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 Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens

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MessageSujet: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Lun 14 Sep - 23:32

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Apocalyptic Waltz
Un bar. Tout de suite. Maintenant. L'appel de l'alcool, de la frénésie, d'un point où sa conscience deviendrait lointaine, sourde, et muette. Celian n'entendrait plus ses cris plaintifs, ses sentiments lancinants, ses maux abominables. Elle ne reverrait plus l'image d'Azra flotter au-dessus d'elle. Elle en oublierait, avec un peu de chance, son prénom. Azra. L'effacer. Un appel à l'aide. Celian se noyait dans son propre désespoir, dans ce manque enivrant qui lui bombardait le coeur. Elle aurait souhaité tout effacer, tout, ne plus rien avoir, ne plus rien posséder. Elle ne souhaitait pas mourir. Seulement assassiné les souvenirs de cet être qu'elle avait aimé. Tout serait alors plus facile. Elle ne se dirigerait pas dans son bar habituel avec, pour la première fois, envie d'épouser le coma éthylique.

En poussant la porte, tous ces bruits qui lui étaient devenus familiers lui revinrent aux oreilles. Ils eurent le don d'adoucir son mal-être. Sa bulle de sécurité se referma avec la porte, la poussant à l'intérieur pour la dorloter jusqu'au bout de la nuit. Sans prendre le temps d'observer les lieux, elle s'installa, comme toujours, à une table près de la grande baie vitrée. Ce qu'elle aimait par dessus tout, c'était regarder les passants faire leur vie. Voir leur visage, une seule et unique fois, et se demander ce qui les a amené ici, à cet instant précis, à la croiser sans le savoir. Ces moments simples où elle pouvait imaginer la vie d'un autre pour oublier la sienne.

Douze jours s'étaient écoulés depuis l'événement. Douze longs et fatigants jours où elle n'avait pas réussi à manger convenablement. Elle n'avait pas beaucoup dormi, non plus. Elle avait fui ces moments de solitude, fui ces simples instants de face à face avec elle-même. Elle s'évitait. La foule était devenue sa grande amie, et loin de chez elle, elle ne revoyait plus les souvenirs qui la tenaillaient. Pas les mauvais, du moins. Dans son bureau, elle revoyait Azra, face à elle, ou dans ses bras, ou contre ses lèvres, elle la voyait partout où elle posait les yeux. Désorientée et à fleur de peau, elle avait gagné les salles de laboratoire pour ne plus les quitter que lorsque l'épuisement menaçait de la faire s'évanouir. Ainsi, elle ne pouvait réellement réfléchir lorsqu'elle fermait les yeux pour dormir. Seuls ses rêves et ses cauchemars étaient incontrôlables. Un jour, elle voyait l'amour. Un autre, elle voyait la destruction.

Elle fit signe au barman, qu'elle connaissait relativement bien, et il lui offrit un large sourire auquel elle ne répondit pas. Elle n'avait plus le coeur à offrir quoi que ce soit. Elle avait tant donné pour Azra qu'elle n'avait plus rien pour les autres. Plus rien, jusqu'à pouvoir se relever elle-même.

« Bonsoir Mademoiselle Nichols ! Je ne vous avais pas vue depuis longtemps, j'avais peur qu'il vous soit arrivé quelque chose ! »

Il plaisantait, bien entendu. Comment aurait-il pu savoir qu'il remuait le couteau dans la plaie ? Un sourire absent se dessina sur son visage, alors qu'elle tournait la tête vers l'extérieur. Le monde, dehors, continuait d'avancer.

« Le plus important est que je suis là, aujourd'hui. »

Un soupir léger, perdu dans le temps. Ses songes couraient déjà dans les rues, à la recherche de ses inconnus qui les mobiliseraient ce soir. Allez, partez, fuyez, pour ne plus jamais la hanter.

« Un Schnaps s'il vous plaît. Sec. »

Il hocha simplement la tête avant de filer. Elle qui ne tenait pas réellement l'alcool... jouait avec le feu. Mais peu importait. Elle prendrait un taxi, rentrerait simplement. Au pire, dormirait dans un hôtel. Qui s'en souciait, désormais ? Personne. Plus personne. Il n'y avait plus rien à perdre.

Quelques minutes passèrent, avant qu'elle n'entende un brouhaha épineux dans l'enceinte du bar. Pour la première fois depuis son arrivée, elle tourna la tête pour caresser les lieux du regard. Les habitués, le personnel, toujours à la même place, tous identiques. Mais pas tous, en réalité. Son regard se posa sur l'une des tables, plus au fond, où une jeune femme déblatérait quelques sottises. Celian ne chercha pas à comprendre. Mais elle ne put détacher son regard. De dos, elle avait des formes qu'elle connaissait. Oui. Elle la connaissait. Mais ce ne fut que lorsque l'inconnue se retourna qu'elle put réellement décliner son identité.

Azra.

Panique. Colère. Tristesse. Manque. Fatigue. Trop de sentiments. Trop, trop, c'était trop. Elle pria pour ne pas être vue. Mais il était tard pour cela, et leurs regards se croisèrent, comme aimantés l'un à l'autre. Que faisait-elle ici ? L'avait-elle suivie ? Venait-elle cherché ce qu'elle n'avait pas eu la dernière fois ? Totalement déboussolée et, surtout, affolée, Celian détourna les yeux vers le serveur qui s'approchait. Avant même qu'il ne fasse un geste, elle se saisit du verre sur le plateau, et le descendit sous ses yeux ébahis. Et alors qu'Azra semblait réellement s'intéresser à sa présence, Celian fixa gravement le jeune homme.

« Un autre. Vite. »

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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mar 15 Sep - 1:05

apocalyptic waltz

my hope is on fire, my dreams are for sale. I dance on a wire. I don't want to fail her. I walk against the stream..

La terre continuait de tourner, le soleil de se lever pour s'éteindre en fin de journée. Ses cheveux n'avaient pas cessé de pousser, sa culpabilité de l'accabler. Durant quelques jours d'errance, Azra n'avait pas repris forme humaine. L'animal lui offrait une quiétude de l'âme qu'elle ne pouvait négliger. Et, pour être totalement honnête, elle n'était pas encore encline à affronter la plaie béante qu'elle s'était infligée.

Cependant, il fut un temps où, ce dernier s'effaça pour laisser enfin place à l'humaine. Azra crut mourir les premières heures. Elle menaça plus d'une fois de céder à la folie. Le remord était un mal vicieux qui, déversait bien souvent son lot de souvenirs assassins. Il ressassait encore et encore les mêmes interrogations auxquelles elle ne trouvait aucune réponse. Plusieurs jours, elle resta ainsi, cloîtrée dans une obscurité, un silence amer. Mais, la vie continuait son éternelle marche.

Ce soir là, Azra s'était extirpée de sa léthargie. Par quelle force ? Elle-même l'ignorait encore. Aucun but ne la maintenait debout. Et pourtant, elle s'efforça de mettre le nez dehors. Une énième fois, son cellulaire s'égosilla dans la poche de son cuir. Son partenaire. Quelques affaires avançaient visiblement. Mais, il s'inquiétait surtout de ne pas lui trouver signe de vie. Lasse, elle soupira. De toute évidence, il ne lâcherait pas le morceau. Elle décrocha. « - Ouais ? » Un silence pesant s'installa. Sans doute était-il encore surpris d'obtenir réponse à son appel. Elle l'était également. Elle qui, voulait se terrer jusqu'à nouvel ordre. « - Bah, t'es encore vivante Stevens ? » Son ironie ne passa pas inaperçue. Elle leva les yeux au ciel. Comment aurait-elle pu le lui reprocher ? Fuir son boulot n'était pas dans ses habitudes. En réalité, elle faisait bien souvent le contraire. Et pour cause, elle ne comptait plus le nombre de fois où, il l'avait fichu hors du poste pour quelques heures de sommeil manquées. « - Visiblement. », soupira-t-elle. Elle n'aurait su l'admettre mais, la voix rocailleuse de son collègue possédait un petit quelque chose de réconfortant. « - Je passe te prendre. On va au bar avec quelques agents. » Elle grimaça. Était-elle prête à flirter de nouveau avec la foule ? Pas sûr. « - Je suis là dans cinq minutes. » Un bip agressa son tympan. Comme toujours, elle n'avait pas son mot à dire. Elle battit des cils. Foutu partenaire. Un bref regard à sa montre lui indiqua que la soirée ne faisait que commencer.

