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 Night Fears [Ft Ezra]

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MessageSujet: Night Fears [Ft Ezra]   Mar 15 Sep - 23:36


« i must be dreaming, or pintch me to waking »



Ezra & Enya
featuring

La journée avait été épuisante, et lorsque vint le moment, enfin, de rentrer, mon corps tout entier cria au miracle. Je quittai l’hôpital, un peu précipitamment, et me dépêchai de rentrer. Je me faufilai parmi les passants, tête basse, n’aspirant qu’à une chose : mon canapé et un bol de soupe.
Une fois ma porte fermée, je soufflai longuement. Chaque fois que je finissais une journée pareille, je doutais de ma capacité à continuer mon internat. Nous avions perdu un patient, au matin. Il avait été admis pour une broutille, était en rétablissement, hier encore il blaguait et racontait ce qu’il allait faire de son week-end. Et puis ce matin, arrêt cardiaque, juste comme ça. J’avais fait ce que j’avais pu pour le ranimer, mais il était parti trop vite pour que quoi que ce soit puisse être fait. Ca m’avait miné le moral le restant de la journée, et le rythme avait accéléré tout au long de ma garde. J’avais juste eu envie de rentrer chez moi, au lieu de ça, j’avais dû courir dans tout l’hôpital. Autant dire que j’étais de mauvaise humeur. Mes tuteurs me disaient souvent que je prenais les choses trop à cœur, que je m’attachais aux patients. Au fond, ils avaient raison, ils n’étaient que des patients, qui venaient et partaient. Pourquoi prendre le risque de s’attacher quand on pouvait les perdre si facilement. Mais j’étais comme ça, chaque patient était mon cas personnel. En voir un mourir était un échec personnel, irréparable. Un de plus.

J’avalai comme prévu un bol de soupe, seul réconfort de ma journée. J’aurais aimé avoir quelqu’un à qui parler, à qui raconter mes malheurs, quelqu’un qui me réconforterait. Mais je n’avais personne comme ça autour de moi. Nathan m’évitait comme la peste, Noah ne serait jamais venu si je l’avais appelé pour ça. Les autres, je n’étais pas sûre de leur faire assez confiance pour me laisser aller sur la mort d’un inconnu. Alors je me morfondais sur les évènements et sur l’injustice de la vie, en général, seule sur mon canapé. Je devrais peut-être adopter un chat, histoire d’avoir un semblant de réconfort. Mais les chats, ça mourait tellement facilement, aussi.
Il était à peine 21h30 quand, lasse de lutter, j’allai me coucher. Je mis un temps à m’endormir, me repassant en boucle la mort de Monsieur Sharon, me demandant ce que j’aurais pu faire de mieux, comment j’aurais pu changer l’issue fatale. Puis, enfin, je sombrai dans le sommeil. Ce ne fut pas mieux que l’éveil, en fin de compte.

Lueur de l’aube, rires lointains, forêt ténue. Casey, au loin, sur ses deux jambes, qui se précipitait vers une forme inconnue, alors que derrière lui, je lui criais de revenir. Il ne m’entendait pas. Ce fut un enchainement de visions surréalistes, sur une autre vie, celle à laquelle je n’avais pas eu droit. J’avais de nouveau 6 ans, une mère, un père, un frère valide. J’avais 24 ans, mon frère venait me chercher à la sortie de l’hôpital. Pas de zombie, pas de gouvernement, pas de Résistance.
Puis les silhouettes devinrent ombres inquiétantes, les passants devinrent murmures, Casey devint fantôme. La nuit devint encre, les murmures devinrent protestations et accusations. La rue devint une ligne de passants aux regards mauvais, mes connaissances en tête. Noah me pointant du doigts, Ellie détournait le regard. Ezra restait là sans rien dire. Ma mère devint mare de sang. Une maison en flammes, la mienne, et mon frère qui mourait en m’accusant, je hurlai, appelai au secours, mais personne ne vint, tous me regardaient en riant. Nathan fit un signe à la foule qui s'éloigna. Seul Ezra restait là, bras croisés. Puis plus rien.

J’ouvrai les yeux avec difficulté. Tout autour de moi était flou, pâteux. Il me semblait que quelqu’un avait toqué à la porte, mais je n’en étais pas sûre. Il devait être le milieu de la nuit, et mon corps refusait d’obéir à mon cerveau. Même mon cerveau n’était pas tout à fait au meilleur de sa forme, de toute façon. Je me sentais encore plus faible qu’en allant dormir, comme si j’étais vidée. Je tentai un geste en direction de la porte, mais chutai de mon lit dans un bruit sourd, et gémit faiblement de douleur. Les ombres étaient toujours là.



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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Dim 20 Sep - 18:10

Les frissons briment l'échine avant même qu'il n'esquisse sa pensée. Un affrontement entre hier et aujourd'hui. Une guerre à mener pour demain. Mais que retrouvera-t-il à son chevet quand l'aube engendrera la suite de cette profane prophétie ? La cendre pour seul tapis et la honte pour unique émotion. Est-ce ainsi qu'il se voit évoluer parmi les hommes ? Est-ce comme ça qu'il compte envisager la succession de jours qui accueillera ses mouvements incohérents ? Il est épuisé. Trop éreinté pour lutter contre cette faim qui le consume heure après heure. Parti précipitamment de l'hôpital, exilé pour la journée à cause de ses ratés, il n'a conscience que de peu de choses depuis qu'il s'est enfermé dans son antre et qu'il attend que la folie trépasse d'elle-même. La vérité, c'est qu'elle ne peut que s'attarder, l'entraîner dans une spirale qui n'a de fin que sa propre perte. L'humain et l'animal s’entre-déchirent pendant des heures. Il finit par errer dans la capitale, tremblant de rage et se lamentant silencieusement sur sa condition, sur tous ces choix qui l'ont conduit ici, dans cet état. Il revoit chaque décision, les évalue, les trie, les scinde comme si ça pouvait encore faire la différence. Revenir en arrière, effacer absolument tout. Repartir du bon pied, éviter de perdre son humanité. Éviter de perdurer dans une époque qui n'aurait jamais dû être la sienne. Rien ne lui appartient sur cette maudite terre. Il n'est qu'une carcasse de plus qui nourrit le noyau d'un système érigé par le sang, par la trahison et le chaos. Il se déteste dans chaque regard qu'il croise et qui semble l'accuser. Les traits rendus fous par cette famine qu'il s'impose, le teint s'évanouissant pour se morfondre en opale et les prunelles incertaines qui convoitent tout mais ne s'arrêtent sur rien. Sa démarche bascule dans une course insolite. Il sait qu'il ne peut pas semer ce qui loge à l'intérieur de lui. C'est une enfant qui le bouscule alors, une gamine qui n'a pas encore atteint sa huitième année. Dans l'horreur du songe qui le brusque, il s'écarte des allées bondées et s'isole pour de bon chez lui. Là où il ne pourra blesser personne.

En désespoir de cause, il fait les cents pas jusqu'à s'épuiser suffisamment pour envisager le sommeil. Il le craint presque aussitôt, connaissant son potentiel de destruction quand le contrôle n'est même plus relatif. L'infirmier s'allonge pourtant, ramène ses bras sur ses yeux. L'harassement mental lui brouille chaque cheminement et toutes ses ébauches de solution s'avortent alors que Morphée l'empoigne brutalement. Il sombre sans résister. Les rêves dans lesquels on le projette, ne sont pas les siens. Des visages se multiplient, des anecdotes visuelles qu'il identifie facilement. Enya au centre de chaque histoire, de chaque terreur. Témoin discret, il reste en retrait. Au creux de ces réminiscences, il éprouve une allégresse déplacée. Une chaleur infectieuse recouvre son âme noircie, glacée. Il s'y plaît, s'y complaît et semble s'ancrer de seconde en seconde à ces souvenirs qui ne le concernent pas, s'incrustant dans ces fantasques délires pour y puiser tout ce qu'il ne possède plus. Dans l'immaculé qu'il salit, il ne réalise évidemment pas qu'il la dépouille de toute énergie. C'est quand le lien est coupé abruptement, qu'il s'éveille finalement. Le coeur battant jusqu'à rompre les parois du thorax, Ezra se redresse. Ses paumes frémissent quand il ôte les couvertures de ses jambes. Il reprend de la hauteur sans attendre la lucidité et sent avec effroi, des forces qui lui faisaient jusqu'alors défaut. Il s'est nourri. Et plus voracement que jamais. La panique pèse sur ses entrailles. Il pense l'avoir tuée, ce n'est pas qu'une certitude. Jamais l'attache ne s'est brisée de cette façon. Il sait ce qu'il a fait. Mais il refuse d'y croire.

