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 Bobo & Bipolarité [Enya]

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MessageSujet: Bobo & Bipolarité [Enya]   Sam 3 Oct - 16:26


« Il n'y a pas de génie sans un grain de folie"



Bobo & Bipolarité
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La terre tourne sous mes pieds. Elle s’élance de gauche à droite avec l’étrange désir de tous nous faire tombé. Elle joue avec nous. Nous rappelle qui nous sommes : rien. Elle change nos dernières certitudes et à cet instant, elle s’attaque à mon équilibre par un coup de vent bien plus frais et puissant que ces deux dernières années. Je dérape. Mon élan se casse, comme mon corps. Comme la tête. Quelque chose d’invisible m’empêche de reprendre mon royaume. Tout comme l’action que la terre effectue sur notre monde, mon cerveau agit sur mon corps. Il ne le soutient plus. Elle ne soutient plus l’humain. Lorsque mon être glisse le long du grillage, j’ose espérer atterrir sur un canapé abandonné mais c’est une poubelle qui me réceptionne. Mon cri perce le silence de ce début de soirée. Un silence qui n’a plus rien de naturel, les habitants ont peurs. La peur, la colère, la rage, le soulagement…. Toute une succession de sentiments qui résume ces derniers mois. Qui résume l’espoir d’un peuple désireux de survivre avec dignité. Au final, l’alliance nous a offert ses nouvelles règles. Pourquoi condamner la consommation d’alcool –entre autre- alors que le temps s’y prêtait si bien ? Nous avons tous perdus un voisin, un ami, une famille…nous même durant ces derniers mois. N’avons-nous pas le droit de nous recueillir un petit peu autour d’un verre salvateur ? Non. Le prix d’un verre n’a jamais été aussi cher. Pas depuis la dernière prohibition…et elle date un peu je vous rappelle. Je n’étais ni sur ce continent, ni né, ni même en prévision ni….rien du tout. Je reste un moment le cul dans une beine à ordure et observe les étoiles. Une chose que j’ai appris à apprécier de ce nouveau monde : le ciel. Il ne me semble pas avoir aussi bien son schéma que depuis la fin de l’ancien monde. Même ici, au fin fond d’une poubelle dans une ruelle déserte je peux observer, apprécier, compter, rêver et disparaitre parmi l’immensité dévoilée. La ville n’allume plus tous les lampadaires, c’est une chance qui m’évite de sortir de notre toute nouvelle cage.

Je grimace en tentant de me redresser. Je ne suis pas tombé de haut mais cela suffit à éveiller mes blessures. Je fronce les sourcils, passe une main sur mon flanc. L’effleurer m’offre un nouveau coup de poing. Je revois le brouillard de la révolte, je ne vois pas le visage du shadow qui m’a valu la plaie…ils se ressemblent tous. N’est-ce pas un de ses collègues qui m’a valu les premiers hématomes de l’autre côté ? Stain. Je grimace. Encore un que je ne parviens pas à comprendre bien que mes poings serrés m’indiquent un fort ressentiment à son égard. « Ressentiment »…je le déteste clairement en fait. Je secoue la tête, tente de disperser mes souvenirs diffus des derniers actes de rébellions des habitants avant de me redresser. Je m’équilibre comme je peux, me rattrape à la beine lorsque le vent me frappe. Je me fais l’impression d’une herbe face à une tondeuse. Bref. Je m’extirpe avec autant de grâce qu’un unijambiste saoul au milieu d’un ballet de casse noisette. Regardant de nouveau la beine, je laisse échapper un rire. L’autodérision offre un peu de guérison. Juste un peu car les spasmes de mon rire me font immédiatement grimacer : des soins c’est bien aussi. Je marche doucement vers la rue principale. Rentrer chez moi à pieds, en marchant, me semble ma meilleure option pour le moment. J’approuve ma décision d’un hochement de tête et entre dans la rue que je longe avec un pas hésitant. Mon bras entoure mon flanc, ma main presse ma plaie. Je sens rapidement un liquide chaud sur mes doigts. Du sang. Par-fait. Je tente d’accélérer le pas. La révolte m’a permis de prendre le temps de me faire une petite infirmerie personnelle : élément essentiel vu la rapidité avec laquelle je me retrouve dans ce genre de situation. Oui, je me désespère mais ce n’est pas pour autant que ma raison prendra le pas sur mon incroyable talent à ouvrir ma bouche. Je soupire. Secoue la tête. Grimace et serre la main ce qui me fait grogner. Et en prime je suis con. Très con apparemment. Morel.. ?? Morel ? c’est toi ? Ca va ? Je mets un certain temps avant d’additionner 1+1 et me trompe même dans le résultat. Je me retourne. Martinez ? Rod ? Qu’est-ce que tu fais ….par ici ? Tu vis pas de l’autre côté de la ville ? Je grimace, m’appuie contre une borne à incendie l’air de rien et cache ma main pleine de sang. Le jeune homme hésite, dandine d’un pied sur l’autre. Je comprends. J’hoche la tête. Ok… rentres chez toi vite fait avant qu’on te trouve… Cela ne fait pas plus d’une semaine que l’alliance nous a sorti ses nouvelles lois mais les conséquences se sont déjà vues. Et même si leur nouvelle « arène » n’est pas encore en fonction elle ne tardera pas à l’être. Le jour où ce sera le cas… passons. Mon visage s’assombrit davantage. Je me redresse, reprend ma route et m’arrête dans mon mouvement. Un pic de douleur flagelle mes sens. J’ai envie de m’allonger. Juste un peu. Je sens mon genou se poser sur le sol mais il n’y reste pas longtemps. Quelqu’un passe un bras autour de ma taille et un des miens sur son épaule. Ma main gauche reste sur ma plaie que je compresse mollement. C’est plus son bassin contre le mien qui fait tampon. Quel idiot. S’il se fait prendre…. Il est éméché. Rod...laisse.. Il refuse avec fermeté. Je ne le voyais pas faire un jour preuve d’autorité : tout peut arriver. En même temps ça fait plusieurs jours qu’il me bassine pour que j’aille voir un médecin et que je lui affirme y être déjà allé. Mensonge évidement. Je prends sur moi, m’appuie moins sur lui, tente de marcher par moi-même. Il ne lâche pas pour autant et m’entraine sur le chemin de l’hôpital. Un instant je me surprends à apprécier sa proximité de notre position. Moi qui ne voulait pas du tout mettre les pieds la dedans. D’autres ont plus perdus que moi et puis, très franchement, je ne pouvais pas affirmer avoir en confiance en qui que ce soit dans ce bâtiment. Sauf peut être Celian. Comment va-t-elle d’ailleurs ?

Devant le bâtiment, je me dégage de sa poigne et le pousse avec une force presque retrouvée. Je peux marcher. Oui. Ce n’est qu’un malheur cout de couteau, profond et large. Ce n’est qu’une plaie dont les points faits maisons ont pété. Ce n’est qu’une conséquence. C’est bon ! Rentre j’t’dis… j’y vais…oui …j’y vais…aller ... rentres chez toi. Il hoche la tête. Je lui réponds par la similaire et me décide à passer les portes des urgences avec un pas mal assuré. Je passe ma main gauche sur ma tête y laissant un peu de sang. Un groupe de médecins et d’infirmiers discutent. J’ai mal à la tête mais je vois très bien le groupe se dissoudre avec une vivacité retrouvée. Ok. J’aurai mieux fait de rentrer chez moi… les soins auraient été du même niveau. Un visage. Ou plutôt un amas de cheveux se redresse de l’autre côté de l’accueil. Lorsque ses yeux se posent sur moi, se tourne vers l’absence de ses collègues et que la compréhension se fait dans sa petite tête j’opte pour un sourire. Je crois qu’il va falloir travailler votre réactivité… J’hausse les épaules, grimace et me laisse tomber sur une chaise abandonné. Je détaille l’espace et devine les traces d’un ouragan de blessé. L’accalmie ne sera pas la sienne. Votre fardeau s’appelle Timothée… enchanté…






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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Mar 6 Oct - 21:56


« Welcome to the real world »



Timothée & Enya
featuring

Encore une longue journée. Elles l’étaient toutes en ce moment. La nouvelle alliance été née dans la violence et la douleur, la révolte résistante avait fait beaucoup de dégâts, la nouvelle prohibition amenait quelques problèmes qui n’existaient pas jusqu’alors, et l’hôpital était encore en effervescence. De nombreux patients arrivaient tous les jours, et je me demandais où l’on trouvait, nous le personnel soignant, toute cette énergie pour les accueillir et les traiter comme il se devait. La journée touchait à sa fin, et j’avais arrêté de compter les patients que j’avais vus. Je n’aspirais qu’à une chose : finir mon service et rentrer chez moi. D’ailleurs, l’heure approchait, et par chance, l’hôpital était quasiment désert. Je serais bientôt sortie d’ici. Enfin, c’est ce que je m’imaginais.
J’étais en train de remplir les dossiers d’admission des derniers patients, derrière le comptoir. J’entendais, de façon lointaine, un groupe d’infirmières qui discutaient des dernières nouvelles à quelques mètres de moi. J’aurais dû me douter que quelque chose clochait dès la seconde où je ne les avait plus entendues, mais j’étais tellement absorbée parce que je faisais que je mis plusieurs secondes à me rendre compte du silence soudain. Avec un mauvais pressentiment, je levai la tête, pour voir que les infirmières avaient déserté le hall. A leur place se tenait un jeune homme, seul, pâle comme la mort, et qui se tenait le flanc, les doigts rougis de sang. Il semblait vraiment mal en point, mais me sourit malgré tout avant de s’asseoir. Il se présente comme étant Timothée, tandis que je reste quelques secondes sur place, le temps que mon cerveau assimile la dure réalité : je ne suis pas prête de sortir d’ici. Mon instinct médical reprend vite le dessus, et je me précipite vers le jeune homme. D’un geste net, mais doux, j’enlève sa main du flanc pour examiner rapidement la blessure, avant de lâcher un juron.

