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 We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)

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MessageSujet: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Dim 27 Sep - 11:02

Elle était assise, juste en face de lui. Et ils se contemplaient dans le blanc des yeux. Enfin, pas vraiment contempler, Rafael était aveugle, il était simplement assis en face d'elle en silence. À croire qu'il boudait. Peut-être qu'il boudait. Enfin... Cela paraissait tout de même très puéril. Mais parfois, quand on les entendait se disputer, on aurait pu avoir l'impression d'entendre deux enfants se chamaillant autour d'un jouet. Pourtant, cela n'avait rien à voir. Violet souriait machinalement, même s'il ne pouvait pas la voir. Elle le détailla un instant, sa mâchoire carrée et l'espèce d'aura qu'il dégageait, impressionnant. Son regard tomba sur ses lèvres et elle se mordit la sienne. Nom de Dieu, ce qu'elle pouvait être maladroite. Comment avait-elle finit par l'embrasser... Elle avait trébuché en lui faisant la bise, elle le savait très bien. Mais quand même... Elle se sentait mal, à propos de tout cela, elle se sentait mal à l'aise et ne savait pas quoi faire. Alors, comme à chaque fois qu'elle se retrouvait désemparée dans une quelconque situation, elle se renfermait sur elle-même. Retrouvant le ton froid, professionnel et presque vexant qu'elle avait au tout début de sa carrière d'ergothérapeute. Quand elle n'avait pas encore réussit à maîtriser l'art de la parole avec le patient. Et puis Rafael n'aidait pas. Il était aussi insupportable et brusque que lorsqu'ils avaient commencé les sessions. Presque de la même manière que lorsqu'ils s'étaient rencontrés.Violet ouvrit son carnet de notes sur ses genoux et commença à lire son écriture en patte de mouches. Des remarques qu'elle connaissait par cœur mais qu'elle trouvait étrangement rassurante d'avoir avec dans ces moments-là. Un pauvre petit morceau de papier qui rendait tout encore plus tangible, qui l'empêchait de partir trop loin dans sa timidité. Il lui rappelait qu'elle était au travail et que par conséquent elle avait un certains nombre de choses à faire. Ne pas se perdre en conjectures, en blabla et tout ce qui faisait d'elle une extraordinaire ergothérapeute avec ses patients, pas aujourd'hui, comme hier. Il y a quelques jours, elle se serait très certainement assise à côté de lui sur le canapé, aujourd'hui, le fauteuil lui avait paru être plus sûre, plus éloigné. Il fallait qu'elle se reprenne et vite. Elle n'était même pas capable d'arriver à aligner plus de deux pensées cohérentes. Rafaël était bien le seul de ses patients à la mettre dans cet état et cela l'agaçait. Alors, elle prit le partit de commencer la séance.

-"Alors, est-ce que vous avez fait les exercices dont nous parlions hier ? Et avant-hier aussi ?"

La jeune femme connaissait pertinemment la réponse mais, elle s'employait à poser la question jour après jour, espérant qu'à un moment celle-ci changerait, même d'un iota. Un tout petit iota qui lui arracherait un petit sourire et déclencherait en elle une explosion de joie, comme à chaque fois qu'elle parvenait à quelque chose avec un patient. *Non, pas à chaque fois, pensa-t-elle. Lui, c'est différent* Mais elle balaya la remarque d'un geste de la main, remettant en place ses cheveux et la relégua dans une partie de son esprit appelé l'inconscient. Mieux valait oublier certaines choses que l'on se dit à soi-même, les faire passer sous un silence bénéfique. Son regard se tourna vers le reste de la maison dans un silence désapprobateur. Se n'était pas un endroit aménager pour un aveugle mais, elle ne pouvait rien faire tant que Monsieur Morienval ne parvenait pas à accepter ses conseils. Combien de temps encore allait-elle devoir venir chez lui ? Quand comprendrait-il qu'il fallait vraiment qu'il s'y fasse. Parce que cela l’inquiétais. Elle n'avait pas envie qu'il se blesse ou se fasse mal parce qu'il n'aurait rien fait pour sa cessité. Elle s'en serait senti franchement coupable. Peut-être aurait-elle due plus insister. Ou même commencer les changements sans son approbation comme certains le faisait. Mais ce n'était pas son genre et espérait justement que cela ne le serait jamais.

-"Vous savez, nous en avons déjà discutés du fait que vous ne vouliez pas mettre en pratique mes conseils. Est-ce que vous voulez que nous en discutions encore une fois ?"

C'était sa façon à elle d'agir. Parler, convaincre, démontrer que de toutes les manières il allait falloir le faire, à un moment où à un autre. Et que le plus tôt serait le mieux, pour elle, comme pour lui. Surtout pour lui. Accepter que maintenant il ne pourrait plus voir serait complexe. Mais, s'il voulait retrouver son autonomie, le meilleur moyen serait de l'écouter. Sauf que têtu comme une mule il ne se laissait pas faire. Pas du tout. Parfois même jusqu'à venir user les derniers carats de patience de la jeune femme, là où elle montrait à qu'elle point elle pouvait être autoritaire et inconciliante. Il ne fallait pas pousser mémé dans les orties tout de même.
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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Dim 27 Sep - 17:24

Mon épiderme me brûle lorsque je passe la main sur la baie vitrée  de mon salon, la suivant consciencieusement jusqu’à l’angle, me laissant guider par le mur que je sais blanc jusqu’à un vide, qui me mènera à mon canapé lorsque je l’aurai franchi. Un gouffre. Affolant. Je ne m’habitue pas à l’obscurité, je ne m’habitue pas à l’immensité de ma villa, je ne m’habitue pas à mon infirmité. L’heure a sonné dans ma villa il y a quelques minutes. L’heure de mon rendez-vous, je sais que dans quelques minutes, la sonnette explosera dans mes tympans, les charnières du portail geindront lorsque mon majordome en ouvrira le verrou, les graviers de l’allée crisseront sous ses pas et la porte s’ouvrira dans des salutations polies qui me laisseront de marbre. J’inspire. Il faut que je sois installé dans mon canapé lorsqu’elle arrivera, pour ne pas avoir à me déplacer en sa présence, tâtonner en sa présent, m’humilier en sa présence. Je quitte la sécurité du mur, franchis le gouffre sans oser respirer, heurte le cuir – blanc dans mes souvenirs – du canapé et m’y réfugie avec trop de précipitation pour que ce soit naturel chez moi qui privilégie depuis toujours calme et retenue. Je ferme les yeux, aussi inutile que ce soit, laisse mes doigts, seul contact avec la réalité en dehors de mes oreilles bien trop sensibles, courir le long de mes manches, le long de ma chemise, le long de mon col, qu’ils remettent patiemment en place.

Être aveugle ne change rien à mon caractère : j’exècre toujours autant les mises défaites, les cravates mal nouées, les apparences négligées. Et si je ne peux plus contrôler chez mes hommes leur attitude, l’attention qu’ils portent à leur apparence, Duncan s’en charge pour moi et mon instinct aussi. Chez moi en revanche… chaque matin est une torture lorsque je me trouve tiraillé entre l’incapacité éprouvée de faire un nœud de cravate correct et mon refus obstiné de voir quelqu’un me venir en aide, qu’il soit un ami ou simplement une aide malvenue que le Gouvernement a jugé bon de me mettre dans les pattes, diminuant fortement son espérance de vie. Enfin, mes doigts glissent dans ma nuque, cherchent dans la poche de ma chemise mes lunettes de soleil qui masquent mes iris brûlées et défigurées, les posent sur mon nez avec cette minutie et cette patience qui me caractérisent depuis plus de sept siècles mais qui me font de plus en plus défaut ces dernières semaines. Des bruits de pas s’agitent autour de moi, je tâtonne en direction de la table basse. Ma main y rencontre un saladier de fruits, le plateau d’échecs aux pions dispersés dans une partie entamée et gagnée quelques jours plus tôt, trouve enfin ce que je cherchais. Et alors que j’entends les murmures et les déplacements s’intensifier, signe infaillible de l’arrivée de Forester, je dessine à l’aveugle ce que mes doigts ne pourront plus jamais peindre sur une toile. Je me mords la lèvre, mon poing se serre sur le crayon alors que j’ai conscience que mes traits se superposent et s’entremêlent : ne représentent plus rien de concret. Le crayon se brise entre mes doigts, le carnet vole de l’autre côté de la pièce alors qu’au même moment, j’entends la porte s’ouvrir. Je sens d’ailleurs presque son regard se poser sur moi et j’avale ma frustration dans un silence sec. Les lèvres tremblent encore de leur trop bref contact avec les siennes. Je reconnais son odeur, j’en viens même à reconnaître sa démarche, le rythme de ses pas. Et le silence, patient, qui s’étire comme un chat entre nous deux. Le froissement de papier me fait tiquer, je tente de deviner ce qu’elle est en train de faire alors que l’angoisse de l’inconnu se noue à nouveau autour de ma gorge et m’empêche de respier normalement. Il n’est pas question, bien évidemment, que je sois le premier à prendre la parole. Pas question non plus que je m’abaisse à la colère et à l’agacement, que je lui demande de partir. Sa présence m’insupporte, la distance qu’elle place entre nous encore plus, son odeur m’exaspère par son omniprésence. Je n’arrive pas à l’ignorer tout comme je n’arrive pas à… la considérer comme le reste de mon personnel. Elle ne s’est pas assise à côté de moi. Face à moi. Sur mon fauteuil, j’imagine, sans que je ne parvienne à la localiser exactement dans l’espace et cela me crispe.

-"Alors, est-ce que vous avez fait les exercices dont nous parlions hier ? Et avant-hier aussi ?" Je sursaute lorsque toute mon attention se reporte sur ce que je pense être sa direction. Les exercices ? J’arque un sourcil. Est-il réellement nécessaire de me plier à ce petit jeu alors qu’elle en connait très exactement la réponse ? J’hausse doucement les épaules, dans un petit mouvement nonchalant de désintérêt total pour la chose. « De quels exercices parlez-vous ? De ces humiliations auxquelles vous comptez me faire adhérer ? » Ma voix claque, glaciale. Les mots articulés avec soin s’échappent de mes lèvres, comme une armure dressée entre elle et moi. Naturellement, je ne suis guère aimable avec mes subordonnés et plus encore envers ceux qui ont une quelconque autorité sur moi. Mais avec ma cécité, tout cela n’a fait que s’amplifier. Je déteste me sentir diminué, je déteste me sentir inférieur à quelqu’un et plus encore, j’exècre ce sentiment d’infirmité qui me prend à la gorge à chaque fois qu’elle me force à regarder en face la réalité.

-"Vous savez, nous en avons déjà discutés du fait que vous ne vouliez pas mettre en pratique mes conseils. Est-ce que vous voulez que nous en discutions encore une fois ?" J’arque à nouveau sourcil. En discuter à nouveau ? Mes bras se croisent dans l’incapacité de faire autre chose, je regrette d’avoir céder à l’impulsivité et d’avoir envoyé mon carnet de l’autre côté de la pièce. Dessiner, même des traits sans finalité, m’a toujours détendu lorsque l’on m’interdisait toiles et pinceaux. Un soupir. « Qu’aurais-je de nouveau à vous dire, qu’auriez-vous de nouveau à me dire ? C’est une discussion sans fin que vous voulez ouvrir ici, Violet. Mon avis sur vos… conseils ne changera pas de sitôt. Ce n’est qu’une poudre que vous jetez aux visages de ces patients crédules et stupides que vous avez l’habitude d’avoir. Je suis aveugle, pas infirme. J’ai dessiné les plans de cette villa, j’ai positionné dans l’espace chacun de ces meubles et il n’est pas question qu’une gamine arriviste se permette de rompre l’harmonie globale sous prétexte qu’elle pense savoir mieux que moi ce qui me conviendrait. » Sifflante, ma voix s’éteint. Je suis acide, je suis amer, je suis odieux. Et je sais aussi pertinemment ce qu’elle pourrait me rétorquer : que c’est un homme voyant qui a conçu cette bâtisse, pas l’aveugle qui se tient devant elle. Que mon nom, que mon pouvoir, que mon compte en banque, que rien ne peut me rendre mes yeux et qu’il faut que j’apprenne à faire avec. J’ai toujours refusé de ployer le genou devant quiconque, hormis ceux qui m’ont jeté à terre lorsque j’étais déjà au plus bas. Cette puce dans mon avant-bras est la seule marque de servilité que j’accepte et rares sont ceux qui la connaissent. Il n’est pas question que je devienne l’esclave de ma cécité.


