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 A Brother is dead

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↳ Métier : Généticien & analyste dans la brigade scientifique du gouvernement
↳ Opinion Politique : Pro gouv en remise en question (rebelle come on *.*)
↳ Niveau de Compétences : mon incroyable beauté ? Niveau 2 en rateaux, à partir de 3 la pelle est offerte !
↳ Playlist : Imagine dragon / Alt-J / StoneAge / Mumford and sons / les enfoirés (et oui quand on est français...) / the coors / the lumineers / de palmas (je sais je sais..) / les disney (aucune honte) / thriving Ivory / bien d'autres... aaah et évidement CELINE DION ! (je blague, je blague, on souffle)
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MessageSujet: A Brother is dead   Lun 28 Sep - 23:37

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« Pourquoi ? ou la question qui peut éclairer autant que noircir notre monde »



A brother is dead
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https://www.youtube.com/watch?v=Yj6V_a1-EUA

Ce tintement m’amuse. Il résonne dans l’espace en prenant les sonorités d’un monde à des milles du mien. Je suis projeté dans un salon en charmante compagnie. Mes lèvres parcourent sa nuque avec délicatesse pendant que sa fougue attrape ma ceinture. J’ai 22 ans, mon anglais est loin d’être bon mais mon accent me permet de séduire avec plus de facilité. Elle rit à mes phrases. Nos verres s’entrechoquent comme nos corps. Je suis loin, très loin de la réalité et mon sourire béat ne fait qu’approuver le paradoxe. Mes yeux sont fermés si bien que je ne fais pas attention. Mon pied se prend dans le bois, je me rattrape sans aucune splendeur sur le sol où je m’échoue dans un concert de grognements, de rires, et de bruits stupides. Un instant plus tôt, j’observai le corps d’une belle rouquine à qui je n’avais plus pensé depuis mon départ de son appartement sept ans plus tôt. A présent je nage sur le parquet sans avoir une seconde l’impression de la stupidité de l’action et ce n’est certainement pas le regard du petit au fond du couloir qui me fait douter un temps soi peu de mon état. J'ai une parfaite maitrise de la brasse. Tant bien que mal, je retrouve mon équilibre. Dans ma tête je me figure être au bord d’une plage, une planche de surf sous le bras. Je sais pourtant avoir essayé qu’une fois et il s’est avéré que je n’étais vraiment pas fait pour ça sauf si le but consistait à se casser le nez…

Si la partie consciente de ma personne s’afflige du résultat d’autant de bière et de whisky sur mes neurones, la partie inconsciente semble apprécier. Je ressens le goût d’une délivrance et ce n’est pas la jolie grimace que j'offre à mon nouvel acolyte qui me rappelle à l’ordre. Je marche –ou plutôt me faxe- jusqu’à l’appartement 123. Je reste un moment devant. Mon esprit s’échoue sur les rives d’un débat houleux : dois-je poser d’abord mon sac de bière que j’ai dans la main droite puis ouvrir la porte ? foncer dedans comme dans les films de flics ? ou bien…. Oui… c’est plus simple : demander l’avis à la porte. T’peux seuuuteuuuplaiiit ? Pas l’clé… ouvrir…. Je secoue la tête, la dandine de gauche à droite, tente d’amadouer ce bois si noble : rien ne fonctionne. ch’savais… les portes comme….comm’toi sont trop….dures… avec nous… vous piquez… cassez… alors…qu’on…qu’on veut juste…. Passer… Ma voix s’étouffe. Je m’avance doucement, pose la tête contre la porte. Allez….steuplait… t’es…pote vec mon frère… laisse moi…. Entrer…. Un rire sort de ma gorge, mon nez frotte contre le bois et je pose ma main gauche –libre depuis que la bouteille a disparu quelque part en Irlande avec la jolie rousse-  sur la porte et tente de fait un bruitage electronique de film de science fiction à trois francs six sous. Voila… c’t’ouvert Ma tête s’enfonce dans l’encadrement avant que mon corps ne s’étale avec plus de rapidité que la porte qui s’ouvre sur le sol. Echoué sur le parquet, je laisse échapper un merci qui disparait dans mes songes.

Ceux-ci ne sont pas aussi agréables que mes rêveries éveillés. Le cardiogramme chante sa mélodie, une simple note stridente. Stridente, désespérée, fatale. Je ne reprends conscience qu’un centième de seconde. A chaque fois, à cause d’un visage, jamais le même à la suite, toujours les mêmes qui tournent. Ils vrillent le repos que l’alcool devait m’offrir. Judith. Nikolas. Loon. Vittoria. Bastien. Judith. Nikolas. Loon. Vittoria. Bastien. Judith. Nikolas. Loon. Vittoria. Ils rient. Ils pleurent. Ils crient. Ils jouent. Ils parlent. Ensemble. Seul. Ils passent devant moi, m’expliquent des choses que je ne parviens pas à saisir, ils s’énervent, me secouent puis disparaissent sous ce son strident. Je me réveille en sursaut et replonge dans l’inconscience. J’aimerai m’en échapper. Je me sens à chaque fois plonger dans la noirceur. Des images, des souvenirs pour être précis se glissent entre chaque apparition à chaque changement de comportement. Je souhaite éteindre le projecteur mais l’énergie semble infatigable, constante. Pour une fois qu’une coupure de courant pourrait apporter un peu de bonheur. Je reste ainsi durant une trop longue éternité. Je ne parviens pas à discerner le monde autour de moi mais je suspecte le gamin de m’avoir dessiné sur le visage : attaquer un homme à terre…quel enfoiré. J’aurai, certes, probablement fait la même chose mais qu’importe. Je grogne un bon coup lorsque j’émerge vraiment pour la première fois. Je sens une douleur à l’épaule, au nez et à peu près tout le long de mon corps : un plat n’est jamais délicat que ce soit sur parquet ou sur flotte. Mon corps glisse sur le dos sans comprendre d’où peut me venir une telle force. J’ouvre un œil, me fait clairement agresser par la luminosité de l’appartement : Bastien ne connait pas les volets !? - à ceci près qu'on est plus proche de la nuit que du jour- Je grogne encore en m’obligeant à garder les yeux ouverts. Je mets un certain temps avant de constater que la porte est fermée. J’imagine que le gosse a jugé bon de préserver le peu de dignité qu’il me reste : il remonte dans mon estime.

Le temps passe, je tire sur mes bras et m’assoie, le dos vouté, le regard vide. J’ai des hauts le cœur mais préfère ignorer. Je suis doué à ça…pendant longtemps l’alcool était devenu un ami. Quelque part je rage d’avoir succombé si facilement. Juste un mort. Enfin…plusieurs…. Je secoue la tête après une décennie à bloquer sur un trou dans le parquet. Prochain étape : se mettre à genoux. Une heure doit s’étaler avant je parvienne à me tenir debout. 15 minutes de plus pour que les images s’accordent à un peu de compréhension et que je trouve la cuisine : juste à droite. Je bois. Beaucoup. Enormément. De l’eau. On se calme. J’ai la pâteuse et le vit moyennement bien. Ma tête s’enfonce sous le robinet un bon petit moment. Je m’empêche de fermer les yeux : je sais que son visage est imprimé sous mes paupières. Au moins une chose que j’ai compris sous l’emprise de l’alcool : il ne me lâchera pas. Pourquoi est-il mort d’abord ? Il n’a pas jugé qu’il y en ait assez eu comme ça entre les expériences et la révolte ? S’additionner tout seul au résultat devait certainement être plus fun… faut croire. Quel con. Je frappe du poing sur la table. Pose ma tête contre la planche à découper avant de l’attraper et de l’exploser contre un mur. ENFOIRE ! Je me retourne vivement, oscille un peu et me stabilise.

Pour la première fois depuis que je suis entré par… effraction ? –vu la méthode pas sûre que s’en soit une- Bref, pour la première depuis que je suis là, je remarque l’espace. Je percute où je me trouve. Vraiment. Conscience se fait. J’observe les bières et autres bouteilles vides sur le sol. Ai-je bu ici ? Un peu de vomi prouve juste la présence de mon épave. Je secoue la tête, fronce les sourcils. Alors… c’est à ça que ressemble ton chez-toi ? Je tourne le regard vers la salle de bain m’attendant presque à le voir sortir avec son regard mi inquiet, mi débile, mi suspicieux… le dernier souvenir que j’ai de lui en somme. Ma mâchoire se serre faisant écho à mes poings. Je secoue les mains, la tête et visite l’appartement d’un pas qui s’assure progressivement. J’évite de marcher dans mon vomi, évite de toucher à ses affaires. J'ai l'impression que je risque de me faire foudroyer, qu'il va débarquer et m'incendier de ma présence.... Je ne sais pas. C'est stupide. Lorsque j’entre dans la salle de bain, je bloque sur la douche dans laquelle j’entre et fais couler l’eau. Les yeux ouverts, je regarde mon reflet dans le miroir alors que le liquide aplatit ma tignasse sur ma gueule clairement dévastée par plusieurs ouragans et par un ours enragé. Mon regard entrechoque les réalités. Je le vois. Je me vois. Je le vois. Je nous vois. Je sursaute. Recule. Glisse. Me cogne la tête. Je reste encore un moment.

Mort.

Il est mort. J’enfourne ma tête dans ma capuche trempée. Je plonge mon nez contre mes genoux repliés. Attends. Attends que le son de l’horloge cesse de m’atteindre avec autant de force qu’un poignard. Pourquoi ? J’en sais rien. Elle me martèle. J’entends le clapotement de l’eau, je sens les goutes contre ma peau, sur mes vêtements. Je sens leur poids mais ce n’est pas ça qui m’immobilise. Leurs visages crient. Leurs visages pleurent. Ils ont le droit. Même ces visages inconnus…ils ont tous raisons mais toi… toi…pourquoi ne fais-tu que m’observer ? Pourquoi n’hurle-tu pas ? Pourquoi ne pleure-tu pas ? STOP ! Lâche-moi ! Je sursaute. Me redresse aussi vite qu’un éléphant face à une souris. Sors de la pièce en trombe. Mes yeux sont rouges, loin des larmes, ils exposent ma colère. Celle-ci s’étale progressivement à mesure que la musique emplie la pièce. Je pose la radio sur le comptoir. La batterie s’élève, ma tête sautille, mes poings se resserrent. Mes yeux croisent mon reflet, mon poing rencontre le miroir. Il se brise, je ne grimace pas. Je souris. Pourquoi ne pleure-t-il pas ? Pourquoi n’hurle-t-il pas ? Pourquoi me regarde-t-il avec des yeux que je ne parviens pas à décrire ? Pourquoi ? Je revois le document annonçant cette histoire : « Bastien SHEPARD, Mort le…. ». Pourquoi cela me touche ? Mes yeux parcourent mes différents reflets sur le sol. Je me baisse, attrape un bout de verre et plante un doigt contre le rebord tranchant. Je ne grimace pas, je confronte son regard. Comment-a-t-il pu ?

Mon visage disparait pour laisser place au sien. C’est presque ironique de voir ce phénomène. Depuis sa découverte, je n’ai cessé de vouloir additionner nos différences, les multiplier, les démontrer, les prouver et aujourd’hui alors que seul le silence pourra marquer nos échanges, je ne fais que rapprocher nos ressemblances. Mon esprit est si faible. Je me redresse, attrape une bière, l’ouvre et boit une gorgée. Je détaille à nouveau la pièce et finit par buter sur une photographie. Je le reconnais, c’est le garçon que j’ai si souvent imaginé. Il est accompagné de ses parents adoptifs certainement plus aimants que les autres. J’ai toujours cru que sa vie avait été meilleur et qu’en prime il était l’enfant attendu. Il aurait pu, lui, être aimé de notre famille et moi, vivre une vie tranquille avec ces parents-ci. Mort. Oui. Pourtant, il est mort et je suis là à fouiller dans sa vie alors qu’il n’en a plus. Mes mains se baladent dans ses papiers, dans ses tiroirs. Je prends conscience à mesure que mes yeux parcourent des lettres, parcourent des photographies, parcourent des objets que je ne peux pas accepter. Sa vie est meilleure. Etait…meilleure. Pourquoi se suicider ? Comment faire ça plutôt que…. Que je ne sais pas…autre chose. Je soupire, attrape le cadre et le serre entre mes doigts. Qu’est-ce qui t’a pris crétin…. ??





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Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. (⚡) Nietzsche
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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Mar 29 Sep - 16:22


« Pourquoi ? ou la question qui peut éclairer autant que noircir notre monde »



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Quarante ans. Quarante longues années. Et des morts autour de lui, à n’en plus finir. Une solitude brûlante, qui le dévore, une misère qui le ronge, une douleur lancinante qui refuse de s’éteindre alors qu’il rejette tout, strictement tout, autour de lui. Muré dans un silence, muré dans sa culpabilité, à la recherche d’un indice ou d’une idée, à la recherche d’une piste pour pourrait lui permettre d’expliquer l’inexplicable. Maarten a mal. Mais il ne sait pas ce qui lui fait le plus mal entre la réalité et ce sentiment de culpabilité noué dans sa gorge alors qu’il contemple d’acte de décès présent dans ses mains et surtout la date qui l’accompagne. Son meilleur ami. Son meilleur ami. Qu’il a abandonné, trop tourné vers ses propres problèmes, trop tourné vers sa propre déchéance, trop tourné vers sa famille. Ils se sont extirpés l’un et l’autre de la fange pour mieux replonger dans leurs travers, séparément, pour mieux s’enfoncer encore plus loin sans oser soutenir l’autre, sans oser venir en aide à l’autre, sans oser appeler à l’aide non plus. Il regarde la bouteille, le cadavre qui traîne à ses pieds et roule, loin de lui, rejoindre ses sœurs. Il a rechuté, brutalement, violemment. Les cris de Hope dans la pièce adjacente lui vrillent les tympans et font exploser la migraine. Il se lève, trop vite. Des étoiles scintillent, Maarten titube, attrape sa veste, ses clés, ses papiers, lance un « Je sors » rauque destiné à Myla qui s’occupe de leur fille et s’échappe à l’extérieur de cet appartement. Seul.

