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 Abominable Stratagème {PV Tim}

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MessageSujet: Abominable Stratagème {PV Tim}   Sam 12 Sep - 13:55

Abominable Stratagème
Quand le traqueur n'est finalement que la proie de la manipulation...




Les pas de sa grande carcasse résonnaient sur le béton brut. Le soldat tournait en rond, perturbé par les rumeurs qui lui étaient parvenues. La chasse aux sorcières était devenue coutume lorsqu’il avait épousé cette cause rebelle, mais ce petit intellectuel était particulièrement tenace et se rapprochait beaucoup trop de sa personne. Stan avait des hommes à guider et à protéger, un ultime objectif à atteindre, il ne permettrait pas à un sale rat du gouvernement de faire choir tout ce qu’il avait si durement bâti. Il regarda sa montre brièvement, le temps commençait à lui sembler bien long. Le soleil n’allait pas tarder à se lever. Ses trois acolytes auraient déjà dû ramener le paquet au lieu de rendez-vous et pourtant, il demeurait seul dans les entrailles de cet entrepôt glacial et désert qui ne lui apportait pas la moindre sérénité. Il finit par prendre place sur une chaise au devant d’une grande table rongée par l’usure et y laissa ses doigts jouer nerveusement. Pourvu qu’il ne leur soit rien arrivé de trop dramatique. Ce cabot de l’Etat, seul, n’avait pas l’air si dangereux aux premiers abords. Mais Stan ne savait que trop bien que le vice était parfois bien plus hostile que la force brute. Toutefois, quand bien même son initiative se serait mal déroulée, il n’avait pas eu le choix. Il ne remettrait jamais cette décision en cause. Attrape le chasseur avant que ce ne soit lui qui parvienne à te piéger. Le traqueur devient le traqué et la proie le traqueur. Cette stratégie avait souvent fait son petit effet. Il espérait que cet homme qui le pistait comme un chien de chasse comprenne la menace : où que tu sois, je te retrouverai... Et qu’il finisse par avorter ses projets de lui-même avant de s’y voir contraint d’une manière moins conciliante. Stan n'hésiterait pas à prendre les mesures les plus radicales qui s'imposeraient si le petit homme ne se montrait pas enclin à se plier à l'exigence. Parfois, se salir les mains devenait une monstrueuse et déplaisante nécessité. Obtenir la paix sans le moindre sang n'était qu'une utopie.

La porte s'ouvrit dans un grincement strident. « Nos excuses pour le retard Stan, c’est qu’il nous a donné un peu de fil à retordre ce p’tit enfoiré, il m’a démoli le pif ». Le meneur leva la tête vers sa troupe. Effectivement, il ne l’avait pas râté. Mais son trio était finalement parvenu à capturer le petit asticot cagoulé qui, maîtrisé par de pareilles poignes, ne pouvait plus vraiment se débattre. Sa carrure paraissait bien frêle pour un être chargé d'une telle mission. Stan craignait qu'il ne se brise comme une brindille sous une simple bourrasque s'il ne lui mettait ne serait-ce qu'une minuscule pichenette dans la figure. Néanmoins il saluait le courage et la persévérance, tout en se disant qu'il avait peut-être bien d'autres talents qui se dissimulaient sous ce fragile capot - le visage boursouflé de l’un de ses compagnons en disait long sur les ressources que possédait un homme acculé voire désespéré. Il se releva et tourna la chaise en direction du groupe, invitant les rebelles à y faire s'asseoir leur opposant. Ils ne prirent pas la peine de l'attacher, ce n'était absolument pas nécessaire. Stanislas fit signe de retirer le tissu qui couvrait la tête du piégé. Sa tension était palpable. L'un de ses comparses l'apaisa aussitôt. « T’en fais pas, on ne l’a pas touché, bien que c'est pas l'envie qui nous ait manquée ». Le chef rebelle avait été catégorique, qui oserait blesser la cible subirait une soufflante magistrale. Défigurer l’autre n’avait jamais été le but, parce qu’ils ne savaient rien de ses véritables intentions. Et la violence n’entraînant que la violence... Stan ne voulait pas être associé aux dérives de la Résistance, ni que son nom soit précédé des adjectifs tels que barbare, tortionnaire, sanguinaire ou abominable. Lui qui avait toujours été des plus carrés, un homme à la morale et à la conscience presque irréprochables.  

Il dévisagea le capturé de son air curieux, se demandait ce qui avait pu pousser un minois à l'allure pourtant sympathique à le fusiller d'un regard si sombre. Stanislas percevait une colère presque revancharde sur ses traits, mais n'expliquait par cette étrange impression qui l'intriguait au plus haut point. Il n'avait jamais vu cet homme, ni même entendu parler de lui avant qu'on ne lui apprenne que ce Timothée tentait de lui nuire. Cette amertume qu'il contemplait ne s'expliquait pas par le seul fait qu'il était un insurgé et lui un partisan, il y voyait quelque chose de bien plus personnel. Quelque chose qu’il désirait régler dans la plus totale des intimités. « Laissez-nous ». Après quelques signes de consentement, les kidnappeurs sortirent de la pièce sans un mot, laissant les deux hommes se jauger dans une atmosphère pesante. « Et maintenant, si tu me disais  qui t'as donné mon nom et ce qui me vaut cette chasse et ce regard, Timothée ? ». Il insista sur son nom dans le seul but de lui intimer une crainte légère. Tu penses me connaître, mais moi je suis sûr de qui tu es et saurai toujours te retrouver le premier, n'en doute jamais. Stan espérait que le petit rat se soit fourvoyé sur sa personne. Parce que si un homme d'Etat avait découvert son identité, d'autres suivraient. Et cette perspective qu'il avait toujours redoutée mais néanmoins acceptée - c'était le jeu, des risques connus - ne tombait pas franchement à pic. D'autres priorités quémandaient déjà ses efforts, il n'avait pas le temps de se laisser enrôler dans une partie de cache cache plus coriace que présentement qu'il savait pourtant inévitable. Se dissimuler des rumeurs était une chose, se dissimuler d'une vérité établie était plus difficile. Il espérait grandement que celui à qui il faisait face le cherchait pour une toute autre raison - après tout il n'avait toujours eu que le mot " Stan " à la bouche, un simple diminutif qui ne voulait finalement pas dire grand chose - ou se soit contenté de faire cavalier seul - ce qui était également possible si tout n'était que le fruit d'une histoire personnelle. Il lui tardait de découvrir ce que l'autre manigançait et où se trouvait la frontière de sa connaissance.
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MessageSujet: Re: Abominable Stratagème {PV Tim}   Dim 13 Sep - 15:19

