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 a man's gotta fight - deirdre

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MessageSujet: a man's gotta fight - deirdre   Lun 14 Sep - 20:48


« a man's gotta fight »



Nathan et Deirdre
featuring

Tu quittes le bar dans un fracas indécent, une pluie brillante volant autour de ton pauvre corps élancé, balancer par la vitrine du dit endroit. Tu t’envoles, comme si tu n’avais été que plume au bout de ses bras puissants, et tu t’écrases avec lourdeur sur le pavé, dehors, aux pieds des passants. Fracasser, ton esprit met quelques secondes à réaliser ce qu’il vient de se passer. Ton visage embrasse le pavé sale, tandis que tes paupières battent doucement, toutes aussi endolories que la totalité de ton corps déjà brisé. Tu grognes de honte, de douleur, de déception, car, un peu trop insistant, tu t’étais mis dans l’idée de trouver toi-même ses réserves. Inexistantes selon lui, tu ne voulais rien entendre, ton gosier en réclamant comme un bambin réclame le sein.

L’alcool t’étais désormais inaccessible, interdit. Ton eau de vie t’échappait, te narguait tandis que tu étais convaincu d’en avoir besoin pour vivre, ou au moins survivre. La réalité t’enlaçais de ses bras putrides, squelettique, et tu étais parvenu à y échapper à merveille depuis la dernière action de la résistance. Mais tout avait changé. Du jour au lendemain, tu te retrouvais sans rien. Sans échappatoire. Coincé comme un rat dans cette ville maudite.

Ils te dévisagent, murmurent, pensant que ta carcasse amoindrie n’entend pas leurs mots. Tu finis par lever un œil, te redresser sur ton avant bras, mais ton corps réclame plus de répit, tu faillis. T’allongeant sur le sol, le trottoir t’offrant un lit temporaire, tu tentes de faire état des comptes, difficilement, puisque la moindre partie de ton corps semble être prise d’une envie fulgurante de te chatouiller de douleur.

Et c’est la chaleur que tu ressens avant toute chose. Une horrible chaleur familière, qui te pousse à te demander si tu ne t’es pas pisser dessus. Tu aurais préféré, en découvrant la texture gluante du liquide écarlate qui se rependait dans ton dos. Comme un gamin réclamant sa mère, la première personne à laquelle tu penses lorsque tu es blessé est Deirdre. Tu sais qu’elle déteste tes visites tardives. Tu sais qu’elle n’aimera pas te voir comme ça, mais il est impossible de te rendre à l’hôpital. Comment leur expliquer que tu t’étais fait éclater pour avoir tenter d’avoir un peu d’alcool? C’était la prison assurée, ou même le procès, comme cette nouvelle alliance semblait avoir un goût pour le théâtre et la dramaturgie, lorsqu’il était temps de juger le petit peuple.

Tu reste là pendant un moment, jusqu’à ce qu’on te prie de bouger, d’une voix violente. Vermine, tu te redresses péniblement de ta flaque carmin, le visage pâle, presque mortuaire tellement ta vie te fait mal. Les tremblements dû au manque d’alcool s’accentue, et tu prends le chemin de sa clinique. Loin, proche? Tu ne sais même pas comment tu pourras te rendre sans perdre la carte, ta vue semblant hésiter entre le lointain et le proche.

Tu prends des pauses, puis te rend compte que c’est ton dos qui te torture, puisque tu as pris la vitrine en t’y adossant violemment, suite au lancé du gros bras. Heureusement, ton esprit conditionné exécute le trajet presque automatiquement. Après des minutes de marche, de traîne et de grognements étouffés, tu parviens à atteindre le pas de la porte, semant de charmantes gouttelettes sur ton passage.

Ton poing s’écrase d’abord, presque muet sur le bois massif, puis une seconde fois de façon plus sonore, plus énergique, plus urgente. Patient, tu te sers du cadre pour tenir debout, fermant l’oeil quelques secondes, et priant presque pour qu’elle soit présente, ce même si tu n’avais aucun dieu à prier.

Tu entends du mouvement derrière la porte, te soulageant sur le moment, puis tu tentes de te redresser presque normalement, histoire de ne pas l’inquiéter. Ce qui serait sans doute très raté étant donné ton arrivée sanglante, pâle et blafarde. Lorsqu’elle ouvre enfin la porte, tu parviens à t’extirper un sourire, ce même petit sourire que tu lui sers lorsqu’elle te voit, s’exaspère de ta présence. D’une voix rauque peu naturelle et peu convaincante, tu l’informes de la raison de ta présence, bien qu’elle doit déjà se douter pourquoi tu te trouves encore là, mal en point, aussi tard le soir. “Suis tombé. Mal au dos.” Pas un bonjour, ni formule de politesse ne franchissait tes lèvres. Pas pour elle, ni pour personne, de toute façon. Tu venais, tu prenais, et tu repartais.

Tu t’empêches de lui signifier que tu as besoin d’elle. Tu n’aimes pas avoir besoin de quelqu’un, et tu te doutes qu’elle sait déjà. Il était rare que tu viennes lui faire une visite de courtoisie. D’ailleurs, tu devrais peut-être te sentir coupable de te servir d’elle de cette façon, mais comme elle ne protestait pas, tu ne t’en souciais pas réellement. Faible, tu la regarde intensément, espérant qu’elle te laisse entrer dans la clinique tel un vulgaire chien errant.



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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Mar 15 Sep - 5:26


« a man's gotta fight »



NATHAN & DEIRDRE

Avec une douceur qu’on ne soupçonnerait pas en la voyant interagir avec des humains, Deirdre touche le pelage de l’animal qui tressaillit au moindre contact. « Tout va bien. » Murmure-t-elle au chien qui est là, étendu sur la table, tandis qu’elle soigne sa blessure, tentant de minimiser les contacts  pour lui éviter toute douleur. Quelle idée aussi de devenir vétérinaire alors qu’on peut presque ressentir la douleur des animaux? L’empathie, c’est ce truc qu’elle arrive à peine pour ressentir pour la race humaine, mais qui se fraye un chemin en elle dès que son regard croise celui d’une bête blessée. Un gémissement s’échappe de la gueule du chien alors qu’elle termine de lui poser un bandage. « C’est terminé. » Ajoute-t-elle avec toute la douceur du monde en caressant le pelage de l’animal qui semble heureux que le supplice soit terminé. Elle se tourne alors vers la propriétaire et lui dicte les étapes à suivre pour que son animal se rétablisse le plus rapidement possible avant de la laisser quitter la petite pièce. « Bonne nuit. » Lui lance l’homme. Deirdre laisse échapper un semblant de rire d’entre ses lèvres et lui offre un sourire en guise de réponse. Vu l’heure, elle n’allait pas lui faire la causette… et puis, ce n’était de toute façon pas dans ses habitudes d’avoir ne serait-ce même qu’un semblant de discussion avec ses clients. Le moins elle parlait, le mieux elle se portait. Et le monde s’en portait certainement mieux aussi vu la façon dont elle avait l’habitude de traiter les gens autour d’elle. Quand la journée était longue, comme c’était le cas aujourd’hui, elle était encore moins d’humeur à bavarder. Il fallait la laisser faire ce pour quoi on la payait, ne pas la déranger et tout irait bien. L’homme semblait l’avoir compris puisqu’il ne passa pas de commentaire sur l’attitude de Deirdre et se contenta de quitter les lieux après avoir payé. Elle poussa un soupire, heureuse que la journée soit terminée et se laissa tomber dans sa chaise. Elle s’autorisa à prendre un moment pour souffler un peu avant de tout ranger. Elle aimait son boulot, mais des journées comme celles-là, elle n’en voulait pas trop souvent.

Après quelques minutes, Deirdre se sentit d’attaque pout nettoyer ses instruments et ranger le tout. Alors qu’elle s’attelait à la tâche, elle entendit la porte de la clinique s’ouvrir. Qui pouvait bien venir la voir à une heure pareille? D’autant plus qu’il était clairement indiqué qu’ils étaient fermés – elle n’avait fait qu’une exception pour une connaissance. Armée d’un scalpel, elle sortir de la pièce, prête à rétorquer à l’intrus que le bâtiment était clos lorsqu’elle aperçu un visage terriblement familier. Mais que faisait-il ici à une heure pareille? En fait, la question ne se posait même plus. La question était plutôt de savoir dans quelle galère il avait encore mis les pieds pour se retrouver dans un état  aussi lamentable que celui dans lequel il était. Sans émettre de commentaire, Deirdre posa son scalpel sur la table qui se trouvait juste à ses côtés et regarda Nathan avec un air qui voulait tout dire et, après qu’il eut pris la parole, un soupire qui saurait lui faire comprendre son exaspération quitta sa bouche. « Allez, viens. » Lâcha-t-elle finalement, lui faisant signe d'entrer. Elle ne pouvait pas le laisser dans un tel état. Certes, elle n’était sans doute pas qualifiée pour faire ce genre de boulot, mais s’il venait la voir, c’était sans doute parce qu’il n’avait pas d’autres options. Et puis, elle lui devait bien ça après ce qu’il avait fait pour elle à l’époque. Sans doute ne l’avait-il pas remarquer, mais il était une des rares personnes qui avait chassé ce haut le cœur qu’on pouvait avoir en la voyant et qui avait osé lui adresser la parole à l’époque. Encore aujourd’hui, elle lui en était reconnaissante… mais c’était le genre de truc qu’elle n’avouerait jamais, pas à elle-même et encore moins à lui. Non, elle se voilait les yeux sur ces choses-là, les émotions. Elle s’était construite une carapace au fil des années et rien ne devait venir la fendre. Personne ne pouvait la percer. Personne et surtout pas lui.

