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 Bonnie & Clyde (pv.)

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MessageSujet: Bonnie & Clyde (pv.)   Ven 2 Oct - 20:17



« And I've never known a girl like you before. »

Bonnie & Clyde
Sarabeth T. Sonenfeld & L. Maxim Rutskaïa

« - Eeeeeeh, mais j'suis censée faire quoi, moi ? » Mais je n'obtins qu'un claquement de porte comme unique réponse. La bouche entrouverte, tel un gosse ahuri qui goberait les mouches, je contemplai la silhouette de mon acolyte à travers la baie vitrée. Quelques cris retentirent. Les gens s'affolèrent. Une alarme s'excita rapidement. Je clignai des paupières à plusieurs reprises. Était-ce un rêve ? La carcasse d'une femme me percuta de plein fouet. Je remuai la tête. Non, j'étais bel et bien ancrée dans la réalité. J'agrippai le poignet de la fuyarde, la poussai subitement à l'intérieur de la boutique. A cet instant, les regards fusèrent en chœur vers moi. Un silence sépulcrale s'étendit. Que faire ? Bonne question. Ce genre de scène n'existait qu'à travers les séries télévisées devant lesquelles je me vautrais le soir. Je haussai mollement les épaules, peu sûre de la marche à suivre. J'en profitai pour affubler ma partenaire de fortune d'un regard peu satisfait. Il fallait toujours qu'elle se jette dans les emmerdes avec délectation. Parfois, j'en venais à me demander si elle ne le faisait pas exprès. Dans un sens, comment pouvait-on être si intelligente et agir avec aussi peu de considération ? J'avalai bruyamment l'oxygène qui semblait me manquer puis adressai un rictus maladroit à l'assemblée craintive. « - Personne ne sort d'ici tant qu'on ne l'a pas décidé. » Oh putain, quelle menace bourrée de clichés ! D'ailleurs, je ne pus contenir davantage mon euphorie. Je fis quelques pas vers Sara, tout en frappant mes paumes l'une contre l'autre. « - J'ai toujours rêvé d'dire ça un jour ! », lui chuchotai-je tapageusement. Et après, on s'étonnait que je sois un agent considérable du Gouvernement. Je mordis impatiemment ma lèvre. Autour de nous, les sourcils se froncèrent imperceptiblement. Personne ne comprenait réellement ce qui se déroulait. Entre nous, la crédibilité s'était quelque peu barrée. Pour le coup, je n'étais pas d'une grande aide. Je n'étais qu'une indic', qu'une nuée de mensonges et de belles paroles. Le terrain pur et dure ; ce n'était pas ma came. Un type tenta de se remettre sur pieds. Je m'approchai de lui, plissant très subtilement les yeux. « - Tu comptes aller où comme ça chéri ? » Je m'esclaffai intérieurement. Jouer les vilaines tortionnaires était assez drôle. Je n'étais pas certaine d'avoir parfaitement conscience des conséquences. Cette mise en scène m’apparaissait davantage comme un jeu. Et, j'étais une comédienne hors paire ! Du moins, en théorie. Le flingue de Sara attira rapidement mon attention, et je ne pus m'empêcher de lui souffler : « - C'était vraiment nécessaire ? » Et puis, pourquoi étions-nous dans cette situation déjà ?