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« Au poker, ce qui compte, ce n'est pas le jeu que tu as en main mais le jeu que ton adversaire se figure que tu as  »



Abominable stratagème
featuring



Spoiler:
 

Nos excuses pour le retard Stan, c’est qu’il nous a donné un peu de fil à retordre ce p’tit enfoiré, il m’a démoli le pif. Derrière ma cagoule, je ne parviens pas à contenir un léger sourire. S’il n’avait pas tenté, avec sa bande de trou de cul en manque de testostérone, de me kidnapping dans une petite ruelle à côté de boulot, peut être aurait il encore la jouissance d’une respiration par le nez. C’est un droit retiré aux enfoirés de son espèce et ça vaut pour ses acolytes. Ces derniers ne devaient le salue de leur nez qu’à un nom. Le porteur devrait d’ailleurs s’assurer de l’absence de sa mention sinon, qu’il ne s’étonne pas que je le retrouve. Il me semble que ce n’était pas vraiment ton plan… Je soupire, m’empêche de secouer la tête et de prononcer un mot. J’ai conscience de perdre la raison mais celle-ci m’appartient, pas besoin qu’un groupe de rebelle organisé et violent l’apprenne. Il faut savoir s’adapter à la situation… Stan voulait me voir, me voila… et je me fous royalement de tes pensées…tu es mort je te rappelle. Va emmerder Ju… quelqu’un d’autre. Je grimace, sert les poings. Judith. Je revois ces sacs mortuaires sans parvenir à discerner lequel lui appartenait. Dire que … J’aimerai pouvoir m’excuser mais m’excuser auprès d’une création de mon esprit me demande trop d’effort. Tu apprécieras de savoir qu’ils sont quatre…S’il te plait arrête de m’informer de chose que je sais déjà vu que tu tires tes informations de MA tête Exaspéré j’espère que le silence m’offrira la quiétude nécessaire pour la suite de la journée. Concentration oblige, j’occupe mes mains à tenter de défaire le lien dans mon dos. Les canidés me posent avec une approximative délicatesse sur une vieille chaise en bois. J’attends quelque seconde avant de recouvrir la vue. Je cligne des yeux et secoue la tête avant de poser mon regard sur l’homme en face de moi. Le silence rend toute sa mélodie et sa grâce au ballet des moustiques qui virevoltent autour de nous recherchant probablement un endroit où survivre avec ces changements climatiques. Nous-mêmes ne sommes pas très bien lotis dans ce hangar. Lorsqu’il ouvre la bouche, je retiens mon souffle et m’enfonce les ongles dans ma peau. Pourquoi devrais-je craindre ce type ? Il ne fait que 1m90 de haut sur 3 de large avec sa tête de beau gosse camé aux stéroïdes ayant tenté de défoncer Batman à la boxe… et ayant probablement gagné. Le visage de Lawrence me revient en mémoire. Souvenir incisif. Je serre les dents en m’obligeant à ne pas penser au pire : sa mort. Stan, puisque je peux enfin mettre un visage sur ce nom, me dévisage avec curiosité. S’étonne-t-il de ma capacité à exploser le nez de son pote ou de ma volonté à mettre la main sur lui ? Ce qui n’est pas le cas..LA FERME ! Mes yeux glissent doucement vers ma nouvelle ombre, ce mort placé juste derrière Stan avant de l’ignorer. Et maintenant, si tu me disais  qui t'as donné mon nom et ce qui me vaut cette chasse et ce regard, Timothée ? J’hésite à rire ou simplement me lever et partir en ponctuant d’un « non c’est nul, on refait la scène ! Pas assez de drama, d’intimidation, on ne sent pas que tu me prends pour un débile… ». J’opte pour hausser un sourcil et m’installe différemment sur la chaise. Morel… si tu veux m’intimider, dis le nom de famille aussi… Je ne sais pas si c’est ma participation aux expériences, ou les évènements de la révolte ou…carrément l’ensemble mais ma crainte semble plus facilement domptable. Je sens quelque part une part de l’ancien Timothée Morel se manifester, celui qui ose ouvrir sa bouche, qui ne réfléchit pas toujours aux conséquences et qui s’en sort d’une entourloupe. Un sentiment qui m’offre un instant de paix rapidement parcouru d’une ombre à tableau, celle de ces quatre dernières années.  

