AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Le bourreau victime | Celian

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité






MessageSujet: Le bourreau victime | Celian   Lun 14 Sep - 21:10

Ce nouveau gouvernement le rendait malade. Les nouveaux interdits le tuaient. Le Masquerade souffrait énormément de la prohibition, Chayton n'osait même plus voler de peur de finir dans le Colosseum. Il était d'ailleurs devant l'énorme structure, mordant avec énergie dans une pomme, pensif. Il ne savait pas ce qu'il allait faire de son avenir. Voleur n'était plus un métier d'avenir et sans son comparse, il était perdu. Il avait beau travailler au Masquerade et pour son maître, Gawain, il ne gagnerait pas des mille et des cent. Le skinchanger se sentaitt incertain de cet avenir sombre. Qui plus ait, maintenant les hauts murs qui entouraient la ville le rendaient énormément nerveux lui et ses bêtes. En parlant de bête, il n'était pas dans ce quartier pour rien. Il y était pour Celian Nichols. Une doctoresse qui on disait, faisait des recherches sur les skinchangers. Les frères et sœurs disparus l'avaient marqué. Il n'y avait pas de cohésion dans leur espèce, pas de meute ou ce genre de connerie à la manière d'un roman. Chayton posa son regard sur son sac en bandoulière en cuir.

Elle y était remplie de livres qu'il avait trouvé sur les changeurs, comme on les nommait. Il doutait trouver des réponses sur son histoire compte tenu du fait qu'il était ce qu'il était car un sorcier l'avait transformé, mais on était toujours en droit d'espérer après tout. L'espérance n'était pas interdite dans cette ville après tout, non ? Quoi qu'en ce moment, bien trop de choses étaient interdites. Chayton avait peur car une part de lui désirait Gawain même s'il n'avait jamais osé franchir le pas avec son maître. Mais maintenant que l'homosexualité était considérée comme un crime, il ne voyait vraiment pas l'avenir comme quelque chose de radieux. Il serait bien pour partir vivre dans le bayou sans jamais se retourner. Avec énergie, le prédateur termina sa pomme et alla sagement jeter le trognon dans une poubelle. A tous les coups, s'il la jetait à côté, il risquait encore de se faire arrêter.

Or le brun ne voulait pas se faire remarquer. Il avait une tenue somme toute banale et moins légère que d'habitude car les températures changeaient trop. Il faisait un peu frisquet aujourd'hui. Il portait un jeans large avec des baskets et une chemise sombre qui épousait les muscles qu'il possédait, pas des tonnes non plus. La nuit allait bientôt tomber, il devrait se dépêcher avant que la très chère doctoresse ne rentre chez elle. Ce qu'il allait faire pourrait lui coûter la vie. Chayton se rendit jusqu'à garden district et parcourut un des nombreux parcs avant de se décider. Il devait discuter avec cette femme et savoir si c'était elle qui était coupable de toutes ces disparations, il ne savait pas encore ce qu'il ferait ensuite, mais il ressentait le besoin de découvrir. Depuis quelque temps il n'était plus vraiment dans son assiette, ayant l'impression que le côté malfaisant de Gawain le contaminait. C'était sa manière pour s'expliquer ses actes et ne pas assumer ceux-ci. Bon, plus le temps de réfléchir. Souplement, il alla jusqu'à l'immeuble de la fameuse Celian et vérifia de nombreuses fois à quel étage elle habitait.

Rez-de-chaussée, ce serait un jeu d'enfant pour entrer par une fenêtre. Personne ne savait correctement forcer une fenêtre jusqu'à qu'il doive le faire pour survivre. C'était exactement ce qui lui était arrivé. Chayton resta dans l'obscurité des lieux quelques secondes avant de se mouvoir félinement, comme le léopard qui vivait en lui. Il alla jusqu'à la cuisine et fouilla les armoires, vieux réflexes. Il décida de se planquer au salon et même, comble de l'arrogance, s'asseoir sur un canapé et attendre. Le skinchanger était nerveux, il n'avait jamais fait cela de sa vie. Il savait qu'il aurait dû en parler avec Gawain avant, mais il ne l'avait pas fait. Le brun ne sut pas combien de temps il attendit très exactement, mais il l'entendit bientôt entrer dans l'appartement. Il attendit que la porte soit fermée et l'entente venir dans le salon pour allumer la lumière centrale.

« Je ne bougerais pas et ne crierais pas si j'étais vous. Vous n'aurez pas le temps d'appeler quelqu'un, que vous serez au sol. »

Il n'avait pas dit tuer car il ne tuait pas. Il s'était contenté de faire un sous-entendu, rien de plus. Il la toisa de son regard foncé, l'air sévère.

« Nous devons discuter, doctoresse Nichols. Asseyez-vous je vous en prie. »

Malgré son air sévère, sa voix n'était pas si agressive que cela bien au contraire. Il était difficile pour lui de faire le méchant surtout que c'était bien la première fois qu'il faisait cela et qu'il ne savait pas du tout comment cette fille allait réagir.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Le bourreau victime | Celian   Lun 14 Sep - 21:41

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Le Bourreau Victime
Celian était assidue dans son travail. Mais rentrer chez elle était pour elle une satisfaction personnelle, une pause dans cet emploi du temps éreintant. Du moins, ce fait était juste, avant. Cela faisait près d'une semaine que la blonde avait repoussé l'échéance. Aujourd'hui, retourner dans ces lieux lui faisait peur, faisait remonter des souvenirs trop douloureux à la surface, et ils menaçaient de la briser à chaque instant. Oui, elle avait peur de l'affrontement avec cet endroit, et plus particulièrement son bureau. L'image d'Azra était encore gravée dans sa tête, si bien que l'idée même de tourner les clés dans la serrure lui avait donné la nausée les deux premiers jours. Elle avait fui, mais elle avait conscience qu'elle ne pourrait le faire indéfiniment. A présent, elle devait surmonter ses peurs, et retourner là-bas.