Il ne sait pas où il veut aller, il ne sait même pas ce qu’il compte faire ou pire, ne pas faire. Il ne sait même plus ce qu’il veut. Parler ? Oui, éventuellement, mais à qui ? A Bastien, naturellement. Et c’est justement la seule personne à laquelle il ne peut pas parler présentement. A Nikolaas ? Lui non plus n’est pas disponible. Qui lui reste-t-il ? Sa mère. Sa mère qu’il tolère, accepte, sans parvenir à lui pardonner son abandon. Quarante ans et pourtant il est incapable d’avancer, incapable de respirer. Il a juste envie d’oublier ce qu’on lui impose et de fuir, oh, oui, de fuir cette réalité qui l’oppresse et ces morts qui ne cessent de l’entourer. Il veut comprendre, aussi. Un peu. Il veut se pardonner, enfin, ce qu’il ne peut ignorer. Il l’a laissé tomber. Et si Bastien a été si fatigué de continuer à avancer, il n’est pas blanc de toute responsabilité et Maarten n’arrive pas à faire disparaître un goût acide de culpabilité. Culpabilité. Ce mot tourne, virevolte devant lui alors que ses pas le traînent dans la Nouvelle-Orléans, indifférents au reste de l’Humanité, alors que ses mains calées dans ses poches lui donnent une silhouette d’ours, alors que son attitude hurle un besoin de violence. Trop, trop à évacuer, trop à encaisser, trop à assimiler et une porte, devant lui. Ouverte. Il met quelques minutes à savoir où ses pas l’ont guidé dans une ironie qui le dépasse. Sa main le guide, il caresse le montant de bois dans une douceur plus qu’inespérée de sa part, reprend contact avec la réalité. Et craint le pire, bien sûr. Ses nerfs, le chien-loup, son instinct, tout lui hurlent de ne pas faire de bruits et de repartir en arrière, de ne pas s’aventurer dans ce mausolée où il ne manquera pas de retrouver cette traînée de sang et ce corps sur lequel mourrait Bastien à petits feux, trop peu de mois plus tôt. Il ne l’a pas sauvé, cette fois là, il ne l’a pas sauvé, il l’a laissé dégringoler dans ses enfers, trop heureux de ne se concentrer que sur ses propres malheurs, sur sa fille, sur sa femme, pour ne plus avoir à se soucier d’un ami dépressif. Il s’en veut. Il a envie de vomir, il a envie de fuir. Mais un bruit tombe dans l’ouïe affinée de l’animal et son sang ne fait qu’un tour : la porte s’ouvre dans un claquement, la colère prend la place qui lui revient de droit et il cherche l’intrus.

Lui. La colère gronde, la colère enfle, l’aboiement se contient et le grognement de l’animal ronfle dans sa gorge comme une menace. « Qu’est ce que tu fais là, bâtard ? » Il avise en un regard la photo que cet intrus tient entre les mains et l’enfant souriant qui siège en son cœur. Quelques pas lui suffisent pour tuer la distance, il lui arrachant le cadre d’une main tendit que la deuxième attrape le gosse par le col pour le plaquer contre le mur le plus proche. « Qu’est ce que tu fous là, bordel ? C’est à lui, c’est à lui ça ! Tu n’as pas à y toucher, c’est à lui ! » Il ne cherche pas à être cohérent, c’est l’animal qui parle. L’animal blessé, l’animal coupable, l’animal protecteur. L’animal et son territoire, l’animal et sa meute, l’animal et son petit. Il ne cherche pas à être cohérent et encore moins logique, il ne cherche qu’à évacuer un peu de cette douleur et de cette colère qui n’ont trouvé jusque là aucun exutoire correct. Sa main repose le cadre, vient aider sa complice et se saisissent un peu plus du col pour envoyer leur victime au sol, sans aucun douceur, d’où il pourra le surplomber. « T’as intérêt à avoir une bonne raison d’être ici, bordel, c’est pas chez toi ! Je te jure, si t’as touché ou pris un seul truc, je te massacre. » Il n’est pas diplomate, il ne cherche même pas à comprendre. Il ne veut qu’une réponse qui puisse lui donner une bonne raison de le frapper, de le frapper encore et encore.




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He says save me, save me; She says maybe, maybe…
She starts to turn away when he says…
Promise me you’ll never let us go
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She stops walking, walking; He stops falling, falling
He looks her in the eyes and he says… - © by anaëlle.
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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Mar 29 Sep - 22:46

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Nouveau texte, nouvelle musique ----> https://www.youtube.com/watch?v=AL8pbQBhwO0

Explique-moi tes souffrances. Montre-moi l’erreur dans ta vie. Exprime tes craintes. Traduis-moi tes raisons. J’aimerai comprendre. J’aimerai entrer dans ta tête. J’aimerai obtenir l’explication que je ne mérite pas. J’aimerai posséder le don de nos parents pour t’appeler. Te parler. Comprendre. J’aurai aimé détenir la clé, la preuve de l’existence d’un lien psychique entre nous. Peut être aurais-je pu entendre tes pensées. Peut-être aurais-je été moins con. Moins buté. Moins haineux. Moins jaloux. Une chance aurait pu voir le jour. Une amitié. Mes yeux se perdent dans le sourire de ce gamin. Quel fut son chemin ? Qu’est-ce qui peut expliquer ce choix ? Comment un enfant peut-il s’enfoncer au fil de sa vie dans un océan de souffrance ? Pourquoi ? Je ne parviens pas à décoller mon attention de ce petit cadre. Une photographie qui prouve sa vie. Une belle vie. Est-ce ce nouveau monde qui a eu raison de lui comme de beaucoup d’autres ? Ai-je raison de laisser mon esprit vagabonder vers un monde parfait ? Je ne sais pas. C’est stupide pourtant je nous vois ailleurs, un petit instant. Je l’entends entrer dans l’appartement, me saluer avec un sourire et m’offrir une tape dans l’épaule en constatant que je tiens sa vie et sa famille dans les mains. Je sais qu’il comprend où mon esprit veut en venir et ça ne me dérange pas. Il y a plusieurs mois je l’ai retrouvé et si la première rencontre ne fut pas dès plus positives, je ne lui ai pas laissé le choix. Quelque chose m’a poussé à ne pas le lâcher. La nouvelle Orléans n’a jamais été une destination de rêve mais la ville me plait bien. Il n’existe aucun monstre étrange si ce n’est mes parents. Le monde ne s’est pas effondré. Je connais mon petit frère que j’apprécie d’ailleurs appeler ainsi puisqu’il s’amuse de me faire croire qu’il n’aime pas ça. Les mois ont usés ses réticences et la vérité ne semble pas l’avoir trop traumatisé. Il me tend une bière et m’invite à voir un match de baseball bien que ce ne soit pas son sport fétiche. Je ne me fais pas prier, j’hoche la tête. Je laisse échapper une blague stupide, il fait semblant de trouver ça drôle. On tâtonne mais on apprend à se connaitre. Il est là. Je suis là. Nous sommes en vie. Un monde qui, au fin fond de cet appartement aux souvenirs qui n’existent pas, me donne envie de vomir pour la seconde fois. Je suis proche de casser la vitre lorsque je m’en rends compte. Mon corps est sous tension. Je me contrôle par habitude et non par nécessité. Je me figure prendre des airs de TAZZ et parvient à sourire sans décompresser d’un Yota. Merci mon cerveau, c’est bien d’essayer mais l’alcool ne fait plus vraiment effet. L’humour non plus. Qu’est ce que tu fais là, bâtard ? Je ne suis pas sûr que TAZZ parlerait ainsi, d’ailleurs…il me semble qu’il est muet. Réflexion stupide qui me propulse en l’air : mon cœur s’offre un nouveau battement. S’était-il arrêté ? Je me tourne, souris et soupire dans le même temps. Un soulagement ? Bastien m’attrape le col, m’arrache le cadre de mes mains. Bastien. Tu…. Mon sourire s’efface. Il parle. Il hurle même. Ses yeux sont injectés de haine. Ce regard me fait penser au mien à celui que je l’imagine porter un jour, lorsqu’il comprendra que sa mort est probablement de ma faute. Que j’ai contribué à la mort de Judith, à la sienne. Mais là, à cet instant ce n’est que le regard d’un cabot enragé. Je ne parviens pas à discerner le plus douloureux : le premier battement ou l’absence des suivants. Soulagement n’est plus. Fatalité RPZ.

T’as intérêt à avoir une bonne raison d’être ici, bordel, c’est pas chez toi ! Je te jure, si t’as touché ou pris un seul truc, je te massacre. Nos yeux se confrontent. Qu’est-ce qu’il fout là lui ? Qu’est-ce qu’il me veut ? Veut-il que je lui offre mon poing dans la mâchoire histoire de la remettre en place ? Veut-il que je déverse la même rage qui bouillonne en moi ? Qui attend simplement le bon moment, le bon lieu pour exploser à la gueule des responsables ? Moi…en somme. Je serre les poings. Mon regard se durcit. Mon ton est incendiaire, froid, dédaigneux, haineux. Mon regard s’acclimate à ma voix : pour une fois que le duo s’accorde avec perfection. La colère offre un peu détermination. C’est un bon point. Parce que c’est chez toi Médor !? PARCE QUE TU ES DANS TA MAISON PEUT ETRE !? D’un rapide geste de la main et du bras, je me libère, le pousse. FERME TA GU**** 5 minutes ! L’envie de lui offrir mon crochet du droit me brûle. Je sens ce feu. Bientôt il ne restera que des cendres de ma raison. Tu fais encore le chien de garde ? ! tu crois qu’il a besoin d’un doberman de 40 piges pour le protéger !? C EST TROP TARD ! IL EST MORT OK !?! Je le pousse encore sachant pertinemment que le retour se fera direct dans ma belle gueule. Je le toise avec tous mes respects…. Ce chien… Il est autant responsable que moi dans les expériences si ce n’est plus d’ailleurs et là… là…il ose montrer les crocs ? Se sent-il pas à des années lumières de la réalité ? Légèrement en retard… ? Tu parles d’un pote. Oui… un pote. Je redresse le visage vers lui. Mes yeux rougissent une nouvelle fois. Mon visage se crispe davantage et ma main s’enfonce dans sa tête. T ETAIS OU PUTAIN !? T ETAIS OU PENDANT QU IL S OCTROYAIT SON COKTAIL FINAL ? SA DERNIERE CHAINE OU JE NE SAIS QUOI ?!!! T ETAIS OU SAL ENFOIRE !?!!! HEIN !? LA MEDOR ETAIT DANS SA NICHE …. ESPECE… Mes paroles s’accompagnent de coups, pas assez à mon gout. J’en ai rien à foutre qu’il vient de perdre son meilleur ami. J’en ai rien à foutre qu’il ne sache pas qui je suis pour Bastien…lui-même ne le savait pas…ne voulait pas se l’avouer. J’en ai rien à foutre de lire dans son regard le reflet du mien. Là, tout de suite…. Je me sens bien. La colère s’échappe un peu. Ma culpabilité se transporte sur Maarten. Un instant. Un bref instant… je me sens libre.






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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Dim 4 Oct - 15:03


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Il n’essaye pas de raisonner, ce ne serait qu’un effort illusoire et vain. Il préfère se laisser guider par la douleur et sa culpabilité plutôt que d’ouvrir les yeux sur la sombre réalité, il préfère s’en prendre à un malheureux plutôt que de se regarder dans la glace et admettre que Bastien ne reviendra pas pour le secouer et le rassurer d’un regard. Ca fait des mois qu’il n’a pas mis les pieds dans cet appartement, pas depuis la mort d’Abigaëlle, pas depuis le début de la fin. Cela fait des mois et pourquoi revient-il dans ce tombeau à présent ? Pour chercher un sens et enterrer définitivement son petit frère. Il s’est découvert un cousin, il s’est découvert une cousine, il s’est découvert une mère, mais Bastien est son petit frère, dans une amitié brutale, directe, éphémère. Une étincelle aussi vite allumée que soufflée, à cause de lui, à cause de sa lâcheté, à cause de son égoïsme et de cette saveur amère qui se répand dans sa gueule et se transforme en rage. La rage. Voilà ce qu’il a : il a la rage. Une salive abondante, un hurlement, une hydrophobie symptomatique : ses mains s’empêtrent dans l’habit de l’intrus, il crache, il grogne, il promet à l’importun mille morts s’il n’a pas une bonne raison à lui baver. Leurs yeux se confrontent, les iris noirs de Maarten mettent le gamin au défi d’ânonner une quelconque défense dont il n’aura que faire de toute manière. Serre, serre les poings petits, ça ne servira à rien puisque le chien-loup ne cherche pas autre chose que la guerre, la violence et le sang, qu’un moyen de cracher la colère qui l’habite et d’exprimer la détresse qui l’étouffe. Il l’a trahi, ne comprends-tu pas ? Il l’a trahi, il l’a abandonné par son silence et son abandon. Parce qu’il ne sait faire que ça, le Saarloos, il ne sait qu’abandonner les gens lorsqu’ils ont le plus besoin de lui. Nikolaas, Christyntje, même Myla, il n’est pas capable de l’aider. Il tue, il se terre la queue entre les jambes, il ne respire que par lâcheté et couardise et il lèche les bottes des tout-puissants parce qu’il est incapable d’aller contre sa propre nature qui lui hurle de se soumettre pour vivre. Ses mains se serrent sur le col du gamin, l’envoient au sol et crache, lui crache dessus de s’expliquer. La colère se répand dans l’appartement comme un hurlement dont les échos lui reviendraient en pleine face. Parce que c’est chez toi Médor !? PARCE QUE TU ES DANS TA MAISON PEUT ETRE !? FERME TA GU**** 5 minutes ! Les poings se serrent davantage, le chien grogne et meurt d’envie de s’en prendre à celui qui l’insulte, à celui qui met en doute sa légitimité ici. Que fait-il là, d’abord ? Pour lui, c’est simple, Maarten se trouve sur son territoire, dans un mausolée qu’il ne veut souiller, qu’il ne veut que fermer pour cesser de penser aux yeux hagards de Bastien qui regardaient, tétanisés, le cadavre de la sorcière. Tu fais encore le chien de garde ? ! tu crois qu’il a besoin d’un doberman de 40 piges pour le protéger !? C EST TROP TARD ! IL EST MORT OK !?! Un contact, brutal, arrache à Maarten ce qu’il retient depuis plusieurs minutes. Un grognement. Lourd. Profond. Animal. Menaçant. « Tais-toi. Tais-toi tout de suite, sinon… » La menace reste en suspens, Maarten est incapable de l’achever.