« Bon sang, Timothée, depuis combien de temps avez-vous ça ? Vous auriez dû venir bien avant ! »

Je lève les yeux vers son visage ; il est encore plus pâle de près que de loin. Je pousse un soupir, luttant un peu plus contre la fatigue, et me redresse.
« Vous pouvez marcher encore un peu ? Je vais vous mettre sur un lit, venez, je vais vous aider. »
Je le tiens par la taille, faisant attention à ne pas toucher sa blessure, et nous allons ainsi, clopinant, vers un lit – Dieu merci proche du hall. Je l’installe, souffle encore. Décidément, mon karma est assez pourri en ce moment. J’ai dû être une personne horrible dans ma vie antérieure.

Timothée aussi, ceci dit. Je ne sais pas lequel est le plus à plaindre. Vu d’ici, il a été blessé il y a plusieurs jours et a laissé la plaie s’infecter.
« Vous pouvez enlever votre t-shirt ? Je dois examiner votre plaie de plus près. Et la nettoyer. Elle m’a l’air d’être en piteux état, vous allez rester ici un moment je crois. Vous avez quelqu’un qu’on peut appeler pour le prévenir ? »
Je me ferais un plaisir d’appeler un proche pour lui dire que son ami Timothée était un inconscient qui mettait en danger son propre corps en ne venant pas à l’hôpital. Les gens ne se rendaient pas compte, et après ils arrivaient comme une fleur, et c’était aux gens comme moi de réparer les dégâts, au lieu de rentrer chez eux manger un bon plat chaud.



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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Dim 11 Oct - 17:38

Un fardeau. Un terme intéressant pour le décrire. Je le trouve plutôt bien trouvé, j’aurai presque tendance à considérer que je suis un fardeau pour moi-même. Une pensée étrange mais qui a plus de sens qu’il n’y parait. La simple cause de cette blessure en est une preuve. L’idée de me faire poignarder par un quelconque collègue n’était pas vraiment lumineuse, ni même volontaire. A la base j’espérai pouvoir limiter la casse, éviter que certains ne tombent pour un renversement étatique qui au final, n’a mené à rien de positif. Ou si, une chose, la fin d’une révolte dans laquelle le gouvernement n’avait que l’embarras du choix pour justifier l’utilisation des armes et d’anéantir toutes les personnes qu’ils voulaient. Ce n’est certainement pas l’entente passée avec certains des rebelles qui ont changés quoique ce soit. D’ailleurs, qui sont ces types ? Comment peuvent-ils vraiment parler au nom de la résistance alors que celle-ci est si éclatée ? Ce n’est certainement pas la révolte qui a créé les différents groupes contrairement à ce que l’alliance veut faire croire à la population. Bref, mon esprit divague. Pour changer. Je sens la rancœur s’accrocher à moi avec tenacité mais cela n’est pas sans me déplaire, j’ai vaguement l’impression de pouvoir ainsi vaincre mes craintes. Il est peut être temps d’affronter mon frère, d’affronter le gouvernement. L’un comme l’autre n’a rien de bon et le sentiment d’être souvent un fardeau pour moi-même, pour ma survie, ne m’aide pas particulièrement à faire preuve de courage. Se jeter sur un shadowhunter pour aider une bande d’ado n’a rien d’héroïque, c’est juste stupide. Stupide, dangereux et douloureux en plus de ça. Je ris entre deux grimaces et la voit s’avancer vers moi d’un pas rapide. Le désespoir a su faire place à un peu de professionnalisme. Je suis presque déçu que ce ne soit pas mon humour si exceptionnel qui l’ait décidé à m’aider mais juste son job. Elle déplace ma main, je grimace, me contracte alors que ces doigts gantés touchent ma plaie. Veut-elle ma mort ? Bon sang, Timothée, depuis combien de temps avez-vous ça ? vous auriez dû venir bien avant ! …Juste assez longtemps pour que vous puissiez me soigner en me réprimandant … Je lui offre un nouveau un sourire, essaye de garder contenance à mesure que la douleur s’infiltre. Je n’aurai pas cru qu’un simple couteau me transporterait au sein de cet hôpital, dans cet état qui plus est.

Elle se redresse, soupire. Elle est parfaitement désespérée et le regard que je tente de lui transmettre s’échoue entre deux respirations. Ok. Je ne suis peut être plus assez frais et dispo pour draguer…si tant est que je sois doué dans le domaine… c’est mal de se moquer d’un homme à terre. Vous pouvez marcher encore un peu ? Je vais vous mettre sur un lit, venez, je vais vous aider. … un marathon si ça peut vous aider… Je secoue la tête, me redresse en m’appuyant sur la chaise et accepte volontiers le contact du médecin. Ses cheveux chatouillent mon visage et mon cou pendant qu’on clopine –loin du marathon c’est certain- jusqu’à un lit. Un trajet que j’aurai bien voulu faire dans une autre situation et ce avec plaisir, pour d’autres raisons également d’ailleurs. La fatigue s’accordait avec le naturel, difficile à première vue de trouver sexy quelqu’un ayant fait assez de garde à la suite pour être considéré comme un spécimen survivant à étudier. Pourtant… pourtant sa crinière déstructurée malgré le chignon et le regard qu’elle porte sur moi, ne me déplait pas. Désinvolture, ras-le-bol, fatigue et un certain professionnalisme font des miracles au même niveau que l’endorphine que mon corps offre un instant à mon esprit. Ou l’inverse. Je ne sais plus. Je crois que mes cours de biologie et d’anatomie remontent à trop loin, à moins que ce soit mon cerveau qui ne parvienne pas à attraper la bonne information. Ce qui, au fond, ne m’étonnerait pas plus que ça.

Elle soupire encore, me regarde. En fait, c’est peut être l’uniforme… Vous pouvez enlever votre t-shirt ? Euh.. J’attrape un pan du tee-shirt, soulève mon épaule, m’arrête. Elle continue de parler. Je dois examiner votre plaie de plus près. Et la nettoyer. J’attrape le ciseau posé sur la charrette roulante et découpe le tissu. Pour une raison que j’ignore, j’abandonne l’idée de faire mon caïd. Elle m’a l’air d’être en piteux état, vous allez rester ici un moment je crois. Un moment ? C’est que…vous m’appréciez …déjà … Je souris, secoue la tête et pose mes mains sur le lit derrière moi. Vous avez quelqu’un qu’on peut appeler pour le prévenir ?

Bastien, mon fr…Je m’arrête, hausse les sourcils en me rendant compte de mes paroles. Depuis quand sommes nous assez proche pour qu’il devienne ma référence hospitalière ? Comme si d’une part, il pouvait avoir une importance quelconque et d’autre part avoir un intérêt de mon état. N’est-ce pas lui qui n’a pas tenté de me recontacté ? Je lui ai laissé ce choix, et celui qu’il a fait n’est apparemment pas de faire face à la vérité. Je ne comprends pas vraiment pourquoi ma pensée s’est tournée vers lui. Il n’y a aucune raison. Je veux bien qu’on associe cette question à la famille, c’est inconscient… tout comme les mots prononcés. Pourtant le sens à leur accorder devrait être plus consciente et je ne suis pas apte à y penser pour le moment. Par contre, me dire que j’aurai pu vouloir contacter n’importe qui d’autres, ça j’ai l’occasion. Euh.. non… personne, ça ira ce n’est qu’un coup de couteau. J’imagine que vous avez vu pire comme m… Je fronce les sourcils. Me revoilà bavard. Je détourne le regard et ne prête plus attention à ses gestes. J’aurai pu dire, je ne sais pas… euh… Jordan ? bien que mon dernier véritable souvenir d’elle s’apparente à une « amie », je ne sais que penser… qui est-elle dans ce nouveau bureau ? Non, pas Jordan elle serait trop curieuse en prime. Lawrence ? Il a disparu. Joan ? C’est un mystère autant elle que ma relation avec. Je ne peux pas nous qualifier d’amis et je crains qu’elle ne pose à son tour trop de questions. Elias, Azra ou encore mes collègues de bureau ne me sont pas assez proches. Celian. Oui, Celian est une amie proche. Une relation improbable mais importante. Mais… mais je ne l’aurai pas contacté non plus. Après hors des connaissances et des personnes qui seraient ravies de me savoir à l’hopital, il n’y a plus grand monde en particulier depuis leur décès. Loon. Judith. Je m’assombris puis secoue la tête. Reviens dans la réalité. Du coup… qui a le privilège de me soigner ? Subtilité et originalité : 0.

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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Ven 16 Oct - 0:23

Une chose est sûre, Timothée a de la répartie. Il ne peut s’empêcher de répondre à toutes mes remarques, avec une pointe d’humour. Au moins, il rit de la situation, au lieu de gémir et de se plaindre, ça me change de la majorité des patients. Il arriverait presque à me dérider. D’ailleurs, je crois qu’il joue un peu la drague avec moi. Je lui dirais bien que ce n’est clairement ni l’endroit ni le moment, et qu’il est loin d’être sous son plus bel angle avec sa plaie infectée et sa peau pâle comme un cachet d’aspirine, mais au fond c’est plutôt mignon. Un peu maladroit, mais mignon. Non pas que j’étais vraiment intéressée, j’avais autre chose à faire que d’entamer une ronde de séduction. Comme par exemple, soigner un patient. Alors je me contentai de sourire à ses remarques, discrètement, gentiment. Pendant que je prépare mes instruments, du coin de l’œil je le vois déchirer son t-shirt ; il y va par les grands moyens. Bien, ce sera plus facile pour moi.

« Euh.. non… personne, ça ira ce n’est qu’un coup de couteau ». Je me retourne vers lui et hausse un sourcil. Juste un coup de couteau, c’est une façon de le dire. Est-il sérieux ? Ou ne se rend-il juste pas compte de la gravité de son état actuel ? Y’a pas de « juste un coup de couteau », il est blessé, au bord de l’état critique. Je me retiens bien de lui dire tout cela, me contentant de plus succinct. « Bien, comme vous voulez. »

Je retourne à mes instruments, non sans un coup d’œil à son torse désormais nu. Timothée n’est pas seulement bavard, il est aussi plutôt bien foutu. En fin de compte, peut-être ai-je de la chance ? Ma morosité des premières minutes semble s’évaporer peu à peu, et je me met à me dire que j’ai bien fait de rester derrière ce comptoir. Ou c’est juste la fatigue qui parle et qui compense en ne voyant que les bons côtés. Je ne suis pas une adolescente en chaleur, quand même. Je suis une professionnelle, des bouts de chair j’en ai vu des tas. Celui-là n’est pas bien différent. A part qu’il est à mon goût.

