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 it's been a while (Elias)

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MessageSujet: it's been a while (Elias)   Lun 14 Sep - 13:27


« Un verre au Bones - minuit. »

Elias Kaligaris, ou l’art d’en dire beaucoup avec peu. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant sur son bureau un post-it avec ce mot d’écrit à l’encre noir. Comment avait-il pu entrer sans que personne ne l’aperçoive ? Car pas une âme ne l’avait vu, d’après le peu de personne présent sur place. A moins que ce mot ait été posé par un intermédiaire. Ce qui était manifestement plus probable. Puis pourquoi il signait jamais ses notes putain ? Vaas savait qu’Elias aimait rester discret. Pour vivre heureux, vivons caché, ça devait lui l’auteur de cette expression. C’était à se demander s’il n’était pas encore plus paranoïaque que lui. Si, il l’était beaucoup plus que lui. Le plus étonnant était que Vaas fut tombé sur le mot. Car il aurait très bien pu sécher sa journée de visite au Mission aujourd’hui ! Il n’était pas tous les jours présents, uniquement lorsqu’il savait qu’on avait besoin d’un de ses articles. Malgré les récents événements, Vaas trouvait encore à redire sur certaines évolutions. C’était son rôle dans le journal, critiquer le non-critiquable. Voir s’agrandir le noyau faiblard, le voir devenir un puissant cri de résistance. Mais ces jours-ci, Vaas devait l’avouer : un calme sournois était apparu dans ses écrits, cela se ressentait. Les tortionnaires ont été punis, les anciens martyrs vengés. Comme un goût de satisfaction qu’on ressentait tellement rarement que l’on en venait à se demander s’il était normal qu’il ait autant d’amertume.

La soirée au Bones, ça tombait mal. Parce que ce soir-là, Vaas était plus crevé que jamais. Le travail au chantier a été plus qu’éprouvant ; il travaillait à repeindre la façade d’un immeuble appartement à il ne savait quel entreprise de fonctionnaires, et à dire vrai il s’en balançait royalement. Mais monter et descendre les échafaudages toute la journée, ça ne donne envie que d’une chance : s’allonger et glander. Alors que la flemme lui indiqua de rentrer chez lui afin d’être seul et pouvoir se torturer l’esprit en paix, le bon sens que possède normalement tout être humain lui imposa de faire le contraire. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas vu son ancien coéquipier du Bones. Ce n’était qu’avec lui qu’il y allait, et ce mot lui fit d’ailleurs rappeler qu’il n’y avait pas posé les pieds depuis l’incident. L’incident qui a mis le fils d’Elias dans le coma. Soit. Bones cela sera. Il n’arrivera pas à dormir de toute manière. En ce moment, il n’y arrive pas. Encore. Ceci dit, il avait encore le temps de passer chez lui jusqu’à minuit. Il n’était passé par les locaux de The Mission uniquement pour déposer son papelard. Ce qu’il fit. Et disparu aussitôt, évitant ainsi les questions gênantes.
A la nuit pétante et bruyante de la Nouvelle-Orléans, on retrouvait Vaas Millian déambulant dans le quartier est. Mise à part le ciel noir sans étoiles ce soir-là, n’importe qui pourrait croire que l’on était en plein milieu de l’après-midi tant les rues étaient bondées. Il marchait machinalement vers le club caché derrière une vitrine de livres anciens et humides. Il ne fit plus non plus attention à la subtile odeur qui agressa ses narines en franchissant la porte du Bones. Un mélange acre de sueur, d’alcool, de cigarette avec un arrière-goût d’on ne savait quoi d’autre qui faisait toute l’ambiance du lieu. Il avait l’impression d’avoir été dans ce club la veille. C’était comme revenir dans un endroit familier et chaleureux.

Vaas dû se frayer un chemin en jouant des coudes afin de rejoindre le bar. Entre les croupiers qui gueulaient à la mort pour prendre les paris et les participants qui manifestement était heureux de perdre tout leur argent, il fallait avoir des tympans solides. Même de dos, il l’avait immédiatement reconnu. La carrure de ses épaules ne pouvait pas le tromper. Au fur et à mesure qu’il s’approchait, l’esprit de Vaas fut mêlé de nonchalance, puis d’excitation et enfin d’angoisse. Il fut une période où ils se voyaient beaucoup. Cela faisait maintenant quatre mois qu’ils ne s’étaient pas adressé la parole. Il était allé le voir à l’hôpital. Une fois. Un peu après l’accident. On l’avait tellement bourré de morphine que Vaas eut des doutes quant à la discussion qu’ils avaient eu, aussi courte fut-elle. Un semblant de « j’suis tellement désolé mon vieux » puis de « mais pourquoi t’es allé chercher ton fils putain d’merde ? » et encore de « j’reviendrai te voir, fais gaffe à toi ». Mais il n’était pas aller le revoir. De un, parce que la vision de son fils dans le coma le hantait lorsqu’il était lui rendre visite  la première fois, et de deux, parce que suite à ça, c’était le silence total, et que les silences radios auprès des gens auxquels il a confiance, il aime pas ça. Si quelqu’un voulait plus voir sa tronche, ok, pas de problème, fais ta vie mon vieux. Mais Elias, c’était un pote. Il avait confiance en lui. D’accord, faut du temps pour se remettre de ce genre d’accident. Mais putain, quatre mois quoi. Vaas se surprit de passer la main sur son crâne, ce qui le fit alors refaire ce geste. Une fois, puis deux.  Arrivé à sa hauteur, il le prit par l’épaule tout en s’asseyant sur la chaise haute à ses côtés.

« Et ben putain ! Toujours aussi discret. »

Ça aussi c'était du Elias, l'art de se faufiler au milieu de la foule. Il était là, mais on le voyait pas. C'était comme le mot de cet après-midi. Un ninja le mec.
Plus qu’une simple salutation, la manière d'aborder les personnes que Vaas considère affectueusement sera toujours musclé. Le prendre dans ses bras en finissant par un coup de poing magistral sur l’épaule ne l’aurait pas déplu non plus. Et puis finalement non. Ça faisait tapette. D’autant plus qu’avec ce que son ancien collègue chroniqueur traversait, ça devait pas être l’heure de se fendre la poire. Le visage du fils d'Elias encore dans le coma lui traversa l'esprit un dixième de seconde. Puis disparu aussitôt. Il pensa à celui qui lui faisait face ensuite. Les dégâts que ça lui avait causé physiquement. Le mental ne devait pas être trop loin derrière. Ou plutôt devant. A peine fut-il installé que Vaas fit un geste au barman pour commander une bière qui s’en suivit par un reniflement sec.

« J’ai bien failli croire que t’étais mort. Depuis combien d’temps tu t'caches comme ça ? T’es sorti quand ? Fallait m'le dire !» Sa voix mêlait le timbre de la joie de le revoir au reproche de ne pas l'avoir prévenu de sa sortie d'hôpital. Mais il s'agissait encore d'ici d'un reproche guilleret, trop heureux de pouvoir parler à ce visage les yeux grands ouverts et pas à demi dans les vapes. A l’instant même où il s’était assis, Vaas s’était sentit légèrement plus détendu. L’attente de boire sa bière le relaxait déjà. Ou était-ce la présence d’Elias qui l’aidait à apaiser ses nerfs ? Comme si soudainement, Vaas sentit que le temps perdu allait être rattrapé encore plus rapidement qu’un de ces combats clandestins.

