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 We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

Féminin
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↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Jeu 10 Déc - 12:41

Je vous prie de m’excuser Violet. Cette phrase se glisse avec timidité hors de mes lèvres, si peu habituée à être prononcée et encore moins à être véritablement pensée. Un soupçon de culpabilité me titille, ces excuses ne suffisent pas à l’éteindre et encore moins à l’assumer. Vous ne méritez pas ma… Je m’interromps in extremis pour ne pas m’égarer davantage et me perdre dans l’inconnu. Elle mérite ma colère comme tous ses pairs qui se traînent en arguant pouvoir rivaliser avec des êtres de mon rang. Je redresse le menton, change de sujet comme je pourrai retourner ma veste dans une autre situation, avec une nonchalance qui masque mon désagréable malaise face à ces excuses ouvertes. Assis de cette manière, je ne peux passer outre notre proximité physique et un mordillement de lèvres m’est nécessaire pour faire le point sur mes pensées et mes attentes. Ruinez donc ma vie si cela vous amuse, mais il y a peu à ruiner. Cette phrase persiste en écho, comme pour mieux s’imprimer et se graver dans mon comportement. J’ai envie d’en savoir plus, j’ai envie de mieux la connaître pour savoir comme une femme aussi spontanée, vive, optimise et joyeuse peut être amenée à être aussi désabusée quant à son propre bonheur. Et c’est cette envie inexplicable qui me pousse à me confier dans un premier temps, sans comprendre ce qui m’incite à ce point à parler de la sorte. Je tends une main hasardeuse dans sa direction, m’emparant dans un premier temps de sa main pour remonter jusque dans sa nuque et en direction de son menton.

Je ne suis pas un homme tactile, loin de là. Si j’ai pu l’être dans mon enfance, recevoir des coups ou en donner m’a dissuadé de chercher les contacts prolongés, l’atmosphère de l’époque était plus portée sur la distance aristocrate que sur la proximité paysanne. Et si après cela, il était resté en moi un peu de ce côté tactile, le loup a tout détruit les miettes survivantes par son indépendance mêlée de crainte pour mieux rejeter le reste. Je ne suis pas un homme tactile mais pourtant je n’ai aucun scrupule à utiliser les contacts pour affirmer ma présence et jouer sur l’espace vital de mon interlocuteur. Tant que l’on ne m’impose pas la réciproque. Mon épiderme frissonne sur sa peau douce, dessine ses courbes, se loge dans ses clavicules avant de venir d’épurer son menton. Elle m’arrache des confidences par la force de son silence et de sa naïveté. Elle m’arrache des confessions sans même me les réclamer et je m’exécute sans savoir exactement ce qui me pousse à le faire. Sous mes doigts, je sens ses veines pulser au rythme de son cœur qui s’emballe et emballe le mien dans un rythme effréné. Je ne peux vous faire confiance, Violet je murmure dans un soupir. Le loup a beau me hurler que je suis stupide, que je suis vulnérable, je m’obstine dans cette folie pour la simple raison qu’il faut bien que je me rende un jour à l’évidence : je veux lui faire confiance, d’une certaine manière. Ne viens-je pas d’ailleurs de le lui dire par une voie détournée ? Je ne peux, pas je ne veux. J’inspire lentement, rapatriant ma main d’un mouvement vif dans une dernière question. Que suis-je supposé comprendre, Violet ? La question n’a pas nécessairement lieu d’être mais surtout, elle est destinée autant à ma propre réflexion qu’à la sienne. J’ai désespérément besoin de faire confiance à quelqu’un. La précédente candidate pour ce rôle, je l’ai abattue d’une balle dans la nuque juste après l’avoir embrassée, êtes-vous sûr, Violet, de toujours désirer remplir ce rôle auprès de moi ? J’attends sa réaction avec une certaine anxiété que je n’oserais avouer à haute voix.