« Du coup… qui a le privilège de me soigner ? » Je me retourne, coton imbibé en main, et penche légèrement la tête sur le côté, sourire en coin. Il continue son petit numéro de charme. Je devrais peut-être le rabrouer, je ne suis pas d’humeur. Mais en fait, non, je vais le laisser continuer, ça me plait bien. C’est…divertissant. « Vous voulez dire, par qui avez-vous le privilège d’être soigné plutôt, non ? Je vous rappelle que vous êtes mon fardeau ce soir. »

Je me penche et commence à appliquer le coton afin de nettoyer grossièrement la plaie, voir à quel point c’est infecté. C’est dommage, d’abîmer un corps joliment constitué. Le laisser se dépérir de la sorte, c’est quasiment une hérésie. Je grimace un peu, puis répond à la question.
« Je suis Enya. Et je suis dans l’obligation de vous prévenir que je ne suis qu’interne. Même si, normalement, je ne devrais pas vous faire pire que votre état actuel. C’est bien infecté quand même. La prochaine fois que vous avez « juste un coup de couteau », pensez à venir tout de suite, ok ? Je vais arranger ça en attendant. »

Je saisis mon désinfectant, en imbibait le coton, et reportai mon regard vers Timothée. Mon sourire se fit plus franc et malicieux. Bon sang, j’étais en train de perdre pied, je me laissai prendre à son jeu stupide. J’avais vraiment besoin de sommeil.

« Ca va piquer. Mais vous avez connu pire, pas vrai ? ». Et sans attendre de réponse, je m’appliquai à nettoyer la plaie. C’était vraiment moche, il allait en pâtir pendant des jours et il y aurait besoin de venir changer le pansement. Mais je lui annoncerai les réjouissances à venir plus tard. Peut-être même que je pourrai m’occuper de lui pour la suite, qui sait ? Après tout, les collègues m’ont bien laissé tomber sur ce coup, c’est mon patient. Dans d’autres circonstances, à une autre heure, je serais peut-être ravie d’être son médecin attitré.

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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Mer 21 Oct - 23:10

Je ne suis pas sûr d’être apte à être subtile ou à rechercher une quelconque subtilité à chaque mot sortant de ma bouche. Pas aujourd’hui. Pas cette nuit. Pas ici. Qui a le temps pour ça ? Qui a le temps à l’hopital de considérer ses propos ? De les mesures ? De jouer avec son masque en se satisfaisant de passer pour ce qu’il n’est pas. Je n’ai pas envie. Ou peut être que si, mais n’en ai tout simplement pas la force. Ne suis-je pas dans un hôpital ? Qui se soucie de qui je suis ? Je ne le sais pas moi même si ce n’est un malade ou, pour elle, un abruti avec une plaie immonde sur le flanc droit. Je souris. Non seulement pour le simple fait d’accepter cette évidence mais aussi pour ce calme qui chatouille un bref instant mon esprit. Ne plus soupeser ses paroles, ses gestes, ses envies… Bon sang, ça fait du bien. Je prends alors toute la mesure de cette dictature que je m’inflige, comme la plupart des gens dans ce monde. Je secoue la tête. Faut-il être blessé pour « pêter un coup » ? Est-ce l’hôpital qui nous oblige à ôter une partie qu’on pense -ou qu’on espère- être nous ? Ce sanctuaire de la vie et de la mort. De l’espoir & de la fatalité. De l’envie & de la résignation. De la peur & du soulagement. Du courage & de la crainte. De l’inquiétude constante, puissante, indomptable. L’horreur côtoie le miracle dans ses murs. Chaque sentiment apprivoise son opposé pour mieux le détruire, l’annihiler, l’investir. Le patient souffre, craint, espère, culpabilise, pleure, espère…espère… Espère que ce n’est rien. Espère vivre. Il jure aussi, bien souvent. Il se remet à un dieu qui jusque là n’était pas le sien. Tente de renouer des liens dans un cri désespéré puis vient les autres, ses proches. Même schéma. Même question. Même espoir. Même peur. Tout un bordel dans lequel on révèle ce que nous sommes, ce que nous ne pouvons être et ce qu’on aurait aimé être. On laisse tous nos travers éclater mais aussi toutes nos craintes. Nous ne sommes plus courageux, grand, fort, intelligent, rusé, stoïque, désabusé… Non, plus rien de ça. Nous sommes Autre.

Au milieu toutefois, ils existent ces gens en blouse blanche ou rose. Eux ils sont un mystère oscillant entre stérilité affective, compassion et dégout. Ils sont à la fois les sauveurs et les bourreaux. Ils s’exposent uniquement sous la pression, pour certain du moins, d’autres sont plus des robots. Mes yeux parcourent le visage crispé de la jeune femme. Jeune, oui. Elle n’est pas plus âgée que moi, semble plus jeune d’ailleurs. Bien plus jeune à moins que ce soit une spécificité de ses gènes comme les miens qui ont jugés bons de me faire le visage d’un ado pour le reste de ma vie. Je lève l’autre bras, gratte ma barbe, repose ma main. Qui est-elle ? A quoi aspire-t-elle ? Et avant tout ce bordel ? Où se situe-t-elle dans tout ce meeting point de sentiments diffus ? Vous voulez dire, par qui avez-vous le privilège d’être soigné plutôt, non ? Je vous rappelle que vous êtes mon fardeau ce soir. J’élargie mon sourire mais le laisse dériver sur une grimace alors que le coton touche les bords de la plaie. Je ne suis pas superman. C’est prouvé. Un gentil…docil…fardeau, non ? Surement le meilleur depuis des jours… j’suis…sûr Mes yeux clignotent en écho à mon corps qui se contracte. Je bande les muscles avec stupidité, soupire. Lorsqu’elle se remet à parler, je parviens à lui sourire désireux de la remercier. La remercier de détourner mon attention alors qu’elle s’applique davantage à me faire grogner –ce que j’évite de faire par ailleurs, je ne m’appelle pas Maarten-. ..Enya… qu’interne... je ne devrais pas vous faire pire que votre état actuel…. Simple coup… Je finis par hausser les épaules et soupirer longuement. Ma main droite s’est refermée sous la forme d’un poing que j’applique à comprimer. J’articule alors avec plus de facilité. J’ai déjà vu pire. Interne ? C’est pas grave… j’ai le goût du risque mais… ne mettez pas des points …du mauvais côté… Je ris avec le souvenir d’un interne m’ayant platré le mauvais bras lorsque j’étais enfant. Je parviens assez rapidement à réprimer mon rire et poursuis dans ma lancée. Enya donc… enchanté… même si, un café aurait…été plus convivial… mais moins funky je vous l’accorde…

Le désinfectant. Je n’ai jamais eu de problème avec mais un regard vers le contenant et une grimace s’empara de mon visage. Faut croire qu’il n’avait plus de lotion sans alcool. J’étouffe un grognement dans un soupire alors que mes avants bras lâchent soutenus, in extrémis par mes coudes. Enya ne semble pas s’en démonter et réitère l’opération avec un sourire. C’est qu’elle apprécie la torture… Je la suspecte alors de faire parti de ces médecins qui chassent les plus belles blessures et se vengent sur le premier patient venu lors d’insatisfaction. Je suis … pas sûr que vider… le contenu sur moi était… franchement nécessaire… Je me redresse en grimaçant, secoue mes bras et inspire profondément. Je dois vous dire un secret… ma voisine avait une affreuse chatte, ronchonne aux poils hirsutes… du nom d’Enya… Je me demande si on devrait pas chercher un lien… Mon sérieux semble parfait jusqu’à l’apparition d’un rictus au coin de mes lèvres puis de son extension dans un rire. Mon corps s’agite à mesure du fou rire que je m’octroie suite à la contemplation de son regard. Nous ne nous connaissons ni d’Eve ni d’Adam. Notre seul point commun est celui d’avoir vu nombre de blessure. Notre unique lien se construit autour du fugace contact d’un patent X soigné par un médecin Y. Mais bon sang, oublier. Oublier c’est bien. Ce n’est pas le masque que l’hôpital s’évertue à m’inhiber mais mes craintes. Tant mieux. J’accepte le place que me fait le sanctuaire.

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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Lun 26 Oct - 21:11

Plus Timothée me parle, plus il me plait. Au final, celui qui s’annonçait comme un fardeau était plutôt un agréable pansement sur mon âme. Après ma journée absolument atroce, faite de patients exécrables et d’urgences stressantes, la nonchalance du jeune homme, son sourire, ses tentatives d’humour et de flirt me faisaient du bien. Il était mignon, et j’avais besoin de quelqu’un de mignon, je crois. En tout cas, mon esprit qui avait lutté depuis son arrivée dans le hall de l’hôpital commençait à céder face au sourire de mon blessé. Après tout, c’était sûrement sa façon de lutter contre la douleur et la blessure horrible qu’il arborait sur le flanc. Qui étais-je pour juger cela ? Certains luttaient par la colère, d’autres par les plaintes, d’autres encore se muraient dans un silence total. Je voyais passez des patients tous les jours, à longueur de journée. Chacun avait sa façon de lutter contre la douleur, parfois dans la douceur, parfois dans la violence. Nous devions gérer toutes ces luttes. Au moins, la méthode de Timothée me faisait sourire et me permettait d’engager une conversation avec lui. J’avais l’impression d’être non seulement un médecin, mais aussi une personne, ce qui m’arrivait rarement. La blouse blanche nous enlevait souvent notre humanité aux yeux des patients ; nous devenions alors des outils, destinés uniquement à soigner, détenteurs de la solution miracle ou d’un genre d’incantation, inutiles si le mal persistait. Les gens oubliaient que sous la blouse, il y avait une personne, qui faisait de son mieux face à la multitude de maux possibles, qui mettait son esprit et son cœur dans la tâche. Timothée, mon fardeau, ne semblait pas l’avoir oublié, et je lui étais reconnaissante pour cela.