Il est mort, oui, il le sait. Il ne le sait que trop bien. Et inutile de chercher un coupable, il le voit chaque matin en se regardant dans la glace. Oui, il est mort, Bastien est mort. Mais ce qui l’intrigue, c’est de savoir en quoi ça le concerne, cet arriviste de généticien de bas étage ? En quoi ça peut le concerner que son meilleur ami soit mort, en quoi ça peut le concerner, ce n’est qu’un cadavre de plus parmi la multitude de ceux qu’ils cachent dans les placards, dans ces paillasses des laboratoires du Gouvernement ? Ses mains fracassent les épaules de l’impudent pour le forcer à reculer alors que son poing le démange et veut se briser contre son nez pour le faire exploser. L’autre n’hésite pas, Maarten encaisse en ignorant la douleur maladroite qui ne peut faire le poids face à l’autre douleur. Les mots, eux, en revanche, le blessent davantage, se fichent dans sa chair et déchiquètent son épiderme à la recherche de son cœur pour mieux jouer avec et exposer sur de l’acide sa culpabilité. Oui, où était-il quand Bastien se fatiguait de vivre ? Il secoue la tête. Maarten encaisse, comme un roc, comme le rustre qu’il est, pour mieux se défouler : ses mains d’ours percutent une nouvelle fois le visage de l’autre dans un crochet dégageant la puissance du chien-loup. « TA GUEULE FERME-LÀ ESPECE DE PETIT CON ! » Il a envie de hurler qu’il n’y est pour rien, il a envie de hurler que ce n’est pas de sa faute, il a envie de mentir, de se convaincre qu’il n’a pas le sang de Bastien sur les mains mais il en est incapable. Alors il le frappe, il le frappe une deuxième fois, dans le foie, dans l’estomac, là où il peut, là où sa colère trouve un point d’impact. Et il crache, encore. « Qu’est-ce que tu fous là bordel ? C’est plus ma maison que la tienne, déjà, et en quoi sa putain de mort te concerne, connard ? Qu’est-ce que tu fous là ? Tu te prends pour qui, bordel ? » Il recule, d’un pas, sa main fouille dans un tiroir qu’il sait héberger des couverts. C’est un large couteau qui en sort et qu’il tient dans sa main avec la ferme intention de s’en servir. Il ne sait pas ce qu’il fait, il sait juste qu’il ne supporte pas cette culpabilité, qu’il ne peut pas se regarder dans une glace et que, pire encore, il ne peut pas entendre quelqu’un d’autre la lui cracher en pleine gueule sans réagir.




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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Dim 4 Oct - 17:00

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Nouveau texte, nouvelle musique ----> https://www.youtube.com/watch?v=E4povfmX144

Une liberté nouvelle. Mon poids s’allège. Je perds des grammes, presque des kilos. Qu’est-ce que ça fait du bien. Mes phalanges marquent son visage. Ma culpabilité se déverse, elle me quitte à chaque contact et le contamine. Ce n’est ni sa rage ni sa tristesse qui peuvent m’atteindre. Je me fous de ce qu’il pense. De ce qu’il ressent. Je suis un océan qui veut le noyer sous la culpabilité qui ne porte pourtant que mon nom. Un nom qui n’est le mien que sur la base d’un odieux désir, d’une réflexion stupide, inhumanisante, monstrueuse. J’aurai pu être Bastien au même titre qu’il aurait pu être Timothée. Nos noms sont loin d’avoir le sens qu’on leur accorde. Ils déterminent des identités qui peuvent voler en éclat. Une simple phrase. Un simple regard. Un simple dossier. Un choix. Une liberté. Une mort. Ne lui ai-je pas volé sa vie ? Il aurait pu vivre cette vie que j’ai su apprécié qu’en détestant mon double. Une vie faite d’un mensonge impensable et d’une existence basé sur le désir voilé d’être meilleur qu’un être absent. Il aurait sans doute pu gérer l’existence d’un Morel et moi celle d’un Shepard. Un mauvais échange. Un mauvais choix. Deux identités aussi hasardeuse qu’un lancé de dès à 10 millions de face. Qui suis-je ? Qui suis-je aujourd’hui si ce n’est l’homme s’étant découvert une famille et l’ayant laissé périr de son propre désir ? De sa propre main ? J’ai beau savoir que le rapport officiel détermine le suicide, je ne parviens pas à l’accepter. Pourquoi aurait-il été davantage suicidaire que n’importe lequel d’entre nous ? Pourquoi choisir d’abandonner sans savoir la vérité ? Est-ce ma faute ? Ma culpabilité glisse sur Maarten. Ses yeux rougis font échos aux miens, nous nous accordons parfaitement dans un ballet de culpabilité. Une danse au défoulement. On appelle notre rage à faire surface, à se déverser et notre culpabilité à lâcher prise. Notre liberté s’octroie dans le sang de l’autre. Tacitement et pourtant si violement. Je n’écoute pas ses premières paroles. Mon poing s’enfonce dans ses côtes. Je l’accuse. Lui et tous les autres. Lui et tous les proches l’ayant laissé ici, mort. Je titube en arrière. Sa force s’échoue sur ma mâchoire mais ce n’est en rien aussi douloureux que son propre rejet. Sa culpabilité se déverse dans les fibres de mon corps. Mes propres tentatives d’évasions échouent. Je me noie à mesure que ses coups s’attardent sur mon corps. Je grogne, le repousse d’un geste presque désespéré. Il ne m’utilisera pas. Mon coude dessine un cercle, il ne le percute pas. Echec. Je grogne. Je veux me battre. Je veux qu’il ressente cette rage qui bouillonne en moi et n’hésite pas à faire suffoquer chaque organe de mon être. Je veux qu’il ressente ce que je ne parviens pas à maitriser. Ce que je ne me comprends pas. Une culpabilité sournoise, incisive, violente dénuée de la moindre logique. Mon cœur a-t-il seulement le droit de se tordre ainsi ?

Bastien.

Son visage me paralyse. Je recule. Rejette l’image pendant que mon corps frisonne. Etait-il là ? Entre nous ? Mon corps se crispe, se plie contre l’étagère. Son contenu résonne sur la même symphonie que les battements de mon corps et ne tardent pas à s’échouer sur le sol. De la rage je passe un instant à la peur. Rapide. Fugace. Incroyablement puissante. Je ne vois pas l’attaque arriver, un énième coup. Une énième volonté de me tenir responsable, de déverser sa haine. Une haine que nous ne faisons que partager dans cet environnement où j’aurai apprécié entretenir des souvenirs différents. Mes yeux s’attardent sur le visage du chien. Qu’a-t-il connu de Bastien ? Que possède-t-il comme souvenirs ? Mes poings se desserrent un centième de second puis reprennent le forme initiale. Qu’a-t-il connu de ce gosse devenu un adulte mourant ? Qu’a-t-il fait pour l’aider ? Peut-il seulement espérer se proclamer ami ? Je pervertis avec une simplicité déconcertante la vision de Bastien, son regard. Celui-là même que je ne parviens plus à supporter. Ce regard passif. Attentiste. Comme si la rage ne pouvait bouillir en lui. Comme si la paix pouvait le posséder alors que sa mort n’était pas écrite. N’aurait jamais dû avoir lieu. Qu’est-ce que tu fous là bordel ? C’est plus ma maison que la tienne, déjà, et en quoi sa putain de mort te concerne, connard ? Qu’est-ce que tu fous là ? Tu te prends pour qui, bordel ? Sa maison ? De nouveau mes yeux s’accordent au sien. Nos visages se heurtent avec une violence qui pourrait facilement se rendre visible. Plus que nos précédents différents, nous nous battons pour un droit. Le droit de se voir dans une glace une minute. Une minute de paix où ne cesserions de ressentir. Un instant de paix.

Je le vois s’armer d’un couteau, un gros couteau. Contre toute attente ce n’est pas la panique qui s’infiltre mais la curiosité. Une curiosité morbide clairement mal placé dans cette situation. Aimait-il cuisiner ? Je me surprends à imaginer une réponse de sa part, même plusieurs. J’aimerai déterminer avec facilité et rapidité laquelle lui correspond le mieux mais la vérité se trouve dans l’impossible. Comment pourrais-je me figurer d’une image de lui ? Je ne le connaissais pas. Il ne me connaissait pas. Le chien agite le couteau. Je ne doute pas une seconde de sa volonté puisque la mienne est similaire. Plus chez toi ? Bien sur… parce que tu as gagné ce droit en le regardant sombrer ? Ma réponse ne lui plait pas. Qu’importe, elle satisfait amplement puisque sa réaction ne fait que me pousser à formaliser une culpabilité que je sais qu’il partage. Je m’avance. Fais toi plaisir… ça ne fera qu’un énième mort dans cet appartement… parviens-tu seulement à te regarder dans le miroir ? Ma voix est tranchante mais relativement posé. Je m’en étonne. Un nouveau pas. Sa main se resserre sur le manche. Les miennes se mettent en garde plus par reflexe que par envie. La seule qui s’accroche en moi est la vengeance. Mal placée mais présente. As-tu seulement pris le temps de l’apprécier ? D’apprendre à vraiment le connaitre ? A savoir QUI il EST… LUI ?! Je peine à articuler. Le feu m’emporte. Il consume ma raison. AS-TU pensé prendre des ses nouvelles pendant que MONSIEUR LE CHIEN faisait mumuse avec des cobayes ? PENDANT QUE MONSIEUR JOUAIT AVEC LA VIE DES GENS ? DES GENS QU IL AIMAIT LUI ???? JUDITH PAR EXEMPLE ? Hein !? TU AS PRIS DU TEMPS ? L’attaque est rapide. Je me déplace à droite en contrant avec mon avant bras gauche. Mon coude droit rencontre sa mâchoire pendant qu’un coup rencontre mes derniers poings de suture. Je grogne, passe sous son bras, enfonce mon genou dans sa cage thoracique et vrille son poignet. Le couteau s’échappe. Il chute, comme ma conscience. Il disparait dans le néant, comme ma raison. L’obscurité s’agrippe à mes vêtements, me tire vers elle avec une puissance que je ne compte pas combattre. Sa chaleur me fait le plus grand bien. Elle revête pourtant tout ce que j’exècre : la colère, la rage, la noirceur, la monstruosité, l’inhumanité. Elle efface ce que je me suis toujours efforcé d’éradiquer : le regret et la culpabilité. L’ensemble me poignarde. Mes paroles ne sont que les torts que le miroir m’affuble. Il me condamne au même titre que ce regard enragé et que celui que devrait avoir Bastien. Son frère. Bordel. J’étais son frère. Mes mains enserrent davantage le poignet du canidé. L’obscurité s’infiltre. Je sens ses nombreuses mains tâtonner en moi. Je goute à la simplicité. Au relâchement. Je pourrais oublier. Un repos…oui…. Je souris. Me penche, garde une main sur Maarten et autorise l’autre à prendre une autre arme. Tu l’as abandonné…. Mes yeux noircissent. TU AS ABANDONNE MON FRERE ! Mon pied se décale, brise le verre du cadre photo. Mon attention se porte sur l’un des visages.

Bastien.

Je relâche la pression pourtant loin d’avoir fini de déverser ma noirceur. Je titube. Lâche le second couteau. Bastien. Je… Le rappel me perce. Je m’écroule. Je sens les piques sur ma peau, les lames dans ma chair, la douleur dans mon être. Je me suis trompé. L’obscurité n’efface pas, elle alimente. Elle transforme. Elle mute mes peines, mes craintes, mes douleurs. Aujourd’hui l’ensemble ne prend qu’une forme, qu’un visage : le mien. C’est moi…Plus que de la rage, la panique m’agrippe. M’empêche de respirer. Ma prison m’a trouvé. Je l’entends susurrer à mes tympans avec une douceur déplacée. Coupable.







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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Sam 10 Oct - 10:51


« Pourquoi ? ou la question qui peut éclairer autant que noircir notre monde »



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Il s’empare d’un couteau de cuisine. Jusque là, son impulsivité ne l’avait mené qu’à donner des coups de poings, de pieds, et à en recevoir en juste retour. Jusque là, il n’avait jamais eu besoin d’accessoires pour décharger sa colère et sa rage. Mais jusque là, il n’avait jamais eu autant à encaisser en si peu de temps et, pire, jamais autant de culpabilité. La dernière fois qu’il a tué quelqu’un, il a mis un océan entre lui et sa vie. Là, il est enchaîné à la Nouvelle-Orléans par Myla et sa fille. Il ne peut pas fuir, alors il ne sait pas comment gérer. Et il se perd dans sa colère, s’en prend au premier venu s’apprête à s’enfoncer davantage dans la perdition jusqu’au moment où nul retour arrière ne sera possible. Des coups, il en a mis. Violemment. Des cris, aussi, il en a émis. Sa colère condensée dans sa cage thoracique, sa culpabilité noircissant ses iris pour mieux l’aveugler de détresse. Il a frappé, titubé, encaissé, frappé à nouveau. Sa force, il ne cherche pas à le contrôler : ce qu’il veut c’est oublier. Il ne cherche même pas à se défendre, il ne veut que frapper. Et répondre. Ses mots dépassent sa pensée, trahissent son état d’esprit. Mais il pourrait se les prendre en pleine face et ne pas savoir quoi y répondre. En quoi sa présence dans cet appartement est elle légitime ? N’a-t-il pas abandonné Bastien au pire moment, n’a-t-il pas perdu tout droit sur cette place à partir du moment où il a frappé le cadavre d’Abigaël, à partir du moment où il a été incapable d’être un ami digne de ce nom ? Il se targue d’être un frère pour Bastien, il s’octroie le droit de demander à l’autre généticien en quoi la mort de Bastien le concerne mais… et lui ? Cette maison est davantage la mienne que la tienne. S’entend-il réellement parler ? De quel droit ose-t-il arguer être un habitant légitime de cet appartement ? Maarten ne sait pas, Maarten ne sait plus, Maarten ne sait rien. Alors il brandit le couteau, comme une menace qu’il n’est pas vraiment prêt à mettre en application. Une menace qui n’est pas lui, qui le déroute, qui n’a rien à faire dans ses mains et qu’il voudrait davantage glisser le long de sa gorge, une menace qu’une oscillation entre la lâcheté d’assumer et la lâcheté de se tuer lui-même l’empêche d’achever. Il brandit le couteau mais ne sait pas vraiment ce qu’il est supposé en faire.