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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Dim 27 Sep - 20:16

Il était impressionnant, presque effrayant par moment. Mais, la demoiselle savait comment faire passer au-dessus d'elle toutes ces remarques inutiles. Pourtant, si elle continuait à poser la question s'était tout simplement parce que pour un aveugle, l'habitude devenait quelque chose de salvateur. Elle ne lui dirait pas, bien entendue, il s'en rendrait compte seul par lui-même. Pour l'instant, le seul moyen qu'elle avait de l'aider s'était d'envoyer des signaux inconscients que son propre cerveau intégrerait sans qu'il ne s'en rende compte. Violet se retint de soupirer en l'entendant continuer à déclarer les mêmes choses encore et encore. Quand se rendrait-il à l'évidence? Il n'était plus le même homme, il ne le serait sans doute plus jamais. La demoiselle était triste pour chacun de ses patients qui n'auraient sans doute plus jamais la même vie mais, elle était vraiment heureuse de pouvoir les aider à passer les étapes qui les rendraient enfin capable de s'occuper d'eux seuls. Mais Rafael était un homme qui avait l'habitude d'avoir le contrôle, d'être puissant et, pour lui, cela ne semblait pas naturel. L'ergothérapeute l'avait rapidement compris, le problème n'était pas le fait de se faire à un nouveau mode de vie, s'était d'arriver à admettre que cela n'était pas se rabaisser ou devenir dépendant. Mais ce n'était pas un processus qu'elle pouvait gérer. Elle n'était pas psychologue, elle ne savait pas comment l'esprit humain fonctionnait, seulement le corps et comment lui permettre de faire le saut d'une nouvelle situation. Son regard partit de nouveau dans la pièce. Un cahier gisait sur le sol dans une posture misérable, un crayon cassé aussi. Elle eut un petit sourire. Encore de l'énervement. Il y avait tellement de frustration dans tout ce qu'il faisait. La jeune femme se rendait bien compte qu'elle n'était pour lui qu'un rappel constant de ce qui le faisait tant souffrir. Puisqu'ils en étaient revenus au point de départ, il était tant pour elle de passer à la vitesse supérieure. Elle se leva, ramassa le carnet, pris un de ses propres crayons et alla s'asseoir à côté de lui. Tant pis pour la distance, il fallait qu'elle fasse son job. Attrapant ses mains doucement, elle plaça le crayon dedans, posant sur ses genoux le carnet ouvert sur une page blanche, lui faisant effleurer le papier. Elle le tenait doucement certes, mais fermement, qu'il ne s'échappe pas. Elle l'avait remarquée, cette étrange manie de dessiner pendant qu'ils étaient entrains de travailler. Elle lui fit faire quelques traits, une lettre aussi. Elle continua pendant quelques minutes, dans un silence absolu avant de finalement le lâcher et s'écarter de lui un peu plus. Elle ne voulait pas être aussi prêt. Être penchée au-dessus de lui comme elle venait de le fairesemblait trop innappropriée et de toutes les manières, elle n'était pas une fan du contact en général.

-"Soyons clairs Rafael, je sais que vous n'aimez pas que je vienne. Je le sais parfaitement. Mais, tant que vous ne serez pas capable de vous débrouiller, je ne partirais pas. Vous pourrez être aussi grossier et désagréable que vous le voulez, cela ne changera pas le fait que je sois ici, ici pour vous aider. Et ne me mentez pas, je sais que vous avez besoin d'aide. Par exemple, simplement pour vous habiller correctement le matin, vous coiffer, paraître propre. Vous ne me semblez pas du genre à aimer être négligé. Vous ne savez pas encore vous servir de vos autres sens pour le faire, vous n'êtes pas habitués. Votre toucher est votre meilleur allié, mais vous le savez déjà. Alors, et si nous arrêtions de jouer à qui sera le plus malin."

Elle avait débité son discours d'une traite, sans reprendre son souffle. C'était la première fois qu'elle parlait aussi longtemps depuis un bon bout de temps. Le problème classique de la timidité, elle vous rendait parfois étrangement solitaire. Mais elle s'était depuis longtemps accommodée à ce genre de vie. Mieux valait avoir peu d'amis, mais de véritables qu'un nombre incommensurable dont aucun ne serait là pour toi dans les moments difficiles. Un sourire se peignit sur son visage, tandis qu'elle se tourna pour pouvoir contempler la réaction du jeune homme. Elle s'était glissée jusqu'au bout du canapé sans même s'en rendre compte. Comme si elle était toujours sur le qui-vive. Comme à l'époque où elle avait définitivement coupé toute relation avec sa famille. Elle avait eu peur de voir surgir l'un d'eux à tout moment, la forçant à revenir avec eux. Cela aurait bien été leur genre. Après tout, ils trafiquaient bien des êtres humains. Qui sait ce qu'ils auraient pu lui faire à elle, leur propre fille. Un violent frisson la parcourue de la tête aux pieds tandis qu'elle se souvenait de ce jour maudit où en rentrant plus tôt que prévu et les avait vus enfourné d'une manière irrationellement brutale les personnes qu'ils hébergeaient dans un camion, enchaînées comme des bêtes. Elle secoua la tête, se remettant les idées en place pour reporter son attention sur celui en face d'elle.

-"Rafael, combien de temps allez-vous continuez à prétendre que rien n'a changé ?"

Son ton s'était adoucit, retrouvant cette étrange teinte de compréhension qu'elle avait le plus souvent dans la voix. La froideur était repartie en un instant d'oublie, sans même qu'elle s'en rende compte. Jouer la lointaine et la sans-cœur n'était pas fait pour elle. Elle avait toujours été incapable de construire un mur entre ses patients et elle. La jeune femme avait même parfois l'impression de ressentir leurs émotions, leurs peines et d'être incapable de les laisser partir avant d'avoir pu les aider, ne serait-ce qu'un minimum. Et cet homme du gouvernement en faisait parti, qu'il le veuille ou non. Elle ne le laisserait pas tomber, l'empêcherait de disparaître au fond du trou qu'une cessité peut creuser pour celui qui la subit. Jamais.

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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Mar 29 Sep - 23:55

Le silence, déplaisant, s’enroule autour de nous et titille mon malaise. J’en ai toujours joué, de ce silence, je me suis toujours complu dans sa froideur, dans la petite atmosphère glacée dont il enveloppait mon interlocuteur alors que, tranquille, je laissais mon esprit dériver, mon regard se fixer dans les pupilles de l’autre pour accentuer cette pression sur ses nerfs, cette tension dans sa nuque, pour qu’enfin il ploie et cède devant moi, tombe à genoux, soumis, et parle le premier. Le silence, mon allié, est désormais proche de devenir l’un de mes plus grands ennemis. Lorsque l’on ôte la vue, il est troublant de voir à quel point l’ouïe prend le dessus pour combler le manque. Les battements de mon cœur sont amplifiés, ceux de Violet aussi. Je ne parviens pas à l’ignorer alors que tout en contrôle, je me plais à l’ignorer. Sans y parvenir. Elle ne s’est pas assise à côté de moi, cette fois, l’ombre d’un malaise plane entre nous et ma froideur n’en est que la conséquence directe. Puis, enfin, elle prend la parole. La moindre fluctuation dans sa respiration à elle, je la perçois. Je pressens lorsqu’elle s’arrête un instant d’inspirer, pour masquer… un soupir ? Ma voix se teinte d’agacement, je m’entends lui répondre que je ne suis pas une de ces infirmes qui s’humilient en en redemandant encore. Je refuse de devenir l’esclave de ma cécité, je refuse de me m’abaisser à faire ses exercices ridicules, je… je n’ai rien de plus à lui confier. Ma voix amère s’éteint, mes mots, odieux, planent entre nous. Je refuse, je m’obstine à rejeter en bloc la réalité et j’exclus la possibilité avilissante d’un jour modifier l’agencement de ma villa pour l’adapter à mes pupilles brûlées, je rejette toute solution de facilité ou… un mouvement attire mon attention, je penche légèrement la tête sur le côté comme le loup en chasse. « Violet, qu’est ce que vous… ? » Les pas s’éloignent, je me demande si je ne suis pas allé trop loin et je me surprends même à vouloir la retenir si… les pas reviennent, le canapé se creuse à mon côté, son odeur s’impose une fraction de secondes avant qu’elle-même ne force le contact. Instinctivement je me crispe. J’ai toujours exécré le contact physique imposé, que l’on pénètre à ce point dans mon espace vital, que l’on me touche sans mon consentement. Et à cette agression, mon corps a toujours réagi de la même manière : tétanisé, je ne suis plus capable d’un seul mouvement pour le moment. Le loup se blottit, montre les crocs, n’ose pas se faire remarquer. Et mes doigts retrouvent le contact rugueux d’un crayon, ses mains me force à tracer quelques traits, je devine une lettre, je me laisse étrangement faire sans y mettre du mien mais sans pour autant lutter contre. Ce n’est que lorsqu’elle lâche ma main que je me rends compte de notre proximité. Que je me rends compte qu’elle s’est octroyée le droit de contrôler ma main, de dessiner à ma place des motifs que je ne sais plus faire. Je lâche le crayon comme s’il était d’argent, je réajuste mes manches, je croise les bras.

-"Soyons clairs Rafael, je sais que vous n'aimez pas que je vienne. Je le sais parfaitement. Mais, tant que vous ne serez pas capable de vous débrouiller, je ne partirai pas. Vous pourrez être aussi grossier et désagréable que vous le voulez, cela ne changera pas le fait que je sois ici, ici pour vous aider. Et ne me mentez pas, je sais que vous avez besoin d'aide. Par exemple, simplement pour vous habiller correctement le matin, vous coiffer, paraître propre. Vous ne me semblez pas du genre à aimer être négligé. Vous ne savez pas encore vous servir de vos autres sens pour le faire, vous n'êtes pas habitués. Votre toucher est votre meilleur allié, mais vous le savez déjà. Alors, et si nous arrêtions de jouer à qui sera le plus malin." Je me renfrogne. Je ferme les yeux, resserre mes bras contre ma poitrine. Ne me mentez pas, je sais que vous avez besoin d’aide. Je suis trop lucide pour être capable de la regarder dans les yeux et de lui dire qu’elle a tort. Soutenir que je n’ai pas besoin d’aide est une chose, lui dire qu’elle se leurre en est une autre, l’absence de cravate autour de mon cou est un rappel constant de mon incompétence. Et je déteste cela. Je tente de contrôler ma respiration, de ne pas lui montrer à quel point elle frappe des plaies béantes. C’est une gamine, une gamine arriviste, qui ne fait pas le poids face à mes sept siècles et demi. En quoi est-ce pertinent, Rafael ? C’est elle qui parvient à dessiner une lettre alors que tu peines ne serait-ce qu’à mettre correctement tes lunettes de soleil. Je déteste ma voix bien moins assurée lorsque je siffle un « C’est bon ? Vous avez fini votre petite diatribe ? » acide. Je sais que j’ai besoin d’aide, je ne peux simplement pas l’admettre sans me trahir, l’admettre sans m’humilier, l’admettre sans me soumettre. -"Rafael, combien de temps allez-vous continuez à prétendre que rien n'a changé ?" Sa voix fait écho à mes pensées, bien plus douce toutefois, bien plus calme, bien plus agressive d’une certaine manière puisqu’elle brise toutes mes défenses. Cette femme ne se laissera donc pas détruire et rebuter par mon hostilité ?

Je décroise les bras, laissant le silence s’étendre entre nous le temps que je parvienne à savoir ce que je souhaite lui répondre. Ma main se pose à mon côté, ne touche que le cuir du canapé, tâtonne à ma grande honte pour se poser sur le carnet. Le silence, encore, s’étire en minutes. J’ai du mal à respirer lorsque mes doigts se mettent à la recherche d’un crayon, ouvrent le carnet, effleurent le papier à la recherche de marques de carbone. « J’ai toujours eu un don pour le dessin et les esquisses. Je n’ai jamais eu à réfléchir pour faire éclore sur une feuille un paysage, une émotion, un dessin quelconque. » Mes doigts se crispent sur la feuille, l’arrachent brutalement. « Vous vous trompez. Je sais que tout a changé. » Je la déchire en deux, indifférent à ce qu’elle peut contenir. Peu importe : je ne vois plus. « Vous pouvez vous targuer d’être capable de m’aider. » Je la déchire en quatre, ma voix tremble, oscille, cherche son équilibre, comme un funambule, entre la rage et le calme total. « Vous pouvez essayer de me faire croire que je peux m’adapter à tous les changements que ma cécité peut impliquer. » Je perds des fragments, je me contente de ceux qui restent pour les déchirer, encore et encore, en parcelles infimes de dessin. « Mais vous ne pourrez jamais me rendre la seule chose qui apaisait mon âme. » Je jette les débris comme des confettis, prends appui sur le bord du canapé pour me lever avant de me souvenir que devant moi, outre la table, outre les fauteuils, se trouve mon salon. Grand. Et qu’en quelques pas, je serai perdu. Seulement, je ne peux me résoudre à me rassoir sans accepter ouvertement que je suis incapable de me déplacer seul. « Je n’ai pas besoin de votre aide, Violet, parce qu’il n’y a rien que vous puissiez m’apprendre qui ne me fasse défaut actuellement. » C’est un mensonge. Ehonté. D’un animal blessé qui ne peut se résoudre à geindre. « Je ne suis pas un de vos… patients qui se lamentent de leur sort et n’attendent qu’une chose : qu’on les traite comme des infirmes. » Ne pouvant m’asseoir, je contourne la table basse avec une prudence exagérée avant de me retrouver isolé de tout. Tétanisé. Voilà où ma fierté me conduit : je ne suis pas l’un de ses patients qui se lamentent de leur sort, je suis de ceux qui sont au bord du précipice et qui masquent avec difficulté des sanglots de panique lorsqu’ils perdent tout contact avec des supports physiques. Pourquoi me suis-je levé ? Pourquoi me suis-je déplacé loin du canapé ? Par fierté. Par orgueil. Par réflexe. Et je suis perdu, désormais. Plus humilié que jamais.