Comme s’il avait lu dans mes pensées, il se présenta comme un gentil fardeau, le meilleur depuis des jours. Je lui adressai un clin d’œil et un sourire, sans plus de détails. Il comprendrait, j’espère, qu’il disait juste. Lorsqu’il aborda l’idée du café, je ne dis rien, gardant un sourire, tentant de me concentrer sur le désinfectant que je devais lui appliquer. Un café ? Effectivement, c’aurait été une rencontre nettement différente. Plus agréable pour lui, je suppose. Mais les rencontres dans la douleur avaient quelque chose de fort. Vaas, Noah, j’avais rencontré ces gens alors que je souffrais, et qu’ils souffraient aux aussi, et notre relation était, à mon sens, forte aujourd’hui. Les rencontres autour d’un café pouvaient se transformer facilement en relations éphémères, et je ne supporte pas les relations éphémères.

Visiblement, mon patient n’aime pas le désinfectant alcoolisé. Il grimace et se tortille, ce qui est assez amusant à voir. Le guerrier à l’humour à toute épreuve a finalement son seuil de douleur, semble-t-il. Et malgré tout, il enchaine sitôt mon coton enlevé de sa plaie, avec une remarque idiote.

« Ne faites pas la chochotte, Timothée. Un mec qui ne se formalise pas d’un coup de couteau mais qui gémit à du désinfectant, ça brise un peu le mythe. »

Sur ce, je lui adresse un clin d’œil, une fois encore. Bon sang, qu’est-ce que je suis en train de fabriquer ? Si je rentre dans son jeu, je suis foutue. Je me connais, une fois que j’apprécie quelqu’un, je suis capable de m’attacher et de m’accrocher de toutes mes forces. Ma dépendance aux gens a déjà foutu la frousse à plus d’un innocent qui s’était retrouvé sur mon chemin. Le pauvre Timothée n’a pas besoin d’une interne instable qui lui court après. Ceci étant dit, c’est lui qui a commencé, non ? C’est que quelque part il cherche une réponse. Déjà il me parle de sa voisine et du chat qui s’appelle Enya. Ca a peu de crédibilité, avouons-le, qui aurait l’idée d’appeler son chat Enya ? C’est déjà un drôle de nom pour une personne. Il cherche juste à me provoquer, avec son sourire toujours sur les lèvres. Je le fixe du regard, aiguille et fil à suture en main.

« Tu insinues que je suis affreuse, ronchonne et hirsute ? Je n’ai peut être pas de griffes, mais je peux faire mal avec des points de suture. Je peux même faire ça mal, comme ça, ça infectera de nouveau ta plaie, et tu seras obligé de revenir en gémissant de douleur. »

Je tente de garder mon sérieux. Je me suis mise à le tutoyer, sans m’en rendre compte. Maintenant, j’espère qu’il ne s’en formalisera pas. J’ai peut-être franchi une limite, pour le coup. Mais je reste là, mon arme entre les doigts, à le fixer de mon air sévère. Je ne sais même pas si mon air sévère a l’air réellement sévère ou si j’ai juste l’air ridicule. Je suppose que ça ne compte pas tellement. Nous serions deux personnes ridicules, dans une situation ridicule, une nuit à l’hôpital. Il y a pire.

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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Dim 1 Nov - 19:50

Le sanctuaire. L’hôpital et Enya me kidnappent pour un sanctuaire dont les contours semblent moins morbides que ceux de mon propre cimetière où la douleur ne s’évertuait pas à être purement physique. En fait, je préfère la douleur physique à celle que peut m’octroyer mon âme. Elle se tortille en moi et relève ce que je préférerai enterrer. Je ne sais pas ce qu’elle espère à agiter les ossements de mes erreurs. Des ossements qui n’en prennent la forme que par ma volonté : celle d’oublier. Mon âme agite tout ce que je sais déjà : je me suis perdu. Quelque part entre ici et …et où d’ailleurs ? Je suis bien incapable de situer le moment où tout à basculer de ma confiance en l’avenir et en l’être  au doute et à la méfiance envers le monde en général. J’aimerai être comme à cet instant. J’aimerai être en accord avec ma désinvolture du moment mais la preuve est là : ma tête ne parvient plus à se remplir d’espoir. J’imagine qu’il est temps d’accepter la réalité, d’aller de l’avant et de reprendre possession de ma propre vie. J’observe cette porte. Celle qui cache la réponse à un besoin de simplicité. Celle qui cache cette capacité à voir le verre à moitié plein. Celle qui veut vivre sans craindre. Qui veut accepter l’ensemble sans sombrer. Sans perdre espoir. Sans être seul. Je l’observe et la sens plus fragile en cet instant. Son bois robuste se transforme le temps de ces soins, de cet échange avec Enya. Ce n’est pas la première fois qu’elle tremble, non, Jordan avait presque réussi à l’ouvrir. Comme si la serrure s’était rompue d’elle-même : un peu de vie. Juste un peu. J’aimerai tellement en trouver la clé mais je n’y crois plus. Trop de choses se sont passés. Trop de sang a coulé. Trop de morts ont pavés les rues. Trop de choix ont été pris. Je ne sais comment offrir pleinement ma confiance et rester ouvert à ceux qui pourraient me conduire à ma perte. Pourtant, Pourtant j’aimerai croire. J’aimerai croire que Jordan n’est pas une erreur et qu’Enya puisse être capable de me faire garder ce comportement plus longtemps que le temps accordé à panser ma plaie. Elle ne le sait pas, mais il y en a davantage invisible.

Mes yeux se posent sur elle. Sur la manière qu’elle a de se retenir à un peu de relâchement. Elle semble si fatiguée presque éreintée. J’aimerai autant l’aider qu’elle puisse m’aider. Ne faites pas la chochotte, Timothée. Un mec qui ne se formalise pas d’un coup de couteau mais qui gémit à du désinfectant, ça brise un peu le mythe.J’hausse un sourcil puis laisse glisser un sourire sur mon visage. Je ris légèrement. J’aime son répondant, peut-être est-il possible que l’hopital et la manière dont mon corps réagit ne sont pas les seuls capables d’entrouvrir la porte. C’est amusant d’ailleurs de voir que ce sont nos principaux traits de caractères qui se révèlent face à la douleur, nos premiers instincts. Ce qui nous permet de surmonter ce qui fait mal. J’apprécie de constater que c’est ma désinvolture qui, au final, n’était pas parti bien loin. Oui, c’est vrai, m’a-t-elle seulement quitté un jour ? u insinues que je suis affreuse, ronchonne et hirsute ? Je n’ai peut être pas de griffes, mais je peux faire mal avec des points de suture. Je peux même faire ça mal, comme ça, ça infectera de nouveau ta plaie, et tu seras obligé de revenir en gémissant de douleur. Elle brandit son arme, m’offre un regard sévère qui –je n’en doute pas- m’aurait inquiété si je ne l’avais pas vu me faire un clin d’œil plus tôt. Je me redresse m’approche d’elle et de son arme sans la quitter des yeux avec le même sérieux. Puis j’étire un sourire à mesure que je parle. Tu vois… tu ne peux plus te passer de ton fardeau : tu imagines déjà un plan pour me revoir et toucher mon corps de rêve… Mon sourire est à son zénith, je finis par me relâcher en riant. Je passe une main dans mes cheveux sans me soucier du changement de vocabulaire pour s’adresser à l’autre. Qu’importe, qui nous dit que nous nous recroiserons ? Personne ne sait que nous sommes là au côté d’un voisinage inconnu se remettant d’une semaine de souffrance ou essayant de s’en remettre. Personne n’est là pour juger le traitement médecin-patient qui est proposé et de toute façon qui jugerait l’humour ? Celui qui ne voit pas cela d’un bon œil est celui qui n’en a pas. Qui n’en veut pas. Celui que je suis depuis cette première journée dans les laboratoires improvisés des expériences. Celui que je voudrais mettre de côté aujourd’hui. Je sais pas ce que tu en penses mais quitte à devoir passer du temps à souffrir en ta présence autant en profiter pour apprendre un peu plus de son bourreau… et pour toi, de ta victime… ? J’hausse les épaules, pose une main sur la sienne et lui indique ma plaie. Cela dit je te serai reconnaissant de pas  en profite pas pour y aller à la vitesse d’une tortue Catwoman… Je souris et m’allonge sur le lit. C’est vrai ce serait dommage qu’elle prenne son temps juste pour plaisanter longuement avec moi. Je ris intérieurement. Hum… qu’est-ce qui t’as mené à choisir cette voie professionnelle et pas devenir éleveuse de poney en Papouasie ? Paris relevé : je retrouve progressivement mon chemin.

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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Ven 6 Nov - 0:36

Timothée n’eut pas vraiment la réaction à laquelle je m’attendais. Je m’attendais à encore un de ces sourires mignons qu’il me sort depuis qu’il est arrivé. Un rire, éventuellement, une blague un peu foireuse. Au lieu de ça, il se redresse – chose qu’il ne devrait pas faire, vu son état, mais je suis trop surprise pour le sermonner sur la question- et s’approche de moi, très sérieux. Un moment, je me demande quand il va s’arrêter, ou s’il a décidé de me faire subitement un câlin, ce qui ne serait certes pas déplaisant mais néanmoins plutôt embarrassant. Mais il s’arrête, et m’offre enfin l’un de ses sourires.

"Tu vois… tu ne peux plus te passer de ton fardeau : tu imagines déjà un plan pour me revoir et toucher mon corps de rêve…"

Et il se détend à nouveau dans son lit, passe une main dans ses cheveux. Juste comme ça, innocemment. Moi, je ne sais pas quoi répondre. En soi, non, mon intention n’est absolument pas de le blesser pour le voir revenir. De l’autre…s’il part ce soir, et qu’il ne revient jamais, alors il quitte mon chemin et je quitte le sien. J’aurais été une passante dans sa vie, juste le médecin qui l’a soignée et qui était sympa. Un vague souvenir, un prénom peut-être. Les moments comme celui-ci, comme celui que l’on était en train de vivre lui et moi, une rencontre entre deux personnes qui n’étaient pas destinées à se connaitre, une connexion légère, courte certes, mais réelle, ces moments-là étaient rares. Ils étaient à chérir. Ils étaient de ceux dont il fallait profiter, peu importait le reste. Et si l’occasion, exceptionnelle, de se revoir se présentait, alors on avait tout gagné. Sinon, on partait sans regrets. Cette simple considération, la légèreté et la simplicité avec laquelle Timothée abordait nos rapports, fit craquer la dernière barrière. Ou alors était-ce simplement la fatigue. Ou mon instabilité chronique et ma capacité à considérer chaque personne que je rencontrais comme la meilleure personne au monde. En tout cas, je hausse un sourcil et sourit.