-"La question n'est pas de savoir si je suis l'un ou l'autre, c'est de savoir si vous vous sentez capable de me faire confiance. Vous savez, pour lire ma sincérité, je pense que ma voix est suffisante, je suis assez transparente... Malheureusement pour moi... Disons que cela m'attire facilement des ennuis." Son léger rire attire sur mes lèvres l’ombre d’un sourire amusé et je ne peux que convenir de la justesse de ses propos. Si j’ai appris dès mon plus jeune âge à contrôler ma voix, mes traits, mes pulsions et mes émotions, ce n’est de toute évidence pas son cas et ça a d’ailleurs quelque chose d’immensément rafraîchissant de percevoir de cette manière son trouble et son sourire. « Certes… vous n’avez pas tort sur ce point là, Violet. » Je me mords la lèvre, me retenant de partir à nouveau à la recherche d’un contact et croisant les bras dans une certaine frustration angoissée.

Le silence revient entre nous deux, reprend ses aises, j’en viens à me demander depuis combien de temps elle est ici, depuis combien de temps nous discutons de cette manière, nos voix étant entrecoupées de silence et dispersées dans l’atmosphère en débris épars de conversation. Un raclement de gorge aiguise mon attention, la question échoue peu de temps après. -"Quel âge avez-vous Rafaël?" Je fronce les sourcils, décontenancé pendant un instant par la question. Je l’imagine se méprendre sur ma réaction indescriptible puisqu’elle fait aussitôt marche arrière. -"Désolé, je suis trop curieuse, excusez-moi. J'essaye de comprendre... Rafael, je n'ai pas de technique miracle pour vous montrer ma bonne foi." Cette fois, j’arque un sourcil interrogateur. J’essaye de comprendre. Son obstination a quelque chose de touchant et de troublant dans un même temps. Elle refuse de baisser les bras, se débat pour chercher un angle d’attaque et entamer la conversation. Si le loup me grogne de la laisser se noyer et de me plonger dans un mutisme dédaigneux pour qu’elle se fatigue et qu’elle finisse par fuir, je n’ai guère envie d’abréger cette séance en tout moins un échec mais pourtant différente, en mieux, des précédentes. J’ai l’impression qu’un mur rapidement rebâti entre nous deux est à nouveau en train de tomber pièce par pièce pour nous laisser à nu. -"Est-ce que vous sculptez?" Une nouvelle question, un nouvel angle d’attaque.

Je me réinstalle sur le canapé, croisant les jambes, me laissant reposer sur le dossier dans une attitude décontractée qui ne me ressemble guère mais qui se fait de plus en plus présente depuis que je ne vois plus. Sculpter. C’est une idée intéressante, vraisemblablement en écho avec mes plaintes concernant mon incapacité à peindre comme avant. « Non, et… à dire vrai, je n’y ai jamais songé. J’ignore si je me verrais doter du moindre talent dans le domaine en revanche, maculer mes doigts de poussière pour travailler une forme qui me sera invisible, cela ne me tente guère. » Par réflexe, je décline la proposition informulée, l’idée, l’hypothèse. Par instinct je repousse, je rejette ce qu’elle me dit. Il faut que cela cesse. « Si cela vous intéresse toujours, je suis… » J’ignore comment formuler cela. « Il me semble ne pas me tromper si je vous dis que je suis né en l’an mille deux cent vingt-sept. Mais cela est assez approximatif. Si cela vous est plus simple, je suis présentement âgé de peu ou prou trente-sept ans physiquement. L’âge réel importe peu, je vous laisserai le calculer par vous-même. » Une pause, incertaine. Je ne peux vous faire confiance, Violet. Pourquoi ne pas essayer ? « Et vous ? Quel âge avez-vous ? Je vous imagine fort jeune du fait de votre naïveté. Si on joue à ce petit jeu… puis-je vous demander qui est Violet Forester en dehors d’être une agaçante et obstinée ergothérapeute ? Sculptez-vous, peignez-vous, comment occupez-vous vos soirées, Violet ? » J'ignore si ses réponses m'intéresseront mais j'admets avec mauvaise grâce que la jeune femme titille constamment ma curiosité et qu'y céder en m'interrogeant à voix haute a quelque chose d'agréable.