Elle n'attendit pas la nuit, cette fois. Trop de fantômes pouvaient s'y immiscer, et elle ne souhaitait pas faire de mauvaises rencontres. Son esprit était encore trop fragile. En apercevant l'immeuble, elle se stoppa. Inspiration. Expiration. Elle tenta de combattre ce noeud qui s'emparait de son ventre. Mais rien à faire. Il serait là pour la nuit. Elle se décida à entrer, finalement. Il le fallait. En prenant de grandes respirations, elle poussa le panneau de bois et s'offrit quelques secondes de répit en évitant de poser les yeux sur ce lieu qu'elle connaissait par coeur. Ne pas allumer la lumière. Pas tout de suite. Pas encore.

Mais elle s'alluma d'elle-même. Celian eut un hoquet de surprise, sentant ses jambes trembler malgré elle. Elle chercha l'origine de cette voix, l'origine de tout cela. Impossible, on ne pouvait lui faire ça de nouveau. Elle n'aurait pas la force de le supporter. Ce n'était pas Azra, et un soulagement s'abattit sur elle. Avant qu'elle ne réfléchisse. Qui était-il ? Que voulait-il ? Que lui ferait-il ? Un frisson de terreur ondula sur son échine. Ne pas paniquer. Son accoutrement ne présageait en rien son appartenance, mais elle ne pouvait juger ainsi. Elle savait que chacun avait son lot de surprises.

« Euh.. Je.. Très bien. »

Elle posa doucement son sac près de l'entrée, mettant bien ses mains en évidence. Eviter les ennuis. Faire attention. Rester calme. Mais elle n'arrivait pas à gérer cette panique qui lui retournait désormais l'estomac. Seigneur, qu'allait-elle faire ? Elle marcha jusqu'au fauteuil, placé en face de cet inconnu, et s'y assit. Elle lia ses doigts devant elle, gérant le stress comme elle le pouvait. Il n'avait pas d'arme en main, mais il semblait confiant. Et cette confiance renversait toutes les barrières de la blonde.

« J... Je... Je vous écoute. »

Ne pas décliner son identité. Ne pas poser de question. Peut-être que si, simplement, elle faisait ce qu'il souhaitait, elle finirait encore en vie le lendemain. Elle pria intérieurement.

Fiche par Sánsa ; sur Never-Utopia
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Le bourreau victime | Celian   Jeu 24 Sep - 22:12

C'était donc si facile que cela ? Chayton n'avait jamais menacé quelqu'un. Il avait tué plusieurs fois pour servir ces différents maîtres, mais là c'était quelque chose de différent. C'était quelque chose qu'il accomplissait de lui-même et sans contrainte. Quel genre d'homme était-il réellement devenu ? Il ne voulait pas trop y penser car cela le rendait malade quand il y réfléchissait sérieusement. Si Chayton réfléchissait trop, il s'enfuirait en courant de cet appartement. Sauf qu'il ne pouvait pas. Il voulait comprendre ce qui se passait. Il voulait comprendre pourquoi d'autres gens comme lui avaient disparu. Peut-être essayait-il de faire justice, il n'en savait trop rien. Le brun était vraiment paumé, mais cela ne devait pas s'afficher compte tenu du fait que la blonde lui obéit sans rien dire. Il en fut vraiment étonné et resta à la dévisager discrètement pour éviter qu'elle ne soupçonne quoi que ce soit. Il regarda le sac à main. Peut-être était-elle armée. Le malfaiteur décida de ne pas pousser trop loin le bouchon et ne demanda rien de plus. Il voulait juste demander et pour une fois, qu'on l'écoute.

On ne l'écoutait que très rarement. Il n'était qu'un pantin entre les mains des autres. Pour une fois, cela allait être lui qui donnait des ordres. C'était une drôle de sensation qu'il n'avait jamais connu. C'était grisant et le skinchanger eut peur un instant de vouloir en abuser. Chaque chose pouvait devenir une drogue si on n'y prenait pas garde.

« Avez-vous effectué des test sur des hommes… qui se transformaient en animaux ? »

Dit-il en hésitant sur la formulation. Il ne savait pas qu'on les appelait aussi les skinchangers. Rappelez-vous après tout, il n'avait aucun contact avec ceux de son espèce. Au tout début, il se croyait seul dans sa malédiction avant de découvrir que cela n'était pas le cas. Quel choc quand il avait découvert d'autres comme lui. Il avait été triste pour eux. Savoir que d'autres gens comme lui avaient souffert et avaient été les créatures de sorciers, cela le rendait malheureux et faisait naître un horrible sentiment d'injustice en lui. Chayton ne comprenait pas pourquoi le monde était si cruel. Pourquoi on l'avait arraché à sa vie de rancher dix ans auparavant. De toute manière, vu les bouleversements climatiques, il aurait dû abandonner son activité d'éleveur de chevaux. Mais c'était différent quand c'était quelque chose de volontaire. Là, cela n'avait pas été le cas et il savait au fond de lui qu'on avait tué sa famille. On lui avait menti les premières années pour l'asservir. Et puis après, il n'avait plus rien ressenti donc on ne lui avait plus rien dit.

Mais cette fois-ci, il avait décidé d'agir et de ne pas rester simplement les bras croisés. Il refusait de répéter les erreurs du passé. Il refusait d'être soumis et passif, encore une fois.