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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Mer 30 Sep - 21:12

Elle sentait la tension montée, comme si on venait d'ajouter un mentos à du coca. L'explosion n'était pas loin. Parfois, Violet se sentait particulièrement inutile face à la souffrance, surtout quand elle avait l'impression de la renforcer. Elle savait qu'elle n'en était pas la cause, elle s'était entraînée à se dire que les yeux brûlés de Rafaël n'était pas sa faute, que les accidents de ses patients n'étaient pas sa faute. Mais, il semblait que le gêne de la culpabilité était profondément ancré dans son être. Heureusement, son métier représentait tout ce qu'elle aimait et en général, elle réussissait à faire partir ce sentiment rapidement. Rafaël semblait capable de déclencher en elle se qu'elle réussissait pourtant le plus souvent à cacher, à enfouir sous son sourire, son amour de la vie et son positivisme. Elle croyait en la guérison, elle croyait en tous ceux qu'elle croisait. Et en Rafaël d'autant plus. Il mettait tellement d'énergie à lui résister qu'elle était sûre que si cette énergie était redéployée dans son adaptation, elle se ferait véritablement rapidement. Presque en un clin d’œil. Elle le regarda, chercher son carnet, commencer à griffonner jusqu'à ce qu'il explose. Finalement. Violet recula de surprise dans le canapé s'écartant. Il déchirait encore et encore, sa voix transpirant du manque de confiance qu'il ressentait, de sa colère, de toutes ces émotions profondément complexes et déstabilisantes. Perdre une passion était complexe mais, ils n'en avaient jamais parlé. Il y avait d'autres moyens que de dessiner au crayon pour laisser son âme d'artiste. Malgré trois semaines passer à ses côtés, elle ne savait que peu de choses à propos de lui. Elle le vit se lever, partir dans sa colère, partir sans prendre le temps de réfléchir. Ce fut fatal. Fatal pour lui, pour savoir où il allait. Il se traitait d'infirme, se faisait mal à son égo tout seul. Violet n'avait même pas besoin d'être réellement là pour qu'il se rabaisse. C'était sans doute le plus violent, le plus destructeur. Violet le regarda s'immobiliser avant de se lever, de ramasser les petits bouts de papiers sur le sol, qu'il ne glisse pas dessus et me dirigeait vers lui. Elle savait qu'elle ne le surprendrait pas, il l'entendrait approcher. Elle effleura son bras, le posant sur le sien. Elle était mal à l'aise avec cela, mais elle ne prendrait pas le risque qu'il se blesse alors qu'elle était là. Elle s'en voudrait à mort.

-"Vous devriez compter vos pas quand vous vous aventurez dans un espace aussi ouvert. Cela vous simplifiera la vie."

Elle ne savait pas où aller. Elle ne savait pas comment faire pour ne pas qu'il s'énerve sur elle, contre elle. Physiquement, il était assez proche pour la blesser involontairement. Et puis finalement, elle décida de dire le fond de sa pensée. Elle se plaça en face de lui, de toutes les manières, il ne s'échapperait pas. Il était perdu. C'était bas de profiter de cette faiblesse mais, on faisait comme on pouvait.

-"Vous n'êtes pas infirme, je ne vous considère pas comme un infirme. Non, vous êtes l'unique personne à vous considérer ainsi ici. Je suis arriviste, peut-être. Je ne connais pas votre âge. En attendant, je sais de quoi je parle et vous ne savez pas. Vous savez sans doute des millions de choses que je ne connais pas et je n'aurais jamais la prétention d'être plus... intelligente. Non, je ne vous rendrais pas vos yeux, je n'ai pas ce pouvoir. En attendant, vous agissez comme un enfant."

Elle lui attrapa le bras de nouveau, tentant tant bien que mal d'éviter d'effleurer sa main même au risque de ne pas être naturel. Maintenant qu'elle était proche de lui, elle pouvait sentir son odeur, particulièrement masculine. Elle ne comprenait pas pourquoi elle y faisait attention. Il n'y avait pas de raison... Enfin, elle avait l'habitude de côtoyer des hommes alors pourquoi celui-ci la rendait-elle aussi nerveuse. Elle était beaucoup trop proche, son cœur s’accéléra. Il fallait qu'elle se dépêche d'arriver au canapé. Elle le laissa au contact du cuir, s'écartant suffisamment pour pouvoir retrouver son assurance, sa contenance. Elle recule, encore, encore un peu et... glisse sur le crayon qu'elle avait oublié de ramasser. Elle partit en arrière, évitant la table de peu, se cognant la tête sur le sol assez violemment. Il lui fallut certainement quelques secondes pour se remettre du choc tandis qu'elle était toujours étourdie.

-"Je... eux... je crois que je suis entière."


Elle se redressa doucement, sa tête se mettant à tourner méchamment. Heureusement, elle n'était pas trop loin du canapé qu'elle rejoint en se mettant sur ses deux pieds en titubant. Le choc avait été violent, les papiers étaient tombés de sa main. Tant pis pour le ménage.

-"Et si... on évitait les déplacements pour aujourd'hui?"

Sa maladresse l'avait une fois de plus mise dans une situation gênante. Et elle avait du mal à retrouver un moyen de continuer la séance. Vraiment du mal.
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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Sam 3 Oct - 20:48

J’ignore ce qui est le plus douloureux. D’être véritablement infirme ou de ne plus être capable de tenir un pinceau et de faire exploser sur une toile le visage d’Azzura, un fantôme qui s’estompe et dont j’oublie déjà les traits. Une âme sœur, un amour éternel, elle ne devient qu’un vague souvenir, un regret nostalgique, un cœur brisé par son absence. J’ignore ce qui est le plus douloureux, mais je perds mon calme avec cette feuille que j’arrache et que je déchire en multiples parcelles avant de les faire s’envoler et de m’enfuir à mon tour avant de me perdre. Je n’ai pas besoin de son aide et pourtant je m’humilie à chaque seconde un peu plus. Immobile, je ne sais pas vers où me tourner, je ne sais plus ce qu’il convient de faire, je ne suis qu’à quelques respirations de m’effondrer, en équilibre au bord d’un précipice. Comme plusieurs mois auparavant. Comme lorsque je n’ai pu gérer la disparition d’Azzura que par le suicide, qu’au bord de la cascade, j’entendais le grondement de l’eau m’engloutir et la hauteur m’aspirer, quand je cherchais une raison de continuer à respirer et que je quêtais chez mon frère un quelconque soutien. Je suis au bord du précipice et je suis trop fier pour appeler quiconque à l’aide. Je ne suis pas un de tes patients, Violet, qui ait encore un espoir d’avoir une vie après cela, je ne suis qu’une épave qui ne possède comme gouvernail que sa colère, sa violence, sa fierté. Un mouvement dans mon dos m’indique qu’elle a quitté son rôle de spectatrice. Je ferme les yeux, me concentre sur ma respiration pour ne pas m’effondrer et laisser une larme de colère quitter ma paupière. Je n’ose pas bouger, je n’ose pas me déplacer. Je cherche à me souvenir de la disposition de mon salon mais je ne parviens pas à rassembler suffisamment mes souvenirs. Un effleurement, je sursaute, reconnais l’odeur de Violet et son épiderme, frissonne et déteste ma main qui se crispe sur son bras comme on peut se réfugier dans des bras protecteurs. Me repérant à son bras, je parviens à me tourner dans sa direction.-"Vous devriez compter vos pas quand vous vous aventurez dans un espace aussi ouvert. Cela vous simplifiera la vie." Une grimace déforme mon visage, blessé comme je peux l’être. Je n’ai pas besoin de son aide, voilà ce que je m’évertue à lui dire. Et pourtant… je ne peux m’empêcher de trouver une certaine intelligence à ses conseils. Mon orgueil est partagé : je suis stupide, je devrais l’écouter mais je ne peux pas m’abaisser à admettre que j’ai tort. Et comme toujours, c’est ma fierté qui prend les devants, blessante.  « Si j’ai un jour besoin de vos conseils, Violet, je vous le ferai savoir, je sais parfaitement où je me situe. » C’est un mensonge. Ehonté. Assumé. Qui me maintient en vie, dans une mauvaise foi que je porte dans une attitude altière.

-"Vous n'êtes pas infirme, je ne vous considère pas comme un infirme. Non, vous êtes l'unique personne à vous considérer ainsi ici. Je suis arriviste, peut-être. Je ne connais pas votre âge. En attendant, je sais de quoi je parle et vous ne savez pas. Vous savez sans doute des millions de choses que je ne connais pas et je n'aurais jamais la prétention d'être plus... intelligente. Non, je ne vous rendrais pas vos yeux, je n'ai pas ce pouvoir. En attendant, vous agissez comme un enfant." J’écarquille les yeux, interloqué par ce franc-parler dont elle se pare et que je ne peux critiquer de peur qu’elle retire son soutien et me laisse seul dans l’immensité de mon égarement. Vous agissez comme un enfant. J’encaisse comme il se doit la critique : mal. Et pourtant, les propos acides que je veux lui répondre restent coincés dans ma gorge asséchée. Je ne suis pas geignard, je ne me lamente pas, je ne peux donc que constater qu’elle a parfaitement raison. Sans le lui concéder à voix haute. Je parviens finalement à articuler un sec « N’allez pas trop loin Violet, dans la provocation, je risquerai de m’en offusquer » alors qu’elle guide mon bras vers le canapé, son contact me troublant plus que je ne pouvais l’admettre. Un nouveau frisson, je rejette sa main dès que j’effleure le cuir dans un « Lâchez-moi, je ne suis pas un chien que l’on traîne » claquant, visant à masquer cette incertitude qu’elle fait naître chez moi. Je l’entends reculer, reculer encore. « VIOLET ! » Une inquiétude spontanée, je fais volteface dans ce que je sais être sa direction, tends une main tâtonnante à la recherche de sa présence. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine, le loup hurle sa détresse de ne pas savoir ce qui se passe, quête une odeur, un son, un indice. Mes jambes flageolent. « Violet, que se passe-t-il, vous allez bien ? » Je m’accroupis maladroitement,  je tâtonne, effleure un morceau de tissu, me glisse vers son épiderme, remonte sa jambe, trouve son bras, soulève ses épaules. « Violet, vous allez bien ? Dois-je appeler quelqu’un ? » Je m’entends parler, je me ris de mon inquiétude mais je ne peux m’en empêcher. L’entendre m’échapper ainsi, j’ai eu l’impression pendant un instant que l’on venait d’éteindre une veilleuse et que je me retrouvais brutalement dans une obscurité complète. -"Je... eux... je crois que je suis entière." Un soupir de soulagement, je me rends compte de la proximité entre nous deux et m’écarte brutalement, retrouve le canapé et m’y réinstalle alors que je l’entends faire de même dans une respiration titubante. -"Et si... on évitait les déplacements pour aujourd'hui?"

Mes mains tremblent encore.
Je viens de prendre conscience que j’ai beau dire, s’il y a bien une seule personne dont j’accepterai potentiellement le secours un jour, c’est la jeune femme à côté de moi. Et je ne sais que dire. Je ne sais pas comment réagir, je ne sais pas comment me comporter, je ne sais pas ce qu’il convient de faire. Je me passe une main nerveuse sur le visage, glissant sous mes lunettes pour masser mes yeux endoloris. Le silence s’étire à nouveau, plus angoissant que précédemment me laissant égaré et hagard. « Vous mentez, Violet. Je suis un infirme et je ne suis pas le seul à me voir comme ça. Ce serait nier la réalité que de dire le contraire, c’est vous-même qui me l’avez dit. Tout a changé et… il faut que j’apprenne à vivre avec. Seulement… » Je soupire, las. « Pourquoi donc ai-je cette impression particulièrement désagréable de m’adresser à un… une psychologue ? Qu’attendez-vous de moi pour vous obstiner à venir tous les jours rejeter l’aide que vous m’offrez ? » Je sais que je ne l’ai pas toujours rejetée. Pendant quelques jours, une semaine et demi tout au plus, j’ai commencé à l’écouter, à l’accepter, à baisser ma garde voire simplement à prêter une once d’attention à ce qu’elle pouvait me dire pour mieux essayer, après coup, de reproduire ses conseils une fois seul. Puis du jour au lendemain… une distance, un rejet, un silence, un fantôme sur mes lèvres et un malaise inopportun.


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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Mer 14 Oct - 0:26

La demoiselle n'arrivait pas à savoir si elle était plus gênée par la chute ou par le contact qu'il y avait eu entre eux. Pourquoi est-ce que dès qu'il était proche d'elle, elle avait comme cette sensation, cette sensation d'en être tellement consciente que cela lui laissait presque une traînée brûlante sur la peau. Sa tête résonnait et l'arrière de son crâne la lançait violemment. La descente vers le sol avait été particulièrement rude et son corps délicat n'était pas habitué à autant de violence. Il lui arrivait souvent de tomber ou de se cogner mais, jamais aussi violemment. En tout cas, pas depuis un moment. Violet essayait de se convaincre au plus profond d'elle-même que Rafaël était comme tous les autres, elle essayait tellement fort que cela lui faisait presque mal. Il était rare qu'elle fasse un suivit aussi régulier de ses clients, qu'elle aille les voir tous les jours. Mais, parce qu'il était un membre du gouvernement, la demoiselle avait reçu des ordres. Une visite par jour. Parfois, la demoiselle se demandait ce qu'il faisait au gouvernement. Elle n'y connaissait rien en politique, elle ne suivait pas vraiment. Et si cela se trouve il ne faisait pas parti des gens connus. À force de le voir, elle avait appris à apprécier son caractère parfois un peu grognon et bougon, elle appréciait l'entendre râler, mais en réalité le voir tout de même faire de petites actions qui le poussait en avant, elle aimait cette contradiction, il animait ses journées sans même s'en rendre compte. Bien entendue, elle ne lui dirait jamais. Elle n'était pas trop du genre à parler sensations et sentiments. Avec le temps, en quelques semaines, elle avait commencé à s'attacher, plus que d'habitude, plus que... ce qu'elle n'aurait du. Son esprit refusait de le voir mais, la gêne qu'elle ressentait à chaque contact qui s'effectuait involontairement entre eux, en était une preuve de plus. Il avait cette allure... indéfinissable qui la fascinait, elle ne savait pas dire pourquoi. La demoiselle était douée pour se masquer la vérité, elle préférait ne rien voir, ne rien savoir. Violet avait mal de l'entendre parler de lui-même de cette manière, elle détestait entendre les gens se dénigrer et Rafael encore plus. Comment pouvait-il parler de cette manière. Mais, elle ne savait pas quoi dire réellement. Elle tourna la tête pour le détailler, pour détailler son visage où se reflétait son indécision. Enfin, elle y voyait cette indécision, peut-être une extrapolation de son imagination, elle n'en savait rien. Mais même si elle ne pouvait pas se prononcer pour les autres, elle connaissait au moins son propre avis. En grommelant elle dit:

-"Les autres sont des idiots! Personne n'est infirme! J'ai vu des handicapés nettement plus capable que des personnes en pleine possession de leurs moyens."