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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Mar 15 Déc - 9:23

L'atmosphère semblait s'être alléger, partir sur des sujets moins direct semblait avoir apaiser les tensions qui régnaient précédemment. Le fait qu'il ne la touche plus, lui avait aussi permis d'apaiser les battements de son cœur et de reprendre ses esprits. Il fallait qu'elle arrête d'être aussi sensible. Peut-être ferait-elle mieux d'apprendre des techniques de relaxations, si traiter Rafaël continuait à s’avérer aussi intense, elle allait en avoir besoin. Elle maintenait contre elle sa main, se disant que cela éviterait qu'il ne la touche de manière aussi impromptue. Elle déglutissait, tentait de ne pas accorder d'importance à la sensation que ses doigts avaient laisser sur sa peau. Elle avait compris l'autre jour, avec ce baiser impromptu, à quel point elle était consciente de sa présence, à quel point elle avait envie qu'elle la touche, à quel point elle avait envie de le toucher. Et tout cela tournait encore et encore dans sa tête, comme un tourbillon d'émotions auquel elle n'arrivait ni à trouver un début, ni à atteindre une fin. Elle savait qu'elle devait se méfier, qu'elle ne pouvait pas continuer dans cette pente glissante. Mais, elle ne voulait pas non plus reculer dans le traitement et l'établissement d'une relation de confiance. La tentative de mise-à-distance d'aujourd'hui n'avait eut comme résultat qu'un échec cuisant et des mots que la jeune femme n'aurait pas forcément voulut entendre. Malgré tout, cela avait été nécessaire. Pour tester ses propres limites, et surtout permettre d'en savoir plus sur le jeune homme, pour trouver une nouvelle manière de l'aborder. Si elle avait été chez elle, la jeune femme aurait repliée ses genoux contre elle mais, poser ses chaussures sur le canapé blanc immaculé lui semblait plutôt mal venu. La jeune femme tentait toujours de trouver des solutions, son cerveau fonctionnait à deux cents à l'heure et même s'il refusait l'idée de la sculpture, le refus avait été nettement moins violent que les précédents. C'était apprécier les petites victoires qui était important, et ce retour au calme en était très certainement une. Il voulait en savoir plus sur elle, que pouvait-elle dire, que pouvait-elle raconter? Elle n'était pas une personne intéressante, elle se considérait elle même comme ennuyeuse. Et tandis que son esprit tentait d'éviter de calculer l'âge mirobolant de celui assis à côté d'elle, elle se lança dans une réponse aussi précise que possible. Elle voulait lui offrir sa sincérité.

-"J'ai 29 ans, pas si jeune n'est-ce pas. Enfin, comparé à vous, je dois très certainement être un bambin. Quand à qui je suis... malheureusement, il n'y a pas grand chose de passionnant à raconter. Je passe ma vie à alterner entre mon cabinet à l'hôpital, les maisons de certains de mes patients et mon chez-moi. Je suis souvent trop fatiguée pour sortir. Je me contente de lire un livre de temps. Il fut un temps où je jouais du piano et pratiquait toutes sortes d'activités mais, cela fait bien longtemps que j'ai arrêtées maintenant. Si cela peut vous faire plaisir je peux même vous en jouer un morceau mais, je ne garantis rien quand au résultat."

Elle se souvenait avoir vu un instrument ici une fois. Un bel instrument. Ses parents lui avaient donner une éducation assez complète, équitation, danse, musique. Cela semblait être particulièrement vieux jeux. Mais, dans des endroits comme le Mexique, c'était pour se démarquer du reste de la population, montrer qu'on faisait partit de l'élite. Il avait fallut longtemps à la jeune femme pour le comprendre. Trop longtemps. En disparaissant, après s'être enfuie de chez son frère, elle n'avait plus jamais retouché à un piano. Nécessité pour se détacher de son ancienne vie ou punition qu'elle s'était infligée à elle-même, nul ne serait le dire avec certitude. Ce qui était certains par contre était que le son d'un piano restait synonyme de nostalgie pour elle. Elle était une femme simple, qui appréciait seulement le réconfort que son oreiller lui procurait le soir venu. Ses rares amis, elle en profitait comme elle pouvait, quand elle le pouvait. Elle faisait passer ses patients avant le reste, considérant qu'ils souffraient suffisamment pour être sa priorité. Il lui était déjà arrivé de se rendre à l'hôpital en pleine nuit par ce qu'on l'avait appeler pour qu'elle puisse venir rassurer un homme qui venait de perdre l'usage de ses jambes, lui montrer qu'il y avait toujours des moyens de se relever de telles blessures. Son téléphone fixe ne lui servait qu'aux urgences. Autrefois, à New-York, elle avait seulement un téléphone dans son cabinet mais, comme elle vivait au dessus de ce dernier, elle était particulièrement accessible. La distance entre son cabinet d'aujourd'hui et son chez elle n'était pas négligeable et elle ne pouvait pas dormir à l'hôpital.