« Pourquoi avez-vous fait cela à des pauvres gens qui n'avaient rien demandé ? Vous aimeriez que je vienne chez vous et que je vous fasse du mal, hein ? »

Sa voix s'éleva légèrement, mais elle baissa rapidement. Chayton détestait élever la voix. A une époque, cela ne l'aurait pas dérangé, mais plus maintenant. Le voleur et homme à tout faire du Masquerade se pencha en avant et dévisagea la jolie docteure. Elle avait l'air gentil, il n'y avait pas à dire. Mais qu'était-elle réellement au fond d'elle ? Chayton savait bien que c'était souvent les choses les plus belles qui faisaient le plus mal quand elles s'y mettaient. Cette doctoresse en faisait-elle parti ? Il aimerait bien se tromper, sincèrement, vraiment. Mais cela faisait des semaines qu'il l'observait et il ne voyait qu'un démon, un serpent qu'il avait envie d'écraser du bout du pied ou alors, de croquer. L'un comme l'autre, il ne le ferait pas. Il ne détruirait pas une vie pour son simple plaisir. Non, il refusait de devenir ce genre d'homme affreux qui hérissait ses poils de sauveur. Mais il n'était pas un sauveur, il était une victime. Une victime qui tentait de se cacher, mais quand même une victime. Il pouvait le tourner comme il le voulait, c'était ainsi. Savait-elle seulement les crimes qu'elle avait commis ou allait-elle tout nier en bloc ?
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Le bourreau victime | Celian   Mar 29 Sep - 17:22

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Le Bourreau Victime
Dans d'autres circonstances, Celian aurait peut-être pu faire preuve de courage. Elle aurait pu simplement bondir, filer, s'échapper. Ou se rebeller. Tenter le Diable. Mais elle n'était guère de ceux qui se sortaient de ce genre de situation indemne, de ce genre de situation tout court. Elle n'était pas réellement courageuse. Et surtout, elle n'était pas très chanceuse. Preuve irréfutable et évidente : cette deuxième altercation avec autrui en deux semaines. Azra avait déchiré son âme, peut-être cet homme lui meurtrirait le corps. Mais de toute évidence, elle n'était qu'une charogne ambulante, en proie à la solitude et au désespoir. Elle en venait à deviner que malgré sa panique, elle était satisfaite de s'exposer au danger. Etrange, n'est-il pas, de sentir sa vie sur le point de déraper, et d'apprécier cette sensation ? La doctoresse aurait-elle donc toucher du bout des doigts les tréfonds de l'abîme ? Elle n'en doutait guère. A l'inverse, elle en était convaincue.

Cet individu, assis en face d'elle, la menaçait d'un simple regard. Il l'impressionnait par un charisme écrasant. Et Celian ne pouvait plus rien dire, plus rien faire, seulement rester silencieuse, rester transparente sous ce regard de glace. Qui était-il ? Que voulait-il ? Peu importait, au final. S'il voulait lui faire du mal, il le ferait. Et elle ne l'en empêcherait peut-être pas. Elle se demandait si ressentir une douleur lancinante la réveillerait, la ferait réagir, sortir de cette débâcle de sentiments infernale. Elle l'espérait presque, au fond. Mais son corps, lui, semblait totalement pensé l'inverse, comme s'il s'était totalement déconnecté de son cerveau afin de lui sauver la vie. Il tremblait, laisser quelques frissons lui hérisser le poil, lui labourer le dos, ses doigts s'entortillant les uns avec les autres, comme s'ils pouvaient fusionner. Comme si un simple mouvement pouvait évacuer la panique qui la ravageait.

Elle arqua doucement son dos. Rester droite. Respirer profondément. Elle tremblait, comme une feuille morte se faisant percuter par le vent d'automne. Ses lèvres entrouvertes n'osaient prononcer un mot face à lui. Comme s'il pouvait la dévorer à tout instant. Etait-ce le cas ? Ce monde regorgeait de surprises terrorisantes, et elle n'aurait aucun mal à se laisser aller à une morte certaine, s'il s'avérait que cet homme pouvait la transformer en pâle cadavre.

SkinChangers. Voilà de quoi il souhaitait discuter. Un frisson transcenda l'échine de l'hôte, l'obligeant un instant à baisser les yeux. Des expérimentations, elle en avait entendu parlé. Si elle en avait fait ? Jamais. Au contraire, elle se souvint de Nyméria, de cette douloureuse période où elle avait tout mis en œuvre, au péril de sa carrière, au péril, même, peut-être, de sa propre vie, pour en sauver d'autres. L'âme de Celian était bienveillante et pure, et elle faisait en sorte d'être toujours la plus juste possible. Néanmoins, elle s'en voulait. Terriblement. Elle s'en voulait de n'avoir pu sauver davantage de SkinChangers, de ne pas pouvoir les aider aujourd'hui, dès à présent. Elle luttait, chaque jour, avec ses outils de science, afin de trouver des solutions. Et pourtant, aucune ne semblait se présenter, de près ou de loin. Seulement quelques avancées qu'elle ne pourrait peut-être pas continuer, faute d'Azra et sa nouvelle absence.

Une attaque, encore, et des questions auxquelles elle ne put répondre de suite. Sa culpabilité lacérait ses traits, et le regard de l'inconnu ne put que la déstabiliser davantage. Que voulait-il ? Peut-être comprendre. Peut-être mettre un terme à une injustice secrète. Il n'avait guère tord. Mais il ne s'adressait malheureusement pas à la bonne personne. Elle souhaita soudain être cet être qu'il recherchait, qu'il aurait trouvé, qu'il aurait mis en pièces. Elle aurait souhaité que tout cela s'arrête, elle aussi. Elle était de son côté.

« J.. Je.. » elle bégaya.

Elle baissa les yeux, fixant ses deux mains torturées, posées sur ses genoux, jouant à qui aurait le dessus sur l'autre. Evidemment, elle se sentait horrible. Evidemment, elle se sentait responsable. Malgré elle. Malgré tout.

« Je n'ai jamais fait cela... »

Sa voix se perdait dans l'atmosphère comme une courte brise incomprise. Elle ignorait si son discours pouvait la disculper. Elle en doutait. Ce n'était guère son attitude qui la sauverait. Ni ses mots. Les mensonges peuplaient ce monde comme la peste, alors comment démêler le vrai du faux ?