« - Je t'ai connu plus résistante, Stevens ! » Azra gratifia son collègue d'un rictus pincé. Les effluves d'absynthe faisaient, effectivement, leur effet. Si elle s'était jurée d'être raisonnable, elle se retrouvait, présentement, incapable d'aligner une phrase correctement. Cependant, elle ne pouvait nier la délicieuse insouciance qu'elle éprouvait à nouveau. Elle dodelina de la tête lorsqu'un gars – qu'elle ne faisait que croiser dans les couloirs – lui attribua un coup de coude amical. « - Hey, Azra. Ça fait quoi d'être LA nana d'une équipe de mecs ? » Mais, Azra n'écoutait plus. Là-bas, près d'une baie vitrée, Celian accrochait son regard. Merde. Ses chimères semblaient, finalement, la poursuivre où qu'elle aille. Elle n'évaluait plus toutes les fois où, l'image de la blonde lui était apparue. La plupart du temps, elle peuplait ses rêves. D'autres fois, elle croisait un spectre chimérique au détour d'un couloir. « - Azra, tout va bien ? » La concernée releva sa main. « - Shht. » Sourcils froncés, elle cherchait encore à démêler le faux du vrai. Les vapeurs d'alcool devaient, à n'en point douter, lui jouer des tours. Après tout, elle n'en était plus à son premier verre depuis longtemps. Après avoir papillonné des yeux quelques secondes, elle délaissa ses joyeux larrons pour rejoindre, visiblement déterminée, la doctoresse. Arrivée à sa hauteur, elle prit appuie sur la table, tandis qu'un doucereux vertige l'assomma. « - Toi !... » Elle avala sa salive. Parler devenait difficile. « - Tu m'suis partout. Mais j'sais que t'es là vraiment pas... Là pas vraiment... euh, pas vraiment là ! Pourtant... » L'ivrogne approcha son visage du sien. Sa bouche s'ouvrit en un o stupéfié et silencieux. « - C'est fou ce que tu sembles... » Du bout de son index, elle exerça une pression maladroite sur son épaule. « - … là. » Elle secoua la tête, se perdant dans un rire gras. « - J'te vois partout. Même quand j'dors pas. J'crois que j'deviens folle. Mais j'aime bien quand t'es là. » Et elle se fendit d'un sourire idiot.


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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mar 15 Sep - 12:53

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Apocalyptic Waltz
Azra. Illusion, rêve ou réalité ? Mais l'alcool n'avait pas encore gagné ses veines, contrairement à la brune. Les effluves de boisson forte émanaient de ses lèvres, qui s'approchèrent un peu trop près d'elle. Celian était partagée entre un sentiment de dégoût, de peur et de joie. Mais également entre la colère et l'indifférence. Quelle attitude prendre face à elle ? Elle n'y avait jamais réellement réfléchi. Elle ne pensait jamais la revoir. Cependant, il était certain qu'elle ne laisserait plus Azra imprégner son âme, elle ne lui laisserait plus l'occasion de la faire souffrir. Pas après... Tout ça.

Le deuil. Il avait pris quelques jours et continuait de sévir. Celian ne parvenait pas à tourner la page. Pas encore. A présent qu'elle savait que ses sentiments étaient réciproques, elle ignorait comment agir afin d'expulser ses regrets. Il le fallait, pourtant. Agonie silencieuse, la réflexion de Celian n'était que chaos et désolation. Elle lui coupait l'envie de vivre, si bien qu'elle ressemblait à un pantin dans un monde qui tournait. Azra avait pris quelque chose avec elle, en partant. Celian ignorait quoi. Mais elle sentait que, au creux d'elle-même, le vide s'était installé. Un vide qui lui rongeait l'intérieur, comme un parasite dévorait son hôte jusqu'à la mort.

Azra était complètement saoule. Celian le voyait très bien. Elle n'arrivait guère à aligner trois mots. Et elle la prenait pour une hallucination. Cette idée laissa un pâle sourire se propager sur ses joues. La brune avait toujours été drôle, mais la situation actuelle l'aidait à l'être encore plus. Si Celian aurait beaucoup ri en temps normal, le néant qui s'était pris d'affection pour elle lui avait arraché la simple capacité de se réjouir de quoi que ce soit. Elle n'était plus vraiment elle-même. Elle était ailleurs, loin. Comme si, en plongeant dans cet état quasi-comateux qui lui avait servi d'échappatoire, elle n'avait pas pu revenir réellement. Comme si une partie d'elle-même demeurait là-bas, dans l'attente de quelque chose qui ne viendrait peut-être jamais. Où était-elle ?

Azra la voyait partout. Celian la voyait également partout. Cercle vicieux d'un aveu qui faisait surgir tous les démons. Elles s'étaient aimées, mais mal. Et maintenant, elles se regrettaient mutuellement. Idiots de sentiments. Qu'il était con, ce destin. Oui, Celian l'insultait, dans ses pensées. Elle l'insultait d'avoir été si injuste.

« Je vois que tu n'as toujours pas cessé de fuir. »

Le serveur revint avec sa boisson et préféra les laisser. Moment de silence, Celian fixa le verre. Fuir. Idiote, elle le faisait aussi. Quel sermon pouvait-elle lui servir ? Elle était à blâmer également.

« Nous sommes d'un pathétique. »

Elle soupira. Allaient-elles finir ici, totalement saoules, et n'avoir aucun souvenir de la soirée ? Une soirée perdue dans l'éternité. Peut-être, après tout. Qu'y avait-il de mal à cela ? Celian ne savait plus ce qui semblait bon ou mauvais, sain ou malsain.

« Retourne donc avec tes amis. Nous n'avons plus rien à faire ensembles. »

Elle ne savait même pas si sa phrase était vraiment nécessaire. Elles avaient conscience, toutes les deux, au final, qu'il y avait une certaine vérité là-dedans. Du moins, sa simplicité incitait les anciennes amantes à ne pas envenimer la situation. Il serait déjà trop difficile de gérer ce qu'il se passait actuellement.

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Dernière édition par Celian Nichols le Mar 15 Sep - 14:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mar 15 Sep - 14:01

apocalyptic waltz

my hope is on fire, my dreams are for sale. I dance on a wire. I don't want to fail her. I walk against the stream..

La culpabilité s'était envolée. Sa capacité d'expression également. Elle contemplait Celian et, dans sa brume d'incohérences, il lui sembla rencontrer cette dernière pour la première fois. Ses yeux cernés de noir, cependant, rappelait à Azra un passé qu'elle ne pourrait occulter bien longtemps. Mais, elle n'était pas encore prête pour cela. De plus, l'alcool lui apportait cette innocence qu'elle réclamait tant ces derniers jours. Elle n'aurait su dire s'il s'agissait là d'un soulagement, ou simplement d'une euphorie passagère. Celian lui avait manqué. C'était un fait. Seulement, quel droit possédait-elle désormais ? Elle secoua paresseusement la tête. Elle avait beau réfléchir, ses pensées s'entremêlaient dans un brouhaha indistinct. « - Je vois que tu n'as toujours pas cessé de fuir. » Fuir. Cette idée fit écho à quelques émotions qu'elle ne releva pas. Il fallait bien l'admettre : Azra se trouvait en tête du top cinquante lorsqu'il s'agissait de prendre la fuite. C'était une gosse. Immature. Qui ne savait comment faire face aux événements qui l'accablaient. Ce n'était pas une nouveauté. Lâche était son deuxième prénom. Elle en pouffa. Présentement, cette vérité l'amusait plus qu'elle ne la rebutait. Et, même si les quelques degrés qui enserraient son crâne l'y aidaient, elle ne se déroberait pas. Pas cette fois. C'était, sans doute, la seule chose qu'elle pouvait encore offrir à la jeune femme. Elles avaient besoin de cette conversation. D'autres circonstances auraient été préférables pour cela, certes. Mais, visiblement, la vie en avait décidé autrement. « - Je ne fuis pas. », beugla-t-elle. Un sentiment d'injustice lui prit étrangement les tripes. Non, elle ne fuyait pas. Et pour preuve, elle se trouvait là, face à ses propres chimères. « - R'garde. J'suis là ! » Oui, elle était là. Chancelante. Imbibée. Mais, elle ne bougeait pas. Si cette illusion – et elle était encore convaincue que cela ne pouvait en être autrement – en était bien une, Azra ne pouvait la laisser filer. Après tout, cela serait sûrement sa seule occasion d'échanger avec elle. « - J'ai b'soin d'te parler. », déclara-t-elle le plus sérieusement qu'elle puisse.

« - Retournes avec tes amies. Nous n'avons plus rien à faire ensemble. » Sa bouche s'entrouvrit pour ne laisser filtrer qu'un charabia incompréhensible. A dire vrai, Celian lui avait coupé l'herbe sous le pied. Elle qui, s'était finalement décidée à déposer son cœur saillant sur la table, voilà qu'elle se retrouvait con face à une Celian qui, visiblement, ne voulait pas discuter. Elle fronça les sourcils, arborant un faciès véritablement concerné. Son état d’ébriété, lui, transformait cette moue en une grimace improbable. Mais, Azra n'en avait cure. Elle voulait parler. De ce fait, elle leva son index, prenant soin d'avaler une énième fois sa salive. « - D'toute façon, tu n'es pas vraiment là. Alors tu n'as pas l'choix. On est coincé ensemble. Demain, tu seras encore là. Et le jour d'après. Et encore le jour d'après. Si on doit cohabiter dans ma tête, j'aimerais autant que tu écoutes c'que j'ai à te dire. Parce que je n'arrive plus à vivre avec cette culpabilité. C'est plus possible. J'ai envie de mourir. Et j'y ai pensé, tu sais. Mais il ne faut pas fuir. Tu me l'as souvent dit. Alors je ne fuis plus. Mais j'sais que je n'aurai pas le courage de le faire devant la vraie toi. J'ai trop honte pour ça. » Elle avala bruyamment un peu d'oxygène. Son cerveau s'enlisait sans lui. Elle ferma brièvement les paupières. La pièce tournait. « - Wouw... ça bouge. », bafouilla-t-elle. Elle posa finalement sa main sur celle de la jeune femme et, plongea au creux de ses prunelles inquisitrices. « - Je suis dé-so-lée. Je ne voulais pas te faire ça. J'voulais... t'offrir tellement plus que ce que je suis. J'voyais les choses en grand. Parce que... même si j'te l'ai jamais dis, j'étais amoureuse de toi. J'étais dingue de toi. » Elle en gloussa malgré elle. Oui, elle était folle d'elle. Et, malheureusement, il avait fallu ce drame pour qu'elle ne le comprenne. « - Mais j'te ferai plus jamais de mal. J'te le promets, Celian. Je sais que tu t'en fou. T'es pas réelle. Mais j'voulais que tu le sache. Ça n'arrivera plus. » Un écho lancinant vibra au cœur de sa poitrine. La douleur s'éveillait lentement. Non. Elle ne voulait pas la ressentir à nouveau. Dans sa confusion, elle était persuadée que son réveil ferait disparaître la jeune femme. Et, pour le moment, sa présence était une étreinte doucereuse et rassurante. Elle se tourna vers le barman, fit un signe maladroite de la main pour l'alpaguer. « - Ça va plus. », bredouilla-t-elle pour elle-même, « - Il faut que je bois. Encore. » Son corps la détesterait sans doute pour cela demain. Mais peu importait, tant que Celian était là.  