Plus chez toi ? Bien sur… parce que tu as gagné ce droit en le regardant sombrer ? Une grimace tord ses lèvres, il grogne un nouveau « Je te conseille de te la boucler » si peu audible qu’il en perd de l’intérêt mais gagne en agressivité. Le voilà qui avance, Maarten serre son poing sur son arme improvisée sans savoir s’il ira jusqu’à frapper la jugulaire comme lui hurle de le faire le Saarloos. Fais toi plaisir… ça ne fera qu’un énième mort dans cet appartement… parviens-tu seulement à te regarder dans le miroir ? Sa poigne sur le manche du couteau tremble, sa peau se fait moite. Un énième mort… ses yeux sont hantés par la traînée de sang, par Abigaël, par Bastien aux yeux vides, au regard hagard, par la détresse de son petit frère. Il ne voit pas arriver le coup, qu’il soit verbal ou physique. Le chien est perdu, le chien ne comprend pas les motivations de l’intrus et plus encore ce qu’il sous-entend. A-t-il seulement pris la peine de le connaître ? Oui, bien sûr que oui. C’était son frère, c’était son ami, c’était un roc et un soutien qu’il a laissé sombré dans la tempête, trop peureux pour lui tendre une main secourable alors qu’il s’agrippait à sa propre bouée. As-tu seulement pris le temps de l’apprécier ? D’apprendre à vraiment le connaitre ? A savoir QUI il EST… LUI ?! AS-TU pensé prendre des ses nouvelles pendant que MONSIEUR LE CHIEN faisait mumuse avec des cobayes ? PENDANT QUE MONSIEUR JOUAIT AVEC LA VIE DES GENS ? DES GENS QU’IL AIMAIT LUI ? JUDITH PAR EXEMPLE ? Hein !? TU AS PRIS DU TEMPS ? Il ne voit pas le coup venir, il tente maladroitement de riposter mais le coude, le genou, le poignet : Maarten suffoque. Fait un pas en arrière, rencontre le mur. Il ferme les paupières, hanté par ce que lui dit l’autre. Judith ? Qui est-ce ? D’une voix blanche, il rétorque un faible « Je ne voulais pas, je ne voulais pas tout ça… » qui n’a aucun sens pour tout autre que lui. Il ne voulait pas quoi ? Mettre au point ces protocoles expérimentaux ? Tuer ces personnes, injecter dans leur veine ce poison de sa composition ?

Sa rage est toujours là, toujours présente, toujours tournée vers l’extérieur puisqu’il ne peut la concentrer sur lui-même sans totalement se consumer. Mais elle est légèrement asphyxiée par les accusations du généticien. Etranglée. Contenue. Coupable. Tu l’as abandonné… TU AS ABANDONNE MON FRERE ! Il lâche tout. Sous le choc. Le Saarloos hurle au mensonge, à la trahison, à la débâcle, alors que l’homme titube, ne se rattrape que de justesse au plan de travail, sent ses jambes se défiler sous son corps. Son frère. Le frère de Bastien. Son frère. Son cœur rate un battement, il veut le frapper, il veut l’étrangler : ses muscles ne répondent plus. « Ce… ce n’est pas possible… » Que sait-il après tout, que sait-il du passé de Bastien ? Peu. Il n’a lui-même jamais confié à son petit frère la moindre parcelle de sa vie à New-York, il… « Ton frère ? » Maarten n’arrive plus à respirer. Il a tué son frère, il a tué Bastien, il a tué le frère de Morel. Il…

Non.
Ca lui fait l’effet d’une claque, ses mains saisissent le col de Morel, le traînent jusqu’au salon, jusqu’au canapé, le jettent dedans sans aucune douceur mais sans aucune brutalité excessive non plus. Il ne sait pas quoi faire, il ne comprend plus rien. Il n’est certain que d’une seule chose : les torts, il n’est pas le seul à les porter après tout. Ils sont deux coupables, dans cette affaire. Parce qu’il n’est pas le seul à avoir lâché Bastien au pire moment. La colère n’est pas retombée. La culpabilité non plus. Elles ont juste muté, elles ont juste changé de cible et de forme. « Tu n’as rien fait non plus, connard. » Maarten se laisse tomber à son tour sur un fauteuil. Il n’a d’yeux que pour l’autre. Le frère. « Tu les a tués, toi aussi. » C’est une condamnation. Fatiguée. Lasse. « C’est moi son frère. Tu étais où lorsqu’Abigaël l’a traîné dans la merde et en a fait son pantin, hein ? T’étais où lorsqu’il m’a aidé et que je l’ai aidé ? T’étais où, putain, lorsqu’elle lui a demandé de la tuer et qu’il n’a pas pu le supporter ? » Ca fait du bien, ça fait du bien d’en vouloir à quelqu’un d’autre que lui, ça fait du bien de se dire qu’il n’a peut être pas servi à rien… « T’étais où lorsqu’il avait besoin de toi, bordel ? T’étais trop occupé à tuer, toi aussi, à être le pantin de ce Gouvernement à la con, à obéir aux ordres et à suivre des conneries d’une expérience raté, à jouer au demi-dieu ? » Il ne sait plus à qui il reproche quoi. Aux deux, sûrement, il reproche très certainement aux deux leur lâcheté et leur incapacité à sauver la victime de ce massacre.

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Dim 11 Oct - 19:46

Coupable

Il résonne. Il s’intensifie et à mesure que cette accusation se répète, mon air se raréfie. Je ne fais rien pour empêcher cela, cette asphyxie qui pourtant n’aura de fin qu’à la mienne. Je suspecte cette culpabilité d’apprécier sa nouvelle demeure. Il glisse sur ma peau, s’octroie tous ses pores pour mieux s’infiltrer. La pièce ne lui suffit plus. Elle veut tout dominer, y compris ma raison. Le visage qui me fait face me paralyse en plus de m’étouffer. Mon cœur joue une symphonie que j’aurai apprécié ne jamais faire découvrir à mon corps pendant que mes poumons s’autorisent une pause. Un mauvais timing. J’aurai apprécié que la noirceur se batte pour moi, élimine la culpabilité puisque je suis incapable d’y faire face. Le visage disparait, je me sens détendu… ce leurre… un autre apparait, il penche la tête sur le côté plutôt calme puis hurle. Hurle sans qu’aucun son ne sorte. La seule musique que j’entends est celle de mon rythme cardiaque. Rien ne semble vouloir me secourir, ni la respiration du canidé, ni ses gestes, ni la musique s’échappant au loin de la radio, ni même une quelconque volonté de vouloir me sortir de cette torpeur. Lorsque son visage revient, son sourire est plus démoniaque que précédemment. J’ai beau savoir que je porte le même, son aspect me donne envie de vomir. Est-ce vraiment mon propre reflet ? Le sourire que mon reflet porte n’est en rien semblable à ce que je me connais. Coupable Oui. C’est … non. Ce n’est pas ça. C’est Maarten. C’est les autres. C’est le monde. Ce n’est… non. Je ne peux pas… Je ne veux pas… Ma prison a atteint mes muscles, s’approprient mes organes tout en susurrant une chanson à tu-têtes. Une chanson à une unique parole. Ce mot. Cette sentence. Je revois Bastien, mon esprit me ramène à notre rencontre. Nous sommes à des années lumières d’aujourd’hui pourtant j’ai l’impression de pouvoir changer quelque chose. Je le percute. Je sens, oui, c’est lui. C’est mon frère. Je suis pétrifié mais bien vite je m’élance, lui court après. Et s’il se doute qu’on le suit, j’en ai rien à faire. Il a peur. Moi… moi, je ne sais pas. Je ne comprends même pas ce qui m’a poussé à le poursuivre. Le sentiment que j’ai face à lui, à son regard, serre davantage mon cœur. Ce jour-là, j’ai découvert ce que c’était la réalité. Et de ma place de simple observateur de mon propre souvenir j’aimerai m’empêcher de le frapper, de me battre contre lui. J’aimerai pouvoir retenir mon frère alors qu’il disparait dans la foule, une simple carte dans la poche. Au lieu de ça, le sol se dérobe, je chute. J’hurle en agitant les bras mais le visage qui me fait face est heureux du désespoir de mes traits. Ils l’alimentent. Tu n’as rien fait non plus, connard.

Je l’entends mais ne le voit pas. L’autre continue d’hocher la tête en souriant. Je suis sûre qu’il trouve ça jouissif que des centaines de schémas se formalisent dans ma tête, toutes ces autres possibilités à l’histoire de deux frères. Possibilité s’articulant autant d’un « ET SI » … puissant, destructeur, incontructif mais qui, un instant me laisse rêver une autre fin. L’image se craquèle, toujours pour faire place à la réalité. Et là, face à ce visage qui n’est autre que le mien, je sens la culpabilité gagner. C’est une autre forme de noirceur qui m’agrippe. Beaucoup moins salvatrice. Beaucoup moins positive. Beaucoup moins supportable. Tu les a tués, toi aussi. L’accusation est lâchée avec une simplicité déconcertante. Simplicité qui fait vaciller mon reflet. Son regard s’agite. J’aimerai pouvoir repousser ce reflet qui s’agrippe à mes prunelles, à mon corps, à tout mon être depuis la lecture d’un simple journal. C’est moi son frère. Une fois encore, je me rends compte du battement de mon cœur lorsque celui-ci s’arrête. Je redresse le regard. Du flou je passe à la clarté. Je cligne des yeux, regarde l’homme en face de moi puis la pièce. Comment ai-je atterri dans ce fauteuil ? N’étais-je pas en train de… mon dieu. Ma main agrippe mon torse avec l’impression de perforer mon cœur. J’ai mal. Je grimace. Me penche en avant. Mon souffle est rauque. JE suis…Tu étais où lorsqu’Abigaël l’a traîné dans la merde et en a fait son pantin, hein ? hein ? un pantin ? Je… T’étais où lorsqu’il m’a aidé et que je l’ai aidé ? T’étais où, putain, lorsqu’elle lui a demandé de la tuer et qu’il n’a pas pu le supporter ? Que ? quoi ? de…demander ? Mes yeux se chassent mutuellement, ne parviennent pas à se mettre d’accord sur l’objet à contempler. Ils s’accordent parfaitement avec mon cœur qui joue 10 symphonies en même temps. Mes doigts s’agitent. Je secoue la tête. Tente de comprendre ce qu’on me dit, d’accepter ces informations telles quelles sont mais mon esprit les fuit. Incapable de reprendre le dessus. Incapable d’être rationnel. Incapable d’accepter l’attaque. D’accepter la réalité. Il veut fuir comme mon corps voulait fuir en transportant ma colère et ma culpabilité sur lui. Le tout est peine perdu. Je sens encore la présence de ma cage, j’entends presque un rire tonner quelque part dans mon être. T’étais où lorsqu’il avait besoin de toi, bordel ? Où ? je… j’étais… Je secoue la tête, espère simplement balayer les images qui me traversent. Ces moments où j’observai de loin sa vie, que je me servais de Judith pour en apprendre plus sur lui, que je me méfiais de la mort d’Abigaëlle et pire, que j’espérai qu’il soit l’assassin. J’étais… j’étais lâche. Pas de lieu pour faire vivre un lâche, il vit là où on s’y attend le moins. En général les gens ne le savent même pas qu’ils abritent cette merde en eux mais un jour, la merde abritait prend plus de place. Ils deviennent cette merde. Je suis lâche. Oui, je n’étais pas là. J’étais juste un lâche.T’étais trop occupé à tuer, toi aussi, à être le pantin de ce Gouvernement à la con, à obéir aux ordres et à suivre des conneries d’une expérience raté, à jouer au demi-dieu ?Je ne sais pas comment je passe du consensus fait sur ma propre personnalité, sur ma propre incapacité a avoir été un frère, à la rage qui se déverse une nouvelle fois sur lui.