-"Et vous, qui êtes-vous Rafaël? Je pense que vous êtes la personne la plus mystérieuse que je connaisse. Je ne dis pas cela comme une critique, c'est normal d'avoir ses secrets. Tout le monde en a. Mais, j'ai parfois l'impression que vous portez le poids du monde sur vos épaules."

Elle le voyait dans son visage parfois si fatigué, à sa posture. Comme si il se voyait forcé de garder en permanence un masque, un masque qui lui collait tellement à la peau qu'il ne pouvait plus le retirer. Violet aussi jouait un rôle, mais un rôle qui était devenu l'expression de ce qu'elle était réellement et non celle qu'on avait voulut qu'elle joue. Au final, pouvait-on réellement appeler cela un rôle. Il avait l'air détendu, comme si le contact du cuir dans son dos, sa capacité à prendre conscience de sa propre personne dans l'espace s'était affirmée. Cela arracha un petit sourire à la jeune femme. Un progrès inconscient, qu'il n'avait sans doute même pas remarqué mais qui n'avait pas échappé à son œil exercé. Sa voix repris dans l'étrange silence qui partageait leur discussion, comme s'ils réfléchissaient en permanence à ce qu'ils disaient. Ils avançaient tous les deux en terrain miné.

-"Je pense que cette séance n'a pas été une perte, il y avait des choses à dire et à mettre à plat"

Elle fixait l'extérieur par la baie vitrée. Un soupçon de liberté que ce ciel, voilà ce qu'elle se disait.
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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Jeu 31 Déc - 12:40

Le changement d'atmosphère a beau être perceptible, ses conséquences le sont bien moins. Les questions de Violet se succèdent, mes réactions fluctuent au rythme de mes pensées, autant les plus primaires que les plus complexes. Je me laisse le temps de réfléchir, de me poser et surtout de me détendre avant de ne me sentir obligé de lui offrir la moindre réaction tangible. Quel âge avez-vous Rafael ? La question, bien que justifiée, me trouble et ne se révèle pas aussi simple que ce que l'on pourrait croire. Quel âge ai-je ? Je ne saurais répondre avec précision et exactitude à cela pour la simple raison que j’ignore en quelle année j’ai vu le jour et quelle année m’a volé mon humanité une première fois. Je me réinstalle sur le canapé, prends le temps de considérer ce que je peux lui dire. Bien sur, ma voix pourrait laconiquement l’envoyer voir ailleurs, il y a quelques temps ou avec d’autres personnes je n’hésiterais pas plus longtemps que cela, mais il y a chez Violet quelque chose qui invite tout autant à la confidence qu’à une certaine décontraction et pour une fois, je veux essayer de voir ce qu’il y a de caché derrière la jeune femme et, plus encore, les avantages que je pourrais avoir à l’écouter et à répondre de bonne grâce.