Il ne prend la peine que d'enfiler des baskets, gardant son survêt élimé qui lui tient lieu de frusques pour la nuit, il sort traquer l'encre du ciel dans les rues désertes. Chaque souffle semble être volé à celle qui se meurt par sa faute. C'est presque comme s'il pouvait sentir sa vie pulser dans ses propres veines. Il ne peut pas avoir ce nouveau nom sur la conscience, il ne croit pas pouvoir y survivre. Le damné court jusqu'à en perdre haleine et se retrouve dans un quartier qu'il connaît mal et qu'il associe à cette nuit atroce où il a perdu l'aigle au profit du démon. Il pénètre dans la bâtisse en usant de son ombre, jamais il n'a réussi un pareil exploit et pourtant, dans l'anxiété, dans l'urgence, ce pouvoir semble se plier à sa volonté. Il n'hésite pas un instant à entrer chez elle sans même prendre la peine de l'appeler, à quoi bon ? Elle est peut-être déjà morte. Il fonce jusqu'à sa chambre sans la moindre hésitation, ne s'attardant sur aucun détail, pour la découvrir, étendue au sol. Son souffle s'évanouit et il s'entend murmurer « Non... Non... Non... » Le norvégien s'agenouille et pose son index sur la gorge de sa victime. Il sent son pouls mais ne se décrispe pas le moins du monde. Il est faible, atrocement faible. « Merde... » La prochaine insulte se délie dans sa langue maternelle alors qu'il la soulève pour la remettre dans son lit. Tout s'accélère dans sa tête, il en a le vertige. Comment lui rendre de l'énergie ? Dans un espoir fou, il place sa paume sur son poignet et tente de lui rendre mais il se rend compte qu'il est stupide et que sauf preuve du contraire, ça n'a jamais été possible. Les hypothèses se succèdent. Peut-être la faire manger ? A moins qu'elle doive d'abord dormir ? Il ne sait pas quoi faire, alors il reste là à l'implorer d'un regard de le pardonner. Il a plus peur encore qu'elle le fasse pourtant. Il ne mérite pas la rédemption. Absolument pas.


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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Lun 21 Sep - 16:28

Le monde entier n’est qu’un flou sombre. C’est assez étrange, de savoir que l’on vit, mais de se sentir vidée de toute force. J’ai l’impression d’errer dans une espèce d’entre-deux, pas endormie, pas tout à fait éveillée. Consciente, mais trop faible pour agir comme telle. Je sens le sol sous moi, froid, mais c’en est presque réconfortant. J’aimerais me rendormir, sombrer à nouveau dans mes rêves étranges, mais quelque chose, tout au fond de moi, m’en empêche. J’ai la sensation que si je m’endors, je n’arriverai peut-être jamais à émerger. Alors je lutte sans lutter, m’astreignant juste à un état d’éveil minimum, luttant contre….contre je ne sais trop quoi, en réalité. Mais luttant, parce que je crois qu’il le faut.

Des bruits parviennent, lointains d’abord, comme venant d’une autre réalité. Puis plus proche, plus réels, plus tangibles. Il y a quelqu’un qui entre chez moi. Pourquoi quelqu’un entrerait-il chez moi ? Pourquoi maintenant ? Belle ironie du sort, je subis une effraction alors même que je suis trop faible pour voir correctement l’intrus. Il pourra voler à sa guise. J’étais pourtant sûre d’avoir bien fermé la porte. Ca m’apprendra.
Mais l’intrus ne se dirige pas vers les objets de valeur. Il se dirige vers moi. Il s’agenouille et je sens la chaleur d’un contact humain sur ma gorge. Je sais pertinemment quel est le sens de ce geste, parce que je le pratique tous les jours depuis des années : on prend mon pouls. Et j’entends jurer, d’abord distinctement, puis dans une langue que je ne reconnais pas. Et alors que j’entends cette voix, je suis sûre de la connaitre. Mon cerveau embrumé prend le dessus sur ma léthargie et se met à chercher, à faire les connexions. Quand il trouve, dans ma mémoire, l’identité de l’intrus, j’ouvre difficile un œil.

« Ezra…. », je murmure doucement. Je ne peux pas faire mieux que ce murmure pathétique qui franchit à peine mes lèvres. Je ne comprends pas, j’essaie, mais il n’y a aucune logique. Il ne devrait pas être là. Il ne vient jamais dans le quartier, il n’a aucune raison d’être ici, encore moins chez moi, maintenant. Il s’est fait expulser de l’hôpital, plus tôt dans la journée. Il faut croire que la chef en avait assez de ses sautes d’humeur. Sur le coup, j’ai pensé « bien fait ». Et puis j’ai regretté : ce n’est pas juste pour lui d’être ajourné de la sorte. Mais il devrait être chez lui, pas dans ma chambre à me prendre le pouls. Pas avec cet air anxieux, inquiet. Inquiet pour qui ?

« Qu’est-ce….tu…tu fais…ici ? », j’arrive à demander. Lorsqu’il est parti, il a juré qu’il ne remettrait plus jamais les pieds chez moi. Il était tellement en colère, ce jour-là. Et moi je ne comprenais rien. Comme ce soir : lui a l’air en colère, et moi je suis perdue. La vie n’est qu’un numéro de cirque qui tourne en rond. Ca me ferait sourire, si j’avais la force d’esquisser un sourire, mais les nombreux muscles de mon visage font grève. Mon œil se ferme, c’est difficile de lutter. Je sombre quelques secondes, puis émerge, brutalement, de nouveau dans le flou.

« J’ai soif ». Je viens de me rendre compte que ma gorge brûle, comme si j’avais erré en plein soleil pendant des heures. Mais je n’ouvre pas les yeux, je les laisse se reposer encore un peu. Je sais qu’Ezra est toujours là, je le sens à côté de moi. C’est rassurant, en un sens. Terrifiant, en un autre. Je m’en contenterai, pour l’instant ; je n’ai guère d’autre choix.

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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Ven 9 Oct - 0:10

La pénombre marque le pêché, effleurant de sa destruction, les silhouettes offensées. Les fautes s’additionnent dans l’espace inoccupé entre leurs deux carcasses. Des blasphèmes qui se succèdent en secret, à l’ombre de tout regard. Éteindre la cire incandescente pour préserver ce qui s’échappe déjà des recoins abandonnés. Combien de temps avant que le monde ne le découvre ? Son contrôle partiel s’anéantit dans la temporalité. Plus il cherche à distancer sa nature, plus elle le rattrape. Chaque effort est un don pour la perte mais il se refuse à le constater, trop occupé à s’inventer une force qu’il ne possède pas. Trop désireux de croire qu’il peut semer ses penchants dévastateurs. En ramassant les débris de son dernier acte folie, il observe les défauts du plan initial. Le doute ébrèche le dogme des premières heures. Peut-être qu’en reniant ce qu’il est, il attise le phénomène. Peut-être qu’en acceptant l’obscurité, il pourrait mieux en contrôler la portée de l'ombrage. La répugnance trace une grimace sur son faciès, réarrange ses traits tirés. Il ignore s’il est tout à fait prêt à sacrifier ce seul pas qui le sépare concrètement de ce qu’il ne veut pas devenir. Son regard s’effondre sur la silhouette échouée dans une onde fibreuse. Il retient son souffle. N’est-il déjà pas devenu ce qu’il craignait ? Ce n’est pas sa première victime, sans doute pas la dernière non plus. Et pourtant, celle-là compte. Innocente, insouciante et dans l’effroi, il note aussi cette composante radicalement humaine mais tout autant insensible. Il la connait, elle. Dérober la vie d’un anonyme taraude moins la conscience que celle qu’on a côtoyé. Et dans ce cas précis, celle qui lui a tendu la main alors que naufragé et déjà damné, il devait succomber à ses plaies. Son manque de méfiance lui a collé un démon aux talons. Peut-elle seulement s’en apercevoir ?

Son prénom raisonne dans la pièce. Faiblement, quasiment dématérialisé. L’intitulé d’une résurrection qu’il écorche chaque jour un peu plus. Consciente alors, c’est autant un soulagement qu’une nouvelle angoisse. Ezra hésite à allonger un bras vers la lampe de chevet afin d'inonder leur espace de lumière. Il pourra toujours prétendre au rêve si la pénombre le noie dans un tourbillon de vertiges. Elle est suffisamment sonnée par son manque de vitalité pour ne pas pouvoir différencier cauchemar et réalité. Sa question le désarçonne toutefois. Elle n’a sans doute jamais compris qu’il hante ses rêves de façon constante pour la dépouiller de toute énergie. Sait-elle seulement vraiment ce qu’il est ? Pour gagner du temps, il s’entend lui répondre avec sarcasme. « Je suis venu arroser tes plantes. » Mais il ne peut pas se montrer odieux avec elle. Pas après avoir engendré cet état. Il reprend l’air pour le disperser de façon plus posée. « Ça n’a pas d’importance. Il faut que tu te reposes et que tu te taises. N’essaie pas de te lever surtout. » Et maintenant ? Pendant un court instant, il se voit la transporter aux urgences. Mais qu’expliquera-t-il au personnel ? Il n’est même pas capable d’inventer un mensonge correct à Enya, qui pourrait-il tromper là-bas ?  La peur le débusque. Il ne veut pas qu’Ellie conclut l’impensable en le voyant débarquer en pleine nuit avec la brune dans ses bras. Il se perd dans ses cheminements jusqu’à ce que sa victime se remette à parler. Une requête qu’il accepte sans broncher.

