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  Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]

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MessageSujet: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Jeu 10 Sep - 13:01

 Have you forgotten
all I know ?

○ You don't remember me but I remember you. I lie awake and try so hard not to think of you. But who can decide what they dream ? And dream I do... I believe in you, I'll give up everything just to find you. I have to be with you to live, to breathe. You're taking over me. I look in the mirror and see your face. If I look deep enough, so many things inside that are just like you are taking over.


Le soupir se fait attendre mais la rancœur persiste à l’ombre de l’élancement solaire. Il n’y a que les bruissements cristallins pour cingler les rares notes s’évadant péniblement de la chaine hifi usée par les fracas temporels. Les doigts de Joan maltraitent inlassablement le récipient, marquant une impatience insoluble qui a éclot dans l’ennui. La boisson avinée caresse la bouche quand la bête jaillit. Les pattes s’invitent dans son espace proche, bousculent son geste et trahissent sa distraction. L’alcool se répand sur le tissu moutonnant, encre écarlate pour textile fragile. Dans un chapelet d’injures, la sorcière se redresse, chasse l’animal d’un geste empressé de la main avant de faire face au désastre. Son plus vieux peignoir, son préféré pour ainsi dire réduit à la condition de fresque vermeille persistante. Gribouillage permanent qu’elle cherche à dissoudre dans l’urgence. Avant que la tâche ne finisse par s’incruster et par se proclamer habitante de l’étoffe, la trentenaire se jette littéralement sur l’évier, armée de ce détergent bon marché qui s’acharne à lui échapper des mains tout en retirant les manches du vêtement. Après une seconde salve d’insultes, elle parvient à noyer les dégâts sous une tonne de bulles et s’applique à frotter les sombres arabesques avant qu’ils n’installent. A mesure qu’elle se déchaîne sur cette parcelle fibreuse, elle note l’usure au niveau des coudes et à d’autres endroits où le duvet devient épars. Forcée de constater que cette cause est perdue, elle ne prend pas la peine de vider l’eau savonnée et balance hargneusement sa sortie de bain à la poubelle non sans renvoyer au chien, le regard assassin qu’il mérite. « T’es fier de toi ? Maintenant, je me les gèle en plus de m’emmerder. » Elle soutient les prunelles de la créature avant de s’attendrir.  « Tu te fais chier toi aussi, hein, c’est ça ? Putain que je hais les jours de repos. » En détournant son attention, elle accroche visuellement les documents éparpillés à même le sol. Des notes principalement entre lesquelles quelques photos dérobées ou récemment prises s’insèrent pudiquement. Son beau bordel, cet affreux bazar.

Cette enquête ne peut pas être mieux résumée que par cet amoncellement de papiers froissés. L’aorte comprimée, elle s’accroupit pour saisir le premier cliché à sa portée alors que le poilu revient à la charge, déposant son museau sur sa paume avec entêtement. En roulant des yeux, elle délaisse sa paperasse et annonce d’une voix solennelle.  « Un peu d’air frais ferait pas de mal. » Avant que la nuit tombe. Presque religieusement, elle enfile les frusques de Susanna en suivant le rituel habituel. Elle invite son fantôme autour de ses épaules avec beaucoup de soin avant d’embarquer son flingue et de revenir dans la salle de séjour  pour attacher le cerbère à sa laisse. Ils dévalent les étages avec empressement, nourrissant l'enthousiasme de l'autre. Le trottoir les accueille brièvement avant qu’ils ne pénètrent dans l’habitacle de sa voiture rutilante. Le moteur émet d’étranges vibrations avant de lui accorder le loisir de suivre la route.

Elle n’y est allée qu’une seule fois. Le plus tôt possible après le décès, afin de dénicher toutes les preuves qui pouvaient s’y trouver. Elle avait dévalisé la garde-robe ensuite et embarqué l’animal. Depuis, elle n’a plus voulu se confronter à l’intimité de sa sœur. Pourtant, dans l’impasse, la brune se sent bien contrainte à revenir au point de départ. A défaut de retourner flageller Ezio, elle peut au moins s’abriter du repaire de sa jumelle. Il y a forcément quelque chose là-bas. Et quand bien même aucun indice ne serait présent, il n’y a pas de meilleur endroit pour méditer sur ce qu’il s’est passé.  Quand le chalet se dévoile, la gorge s’assèche, les mains tremblent. Les émotions toujours trop fraîches lui laminent la poitrine. La bête s’installe sur ses genoux tout aussi brutalement, broyant de ses pattes la boîte de vitesse pour se faire.  « Ça va, je vais pas en faire une dépression, arrête de faire ton sentimental !  Si t’as envie de brayer, t’es pas obligé de te fourrer dans mes jupes ! » Elle glisse nonchalamment ses doigts sur son pelage avant de rassembler son courage et de s’extirper du véhicule. Bien entendu, elle a réussi à se procurer un double des clés. Quelques intimidations bien placées. C’est fou comme la menace fonctionne bien quand on expose un peu trop l’holster sous la veste. De gestes peu assurés, elle délivre l’entrée et ôte toute attache au chien afin qu’il gambade sans plus de contrainte dans son ancien foyer. L’américaine ne lui accorde plus le moindre regard alors qu’elle s’invite dans chaque pièce avec un but. Elle retourne à nouveau absolument tout pour mieux remettre chaque chose à sa place désignée, déplaçant si peu de poussière qu’on ne pourrait même le deviner. C’est important, semble-t-il de préserver cet endroit, important qu’il conserve la dernière empreinte, le dernier passage de sa propriétaire. Une forme de respect en somme et aussi de réconfort sordide. La rationalité la déserte dès qu’il s’agit de l’italienne. Sans doute qu’il y a plus de place à l’intérieur afin que Chiara respire par ses propres moyens.

Plus vulnérable que jamais, elle vide minutieusement une armoire et en déniche une cassette qu’elle n’a pu apprécier à sa première visite. Intriguée, elle s’installe dans le premier siège qui croise sa route après avoir disposé du matériel pour visionner le contenu de l’enregistrement. La surprise brise immédiatement l’expression placide de la peacekeeper. Azzura, Ezio, le sang, la hache. La violence force des soubresauts contre l’épiderme. Elle ne reconnait définitivement plus sa famille mais ne peut s’empêcher de fixer l’écran jusqu’à brimer la rétine et le cœur. Parce qu’elle tient sans doute là, les restes audiovisuelles de son autre parente. Les remords de la jeune noyée l’écroue à une tristesse sans fond. Elle était présente quand elle a rendu son dernier souffle. Elle aurait peut-être pu l'arrêter mais elle ne savait pas. Elle ne savait rien. Elle se recroqueville en attendant que le cauchemar s’arrête à la fin de la bande. Mais elle doute qu’il ne persiste dans la mémoire. Au centre de cette défaillance qui se dilue pourtant dans la succession d’épreuves et de questionnements. Presque complète et pourtant, imparfaite.

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Dernière édition par Joan C. Valentine le Mar 1 Déc - 23:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Jeu 10 Sep - 13:28

Elle ne trouve plus le sommeil. Les maudits grains de sable ne parviennent plus à tenir ses paupières fermées plusieurs heures d’affilée. Les démons qui s’épanouissent dans ses viscères la réveillent en sursaut, grattent la surface avec leurs griffes acérées. La nuit exacerbe ses angoisses, les mélange à celles de la chirurgienne morte. Elle les sent qui grouillent comme la vermine, qui s’agrippent et la grignotent insidieusement ses chairs. Ouvrir ses prunelles métalliques dans un appartement qui ne lui appartient pas n’arrange rien. Ce n’est qu’une douloureuse piqure de rappel. Un rappel supplémentaire de sa nouvelle condition. Elle ne supporte plus ce mobilier qu’elle n’a pas choisi, ces voisins qui lui tapent sur le système à toute heure. Même le chien lui remémore l’animal qu’elle a perdu, et qu’elle ne pourra certainement jamais récupérer. Elle peut s’estimer heureuse qu’il n’y ait pas plus d’attaches cependant. Seulement un ainé un peu trop envahissant et un benjamin fuyant. Elle n’aurait pas su composer avec un mari ou un compagnon stable. Elle aurait été incapable de faire semblant, même si elle prétend bien être une autre avec Lui. Aucun point commun n’est plus effroyable que celui-là, ne la ronge plus frénétiquement de l’intérieur. Ne serait-ce que songer à la brûlure du regard indécent de son cousin contre ses courbes plantureuses lui fait serrer les dents. Ses phalanges se crispent contre le volant jusqu’à en faire blanchir ses articulations et c’est dans un crissement sonore de pneus que son cercueil ambulant s’immobilise brutalement. Les contours de son ancienne habitation se découpent dans la nuit. Aussi intacts que dans sa mémoire morcelée. Tout ce qu’elle a un jour possédé s’est échappé entre ses doigts ensanglantés, effrité en cendres. Mais la pierre reste, inébranlable. D’extérieur, rien ne semble avoir changé. Le simple constat la rassure autant qu’il la brise. Elle a cependant besoin de se réfugier dans un endroit familier, de s’entourer des affaires qu’elle n’a pas pu rassembler. Retrouver un semblant d’ordre au milieu du chaos qu’est devenu sa vie.  