Ce genre d'idioties avait tendance à soulever le cœur de la demoiselle. Les gens étaient si prompts à juger sans même chercher à comprendre. Et alors ils excluaient de leur vie des personnes formidables, se trompaient sur leurs véritables capacités. Elle était de ceux qui laissaient leur chance à chacun, qui croyait que tous avaient le droit à une chance. Heureusement pour elle, elle n'avait jamais eu trop de mauvaises découvertes. Quand on permettait à ceux qui vous côtoyaient d'être eux-mêmes, ils en étaient le plus souvent reconnaissant. Violet se massait l'arrière du crâne, espérant de cette manière éviter une bosse trop importante. Elle n'avait pas l'air de saigner. Elle eut un soupir, tentant de calmer ses nerfs. Son petit échauffement n'avait fait qu'accentuer son mal de crâne. Elle s'appuya contre le dossier, rejetant doucement sa tête sur le dossier.

-"Je ne le fais pas exprès, vous savez, de vous faire penser à un psy. J'aime simplement parler avec mes clients. Même si parfois j'essaye d'éviter. Ce n'est pas très professionnel d'après certains. Mais si cela vous gêne je peux arrêter. Enfin, seulement si vous faites ce que je vous dis!"

Elle avait retrouvé son ton pétillant, sa bonne humeur et son envie de rendre la vie de ses clients meilleure. Elle se pencha vers Rafaël, tentant d'oublier sa gêne et la rougeur de ses joues qu'il ne pouvait heureusement pas voir.

-"Ou si vous voulez, on peut discuter, tout simplement. Vous savez, je ne suis pas fermée au dialogue et je ne psychanalyse pas. J'écoute. Je ne dis pas que mes collègues psychologues sont inutiles mais, parfois, on a juste besoin d'une oreille."

De toutes les manières, elle n'était pas sûre que se lever serait une bonne idée.

-"Au fait... J'ai fait retomber les papiers que j'avais ramasser en glissant. Désolé!"

Elle était toujours penchée vers lui, se demandant s'il allait réussir à comprendre où elle se trouvait. Par le son, les sensations, et autres, elle y croyait.

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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Mar 20 Oct - 18:59

Une peur. Brutale. Soudaine. Qui m’a pris par surprise par son existence et sa soudaineté. Mes mains tremblent encore de stupeur, mon rythme cardiaque peine à revenir à la normale : tout mon corps me fait l’effet d’une bombe prête non pas à l’explosion mais à l’implosion, tiraillé que je suis entre de multiples émotions. Son contact me brûle encore, même réfugié sur ce canapé qui me maintient en vie autant qu’il parvient à m’enfermer sans avoir besoin de quelconques chaines. Son contact, cherché, voulu, quêté ; son contact craint. Et une colère sourde contre moi-même pour m’être inquiété pour elle alors qu’elle ne m’intéresse en aucune manière et que je refuse même à ne serait-ce que collaborer. Le temps que je reprenne mon souffle et calme mon esprit, le silence s’étire entre nous deux. Plus angoissant aussi. Il est désagréable de voir que celui qui était mon esclave, ce mutisme que je m’imposais, patient, qui sapait petit à petit les défenses de mes adversaires, qui établissait un climat de tension chez mon interlocuteur tout en me laissant de marbre, il est désagréable de voir que le silence est devenu mon ennemi par bien des côtés. Je finis par soupirer, las, qu’elle me ment de manière éhonté. Et au fil des mots, je me surprends à ne plus chercher à choisir chacun des termes avec réflexion mais à plutôt laisser courir mes pensées sans rigueur. Pourquoi ai-je donc cette désagréablement impression de la traiter comme une sorte de psychologue ? Mon agressivité revient lentement, sous la forme de questions visant à la pousser à la faute. Pourtant, je m’intéresse aussi aux réponses qu’elle peut me fournir parce qu’il n’y a pas qu’un rejet de ma part, il y en a un de la sienne, aussi. Bien moins compréhensible, bien plus tangible. Il serait faux de dire que je suis hostile de la sorte depuis le début de nos séances, il serait faux d’arguer que je n’ai fait aucun effort depuis que nous nous connaissons. Pendant quelques jours, la distance fermement établie entre nous deux s’est fragilisée. Puis le rejet. Brutal. Je ne suis pas le seul à rejeter l’aide qu’elle me propose, elle rejette, elle, la confiance que j’aimerais, d’une certaine manière, lui accorder.

-"Les autres sont des idiots! Personne n'est infirme! J'ai vu des handicapés nettement plus capable que des personnes en pleine possession de leurs moyens." Je chasse sa remarque d’un geste de la main, agacé. Tout cela n’a aucune importance : je suis aveugle et cette cécité ne peut et ne pourra jamais être complètement effacée, quels que soient mes progrès, quelle que soit mon adaptation. Je ne suis pas dupe, je refuse de l’être, je sais que je suis infirme. Tout mon être élevé dans un but d’excellence, mon esprit, ma manière d’être, mon arrogance et mon égocentrisme, mon narcissisme et ma prétention, tout ce que je suis ne veut se voiler la face : je suis infirme. Là, donc, n’est pas la question. Ce sont à mes questions que je veux la voir répondre.

-"Je ne le fais pas exprès, vous savez, de vous faire penser à un psy. J'aime simplement parler avec mes clients. Même si parfois j'essaye d'éviter. Ce n'est pas très professionnel d'après certains. Mais si cela vous gêne je peux arrêter. Enfin, seulement si vous faites ce que je vous dis ! Ou si vous voulez, on peut discuter, tout simplement. Vous savez, je ne suis pas fermée au dialogue et je ne psychanalyse pas. J'écoute. Je ne dis pas que mes collègues psychologues sont inutiles mais, parfois, on a juste besoin d'une oreille." Un frisson dégringole ma colonne vertébrale lorsque je sens sa voix, sa respiration, son odeur se rapprocher de moi. Pas très professionnel ? Mes sourcils se froncent, s’interrogent sur les limites imposées par cet adjectif, professionnel. A qui donc est-ce de décider ce qu’il convient de faire ou non dans le cadre de sa profession que la personne la plus directement concernée, celle qui exerce ce pour quoi elle a été formée ? Je ne comprends pas cet état d’esprit, je ne cherche même pas à le comprendre : ma ligne de conduite est bien simple que cela, moi seul sais ce qu’il convient de faire et donc je refuse de souffrir de contraintes quelconques. « Si vous pensez que cela peut servir, faîtes donc, c’est juste que je ne suis guère plus enclin à me prêter aux jeux des psychologues qu’aux vôtres et que de ce fait, loin de doubler vos chances, vous les réduisez, bien au contraire, à peau de chagrin. » Je m’interromps, percevant le côté vain de ma diatribe et son absence complète d’intérêt. Pourquoi donc me sens-je continuellement obligé de lui rappeler que je refuse obstinément son aide, alors même que je ne me prive pas de me traiter d’infirme ? -"Au fait... J'ai fait retomber les papiers que j'avais ramassés en glissant. Désolé!" Je fronce les sourcils. « Quels papiers ? » Je revois le carnet, je me souviens un peu tardivement de ces lettres qu’elle m’a fait former un peu plus tôt. « Oh, ne vous en faites pas, quelqu’un nettoiera ça plus tard, laissez donc. »

Sa proximité est tangible. Je peux presque localiser à l’instinct sa position, penchée vers moi. Un claquement de langue. « Que faites-vous, Violet ? » La question n’a pas lieu d’être. La véritable question que je devrais poser, c’est plutôt qu’es-tu supposé faire, Rafael ou encore que veux-tu faire ? Je me mords la lèvre inférieure en me relevant, rejetant d’un seul mouvement la remarque précédemment faite par la jeune femme sur le fait de ne pas se déplacer pour aujourd’hui. Je prends mon inspiration. « Guidez-moi dehors, Violet. J’ai besoin d’air. » Je me tourne dans sa direction. « C’est dans vos attributions, n’est-ce pas ? » Il serait vain de me demander quoi j’agis ainsi avec elle. Une fraction de seconde auparavant, je brûlais d’envie de discuter avec elle posément, d’en savoir plus sur elle, je la traite maintenant comme l’une de mes employés, sans aucune considération pour son métier. Raide, j’attends qu’elle se lève, qu’elle me suive, qu’elle me guide vers l’extérieur de ma bâtisse, là où je ne vais pourtant que rarement. Je fais quelques pas sans l’attendre, me repérant de mémoire, plaquant ma main contre la surface lisse et glacée de la baie vitrée. « Je ne vous comprends pas. » m’entends-je brutalement m’agacer. « Cela est très énervant, je ne parviens pas à saisir vos réelles motivations ni le but même de votre travail. A quoi donc s… » Je m’interromps, sourcils légèrement froncés. A quoi sert-elle donc ? La question reste suspendue sur mes lèvres, je me rends compte de justesse qu’elle pourrait non pas être mal mais peut être un peu trop bien interprétée. Je me rends compte aussi qu’elle n’a pas lieu d’être. « Approchez. » C’est un ordre que je lui impose. « Je n’arrive pas à saisir ce que vous souhaitez et ça m’agace. A quel jeu jouez-vous, Violet ? » Si je ne le dis pas à haute voix, c’est bien évidemment de son attitude dont je parle. La mienne est plutôt simple et suit une droite ligne de conduite : l’hostilité. La sienne en revanche m’est insaisissable et je maudis mes yeux qui m’empêchent de la voir telle qu’elle est et de lire sur son visage que j’imagine candide ce qu’elle pense réellement. Quelque part, sans le savoir, ma cécité la protège de mon regard incisif. Tactile, attentive, présente, elle s’installe brutalement dans un fauteuil séparé du canapé, inflige une distance qui me blesse sans que je ne le voie venir.


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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Mer 11 Nov - 21:01

Est-ce qu'il était correct de dire qu'elle ne savait plus quoi faire? Elle s'était toujours crue à l’abri de la tempête des sentiments, depuis ses parents et son frère, elle s'était toujours dit qu'elle ferait tout pour être de nouveau à l’abri d'une déception, ou bien d'une quelconque situation dangereuse. Par ce que découvrir la vérité avait quelque part brisé son âme d'enfant, elle s'en était reconstruite une deuxième par dessus. Une âme qui souriait en permanence, qui croyait que chacun avait sa chance et que le mal n'était pas partie intégrante de la nature humaine. Elle pensait qu'avec suffisamment d'efforts et de sourires on pouvait rendre le monde un tantinet meilleur. Après tout, malgrès son histoire familiale, elle n'était pas devenue comme eux. Elle n'avait pas perdue espoir. Un frisson la traversa, comme un rappel. La peur qu'un jour ils la retrouvent. Elle savait que son frère l'avait cherché. Et parfois il n'était pas passé loin. Ces dernières années étaient plus calmes, encore plus depuis qu'elle était à la Nouvelle-Orléans. Mais, ce baiser accidentelle l'avait subitement fait revenir à ses premières frayeurs, ce déluge émotionnel qu'elle avait ressentit, ce bouleversement. Elle ne voulait pas vivre cela, elle ne voulait pas se revoir dans ces rares moments de sa vie où elle avait eut l'impression que le ciel lui tombait sur la tête, que la terre s'était ouverte sous ses pieds pour l'avaler tout entière et la détruire. Alors, elle avait tout fait, tout fait pour ne pas que cela recommence, pour éviter que cette proximités avec Rafaël ne finisse par lui faire mal. Elle, qui en général faisait passer les autres avant, avait ressortit sa vieille carapace de tortue et s'était carapatée. Mais, cet espèce d'énergumène, de grognon avait réussit à lui faire oublier ses bonnes résolutions. Voir quelqu'un souffrir, sentir la douleur et la détresse, Violet était incapable de l'ignorer. Se serait aller à l'encontre de ses propres principes moraux et elle s'était retrouvée de nouveau à s'approcher de lui, à toucher sa main pour lui faire écrire des mots, à le guider jusqu'à un canapé. Elle s'était mise à lui raconter sa vie, ou plutôt à justifier sa manière de travailler. Jamais elle ne l'avait fait. Elle connaissait son travail et jamais elle n'avait ressentie ce besoin impérieux qu'on en reconnaisse l'utilité. Jamais elle n'avait autant désiré que ses clients comprennent qu'elle était là pour eux. Non, pas "ses clients" mais, "ce" client. Elle était restée penchée vers lui, attendait qu'il comprenne où elle était. Et ses yeux ne pouvaient s'empêcher de détailler les traits de son visage comme une gamine qui découvrait pour la première fois de sa vie un paysage magnifique. Quelle idiote elle faisait. Mais quelle imbécile! Il lui demanda ce qu'elle faisait. Mais, oui, mais que fais-tu petite humaine? Qu'est ce qui te prends? Est-ce que tu te rends compte de tes actions? Ou bien ta propre nature est-elle entrain de te rattraper au galop? Lorsqu'il lui demanda de l'emmener dehors, s'était presque comme si elle se réveillait. Elle se rejeta en arrière, toucha l'arrière de sa tête et grimaça. Il était cruel lui aussi, à sa manière. Elle le regarda avancer seul. Seul, adjectif qui lui correspondait tellement bien que s'était presque comme si une auréole de solitude l'entourait, comme si rien ne pouvait percer cette bulle froide et hostile qui s'était formée autour de lui. Il lui donna un ordre. Elle obéit, pour une fois, par ce que pour l'instant, elle ne savait pas quoi faire d'autre. Mais la question qu'il lui posa la pris de court. A tel point que s'était presque comme si l'ensemble de sa personne s'était figé. Cette question qui faisait tant écho à ses propres pensées. Et à laquelle elle n'était pas sûre d'avoir trouver une réponse. Quel jeu? Si seulement il pouvait s'agir d'un jeu... Au moins elle serait capable d'en saisir les règles. Il s'agissait simplement d'un capharnaüm, d'un bazar infini dans lequel elle n'arrivait pas à mettre de l'ordre. Mais, elle ne pouvait pas ne pas lui répondre, sinon, il n'y aurait plus jamais de confiance entre eux. Il fallait qu'elle s'explique, qu'elle explique quelque chose qu'elle ne saisissait pas elle-même.