Il se redresse sans un mot et tente de dénicher un verre dans la cuisine. Il renverse nombre d’objets dans la précipitation. Ses mains tremblent encore quand il remplit le récipient. Et si elle venait à mourir alors qu’il s’est éloigné ? Il revient dans la chambre le plus rapidement possible mais à peine eût-il mis un pied dans la pièce que le canon d’un flingue s’appuie contre sa chair, pile entre ses omoplates. L’ancien peacekeeper se fige dans l’embrasure de la porte. « Plus un geste où je tire ! » annonce l’intrus. Un voleur ? « J’ai vu la porte grande ouverte, je me suis douté que quelque chose clochait. Mademoiselle Rivers, tout va bien ? »  Pire, un voisin armé. « Qui êtes-vous ? »  « C’est à moi de vous poser cette question ! Je suis … Un collègue. Elle ne va pas bien, elle avait besoin de… » L’homme le force à avancer d’un coup de crosse sur l’épaule. Le scandinave grogne à son encontre tandis que son assaillant s’avance pour atteindre l’interrupteur. Le plafonnier aveugle l’infirmier sans plus de cérémonie. La tension court davantage entre eux quand l’homme voit la jeune femme livide, faible. Il ne croit pas un seul instant le début d'explication du damné. Ezra l’a déjà compris. Il pourrait toujours… Non. Il fait taire cette voix macabre et se concentre sur la propriétaire des lieux. Elle a tout intérêt à se manifester avant que ça ne se termine dans un bain de sang.

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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Jeu 15 Oct - 23:34

Il est venu arroser mes plantes. Si j'en avais la force, je lui aurais offert une remarque bien cinglante. En plus, j'ai même pas de plantes. Mais au lieu de cela, je lui offre une grimace qui dit "fous-toi de moi". Ezra est inhabituellement doux et attentionné envers moi. Je devrais en profiter un peu, bientôt il risque de redevenir l'homme mesquin et narquois. Mais en cet instant, alors qu'il me dit de me reposer et de me taire, il est comme celui que j'ai trouvé échoué cette nuit-là et qui a passé des jours entiers dans mon appartement. Apeuré, mais gentil. L'homme auquel je me attachée malgré moi pendant des semaines, avant que ma question ne brise cet équilibre fragile qui s'était installé. Ironie du sort, c’était moi en position de faiblesse ce soir, et lui qui avait accouru à mon secours. Mais il semblait plus apeuré par ma condition que je ne l’étais moi-même. Je le vis plus ou moins se lever et se diriger vers la cuisine. Des objets tombèrent, quelque chose se brisa au sol. Il allait mettre mon appartement à sac avec sa maladresse, j’étais déjà un peu juste en vaisselle, mais si en plus il en fichait une partie en l’air…Pendant qu’il était parti, j’essayais de reprendre le contrôle de mes muscles, sans grand succès. J’étais d’une faiblesse pathétique. Et puis, Ezra m’avait dit de me taire et de ne pas essayer de me lever. Me taire, je ne promettais pas de m’y tenir, mais rester allongée me semblait une idée sensée.

J’entends le jeune homme revenir dans la chambre, mais un deuxième bruit de pas le suit et tout à coup, une voix s’ajoute au tableau. Pas franchement sympathique. Je reconnais la voix de suite : c’est monsieur Hale, le voisin. Un homme d’une cinquantaine d’années, qui vit seul, du genre un peu solitaire, mais quand on a brisé la carapace c’est un homme adorable. Ancien policier, reconverti dans l’administratif après une balle perdue. On a sympathisé le jour où je lui ai rapporté son chat qui avait fui, scène de vie terriblement clichée. Il a dû entendre Ezra rentrer, ou alors il a été interpellé par le boucan qu’il a fait dans la cuisine. Toujours est-il qu’il doit avoir sorti son fusil, les habitudes sont coriaces. Et le pauvre Ezra en fait les frais. Il tente une explication, bafouille, et tout à coup, la lumière. Aveuglante, douloureuse. Je gémis pendant une demie seconde, avant que mes yeux s’habituent. La situation est en train de dégénérer sérieusement, et Ezra ne semble pas très doué en désamorçage de scenario houleux. Au temps pour le Peacekeeper. Je rassemble des forces et parle d’une voix forte.

« Ca va, Monsieur Hale. Juste un malaise, la fatigue. Ca va aller. Ezra est infirmier, c’est…c’est un ami. »

L’est-il ? J’aimerais le croire, mais en réalité, la relation que l’on partage me semble bien loin de l’amitié. On aurait pu. Mais c’est plus simple de dire cela à mon vieux voisin que d’expliquer les tenants et les aboutissants de l’histoire qui me lie à Ezra. De toute façon, j’aurais été à bout de souffle avant la fin du premier acte.

« Un ami hein ? J’ai bien l’impression qu’il a forcé la porte, quand même. Vous l’avez appelé ? »

Non. J’ignore complètement comment il a su, comment il est venu, comment il est entré. Je n’ai pas de réponse, Monsieur Hale. Mais là, dans l’immédiat, je vais vous mentir, une fois de plus, alors pardonnez-moi.

« Je….Oui, c’est ça. J’apprécierais que vous ne lui tiriez pas dessus, il est là pour m’aider. »

J’essaie d’accompagner ma tirade d’un faible sourire. Du coin de l’œil, je vois Monsieur Hale me regarder, puis regarder Ezra. Il est méfiant, évidemment. On est aussi louches l’un que l’autre. Il baisse légèrement son arme, puis se gratte le front.

« Si vous n’allez pas bien, Mademoiselle Rivers, il faut vous amener à l’hôpital, non ? Ce serait plus sûr, vous avez l’air mal en point et je ne vois pas trop ce que votre ami pourrait faire d’ici. »

Ah oui, l’hôpital. Ca ne m’avait même pas traversé l’esprit tiens. Il faut avouer que j’y passe le plus clair de mes journées, dans cet hôpital, alors si je pouvais éviter d’y passer aussi mes nuits, ça m’arrangerait. Mais vu mon état, ce serait peut-être plus sage. Pourquoi Ezra ne l’a-t-il pas évoqué, d’ailleurs ? je tourne un regard interrogatif vers l’intéressé.

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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Jeu 29 Oct - 2:36

L’eau ondule au creux de sa paume. Elle cogne contre ce verre qu’il tient toujours fermement dans sa main. Le léger clapotis aspire ses inspirations, il rythme le pouls dérangé par une démence propre à son héritage génétique. Propre à la violence exercée par le passé. Propre à la nature farouchement ancrée. Il aimerait le bousculer. Le désarmer serait presque trop simple. Son ombre semble déjà remuer contre ses semelles mais l’étincelle achemine dans la gorge autant de raisons que de culpabilité pour réprimer l’instinct et accepter la civilité. Enya allonge quelques notes dans l’environnement sonore étonnamment aphasique, des bredouillements qui amorce la paix ou la souhaite du moins. Elle aurait pu le dénoncer, l’accuser ou demeurer sincère mais elle repousse la menace de sa force défaillante. Il ne comprend toujours pas pourquoi elle se donne autant de mal. Sa naïveté l’égare sur de mauvais sentiers, forêt noire aux écorces ébréchées. A croire qu’elle ne craint pas l’obscurité alors qu’elle s’abat perpétuellement sur elle. Ezra ne peut se permettre une analogie facile mais pourtant, elle habite déjà ses pensées. Cette autre humaine a la capacité de survie ridiculement réduite. Doivent-elles toujours succomber à de morbides pulsions ? Qu’est-ce qui peut les empresser de renoncer à leur propre mortalité ? Il les envie secrètement pour tout ce qu’il n’est plus et les maudit de gaspiller leurs chances en offrant une confiance déplacée aux plus mauvais démons. A croire qu’elles n’ont traversé que des océans sans courant, à croire que le vent à encourager leur carcasse et que rien n’est venu perturber leur cap. Ont-elles été épargnées ? Pour celle qu’il fixe avec incertitude, il l’ignore. Pour celle qui hante son esprit seconde après seconde, jour après jour, il est certain de la réponse. Ce qui n’amène qu’à plus de questions. Mais Ellie est une énigme qu’il ne doit pas chercher à déchiffrer à cette heure inopportune et dans un lieu aussi inapproprié.

Les échanges se font sans son intervention. Il compte ses chances, réévalue ses possibilités et entretien son imagination en se voyant projeter le contenant sur l’intrus afin de lui ôter le revolver des doigts. Une suggestion s’invite de la bouche de l’étranger et s’entretient dans la rétine qui l’interroge. Il compose sa réponse en fracassant ses songes d’une lame glacée. Le sang doit être froid, aussi hivernal que la voix. « J’ai la situation bien en main, c’est inutile. Elle a juste besoin de repos. Il n’est pas nécessaire d’encombrer les urgences pour si peu. » Son égoïsme l’étouffe mais il fait semblant de ne pas sentir le poids de cette responsabilité lui broyer les bronches. « Je veille à ce que son état reste stable. » Il ne veut pas se justifier et le mépris se marque sans mal dans son ténor fragmenté par l’excès de confusion. L’homme n’apprécie pas son effronterie. La bombe n’a pas été totalement désamorcée, le flingue reste dans la paume. « Vous êtes trop pâle. Vous devriez consulter un médecin. » Le norvégien s’impatiente et déteste cette exclusion absolue de la discussion. « Je viens de vous dire que… » Il se retourne brusquement, élève le ton sans parvenir à se contrôler propulsant entre eux; une tension manifeste, glorifiant les braises d’un nouveau bûcher. Son opposant redresse spontanément l’arme et tout s’enchaîne sans leur accord. Le canon percute le verre dans une mauvaise coordination de mouvements, l’infirmier le relâche, surpris par le choc entre les deux matériaux. Il éclate au sol et bouscule l’adversaire. La gâchette est enfoncée quand les fracas retentissent. Par chance, dans le chaos, la trajectoire se fait hasardeuse. La balle se fiche dans l’épaule du scandinave, il bascule, se rattrape au meuble le plus proche en retenant ses cris. Le sang ébène macule déjà son bras.

