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 Icy Abduction | ft. Calyxte Breckenridge

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MessageSujet: Icy Abduction | ft. Calyxte Breckenridge   Mar 15 Sep - 19:21

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Icy Abduction
Une soirée quelque peu banale. Après ses travaux, Celian avait enfin décidé de rentrer dans ses appartements. Cela faisait quelques temps qu'elle les évitait soigneusement. Après l'incident avec Azra, et l'incident avec Chayton, elle avait beaucoup de mal à retrouver son logis en se sentant en sécurité. Mais elle devait bien y séjourner quelques nuits par mois, afin de veiller à ses affaires personnelles. Et elle se devait de reprendre confiance en elle. Eliminer les mauvaises ondes, les mauvais souvenirs, se dire que tout était terminé à présent, et qu'il était peu probable qu'un autre événement survienne. Se rassurer elle-même, se dire qu'elle prendra un animal de compagnie pour se sentir moins seule. Peut-être. Elle ne savait plus vraiment.

Elle jeta les clés sur sa commode dans un profond soupir. Il représentait bien sa vie actuelle, un lot de circonstances qui la fatiguaient. Comme si on l'avait passée dans une machine à laver pendant 24 heures, et qu'elle en était sortie après une lente et douloureuse noyade. Idiote. Elle se sentait idiote de ne pas réussir à s'en sortir seule. Elle refusait d'aller voir un psychologue, elle refusait de retrouver des amis pour en parler. Non, elle voulait faire preuve de courage et de force. Malheureusement, elle n'avait ni l'un ni l'autre.

En se postant près de la table, elle jeta un rapide coup d'oeil à la porte du bureau, sur sa gauche. Elle n'y était pas retournée depuis le fameux passage d'Azra. Un bruit l'ôta de ses pensées. Un pas, puis deux. Elle tourna vivement la tête vers la droite, pour ne voir qu'une masse se jeter sur elle. Puis, une douleur à la tête, et plus rien. Le noir total. Qu'était-il encore arrivé ?

« Qu... Qu'est c'que.. ? »

Un murmure, si minime que son cerveau ne percuta même pas qu'elle le prononçait. Des ondes se propageaient dans son crâne, alors qu'elle passait une main sur l'origine de celles-ci. On lui avait cogné dessus. Et pas qu'un peu. Allongée sur le sol, elle sentit toutes ses articulations lui hurler l'indisposition. Endolories, elles ne répondirent pas à ses appels. Elle ouvrit difficilement les yeux, attaquée par des vagues de fatigue qui la menaçaient de la replonger dans l'inconscience. Aïe. Où était-elle ? Une pièce dénudée s'offrait à elle, tout de béton, tout de sombre. Rien de réconfortant, pas même le sol glacial. Quant à l'atmosphère, elle avait vite fait de baisser la température corporelle de Celian, lui arrachant quelques frissons.

Des questions auraient dues se poser dans sa tête. Mais elle était encore trop fatiguée pour les entendre. Une seule, cependant, demeurait, fière, forte. Que faisait-elle ici ? On l'avait assommée. Premier indice. Une pièce vide et froide. Second indice. Quelqu'un l'avait enlevée. Elle. Mais pourquoi ? Des visages revinrent à son esprit, des situations saugrenues qu'elle avait pu traverser, des peurs qu'elle avait longtemps refoulées. Qui avait osé lui faire subir cela ? Que voudrait-il ? Que ferait-il d'elle ? Ses pensées se remettaient en marche.

Elle releva son buste, sentant sa tête imploser. Elle passa sa main tremblante sur son front, comme si cela pouvait y changer quoi que ce soit. Grimace. Elle analysa les lieux. Des murs, un sol, un plafond très bas, une porte fermée à clé, un miroir enfoncé dans le mur. Et c'était tout. Réalité. Seigneur, que lui arrivait-il encore ? N'avait-elle pas vécu assez de drames depuis quelques semaines ? N'y avait-il donc aucune fin à ce lancinant destin ? Visiblement, il n'y avait plus d'issue.

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↳ Citation : « People should not be afraid of their governments. Governments should be afraid of their people »
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MessageSujet: Re: Icy Abduction | ft. Calyxte Breckenridge   Jeu 17 Sep - 20:18


On lui offre le rêve. La douleur sur les lèvres. L’adrénaline au bout des doigts. L’incarnation de tout ce qu’il n’est plus. On lui offre l’occasion d’endosser un nouveau rôle. Il était aisé de mentir sur des origines piteuses, une carrière chimérique dans un monde nauséeux. Aisé de charmer avec des mots. Alors quand la vérité refait surface, elle blesse. Détruit et ravive d’anciens automatismes. Dans les méandres de sa vie passée, ressurgissent alors les élans du soldat restés trop longtemps enfoui sous la chair apathique. Le milicien n’est pas fait pour le silence et la tiédeur d’un bureau. Il n’a jamais été fait pour mener une existence choyée et surprotégée. Trop peu habitué à ce luxe sidérant dans lequel il se laissait tomber sans sourciller, les muscles s’atrophiant face à ce néant qui était devenu son quotidien. Forgé dans les affres d’une doctrine militaire n’acceptant aucune faiblesse, aucun échec, la politique était une erreur de parcours. Une bévue qu’il efface d’un battement de cils à chaque fois qu’il revêt l’uniforme. Ce gris jurant avec le bleu sombre de son ancienne tenue. Les insignes en moins. La réputation en miettes, décharnée, juste bonne à lui offrir un grade ridicule pour honorer son ancienne carrière. Il en a ri, à l’intérieur. Entendu son cœur battre avec cynisme devant cet insignifiant honneur que ses supérieurs ont jugé bon de lui faire. L’amertume lui racle encore la langue à chaque fois qu’il y repense, mais il n’en a cure. C’est une stupidité bien trop insignifiante pour venir entacher ce renouveau.