« Ca doit être ça. Dommage, je suis démasquée. »

Avec tout ça, mon aiguille est restée dans ma main. Je me secoue un peu et me recentre sur ma tâche principale. Si je lui fais la causette mais que je le laisse mourir sur son lit d’hôpital, j’aurais l’air bête. Bien partie pour suturer, je suis encore interrompue par Timothée. Dieu qu’il est bavard, il doit être insupportable sous alcool. Maintenant je suis son bourreau. Je ris : de mieux en mieux au niveau des attributions. Il faudra qu’il pense à prendre des cours pour comparer les femmes. Je lève les yeux vers lui, attend sa question, puisque de toute évidence il semble en avoir à poser. Je sens sa main se poser sur la mienne, jette un œil rapide, prise au dépourvu, pense à la retirer. N’en fais rien. Après tout…profiter de ces moments. Un peu de contact physique ne me tuera pas, moi qui me plains souvent d’être bien seule dans un monde où l’affection est devenue une tare. Je reporte alors mon attention sur son visage et son sourire.

« Catwoman ? Je ne sais pas si c’est flatteur ou pas. C’était une voleuse sans scrupules. Mais elle avait la classe. Disons que je le prend bien. C’est toujours mieux que bourreau, vois-tu. Attention, ça va piquer. Dis-moi si je te fais mal. »

Et sans autre cérémonie, je commence ma suture. J’essaie de m’appliquer, afin que Timothée ne sente pas grand-chose. Je ne peux pas empêcher la douleur, mais la diminuer est possible. Au moins elles seront bien faites, j’ai tellement l’habitude de faire des points de sutures ces dernières semaines. Cela devient presque machinal, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais me rappelle que malheureusement, les blessés arriveront éternellement.

"Hum… qu’est-ce qui t’as mené à choisir cette voie professionnelle et pas devenir éleveuse de poney en Papouasie ? "

Je ris. C’est la première idée qui lui est venue ? Je ne sais même pas à quoi ressemble la Papouasie. Y’a-t-il au moins des poneys à élever là-bas ? Je tâche de lui répondre, tout en suturant. Exercice délicat mais qui devient possible grâce à l’expérience. Et puis, c’est bien connu, les femmes savent faire plusieurs choses à la fois.

« Je suis allergique aux chevaux. Ca a vite réglé la question. »

Je lève les yeux deux secondes, un sourire aux lèvres, que j’adresse à mon patient. Puis me remet à ma suture, et mon sourire disparait. Je suppose qu’il attend une réponse plus sincère que ma blague vaseuse. Ai-je envie de lui donner ? Ai-je envie de parler à un inconnu de Casey, de son accident, de ma culpabilité, de ma promesse de faire le bien et de soigner les gens afin de rattraper le mal que j’avais fait à ma propre famille ? Pour aussi mignon et terriblement adorable que soit Timothée, je ne suis pas prête à livrer cela ici et maintenant. Je hausse les épaules.

« Je veux aider les gens. Etre vraiment utile, faire quelque chose qui ait un sens, tu vois ? Les gens ont besoin de médecins pour les soigner, et moi j’avais besoin….d’un but, je suppose. »

Je me tais, quelques secondes, le temps de penser. Est-ce que ce boulot me donne un but ? Je n’en sais rien. Ca me donne une raison de faire preuve de courage, consciente que d’autres vivent pires situations que la mienne. C’est déjà ça. Un but, ça viendra peut-être, quand tout ce chaos sera rétabli un minimum. Pour l’instant, c’est au jour le jour. Au bout de quelques secondes, je me reprend. Ce n’est pas le moment de faire ma nostalgique. Je me recompose un sourire sincère.

« Des fois, ça me permet aussi de rencontrer des gens intéressants », dis-je en lâchant un clin d’œil à Timothée. « Et toi, tu fais quoi, à part venir m’embêter à la fin de ma garde ? »

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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Mer 11 Nov - 19:17

Catwoman ? Je ne sais pas si c’est flatteur ou pas. C’était une voleuse sans scrupules. Mais elle avait la classe. Disons que je le prends bien. C’est toujours mieux que bourreau, vois-tu…. En y repensant. Oui, surement. Mon chemin se glisse devant mes prunelles et même si celui-ci semble tout autant escarpé au moins suis-je en accord avec moi-même. Au moins, suis-je plus serein, plus sûr de moi. C’est si stupide de sentir l’apaisement par ce simple choix. Si seulement j’avais ouvert les yeux plutôt, peut être aurais-je su plutôt délier le vrai du faux. Un exercice qui j’ai fini par oublier préférant suspecter tout le monde d’absolument tout. Jugeant le rebelle du psychopathe d’un même regard. Le mafieux du DB et du NK d’une même action déplorable. Je secoue la tête. Oui, peut-être que je glisse vers un petit bout de chemin plus éclairé ne serait-ce qu’en ayant statué sur ma position. Je suis allergique aux chevaux. Ca a vite réglé la question. Je relève la tête dans une similarité avec la jeune médecin et ne peut m’empêcher de lâcher un léger rire qui disparait lorsque la suture reprend : bien trop vite à mon gout. Je me crispe puis expire profondément. Tout. Va. Bien. Oui. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Je ne suis pas allongé sur une table à l’hôpital pour m’être pris un coup de couteau au beau milieu d’un bain de sang. Je n’étais pas du tout en indécision face à un gouvernement totalement despotique. Je n’ai pas participé à des expériences. Je n’ai pas perdu des amis. Je n’ai pas berné mon esprit à leur propos pour éviter de les considérer tel des amis. Je n’ai pas incendié mon frère d’une vérité qu’il aurait préféré ne pas connaitre. Je n’ai pas tué des êtres anciennement humains. Je n’ai pas parcouru l’Amérique à pied et perdu nombre de personnes durant le trajet. Je n’ai ni traqué ni participé aux arènes. Non. Rien de tout ça. Tout va bien. Ce n’est que le couteau de l’altercation dont Lawrence m’a sorti des années auparavant, loin de tout ça. Non. Tout va bien. Je veux aider les gens. Etre vraiment utile, faire quelque chose qui ait un sens, tu vois ? Les gens ont besoin de médecins pour les soigner, et moi j’avais besoin….d’un but, je suppose. Mon attention se rapporte à cette réalité. Un but. Oui. C’est surement ça qui me manquait. Quel but avais-je à soutenir un gouvernement qui préférait tuer que secourir ? Comme si les milliards de morts n’avaient pas suffit. Quelle connerie. Non. Tout ne va pas bien. Oui j’ai fait tout ça. Oui le monde est devenu ainsi. Oui je suis là pour un coup de couteau que j’ai préféré occulté. Mais ce n’est pas grave. Rien n’est grave. Rien n’est inchangeable. Rien ne stagne. Tout peut arriver. Elle s’est trouvé un but. Il manque plus que ce monde en trouve un et si possible, un peu plus sympa que d’éradiquer l’espèce humaine. Ce serait cool.

Des fois, ça me permet aussi de rencontrer des gens intéressants Ce clin d’œil il le voit et le reçoit avec une paix presque retrouvée. Au moins est-il aujourd’hui en meilleur compagnie qu’hier. Certain pense que nous sommes de simple pion dans un rouage plus grand dans un monde régit par la destinée. Je n’y crois pas. Je ne veux pas me laisser berner par l’abandon que j’ai ressenti ressement. Aujourd’hui… oui…aujourd’hui il est temps de confronter mon frère. Ce serait un bon début. Oui, un début. Et toi, tu fais quoi, à part venir m’embêter à la fin de ma garde ? Et badaboum. Comment envoyer valdinguer de belels pensées. Super. Méga. Trop. Génial. J’adore le timing. Sa question me fait presque occulter la raison de son clin d’œil. Elle me téléporte dans le même pays des doutes où mon âme a créé un petit nid douiller. Dès fois, il m’arrive de vouloir baisser les barrières et laisser étaler tout l’animosité que j’ai envers ce monde mais il faut se rendre à l’évidence : l’autre ne reviendra pas et puis… on ne peut être sûr de personne. A la base j’élevais des marcassins sur l’Atlantide pi .. y a eu la crise, j’ai perdu mon commerce et me suis dit que faire de nouvelles rencontres pour me faire entretenir était plus lucratif… Mon sérieux offre une vérité un instant si réel que je m’en étonne moi-même avant de laisser sa magie opérer. Mon visage se fend d’un sourire et ventre se contracte sous un fou rire. J’articule alors difficilement Avoue qu’en m’attaquant à toi j’aurai pêché le bon gibier…. Un médecin ça …paye bien… Je ris et grimace dans le même temps avant de calmer difficilement ma crise. Nan.. plus sérieusement, je suis triste d’apprendre pour ton allergie, j’étais bien motivé à refaire un élevage... J’élargie mon sourire. Contient un rire qui veut seulement me libérer d’une centaine de questions. Il veut m’apaiser. Me faire oublier. Me faire quitter l’abris de mon âme que je veux seulement réfuter, détruire. Je parviens contre toute attente à me contrôler, inspire plusieurs fois en évacuant des rires dans un mouvement de tête. En vrai je suis généticien et analyste. Je bossais pour la police avant …. Et aujourd’hui bah… c’est pareil en fait… je bosse pour la nouvelle police… pour le gouvernement qui paye tout ça en somme… Je soupire, fronce les sourcils. Autant pour le nombre d’habitants morts dans la révolte que….pour le salaire qui peut te permettre de te payer mes services…. Je secoue encore la tête. J’ai dit quoi ? je plaisante…évidement.. je n’ai absolument rien contre le gouvernement…



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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Mar 24 Nov - 15:13

Au moins, je le fais rire, et il semble m’écouter avec attention. C’est un peu étrange de voir un patient s’intéresser à son médecin. D’habitude, c’est une relation qui va à sens unique, et dans l’autre. Le médecin pose des tas de questions à son patient. Parfois c’est réellement intéressé ; d’autres, c’est simplement un moyen pratique d’occuper son esprit pendant le soin. J’ai l’habitude de lancer les patients sur leur métier, leur vie de famille, leurs loisirs, pendant que je les soigne ou que je les diagnostique. Ils oublient plus facilement l’aiguille que j’ai au bout de la main, et parfois je retarde le diagnostic difficile que je dois leur annoncer. Mais il arrive très rarement que les patients me posent la moindre question sur ma vie. Comme si je passais l’intégralité de mon temps entre les murs de l’hôpital, et que je n’avais pas de personnalité, pas d’existence hors de mon statut d’interne en médecine. Pour une fois, un patient a pris les devants et s’est intéressé à moi ; je dois dire que c’est flatteur. Tout dans l’attitude de Tim est flatteur, et le mieux, c’est qu’il ne semble même pas le faire exprès.