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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mar 15 Sep - 14:23

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Apocalyptic Waltz
Amoureuse d'elle ? Azra pouvait l'être. Mais n'était-ce pas la dernière chose que Celian voulait entendre ? Remuer les ténèbres qui bouillaient à l'intérieur, les réveiller pour qu'ils s'épaississent encore. La brune n'était bonne qu'à cela. Comment lui dire que la dernière chose qu'elle voulait entendre était précisément ce qu'elle venait de dire. Elle ne voulait pas parler. Elle ne voulait plus entendre d'excuses, de sentiments, d'émotions. Elle ne voulait plus de justification. Elle appréciait le silence, le calme, le vide dans sa tête, seul élément paisible qui résidait encore au creux d'elle-même. Elle demeura totalement neutre pendant ce discours. Elle ne sut même pas si elle l'entendait réellement. Mais cette fois, l'alcool n'y était pour rien. Elle était juste trop loin.

Une main se posa sur la sienne, l'attirant brusquement dans la réalité. Que se passait-il ? Où était-elle ? Azra l'agrippa ici, en ces lieux qu'elle ne faisait qu'entrevoir. Mais son ancienne amante, elle ne la voyait que trop bien. Ce contact, elle l'adora sur-le-champ. Evidemment que sa présence lui manquait. Le simple fait de pouvoir la toucher, doucement, simplement. Mais  il y avait aussi le dégoût. Le dégoût de se rappeler ce qu'elle avait fait d'elle durant un court laps de temps. Elle ne pouvait s'empêcher de l'aimer et de la détester.

Plus de mal, disait-elle ? Il faudrait alors la voir disparaître de son champ de vision. Du moins, ce fut ce que Celian pensa. Elle préférait qu'elle ne revienne plus jamais la hanter, de façon à définitivement s'habituer à son absence. Comment pourrait-elle simplement avancer, avec Azra dans les parages ? Ce n'était pas possible. Elle représentait trop d'éléments négatifs. Ou du moins, Celian ne voyait qu'eux. Elle ne pouvait pas les éliminer. Et ce n'était pas avec quelques excuses déballées dans les flux d'alcool que cela changerait.

« Des promesses que j'aimerais beaucoup croire. Peut-être aurais-je pu concéder leur sincérité si tu les avais prononcées en d'autres circonstances. »

Mais elle recommandait un verre, bien décidée à rester là, à continuer son manège, à fuir. Celian la fixa un instant, l'air las. Elle était fatiguée de cette situation, de cette histoire avec Azra qui lui ôtait tout ce qu'il y avait de meilleur en elle. Comment avait-elle pu la laisser lui faire cela ?

« N'as-tu déjà pas assez bu, ce soir ? »

Mais la question flotta dans l'atmosphère sans trouver de réponse. Elle tomba à la renverse sur le siège face à elle, une façon d'annoncer à la blonde qu'elle n'aurait guère la paix qu'elle recherchait. Celle-ci soupira longuement, détournant les yeux vers les rues qu'elle craignait et désirait à la fois.

« Bois autant que tu le souhaites. Après tout, cela ne me regarde pas. »

La vie d'Azra ne la regardait plus, en effet. Dure phase prononcée pour cette réalité trop difficile à avouer.

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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mar 15 Sep - 18:14

apocalyptic waltz

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« - Des promesses que j'aimerais beaucoup croire. Peut-être aurais-je pu concéder leur sincérité si tu les avais prononcées en d'autres circonstances. » Les mots ne trouvèrent aucun sens. Les vapeurs d'alcool empêchaient une connexion logique entre ce qu'elle percevait et son cerveau. Alors, elle sourit, partagée entre l'incompréhension et l'amusement. En vérité, elle ne captait rien à ce qui se passait autour d'elle. Azra n'était pas de celle à noyer son désespoir dans l'absynthe. Mais, cette fois, elle n'avait pu faire autrement. Ses émotions s'entrechoquaient bien trop violemment pour qu'elle n'essaye pas de les faire taire, même juste pour quelques heures. Et, mis-à-part s'assommer à coup de pelle, l'ivresse lui était apparue comme bien plus sympathique. D'ailleurs, le barman ne tarda pas à lui apporter le breuvage tant attendu. Il ne demandait plus ce qu'elle désirait. Le whisky était, depuis le début de la soirée, sa drogue de prédilection. Elle contempla quelques minutes le liquide ambré. Non, en réalité, elle tentait de ravaler un hoquet d'amertume. Quelque chose lui disait qu'elle finirait, de toute façon, coucher au dessus d'une cuvette. Elle qui, s'évertuait encore à chercher quelques attraits intéressants à sa condition, ne pouvait, vraisemblablement, pas compter sur sa part animale pour amoindrir les effets de la boisson. Elle en but une gorgée, presque goulûment puis fit mine de réfléchir sérieusement. Enfin, si l'on oubliait sa capacité quasi-nulle à se tenir droite. « - J'suis sincère. Même si j'ai un peu bu. Mais pas beaucoup. Juste un peu. Mais j'suis sincère. » Et elle l'était. Elle n'était simplement pas très loquace en temps normal. Ou du moins, pas en ce qui concernait ses sentiments. Qui pouvait l'en blâmer ? Sa vie n'avait été, jusque là, qu'une sempiternelle fuite vers l'avant. Elle évitait le genre humain comme on redoute un parasite. Non pas parce qu'elle ne l'aimait pas, tout simplement parce qu'elle craignait de le briser entre ses griffes. Elle déglutit. « - J'ai besoin que tu m'crois. Au moins sur ça... »

« - Bois autant que tu le souhaites. Après tout, cela ne me regarde pas. » Elle dut se rattraper à la table pour ne pas définitivement flancher. Ce n'était qu'une illusion. Elle se le répéta plusieurs fois. Cela ne pouvait en être autrement. Alors, cela ne servait à rien de prendre ses dires pour argent comptant. Mais, elle ne pouvait les occulter. Ils résonnaient à ses tympans, comme une mauvaise chanson qui ne s'estomperait pas. « - D'a... d'accord. », balbutia-t-elle. D'accord. Celian se fichait de son existence. C'était sans doute mieux ainsi. Elle l'avait mérité. Cependant, un ultime espoir se brisa en elle. Sa vision devint floue. Était-ce l'alcool, des larmes clandestines ? Elle s'éloigna. Le cœur au bord des lèvres.

« - Ma jolie. » Lorsque son cerveau remit les images dans le bon ordre, ce fut pour la ramener à la réalité. Un gaillard lui barrait apparemment le chemin. Elle fronça les sourcils, peu encline à entamer une nouvelle conversation. « - Fous-moi la paix. » Elle tenta de forcer le passage mais, ce dernier referma fermement ses bras autour d'elle. Cette étreinte, aussi incongrue que malvenue, n'avait cependant rien d'agressive. Azra soupira d'impatience. Elle n'était, simplement, pas d'humeur à se laisser cajoler par un gros balourd. « - Juste un petite danse. » Une danse ? Elle tendit l'oreille et, constata, effectivement, que la musique résonnait un peu plus fort dans l'enceinte de l'établissement. « - Non. Merci. » Mais, le malotru ne semblait pas comprendre. Il plongea son haleine fétide dans le creux de son cou et, inspira bruyamment son parfum. « - Tu sens bon. » Cette fois, Azra s'exalta d'un rire à la fois nerveux et amusé. Il était aussi bourré qu'elle. Peut-être plus. Quel crétin. A cet instant, la jeune femme reconnut l'un de ces nombreux collègues qu'elle ne faisait que croiser. Le même qui, depuis le début de la soirée, ne cessait de lui adresser quelques clins d’œil équivoques. Ayant l'habitude de se frotter à ce genre d'attitude un tantinet sexiste au sein de son boulot, elle n'y avait pas accordé plus d'attention. Peut-être aurait-elle du. « - Hey... » Mais elle ne connaissait pas son prénom. Ou bien, elle ne s'en souvenait plus. Elle râla un peu. Les bras repliés contre sa poitrine, et prisonniers contre le torse du gars, Azra n'avait que très peu de marche de manœuvre. Et, bien que ses paumes furent à plat sur sa chemise imbibée de sueur, elle possédait, dans ses mouvements, une coordination proche de zéro. « - Arrête donc de faire le con ! », brailla-t-elle de son timbre rocailleux. Les mains du type agrippèrent ses fesses, lui arrachant un gémissement surpris et indigné. « - Merde. », souffla-t-elle. De toute évidence, elle n'était plus apte à faire quoi que ce soit. Elle était aussi faible et geignarde qu'une petite fille. Et, les éléments s'évertuaient à tourner autour d'elle. « - J'crois que j'ai trop bu. »


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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mar 15 Sep - 20:26

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Apocalyptic Waltz
Le silence, enfin. Ou du moins, ne plus l'entendre, elle, et ses excuses. Celian n'en avait pas la force. Pas maintenant. Pas dans ces circonstances. Elle ne pouvait pas. Il n'était guère facile de gérer cette situation, et elle ne voulait pas se confondre en sentiments avec autant de facilité. L'alcool offrait une simplicité qu'elle se refusait. Rien n'était simple, et elle devait s'y résoudre. En quittant son champ de vision, Azra laissa un vide béant que Celian accueillit comme un vieil ami. Elle ferma les yeux, un instant. Des larmes se livraient bataille derrière ses paupières. Comme elle aurait souhaité revenir en arrière, ne plus avoir à subir ses maux. Comme elle aurait souhaité, simplement, être loin d'ici, dans ses bras protecteurs, enfermée dans un Paradis sans nom, où rien n'aurait pu les séparer. Une traîtresse glissa le long de son menton, caressant ses lèvres. Elle la laissa agir. Seule témoin de sa réalité.