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MessageSujet: Re: it's been a while (Elias)   Mer 16 Sep - 22:28

Pendant longtemps, il s’était demandé à quel genre de son, une vie pourrait se résumer. Un cœur qui émettrait ses pulsations de manière régulière, une voix qui soupèserait le poids d’une douleur, une mélodie extirpée du plus insolite dessin animé pour enfant. A quoi résumer son existence ? S’il avait pu, s’il avait voulu mettre une tonalité sur ce qu’il éprouvait, sur tout ce qui composait l’homme qu’il était devenu, sans nul doute, aurait-il choisi le bourdonnement régulier et dérangeant que cette machine engendrait. Elle semblait affreusement imposante dans cet espace exiguë. Une seule vitre, des murs anthracite, un lit minuscule pour un corps si menu qu’on le discernait à peine sous sa tonne de draps, et puis, cet appareil qui dictait chacune de ses inspirations. Une destinée artificielle soumise à des impulsions électriques, déterminée par cette intubation horrifiante. Oui, s’il devait placer une unique litanie pour seule épitaphe, ça serait celle-là. Elle le définissait tout entier, par son acte, par son crime et au-delà de ce seul fait, il éprouvait aussi, depuis plusieurs mois, cette sensation désagréable de noyade. Ne plus être apte à aspirer l’air de façon naturelle et irréfléchie. Ses poumons semblaient s’être nécrosés à l’intérieur depuis qu’il avait fauché l’avenir de son garçon. Chair pourrie dans organisme infecté, ce n’était que justice. En cet instant, il aurait tout troqué pour être à sa place et ne pas être le spectateur déchu de sa propre aliénation. Ses doigts s’articulaient autour de ses siens étrangement froids. Il n’était plus vraiment là. Il ne le serait jamais plus. Les paumes d’Elias se joignirent pourtant pour réchauffer celles de son enfant. Si frêles, si jeunes. Hanter sa chambre d’hôpital ne le ramènerait jamais et n’expierait jamais la faute. Jamais. Mais c’était le minimum à ses yeux, pour assumer son presque-homicide.

Comme d’ordinaire, le journaliste se laissa consumer par sa douleur, ne froissant en aucun cas la difficulté. Il lui permettait d’occuper tout l’espace, de l’habiter jusqu’à ressentir le craquement de ce cœur éprouvé. Ses traits restaient contractés, ses muscles se crispaient encore jusqu’à la souffrance physique quand la porte bascula de son cadre. Son menton se redressa pour cueillir l’identité de l’intrus. Le prochain battement cardiaque sembla le détruire pour de bon. Il s’agrippa plus férocement à la main inerte de son fils. « Tu as deux minutes. » lui indiqua-t-elle sans même poser le bout de la semelle dans la pièce. Le mépris pour seul masque et pourtant, elle n’avait pas perdu un iota de sa beauté. Le drame avait même eu tendance à l’embellir, à concéder à ces traits trop travaillés, des notes désespérées qui accordaient un semblant de poésie à l’ensemble. Carley allait sans doute refermer la paroi derrière elle dans les prochaines secondes et il se refusait à tout silence, animé par un palpitant bien trop détraqué. Un rictus tordu déforma sa bouche. « Deux minutes, génial, tu préfères qu'on fasse ça contre la porte ou à terre ? » Les mots adressés avec une insolence manifeste, parvinrent sans mal à désarçonner sa future ex-épouse. D’un ton sec et tranché, elle lui répliqua «Ne sois pas vulgaire. Tu sais très bien de quoi je parle. J'attends dans le couloir. » avant de délaisser l’endroit. Le grec adressa un sourire triste et désolé à Bran, écroué à son coma. Il se pencha en se redressant maladroitement sur ses guiboles pour déposer ses lèvres contre son front. « Je reviendrai demain. Bon courage pour supporter ta mère. » Ses doigts coulissèrent sur la joue de l’assoupi et il s’extirpa de cet antre. En passant devant son ancienne amante, il s’arma de cynisme et lui délia quelques mots alors qu’elle détournait le regard, cherchant à l’ignorer avec conviction. « Bonne journée à toi aussi. » Il perçut sa réponse faite de marmonnements. « C’est ça, ouais. »  

La mélancolie traça la suite de ses actes en cette fin de journée. Il visita les endroits oubliés de sa mémoire, prenant appui sur des clichés qu’on avait rangé au grenier et qu’on avait jamais cherché à revoir. Il n’était même pas repassé au journal comme l’habitude le suggérait, conscient qu’il serait sans nul doute improductif et même carrément nocif pour l’ambiance de travail. Il voulait se concentrer sur sa petite réunion nocturne, se rassembler afin de tirer le meilleur de ces prochaines retrouvailles. Le jugement ne l’effrayait pas. Il savait très bien ce qu’on pensait de lui et il savait ce qu’il avait fait pour mériter ça. Mais l’idée que sa vie privée interfère sur des projets bien plus audacieux, le dérangeait profondément et le soumettait à des remises en question dérisoires qui n’avaient de fin que son propre épuisement.

Peu avant minuit, il dégringola ces rues si familières et étrangères à la fois, qui avaient rythmé son enfance. Le Bones engloutit sa carcasse et il se retrouva à sillonner ses entrailles, un verre à la main et un cigare dans l’autre. Les combats ne l’intéressaient pas, il n’y prêta pas la moindre attention. Il s’assit, conscient de l’embarras qu’il entretenait en maintenant l’illusion que sa jambe droite ne portait aucun stigmate de l’accident et acheva ces deux seuls plaisirs actuels. Quand son récipient fut vide et que son mégot trôna dans un des cendriers, une paume se posa sur son épaule. La crainte pilonna son estomac mais il n’en montra rien. Il adressa un léger sourire à son ancien collègue tandis que ce dernier s’installait. « Ce n’est pas difficile de se fondre dans la masse, il suffit de disposer des bons accessoires. » Il adressa un signe de tête aux cadavres sur le comptoir avant d’interpeller le barmaid pour passer commande. Le temps que ce dernier parvienne à se libérer l'obligea à disposer ses mains sur la surface face à lui et à ne pas remuer inutilement sur son siège pour contrer le malaise que cette rencontre suscitait. Il n’avait pas pensé que le revoir remuerait à ce point ses souvenirs. Il prit la même chose que Vaas et l’observa ensuite. C’était toujours terrifiant pour lui de constater que les changements radicaux de son existence n’avaient affecté personne et rien d’autre. Le monde continuait de tourner. Sans lui.

La façon que son comparse, animé des meilleures intentions du monde, eut de prendre de ses nouvelles, fit tressauter sa joue mais il passa outre sa désagréable pensée. « Oh, je l’ai été d’une certaine manière. Ça fait un peu plus de trois mois, je voulais t’épargner le chapitre rééducation, sautes d’humeur, envies irrépressibles de sombrer dans la dépendance médicamenteuse. La morphine, c’est le ticket vers le paradis cela dit mais crois-moi, tu m’aurais volontiers achevé si tu m’avais vu. J’ai cru qu’une des infirmières allait m’étrangler avec ma perfusion à la fin de mon séjour. Je me suis dit qu’il valait mieux conserver le peu d’amis que je possédais et attendre de retrouver un semblant d’humanité avant d’oser montrer le bout de mon nez. » Leurs bouteilles atterrirent devant eux. Le trouble s’aligna sans mal dans un mauvais transfert de ce qu’il cherchait péniblement à refouler. Il avala l’air précipitamment en accusant le goulot de son breuvage. Après avoir reposé le récipient, il reprit. « Mais assez parlé de ma personne. Raconte-moi. Comment ça se passe pour toi depuis tout ce temps ? Mon mot a dû te prendre au dépourvu. Je ne voyais pas d'autres moyens de te contacter malheureusement. Je voulais éviter de passer la tête au journal et de me farcir les abrutis qui y travaillent. Enfin peu importe, dis-moi plutôt. Je suppose que plusieurs choses ont dû se bousculer pendant mon exil, surtout dans le climat actuel des choses. D’ailleurs, notre nouveau gouvernement te sied-il ? » Il ne pouvait pas s’empêcher de déjà dévier leur conversation pour l’amener à ce qui l’intéressait. C’est-à-dire à dix mille lieux de ce qu’ils avaient évoqué juste avant. Deux hommes se bagarrèrent à quelques pas de là. Hors du ring prévu à cet effet. Le videur chercha à les séparer mais quelques coups se perdirent. La masse de personne était tellement dense. L’ambiance était électrique, bien trop et ne favorisait pas la quiétude que le trentenaire aurait souhaité. Il n'était pas mécontent de revoir un ami, pas non plus fâché de le voir s'inquiéter pour lui mais terriblement confus sans aucun doute, sur l'attitude à adopter en sa présence.