-"Je ne sais pas."

La réponse tomba brute, nette, claire. Avant qu'elle ne se mette encore à parler. Avant qu'elle ne s'explique encore plus.

-"J'ai envie de vous voir arrêter de souffrir. J'ai envie de voir un sourire sur votre visage quand vous aurez enfin compris que votre vie ne se limite pas à votre cécité. J'ai envie de faire disparaître chez vous cette douleur, cette peine. J'en ai tellement envie que ça me fait peur! Je déteste voir les gens souffrir! Et vous encore plus! Alors je ne sais pas! Je ne sais pas ce qu'il faut que je fasse pour que vous compreniez! Je vous apprécie! Malgré le fait que vous me rejetiez en permanence. Je ne veux pas vous laisser seul, là, dans cet espèce de trou noir que vous ne faites que construire autour de vous. Je n'en ait pas envie! Je ne peux pas le faire, et... et ... j'ai peur. J'ai peur."

Tout au long de ses paroles, elle n'avait fait que continuellement hausser le ton de sa voix, encore et encore mais, au lieu de finir dans un hurlement, sa conclusion arriva dans un murmure, presque lointain. Au fur et à mesure qu'elle se rendait compte elle-même de la réalité, de la vérité. Elle avait peur. Peur de cette dédication, de cette presque dévotion qu'elle mettait à vouloir lui permettre de s'adapter. Elle avait peur par ce qu'elle ne pouvait pas se permettre de penser autrement à lui qu'en temps que patient, et que malgré tout, malgré elle, elle le faisait quand même. Elle avait les joues en feu. Trop timide pour son propre bien. Elle prit la main de Rafaël, la décollant de la glace et fit glisser son bras sous le sien.


-"Je vais ouvrir la baie vitrée, allons dehors!"


Elle fit glisser la fenêtre jusqu'à ce que l'ouverture soit assez grande pour les laisser passer tous les deux.

-"Attention au rebord!"

L'air frais la surpris, faisant voler ses cheveux devant ses yeux? Elle aurait du les attacher, trop tard maintenant. De sa main qui ne tenait pas Rafaël, elle tenta tant bien que mal de dégager son visage.

-"J'aime bien la Nouvelle-Orléans, pas vous?"

Question banale, tentative désespérée de changer de sujet pour éviter qu'elle ne se perde une nouvelle fois et découvre encore des choses qu'elle préfèrerait ignorer. Encore une fois.

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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Sam 14 Nov - 19:26

Mes doigts glissent sur la surface glacée de la baie vitrée, je me sens prisonnier de ces sensations auxquelles je dois être constamment à l’écoute. Plus de visuel, juste une main posée sur une surface qui me guide autant qu’elle me perd. Plus de couleurs, juste des sons et des odeurs. Celle de Violet. Insistante. Angoissante. Apaisante. Omniprésente autour de moi. Je ne la comprends pas. Je n’arrive ni à comprendre ses motivations, ni à expliquer pourquoi elle m’intrigue et m’agace autant. Je ne la comprends pas. Si mes ordres se font secs, si mon attitude se fait arrogante et méprisante, c’est tout simplement parce que c’est ma manière d’être. C’est tout simplement parce qu’il n’y a que de cette manière que je suis capable d’avoir une attitude cohérente. Quelques pas à l’extérieur sans l’attendre, je guette ses mouvements. Approchez. Ce n’est pas une question. Ce n’est même presque pas un ordre. C’est une évidence : elle va obéir et s’exécuter sans attendre. A quel jeu jouez-vous Violet ? Ma bouche s’assèche sous la question ainsi formulée froidement. Je ne la comprends pas, c’est très énervant comme je viens de le lui concéder.

Depuis toujours, j’ai l’intuition nécessaire et suffisante pour comprendre non seulement les motivations de mes subordonnées mais en plus leurs espoirs et leurs attentes. Leurs craintes et leurs appréhensions. Un instinct de choix lorsqu’il s’agit de régner, d’écraser, de rabaisser et de piétiner leurs efforts, un instinct de choix pour un bourreau et seigneur qui sait ainsi où frapper pour briser les rotules de son jouet et le faire cracher ce qu’il tente pitoyablement de garder pour lui. Depuis toujours donc, je perçois les faiblesses des hommes que je côtoie avec une justesse étonnante. Et Violet est insaisissable de naïveté et de candeur. Illogique à mes yeux qui ne connaissent au final que la manipulation, l’hypocrisie, l’égoïsme et la violence. Imprévisible à mes sens lupins qui ne réfléchissent qu’en termes de gain et de perte, de proie et de prédateur, de chasse et de fuite. A que jeu jouez-vous Violet ? -"Je ne sais pas." Je tique, claque ma langue contre mes dents. Agacé. Ce n’est pas une réponse. J’attends plus, j’attends mieux, j’attends plus clair. Parce que je déteste que l’on me rejette et je déteste encore plus qu’on se joue de moi. Et ce fantôme qui flotte sur mes lèvres n’est qu’une amertume supplémentaire lorsqu’on prend en considération son attitude glaciale par la suite qui n’aurait rien à envier à la mienne. Je ne sais pas n’est pas une réponse convenable, Violet. J’attends plus, j’attends mieux : toute mon attitude tendue et guindée te le dit, te le hurle.

-"J'ai envie de vous voir arrêter de souffrir. J'ai envie de voir un sourire sur votre visage quand vous aurez enfin compris que votre vie ne se limite pas à votre cécité. J'ai envie de faire disparaître chez vous cette douleur, cette peine. J'en ai tellement envie que ça me fait peur! Je déteste voir les gens souffrir! Et vous encore plus! Alors je ne sais pas! Je ne sais pas ce qu'il faut que je fasse pour que vous compreniez! Je vous apprécie! Malgré le fait que vous me rejetiez en permanence. Je ne veux pas vous laisser seul, là, dans cette espèce de trou noir que vous ne faites que construire autour de vous. Je n'en ai pas envie! Je ne peux pas le faire, et... et ... j'ai peur. J'ai peur." Mes doigts se referment sur mon poing, mes phalanges restent en contact avec la vitre si lisse. Posément, je préfère décortiquer chacun de ses mots plutôt que d’être spontané et de répondre des imbécilités similaires aux siennes. J’ai envie de vous voir arrêter de souffrir. Si je me décidais à parler à cet instant, je lui rétorquerais d’une voix méprisante que si elle voulait vraiment que je cesse de souffrir, elle pourrait commencer par me laisser seul. Je vous apprécie. Si j’ouvrais la bouche sans réfléchir, je lâcherais avec acidité qu’il n’y a rien d’appréciable dans ce que je suis et qu’il faut être fou ou stupide, voire les deux, pour se penser capable d’être aussi aveugle face à un aveugle. J’ai peur. Je déglutis. « Il est normal d’avoir peur face à moi, vous n’êtes pas une exception loin de là, vous êtes même désespérément dans la règle de la médiocrité sur ce plan là, Violet. » Si je me suis tu précédemment, ses derniers mots m’ont blessé plus que je ne l’aurais pensé et mes lèvres ont articulé en un murmure ce que je ne pense que superficiellement. Je ne regrette pas mes mots, loin de là, il aurait simplement plus juste de ma part que Violet ait le droit à toutes mes pensées ou aucune, pas uniquement aux dernières qui ne laissent finalement qu’un arrière-goût de mes propres considérations. J’ai le désagréable sentiment d’être hypocrite. Je ferme les yeux, me laisse aller à m’adosser contre la baie vitrée dans un soupir. « Pardonnez-moi, la formulation n’était peut être pas la meilleure mais j’imagine que vous avez compris l’idée. »

Sa main qui se saisit de la mien me glace l’épiderme, je me crispe sous la surprise et le malaise. Pour une personne comme moi qui crains autant qu’elle hait les contacts physiques, la cécité est une torture par ces contacts qu’elle impose pour me repérer dans l’espace et dans mon appartement.  "Je vais ouvrir la baie vitrée, allons dehors!" Je me souviens de ma demande, regrette de l’avoir formulée de manière à ce qu’elle puisse croire que j’ai besoin de son aide pour atteindre le jardin de ma villa. -"Attention au rebord!" Je me laisse cependant guider, avec cette angoisse qui supplante mon agacement à l’idée de m’aventurer à l’extérieur. Je me fiche cependant lorsque mon pied heurte le rebord, avec cette impression désagréable d’être un enfant craignant de faire ses premiers pas sur un sol inconnu. Je me fige, sentant sa main qui me tire vers l’extérieur. -"J'aime bien la Nouvelle-Orléans, pas vous?" Je fais un pas en avant, prenant sur moi pour le faire, prenant sur moi pour rejoindre Violet. Je suis ridicule d’avoir ainsi cherché à quitter la protection de mon salon, la tangibilité du canapé, la sécurité de l’atmosphère confiné. Je suis stupide, je suis surtout paralysé. Ma voix doit avoir le même teint cadavérique que j’affiche présentement. « Je la hais. » m’entends-je murmurer, anxieux. Ma main se glisse davantage dans la sienne, se raffermit autour de son poignet de peur de la perdre. « Je hais cette époque, je hais cette ville, je hais ce pays, Violet. Ce n’est pas de la souffrance que vous croyez lire en moi, c’est de la fatigue. Je suis fatigué, Violet, de ne devoir côtoyer que des imbéciles aussi insignifiants qu’envahissants, aussi inaptes à réfléchir que le plus vulgaire des pécores du treizième siècle. Je suis fatigué de n’être entouré que de cafards et de blattes qui n’ont rien à envier au plus misérable des demeurés. »

Je n’augmente pas une seule fois le ton de ma voix, je ne le baisse pas non plus. Les mots filent, égaux sur une ligne directrice unique : la lassitude. J’ignore pourquoi je me justifie, m’explique, me confie de la sorte à Violet. J’ignorais même jusque là avoir cet avis aussi négatif sur cette société décadente qui nous entoure. « Le monde est pourri, Violet. Jusqu’à la moelle. Ne le voyez vous pas ? Alors non je n’aime pas la Nouvelle-Orléans, je n’aime pas vos comparses, je n’aime pas cette atmosphère alourdie par les vices qu’elle charrie et la stupidité de ceux qu’elle draine à chaque de leur respiration. Comment faites-vous pour rester sereine face à cela, comment faites-vous pour vous soucier à ce point de moi alors que vous n’êtes au final qu’une jeune femme aux capacités guère plus étendues que cette présence que vous m’imposez chaque jour ? » Je suis franc, honnête, sincère, peut être un peu trop direct mais peu m’en chaut. Je me tais, finis par me taire. Je n’ai pas un seul instant la main de Violet. Pourquoi suis-je aussi hostile avec elle ? « Que voyez-vous en moi qui vaille la peine de perdre chaque jour autant de votre temps, Violet ? » Pourquoi suis-je aussi hostile avec elle ? Parce qu’elle n’est pas faite pour cette ville, pas faite pour cette époque, pas faite pour cette déchéance. Elle mérite mieux, bien mieux que tout cela, bien mieux que ces patients qui ne veulent pas être aidés, bien mieux que cette gangrène qui ronge le monde et dissémine sa pourriture comme une peste tombant sur les épaules des moins concernés pour qu’ils s’étouffent avec et laissent la place à ceux qui créent les charniers à brûler.