C'était un jour comme un autre. Le soleil étouffait les corps humides, affaiblissait les méninges en ébullition. Les enfants s'exaltaient du week-end, jouaient dans les rues bondées. Les costards cravates défilaient, toujours à courir contre le joug accapareur de leur montre. Le Centre était une fourmilière géante. Il dégueulait ses ouvriers, comme une bouche dégoût vomirait un surplus d'horreurs. Une clope au bec, j'attendais Sarabeth au coin de l'avenue principale. Cette femme avait un sérieux soucis de ponctualité, mais je ne m'en formalisais plus. Depuis le temps que je la fréquentais, j'avais appris à apprivoiser son agaçante mais, néanmoins, pétillante personnalité. D'ailleurs, je l'apercevais au loin. Elle déambulait nonchalamment. Tout coulait sur elle. Son imperméabilité m'arracha un sourire sardonique. « - Salut M'dame. » Extérieurement, nous n'avions rien de similaire. Et, parfois encore, je me demandais ce qui m'avait poussé vers elle. Elle allait à l'encontre de tous mes principes. Pourtant, cette nana comblait un vide non négligeable. Silencieusement, comme souvent, nous arpentions les galeries. Entre nous, c'était une histoire corporelle. Pas besoin de se perdre en babillages dérisoires. Être l'une près de l'autre nous suffisait amplement. Je coinçai entre ses lèvres délicatement rosées la fin de ma cigarette, et me plantai face à une vitrine. « - Oh p'tain, regarde Hermione ! » Une bague pleine de diamants brillait de mille feux sur le présentoir. Mes prunelles s'illuminèrent d'une lueur émerveillée et enfantine. « - $ 4432.9723. Ça coûte la peau du cul, merde. » Je fis mine de bouder, mais la moue de Sara m'interpella. Je reconnaissais ce faciès malicieux. Ça puait. « - Hermione ?... » Pas manqué. Elle s'engouffra dans la boutique en beuglant comme une truie.

Ah oui ! Le truc me revenait en tête. Tout ce bordel pour un foutu bijou. Bon, en même temps, il était plutôt sympa ce caillou. Je gloussai avec malice, tandis que je divaguai entre les corps affalés contre le sol. Ni une ni deux, j'attrapai cette fameuse bague qui m'avait fait de l’œil quelques minutes plus tôt pour la coincer à mon annulaire. « - Yeah ça claque ! » Je brandis mon poignet sous les gueules interloquées de nos pauvres larrons. « - Bon. On fait quoi maintenant ? » Subitement, je me sentis con. Au loin, les sirènes résonnaient en un tempo affolant. Mes patrons ne seront franchement pas enjoués de cette petite escapade criminelle. Prise d'une agitation soudaine, je reculai vers la seule porte de sortie qui me fixait. Mon talon rencontra un obstacle indistinct, alors qu'une plainte douloureuse fit écho à ma surprise. Je secouai hâtivement les mains. « - Oh merde. J'suis désolée ! » Comme braquage, on avait définitivement connu plus impressionnant.

 

 
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MessageSujet: Re: Bonnie & Clyde (pv.)   Sam 3 Oct - 13:33

« I wanna hide the truth, I wanna shelter you. But with the beast inside, there's nowhere we can hide. No mattert what wee breed, we still all made of greed. This is my kingdom come »
It's Where My Demons Hide
Putain. Seul mot qui lui monte au cerveau quand elle voit cet énorme bijou bien trop cher. Ce monde la sidère de plus en plus, si bien qu'elle a envie de gerber. L'argent a pris une importance qu'elle pensait enterrée à jamais, et dire que malgré tout le bordel que peu créer une pauvre monnaie, les mortels s'évertuent encore à l'utiliser. Quelle bande de cons. Quelques pierres précieuses et voilà que les nombres grimpent comme une flèche en pleine vitesse. Mais comment pouvait-on simplement espérer atteindre la cible sans avoir un seul billet en poche ? Ouais, faut s'y résoudre, le luxe c'est soi-disant réservé aux riches, du moins c'est ce que tout le petit peuple entend et apprend en grandissant. Quelle belle brochette de pathétiques moutons qui suivent toujours les règles et la morale. Comme s'ils allaient réussir leur vie, à ce train-là, en espérant qu'ils pourront s'acheter ce pauvre machin qui ne sert à rien dans quelques années, avec une promotion qu'ils ne verront jamais. C'est beau l'espoir. Mais c'est cancérigène.

Max' aime trop le luxe. Sarabeth ne comprend toujours pas comment elle fait pour rester avec elle, alors qu'elle n'a que dalle à lui offrir, à part un peu de coke quand la nuit tombe. Tu parles de trucs de bourgeois. Parfois, la gamine lui fait pitié, elle a envie de la secouer en lui disant de dégager de ce trou à rats, pourtant elle dit rien, elle peut pas s'en débarrasser comme ça. Elle adore trop sa présence, même si elle le dit pas non plus. Mais elle aime bien lui prouver qu'elle peut lui offrir plus qu'un matelas dégueulasse. Un peu d'adré', de temps en temps, elle sait que Maxim kiffe. Sauf que là c'est pas le même genre de rail qu'elle va se faire.