La voix d'Azra, encore trop proche à son goût, lui heurta les tympans. Son instinct, plus fort que sa raison, la poussa à tourner la tête pour en trouver l'origine. Les mains d'un homme l'emprisonnant, elle ne semblait pas avoir la force de se débattre. Elle restait là, droite, à attendre que le temps passe. Celian la fixa un moment, se demandant quoi faire. Intervenir ? Ou la laisser se débrouiller seule. Elle ne savait plus quoi en penser. Elle qui venait tout bonnement de la rejeter, devait-elle rectifier le tir au risque de la voir revenir ouvrir ses plaies ?

« Putain. »

L'alcool monta à ses neurones, soudain, sans prévenir. La chaleur monta dans son crâne. Il démura les barrages et l'incita à agir, sans penser. La fuite qui s'inversait. Venir en aide à quelqu'un qui lui avait tant fait de mal. Comble de l'ironie. Elle se lança. Aussi fine qu'une crevette, le grand gaillard aurait vite fait de la broyer en une seule étreinte. Mais le Schnaps faisait déjà son effet : il éliminait tous les éléments de risque un par un, éliminait la peur, et surtout, éliminait l'instinct de survie.

« Molo Tony. C'est chasse gardée. »

Le garçon, elle le connaissait. Ce n'était pas la première fois qu'il mettait le grappin sur les nouvelles, et mettait les deux mains au panier. Force était de constater que peu de femmes pouvaient se dégager de ce grand gorille. Celian en avait fait les frais, fut un temps. Mais maintenant qu'elle était une habituée, il veillait sur elle comme un grand frère veillait sur sa soeur trop maladroite, ou trop idiote, pour faire deux pas sans tomber. Il arqua un sourcil en la voyant.

« Nan, c'est l'quel qui l'y a mis l'grappin d'ssus ? J'vais te l'faire changer d'avis, tu m'connais ! »

Il disait ça à chaque fois. Mais à chaque fois, ce n'étaient là que de grandes phrases sorties d'un horizon obscurci par un trop grand ego.

« C'est moi. »

Il se trouva bien con. L'expression lui allait fort bien à cet instant précis, alors qu'il la fixait, la bouche en cul de poule, grands yeux écarquillés. ça, il ne l'avait pas vu venir. Elle non plus, à dire vrai.

« Sans déconner, t'es gouine ? P'tain, c'trop énorme. »

Mot qu'elle avait l'habitude d'entendre, elle savait que venant de lui, ce n'était guère péjoratif. Il desserra son étreinte peu à peu, laissant Azra respirer.

« D'solé mad'moiselle. Z'êtes entre de bonnes mains déjà. »

Oui, du moins c'est ce qu'il paraissait évident de croire. Encore remuée par la cage humaine qui l'avait privé de mouvement, Azra déambula un moment pour retrouver l'équilibre. Tony était déjà parti chasser ailleurs. Celian rattrapa Azra par l'épaule et l'obligea à s'asseoir en face d'elle. Sans un mot, la blonde reprit place en passant une main lasse dans ses cheveux bouclés. Pourquoi s'était-elle emmêlée ? Elle l'ignorait elle-même.

« Ne me remercie pas. »

Lui répondit-elle lorsqu'elle entendit sa satisfaction. Celian n'était pas particulièrement fière de ce qu'elle venait d'accomplir.

« J'ai longuement hésité entre te laisser le temps de ressentir ce que tu m'as fait, ou t'éviter cette humiliation. »

D'un geste, elle recommanda un verre. D'un même mouvement, elle croisa le regard d'Azra. Embué d'une détresse sans nom, le tout mélangé à une colère irréversible, Celian soupira longuement.

« Excuses-moi. »

Froide. Elle n'arrivait pas à estimer ses paroles comme normales. Elle ne savait plus quel ton employer, quoi dire. Une seconde plus tard, la brune se levait pour visiblement quitter la table. Mais Celian l'attrapa par le poignet, comme désespérée. Foutu alcool...

« Azra. Excuses-moi. S'il te plaît. Cessons de fuir. Nous devons avoir cette conversation. Tu as raison. »

Elle la fixait comme si sa vie en dépendait. Peut-être en dépendait-elle, après tout.

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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mar 15 Sep - 21:32

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Les mains galeuses du larron épousait ses courbes, arpentaient ses vêtements qui, fort heureusement, dissimulaient encore ses membres. Elle grogna. Mais, cette fois-ci, d'un gémissement devenu rauque par l'alcool. La hyène s'était repliée dans un recoin de son âme. Elle n'était, visiblement, jamais là quand elle en avait réellement besoin. Elle marmonna un juron incompréhensible entre ses dents. Quelle merde. Elle laissa son front prendre appui contre la clavicule de son assaillant. Elle n'était plus en état de lutter. Et pourtant, elle tenta une dernière fois de forcer sur ses pauvres poignets. En vain. « - Fait chier, putain ! » Elle s'agita maladroitement, aussi frêle et insignifiante qu'une souris dans la gueule d'un félin. « - Aller, barre-toi. » Très peu concerné par ses suppliques, le gars resserra son étreinte. A croire qu'il manquait d'amour le malheureux. Cette idée lui arracha un ricanement sardonique. Au moins, ils étaient deux. Cette perspective ne la réjouissant, cependant, pas davantage, elle se surprit à cramponner les revers de sa veste bon marché. Un néant béant prenait place. Et, rapidement, elle ne sut plus vraiment ce qu'elle faisait. Se tuait-elle encore à la tâche ? Ou, l'enlaçait-elle à son tour ?

Une voix vibra à ses tympans. Elle grimaça. Sa tête s'alourdissait progressivement d'une douleur qu'elle lui savait fatale. Foutue gueule de bois qui s'annonçait. Cependant, elle ne put s'empêcher de scruter autour d'elle. Celian. Elle était là. Droite comme un i. Et, visiblement peu enjouée par cet échange forcé. Azra n'intégra pas tout du dialogue qui fusa entre les deux protagonistes. Présentement, elle se retenait comme elle pouvait à la masse contre laquelle elle s'était blottie involontairement. Ses genoux cédaient. Son corps lui semblait peser une tonne. Que faisait-elle là déjà ? Elle papillonna des yeux. Qu'est-ce que cela pouvait bien faire ? Celian était là. « - Molo Tony. C'est chasse gardée. » Mais oui, Tony ! Elle le détailla, sourcils froncés, puis pouffa honteusement. Non, ça ne lui revenait pas. Tony ? Inconnu au bataillon. Une chose était sûre : il en prendrait pour son grade. Du moins, une fois qu'elle aurait décuvé. Et qu'elle le croiserait à nouveau au boulot. Cela dit, l'élément qui attira davantage son attention fut l'aveu à peine dissimulée de la blonde. Chasse gardée. Elle était une chasse gardée. L'idée germa paresseusement au sein de son esprit volubile. Ses yeux s'écarquillèrent et, une euphorie emballa son myocarde. « - Et ouais ! J'suis gardée, ok ! » Elle pointa un index – se voulant – menaçant en direction du malotru. L'étau se desserra enfin. Azra inspira profondément l'oxygène qui lui manquait. Étourdie, elle mit quelques secondes avant de retrouver un semblant d'équilibre. Cette accolade avait remonté le trop plein d'alcool jusqu'à son cerveau. Le monde était flou.