« Je.. Je le jure. Au contraire, je.. J'ai essayé d'arrêter ces expérimentations... »

Le visage de Nyméria voila son regard un instant. Et malgré tout le mal que celle-ci avait pu faire au cours de son existence, Celian était incapable de la dénoncer. Il aurait été simple, pourtant, de lui donner un nom, une adresse, pour s'assurer de sa sécurité. Mais elle ne pouvait le faire. Elle ne pourrait le faire. Même pour sauver sa propre vie.

Fiche par Sánsa ; sur Never-Utopia
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Le bourreau victime | Celian   Sam 10 Oct - 14:31

Allait-il vraiment obtenir les réponses qu’il désirait, il n’en était pas sûr. Mais Chayton ne savait pas encore ce qu’il faisait s’il ne les obtenait pas. Il la détruirait ? Qu’est-ce que cela pouvait-il bien apporter ? Pas grand-chose sincèrement. Il ne voulait faire du mal à personne car ce n’était pas son style, bien loin de là. Un soupir lui échappa. Quand il parla des siens, si on pouvait parler de notion de groupe, il la regarda baisser les yeux, mais ne fit aucun commentaire. Même si le félin se demandait bien pourquoi elle réagissait ainsi. Cacherait-elle quelque chose par le plus grand des hasards ? Ou serait-elle gênée ? Il avait du mal à imaginer que cette femme, semblait-il faible, fasse du mal à autrui. Il pouvait tout aussi bien se tromper. Cela ne serait pas la première fois de sa vie que quelqu’un de « mignon » était un véritable psychopathe en puissance.

Chayton décida tout de même de lui laisser le bénéfice du doute car cela serait extrêmement dur de juger quelqu’un juste parce qu’elle ne répondait pas assez vite. Même s’il était vrai que cela l’agaçait énormément. Le félin crut d’abord mal entendre alors qu’elle bégayait le premier mot. Il plissa les yeux, se demandant vraiment s’il avait mal entendu ou si ses oreilles étaient défectueuses. Mais là encore, il décida de ne pas intervenir et lui laisser le temps de dire quelque chose d’intéressant. Enfin une phrase digne de ce nom et il ne manqua pas de grimacer pour le coup. Peut-être que finalement, il était devenu méchant avec le temps. Chayton ne préférait pas vraiment s’attarder sur ce genre de pensée, de peur de déceler la vérité qui sommeillait en lui. Le monstre qu’il était réellement. Cela ferait bien trop mal à l’esclave de comprendre ce qu’il était réellement.

« Vous n’avez jamais fait ? Alors qui ? »

L’irritation perça dans sa voix et il dut prendre sur lui. Ne pas exploser complètement alors qu’il crevait d’envie. Ne pas faire mal à cette femme alors qu’il rêvait de la frapper jusqu’au sang. Avoir tué quelqu’un quelques mois auparavant l’avait bouleversé d’une manière qu’il ne s’attendait pas. Il ne comprenait pas. Le brun était convaincu que c’était elle. Tellement convaincu. Alors apprendre qu’elle n’avait rien fait, non cela ne lui plaisait pas, pas du tout même. Elle semblait tellement mal. Difficile de rater qu’elle tremblait, c’était évident comme le nez au milieu de la figure. Le skinchanger s’était attendu à bien des commentaires, mais pas à ceux qu’elle lui servit. Un tressaillement courut le long de son échine. Il tenta d’imaginer cette femme fragile tenter d’arrêter les expérimentations. Y était-elle parvenue ? De prime abord, il dirait bien non. En réalité, Chayton n’en savait rien. Il ne savait plus depuis combien de temps il était ainsi, si blasé, si agressif. Comme si la moindre chose qui survenait l’irritait et lui faisait terriblement mal. Il était à vif, bien trop sensible pour mener une conversation digne de ce nom.

« Pouvez-vous répéter ce que vous venez de dire ? »

Il avait l’impression d’avoir mal entendu, il avait besoin qu’on le rassure, vraiment. Sinon, il aurait l’impression d’être en plein rêve. Mais n’était-il pas en plein délire en ce moment à terroriser une pauvre femme qui n’avait rien demandé ? Chayton n’avait pourtant pas inventé toute l’histoire, cette femme travaillait bien dans l’hôpital et dans la zone qui l’intéressait. Alors non, il n’inventait pas forcément tout selon lui. Il était déstabilisé et ne savait plus forcément comment se sortir de cette histoire. Il devait trouver une solution et vite.

« Vous seriez donc une femme bien ? »

Que comptait-elle répondre à cette question ? Il se le demandait bien à cet instant et attendait sa réaction face à sa question. Penché en avant, le skinchanger l’étudiait attentivement du regard. Il se demandait bien ce qu’elle allait lui sortir pour le coup.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Le bourreau victime | Celian   Dim 11 Oct - 11:49

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Le Bourreau Victime
Cet homme était son nouveau cauchemar. Azra et toutes les conséquences de ses actes avaient finalement désertées son cerveau. Il n'y avait que lui, désormais, lui et son regard lancinant, son besoin de réponses qui lui transcendait l'âme. La peur, de nouveau, l'éreinta de tout son long. Elle se fit violence pour ne pas céder à la panique. Elle se devait de rester calme, elle savait qu'il était son seul échappatoire. Mais le garderait-elle emprisonnée longtemps dans sa cage thoracique. Son cœur s'affolait, pas une fois il ne tenta de retrouver un rythme normal. L'adrénaline lui monta à la tête comme un alcool bien trop fort. Qui était-elle, déjà ? Tous ses actes n'avaient-ils pas été assez pour éviter la souffrance ? Si ses choix, aussi douloureux furent-ils à prendre, la menaient aujourd'hui en cette situation, il était clair que les risques qu'elle avait tenté d'éviter étaient simplement inévitables. Nombreuses étaient les menaces qui se penchaient au-dessus d'elle. Nombreux étaient les dangers qui la surplombaient, finalement. Aurait-elle du prendre plus de mauvaises décisions ? Elle en était persuadée. Quoi qu'elle aurait fait, quoi qu'elle avait déjà fait, elle ne pouvait être totalement en sécurité. Et pourquoi ? A cause de ses recherches.