Pendant un instant, Deirdre resta là à le regarder, tentant de jauger l’étendue de ses blessures en un simple coup d’œil. Sans doute devrait-elle l’aider parce que son teint blafard et sa mine affreuse en disaient long sur son état de santé, mais elle savait bien maintenant que Nathan était plutôt indépendant et n’avait jamais besoin de son aide. Pourtant, elle fit un pas vers lui, prête à lui offrir une épaule sur laquelle s’appuyer s’il en avait besoin. Elle ne dit rien pourtant, se contentant de le regarder,  à l’affut du moindre mouvement pouvant lui indiquer qu’il aurait besoin de son aide, de la moindre perte d’équilibre. Parce qu’elle n’était pas aveugle, elle voyait bien que sa posture n’était pas naturelle, pas celle d’un homme qui ne fait que s’appuyer contre le cadre d’une porte en attendant quelque chose, mais elle préférait le laisser faire. Il était assez grand après tout. S’il avait besoin d’aide, il saurait le lui demander.



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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Dim 20 Sep - 3:24


« a man's gotta fight »



Nathan et Deirdre
featuring

Tu te laisse aller contre le cadre de la porte, espérant tout de même que ce soit elle qui t’accueille, même le plus froidement possible. Tu n’avais pas spécialement envie de tomber sur quelqu’un d’autre, et surtout pas la force d’inventer une histoire plausible. Ton dos t’élançait tellement que tu avais l’impression de défaillir, tes yeux tremblant dans tes orbites, menaçant de baisser prématurément le rideau de tes paupières. Tu combats doucement, soupirant, essayant de te concentrer sur le visage qui vient te juger sévèrement. Évidemment, elle n’était pas spécialement heureuse de te voir à cette heure, sale, puant et dégoulinant de sang sur son parfait parquet. Tu lui adresses ton sourire le plus charmeur, la douleur le déformant subtilement, puis tu t’avances d’un pas lorsqu’elle fini par t’inviter à entrer.

Silencieux, tu ne te sens pas de dire autre chose. De toute façon, t’excuser pour l’intrusion ne faisait pas partie de tes habitudes. Titubant lentement vers la table d’observation en inox, tu ignores l’épaule qu’elle te tend subtilement, préférant te rendre seul, même si ça épuise tes dernières forces. Tu finis par t’y laisser tomber, ta paume sanglante laissant une marque là ou tu t’es appuyé pour y grimper. Tu t’allonges sur le ventre, sachant pertinemment que si tu tentais de t’allonger sur le dos, tu allais sûrement y passer. Tu n’avais pas la souplesse requise pour voir ce qui te pinçait autant, mais tu te doutais qu’une partie de la vitre que tu avais traversée s’était retrouvé plantée dans ton épiderme. Tes jambes dépassaient de la table, beaucoup trop grand pour qu’elle suffise à ta longueur. Après, c’était une table pour les animaux, et même le plus gros des chiens ne dépassaient pas ta carrure.

Tu tournes doucement ton visage vers la jeune femme, esquissant toujours petit sourire entre l’arrogance et le charme. “Je pense que j’ai une écharde...Un peu en bas du rein.’’ Pas question d'aggraver la situation, en parlant de l’énorme morceau de vitre qui menaçait de percer ton organe le plus proche. Tu minimes, banalises, car tu n’as pas envie de te faire sermonner, bien que tu sens les reproches poindrent sur le bout de ses lèvres.

Des reproches, tu en avais bouffé toute ta vie. Des sermons, des avertissements, des déceptions se dépeignant sur les visages de tes proches. De ceux qui avaient été proche, car si tu avais eu un semblant de famille avant, maintenant, tu n’avais plus personne. Et depuis la prohibition, c’était encore pire. Si tu pouvais te venter de réchauffer le lit de quelques-unes, maintenant tu n’avais plus rien de séduisant à offrir. Sans-abri, ton hygiène laissait à désirer, tout comme ton humeur exécrable lorsque tu manquais d’alcool. En fait, tu n’étais plus qu’une épave qui se laissait vivre par les déchets de ceux qui avaient encore le luxe d’avoir des proches. Tu n’étais même pas parvenu à mettre la main sur Stain, encore disparu de ton radar. Si tu t’étais cru solitaire avant, là, tu étais carrément seul dans ton petit monde merdique.

Tu te rends compte que t’as oublié de retirer ton t-shirt encrassé de sang et de saletés, mais tu ne bouges plus, le froid de la table apaisant doucement le côté de ton visage qui s’y écrase. ‘’Je ne sais pas si tu peux y faire quelque chose. Sinon j’accepte de mourir là. T’auras qu’à jeter mon cadavre dans une fosse, personne n’ira me chercher.’’ Tu dis ça vaguement, pour la rassurer ou juste pour rire, même si ce n’est pas particulièrement drôle. En fait, tu divagues un peu, ton discernement se faisant la malle en même temps que tes sensations. T’es peut-être réellement en train de mourir au bout de ton sang. Ce serait le pied.  Sauf pour celle qui devrait bouger ton cadavre plus loin.

Tentant de t’éveiller un peu, tu redresses la tête, la pose sur tes avant-bras et continue de la regarder, pour te concentrer sur quelque chose, n’importe quoi. Encore une fois, cette étrange sensation de familiarité t’effleures lorsque ton regard croise de nouveau le sien. Mais tu penses halluciner, encore. Peut-être te sentais-tu tellement seul que tu en étais à feinter des connaissances, des proches que tu n’avais jamais eu. T’étais un peu pathétique, en vérité.



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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Dim 20 Sep - 8:13


« a man's gotta fight »



NATHAN & DEIRDRE

Elle était un peu irritée de le voir débarquer à cette heure, et surtout de le voir dans un tel état, mais elle ne put rester de mauvaise humeur très longtemps.  Non, pas quand il lui lança ce sourire. Il devait sans doute savoir quel effet il faisait aux femmes parce qu’en une fraction de seconde, l’expression de son visage changea. De l’irritation, elle passa à l’inquiétude. Elle le regarda s’avancer vers elle avec difficulté et, malgré tout, un petit sourire se dessina sur son visage lorsqu’il refusa son aide. Évidemment.  Elle s’en doutait, mais ç’aurait été sans doute mal poli de rester là à le regarder trainer sa carcasse sans rien faire. Au moins, s’il se retrouvait face contre terre, il n’aurait que lui à blâmer. Et pourtant, quand bien même voulait-elle paraitre détachée, sans réels sentiments, elle le suivi d’assez près, histoire de pouvoir le rattraper dans l’éventualité ou ses jambes ne supporteraient plus son poids. Elle le voyait, il était déjà mal en point, il ne fallait pas aggraver la situation. Elle ne voulait pas non plus avoir une mort sur la conscience, surtout pas la sienne.

Ils arrivèrent finalement dans la pièce ou Nathan s’allongea sur la table en inox. Remarquant la marque ensanglantée qu’il avait laissé sur la table, là ou il avait prit appui, elle retint un soupire. Elle qui avait tout nettoyé, ce serait à recommencer. Et c’était bien pire que simplement des poils de chiens cette fois-ci. Si elle ne voulait pas que l’on se croit sur une scène de crime lorsque les clients entreraient dans la clinique le lendemain, elle devrait faire un bon nettoyage. C’était sans doute stupide de penser à ça dans une telle situation, mais son cerveau ne fonctionnait plus vraiment comme celui du reste du monde. Enfin, elle s’approcha de lui, histoire d’examiner ses blessures et elle lâcha presqu’un cri d’horreur. Elle avait vu des animaux mal en point, elle l’avait vu lui mal en point, mais jamais comme ça. Qu’avait-il pu faire pour se retrouver dans cet état? Elle ne lui poserait pas la question, non. Il n’était pas très bavard et elle non plus. Deirdre ne voulait pas non plus mettre son nez dans des histoires qui ne la regardaient pas. Alors elle se contenta de se retourner pour aller prendre des outils sur sa table. Et lorsque qu’elle se retourna, que son regard croisa celui du jeune homme, elle ne put s’empêcher d’y rester accroché pendant une fraction de seconde. « Nathan, qu’as tu fais? » Les mots ne quittèrent pas sa tête, mais elle les avait pensés assez fort qu’il aurait sans doute pu les entendre. Rapidement, elle détourna le regard. Elle avait peur qu’il fasse le lien, qu’il se souvienne de ces yeux, ceux avec lesquels elle le regardait. Parce que s’il y avait une chose qui n’avait pas changé chez elle, c’était bien ça. Ses prunelles étaient restées les mêmes et c’était sans doute le seul trait qui pouvait la trahir.