Alors comme pour bafouer cette nouvelle promesse qu’on lui oblige de tenir, Calyxte refuse de rester sagement installé dans son bureau à donner des ordres. Ce n’est pas entre quatre murs que l’on peut se rendre compte d’une situation, appréhender le comportement des hommes sous un commandement. Sur le terrain, il se sent pourtant à l’étroit. Fait face à une milice qui n’est plus la sienne et dont le mode de fonctionnement le dépasse encore. La tête hors de l’eau, et des efforts pour ne pas sombrer à nouveau. Il s’essouffle mais s’oblige à combler ce vide qui le sépare de ses recrues. A s’imposer face à ce qui est, à ses yeux, un ramassis de gamins à la gâchette facile. Quand les Shadowhunters ne sont que des renégats, des bêtes avides de sang que l’on envoie se souler dans les bas-fonds de la ville. L’incompréhension au bord des lèvres, et le gout amer d’une sanglante nouveauté sur la langue. On parfait le tableau en lui offrant l’occasion d’apposer sa marque. De faire peser l’aura de son nom sur les épaules de ses petits protégés. Un kidnapping, ni plus ni moins. Une détention visant à entretenir le secret. A assurer le bon fonctionnement d’une entreprise jugée affreuse par certain. Une aubaine pour d’autre. Calyxte se place entre les deux. L’opportunisme en raison, l’asservissement des créatures en éclat sur l’horizon. Et la douleur qui s’oppose à ce joyeux commerce. L’humanité enfouie sous la couche de glace qui s’insurge en pensant aux traitements que les métamorphes pourraient subir. Et le cœur qui se serre face à l’ombre du souvenir. Un raclement de gorge chasse la trouble alors qu’il pénètre dans la pièce insalubre. Le silence lui glace le sang, fait courir une chaîne de frissons le long de son échine, et les pieds de la chaise métallique qu’il traîne sans ménagement, crissent sur le sol. Et finit par s’installer dans un coin de ce vide affligeant. Face à la prisonnière.

Captif au-dessus de leur tête, le silence s’étend. S’étiole à mesure que les battements de cœur se succèdent. Les pupilles se font acérées, analysent la jeune femme et brillent d’un éclat incertain. A mi-chemin entre la satisfaction fauve du militaire près à recueillir des aveux, et la gêne de l’ancien gradé face à une telle entreprise. Appuyé contre un accoudoir, jouant de ses phalanges, Calyxte s’abandonne dans ses propres réflexions. Se perd dans les méandres de son esprit. « - Une mesure de sécurité. Pour répondre à votre question. » Sa voix se brise contre les murs nus, y résonne de toute sa force, amplifiant le murmure. « - L’importance de vos travaux pousse vos supérieurs à ne pas vouloir prendre de risques. Je suis navré pour la façon dont tout ceci a été mené. » Une part de vérité sous la couche de détachement glacial. Il s’efforce de ne pas se sentir concerné. De la considéré comme un pion, et rien de plus. Une chose que l’on peut briser jusqu’à obtenir ce que l’on attend. De nouveaux frissons lacèrent la peau, effleurent le cœur qui se contracte dans un spasme. On lui offre le rêve. Et le cauchemar qui le remplacera au moindre moment de relâchement.

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On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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MessageSujet: Re: Icy Abduction | ft. Calyxte Breckenridge   Sam 19 Sep - 20:13

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Surprise. Un homme, cet homme, cet être qui l'effraya immédiatement. Elle ignorait son nom, elle ignorait tout de lui, et pourtant, il était ce spectre affamé dans son âme. A cet instant, elle le voyait comme son plus grand ennemi, un prédateur prêt à bondir à sa gorge. Il la fixait, là, dans la pénombre, et sans même jouer le comédien, lui fit irrévocablement froid dans le dos. Il n'y avait guère besoin d'artifices, Celian était déjà terrorisée, et il était très simple de prendre une position très dominante sur elle. Cet inconnu le pourrait dans la seconde, sans même prononcer un mot.

Il ne la quittait pas des yeux, et ce fut ce regard totalement dénué d'émotions qui eut raison des dernières murailles de Celian. Elle qui, depuis quelques temps, était devenue aussi fragile que le cristal. Il allait la briser, en millions de minuscules diamants. Elle en était persuadée, elle ne verrait peut-être pas le jour se lever. Cet homme. Il était indéniablement charismatique. Il emplissait la pièce de sa présence, si bien que la doctoresse eut bien du mal à y trouver l'oxygène qui lui était nécessaire. Ou peut-être était-ce la promiscuité de la pièce qui semblait peu à peu l'enserrer.