Je fronce les sourcils et me concentre sur le présent, oubliant un instant le kidnapping en lui-même. J’aurai bien assez de temps pour y songer en enfonçant ma droite dans sa tête crasseuse. Bien. D’où vient son nom ? Ce n’est pas bien compliqué de trouvé un nom, en général ça l’est plus de mettre la main dessus… enfin, dans les deux cas tes hommes ont contribués à ma réussite. Il leur arrive d’avoir la langue bien pendue tu sais ? Suffit de savoir écouter puis surveiller les bons endroits... J’hausse les épaules. En réalité la simplicité n’a pas vraiment été de mise sur cette recherche vu que près de huit mois se sont passés avant que je puisse mettre un visage sur ce prénom. Près d’un an que je cherche l’enfoiré qui m’a mis en cage. Bien que cela n’est duré qu’une journée ça marche en particulier lorsque le deuxième enlèvement ne peut être vengé. Deux possibilités s’offraient à moi : soit le commanditaire faisait parti du gouvernement soit c’était le petit chef de la résistance que je chassais avec mes collègues depuis plusieurs mois avant les faits. L’intimidation n’avait servi à rien si ce n’est me pousser à chercher davantage pour moi, et pour Lawrence. La disparition de ce dernier n’avait que motiver davantage mes recherches mais les expériences m’ont poussé à d’autres problématiques. Aujourd’hui, alors qu’une alliance s’est forgée, le même groupe sévi dans des actes de violences inconsidérées me poussant à traquer de nouveau faisant au passage, d’une pierre deux coups : retrouver la confiance de mes chefs et envoyer à la pâture l’enfoiré de geôlier. Stanou… et si on parlait librement ? Je veux dire, toi tu arrêtes de faire comme si tu ne connaissais pas mes motivations et moi, je t’expliquerai à quel point savoir museler tes collaborateurs peut être interessant… Parler librement ? c’est l’hôpital qui se fout de la charité Mes poings se serrent et j’évite soigneusement de le foudroyer du regard. Ne peut-il pas rester dans l’ombre de ma folie ? Il a beau avoir raison, ce qui sort de sa bouche m’agace autant que sa simple présence. Elle me rappelle bien trop souvent à ma propre culpabilité. A mes erreurs. A mes mensonges.

Mon regard ne quitte pas celui de Stan. J’ai vaguement l’impression de me retrouver autour d’une table de poker ce qui n’est pas une excellente chose : j’ai toujours perdu à ce fichu jeu. Bref, voila aujourd’hui c’est quitte ou double.


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MessageSujet: Re: Abominable Stratagème {PV Tim}   Lun 14 Sep - 11:54

Stan attrapa la première chaise à sa portée pour la placer face à Timothée. Il y prit place avec un sourire d’une franche sympathie, le dossier contre sa poitrine, les bras croisés sur ce dernier. Ce petit intellectuel ne manquait décidément pas de toupet et le soldat salua cet élan de feu qui avait amené un homme en si mauvaise posture à épouser une telle assurance. Il aimait cet aplomb que l’autre dégageait et ne doutait pas qu’il aurait pu apprécier un tel élément dans sa clique s’il n’avait pas été un fervent défenseur de ce qu’il combattait. Stanislas ne le connaissait pas mais le peu qu’il avait vu et entendu à son sujet suffisait à peindre un tableau qu’il ne pouvait pas franchement détester, au contraire. Il était parvenu à saisir son nom - bien que Stan n’était pas certain d’en comprendre le moyen - et à effleurer sa personne du bout des doigts. Il ne lui aurait pas fallu beaucoup plus de temps pour finir par lui tomber dessus si le meneur n’avait pas décidé de prendre les devants. Un bel exploit. La curiosité piquée au vif par cet être qu’il jugeait peu commun, il ne détournait pas le regard pendant que l’autre le fusillait de ses iris noisettes sans ciller.

« Puisqu’on en est à s’appeler par nos petits noms, calme un peu cette amertume veux-tu, d’autant plus que j’ai bien l’impression qu’il y a un comme un petit quelque chose qui tourne pas rond dans ton histoire ».  Effectivement, tout ce discours n’était pas capable de tenir la route, il devait certainement y avoir erreur sur sa personne. Et comme il l’avait tantôt pensé, un fond sûrement plus personnel que politique était de mise, l’attitude du capturé ne le trompait plus. Une rancoeur lui creusait des traits d’allure juvéniles, ajoutait une trop lourde expérience à son faciès qui n’inspirait qu’une candeur que le combattant ne savait pourtant que chimère. Ce foutu monde n’avait épargné personne. Blasé, navré, il laissa fuir un soupir tout en s’affaissant légèrement sur sa chaise. La nuit avait été longue et l’aube pointait, amenant avec elle plusieurs problématiques qu’il sentait par avance de très mauvais augure.

« Et bien très cher Timothée Morel, scientifique à la botte d’un putain de tyran qui n’a pas encore fêté ses 30 ans et se livre à quelques expériences plutôt douteuses que je ne considère pas vraiment comme étant mon affaire - il avait voulu monter d’un cran l’intensité de de l’intimation, fort bien, monsieur Morel était servi - nous allons jouer cartes sur table. Mais d’abord... ». Stan se redressa promptement, laissant dans l’air un bruit strident leur chatouiller désagréablement les tympans pendant que la chaise glissait sur le sol de béton. Il retourna celle du partisan vers la table sans paraître trop gêner par le poids puis se dirigea vers un frigo miniature qui, d’aussi longtemps qu’il s’en souvenait, s’était toujours trouvé là - ses hommes et lui n’avaient pas dû être les premiers à élire domicile dans cette planque occasionnelle d’infortune. Il en sortit deux canettes de bière sans se soucier de l’heure qui n’était que peu  prédisposée à ce genre de breuvage et en déposa une devant son nouvel ôte. Voilà déjà quelques temps que le soldat ne regardait plus le cadran avant de boire, une sale manière qui n’était devenue que trop coutume et menaçait grandement ses affaires, toutes autant intimes que professionnelles.