Prenant une bonne inspiration – elle n’avait jamais eu affaire à une tel cas, c’était une première – elle était quelque peu nerveuse. L’anatomie humaine n’était pas la même que celle d’un humain et elle avait peur d’aggraver ses blessures. « Personne n'est encore mort sur cette table et tu ne seras pas le premier. » Elle parlait sans doute plus pour elle-même que pour lui. Prenant toutes les précautions du monde, elle enfila des gants avant de se mettre au boulot et arracha quelques éclats de verre, les plus gros, de son dos avant de désinfecter les blessures immédiatement. Afin de travailler sur les plus petits morceaux, Deirdre releva légèrement le chandail de Nathan, dévoilant sa peau irritée et coupée par endroits. Elle poussa un soupire alors qu’elle s’afféra à la tâche de retirer les plus petits éclats de ses blessures. Les morceaux tombèrent dans la poubelle qu’elle avait tirée à ses côtés dans de petits tintements. Elle travailla rapidement et habilement sans pauser de question, sans parler. C’était toujours comme ça. Et puis, de toute façon, le moins elle parlait, le moins elle risquait de laisser échapper une connerie qui lui révèlerait son identité ou ferait germer l’idée qu’il puisse la connaitre. Elle ne voulait pas qu’il se souvienne du monstre qu’elle était parce que ça entrainerait inévitablement la question à laquelle elle ne voulait pas répondre. Comment est-ce possible? Qu'est-il arrivé à ton visage? Elle ne voulait pas lui raconter ce qu’elle avait vécu à New-York, lui avouer ce qu’elle était devenue. Elle ne voulait pas qu’il parte à nouveau. Et alors qu’elle s’était promise de ne pas lui poser cette question, elle franchit la barrière que formaient ses lèvres. « Que s'est-il passé? »



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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Ven 25 Sep - 0:53


« a man's gotta fight »



Nathan et Deirdre
featuring

Tu sursautes à peine lorsqu’elle tente de dissimuler un cri de surprise. Ce n’était pas la première fille que tu faisais crier, et ce ne serait sans doute pas la dernière. Toujours souriant, tu hausses un sourcil ; tu ne pensais pas avoir affaire à une petite nature, surtout vu son boulot, mais tu devais avouer que tu n’avais jamais eu de blessure aussi grave. La plupart du temps, lorsque tu avais encore ton boulot d’exterminateur, tu venais faire recoudre des blessures mineures telles que morsures d’alligators, griffures de chat sauvage ou autre blessures débiles dont tu ne t’étais rendu compte de l’existence qu’en te déshabillant.

Avec ta nouvelle activité physique, tu n’étais même pas aussi amoché. Quelques bleus, quelques coupures, mais là, tu avais fait fort. Et tout ça juste dans l’espoir de pouvoir poser les lèvres sur un goulot, l’envie de boire devenant de plus en plus insupportable. Au moins, tu pouvais te dire que de te faire balancer par une fenêtre faisait une bonne diversion. Tu n’y pensais presque plus, la douleur étant ton principal  soucis pour le moment. Comme tu la trouves silencieuse, tu ne la quitte pas du regard.

Résistant à l’envie de te retourner sur le dos, tu soupires doucement lorsque tu la constates trop sérieuse ; elle n’a pas envie de rire de tes conneries. Pourtant tu t'efforçais à désamorcer la situation. Parce que ce n’était pas grave. Rien n’était grave lorsqu’il s’agissait de toi. Qu’est-ce que ça pouvait bien faire que tu sois blessé à vie, handicapé, ou même mort? Tu étais convaincu que personne ne te chercherait, même pas elle. Pourquoi irait-elle chercher le mec chiant qui venait la déranger en pleine nuit? “T’es sur que personne est mort ici? J’veux dire, je sais que tu essais de me mettre en confiance, mais t’es pas obligée. J’t’en voudrai pas si tu me tues.’’ Tu adoptes encore le ton de la blague, mais elle disparaît de ton champs de vision pour s’occuper de ton dos meurtrie. Elle ne rira sans doute pas, en fait, ton plus grand défi était de réussir à lui arracher un sourire, et tu n’avais pas l’impression de pouvoir y arriver un jour.

Ton humour s’enfonce doucement dans le fond de ta gorge lorsqu’elle arrache le premier bout de verre qui dépasse de ton dos, comme si tu étais un vulgaire porc-épic. Tu grimaces lorsqu’elle désinfecte, désagréablement surpris par le froid et l’effet du liquide. Silencieux, tu tentes de trouver de quoi meubler le silence, histoire qu’elle ne te prenne pas pour un complet idiot ; même si c’était quelque peu raté vu ton état. Tu as envie de la remercier, mais rien ne franchit tes lèvres crispées. Que quelques soupires que tu tentes de dissimuler dans ton avant bras. Tu détestais t’avouer que ça faisait mal, mais tu te sentais tellement faible que même une caresse aurait agressé ton derme fragile.

Patient, tu ne rajoute rien pour la rendre de mauvaise humeur. Tu étais en plutôt mauvaise posture pour faire quoique ce soit. Serrant les dents dès qu’elle allait trop en profondeur, tu n’émettais pas un son, même si elle pouvait te voir te tendre dès qu’un bout de verre quittait ta peau en y laissant une marque. Une nouvelle collection de cicatrice s’ajouterait à celle que tu possédais déjà. Un peu plus et ton corps ressemblait à une carte dont il suffisait de relier les points pour raconter ton histoire. Lorsqu’on te posait des questions, tu préférais rester vague. Ne rien divulguer de ta vie te permettais de garder une certaine distance entre toi et les autres, et tu n’avais jamais dérogé à cette régler, enfin, pas consciemment.

Mais voilà que votre silence se crève lorsqu’elle ose te poser la question. Tu restes interdit quelques secondes, te demandant bien ce que tu pourras lui raconter, mais rien ne te viens à l’esprit. Le mieux c’est de dire la vérité, de l'énerver assez pour qu’elle n’ait plus envie de te voir, et ça réglerait le problème, au moins pour cette fois. Elle t’en voudrait d’être débile, et quelques semaines plus tard tu pourrais te permettre de revenir la bouche en coeur, comme si ne s’était passé. “J’voulais boire. Le mec voulait pas, du coup il m’a balancé par sa fenêtre. Non seulement j’ai mal, mais j’ai pas moyen de le rembourser.” Tu décides de passer le chapitre sur ton manque de boulot et le fait que tu vivais à l’arrière de ta camionnette. Si tu venais la voir à chaque fois en étant blessé, tu n’avais pas envie d’en rajouter en racontant tes problèmes. Les blessures physiques suffisant. “Sinon. T’aurais pas une bouteille? Ou des calmants pour chevaux, ou juste...Un truc? C’est que j’ai mal, un peu.” Bon, la douleur, t’en avais rien à foutre, mais il te fallait bien une excuse autrement mieux construite que ; hey, je suis un alcoolique, donne-moi à boire.

Lorsque tu as l’impression qu’elle a enfin terminé de te triturer le dos, tu te retournes sur le côté, coude posé sur la table, ta main soutenant ta tête. “Au pire je peux te payer si tu tiens à tes réserves.” Sauf que tu n’avais pas d’argent. “Enfin, pas maintenant..plus tard.” Donc jamais, puisque c’était mort au boulot, et que tu n’avais même plus de téléphone pour qu’on te rejoigne si jamais y’avait un soucis. “Ok, en fait j’ai pas d’argent.” Tu baisses les yeux, un peu déçu, mais au moins tu avais essayé.






Dernière édition par Nathan McFadden le Ven 2 Oct - 2:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Ven 25 Sep - 4:47


« a man's gotta fight »



NATHAN & DEIRDRE

Elle regardait ce corps meurtri, mutilé, devant elle et Deirdre ne pouvait s’empêcher de soupirer. Elle n’était pas aveugle et avait constaté que, lorsqu’il franchissait la porte de sa clinique depuis quelques semaines, ses blessures étaient à chaque fois plus grave. Et étrangement, l’idée qu’un de ces jours, il n’ait pas le temps de se rendre jusqu’ici, qu’il n’ait pas le temps de venir la voir et qu’il succombe à ses blessures lui faisait froid dans le dos.  Peut-être était-ce parce que, d’une certaine façon, il l’avait sauvé lorsqu’il était venu lui parlé, ce jour-là, et que du coup, elle se faisait un devoir de lui rendre la pareille? Ou peut-être qu’il y avait autre chose. Elle ne savait pas trop. Tout ce dont elle était certaine, c’était qu’elle ne pouvait pas le laisser comme ça, blessé comme il l’était. Que même si elle faisait l’indifférente au mieux de ses compétences, elle n’en restait pas moins humaine – enfin, en quelque sorte – et avait un cœur. Malgré ce qu’elle voulait laisser paraitre, elle était capable de faire preuve de compassion, capable de se mettre à la place d’un autre et même si elle avait souvent souhaité qu’on la laisse crever, elle était tout de même heureuse, en rétrospective, qu’on l’ait sauvé. Et voilà qu’elle se faisait un devoir de faire de même pour Nathan.

« T’es sur que personne est mort ici? J’veux dire, je sais que tu essais de me mettre en confiance, mais t’es pas obligée. J’t’en voudrai pas si tu me tues. » Un nouveau soupire passa les lèvres de Deirdre, à croire que c’était tout ce qu’elle savait faire lorsqu’elle se retrouvait en présence de Nathan, et elle roula les yeux. Peut-être, mais moi je m’en voudrais. Ça, elle ne lui dirait pas, non. C’était un autre des trucs qu’elle ne lui dirait jamais. On pourrait sans doute bientôt faire une liste des trucs qu’elle s’efforçait tant bien que mal à lui cacher. « J’en suis certaine et il est hors de question que tu sois le premier. » Qu’elle rétorqua, toujours aussi sérieuse. Non, elle n’était pas d’humeur à rire en ce moment. Et puis, il fallait qu’elle soit concentrée autant que possible parce que le moindre tremblement ou faux mouvement pouvait causer bien des dégâts qu’elle n’était pas certaine de pouvoir réparer. Avec toutes les précautions du monde, elle arrache les morceaux un à un, jusqu’au plus petit, jusqu’à celui qui est encré le plus profondément dans sa peau. Elle tentait de le faire le plus habilement possible pour qu’il souffre le moins possible puisqu’elle se disait qu’il devait déjà souffrir suffisamment, mais ça restait chose difficile. Elle pouvait voir les muscles de son corps se tendre sous sa peau. Elle pouvait presqu’entendre de petites lamentations, mais elle connaissait Nathan, au moins un peu, et savait qu’il n’était pas de ce type là.