Son travail. C'était évident. Le Gouvernement avait toujours mis son nez dans les affaires, même les détails, même ce qu'il ne comprenait que partiellement. La scientifique avait fait de belles avancées, ces derniers temps, notamment grâce à Azra, qui lui avait permis de rencontrer un mutant sous sa forme animale, et ce plusieurs fois. Evidemment, elle avait toujours eu peur que certains aient souhaité posséder ses résultats, pour en faire une arme. Une arme contre les SkinChangers. Elle qui, à l'origine, faisait tout cela pour les aider, pour eux et eux seuls. Le Gouvernement ? Un moyen de financement, rien de plus. Elle ne croyait nullement en lui, et cet ultime élément la poussait à vouloir se rebeller. Comment pouvait-il en être autrement ?

Etaient-ce donc là les méthodes de ceux qui gouvernaient ? Extrême. Voilà qu'elle était enlevée par ses propres employeurs, soi-disant pour protéger ses recherches. Elle n'y croyait guère. Mais que faisait-elle réellement ici ? Qu'attendaient-ils réellement d'elle ? Il lui faudrait des réponses, et vite. Il lui faudrait retrouver sa logique, éliminer cette panique affolante qui rendait tout son corps tremblant. Ainsi, peut-être, pourrait-elle trouver une solution. Même si, sans même y réfléchir, la fuite lui semblait totalement impossible. Il n'y avait rien ici qui pourrait lui permettre de trouver une issue. Son destin serait défini par ce qu'elle accomplirait. Il faudrait donc faire en sorte de ne pas les décevoir.

« Où... Où suis-je ? »

Son esprit logique l'avait abandonné, comme beaucoup d'autres qualités qui auraient pu lui permettre d'élucider elle-même la question. Mais elle paniquait, totalement. La fatigue et la douleur n'arrangeaient guère tout cela. Les méandres de ses émotions l'obligèrent à se relever prudemment, sans quitter des yeux cet homme qui ne cessait déjà de la hanter. Elle observa de nouveau la pièce, prise de sursauts incontrôlables.

« Et... qui êtes-vous ? »

Elle le regarda en fronçant les sourcils. Comme si sa tête enflait, elle eut l'impression de le voir se déformer sous son nez. Mais ce n'était là que les hallucinations que lui susurraient gentiment son cerveau. Elle posa une main frêle sur le mur dénudé. Sa respiration échappa à son contrôle.

« Qu'attendez-vous de moi ? »

Sa voix se brisa. Elle aurait souhaité être ailleurs, être loin d'ici. Partout, sauf ici.

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MessageSujet: Re: Icy Abduction | ft. Calyxte Breckenridge   Mar 22 Sep - 19:57


La peur, il la sent se faufiler dans les moindres recoins du corps debout face à lui. Percée à jour sous le regard incisif qu’il continue d’apposer sur ces épaules en perdition. L’intimidation sous sa forme la plus primaire, celle qui ne demande aucun effort. D’un naturel confondant. C’est ce qui a fait sa force, du temps où il était à la tête d’un régiment. Ce qui a poussé ses supérieurs à le considérer avec respect, et non plus comme un gamin venu tester ses capacités, et dans le pire des cas, mourir sur le terrain d’entrainement d’une crise cardiaque. La glace en miroir sur son visage. L’absence d’humanité dans les yeux, reflet de la nécrose de son âme. Il s’astreint à ne pas dévoiler les tourments qui le dévorent. Cette gêne qui se déverse dans ses veines au même titre que les flammes d’une chaleur étrange. Habitué à cohabiter avec sa nature de sorcier depuis des années, devoir faire face à une nouvelle essence est une chose qui le dépasse. Privé d’une part de lui. Emprisonné dans un entrelacs d’horreur qui ne lui correspond pas. Il l’a vu, en entrant dans la pièce. L’éclat mortifère du miroir. Objet de son désespoir qu’il s’efforce d’éviter autant que faire se peut. Calyxte s’installe plus confortablement sur sa chaise, croise ses longues jambes avant d'annuler le geste presque aussitôt. L’inconfort en venin sur la langue. Et un sourire qui s’appose sur ses lippes en parfait automatisme dans le but de confondre l’ennemi.

« - Non loin de votre lieu de travail. » La réponse reste évasive, ne justifie pas sa présence en ces lieux. Et n’est en aucun suffisante pour rassurer la pauvre scientifique. Qui est-il ? Une ombre. Le néant que l’on appose devant sa route pour s’assurer qu’elle ne fera pas de bêtise et se pliera aux ordres. Les sourcils se froncent et les pupilles bleutées devient leur course pour se perdent contre les récifs du vide. « - Détendez-vous Celian, il n’y aucune raison de se mettre dans un tel état. Je suis navré de la tournure des choses, mais cet endroit est temporaire. » La voix ronronne, se pare d’éclat de douceur et vient caresser les murs nus de la pièce insalubre. Il en frissonne lui-même. Ramenant des méandres de sa mémoire les débris de missions effectuées dans des lieux aussi déserts que celui-ci. Fortement plus dangereux aussi. « - Calyxte, Peacekeeper chargé de s’assurer de votre coopération. » La présentation le dérange. Trop pompeuse à son goût. Les titres ne sont pas pour lui. Gradé depuis ses vingt ans, il n’a jamais considéré cet honneur comme un gage de supériorité. Alors devoir utiliser son poste pour renforcer le malaise est une chose qui le dépasse. Dans un raclement de gorge, le soldat se lève. Laissant les pieds de la chaise crisser sur le sol. Et au milieu du silence, le bruit de ses pas résonne comme une menace. Un écho messager du pire. Prédateur tournoyant autour de sa proie, il prend pourtant soin de laisser une distance entre eux. Sa main court contre un mur, s’abîme contre les aspérités du parement miteux. La pulpe de ses doigts s’enflamme, ressent des choses qu’il n’avait jamais éprouvé du temps où il était sorcier. Le toucher exacerbé, la nouveauté en stupeur. Un autre aspect de cette nouvelle vie qui l’intrigue presque autant qu’il le dérange.