Aux premières lueurs de l’obscurité, elle ne remarque pas l’autre véhicule. Elle ne prête pas la moindre attention aux extérieurs et se faufile directement vers l’entrée. Un léger sourire colore ses lèvres lorsqu’elle constate que la cachette avec un double de ses clefs n’a pas été débusquée. Elle s’accroche à un détail qui peut sembler dérisoire car elle sait que la réalité ne tardera pas à revenir l’écorcher. Elle sait qu’une fois la porte poussée une vague monumentale de chagrin ne tardera pas à l’engloutir, elle et tous ses espoirs futiles. Que l’organe inutile tapi dans sa poitrine recommencera à peser des tonnes, à couler tout au fond de sa cage thoracique comme un poids mort. Qu’elle se sentira à nouveau horriblement perdue, étrangère partout où elle traine sa misérable carcasse. Elle ne se leurre pas. Elle n’incarne guère plus qu’un fantôme prisonnier des mauvais lieux, mais condamné néanmoins à y errer perpétuellement. Mécaniquement, les phalanges appuient sur la poignée, comme si elle s’attendait inconsciemment à ce qu'elle ne soit pas verrouillée. L’ouverture lui coupe le souffle et elle reste interdite le temps de plusieurs battements de cœur, parfaitement figée. Sa paume s’appuie contre le panneau de bois avec appréhension. Une bouffée de colère lui noue la gorge, alors qu’elle se permet de pénétrer à son tour dans la tanière, sans une once de prudence. C’est plus fort qu’elle, elle se sent violée dans son intimité même si elle n’en est plus la propriétaire. Elle ignore si ses effets personnels sont encore là, mais que quelqu’un d’autre puisse se réapproprier l’espace lui retourne l’estomac.

Le son de la télévision et la lumière vive qui se reflète sur le plancher l’alertent sur la présence effective d’un intrus. Sa silhouette se fige, cherche à reconnaitre les éclats de voix. Son sang bouillonne, incendie littéralement ses veines, lorsqu’elle reconnait distinctement sa sœur et le soldat. Le timbre de Gemma n’a pas effleuré ses tympans depuis si longtemps qu’elle ravale péniblement un sanglot en l’entendant. Elle ne peut rester plus longtemps tapie dans la pénombre et ne résiste pas à l’envie d’avancer vers l’écran infernal. Bouche bée devant la scène effrayante qui se rejoue devant elle. Fascinée malgré elle par la folie macabre des membres de sa famille. La tristesse l’accable en contemplant le corps voué à être sans vie d’Azzura, en se rappelant qui l’a assassinée avec une préméditation abominable. Elle est loin d’en avoir fait le deuil, pas plus qu’elle n’a réellement réussi à faire celui de sa jumelle. Accidentellement ou sciemment, Il aura détruit sa vie à deux reprises. Qu’ont-ils fait d’autre durant toutes ces années, sinon s’échanger cruellement et inlassablement les rôles de bourreau et de victime ? C’est la danseuse qui tient la hache cette fois, et qui la plante avec une rare barbarie dans le ventre de son amant.

Un cri d’effroi perce le silence, comme au tout premier visionnage, et elle ne l’étouffe que trop tard en recouvrant ses lippes d’une main. Elle recule instinctivement, fait chuter un vase à proximité comme la pire des maladroites. Le verre fait un fracas terrible en s’explosant par terre, provoquant l’éveil brusque de l’animal endormi dans un coin de la pièce. Le husky aboie à tout rompre, s’avance vers elle en dévoilant ses crocs. « - Peluzzo. » Le rabroue t’elle sur un ton autoritaire, sans même avoir à y réfléchir. Assez pour déranger les repères de la bête, et lui faire stopper sa marche menaçante. La sorcière déporte alors enfin son attention sur celle qui s’est permise de fouiller chez elle et ne s’avoue qu’à moitié étonnée en reconnaissant Joan. La peacekeeper qui avait pour fâcheuse habitude de la suivre un peu trop avant que son beau-frère n’ait la délicieuse idée d’éparpiller sa cervelle contre les murs. Elle n’a jamais compris ses motivations et les a même reléguées dans un coin sombre de son esprit, en les croyant à tort sans véritable importance. « - Qu’est-ce que vous foutez chez m… » Elle s’interrompt juste à temps, mange la fin de son interrogation courroucée. Déphasée, choquée de trouver la milicienne là, elle a abandonné le filtre qui retient d’ordinaire ses paroles. Son armure de reine des glaces se craquèle, laisse apparaitre des failles dangereuses si elles restent à découvert. Elle doit s’inventer un mensonge en urgence, pour ne pas rendre sa situation plus précaire qu’elle ne l’est déjà.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Jeu 10 Sep - 13:37

Les mains tremblent contre la poitrine. Les barrières se rehaussent à quelques reprises, perçant le flux pictural d’une rationalité inquiétante afin de contrer l’horreur et les drames qui se succèdent. Mais c’est déjà trop tard pour rappeler l’italienne, bien trop tard. Chiara rejette la tête en arrière, oblige Joan à boucler l’horizon sanglant en refermant les paupières. La sorcière se contente alors des sons, bien plus angoissants, désormais scindés de l’image. L’imagination tisse le visuel absent et construit des scènes bien plus sordides encore. L’estomac se retourne, ses bras serrent la cage thoracique. Bercée et entretenue par l’ombrage, la trentenaire succombe peu à peu aux réminiscences. Elles forcent le passage et compriment sa mémoire. Des fragments, des sensations, des échos. Pratiquement des hallucinations qui se craquellent et se brisent quand la réalité rattrape le passé. L’intrusion devient évidente quand l’objet heurte le sol. Les doigts grimpent alors dans un spasme sur l’holster. Vide. L’injure se noie aux aboiements précipités de la bête, la peacekeeper se redresse dans l’obscurité, les sens en alerte. Le chien se tait à l’injonction invoquée par l’intruse et durant une fraction de seconde, en constatant le repli instantané de l’animal, elle se plait à s’inventer Susanna, juste là, à proximité. Dans la pénombre, elle peut même se permettre de reconstituer ses traits sur cette silhouette indistincte. Le chagrin se mêle à l’allégresse factice. La balle qui a traversé son crâne, semble continuer sa course pour atteindre l'aorte de la jumelle. Arrêtée dans sa progression par cette chimère, elle en vient même à sursauter quand l’étrangère s’octroie l’air pour apposer une nouvelle mélodie à l’atmosphère. Transie par le souvenir, la brune éprouve des difficultés à se mouvoir durant ce qui semble être une éternité. Qui peut donc hanter ce chalet ? A part le meurtrier rempli de remords ou animé de nouvelles intentions ?

Quand la litanie chute, elle bondit littéralement sur la table pour y dénicher son flingue, renversant d’autres objets dans cette seule manœuvre. Le pouce maltraite la sécurité de l’arme alors que l’index chatouille la gâchette. « Au premier geste, t’es morte ! Pigé ? Alors tu la fermes et tu bouges pas. » Tout en pointant le canon sur l’inconnue, elle se dirige vers le premier interrupteur à sa portée. Son poing s’abat avec disgrâce alors que sa rétine accuse l’agression luminescente avec acidité. Les paupières balbutient, l’acuité visuelle vacille mais le bras ne perd pas son cap. Quand les contours se figent enfin et que l’identité se révèle, la surprise se placarde à son faciès et distend la dureté de sa peau opaline. La chirurgienne. L’anxiété saisit la gorge sans atteindre la détermination cependant. La confusion s’étale, offre de nouvelles perspectives à cette sordide enquête. De quelle façon est-elle impliquée ? Dans quelles mesures connaissait-elle la victime ? Assez pour se faire obéir de la créature ? Les interrogations fusillent l’impatiente et entraîne l’adrénaline, la curiosité quasiment viscérale. Une énergie dévastatrice qu’elle canalise très mal depuis son pan de la pièce. Peut-être qu’elle pourra en apprendre plus, peut-être que la chance lui sourit. La voix devient brutale faisant bonne mesure avec l’empressement. « Tu mets tes mains bien en vue, je dois pouvoir voir ce que tu fais, ok ? » Elle contourne la table, s’approche calmement de son invitée. Cette prestance la déstabilise encore, même dans ce décor et sans objets de torture pour l’encadrer. Le regard farouche, la mâchoire taillée par une fierté inébranlable et pourtant, plus elle l’observe, plus elle note les brèches derrière l’attitude.

L’américaine redresse le menton, revête cette assurance acquise sur le terrain, traitant cette situation comme une énième intervention gouvernementale. « Assieds-toi. » Elle tire une chaise, s’y installe, en veillant à ne jamais dévier la trajectoire du pistolet. Toujours prête à immobiliser son opposante si le danger se manifestait. Le calme amplifie cette tension latente. Tout peut arriver. Elles le savent toutes les deux. Elles sont sur le fil du rasoir. « C’est quoi déjà ton nom ? Grumy… Gris… ? Je sais pas encore ce que tu fiches ici… » Mais ça ne saurait tarder. « … Mais tu as mal choisi ton moment pour faire irruption. La chance ne s'est pas décidée à être de ton côté aujourd'hui. T’es entrée par effraction, rien que pour ça, je pourrais te coffrer, t’en as conscience ? » Bien qu’elle soit sûrement protégée d’une façon ou d’une autre par le gouvernement mais peu importe. La furie dépose son coude sur la surface plane pour détendre les muscles du bras sans jamais réajuster la pugnacité de sa posture pourtant. « Alors dis-moi, tu passais seulement dans le coin ? Et tu as voulu dire coucou, arroser les plantes peut-être ? » Le sarcasme s’enroule autour de la langue et contamine les lèvres. Un demi-sourire éteint étreint sa bouche, marquant un mépris amplifié par la rancœur, par la douleur que cette perte suscite à chaque éveil.