Comment s'était-elle assise ? Bonne question. Celian était toujours là. Cette image la rassura. Elle n'était pas partie. Finalement, elle ne se fichait peut-être pas de son sort. Elle en sourit maladroitement. Peut-être que tout n'était pas perdu. A savoir, cela dit, s'il y avait encore quelque à sauver. « - J'ai longuement hésité entre te laisser le temps de ressentir ce que tu m'as fait, ou t'éviter cette humiliation. » La réponse ne se fit pas attendre : il n'y avait plus rien à espérer. Elle aurait aimé ne pas entendre. Ou du moins, ne pas comprendre. Mais, l'alcool n'avait pas amorti l'impact de cette vérité. En plus de ses sens, ses sentiments s'entremêlèrent. La culpabilité s'éleva, pour s'écraser brutalement contre sa petite caboche déjà bien endolorie. Un vent de panique l'agita. Elle se redressa subitement. Non, elle ne pouvait pas rester là. Elle ne pouvait pas affronter cela. Elle ne le voulait pas. Quelques larmes déversèrent leur amertume le long de ses joues. La colère s'accoupla avec le désespoir. Ce funeste duo lui fit serrer les dents. « - Azra. Excuses-moi. S'il te plaît. Cessons de fuir. Nous devons avoir cette conversation. Tu as raison. » Elle dégagea sèchement son poignet. Ce futile contact avait signé son ressentiment. « - Va te faire foutre. », cracha-t-elle derrière l'iode qui, s'évertuait à envahir sa bouche. « - Tu as été très clair. »

Prendre l'air. Respirer. Elle étouffait. Elle s'écrasa contre la porte qui s'ouvrit à la volée sous son poids. La fraîcheur mordit sa peau brûlante. Elle tituba. Où allait-elle ? Elle l'ignorait. Loin d'ici. Loin d'elle. Loin de ce qu'elle avait fait. Un hurlement de rage ébranla sa cage-thoracique. Comment avait-elle pu espérer ? Ce qu'elle avait fait été impardonnable. Quelques phares vinrent l'éblouir. Quelques sons vinrent la déséquilibrer. Elle était saoule. Dans sa fuite, ses pieds s'emmêlèrent. Elle s'affala lourdement sur le sol. Elle était définitivement saoule. Étendue sur le ventre, Azra savoura l'humidité de l'asphalte contre sa joue. « - J'ai envie de vomir. » Mais, au lieu de cela, un virulent sanglot mutila sa gorge nouée.


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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mar 15 Sep - 22:06

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Apocalyptic Waltz
La décision était irrévocable. Pourquoi Diable avait-elle tenté de mettre un terme à cette situation avec quelques grains de positif ? Une discussion, avait-elle demandé, rien de plus. Mais elle savait, au final, que celle-ci n'aurait rien de bon. L'alcool ébrouait leurs âmes délurées, elles ne sauraient comment parler, comment se pardonner, et se laisser partir. Celian la regarda simplement filer. Ses larmes montèrent définitivement à ses yeux pour envahir son champ de vision. Ne manquait plus que cela. Ne manquait plus que sa propre culpabilité. Elle aurait souhaité être une autre, pouvoir gérer autrement, avec plus de facilités. Elle qui avait, enfin, réussi à s'ouvrir à une conversation, n'avait su que beugler le mal qu'elle lui avait fait. Quelle idiote.

Elle s'en voulait, elle, petit être inutile dans ce grand monde trop fragile. Qui était-elle ? Qu'avait-elle fait ? La victime ne savait comment se comporter. Avait-elle, simplement, le droit d'être en colère ? Visiblement non. Azra l'avait, une fois de plus, fuie. La blonde posa sa tête entre ses mains et sentit les sanglots résonner dans sa gorge. Elle s'insulta. Elle se maudit. Qu'avait-elle fait pour mériter tout cela ? Le traitement qu'elle avait reçu la rendait à fleur de peau. Et malgré elle, l'insulte d'Azra l'avait touchée directement, comme si son coeur gisait hors de sa poitrine déchiquetée.

« Qu'est ce que j'ai fait ? »

Elle pleurnicha, là, devant tout le monde, au rythme d'une musique qui l'assourdissait. Alors, elle se leva. Le monde penchait dangereusement, menaçant de l'engloutir. Elle se tint du mieux qu'elle put aux tables qui la séparaient encore du comptoir. La nausée, les larmes et l'alcool se mélangèrent dans son estomac. Pauvre âme en proie à ses propres émotions, elle aurait souhaité imploser pour laisser jaillir ce qui la composait. Il lui fallait de l'oxygène. Vite. De l'air. Avant la panique. Mais sa respiration s'emballait, son coeur avec elle, lui coupant ce lien si minuscule qui la reliait encore à la réalité.

Elle balança la monnaie sur le comptoir, puis se dirigea vers la porte. La sortie, son échappatoire, là-bas, quelque part, peu importait où. Elle devait partir. Quitter ce désastre qu'était sa vie. Sa vision se brouilla, alors qu'elle émergeait, descendant les deux marches en trébuchant maladroitement. Derrière les cascades qui inondaient ses joues, son âme criait à l'aide. Défigurée par le désespoir, elle ne sut réellement comment elle retrouva l'équilibre après quelques pas en avant. Un klaxon lui déchira les tympans. Panique. Prise d'un sursaut, elle fit deux pas en arrière pour regagner le trottoir. Son idiotie et son propre état lui arrachèrent un gémissement plaintif. Qu'allait-elle faire à présent ? Elle ne voulait plus rentrer chez elle. Elle fuyait son propre foyer.

Azra. Un gémissement provenant de la terre. Oui, c'était bien elle, allongée, là, comme sans vie. Sans même se poser une question, cette fois-ci, Celian s'approcha pour s'accroupir près d'elle. Panique. Encore. Toujours.

« Azra ? ça va ? Tu es blessée ? »

Un grommellement.

« Seigneur. J'ai cru au coma éthylique avec tes conneries. »

L'alcool la rendait vulgaire. Elle s'en rendait compte et aurait souhaité se taire. Elle se saisit d'elle pour la relever. Son visage décomposé par l'alcool, Celian eut soudain pitié d'elle. Comment avait-elle pu se montrer si froide envers cette femme complètement perdue ? Cette femme désespérée, qu'elle aimait désespérément ? Elle passa une main maladroite sur sa joue pour en ôter l'humidité, les larmes, le mascara, tout ce qui avait peint son visage.

« Il est hors de question que tu rentres dans un tel état. »

Et sans même demander sa permission, elle se détacha pour attirer le premier taxi qui passait. Elle guida Azra à l'intérieur, alors qu'elle ne semblait pas réellement d'accord. Au moins, elle ne se défendait pas. Celian s'installa à ses côtés, et le taxi démarra.

« L'hôtel le plus proche, je vous prie. »

Le chauffeur hocha simplement la tête. Celian reporta son attention sur la brune. Situation étrange. La victime prenait soin de son assaillant. Elle la vit trembloter, alors qu'elle essayait de paraître totalement normale. Celian leva les yeux au ciel. Elle ôta son manteau précautionneusement, alors qu'Azra se réveillait pour l'interdire de lui offrir quoi que ce soit.

« Tais-toi et prends-le. »

Elle lui plaqua le manteau autour des épaules, puis se détourna. Où allaient-elles ? Que feraient-elles à l'aube ? Celian n'en avait aucune foutue idée. Mais le train était déjà en marche.

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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mer 16 Sep - 0:01

apocalyptic waltz

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Son souffle se perdit à travers les nombreux sons qui peuplaient l'obscurité. Elle sombrait. Où ? Peu lui importait. Son esprit s'apaisait. Il se noyait dans les dernières vapeurs d'alcool. Les teintes s'épousèrent, les agitations se confondirent. Elle sombrait. Ses membres s'alourdirent. Et, bientôt, sa respiration s'effaça au second plan. Peut-être pouvait-elle rester simplement là ? Comme bon nombre de chiens errants, sa place se trouvait sur les bas chaussés. Après tout, elle ne méritait pas grand chose de plus. Elle avait brisé Celian. Elle s'était broyée. Ses torrents de larmes avaient laissé place à une neutralité déconcertante. Elle ne ressentait plus. Un calme, comme un puits sans fond, l’entraînait vers l'inconscience. La paix. Voilà l'étrange rivière qui cheminait jusqu'à son âme torturée. Elle ne chercha pas à lutter, non. Elle était bien trop faible désormais. Le poids de ses actes l'exténuait. Elle ferma les yeux sur le monde autour d'elle. Plus rien n'avait d'importance. Hormis ce sommeil salvateur qui l'acclamait enfin. Qui s'en soucierait ? Sûrement pas elle.

« - Azra ? ça va ? Tu es blessée ? » D'abord, elle crut à une élucubration farfelue de son esprit. Mais, quelques fragrances familières vinrent titiller son flaire aiguisé. Non. Elle ne voulait pas. Pas tout de suite. Pas comme ça. Ses sourcils se froncèrent, tandis qu'elle forçait sur ses paupières déjà closes. Elle n'était pas encore prête à l'affronter. Pas elle. Sa mâchoire se crispa. Seulement, un hoquet cinglant secoua son estomac. La bile envahit subtilement sa bouche pâteuse. Elle grommela. Et merde. Elle avait montré signe de vie. Aussi malléable qu'une poupée désarticulée, Azra laissa la jeune femme manier sa carcasse amorphe. « - Seigneur. J'ai cru au coma éthylique avec tes conneries. » Un pâle rictus articula ses lèvres. Depuis qu'elles se côtoyaient et ce, même dans l'intimité, jamais elle n'avait entendu un tel mot venant d'elle. Si elle n'avait pas été aussi comateuse, Azra en aurait sûrement ris. Néanmoins, elle ne put s'empêcher d'ajouter malicieusement : « - Pas très scientifique comme langage. » Elle soutint finalement le regard de la blonde. La vivacité de ses paroles passées la frappèrent à nouveau. Elle en baissa rapidement la tête. « - Il est hors de question que tu rentres dans un tel état. » Pour une fois, elle était bien d'accord. Elle n'était certainement pas apte à se porter jusqu'à chez elle. Non. Elle allait simplement attendre là. Demain n'était déjà plus très loin. « - Je n'ai pas le courage de rentrer de toute façon. J'vais dormir là. », marmonna-t-elle paresseusement. Ce qui, vraisemblablement, ne fut pas au goût de Celian.