« - La même chose que dans votre laboratoire. La continuité de vos travaux. Rien de plus. » Les phalanges effleurent le vide, s’agitent en direction de la jeune femme alors que son regard se repose sur elle. Le soldat bat légèrement en retraite lorsqu’il réalise que son errance l’a dangereusement rapproché du miroir. La salive se fait de plomb et lui déchire la trachée. Le cœur s’affole sous la poitrine, se serre et se contracte pour mieux expulser le venin du malaise dans l’aorte fatiguée. « - On m’a dit que les recherches avançaient rapidement… » Murmure évasif scindant le néant. Contrôler les Skinchangers, asservir ces créations qui ne devraient être contrôlées que par ceux de sa race. Son ancienne race. Les traits se crispent un instant lorsque l’évidence le heurte une fois de plus.  Sorcellerie qui se conjugue à présent au passé, pour son plus grand malheur.

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MessageSujet: Re: Icy Abduction | ft. Calyxte Breckenridge   Mar 29 Sep - 22:14

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Le froid glacial l'enveloppa, brisant toutes ses murailles. Un frisson qui fit naître toutes ses craintes sur sa peau pâle. La peur lui souleva le cœur, comme une main se renfermant lentement autour de l'organe, ôtant la vie peu à peu. Ses jambes tremblèrent violemment sous son poids. Cette pièce était glauque, beaucoup trop pour lui offrir une vision rassurante. Il n'y avait rien ici. Comme dans tous les films que Celian avait pu voir dans sa vie, elle était la victime, et lui, le bourreau. Peut-être ne lèverait-il pas la main sur elle. Peut-être n'était-ce qu'un messager, avant de voir une montagne de muscles fondre sur elle pour la briser. Mais les apparences pouvaient être trompeuses. Que pouvait-il bien se cacher derrière ces traits, ce regard la perçant de part en part ? Quelles pouvaient être ses motivations ? Que faisait-il, finalement, devant elle ? Cet homme, cet être, il avait quelque chose de particulier, quelque chose dans ses yeux qui la troublait, qui l'effrayait. Comme un insecte face à une masse bien trop épaisse et impressionnante pour l'éviter, s'écrasant sur tout son corps pour l'éliminer.

Une première réponse lui vint aux oreilles, mais elle ne créa qu'un long frémissement au creux de sa poitrine. Elle crut sentir son buste se rétracter sur lui-même, compactant tous ses organes, coupant sa respiration. Sa gorge se serra au point de l'étrangler. Elle suffoquait. Près de son lieu de travail ? Etrangement, elle ne put assimiler l'information. Comme si la voix de cet homme perçait ses tympans, sans lui offrir d'information. Une longue et douloureuse seringue dans son oreille. Il prenait le pouvoir sur leur échange, sans même qu'elle n'oppose de résistance. Chaque nouvelle bouffée d'air devint difficile, vibrant contre sa trachée, menaçant de se stopper soudainement. Son mal de tête, lui, hurla dans sa boîte crânienne. Elle grimaça, une main toujours plaquée dans ses boucles blondes.

Endroit temporaire ? Son état ? Il y avait pourtant toutes les raisons du monde de paniquer. Elle n'avait rien fait de mal. Elle avait appliqué les règles tout au long de ses études. Elle avait toujours été sur le droit chemin. Et pourtant, aujourd'hui, elle se réveillait ici, en face de cet homme, ne comprenant plus rien de ce qui advenait. Et surtout, de ce qui allait lui arriver. Temporaire, avait-il dit. Mais où l'emmènerait-il ensuite ? Que ferait-il d'elle ? Pourrait-elle simplement sortir un jour d'ici ? Elle en doutait. Il lui faudrait de l'aide. Ou peut-être de nombreux, trop nombreux jours pour trouver une quelconque issue. Actuellement, cependant, il n'y avait rien à faire. Elle ne pouvait plus réellement réfléchir, le coup à la tête semblait encore résonner, et le froid avait consumé ses forces. Elle ne pouvait qu'attendre.