Un millier de repères invisibles, des cicatrices incomplètes pour suturer la poitrine. « Tu sais seulement où tu te trouves ? Tu sais qui vivait ici ? T’es venue piller ce qu’il restait ? Tu squattes seulement ? Ou alors tu as eu des remords ? Choisis-bien ton excuse. Je te laisse cinq secondes. » Insolente, adoptant la tactique sournoise du mauvais flic, elle ponctue son point d’un tic-tac morbide en claquant des dents avant de retrouver son sérieux et d’enchaîner plus agressivement encore. « On a retrouvé le cadavre de la propriétaire des lieux, il y a un bon moment. Aucune piste, aucun suspect. Et voilà que tu te pointes, que tu fais taire le poilu et que tu prends de toute évidence, tes aises dans ce qui ne t’appartiens pas. Comprend que cela est intriguant. Alors dis-moi, à ma place, tu tirerais quelles conclusions ? » Elle se penche vers son interlocutrice et accroche plus impitoyablement encore sa prunelle. Elle veut des réponses, elle veut savoir, connaître, appréhender. Et peut-être abattre pour pouvoir retrouver des rêves immaculés ou du moins bien plus porteurs, que cette insécurité voilée d’impuissance. Pour pouvoir survivre sans garder la désagréable sensation d’évoluer dans un Monde où le salaud respire, vit encore. Cette abomination qui lui a repris sa sœur. Sa moitié. Sa famille. Un coup d’œil derrière l'épaule, sur la bande qui s'achève. Elle soupire. Oui, sa seule famille désormais.

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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Dim 13 Sep - 20:51

L’intruse bondit comme une furie sur son arme, s’y jette comme s’il s’agissait d’une question de survie. Ne lui laisse aucune chance de fuir sans un bain écarlate. Le sang de la sorcière ne fait qu’un tour lorsque le cliquetis familier du cran de sécurité retiré résonne dans la pièce. Des tremblements intempestifs tiraillent sa frêle carcasse alors que l’objet meurtrier reste pointé dans sa direction. Les canines acérées de la peur se plantent hargneusement dans sa nuque, l’immobilisent complètement. La lumière artificielle du néon l’agresse et l’aveugle. La carrure imposante de son beau-frère se superpose aux courbes féminines, et elle visualise déjà la balle se loger dans son crâne. Il ne lui a pas laissé le temps de se justifier ou de protester. Pas même celui d’implorer sa pitié. C’est avec une froideur mécanique qu’il l’a éliminée, comme un contrat qu’on exécute machinalement. Il n’était pas en quête de sa version de l’histoire, il n’était pas venu pour négocier. La seule faveur qu’il lui a faite a été d’énoncer le motif de sa condamnation à mort. Rien d’autre. Rafael n’a pas tenu compte de leur passé, du lien presque fraternel qui s’était tissé entre eux. Il n’a retenu que le pire en appuyant sur la gâchette sans une once de remords ou d’hésitation. L’écho sordide du douloureux souvenir résonne avec vigueur dans sa boite crânienne, la transperce de part en part.

Pour une fois loin d’en mener large, elle met ses mains bien en évidence et s’assied docilement face à la milicienne. Acide, sa salive remonte péniblement dans sa gorge, l’écorche atrocement. Elle prend garde à ne pas interrompre le monologue, tente de s’abstenir de tout élan d’insolence suicidaire. Un ricanement fend pourtant l’air lorsqu'elle se fait accuser de flagrant délit de cambriolage. « - Grimes. Et je ne suis pas entrée par effraction, j’ai une clef. Je ne suis pas certaine que vous puissiez en dire autant mademoiselle Valentine. J’imagine que vous disposez sur vous d'une autorisation écrite pour inspecter les lieux d’ailleurs ? » Souligne-t-elle, moqueuse, en ouvrant sa paume au-dessus de la table pour dévoiler le morceau métallique niché à l’intérieur. Contrairement à la brunette incendiaire, elle évite la familiarité déplacée du tutoiement et se croit maligne en lui prouvant que contrairement à elle, elle n’a pas la mémoire courte. Les traits de son visage restent tirés, figés dans la glace, mais une lueur d’amusement chasse furtivement l’angoisse logée dans ses rétines. Elle se permet de détailler plus avant la femme de poigne qui lui fait face. Elle se rappelle partiellement d’elle et de la perplexité qui a toujours régné en sa présence. Incapable de se faire une opinion sur elle et de vraiment cerner pourquoi elle semblait tant rechercher sa compagnie. Pas plus qu’elle ne comprenait l’étrange pincement qui étreignait son palpitant chaque fois qu’elle se retrouvait avec elle. Comme une fêlure jamais vraiment comblée ni cicatrisée.

« - Je sais chez qui je me trouve. Je la connaissais… plutôt intimement. » Annonce-t-elle dans la précipitation pour se dédouaner, à défaut de dissimuler une meilleure excuse dans sa manche. Espérant que celle choisie rende suffisamment crédible sa connaissance étendue de la morte. Elle choisit ses mots avec soin, joue sciemment sur l’ambiguïté susceptible d’en découler. « - Elle m’avait même parlé de vous. Il parait que vous la suiviez comme un petit chien. Vous auriez peut être dû tenter votre chance, vous étiez certainement son genre. » Susurre t’elle sans le moindre tact, se permettant même un regard appréciateur et sans équivoque sur les formes de la furie. Elle ignore l’écœurement qui lui tord le ventre à la simple idée et échoue certainement lamentablement à détendre une atmosphère hautement chargée en électricité. Ses prunelles claires butent cependant sur la forme du haut et elle plisse des yeux, s’avançant légèrement pour mieux en cerner les détails. Ses sphères d’acier remontent et reconnaissent une paire de boucle d’oreilles lui appartenant. « - Vous poussez le vice jusqu’à porter ses anciennes fringues pour le bien de l’enquête ? C’est une nouvelle méthode pour se glisser dans la peau de la victime et améliorer les chances de coffrer le coupable ? Un tel dévouement doit forcer le respect de vos collègues. » Éberluée et reprenant sensiblement du poil de la bête, ses intonations tranchantes n’épargnent pas l’orgueil de la furie. Elle appuie sur les failles, curieuse toutefois de relever un emprunt si incongru. A mille lieux de reconnaitre la jumelle que le Tibre lui a cruellement arrachée, et sans laquelle elle a appris à survivre, à défaut de réellement vivre. « - Ou bien la paye de peacekeeper n’est pas assez rondelette pour vous permettre de vous en acheter des dignes de ce nom ? Je crois que vous êtes sacrément mal placée pour m’accuser de pillage. » Ironise t’elle, acerbe et mesquine.

Elle jette tout de même un œil au husky assis à distance, se retient d’esquisser un sourire tendre en le voyant se rapprocher gentiment. La tête de l’animal pousse ses phalanges, quémande une caresse. Les serpents suaves n’y résistent pas, en retrouvent le contact rassurant. Ils se perdent dans la fourrure suave, au risque de se faire plomber par la soldate peu commode. Inespérée, la proximité retrouvée réchauffe l’organe tapi entre ses côtes. Dire qu’il lui manque affreusement est un euphémisme, tant elle le dorlotait. Plus intelligent et intuitif que l’homme, il semble quasiment reconnaitre sa maitresse. « - J’en déduis que l’enquête piétine. C’est déjà ça, je la pensais classée. » Ce n’est qu’un murmure, lâché avec colère entre ses dents serrées à s’en fracturer la mâchoire. Le nom de l’assassin est forcément une évidence pour le gibier abattu. Elle ne se fait aucune illusion, il n’ira jamais croupir en prison compte tenu de son poste haut-placé de chien de garde du Président. Pas même avec les normes drastiques imposées récemment par les tyrans au pouvoir. Les puissants resteront toujours intouchables, elle le sait.

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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Dim 20 Sep - 12:50

C'est un puzzle à double face, à l'impression douteuse pour un rendu exécrable. Des couleurs délavées, des endroits oubliés pour des coins acidulés, édulcorés par des teintes criardes. Des vérités qui se multiplient, elle en dispose d'une centaine mais aucune ne semble vouloir la conduire à ce qu'elle cherche désespérément. Un nom, un visage et un motif. Bien sûr, il y a les hypothèses faciles. Il y a son cousin qui dispose de tous les mobiles et à qui elle aimerait toujours fournir tous les alibis. Et puis, tout ce vide qui n'a de sens que le passé. Remonter le cours une existence qu'elle n'a pu apprécier que partiellement, découvrir et comprendre une âme aimée et déformée par une éternité d'errance, de sacrifice et de souffrance. Etait-elle seulement heureuse ? Sa dernière entrevue avec Stain lui énonce une négation évidente qui lui brise le cœur. Pas responsable et pourtant, comment les choses se seraient-elles déroulées si elle avait pu se rappeler à temps ? Chiara hante son regard quand elle le repose sur la femme dénichée au centre de son cauchemar. Dans l’œil de l'ouragan, les questions se morcellent et les réalités s'entassent pour former un néant qui n'a d'espace que la distance entre les deux corps. Elle se sent engloutie mais demeure imperceptiblement accrochée à son rôle de mauvais flic. Peut-être un indice, peut-être un détour mais personne, dans tous les cas, ne peut passer par là sans posséder au moins une raison et un morceau d'histoire. Les angles décris par l'ossature de la chirurgienne propulsent sur ses traits emprunts de dureté, assez d'ombre pour engranger une aura froide et néfaste à son attitude générale. Dans une autre vie, Joan n'aurait jamais réussi à s'adresser à cette inconnue de cette manière. Avec satisfaction, elle note le changement dans l'épreuve ce qui l'enhardit davantage. Peut-être à tort.