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    Before all of this, what did I miss ? Do you ever get homesick ? I can't get used to it. I can't get used to it. I'll never get used to it. I'll never get used to it. I'm under that night. I'm under those same stars. We're in a red car, you asleep at my side. Going in and out of the headlights. Could I have saved you ?
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MessageSujet: Re: it's been a while (Elias)   Lun 21 Sep - 1:52



Après tout, Vaas comprenait. Il était vrai que se fondre dans la masse était avant tout une question d’accessoires et de savoir-faire. Choses dont Vaas savait utiliser de temps à autre. Par ailleurs, un des avantages à être ouvrier était probablement le fait de pouvoir entrer et sortir de n’importe quel bâtiment en chantier sans éveiller les soupçons. A y réfléchir, cela devait être le seul avantage.
Vaas ne put empêcher un froncement de sourcil face à la réponse de son ami. Rééducation ? Sautes d’humeur ? Accro à la morphine ? Vaas eut le sentiment d’entendre le résumé d’une de ses anciennes séries télévisées sur les hôpitaux. D’un côté, il lui était gré d’avoir échappé à la vue de tout ce blanc d’hôpital et cette odeur de propre au goût javelifié. Cela lui rappelait trop de souvenir désagréable et plus il en était loin, mieux Milligan se portait. Donc il acquiesça. Il acquiesça à la longue description que lui faisait Elias sur les différentes étapes par lesquelles il était passé pour se retrouver aujourd’hui en face de lui au bar du Bones.

« Ça devait pas être facile mon vieux. Mais à quoi on sert si on peut pas se soutenir les uns les autres, hein ? M’enfin, tu vas mieux, c’est c’qui compte. »


Leurs boissons arrivèrent en face d’eux. Vaas s’empressa d’empoigner sa bouteille de bière afin d’en boire une longue gorgée. Il n’osa pas aborder la délicate situation de son fils. A dire vrai, il ne savait pas si le fait de lui en parler lui ferait plaisir ou le mettrait en rogne. Dans le doute, Vaas préféra d’éviter le sujet pour le moment. Surtout que même sans avoir connu son enfant, il se sentait affreusement mal lorsqu’il a su qu’Elias n’était pas seul dans sa voiture lorsqu’il a eu cet accident. C’était un mélange de culpabilité, de colère et d’incompréhension. Il sera toujours temps d’en faire mention plus tard dans la soirée. Vaas était un bourrin, mais les marmots avaient cet étrange pouvoir d’apaisement qui le rendait plus compatissant qu’il ne l’était en temps normal. L’ambiance autour d’eux se fit peu à peu plus écrasante à cause du monde qui peuplait toujours plus l’espace. Cela ne dérangeant pas le jeune homme. Se retrouver au milieu de la foule l’empêchait ainsi de s’empêcher de se retrouver seul avec lui-même. Et il y avait bien sûr d’autres journées, ou d’autres nuits, où la vue de la foule lui était déplorable. Où tout dans la nature humaine lui faisait se demander pourquoi le monde était-il si nonchalant. Un peu comme lui.
Puis Elias reprit. D’une manière si sûre de lui que Vaas eut du mal à le quitter des yeux une seule seconde pendant son monologue. Comme si le fait de rater un mot de son discours aurait été d’une faute irréparable.

« Hein ? » était la seule réaction que Vaas laissa échapper le plus naturellement du monde. Ce passage brutal du cop à l’âne fut si rapide qu’il n’eut même pas le temps de mettre Vaas mal à l’aise. «  C’est pas une question de si ça me sied, à moi, c’est plutôt si ça sied à ces pauv’ gens que tu vois là. » Il finissait sa phrase en désignant la foule non loin d’eux qui s’agitait passivement, sans doute au sujet d’une bagarre que Vaas put apercevoir du coin de l’œil. Il empoigna sa bouteille et s’enfila une autre gorgée, plus longue que la précédente. Il la garda dans sa main, se servant de sa cuisse comme d’un reposoir. « Puis c’est normal que ça s’bouscule, c’était le but. Bien sûr qu’c’est pas l’idéal, j’dis pas ça ! Mais t’aurai voulu quoi au final, hein ? Un autre résultat, j’sais bien… Moi aussi, mais qu’est c’tu veux…  »

Vaas se doutait à l'instant qu'il avait dit ces propos que ce n'était pas la réponse qu'Elias aurait voulu entendre. Il ne croyait plus en la Résistance. Vaas pensait quant à lui qu'il fallait un nom, quelque chose, afin de se retrouver et ne pas s'éparpiller. Car c'était le nombre qui important pour faire basculer un gouvernement. C'était en ceci que Vaas croyait, le rassemblement des peuples. La politique ne sera jamais parfaite. Il s’en souvenait très bien, des morts, du massacre, mais Vaas mentirait s’il disait qu’il n’avait pas ressenti à ce moment un sentiment de vengeance malsaine l’envahir. Avec du recul, ce genre de sentiment disparait. Très vite. Et arrive l’instant où d’autres questions se soulèvent. Car un esprit révolté ne trouve que très rarement la paix. Vaas s’était résigné au fait qu’il ne fallait rien attendre des dirigeants, peu importait leur camp. Que pour faire avancer les choses, c’était le peuple qui devait se bouger le cul. Il avait soudainement l’étrange pressentiment que cette soirée n’allait pas être la joyeuse soirée de retrouvaille qu’il espérait. Avant même qu’il puisse s’en rendre compte, il avait déjà bu plus de la moitié de sa bière. Il lui en faudrait une autre. Assez vite.

« Et dis, quand tu parles des abrutis du journal, tu m’inclus d’dans ? » dit-il en se désignant lui-même par son pouce gauche en levant étonnement haut un de ses sourcils. « C’est pas que j’suis pas d’accord, y’a des cons partout après tout. » Comme résigné par ce fait qu’il ne connaissait que trop bien, il se redressa sur sa chaise pour faire face au bar et y reposer sa bouteille.. Bien sûr qu’il avait été pris au dépourvu suite au mot qu’il avait trouvé pour le contacter. Il se demande encore comment il avait fait pour se débrouiller à le lui faire passer « T’as fait comment au fait ? » Laissa-t-il échapper simplement par curiosité. Pas sûr qu’il lui dévoile tous ses secrets. Pas sûr qu’il voudrait le savoir en ces lieux où la température augmentait dangereusement à mesure que les paris se créaient.