Enfin. Un nom. Calyxte. Jamais entendu parlé. Mais elle ne s'attendait guère à rencontrer une quelconque personnalité entre ces quatre murs. La pièce tourna, un instant, tout comme cet homme et son mystérieux prénom. Elle eut peur de s'évanouir. Mais comme par magie, elle demeura debout sur ses jambes de coton. Son travail... Ses études. Tout lui revint soudain, percutant les parois de son cerveau, lui arrachant un gémissement douloureux et rauque, comme si l'acide lui rongeait l'intérieur. Mais ce ne furent pas réellement ses recherches qui la dérangèrent. Ce fut Azra. Elle était la clé de cette soudaine avancée. Le fait de l'avoir côtoyé dans sa forme animale l'avait beaucoup aidée. Tout comme leur intimité. Du moins, celle qu'elles avaient eue avant que la blonde ne prenne la décision fatidique de partir. Fuir était malheureusement la seule arme qu'elle possédait, mis à part la science. Et sa peur était plus féroce que toute autre menace. Elle l'obligeait à agir sans même qu'elle n'écoute ses désirs. Azra. Une seconde, elle la regretta.

Il se leva, et le fantôme s'évapora. Son cœur bondit de nouveau, alors qu'elle faisait deux pas en arrière. Elle ne le quittait pas des yeux. Il ne fallait pas qu'il n'échappe à sa vigilance. Mais comment aurait-il pu ? Il n'y avait là que trop peu d'espace. Et même s'il avait pu se dissimuler, elle n'aurait pu faire quoi que ce soit. A part attendre, patiemment, qu'il ne se jette sur l'agneau. Son travail, encore, toujours, était visiblement l'unique raison pour laquelle elle se trouvait ici. Et ce pourquoi elle devait toujours être en vie. Le Gouvernement. Une méthode trop peu agréable pour qu'elle ne le voit désormais comme il était autrefois. Il n'y avait rien de bon, dans ce monde. Elle aurait du s'en douter.

« Mes... travaux ? Qu'ont-ils de.. de si important ? Je ne comprends pas. »

Sa voix n'était qu'un miaulement craintif.

« Pourquoi m'enfermer ici.. ? Sans mon consentement ? C'est... C'est un enlèvement ! »

Son dernier mot se détruisit dans sa trachée. Elle sentit des larmes lui monter à la tête, alors que celles-ci ravivaient son mal.

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MessageSujet: Re: Icy Abduction | ft. Calyxte Breckenridge   Sam 3 Oct - 21:19


La candeur lui déchire la chair. Elle l’insupporte parce qu’elle représente une faiblesse que ses yeux accusateurs juge indigne de l’être humain. Parce qu’il a été la victime de sa propre naïveté et qu’il a compris qu’il valait mieux la tuer de suite avant de la laisser prendre trop d’ampleur. Et la petite scientifique s’y enlise. Patauge dans un océan de faiblesse. Le démon tapi sous la chair s’en nourrit. S’abreuve des relents de peur qu’il sent et qui le pousse à racler la chair pâle de son hôte. Calyxte en reste de marbre. S’obstine à retenir ce qui le dévore pour ne pas perdre pied. L’instinct en écho, rejeté dans les affres d’une humanité bafouée. La magie morte sous ces doigts qui s’ouvrent et se referment sur le vide alors qu’il erre dans la pièce insalubre comme s’il cherchait à en envahir tout l’espace. Ecrasée l’apeurée de par sa présence. La voix s’élève et retombe. Le silence en réponse, le vide dans cette gorge qu’il devine asséchée. Nouée par l’angoisse qui continue de venir se briser contre les récifs de l’incompréhension. Il pourrait se montrer plus précis. Etaler sous les pupilles paniquées la raison de cette mise en scène. Il pourrait mais l’évidence est toute autre. Il ne sait rien. Ou des choses bien trop dérisoires pour satisfaire l’avide curiosité de la jeune femme. Il n’est qu’un pion, le soldat que l’on jette dans l’arène pour éviter de se faire soi-même déchiqueté par l’ennemi. Dans les rouages de cette humanité décadente, Calyxte n’est qu’un vulgaire pion, sur un échiquier dont il ne contrôle rien. Ancré dans une partie qui surplombe toutes celles auxquelles il peut s’adonner sur son propre plateau de jeu. Il caresse du bout des doigts le dossier de sa chaise, l’effleure des pupilles comme si l’objet avait été d’une grande valeur. Et non pas un morceau de plastique troublant de banalité.

Les mots, enfin. Ils vibrent contre son cœur. Résonnent dans ses tympans, et les lèvres du soldat s’étirent. La finesse d’un sourire s’appose sur le carmin, et l’énigme illumine les traits de fer. L’amusement en façade pour dissimuler l’agacement qui se rue dans ses veines. Et les vibrations dans sa poitrine n’en deviennent que plus fortes. Malgré-lui, la main se porte et s’appose contre sa poitrine. Les phalanges s’y crispent un mince instant. Le temps d’un battement de cils, il oublie sa mission. S’enferme dans les méandres de cette maladie qui le ronge. Avant de reprendre pied. Les épaules se redressent et l’homme se retourne. Lentement. Avec cette théâtralité malsaine qui appose un nouveau froid dans la pièce. « - Votre candeur est extrêmement touchante. Celian, vous pensiez que vos expériences sur les changeurs de peau resteraient dans l’ombre ? Qu’elles sont sans importance quand votre Gouvernement contrôle ces créatures ? » Un sourcil se hausse et les pas le rapprochent de la scientifique. La voix se pare d’éclats acérés tout en se faisant de velours. L’ancien politicien joue de cet atout, module son timbre pour sentir les frissons courir sur la peau de son interlocuteur. Ce n’est qu’un jeu de plus qu’il appose sur l’étagère de ses distractions. La manipulation n’en devient que plus intéressante. Asservir l’ennemi, le broyer sans même le toucher et l’enliser dans les méandres de ses propres craintes. La distance se rompt et le soldat baisse le regard pour laisser l’acier de ses pupilles se perde dans celles de la jeune femme.