A la seconde où on arrête de parler de moi et où je m’intéresse à sa vie, le regarde de Timothée semble se voiler, et il arbore une expression que je n’avais pas vue sur son visage depuis son entrée dans le hall de l’hôpital. Je crois que j’ai touché un point sensible. Mais il retrouver vite son sourire, et son humour. Des marcassins sur l’Atlantide. Où va-t-il chercher ces idées ? Je dois être trop pragmatique pour ce genre de créativité. Je l’écoute en finissant sa suture, un sourire aux lèvres. Si j’étais à peine plus naïve que je ne le suis, je l’aurais cru volontiers, tellement il semble sincère dans son récit. Il arrive même à me placer dans son délire. Je lâche un petit rire, qui se transforme en un rire plus franc alors que mon patient se laisse entrainer dans un fou rire. Sa bonne humeur est contagieuse et je suis très perméable. Une fois mon rire passé, je me recentre sur ses derniers points de suture en lâchant :

« Tu serais drôlement déçu, je ne suis pas franchement un bon parti financier. Ni un bon parti tout court. »

Etre médecin ne paie plus aussi bien que ça a pu l’être par le passé. Le Gouvernement régule de façon plutôt drastique les salaires des gens qui agissent pour le bien de la Société. Etant interne, mon salaire est d’autant plus réduit que je n’ai pas le diplôme, le Graal qui me permettrait d’avoir un salaire confortable et de me payer un appartement plus grand et mieux placé que mon petit chez-moi actuel. Au moins, j’ai un appartement à moi. Mais si j’y amenais Tim, il risquerait la désillusion totale. Désillusion qui risquerait de grandir lorsqu’il s’apercevrait que son « gibier » est une bipolaire à la limite du psychotisme par moments, incapable de s’occuper correctement d’elle-même lorsque son cerveau décide de péter un plomb. Et sérieusement allergique aux chevaux et aux animaux de la ferme ; c’est un miracle que j’aie réussi à adopter un chat.

« Tu feras l’élevage pendant que je serais au champ, au pire », lancé-je avec un clin d’œil, avant de passer le dernier point de suture, un sourire fier aux lèvres. Elle m’a l’air parfaite. Reste à espérer qu’il ne brisera pas les points en jouant de nouveau aux héros.

Vient la réponse sérieuse, et je relève les yeux vers lui, rapidement, peut-être trop rapidement. Je ne m’attendais franchement pas à découvrir que mon patient préféré travaille pour le Gouvernement. Ceux-là même sur lesquels je crache ma rancune et ma colère à la radio certains soirs. Ceux-là même que je maudis assez souvent. Tim est donc à la solde de nos dirigeants. J’essaie de ne pas faire paraître ma surprise, teintée d’une dose de déception. C’est du gâchis ; il a l’air d’être un mec bien, qui se retrouve à bosser pour des salauds. Un jour, peut-être, ils déteindront sur lui, et il se transformera en salaud. C’est comme ça que ça se passe.

Autant pour le nombre d’habitants morts dans la révolte que….pour le salaire qui peut te permettre de te payer mes services….

Un sourire amusé s’affiche sur mon visage. Vient-il de dénoncer son employeur ? Vient-il de dire franchement que le Gouvernement est responsable de tous ces morts ? Finalement, je ne suis plus déçue. Comme quoi, il y a des gens qui travaillent pour le gouvernement, mais qui sont loin de ces gens dont je parle à la radio. J’allais répondre, mais il se rattrape bien vite. Je fronce les sourcils. Il dit tout et son contraire. Il n’avait pas franchement l’air de plaisanter. Ou alors il a peur que je sois pro-gouvernement ? Je saisis rapidement les compresses sur le plateau derrière moi, repose les yeux sur la blessure et applique la compresse afin de protéger les sutures. Tout en me concentrant, je récite, presque par réflexe.

Devant la mort, tout le monde a le même poids, le même âge, le même sexe. Personne n’y comprend rien et surtout pas les humains. Un chien, une fourmi, une plante en savent autant là-dessus et peut-être même plus que n’importe quel humain…”

Je souris, relève la tête. Il doit me prendre pour une folle.

Excuse-moi, j’ai la sale manie de citer le théâtre et le cinéma. C’est ridicule.”

Je ris, avant de continuer.

Je ne suis pas spécialement amie avec le Gouvernement. Ni spécialement avec la Résistance, d’ailleurs. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, les deux se valent. Et que la révolte n’a servi à rien. Je crois que le monde dans lequel on vit est difficile à comprendre. Et je me fiche pas mal que tu aies quelque chose ou non contre ton employeur. On est entre nous, tu peux te lâcher.”

Je lâche la compresse, posée. Mon travail est fini. Mais bizarrement, je n’ai aucune envie que Timothée quitte l’hôpital. Je n’ai plus envie de rentrer chez moi.

Quant à mon salaire, qu’est-ce que tu dirais qu’il me serve à te payer un verre un de ces soirs? Cadeau du gouvernement.”

Je bloque tout à coup, rougis, baisse les yeux. La proposition est sortie presque malgré moi. C’est terriblement peu professionnel. Et c’est surtout peu rationnel. Je connais à peine Tim, il va penser que c’est de la drague. Ce que ce n’est pas, enfin je crois, ça doit être la fatigue qui me fait dire des trucs idiots. D’un autre côté, la petite voix au fond de moi me dit que ce serait tout de même chouette s’il acceptait. Je le regretterai peut-être demain. Comme chaque fois que je m’emballe.[/color]

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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Jeu 3 Déc - 11:36

« Je n’ai absolument rien contre le gouvernement » Oui. J’allais t’en parler. Je suis soudainement aussi transparent qu’un cochon devant une mare de boue. C’est bien dommage puisqu’elle ne semble pas le genre de femme crédule qui ne devine pas le double sens de mes propos bien qu’au fond, il n’y a pas de double sens : j’ai lâché mes informations aussi clairement qu’en disant que j’ai besoin d’un verre. Bref, qu’importe. Au pire qu’est-ce que je risque ? Le gouvernement a changé, je pourrais très bien plaider que je jugeai le précédent en affichant un grand sourire plein d’amour tout en distribuant à qui veut le croiser un regard suppliant et apeuré au milieu d’une foule présente uniquement pour un nouveau round. Un bain de sang dans lequel j’aurai le premier rôle. Vous me direz, ce ne serait pas la première fois qu’un groupe d’individu anonyme décide de me refaire le portrait. Je devrais d’ailleurs commencer à me poser des questions sur le charme de celui-ci… Je divague et constate que même un contenu si déprimant me fait sourire. Je ne pense pas devoir craindre quoique ce soit ici ou peut-être ai-je simplement envie de croire encore en ma nouvelle bulle de confort à moins que ce soit le contrecoup de ma douleur qui me fasse halluciner… Ce serait bien dommage de découvre que la jolie brune soit en réalité un médecin bourru tout poilu… Heurk. Devant la mort, tout le monde a le même poids, le même âge, le même sexe. Personne n’y comprend rien et surtout pas les humains. Un chien, une fourmi, une plante en savent autant là-dessus et peut-être même plus que n’importe quel humain… Je redresse le visage, parcourt ses traits alors que son sérieux laisse penser un départ vers une rêverie. Elle revient pourtant, pose ses prunelles dans les miennes et me sourit visiblement mal à l’aise. Je lui souris en retour, elle rit et reprend la parole. Je me laisse porter par sa voix, par le contenu qui m’apporte plus d’informations sur elle. Des informations pour lesquelles j’ai conscience devoir soupeser le moindre mensonge sans pour autant en prendre le temps. Je penche simplement la tête sur le côté, cherche l’origine de la citation qui chatouille mes souvenirs. Je traduis en français pour enfin avoir cet éclair de génie accompagné d’un fou rire perdu dans le temps : je me souviens, j’étais encore étudiant en France. Que sont-ils tous devenus ? Qu’est devenue ma ville ? Mes amis ? Je ne sais pas, comme tout le monde ici. Nous sommes seuls.

Quant à mon salaire, qu’est-ce que tu dirais qu’il me serve à te payer un verre un de ces soirs? Cadeau du gouvernement. Ses gants claquent juste avant, attire de nouveau mon attention dans cette réalité, loin des souvenirs de mes jeunes années. Vient-elle de m’offrir un verre ? Je penche de nouveau la tête, passe une main dans mes cheveux et baissant les yeux vers ma blessure. Celle-ci est cachée. C’est fini, en effet. C’est dommage, en effet. Elle semble se combler dans le rouge pivoine, j’en souris. Je trouve ça beau, simple. J’ai l’impression que ça fait des mois que je n’ai pas eu l’occasion de constater ce genre de réaction et encore moins d’en être la cause. Mon esprit vogue au sourire de Jordan qui, malgré toutes ses remarques, ne s’est jamais laissé déborder par la timidité. Au contraire. J’en souris tout de même, Jordan est belle pour d’autres raisons. Mes doigts glissent sur la compresse. Me sauver? Pour quoi faire? Pour préserver tout ça, toutes ces catégories? J’hésite, je ne me souviens pas de tout, je reformule la tirade de mon colocataire en anglais. …Ces ….casiers à remplir, comme dans ton… épicerie. Ça… n'aurait pas …d'allure. Ça n'aurait aucun sens. Je redresse la tête, tout sourire très fière de ma performance. Je n’étais pas comédien, je n’ai jamais eu d’expérience dans le domaine si ce n’est à la fête de fin d’année durant toute mon enfance. Cette tirade je la tiens d’un ami qui l’est devenu à l’usure. En même temps un coloc finit toujours par trouver la faille, nous attendrir et puis, à l’époque j’étais beaucoup plus abordable que ces derniers mois. Enfin, qu’importe. Je me sens presque littéraire derrière ma casquette de « rat de laboratoire ». Je lâche une exclamation qui se transforme en léger rire. Ce talent ! Mon français chatouille mes oreilles avec amusement. Cette langue me manque. J’ai beau avoir choisi de quitter la terre française il y a des années, je ne peux m’empêcher de penser avec nostalgie. Je reprends alors ma langue d’adoption en passant ma main dans mes cheveux. Enfin… je dois la tirade à mon ancien colocataire à l’époque où j’étais étudiant en France… moins glorieux de suite mais je suis sûr que ça fait quand même son petit effet… Mon clin d’œil s’amuse lui aussi à flatter les sens de la jeune femme.