Tout en continuant son travail, elle l’écouta lui raconter l’histoire qui expliquait l’état dans lequel il était. Elle secoua la tête et roula les yeux plusieurs fois, preuve de son désespoir. Lorsqu’il eut terminé, elle ne put s’empêcher de se questionner à savoir s’il lui avait vraiment tout dit. Elle avait la vive impression qu’il lui manquait des détails parce que ça ne semblait pas logique que juste parce qu’il voulait boire, on l’ait balancé par la fenêtre. Et puis, une fenêtre n’aurait pas fait autant de dégâts. Elle n’était pas une experte, mais elle se disait qu’une fenêtre ne pouvait pas voler en autant d’éclats. Ce n’était pourtant pas l’aspect le plus important de l’histoire, mais son cerveau était comme ça, il fixait sur les détails insignifiants. Puis, après une fraction de seconde, elle réalisa qu’il venait de lui dire qu’il cherchait de l’alcool… ce qu’elle savait être défendu, prohibé.  Il cherchait les embrouilles ou quoi? Enfin, elle préféra ne rien dire parce qu’elle avait terriblement envie de l’insulter, le traiter d’idiot, d’insouciant et de toute autre sorte de noms beaucoup moins polis que ceux-là, mais savait pertinemment que ce n’était pas le moment pour le faire et se concentra à nouveau sur sa tâche. Elle la termina aussi rapidement que possible et, une fois que le dernier éclat de verre tomba dans la poubelle, elle posa finalement ses instruments sur sa table et retira ses gants qu’elle jeta. Elle se leva et alla dans la petite pharmacie pour voir ce qu’elle avait pour apaiser la douleur de Nathan. « Les calmants pour chevaux c’est peut-être un peu excessif. » Lança-t-elle, presqu’avec un sourire. À croire que maintenant qu’il n’était plus criblé de verre, elle pouvait se détendre. Elle pouvait clairement comprendre qu’il avait mal, mais elle ne voulait quand même pas l’assommer avec des antidouleurs. Elle regarda tout ce qu’elle avait et constata rapidement que ce n’était pas ce qu’il cherchait. Elle voyait clair dans sa question et des cachets ne feraient sans doute pas son affaire. Même si elle hésita, elle se dirigea vers son sac et l’ouvrit. Elle y plongea la main, fouilla un petit moment avant de finalement en ressortir une bouteille. Elle ne contenait pas grand chose, mais s’il voulait de l’alcool, il allait devoir se contenter de ce qu’elle avait. Et puis, de toute façon, elle n’y tenait pas tant que ça. C’était simplement un truc pour l’aider à relaxer en fin de journée ou pour l’aider à trouver sommeil lorsque les cauchemars venaient hanter ses nuits. Après avoir bougé les quelques tampons qui la recouvrait – personne n’osait jamais chercher plus loin lorsqu’ils voyaient des articles d’hygiène féminine – elle sortit finalement la petite bouteille qui contenait un fond de boisson. « Tiens. » Dit-elle en lui tendant le flacon.



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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Ven 2 Oct - 2:13


« a man's gotta fight »



Nathan et Deirdre
featuring

Tu ne manques aucun de ses soupires, de ses roulements d’yeux; tu le sais, tu lui tapes sur les nerfs. Moyennement, abusivement, ça tu n’en savais rien. Tu savais simplement qu’il ne devait pas manquer grand chose pour qu’elle te demande de partir. Elle devait être fatiguée, et tu l’étais aussi. Épuisé de chercher sans rien trouver, fatigué par l’espoir débile, fatiguer par son côté fantasque, abusif. Et pourtant, tu savais que même en retournant dans ton trou, qu’avec tous les efforts du monde, tu ne trouverais pas le sommeil. Tu resterais là, prostré ridiculement dans tes draps élimés, sales, et tu attendrais. Car tu n’avais plus que ça à faire attendre. Attendre que ta chance arrive, attendre la prochaine nuit de combat, attendre de gagner, d’avoir quelques dollars que tu dépenserais aussitôt dans une gnôle bon marché. Attendre qu’on te prenne en pitié, qu’on t’offre quelque chose pour te sustenter, pour te permettre d’attendre une journée de plus.

Ton sourire s’évanouit progressivement, te laissant de marbre, fatigué, épuisé. Ton masque ne tiens plus assez longtemps pour te permettre d’être quelqu’un d’autre. Le gamin étourdissant que tu étais donne sa démission, fait ses valises pour laisser l’homme seul, douloureux et impatient. Tu finis par te redresser complètement pour t’asseoir sur la table. La douleur cinglante t’arrache une grimace, puis tu relèves les yeux pour la regarder de nouveau, poser ton attention sur autre chose que sur ton corps endoloris. Et tu la vois sourire.

Doutant légèrement de ce que tu as vu, tu hoches la tête distraitement, ton regard fixé sur ses lèvres et sur ton hallucination. Tu suis même sa progression avec une attention toute particulière. “Oh tu sais, c’était qu’une simple proposition. Au pire j’irai m’en chercher au marché noir. Avec l’argent que je n’ai pas.” Tu retrouves une certaine aisance, mais tu restes quand même sagement sur la table, n’osant pas trop bouger rapidement de peur d’ouvrir quelques blessures de ton dos. “Tu sais refaire une dentition, au fait?” Que tu rajoutes en plaisantant. C’était un miracle que tu aies encore les dents en bon état, après toute les raclées que tu t’étais prise.

Toujours attentif, tu la vois fouiller dans un sac, disperser quelques effets personnels, et sans comprendre ce qu’elle fait, tu fronces les sourcils. Jusqu’à voir l’éclat d’une bouteille, l’étiquette te sautant aux yeux immédiatement ; de l’alcool.

La plus petite quantité qu’il t’avais été donné de voir se trouvait maintenant dans sa main qui d’un coup, te semblait encore plus magnifique. Comme un chien devant lequel on agite un os, tu sautes de la table, excité, heureux qu’elle puisse te soulager autrement. Sauf que ton corps n’est pas du même avis. Dès que tu poses ton pieds au sol, ton dos n’assume pas le contrecoup, s'affaisse, te privant d’équilibre, et c’est en titubant stupidement que tu tombes vers elle, brutal, massif.

Elle n’a le temps de prononcer qu’un mot que tu t’élances tel un perdu, un assoiffé, un croyant tentant de toucher dieu. Et tu tentes pourtant de te rattraper à n’importe quoi, comme ce chariot ou ses instruments reposent après t’avoir extrait de la vitre. Mais tu ne parviens qu’à le renverser avec ton poids, l’emporter dans ta chute, comme tu l’emportes elle en t’accrochant désespérément à la dernière chose que tu vois ; sa main.

Ridicule, tu t’effondres, ne parvenant à exclamant qu’un ‘’fuck’’ bien senti lorsque ton corps et tout le reste atteint finalement le sol glacial. Heureusement ton dos échappe à la chute, puisque ton bras réceptionne une bonne partie de ton corps. Enfin, ça et la pauvre Deirdre qui a fait l’erreur de t’agiter un bonbon sous le nez. Tu tentes de te relever mais des spasmes dans ton dos t’indique que tu ferais mieux de rester là sans bouger. En fait, si tu ne pouvais plus jamais te lever, ça pourrait sans doute t’aider à te réparer. Mais ce qui te préoccupais le plus, c’était de voir ou était passer la fichue bouteille que tu avais tenté d’attraper avec un peu trop d’excitement.

Et aussi Deirdre, victime de tes pas, de ta chute, de ton imbécillité, de ta dépendance. Tu essaies quand même de te bouger au possible pour ne pas la briser en mille morceaux. “J’ai cru que je pouvais marcher…” Pas d’excuses, comme d’habitude. Ce mot ne sortais jamais d’entre tes lèvres. À moins de faire quelque chose d’extrêmement grave, mais encore là, tu préférais te défiler. ‘’J’t’ai fait mal?’’





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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Sam 3 Oct - 8:05


« a man's gotta fight »



NATHAN & DEIRDRE

Têtue, ça Deirdre l’était. Et c’est sans doute parce qu’elle était trop concentrée sur la tâche qu’elle s’était attribuée, soit trouver cette petite bouteille contenant un fond d’alcool, pour entendre les mots qui sortirent de la bouche de Nathan. Elle ne comprit ses propos que lorsqu’elle dénicha enfin le flacon et leva à nouveau les yeux au ciel, désespérée.  Ça semblait l’amuser de se retrouver dans des situations périlleuses et de mettre sa vie en danger. Elle n’était jamais allée au marché noir, c’était sans doute le seul truc qui lui fichait un peu trop la trouille pour qu’elle risque sa vie – elle pouvait avoir des tendances suicidaires parfois, mais pas à ce point, mais elle savait qu’elle n’était pas assez brave pour rencontrer ces gens qui agissent dans l’ombre. Elle avait une seconde chance dans la vie et elle comptait bien la saisir. Elle voulait profiter du cadeau, empoisonné peut-être mais un cadeau tout de même, que la vie lui avait fait pour pouvoir repartir à zéro, retrouver la vie qu’elle menait avant l’accident, avant d’être défigurée.