Avant que l’autre ne puisse en tirer des conclusions et avant qu’il se remette de la surprise pour répéter un acte tout aussi insensé, l’ancien peacekeeper se jette sur lui, usant de son expérience passée dans la milice pour parvenir à ses fins. Il lui arrache son arme au prix de douleurs lancinantes le long de son membre blessé. D’un coup de crosse bien placé, il l’assomme ultimement en soufflant pesamment, essoufflé, la main repliée sur l’hémorragie. « T’en as d’autres comme ça ou c’est le seul qui se croit assez malin pour se balader avec un flingue ? » ajoute-t-il à l’attention de la spectatrice inattendue. Ses chaussures martèlent le verre éparpillé alors que ses doigts se pressent toujours plus sur la plaie en tenant maladroitement le pistolet réquisitionné. « J’espère que tu as la décence de posséder du matériel médical ? » Il recule jusqu’à pouvoir s’asseoir sur le matelas près d’elle afin d’analyser les dégâts. Il ôte sa paume de l’impact. La balle n’est pas ressortie. Il grogne. « Reste allongée mais dis-moi où je peux trouver de quoi me recoudre. Il faut que je ramène ton adorable voisin de là d’où il vient. » Avec un peu de chance, la cicatrisation sera rapide. Mais depuis quand croit-il pouvoir compter sur sa bonne étoile ? Elle a dû s’éteindre des décennies auparavant et ne manifeste plus le moindre égard pour une âme vouée au vice et à l'échec.

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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Jeu 5 Nov - 23:29

Les choses ne sont pas toujours comme elles devraient être. Et elles sont rarement comme l’on voudrait qu’elles soient. Cette soirée en est un bon exemple, alors que je vois le chaos se déchainer devant mes yeux impuissants. Mon voisin est une tête de mule, ancien flic oblige, et il se heurte à un autre record d’obstination en la personne d’Ezra. L’aide-soignant essaie de rassurer Monsieur Hale comme je l’ai fait, assurant qu’il a les choses en main. Pour être honnête, je ne suis pas sûre que ce soit vraiment le cas ; il a plutôt l’air dépassé, pour le coup. Il donne le change, fait comme s’il savait exactement ce qui se passait et comment y remédier, alors que cinq minutes plus tôt il me parlait quasiment paniqué. Mais je le laisse mener son petit jeu, en espérant qu’elle fonctionne, et que Monsieur Hale laisse enfin tomber. Si tout ça persiste, cela risque de dégénérer.

J’ai à peine le temps de voir cette pensée traverser mon esprit que tout dégénère effectivement. Dans un concours de circonstances que je ne comprends pas, en deux secondes de temps, le verre d’eau qui m’était destiné se suicide dans un bruit de verre horrible, un coup de feu part, Ezra assomme mon voisin. Pendant plusieurs secondes je suis sonnée, et quasiment sourde à cause du coup de feu. Paniquée surtout, ma gorge affaiblie arrivant subitement à lâcher un cri assez puissant pour exprimer le sentiment qui m’anime. Je me recroqueville un peu plus, fermant les yeux. Mon appartement est en train de se transformer en scène apocalyptique. Quand je les rouvre, Ezra est revenu près de moi, et il me lance une remarque acerbe dont il a l’habitude. Là, on a retrouvé notre Reilly national. Finies les attentions, il est redevenu amer et sarcastique. Au temps pour le semblant d’espoir que j’avais. Je lève les yeux vers lui ; il est blessé à l’épaule, ça a l’air plutôt sérieux.
« Tu l’as…il est vivant ? Tu vas bien ? Bon sang c’est quoi ce bordel ? »
Mais il ne répond, déjà loin, écrasant les éclats de verre qui gémissent de manière lancinante sous ses semelles. Mon tympan se vrille un peu plus. Il me demande si j’ai du matériel médical. Il me prend pour qui ? Une débutante ? Je soupire.

« Non, je me soigne aux plantes. Essaie la verveine. »

Ezra s’est assis, souffle, grogne. Il semble souffrir beaucoup, alors je décide d’arrêter mes sarcasmes. Il s’en chargera très bien à lui tout seul. Je n’ai pas la méchanceté nécessaire pour l’instant. Le médecin en moi voudrait tellement l’aider, voir l’ampleur des dégâts, le panser. Quand il était dans son état pitoyable, quand je l’ai trouvé, j’ai passé des heures à lui appliquer des pansements, à soigner ses plaies, à le tenir conscient surtout. Regardez-nous ce soir : deux idiots trop faibles pour s’entraider. Un médecin qui ne sert à rien et un sauveur qui aurait bien besoin d’être sauvé. D’un geste, je lui désigne la commode près du lit.

« Dans le tiroir du haut, il y a une trousse de premier secours. Pansements, désinfectant, ciseaux, compresses. Mais je ne sais pas si ça suffira. Tu t’es pris une balle, Ezra, allons à l’hôpital ok ? On dira que je t’ai tiré dessus par accident quand t’as débarqué pour m’aider. On inventera un truc. »

Quoi, je l’ignore, peu importe, on trouvera. Mais il perd du sang, et je gagne des forces uniquement petit à petit. A ce rythme là, il sera déjà mort vidé de son hémoglobine avant que j’aie recouvré la force de me lever. Et je devrai expliquer pourquoi j’ai un aide-soignant mort dans ma chambre et un voisin inconscient pas très loin. L’interrogatoire risque d’être drôle. Sans compter que je ne me le pardonnerais jamais. Une peur presque panique s’empare de moi à l’idée qu’il puisse réellement être en danger. Et si tout ça se finissait mal ? Ce n’est pas ce que je veux. Mais les choses sont rarement comme on voudrait qu’elles soient, pas vrai ?

« Ne meurs pas dans mon appart, ok ? Monsieur Hale ira bien, mais ne meurs pas. J’ai évité ça une fois, ce n’est pas pour que tu réussisses la deuxième ».

C’est sorti presque inconsciemment de ma bouche, dans une expiration à peine audible. Mais l’idée est là. Je l’ai sauvée, il n’est pas question qu’il lui arrive quelque chose à cause de moi. Malgré toute la difficulté de notre relation, malgré toutes ses méchancetés et sa froideur, malgré tout, je tiens à lui. Il reste cet homme que j’ai ramené du trou qu’il s’était fait pour mourir. Et maintenant le revoilà, blessé. Tout cela ne serait pas arrivé s’il n’avait pas débarqué en pleine nuit pour me porter secours. Parlant de ça, j’ignorais toujours comment et pourquoi il avait débarqué chez moi. Tout cela devenait trop étrange pour moi. C’était tellement surréaliste que ça ressemblait à une mascarade, un mauvaise film d’horreur ; ne manquait plus qu’un psychopathe déguisé en pirate, planificateur de tout ce chaos, qui arrivait en ricanant pour mettre mon sang dans une fiole afin de célébrer un rituel ancien destiné à ressusciter Barbe Noire, vous savez, le genre de film qu’on regarde à Halloween après avoir découpé une cucurbitacée et mis une bougie dedans. Je faisais ça quand j’étais petite. Je n’ai jamais compris le sens de toutes ces traditions d’ailleurs. Aujourd’hui elles sont perdues. Les gosses ne vont plus jeter des sorts, les sorcières ne sont pas que des légendes, le film d’horreur se passe sous nos yeux. Peu importe, je divague.

« Tu n’as pas répondu à ma question, Ezra. Qu’est-ce que tu fais ici ? »

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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Mar 10 Nov - 23:37

Le rire se coince entre la trachée et les amygdales. A une époque, il aurait pu se noyer dans sa propre hilarité devant un ridicule aussi rocambolesque. Son regard balaie le gisant au sol, le flingue accostant toujours sa paume, l’hémoglobine maculant continuellement sa chair. Il revient ensuite se poser sur sa victime, calée dans ses oreillers avec un pouls trop faible, une conscience fragmentée et un tas de questions embarrassantes aux lèvres. Ce sursaut d’humanité l’a propulsé au seuil de la démence. L’ironie est totale. Du papier de verre pour écorcher ses nerfs, le résultat d’une conscience erratique qui se rappelle à lui par spasme compulsif, qui cherche à influencer ses actes pour réparer des dommages permanents. On ne guérit pas de ce qu’on est après tout. Ses prunelles chutent sur ses mains. Jour après jour, il tente de palier à chaque geste emprunté au chaos. Chaque mouvement, chaque réaction qui l’amène à franchir des barbelés imposés pour s’enfoncer toujours plus profondément dans ses enfers. Il court dans ces landes embrumées à la poursuite d’un fantôme esseulé et traque seulement la nuit au lieu de s’offrir au jour qui doit encore se lever. Mais c’est à ça qu’il est réduit depuis qu’on lui a coupé les ailes. Il le sait mais ne l’accepte pas. Ses phalanges craquent alors qu’il exerce une pression démesurée sur ce poing qu’il ne brandira pas. Combien d’erreur devra-t-il aligner avant qu’il ne se résigne réellement à arrêter de combler des brèches résolument ancrées ? Le norvégien ferme les paupières quelques secondes, se rassemble en concentrant son attention sur sa respiration éparse et éprouvée par sa grinçante lassitude. L’air s’engouffre dans son larynx, grésille, presque indigné de devoir alimenter cette monstrueuse entité. Il soupire alors que son hôte reprend les hostilités là où il les avait arrêtées.