La sorcière se montre obéissante mais tout autant insolente, faisant écho à l'impertinence de la peacekeeper. Un sourire éclot sur les lèvres sèches de la trentenaire tandis qu'elle accuse chaque retour de son interrogatoire. Son interlocutrice renverse totalement la situation avec une poigne tout à fait impressionnante. Si l'annonce de leur relation la déstabilise quelque peu, elle n'en montre pourtant pas la moindre trace et retient simplement cette information dans un coin isolé de sa mémoire. Elle aura le loisir d'en analyser la contenance plus tard. Sans se départir de son rictus mauvais, elle reprend la parole. « Je travaille pour le gouvernement au cas où l'amnésie t'aurait frappée. Cette baraque ne t'appartient, qui plus est, pas parce que malheureusement pour toi, tu ne figures en aucun cas sur le testament de ta chère et tendre donc même avec la clef, tu n'as légalement aucun droit de foutre ton pied ici contrairement à moi, qui ai le droit d'enquêter. Tu devais récupérer quelques cds oubliés peut-être ? » Une moue retrousse sa bouche en signe évident de provocation. Elle se refait sérieuse le temps d'exposer les faits. « Ce lieu regorge d'indices, inutile de te préciser que tu fais obstruction à une enquête en venant piétiner les preuves de la sorte par simple nostalgie. » Dans un mouvement tout à fait méprisant, elle ramène la main qui ne tient pas l'arme sous son menton et observe avec avidité la potentielle amante de sa soeur. « Serait-ce de la jalousie que je perçois ? » Un léger ricanement et finalement, elle dépose son flingue sur la table sans pour autant ôter ses doigts de la crosse, veillant cependant à remettre la sécurité avant de s'y résoudre.

Changement de tactique évident. Si elle peut lui apprendre la moindre chose utile, il faut revoir la procédure. Les accusations qu'elle lui a balancé ne lui font ni chaud, ni froid. Elle ne voit pas pourquoi elle rougirait de porter les vêtements de sa jumelle. Ni pourquoi elle devrait s'expliquer d'ailleurs. « Je n'ai pas à me justifier sur tous les points que tu as soulevé pour la simple et bonne raison que je fais mon boulot et que ma relation avec la défunte ne te regarde en rien. » Sans plus de transition, elle continue sa tirade, relevant même le menton pour imposer son arrogance. « L'affaire ne sera pas classée tant que je respirerai. » Sa sincérité ne peut faire l'objet du moindre doute. La boule de poils se réfugie sous sa chaise et sa présence la pousse à poursuivre, ne laissant aucun temps mort et n'offrant au silence aucun crédit. La brune se redresse et placarde à ses prunelles le spectre de la jeune italienne. « C'est moi qui ai ramassé le corps de Susanna. » Elle secoue sa tête, devient livide et se mord la langue avant d'aspirer l'air de façon moins assurée. Ça lui a échappé. Elle ne s'y fait pas. Elle ne s'y fera jamais à ce prénom qui ne résume rien de concret, rien de tangible et qui signifie qu'elles ont été deux étrangères pendant trop longtemps. « Je veux dire de Cora. Une balle dans la tête. Net, précis, le tireur n'a pas hésité. Mais tu dois sans doute le savoir. » Elle subit la tyrannie de l'aorte éprouvée mais s’agrippe plus que jamais à son masque de sévérité pour ne pas se laisser consumer par la scène qui revient sans cesse dans ses rêves et qui la cloue aux draps que l'éveil survient. « Si tu étais aussi intime avec elle que tu le prétends, tu as peut-être des choses à m'apprendre. Après tout, si toi aussi, tu veux qu'on foute ce connard derrière les barreaux, tu devrais coopérer. Je suis la seule de mon département à me soucier du sort de cette femme. » Tristement réel et abject.

La magicienne se penche un peu vers l'avant pour mieux s'approprier le regard de son opposante, créant une proximité afin de susciter l'intimité réclamée par ce qu'elle lui réclame. « Commençons par le plus évident. Stain Greyjoy, l'enflure chez qui on l'a retrouvé. Tu sais quoique ce soit sur lui ? De toute évidence, il était tout autant intime avec elle. J'espère que vous n'avez pas réglé vos passions communes par le meurtre de votre douce. » Une grimace déforme son faciès, elle se crispe en envisageant l'homicide sous cette forme, peignant adroitement l'italien dans le rôle du meurtrier. Elle recule alors en soupirant. « Tu sais si elle avait d'autres ennemis ? D'autres raisons de se faire butter ? » Ce n'est pas comme si elle voulait vraiment la croire mais a-t-elle seulement le choix ? Ezio n'est pas en état de lui fournir la moindre information. Inutile et demeurant jusqu'à ce jour, le meilleur suspect qu'elle possède. Mais tout ça dépend aussi de cette entrevue imprévue. Et de la coopération de cette invitée surprise. En la détaillant, elle tente de percer un mystère de plus. Combien s'additionneront encore avant qu'elle ne saisisse la nouvelle identité et la nouvelle vie de sa jumelle disparue ?  

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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Jeu 24 Sep - 16:27

Le doute qui plane, qui les perd l’une comme l’autre. Elles se provoquent mutuellement, tentent de se déstabiliser pour reprendre l’avantage. Mais la tentative n’a pas l’effet escompté. La chirurgienne s’attend à voir rougir de honte les joues opalines lorsqu’elle pointe du doigt les textiles et les joyaux dérobés. La jeune femme ne tombe pas dans le piège. Elle longe le gouffre, en jauge la hauteur fatale sans pour autant s’y laisser happer. Elle ne relève pas l’anormalité de ses larcins, semble trouver parfaitement normal de se vêtir avec les affaires d’une morte. Comme si elles lui revenaient de droit, qu’il n’y avait aucun mal à ça. L’étonnement se peint sur la porcelaine de son visage et sa langue claque de mécontentement contre son palais lorsque la soldate réitère le reproche injuste. Frustrée de se faire accuser d’effraction sans pouvoir se défendre complètement, et chasser la véritable intruse de sa maison. « - Je ne piétine rien du tout. Contrairement à vous, je n’ai déplacé aucun de ses objets personnels. Je ne vois pas vos gants non plus. Vos empreintes doivent maintenant surement se trouver absolument partout. C’est bien les miliciens, ça. Les règles valent pour les autres mais pour eux. » Crache t’elle, visant plus particulièrement l’italien. Elle les tolère de moins en moins, ces vermines en uniforme, qui se croient tout permis simplement parce qu’ils portent le sceau de l’autorité. Des brutes écervelées, préférant jouer des muscles plutôt que de faire interagir leurs pauvres neurones. Qui se plaisent à écraser les plus démunis comme de vulgaires pucerons. La sorcière sait qu’elle force le portrait, qu’elle abuse des généralités, mais le ressentiment l’emporte sur la tiédeur.

L’arme à feu reste entre elles, dicte les règles du rapport de force. Ses prunelles céruléennes tentent de ne pas s’y attarder, mais l’éclat métallique transperce ses rétines à intervalles réguliers. La menace posée en évidence lui noue la gorge. Pénible, la déglutition s’avère difficile et lui écorche la trachée. Cela ne l’empêche pas pour autant de faire preuve d’une insolence suicidaire, frôlant la faiblesse d’esprit. « - De la jalousie ? Pour qui ? Une déséquilibrée qui s’amuse à se promener dans ses fringues et à se parer de ses bijoux comme si elle cherchait à lui ressembler ? Vous devriez tester les lentilles de couleur pour pousser le vice jusqu’au bout, si ce n’est pas déjà fait. » Elle ne comprend pas ce qui a pu amener la peacekeeper à développer une telle fascination pour elle. Elles n’étaient pas proches, n’échangeaient que le strict nécessaire de paroles. La légiste n’appréciait que modérément les tentatives plus ou moins visibles de son acolyte temporaire pour gommer la distance, et n’a jamais fait l’effort d’apprendre à la connaitre. Probablement à tort. « - Votre relation avec la défunte se résumait au néant, pas la peine de faire semblant d’entretenir le suspense. » Soupire-t-elle, balayant l’air d’un signe de main sans équivoque. Connaitre la réalité et se taire se révèle toujours aussi compliqué pour elle, désireuse de rabattre fermement le clapet de la brune agressive.

C’est moi qui ait ramassé le corps de Susanna. Le prénom tombe dans son oreille comme un couperet, résonne dans le silence assourdissant. Ses billes d’acier s’écarquillent de stupeur. Il n’y avait guère plus que son ainée pour l’appeler ainsi. Et le bourreau qui l’avait exécutée avec un calme effrayant. Elle ne relève pas l’erreur, se contente de froncer les sourcils lorsque la militaire se corrige d’elle-même. « - J’en suis désolée pour vous, ça ne devait pas être un spectacle très joli à voir. » Le ton s’adoucit, devient plus compatissant. Elle n’a pas contemplé son cadavre mais elle en a vu assez défiler à la morgue pour connaitre les dégâts physiques d’une sphère métallique en pleine tempe. Elle visualise aisément la cervelle explosée, les morceaux de chair qui ont dû jaillir et tapisser le plancher d’écarlate. « - Je n’ai aucune foi en la justice. Votre dévotion est touchante mais si vous creusez trop, c’est vous qu’ils finiront par mettre à l’ombre. » Elle se demande ce qui peut pousser l’américaine à une telle conscience professionnelle. Qu’a-t-elle bien pu dire ou faire pour s’attirer sa sympathie ? Certaine de ne pas mériter son dévouement, après la vie qu’elle a menée. Elle n’a même pas été une collègue agréable et conciliante avec elle. Opportuniste, pleutre, manipulatrice, elle n’a pas cumulé les raisons de se faire aimer. Au contraire. Elle s’est contentée de sauver sa peau, au grand dam de sa grande sœur, qui souhaitait qu’elle se rebelle contre les puissants au pouvoir. Elle n’a jamais eu son courage, elle n’a fait que chercher à passer entre les gouttes. A tirer le meilleur profit de la moindre situation, quitte à renier allègrement ses beaux principes. Des ennemis, des raisons de se faire tuer, elle en avait en pagaille. L’étoile avait beau briller, elle était morte depuis des siècles. Rafael n’a fait que concrétiser un état de fait.