Mon avant bras barre son cou pendant que l’autre bloque ses bras. J’appuie de tout mon poids, de toute ma force. Mon regard hasardeux, perdu, complètement coupable se réapproprie des couleurs plus sombres, des nuances plus déterminées. Mon visage est fermé. J’appuie encore. Je snes la surprise sur son visage. C’est vrai qu’il crachait son venin avec calme, comme si m’accuser était tout à fait normal. Comme s’il avait raison. Comme si j’étais responsable. Comme si … LA FERME… Ma fermeté est aux antipodes de mon angoisse précédente à l’instar de la culpabilité qui ne fait qu’approuver les remarques du laborantin. Je n’ai…je n’ai JAMAIS voulu ça ! Je n’ai JAMAIS voulu participer à tes expériences ! Je n’ai JAMAIS voulu tuer ! JE N AI JAMAIS VOULU QU ILS MEURENT ! TU ENTENDS !? Leurs visages s’entrechoquent encore, je cligne des yeux, manque presque de perdre ma prise. Celui de Bastien manque à l’appelle. Je me crispe encore un peu. Je… ne suis pas responsable…. Je voulais les…les protéger …le… Mes yeux se perdent sur le côté, j’hésite. J’ai peur de ce que je vois en moi et surtout de ce que je ne vois plus. Je… Au dessus du dossier du fauteuil, une ombre. Je lève le visage. Il est là. J’en suis presque rassurée. Plus qu’un visage je le vois tout entier. Si un sourire nait dans mon esprit, mon visage s’assombrit davantage. Qu’est-ce ? Ce regard. Il me perce. Encore. Toujours. Probablement à jamais. J’ai beau ne pas comprendre son comportement, m’inquiéter même de le voir si calme, je recule. Relâche la pression sur la trachée de son ami et me redresse. Je ne le quitte pas des yeux. Le temps se suspend pendant que je me plais de croire sa survie. J’aimerai le secouer, lui dire de ne plus jamais faire ça, l’assurer de ma présence mais je ne m’en sens pas capable. Je n’ai aucun droit à prononcé ces termes. Je n’ai aucun droit de marcher dans cet appartement ni même d’accuser le canidé de quoique ce soit. Je n’ai jamais eu ce droit en fait… Pourtant, la douleur est poignante, incisive, destructrice. Je la sens en si tranchante d’une épée. J’aimerai pouvoir changer quelque chose. Le sauver. Etre son frère. Je… Je suis désolé… La phrase me transperce. Je tombe en arrière, une balle a été tirée sur moi. Je m’échoue sur le sol pour la seconde fois. Je regarde Maarten puis l’ombre et constate qu’elle n’est plus là. Je secoue la tête. Et lorsque j’ouvre la bouche, je le regrette sans pourtant cesser. Je n’ai jamais été son frère… en fait, il n’y a que notre sang, son visage, son regard et un bout de papier de l’archive d’un hôpital presque nordique qui peuvent nous dire « frère », frère jumeau en plus… Je secoue encore la tête, j’ai l’impression d’avoir un toc. Mes mains agrippent ma tignasse, tira ma tête dans tous les sens. Les mots sont plus tranchants que le démon en moi. Je l’ai détesté… si violement… je l’ai détesté d’exister, de respirer… et là… Les mots soufflent mes pensées, soufflent mon cœur, soufflent mon âme. Une coquille vide prend place, s’installe avec sa copine la culpabilité. Quelle douce prison.

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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Dim 18 Oct - 10:31


« Pourquoi ? ou la question qui peut éclairer autant que noircir notre monde »



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Sa colère est domptée, momentanément. Elle s’est transformée en agressivité, il ne sait pas pour combien de temps, il ne sait même pas jusqu’où il va pouvoir aller. Il ne sait plus ce qu’il est supposé faire ni ce qu’il est supposé ressentir. Son frère. Bastien est mort et il lui découvre un frère. Il est perdu, le vieux chien, il est perdu loin de ses repères, aveuglé par la colère et la culpabilité. Il est perdu, sans Bastien pour lui montrer le chemin, sans Myla pour le tenir en laisse. Il n’a qu’une envie : assez se blottir dans les bras de sa femme et oublier le temps qu’il faudra, le temps qu’il pourra, qu’il ne sait pas ce qu’il est supposé faire. Mais non, il est là, il reste là, il saisit l’intrus, le frère, l’autre frère par le col pour mieux le jeter dans un canapé. Reculer l’action, les éloigner des couteaux, les éloigner d’une certaine violence pour parler et comprendre. Comme si le chien était capable de faire autre chose que d’aboyer, aboyer et encore. La fatigue lui fait ployer le genou, il s’écroule dans un fauteuil sans quitter son vis-à-vis du regard. S’il n’a rien fait pour aider Bastien, ce frère n’a rien fait non plus. S’il a sur les mains le sang et la torture d’innocents, de cobayes, il n’est pas le seul dans cette pièce à avoir les mains rouges. Il le condamne, gratuitement, toute agressivité transformée en accusation lasse, heureux qu’il est de partager avec quelqu’un le poids de la culpabilité. Maarten est lâche, jusqu’au plus profond de son être : nulle surprise alors qu’il s’empresse de se faire remarquer à quel point les torts sont partagés dans cette affaire, nulle surprise, alors, qu’il fasse une nouvelle fois preuve de son absence de courage et qu’il refuse de regarder la vérité dans les yeux. Il ne le quitte pas un seul instant du regard lorsque les accusations tombent, tombent encore, comme le fil d’une guillotine. Où était-il, ce frère, les années passées, lorsqu’ils ont fui New-York, lorsqu’ils se sont maintenus à flots tous les deux pour se libérer de leurs sorcières. Les torts, oui, les torts sont partagés. Et Maarten ne peut que se demander si en échangeant son rôle avec celui de Morel, les choses eurent été différentes. Il était où, ce frère, lorsque Bastien avait désespérément besoin de quelqu’un et que Maarten n’était pas là ? Où ? je… j’étais… Aucune pitié, aucun regret : Maarten le foudroie du regard et le Saarloos s’accorde même le luxe de japper que c’est bien fait. Son agressivité est toujours là, quelque part, prête à sortir à nouveau pour tout déchiquetée. Elle n’est tenir en laisse, au final, que par un simple mot hurlé qui a tout changé. frère. N’était-il pas le seul frère dans la vue de Bastien, jusque là ? Non, apparemment non. Maarten inspire lentement. Et ne voit pas venir la nouvelle menace lorsqu’il se sent soudainement pris au piège par un avant-bras posé sur son coup, appuyant sur sa trachée, le privant d’air et laissant le chien paniquer dans sa cage. La transformation est là, à quelques goulées d’air, elle est là, frétille au bout de ses doigts, le supplie de céder à la tentation de devenir chien-loup pour avoir définitivement l’avantage. Il ne sait pas pourquoi il résiste à la tentation : personne ne le lui a demandé, personne ne lui a explicitement dit qu’il n’avait pas à l’attaquer, qu’il n’avait pas à céder à l’envie de se venger et de venger Bastien sur l’autre coupable. Et pourtant, il se retient. Et sa respiration s’étrangler, s’affine, alors que son instinct de préservation lui hurle qu’à défaut de se transformer, il peut au moins repousser l’imbécile qui ne fait pas le poids face à la force brute du Métamorphe. Aucune finesse, aucune souplesse, juste de la force brute qui se déverse de ses muscles et de sa colère péniblement muselée. LA FERME… Je n’ai…je n’ai JAMAIS voulu ça ! Je n’ai JAMAIS voulu participer à tes expériences ! Je n’ai JAMAIS voulu tuer ! JE N AI JAMAIS VOULU QU ILS MEURENT ! TU ENTENDS !? Leurs visages se rapprochent, la mâchoire de Maarten se crispe alors que le Saarloos meurt d’envie d’aboyer que quoiqu’il n’ait pas voulu, le résultat est le même : ils sont morts. Morts. Et leur agonie n’en a été que plus longue et douloureuse, dans une manipulation de leurs gênes à coup de virus destructeurs. Je… ne suis pas responsable…. Je voulais les…les protéger …le… Ses yeux se perdent, Maarten cède et prend l’avantage en gonflant les muscles, en serrant le poing, en envoyant l’autre valser de l’autre côté de la pièce. Il se redresse lentement après ça. Je… Il secoue la tête, tout aussi lentement. Et il se relaisse tomber dans le fauteuil, incapable d’avoir les idées claires sans retomber  de la même manière dans une spirale de hurlements et de violence. Je suis désolé… Maarten fronce les sourcils. Relève la tête, fixe le gosse du regard. Instinctivement, il a envie de lui dire d’aller se faire foutre, instinctivement, il a envie de lui cracher qu’être désolé ne ramènera pas Bastien donc qu’il est inutile de le dire. Instinctivement, enfin, il a envie de comprendre ça comme de la culpabilité et de déposer sur les épaules de Morel tout le fardeau de la culpabilité, ce fardeau qu’il se traîne sans savoir quoi en faire. Je n’ai jamais été son frère… en fait, il n’y a que notre sang, son visage, son regard et un bout de papier de l’archive d’un hôpital presque nordique qui peuvent nous dire « frère », frère jumeau en plus… Je l’ai détesté… si violement… je l’ai détesté d’exister, de respirer… et là… Il hausse les épaules.

La tempête est-elle passée ? Véritablement passée ? Peut être. Il n’en sait rien mais ne veut même pas chercher à se questionner davantage. Ca lui suffit de savoir que le chien-loup est calmé et qu’il est assis dans un fauteuil qui ne lui appartient pas vraiment. « Et bien tu es exaucé, maintenant, connard » Ce n’est certainement pas ce qu’il y a à dire. Maarten se doute bien qu’il devrait plutôt dire à Morel que ce n’est pas grave, qu’il a été son frère malgré tout, que la vie est injuste et toute une accumulation de conneries pareilles mais il n’y croit pas et il n’a pas envie de mentir. Alors il préfère le traiter de connard et lui balancer la vérité en pleine tronche sans prendre de gants. « Il ne m’a jamais parlé de toi. Peut être parce que j’ai pas vraiment pris le temps de discuter avec lui ces derniers mois. » Serait-il en train de rester lucide voir simplement calme et posé ? Non, pas Maarten. Il est juste… las. « J’ai réussi à me convaincre que j’avais trop à me soucier de mes propres problèmes pour prendre le temps d’aller le voir » Il ne sait vraiment pas pourquoi il se permet de lui dire ça. Il n’a aucune idée de ce qu’il veut faire, de ce qu’il veut dire. « Et il est mort maintenant. » C’est un constat. Comme s’il ne se rend vraiment compte que Bastien est mort que maintenant. « Et on ne pourra jamais se rattraper. » Il secoue lentement la tête. « Et ça ne sert à rien d’être désolé, ça ne changera plus rien. » Il le regarde dans les yeux. « Qu’est-ce que tu fous là ? Qu’est ce que tu es venu faire là ? »

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Dim 18 Oct - 22:14

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Je suis enserré au fond de mon propre corps. J’aimerai m’agiter, frapper, casser, détruire. J’aimerai sentir une pointe de vie dans ce qui me semble être qu’une coquille vide. Vide de toute substance si ce n’est celle créé par la présence de ma culpabilité, de mes regrets, de mes erreurs et de la haine que je me voue. A bien des égards on pourrait considérer qu’elle est tout sauf vide pourtant, elle l’est belle et bien. Qu’est la vie si ce n’est l’opposé de ce cocktail nuisible ? Ma coquille ne semble plus abriter le nécessaire ou peut-être est-ce simplement qu’elle ne veuille plus l’abriter ? Abandonner. Oui. Ca parait être une bonne idée. Pourquoi lutter contre cet océan qui m’attire dans son obscurité ? Je bats des bras pour parvenir à revenir à la surface mais pourquoi ? Pourquoi ce monde mérite-t-il mon intérêt ? Pourquoi dois-je m’intéresser à lui ? Ne veut-il pas tout faire pour me pousser vers la place de mon frère ? Je ne devrais pas lutter pour sortir de cette coquille, je devrais l’accepter tel une fatalité. Un nouveau coup du sort. Une nouvelle attaque de la vie. Abandonner. N’être qu’un spectateur de la déchéance des autres. Me plaire à observer la stupidité d’autrui et l’espoir que chacun porte au couché du soleil. Espoir d’un lendemain meilleur. Quelle belle connerie. Je me vois très clairement au dessus de cet immeuble, cette tour d’ivoire alors que la mort s’est installée dans les locaux de la normalité imposée par le gouvernement. Je venais de participer à son règne et pourtant, j’espérai. Aujourd’hui, près de trois mois me séparent de cet espoir. Trois mois où chaque individu à espérer. Encore. Toujours. Certains pensent avoir obtenu un avenir, d’autres que le monde s’arrangera maintenant et d’autres pleurent leur mort. Je nous vois très clairement ; le canidé et moi-même, installés dans un appartement qui ne nous appartient pas. Nous voulons obtenir une légitimité alors que nous n’en avons plus aucune. C’est fini. Comme ce monde. Comme sa vie. C’est fini. Et bien tu es exaucé maintenant, connard. Je cesse de vouloir gesticuler. De vouloir me sortir de ce marécage. De vouloir respirer tel un nouveau né, sans aucune gène. J’arrête de vouloir être ce que je suis pas : innocent. J’accepte. J’accepte et je coule. Je glisse et sens la présence de l’autre. Celui qui gagne à me voir sombrer ainsi. Il aime la torpeur que cela procure. Il aime le chaos qui s’étalle et qui, étrangement se lisse autour de moi. Je m’attendais à plus douleur alors que celle-ci semble absente de ma prison. Je m’y sens presque bien. Il ne m’a jamais parlé de toi. Peut être parce que j’ai pas vraiment pris le temps de discuter avec lui ces derniers mois. Je vois sa posture de ma présence qui se transforme, évolue sans que je n’y comprenne les raisons. Je m’étonne de le voir m’accuser tout en s’accusant. A-t-il sombré également ? J’ai réussi à me convaincre que j’avais trop à me soucier de mes propres problèmes pour prendre le temps d’aller le voir. Si j’ai conscience que mon corps ne bouge pas, mon esprit, lui, vacille. Je m’installe dans ma cage, croise les bras, regarde ce qu’il se passe avec une attention qui n’aurait jamais pu être aussi calme. C’est là que je le vois. Plus simplement. Plus modestement et pourtant avec une puissance implacable : son regard.