Ezra ne peut retenir son agacement. L’épaule démantelée par la douleur, l’esprit assailli par le remord et plus encore, par cette rancune tenace entretenue par la seule vision du justicier raté reposant à ses pieds. « Tout va à merveille, ça ne se voit pas ? » grogne-t-il abruptement en resserrant sa prise sur sa plaie. Un ricanement sinistre lui échappe alors qu’elle prend le temps de se jouer de lui au milieu de cette mascarade. « Ça expliquerait bien des choses. » Il marque son mépris en la fusillant du regard avant de se relever prudemment quand elle lui donne quelques indications spatiales sur les objets qu’il réclame. Il fait quelques pas avant de faire volteface pour contrer la fin de sa tirade. Sa langue acerbe claque contre son palais alors qu’impitoyablement, il la considère avec sévérité. L’improvisation s’avère périlleuse. Pire que le discours décousu de la jeune femme, l’essence ébène qui trace de longs sillons sur sa peau, porte préjudice aux apparences à entretenir. Il ne veut rien laisser au hasard. « C’est ça, allons à l’hôpital. Je ne doute pas que tu parviennes à les convaincre de ta maladresse et de ton imprudence naturelle. Cependant, je sais très bien ce que je fais et je n’ai pas besoin d’eux, ni des conseils d’une personne qui n’a même plus assez de force pour réfléchir de façon censée. Garde ton oxygène, t’en auras besoin survivre. » Est-elle à ce point dans le déni ? Elle ne peut pas ignorer ce que la morsure a impliqué  le soir où elle a sorti son âme décharnée du Styx pour l’offrir à cette terrifiante damnation. Jusqu’où son innocence a pu être préservée dans cette apocalypse ?  Sa naïveté l’irrite. Il se détourne d’elle pour s’intéresser à la commode qu’elle lui a indiquée.

Il dépose le flingue sur le meuble le plus proche avant de sortir les ustensiles nécessaires du tiroir. Il les analyse calmement. « Et c’est tout ce que t’as ? » peste-t-il. Rien pour déloger la balle. L’infirmier cale la trousse de secours sous son bras en offrant à leur environnement sonore un rire froid, ironique, dénué de chaleur. Il déteste qu’elle lui rappelle cette dette qu’il ne pourra jamais effacer. Surtout pas en continuant de la vider de son énergie de cette façon. « Ne t’en fais pas, avant que la mort ne frappe, j’aurai la décence de me déplacer jusqu’au palier pour y crever en paix. » Le scandinave s'assure que le voisin est neutralisé pour un bon moment tandis que sa comparse continue à presser les ombres contre sa rétine. Il lui accorde un unique coup d’œil. « J’aurais cru que depuis le temps, tu aurais deviné. Tu ne possèdes décidément aucun esprit de déduction ou tu le fais exprès ? T’as qu’à réfléchir à ça pendant que je m’occupe de réparer les dégâts que ton prétendu sauveur a causé. » A ces mots, il emprunte la première porte qu’il juge mener à la salle de bain. Et par chance, sa déduction s’avère exacte. Il pose la trousse devant lui, en contemple le contenu avec perplexité avant de rebrousser chemin jusqu’à la cuisine, il y déniche un couteau et abandonne l’idée de chercher après une autre alternative déjà rendu confus par les débuts de ce qui pourrait être une anémie. Il n’est en rien surpris quand il découvre que ses mouvements se font de plus en plus imprécis alors qu’il regagne la salle de bain d’une démarche peu assurée.

Sans attendre, il cale la lame dans sa plaie, en évitant de penser à la souffrance irradiant de part en part. Il étouffe ses plaintes en se mordant la langue à sang alors qu’il élargit malencontreusement la blessure pour trouver le bout de la balle au fond de la cavité ensanglantée, afin de l’extirper. Il rate sa manœuvre à deux reprises, sa patience s’émiette, sa tolérance à la douleur également. La peur s’insinue alors qu’il charcute sa propre chair, la peur de faire encore pire au coup suivant. Il tremble littéralement quand sa seule option s’impose. La seule solution entrevue qui puisse lui assurer la maitrise qu'il ne possède déjà plus, de ses propres moyens. Il déploie une compresse sur sa lésion et les nouvelles mutilations qu’il lui a apportée. La nausée secoue sa carcasse entière tandis qu’il retrouve la chambre d’Enya pour lui poser sa question d’une voix empreinte de dégoût. « Tu as de l’alcool quelque part ? » Il adosse son épaule à l’encadrement de la porte pour reposer son organisme de plus en plus affecté par l’hémorragie. Dire qu’il venait de se nourrir et se sentait relativement en forme. Tout ça pour ça.  

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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Sam 21 Nov - 22:40

Je crois que si j’en avais eu la force, j’aurais balancé une claque bien sentie à Ezra. Chaque phrase que je prononce, il y répond par un sarcasme méprisant. Alors je me tais, n’osant pas sur-réagir. Je garde mon oxygène, comme il dit. Il pense que je ne suis pas en état de réfléchir ; il se plante complètement. Je suis tout à fait en état de réfléchir, c’est d’ailleurs plus ou moins la seule chose que mon état me permette. Mon cerveau tourne à plein régime, puisque mon corps semble avoir abandonné la partie il y a longtemps déjà. Je réfléchis à une façon de se sortir de ce cirque, de ramener mon pauvre voisin chez lui sans encombre, de soigner Ezra, de me soigner moi. Mais plus je réfléchis, moins je vois d’issue salvatrice à notre situation. Il semblerait que chaque minute qui passe nous plonge un peu plus dans le chaos. Je me demande ce qui pourrait arriver encore, qui empirerait tout ça. Ezra semble bien calme, trop calme pour quelqu’un qui s’est fait tirer dessus et qui se retrouve avec une balle coincée dans l’épaule. Peut-être bien qu’il sait parfaitement ce qu’il fait, aussi bien qu’il le dit, après tout. Je ne sais pas si c’est rassurant ou effrayant.

« Et c’est tout ce que t’as ? ». La question, purement rhétorique, est empreinte à la fois de colère et de mépris. Je souffle.

« C’est du premier secours, Ezra. Pas adapté à une blessure par balle. J’avais pas franchement prévu une blessure pareille chez moi. Je prendrai ce qu’il fait, pour la prochaine fois. »

J’aimerais bien voir la tête de sa trousse de premier secours, à lui. Comme s’il avait un nécessaire de chirurgie à disposition. Je sais pourtant que ce que j’ai dans ma trousse ne présente rien qui puisse extraire une balle. Une envie de m’excuser pour l’absence de nécessaire s’immisce dans mon esprit, mais je la refoule. Je crois que j’en ai fini avec les excuses pour ce soir ; de toute façon, pour ce qu’il en fait, c’est de la salive gâchée. Il arrive même à faire une pointe d’humour, m’assurant qu’il ira jusque sur le palier. Je souris, malgré moi. Au fond, c’est presque gentil ; au point où j’en suis, je me raccroche à n’importe quelle marque de gentillesse chez Ezra. C’est d’une stupidité profonde. Enfin, il daigne répondre à ma question initiale, à savoir sa présence ici. Enfin, y répondre est un grand mot. Mais ses paroles accélèrent encore le régime de mon cerveau. Qu’est-ce que j’aurais dû deviner ? Que veut-il que je devine ? Je n’ai pas le temps de lui poser une autre question qu’il est parti à la salle de bain, sans un regard dans ma direction. Maintenant serait peut-être le bon moment pour mourir, histoire qu’il se sente un minimum coupable de son comportement envers moi. Je lui en veux, d’une colère sourde. Qu’il ignore, ou dont il n’a rien à faire. Je pencherais bien pour la seconde solution.

« J’ai un putain de talent pour rencontrer des mecs ingrats », marmonné-je entre mes dents.

Des grognements et gémissements étouffés me parviennent de la salle de bains. Il souffre, clairement, et je sais très bien ce qu’il est en train de faire. Il essaie de s’extraire la balle. Je n’ose imaginer la boucherie qu’il fait endurer à son propre corps. Bon sang, tout ça pour éviter l’hôpital et les questions dérangeantes ? Qu’est-ce qu’il veut éviter à ce point ? Au point de me laisser crever, de se laisser crever ? Je suis bien tentée de l’appeler, de lui demander si ça va, mais je sais que c’est une mauvaise idée. Alors j’attends patiemment, tentant de me redresser. Quand il ressort de la salle de bains, lentement, j’ai réussi à me mettre sur un bras, sur le côté, et je le regarde. Il me demande si j’ai de l’alcool. Pour quoi faire, cautériser la plaie, ou le boire et se donner du courage ?

« Dans le congélateur, il y a une vodka. Il doit y avoir un Coca dans l’armoire juste à côté, si ton truc c’est les mélanges. »

J’esquisse un sourire, qui ne dure pas longtemps. En le regardant, là, je viens de faire une connexion. J’aurais dû deviner. C’est comme si c’avait été là, dans un coin, mais que ça n’avait jamais voulu accéder à ma conscience. Je repense aux avertissements d’Ellie sur la dangerosité d’être avec lui, à cette nuit où je l’ai trouvée, à sa réaction quand j’ai demandé pour sa blessure. A ces jours horribles de souffrance et de cris. Je crois que j’ai deviné. Et je ne sais pas si c’est une bonne chose.