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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Dim 15 Nov - 18:54

Comme un poignard, une parole cassante, encore. Il savait y faire avec les mots, il savait comment faire mal. Quel était donc son job pour le gouvernement? Elle n'en savait rien, elle n'avait pas posée la question. Mais, ce qu'il n'avait pas compris, c'est que se n'était pas de lui qu'elle avait peur mais... de ce qu'elle ressentait quand elle était avec lui. Elle avait peur de ce que tout cela pouvait signifier d'elle-même. Ce qu'elle ne comprenait pas franchement de lui, s'était qu'il la juge sans vraiment la connaître. Personne de ses connaissance ne savait qui elle était vraiment. Elle n'avait jamais laissé filtrer son ancien nom de famille, ni même son ancien prénom. Alors, oui, elle avait l'air douce, gentille, innocente et peut-être même qu'elle l'était quelque part mais, sa conception qu'elle se faisait de la vie était largement influencée par ce qu'elle avait vécut. Sans doute comme tout le reste du monde, simplement, derrière son visage, personne ne se douterait qu'elle est la fille de trafiquant d'êtres humains ou que son frère n'est qu'un avocat sans scrupules, prêt à profiter des plus faibles à la moindre occasion. Pourquoi dérivait-elle sur sa famille à chaque fois qu'elle se sentait mal à l'aise ou que son cœur lui faisait mal. Sans doute par ce qu'ils étaient la seule chose qui l'ait réellement fait souffrir dans sa vie jusque là. Rafaël et ses remarques acerbes et acides réussissait presque à prendre la seconde place. Jamais elle n'avait eut aussi mal quand un client la négligeait à ce point. Au départ, elle n'avait pris ces remarques que pour du simple rejet de sa profession mais, à force, elle commençait à les prendre pour elle même. Surtout quand on lui annonçait qu'elle était médiocre. Elle savait déjà qu'elle ne débordait pas d'originalité, qu'elle n'était pas spécialement intéressante et parfois un peu trop ennuyeuse avec sa timidité mais, être décrite comme médiocre avait tendance à toujours atteindre. Même si elle savait qu'elle ne devait pas vraiment le prendre pour elle-même, ses efforts pour ne pas être touchée dans son amour-propre devenaient de plus en plus complexes à réaliser. Même s'il s'excusait, elle n'était pas sûre d'avoir compris ce qu'elle aurait due comprendre. Aller dehors était un moyen pour elle de s'enfuir un peu, de respirer autre chose que cette atmosphère tendue qui régnait à l'intérieur. Elle continuait avec ses phrases joyeuse, son sourire qu'il ne pouvait pas voir mais qu'elle se faisait un point d'honneur d'afficher sur son visage. Et elle l'écouta, elle l'écouta parler, son cœur se serrant encore et encore alors qu'il avançait dans ses pensées, dans ses paroles. Tant de désespoir et de fatigue, comment cela pouvait-il être permis dans le cœur d'un seul être humain. Comment pouvait-on avoir tant perdu fois en le monde dans lequel on vivait. Quelque part, cela la dépassait totalement. Elle posa sa main libre sur cella de Rafael, celle qui la tenait fermement de peur de tomber dans ce vide complet qu'il semblait redouter. Elle était contente quelque part qu'il lui dise tout cela, s'était sans doute la plus longue chose qu'il lui ai jamais dit. Sereine n'était peut-être pas le bon mot pour décrire son attitude. Prenant une grande respiration, elle se lança dans une réponse que lui dictait son cœur.

-" Pourquoi je perds mon temps? Je n'en ai pas l'impression. Vous ne me connaissez pas Rafael, et je n'ai pas peur de vous. Il n'y a que trois personnes dont j'ai peur dans ma vie, et vous n'en faites pas partie. J'en crains d'autre à la limite, mais vous n'en faites pas partie non plus. Je ne reste pas sereine, j'accepte, j'accepte que c'est la réalité et que je ne pourrais pas la changer en entier. Mais, j'essaye de la changer un peu, de donner de l'espoir et l'envie de vivre de nouveau, je montre aux gens qui peuvent paraître désespéré qu'ils peuvent toujours avoir une vie correcte. J'essaye de croire en chacun jusqu'à ce que l'on me montre que l'on est un cas sans espoirs. J'ai décidé il y a longtemps de laisser sa chance à chacun. Et vous n'avez pas encore réussit à me faire lâcher prise."

Il ne faisait pas chaud dehors, sans doute la température allait-elle encore chuter pour atteindre un de ces froids polaires comme cela était déjà arriver plusieurs fois ces derniers temps. Et ils n'avaient rien sur le dos, ils allaient tomber malade. Elle prit l'initiative de les ramener à l'intérieur, enserrant sa main pour être sûre qu'il ne la lâche pas et se fasse mal. A chaque fois qu'elle voyait quelque chose qui ne devrait pas être comme cela pour un aveugle, elle se retenait de faire la grimace. Raahh... Mais quand est-ce que cet homme allait finir par l'écouter? Se n'est pas comme si elle tentait de le blesser.

-" Dites Rafaël, vous comptez vous laissez pourrir de cette manière, par ce que vous vous dites que ce monde ne vos plus la peine que vous fassiez d'efforts? Si c'est le cas, dites le moi clairement. Au moins, je n'aurais pas l'impression d'avancer dans le vide. Mais quand bien même les gens sont vaniteux, égoïste, mauvais, je me dis qu'il faudrait leur laisser une chance d'être autrement. Moi, je crois en cette chance. Et je crois que vous valez largement la peine que je me donne, le temps que je passe avec vous. Vous ne me croirez peut-être pas mais, venir vous voir, juste en espérant qu'il y est eut un quelconque progrès est quelque chose que j'attends tous les jours avec impatience. Je me dis que peut-être aujourd'hui, vous ferez un de ces sourires dissimulés sous des grognements par ce que vous savez que j'ai raison et que vous faites simplement la forte tête pour la forme. Me dire qu'un jour vous n'aurez plus besoin de mes conseils pour vous en sortir tous les jours, c'est pour cela que je viens encore et encore."

Doucement, elle relâcha sa main qui tenait son poignet, la posa sur le dossier d'un fauteuil et resta à côté de lui, cherchant quoi ajouter de plus.

-"Laissez moi au moins une chance de vous montrer que je sers à quelque chose."

Elle s'était laissée entraînée dans son élan, elle avait oublier qu'ils s'étaient embrassés et que son cœur avait fait une véritable course à ce moment là. Mais, ce souvenir revint subitement dans sa mémoire, son cœur recommença à battre un peu trop fort à son goût et elle se recula un peu. Leurs lèvres l'une contre l'autre, ne serait-ce qu'un instant,rien que le souvenir. Elle ferma les yeux, pris une grande respiration, tentant de retrouver son calme. Elle n'avait pas envie de devoir lui expliquer pourquoi elle agissait ainsi. Se serait tellement embarrassant et... elle était bien trop timide pour le faire. Elle se serait sans doute enfuie, sans un mot. Malpolie mais mieux que de devoir expliquer qu'il lui faisait de l'effet. Raaaahh! Violet... Mais, dans quoi t'entraines-tu toute seule? Si seulement elle avait la réponse...

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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Mer 18 Nov - 0:11

Mes mots sifflent dans ma bouche, persiflent dans ma gueule, se parent d’acide pour mieux  masquer la réalité. Je les pense. Durement. Brutalement. Je ne cherche pas à faire dans le correct ou le tact, je cherche à faire dans le désagréable et le franc. Médiocre. Le terme laisse tout paraître de mon mépris et de mon dédain pour la chose. Médiocre. Ce mot, je l’articule, j’en détache chacune des syllabes, je laisse le r rouler sur ma langue. Médiocrité. Le mal de ce temps, le mal de ce monde. Il n’y a plus de perfectionnisme, il n’y a plus de rigueur, il n’y a que du médiocre jusque dans les têtes du Gouvernement et cette avidité si présente qu’elle en devient risible. J’aime la Nouvelle-Orléans, pas vous ? Son enthousiasme est enterré là encore par ma spontanéité déplaisante. Je la hais. Je la hais tant que je me justifie dans une hostilité croissante, fermement accroché au poignet de l’ergothérapeute de peur de me perdre dans cette immensité qu’est mon jardin. Hostile. Comme moi. Je suis fatigué, je suis las, je suis épuisé. Les termes se superposent, s’accumulent, accusent la Nouvelle-Orléans de n’être qu’un climat de débauche et de décadence que l’on peine que maladroitement de remettre dans le droit chemin au sein d’une prohibition si tardive qu’elle en devient plus destructrice que salvatrice. Elle m’écoute, je le sens à son silence. Elle m’écoute et je ne peux pas m’empêcher de me demander ce qu’elle en pense, tout en sachant que son avis ne m’importe que très peu en réalité. Je m’écoute moi aussi, je me découvre une haine brûlante pour ce qui m’entoure. Un poids sur la poitrine accentué par ma cécité, renforcé par les récents événements, amplifié par cette solitude brûlante qui saccage mes pensées et étouffe ma respiration.

Elle prend son inspiration, ce simple mouvement retient toute mon attention. M’oblige à me rendre compte que je suis bien trop concentré sur elle et sur le moindre de ses actes. Je ne sais pas vraiment ce qu’elle représente pour moi. Une source d’agacement, voilà qui est certain. Une source de distraction, voilà qui est certain encore. Elle vient régulièrement m’extirper de ma routine, son enthousiasme refuse d’être refroidi par mon animosité non retenue pourtant. Je ne la comprends pas, je ne parviens ni à saisir ses motivations, ni à trouver une quelconque cohérence dans ses pensées et ses raisonnements. Si je m’écoutais, je la penserais altruiste, généreuse, gentille et d’une naïveté déplorable. Mais une telle personne n’existe pas parce qu’une telle personne se ferait sans cesse écraser par les autres. Et surtout, tout le monde porte en soi les graines de sa propre suffisance et destruction. A quel jeu jouez-vous, Violet ? La question n’a jamais été aussi porteuse de sens et d’intérêt qu’à cet instant, alors que je me tais, alors qu’elle prend son inspiration. Que peut-elle répondre à une telle déferlante de mépris et de dégoût pour la cité qui l’héberge ? Je ne la vois plus, cette Nouvelle-Orléans qui m’écœure. Je ne la vois plus et je ne m’en plains pas. Que peut-elle répondre de censé à ma diatribe acide ? Que peut-elle répondre, enfin, à ma question naïve ? Que voit-elle donc en moi qui la pousse chaque jour à venir se heurter à mon hostilité, mon agressivité, mon indifférence ? -" Pourquoi je perds mon temps? Je n'en ai pas l'impression. Vous ne me connaissez pas Rafael, et je n'ai pas peur de vous. Il n'y a que trois personnes dont j'ai peur dans ma vie, et vous n'en faites pas partie. J'en crains d'autres à la limite, mais vous n'en faites pas partie non plus. Je ne reste pas sereine, j'accepte, j'accepte que c'est la réalité et que je ne pourrais pas la changer en entier. Mais, j'essaye de la changer un peu, de donner de l'espoir et l'envie de vivre de nouveau, je montre aux gens qui peuvent paraître désespéré qu'ils peuvent toujours avoir une vie correcte. J'essaye de croire en chacun jusqu'à ce que l'on me montre que l'on est un cas sans espoirs. J'ai décidé il y a longtemps de laisser sa chance à chacun. Et vous n'avez pas encore réussi à me faire lâcher prise." Je l’écoute. Attentivement.

Inconsciemment, aussi, je retiens tout ce qu’elle me dit et ce qu’elle ne me dit pas. Je n’ai pas peur de vous. Echo certain à sa médiocrité pointée du doigt quelques soupirs plus tôt. Vous avez tort, Violet, vous avez tort de ne pas avoir peur du loup, du grand méchant loup. Je suis la Bête qui n’hésitera pas à vous écraser si vous lui donnez un jour une raison de le faire. C’est un tort, Violet, que de ne pas avoir peur d’un membre influent du Gouvernement. Cette crainte que j’entends dans la voix de la plupart de mes subordonnés, je la savoure, je m’en délecte, je m’y complais parce qu’avec la crainte vient le respect, avec le respect le pouvoir, avec le pouvoir la puissance et l’invulnérabilité. La corruption qui accompagne le tout, je la délaisse au faible, je me contente de ma propre arrogance et prétention. Un silence. Je suis attentif aux battements de son cœur et aux miens, à cette chair de poule que le vent découvre sur notre épiderme en contact. « Vous dites que vous n’avez pas peur de moi ? Savez vous que vous venez de rajouter l’adjectif inepte à la longue liste de ceux qui vous caractérisent déjà dans mon esprit ?  Je vous en félicite. » Le sarcasme coule sur ma langue dans un trait incisif, visant non seulement à la mettre en garde mais en plus à l’assurer qu’à défaut de la voir, j’offre une attention accrue à tout ce qu’elle peut s’hasarder à me confier. « Et pourquoi me laisser une chance ? Je n’en ai ni besoin, ni demandé. » Je n’aime pas dépendre d’une tierce personne. Cela se ressent chaque jour, cela s’accentue depuis ma cécité contrairement à toute attention.

Il n’y a guère que Duncan qui ait ma confiance. Duncan et Violet à laquelle je concède le droit de me guider vers l’intérieur maintenant. Mes doigts retrouvent le secours de la baie vitrée, je préfère rester debout, touchant et la peau brûlante de Violet, et la surface lisse et gelée du verre. Je m’apprête à réclamer à l’un de mes gens de nous servir quelque chose à boire lorsqu’elle me surprend à reprendre la parole. -" Dites Rafael, vous comptez vous laisser pourrir de cette manière, par ce que vous vous dites que ce monde ne vaut plus la peine que vous fassiez d'efforts ? Si c'est le cas, dites le moi clairement. Au moins, je n'aurais pas l'impression d'avancer dans le vide. Mais quand bien même les gens sont vaniteux, égoïstes, mauvais, je me dis qu'il faudrait leur laisser une chance d'être autrement. Moi, je crois en cette chance. Et je crois que vous valez largement la peine que je me donne, le temps que je passe avec vous. Vous ne me croirez peut-être pas mais, venir vous voir, juste en espérant qu'il y est eut un quelconque progrès est quelque chose que j'attends tous les jours avec impatience. Je me dis que peut-être aujourd'hui, vous ferez un de ces sourires dissimulés sous des grognements par ce que vous savez que j'ai raison et que vous faites simplement la forte tête pour la forme. Me dire qu'un jour vous n'aurez plus besoin de mes conseils pour vous en sortir tous les jours, c'est pour cela que je viens encore et encore." J’ouvre la bouche sans qu’aucun son n’en sorte. Je ne sais que répondre à cette nouvelle intervention. Loin de pouvoir anticiper ce qu’elle va me dire, je me laisse prendre constamment au dépourvu. « Me laisser pourrir ? » reprends-je en écho, légèrement blessé par la chose. Elle n’a pas tort, cette fois. Vaniteux, égoïste, mauvais. Ces trois adjectifs qui me correspondent si bien me blessent chacun leur tour avec une acidité brûlante. Je suis vaniteux, je ne peux le nier. Je suis égoïste, là encore, c’est indéniable. Mais suis-je mauvais ? L’éclat de rire de ma fille résonne encore malgré les siècles à mes oreilles. Le visage d’Azzura s’impose, s’estompe, disparaît. Celui, albâtre, de Li Mei, est le dernier cadavre à s’être étendu sous mes yeux dans une immobilité marmoréenne tâchée d’un sang si noir que la scène perdait toute couleur. Mauvais ? Sa main lâche mon poignet, ma main cherche le vide dans un mouvement de panique, d’appel au secours. M’abandonne-t-elle réellement à l’obscurité ? La colère ronfle, le loup s’agite, se trouble, se réveille brutalement.