L’espace d’un instant, elle songe à accabler son cousin. A l’accuser de l’homicide. Mais la créatrice ne veut pas se venger de son animal de cette manière-là. Elle ne le protège pas, mais préfère rétablir la sordide vérité. « - Ce n’est pas cette sale pourriture qui a tiré. Vous devez déjà le savoir, rien qu’à votre description de la scène. Vous l’imaginez lui coller froidement une balle dans le crâne, sans hésiter, en préméditant son geste ? S’il l’avait tuée, il y aurait eu des traces de lutte. Il aurait peut-être même retourné l’arme contre lui ensuite, pour parfaire le scénario du crime passionnel. Quoique vu sa lâcheté, je lui fais surement trop d’honneur… » Beaucoup trop. Si elle le sent profondément affecté par sa perte, il lui prouve depuis des mois qu’Il est capable de survivre sans elle. « - Mais il n’aurait certainement pas été assez con pour ne pas nettoyer le carnage derrière lui. » Affirme-t-elle, haussant les épaules pour conclure sa démonstration. Elle ne se défend pas de la suspicion d’assassinat, tant elle la trouve risible et aberrante. Elle ne réalise pas qu’en écartant cette piste, elle risque de lancer la fouine à ses trousses. « - Son beau-frère en revanche… Une vidéo de lui en train de payer des types pour organiser sa traque a circulé dans les médias quelques mois avant sa mort. Bon courage pour enquêter sur le garde du corps du Président. » Ricane t’elle, ses pupilles acérées dardées sur les émeraudes inquisitrices. L’étincelle dans son regard déraille et un éclair de douleur déchire l’océan de glace. Le piteux organe tapi dans sa poitrine pleure des larmes de sang, se fait taillader comme de la viande sur l’étal d’un vulgaire boucher. Elle a envie de partir, de fuir ce lieu chargé de souvenirs bafoués. Elle doit se faire une raison, avancer. Elle ne retrouvera pas son apparence, le reflet de sa jumelle dans le miroir. Pas plus que son ancienne habitation. Vouée à ne plus être que l’ombre d’une autre. « - Vous feriez mieux d’abandonner avant qu’ils ne vous retirent votre badge ou vous éliminent comme elle. Des meurtres restent irrésolus tous les jours, des tas de cadavres s’entassent à la morgue sans coupable arrêté. Pourquoi elle ? Vous vous prenez pour la Sainte patronne des causes perdues ou quoi ? » Renoncer. C’est le meilleur conseil qu’elle puisse lui donner. Une sacrifiée suffit, elle refuse qu’une innocente soit entrainée dans sa chute, simplement parce qu’elle s’est étrangement prise d’affection pour elle. Un vent d’expectative souffle dans la pièce. Elle se mordille nerveusement les lèvres avant d’oser poser la question qui les brûle et la taraude depuis un bon moment. Le masque d’arrogance est même retiré, dans un effort qui lui coûte sa fierté. « - Et puis… comment vous connaissez son vrai prénom ? C’est Ez… Stain qui vous l’a dit ? » Elle ne se corrige pas assez vite, espère sans y croire que Joan n’aura pas entendu sa maladresse.

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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Mar 13 Oct - 19:47

Un espace ténu pour un jeu d’esprit, d’audace et de déroute. Une seule table pour scinder une ignorance commune et une unique vérité pour porter l’ensemble. Elles ne se sont pas arrêtées ici par hasard, connectées par un visage. Celui qu’elles ont perdu à tout jamais. Quand les jumelles s’observent, elles ne perçoivent aucun reflet, elles ne discernent aucun miroitement. Pas le moindre indice que la tangibilité puisse dévoiler, rien qui ne déchire cette réalité mutilée par des revers insoupçonnés. Deux étrangères qui n’apprennent pas à se reconnaître, deux intruses qui ne grattent que la terre et non, la chair. Le champ de vision mal adapté et les perspectives en branle. Pas vraiment amies, pas totalement ennemies. Aucun terme pour définir le début d’un néant. De toute façon, elles ne s’abiment que le temps d’un échange. Dans quelques heures, elle n’y pensera peut-être plus. Elle classera son témoignage, gardera ses traits en mémoire. Elle restera longtemps sur la liste des suspects et elle ne la ressortira des tiroirs que pour conclure cette enquête. Rien de plus, rien de moins. Joan n’a pas à la ménager, elle n’a pas à la craindre dès lors. Elles ne se reverront peut-être plus jamais après aujourd’hui. Sauf si la chirurgienne est liée de près ou de loin au meurtre de sa sœur mais son instinct ne la bouscule pas sur cette piste. Quand bien même, cette dernière la provoque et cherche à asseoir sa propre autorité sur elle. La brune élargit son sourire à sa tirade. « Je sais ce que je fais. Contrairement à toi. Tu es venue faire quoi au juste ?  Pleurer sur sa nappe ? Ça n’a pas l’air d’être ton genre. » Elle soutient plus férocement son regard. Personne ne pourra pas la rabaisser. Et sûrement pas cette femme qui ose profaner le dernier sanctuaire de sa Susanna.

La sorcière peut deviner son malaise alors que l’arme demeure à ses côtés comme l’unique rappel des règles de ce petit jeu. Elle s'y agrippe davantage en propulsant un rire sans chaleur dans leur atmosphère à la remarque déplacée de l'étrangère sur le pillage. Ironique quand on sait qu’à une époque, elles étaient semblables. Elle ne justifiera pas cet acte, elle ne lui donnera aucun indice à ce propos. Ça ne la regarde toujours pas. « Vous crachez beaucoup pour quelqu’un qui n’éprouve aucune jalousie. C’est adorable, non vraiment, adorable. »  Agitatrice par essence et par nécessité. Cette femme ne l’impressionnera pas, elle s’en fait le serment. Elle décide de ne pas répliquer au reste, à quoi bon ? Elle perd son temps. Nymeria Grimes représente un mystère qui s’épaissit de seconde en seconde et dont Joan ignore si sa seule résolution pourrait être pertinente dans cette enquête. Etrange comme elle se radoucit l’espace d’un instant, s’accordant au trouble de la trentenaire sans la moindre difficulté. Sa soudaine compassion déstabilise la peacekeeper. Pire que ça, elle la met en garde. La milicienne ne peut s’empêcher de s’interroger sur ce comportement. Elle l’analyse scrupuleusement après avoir poser ses interrogations entre elles. Et à sa plus grande surprise, elle lui offre l’esquisse d’une piste.

Ses mots s’ancrent à l’esprit morcelée de l’italienne. Le beau-frère. La douleur se diffuse lentement, une aiguille enfoncée dans l’os, la vision brouillée par l’affliction et les cris qui ne franchissent déjà plus la gorge, qui se perdent, sapés par la violence de cette souffrance. Des images se succèdent si brutalement dans son crâne que ce dernier semble proche de la rupture, déjà prêt à se fendre en deux. Le visage de l’américaine bascule vers l’avant et est abruptement réceptionné par ses paumes tremblantes. Elle relâche son flingue dans ce moment d’égarement, rassemble péniblement le flux de souvenirs au creux de ses mains. Ce sont des ondes brouillées, des sourires figés, des voix qui s’égarent en écho. Elle peine à remettre des traits sur le faciès mais le nom raisonne avec évidence, Rafaele Renzacci. Est-ce lui ? A-t-il survécu ? Les vertiges la forcent à respirer plus profondément pour taire l'agitation artérielle. Sa migraine s’apaise quand l’attaque mémorielle s’estompe. Plus elle cherche à se concentrer, pire c’est. Elle l’a appris à ses dépens en découvrant le corps de sa jumelle. Elle a réussi à compiler avec quelques brèches sordides jusqu'ici mais jamais elle n’a dû faire face à un tel passé émotionnel par vagues aussi subversives. C’est à peine si elle peut l’endurer depuis la mort de Susanna.

La magicienne se redresse, recompose son masque comme elle peut malgré sa lividité apparente. Elle fait comme si rien ne s’était passé mais se laisse happer par tout un tas de cheminements plus confus les uns que les autres. Elle décide de s’accrocher à la première pierre que son interlocutrice lui tend pour pouvoir refaire surface dans ce présent atrocement similaire au passé. Chassant les dernières traces de lutte interne, elle raffermit son expression sur un dédain manifeste alors qu’elle parvient enfin à procéder au traitement des données que la teigneuse lui a concédé. « J’ai la gueule de l’emploi, tu trouves sérieusement ? Tu crois que je fais dans la charité ou que j’ai joué à pile ou face pour savoir à qui je me dévouerais ? J’en ai rien à branler des causes perdues. Je connais simplement Susanna depuis bien plus longtemps que toi. Elle m’a juste…oubliée. Moi, pas. » La mâchoire se serre, le cœur aussi. Elle avale l’air pour reprendre, plus déterminée que jamais. « Je la vengerai d’une façon ou d’une autre. Ils peuvent bien me retirer le badge pour ce que j’en ai à foutre et tes petites menaces à trois francs, tu peux te les garder. Tu comptes me dénoncer ? Et laisser ta tendre moitié crever sans la moindre justice ? Si tu as vraiment connu Susanna, tu sais qu’elle n’a jamais mérité ça. » Ses poings se serrent. L’impuissance la cloue sur son siège mais elle tente d'en défaire la prise en poursuivant plus rageusement encore. « Et puis, Stain me confier ça ? Vraiment ? » Elle se mit à rire froidement. «  C’est à peine s’il se souvient de son propre prénom ces jours-ci. Il pourrait se pisser dessus sans même s’en apercevoir. Puis, je ne vois pas ce qui te donne l’impression que cet abruti fini puisse se montrer assez généreux pour me filer ses infos. Ce n’est qu’un pauvre déchet qui attend péniblement qu’on le délivre de ses souffrances. Comme quoi, le karma fait bien les choses. » Toujours fébrile, elle noue ses doigts devant elle, oubliant distraitement l’arme, ne réalisant plus le danger de cette seule situation.