« C’est en rapport avec ta blessure, pas vrai ? Celle dont je t’ai parlé et qui fait que tu es parti, et que tu es infect avec moi depuis. J’ai cru que c’était, je sais pas, une histoire de famille douloureuse, un règlement de comptes, un passé que tu voulais oublier. Mais en fait, c'est plus que ça. Les rumeurs ne sont pas totalement fausses, je présume. T’as été blessé par un de ces trucs qui est en dehors de la ville. Et ça t’a transformé en quelque chose d’autre. »

Les gens savent qu’il existe des « non-humains » au sein de la Nouvelle Orléans. Des gens aux pouvoirs surnaturels, qui oeuvrent parfois pour le mal, qui sont parfois dangereux. Mais à partir de ce fait, les rumeurs sont multiples. On dit que ceux qui survivent aux créatures hors des murs deviennent ces êtres plus tout à fait humains. Certains parlent de changement de forme. D’autres disent que ces gens sont déformés, qu’ils se terrent pour ne pas être reconnus. D’autres encore qu’ils peuvent tuer rien qu’en pensant. Certains parlent d’ombres qui se promènent sans propriétaire. Je n’y fais pas attention, d’habitude, je suis médecin, je crois en la science. Mais un doute s’est immiscé en moi ce soir. Se pourrait-il qu’Ezra, avec son apparence totalement humaine, avec ses comportements purement humains, soit l’une de ces personnes surnaturelles ? Et que c’est pour ça qu’il me rejette, parce que j’ai posé la question ? Un rire hystérique sort de ma gorge malgré moi, et se répand dans ma chambre. Des mois que je me torture pour savoir ce que j’ai pu faire de si horrible pour que son attitude change du tout au tout. Et en fait, c’est juste parce qu’Ezra Reilly ne voulait pas que je sois au courant de son véritable état. C’est d’un ridicule sans nom. Mon rire se transforme en un demi-sanglot, incontrôlable.

« Si c’est ça, alors t’es un sacré crétin. », soufflé-je avant de m’essuyer la larme qui coule sur ma joue et de détourner le regard. J’ai juste envie que cette nuit se termine.

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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Ven 27 Nov - 3:07

Les doigts retiennent la compresse, le souffle devient épars. La tête roule, rencontre le cadre de la porte. L’anémie ne remet pas en cause son état. La perspective qu’il s’est imposé en revanche, joue pleinement son rôle dans cette tragédie des plus risibles. Lâcheté, faiblesse, couardise. Tous ces termes s’appliquent à ce seul geste. Désormais dénuée de toute saveur, la liqueur n’en devient que plus méprisable et insensée, alliée à cet organisme trompé et trompeur. Le venin pourrit dans l’esprit, il alimente le cœur dissocié de cette réalité. Combien de verres à attraper ? Combien de gorgées à endurer avant de calmer les nerfs ? Combien de gouttes sur la langue avant que les mains ne cessent de trembler ? La dernière fois qu’il s’est permis l’excès pour contrer le mal être, la seule fois où il s'est permis de mimer cette décadence, il a dû en abuser. Le sang vicié dilue les effets. Il faut aller plus loin pour espérer prétendre à l’ébriété. Quand la conscience met plus de temps à s’assoupir, les démons ont la dent plus longue. Un soupir en entraine un autre, la lassitude lui fait contempler l’intérieur de cette chambre avec une grande indifférence. Pourquoi est-il seulement venu ? Un sursaut d’humanité ? A quoi bon ? Il ne fait de toute façon plus de mal que de bien et la preuve en est avec le corps gisant aux pieds de la brune. L’infirmier grimace quand il remue juste assez pour réveiller plus ardemment encore les lancements de l’épaule. Quand l’hémoglobine se faisait encore vermeille sur la chair à vif, les problèmes se faisaient moindres. Il pourrait aller voir Ellie. Lui demander de l’aide. Non, il ne pourrait pas. Pas à cette heure, pas après tout ce qu’il s’est passé, tout ce qu’ils se sont dit. Tout ce qu’ils ont fait, tout ce qu’ils ne sont plus censés être de toute façon. Ezra ferme les yeux, dérange ses traits de cette mélancolie persistante. Il ne sait déjà plus ce qui est le plus douloureux entre la blessure et l’absence.

La délivrance semble aussi proche que coûteuse quand Enya balance dans l’air avec sarcasme l’emplacement du vice. Les paupières invitent à nouveau la lumière. Raide, il salue sa réponse d’un seul signe de tête et s’apprête à aller récolter l’essence même de tout pêché quand l’air s’encombre à nouveau de la voix voisine. Il la fixe d’abord avec incrédulité avant que la froideur ne se transforme peu à peu en honte, en colère. Ses yeux se détournent lâchement alors que les pièces s’assemblent enfin pour celle qui a vécu dans une naïve ignorance pendant bien trop longtemps. « Qui est le plus crétin de nous deux ? Il t’a fallu combien de temps pour comprendre ? Tu te dis médecin et tu n’as même pas réussi à reconnaitre la morsure ? A l’associer à ce qu’il se passe actuellement ? J’ai franchement peur pour ton avenir professionnel, Enya. » Le mépris claque et s’envole aussi vite. L’intransigeance du ténor s’estompe dans la suite mélodique, il n'en reste déjà plus qu'une farouche instabilité. « Si tu avais su ce que j’étais, tu m’aurais sûrement laissé crever et on n’aurait jamais eu cette discussion absurde. Je n’aurais pas été obligé de venir ici pour m’assurer que je… » La voix se brise. La rancœur a pris forme ce jour-là pour une raison précise. Il lui en veut de lui avoir permis de survivre à cette épreuve. Il lui en veut pour ce sauvetage. Il la déteste simplement parce qu’elle lui a épargné la mort. Parce qu’elle est trop généreuse, trop humaine pour réaliser l'impact de son acte. Le norvégien s’écarte de la porte sans ajouter le moindre mot, se parant d’ombres alors qu’il atteint le réfrigérateur.

Les mains s’agglutinent autour de la bouteille qu’il déniche. Il regagne la salle de bain, inspire profondément à plusieurs reprises alors que ses doigts dévissent le bouchon. Il s’observe une unique fois dans le miroir au-dessus du lavabo, le reflet s’altère affreusement alors qu’il y note des similitudes nauséabondes avec un géniteur qu’il abjure. Il pourrait presque vouloir briser la surface réfléchissante mais il se souvient qu’il n’est pas maître des lieux. L’odeur de la vodka gagne déjà ses poumons, il se crispe, jette un œil au couteau ensanglanté dans l’évier et finit par porter le goulot à ses lèvres. Le liquide dévale son œsophage, contamine chaque organe. Le goût est odieux, la sensation qu’il éprouve à l’ingurgiter semble pourtant bien pire. Après plusieurs longues lampées, il écarte le flacon de sa bouche, écœuré. Combien de coups dédiés à ce seul travers ? Combien d’hématomes sur la peau à cause de cet ivrogne ? L’arôme le renvoie à ces souvenirs détestables, à ces regards, à tous ces mots, à toute cette haine qu’il a fallu encaisser pour le simple fait d’être né. L’estomac se contracte, se retourne. Il ne veut pas ressembler à ça, à quoi pensait-il ? L’urgentiste se jette à temps au-dessus des toilettes pour régurgiter tout ce qu’il vient de consommer. La bile lui brûle la gorge, les yeux. Peut-il être plus pathétique que ça ? Il relève le menton, trouve de quoi s’essuyer la bouche avant de se relever, titubant jusqu’à l’évier pour ramasser le couteau, délaissant l’alcool mais agrippant la trousse de secours ainsi qu’une serviette de bain qu’il déniche au hasard.

Il retourne d’une démarche de plus en plus incertaine vers la chambre, dépose le tout sur le matelas avant de s’y asseoir à nouveau. Sa main ôte la compresse de la plaie alors qu’il fige ses prunelles dans celles de son interlocutrice. « La balle est toujours logée à l’intérieur, il faut la retirer. Et avant que tu n’objectes, non, je ne peux pas aller à l’hôpital.» Il fait luire l’hémoglobine noire sur la lame du couteau en le plaçant face à leur seule source de luminosité. « Ça, ce n’est pas le sang de quelqu’un de normal. Tu sais ce qu’ils font des gens comme moi ? Cela dit, ça résoudrait sans doute ton malheur, pas vrai ? Tu pourrais être enfin débarrassée de moi et si facilement... » Un léger rire macabre, nerveux et il lui tend le manche de la lame afin qu’elle lui retire le projectile de l’épaule. Ou le refuser d'ailleurs. Elle n’est peut-être pas en état. Mais il doute pouvoir faire mieux qu’elle à l’heure actuelle. Il supportera la douleur, peu importe. Tant qu’il ne doit plus envisager d’en passer par l’ivresse pour parvenir à se charcuter lui-même la chair en plus de l'âme.