« - Ce n’est qu’une mesure de sécurité, rien de plus. Un moyen de s’assurer que vos travaux ne se retrouvent pas en de mauvaises mains. » L’attitude change un instant, se fond dans le moule d’une indignation étonnée. « - Très juste. Mais si la chose vous avez été présenté autrement, je doute que vous en auriez accepté les termes. » Le soldat hausse légèrement un sourcil, l’ébauche d’un nouvel élan satyrique sur les lèvres. Il se redresse, et recule. « - Maîtriser la mutation des changeurs… J’avoue être curieux, comment peut-on parvenir à une telle chose quand même la volonté des plus forts n’y parvient pas ? » C’est un intérêt évident qui se distille dans ses paroles alors que l’homme vient se poster devant la porte. Il frappe, doucement contre le panneau d’acier qui dans l’instant suivant, souffle et pleure sur ses gonds pour laisser entrer une silhouette sombre. Nouvel acteur dans cette triste tragédie, un soldat de l’ombre à l’uniforme noire. « - Ne faites pas attention, il va se joindre à nous. » Le soupir s’épanche d’un mystère nauséeux. Le refus de se peindre dans le rôle du bourreau s’endigue dans sa raison. Quand dans le reste de son être, les frissons d’envie se font légion. Alors comme pour s’éloigner de la menace que la scientifique représente pour son flegme, Calyxte s’installe à nouveau sur sa chaise. Le regard scrutant un instant la silhouette du Hunter avant de revenir se poser sur celle de la jeune femme

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❝ Naufragé dans la nuit

On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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MessageSujet: Re: Icy Abduction | ft. Calyxte Breckenridge   Lun 5 Oct - 11:40

« You're not a freak, not a monster, not a bad sick, not a disaster. Believe me, my girl, you're just yourself, you're not in hell, just in fire, without water. »
Icy Abduction
Celian errait dans le brouhaha de ses pensées et ne parvenait plus à en saisir le sens. Chacune d'entre elles la percutait de plein fouet sans lui laisser le loisir de s'en remettre. Faible, elle était faible. Bien sûr qu'elle l'était, comment aurait-elle pu faire autrement ? Tous les événements récents n'avaient guère aidé. Comment pouvait-elle simplement faire face à tant de rebondissements, tant de peur en si peu de temps ? Elle avait perdu Azra, la femme qu'elle aimait. Elle avait fait face à Chayton, un Skinchanger insatisfait. Elle avait perdu toute confiance en Hazel, alors qu'elle la surprenait le nez dans ses affaires. Et à présent, elle avait été enlevée par le Gouvernement, pour soi-disant être protégée. Mais protégée de quoi ? De qui ? Et combien de temps ? Tant de questions sans réponses, plus écrasantes qu'elles ne pouvaient l'être grâce à cet homme qui la surplombait. Plus grand, plus fort, qu'aurait-elle pu simplement tenter ? Elle était là, proie devant le prédateur, avec pour unique issue l'abandon. Mais elle ne pouvait encore s'y résoudre totalement. Elle ne le souhaitait guère non plus. Elle était peut-être paniquée, peureuse, faiblarde, mais elle n'était en rien quelqu'un qui laissait autrui gagner sans se battre. Elle était une battante. Du moins, c'est ce qu'elle pensait d'elle. Pourrait-elle seulement le prouver ? Sa blessure à la tête lui rappela que rien ne serait si aisé.

Calyxte tournait en rond, comme un lion en cage. Il avalait l'espace autour de lui et en devenait le roi à chaque nouveau mouvement. Prisonnière entre les barrières qu'il créait silencieusement, Celian tenta de calmer sa respiration haletante. Mais rien n'y faisait, son corps tout entier criait au scandale. Tant d'émotions en un seul mois n'était guère supportable pour lui. Le dominant éleva la voix un moment, mais elle ne saisit que partiellement les mots qu'il employa. Elle luttait avec ses propres sentiments, et elle ne savait réellement si la réalité la rattraperait. Seule sa douleur semblait pouvoir lui communiquer quelque chose et la faire réagir. Malheureusement, elle n'était que bien trop secondaire pour lui octroyer une solution. Etait-elle maudite ? Celian sentit son cœur fondre dans sa poitrine. Cette simple question rhétorique eut l'effet dévastateur qui lui était propre. La scientifique était à bout. Elle était trop fatiguée d'être traitée de la sorte par ce destin qui se jouait visiblement d'elle. N'avait-elle pas assez fait ses preuves ? N'avait-elle pas été exemplaire, malgré toutes les occasions qui s'étaient présentées à elle pour faire le mal ? Non, elle était de ceux qui agissaient pour le bien. Et visiblement, ce côté ne rapportait que la souffrance et la solitude. Autant mourir.