Pour une fois, je ne me complais plus dans le rejet brut et je cherche autre chose. Un mordillement timide de lèvres, je finis par répondre d’une voix posée, étudiée, méticuleusement choisie. Est-ce que vous sculptez ? L’idée est tentante, bien trouvée et la question pertinente. Si je décline par réflexe la proposition, je prends cette fois ci le temps de détailler ma réponse et d’aller plus loin que la simple mauvaise foi, concédant à la jeune femme la justesse de ses propos. L’idée n’est pas mauvaise, elle ne me convient juste pas : je ne suis guère tactile, préférant sculpter du bout des doigts les formes d’une femme que les faire naître dans une pierre aussi glacée que rigide, loin de cette chaleur inhérente aux épidermes humains et bien vivants, sous lesquels pulsent les battements de cœur et le sang dans les veines. Mon souffle s’étrangle, je prends le temps de souffler pour mieux chasser cette mélancolie soudaine qui s’empare de mon être pour rendre maladif ce manque et ce trou dans ma poitrine depuis la disparition d’Azzura. Si je me suis fait à l’idée de ne plus jamais recroiser son visage, de ne plus jamais la prendre dans mes bras, si je me suis fait à l’idée de son absence, je doute être capable un jour de retrouver une seule personne capable de voir le peu d’humanité que je conserve au fond de moi, le peu d’humanité que je m’obstine à étouffer à défaut de parvenir à l’assumer, à défaut de pouvoir revendiquer cette douceur noyée sous le sang. Ma respiration me semble insupportablement bruyante, exacerbée par mes nerfs et mes sens à fleur de peau tandis que je me concentre pour poursuivre sur mon âge, rebondissant sur cette question si délicate. Je me perds sur la formulation, m’hasarde à énoncer avec lenteur des nombres bien trop élevés pour que j’en palpe réellement le sens, me perdant dans les siècles que je porte à mon compteur, marqués seulement par ces quelques traits gris clair qui parsèment mes cheveux noirs. Et elle, et elle donc, quel âge a-t-elle pour me sembler aussi jeune et candide, quel âge a-t-elle pour être encore aussi bercée de naïveté que de candeur, d’innocence que d’assurance ? Ma question, peut être indiscrète mais justifiée, laisse filer plusieurs de ces congénères dans une curiosité qui, si elle m’est très légèrement familière, n’a que rarement le loisir de s’exprimer autant. -"J'ai 29 ans, pas si jeune n'est-ce pas. Enfin, comparé à vous, je dois très certainement être un bambin. Quand à qui je suis... malheureusement, il n'y a pas grand chose de passionnant à raconter. Je passe ma vie à alterner entre mon cabinet à l'hôpital, les maisons de certains de mes patients et mon chez-moi. Je suis souvent trop fatiguée pour sortir. Je me contente de lire un livre de temps. Il fut un temps où je jouais du piano et pratiquait toutes sortes d'activités mais, cela fait bien longtemps que j'ai arrêtées maintenant. Si cela peut vous faire plaisir je peux même vous en jouer un morceau mais, je ne garantis rien quand au résultat." Il y a quelque chose de… triste dans cette déclaration. Pendant une fraction de seconde, cette joie de vivre étouffante et fatigante qu’elle véhicule par sa seule présence est teintée de mélancolie. Je ne peux la voir mais je l’entends. Ma voix ne se fait pas juge, loin de là, lorsque je constate dans un froncement de sourcil : « Voilà une vie bon monotone que vous me décrivez Violet. Est-ce trop m’avancer que d’affirmer que vous vivez, finalement, votre vie par procuration, par le biais de ces patients que vous suivez ? » Elle pourrait être mon reflet, d’une certaine manière. Un reflet déformé, un reflet amélioré, un reflet autant qu’un contraire, l’autre revers de la médaille. Je n’ai guère de vie en dehors de mon travail, mon seul loisir était de peindre, je l’ai perdu au profit d’une cécité qui m’enchaîne à une indolence et une oisiveté mortifères. Je ne suis pas un homme capable de vivre dans l’inactivité, il me faut produire, bouger, œuvrer et diriger pour me sentir utile et, plus encore depuis peu, il me faut tuer et affirmer mon pouvoir pour me sentir puissant.