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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Mar 1 Déc - 16:22

J’espérais presque qu’il nie. Qu’il se fiche de moi et de mes idées farfelues. Mais j’avais vu, j’avais su, au moment où je l’avais dit, que j’avais raison. Ezra Reilly était donc un sorcier. Et je crois qu’il n’apprécia pas trop que je le dise à voix haute. Il me répondit avec son mépris habituel, sa froideur commune. Etait-il comme ça, avant ? Ou est-ce que son caractère était une conséquence de son état ? J’avais du mal à m’imaginer un Ezra tout mignon, gentil, avenant. J’avais du mal à imaginer un autre Ezra que celui que j’avais toujours connu, froid et repoussant. Pourtant, j’avais toujours cru qu’il y avait autre chose sous cette surface. J’étais toujours persuadée qu’il était meilleure qu’il ne le laissait paraitre ; sinon, je ne m’entêterais pas à me heurter à son mur. Mais maintenant que la vérité était là, peut-être qu’il était incapable de changer. Peut-être que les sorciers étaient juste…comme lui. Comme les moutons sont stupides et les chiens loyaux.

J’étais donc une crétine. Il n’avait pas tort. Je n’avais rien vu ; ou alors j’avais pressenti mais je n’avais pas voulu voir ce qui était sous mes yeux. Je repense à sa blessure, qui évidemment était une griffure de créature. Je repense à sa façon d’éviter le sujet et de se mettre en colère. Je repense aux avertissements d’Ellie. Elle me disait sans cesse que je devais m’éloigner d’Ezra, qu’il était dangereux. Et il a fallu qu’il s’incruste dans mon appartement en pleine nuit pour que j’accepte de voir la vérité. Effectivement, j’ai un sacré problème de diagnostic. Je me tais, trop honteuse et perdue pour dire quoi que ce soit, pendant qu’il continue sur un ton plus doux. Plus doux que tout ce dont il a été capable d’ailleurs. Je relève la tête, subitement. Il me prend pour qui ? Un être incapable d’empathie ?

« Je n’aurais pas… »

Mais a-t-il seulement tort ? Si j’avais su que cet homme était un sorcier, de ceux qui sont les protagonistes des histoires d’horreur des gamins, j’ignore comment j’aurais réagi. D’instinct, j’ai envie de dire que je l’aurais sauvé quand même, malgré tout, coûte que coûte. Mais avec du recul et un minimum d’honnêteté envers moi-même, peut-être ma peur aurait-elle pris le dessus et je l’aurais laissé là. Et il ne serait pas venu ici pour s’assurer qu’il ne m’avait pas tué. Pas besoin qu’il finisse sa phrase pour que je comprenne ce qu’il veut dire. Les sorciers volent l’énergie vitale, c’est la rumeur, et visiblement elle est vraie. Ezra s’est insinué dans mon sommeil et m’a volé mon énergie pour se nourrir, il est allé trop loin, il a failli me tuer. Mon état colle aux récits, je ne vais pas chercher plus loin. Ca expliquerait sa culpabilité, son arrivée impromptue, ça expliquerait beaucoup de choses. Et je crois que je ne veux même pas demander confirmation, je n’ose pas. Le savoir est une chose, l’entendre en est une autre.

Je reste silencieuse pendant qu’il retourne dans la salle de bains, la vodka à la main. Je me prépare à entendre ses gémissements alors qu’il le verse sur sa plaie. Au lieu de ça, je l’entends vomir. Je ne suis plus très sûre de savoir dans quel but il a pris l’alcool. Il va finir blessé et bourré. Cette soirée s’annonce de mieux en mieux. Pendant ce temps, j’arrive à me mettre en position assise : mon état s’améliore, Dieu merci, il y en aura au moins un debout à la fin de la nuit.
Je tente de rester impassible alors qu’il revient vers moi. Que va-t-il faire maintenant que je sais pour lui ? Fuir encore une fois, en laissant son sang partout dans l’appartement et mon voisin sur le palier ? Me menacer ? Rien n’est prévisible avec Ezra. Mais il s’amène, s’installe sur le matelas et me montre la trousse de secours et le couteau.


« La balle est toujours logée à l’intérieur, il faut la retirer. Et avant que tu n’objectes, non, je ne peux pas aller à l’hôpital

Je hoche la tête, faisant la grimace. Il va falloir que je lui retire la balle. Mais évidemment, il ne peut pas aller à l’hôpital. Il n’a plus besoin de m’expliquer pourquoi : tout le monde sait ce qu’on fait à ceux de son espèce. J’ai vu des hommes et des femmes arriver à l’hôpital, désespérés, en dernier recours, j’ai vu leur sang noir de jais. Et je les ai vus quelques heures plus tard sortir par derrière, encadrés de Shadowhunters. Après ça, je ne les ai plus jamais revus. Mais encore une fois, j’ignore quelle image Ezra a de moi, mais il se trompe. Je ne tiens vraiment pas à le voir disparaitre. Tout l’inverse, en fait. Je hoche la tête une seconde fois, me lève, titube un peu, me reprend. Je saisis la trousse de secours et le couteau et m’assied face à lui.

« Bon, allons-y »

Je prend le couteau, regarde la plaie, grimace, et mon regard se reporte sur Ezra. Peut-il mourir d’une plaie par balle ? Peut-il mourir si je m’y prend mal ? Ai-je une fois de plus sa vie entre mes mains ? J’inspire un grand coup ; je ne suis pas prête à ça, pas du tout. Rien ne m’a préparée à ça.

« Je t’aurais ramené quand même. Si j’avais su, je t’aurais ramené quand même. Parait que j’ai un instinct de survie proche du zéro absolu. Un peu comme toi, visiblement. »

Je souris. Je ne le dis pas pour le rassurer, mais parce que là, avec le couteau dans une main, je le sais. Je l’aurais ramené, je suis médecin et humaine avant tout. Et lui, il est humain aussi. Ca compte. J’ai peut-être eu de tort, ou peut-être pas. Mais je n’avais pas le droit de le laisser mourir, quelle que soit son espèce.

« Après tout, je m’obstine à vouloir revenir dans tes bonnes grâces, alors que ce serait beaucoup plus simple de laisser tomber et de te détester de la façon dont tu me détestes. Mais je…..laisse tomber. Je risque de te faire un mal de chien, excuse-moi d’avance »

Et j’enfonce le couteau dans la plaie, tentant de ne pas trembler. Je cherche la balle, j’ai l’impression d’être charcutière. Quand enfin je la sens, je retiens ma respiration et saisit la paire de ciseaux dans ma trousse de secours. M’aidant du couteau pour bloquer la balle, j’introduis les ciseaux et, au bout de plusieurs secondes d’efforts que je trouve interminables, je sors l’objet du crime, que je laisse tomber en même temps que les outils par terre. Je tremble comme une feuille. Je ne veux plus avoir à faire ça. Mes yeux commencent à sentir les larmes me monter aux yeux, que je tente de réprimer tant bien que mal, baissant les yeux sur les motifs du matelas. Faites que ça s’arrête.

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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Mar 29 Déc - 23:34

Colmater le vide par le cri. Abjurer ces vérités d'un mouvement brutal. Se résoudre à tendre la lame contre le thorax voisin. Quelques choix épars qui alimentent l'attente. Une poignée d'options pour une infinité d'alternatives. Entre quelques battements, elle peut esquisser de violentes combinaisons d'émotions. D'ailleurs, il ne prognostique que le pire. Aucun défaitisme, aucun jugement hâtif, une simple hâte à la rationalité. Qui chercherait à conserver la proximité avec une menace latente? Ne peut-elle discerner les cliquètements décomptant les secondes depuis sa position ? Le compteur en route et la bombe prête à l'achever. Après tout, il serait plus facile de régénérer en se penchant sur elle pour y puiser le peu de forces restantes. Sa victime ne peut que repousser l'appel de détresse, il en a parfaitement conscience. Pourtant, il serait ridicule de ne pas chercher à provoquer le destin. Il n'a jamais aimé laissé le moindre détail au hasard. L'être humain demeure versatile, inconstant et effroyablement impulsif. Sa théorie se valide dès que les doigts de la doctoresse accrochent le couteau. La surprise s'acclimate laborieusement aux traits crispés de l'infirmier alors qu'elle réajuste sa position en emportant la trousse de soins. Son instabilité oblige Ezra à recompter les chances de réussite s'il se tailladait la chair lui-même. Mais il en vient à la simple et seule conclusion possible. Même faible et somnolente, elle demeure plus expérimentée que lui et sans doute, plus encline à charcuter un corps étranger. Ou du moins, ne sera-t-elle pas assujettie par une nausée inconvenante dès qu'il s'agira d'écorcher la peau. Il tente de s'en convaincre alors que la culpabilité assoit son autorité sur sa mécanique aortique déjà bien désarticulée par la suite d'événements. Tellement livide qu'elle pourrait presque prétendre à la mort. Et elle aurait pu si l'un d'eux n'avait pas brisé Morphée en le rejetant dans ses abîmes. Il ne s'est pas contenté d'attenter à ses jours, il la pousse en plus à lui porter secours alors qu'elle ne possède déjà plus assez d'énergie pour marcher d'un point à l'autre de cette pièce.