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MessageSujet: Re: it's been a while (Elias)   Mar 22 Sep - 23:58

La compassion était une amie bien étrange qui se présentait sous différents aspects. Par bien des égards, elle pouvait s’allier à la pitié ou en donner la saveur. Un sentiment toutefois honorable mais dont il aurait bien aimé se passer. Très peu de personnes lui avaient exprimé assez de clémence pour le plaindre. Et bien entendu, ça l’avait toujours bien arrangé jusqu’ici. Il ne voulait pas en parler. Il ne pouvait pas non plus accepter un tel comportement. Le mépris, il réussissait à l’accuser, y dénichant même une force assez folle pour prétendre à une rédemption sans doute précoce. Mais l’indulgence réveillait chaque plaie, écorchait cette culpabilité qui tambourinait déjà bien trop ses tempes et diffusait la honte dans chacune de ses veines. La douleur d’être, d’exister encore, de parvenir à hanter cet endroit précis, semblait insoutenable. Il avait l'impression constante de devoir s’excuser auprès d’absolument tout le monde. Désolé d’être encore capable de respirer et de se mouvoir. Désolé d’être le survivant de l’accident. Il ne pouvait pas se justifier. Il ne pouvait rien faire à part se condamner davantage. Alors non, il ne méritait pas ces mots bien trop bienveillants. Il ne méritait même pas qu’on s’inquiète ou pense à lui. Elias éprouvait une infection supplémentaire au thorax en sachant que Vaas avait été le témoin, l’allié de sa déchéance. Jamais, il ne lui avait mis les verres entre les doigts. Jamais, il ne l’avait encouragé à prendre le volant après ça. Et pourtant, inévitablement, il le ralliait à ce qu'il s’était produit. Injuste mais incontrôlable, il soutenait à peine son regard, ne parvenait pas à refouler cette impensable sensation de rancune quand son regard traquait cette trajectoire. Cette rancœur n’était dirigée que contre sa propre personne et non, contre son ami cependant. Mais il était dur pour le journaliste de l’encaisser et de ne pas la déverser par inadvertance.

Son interlocuteur partageait la tension, il pouvait le sentir et le discerner sans mal dans son attitude. Il préféra le silence comme clôture à tout débat sur la question et accueillit les boissons avec un certain soulagement. Le trentenaire but une longue gorgée en observant d’un œil distrait les combats qui se déroulaient ici et là. La violence avait nourri son adolescence et façonné une bonne partie de ce qu’il était devenu. Son besoin d’adrénaline ne pouvait prendre racine que de cette époque obscure, nébuleuse de sa misérable existence. Période qu’il payait chère à chaque comparution devant le juge. Le passé n'est jamais là où on pense qu'on l'a laissé pensa-t-il amèrement. Avant de perdre le fil de cette discussion, de se noyer en nourrissant ses propres distractions, il se rassembla pour répliquer à la confusion manifeste de son comparse. D’un air entendu, il allongea un bras pour déposer son coude sur le comptoir et laisser ses doigts courir contre sa barbe. « Au temps pour moi, je croyais que tu en faisais partie de ces gens. » ajouta-t-il d’un air mi-rêveur, mi-ironique. Il ne supportait pas ce genre de passivité. Surtout pas de la part des gens qu’il estimait. Le grec eut dès lors énormément de mal à maintenir son mutisme en place mais il attendit respectueusement que le point s’abatte au bout de la ligne avant de reprendre la parole. « Ha ça pour se bousculer, ça se bouscule. » Son ton ne laissait pas beaucoup de place à l’imagination et il en était totalement conscient.

Un léger rictus fissura son masque de dureté. Toutes ces petites notes maladroites qui rythmaient les faits et gestes de l’ouvrier, lui avaient presque manqué. Elles amenaient dans leur sillage un peu de cette nostalgie qui atténuait sans mal les nerfs à vif du damné. Il ne cherchait pas à le blesser ou à l’inclure dans la catégorie des gens qui n’en valaient plus la peine. « Je ne discute pas et ne paie pas de verre aux abrutis si ça peut répondre à ta question. » précisa-t-il alors en cherchant à prolonger son sourire de sa voix. Il porta le goulot une fois de plus à ses lèvres ensuite. Les bruits du club semblaient se fracasser contre sa lassitude. Deux mondes qui ne devraient pas entrer en collision. Toute cette agitation lui donnait la migraine et il commençait à ne plus suivre le fil de leur conversation. « A quel propos ? Pour me glisser au journal ? J’y ai bossé assez longtemps pour connaître chaque entrée et sortie ainsi que tout le personnel. » Un haussement d’épaules. « Mais un magicien ne révèle jamais ses secrets après tout. » conclut-il finalement d’un air entendu sans aucune chaleur et sans aucune conviction.

Un soupir et il ramena une main contre sa nuque alors qu’il s’efforçait de maintenir le contact visuel avec son acolyte. L’éreintement eut raison de toute subtilité et il s’écouta foncer sans la moindre considération, dans tous ces non-dits qui le rendaient déjà partiellement fou. « Ecoute Vaas, je suis désolé de te mettre mal à l’aise, c’était pas l’intention. Je voulais juste qu’on discute un peu ensemble de ce qu’il se passe en ce moment dans cette ville. J’ai toujours aimé ta façon de voir le monde et je sais que des cons, c’est pas ça qui manque, ce qui me fait d’autant plus apprécier ceux qui n’en font pas partie. Je veux ton avis sur ce qu’il se passe. Que tu me dises clairement si tu soutiens toute cette merde, si t'as toujours foi dans ce qu'on publie au journal pour lequel tu bosses. Même s’il me plait pas, je suis pas là pour te juger, tu sais. Je veux que tu me parles comme tu m’as toujours parlé. Je veux que tu sois franc. J’ai pas besoin de ta compassion ou de ton malaise, j’en ai assez de ce genre en stock. Je suis pas venu ici pour te parler de mes emmerdes. » Et à ces mots, il vida d’une traite son récipient. « Et si t’arrêtes pas de me traiter comme si j’étais de la foutue porcelaine, je crois que je vais t’emmener directement sur le ring là-bas. On verra si ça te passera l’envie de me ménager quand on en viendra aux mains. » ironisa-t-il sans même relever le menton dans sa direction. Usé, il l’était et de toutes les façons possibles.

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MessageSujet: Re: it's been a while (Elias)   Mer 7 Oct - 21:41



Vaas avait presque oublié à quel point Elias avait été engagé dans leur cause. Si fortement qu’il a fait partie des résistants qui s’étaient tirés et par la suite le redevenait, mais « à leur compte ». Vaas aurait peut-être fait la même chose s’il n’était pas aussi lâche. Pourtant, c’était en solitaire qu’il avait commencé, à hacker les vices les plus secrets des grands de ce monde. C’était fou le nombre d’information qu’un mec friqué laissait dans son ordinateur. Comme si le petit bout d’objet métallique était un sanctuaire infranchissable. Ils étaient adorables, ces gens-là. De vrais personnages de Disney en comparaisons avec les membres du gouvernement actuel. « Va t’faire foutre, bien cordialement. » lui répondit-il face à sa remarque dont Vaas n’était pas si sûr si elle devait être prise au second degrés ou non. Ce dont il était sûr par contre, c’était qu’il n’aimait pas que les événements récents se bousculent. Vaas n’eut le temps que d’ouvrir la bouche et d’aspirer fortement qu’Elias trouva bon de préciser des détails sur sa dernière remarque. « Ah ouais ? Ça tombe bien, moi non plus. » trouva-t-il bon de rajouter sans vraiment changer le ton de la conversation.
Un magicien ne révèle jamais ses secrets qu’il disait. Vaas s’en doutait, et par ailleurs, ne put réprimer un sourire accompagné d’un ricanement approbateur. Il était vrai qu’il connaissait les lieux après tout. Et certaines personnes travaillant encore dans le journal probablement.

Vaas fixa Elias. Sans même bouger d’un iota, il acquiesça à chaque fin de phrase. Lorsque le jeune ouvrier sentit que ce fut à son tour de poursuivre le dialogue, il tourna nerveusement la tête à l’opposé de son interlocuteur pour y revenir tout de suite après. « Me faudra plus qu’une seule bière. » Vaas fit un geste au barman afin de commander la même chose. Un signe de la tête et une désignation par la main ont suffi à faire comprendre son désir d’enchaîner sur une nouvelle bouteille. Il la payera de sa poche celle-là.