Toujours trop préoccupée par la petite bouteille qu’elle tentait de trouver dans le fouilli qu’était son sac à main – ou plutôt son sac fourretout vu tout ce qu’il contenait – elle ne vit pas Nathan bouger sur la table. Elle l’entendit, mais n’y prêta pas vraiment attention, se disant qu’il tentait sans doute de trouver une position un peu moins inconfortable sur cette table. Ce n’est que lorsqu’elle se retourna, lorsqu’elle trouva finalement cette fichu bouteille qu’elle écarquilla les yeux. Que faisait-il à tenter de se relever? Il devait rester allongé au moins un moment, le temps que son corps puisse récupérer, prendre du mieux, même si ce n’était qu’une dizaine de minutes. Il ne pouvait pas simplement décider qu’il en avait assez d’être étendu sur la table et juste faire à sa tête. Mais c’était sans doute bien mal connaitre Nathan. Elle n’eut même pas le temps de répondre à sa plaisanterie, quoi qu’elle n’était même pas certaine de savoir quoi répondre, qu’elle vit finalement l’homme se lever, poser les pieds au sol. Elle aurait bien voulu lui dire qu’il ne fallait pas, que pour son bien, il valait mieux resté allongé encore quelques instants, mais il était trop tard. Elle le vit faire un pas, un tout petit pas avant qu’il ne perde l’équilibre. Elle aurait bien voulu le rattraper, l’aider à ne pas s’effondrer au sol, mais elle était sans doute trop faible pour ça. Il était bien trop bâti, trop musclé pour que son frêle corps réussisse à supporter son poids. Sans avoir le temps de réagir donc, elle ne put que constater les dégâts. C’était digne d’une scène de film. Elle avait l’impression que tout se déroulait au ralenti. Elle le vit tomber, tenter de se raccrocher à la table ou étaient posés ses outils, échec cuisant, et par le fait même, constata les dégâts. Tous ses outils se retrouvèrent au sol. Il faudrait qu’elle nettoie tout ça, désinfecte ses outils. La journée était encore loin d’être terminée.

Au moment ou une petite grimace tordit son visage à la simple pensée de la douleur qui allait irradier le corps de Nathan lorsqu’il toucherait le sol, elle se sentit elle-même emportée dans sa chute. Et maintenant, ce serait à elle de souffrir. Parce que ce ne serait pas simplement l’impact de son corps contre le sol qu’elle allait subir mais bien d’être prise entre le sol et le corps de Nathan. Elle savait pertinemment que ça ne serait pas très agréable. Un vent de panique s’empara d’elle alors qu’elle se sentit basculer. Elle tombait. Le corps de Nathan était désormais contre le sien. Elle ne pouvait rien y faire, impossible d’éviter l’impact. Impossible d’éviter que Nathan soit si près d’elle. C’était sans doute ce qui la dérangeait le plus. Elle ne se souciait pas vraiment de la douleur qu’elle ressentait maintenant qu’elle était clouée au sol, non. Elle était plutôt mal à l’aise d’être aussi proche de Nathan. La dernière fois qu’un être humain s’était retrouvé aussi près d’elle était… elle n’arrivait même plus à s’en souvenir. Elle avait oublié la sensation que pouvait procurer la proximité avec quelqu’un. Surtout que dans ce contexte, ce n’était pas désiré. Voulant amortir sa chute, par réflexe, elle tendit une main vers le sol – comme si ça allait amortir la chute – mais plutôt que de se poser sur le carrelage froid, sa paume entra en contact avec la lame de son scalpel. Son visage se tordit de douleur pendant en une fraction de seconde. Son souffle se coupa sous l’impact de son dos contre le sol et soudainement, son corps entier semblait la faire souffrir. Elle posa son regard sur sa main et déglutit avec difficulté en réalisant qu’au moment ou elle retirerait le scalpel de sa main, la blessure allait cicatriser et même plutôt rapidement. Elle ne put s’empêcher de paniquer à l’idée qu’il puisse remarquer sa main exempte de coupure, de sang même. Les yeux grands ouverts, signe d’une crise de panique assez prononcée, elle les reposa sur Nathan. Il fallait qu’il bouge, qu’elle ait quelques minutes loin de son regard, de lui, pour pouvoir inventer un truc. Il ne devait pas savoir parce que s’il réalisait ce qui se passait, il poserait sans doute des questions. Quoi que, vu l’état dans lequel il était, il ne remarquerait peut-être pas. Elle priait pour qu’il soit trop concentré sur sa propre douleur pour ne pas la regarder. Looks like you can't. Déclara-t-elle se concentrant sur les mots qui sortaient de sa bouche en espérant en oublier ainsi la douleur. No... Menteuse. Elle avait mal. Très mal. Sa respiration sacadée en était un indice. Don't worry. I'm fine. On pouvait la qualifier de petite nature, de faible, mais son dos n’avait décidément pas apprécié ce contact avec le plancher et sa main aurait sans doute pu se passer de sa rencontre avec le scalpel.  Mais elle ne lui dirait pas. Non, elle était bien trop orgueilleuse pour ça.

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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Dim 11 Oct - 20:35


« a man's gotta fight »



Nathan et Deirdre
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Une onde de choc te traverse le corps lorsque tu atteints le sol à moitié, ton autre moitié écrasant brutalement la pauvre vétérinaire. Si tu avais réussi à cacher ta douleur jusque là, il n’était tout simplement plus possible que tu puisses dissimuler quoique ce soit. Un grognement rauque, douloureux s’échappe de ta gorge, bruit guttural d’une bête estropiée, endolorie par sa propre connerie. La multitude d’instruments t’accompagnant dans ta chute semble tomber éternellement tellement il y en a. Tu viens de foutre un sacré bordel, juste pour une bouteille. Une bouteille qui ne devait même pas contenir une gorgée complète. Et pourtant, tu te refusais de croire que tu avais un problème. C’était ton corps le problème. Toujours trop faible, toujours trop normal dans ce monde apocalyptique ou chacun pouvait bénéficier d’une meilleure chance que toi, d’un meilleur sort.

Lorsque le choc te passe, te laissant un amer souvenir douloureux, tu tentes de te redresser, mais ton corps a abandonner la partie, bien avant que ton cerveau n’ait pu réaliser que tu étais trop faible pour te bouger. Comme un enfant, ta tête reposait sur le ventre de Deirdre, et tu parvenais à peine à te redresser pour la regarder, coupable. Encore là, aucune excuse ne vint franchir tes lèvres scellées dans un orgueil sans nom. Pas question de t’excuser. Elle était sur ton chemin. Ou elle avait sectionner un truc en te réparant. Pourtant, lorsque ton bleu croise son regard vert, un grognement t’échappe, animal. “‘Orry’’ C’était déjà un bel effort.

Endoloris, tu places ta main droite à plat sur le sol pour redresser ta carcasse lamentablement, au moins pour qu’elle s’échappe de ton étreinte désagréable et violente. Tu roules sur le côté, les instruments coupants te servant de couche temporaire, te taquinant les côtes et la jambe. Et tu sembles enfin retrouver ton souffle, une respiration normale, ou presque. Elle est courte, essoufflée, rare, et pourtant, l’air entre facilement dans tes poumons, c’est l’expiration qui semble le plus ardue. ‘’I worry. And you can’t do anything about that.’’ Et tu parviens à t’arracher un sourire. Toujours ce petit sourire pour désamorcer une situation grave, une situation désagréable. Tes lippes se redressent à leur commissures, insolentes, amusée, alors qu’il n’y a pas de quoi l’être.

C’est en voyant l’écarlate sur sa main que ton sourire s’évanouit aussitôt. Du sang. Tu saignes? Non, elle saigne. Tu n’étais même plus certain d’avoir assez de sang dans ton organisme pour pouvoir laisser échapper autant de goutte. Vif, tu attrapes sa poigne blessée, l’observe tandis que le scalpel te nargue doucement. ‘’Oh, so you lie to me now.’’ Tu hausses un sourcil et regarde la lame argentée briller sous les néons de la salle. Tu n’as aucune idée de commencer retirer ça sans lui arracher la peau. En fait, si ça avait été ta main, tu serais sans doute en train de pisser le sang en ayant retirer l’instrument brutalement, mais tu ne voulais pas infligé ce genre de chose à Deirdre. Surtout qu’elle devait avoir des mains impeccables pour te soigner.

Tu relèves le regard sur son visage à elle, drôlement allongé dans le résultat de ta chute. ‘’I’ll try to find something. Do you have any..band-aids?’’ Perplexe, t’as envie de te claquer toi-même pour ta question tellement débile que t’aurais pu te moquer ouvertement de ton imbécillité. Tu fronces les sourcils, voyant pertinemment que tu ne pouvais qu’aggraver la situation en s'obstinant à vouloir l’aider. Tu finis par relâcher doucement sa main, impuissant, inutile, vaincu, affichant une moue digne des gamins les plus manipulateurs. ‘’Ok I can’t do anything for that. So let me help with these.’’ Tu pointes les intruments, le chariot renversé plus loin, et tu te demande déjà comment tu pourras te rendre sans te tuer en rampant dans ceux-ci. Tu soupires. ‘’Fuck... So I’ll just lie here. Doing nothing beside knowing that i’m an asshole.’’ Et tu restes là. Tu n’as plus rien à ajouté, pauvre homme vaincu par la propre faiblesse de son corps, par ses limites que tu n’avais jamais eu à endurer jusqu’à présent. Car tu t’étais battu, longtemps, souvent, et encore, tu te battais pour avoir le loisir de vivre, de ressentir quelque chose. Mais ce passage à travers la vitrine avait été de trop. Après tout, tu n’étais qu’un homme. Chair, os, sang, quelque chose de facile à transpercer, à blesser, et cette réalité t’angoissait. Tu te retournes sur le dos, un scalpel s’enfonçant légèrement dans ton avant-bras. Mais tu ne remarques plus rien. Tu t’en fou. Un de plus, un de moins, t’étais de plus en plus près de ta mort, et elle arrivait comme un train que tu ne pouvais éviter.