A croire qu'elle perçoit son tourment et le complète davantage de ses intonations, le clouant sur sa croix, l'obligeant à râper ses phalanges contre chaque crime perpétré à son encontre. La vulnérabilité perce une seconde de trop ses défenses et il laisse sa tête retomber en avant pour en masquer les effets à sa soigneuse. Pour parachever un semblant de mascarade, il réplique d'une voix incertaine mais néanmoins acide « C'est le serment d'Hippocrate qui te concède un tel dévouement pour autrui ou bien c'est seulement que tu ne peux pas t'empêcher d'éprouver un sentiment de grande satisfaction en sauvant la veuve et l'orphelin ? Ça te donne l'illusion d'être supérieure ou bien... T'es peut-être juste suicidaire, oui. Ou alors, tu es assez bête pour ne pas réaliser l'ampleur du danger. » Mais l'indifférence ne se manifeste nullement sous cette forme de répulsion exacerbée. Les paroles d'Enya s’agglutinent dans son esprit, des nuages annonçant la pluie, peut-être même l'orage. Se croit-elle plus noble que lui, que les autres pour lui proférer de tels propos ?  Il ne comprend pas où elle veut en venir, elle-même ne semble pas le savoir car elle arrête le discours après le sujet, avortant un verbe sans doute inexistant. L'urgentiste se force à assouplir son ténor pour se montrer un semblant plus rassurant. « Peu importe pour la douleur. Fais ce que tu peux. » Inutile d'apporter davantage de nervosité à cette femme qui ne l'a pas mérité. Les paupières du blessé basculent, il concentre ses efforts sur sa respiration alors que les hostilités débutent. Les quenottes prennent les lippes en otage dès que les élancements se font insupportables afin de conserver les plaintes dans la gorge asséchée. Ses ongles s'enfoncent dans le matelas tandis que l'estomac se retourne inutilement. Malgré lui, une insulte s'échappe dans sa langue maternelle. Injure destinée à la souffrance.

Le norvégien ravale péniblement ses autres gémissements. L'extraction périlleuse dure des siècles à tel point qu'il en vient à poser son poing contre ses dents pour retenir ses cris. En étant délogée, la balle brûle la blessure, il doit se forcer à exercer une pression suffisante sur l'ensemble de ses muscles pour ne pas reculer, empêcher l'action. Une fois le projectile ôté, il laisse ses bras mollement retomber sur le couvre lit. « Merci. » s'entend-il murmurer au milieu du peu de lucidité qu'il parvient à mobiliser. D'un revers de main tremblante, il efface la sueur sur ses tempes. Il faut contenir l'hémorragie, attendre que la cicatrisation accélérée fasse son effet. Il nécessite quelques points de suture, juste le temps que le processus soit assez avancé pour ne plus devoir s'en encombrer. Le regard se redresse pour butter contre la silhouette quasiment effondrée de son alliée improbable. L'émotion secoue la carcasse de la brune sans que le scandinave n'en comprenne totalement la raison. « Tu devrais te recoucher, Enya. Je n'ai pas vraiment le temps ou l'envie que tu me fasses un malaise maintenant. » A ces mots, il se redresse et abolit le vertige en fixant un point précis dans le décor avant de se pencher pour attraper de sa main valide, le bras de l'américaine la forçant à reprendre de la hauteur.

Dans l'obscurité, il discerne finalement la dualité s'opérant entre les larmes et les paupières de la propriétaire des lieux. La mâchoire serrée, il l'amène jusqu'au lit et l'oblige à s'y asseoir. Il met cette soudaine émotivité sur le compte de la révélation, sur le simple fait qu'il l'ait presque tuée ce soir. « Je ferai en sorte que ça ne se reproduise pas. » lui promet-il. Il ignore encore comment mais il devra trouver. « Maintenant, dors. Tu ne tiens plus debout. » aboie-t-il ultimement avant de s'éloigner d'elle pour mieux terminer ses soins précaires. Il enroule sa plaie d'un bandage improvisé maladroitement tout en contemplant la dépouille toujours allongée contre le parquet. « Enfin, attends. Il habite où cet énergumène que je ne me trompe pas de porte ? » D'un coup de pied, il s'assure que le voisin est toujours assommé avant de s'accroupir pour le détailler. L'idée de le traîner jusqu'au palier l'épuise davantage mais il n'a pas vraiment le choix. « Il vit seul ? » interroge-t-il finalement tout en relevant les yeux vers sa complice d'infortune. Limiter les dégâts. C'est tout ce qu'il reste à faire.

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MessageSujet: Re: Night Fears [Ft Ezra]   Mar 12 Jan - 23:06

Le sarcasme est toujours présent dans la voix et les mots d’Ezra. Je ne sais pas où il trouve encore la force de me balancer des hostilités. Et pourtant, je sens la carapace se fissurer, ne serait-ce que légèrement, lorsque je m’apprête à lui retirer la balle. Comme quoi, cette situation désespérée pourrait peut-être apporter quelque chose de bien.
Je tente de faire le moins de mal possible, et pourtant je ne peux empêcher ses injures dans une langue que je ne connais pas. Je viens d’apprendre que mon collègue est un sorcier qui s’introduit dans les rêves de ses victimes, je ne devrais pas être surprise qu’il sache parler une langue aux accents hachés. Bientôt il ne dit plus rien, se contentant de retenir ses cris qui me parviennent en gémissements étouffés.

« Merci. » Je n’entends même pas son murmure, trop assommée par ce que je viens de faire, encore tremblante. J’aimerais être partout ailleurs qu’ici. Je ne réagis que lorsque j’entends Ezra prononcer mon prénom ; seulement alors mes yeux se relèvent légèrement vers sa blessure. Non, il ne faut pas que je fasse un malaise. J’ai réussi à tenir jusqu’ici, je ne vais pas m’effondrer lamentablement alors qu’on voit enfin le bout du tunnel. Ezra se redresse, non sans mal, et je sens sa main m’agripper. Mes yeux se retrouvent enfin face aux siens, et dans ses yeux je ne discerne pas ce qu’il pense. Impénétrable, comme toujours. Mais pourtant, est-ce mon état, la situation, ou juste l’espoir, j’ai l’impression qu’il y a moins de rancœur et de haine dans ses yeux qui s’adressent à moi. Je le suis alors qu’il m’amène sur mon lit, m’assoit rapidement, et tente de me reprendre. Il vient de traverser l’enfer, il ne mérite pas que je perde pied. Pas maintenant.

« Je ferai en sorte que ça ne se reproduise pas. » Parle-t-il de débarquer chez moi, et m’obliger à lui retirer une balle du corps avec une paire de ciseaux ? Ou de s’immiscer dans mes rêves et me saper mon énergie au point de me transformer en loque ambulante ? Les deux, j’espère. J’ai beau être tolérante, l’idée de ne plus voir Ezra hanter mes rêves et se nourrir de moi me rassure. Je ne suis pas masochiste au point de me porter volontaire pour être une victime de sorcier. La vraie question, c’est : pourquoi moi ? J’étais juste une cible facile, ou j’avais quelque chose qui faisait de moi une bonne candidate ? Dans la multitude d’habitants de la ville, pourquoi Ezra a-t-il décidé de me choisir ? Je ne poserai pas la question, il n’y répondrait pas de toute façon. Il est déjà debout, en train de m’ordonner de dormir. Dormir ? Il est sérieux ? Je n’ai pas envie de dormir ; enfin, si, mon corps a vraiment envie de dormir, mais mon esprit tourne à plein régime. Et puis, que va-t-il se passer demain, après ?
« Enfin, attends ». Je tourne la tête vers Ezra. Ah oui, Monsieur Hart. Il était toujours là, inconscient sur le sol. J’émis un rire nerveux. La situation était tellement ridicule. Dans dix ans, on pourrait en parler en riant, peut-être. Ou on serait morts parce que Monsieur Hart nous aura fait un procès et nous aurait envoyé tout droit au Coliseum.

« Il habite la porte juste en face. J’ai un double de ses clés, dans le tiroir en dessous de l’évier. Et oui, il vit seul. Sauf s’il s’est trouvé une copine depuis avant-hier. », ajouté-je avec un léger sourire. Je ne devrais pas ; Monsieur Hart était inquiet pour moi, il a volé à mon secours. Je devrais avoir du respect pour lui.
« Avec ton épaule, tu ne pourras pas le porter tout seul. Et puis, tu comptes en faire quoi ? Laisse le ici, je m’en chargerai demain. Enfin, je crois »
Je hausse les épaules. Je ne sais pas trop comment, mais Ezra ne peut pas se permettre de porter un poids mort avec sa blessure. Je ne tiens pas à ce qu’il aggrave une hémorragie et me fasse, lui, un malaise. Je me lève, m’approche dudit poids mort, soupire. Quel besoin avait-il de l’assommer, aussi ?
« Ou alors je t’aide à le trainer. »
Sur ces mots, je saisis les deux mains de mon pauvre voisin et adresse un regard plein d’assurance à moitié feinte à Ezra. Il saisit les pieds, en soupirant, et nous voilà à ramener Monsieur Hart, brinquebalant, avec beaucoup de courage et de difficulté.

Une fois Monsieur Hart installé dans son canapé, de façon très peu naturelle, je reviens à la porte, lançant un regard à Ezra. Je me sens mal à l’aise, j’ignore vraiment pourquoi.
« Merci d’être venu. » est tout ce que j’arrive à lancer. Mais je n’obtiens aucune réponse. Ezra se contente de partir comme un prince, sans dire un mot. De toute façon, c’est un chieur. Je grogne un peu, pour la forme, puis vais m’offrir un repos bien mérité. Je m’écroule sur mon lit et le sommeil m’emporte en à peine quelques secondes. Mon subconscient revient à la charge avec des rêves emplis de mon frère et de ma mère ; mais Ezra Reilly n’y est plus. En me levant le lendemain matin, je ne sais pas si j’en suis contente ou si ça me manque, au fond.

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