« J’crois qu’le pire dans tout ça, c’est que t’en serai bien capable. » rétorqua-t-il en ignorant les cris de ceux qui venaient de perdre manifestement un amas d’argent assez important face au combat engagé. Les gens autour de lui devaient sûrement lui parler comme s’il était sur le point de se briser à chaque syllabe prononcée. Vaas ne se rendait même pas compte qu’il faisait partie de ces gens-là. Il compatissait facilement, il était vrai. Encore plus lorsqu’il s’agissait d’un proche.

« Qu’est c’que tu veux que j’te réponde, tu viens de le dire, c’est la merde. » Il finit son fond de sa bouteille d’un trait. A peine avait-il le temps de la reposer totalement vide que le barman venait d’en déposer une autre pleine devant ses yeux. Vaas se tourna ensuite complètement vers Elias, de telle sorte que tout son corps se retrouve face à lui bien qu’il soit toujours assis. « Bien sûr que le journal, c’est plus c’que c’était, mais nous faut bien quelque chose ! Faut qu’on soit soudé, si on commence à s’éparpiller, à être chacun de not’ côté, on va plus s’y retrouver, et ils vont encore nous écraser. » Vaas ne prit pas la peine de préciser la nature du « ils », sachant pertinemment qu’Elias comprendrait bien assez vite. « J’dis pas que c’qui s’est passé, c’est c’que j’aurai voulu, ‘fin on est pas des sauvages non plus, mais… » il sentit que ce main serait peut-être un élément déclencheur de quelque chose qui serait soit anodin soit électrique « … Les Hunter's Seasons… tous ces pauv’ gens, on devrait les oublier ? Tourner la page, passer à autre chose ? » Vaas prit la bouteille fraichement déposée devant lui en imitant le geste gracieux d’un bourgeois buvant son thé. « Vous avez été de gros connards, c’était magnifique ! Tenez, une tasse de thé pour faire passer tout ça, et on continue ? »
Pour être mal à l’aise, Vaas l’était bel et bien. Et ce qui devait arriver arriva, fatalement : Vaas Milligan mal à l’aise faisait place à un comportement agressif. Quoiqu’il n’oublie pas qu’il était face à un ami. Son subconscient essaya alors de faire le travail tout en ne dépassant pas les limites.
Une pointe d’agacement fut mêlée au ton de sa voix. « Tu veux la vérité ? La vérité c’est que… » Il s’arrêta brutalement, comme s’il craignait qu’une ombre machiavélique entende chaque mot afin de le répéter à tout va. Il se rapprocha un peu plus d’Elias malgré le bruit de la salle et des combats qui n’arrangeaient rien. «  Nous faut un truc pour faire not’ pub. Bien sûr qu’en ce moment c’est la merde ! Mais ‘nous faut quelque chose, un support, un bordel qui prouve qu’on est là ! » Vaas acheva son argument par empoigner sa nouvelle bouteille afin de l’entamer goulument. En parler le rendait à la fois nerveux et limite en colère. Elias ne voulait pas parler de ses emmerdes, mais ceux des autres, cela ne semblait pas lui poser de problème. Et Vaas n’appréciait pas forcément la situation dans laquelle il se trouvait. Dans le fond, personne n'aimait parler de ses emmerdes, c'était sûrement pour ça.  

« Puuutain. C’est ce genre de situation qui me fait regretter internet. Les salauds. Putain d’apocalypse. » Commentaire destiné autant qu’à lui-même qu’à son voisin. Autant de grossièreté que le sentiment de confusion qui régnait en lui. Sa main se retrouva à frotter nerveusement le bas de son crane jusqu’à sa nuque. Il répété le geste deux fois de suite avant de poser ses mains sur le comptoir en soupirant fortement, la bouteille emprisonnée entre ses doigts.

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MessageSujet: Re: it's been a while (Elias)   Mar 27 Oct - 0:35

Brusque, affreusement acide et sur la brèche. Au fond, ce qu’il avait toujours fui, il l’était devenu. Ce Kaligaris que ses parents avaient toujours voulu semer, le boulet qu'il fallait se traîner. Un sourire ironique aurait pu se percher sur sa bouche s’il n’était pas autant occupé à marteler nerveusement l’intérieur de sa joue, de ses quenottes. Nora avait cru bon de distancer cette fatalité en réarrangeant des lettres, en comprimant l’espace entre un prénom et un nom qui lui étaient aussi étrangers que sa propre identité. Avait-elle seulement été plus heureuse en revêtant cette mélodie aux consonances islandaises ? Si au moins, il en avait eu l’impression. Ça aurait allégé une partie des préjudices qu’il assigne irrévocablement à Rhys. Si au moins, cet homme avait réussi à accrocher un peu de bonheur aux traits de sa sœur. Mais à quoi s’attendait-elle de toute façon ? Il ne suffisait pas de métamorphoser son patronyme pour transformer le passé ou contrôler le futur. Ce qu’ils avaient été et ce qu’ils seraient, ils devaient l’accepter. Elias ne se défilait pas quand il s’agissait d’affronter la réalité. Mais il comprenait le besoin de Louiza de s’approprier une vie qui n’avait jamais été vraiment la sienne. Il se demandait comment les choses auraient pu tourner s’ils n’avaient pas été élevés par un couple aussi instable. En voudrait-il à ce point à son ami de toujours ? Parfois, ça lui plaisait de penser que la cause de ses tragédies prenait racine dans le dysfonctionnement familial. Pourtant, il était le seul fautif de sa propre tragédie. Et la présence de Vaas semblait atrocement le lui rappeler, ce qui n’arrangeait rien à son comportement trop souvent excessif ces derniers temps. La colère, il la canalisait comme il pouvait. Dans cet antre entièrement dédié à ce seul concept, il peinait à la maintenir en place entre ses côtes et ce palpitant qui lui rappelait seconde après seconde que oui, il avait bien été le salaud qui avait réussi à survivre.

Bousculer son interlocuteur avait eu le mérite de remplacer la pitié par l’irritation. Étrangement, le constater l'apaisa. Il préférait nettement cette tension agaçante à l’ancienne vertu dérangeante. Même s’il l’avait vexé. « Je bluffe rarement, oui. » Mais ça n’était déjà plus qu’un souffle à peine matérialisé. Son existence ressemblait à une course perpétuelle dans laquelle il plaçait trop d’effort pour aucune endurance. Mais il s’obstinait quitte à cracher ses poumons et à suffoquer. Parce qu’il n’y avait que ça à faire. Foncer droit devant en espérant atteindre un rebord sur lequel s’appuyer. Il ne dénicha que les prunelles résolument assassines de son comparse. Le jugement ne s’affichait que dans le crâne du grec mais ça ne changeait rien. L’ouvrier reprit la parole et il se tût. De la même manière qu’il avait subi sa tirade, le journaliste endura la sienne sans la contrer. Les mots peinaient à s’extirper avec cohérence, il y avait la façade celle qu’il fallait construire pour pouvoir reposer l’épaule. Lui aussi courait, lui aussi survivait. Mais la brique s’effritait à mesure que les paroles se succédaient. La colère grondait sous le mortier. L’homme délaissa ses beaux mensonges et en vint à la confidence. Le rebelle ne put que se féliciter d’avoir pu le pousser vers l’honnêteté. Il réclama une autre bière d’un geste empressé en notant que son acolyte avait lui-même payé sa dernière consommation. Il fallait réparer ce qu’il avait provoqué et récolté ce qu’il avait semé.