Un taxi s'immobilisa sur le bas côté. Un instant, les prunelles hagardes d'Azra passèrent du véhicule à la blonde et vice-versa. Elle ronchonna. Elle était suffisamment grande pour s'occuper d'elle-même. Elle voulut alpaguer Celian. Histoire de lui rappeler qu'elle était encore adulte. Mais, au lieu de cela, elle se laissa lourdement tomber sur la banquette arrière. A dire vrai, elle n'avait plus le courage de montrer une quelconque preuve de résistance. En contrepartie, et par pure fierté, elle bougonna comme une gamine capricieuse. L'alcool avait la faculté d'exacerber ses pires défauts. Et, son immaturité probante en faisait partie. Elle croisa les bras sur sa poitrine. « - J'aurai pu m'débrouiller toute seule. », marmotta-t-elle de mauvaise foi. Elle avait bien conscience que cela n'était absolument pas le cas. Cependant, elle ne l'aurait admis pour rien au monde.

Un désagréable frisson caressa sa colonne vertébrale. L'absynthe redescendait. La chaleur aussi. Elle frictionna discrètement ses bras. Non, elle n'était pas faible. Elle n'était pas un petit animal démuni et sans défense. Voilà ce qu'elle essayait de prouver à Celian. Pour quelles raisons ? Par fierté, sans aucun doute. Pour ne pas flancher à nouveau, peut-être. Après tout, elle n'avait jamais été de celles qui, se laissaient facilement sombrer. Elle s'était toujours relevée. Même à bout de souffle. Puis, il y eut Celian. Mais surtout, son dérapage. Elle fronça donc les sourcils lorsque la blonde recouvra ses épaules de sa veste. « - Ça... » Elle n'eut pas le temps d'achever sa phrase. « - Tais-toi et prends-le. » Elle cligna des paupières. Depuis quand lui donnait-elle des ordres ? Décidément, ce soir, plus rien ne tournait rond. En d'autres circonstances, elle aurait sans doute apprécié la chose mais pour le coup, cela ne fit que l'enfoncer dans son siège. Lèvres pincées, elle se renfrogna davantage. Une vraie gosse.

Une fois le trajet achevé, Azra s'extirpa maladroitement du véhicule. Tout ceci lui avait donné le mal du transport. Elle inhala bruyamment. La fraîcheur ambiante adoucissait le concerto qui se jouait à ses tempes. « - J'ai bien cru que j'allais tapisser le cuir de ses sièges. », déclara-t-elle plus pour elle-même que par réelle nécessité. Les deux jeunes femmes s'engagèrent dans le hall de l'hôtel. Bien trop ivre pour aligner un mot correctement, Azra laissa sa nouvelle tutrice se charger des modalités. De toute évidence, elle était bien trop occupée à garder l'équilibre pour cela. Cependant, elle ajouta malgré tout son grain de sel uniquement pour préciser : « - Une chambre double. On dort pas ensemble. »


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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mer 16 Sep - 11:12

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Apocalyptic Waltz
Azra avait, enfin, retrouvé quelques couleurs. Même si le taxi sembla lui détraquer l'estomac, elle redevenait cette humaine que Celian connaissait sans doute mieux que quiconque. Elle boudait, tout bonnement. La blonde aurait pu beaucoup en rire, voire même se moquer gentiment d'elle, mais les circonstances ne le permettaient malheureusement pas. Devait-elle, finalement, se montrer si protectrice ? Elle avait agi sur-le-coup, sans même prendre le temps de penser aux conséquences. Et finalement, elles étaient là, assises dans un taxi, à s'éviter soigneusement des yeux. Celian n'arrivait même plus à s'en vouloir. Elle ne savait plus ce qu'elle devait vraiment penser de sa réaction.

En entrant, Celian laissa Azra vagabonder dans le hall. Elle savait déjà fort bien que toutes les modalités, elle était la plus sobre pour s'en charger. Malgré un léger vertige en arrivant vers le comptoir, l'accueil de nuit fut fort agréable. Malgré l'apparence que les deux jeunes femmes devaient avoir, il fut particulièrement gentil, comme s'il comprenait à quel point la soirée avait pu être difficile. Ce fut certainement à ce moment précis que Celian se demanda quel visage elle devait avoir. Entre les larmes, la colère, le froid, la panique, il n'y avait aucun doute qu'elle faisait peine à voir. Mais ce n'était certainement rien face au visage d'Azra.

« Donnez-nous ce qu'il vous reste. »

Lui demanda-t-elle gentiment. Ce fut sans compter l'intervention d'Azra, la voix fleurie par les restes d'alcool. Le charme incarné. Celian arqua un sourcil en la voyant s'approcher en titubant à moitié. Il était temps de la coucher. La blonde soupira longuement avant de lever les yeux au ciel.

« Seigneur, Azra, il est très tard, et je suppose que Monsieur a autre chose à faire que de regarder quelle chambre tu souhaiterais pour éviter d'avoir un contact quelconque avec moi. Si tu as peur de me toucher par accident, prends donc en compte ton état d'ébriété avancé. Tu vas t'endormir en approximativement 2 dixièmes de seconde. Alors tu te contenteras de ce qu'il nous donnera. »

Elle se détourna rapidement pour éviter la réplique. Après tout, c'était sa carte, son argent, et sa décision. Elle termina sa besogne, attrapa le pass qu'on lui fournissait, puis régla quelques détails, notamment sur le petit déjeuner le lendemain.

« Dans la chambre, oui. Je vous accueillerai, je pense qu'il est inutile de compter sur elle pour les coups de 9 heures. »

Le réceptionniste se pinça la lèvre pour ne pas rire. Oui, la situation se voulait fort drôle, et elle ne lui en aurait pas voulu de le signifier. Elle le remercia infiniment, puis se tourna vers la brune pour l'attraper par l'avant-bras. Direction l'ascenseur. Mais avant de quitter définitivement la pièce, Celian se tourna une dernière fois.

« Encore une dernière chose ! Serait-il possible d'avoir un seau ? »

Le réceptionniste ne put s'empêcher de lui offrir un sourire, cette fois, et le lui fournit quelques minutes plus tard, alors qu'Azra faisait, une fois de plus, des enfantillages.

« Tu vas prendre l'ascenseur, même si tu as envie de vomir. Je ne compte pas rester 2 jours dans les escaliers. »

Le trajet fut rude pour Azra, qui se tint l'estomac comme si sa vie en dépendait. Quelques étages et quelques couloirs plus tard, elles atteignirent enfin la chambre. Miracle. Azra percuta le lit de plein fouet, dans un grognement nonchalant. Celian, elle, disposa le seau près du lit avant d'ôter son manteau.

« Si tu le remplis, tu le nettoies. »

Un beuglement lui répondit. Elle soupira. La nuit promettait son lot d'émotions. La blonde fit un dernier effort pour ôter les chaussures de son ancienne amante, puis, dans un élan de fatigue, disposa son corps endolori sur les draps. Cette soirée n'était plus qu'un vague souvenir alcoolisé, et elle souhaitait simplement se réveiller, ailleurs, loin d'ici.

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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Mer 16 Sep - 18:01

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Non pas qu'elle ne désirait pas terminer la nuit à ses côtés. A dire vrai, elle se serait même damnée pour cela. Mais, jamais elle n'aurait osé l'admettre après ce qu'elle avait infligé à Celian. Elle préférait jouer la carte de l'indifférence. Ou, du moins, de la parfaite gamine immature. Ce qu'elle était. Le type de l'accueil, lui, semblait s'amuser de cette situation rocambolesque. Et, dans un sens, sans doute avait-il quelques circonstances atténuantes. Toutes personnes spectatrices devaient, d'ailleurs, glousser de cette scène particulièrement comique. Un réel One Man Show. D'un côté, il y avait Azra qui, manquait de s'affaler à chaque enjambées et, de l'autre, Celian qui endossait le rôle de la tutrice modèle. Personne ne pouvait imaginer, ne serait-ce qu'une seconde, ce qui s'était passé quelques jours plus tôt. Parfois, Azra l'oubliait également. Aidée par quelques effusions d'alcool encore trop présentes. « - Seigneur, Azra, il est très tard, et je suppose que Monsieur a autre chose à faire que de regarder quelle chambre tu souhaiterais pour éviter d'avoir un contact quelconque avec moi. Si tu as peur de me toucher par accident, prends donc en compte ton état d'ébriété avancé. Tu vas t'endormir en approximativement 2 dixièmes de seconde. Alors tu te contenteras de ce qu'il nous donnera. » Elle manqua de s'étouffer avec sa propre salive. Que sous-entendait-elle exactement ? Qu'elle se trouvait, désormais, impuissante ? Ses sourcils se froncèrent en une contestation probante. Non. Elle était encore capable d'entreprendre quelque chose. Pas qu'elle en avait envie. Ou peut-être que si. Mais, là n'était pas la question. Sa fierté se gonfla subitement. Et, d'une voix bien plus fluette qu'à l'accoutumé, Azra se surprit à déclarer : « - Hey ! Tout fonctionne très bien chez moi, hein. J'suis encore très capable de faire quelque chose ! » Ridicule. Cela dit, cet aveu eut l'effet escompté : le réceptionniste suffoqua d'un rire à peine dissimulé. Se sentant – de manière totalement incongrue – visée par cette moquerie éhontée, Azra se pencha au dessus du comptoir pour ajouter d'un ton puéril : « - Et j'suis sûre que même saoule je m'en sors mieux que vous ! » Il s'empourpra, les yeux ronds comme des billes. Elle le gratifia d'un rictus acerbe. « - Et ouais ! » Voilà que sa répartie atteignait la maturité d'un adolescent à peine pubère. Charmant.