Je peux même vous en jouer un morceau. Sa voix résonne une nouvelle fois, m’évite la chute et la dégringolade dans de noirs pensées lupines. Loin de se contenter d’être un phare dans mes ténèbres, voilà que Violet vient me chercher même dans mes plus noirs travers. Mes yeux se perdent dans l’obscurité. Ai-je un piano ? L’abondance de mes biens me submerge, je me souviens de manière diffuse avoir supervisé les plans de la demeure, sa construction et son ameublement mais le doute me surprend soudain. Je ne me souviens guère d’un instrument tout en ayant le sentiment diffus que j’en possède bel et bien un. Que ma mémoire faiblisse ainsi me glace le sang et je suis contraint de faire confiance à Violet de peur de me tromper. La confiance se mérite, la confiance se gagne, la confiance n’est jamais acquise : tels sont les principes avec lesquels mon grand-père a martelé mon esprit, le forgeant à sa ressemblance, ajoutant d’un rictus que la confiance n’était qu’un outil et un espoir d’enfant. Seule la loyauté comptait, la loyauté de ses sujets et de ses hommes. Je peux même vous en jouer un morceau. Je n’ai jamais perçu l’intérêt de la musique, mes toiles et mes souvenirs me suffisant pour m’apaiser et me transporter dans ces vastes forêts enneigées qui faisaient la joie du loup. D’une voix pâle et dans un murmure, je finis par répondre. « Si cela vous fait plaisir, Violet. Mais je vous préviens, je suis un homme aux goûts difficiles, il est fort probable que le bruit que vous arracherez à cet instrument m’insupporte. » Un peu tard, je me rends compte de l’absence complète d’amabilité dans mes propos et je cherche à tempérer maladroitement. « Peut être me surprendrez vous, toutefois, vous êtes une jeune femme pleine de ressources après tout, n’est ce pas ? » Cela se sent que je suis peu habitué à faire preuve de la moindre courtoisie envers quelqu’un que je considère comme inférieur à moi, autant par ses compétences que son statut social.

Sauf que j’ignore si je considère encore Violet comme telle. Je soupire, oscillant entre cette impression de perdre mon temps et cette envie illogique de poursuivre ce babillage sans le moindre intérêt. Ce ne doit pas être la seule séance que nous perdons en discussion sans faire le moindre mouvement mais c’est la première qui me laisse aussi songeur quant à mon attitude jusque là et à la sienne. Je pourrais en oublier sa présence, si prompt que je suis à me perdre dans mes pensées, sans son odeur et sa respiration bien trop proches pour être ignorées. -"Et vous, qui êtes-vous Rafael ? Je pense que vous êtes la personne la plus mystérieuse que je connaisse. Je ne dis pas cela comme une critique, c'est normal d'avoir ses secrets. Tout le monde en a. Mais, j'ai parfois l'impression que vous portez le poids du monde sur vos épaules. Je pense que cette séance n'a pas été une perte, il y avait des choses à dire et à mettre à plat" La plus mystérieuse ? J’en doute. L’idée m’arrache néanmoins un sourire, je me réinstalle pour me tourner dans sa direction, un coude posé sur le dossier du canapé, mes doigts venant s’appuyer sur mes lèvres. Mon sourire se fane toutefois au terme de son intervention. Il y avait des choses à dire et à mettre à plat. Certes. Mais je n’ai pas l’impression que nous ayons parlé de quoique ce soit et que nous ayons mis quoique ce soit à plat, Violet. « Je suis… » J’inspire. Qui suis-je ? Voilà une question bien plus épineuse encore que celle de l’âge. « Je suis votre patient, Violet, contentons nous de ça, vous n’avez guère besoin d’en savoir plus. Pour vous, je suis Rafael, ancien peintre, nouvel aveugle, homme au caractère aussi délicat à supporter qu’imprévisible, j’imagine. Et source de revenus, aussi. » Ma phrase n’est même pas achevée que me voilà debout d’un geste vif, tendant une main en direction de la jeune femme. J’ignore depuis combien de temps elle est là, mais j’estime notre séance achevée avant que je ne m’hasarde à me perdre un peu plus. Je fais quelques pas en direction de l’entrée, ne me souvenant qu’in extremis de la table basse et l’évitant avec l’assurance du loup. Je ne m’arrête qu’au bout de quelques pas avant de me tourner dans la direction assumée de Violet. Aussi versatile que mes pensées éparses, mon attitude frôle la légèreté pour redevenir songeuse. Il y avait des choses à dire et à mettre à plat. Le loup prend le relai, glisse dans mes sens, corrompt mon odorat, s’éprend de mon instinct, retrouve la jeune femme à l’ouïe et ma main se pose avec une timidité assurée sur son épaule avant de se serrer avec virilité pour raffermir le contact. « Avant de vous raccompagnez jusqu’à la sortie » parce qu’il est évident que si je la congédie, elle n’a pas son mot à dire et devra se contenter de revenir le lendemain aux horaires habituels, « je dois vous dire que vous avez tort sur un point, Violet. Nous n’avons pas mis à plat certaines choses et je me dois de vous le rappeler, afin que… » Mon assurance est assumée, avec cet aplomb du politicien et du Seigneur que je suis, alors même qu’au fond de moins je suis loin d’être aussi à mon aise. C’est le loup qui est aux commandes, avec toute l’impulsivité et l’absence de réflexion que cela implique. « afin que vous ne l’oubliez pas et ne considériez pas la chose comme affaire classée. » Ma main posée sur son épaule la force à se rapproche de moi, mon autre bras trouve sa nuque et mes lèvres n’ont guère à chercher pour trouver les siennes et les capturer dans un baiser aussi impulsif que possessif, autant guidé par les instincts primaires du loup qu’un désir que je ne peux assumer sans admettre que je ne suis pas complètement mort. Aussi vivement que je l’ai emprisonnée, je relâche ses lèvres, les mordillant au passage dans un souffle accéléré et un cœur battant à toute vitesse, la libère de mon emprise. « Nous n’avons pas parlé de ça, Violet. Et j’imagine qu’il faudra bien que l’on en parle un jour. » Ce baiser, provoqué volontairement, était bien plus intense que celui volé sur nos lèvres quelques jours plus tôt, bien plus prononcé et insistant que ce que j’escomptais, dépassé par le désir du loup et ses sentiments aussi diffus que violent, mais c’est bien de ce premier contact diffus que je viens de reprovoquer dont je parle. Nous n’avons pas parlé de cela, nous n’avons pas non plus parlé des conséquences qu’il avait eu sur le changement d’attitude de la jeune femme avec moi.