Il prit une profonde inspiration avant de débuter, rejeta ses épaules vers l’arrière avant de sortir de sa veste un exemplaire du Blackbird. Il le glissa très calmement sous le nez de son ami. Au Bones, il savait qu’il ne risquait rien. Personne ne l’arrêterait pour être en possession d’un tel ouvrage. « Le voilà, le truc pour faire notre pub. » déclara-t-il simplement en reprenant ses termes. « Tu en as entendu parler, non ? Je sais que peu d’exemplaires parviennent à atterrir entre les mains innocentes… » Le mot claqua contre son palais avec mépris et sarcasme. « … Des honnêtes gens travaillant pour notre gouvernement mais… Je te conseille d’y jeter un œil. » Il désigna du bout du nez le papier et but, à la suite, plusieurs gorgées à la suite du breuvage qu’on venait de lui apporter. « Personnellement, je crois que tu n’es pas le seul à éprouver cette déception face aux derniers événements. Et je pense que beaucoup d’autres se sentent impuissants, perdus par rapport à tout ça. Mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Ou pour s’accrocher à ce simulacre de démocratie. Je me vois mal prendre le thé avec les abrutis qui ont massacré des familles dans le but d’animer des jeux morbides, en effet. Je ne cautionne pas ça. Et toi, non plus. Tu vaux mieux qu’eux, que ça, que the mission, Vaas. C’est pour ça que je devais te voir. » Ses prunelles passèrent des rétines voisines au chahut en arrière-plan qui prenait désormais de plus en plus d’ampleur. Il lui fût excessivement compliqué de se focaliser à nouveau sur l’essentiel, il décortiquait la démence des hommes plus loin avec beaucoup d’attention. Il sentait que les choses allaient dégénérer.

En revenant poser sa pupille sur la silhouette de l’américain, il retrouva assez de lucidité pour articuler la conclusion à ce discours décousu. « Tu peux prendre le temps de la réflexion. Quand tu seras prêt à accepter le fait qu’il n’y a rien d’autre à faire que de démissionner pour te battre pour les causes justes, tu pourras me faire signe. Ne crois pas que les gens s’éparpillent et que d’autres mouvements ne sont pas nés et qu’il faut abandonner tout espoir. Rien n’est jamais perdu. » Un léger rire s’invita entre eux, nerveux et atrocement ironique. Qui croyait-il convaincre avec cet argument bateau sorti tout droit d'une utopie relative ? Alors que sa propre vie privée n'était devenue que chaotique, insalubre par sa faute ? « Je sais que je suis pas la personne la plus adaptée pour te sortir toute cette merde mais ça n’en reste pas moins vrai, hein ? » Il cherchait à s’en convaincre mais bientôt, ce ne fût plus l’important. Parce que l’un des chahuteurs venait de sortir un revolver de son blouson et visait sa proie, réglant son différend de la manière forte. Elias se jeta à temps sur Vaas, l’empoigna de justesse et ils tombèrent tous deux abruptement au sol alors que les premiers coups de feu retentirent au-dessus de leur tête.


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MessageSujet: Re: it's been a while (Elias)   Ven 27 Nov - 1:49



Un journal. Encore un autre. Elias sortit un journal de sa veste et le jeta sous les yeux de Vaas. Il connaissait assez bien le style typographique du Mission pour savoir du premier coup d’œil qu’il ne s’agissait pas de ce dernier. Selon son ancien collègue, il s’agirait du « truc » afin de faire parler d’eux. Sans y toucher, Vaas scruta la première page de ce journal dont il se rendit compte que c’était la première fois qu’il en avait un exemplaire sous les yeux. Effectivement, il en avait déjà entendu parler. Sa curiosité l’avait poussé il n’y a pas si longtemps d’ailleurs à essayer de s’en procurer un sans succès. Au sommet de la couverture, un intitulé en caractère gras et à la police plus grosse que les autres écrasait le reste du texte. Le « Blackbird ».  A la suite du conseil avisé d’Elias, Vaas fit glisser le journal entre ses mains. Il le feuilleta une première fois comme lorsqu’on se retrouve dans une librairie et qu’on feuilletait un bouquin neuf et frais, en lisant deux ou trois mots de-ci de-là sans vraiment y prêter plus d’attention. Vaas n’écouta ensuite que d’une oreille les paroles d’Elias. Il avait remis la première page du journal sous ses yeux, ayant soudainement une envie monstre de dévorer les mots enfiler sur ce bout de papier. Il n’entendit clairement que les derniers mots qui lui étaient directement adressé. Non. Il avait tort. Il ne valait pas mieux que quiconque. Si Vaas était bien sûr d’une chose, c’était qu’il n’était pas mieux que toute cette fourmilière humaine comme celle autour d’eux qui semblait soudainement agitée comme si cette bande de fourmis venait de mettre la main sur un énorme morceau de sucre et que tout le monde la voulait pour elle seule. Il était un vautour parmi les chacals. Il fallait qu’il se batte pour se faire entendre. C’était une des raisons pour lesquelles il était devenu hacker. C’était une raison aussi pour laquelle il avait intégré The Mission. Et voici que maintenant, il vaudrait « mieux que ça » ? Vaas profita de la minute de silence instauré par son compatriote de bar pour bafouiller un semblant de réponse tout en ayant le journal coincé fermement entre le pouce et l’index de la main droite.

« Mais… Putain Elias, comment t’as… C’est toi qui… ? Putain j’comprends rien.  »

Le fait est que Vaas comprenait parfaitement, mais que pour le moment, tout semblait irréel. Le temps de la réflexion, ça oui, il en avait foutrement besoin. Elias lui proposait-il une… solution ? Une alternative au statut politique actuel ? Un autre moyen de communication pour les opposants, une autre manière de s’exprimer ? Une autre… voix ? Cette pensée eut l’effet d’un ascenseur émotionnel dans l’estomac de l’ouvrier. Il détestait ça. Il adorait détester cette sensation. C’était la sensation que lui provoquait la peur d’un nouveau départ. Lui qui avait toujours eu horreur des changements. Mais qui savait ô combien cela pouvait être bénéfique s’il avait ne serait-ce qu’une once de courage pour s’y aventurer, dans cette autre alternative.

« Euh… écoute vieux, j’vais lire ton papelard, ok ? T’es chiant à avoir toujours raison bordel. Mais tu m’laisses réfléchir hein ? C’est quand même hallucinant c’que tu m’as rapporté là… Mais faut vraiment, vraiment que j’réfléch… »


Vaas n’eut pas le temps de comprendre ce qu’il se passait. Il sentit un poids lourd le faire perdre l’équilibre, ce qui provoque une chute sur le sol des plus désagréables. Des coups de feu retentissaient alors. Ce n’est qu’après qu’il aperçut Elias allongé auprès de lui. Il comprit alors qu’il venait de l’empêcher de se retrouver avec un crâne parsemé de balles de plombs. Premier réflexe : rester allonger et se couvrir la tête le plus possible, comme si ses deux mains étaient à l’épreuve des balles et autres armes mortelles. Après quelques secondes d’échanges passionnés, Vaas garda les mains derrière son crâne, tout en levant légèrement la tête. Il aperçut une table dans un recoin, vide. Celle d’à côté regroupait deux autres clients, manifestement apeurés. L’odeur d’alcool avait atteint un taux impressionnant, la moitié des verres et des bouteilles du bar ayant probablement perdu une importante quantité de leur précieux breuvage. « Putain, les gars ça fait la troisième fois c’mois-ci... » La lassitude du ton de cette voix issus d’outre-tombe, mais surtout de l’autre côté du bar, trahissait le quotidien du propriétaire. Des murmures commençaient à émerger un peu partout. Vaas aussi, émergeait. Une révélation sur un nouveau futur possible et une fusillade improvisée dans un bar clandestin qui n’était pas si étonnante que ça lorsqu’on y réfléchissait, ça faisait beaucoup à encaisser.

« Eh ! Tout va bien ? »


Vaas se mit à genoux. Ce n’est que durant ce moment d’après-choc qu’il réalisa qu’Elias venait de lui sauver la vie. Et c’était lui l’estropié. Dans quel monde on vit, je vous le demande.