« D’ailleurs, tu me sembles bien empressée à le défendre et tu sembles le connaître également suffisamment pour le traiter de pourriture. Je me demande à quel point Cora t'a parlé de sa famille ? »
souffle-t-elle ultimement en espérant peut-être entendre parler d’elle et  apprendre davantage sur la personne qu’elle avait pu être si brièvement des siècles auparavant. L’essentiel s’impose pourtant. « Quand tu parlais de … Son beau-frère. Tu veux dire Renzacci ? Rafaele ? » se hasarde-t-elle. Qu’a-t-elle encore à perdre ? Elle et sa foutue mémoire sélective. Elle ne sait même pas à quoi ressemble le garde du corps. Elle a pourtant dû le voir à plusieurs reprises. Mais elle n’a pas dû jugé son visage assez important pour le retenir et pouvoir faire coïncider de vagues réminiscences à son portrait actuel. Peut-être que sa sœur aînée a eu quelqu’un d’autre dans sa vie, quelqu’un de contemporain. Ou peut-être qu’il est toujours en vie. Elle serait prête à tout croire aujourd’hui.

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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Lun 26 Oct - 17:15

« - Pensez ce que vous voulez. » La chirurgienne délivre sa réplique avec un faux détachement, croisant les bras telle une gamine boudeuse en s’écartant légèrement de la table. Elle se renferme dans la posture qu’elle maitrise le mieux, celle de la statue de glace hautaine. Tous ses muscles se tendent, se crispent désagréablement sous sa peau. Agacée que la jeune femme lui renvoie ses insinuations perfides au lieu d’éclaircir ses intentions. Irritée qu’elle se trouve là, face à elle, dans sa propre maison et se permette de la traiter comme une intruse. Comme une criminelle en plein interrogatoire de police. C’est exactement ce qu’elle est en train de subir, le cadre formel en moins. Elle ne comprend pas pourquoi la brune s’accroche autant à son cadavre, s’échine à en faire une affaire personnelle. Semble même sincèrement peinée par le traitement sordide lui ayant été infligé. La pièce clef du puzzle lui échappe, l’empêche de résoudre l’énigme. C’est probablement ce qui la pousse à finalement consentir à semer des indices. Elle esquisse le portrait de son meurtrier, la lance sur la piste sans pour autant espérer qu’elle s’y attèle et parvienne à obtenir vengeance à sa place. Qu’il puisse payer pour son crime la laisse presque indifférente, vide. Toute sa haine se focalise sur Lui. Bête féroce au creux de son estomac ne lui accordant pas le moindre répit. Le venin ronge sa chair, la dévore littéralement de l’intérieur. Indéniablement, la milicienne marque des points et s’attire sa sympathie en dénigrant ouvertement son indigne métamorphe.

Elle m’a juste oubliée. Moi pas. L’aveu surprenant percute hargneusement ses tempes. Un liquide polaire s’infiltre dans son crâne, le remplit, l’inonde. Elle en frissonne violemment, claque des dents. Ses ongles viennent s’accrocher au rebord en bois, en griffent la paroi. Elle ne voit toujours pas où elle veut réellement en venir, ni pourquoi elle prétend avec tant d’aplomb la connaitre si bien. Ou peut-être qu’elle est seulement terrifiée à l’idée de le découvrir. « - Parce qu’il y a besoin d’être proche de Stain pour le qualifier de pourriture avec certitude vous trouvez ? N’importe qui l’ayant croisé ou côtoyé au moins une fois dans sa vie pourra vous l’affirmer. Ce n’est pas comme si cette raclure s’en cachait ou comme si ce n’était pas une source de fierté inépuisable pour lui. » Crache-t-elle avec plus d’amertume qu’il n’en faudrait, balayant l’air de sa main comme on chasserait les mouches d’une place fétide. « - Il saura rebondir dès qu’il aura cessé de s’apitoyer sur son pauvre sort, je ne m’en fais pas. » Grogne-t-elle en conclusion de son réquisitoire. Aucun doute sur le fait que si elle était juge, c’est de la perpétuité qu’Il écoperait. Une éternité à souffrir enfermé dans une cage, puni pour Ses abominables traitrises. Seul avec les débris de Sa conscience détraquée. « - Vous ne savez pas distinguer un conseil avisé d’une menace tangible ? Je dis ça pour vous, participez au gâchis si ça vous enchante tant de devenir un dommage collatéral à son image. » Aboie t’elle, acide. L’agressivité notoire dont fait preuve la peacekeeper l’oblige à reprendre les hostilités et à rester sur la réserve. « - Susanna ne méritait peut-être pas ça. Cora en revanche… Je ne sais pas si c’est de la dévotion ou de l’ignorance de votre part, mais on ne pouvait pas la qualifier de cadeau pour l’humanité non plus. Loin s’en faut. » Entendre Joan parler d’elle en termes si élogieux la trouble, renforce le malaise dans sa cage thoracique. Le contraste avec la réalité est tel qu’elle se sent obligée de démentir, de rétablir la cruelle vérité. L’égoïste n’était intéressée que par ses propres petits intérêts, n’a pas hésité à renier tous ses principes pour sauver sa misérable petite peau. Parfois même pour s’assurer un certain confort matériel, vivre largement au-dessus de ses moyens. Elle a mené une existence vaine. « - Azzura était la vraie héroïne de la famille. Azzura ne méritait pas une telle injustice. » La nécromancienne en revient toujours à son ainée. La voix de l’italienne chevrote malgré elle, brisée par un chagrin monstrueux. Le sanglot ravalé obstrue sa gorge, la lacère comme une lame. Elle ne se remet toujours pas de la perte de sa grande sœur, encore moins de la devoir à leur cousin. « - Vous la connaissiez forcément elle aussi non ? » Oubliant la prudence, ses prunelles grises cherchent celles de la soldate qui la retient en otage. Elle se perd dans les nuances d’émeraude, moins sur la défensive. Adoucie comme une enfant en quête d’approbation. Elle a l’impression de cueillir des expressions familières dans le regard inquisiteur, sans parvenir à s’expliquer le curieux phénomène. Les étrangetés se bousculent, brouillent ses pensées en abattant ses certitudes.

« - Il s’appelle Rafael Morienval désormais. » La sorcière reprend le fil des questions, de plus en plus interdite devant les connaissances pointues de son vis-à-vis. Ses genoux tremblent, s’agitent nerveusement. « - Comment vous savez tout ça ? Toutes leurs identités réelles ? Vous étiez à Rome ? Qu’est-ce que vous étiez ? Une domestique ? Une nourrice ? Je ne me… » Je ne me rappelle pas de vous. Les visages défilent sans s’arrêter sur aucun. Elle était bien trop solitaire pour s’accrocher à qui que ce soit. Pour avoir pu marquer qui que ce soit. Une hésitation, sa respiration se coupe et le manque d’air pince sa poitrine. Soudainement, elle la terrible sensation que le sol s’apprête à se dérober sous ses pieds. D'être au bord d'une falaise et de n'avoir d'autre choix que de s'élancer dans le vide. « - Quelqu’un d’autre ? » Souffle-t-elle dans sa langue natale, renouant avec l’accent chantant effacé avec acharnement et non sans difficulté depuis son changement d’enveloppe. Même si son interlocutrice saisit le sens des mots jetés avec appréhension, cela ne prouve pourtant rien. Elle ignore d’ailleurs ce qu’elle cherche à démontrer. Seules ses entrailles flairent une chose que son esprit morcelé ne peut pas concevoir. C’est comme un vieux souvenir qu’elle n’arrive pas à restituer tant elle se braque. Elle se construit des barrages imaginaires pour ne pas voir les digues s’effondrer et un fleuve meurtrier l’emporter. Une impression singulière de déjà-vu la tiraille. Le nom de Chiara l’effleure sans s’imposer suffisamment. Elle le refoule. Elle ne veut pas espérer, même si elle est la preuve vivante que la mort n’est pas toujours la fin. Elle peut continuer de survivre avec la moitié d’elle arrachée, comme elle le fait depuis des siècles. Mais elle refuse d'offrir ce qui reste de son palpitant en pâture à un espoir invraisemblable et chimérique.

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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Lun 2 Nov - 22:09

C’est une ascension sans filet et sans corde, les paumes contre la pierre nue et le cœur penché sur le vide. Le roc écorche les mains, le pied dérape, les ecchymoses s’installent. Aucune ardeur pour du désespoir à perte de vue. Dès le départ de sa fin, la survie tient sur une ligne. Celle qui retient un prénom en fuite. Tirer Chiara des gravats, la hisser hors d’un puits sans fond. La lumière acculant plus d’une fois l’accablement mais à chaque constat, les murs se hissent davantage et la tiennent captive. Il y a tellement de pavés à déconstruire et à découvrir. Un édifice en perpétuel mouvement qui ne lui accordera du répit que lorsque la vérité lui sera rendue dans son intégralité. Mais qu’adviendra-t-il d’elle une fois qu’on lui aura rendu le ciel et l’air ? Qu’elle n’aura plus à escalader ces parois ? Va-t-elle se laisser tomber, s’écrouler au sol et revendiquer son passé, à jamais piégée dans sa mémoire retrouvée ? Joan ne s’intéresse pas vraiment à l’avenir. Elle vit au présent en choisissant ses imparfaits. Le futur n’a aucune emprise sur elle parce qu’il lui appartient dans chaque décision qu’elle détermine dans l'actuel. Sa volonté la préserve d’une anticipation houleuse. Alors quand l’intruse se permet de lui glisser des indications outrageuses sur le danger qu’elle poursuit, elle ne peut que lui rire au nez. Il aurait été plus facile de la faire taire que de l’écouter parler. Sans doute que la sorcière réalise la précarité de sa situation alors que la chirurgienne lui plaque le visage contre la surface instable qu’elle est perpétuellement en train de gravir. C’est une douleur répétée, des coups portés au crâne et une réalité plus tangible encore. Nymeria sait plus de choses qu’elle ne le devrait et derrière la glace, un mystère s’annonce. Une énigme qu’elle ne peut, pour l’instant, pas déchiffrer.