L'image du commencement lui revint en mémoire. Marla. Cette femme qu'elle avait tant aimé autrefois, elle qui avait tout fait basculé. Si seulement elle n'était pas entrée dans sa vie, si seulement tout ceci n'avait jamais existé. Peut-être en aurait-il été autrement. Peut-être aurait-elle été loin d'ici à l'heure qui sonnait. Elle serait alors plongée dans un sommeil réparateur et reposant, celui dont tout le monde rêve et qui, pourtant, la fuyait depuis trop longtemps. Elle cligna des yeux et le visage de sa première amante lui apparut. Marla. L'amour faisait faire des folies, et ces folies avaient des conséquences éternelles. Preuve irréfutable que cette position inconcevable pour elle. Les SkinChangers n'auraient peut-être guère frôlés sa vie si elle n'était pas tombée follement amoureuse de l'un d'entre eux. Elle regrettait, à cet instant précis. Elle ne l'avait jamais regretté auparavant. Mais tout ceci lui faisait tourné la tête. Combien de SkinChangers avait-elle sauvé ? Combien d'entre eux avait-elle aimé ? Elle n'aurait guère fini de les compter. Alors comment pouvait-on simplement douter de sa bonne foi ? Celian l'ignorait, mais cet homme en doutait visiblement. Avait-il simplement tenté de comprendre ce qui berçait son existence ? Non, bien sûr que non. Il ignorait tout d'elle. Comment aurait-il pu savoir ?

Il alpagua sa conscience en lui demandant de répéter. Elle avala difficilement sa salive, retrouvant son regard qu'elle n'arrivait guère à supporter. Il était pesant, non pour ce qu'il était, mais pour ce qu'il représentait. Celian voyait en lui sa propre culpabilité. Elle se sentait coupable de beaucoup trop de choses, si bien qu'elle ignorait totalement comment faire pour qu'il puisse la croire innocente. Pourtant, tous ses méfaits n'avaient aucun lien avec la situation présente. Mais elle ne pouvait tout éliminer. C'était trop tôt. Trop tôt. Elle répéta allègrement qu'elle n'avait rien fait, et cette fois sa voix sembla plus assurée. Fallait-il donc qu'elle répète tout ce qu'elle venait de dire pour avoir une quelconque certitude ? Peut-être. Mais il n'était guère question de faire une première répétition. Cette conversation était bien réelle et ne pourrait se reproduire deux fois. Il n'y avait qu'un seul essai. Et elle ne devait pas le rater.

Il demandait un nom. Il avait demandé un nom, avant de répéter cette phrase qui lui tenait visiblement à cœur. Mais elle ne pouvait le lui fournir. Elle n'y parviendrait pas. Nyméria avait imprégné son esprit, malgré ce qu'elle avait été autrefois, malgré ce qui les séparait, et surtout, ce qui les dressait l'une contre l'autre. Cette femme qui lui avait, finalement, offert sa confiance. Cette femme qu'elle avait percée à jour malgré elle. Cette femme qu'elle s'était surprise à aimer, après l'avoir haïe de toute son âme. Celian l'avait simplement regardée telle qu'elle était, et non telle qu'elle voulait qu'on la voit. Et cela avait suffi à faire la différence. Elle avait même regretté de la trahir encore, après l'avoir découverte sous un nouveau jour. Elle s'en était voulu de lui mentir et de continuer à sauver ses expérimentations dans son dos. Elle n'avait jamais su ce qu'elle avait fait. Elle ne le savait pas non plus ce jour-là. Pourtant, la blonde aurait pu la servir à cet homme sur un plateau d'argent. Elle aurait pu tout lui avouer, tout lui dire. Elle aurait pu se débarrasser de ce risque, ce risque que Nyméria découvre un jour la vérité et tente de se venger. Mais malgré le danger, Celian ne pouvait s'y résoudre. Elle se tut, simplement. Evita l'interrogation.

Il se pencha vers elle, tentant de déceler quelque chose qu'elle ignorait. Sa dernière question lui fit l'effet d'une bombe. Etait-elle quelqu'un de bien ? Devait-elle réellement répondre ? Elle fronça les sourcils et se redressa de tout son long. Ses pensées s'emmêlèrent. Etait-elle quelqu'un de bien ? Elle-même n'aurait su répondre.

« Je... Je ne sais pas. »

Elle ferma les yeux et secoua la tête.

« J'ai toujours tenté de faire ce qui me paraissait juste. »

Mais cela suffisait-il à faire d'elle quelqu'un de bon ?

« Les.. Les SkinChangers sont des êtres trop souvent.. malmenés par l'injustice. Je.. Je fais simplement tout mon possible... Pour les aider. »

Fiche par Sánsa ; sur Never-Utopia
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Le bourreau victime | Celian   Sam 17 Oct - 15:58

Chayton regarda cette pauvre femme droit dans les yeux. Il ne pouvait pas grand-chose pour elle, pour sauver son âme. Elle semblait si fragile, si éphémère. Le brun avait l’impression que s’il la bousculait, elle ne risquerait pas de s’en remettre. Il lui fit répéter et elle obéit. Elle n’avait rien fait. Le skinchanger la fixa et se rendit compte alors qu’il était devenu quelqu’un de mauvais sans même y prendre garde. L’esclave ne bougea pas, se contentant de toiser cette pauvre biche qu’il s’amusait à terroriser. Cela voulait-il dire qu’il était quelqu’un de mauvais ? Peut-être bien finalement. Le brun s’amusa alors à poser une question qu’il trouvait presque sadique. Il voulait la faire s’interroger. Chayton vit bien à son froncement de sourcil et à sa manière de positionner son corps qu’elle s’interrogeait. A quoi pouvait-elle bien s’interroger ? Si elle ne trouvait pas la réponse de suite, c’était qu’elle ne devait pas être quelqu’un de bien, assurément. S’il avait été encore plus cruel, il lui aurait balancé quelques vérités dans la gueule sans aucune pitié.