Et il est mort maintenant. La sentence tombe. Ma main s’impose sur ma poitrine dans une réalité qui m’appartient. Dans l’autre, mes mains se cramponnent à mes genoux. Mon regard ne quitte pas le sien. A cet instant, je lui en veux et je le remercie. Je le déteste et le comprend. Je l’envie et l’accepte. Et on ne pourra jamais se rattraper Son poignard est bien aiguisé. Je m’allonge, refuse de voir cette réalité où il semble déterminer à nous rendre coupable. Tous les deux. J’ai pourtant accepté cet état de fait, n’est-ce pas la raison de ma présence dans cette cage épurée ? Je ne comprends pas. Je revois encore cette rencontre. Encore là même. Je cherche une solution. Une porte. Un moyen d’interferer. De l’aider. Je cherche la faille à une réalité que je n’ai jamais voulu. Je n’ai cessé de le détester. Oui. A tort. J’ai perdu du temps. J’ai perdu un frère. Une famille. C’est fini. Et ça ne sert à rien d’être désolé, ça ne changera plus rien. Je me redresse, le regarde de nouveau. Dans notre réalité, je n’ai fais que cligner des yeux. J’ai légèrement bougé. Je fronce les sourcils. J’ai de nouveau ce goût amer dans ma bouche. Comment peut-il poser autant de conneries ? Je sais. Je sais que ça changera rien. Je sais que le présent ne changera rien au passé. Je sais que rien, absolument rien, ne le fera revenir mais… mais… BORDEL. Mon poing se serre. Je reviens. Je retourne un instant, un simple instant dans le monde du ressenti. Qu’est-ce que tu fous là ? Qu’est-ce que tu es venu faire là ? La claque est puissante. La réponse l’est davantage. Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que je fais là. Je ne sais pas ce qui me pousse à lutter contre un fait. Contre mes erreurs. Contre ma culpabilité. Je devrais accepter tout ça, définitivement. Je devrais rester dans cette petit cage, observer le monde sans me laisser dominer par lui. Je secoue la tête. Me relève et part chercher le sac abandonné près de l’entrée. Je le rapporte, me laisse tomber encore une fois sur le sol et sors du sac une bière que je tends à Maarten. Je montre l’entrée d’un hochement de tête. Vomir… Je plonge ma main une seconde fois et en sors une bière que je décapsule et porte à mes lèvres sans boire pour autant. Je laisse mon mouvement dans l’air, recule la main. Vomir… Boire… Oublier… oui… c’est ça : oublier… Je souris face à la réalité qui prouve encore ma lâcheté. Je lève la bière et bois une gorgée.

Peut-être… peut être que l’idée de sentir mes organes défaillir est nécessaire. Est une punition que je m’inflige. Ou que je m’accorde. Je ne sais pas. Mais je le sens, j’ai mal. Je me sens déglutir. L’alcool n’est pas bien présent dans la bière pourtant … pourtant je ressens l’effet de ma dernière cuite. Je sais que je me trompe. Je le sais. Je bois encore, avale plusieurs gorgées. Je suis curieux. Je veux me souvenir de la sensation. Je veux voir ce que ça peut encore donner. Si mes organes fonctionneront normalement. Si les visages reviendront. Si le sien restera impassible. Je veux savoir ce qui se cache derrière ma conscience et toute cette incapacité à choisir d’abandonner. Abandonner face à la rage. Abandonner face à la haine. Abandonner face à la culpabilité. Pourquoi rien ne semble m’aller ? Suis-je simplement fait à marcher dans mes propres erreurs, m’écraser volontairement ? Me poignarder. Seul. Simplement. Avec force. Ce schéma m’épuise. J’aimerai dormir. Et là encore, ma bouche s’ouvre, incapable de comprendre l’importance du repos que j’hurle nécessaire. Je suis lasse. Pourtant…. Je suis lasse. C’est normal… il ne voulait pas accepter la vérité. Je peux comprendre, maintenant… en fait, j’ai compris dès que je lui ai parlé mais… mais je pouvais pas le l’aider… je ne…voulais pas… Je voulais qu’il soit comme moi. Qu’il ressente comme moi. Je voulais qu’il souffre pour m’avoir volé une vie meilleure… Je remonte une jambe, pose mon bras dessus et fais tourner la bière dans l’air en faisant des cercles. Je regarde mon autre chaussure. Ma tête dandine puis s’arrête, bloque.  Mes épaules se soulèvent lentement alors que je soupire. C’est débile plus encore aujourd’hui qu’hier. Je le savais pourtant… quelque part, je savais que je ne devais pas le rendre coupable et…quelque part, je n’ai rien fait pour m’en empêcher parce que je savais qu’on aurait du temps… Que j’aurai assez de temps pour avoir tort … Je tapote ma bière, boit une gorgée. Je me rends compte que je voulais être son frère… et pas le mec qui lui a appris qu’il a été adopté et bien avant ça abandonné par des connards… car oui, nos parents sont des connards…. Ou des monstres… des sorciers en fait pour être précis… Je souris à peine déranger de lui exprimer ce que personne sur cette terre ne sait. Pourquoi ai-je toujours voulu cacher leur nature d’ailleurs ? Avant DF je dis pas…. Mais après ? Pourquoi éviter le sujet ? Faire comme si je n’avais pas de parents ? Je ris dans ma barbe de plusieurs jours. Mon dieu ! C’est tellement con ! Ne crois pas, je ne suis pas sorcier pour un sous c’est surement ce petit détail qui nous a amené ici toi et moi…. Surtout lui et moi en fait…. Figure toi qu’ils en ont choisi un au PIF, ou au pif comme on choisit une salade…. Je secoue la tête. Crache un instant mon venin. Même un chien aurait eu plus de considération ! Je grimace, lève les yeux vers Maarten. Désolé… pas contre toi… Contre eux. C’est eux qu’on devrait frapper. C’est eux qu’on devrait détester. C’est eux que j’aurai dû haïr. C’est eux.

Les Morel.

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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Sam 24 Oct - 18:50


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Il est malade : il se sent malade. Le cœur au bord des lèvres, il a envie de vomir sa colère et sa culpabilité, il a envie de s’effondrer dans la violence et dans la fatigue, il est trop las pour faire quoique ce soit, finalement. Et de toute évidence, des deux, il n’est pas le seul dans ce cas. L’amabilité de Maarten touche sa cible, dès sa première phrase, l’autre s’immobilise, cesse de gesticuler. Il croise les bras, le Néerlandais le foudroie du regard et ne se laisse pas intimider par la posture de l’homme. Il continue sur sa lancée, sur ses accusations qui vont en complexité, qui vont en simplicité. Bastien est mort maintenant et toutes leurs lamentations ne serviront à rien, même répétés, même pleurées, même hurlées. Bastien est mort et de toute évidence ils sont deux à en porter le fardeau, à s’étouffer de culpabilité. Il est mort et on ne pourra rien changer à ça. Ses confessions sont ridicules, ses conclusions, naïves. Leur conversation résume à elle-seule l’amère réalité : ils sont détruits, ils sont perdus, ils ne se rattachent désormais qu’à des émotions primaires de l’agressivité aux aveux les plus spontanés et ridicules. Il est mort maintenant. C’est un constat. Il les accumule, d’ailleurs, ces constats. Décousus, ses propos n’ont aucune continuité, ce ne sont au final que des pensées éparses que les battements de son coeur. Et une question, enfin. Brutale. Répétitive. Il veut savoir il a besoin de savoir ce qui l’a poussé à venir saccager de sa respiration cet appartement devenu mausolée. Et pour seule réponse, il n’obtient dans un premier temps qu’une dénégation du chef. Maarten fronce les sourcils, serre les poings, se contraint au calme et se force même à rester assis. Ses sourcils se froncent davantage encore lorsqu’il considère la bière proposée par le jeune. L’alcool n’est il pas supposé être prohibé ? Illégal ? Il l’attrape sans y penser, la décapsule sans attendre, prend tout de même le temps de grogner un vague « merci » plus par réflexe que par réel souci d’être poli. Vomir… Vomir… Boire… Oublier… oui… c’est ça : oublier… Une gorgée lui permet de se contenir et de ne pas lui cracher à la gueule ce qu’il peut penser de ce programme. Qu’il a lui-même suivi de son côté, ressemblance assez troublante même s’il n’est pas allé jusqu’à régurgiter l’alcool ingéré. Oublier. Rêve illusoire qu’il a effleuré du bout des doigts à maintes reprises, sans succès. Il frissonne, avale une nouvelle gorgée sans en savourer une seule seconde le goût. Il boit par principe, il boit par réflexe, sa bouche est râpeuse d’amertume et d’insensibilité. Il n’y croit plus, il ne croit plus en rien. Ses disputes avec Myla sont fatigantes, ces pertes qui se multiplient : éreintantes. C’est normal… il ne voulait pas accepter la vérité. Je peux comprendre, maintenant… en fait, j’ai compris dès que je lui ai parlé mais… mais je pouvais pas le l’aider… je ne…voulais pas… Je voulais qu’il soit comme moi. Qu’il ressente comme moi. Je voulais qu’il souffre pour m’avoir volé une vie meilleure… C’est normal. Ca lui fait mal. Ses mains le démangent, il veut à nouveau frapper quelqu’un. Il ne sait pas communiquer autrement que par la violence, le reste s’étrangle en lui et le laisse haletant, incapable de formuler la moindre phrase sensée. Pieds fermement campés au sol, ses coudes sont appuyés sur ses genoux et son menton repose dans ses mains. Il est beau, le chien, sans maître ni ami. Il est mignon, le chien, incapable de choisir un juste milieu entre la rage la plus destructrice et le calme maladif. C’est normal. Non, rien n’est normal lorsqu’on parle de mourir et surtout de se laisser mourir. Ce n’est pas normal. Un soupir. C’est débile plus encore aujourd’hui qu’hier. Je le savais pourtant… quelque part, je savais que je ne devais pas le rendre coupable et… quelque part, je n’ai rien fait pour m’en empêcher parce que je savais qu’on aurait du temps… Que j’aurai assez de temps pour avoir tort… Je me rends compte que je voulais être son frère… et pas le mec qui lui a appris qu’il a été adopté et bien avant ça abandonné par des connards… car oui, nos parents sont des connards… Ou des monstres… des sorciers en fait pour être précis… Il ne sait même pas pourquoi il laisse parler Morel. Il ne comprend pas ce qu’il cherche à l’écouter ainsi alors que rien de ce qu’il pourra dire ne trouvera intérêt à ses oreilles. Des sorciers, encore des sorciers. Des monstres, des connards, voilà comment il les décrit, et Maarten ne peut s’empêcher de sourire en total accord avec le frère de Bastien. Mon dieu ! C’est tellement con ! Ne crois pas, je ne suis pas sorcier pour un sous c’est surement ce petit détail qui nous a amené ici toi et moi… Surtout lui et moi en fait… Figure-toi qu’ils en ont choisi un au PIF, ou au pif comme on choisit une salade… Même un chien aurait eu plus de considération ! Désolé… pas contre toi… Le regard de Maarten n’attend pas une respiration pour fusiller du regard l’autre, dès le mot chien prononcé. Ce n’est pas qu’il hait ce qu’il est, c’est simplement qu’il exècre ce qui l’avilit face à Myla et qui ronge sa relation avec sa femme. Rien ne parvient à le calmer, rien ne parvient à l’énerver davantage, il se fige dans un immobilisme tendu. Il se doute, quelque part, que Moral attend une réaction, une parole, quelque chose. Mais il ne sait pas. Il ne sait rien. Le chien ne sait que hurler à la mort et sauter sur ses proies pour protéger son territoire. Le chien n’a conscience que de ce qui le lie à ses maîtres et à sa meute, le chien ne réclame que condamnation et vengeance. Sauf que le chien n’aura jamais le cran de s’attaquer lui-même ou de toucher au sang de son frère. « C’est passionnant. » s’entend il finalement articuler, dans un sarcasme ironique teinté de sincérité. Ce n’est pas passionnant, ce n’est même pas pertinent. « Il n’y a qu’une chose de con, ici : nous. Qu’est ce qu’on attend, qu’est ce qu’on espère ? » Qu’est ce qu’il attend, qu’est ce qu’il espère, voilà la question qui flotte sur ses lèvres. Il secoue la tête, le chien pousse un grognement. « Conneries, conneries tout ça. » Qu’est ce qui n’est que connerie ? Maarten lui-même l’ignore. Il se lève, fait un tour du salon, sans savoir ce qu’il cherche. Ses pas le guident, l’arrêtent. A ses pieds siégeaient il y a trop peu de mois le corps d’Abigaëlle. Le corps assassiné de la sorcière. Il crache, au sol, il crache sur ce cadavre qui a tué Bastien, il crache son amertume, il crache sans aucune considération pour cet appartement. « Les sorciers ne sont que des pourritures. » Ses yeux noirs fixent le cadavre qui doit être décomposé maintenant. Ailleurs. La bile lui monte à la gorge, lui ronge de son acide la cage thoracique. « Bastien n’en aurait pas été un, quoiqu’il arrive. » Il déteste les sorciers, il les méprise. Mais il aime sa femme et il ne sait pas trop quoi en penser. Un soupir, il avale une nouvelle gorgée de bière, ne peut s’empêcher de grimacer. « Qu’est-ce que tu vas faire, maintenant ? » Il ne sait pas à qui il pose la question. La bière l’étouffe, il a envie de hurler, il a envie de lancer la bouteille contre un mur et de se tailler les veines avec les éclats. Sans qu’il en est incapable. Que va-t-il faire, maintenant ? Que vont-ils faire maintenant ? « Je me hais, je te hais, mais j’ai encore besoin de noms à haïr... c’est affligeant… » N’est-il voué qu’à être consumé par la haine, maintenant ? Une haine non dirigée, une haine qui veut le détruire au même titre que cette relation malsaine qui le lie à Myla, que cette lâcheté mortifère. Il a envie de fuir, de tout fuir. De laisser sa femme, de laisser leur fille. De tout laisser une nouvelle fois pour disparaître et se reconstruire ailleurs. Sauf qu’il a quarante ans et qu’il est fatigué. Trop fatigué.




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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Ven 30 Oct - 21:32

Les Morel.