-"Laissez-moi au moins une chance de vous montrer que je sers à quelque chose." Je n’ai pas le temps de la questionner sur ce qu’elle compte faire que déjà son odeur omniprésente sature mes sens comme une piqûre de rappel. Je ferme les yeux, dans ce réflexe inutile qui veut me séparer du monde et me laisser seul avec mes pensées. Je me pince l’arête du nez, masse mes tempes pour dissiper la tension et clarifier ce que mes sens lupins ne cessent de me faire parvenir. Un pas. En arrière. Je cherche à m’écarter d’elle. A m’écarter de son odeur, de sa voix, de sa présence. « Vous êtes ridicule, Violet. » Ce n’est même pas dit pour être blessant, c’est dit comme une vérité que je me dois de lui concéder. Ce qui doit être, je le sais bien, davantage vexant pour elle. « Vous êtes incohérente, illogique, insaisissable et incompréhensible, mais vous êtes prédictible dans vos actions. Et rien de ce que vous ne faites ne m’est d’une quelconque utilité. Vous ne me craignez pas, dites-vous. Vous êtes une idiote, Violet, ou une menteuse. Et je ne vous ferai pas l’affront de vous dire à quel point l’une ou l’autre de ces solutions ne vous apporteront que des ennuis. Je peux vous détruire, je peux ruiner votre vie et celle de vos proches. Vous, de votre côté, vous n’êtes qu’une petite sotte capricieuse et obstinée qui refuse d’ouvrir les yeux sur le côté abject du monde qui l’entoure. Mais ce n’est pas du courage comme vous semblez pouvoir le croire, que de fermer les yeux sur la réalité. Vous êtes lâche, Violet. Voilà ce qu’il en est vraiment. Vous vous terrez derrière vos illusions parce que vous refusez de grandir et de comprendre que ce monde est pourri, que vous-même vous avez en vous-même cette noirceur qui enflera jusqu’à ronger jusqu’à la moelle votre si touchante candeur. » La colère gronde, la colère enfle. Je ne parle pas de Violet, je le sais bien, je ne parle que de moi-même. Je me suis perdu entre deux meurtres commis en toute impunité. Dans cette volonté de nettoyer l’Humanité de son surnaturel écœurant, je me suis perdu. Je suis l’idiot capricieux et obstiné, je suis celui qui refuse d’ouvrir réellement les yeux sur ce qu’il est et surtout sur ce qu’il ne voudrait pas être.

Me repérant à l’ouïe, cherchant sa respiration, je me rapproche d’elle. « Tentez donc de me prouver que vous pouvez me servir à quelque chose, Violet. Surprenez-moi, prouvez-moi que vous n’êtes pas, vous, attaquée par cette gangrène que porte l’air vicié de ce temps. » Le loup trépigne en mon sain. Gémit, aussi, de désespoir face à cette teinte de supplique qui a modulé ma voix sur mes derniers mots. Je veux la croire, dans un sens. Je veux croire que tout n’est pas vicié, que tout n’est pas perdu, que tout n’est pas que désolation masquée derrière les apparences.


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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Jeu 19 Nov - 18:49

Il ne savait pas s'arrêter dans sa méchanceté, dans la violence de ses paroles. Il n'avait pas de limites. Violet avait l'impression d'être devenue un véritable punching-ball, son punching-ball personnel. Comme si il s'était tellement retenue encore et encore de dire le fond de sa pensée et que la jeune femme avait ouvert le robinet. Le flot de l'eau n'arrêtait pas de couler. Elle ne savait pas si elle serait émotionnellement capable de supporter  encore davantage de dénigrement de sa part. Son pauvre petit cœur n'était pas habitué à tant de violences dirigées contre elle de cette manière.  Mais, elle prenait sur elle, par ce qu'elle sentait que tout ce qu'il disait n'était pas seulement pour elle, que c'était un tout. Tout du moins, elle espérait vraiment que l'ensemble n'était pas fait pour elle. Sinon , il la considérait vraiment comme quelqu'un d'horrible. Une personne qu'elle s'efforçait pourtant de ne pas être. Cela avait presque été le modo de toute sa vie. Lâche, égoïste, ces mots, elle avait décidé qu'ils ne seraient jamais appliqués à sa personne. Depuis qu'elle avait découvert la vérité, qu'elle avait fait face au mensonge, à l'hypocrisie dans sa plus grande réalisation, quelle avait décidée de ne plus jamais avoir rien à faire avec ces gens, elle avait tout fait pour racheter les actions de ses parents et de son frère. Même si elle s'évertuait toute sa vie à faire autant que possible pour aider les autres, jamais elle ne réussirait à les racheter, à racheter son ignorance pendant ces années d'existences. Elle s'était sentie tellement coupable, tellement... Elle se mordit la lèvre, assez fort pour ne pas trembler. La douleur lui offrait une distraction bienvenue pour éviter que les larmes ne lui montent aux yeux ou qu'elle se mette à lui déballer toute sa vie. Ses origines, son vrais nom, tous ces secrets bien gardés au fond de sa mémoire.  Elle ferma les yeux, de toutes les manières, il ne pouvait pas le voir, se laissant emportée par sa colère, par ces mots aussi coupant que des poignards. Un sourire triste sur son visage, des proches, elle n'en a pas vraiment. A qui pourrait-il faire du mal dans son entourage... Quand à sa vie... Elle vivait tellement dans la peur que cette dernière ne soit ruinée par un retour forcé à la maison, une cage dorée derrière laquelle un nuage de sang venait l'étranglée. Il s'approchait d'elle et, elle rouvrit les yeux, le fixant un instant. Elle se racla la gorge, tentant de masquer les émotions qu'il avait réussir à faire renaître en elle. Violet ne se laissait pas abattre quand bien même on lui montrait qu'il n'y avait plus rien  à faire.

-"Je n'ai pas d'illusions. Je n'en ai tellement plus que cela en ait effrayant. Ruinez donc ma vie, si cela vous amuse mais, il y a peu à ruiné. Des proches, je n'en ai plus, plus de père, plus de mère, plus de frère. Des amis proches... Je ne suis pas sûre d'en avoir non plus. J'ai contemplée cette pourriture, comme vous dites, d'aussi prêt que je vous voie, j'ai été élevée dedans. Et pourtant, j'ai décidé de ne pas me laisser happer par lui. Je suis à côté de vous, je vous laisse parler encore et encore, je n'ai pas bougé, je ne bougerais pas. Où voyez-vous de la fuite?"

Que devait-elle faire? Encore incrédule, encore incertaine de la réaction à avoir. Elle ne voulait pas le voir s'énerver encore davantage, ni qu'il continue à déverser autant de paroles crues et carnassières. Violet se sentait comme des friandises qu'il s'amusait à mâcher encore et encore. Peut-être aurait-elle due lui rappeler qu'il était mal de jouer avec la nourriture. Non, jamais elle n'aurait oser le faire, elle était bien trop polie pour cela. C'était presque comme si il avait tellement eut l'habitude de se cacher sous un déguisement et que là, enfin, elle se laissait aller. Finalement, quand elle y réfléchissait, c'était comme s'il s'accrochait aux ossements de son passé, qu'il ne voulait pas les laisser partir. Pourtant, il aurait fallut qu'il s'en détache, qu'il oublie. Il était si proche d'elle, si proche qu'elle décida de faire quelque chose qui ne lui ressemblait pas. Mais, à situation désespéré, mesure désespérée dira-t'on. Violet n'étais pas une fée, elle ne pouvait pas tout arranger d'un coup de baguette magique. Elle s'approcha de lui et déposa un baiser sur sa joue. Léger, comme lorsqu'ils se faisaient la bise, il y a encore quelques jours et elle ajouta:


-"Calmez-vous, ne vous échauffez pas l'esprit. Après tout, je ne vaux pas la peine que vous perdiez votre patience. Je ne suis qu'une lâche et une égoïste, ne gaspillez pas votre énergie pour moi."


Elle lui repris la main, l'emmena à côté du canapé. Elle s'était calmée subitement, comme si elle avait enfin compris qu'il fallait qu'elle laisse couler, qu'elle le laissait parler. Elle s'assit, lui tenant toujours délicatement le poignet.

-"Comment vous montrer que je suis différente, je ne sais pas, je peux juste me contenter d'être moi quand bien même je vous exaspère, quand bien même vous me détestez. Je ne lâcherais pas, jusqu'à ce que vous aillez compris ou jusqu'à ce que vous aillez ruinez ma vie."

Qu'il s'assoit ou qu'il ne s'assoit pas, c'était à lui de décider, qu'il veuille se calmer ou non, cela aussi était sa décision. Elle ne pouvait que se contenter de lui apporter un certains support, de continuer à sourire quand bien même il ne la voyait pas.  Les miracles n'existaient pas, elle le savait parfaitement et pourtant, là, maintenant, tout de suite, elle en avait besoin d'un.
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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Jeu 26 Nov - 11:14

Médiocre. C’est ainsi que je la décris dans des syllabes patiemment articulées pour les faire vibrer un peu plus de mon mépris afin qu’elle comprenne avec exactitude le fond de ma pensée. Médiocre. Ce mot écorche les lèvres, retranscrit en sons tout le dédain qu’il peut porter. C’est une colère, sourde, au fond de ma gueule, une amertume aussi. Médiocre. Je ne suis pas de ceux qui vont s’aplatir devant le politiquement correct, je ne suis pas de ceux qui tempèrent leur propos dans une vague tentative de conciliation ou pire, dans une volonté de les adoucir. Lorsque je dis quelque chose, c’est pour être compris, et peu m’importe la violence de mes propos tant qu’ils parviennent à bon port. Vous êtes ridicule, Violet. Une nouvelle sanction, une nouvelle attaque, un nouveau constat. Ce n’est pas elle qui est médiocre, ce n’est pas elle qui est ridicule. Ce n’est pas elle qui est lâche, ce n’est pas elle qui est égoïste. Ces attaques que je lance sous couvert d’une méchanceté aussi gratuite que malvenue, je les lance à la cantonade dans l’espoir qu’elles m’atteignent en plein cœur. Vous êtes une idiote, vous êtes une menteuse, vous êtes lâche. Je la pare de défauts, j’écrase ses qualités sans le moindre remord, porté par cette colère que j’héberge et que grogne le loup. Je ne suis pas un homme, je suis un monstre et je suis bien plus encore. Je ne suis pas un homme, je ne suis qu’une bête blessée qui feule et montre les crocs. De nous deux, je me rends bien compte d’une chose, contrairement à ce que mes propos peuvent laisser paraître.

Je suis l’idiot capricieux et obstiné, je suis le lâche qui refuse de se rendre à l’évidence, celui qui ne supporte ni cette gerbe de culpabilité, ni cette solitude, je suis celui qui tue pour se souvenir qu’il est en vie, celui qui tue pour punir d’être en vie, celui qui tue parce qu’il n’y a que dans ces rares moments qu’il se sent pleinement loup, pleinement homme, pleinement vivant. Je suis aussi un meurtrier. Cora et Lily ne sont peut être que cadavres indifférenciés dans cette fosse commune que j’ai remplie de mes crocs et de mon arme, elles ont cette teinte particulière de la vengeance et de la monstruosité. Parce qu’elles méritaient certes de mourir, mais pas pour les raisons qui m’ont aiguillé à leur faire exploser la cervelle à toutes deux. Ce monde est pourri et je porte dans mon abomination les germes de sa déchéance. Ce monde est pourri, le vent draine une gangrène et essaime sa putréfaction pour pervertir l’air, le vicier de cette réalité pesante. Et vous, Violet, vous vous targuez d’essayer de croire en moi, vous arguez à tout va être capable de me laisser une chance, et d’extirper de tout être autre chose qu’arrogance, vanité, égoïsme et abjection. Qui êtes-vous, qui pensez-vous être pour être épargnée par le temps et cette pourriture que chacun d’entre nous porte en son sein ? A quoi servez vous donc, Violet ? Je sème la mort, je protège le Gouvernement, je décide d’un mot de la survie d’un être et de la décadence d’un autre. Et vous, avec votre médiocrité, à quoi servez vous donc, Violet ?