Il s’installa avec lourdeur sur le rebord de la table et ouvrit sa boisson avant d’en laisser couler le long de sa gorge. Pas bien fraîche mais il s’en contenterait. « D’abord, laisse moi te dire que tu n’a pas de nom mais un simple surnom. Tu ne sais pas qui je suis finalement et pourtant tu m’as bien l’air convaincu du contraire. Pour être honnête avec toi, je ne savais même à quoi tu ressemblais avant aujourd’hui et n’aurais jamais su qui tu étais si tu n’avais pas essayé de fourrer ton nez là où tu n’aurais pas dû. Tu m'as l'air plutôt intelligent donc réfléchis un peu : si mes hommes t'avaient déjà rencontré, et s'ils avaient laissé filer mon nom, pourquoi ne m'auraient-ils pas mis au courant ? Admettons qu'ils auraient pu craindre des représailles de ma part, alors pourquoi te ramèneraient-ils jusqu'à moi en un seul morceau sachant que tu pourrais les trahir ? Et s'ils avaient voulu me nuire, ne penses-tu pas que tu aurais eu plus qu'un diminutif en ta possession et que je serais déjà sous terre pendant qu'ils fêteraient leur perfide réussite ? ». Il voulait amener Timothée à se laisser convaincre en se posant les bonnes questions, parce qu'admettre simplement que personne ne l'avait jamais rencontré jusqu'à ce jour n'était qu'une parole qu'il jugerait sans valeur, trop sûr de lui qu'il était. Stan lui en était convaincu, ses hommes n’avaient rien à voir là dedans. Quel intérêt de mettre toute la tanière en danger si le but était de ne faire tomber que le chef de meute ? La fuite venait d’autre part et Stan avait peur de comprendre qui en était le véritable auteur. Roman titillait ses pensées à cet instant et le coeur devenait lourd. L'aîné ne doutait pas que le cadet fasse preuve de tant de vices et tente de lui mettre des bâtons dans les roues sans complètement oser le trahir - l'amour fraternel qui les liait restait encore trop ancré pour franchir totalement cette étape - tout en demeurant dans l'ombre. Les deux savaient qu'une guerre frontale n'était pas encore propice, et l'était encore moins aujourd'hui avec cette traîtresse d'alliance qui n'était que trop hostile. Finalement, tous deux risquaient de choir dans cette entreprise, parce qu'ils ne trouveraient pas le moindre soutien dans cette bataille. Au contraire. Gouvernement et Résistance leur tomberaient dessus les mains entrelacées. Stan avait honte de ce mouvement rebelle qui avait plié si facilement l'échine, qui s'était soumis après s'être abreuvé jusqu'à plus soif de barbaries. Cette union n'était qu'une feinte qui finirait pas assujettir tous les hommes et souffler tout idéal de leurs coeurs, ainsi que tout espoir de liberté et de paix véritable. Une belle connerie.

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MessageSujet: Re: Abominable Stratagème {PV Tim}   Jeu 17 Sep - 21:01

Bref, voila, aujourd’hui c’est quitte ou double. J’estime pouvoir, à un moment, avoir un peu de chance. Réussir un plan, un stratagème, une idée formidable sans contrepartie trop contraignante pour mon bien être, mon intégrité ou celui des autres. Regardons ensemble ces dernières années, la chance semble s’être enchaînée à un poney vieux plein d’herpès unijambiste parlant uniquement l’aztèque. Donc oui, j’estime pouvoir, aujourd’hui, enfoncer moins poing dans la grosse tête blonde et poilu de Mr Stan pour service non-rendu à l’humanité. En fait, il prend pour tous les autres ? Mes yeux glissent vers lui avec agacement. Tu connais « Elle a les … » « yeux révolver » ? Je suis français aussi… Bien. Là tout de suite, j’aimerai beaucoup être en capacité d’adapter la chanson dans notre réalité…. Doux avantage d’être mort… Je détourne mon regard, tire sur mes liens sans avoir dans l’idée de m’en défaire mais d’étrangler le mort ici présent. Il sourit en plus. L’enfoiré. pas rond dans ton histoire . Pardon ? Je fronce les sourcils par reflexe et me reprend bien assez vite. Quoiqu’il ait pu dire, je ne devais en rien montrer soit mon incompréhension soit une quelconque ouverture pour le petit fils de Satan. Carrement… Un jour, on m’a dit qu’ignorance était maitre de vertu… j’appliquerai ce precept jusqu’à sa seconde mort soyez en sûr. Et bien très cher Timothée Morel, scientifique à la botte d’un putain de tyran qui n’a pas encore fêté ses 30 ans et se livre à quelques expériences plutôt douteuses que je ne considère pas vraiment comme étant mon affaire … Ma mâchoire se crispe, mes yeux coulent vers Bastien qui détourne le regard. J’ai beau savoir qu’il provient de mon esprit surement malade, je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il pense de toute cette histoire. Croit-il vraiment que j’ai contribué volontairement à ces expériences ? à la mort de Judith et des autres ? J’imagine que oui, le vrai aurait pu s’il avait seulement su qui j’étais avant de mourir et surtout en considérant notre unique échange… Je soupire. Cela fait bien des jours que je constate mon erreur. Je la contemple tous les jours. Je me rends compte m’être perdu dans le vague lorsque mes yeux effleurent la bière en face de moi. J’hausse un sourcil, observe Mr Stan et secoue la tête, totalement dépité. En effet, s’il boit comme un trou toute la sainte journée ça explique les missions débiles et violentes qu’il ordonne à ses chimpanzés. Le simple fait qu’il pose une bière devant moi alors que mes mains sont encore attachées me laisse pantois. Est-ce fait exprès ou a-t-il zappé que le prisonnier ici c’est moi ? Remarque interne qui me fait penser à tenter de défaire encore mes liens pendant que mes yeux se fixent sur lui. Vas-y dis moi tout mon grand.