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MessageSujet: Re: We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)   Ven 1 Jan - 22:19

Violet se sentait plus à l'aise dans cette étrange atmosphère. Elle n'aimait pas le conflit, elle n'avait jamais aimé ce genre de réactions. Elle était plutôt du genre à sourire même si parfois elle savait que les conflits étaient inévitables. Les hommes n'étaient pas fait pour s'entendre tous avec perfection. La pluralité de leurs désirs, incapables de tous s'accorder les uns entre les autres, et la nécessité que l'être humain a d'un contact avec autrui, rendait nécessairement la vie en communauté complexe. C'était ce qui se passait lorsqu'elle était avec Rafaël, cette contradiction entre ses émotions et ce qu'elle devait faire, son devoir déontologique auquel elle accordait beaucoup d'importance, la perdait en permanence. Mais, sentir qu'il n'était complètement entrain de la repoussée lui faisait plaisir. Elle sentait même l'effort qu'il faisait pour paraître aimable. Heureusement, la jeune femme n'en était pas à son premier client qui la prenait pour une moins que rien. Moins que rien qu'elle était sûrement si l'on considérait son compte en banque ou ses origines mais, aujourd'hui, la politesse ne devrait pas se décliner seulement pour ceux qui le méritent. Et Rafaël, qui devait en général ne pas être particulièrement agréable avec le petit personnel, voir il ne devait pas y faire attention mais, elle sentait qu'il voulait faire un effort. Cela lui arrachait quelques sourires et une petite envie de rire. Mais, elle ne se serait jamais permise. Disons que ce qu'il disait n'était pas forcément faux. Violet ne pouvait pas se permettre de faire quoi que se soit d'excessif, d'être trop proche de qui que ce soit. Elle avait beaucoup de mal à mentir et si cela faisait déjà 8 ans qu'elle s'appelait Violet, mentir sur son enfance et sa vie d'autrefois la mettait plus dans l'embarras que quoi que se soit d'autre. Alors, elle ne devenait jamais vraiment proche de qui que ce soit. Alors, ses clients étaient sa vie. C'était étrange à dire mais, la réalité était bien là. Sauf que jamais elle ne le dirait sérieusement à haute voix. Elle aurait aimé en savoir plus sur Monsieur Morienval mais, il semblait vouloir rester aussi mystérieux qu'il l'avait toujours été. Elle ne savait même pas quel poste au gouvernement il occupait. En tous les cas, vu comment on l'avait particulièrement pressée, il devait être assez important. Mais, à vrai dire, elle se fichait de connaître son job, elle voulait surtout le connaître lui. Sauf qu'il avait raison. Il était un patient. Et subitement, elle se sentit particulièrement idiote. Elle laissait sa curiosité parler, elle avait pourtant dit qu'elle ne se laisserait pas prendre dans ce tourbillon là! Préférant revenir à la musique elle lança une nouvelle réponse:

-"Dites moi ce que vous aimez comme musique, je trouverais la partition et essayerais de vous la jouer!"

Mais, déjà, le temps de s'en aller était venu, la jeune femme était même en retard sur le reste de sa tournée et de ses rendez-vous. Elle se leva du canapé, il était temps qu'elle s'en aille, il avait raison mais, elle était plutôt satisfaite de cette séance. Mais, alors qu'ils s'approchaient de la porte, qu'elle allait tout simplement attraper son manteau, il attira une fois de plus son attention. De quoi parlait il. Sa main sur son épaule, le rapprochement soudain et la jeune femme tenta de dire quelque chose.


-"Rafaël... mais que...?"


Sa main dans son cou, ses lèvres sur les siennes. Ce n'était pas un accident, pas une erreur, pas de la manière dont il l'embrassait. C'était bien trop intense pour cela. La demoiselle était tellement surprise, qu'elle ne pu que l'accompagner dans ce geste qui venait de déclencher les battements de son cœur d'une manière incontrôlée, rendant factice tout son combat pour ne pas y penser, pour ne pas accorder d'importance au moindre de ses gestes. Mais c'était comme si elle était capturée, une fois de plus prisonnière de ce contact qui se rompit bien trop rapidement à son goût. Et lorsqu'elle se rendit compte à quel point elle aurait voulu qu'elle continue, elle se retint de reculer. Elle restait là, immobile, ses lèvres en feu, son cœur au bord de la déroute, ses joues sans doute aussi rouge qu'humainement possible. Elle aurait voulu ne pas avoir l'air d'être au bord de l'implosion. Elle était terriblement gênée, gênée par ce qu'elle avait apprécier, par ce qu'elle n'aurait pas du apprécier. Elle se sentait tellement... prise au piège. Elle tandis la main de manière particulièrement mécanique. Elle ne voulait pas en parler, il fallait qu'elle oublie, elle ne devait pas y penser. Elle était si prêt de lui qu'elle pouvait presque sentir son parfum ou la lotion qu'il utilisait pour se laver, elle ne savait pas précisément mais, elle trouvait cette odeur tellement captivante, comme son visage, qu'elle devait s'enfuir. Rapidement. Elle enfila son manteau, pris son sac et réussit à murmurer quelques paroles avant de partir.

-"Il n'y a rien à dire Rafaël, vous l'avez dit vous même, vous êtes mon patient. Que voulez-vous dire de plus."

Elle n'était pas froide, sa voix transmettait seulement sa gêne et son incapacité à savoir comment réagir. Elle poussa la porte, l'air de l'extérieur transportant encore un peu de son odeur, ses lèvres ayant toujours le goût des siennes. Elle marchait vite, son corps entier essayant de faire fuir la chaleur, l'impression des mains de Rafaël dans son cou, sur son épaule mais, elle n'y arrivait pas. Mais, qu'est ce qu'elle faisait nom d'un chien? Il fallait qu'elle arrête, qu'elle fasse quelque chose pour que cela s'arrête. L'éviter? Mais comment? Et puis... Elle voulait vraiment l'aider, vraiment. Mais il fallait qu'elle remette les choses au clair dans sa tête et dans son cœur, vite, très vite.
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We shouldn't fight like that. [Pv Rafael)

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