Surprenez-moi, prouvez-moi que vous n’êtes pas, vous, attaquée par cette gangrène que porte l’air vicié de ce temps. -"Je n'ai pas d'illusions. Je n'en ai tellement plus que cela en est effrayant. Ruinez donc ma vie, si cela vous amuse mais, il y a peu à ruiner. Des proches, je n'en ai plus, plus de père, plus de mère, plus de frère. Des amis proches... Je ne suis pas sûre d'en avoir non plus. J'ai contemplé cette pourriture, comme vous dites, d'aussi près que je vous vois, j'ai été élevée dedans. Et pourtant, j'ai décidé de ne pas me laisser happer par lui. Je suis à côté de vous, je vous laisse parler encore et encore, je n'ai pas bougé, je ne bougerai pas. Où voyez-vous de la fuite?" J’arque un sourcil, un sourire creusant mes lèvres et détériorant la colère qui déformait mes traits. Sa colère à elle me heurte avec la faiblesse d’un enfant labourant ma poitrine dans des larmes de caprice pour quêter chez moi autre chose que de l’indifférence. Sa colère pleurant sur moi comme une façade cherchant à masquer la réalité des choses : je l’ai blessée. Et je me surprends à en éprouver des remords. Plus de père, plus de mère, plus de frère. N’est-ce pas ma vie qu’elle résume en ces mots ? Plus de femme, plus d’enfant, plus d’amante. Je complète en pensées, j’étrangle cette douleur d’une poigne de fer. Où voyez-vous la fuite ? Je ferme les yeux. Utile de soustraire les ténèbres aux ténèbres, mais marque certaine d’une prise de distance. J’inspire. Son odeur est omniprésente, son odeur est oppressante.

Elle danse devant moi avec cette malice qui pourrait me faire sourire, chargée par cette volonté qu’avaient ses mots de me faire comprendre les limites franchies. Je n’ai pas d’illusions. Comment cette phrase si désespérée parvient elle à paraître encore chargée d’optimisme ? Je ferme les yeux par réflexe pour me réfugier en moi-même, pour tenter d’ignorer sa présence. Ses mouvements. Mon cœur manque un battement, mon épiderme se pare d’une chair de poule lorsqu’elle rompt suffisamment la distance pour s’approcher de moi et effleurer ma joue de ses lèvres. J’ouvre les yeux, incapable de bouger, incapable de me déplacer, incapable sur l’instant de réagir d’une quelconque manière. Le loup hait les contacts qu’il ne voit pas venir et qu’il ne quête pas, il m’a transmis cette haine à travers les siècles de cohabitation forcée. Je dois lui reconnaître une chose. Vous n’êtes pas lâche, Violet. Vous êtes folle.

-"Calmez-vous, ne vous échauffez pas l'esprit. Après tout, je ne vaux pas la peine que vous perdiez votre patience. Je ne suis qu'une lâche et une égoïste, ne gaspillez pas votre énergie pour moi." Je fronce les sourcils. Je l’ai blessée, c’est évident. Et si cela m’importe peu en temps normal, sa voix apporte avec elle des soupçons de remords. Je me laisse guider dans une confiance ou plutôt une absence de méfiance qui pourrait s’apparenter à des excuses si j’en étais capable. -"Comment vous montrer que je suis différente, je ne sais pas, je peux juste me contenter d'être moi quand bien même je vous exaspère, quand bien même vous me détestez. Je ne lâcherai pas, jusqu'à ce que vous aillez compris ou jusqu'à ce que vous aillez ruinez ma vie." Ses mots froncent davantage mon visage. « Lâchez-moi. » D’une torsion de poignet, je rejette sa main, me libère de son contact. Ses doigts brûlent encore ma peau de leur présence. Je me frotte le poignet d’un mouvement songeur.

Je ne vaux pas la peine que vous perdiez votre patience. Un soupir. Une reddition, même, dans un sens. Je ne sais que penser de tout cela. « Je dois vous concéder ne pas être aussi insipide que ce que je pouvais penser au premier abord. Vous êtes têtue, Violet. » Oui, c’est en quelque sorte un compliment que je lui fais. Qu’elle ne prenne pas la peine de s’y habituer, je doute qu’il y en ait pléthore dans les heures voire les jours à venir. « J’ignore encore si cela vous fera tuer ou vous sauvera, mais je dois l’admettre, vous êtes têtue. Et peut être même êtes vous moins lâche que bon nombre de vos pairs. » Je laisse les mots planer devant moi, s’étonnant encore de l’incongruité de leur existence et de leur agencement. Ruinez donc ma vie, si cela vous amuse mais, il y a peu à ruiner. Un pas en avant, je me laisse glisser sur le canapé en cuir, sentant à quelques centimètres de moi la présence de Violet. Impossible à ignorer, impossible à négliger, impossible à oublier. « Violet… » Je pourrais lui demander ce qu’elle me reproche, ce qui l’effraie chez moi pour qu’elle me rejette. Ces instants, brefs, de complicité que nous partagions il y a quelques semaines devant mes barrières baissées, ces contacts fugaces lorsque nous nous séparions, tout semble au final n’être que les bribes d’un songe qui se volatilise et qui se désagrège entre mes doigts. Ruinez donc ma vie, si cela vous amuse mais, il y a peu à ruiner. « Je vous prie de m’excuser, Violet. » Je prends mon inspiration. « Vous ne méritez pas ma… » Si elle ne mérite pas ma colère ? Si elle la mérite. Le monde la mérite. Tout être qui respire mérite mes foudres, ma colère, mon mépris et mon dédain. Après tout, moi-même, je n’en mérite pas moins. Ni plus. « Savez-vous ce qui est le plus pénible dans ma cécité ? » Je tends une main hasardeuse dans sa direction, frôlant ses doigts, remontant son bras, achevant mon mouvement sur son épaule, n’osant pas continuer davantage à suivre ses courbes qui me guident vers sa nuque et son visage. « Je ne peux lire les traits de votre visage. Je suis doué pour comprendre les êtres, savoir ce qui les motive, ce qu’ils espèrent. Il y a une éternité, même, je pensais pouvoir soigner cette époque, détruire les abominations qui la peuplent pour rendre à l’Humanité sa souveraineté. Je suis incapable désormais de lire sur votre visage votre sincérité et de ce fait, je ne peux vous faire confiance, Violet. » Ma main erre, s’aventure, suit finalement ses formes pour se perdre véritablement dans son cou. Mon pouce remonte dessiner les lignes de son menton, se poser sur ses lèvres. Le loup tourne en mon être comme une bête en cage, muselé avec force par ma volonté. Il hurle que je ne courre qu’à ma perte en suivant mon instinct et en la laissant approcher à ce point de moi. Il hurle qu’elle n’est qu’un insecte misérable que je pourrais tout à fait écraser sous ma botte sans m’en rendre compte tant elle est négligeable. « Que suis-je donc supposé comprendre, Violet ? Que vous êtes têtue au point de vous obstiner dans votre échec ou que j’ai désespérément besoin de faire confiance en quelqu’un et que présentement, vous êtes la seule candidate pour ce poste ? » Je romps brutalement le contact, rapatriant ma main, dérouté par ma sincérité qui m’a pris de court. Parce qu’elle n’est pas simplement la seule candidate, elle est la seule que je puisse songer à accepter.


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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Mer 2 Déc - 22:23

Ce n'était pas gagné d'avance, rien n'était gagné d'avance. Violet le comprenait ce combat, ce combat contre l'instant, contre ce qui nous ronge de l'intérieur. La peur, la colère, la haine, la honte, les remords. Violet avait mis des années à éviter qu'ils ne prennent le dessus. Son incompréhension avait fait d'elle une proie de choix pour ses rapaces. Elle aurait pue finir autrement, elle aurait pue être quelqu'un d'autre. Il y avait tellement de variable, de choses qui auraient pues faire d'elle quelqu'un d'autre de différent. Elle y avait déjà pensé. La vie était pleine de surprises, inattendues, étranges, de coïncidences, de rencontres. Il aurait suffit de peu pour qu'elle bascule dans cette noirceur ambivalente qu'elle côtoyait chaque jour, qu'elle croisait au détour d'un couloir, dans cette chambre d'amis où elle croyait à chaque fois rencontrer des gens à aider, des gens aidés par ses parents. Et d'une pichenette, d'un regard de trop et tout le château de carte s'était effondré, emportant avec lui les mensonges et les illusions, sa joie de vivre aussi. Disparue d'un claquement de doigt. Il lui avait fallut longtemps pour passer au dessus de tout cela, pour juste se dire d'accepter la situation et de prendre les devants sur sa vie. Violet sentait qu'il y avait quelque chose qui le dérangeait dans ses paroles, le fait qu'il lui arrache sa main le confirmait. Elle savait que ses discours, ses pensées avaient souvent tendances à gêner. On aimait pas qu'elle puisse dire des étranges vérités, ou des choses particulièrement réalistes. Mais finalement, ce fut Rafaël qui la surpris le plus. Il avait sa manière bien à lui de faire des compliments mais, la jeune femme n'était pas avare, elle acceptait. Elle l'avait bien compris, Monsieur Morienval avait une façon bien à lui d’interagir avec autrui et qui était-elle pour le juger. Un sourire, elle lui en offrait un sans qu'il puisse le voir mais, elle lui offrait tout de même. Elle ne dit rien de ses excuses mais, elle sentait dans son cœur le malaise qu'elle ressentait jusque là se dissiper un peu. Avait-elle réussit à lui montrer une partie de sa personne, croyait-il vraiment ce qu'il disait? Elle l’espérait, elle le croyait, quel intérêt avait-il à mentir à ce moment là. Aucun. Ou simplement de la cruauté. Elle s'assit à ses côtés, imitant ses mouvements de manière assez mécanique, comme depuis le début de leur rencontre à vrai dire. Elle le laissa prendre sa main, remonter le long de son bras et s'arrêter sur son épaule. Heureusement qu'il n'allait pas plus loin, son contact la gênait déjà, faisait battre son pauvre petit cœur qui avait tendance à ne pas être habitué au contact humain. Disons que quand il s'agissait d'Eamon, elle avait l'habitude, mais Rafaël c'était autre chose. Ils n'entretenaient pas le genre de relation qui devrait normalement induire un tel contact physique. La jeune femme se sentait frissonner très légèrement, tentant, non pas de reculer mais de contrôler les réactions de son corps. Elle ne voulait pas qu'il prenne ses réactions pour du rejet mais, en même temps elle avait l'impression qu'elle ne devrait pas le laisser faire cela. Et la déontologie. Quand sa main continua le long de son cou, de sa joue, de ses lèvres, elle était pétrifié, son petit cœur tout affolé tentait de s'enfuir. Son éventail de réactions face à une telle situation était assez limité. Elle était soit statufiée, soit elle tentait de s'enfuir, à savoir quelle état le bon choix à faire. Ce n'était pas que le contact de la main de Rafaël soit désagréable, non, loin de là. Justement quelque part il ne l'était pas assez. Ses yeux fixaient le mur derrière lui, retenant son souffle. Elle sentait ses doigts marquer délicatement sa peau, zébrure omniprésente même après qu'il l'ait retirée. Elle se racla la gorge, secoua la tête et se frotta nerveusement la main. Elle avait un peu de mal à retrouver une voix normale, finalement elle partie sur un rire légèrement nerveux.

-"La question n'est pas de savoir si je suis l'un ou l'autre, c'est de savoir si vous vous sentez capable de me faire confiance. Vous savez, pour lire ma sincérité, je pense que ma voix est suffisante, je suis assez transparente... Malheureusement pour moi... Disons que cela m'attire facilement des ennuis."

Elle avait l'habitude qu'on lui dise qu'elle était un peu trop transparente. Elle n'était pas sûre que ce soit vraiment le cas, personne n'avait jamais découvert son secret. Ce qui lui attirait le plus d'ennuis s'était souvent sa franchise. Elle avait toujours du mal à se retenir de dire le fond de sa pensée. Elle savait que le problème de Rafaël ne se résoudrait pas d'un seul coup, qu'il allait devoir travailler énormément pour trouver d'autres moyens d'analyser son environnement. Violet savait que les personnes atteintes d'une cécité développaient leurs autres sens de manière assez sensationnelle. Ils compensaient. Cela n'était pas immédiat, surtout quand on n'était pas né avec. Le point, par la suite, était d'apprendre à les utiliser. Subitement, la jeune femme était retombée dans une réflexion professionnelle. Elle ne savait pas où en était Rafaël, s'était difficile à apprécier. Et elle ne savait pas si elle pouvait vraiment lui demander sans se recevoir une autre réponse cinglante et vide d'informations. Elle se racla de nouveau la gorge, tenta de chercher une suite de conversation. Elle tenta alors une approche plutôt neutre, en rapport avec ce qu'il lui avait dit précédemment.

-"Quel âge avez-vous Rafaël?"


Si en plus elle devait prendre en compte un égo particulier lié à l'âge, elle n'allait jamais s'en sortir. Oui, elle commençait à devenir particulièrement pragmatique, voir légèrement satyrique. Elle fit la grimace avant de reprendre.

-"Désolé, je suis trop curieuse, excusez-moi. J'essaye de comprendre... Rafaël, je n'ai pas de technique miracle pour vous montrer ma bonne foi."

Elle savait que cette session de travail avait été un profond échec du point de vue de l'ergothérapie. De même qu'en ce qui concernait sa résolution de ne pas être aussi proche de lui. Ils avaient passés leurs temps à s'effleurer, à se rapprocher, elle l'avait même embrassé, que sur la joue, heureusement. Un instant, une idée lui traversa l'esprit.

-"Est-ce que vous sculptez?"

Elle s'était penchée vers lui, curieuse. Il y avait tellement de choses qu'elle n'expliquait pas chez lui, tellement.
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We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)

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