« Tu viens de m'sauver le cul ?! Putain Elias... j'en vaux pas la peine... Tu... merci vieux, mais j'en vaux pas la peine. »

Ce commentaire était autant destiné à son ancien camarade journaliste qu'à lui-même. Que cela soit au sujet d'Elias essayant de le motiver pour le faire changer de camp journalistique qu'à sa vie en générale. Son regard fut attiré par une petite foule qui s’était attroupé non loin d’eux. Une flaque rougeâtre et parfaitement lisse s’agrandissait sur le sol. Tout le monde prenait un soin méticuleux à ne pas marcher dedans. Le Bones vient de connaître une autre victime de son atmosphère tumultueuse. Aussi vite qu’ils étaient arrivés, la plupart des curieux reprenaient leur place et leur discussion dans le bar. Vaas aperçut même des échanges de billets. Parier sur un meurtre ne l’étonnait pas. Non, ne l’étonnait plus.

« J’ai pas envie… » Vaas ressentait le besoin de s’exprimer intensément, mais les mots venaient dans sa tête de manière aléatoire. « Tu t’rends compte que ça, c’est devenu normal ? Regarde, on règle ses comptes, on prend une vie, et on reprend sa discussion avec son pote sur c’qu’on a bouffé à midi ? C’est normal ça ? Non bordel de merde ! Ça a pas à l’être ! J’ai pas envie… que ça soit normal, je… »

L’ouvrier se passa les mains sur son visage. Ce n’est qu’à ce moment précis qu’il remarqua qu’il avait quelques bouts de verre sur les paumes bien que cela ne soit pas dramatique. Ce qu’il l’était plus, c’était la disparition du journal reçu quelques minutes plus tôt et qu’il avait tenu pourtant si fermement. « Eh merde. » Vaas tourna sa tête de gauche à droite comme s’il espérait que le Blackbird allait apparaître par son bon vouloir. « J’ai lâché ton papelard. »

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MessageSujet: Re: it's been a while (Elias)   Mar 15 Déc - 0:53

Les coups de fusil retentirent longuement, un mauvais écho pour une scène dérangeante. La tête heurtant le sol, les pensées erratiques. La conscience se mit à vaciller dangereusement, les sens s’emmêlèrent sans mal à la suite. Désormais allongé contre le parquet, la panique roulait sans mal entre ses côtes, les événements fusionnèrent comme un assemblement de pellicules périlleusement démantelées et enchevêtrées les unes aux autres. La brume s’intensifia alors que les sensations revinrent par résonance. La figure fracturée sur le bitume, l’hémoglobine dans la bouche et la quasi-certitude que tout était perdu. Bran à l’arrière, n’était pas bien attaché. Pourquoi ne pas avoir pris le temps de s’arrêter pour lui visser cette foutue ceinture à la poitrine ? Pourquoi ne pas avoir avouer à Carley qu'il avait dépassé le seuil de tolérance au bar ? Il se rappelait des cris du garçon, de ses protestations sur sa façon brutale de conduire. Un tempérament vindicatif qu’il ne pouvait pas lui reprocher. Il tenait un peu trop de son père. Cet agacement qui s’était transformé en colère alors qu'il ne lui obéissait pas et continuait de s'agiter. Les derniers mots, ceux qui réprimaient une personnalité si fidèle à celle de son géniteur. Et ce virage qui arrivait, lui qui accélérait, l’esprit totalement endormi par l’ébriété et les réflexes rendus trop lents. Quand il avait vu, compris, il était déjà trop tard. Il avait cherché à redresser la voiture, à le préserver. Mais c’était trop tard. Les yeux s’étaient perdus sur le rétroviseur une dernière fois. Il l’avait vu durant une fraction de seconde partir vers l’avant, il s'était vu projeter un bras dans sa direction mais tout s’était effondré. Tout. Le grec retint sa respiration, laissa ses paupières traquer et trouver la lumière. L’incompréhension prit la forme d’un sifflement auditif. Les tons se confondirent longtemps, les intonations alliées s’embourbèrent dans sa quête de temporalité. Sonné, il mit plusieurs secondes à dresser le tableau.

Ses doigts tâtèrent d’abord le sol et puis, son crâne douloureux. Il ne s’était pas ménagé dans cette chute. Il grogna en se redressant péniblement et s’assura d’un coup d’œil que la fusillade avait bien cessé pour mieux jauger ensuite l’état de son ami à quelques pas de lui. « Ça va, ouais. » déclara-t-il d’une voix dématérialisée. La bouche pâteuse, la sueur froide dégringolant ses tempes. Remué pour des raisons étrangères aux circonstances, il se tût ensuite. Chose qui ne présageait jamais rien de bon chez lui. Il ne pouvait pas s'empêcher de parler, c'était comme ça depuis qu'il était môme. Les remarques de son ami le piquèrent à vif sans qu’il n’en comprenne réellement la raison. A fleur de peau, il s’entendit s’insurger bien trop abruptement. « Arrête de dire des conneries, Vaas. Et s’il te plaît, garde tes remerciements pour toi. J'ai fait ce que toute personne censée devait faire. » Le journaliste ramena sa main sur le premier tabouret à sa portée pour s’asseoir plus dignement à terre. Le brouhaha se dissipa peu à peu mais désorganisait toujours les cheminements du damné. Le souffle toujours court, il observa les environs ou du moins ce qu’il pouvait constater entre les guiboles des clients à leurs côtés tandis que son acolyte reprenait la parole pour déplorer ce qu’il se passait. Il lui aura fallu une menace de mort pour le réaliser ? Le trentenaire se para du ton le plus désabusé qu’il possédait. « Le monde a toujours ressemblé à ça. C’est juste qu’avant, on ne voulait pas le voir ou ça sautait moins aux yeux, j’en sais rien mais… L’homme est un animal. On aurait tendance à l’oublier en temps « normal », c’est vrai. » Sa litanie s’acheva sur l’image la plus parlante. Le videur éjectant le premier fauteur de trouble à l’extérieur.

L’homme chercha vainement à se redresser, sa jambe avait mal accusé l’effondrement. « Qu’est-ce que la normalité de toute manière… » soupira-t-il. L’idéaliste se sentit faiblir à mesure qu’il tentait de remonter à la surface. Sa si grande assurance s’ébrécha davantage quand ses prunelles retombèrent sur les paumes écorchées de son comparse. « Je t’en filerai un autre. On s’en fiche. » répondit-il très calmement en s’agrippant plus férocement au meuble le plus proche pour reprendre de la hauteur. L’effort lui coûta toute son énergie. Livide, il dû s’adosser au comptoir pour que sa jambe ne cède pas. « Tes mains, faut te soigner. Viens. » Il aurait aimé lui tendre une paume mais il aurait été incapable de le soutenir. « Faut que tu vois un toubib, je crois. Je peux payer le taxi jusqu’à l’hosto. » A ses mots, les billets s’alignèrent devant lui, il paya leurs dernières consommations. « Tu peux te relever tout seul ? » Mais il n’eut pas le temps de recevoir sa réponse qu’une énième bagarre débuta. Sûrement sur les enjeux du pari sordide. Elias fût bousculer, il se rattrapa de justesse à quelqu’un mais se mangea tout de même un coup qui ne lui était pas destiné. Il jura et tituba maladroitement. « Putain mais ils ont bouffé quoi ? » L’agitation s’amplifia mais pas pour les raisons qu’il pensait. Le Bones fermait. Par incursion possible du gouvernement ? Pas simple souci de préservation ? La nouvelle ne fit pas l’unanimité. Les plus éméchés scandaient déjà des absurdités qui incendiaient le cœur des plus sanguins. Elias grogna de plus belle. « On ferait mieux de partir avant que ça dégénère à nouveau. » Mais ce n’était pas comme si lui-même pouvait vraiment remuer correctement. Forcé de constater qu’il ne pouvait pas poser un pied devant l’autre sans perdre son équilibre, il réprima ses jurons en observant son complice. Lui demander de l’aide ? Il lui était ardu de faire part de sa faiblesse, bien plus devant le seul témoin de son état ce soir-là, de celui qui savait à quel point il avait été inconscient et irresponsable. Il pouvait admirer la réalité en face, ce n’était pas pour ça que l’égo allait crever à ses pieds et qu’il allait s’empresser de l’écraser pour se faire payer ce qu’il s’était passé. N’était-ce déjà pas assez humiliant comme ça ?