D’abord, laisse moi te dire que […] pendant qu'ils fêteraient leur perfide réussite ? Peu à peu, mon attention s’est éloignée de mes mains. D’une part parce que je commençais à en avoir marre de me prendre un chat qui essaye de se libérer d’une pelote de laine dans laquelle il s’est enfermé tout seul et d’autre part, parce qu’il semblait connecter davantage ses neurones après avoir ingurgité de l’alcool. FASCINANT. Je fronce les sourcils pour la seconde fois et gigote sur ma chaise afin d’éliminer la douleur dans mon dos. Contrairement à annoncé précédemment, violence avait eu lieu, légère peut être mais tout de même. Personne ne se laisse frapper en courbant l’échine même si le grand manitou l’ordonne. Bref. Il avait raison sur un point : ce n’était pas forcement ses caniches qui avaient mouchardés –si ce n’est y a pas une heure- mais ceci m’importe peu tant que je visualise sa tête d’Ikéa. Je soupire à mon tour. D’abord, laisse-moi te dire merci. Merci vraiment pour cette invitation à boire une bière au milieu d’un entrepôt miteux. Je crois qu’on avait jamais fait ça pour moi….quoique… ah …oui… je me souviens. J’y ai eu le droit précédemment mais au lieu d’une bière on m’a présenté un gaz… c’était cool. Progressivement je mettais avancé sur mon siège. A présent, je recule en secouant la tête et soupirant. Je ne me souviens pas avoir précisé ma présence lorsque tes hommes ont parlés de toi. Je travaille pour le gouvernement, des joujous j’en ai et je sais m’en servir. Ensuite, je me fous de savoir si c’est pollux, Medor ou Milou qui a balancé ton nom … excuse, ton surnom. Ce qui m’intéresse c’est non seulement de savoir pourquoi tu as kidnappé Lawrence, si tu as remis la main sur lui depuis mais aussi d’exploser ta petite face de meuble mal conçu... Mon sérieux est au maximum mais un sourire apparait bien malgré moi. Jamais t’abuse ? Dans ta position, t’es pas vraiment apte à répliquer si Mr Besta s’énerve…Je gère. Il m’aurait déjà démoli s’il l’avait voulu… je me demande d’ailleurs pourquoi il met tant les formes… la dernière fois j’ai eu le droit qu’aux chiens et à une cage…Arrêtes de vouloir te suicider et peut être tu auras des réponses… Je redresse vivement le visage vers Bastien. Et c’est lui qui me parle de suicide ? Je serre les poings, incruste mes ongles dans ma peau et me force à retourner vers la réalité.

Je me lève, fais le tour de la chaise et agite les jambes. Entendons-nous bien, si je suis ici c’est certainement pas à cause de la force incroyable de ton zoo mais juste à ce qu’ils se sont dits : « Oh lala, ne le frappons pas trop fort…Stan sera pas content »…enfin quelque chose du genre. Qui te dit qu’ils n’ont pas parlé de toi autour d’un bar ? On connait certains espaces de rencontre de la résistance… on ne fait pas de descente pour chopper des types comme toi. Je souris conscient de permettre à Stan de diffuser l’information mais qu’importe, il finira en taule avant ou au fond d’une piscine… au choix. J’hausse les épaules avec désinvolture et continue ma petite promenade de santé. Cela dit je ne pense pas qu’ils aient voulu te faire tomber… ou alors, comme tu le sous-entends, ils sont débiles. Après, c’est pas mon problème si tu recrutes mal et fais de la merde… je ne serai pas là si tu agissais intelligemment… j’aurai même eu tendance à faire le minimum syndical pour te retrouver… J’hausse de nouveau les épaules et m’assoie sur la table. …et donc…tu gères c’est ça ?

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MessageSujet: Re: Abominable Stratagème {PV Tim}   Jeu 17 Sep - 23:14