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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Lun 12 Oct - 6:58


« a man's gotta fight »



NATHAN & DEIRDRE

Le souffle coupé, Deirdre ferma les yeux. Elle n’avait pas la force de faire bouger Nathan. Elle ne voulait pas non plus lui causer plus de douleur. Malgré qu’elle soit concentrée sur sa propre douleur, elle pouvait entendre ses gémissements. Elle ne l’avait jamais vu se plaindre et jamais elle ne l’avait entendu pousser des grognements comme il le faisait présentement. Elle se disait alors qu’il devait sans doute souffrir grandement et elle ne voulait pas lui infliger plus de souffrance inutile. Et puis, à bien y penser, ce n’était pas si terrible d’avoir sa tête contre son ventre. Le choc devait sans doute rendre la chose pire qu’elle ne l’était réellement. Au final, c’était surtout son dos qui la blessait plus que la difficulté à respirer. Tentant de se concentrer sur autre chose que la douleur lancinante qui parcourait son dos, elle regarda Nathan. Étrangement, une image lui revint en tête. Elle se souvint de ces journées ou elle ne se sentait pas bien ou encore ces nuits ou elle se réveillait après avoir fait un cauchemar. Sa mère venait la réconforter, s’allonger à ses côtés et Deirdre se blottissait contre elle, la tête contre le torse de sa mère tandis que cette dernière laissait glisser ses doigts dans les cheveux blonds de la fillette. Et pendant une fraction de seconde, Deirdre eut cette envie, de désir de faire de même pour Nathan. Elle avait envie de laisser ses doigts se mêler aux bouclettes sur son crâne avec l’espoir de peut-être apaiser sa douleur ou lui faire penser à autre chose. Mais elle se refreina. C’était ridicule. Et puis, de toute façon, il était quoi pour elle? Un étranger, une simple connaissance tout au plus. Elle ne pouvait décidément pas le qualifier d’ami. En fait, il n’y avait pas vraiment de façon de qualifier leur relation. Enfin, pour en revenir à la situation qui nous intéresse, Deirdre attendit donc qu’il bouge, prenant une grande inspiration lorsqu’il ne fut plus affalé sur elle et que le poids sur son torse disparu. Elle fut presque surprise d’entendre Nathan s’excuser. C’était loin d’être dans ses habitudes. It’s okay, don’t worry. Qu’elle répéta. Les accidents étaient des choses qui arrivaient, pas vrai? Et puis, elle allait survivre. Elle était moins mal en point que lui en tout cas, c’était certain.

Un fois qu’elle eut assez d’espace pour bouger, Deirdre se redressa, enfin s’assied en prenant bien soin de ne pas mettre ses mains sur d’autres objets, et ne lâcha pas Nathan des yeux. À ce moment, elle regretta presque d’avoir sorti cette bouteille de sa bourse. Parce qu’elle ne se serait pas retrouvée dans cet état, avec un scalpel dans les mains, et lui ne serait pas encore plus mal en point qu’il ne l’était avant. Elle poussa un énième soupire en regardant le bazar dans lequel la salle était désormais. I swear it’s nothing. You really shouldn’t worry about me. Elle savait pertinemment que dans une heure, tout au plus, la blessure serait du passé, qu’il n’y aurait plus aucune cicatrice sur sa main. Parfois, c’était bien, mais ça la mettait dans un sal était en ce moment. Et si Nathan se rendait compte de tout ça? Non, il ne fallait pas y penser. « I didn’t lie. I’m okay. » Elle roula les yeux. C’est qu’il pouvait être lourd quand il s’y mettait. Réalisant que le scalpel était toujours dans sa main, elle le retira en toute douceur et son visage se tordit légèrement de douleur. Elle attrapa rapidement une compresse et la posa contre sa paume pour éponger le sang. Après tout, il y en avait suffisamment dans la pièce, pas besoin de rajouter le sien en plus.

Un léger rire passa ses lèvres lorsqu’elle entendit la question de Nathan. Elle était vétérinaire, pas docteur. I… I don’t. Répondit-elle, même si sa réponse était sans doute une évidence. Elle se releva alors pour commencer à faire un peu de ménage. Après tout, elle avait terriblement hâte de quitter l’édifice. I’ll take care of that. Just… Just stay still and try not to move. I don’t want you to get hurt more than you already are. Commenta-t-elle avant de se pencher pour ramasser quelques outils qui se trouvaient à ses pieds. Elle redressa, du même coup, le charriot. Elle regarda ceux qui se trouvaient alignés devant elle et fronça les sourcils. Il lui en manquait. Elle se retourna et fit à nouveau face à Nathan. Elle s’avança vers lui et s’accroupit une fois à ses côtés. Elle remarqua le scalpel sous son bras et, lentement, avec toute la douceur dont elle était capable, elle leva le bras de l’homme et retira, toujours avec précaution, le scalpe. Rapidement, elle alla poser le scalpel sur le charriot et attrapa une autre compresse qu’elle alla appliquer contre le bras de Nathan. Il valait mieux stopper le saignement rapidement et éviter que la blessure ne s’infecte.

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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Dim 18 Oct - 23:10


« a man's gotta fight »



Nathan et Deirdre
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Tu finis par obtempérer, tu perds la partie, et tu cesses de bouger, jusqu’à ce qu’elle vienne te retirer ce scalpel du bras. Décidément, tu n’en étais plus à une coupure près. Ton corps serait bientôt recouvert de tissu cicatriciel, vestige des années ou ta vie aura été plus douce, plus facile. Tu préfères ne pas y penser, à cette vie antérieur ou tu n’étais qu’un pauvre gamin, beaucoup trop débile pour se rendre compte à quel point il était choyer. Là, tu n’étais que débile, le reste, tu l’avais perdu par ta faute. Au moins, c’était quelque chose que tu assumais pleinement, et les regrets ne font pas partie de tes pensées. Tu n’es là que pour subir, prendre le moment présent, laisser le reste au lendemain et le passé à hier. ‘’I’m not moving. I promise.’’ De toute façon, même si tu le voulais, ton corps refusait.

Tu pouvais bouger les orteils, la tête, les bras mais tu savais que si tu tentais de te lever pour marcher, tu aurais encore droit à une chute, et cette fois elle serait peut-être mortelle. De nouveau sur le dos, tu sens le tissu de ton t-shirt imbibé de sang sec, froid. Tu frissonnes, mais tant qu’il n’y a rien de chaud, tu penses t’en tirer à bon compte. Allongé, tu fixes le plafond, tes yeux semblant battre le temps en même temps que ton coeur, comme s’il eut remonter jusque dans ta gorge. Les tempes battantes, tu sentais un mal de tête arriver. Rassurer par sa main sur ton bras, tu t’autorises à fermer les paupières un instant, pour calmer tes sens, mais surtout pour tenter de te refaire une contenance. Instinctivement, tu attrapes sa main pour qu’elle reste prêt de toi. T’as l’impression d’être en train de t’endormir, même si ton esprit tourne à toute allure.

Tu en étais à te demander si il te fallait être proche de la mort pour pouvoir finalement avoir le droit à un peu de sommeil. ‘’You know you can refuse.’’ Tu ouvres l’oeil, souris légèrement, puis tu relâches sa main pour laisser tomber la tienne sur le carrelage froid. ‘’I mean. When i’m coming here. Asking for your help. You can refuse. I’m such a mess. A problem you can get rid off.’’ Et tu étais sincère. Encore une fois, aucune excuse ne sortait d’entre tes lèvres. Mais tu lui offrais la possibilité de se débarrasser de toi, et d’un autre côté, ça t’empêchait d’avoir une attache quelque part dans ce monde. Vous n’étiez pas amis, mais elle était là quand tu arrivais amoché. Votre relation était vague, occasionnelle, mais c’était déjà trop d’engagement pour toi. Si un jour tu ne venais plus, s’inquièterait-elle? Probablement pas. Mais si il y avait une minime chance que cela arrive, tu ne voulais pas prendre le risque. Pas même qu’elle pense à toi avant que tu n’arrives sur le pas de sa porte.

Tu soupires légèrement, tes côtes douloureuses s’abaissant difficilement lorsque l’air s’échappe de tes poumons. Tes paupières se ferment et tu penses l’entendre ranger les derniers instruments. Distrait, tu te concentres sur le bruit de ses pas, de ses mouvements, t’assoupissant une minute ou deux, jusqu’à ce qu’un éclair de douleur de traverse le dos. Tes yeux s’ouvrent rapidement, ronds, et tu te mords l’intérieure de la joue pour ne laisser échapper aucun son. ‘’I need to leave. You probably have more important things to do.’’ Tu tentes d’invoquer ton courage, ta force, et tu finis par réussir à t’asseoir. Tu as l’impression de la peau de ton dos se déchire au moindre mouvement, mais c’est sans doute une illusion. Tu sais qu’elle ne laisse jamais de plaies ouvertes ou mal recousues.

Ta respiration s’accélère lorsque tu poses la main sur la table en inox, te doutant qu’elle soit suffisamment solide pour supporter ton poids. Tu souffles comme un bœuf, l’effort semblant facile au départ, mais s’avérant beaucoup plus difficile lorsque ton corps est déchiré.

Tu finis par te lever sur des jambes tremblantes mais assez solides pour ne pas te faire chuter de nouveau. Tu as chaud, et ton teint à considérablement perdu de sa couleur, mais tu es là, bien vivant. Tu tournes légèrement la tête pour pouvoir la regarder. Encore cette sensation de familiarité, cette sensation de l’avoir déjà connu ailleurs, autrement, dans un autre monde. Ne trouvant pas de réponse à cette sensation, tu finis par détourner ton regard bleuté d’elle, et tu te contente de te concentrer pour réussir à marcher jusqu’à la porte. Elle semble loin. Extrêmement loin, te narguant, te défiant de pouvoir la franchir sans t’écrouler de nouveau.


