne soudain une douceur dont je me délecte. La tristesse infinie soudain se meurt pour faire place au bonheur le plus intense, dans sa forme la plus pur. Réactions renforcées par le trop plein de drogues, je ne laisse pas de répit à mon pauvre cœur qui se fatigue de tous ces excès. Cette fois, c’est une larme de joie qui vient rejoindre ses compagnes et mon sourire s’élargit tant et bien qu’il éclate soudain dans ce lugubre endroit. Et puis il chute tout aussi vite… Carrie n’est plus de ce monde et je ne peux empêcher une pointe de remords venir pointer son nez. Avec moi dans les parages, peut être aurait elle pu survivre. Et si… je ne veux pas m’interroger plus avant sur ce que j’aurais pu faire en étant présent, je ne peux m’en empêcher. Cette femme n’a jamais mérité mon indifférence soudaine et j’ai bien peur que cette dernière ne l’ait tué.

        C’est donc avec un regard voilé que je me relève finalement, incapable d’être totalement réjouis de la survie de ma chair. Et sans crier gare, c’est un torrent de paroles qu’il m’assène. J’essaye de l’écouter, d’associer tous ses mots comme il les prononce mais j’éprouve le plus grand mal à être totalement concentré. Son discours pourtant, me prend aux tripes, jusqu’au plus profond de mon âme et même sans avoir réellement tout écouté, je sais avoir tout compris. Et je secoue la tête, dans un signe évident de dénégation. « J’ai personne Deko. Je t’ai dit. J’ai personne. Eux… Ils me pardonneront jamais. Toi tu pardonnerais à notre père s’il se pointait sur le pas de ta porte ? J’crois pas. Moi j’pourrais pas déjà, alors toi qui l’a connu… Nate pourra jamais m’pardonner, même s’il est tout p’tit. Et j’ai pas Nym. Et j’ai pas toi. Et j’ai pas Bastien… » En entendant le nom sortir, sans l’avoir prémédité, je pose ma main sur ma bouche, comme choqué, alors qu’une nouvelle larme vient brûler mes cornées. Ces deux syllabes m’arrachent la gorge à chaque fois que j’ose les prononcer mais cette fois, je me fais fort, redresse les épaules et tente de faire bonne figure, juste une seconde. Ma faiblesse est pourtant palpable et me serre le cœur une seconde. Juste une avant que je ne tente de reprendre contenance pour continuer sur ma lancée. « Tu m’vois dans un bon jour Deko. Je peux pas m’en sortir. Pas tout seul. J’suis pas… Je peux pas. » De nouveau je secoue la tête dans l’optique de lui faire comprendre ce simple fait. Incapable de m’occuper de mes enfants actuellement, je ne pense pas une seconde pouvoir m’appuyer sur eux.

        Un mot me revient soudain alors je me crispe, je me tend et détourne le regard, incapable de le soutenir plus longtemps. « T’as tort Deko… Ton pire sera toujours mieux que mon meilleur. Te méprends pas. J’aime mes gosses, je voudrais les revoir, les aimer, m’en occuper. Seulement dans mes meilleurs jours, j’suis une épave. Dans mes pires, j’suis un déchet. Et j’peux pas sortir de là… » Je n’en ai pas envie. La noirceur m’accueille de ses bras douceureux et ce n’est pas là la place d’enfants. Une larme m’échappe de nouveau lorsque je me rends compte de cela « Y’a trois mois… Tout était différent. J’aurais pu. Là… C’est impossible ! J’peux pas Deko. J’peux pas me montrer comme ça face à eux. J’peux pas être leur père quand j’suis déjà pas capable de changer d’slip tous les jours… » Et là sans crier gare, j’éclate de rire, toujours dans mes états drogués versatiles…

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