Si un léger doute avait pu subsister chez Stan, Timothée venait d'achever de le souffler. Le soldat ne comprenait pas un mot des toutes ces tirades qui lui paraissaient partir dans tous les sens sans ne jamais parvenir à s'assembler pour donner ne serait-ce qu'une bribe d'esquisse à ce puzzle. Méli mélo impossible à reconstituer qui ne fit que lui prouver de manière totalement certaine qu'il y avait effectivement erreur sur la cible de tout ce venin que lui crachait l'autre à la figure. La langue acerbe de l'intellectuel ne faisait que rouler dans sa bouche sans sembler réfléchir sereinement à la problématique dans laquelle les deux protagonistes s'étaient retrouvés empêtrés, tous deux sensiblement manipulés par un bien malin quiproquo. Quiproquo que Stanislas espérait désamorcer suffisamment rapidement sans pour autant parvenir à une once de résultat. L'autre était décidément très tenace dans son genre et lorsqu'il avait une idée en tête - pardonnez l'expression - et bien il ne l'avait pas dans le cul ! Il campait avec fermeté sur des positions que le meneur jugeaient pourtant trop chancelantes pour être tenues sans être mises une seule seconde en doute. Mince, même un nouveau-né de la dernière pluie serait dans la capacité de pointer du doigt ou une ou deux failles dans cette toile plus que caricaturale. Mais le rebelle peinait à croire que la tâche serait aisée, ce petit homme à la langue bien pendue lui paraissait tout de même légèrement perturbé à en croire ces coups d'oeil répétés et follement attentifs vers le néant. Loin de se formaliser des répliques croustillantes de son vis-à-vis qui ne se délestait pas un seul instant de cette agressivité réconfortante dans laquelle il s'était glissé, le chef insurgé se contenta d'écouter son histoire jusqu'au bout tout en essayant vainement de la comprendre. Puis finit par lui répondre d'un calme olympien, se concentrant uniquement sur l'essentiel. Il n'avait guère de temps à perdre avec les formes alors que le fond s'avérait déjà bien trop compliqué.

" Je ne connais pas de Lawrence. Et ne fais pas non plus partie de la Résistance ". Toute sa sincérité transparaissait dans cette tirade qu'il écoulait avec une simplicité presque enfantine. Il entendait pour la toute première fois ce nom à l'aube de ce jour nouveau et ne se considérait pas comme un membre de ce mouvement chaotique qui avait profondément merdé jusqu'à trahir les coeurs des plus idéalistes. D'ailleurs il ne prit pas la peine de dissimuler ses positions, à demi mots. Il ne désirait pas dévoiler toute l'étendue de son jeu face à un adversaire qui n'avait encore que trop peu de cartes en mains. Il était nécessaire d'égaler d'avantage la partie avant d'amorcer les plus amples détails. " La Résistance n'est plus que l'ombre d'elle-même et je serai le premier à me réjouir le jour où elle tombera. Tout comme le gouvernement ". Il se réconforta d'une gorgée de sa bière légèrement éventée avant de lâcher un soupir résigné. Qu'il lui paraissait loin le temps de sa chère démocratie à laquelle il avait offert toute sa dévotion d'antan. Stan avait pitié du monde d'aujourd'hui et la nostalgie d'un passé qu'il espérait pouvoir remettre au goût du jour sans toutefois parvenir à réellement s'en convaincre.

Il contempla l'autre faire les cents pas tel un lion en cage paré à sauter sur l'objet de sa rage et captivité dès l'instant où ses entraves céderaient la place à la liberté perdue. Et poursuivre sa marche et son discours jusqu'à ce que ses pas le mènent de nouveau vers cette table où sa boisson l'attendait toujours. " Cela dit, il y a quelque chose que je ne suis pas sûr de comprendre. Tu me cherches durant des mois pour, à priori, une vendetta. Mais comment peux-tu être certain que je sois celui qui a causé du tort à ton ami si tu n'étais pas avec lui lorsqu'on a livré mon nom, ou si tu n'as pour infos que quelques rumeurs d'éméchés dans un bar de fortune ? C'est maigre comme information, ça ne vaut pas franchement toutes ces longues recherches. Puis dis-moi où se trouve mon intérêt à te mener jusqu'à moi si j'avais eu quoi que ce soit à craindre de toi ? Et de préférer t'offrir une bière plutôt qu'un gaz en guise de bienvenue... Tu me qualifies de débile sans grande importance, et pourtant tu t'es donné du mal pour mettre un visage sur mon nom ". Stan avait bien du mal à déchiffrer les dires de Timothée dont les actes et l'animosité trahissaient le détachement peu crédible qu'il tentait de glisser dans ses répliques.

Ce fut à son tour de faire derechef les cent pas pendant qu'il réfléchissait aux nombreux propos de son interlocuteur. Il avait apparemment déjà subi le traumatisme d'un enlèvement, du moins si Stan avait su saisir cette affaire de gaz et d'entrepôt. Cette perspective ne faisait que le pousser d'avantage vers ce nom qui lui brûlait les lèvres mais qu'il n'oserait pas non plus dévoiler. Roman. Et si ce petit fourbe avait kidnappé ces deux cabots du gouvernement pour les lancer ensuite à sa poursuite ? Deux bâtons dans les roues plutôt fâcheux mais pas non plus insurmontables qui ruineraient un temps ses affaires pour permettre au félon de mettre cette liberté d'action à profit ? Tel était son genre, complexe et sournois. Aucune autre explication ne tendait à disperser cette brume que Timothée avait laissé naître dans son esprit. " Tu as déjà été enlevé et pas franchement bien traité. Est-ce à ce moment que tu as entendu mon nom ? ". Un oui éclaircirait tout cette affaire. " Très bien ". Il se rapprocha du jeune homme et sortit de sa poche un petit canif qui luit de quelque reflet d'argent sous son oeil d'ôte, avant de rompre la corde qui lui avait lié les poings. " Tu peux toujours tenter d'exploser ma face de meuble mal conçu mais je pense que te contenter de boire un coup en discutant calmement serait plus raisonnable. Enfin, ce n'est que mon avis... ". Stan n'avait aucune envie de l'asséner de coups mais s'il fallait passer par là pour calmer les ardeurs de cet effarouché, il n'hésiterait pas non plus. Le choix lui appartenait. Comme la réflexion.
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MessageSujet: Re: Abominable Stratagème {PV Tim}   Lun 21 Sep - 23:23