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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Ven 23 Oct - 5:17


« a man's gotta fight »



NATHAN & DEIRDRE

Occupée à nettoyer et ranger ses instruments à nouveau, Deirdre aurait bien pu ne pas entendre les propos de Nathan, mais c’est comme si son oreille s’était faite à sa voix. Comme si elle était attentive au moindre mouvement dans la pièce, au moindre son malgré que son attention soit portée ailleurs, trop inquiète de l’état de son patient pour pouvoir le laisser faire quoi que ce soit par lui-même. Sa remarque lui arracha pourtant un léger sourire et elle avait presque envie de rire. Elle savait pertinemment que même s’il essayait de bouger, il ne le pourrait surement pas. Elle avait vu l’ampleur des dégâts sur son corps et, bien qu’elle ne soit pas infirmière, elle pouvait tout de même user de son jugement pour en venir à de telles conclusions.

Pendant une fraction de seconde, son corps entier se figea au contact de sa peau contre celle de Nathan. Elle regarda sa main dans la sienne, plus que surprise par ce geste qu’elle mit tout d’abord sur le compte d’un spasme causé par la douleur. Ça ne pouvait être que ça. Parce que personne ne l’avait touché depuis des années. Depuis l’accident. Elle était un monstre. On l’évitait. Personne n’avait fait un pas pour aller vers elle… jusqu’à ce qu’elle croise la route de Nathan. À croire qu’il était l’exception à toutes règles qui régissaient la vie de la vétérinaire. Elle qui s’était jurée de ne s’attacher à personne, il lui fallait admettre qu’elle n’allait pas dans la bonne direction avec Nathan. C’était sans doute ridicule de s’être attaché à lui, mais son cœur se serrait dès l’instant ou elle le voyait franchir la porte de sa clinique, dès que ses yeux se posaient sur sa silhouette bien amochée, dès qu’elle voyait les diverses cicatrices sur son corps. C’était sans doute la raison pour laquelle elle avait préféré la compagnie des animaux à celle des humains. Aussi cruelle puisse être cette pensée, il était moins difficile pour elle de faire face à la mort d’un animal que celle d’un humain. Malgré ce qu’on pouvait penser d’elle aux premiers abords, elle avait un cœur, de la compassion et pouvait faire preuve d’empathie. C’était d’ailleurs une de ses plus grandes faiblesses. Elle arrivait sans doute trop facilement à se mettre à la place d’autrui, à imaginer leur douleur. Voilà qui expliquait pourquoi elle acceptait de soigner Nathan aux petites heures de la nuit. Parce qu’elle ne supportait pas de le voir souffrir ainsi, agoniser presque. Il faut dire que cette fois, il avait frappé fort. Il était vachement amoché. La preuve était qu’il se trouvait toujours étendu sur le plancher froid de la pièce et ne bougeait plus. Si elle n’arrivait pas à entendre sa respiration, elle l’aurait sans doute prit pour mort. Enfin, après le choc initial, les doigts fins de la femme se refermèrent autour de la main du blessé. Elle ferma les yeux un tout petit instant, s’autorisant à apprécier ce contact. À ce moment, elle réalisa à quel point ça lui manquait le contact humain. Malgré tout ce qu’elle avait vécu, elle le recherchait toujours.

Lorsqu’il reprit à nouveau la parole, Deirdre ouvrit les yeux et les posa sur Nathan, l’écoutant attentivement. Un court instant, elle laissa ses yeux glisser vers sa main, toujours un peu surprise de son geste. Elle n’était définitivement plus habituée à ces trucs-là. Et au fur et à mesure que les paroles quittaient la bouche de Nathan, Deirdre roula les yeux. Comme si elle allait vraiment le laisser se débrouiller seul. Comme si elle allait le jeter dehors, là, dans l’était dans lequel il se trouvait. Comme si elle était capable de lui refuser l’accès à sa clinique. Don’t be stupid. Lâcha-t-elle dans un soupire. You’re not a problem I need to get rid of. I mean, I haven't been in trouble yet. Non, aussi étrange que cela puisse paraitre, elle appréciait les visites occasionnelles de Nathan, même si elle préfèrerait largement le rencontrer dans d’autres circonstances.  Elle se surprit à souhaiter le rencontrer, par hasard, au détour d’une rue, à la sortie d’un bar ou dans une situation plus banale qu’après qu’il se soit bagarré. Mais c’était de ces choses dont elle ne parlerait jamais. Surtout pas avec lui. Pour éviter de trop parler, elle regarda la plus récente coupure sur le corps de son patient et la soigna en toute rapidité et efficacité pour éviter qu’elle ne s’infecte avant de retourner à ses instruments. C’est lorsqu’elle posa le scalpel aux côtés des autres outils qu’elle entendit les propos de Nathan. Elle se retourna en un éclair et poussa un soupire. Ce qu’il pouvait être désespérant à vouloir jouer l’homme fort, faire semblant que tout va bien même s’il est clair que tout ne va pas bien. You really think you’re going to make it to the door in your condition? Demanda-t-elle presque amusée de le voir aussi têtu tandis qu’elle s’avança vers lui. What you really need is to stay still for more than a minute. Déclara-t-elle d’un ton qui se voulait autoritaire avant de se poser devant lui et lui bloquer le chemin. And for your information, I have nothing better to do. Se permit-elle d’ajouter, même si c’était sans doute inutile. Au moins, il saurait qu’elle n’était pas prête à lâcher le morceau. Elle le soignait, mais les soins n’étaient pas exclusivement de recoudre des plaies ouvertes et de les désinfecter. Elle voulait s’assurer, surtout cette fois, qu’il récupèrerait, qu’il irait bien dans quelques jours. Elle voulait… prendre soin de lui?

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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Sam 31 Oct - 17:59


« a man's gotta fight »



Nathan et Deirdre
featuring

Ton regard trouble te nargue, faisant exprès d’éloigner la porte, la rapprocher au rythme de ton coeur battant à tes oreilles. C’est limite si tu peux entendre la voix de Deirdre parmi les reproches de ton coeur battant trop fortement dans ta poitrine, dans ton corps en entier. Ton sang se pompe, circule mal, s’affole car il n’arrive pas à fournir toutes les parties de ton corps que tu tentes d’interpeller pour te déplacer. Sur la flotte, il te menace de te faire vomir ton âme, car de la bouffe, tu doutes en avoir dans le fond de ton estomac. Tu serres les dents, bien déterminé à ne pas laisser passer le moindre flot d’entre tes lèvres, ton visage blêmissant au rythme de tes efforts.

Trop concentré sur le battement de ton sang, tu ne remarques même pas que ton souffle se fait rare, qu’il n’emplie presque plus tes poumons avides. Tu t’arrêtes, reste planté là, immobile, comme si ton corps avait besoin de redémarrer, de constater l’endroit ou il se trouve à présent. L’esprit te manque, te nargue, tandis que tes pensées se bousculent, se fracassent dans ta tête beaucoup trop bruyante, malgré le silence autour de toi ; tu es peut-être en train de mourir. Tu es en train de signer la fin de ton acte, le rideau va se fermer d’un moment à l’autre. Paniqué, tu refuses de t’écrouler aux pieds de ta bienfaitrice, mais tu ne sais même pas comment te rendre ailleurs, faire comme les oiseaux, se cacher pour mourir.

Lorsqu’elle se plante devant toi, tu ne peux t’empêcher d’éviter son regard, honteux de lui offrir un tel spectacle, une telle mascarade tandis que tu tente de faire bonne figure, malgré ton corps chancelant. It’s nice of you to take me to the doors, Deirdre. Ta voix caverneuse fait glisser les mots lentement sur ta langue. Obstiné, tu es décidé à partir, à ne pas lui donner plus de travail, étant donné le bordel que tu avais déjà créer dans sa clinique. Lourdement, tu poses une main sur son épaule, par réflexe, pour ne pas t’enfoncer un peu plus, mais surtout pour qu’elle te supporte jusqu’à la porte. Mais tu ne bouges pas, elle ne bouge pas, et aucun de vous deux ne semblent décidés à entreprendre la marche vers la sortie. Lourd, tu t’appuies peut-être un peu trop sur elle, tu tentes de reprendre un peu de force, de souffle tandis que ton coeur continue à s’affoler à tes oreilles et tes tempes. I just need to breathe a little before leaving. Tu oses enfin lever les yeux pour la regarder, découvrant que sous aucun prétexte, elle allait te laisser partir dans cet état. Tu soupires doucement, et tu parviens même à sourire légèrement, faiblement. Ok. You win.

Tu abdiques, continue de t’accrocher férocement à son épaule pour ne pas t’écrouler contre elle, et tu cherches à respirer, à calmer ton corps entier après ces efforts surhumains pour l’état dans lequel tu te trouvais. Tu laisses tomber l’arrogance, l’humour, ton petit sourire, et tu la regarde sérieusement, te rendant compte que si elle n’avait pas été là, tu serais sans doute mort. Mais après tout, aurait-ce été si mal que tu tires le rideau cette nuit? Tu n’y avais jamais réellement dédié de pensées profondes, mais rien ne t’attendait, aucun futur, aucun avenir brillant et ambitieux. Si on te demandait de t’imaginer dans quelques années, tu ne parviendrais même pas à te voir heureux, ni même à te voir tout court. Quelles étaient tes chances dans ce monde en ruine, dans ce monde dénaturé?

Conscient de t’appuyer un peu trop sur la pauvre jeune femme, ta main finis par quitter son épaule sans doute endolorie après ton lourd passage. I’ll be quiet. Résigner, tu cherches du regard un endroit ou pouvoir échouer la pauvre épave que tu es. Ne voyant que l’horrible table en inox, tu finis par te trouver un coin tranquille sur le sol, mais tu ne bouges toujours pas, craignant que tes jambes ne supportent pas le voyages, même si il ne s’agit de quelques pas. Après, tant que tu tiens debout, c’est que tout va bien non? C’est de bouger qui te pose problème, de devoir exécuter des mouvements coordonnés, alors que ton corps est désaxé, traumatisé des nombreux coups, des chocs, des déboires que tu lui imposes volontairement.