Un sourire ironique distend ses traits crispés. Dans quelles mesures connait-elle son cousin ? Cet échange l’ébranle de minute en minute mais elle se refuse à cette seule évidence. Parce qu’elle n’a jamais pensé dénicher une proche à sa jumelle et avoir l'occasion de la découvrir à travers les prunelles d’une de ses amantes ou quoiqu'elle put être pour elle, la secoue bien plus encore que les bibelots qui hantent le lieu. La trentenaire sait qu’en mourant, les autres déversent un peu d’eux dans les survivants. Ceux qui vivent pour témoigner. Ainsi, une facette de Cora la toise en cet instant. Elle ignore encore à quel point ce sentiment est légitime. Elle se contente de souligner d’un ricanement l’affirmation de la brune sur la potentielle guérison d’Ezio. L’américaine se garde de lui expliquer qu’elle préfèrerait le voir succomber à sa dépression parce qu’après tout, ce serait un mensonge éhonté et elle ne veut pas se trahir aussi lamentablement. A chaque aboiement, la teigneuse lui balance de nouvelles pièces du puzzle en plein visage. Plus elle parle, plus la colère grimpe dans les muscles endoloris de l’impulsive.

Si bien qu'ultimement et à bout de nerfs, elle se relève soudainement et tape du poing sur la table. Elle n’aime pas la façon dont les choses se déroulent. « Comment ça dommages collatéraux ? Qu’est-ce que tu sais à la fin ? On dirait que tu sais tout du motif et de l’identité de ce foutu taré ? Putain, arrête de me donner des semi-vérités. Tu crois que c’est pas assez sérieux ? Tu l’aimais ou pas cette meuf ? Je suis sûrement ta seule putain de chance qu’elle soit vengée, je te signale. » crache-t-elle en reprenant à peine son souffle. « Et de quel droit tu oses me dire qu’elle le mérite pas ? Je t’interdis de dire du mal de Susanna ou de Cora ou peu importe qui elle a pu devenir. Ma s…» Ma sœur. Elle se mord la langue, ravale à peine le venin qui ne cesse d’affluer contre son palais asséché. « Elle a fait comme elle a pu pour survivre dans un monde de merde. Puis, c’est mignon que tu la ramènes, toi. A charcuter tes petits cobayes comme une putain de psychopathe. On se calme Cendrillon, tu peux te la bouffer ta pantoufle. » Elle détourne les yeux aussi abruptement, recule de plusieurs mètres non sans attraper son flingue pour le reposer dans son holster.

Le danger n’est pas écarté mais elle ne voit plus l’intérêt de maintenir un mur qu’elle vient déjà d’abattre en perdant tout sang-froid. La peacekeeper arpente la pièce, se débarrassant de sa hargne en additionnant les pas devant son interlocutrice. Avec amertume, elle s’écoute déployer une sincérité qui lui lacère la gorge. « Oh oui Azzura, je viens de contempler ses exploits à l’instant. Mais elle ne méritait pas non plus de finir comme ça, c’est vrai. A cause de ce petit con dérangé. » Un grognement et les bras qui se rassemblent sur sa poitrine pour la comprimer devant l’effroi qui la gagne. Elle ne comprend toujours pas ce qu’il a pu arriver à sa famille. Les remords de l’italienne la transpercent de toute part et elle se retrouve tétanisée sur le pan d’une salle qui ne lui appartient pas et qui lui rappelle qu’elle n’aurait jamais dû revenir d’entre les morts pour vivre ça. La voix du seul témoin de ces déchirements la ramène du Tibre.

Etrangement silencieuse, elle ne l’interrompt pas. Quelque chose remue en elle, cette part qu’elle étouffe dans la nécessité. Comme un secret que seule celle qu’elle a été, peut comprendre, elle se laisse porter par une douceur incontrôlée.  Elle se rassied alors subitement et immerge sans réserve sa perplexité dans les yeux de cette inconnue. Son ténor s’adoucit dans la précarité d’une situation pratiquement inédite. « Je faisais partie de sa famille. Sa famille proche mais je ne ressemblais pas à celle que je suis aujourd’hui, tu ne peux pas me reconnaître. » avoue-t-elle sur le ton de la confidence. La confiance qu’elle éprouve si voracement à cet instant de déroute, trouve son sens sans qu’elle ne veuille ou puisse le comprendre. Elle est terrifiée de lui tendre chaque carte en attendant qu’elle abatte son jeu. Mais c’est quitte ou double. Et elle a besoin de savoir. « Je suis censée te connaître ? » Elle pose ses bras sur la table qui les sépare et la détaille plus longuement encore, passant en revue les quelques débris mémoriels qui viennent de s’ajouter à la somme des autres. Très tranquillement, trop tranquillement pour elle, elle s’entend lui demander « Qui es-tu ? » dans cette langue maternelle qu’elle a enfoui trop loin pour pouvoir composer des phrases plus complexes que cette interrogation. « Tu… Tu les… Tu nous as connus à cette époque ? Je ne me rappelle pas de tout... Ezio ne m’a guère aidé à … » Elle en dit trop alors elle se tait, glisse ses doigts sur sa tempe et attend une explication. Quelque chose qui justifiera son comportement. Et qui mettra enfin un semblant de cohérence sur ce chaos.

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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Ven 20 Nov - 20:12

(Dialogues en italique = Italien)

Le poing frappe avec véhémence la table et c’est toute l’ossature qui sursaute. La démonstration de force la met mal à l’aise, la pousse dans ses retranchements. La posture de glace se fissure alors que son assaillante lui hurle à la figure. La violence manifeste qui suinte de son comportement lui donne envie de retourner en arrière, et de se taire. Elle en a déjà trop révélé pour son propre bien, l’erreur de débutante transperce toutes les fibres de sa chair. C’est pourtant un soulagement de se confier, même par le biais d’énigmes et d’accusations plus ou moins voilées. Prétendre être une autre lui pèse, même si elle parvient à se glisser étrangement bien plus facilement dans sa peau que prévu. L’aura polaire lui sied mieux qu’elle ne le devrait. Et pour autant, elle s’avère inapte à s’y fondre complètement. Le caractère volcanique de l’italienne reste profondément ancré, même si elle s’efforce d’étouffer le feu. Entendre la milicienne justifier sa conduite improbable, elle qui n’entretenait que le minimum de conversation avec elle, a quelque chose d’improbable. La scène lui semble surréaliste et elle fronce un peu plus les sourcils à chaque montée dans les aigus. Joan défend bec et ongles l’image idéaliste, ou peut-être simplement désuète, qu’elle s’est fait d’elle. Sa réaction la touche mais la met surtout terriblement mal à l’aise. Elle sait qu’elle n’a pas mérité tant de compassion, tant de considération. A bien des égards, elle ne vaut pas mieux que la chirurgienne meurtrière.

A tort ou à raison, elle choisit de rester muette, redoutant d’accentuer l’animosité palpable de celle qui la retient contre son gré. Jusqu’à ce qu’un sarcasme cinglant dévale les lèvres de la militaire. La petite sœur de la morte ne peut que s’insurger, blessée qu’elle ose souiller ainsi sa mémoire. Les muscles contractés par la contrariété qui s’immisce en elle comme un poison, ses billes d’acier lancent des éclairs. « - Stain bénéficiait d’un traitement de faveur. Elle ne faisait que riposter contre lui. Elle aurait dû l’achever la prem... » Elle s’interrompt en plein milieu de sa phrase, subitement frappée par une vérité qu’elle n’avait pas aussitôt relevée. « - Attendez. Vous êtes au courant ? Et vous ne cherchez pas à l’arrêter, lui ? Vous êtes au courant et vous le laissez s’en tirer en toute impunité ? Quelle efficacité. C’est comme ça vous comptez faire pour Cora aussi ? C’est votre définition de la vengeance ? Putain, vous avez un faible pour lui ou quoi ? » Ironise t’elle, la voix blanche. Etait-elle la dernière au courant du crime perpétré par le traitre qui lui servait d’amant ? N’y avait-il qu’elle pour boire ses paroles comme du petit lait, et le croire sincèrement désolé par la perte brutale d’un membre de leur famille ? Evidemment. Sa crédulité évidente la fait frémir de dégoût. Elle se sent mourir un peu, mourir encore, chaque fois qu’elle songe à l’assassin. Chaque fois qu’elle réalise qu’elle a incarné à merveille le dindon d’une farce qui n’a fait rire que Lui. Tout s’entrechoque, et elle n’entend bientôt plus que son cœur qui cogne. Elle se perd dans les méandres de sa fureur, de ses remords, de sa détresse.

La déferlante de rancœur s’apaise néanmoins lorsque les intonations adoucies de l’américaine viennent bercer le monstre qui dévore ses entrailles. Morcelée de part en part, la statue de givre s’effrite, menace de s’écrouler. « - Qui es-tu ? » Elle ne sait pas répondre à ça. Les identités se mélangent, fusionnent en rendant toute soustraction impossible. Des morceaux d’âme sont restés accrochés à l’enveloppe qu’elle apprivoise comme elle le peut, et elle ne parvient pas à les effacer. Les souvenirs sont déformés, le ressenti est trouble, mais l’ensemble bancal lui appartient. Elle s’en accommode de moins en moins péniblement. Sa famille proche. Tu ne peux pas me reconnaitre. Ses pupilles s'agrandissent, cherchent vainement à relier ses traits aux visages d’un passé révolu. Irrésolu, le mystère s’épaissit alors même qu’elle lui donne toutes les clefs pour comprendre. Elle n’est pas sûre de le vouloir. Elle a surtout peur de le faire. De réaliser que sa jumelle était là, tout près, et qu’elle a été incapable de s’en apercevoir. Qu’elle l’a évitée comme la peste. Une vague de froid l’envahit, se répercute en violents frissons contre ses membres. Ses dents claquent, crissent, peinent à se desserrer pour aligner des phrases cohérentes. « - Me connaitre oui. Mais me reconnaitre est impossible. » Glisse t’elle enfin, trouvant un certain réconfort dans le fait de pouvoir utiliser à nouveau sa langue maternelle.