Oui. Oui, je gère. Pourquoi est-ce que ce ne serait pas le cas ? Suis-je ainsi incapable de m’occuper de moi ? Suis-je si incompétent que même mon frère mort, relique d’un esprit en berne, tente de me le faire remarquer ? J’hallucine. Oui. Littéralement. Déjà je vois un mort depuis plusieurs semaines. Ensuite, celui-ci ne cesse de m’envoyer des regards désespérés et le voila qui, en plus, agite devant moi des doutes qui devraient, dans les faits, n’appartenir qu’à moi. Alors pourquoi, bon sang ! Pourquoi ne suis-je pas d’accord, un minimum, avec lui ? Pourquoi trouver ses remarques stupides ? Pourquoi continuer ? Je baisse le regard pour une raison à des milliers d’années de ce type. Bastien a changé de place, il est à côté de moi, assis sur la chaise. Il me regarde sans que je parvienne à déchiffrer l’expression qu’il m’offre. Je le sens. C’est déjà bien assez suffisant. Mes poings se serrent, je grimace. Je gère. Il ne réagit pas, détourne le regard. Il le sait. Le doute s’immisce. Il a ouvert une brèche. Lui et le blond en face de moi. Ce n’est pourtant pas le contenu de ses premiers mots qui m’interpellent. Non, du tout. Davantage son attitude qui, bout à bout, ne semble pas convenir à l’image que je m’en suis faite. Je le détaille avec plus d’attention ou tout du moins, je la place différemment. En recherche, le temps d’observation doit se faire avec recul, sans préjugé, sans bagage. Un exercice que je me suis toujours cru maitriser, pourtant force a été de constater qu’il n’est pas évident d’assombrir son jugement lorsque le passé se révèle sous les traits de parfaits inconnus. Tu vois ? J’hoche la tête et le laisse échapper un sourire que j’aimerai faire disparaitre. Il vient de gagner un léger cas de conscience. Une observation simple, calme… honnête. L’autre avoue ne pas être de la résistance ce à quoi je n’ai pas pris la peine de réagir perdu dans mes propres pensées et avoue espérer la chute de l’ensemble. Petit sourire. Il ose tout de même annoncer cela à un membre du gouvernement, certes, un homme légèrement à sa merci mais comme relevé plus tôt, je ne crains pas ma mort.

C’est surement ça qui m’agace le plus et qui l’énerve le plus, au mort. Pourtant je ne parle pas à cet instant de ma crainte de mourir pure, insaisissable et foudroyante. Je parle d’un constat : non seulement il ne m’intimide pas mais je suis convaincu que me tuer n’est pas dans ses objectifs de la journée. Non, il joue avec ses mots, avec son regard, sa posture. Il semble reflechir à mes propos et ce que je prenais à l’instant pour un temps afin de m’entourlouper parait au final, être davantage de nature à comprendre. Serait-il honnête ? Je fronce les sourcils, aiguise mon regard contre le sien et mon ouie contre ses mots. Sa logique n’est pas stupide mais le fait que la sienne prouve une part de stupidité dans la mienne, m’agace. Toujours un problème cet égo. Je lui offre mon plus beau sourire narquois. Un sourire que je sens plus fade qu’auparavant : je repasse ces derniers mois dans ma tête. J’analyse comme je sais si bien le faire. Où aurais-je pu me tromper ? Je ne suis pas habitué à l’erreur c’est bien pour ça que je fouine dans la vie des gens avant de les mettre sur cette liste noire. Une liste qui, derrière le masque d’une alliance paisible, perdure avec force et cruauté. Ce n’est pas le changement de nom d’une arène qui changera son contenu, ses exactions. Mon pouce craque sous la pression, je grimace. Mr Stan se relève, emprunte le même chemin confus que moi. Je le laisse un instant à ses réflexions, trop préoccupé par mon propre film. Lorsqu’il revient vers moi, il sort un couteau. Bordel. Suis-je le roi des cons à passer ma vie à me tromper ? Enfin non, du coup, s’il me plante, je n’aurai pas eu tort…non ? Je ne suis pas sûr que tu devrais t’en réjouir…. Il a raison. Je ne pourrais pas me satisfaire bien longtemps d’un regain de confiance en mes talents, en mon jugement. Mort, ça ne sert pas à grand-chose. Au lieu de ça, il parle encore et défait mes liens m’invitant au choix. Alors que le couteau scie la corde, je m’imagine lui enfoncer mon genou dans le nez. Comme son pote. Ils auraient le droit à un nouveau petit nom de crow. La classe. Au lieu de cela, mes mains repassent devant moi, je les masse, les observe. Mes cicatrices sont toujours visibles et l’espoir que celles-ci disparaissent est parti en fumée. Dire que je me suis probablement fait ça à cause d’un autre type. La conclusion me dégoute.