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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Mar 10 Nov - 5:23


« a man's gotta fight »



NATHAN & DEIRDRE

It’s nice of you to take me to the doors, Deirdre. Cette simple réplique lui fait rouler les yeux  et elle esquisse un léger sourire. S’il croyait réellement qu’elle allait l’aider à sortir, il se mettait le doigt dans l’œil. Elle avait un devoir et des obligations et elle tentait bien de les respecter. Certes, elle n’était pas médecin, mais en tant que vétérinaire, chaque patient qu’elle soignait ne quittait jamais sa clinique tant qu’ils n’étaient pas rétablis. C’était la règle. C’était en quelque sorte une protection pour elle. De cette façon, les clients ne pouvaient pas la blâmer si leur chien, par exemple, décédait quelques semaines plus tard. On ne pourrait pas lui reprocher d’avoir négliger l’animal. Et bien, elle comptait faire de même avec Nathan bien qu’il puisse assez facilement lui passer sur le corps… enfin, lorsqu’il serait rétabli un minimum. Certes, elle ne pouvait pas l’obliger à rester ici, mais elle ne voulait en aucun cas qu’il ne quitte son champs de vision, du moins, pas pour les prochaines minutes ou peut-être même la prochaine heure tout dépendant de l’avancé de sa guérison. Elle ne savait pas à quel rythme il allait récupérer de tout ça, mais tant qu’il ne serait pas capable de bouger par lui-même de façon un peu plus convaincante, il était hors de question qu’il quitte la clinique. De toute façon, le sommeil était quelque chose dont elle manquait déjà cruellement. Une courte nuit de plus ou de moins, elle ne verrait pas la différence, elle en était certaine. Le regard posé sur Nathan, elle ne bougea pas, même lorsqu’il prit appui sur elle. Enfin, du moins, pas pour un moment. Elle se contenta de le fixer, jusqu’à ce qu’il la regarde et ne constate la détermination dont elle pouvait faire preuve. Lorsqu’elle sentit un peu plus de poids sur ses épaules, Deirdre se redressa un peu plus pour éviter de s’effondrer. Un sourire étira ses lèvres lorsqu’elle entendit Nathan lui dire qu’elle avait gagné. C'était peut-être une petite victoire, mais elle était heureuse de l'avoir remportée.

Breathe in and breathe out slowly. Murmura-t-elle lorsqu’elle constata qu’il avait de la difficulté à respirer. Slowly. Répéta la vétérinaire en inspirant et expirant en même temps que le blessé. Elle l’avait soigné, il était hors de danger, enfin presque, et elle ne voulait pas qu’il meure à bout de souffle, pas maintenant. C’est sans doute pourquoi elle resta tout de même sur ses gardes lorsque le poids sur ses épaules s’envola. C’était un soulagement, en quelque sorte – parce qu’il fallait avouer qu’il n’était pas un poids plume – mais elle ne pu s’empêcher de s’inquiéter quand même, de peur que ses jambes ne flanchent. Elle pouvait clairement voir qu’il n’était pas des plus stables et elle ne voulait pas le voir s’effondrer. Aussi rapidement que possible, elle alla chercher la chaise placée près de son petit bureau et la bougea plus près de Nathan.  Here. Dit-elle, une fois que la chaise fut placée derrière lui. You can sit down. Ce serait sans doute déjà moins douloureux que de s’allonger sur le plancher ou encore même simplement s’asseoir, le mouvement en demandant moins à tout son corps s’il était assis sur la chaise. Et puis, ça la rassurerait de le savoir posé sur quelque chose de stable, de savoir qu’il ne pourrait pas terminer face contre terre. Une fois assurée qu’il était confortable, enfin aussi confortable qu’il pouvait l’être dans son état, elle retourna ranger les quelques trucs qu’il lui restait et termina de nettoyer la pièce. Heureusement que plus personne n’était dans le building, la secrétaire ayant quitté il y avait déjà bien longtemps, parce que si on était venu à passer devant la salle, à voir l’état dans laquelle la pièce se trouvait quelques minutes auparavant, on aurait presque pu croire à un carnage. Deirdre avait bien tenté de minimiser les dégâts, mais il n’en restait pas moins que Nathan avait perdu pas mal de sang tandis qu’elle pansait ses blessures. Elle tentait de les refermer aussi rapidement que possible, mais elle n’était pas Lucky Luke dans ce domaine, elle ne cousait pas plus vite que son ombre malheureusement. Après plusieurs minutes à éponger les dernières traces de sang, à tout jeter dans sa corbeille, la jeune femme poussa un soupire de soulagement et passa ses mains sur ses yeux, tentant de chasser la fatigue qui semblait vouloir s’installer en elle. Au moins, la majeure partie du travail était terminée. S’il ne lui restait qu’à s’assurer que Nathan n’allait pas mourir ce soir, c’était déjà bien.

traduction:
 


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MessageSujet: Re: a man's gotta fight - deirdre   Sam 5 Déc - 4:49


« a man's gotta fight »



Nathan et Deirdre
featuring

Ton regard croise le sien lorsqu’elle t’ordonne de bien respirer. Tel un enfant, tu obéis en silence, dépliant tes poumons, te redressant légèrement pour mieux faire pénétrer l’air dans ta poitrine. Encore une fois, cette sensation étrange te prend, cette impression de la connaître. Et ce même avant tes visites. Car les dernières fois, tu t’étais contenté de quelques points, un pansement, un peu de désinfection, et tu étais repartie aussitôt. En fait, tu n’étais jamais rester aussi longtemps en sa présence ; craignant qu’elle finisse par te dire de ne plus jamais revenir.

Obéissant, tu finis par bien respirer, doucement, douloureusement, mais l’air entre et sort de façon normale. Tu te sens un peu mieux, plus aéré, l’oxygène se frayant un chemin dans ton cerveau pollué.

Elle remarque ta tentative de marche, et ce même avant que tu puisses avoir la chance de faire un pas, une chaise apparaît derrière toi. Et même si tu caches ton soulagement, tu t’y assois lentement, évitant de la regarder. Une certaine honte s’empare de toi, et ce même si ta fierté était intermittente. Elle allait te prendre pour un gros imbécile maintenant qu’elle avait vu le pire de toi. Tu soupires, mais tu te reprends ; qu’est-ce que ça pouvait bien te faire ce qu’elle pensait de toi? Elle n’avait qu’un boulot, une fonction. Une seule utilité que tu ne souhaitais pas surpasser ; elle te soignait, et c’était tout. Il n’y avait rien de plus, rien de moins. Strictement rien. Alors pourquoi essayais-tu de te convaincre toi même, si tu le savais déjà?

Impassible, tu la regardes nettoyer le bordel que tu avais causé. Et c’est là que tu réalises la quantité de sang qui s’est écoulé de ton corps. Pas le sien, pas celui d’un animal, mais le tiens. Tu ne pensais pas en avoir perdu autant ; ça expliquait sans doute pourquoi tu te sentais légèrement embrumé. Un légère vertige te prend, avant de te rappeler que tu es assis sur une chaise, donc que tu ne risque pas de tomber à moins de te jeter sur le sol par toi-même. Tu t’y accroches quand même, tes phalanges blanchissant tellement tu les serres sur les bords de la chaise. Et tu la fixes, absent, tandis qu’elle bouge beaucoup trop vite pour que ton regards puisse la suivre aisément. Le sommeil t’envahit, tentant de t’attirer dans ses bras, mais tu ne veux pas succomber. Tu te redresses, raide, tentes te t’éveiller.

Et une seule idée te vient pour tenter de briser le silence parfois interrompu par le bruit des instruments que la vétérinaire rangeait. ‘’You know what i miss the most about the old world?’’ Ta voix est plus faible que tu ne l’aurais cru. Tes forces te quittaient en majorité, et pourtant, tu te tenais toujours fermement à cette chaise. Voyant qu’elle te prête une oreille, tu ris légèrement, amèrement. ‘’Porn. I miss porn.’’ Un rire enroué s’échappe de tes lèvres, et même si tu doutes qu’elle survive à ton humour, en plus de ton corps pourris, tu ricanes comme un gamin; au moins tu luttes contre le sommeil ou l’évanouissement.

Ignorant si elle partage ton humour, tu finis par te taire, le silence envahissant de nouveau tes sens. ‘’So. You’ll sleep here?..I mean. I can’t leave obviously. So, what is your plan? ‘’ Tu t’imaginais déjà dormir dans l’une des cages réservés pour les gros chiens, sur un petit coussin, pathétique animal que tu étais. Mais si toi tu luttais contre le sommeil, elle semblait toujours en pleine forme, rayonnante malgré ses traits légèrement tirés. Admiratif, tu te demandes comment elle peut tenir le coup, puis tu te souviens qu’elle ne se bat pas à toute les nuits dans l’espoir de gagner un peu de fric, et qu’elle est sans doute en meilleure forme que toi. Genre, cent fois mieux.

Ta tête se fait un peu plus lourd, et tu la penches sur le côté, tentant de trouver une position confortable pour t’assoupir. Et dès que tes paupières se ferment, le sommeil te gagne, te faisant dangereusement vaciller vers le vide. Mais tu tiens le coup, dans une position plutôt grotesque, mais assez confortable pour te garder endormi. Ta gorge gronde légèrement, un mince ronflement s’échappant de tes lippes. Tu es partie pour la nuit, et au moins, tu n’es pas mort. Pas cette fois.




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