Ils étaient l’élément perturbateur apparu au début de l’histoire. Trop tôt. Ils sont les créateurs et les destructeurs d’une vie qui aurait pu être différente. La simple volonté de passer par un choix… pourquoi ne pas avoir voulu garder les deux ? Etait-ce trop demandé ? J’ai pourtant le souvenir d’un début heureux, celui naissant de leur espoir de reconquête d’un nom entaché par les années. Ils voulaient être ce que les Morel étaient par le passé. Ils espéraient revivre ce que leurs aïeux ont volontairement laissé derrière eux. Pourquoi s’adonner aux vices d’un passé proscrit, détesté ? Pourquoi redonner un nom à la perfidie? Elle en a tellement par ailleurs. Je ne parviens toujours pas à m’expliquer ce choix. Je ne parviens pas plus à l’accepter oscillant malgré moi entre le regret de la simple existence de ce choix et celui de ne pas avoir eu la place de Bastien. Encore aujourd’hui. Ils sont le déclencheur sans que je ne puisse comprendre la naissance de cette volonté. Quelle est l’histoire derrière ce présent ? Les « si » parcourent mon esprit sans que je ne fasse quoique ce soit pour les estomper. J’accepte la puissance de leur proposition et les conséquences sur ma réalité. J’accepte les erreurs qui se gravent dans ma chaire. J’attends simplement de renoncer. Pourtant…Pourtant renoncer ce semble pas d’actualité. Mon cœur s’emballe au même titre que les images que créaient mon esprit. Je vois défiler ce qui n’a jamais existé et ne pourra jamais exister. Si seulement. Si seulement ils avaient été différents. J’inspire avec férocité en réponse à un violent changement de mouvement thoracique. Un constat. Un constat qui brûle. Un constat qui anime ma culpabilité et la fait trôné au dessus de toute la vermine qu’on appelle « sentiment ». Elle les broie sous son poids et s’amuse de me voir sombrer de nouveau. Ce cœur m’agace. L’absence de ma raison également. A moins… à moins que sa présence ne soit que trop imposante. Cette raison que j’ai toujours cru de mon côté mais qui, au final, semble m’avoir porté préjudice. N’ai-je pas toujours cru m’accorder parfaitement avec elle et traduire cela par une indéfectible capacité à me croire dans le vrai ? Je soupire.

Non. Je fronce les sourcils, serre ma bière et la porte à mes lèvres. Je suis une erreur. Je le sais depuis des années et le simple fait de constater les raisons de notre présence ici me le confirme. J’ai encore cru. J’ai encore voulu espérer. J’ai encore tenté de prouver que l’erreur c’était lui. Jamais moi. Il est devenu bien malgré lui ma raison. Plus encore, mon espoir. Pourquoi avoir fait reposé sur lui ce que je ne parvenais pas moi-même à porter ? Comment ai-je pu croire qu’il pourrait me succéder sous le règne de ces craintes ? Ou plutôt, de cette réalité. Je me rends compte, qu’au final, j’aurai préféré mourir ignorant. Un droit que je n’ai même pas accepté de lui accorder. Quel enfoiré. Je suis comme eux. Je suis un Morel. Pas lui. C’est passionnant. Je relève les yeux et ne parviens pas à contenir un sourire. Je secoue la tête, bois la fin de ma bière en haussant les épaules. Oui c’est inutil. C’est stupide. C’est une vie standard avec des parents un peu moins standards. Avec des parents ayant choisi une obscurité qui n’aurait jamais dû leur appartenir. Qu’ils n’auraient jamais dû transmettre. Il n’y a qu’une chose de con, ici : nous. Qu’est ce qu’on attend, qu’est ce qu’on espère ? Pour toute réponse, je détourne mon attention. Je croise la jambe sous moi, me penche et attrape le sac de la déchéance. J’en sors du whisky à défaut d’une bière. A cet instant je remercie mon voisin, ce vieux gars au regard ambré de folies passagères et d’éclairs de génie. Je bois. J’espère quoi ? Comprendre ? Accepter ? Oublier ? Détester ? Avoir raison ? Raison sur quoi ? Détester qui ? Oublier qui ? Accepter quoi ? Comprendre qui ? Espérer son souffle. Les sorciers ne sont que des pourritures. Je relève le visage sans avoir prété attention ni à sa démarche de lion en cage ni à son crachat. Je reste calme et bois. Comme ton créateur ? Mes parents ? le gouvernement … toi…moi… Ouep, un joli monde de pourriture… Oui, nous le sommes tous ; des monstres. Je repense aux paroles de Loon et aimerai pouvoir de nouveau cracher ses paroles. J’aimerai rejoindre Maarten sur son affirmation mais son visage me fixe de nouveau en même temps que celui de Loon rit, pleure, hurle. Je secoue la tête. Les pourritures c’est nous.

Bastien n’en aurait pas été un, quoiqu’il arrive. Ah…ça… il l’a emporté dans la tombe ce radin… Quatrième gorgée, je souffle en secoue la tête vivement puis donne la bouteille à l’autre pourriture de la pièce. Il n’a malheureusement pas emporté que ça. Il a emporté un espoir. Une vie bercée d’illusion et une autre de mépris. Il a emporté  des réponses. Plus simplement il a emporté un avenir. Volontairement. Qu’est-ce que tu vas faire, maintenant ? Je soupire, pose ma tête contre le cousin du fauteuil et étale mes jambes. Je murmure. Boire, vomir, oublier…tout ça… Je dandine ma tête contre le tissu, le regarde chercher des réponses avec un environnement qui nous est totalement étranger. Plus à moi qu’à lui mais tout de même. Il n’est pas dans son élément, comme moi. Il est perdu, comme moi. Il est en colère… carrément comme moi. Il est coupable…il est mon reflet. Va-t-il trouvé une réponse que je n’ai pas moi-même ? Va-t-il la partager ? Je me hais, je te hais, mais j’ai encore besoin de noms à haïr... c’est affligeant… Mes yeux le fixent avec intensité. Je me concentre sur son apparence d’homme bourru, fort et incroyablement … …pathétique… …a cet instant. Notre ressemblance m’afflige autant que le début d’ivresse m’amuse. Je ris doucement. Des noms ? Il y en a tellement à cité. A tort ou a raison. Qu’importe. Il y en a plein. Assez pour ronger notre culpabilité et s’en échapper en affublant les autres. J’aime l’idée et parvient à passer outre le passage régulier des visages dont les propriétaires ne méritent pas d’être énoncé dans ce cas de figure. Eux ne sont que des victimes. Je me penche en avant. Tu veux des noms à haïr ? Les Morel pour commencer avec le choix odieux d’abandonner leur propre enfant. Timothée Morel pour l’avoir espéré coupable d’avoir tué son amie, d’être un monstre, une erreur pi de l’avoir détesté d’être comme eux au lieu d’être comme moi… pour m’être trompé… puis… puis… tu as Maaaarten pour l’avoir abandonné tel ses parents mais aussi toutes ses connaissances…. Judi… non… elle c’est une victime du gouv…. Le gouvernement. Ces enfoirés. Ces meurtriers. Ces monstres. Mon visage se referme. Je me contracte. Je sens ce sentiment si puissant. le gouvernement… eux… eux ils sont responsables. Ils sont coupables. Tous les partisans sont des noms à rajouter sur ta liste quitte à nous rajouter encore une accusation… Le gouvernement a tué Judith. Il a tué ses espoirs. Sa vie. Je secoue la tête avec crispassions. Ils lui ont donné l’arme, la balle et …. Et nous on a laissé faire, on a participé …. Mes yeux dérivent alors dans les siens. Nous sommes coupables qu’importe la manière dont on pose les choses. Lui. Moi. Nous sommes des pourritures, les monstres involontaires d’une histoire sordide. Qui pourrait bien espérer nous acquitter ? Le juge a déjà statué sur notre cas. J’enfonce ma tête dans mes bras. Je suis venu pour le connaitre… Ce n'est pas le renoncement qui parle. Je n'ai pas renoncé. Pas vraiment. J'ai juste compris ce pourquoi je n'étais pas prêt à renoncer. Faut se rendre à l’évidence je n’étais rien pour lui et pourtant je suis comme toi, dans le même état… je ne sais pas qui il est, et celui que je me suis imaginé était surement loin de la réalité… Je relève la tête.

J’aurai aimé être moins conC'est tout. J'aurai aimé être son frère et cette réalité. Cette simple pensée me coupe le souffle, encore. Toujours. C'était ça. C'était ça ma vérité.

J'avais un frère.

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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Sam 31 Oct - 0:33


« Pourquoi ? ou la question qui peut éclairer autant que noircir notre monde »



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Il est fatigué. Si fatigué. Il en a assez de culpabiliser, de ce poids sur l’estomac, de ce poids sur sa conscience qui le vieillit bien plus que ses quarante ans et que ces quelques cheveux blancs qui parsèment son crâne. Il est fatigué d’enterrer des gens, de traîner des cadavres, de se faire poursuivre par des fantômes. Il est fatigué, enfin, de ne pas pouvoir dormir tranquille et d’être constamment réveillé par des cris, par des larmes, par des angoisses qui jouent avec ses tripes pour mieux le laisser haletant, nauséeux, recroquevillé sur lui-même alors que Myla tente de le rassurer. Le goût amer de la bière ne parvient pas à chasser sa fatigue, se contente de lui racler la gorge et de lui laisser une sensation de soif qu’il n’arrivera pas à satisfaire. Un constat, un crachat, une conclusion. Acide. Les sorciers ne sont que des pourritures. Il aime sa femme, pourtant, le Maarten. Il aime Myla, de tout son être, de toute son âme. Malgré ses défauts, surtout grâce à eux, malgré leurs défauts et pour leurs qualités, il aime Myla. Mais il déteste les sorciers et n’imagine pas un seul instant son meilleur ami, son petit frère, son Bastien être l’un deux. Les sorciers ne sont que des pourritures. Il crache, encore, sur l’ombre du cadavre d’Abigaëlle. Parce qu’elle ne mérite que ça, la petite garce. Parce qu’elle ne mérite rien d’autre que sa bile, que ses glaires, que la marque la plus insultante de son plus profond mépris. Les sorciers ne sont que des pourritures. Comme ton créateur ? Mes parents ? le gouvernement … toi…moi… Ouep, un joli monde de pourriture… Maarten s’immobilise dans son errance, darde son regard sur celui qui ose répondre à son monologue. La bile est là, acide, dans sa gorge. Il veut cracher, il veut cracher encore et encore. Son créateur ? Sa créatrice ? Ses entrailles se nouent, il se sent coupable de haïr tous les sorciers, de tous les placer à la même enseigne et pourtant… Il crache. Encore. « Tous, autant qu’ils sont. » Voilà, il aime sa femme mais il la condamne pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle a fait de lui. Il piétine le cadavre d’Abi, il se tient là où il était échoué, il avale une gorgée de bière. Tous, même Myla. Tous les sorciers sont des pourritures. C’est pour ça que Bastien n’en était pas, ne pouvait pas en être un. Ah…ça… il l’a emporté dans la tombe ce radin… Une nouvelle fois, Maarten s’arrête dans son errance, calme le chien en cage. « Nan. » C’est une certitude. Non, Bastien n’était pas un sorcier. Parce que s’il commence à envisager cette hypothèse, Maarten va avoir l’impression de souiller la mémoire de son meilleur ami. Et il va avoir envie de vomir. Il termine d’une traite la bouteille et s’en retrouve embarrassé lorsqu’il pose une question. Encore. Maintenant qu’ils sont là comme deux idiots, que vont-ils faire ? Lui, il a envie de fracasser cette bouteille, de s’ouvrir les veines et de regarder ce liquide carmin se répandre dans la pièce, pendant que sa chair s’occupera de se régénérer et de l’éloigner de la mort. Mais il sait qu’il ne peut pas, il sait qu’il n’y arrivera pas. Et Myla l’attend. Quelque part. Ailleurs. Avec Hope, l’espoir qui n’en est un que pour lui et pas pour Bastien. Putain. Le murmure n’est porté à ses oreilles que par les sens de l’animal. Boire, vomir, oublier…tout ça… Maarten ferme les yeux, s’appuie contre le mur. Boire, vomir, oublier… Boire, vomir, oublier. Il considère le cadavre de bière qu’il tient en main, la bouteille de Whisky que l’autre commence à finir. Ca va être leur programme, tout compte fait. Boire, vomir, oublier. Et tenter de recommencer à vivre, de continuer à survivre.

…pathétique… Oui. Ils le sont, pathétiques. Et si Morel rit, il faut bien avouer que Maarten trouve lui aussi quelque chose de comique dans cette situation désastreuse. Pathétiques, affligeants. Maarten ne rit pas, Maarten bougonne. Mais pourtant, là, il a envie de se fendre d’un ricanement, ce qu’il a de plus joyeux. Quelques pas, il récupère la bouteille de Whisky, en avale une longue gorgée qui lui brûle l’œsophage sans la moindre saveur. Des noms, des noms à haïr, voilà ce qu’il réclame. Et pourquoi ? Pour rien. Juste pour pouvoir diriger sa colère contre quelqu’un, juste pour pouvoir se regarder dans la glace sans se dire qu’il est le seul responsable de son état. Maarten est pathétique, et il le sait. Ses pas le reconduisent près de la fenêtre, s’écroulent contre le mur. Tu veux des noms à haïr ? Les Morel pour commencer avec le choix odieux d’abandonner leur propre enfant. Timothée Morel pour l’avoir espéré coupable d’avoir tué son amie, d’être un monstre, une erreur pi de l’avoir détesté d’être comme eux au lieu d’être comme moi… pour m’être trompé… puis… puis… tu as Maaaarten pour l’avoir abandonné tel ses parents mais aussi toutes ses connaissances…. Judi… non… elle c’est une victime du gouv…. C’est un fantôme qui siège sur ses lèvres. Le fantôme d’un sourire, un spectre déposé sans signe avant-coureur, conséquence de son ricanement, décadence de son être. C’est un fantôme lorsqu’il entend son nom déformé par l’alcool et l’accent. « Ca en fait une sacrée liste. » constate-t-il dans un demi-sourire étrange. Ca en fait une liste de gens à haïr, il ne sait même pas par qui commencer. Morel, Joen, ça, il maîtrise. Mais le Gouvernement, celui pour lequel il travaille, c’est vaste. Et ça inclut Myla. Ca incluait Myla. le gouvernement… eux… eux ils sont responsables. Ils sont coupables. Tous les partisans sont des noms à rajouter sur ta liste quitte à nous rajouter encore une accusation… Le gouvernement a tué Judith. Il a tué ses espoirs. Sa vie. Ils lui ont donné l’arme, la balle et …. Et nous on a laissé faire, on a participé …. Maarten ferme les yeux, serre le poing autour du goulot de la bière qu’il n’a pas lâchée malgré les quelques gouttes perdues au fond du verre coloré. Ils ont participé, oui. A la mort de cette Judith dont il ne sait rien mais qu’il comprend être liée, d’une manière ou d’une autre, à Bastien. Je suis venu pour le connaitre… Faut se rendre à l’évidence je n’étais rien pour lui et pourtant je suis comme toi, dans le même état… je ne sais pas qui il est, et celui que je me suis imaginé était surement loin de la réalité… Je suis comme toi. Maarten ouvre les yeux, fixe Morel qui a relevé la tête. « Non. » Une syllabe. Froide. Sèche. Brutale. Non, ils n’ont rien en commun. J’aurai aimé être moins con Maarten déglutit péniblement. « Ta gueule. » Ses muscles se contractent. Ses doigts s’agitent autour du verre, se serrent, l’emprisonnent et finalement hurlent : la bouteille traverse la pièce, heurte un mur pour se répandre en éclats minuscules. « TA GUEULE BORDEL ! » Sa colère était calmée, elle revient avec brutalité. « ARRÊTE, BORDEL ! Arrête… faut pas que tu fasses ça, Morel, faut pas que tu penses ça… » Maarten se décolle de son appui, détruit en quelques pas la distance qui les sépare.