Je plonge mon regard dans le sien puis croise mes jambes sous moi, je me penche et attrape la bière que je décapsule contre la table. Je fais tourner son contenu sans pour autant le quitter des yeux. Suspens. Je lâche un léger rire à ce simple mot et boit une gorgée en haussant les épaules. Derrière Stan, Bastien hoche la tête comme s’il avait déjà connu la finalité de ce début de rencontre. A cet instant, il me fait penser à mon père, notre père alors que le monde semblait encore tourner rond et que l’espoir qu’il ait un fils sorcier existait toujours. J’avais 5 ans. Sache pour commencer que faire une chasse à l’homme c’est comme faire un puzzle. Quand on ouvre la boite, qu’on s’intéresse à la chose, on l’imagine globalement. On estime la difficulté, le rendu, les éléments à privilégié puis au final on retourne la boite, le contenu se déverse et là…. Faut faire le tri. Faut ordonner. S’assurer. S’intéresser. Espionner. Regarder de loin. Observer de près. Et au final ce qu’on a imaginé n’a rien à voir avec le vrai rendu. Je le vois froncer les sourcils. Il est peut être moins perdu que précédemment avec mes accusations mais je ne suis pas sûr qu’il comprenne où je veux en venir. Ca tombe bien, je ne suis pas sûr moi-même puisque je préfère espérer avoir raison. Tu sais depuis combien de temps j’ai ouvert cette boite ?

Il hausse les épaules. Je fronce les sourcils. Même s’il n’est pas le coupable, il devrait estimer l’ouverture à environs un an. Depuis que je chasse son prénom. Hum… ça fait 16 mois. Je l’ai ouvert dès que tu, car jusqu’à preuve du contraire tu restes coupable, as commencé à organiser des mouvements de rebellions stupides et violents. A trop faire parler de toi, de manière indirecte mais qu’importe ça reste ton mouvement, tu as énervé certaine personne dont moi. Je ne pense pas que la révolte ait eu un grand intérêt si ce n’est empiler les morts des deux camps dès fois qu’on ait pas encore tout à fait décimer l’espèce humaine…. Je soupire, secoue la tête. L’homme est d’un con. Donc, j’ai retourné la boite en me disant qu’aider mes collègues seraient une bonne chose. On a donc démantelé plusieurs réseaux, quatre/cinq planques…. Sans parvenir à la tête du bordel. J’ai persévéré à mesure que les actions augmentaient en violence. Plus motivé faut croire. Pi un jour, ça éclate en ville et je me fais kidnapper. Je me réveille dans un entrepôt comme celui-ci avec un compagnon de cellule… Je détourne le regard, craque mes doigts. Je repense tout simplement aux premiers échanges avec « lawrence » alias « samuel ». Je gigote sur la table, boit une gorgée. Il semble qu’on avait plus de ressources que prévus, on est parti avant que ça tourne plus au vinaigre ce que, apparemment tu n’avais pas forcement prévu. Ce jour là, je n’ai pas entendu grand-chose mais mon acolyte, lui, oui. Un surnom. Il n’a pas su comprendre le contenu. Cette information je l’ai eu plus tard alors que je lui mentionnais ce même surnom. Le puzzle s’est alors assemblé doucement. Je n’ai pas a t’expliquer les tenants et aboutissants du reste de mes recherches, ni même celles qu’on mit en œuvre mes collègues. Seulement, si tu es là, encore. C’est grâce au gouvernement, à sa connerie, à ses expériences puis à la révolte qui a suivi…. C’est si ironique en fait… L’état qu’il déteste lui a offert une plus grande liberté bien que celle-ci puisse s’achever par ma simple présence ici. Je ne compte pour me laisser abattre si jamais l’envie lui en prenait finalement.

Je saute de la table, fais craquer mon dos, dégourdis mes jambes. Bastien me regarde de côté, mes yeux glissent vers lui. Je sais ce qu’il veut. Et bien que je ne suis pas sûr de le vouloir, j’enchaine. Maintenant que tu sais tout, ou presque. Est-ce que ta mémoire revient ? Mes yeux le scrutent à son tour. Je détecte son attitude, sa réflexion. Les rouages semblent faire du bruit en son sein du coup les miens s’actionnent. Ok. Si maintenant, je prenais la chose à l’envers ? J’attrape ma bière, boit deux gorgés et tire la chaise vers lui. Je m’assoie, écrase mon coude sur la table. Ok. Tu n’es pas celui que je cherche. Enfin imaginons. Qui es-tu ? Qui voudrait et pourquoi te mettre sur la route du gouvernement ? et franchement… qui aurait voulu imaginer me mettre sur ta piste après que je me sois échappée ? Tu restes un rebelle avec la résistance ou non… qui me dit que tu n’es pas responsable de ces attaques violentes ? ou d’autres du même genre ? Tu viens justement de m’avouer espérer faire tomber l’alliance… donc tes idées vont parfaitement avec les dernières actions contre l’alliance …..et ce malgré ton apparente zenattitude… Ma main le désigne de bas en haut en haussant un sourcil. Cela dit si tu parviens à me démontrer, ou à me convaincre de ton innocence à la fois pour les attaques et mon kidnapping peut être que la stratégie de ton …ennemi t’aidera…au final… Je lui souris en buvant le reste de ma bière. Oui, peut être qu’au final le possible stratagème un peu fou mais bien pensé aurait une impensée. Celle de ne pas avoir compté sur mon implication… Que l’homme X aurait espérer ma ténacité ne m’étonne guère mais comment deviner que de l’aspect personnel, la fougue se serait emprise de moi ? Au fond si stratagème il y a eut, il tenait sur le fait que je serai resté dans mon labo pour débusquer le coupable certainement pas que je me livre moi-même en pâture. Que je fasse face à ce dit coupable, que je parle. Je rêve où l’idée t’amuse davantage que la vérité que tu t'ai construite ? Subrepticement, mon sourire s’étend.

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Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. (⚡) Nietzsche
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Abominable Stratagème {PV Tim}

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