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MessageSujet: Re: it's been a while (Elias)   Mer 23 Déc - 15:49



Vaas considérait Elias de ses yeux meurtris et désabusés. Faire ce que toute personne censée devait faire. Il n’était plus certain du sens de cette phrase. Car lui-même n’était plus sûr de ce qu’il devait faire afin que ses gestes paraissent censés. Elias lui, savait. Souvent. La plupart du temps. Même s’il faisait des conneries, comme tout le monde. Vaas le laissa parler sans rien dire. Il n’avait rien à ajouter, la scène parlait d’elle-même. Le videur beugla à un homme de sortir. Ce n’est qu’après que Vaas eut le pressentiment que leur chute avait également eut une répercussion sur Elias, en l’occurrence sur sa blessure à la jambe. Le voir s’inquiéter pour ses blessures minimes sur ses mains le fit prendre conscience une fois de plus du ridicule de sa situation par rapport à la sienne. « C’est rien ça, c’est pas important. Toi par contre t’as la tête dans l’cul. » Vaas se leva avec précaution lorsqu’il aperçut Elias payer leur consommation. Un de ces jours, il se le promit en lui-même, il payera leur boisson pendant six mois non-stop pour se rattraper. Il faut toujours qu’il y en ait un, ce genre de type. Cette personne qui paye tout systématiquement, qui a beau dire qu’il n’y a rien de plus normal et que de toute manière ce n’était pas une ou deux boissons en plus qui changeait quelque chose. Encore une preuve de cette normalité dont Elias en était si bien le représentant et Vaas le témoin.

Il n’eut pas le temps de répondre à quoique ce soit que la tension remonta aussi vite qu’elle était redescendue. Dans un lieu comme le Bones, il fallait s’habituer à ce genre d’ambiance passant du coq à l’âne aussi vite qu’un clignement d’yeux. Vaas eut juste le temps d’apercevoir Elias être la victime d’un coup visiblement perdu mais dont la douleur était bien réelle. « Eh ! » fut la réaction que le jeune ouvrier eut face à l’atmosphère électrique qui ne faisait que s’amplifier à mesure que les secondes passaient. Elias en avait suffisamment bavé ces derniers temps pour s’en prendre plein la poire au sein d’une arrière-boutique clandestine. Il était prêt à riposter. Sans chercher la raison du chahut, Vaas prit par l’épaule l’individu à la main légère et lui fit goûter son poing ensanglanté au coin des lèvres. Il se positionna devant Elias afin de riposter contre une éventuelle contre-attaque, ou une attaque tout court. Il venait de le sauver. Se prendre un pain dans la tronche n’était rien à côté. L’individu avait un gabarit un peu plus large qu’Elias, mais Vaas avait mine de rien réussi à lui faire perdre l’équilibre. C’est tout c’que tu sais faire, hein ? Il te sauve la vie et toi tu lui fous juste un coup de poing minable ? Ferme-la putain, ferme-la, ferme-la, ferme-la. Il ne savait plus si c’était lui qui avait réellement porté ce coup, ou une force extérieure venue des tréfonds de ses tripes. Peu importait la raison, le résultat fut une énorme paire d’yeux grisâtre le dévisager avant de disparaître dans la foule, pousser par plusieurs de ses compatriotes. La colère grondait, l’indignation des clients était palpable, cependant, il était difficile d’en connaître les raisons exactes. Le gérant du bar beugla la fermeture des locaux. Ce fut suffisant pour les quelques réfractaires de rouspéter dans leur barbe, d’autres continuaient de crier au scandale. L’esprit de Vaas s’embruma de mille nuances grisâtres. Elias reposait près du comptoir. Un vif tournoiement de la tête et son regard suivit la fourmilière qui se dirigeait vers la sortie. Vaas prit le bras d’Elias et le mit sur ses épaules tandis que son autre main lui maintenait l’aisselle. Il n’avait pas à parler. A dire vrai, cela lui semblait la chose la plus naturelle au monde à faire.

« Pour le toubib, tu m’prêtes ta carte de fidélité ? »

La dose d’humour était sans doute mal nuancée vu les circonstances. Mais à l’heure actuelle, tout était mal nuancé dans l’esprit perturbé de Vaas Milligan. Ses mains toujours blessées, il essaya de réprimer la vision qu’il venait d’avoir en aidant Elias à se lever : des étranges nécroses autour de ses blessures se dessinaient. Ce n’était pourtant des égratignures, des bouts de verres brisées sur ses paumes mais rien d’irréparable, rien d’insurmontable. Rien qui ne laisserait des séquelles qui resteront à tout jamais ouverte comme celle de son camarade. Il n’avait pas été aussi souvent présent qu’il ne l’aurait voulu lors de son accident. Il l’avait évité même. Parce qu’il était un lâche. Qu’il lui en avait voulu. Qu’il ne comprenait pas. Il avait donc préféré la distance face à l’incompréhension. Car de cette façon, c’était plus simple. Eviter les problèmes jusqu’à ce qu’ils disparaissent d’eux-mêmes.
Vaas se fraya un chemin à travers la foule désarticulée. Au bout de quelques secondes, ils atterrirent au milieu d’une allée dont la foule se dispersait aussi vite qu’elle n’apparaissait. L’atmosphère ne laissait pas le temps aux citadins d’apprécier le calme de la nuit. Chacun savait qu’il devait se hâter de se retrouver entre quatre murs familiers avant d’être la victime d’une propagation de peste imminente. « Attends, reste là. » Vaas lâcha Elias en prenant soin de le déposer sur un recoin du mur où il pourrait prendre appui facilement. La rue où ils étaient plantés était l’endroit privilégié des taxis qui passaient à allure régulière dans l’espoir de trouver un client désespéré à déposer. Il n’eut à attendre que quelques secondes avant d’apercevoir des phares blanchâtres s’avancer en ralentissant vers eux. D’un geste vif de la main, Vaas lui fit signe de s’arrêter. Les roues de la voiture se stoppèrent à leur hauteur. L’ouvrier fit quelques pas en direction d’Elias pour l’aider une nouvelle fois à marcher vers le taxi au moteur bourdonnant.

« Tu payes les boissons et j’te paye le taxi, c’est pas mal comme échange équivalent, hein ? »

Il le lâcha seulement lorsqu’il fut certain qu’il n’allait pas tomber à la renverse. Il était plus urgent pour Elias de rentrer que sa propre personne. Lui pouvait encore utiliser ses deux jambes. Il enfourna machinalement ses mains dans les poches de sa veste, oubliant qu’elles avaient probablement besoin de cicatriser avant d’entrer en contact avec d’autres matières textiles.

« Puis ramène-moi un autre journal un d’ces jours. Que j’prenne l’temps… d’y réfléchir. »

Car l’idée d’une nouvelle voie, d’un chemin autre que sur lequel il se trouve actuellement était effectivement tentante. Vaas n’éprouvait pas encore ce sentiment de satisfaction qu’il avait connu de son passé pas si lointain que ça de hacker activiste. Il n’était pas aussi comblé qu’avant. Et si le destin lui proposait une nouvelle route qui lui fera se sentir utile de nouveau pour ce qu’il reste du monde connu, il n’hésitera pas.

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