Sarabeth est un peu impulsive, parfois elle réfléchit pas, mais ça ne veut pas dire qu'elle est imprudente. C'est peut-être pour ça qu'en entrant dans le magasin, elle tremble pas, elle frissonne pas, elle est juste calme. Elle observe quelques secondes les gens qui se croient tout permis se pavaner devant les vitrines, en quête d'un truc qui montrera encore plus qu'ils ont de la tune. Ça suffit à l'agacer. Connards. Elle sort le flingue qu'elle a toujours sur elle quand elle sort, on sait jamais, avec toute cette merde autour d'elle. Au moins, quand elle vole, tout le monde l'écoute direct et fait ce qu'elle dit. C'est un avantage considérable. Elle pointe le truc sur les corps qui s'agitent soudain. Pas besoin de faire de longs discours pour qu'ils comprennent ce qui arrive. Ils beuglent leur panique. Ah, ils ne s'attendaient pas à ça, hein ? Sarabeth aime un peu trop la panique qui s'élève, mais elle ne sourit pas. Faut garder son sérieux dans ce genre de situation. Une connasse fuit, derrière elle, et finalement elle revient avec Max'. Elle a mis du temps à percuter, mais au moins elle a pas fui. Ça, c'est cool.

L'alarme assourdit tout le monde. Max' lui lance un regard insatisfait, mais Sarabeth ne lui répond pas. La gamine fait toujours la gueule au début, après elle s'extasie, et après encore, elle a ce qu'elle veut alors elle est contente. Habitude. Elle sort une phrase à deux balles, mais elle ne renchérit pas. Voilà qu'elle aime déjà ce qu'elle fait. Ça a pris deux secondes pour qu'elle arrête de faire l'innocente. Être hors-la-loi, elle adore, c'est comme ça.

« Le flingue, ça rend les gens moins fuyards et donc bien moins cons. »

Les gens par terre disent plus rien. Il y en a un qui demande ce qu'elles veulent, vu sa tenue c'est un employé. Sarabeth lui assène un « Ta gueule. » et il ferme sa gueule. Bien obéissant. Max' prend ce qu'elle a envie de prendre. La flingueuse, elle, prend rien. Les bijoux, elle s'en tape. Une sirène lui souligne qu'elles auront les flics au cul dans pas longtemps, mais ça ne l'inquiète pas non plus. On dirait que rien ne l'inquiète de toute façon.

« T'as rien d'autre à prendre ? »

Max' fait son petit marché, pendant que Sara' observe les lieux. La porte de sortie est derrière elles, c'est la seule, mais peu importe. Elles sortiront par là, puis c'est tout. Un pauvre type lui arrache un léger sursaut quand il essaie de la faire valser. Il n'a pas eu le temps, dès qu'elle a senti sa poigne sur sa cheville, elle lui a plaqué le flingue sur l'oreille.

« Tu veux devenir le super-héros mort le plus rapidement de l'histoire ? »

Il la lâche en levant une main au ciel. Il fait l'innocent alors que deux minutes avant il voulait se la faire. Faiblard. Sarabeth entend les pneus qui crissent devant. Les flics sont là.

« On dégage. »

Elle recule, le flingue toujours bien en évidence. Jusqu'à la porte où elle s'arrête. En deux secondes elle fout l'arme dans les mains de Max', qui visiblement ne sait pas quoi en faire.

« Tu pointes et t'évites de butter quelqu'un. J'ai besoin de m'concentrer 2 s'condes. »

Elle ferme les yeux alors que le mégaphone dehors leur fait comprendre qu'elles n'ont aucune chance. Ça fait stresser. Mais ils ne savent pas à quoi ils ont affaire. Ils vont, comme toujours, se sentir juste très cons.

Fiche par Sánsa ; sur Never-Utopia
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