Et comme plusieurs minutes auparavant, comme lorsqu’il a mis les pieds dans cet appartement, ses mains trouvent le chemin du col de Morel pour l’extraire du canapé et le soulever à quelques centimètres du sol. Il le secoue. Sans délicatesse, sans rien. « Il est mort, Morel. Bastien est mort. Fini. Et il peut pas revenir. » Il le lâche. Comme ça. Avant de se passer une main moite sur le visage. « Ecoute… » Il est bien mignon, le Néerlandais… mais il ne sait pas ce que Morel est supposé écouter. « … il est mort, c’est tout. C’est fini. Les sorciers sont des pourritures, alors il peut pas revenir. Et c’est comme ça. Faut pas avoir de regrets, j’pense que c’qu’on a de mieux à faire, là, c’est d’avancer. Se mettre sur la tronche, haïr ceux qu’on doit haïr mais surtout pas pleurer comme des gonzesses sur son cadavre parce que son cadavre… » Il crache, pour étayer ses propos, pour évacuer sa bile, pour dégager sa colère. « … parce que son cadavre, c’est pas lui. Bast’, c’est le mec qui m’a tiré vers le haut lorsque j’étais au fond du trou à patauger dans ma merde. Alors faut pas qu’tu dises ça, parce que ton frère il aim’rait pas qu’tu t’foutes en l’air à cause de lui. Un Morel de flingué, c’suffisant. » Il ne sait pas trop si c’est le Whisky, la fatigue, les bières, l’absence de Myla, un peu de lucidité ou le mélange de tout ça qui le pousse à parler. Tout ce qu’il sait, c’est que… « On n’a rien à foutre ici. C’t’appartement, c’est qu’un putain de mausolée. J’sais même pas ce que je suis venu foutre là, et toi t’as rien à y faire non plus. » Il donne un coup de pied dans le sac de Morel, entend le bruit clinquant des bouteilles d’alcool. Et donne un premier coup de talon dans l’ensemble pour faire exploser le verre et répandre le liquide. « On n’a rien à foutre ici. » Sa main tente d’attraper à nouveau le col de l’autre. Du gosse. Un pauv’gosse qui n’a rien demandé à personne et surtout pas d’enterrer son frère. Il le tire, il veut le pousser vers la porte d’entrée. Et il répète, comme pour s’en convaincre, comme pour faire rentrer ça dans le crâne du gamin : « On n’a rien à foutre dans ce tombeau de merde à la con. »




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MessageSujet: Re: A Brother is dead   Sam 31 Oct - 20:11


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J’avais un frère
J’aurai aimé pouvoir utiliser un autre temps mais la réalité est là. Si j’avais eu un frère celui-ci n’est plus. Il est enterré sans que je n’ai pu échanger les paroles d’un frère, d’un ami. Mes seuls mots furent accusateurs, incisifs et destructeurs. Je ne connais son existence que depuis quelques années et aujourd’hui alors que rien ne nous a vraiment permis de nous réunir, j’attends qu’il traverse la pièce. J’attends un repas familial qui n’a jamais eu lieu et qui n’aura plus aucun sens à l’avenir. Il était, au final, ma dernière famille et probablement la seule que j’aurai finie par apprécier. Je suis pathétique d’espérer ce dont je ne suis pas digne. Je me suis voilé la face en reportant ma colère sur un homme que je n’avais jamais vu et pourtant que j’ai reconnu sans aucune hésitant. C’est fini. Je ne le croiserais plus par hasard dans la rue, je ne l’espionnerais plus pensant le surveiller et mettre à jour son ignominie alors que je voulais seulement me rapprocher de lui. Je le sais. Je le savais depuis longtemps, depuis que je l’ai reconnu dans cette rue bondée : je n’avais rien contre lui. Pourtant… Je n’ai été qu’un con. Un parfait connard. Un lâche. Oui, elle avait peut être raison. Elle, ma mère, notre mère. Après tout n’est-ce pas nos parents qui nous connaissent le plus dès le moment où ils nous ont élevé ? J’imagine que oui. J’imagine que malgré l’éducation choisie, elle avait appris à me connaitre. Ses paroles sont peut être vraies. Je suis lâche. Je les ai fuis, eux et leurs volontés, eux et leurs espoirs, eux et la vie qu’ils me voulaient. Puis j’ai fuis la réalité. J’ai voulu les détester, eux, leurs espèces. Au final, n’y parvenant pas j’ai opté sur une haine portée à un frère innocent. J’ai espéré sa vie autant que j’ai détesté l’hypothèse de celle-ci. Quel con. Je n’ai cessé de m’accrocher à ce désir d’enfant : celui d’être aimé par mes parents. Il aurait pu être ce gosse, j’aurai pu être celui de la photographie. Il serait peut être en vie. Il aurait peut être fait le choix de m’accoster avec douceur ou de me laisser dans l’ignorance. Il aurait eu de l’empathie. TA GUEULE BORDEL ! Mon regard s’agite, fini par se poser dans le sien. Je l’avais presque oublié même si je vois pas comment j’aurai pu : sa tête de cleps abattu prend toute la place dans son appartement. Tout autant que son cimetière crachat comme s’il pouvait marquer son territoire. Je pèse l’intensité de son regard et n’est plus la force de lutter contre. ARRÊTE, BORDEL ! Arrête… faut pas que tu fasses ça, Morel, faut pas que tu penses ça… Que tu dis ? Que je fasse quoi ? Dire la vérité ? Mais mon pauvre, je n’ai pas cessé de la chercher sans vouloir la trouver. Sans la voir. Mon esprit s’est perdu avec une incroyable facilité. Je suis ce que je ne voulais pas être, ce que j’ai cherché à éviter. Ce que j’ai cherché à dénoncé dans le regard de mon frère alors que je lui annonçais son abandon. La vérité. La vérité n’est pas toujours bonne. Elle immobilise. Elle foudroie. Elle tue.

Sa main attrape mon col et me soulève. Je suis le pantin de cette réalité et m’imagine dans ma petite prison où aucun sentiment ne semblait m’atteindre. Douce prison. Trop douce. Je sens mon cœur s’évertuer à vivre alors que j’imagine le calme plat dans la cage thoracique de Bastien. Si seulement il pouvait passer la porte. Nous réveiller. C’est impossible. C’est impossible et je suis qu’un con qu’on agite tel un pantin. Ici. Au gouvernement. Dans l’arène. A boston. A Montpellier. Dans la cave de mon enfance. Je me revois à chaque fois prier pour ce que je répugne, espérer ce qui n’est plus possible. Depuis gosse. Elle m’avait pourtant prévenu, elle avait essayé de me faire comprendre. De m’ouvrir les yeux. Mais elle est partie avec ses fils, m’a laissé dans cette cave avec des parents aux allures de bourreaux psychologiques. Ils m’ont eu, à l’usure. Savait-elle que j’avais un frère ? Elle qui semblait savoir tout connaitre de la vie. Elle qui voulait me dire la vérité et me faire comprendre ce qu’elle implique. Son enseignement fut un échec. Elle est morte. Liam, Nolan aussi. Puis Bastien, cet inconnu si reconnaissable. Oui Maarten. Il est mort. Il s’est tué. Pire, s’est suicidé. Il a préféré te quitter. Quitter la vie. Il n’a jamais toqué chez moi. Il n’a jamais essayé. Jamais voulu.
Je n’étais rien pour lui mais lui, c’était mon frère.
..Faut pas avoir de regrets, j’pense que c’qu’on a de mieux à faire, là, c’est d’avancer… J’écoute la suite sans trop y prêter d’attention. J’ai compris. Il ne me parle pas. Il se parle, il se convainc. Il veut être celui qui oublie. Celui qui continue. Il veut se rassurer. Il veut être ce que nous ne sommes pas : forts. Aimons-nous assez la vie pour cela ? Ses yeux ne m’offrent pas de réponse. Ils s’agitent dans la pièce, ne parviennent pas à trouver un refuge comme ses paroles qui ne trouvent pas d’affirmation dans son être. Il le sait. Nous n’en sommes pas. Lui comme moi. Nous sommes loin de l’acceptation. Loin de l’avenir. parce que son cadavre, c’est pas lui. Bast’, c’est le mec qui m’a tiré vers le haut lorsque j’étais au fond du trou à patauger dans ma merde. Alors faut pas qu’tu dises ça, parce que ton frère il aim’rait pas qu’tu t’foutes en l’air à cause de lui. Un Morel de flingué, c’suffisant. Je sais. Je sais qu’il parle pour lui. Je sais qu’il essaye d’être celui que mon frère a aimé comme son frère. Je sais qu’il lutte. Je sais qu’il est comme moi. Je sais qu’il y croit à cette vérité sans parvenir à la graver dans son propre cœur. Oui, il faudrait se souvenir du vrai Bastien.. oui, il faudrait. Mais comment alors que je n’ai pas de souvenir de lui ? Si ce n’est celui de notre rencontre. Je ne sais pas qui il était. Un type bien apparemment. Lui, il le connaissait. Lui, il sait. C’est peut être pour ça que sa phrase me transperce et me guérit. Pas complètement, pas totalement mais juste assez. Elle me brûle. Pourquoi, pourquoi bon sang n’ait-il pas venu ? Je suis sûr que nous aurions pu être … des frères. Je suis sûr que mes barrières seraient tombées… elles l’étaient déjà. Oui. C’est stupide. Il s’est donné la mort. Il a refusé son propre souffle sur cette terre. Il a refusé l’avenir. Il a renoncé. Il a préféré se choir dans le passé. Pourquoi Bastien ? Pourquoi ? ….c’est qu’un putain de mausolée…de tes crachats……et toi t’as rien à y faire non plus.Je ne sais pas. Il a peut être raison, pourquoi m’être échoué ici ? Après tout je ne voulais que parler avec lui. C’est impossible. Je voulais qu’il vienne me voir. C’est trop tard. Je voulais lui dire la vérité et … c’est fini. C’est trop tard. Il a choisi un autre chemin, définitif.
Maarten explose le sac d’un coup de pied. Je vois le liquide se répandre et frissonne. De la transparence j’y vois le liquide rougeâtre, opaque de Bastien. Je l’imagine allongé ici ou près de son lit, dans la salle de bain. Je vois son sang. Je ne comprends pas. Pourquoi effacer l’avenir de son vocabulaire ? Pourquoi installer un point après son prénom ? Pourquoi préférer l’inconnu à la vie ? Je ne pense pas que la mort soit plus reposante. On n’a rien à foutre dans ce tombeau de merde à la con. Il article un peu mieux cette phrase comme s’il voulait lui donner la note d’une conclusion. Pourtant la conclusion c’est ce liquide sur le sang, c’est une vie qui est parti. C’est Bastien et un point final. Maarten a-t-il seulement raison ? Bastien était-il comme ça ? Aurait-il pu me pardonner au moment où sa vie l’a quitté ? Aurait-il pu vouloir ma paix plutôt que ma décadence ? Je ne parviens pas y croire. Je me déplace dans l’appartement tel une ombre, attrape le cadre brisé sur le sol et le contemple de nouveau. J’aurai juste aimé avoir le temps. Je me suis trompé. Tout ce temps. Le temps n’est pas en notre faveur, jamais. Les visages qui tournent autour de moi depuis ma première bière s’immobilisent. Me fixent. Je relève la tête et les regarde. Un sourire leur échappe. Ils marquent l’ironie du constat. Le temps leur a échappé. A eux comme à nous. Je me tourne vers Maarten, montre le cadre en agitant la main et m’avance vers lui. J’embarque ça et si ça te fou la rage, je te donnerai une croquette t’inquiète pas… Je passe à côté de lui avec un sourire que je ne comprends pas moi-même. Allons-y Je ne l’attends pas. Je descends les marches rapidement, aimerais me confronter à la foule, m’abandonner dans la vie. Me rappeler qu’elle est là à défaut de mon frère. Il est mort. C’est un fait. Il est mort. C’est fini.

C’est ma famille que tu as dans les mains, petit frère.

Je sursaute et pose mon regard sur lui. Bastien. Seul une pensée alcoolisée s’attarde: J’ai un frère. Qu’est-ce que tu vas en faire maintenant ? Tu es mort.




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Quiconque lutte contre des monstres devrait prendre garde, dans le combat, à ne pas devenir monstre lui-même. Et quant à celui qui scrute le fond de l'abysse, l'abysse le scrute à son tour. (⚡) Nietzsche
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A Brother is dead

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