A la place, il se contenta de la fixer durement avec un air qui voulait dire qu’elle ne perdait rien pour attendre. Pourtant, il eut mal au cœur quand elle affirma qu’elle avait toujours tenté de faire ce qui lui semblait être juste. Il s’était défoulé sur elle sans même avoir de raison valable.

« Alors vous n’êtes pas quelqu’un de mauvais. »

Un soupir rauque lui échappa. Le genre de soupir fatigué qu’un homme pouvait sortir quand il se trompait de chemin. Et là, il s’était trompé de chemin, mais en plus, de victime. Il fallait bien l’avouer, il n’avait pas du tout assuré, bien loin de là. Chayton regarda la femme, les coudes sur les genoux, les mains reliées entre elles sous son menton.

« En avez-vous rencontré beaucoup ? Des skinchangers je veux dire. »

Il était soudainement curieux et moins agressif qu’auparavant. Sa voix s’était radoucie. Il ne lui voulait plus aucun mal. Le skinchanger se leva avec une grâce tout féline et toisa cette pauvre femme qui n’avait rien demandé à personne au final. Juste sa liberté et rien d’autre, et encore. Elle semblait être ce genre de femme victime qui existait et qui se battait toute leur vie pour survivre. Et qui par un étrange mystère, arrivait quand même à survivre.

« Vous êtes libre de vous lever. Je me suis trompé sur vous, je m’en excuse. »

Il fit la courbette qu’aurait fait un domestique. Sa voix avait résonné de manière basse tandis qu’il redressa le buste et la regarda droit dans les yeux. Une lueur amusée brillait dans le fond de son regard. C’était l’amusement du félin pour tout cela. Chayton prêta alors réellement attention au décor autour de lui. Il regarda autour de lui avant de poser à nouveau son regard sur la femme et la détailler soigneusement.

« Vous êtes quand même docteur. Cela fait de vous quelqu’un d’extrêmement spécial qui oscille entre bien et mal. »

Les docteurs n’étaient pas neutres selon lui. Ils avaient tout de même quelque chose en eux. Quelque chose qui faisait qu’ils n’étaient pas si bons que cela. Le skinchanger n’avait pas confiance en la médecine car il y avait quelque chose là-dedans qu’il lui faisait extrêmement peur. Les médecins avaient le pouvoir de torturer sans même s’en rendre compte. Ou peut-être bien que oui, ils s’en rendaient compte. Chayton avait décidé de laisser le bénéfice du doute à cette femme. Il ne lui ferait aucun mal car il l’avait décidé. Il se rendait pourtant compte qu’elle ne devait pas être si blanche que cela, ou du moins de cacher un secret. Elle avait la tête des gens qui cachaient quelque chose ou qui avaient un secret. Le skinchanger trouvait malvenu de lui poser la question même s’il brûlait d’envie de le faire. Pour autant, il n’était pas encore décidé à partir, comme si quelque chose le retenait, une sorte d’intuition.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Le bourreau victime | Celian   Lun 19 Oct - 12:39

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Le Bourreau Victime
Cet homme lui fait peur. Pourquoi ? Elle n'en sait rien. Tout ce qu'il incarne, certainement, tout ce qu'il cache, probablement. Qui est-il vraiment ? Que cherche-t-il auprès d'elle ? Visiblement un coupable, quelqu'un sur qui il pourrait jeter sa brutalité, quelqu'un à blâmer et à massacrer psychologiquement. N'est-ce pas déjà ce qu'il lui inflige ? Celian sait que, pour faire parler, il n'y a rien de mieux que la menace. Seulement, elle est bien trop faible pour s'imprégner de l'information et y faire face. Elle n'est qu'une charogne déconfite et poussiéreuse, elle se sent vide et creuse. Un moment, elle le fixe, et elle a peur d'avoir mal formulé, d'avoir mal dit, d'avoir raté. Elle a tendance à laisser sa voix trembler avec tous ses membres. Elle bégaye, elle ne sait comment allier trois mots. Elle perd ses moyens. Elle aimerait, pourtant, paraître sûre d'elle, cela lui sauverait certaine la mise dans certaines circonstances. Mais elle ne peut travailler cela réellement, à moins de se confronter au danger. Et comme tout être humain, elle préfère en rester éloignée. Elle ravale une bouffée d'oxygène qu'elle sent exploser dans sa cage thoracique. Pourra-t-elle, un jour, poignarder sa faiblesse ? Pourra-t-elle, plus tard, être bien plus forte qu'elle ne l'est ? Paraître suffirait. Elle n'a pas besoin d'être forte, mais d'être calme. Et elle n'y parvient même pas.