Tremblante comme une feuille, elle inspire et expire bruyamment pour se donner du courage. Elle n’a jamais énoncé l’inconcevable vérité à voix haute et elle redoute par-dessus tout de le faire. De mal interpréter les aveux et de se tourner en ridicule. Pire, de décrocher directement sa place à l’asile en prenant le parti de faire confiance à celle qui la supplie quasiment de s’exprimer. « - Rafael m’a tiré une balle en pleine cervelle, et je crois que je ne lui en veux même pas. J’en veux au petit con dérangé qui lui a soufflé l’idée. A la sale crevure qui a empoisonné ma sœur, au pourri qui l’a regardée se vider pendant des heures, un sourire fier dessiné sur ses lèvres de pervers. » Les rétines voilées s’assombrissent, et le chagrin ploie sous les assauts d’une haine tyrannique. «  - Quand je pense à son agonie lente, horriblement douloureuse, je me dis même que Rafael a presque fait preuve d’humanité. Il aurait pu me torturer, comme Ezio l’a fait avec sa propre cousine. Mais non. Je n’ai même pas eu le temps de comprendre ce qui m’arrivait. » Oh il ne faut pas croire, elle entend bien faire payer au loup gris son trépas. Mais ce n’est absolument pas sa priorité. Pas tant que la vermine qu’elle aime à en crever respire le même oxygène vicié qu'elle. La vipère ravale tant bien que mal son venin, attend que les spasmes de répulsion s’apaisent pour poursuivre sa déchirante confession. Elle se met à chuchoter, comme si elle redoutait que des oreilles indiscrètes en dérobent des morceaux. « - Je me suis retrouvée dans le corps d’une autre et je ne sais pas comment, ni même vraiment pourquoi. Je pensais que c’était pour Gemma. Mais peut être que c’était pour toi ? Est-ce que tu étais… » Les paumes aplaties sur la table s’avancent, s’arrêtent à quelques infimes centimètres de ses doigts. « - Est-ce que tu es Chiara ?  Sous la carapace d’agressivité et de rage, est-ce qu’il en reste encore des miettes ? » Implorant, le murmure se suspend dans l’air. Sa gorge se serre et en s’entendant quémander le retour de sa moitié, elle se sent  affreusement idiote. Un rire amer perce sa trachée, coupé net par un sanglot irrépressible. « - C’est stupide de demander ça hein ? Je suis désolée. » Son buste repart en arrière, ses phalanges glacées balaient les quelques larmes perlant de ses joues et se contorsionnent contre ses cuisses. Honteuse, ses épaules s’abaissent et elle évite les émeraudes acérées de la peacekeeper. Elle ne sait plus ce qui lui a pris, mais elle regrette de ne pas pouvoir disparaitre six pieds sous terre pour se cacher loin de ses prunelles inquisitrices.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]   Mar 1 Déc - 23:41

Aucun sens pour aucune direction. L’incompréhension allonge implacablement son déluge sur cette scène improbable. Insolite tableau pour une triste conclusion. Des questions en cascade, des mystères se superposant jusqu’à ensevelir toute raison. Il suffit d’un rien pour débrider l’imagination, d’une seconde, d’un mot, d’une sensation pour se retrouver dans un monde de spéculations. Des chimères, elle s’en abreuve croyant tenir le bout d’un fil. Mais loin d’être Ariane, elle égare la corde à chaque nouvelle manipulation. De quel endroit faut-il repartir pour trouver le point de départ ? A quelle époque faut-il revenir pour saisir le présent ? La migraine peut se faire reine en terrain aussi fertile mais il faut se concentrer. Elle déploie toute son énergie dans les regards qu’elle projette à la silhouette échouée à quelques pas de là. Pupille contre pupille. Animosité, fragilité, un drôle de jeu pour une drôle d’idée. A-t-elle été proche un jour ? Devrait-elle la reconnaître ? Aucune certitude, toujours plus d’éventualités. Un dédale sans issue, des chemins à angle droit et des mots qui volent assez haut pour qu’ils lui échappent tous. La discussion même se hasarde aux virages imprévus. Ça n’en finit plus des causes, des conséquences, des fautes et des châtiments. Sournoises, les langues se délient, se défient. Y a-t-il seulement quelque chose à mettre en exergue ? Qui vaille la peine d'être conservée ? Nymeria Grimes sait et ce seul fait devrait perdurer. Elle sait pour Azzura, pour Ezio. Elles en laissent échapper, des morceaux de vérité désormais en se confondant à la mémoire et au silence.

Joan doit se retenir de cracher au sol de mépris et de dégoût quand elle fait part d’une suspicion qui lui glace le sang. « Un faible pour ce sale con ? Et puis quoi encore ? Je suis pas une de ces poulettes en chaleur, tu me prends pour qui ? Puis t’as déjà vu sa gueule récemment ? Je vois pas qui pourrait encore désirer un déchet dans son genre. Il a aucunes couilles en plus d’être un meurtrier. Je peux pas l’inculper sans preuves. Il a fait ça bien ce salaud. Mais t’en fais pas pour son sort, j’ai pas dit qu’il allait pas payer. » Mais je peux pas le tuer parce qu’il est... Etait de mon sang se retient-elle d’ajouter. Cette excuse facile la fatigue elle-même. Mais c’est sûrement la vérité pourtant. L’italien coule, les rudiments conservés lui permettent de déchiffrer l’idée générale. Suspendue à ses lèvres, la trentenaire attend. Les réactions brutales de la chirurgienne perturbent sa propre rythmique cardiaque. Ce moment est important, elle n’en doute pas mais ne mesure pas encore ses répercussions.

Les engrenages se stabilisent pendant un bref instant, la brune recule même pour percevoir l’ensemble du puzzle mais à l'inspiration suivante pourtant, le mécanisme se brise. Cette belle révélation, celle qui faisait sens pourtant, la terrorise et nourrit d’incompréhension l’américaine. Elle l’écoute sans esquisser le moindre souffle. Elle se laisse suffoquer jusqu’à ses excuses sordides. Tétanisée, Chiara l’observe sans réussir à la voir réellement à travers ces prunelles froides, inexpressives. « Susanna ? » Elle veut presque avancer sa paume pour effleurer la sienne mais quelque chose l’en dissuade très vite. Combien de chances pour que le phénomène se reproduise ? La logique supplante l’espoir. Même si son prénom d’autrefois a résonné ici, cela ne démontre rien. Elle se joue d’elle. Forcément. Elle monte un plan diabolique afin que la peacekeeper démonte Ezio à sa place, elle la mène sur une mauvaise piste pour qu’elle effectue sa basse besogne. Ne l’a-t-elle pas entendue se plaindre de Stain le jour où les expériences ont été menées ? La garce.

Tremblante des pieds à la tête, la sorcière repousse abruptement la table. Elle se fiche dans l’estomac de son adversaire alors qu’elle se redresse, l’arme au poing, braquée sur le front de l’intruse. « Tu trouves ça peut être drôle Grimes. Mais je suis pas là pour plaisanter. Alors la prochaine fois que tu voudras me faire gober tes conneries, essaie d’être plus convaincante. » Un déni ? Comment peut-elle envisager la résurrection de Cora sous cette forme ? Alors qu’elle a clairement vu de quoi cette femme était capable ? La cruauté pulse dans chacune de ses artères. Azzura perdant la tête et maintenant elle ? Non. Elle refuse de l’associer à sa jumelle. Elle ne cautionne pas ce revirement. Elle ne veut plus rien savoir. Elle veut partir. Elle doit partir pour pouvoir survivre. Dans l’urgence, elle pousse le chien vers la sortie de son pied en continuant de viser l’imposteur. Elle retire le cran d’arrêt dans un spasme, à nouveau désespérée, désorientée et tire à droite juste un peu plus au-dessus de son épaule pour l’effrayer. « Ne t’avise plus jamais de te faire passer pour ma sœur, pigé ? Sinon, la prochaine balle, elle sera pour toi. » Du bluff. Sans doute. Jusqu’où serait-elle capable d’aller pour ne pas accepter la réalité ? Elle ne veut pas se mettre au défi.

Elle recule jusqu’à la porte en emportant de force la boule de poils. « Fais ce que tu veux de ce foutu endroit. J’ai vu tout ce qu’il y avait à voir. Amuse-toi bien. » Un dernier regard. « Hé ouais. T’avais visé juste. La petite Chiara a bien grandi. » Puis elle s’échappe sans attendre un mot ou une réaction. Elle court sans se retourner jusqu’à la voiture, elle conduit sans jamais décélérer. Pourquoi avoir parlé ? Pourquoi s’être autant dévoilée ? Sa main cogne à plusieurs reprises le volant alors qu’elle insulte les ombres. Les raisonnements s’emmêlent, elle n’arrive plus à réfléchir. Pratiquement même plus à maintenir sa trajectoire. Que s’est-il seulement passé ? Qui est vraiment cette femme ? Qui croire ? Que croire ? L’anxiété la préserve d’un nouveau jugement bien qu’à l’intérieur de son crâne, cette autre prend la parole et murmure déjà des paroles étouffées trop vite par l’existence actuelle. Et si c'était vrai ? Non, elle n'est pas prête. Pas prête à comprendre. Mais si peu encline à abandonner cependant. C'est risible. Elle pourrait en rire et en pleurer en même temps. Malgré tout... Et si...?

- Sujet terminé -

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Have you forgotten all I know ? [PV Nymeria]

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