Il parlait de candeur, mais il ne savait rien de ce qu'il se tramait en elle. Avait-il la moindre idée de tout ce qu'elle avait traversé ? Et même si, psychologiquement, elle avait pu se battre, son corps, lui, n'aurait certainement pas suivi la cadence. Alors sa panique était peut-être justifiée. Mais peu importait, de toute évidence. Que savait-elle de la situation, après tout ? Que savait-il d'elle, lui ? Elle aurait voulu être indifférente, rester silencieuse, muette comme une tombe. Mais non. Elle n'était qu'un grain de sable dans le néant, et toute sa personnalité semblait le savoir davantage que sa conscience. Elle sentit ses membres trembler violemment, menaçant de la laisser retomber sur le sol comme un pauvre cadavre. Elle ne put contenir le gémissement qui lui tenaillait les côtes. Evidemment qu'elle n'aurait pas accepté cette situation. Qui l'aurait fait ? Mais peut-être aurait-elle simplement pu se fondre dans le bâtiment principal, tel un fantôme, sans pour autant être enfermée dans cette boîte minuscule et sans issue. Elle ne comprenait toujours pas, d'ailleurs, pourquoi sa claustrophobie ne s'était pas durement éveillée.

Question, de nouveau. Comme si elle était en état de répondre à un interrogatoire. N'avait-il donc aucune compassion envers elle ? Ou était-ce le genre humain tout entier qui l'indifférait ? Elle ferma les yeux une seconde, et la disparition de ce décor derrière ses paupières la calma. Pour mieux la heurter la seconde suivante, revenant au galop dans son cerveau. Elle fit un énième effort pour poser sa main à plat sur le mur glacé, humide, trempé, en fait. En se tournant totalement vers Calyxte, elle l'observa un moment. Que lui était-il arrivé pour en être là aujourd'hui ? Elle aurait souhaité le savoir. Elle qui haïssait l'injustice, elle était sûre qu'il en avait fait les frais. Elle se frappa mentalement et mit un terme à cette réflexion stupide. Elle n'était guère là pour se prendre d'affection pour qui que ce soit, et surtout pas pour son geôlier. Sa question lui revint à la tête et elle fronça les sourcils en happant soudain son regard. Protéger. Les protéger.

« La volonté de l'être humain... est bien loin de celle de l'animal. »

Elle parvint à prononcer presque sans bégayer. Elle sentait sa mâchoire s'animer sans aucun contrôle. Elle avait froid. Sa jupe serrée n'avait certainement pas été pensée pour la nuit qu'elle passait actuellement. Si la nuit était bien là. Elle avait perdu dans la notion du temps. Elle observa son interlocuteur s'approcher de la porte et la cogner. Le bruit résonna et réveilla sa douleur, comme un hurlement dans ses tympans qui dévastèrent son crâne tout entier. Elle y mit la main en serrant les dents, lâchant un grognement insatisfait et plaintif. Une vague de larmes lui monta aux joues, mais elles ne parvinrent pas à se répandre sur son visage. Lorsque la douleur sembla enfin s'apaiser, elle se concentra sur ce qu'il venait de se produire. Un homme, ou plutôt une ombre, se tenait devant elle, droite comme un I, immobile. La surprise, le choc. Cette fois, ce fut lui qui prit toute la responsabilité de sa peur, de sa terreur. Pourquoi était-il ici ? Que voulait-il ? Qu'allait-il donc lui faire ?

Celian n'eut qu'un seul réflexe, reculer, le plus loin possible, en essayant de ne pas tomber. Prudemment. Sa main longea le mur à sa droite, alors qu'elle tentait de calmer sa respiration altérée. Mais rien n'y faisait, elle voulait fuir, loin, le plus loin possible. Le mur qui lui cogna la colonne vertébrale la rappela à l'ordre. Il n'y avait aucune issue ici. Un gémissement sortit de sa trachée alors que le coup se répandait dans sa chair. Cette fois, elle ne bougea plus. Et elle se rendit soudain compte qu'elle n'avait parcouru qu'un mètre et demi. Pathétique. Bien insuffisant.

« Qu.. Qu'est ce que vous allez me faire ?! »

Une grimace trahit sa crainte et sa tristesse. Elle plongea finalement son regard dans celui de Calyxte. Et pour la première fois, elle sembla réellement le voir, lui.

« Pourquoi êtes-vous.. comme ça ? Inca.. pable de me donner des indications simples.. Pourquoi dois-je.. passer par ça ? ça.. ça vous plaît de me faire ça ? »

Elle ne saisissait même plus ce qu'elle disait réellement. Elle était juste perdue, terrorisée, désespérée.