Elle écarquille un peu les yeux face à la réponse de son interlocuteur. Elle est étonnée d'avoir été entendue si rapidement, alors qu'elle n'a pas su être réellement convaincante. A-t-elle vraiment chercher à l'être, après tout ? Non plus. Elle a simplement répondu à ses questions, de la manière la plus naturelle et la plus pathétique qui soit. Son corps ne parvient pourtant pas à se détendre. Toujours ligoté à sa panique, il continue de submerger sa conscience. La petite fille est secouée d'un frisson incontrôlable, et sa chair devient aussi froide qu'un glaçon. Rien à faire, elle ne parviendra pas à retrouver la sérénité. Trop d'événements se sont succédé pour l'apaiser. Encore fragilisée par l'absence d'Azra dans son quotidien, elle tâche de chasser son image de son crâne lorsqu'elle entend la question de l'inconnu. Les SkinChangers, ils ont été présents toute sa vie. Elle en a rencontré beaucoup, elle en a même aimé plusieurs. Elle en a sauvé. Elle en a détruit, sans le vouloir. Elle s'ancre dans la conversation, et l'homme la fixe, l'air curieux. Son regard a changé. Plus doux, plus malicieux, aussi. La colère a disparue, ou du moins, s'est recroquevillée pour ne plus la heurter.

« Oui.. Beaucoup. »

Elle répond, simplement. Combien en tout ? Trop pour le dire. Mais lorsque l'interrogation revient à la charge, c'est à Azra, puis à Marla, puis à Ange, puis à Hazel qu'elle pense. Tant de visages se succèdent au creux d'elle-même. Elle se rend compte qu'elle pourra ajouter le sien à la liste. Elle a tellement travailler avec les SkinChangers qu'elle est presque capable de les reconnaître. En soi, leurs regards sont différents des autres. Ils ont quelque chose d'animal en eux, des gestes, des expressions, des réflexes. Celian pourrait presque dire quelle sorte d'animal les compose. Azra, tellement reconnaissable à son côté bestial, à ses habitudes canines. Un grand carnivore, sans aucun doute. Marla, observatrice, toujours active, surtout la nuit, rapide, vive, trop curieuse. Un oiseau, certainement nocturne. Ange, bestiale, sociable et solitaire à la fois, gracieuse, vive, observatrice. Un canidé, encore, toujours. Et Hazel, fouineuse, malicieuse, vicieuse, curieuse, gracieuse. Encore un canidé, plutôt reconnaissable. Le renard. Mais qu'est-il ? Lui ? Cet homme qui lui fait face ? Sa grâce en dit long, ses gestes eux aussi. Sa fureur. Son côté presque lunatique. Et son regard, surtout, son regard perçant. Un félin. L'un des premiers qu'elle rencontre, d'ailleurs. Un instant, elle est fascinée.

Libre. Cette fois, son cœur semble enfin ralentir. Elle respire convenablement. D'un geste lent, elle pose son sac à main à côté d'elle. Mais elle n'ose toujours pas se lever, rester naturelle. Elle n'y parviendra certainement pas, et elle le sait. Pas qu'elle n'en a pas envie, mais elle en est incapable. Elle passe une main dans ses cheveux blonds et ferme les yeux un instant. Elle tâche de calmer, à son tour, sa conscience. Osciller entre le bien et le mal. Tous le font. Les docteurs, eux, ont simplement plus de possibilités de le faire, plus de compétences pour trouver les failles ou les forces, mais ils demeurent plutôt exposés au reste du monde. Qui ne se tournerait pas vers les médecins lorsqu'il s'agit de biologie, de physiologie, de sciences médicinales ? Elle comprend cet être qui cherche Dieu sait quoi. Elle sait qu'il ne souhaite visiblement pas faire le mal. Comme elle. Il veut aider, il veut trouver des réponses. Celian, elle, veut réparer ce qui a déjà été fait. Mais peut-elle réellement tout lui dire ? Peut-elle lui expliquer tout ce qui advient dans l'ombre ? Lui avouer ce qu'elle est vraiment, ce qui l'anime, ce qui lui donne envie de vivre ?
 
« J'essaie d'aider les SkinChangers à contrôler leur métamorphose, lorsque celle-ci devient dangereuse pour les autres comme pour eux-mêmes. »

Expliquer. Elle n'ose même pas le regarder dans les yeux. Est-elle à blâmer ? Ou à excuser ? Lui seul en décidera. Elle sait que dans ces aveux, elle peut se faire un ami, comme un ennemi.

« Mais pour que cela arrive, je dois travailler pour le Gouvernement et lui soumettre mes recherches. Il est plutôt difficile de lui cacher mes résultats. »

Elle soupire. Avouer ce qu'elle tente de cacher au plus profond d'elle-même n'est pas aisé. Est-elle pour le Gouvernement ? Est-elle contre ? Que fait-elle ? Que doit-elle faire ? Tant d'interrogations qu'elle essaie maladroitement de gérer. Elle relève les yeux, sincère, et regarde cet homme qu'elle ne voit plus comme un danger, mais comme un individu perdu avec lui-même.

« Si je pouvais faire autrement, je le ferais, sachez-le. Si le Gouvernement ne me cible pas directement, il m'empêche de vivre la vie que je souhaiterais, comme de nombreuses autres personnes. J'ai fait de nombreuses erreurs durant ma jeunesse, dont certaines que je regrette plus qu'il ne le faudrait. Mais aujourd'hui, je me repentis en vouant ma vie à une cause qui risque chaque jour de me coûter la vie. »

Si le Gouvernement vient à savoir ce qu'elle fait réellement, qui elle est réellement, et ce qu'elle veut réellement, elle sait très bien qu'elle finira quelque part où personne ne pourra jamais la retrouver. Elle n'est pas dupe. Elle sait que sa conduite est surveillée de près. Et elle sait également qu'il lui faudra persévérer pour éviter de condamner des innocents, ou de se condamner elle-même.

Fiche par Sánsa ; sur Never-Utopia
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Le bourreau victime | Celian   Lun 26 Oct - 22:41

Chayton la détailla, se demandant bien ce qu’il cherchait chez cette vulgaire humaine. Il n’en savait trop rien au final. Il avait besoin de réponses alors qu’il ne s’adressait même pas à quelqu’un qui était comme lui. Elle n’avait aucune idée de ce que c’était. De passer d’humain à ça. Cette sensation qui vous bouffait les tripes et qui pouvait vous rendre fou. Les premières années, le skinchanger avait cru devenir fou. Les premières années, il aurait pu réellement le devenir si sa maîtresse n’avait pas été là à l’ancrer dans la réalité. Il avait dû se battre contre sa bête durant des années pour se dompter. Un soupir bref lui échappa.