Je bascule mes jambes en grimaçant sur le côté de la table. Ma main gauche se positionne sur ma compresse et je me laisse glisser sur le sol. Redressé, je me tourne vers Enya en souriant. Nous sommes relativement proches. Mes yeux dérivent de ses yeux à ses lèvres. J’accuse un léger frisson qui marque une trace de fraicheur sur ma peau découverte. Ce n’est pas ridicule, ça a son petit charme tu sais ? Je fronce les sourcils. J’entends ses mots sur sa position, ou son absence. Se fout-elle vraiment de ce que je pense ? Je ne sais pas mais j’ai envie d’y croire avec plaisir, je fais légèrement la moue. Es-tu sûr de toi ? je peux me lâcher ? Mes yeux s’amusent, effleurent les siens alors que je m’approche encore. La distance qui nous sépare s’est très largement réduite. parce que, tout de suite… je ne veux pas penser au gouvernement, ni à ma présence ici ou au cadeau du gouvernement…. Celui-ci nous a offert la possibilité de nous offrir qu’un verre d’eau… ce n’est plus si exaltant… J’étends mon sourire alors que ma main attrape son visage. Nos lèvres s’effleurent. Le contact m’électrise, ma main glisse légèrement dans sa nuque pendant que l’autre prend possession de sa hanche. Ce n’est certainement pas le genre de remerciement auquel un médecin s’attend mais qui peut s’en préoccuper ? Aujourd’hui, personne. Nous sommes seuls dans cette salle. Nous sommes seuls dans ce monde. Qui voudrait s'inquiéter des conséquences ? des causes ? de nos états d'âme ? On s'en fout. Le monde s'en fout. Personnellement, je veux juste vivre.

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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Lun 7 Déc - 0:06

Ma compresse est très belle, en fait. Ellie aurait été fière de moi. Mais en fait, j’ai juste un petit pincement au cœur en la voyant si bien faite. J’aurais pu prendre plus de temps, faire semblant de louper la première, devoir la refaire, l’ajuster. Mais non, en bonne petite interne en médecine méticuleuse, je n’ai pas réfléchi et j’ai délivré l’une de mes meilleurs œuvres. Et maintenant Tim va pouvoir partir, et si la perspective de rentrer chez moi semblait alléchante il y a quelques minutes, elle ne l’est plus. Mais les gens vont et viennent à l’hôpital, personne ne souhaite rester, c’est comme ça. Alors je me contente d’attendre qu’il me remercie et tourne les talons. Au lieu de ça, il semble réfléchir, puis me débite la fin de la tirade. Je crois que je deviens d’autant plus rouge. Personne ne connait cette réplique, ou cette pièce, enfin je le croyais jusqu’à aujourd’hui. Serait-il un amateur de culture en plus d’être généticien ou je ne sais quoi ? Il rit et parle un moment dans une langue qui m’est totalement étrangère. Timothée est un homme plein de surprises, et je ris malgré moi. La France…il parait que c’était un pays magnifique à l’époque. Est-il aussi désolé que le nôtre aujourd’hui ? C’est dommage, toute cette beauté violée.
« C’est déjà bien de s’en souvenir », acquiescé-je avec un petit sourire. Il a dû voir dix mille choses que je ne verrais jamais. J’étais persuadée d’avoir le temps…aujourd’hui je sais qu’on n’a le temps de rien.

En plus de ça, il était gentil. Beau parleur sûrement, parce que je ne vois pas le charme qu’il peut y avoir à réciter du théâtre que personne ne connait. Mais je n’ai pas l’habitude que l’on me dise que ce que je fais a du charme, alors je prends le compliment avec un sourire timide.

« Es-tu sûr de toi ? je peux me lâcher ? »

J’acquiesce ; évidemment. Je suis la dernière personne qui lui tiendra rigueur de ses paroles à l’encontre du Gouvernement. Mes mots ne sont en général pas mâchés à la radio. Les gens sont toujours effrayés de dire le moindre mot offensant envers les dirigeants ; les représailles sont tellement disproportionnées, et les délateurs souvent discrets. Mais nous sommes seuls au monde ici, pas vrai ? Je m’attends à ce qu’il donne véritablement son avis sur le Gouvernement, qu’enfin je puisse discuter avec quelqu’un qui partage mes opinions, bien que celles-ci aient été ébranlées ces derniers temps. Mais au lieu de cela, il s’approche, jusqu’à être près, très près. Je reste pétrifiée sur place, alors que ses yeux plongent dans les miens, comme s’ils m’emprisonnaient. Il semble avoir une idée toute différente en tête, et mon cerveau vient de s’arrêter subitement de fonctionner. Mon cœur, lui, s’emballe, comme pressentant ce qui va arriver.
« Tu… » Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que sa main m’amène à lui et que nos lèvres s’effleurent dans un baiser volé. Je sens sa main sur ma nuque, l’autre qui agrippe ma hanche, et tout à coup je suis aussi proche de lui que l’on peut l’être. Le temps s’est arrêté, tout a disparu, et mes lèvres en redemandent. Je l’embrasse à mon tour, fébrilement, sur un coup de tête, nos lèvres se retrouvant pour à peine une seconde. Elles s’apprêtent à en reprendre, quand mon cerveau se remet subitement en marche. Bordel, qu’est-ce qui est en train de se passer ? J’ouvre les yeux, qui tombent sur ceux de Timothée.

« Tu te lâches avec tout le monde comme ça ? » murmuré-je en esquissant un sourire. En réalité, je n’en mène pas large. Mon cœur est frénétique et je crois que je suis plus rouge que je n’ai jamais été. Je suis incapable de détourner le regard, de ne plus penser à ses lèvres et à la sensation de sa main sur ma hanche. Si je voulais, on pourrait rester comme ça toute la nuit, sans personne pour nous surprendre, personne pour nous juger. Mais ma conscience m’empêche de continuer comme ça et je m’arrache à ses yeux au prix d’un effort qui me semble surhumain. Je pose ma tête sur son torse une seconde, le temps d’un soupir, puis prend sa main et l’éloigne doucement de ma hanche alors que je reprends une distance convenable avec lui. Je remets rapidement une mèche de cheveux en place, regardant mes pieds comme si je venais de découvrir qu’ils étaient là.

« Je sais pas si c’est très sage. Tu vois, je…enfin, c’est compliqué, et euh… »

Je ferme les yeux une seconde. Oui, c’est compliqué. J’ai Noah. Peut-il être qualifié de petit ami ? Certainement pas. Surtout quand cela fait plusieurs jours qu’il ne m’a pas donné de nouvelles. Qui sait ce qu’il est en train de faire de son côté. Et pourtant, cela me laisse-t-il le droit de me laisser aller à toutes mes pulsions dès qu’un beau garçon se présente ? D’ailleurs, je ne sais pas ce qui me prend avec Timothée. Ca ne me ressemble pas du tout. Mais voilà, la fatigue, mon excuse préférée. Ou bien peut-être est-ce simplement du au fait que Timothée est charmant et s’intéresse à moi, contrairement à Noah qui ne s’intéresse qu’au mirage que je renvoie. Peut-être que pour une fois je me sens attirante. Peut-être que ça fait juste du bien. Malgré tout ça, je ne me sens pas le droit à un écart.

« Je vois quelqu’un, en fait. Je suis désolée, j’aurais pas dû, je voulais pas….je ne sais pas ce qui m’a pris. »

Je suis ridicule. J’ai tout gâché. Demain je me réveillerai la tête pleine de regrets et de culpabilité. Bon sang, je suis vraiment douée pour me faire du mal et faire du mal aux gens. L’inverse de ce que j’essaie de faire en fait. Je lève des yeux désolés vers Tim.

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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Ven 11 Déc - 19:05

Vivre. Est-ce si compliqué ? Je ne pense pas. Pas à cet instant. On peut la chatouiller assez facilement en fait et là, mes lèvres contre les siennes, ça me donne l’impression d’avoir salué un bout de liberté. Une relation médecin patient, parfaitement inconvenable, inapproprié. Mais qu’importe ? Qui peut s’en soucier ? Pas moi. Le baiser n’est pas intense. Il est doux. Simple. Il s’apprécie à sa juste valeur ne serait-ce que par la raison qui me mène ici et le résultat que j’en dégage. Ses lèvres s’agrippent aux miennes après un instant d’étonnement. Je le suis aussi, je pensais simplement voler un instant de liberté mais elle semble vouloir le partager. Je ne devrais pas m’en étonner plus que ça pourtant, ses réponses et ses sourires ne m’ont-elles pas envoyé des signaux prometteurs ? Qui pourrait lui en vouloir de se sentir libre ? D’oublier les horreurs qu’elle a sans doute vu ? D’espérer prendre du temps pour elle ? Personne. Pas moi. Au contraire. Je souris en ouvrant les yeux et observe ses prunelles bien vite. Mon pouce caresse sa joue un bref instant alors que j’attends durant cette micro seconde la suite de ce moment qui ne fait que nous appartenir. Tu te lâches avec tout le monde comme ça ? Non..qu’avec les apprenties médecin allergique aux poils de vache… Je souris. Je me sens bien. Qu’importe ce que je suspecte lire dans ses yeux et qu’importe ce que signifie sa tête sur mon torse. Ma main, initialement sur sa joue, s’improvise une place contre sa nuque pendant que l’autre se déplace dans son dos. Quelque chose la retient. Je soupire en silence et ferme un instant les yeux lorsqu’elle se recule et met fin à ma liberté. Je sais pas si c’est très sage. Tu vois, je…enfin, c’est compliqué, et euh… Je fronce les sourcils et penche légèrement la tête sur le côté. J’hausse les épaules comme pour signaler qu’elle peut aller au bout de sa pensée. Ne sommes-nous pas dans un espace de « confiance » ? Me proposer de parler librement de ce que je pense du gouvernement offre un cadre idéal de repos, de liberté, de sérénité… enfin… dans l’optique où elle ne serait pas capable de dénoncer le moindre de mes mots pour espérer avoir son diplôme sans tortiller du cul. Je m’empêche de secouer la tête in extremis puisque la raison n’est pas à trouver dans la réponse qu’elle m’offre mais davantage dans le fond de ma pensée. Je vois quelqu’un, en fait. Je suis désolée, j’aurais pas dû, je voulais pas….je ne sais pas ce qui m’a pris. Oh..