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MessageSujet: Re: Icy Abduction | ft. Calyxte Breckenridge   Mar 13 Oct - 21:57


L’observation le met au supplice. C’est un intérêt trop poussé qui s’appose dans les pupilles apeurées de la captive. Une mise à nu qui l’indispose. Le regard se fait de glace et s’ancre à celui qui le dévisage pour palier au trouble qui sévit sous sa chair. La débandade contre le cœur, l’ancien politicien a peur de ses propres failles. Ces défaillances qui le rendent aussi humain qu’elle. Que les autres. Tous ceux qu’il tente de mépriser afin de s’en éloigner. Il erre telle une ombre au milieu de ses semblables, leur ressemble mais refuse de se ranger dans le même panier. Viciée, l’humanité n’a plus aucune valeur à ses yeux. Révolu, le temps où il avait confiance, pardonnait et s’entourait de candeur pour mieux pardonner. Alors au fond, maintenant qu’il se retrouve là, à écraser de toute sa présence la pauvre scientifique, il se fiche du sort du reste du monde. C’est sa vengeance. Fourbe et pourvue d’un égoïsme sans faille. Le trépas pour effacer l’horreur sur sa peau et dans son cœur. La souffrance ancrée dans la chair, et la peur qui prend aux tripes. Le mélange assassin qui régit sa vie, exacerbe ses délires et enlise l’âme dans les méandres d’un détachement hautain. L’ébauche d’un rire cynique s’appose sur ses lèvres, s’accompagne d’un sourire de circonstance. La volonté de l’être humain… Le simple mot fait courir d’irrépressibles frissons contre son échine. Apporte le malaise en son sein et le soldat s’oblige à se redresser. Efface d’un simple mouvement d’épaule le poids qui s’y apposait. « - Vous m’en direz tant. » Les mots restent accrochés à ses lèvres. Lancés alors que ses dents restent dangereusement serrées. Le contrôle pour éviter l’abandon. L’obligation de s’enliser dans un rôle qui lui sied à merveille pour ne pas chuter. Il s’y emploie depuis tellement longtemps que le jeu devient sa vérité. Son quotidien.

L’entrée en scène du Shadowhunter. La promesse d’une libération arrivée plus tôt que prévu. Le bourreau, un rôle dans lequel il n’excelle pas. Et l’inconfort qui résulte de ce simple constat, renforce l’amertume sur sa langue. Elle recule, et lui ne fait qu’esquisser un nouveau sourire. Celui du soldat qui sait, que le repli est vain dans une telle situation. Qu’il n’y a pas d’issue possible. Il n’en a pas eu, quand la mort est venue détruire ses os et sa vie. Celian n’en aura pas non plus. Les éclats d’une noirceur difficile à supporter avant que la lumière ne revienne. Ce n’est que provisoire, un grain de sable dans la machine infernale de ses supérieurs. « - Moi ? Rien, j’en ai bien peur. » Il hausse une épaule, frôle la désinvolture quand sur sa peau des frissons courent. Quelque chose change sur le visage de fer. Les traits de défont le temps d’un battement de cœur. L’ébauche d’une faiblesse latente. La désillusion. L’honneur du soldat bafoué, réduit à s’enliser dans la médiocrité du rôle de bourreau. A se plier à des règles qui lui sont totalement inconnues et qui diffèrent de celles qui furent les siennes pendant treize ans. Il est incapable de lui donner de simples indications parce que lui-même n’en a pas reçu. « - Ce n’est pas par plaisir. On donne des ordres, on exécute. C’est un peu ce que vous allez devoir faire dans les temps à venir. Continuer votre œuvre, mais avec des directives. En fin de compte, ce n’est pas bien compliqué. » Il expose les faits, avec toute la distance qu’il possède. L’assurance de l’ancien politicien se rue de nouveau dans ses veines. La verve en exergue. Et l’ignorance camouflé sous le flegme. « - J’espère pour vous que vos angoisses ne vous empêcherons pas de vous plonger dans vos études. Ce serait fortement désolant. » Souffle-t-il alors qu’il se relève enfin. Lentement, la silhouette se déplie renoue avec sa hauteur écrasante pour mieux toiser la petite scientifique. Les pupilles d’acier la scrutent une nouvelle fois. Comme pour ancrer cette vision pitoyable dans son esprit. Pour ne pas oublier. Se souvenir de cette crainte qu’il a vu courir sur sa peau lors de leur prochaine rencontre. Car il le sait, celle-ci n’est que la première. Le premier acte d’une grotesque tragédie dont ils ne sont que les acteurs.

« -  Je suis navré de ne pas pouvoir rester plus longtemps. Mais la compagnie de ce Shadowhunter vous sera toute aussi agréable. » De l’arsenic dans la voix. Et l’écho d’une moquerie déguisée. Il offre une œillade en direction du Shadowunter resté jusqu’à lors impassible. Le contact est suffisant pour que l’homme sorte de sa léthargie et s’avance vers la scientifique. Calyxte quant à lui, en a assez fait. Assez vu. La porte grince sur ses gonds et se referme sur le soldat. Seul dans un couloir aussi lugubre que la pièce qu’il vient de quitter, il ferme les paupières. Et expire. Lentement. Chasse dans ce seul geste toute la tension venue s’abriter sous sa peau. Le Major n’est plus qu’une ombre. Un souvenir qui l’effleure mais dont il est encore affreusement loin. Effleurer son passé du bout des doigts pour mieux le sentir lui échapper. La faiblesse en nœud contre la gorge, les phalanges qui effleurent dans l’espoir de chasser la corde chimérique. Et dans un raclement de gorge, le soldat s’éloigne. Laisse le bruit de ses pas accompagner sa retraite pour ne pas trembler face au silence et au vide.

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