« Quel âge avez-vous ? »

Il avait besoin de savoir à cet instant. Quel âge avait-elle au final. Qui était-elle au fond d’elle ? Il avait envie de la croquer pour le savoir. Il aurait vraiment dû manger avant de venir. Chayton cligna lentement des yeux. Il agissait réellement comme un prédateur. Pourtant, il y avait une différence de tempérament entre reptile et félin, ce n’était pas le même genre. Même si les deux prédateurs pouvaient faire des embuscades, l’alligator se cachait bien plus dans les fonds aquatiques. C’était vicieux, mais intelligent. On parlait d’une créature qui n’avait pas bougé d’un iota depuis l’air des dinosaures. Une créature qui avait vu, siècle après siècle, les animaux se succéder. Cette femme serait-elle une sorte de guide pour les skinchangers ? Une humaine qui les recensait et les rassemblait ? Non, impossible. Il avait été seul et le serait toujours. Il ne trouverait aucune compagnie, jamais. Chayton avait cru croiser des skinchangers, mais ils n’avaient été que des gens de passage.

Des gens bien souvent paumés, comme lui et fatigués par le temps. Des gens plus vieux que lui qui n’avaient qu’à donner des souvenirs malheureux, rien d’autres. Des gens fatigués, mais qui refusaient encore de mourir. L’instinct animal préservait bien plus que l’instinct humain, c’était un fait. Son regard foncé se posa sur le sac qu’elle venait de mettre à côté d’elle et il se demanda pourquoi elle venait de faire cela. Chayton lui jeta un regard d’avertissement. Elle ne devait pas le trahir, jamais, en aucun cas. Il y avait un petit lien entre eux. Le genre de lien qui empêchait la bête qu’il était de la bouffer. Non, le skinchanger n’était pas une bête. C’était du moins ce qu’il répétait chaque soir. En réalité, ce n’était pas son maître, Gawain, qu’il accusait de mauvaise influence sur lui qui le changeait, mais Chayton lui-même qui changeait, seul. A mesure que la bête s’ancrait de plus en plus en lui.

Il ne serait bientôt plus jamais humain, tout serait parti en fumée. Tout ceci ne serait plus qu’un lointain souvenir si cela ne l’était pas déjà un peu. Elle les aidait encore. Une vague de rage l’envahit. On ne l’avait pas aidé, du moins pas comme il l’aurait espéré.

« Et que savez-vous de la transformation ? Vous ne l’avez jamais faite à ce que je sache. »

Sauf si son flair le trompait, mais il était sûr qu’il ne se trompait pas. C’était du moins ce qu’il espérait. Pourquoi Chayton se sentait-il agacé à l’idée que cette humaine en sache plus que lui sur le sujet ? Peut-être cela faisait-il des années qu’elle travaillait sur le sujet. Normal qu’elle s’y connaisse un minimum, non ? Non, ce n’était pas normal, cela le révulsait énormément. Il avait envie de la mordre. Chayton prit sur lui pour ne pas céder à ses pulsions irrationnelles et non animales. Ce n’étaient pas les bêtes en lui le problème, c’était l’homme fatigué, perverti et sadique le problème. Dès qu’elle dit le mot gouvernement, tout parti en fumée. Bien entendu, il avait été trop bête. Elle devait recevoir de l’aide, laquelle ? Il ignorait tout de la science, alors il n’en savait rien. Ce maudit gouvernement devait bien aider, forcément. Sinon elle ne se cacherait pas derrière. Chayton se leva, lentement. Il contrôlait ses mouvements pour éviter d’exploser.

Il l’entendait parler et avait envie de lui hurler d’arrêter. D’arrêter d’ouvrir sa très jolie bouche pour dire des bêtises. Car elle en disait à cet instant, des bêtises. Repentir, hein ? Un rire lui échappa.

« Vous vous repentez en nous livrant à ces chiens ? »

Dit-il durement tandis qu’il se retourna vers elle.

« Vous les étudiez comme des rats et vous les vomissez dans la rue ? Est-ce donc tout le bien dont vous êtes capable ? »

Chayton se le demandait vraiment. L’enfer était pavé de bonnes intentions, c’était bien connu. Bien souvent, on faisait plus souvent du mal que du bien. Il ne doutait pas qu’elle ait fait des erreurs, mais elle continuait. Elle se cachait derrière le gouvernement pour tout justifier. Il s’approcha d’elle, lentement et laissa entrevoir ce qu’il était. Il arrêta de faire l’humain et se mut comme tout bon félin. On aurait presque pu voir le léopard. Chayton s’arrêta à quelques centimètres d’elle et baissa la tête vers elle, menaçant. Il cligna des yeux, ce n’était pas félin, c’était le reptile. Il était rare qu’un skinchanger ait deux animaux, c’était fatiguant, dangereux, instable. Surtout deux espèces si différentes.

« Vous vous attaquez à plus fort que vous pour mieux les détruire. Et si un jour il me prenait l’envie de vous étudier, vous aussi, ma chère madame ? »

Il n’y avait pas de groupe de skinchangers, ils n’étaient pas fédérés. C’était bien souvent dans la souffrance que les gens se fédéraient. Alors peut-être que cela arriverait un jour quand les gens en auraient assez.
Revenir en haut Aller en bas
 

Le bourreau victime | Celian

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Comment ne pas etre victime de signalement abusif a forumactif de personnes hostiles au forum
» Hotmail victime d'une panne
» Victime de plagiat, que faire ?
» Je suis victime d'un plagiat total que faire?
» Celian arrive

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-