« - Encore une dernière chose ! Serait-il possible d'avoir un seau ? » Azra s'insurgea. Comme si elle allait vomir. Bon, le trajet avait quelque peu brassé son estomac, certes. Mais, elle se sentait bien mieux. Enfin, c'est ce qu'elle crut. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et, la jeune femme s'immobilisa face à elles. Finalement, les escaliers, ce n'était pas si mal. Après tout, on y pensait jamais assez à ceux-là ! Non pas qu'elle craignait particulièrement de se retrouver cloîtrée dans cette cabine mais... en réalité, si. Elle n'avait jamais apprécié cela. Elle s'arrangeait toujours pour l'éviter. Même en temps normal. « - Finalement... j'crois que je vais prendre les escaliers. » Mais elle n'eut, là encore, pas son mot à dire. Adossée contre l'une des parois de l'habitacle, Azra pressait désormais une main fébrile contre son abdomen. Une gêne respiratoire se mélangeait à de virulentes nausées. Merde. Elle ne se voyait pas mais, elle était quasi certaine de passer par toutes les teintes possibles. Fort heureusement, le voyage ne s'éternisa pas davantage. Azra tituba, percuta quelques murs au passage, avant de s'écraser lourdement sur le lit. La pièce tournait. Et, les paupières closes, elle avait la désagréable sensation de se trouver dans une machine à lavée. « - Si tu le remplis, tu le nettoies. » Elle ronchonna, se repliant sur elle-même pour contenir les assauts amers qui envahissaient sa gorge. « - J'vais pas vomir. », geignit-elle. Non, elle ne le ferait pas. Bon, son corps ne semblait pas s'accorder avec cette affirmation, mais elle se garda bien de le signifier. Au lieu de cela, elle serra les dents.

Un silence étrange et pesant enlaçait présentement les deux jeunes femmes. Azra, elle, s'efforçait de concentrer toute son attention sur le lustre au dessus de sa tête. Elle recouvrait un semblant de calme. L'euphorie s'était dissipée. Cependant, elle avait l'horrible impression qu'un étau l'enserrait. Les retombées de l'alcool ne l'épargnaient pas. Elle tâtonna quelques secondes puis, lutta désespérément contre la braguette de son cuir. « - Je... j'étouffe... », souffla-t-elle. Éprise d'une panique qui lui était étrangère, Azra gémit d'impuissance. A nouveau, elle ravala une vague d'acidité. La vérité, c'est qu'elle était malade. Tout simplement.


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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Jeu 17 Sep - 11:39

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Apocalyptic Waltz
Perdue. Lorsque ses paupières furent closes, Celian ne sut retenir ces vagues monstrueuses de sentiments l'assaillir. Qu'avait-elle donc fait ? Et pourquoi ? Le manège n'était-il donc jamais terminé ? N'y avait-il pas une occasion de simplement s'en sortir ? Elle commençait presque à en douter. Il n'y avait plus aucune issue possible. Azra. Cette femme l'avait emprisonnée au cours de leurs étreintes. Et les barreaux de la cage dorée se renfermaient peu à peu autour de ses côtes, menaçant de l'étouffer à tout instant. S'ils lui ôtaient déjà la force de pouvoir reconstruire sa vie, ils n'hésiteraient pas à mettre un terme à celle-ci. Condition malheureuse, pensées insouciantes et coeur déchiré, les circonstances de cette soirée lui donnaient envie de vomir, de cracher cette âme au fond des toilettes pour tirer la chasse et se laisser aller dans les méandres dégueulasses des égouts. Après tout, sa conscience n'était-elle pas déjà assez salie ?

La nuit enveloppait la ville de son sinistre manteau noir, et Celian papillonna des cils pour échapper à ses songes. Elle fixa l'extérieur, cet horizon, ces cieux lointains, l'inconnu qu'on ne pouvait toucher, qu'on ne pouvait atteindre. Elle se perdit dans la contemplation des étoiles, lumières brillantes et chaleureuses que le monde oubliait presque. Elle ne put s'empêcher d'assimiler cet univers qui lui échappait à Azra, cette femme, cet amour qui lui échappait également. Comme les astres, la brune scintillait dans le creux de son âme, vision charnelle dont elle ne pouvait se défaire, malgré tous les événements récents. Sa souffrance n'avait d'égale que sa passion pour cette amante déchue. Elle l'aimait et la haïssait éperdument, comme une femme battue appréciait les coups de son mari, car ils restaient les marques de son addiction pour elle.

Désormais, elle ignorait où aller, et quoi faire. Pourrait-elle simplement imaginer un monde dans lequel Azra n'existerait pas ? Pourrait-elle simplement vivre avec ce coeur où sa patiente avait fait son lit ? Elle ne s'en sentait pas capable. N'avait-elle pas déjà assez perdu, autrefois ? Devait-elle encore tomber, dans le risque de ne pas se relever ? Elle aurait souhaité que quelqu'un lui dise simplement quoi faire. Elle paniquait à l'idée de prendre une décision, la mauvaise décision, celle qu'elle choisissait toujours, malgré elle.

Elle sentit sa voisine s'agiter, le souffle court, le coeur lourd, un appel au secours. Dans cette minuscule chambre close, Celian se demanda si son rôle était vraiment d'aider Azra. Elle qui n'avait fait que la repousser depuis son retour, n'avait peut-être, finalement, pas besoin d'elle. Mais la blonde se souvint de ses dires, quelques heures plus tôt, alors que l'alcool imbibait encore tous ses tissus. Le pensait-elle ? Le ressentait-elle ? Ou n'était-ce qu'une illusion dans l'espoir de la berner ? Elle aurait souhaité mettre son cerveau en pause. Malheureusement, il ne s'arrêterait guère de fonctionner avant son élévation.

« Azra, tout va bien ? »

Elle eut peur, quelques secondes, que l'instinct de la bête ne se réveille. Mais il n'en fut rien. Elle étouffait. Dans un sursaut, Celian se tourna totalement vers elle, pour s'asseoir sur le lit où elles se trouvaient toutes deux. Elle approcha ses mains de son pantalon, et trembla. Elle fut comme tétanisée. Oui, elle avait peur, elle avait peur d'Azra, de ce qu'elle était capable de faire. Malgré les excuses, malgré les états dans lesquels elle s'était mise. Et si tout cela n'avait été que supercherie ? Cette idée traversa l'esprit entier de la blonde et la secoua d'un long frisson de terreur. Mais il n'était plus heure à réfléchir, désormais. Elle se décida finalement et déboutonna précautionneusement le jean d'Azra. Ceci eut le don de l'immobiliser.

Un regard entre elles, et Celian sentit son coeur bondir dans sa poitrine. Des souvenirs lui montèrent aux yeux et firent un noeud de son estomac. L'alcool devait également en être pour quelque chose. Elle ravala sa salive, assez difficilement, pour reporter son attention sur la tâche qu'elle était entrain d'accomplir. Puis, finalement, se leva pour lui enlever le vêtement très lentement, comme si l'action pouvait simplement heurter la brune. Elle descendit ses doigts le long de ses cuisses, et chaque millimètre parcouru lui fit l'effet d'une décharge. Lorsqu'elle arriva à ses chevilles, elle se pinça la lèvre. Elle ne pouvait que s'attarder sur ses formes qui lui manquaient tant. Enfin, elle releva les yeux et la détailla. Malgré elle. L'alcool, se répétait-elle. Mais il n'y avait pas que cela, elle en était consciente, au fond.

Elle finit par reprendre place près d'Azra. Plus proche, cette fois, l'air presque inquiet, mais ses dents retenant toujours ses lèvres. Elle ne devait pas flancher.

« Est-ce mieux ainsi ? »

Sans nul doute. Lorsqu'elle la vit hocher la tête, incapable de dire un mot, le regard figé dans le sien, elle prit une gigantesque inspiration. Elle devait calmer son coeur. Oui, cette proximité lui avait manqué, malgré tout, et elle aurait souhaité s'en réjouir. Elle ne savait plus réellement si elle devait laisser aller ses désirs, une dernière fois, peut-être, un simple baiser, une simple étreinte, sans peur d'être blessée. Un dernier au revoir, avant de la laisser s'enfuir dans la foule, cherchant d'autres bras, d'autres mondes. Mais toutes ses pensées s'étaient posées sur les lèvres d'Azra, qu'elle aurait souhaité réclamer sur-le-champ, que son corps tout entier souhaitait, et qui pourtant, restaient encore loin d'elle.

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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Jeu 17 Sep - 17:09

apocalyptic waltz

my hope is on fire, my dreams are for sale. I dance on a wire. I don't want to fail her. I walk against the stream..