Je recule d’une règle de vingt centimètre en haussant encore les épaules. Mes lèvres se piquent pendant une hausse des sourcils. Elle a quelqu’un. C’est bien ma vaine ça. J’aurai dû le sentir, le comprendre, le deviner. Je soupire en affaissant mes épaules et finit par rire sous cape. Celui-ci ne dure pas longtemps, juste le temps de m’appuyer contre la table. Mes mains s’agrippent au matelas posé dessus et j’observe le sol. Je n’ai pas de chance. Clairement pas. Je pense à ses lèvres contre les miennes. Puis je pense à Jordan, pourquoi ? Aucune idée. Peut-être que nos baisers et notre attirance me font écho avec cette situation. Plus encore, peut être les nombreux échecs durant ce séminaire chatouille mon humour. Tout ceci me fatigue, je devrais me poser de sérieuse question… c’est certain. Jordan. Son sourire me pousse à en faire éclore un. Je tourne mon regard vers la jeune femme en gardant mon sourire. Tant qu’il est là pour t’aider à réaliser tes rêves de fermière loin des chevaux et des vaches… Mon clin d’œil s’associe au sourire, je me redresse et me replace face à elle. Mon sourire s’efface progressivement alors que mes yeux parcourent son visage. C’est dommage… mais ta fidélité se respecte, j’espère qu’il ou elle est à la hauteur de tant de sérieux. Je lui offre un nouveau sourire et me penche dans l’idée de trouver mon tee-shirt sans résultat. Je me relève en laissant le bras s’articuler dans l’air comme s’il cherchait l’élément introuvable puisque détruit par mes soins. Je soupire et ris dans le même temps. Ah oui…j’avais pas pensé à ça sur le coup… Je secoue la tête et regarde autour de moi. Du coup…du coup… ayant perdu en 30 minutes deux moyens de garder mon corps au chaud… l’un plus écolo que l’autre… je risque de revenir pour une pneumonie… Mon regard se veut taquin lorsqu’il se pose sur elle et je ris de plus belle en passant une main sur mon torse. Je frisonne constatant que mes doigts son froid. Depuis aout, le temps change. J’observe la porte derrière elle, toujours fermée et soupire intérieurement par ce moment raté. Merci pour ça Cat’, j’espère qu’on aura l’occasion de se revoir…. Dans d’autre circonstance et bien sur en respectant tout à fait une distance de sécurité… Je romps justement celle-ci avec un visage amusé. Mon regard plonge dans le sien avant de se détourner pour viser la joue. Mes lèvres s’imposent à celle-ci et je me recule en lâchant un rire. Je m’éloigne et ouvre la porte de la salle d’auscultation ou, ici de réparation d’une geste presque trop théâtrale. Le souvenir de mon ami me revient. J’apprécie le revoir même s’il est mort. Même si c’est trop tard. Même si. Je m’en fiche. C’est la vie. Je m’en souviens. Je passe la porte et reviens en fouettant l’espace de trois enjambées rapides, mes mains attrapes son visage pendant que mes lèvres lui volent un autre baiser, plus intense. Lorsque mes lèvres la quittent, je souris, lui fais un clin d’œil et repars vers la porte, me retournant uniquement pour ces quelques mots amusés. Voici le french’kiss, ça vaut toute la fidélité du monde, non ? Je ris, et passe la porte en agitant la main.

Vivre. Oui, c’est une sacrément bonne idée et la mienne commencera par une rencontre avec mon frère. Oui, il est temps.

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MessageSujet: Re: Bobo & Bipolarité [Enya]   Jeu 17 Déc - 22:21

Oh. C’est tout ce que Timothée me répond, sur le coup. Bon Dieu ce que je me sens coupable. J’ai laissé les choses aller beaucoup trop loin, beaucoup plus loin que ce que j’aurais dû permettre. Et voilà qu’on se retrouve comme deux idiots, qui viennent de profiter d’un baiser, qui brûlent d’envie de remettre ça. Mais voilà, je suis inconsciente, mais pas trop. C’est ridicule. Soit j’étais complètement fidèle et je ne laissais pas Timothée s’approcher, soit je suis inconsciente et je vais jusqu’au bout de ma pensée. Là, je suis quoi ? Une allumeuse, une menteuse, une hypocrite. Il a l’air déçu, un peu blessé, et c’est compréhensible. J’aimerais pouvoir lui donner une raison de ne pas m’en vouloir, un argument légitime. Je n’en ai pas. Alors je le regarde s’adosser de nouveau au matelas, un pincement au cœur. Je n’ai même pas la force de rire à sa boutade. Noah sera-t-il là pour m’aider à réaliser mes rêves ? Je n’en ai aucun idée à vrai dire. Et je ne comprends pas où Timothée trouve la sympathie et le recul pour faire une blague et m’adresser un clin d’œil. Il devrait m’insulter et partir en courant.
C’est dommage. Oui, c’est sûr, c’est dommage pour lui comme pour moi. On avait un moment sympa, quelque chose d’assez exceptionnel. Et je ne peux même pas assurer que l’homme qui me retient est la hauteur. J’ignore ce que fait Noah en ce moment, je n’en ai aucune idée. Peut-être qu’il me trompe sans scrupules avec une autre. J’aimerais croire qu’il est fidèle, mais si je me voile la face bien souvent, ce soir j’ai des doutes. C’est si facile de se laisser tenter, j’en ai la preuve devant moi. Et Noah était tellement en colère.

Timothée se lève et cherche quelque chose de la main. Son t-shirt probablement, parti en deux parties au début de la soirée. Eh oui, les dommages collatéraux des plaies infectées. Il m’annonce qu’il reviendra pour une pneumonie et je ris malgré moi. J’aime son humour, il est simple, c’est rafraichissant. J’espère qu’il le gardera toujours. J’espère aussi qu’il reviendra, pour une raison ou une autre, et que je serai là pour m’occuper de lui. Néanmoins, je prend un paquet sur ma table à outils et lui tend.
« Tiens, une chemise de patient. Pas très sexy, mais ça tiendra chaud un minimum. »
Ce serait dommage qu’il reparte et tombe malade. Après tout, je suis médecin, mon boulot est d’éviter que les gens reviennent à l’hôpital. Même si certains sont plus appréciables que d’autres à voir et à soigner.
« Merci pour ça Cat’, j’espère qu’on aura l’occasion de se revoir…. Dans d’autre circonstance et bien sur en respectant tout à fait une distance de sécurité… »
« De rien, c’est quand tu veux. Mais ne te fais pas poignarder exprès pour revenir, d’accord ? D’ailleurs, il faudra que tu reviennes pour changer le pansement. Toutes les semaines. Demande le docteur Rivers », ajouté-je avec un sourire. Moi aussi j’espère le revoir, bientôt, avec un peu de chance, dans d’autres circonstances.  C’est mon patient préféré, après tout.
Et le voilà qu’il s’éloigne. Déjà. Dire que quand il a débarqué je n’aspirais qu’à rentrer chez moi. Maintenant qu’il s’en va et que je peux rentrer, je n’en ai plus envie. Je voudrais qu’on reste là, à discuter. Il me claque un baiser sur la joue et je souris, me sentant déjà rougir. Je le regarde s’éloigner, incapable de me décider à ranger mes outils et partir. Je vais attendre qu’il passe la porte, j’ai tout mon temps. Tellement tout mon temps que je ne bronche pas quand il revient à grandes enjambées. Je m’attends à un dernier mot gentil, mais à la place j’ai droit à un autre baiser volé. Mon cœur s’emballe lorsque nos lèvres se touchent à nouveau, et n’est toujours pas dans son état normal lorsqu’il s’éloigne à nouveau. Je reste là, hébétée, comme une idiote, debout, à le regarder bouche bée partir, son sourire nonchalant aux lèvres.

« Voici le french’kiss, ça vaut toute la fidélité du monde, non ? »
Et déjà il n’est plus là. Je souris. Ca ne vaut pas toute la fidélité du monde. Mais en cet instant, ça valait bien un écart exceptionnel. Je ramasse mes outils, le sourire toujours aux lèvres, et les range soigneusement avant de prendre mon manteau. Puis mon sourire s’efface. Je vais rentrer chez moi. Chez moi, je vais me morfondre sur mes problèmes, attendre désespérément que Noah redonne signe de vie. J’ignore comment je vais lui expliquer ce qui s’est passé. Si je vais pouvoir lui expliquer. Il ne le tolèrerait pas. Je sens déjà la culpabilité me ronger. Je n’aurais pas dû, pas vrai ? Ce que j’ai fait, ce n’était pas bien. Ca va m’attirer des ennuis. Je suis donc incapable d’avoir des relations simples avec la gent masculine ? Je hausse les épaules. Je suppose que Noah n’est pas forcé d’être au courant. Je verrai quand il reviendra. Timothée et moi, on s’est emballés, mais on peut être amis, non ? Il a dit qu’il reviendrait, il le fera. Peut-être. Je souris à nouveau ; j’ai le chic pour me fourrer dans des trucs pas possibles. Mais ça fait de bons souvenirs. Je rentre chez moi, l’esprit tiraillé entre la satisfaction et le remords. On verra plus tard pour le reste.

_________________


I don't wanna beg you pardon
I don't wanna ask you why
But if I was to go my own way
Would I have to pass you by?


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Bobo & Bipolarité [Enya]

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