« - Azra, tout va bien ? » Non. Mais les mots s'amoncelaient. Ils ne formaient plus qu'un gargouillement pénible. Il lui sembla que quelques éclats frappèrent sa gorge. Recouvrant sa trachée d'un goudron perfide et épais. Elle tenta de déglutir. D'avaler, tout au plus, ces quelques suppliques avortées. Elle s’immisça au cœur des prunelles qui la scrutaient avec inquiétude. Elle aurait aimé s'y perdre. S'y noyer, peut-être. Mais ses méfaits l'emprisonnaient à la surface, comme un condamné sur le parvis de sa vie. Elle glissait sur l'âme de Celian, sans jamais parvenir à l'étreindre réellement. Ses lèvres mimèrent une demande silencieuse. Seul un gémissement meurtri s'en échappa. Elle se voûta sous la crampe qui tordit son estomac. Elle allait vomir. Une pellicule d'eau maculait son visage. Elle avait réellement trop bu. L'alcool, lui, prenait son temps pour s'éparpiller. Ne laissant sur son passage, qu'une aigreur douloureuse et assommante. Elle battit des cils. Un voile légèrement tiède humidifiait ses iris. « - J'ai chaud. », finit-elle par soupirer. Deux mains accompagnèrent les siennes et, elle se retrouva rapidement incapable de poursuivre sa besogne. Les ongles de Celian dansaient sur son nombril, sur ses cuisses. Son palpitant se cabra. Et, s'emballa finalement dans un triple galop éreintant. Elle retint son souffle. « - Hm... » Ce fut malgré elle. Mais elle ne comptait plus les heures à caresser le vide, à enserrer ces chimères charnelles et despotiques. Celian. Sa présence était une danse vertigineuse. Elle en ferma les paupières. Son bassin s'anima sous cette tendresse illusoire. « - Celian... », murmura-t-elle. C'était une éternelle complainte. La lutte acharnée des élans inéluctables et indomptables. Ses sens accrus l'étourdirent. Le drap se froissa sous sa poigne. Le cuir libéra enfin ses jambes et, par un réflexe quasi instinctif, elle entrechoqua ses cuisses l'une contre l'autre. La culpabilité reluisait encore. Aussi brûlante et venimeuse qu'un poison. Non. Elle n'avait pas le droit. Elle ne l'avait plus. Sa poitrine se bomba, se gorgea d'oxygène. Cette malencontreuse attraction avait atténué les quelques derniers sursauts d'absynthe.  

« - Est-ce mieux ainsi ? » Elle aurait pu en rire. D'ailleurs, c'est ce qu'elle fit. La nervosité à son comble, Azra dissimula son visage empourpré entre ses paumes. Comment en étaient-elles arrivées là ? Elle n'était plus certaine de le savoir. L'espace d'un instant, elle regretta les verres de whisky qui l'attendaient probablement encore au bar. Il était bien trop tôt pour que ses collègues décident de cuver définitivement leur vin. « - Ouais. Tout baigne. », railla-t-elle. Contrôle et concentration. Voilà ce qu'elle acclamait vainement. Les flammes de la luxure ondoyait avec un appétit colossal entre ses reins. Celian. Elle lui manquait. Désespérément. Fougueusement. C'était une torture qu'elle ne parvenait pas à dompter. Mais, cette fois, il n'y avait que l'humaine, simplement la femme qui, criait son addiction déplorable. Cet appel en était bien plus cinglant. « - Je devrais... dormir par terre. » Ce fut un chuchotement. Comme un aveu honteux et indécent. Oui. Sans doute aurait-elle dû. Cependant, son regard croisa à nouveau celui de la blonde. Elle aussi semblait quelque peu troublée par l'atmosphère devenue lancinante. Que faisaient-elles ? Mais, surtout, que devait faire Azra ? La peau pâle de Celian quémandait la sienne. Elle pouvait entendre la plainte silencieuse vibrer entre ses côtes. Elle s'humecta les lèvres. Papillon prit dans les toiles de ses propres aspirations. Elle épousa les contours de ce désir fantasmagorique. Il ne fallait pas. Le cheminement de l'air se fit plus rude. Elle haleta. Elle aurait aimé faire taire la décadence de ses volontés. Seulement, ses barrières psychologiques s'effondraient une à une. « - Celian, je... » Que pouvait-elle ajouter ? La formulation n'avait pas besoin de bruire. Son appétence n'était plus à prouver : sa bouche l'attirait.

Ses articulations se mouvèrent. Instaurèrent une nouvelle proximité. Son front reposant presque contre le sien. Elle déglutit, aussi fébrile qu'une adolescente face aux premières lueurs d'érotisme. Elle n'était plus la hyène. Elle n'était plus qu'une mortelle ; apeurée et perdue. Son inclination pour ce baiser tant attendu lui nouait la gorge, le ventre et les tripes. Il n'y avait que cela. Simplement ça qui, battait encore le tempo au cœur de ses membres gelés. D'un geste à la fois craintif et doucereux,  Azra déposa la paume de sa main contre le myocarde agité de la blonde. Une émotion. Un simple repos de l'âme. Quelques secondes, contre ses phalanges. « - Pardonne-moi ». Balbutiement imperceptible. Pardonne-moi...


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MessageSujet: Re: Apocalyptic Waltz | ft. Azra Stevens   Jeu 17 Sep - 18:38

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Apocalyptic Waltz
Azra. Elle était là, petite, fragile, humaine. Celian se vit presque à travers elle. Elle se reconnaissait, là, dans ses yeux teintés d'envie, de peur, d'impuissance, d'émotion. Azra. Elle la retrouvait enfin. Celle qu'elle aimait. Etait-ce l'alcool, ou sa simple imagination ? Celian n'aurait su le dire, ni même entrevoir une quelconque réponse. Elle avait bel et bien entendu les gémissements mal dissimulés de la brune, et ils étaient montés dans son corps comme la lave en fusion d'un volcan en éruption. Seigneur, son coeur palpitait encore, et encore, une éternelle danse frénétique qu'elle ne pourrait jamais gérer.

Lorsque le front d'Azra se colla au sien, elle eut besoin d'air. De l'oxygène, vite. Elle inspira profondément, comme enrouée. Elle sentait des fourmis dans ses mains, dans ses jambes, dans ses lèvres. A force de regarder la bouche de la brune qui se trouvait dans son lit, il était évident que cela devait arriver. Dieu, qu'elle avait envie d'elle. De cet être redevenu finalement humain, finalement présent. Elle se fit violence, une claque en pleine consciente. Ne pas flancher. Pas maintenant. Mais son regard transperçait les lambeaux de sa chair, de part en part, comme si sa conscience même n'était qu'un grand livre ouvert. Azra était-elle capable d'identifier le combat qui se livrait dans son crâne ? Elle trembla.

« Pardonne-moi... » murmura-t-elle, comme un secret. Dans cette phrase, Celian ne put que ressentir sa peine, sa culpabilité, son humanité. Azra était bel et bien là, cette nuit. Et il n'y avait qu'elle. Elle et Celian. Celian et elle. La bulle s'épaissit autour d'elles. Perdues dans la fin de leur histoire, elles se fixaient à présent. Les larmes montèrent à ses yeux, plus encore lorsqu'elle sentit sa main se poser sur son coeur. L'amour. Le véritable. Il se cachait là, au creux d'elle-même. Celian inspira, de nouveau, comme prise d'un sursaut. Se réveillait-elle ? Etait-ce un rêve ? Mais Azra n'avait pas disparue. Elle était toujours là, écoutant la chamade de l'organe au creux de sa poitrine.

« J.. Je... »

Mais rien ne réussit à sortir. Le pardon. Avait-elle les capacités de le lui offrir ? Elle en était certaine. Mais elles ne se dévoilaient pas encore. Pas ce soir. Elle battit des cils, alors que ses tempes se trouvèrent bientôt couvertes d'eau salée.

« Azra... »

Celian élimina l'espace qui persistait entre elles. Elle ne pouvait plus ignorer ce qu'il se passait en elle. Elle se stoppa près de ses lèvres. Une dernière hésitation. Mais elle ne pouvait plus reculer. Elle scella un baiser sur ces lèvres qui berçaient ses rêves. Elle l'embrassa comme si sa vie en dépendait, comme si tous les sentiments qu'elle ressentait pouvaient lui être transmis. Elle l'embrassa avec tout l'amour qu'elle possédait pour elle. Un baiser de quelques secondes, alors qu'elle caressait sa joue. Elle s'écarta un moment, la fixa, longuement. Azra. Elle la rendait folle. Mais elle l'acceptait.

« Faisons l'amour, le vrai... »

Elle sentait un besoin viscéral naître au coeur de ses reins. Il était là, conquérant, triomphant. Et Celian n'y résisterait pas. Une dernière fois. Une dernière fois...

L'hésitation. La peur dans ses yeux. La blonde la saisit immédiatement. Mais cette femme ne lui ferait pas de mal. Pas cette nuit. Pas cette fois. Elle l'embrassa de nouveau, doucement, lentement. Azra. Ce prénom résonnait dans ses pensées. Elle la désirait plus que jamais. Elle savait aussi qu'elle s'interdirait de la désirer à l'avenir. Une dernière fois. Une véritable. Pour savoir que tout ceci n'avait pas été vain. Elle s'écarta, poussa son épaule, puis passa ses cuisses autour de ses hanches. En quelques mouvements, elle avait enlevé son haut. Et dans un élan incontrôlable, elle se rapprocha d'elle pour la fixer dans les yeux.

« Azra... Fais-moi l'Amour, le vrai... »

Un murmure charnel, empli d'un sentiment trop longtemps tapis dans l'ombre. Qu'elle mette un terme à cette folie. Azra. Azra...

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