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 How can you say that your truth is better than ours? - RHYS

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MessageSujet: How can you say that your truth is better than ours? - RHYS   Mar 13 Oct - 22:57

Tout. Elle lisait tout, et avait déjà tout lu. Elle parcourait toutes les pages qu'elle trouvait, tous les commérages possibles, explorait chaque piste. Ses soirées s'étaient désormais résumées à cela : fouiller pour essayer de comprendre ce qui se passait dans le corps de sa petite fille. Elle n'avait cessé de chercher à mieux comprendre, pour essayer de vaincre le mal à l'aide de remèdes classiques et divers médicaments, mais ce qui l'avait attaqué n'avait rien d'habituel. Ce n'était pas une maladie qui l'avait frappée. C'était ces monstres, qui l'avait attaquée et l'avait transformée. Et Louiza se sentait terriblement inutile.
Elle relisait les pages qu'elle avait déjà vues, encore et encore, en se disant qu'une idée fantastique lui viendrait peut-être. Mais rien ne venait, jamais. Tout semblait encore plus confus chaque soir, et chaque soir devenait de plus en plus difficile. Allie se transformait, et Louiza refusait catégoriquement d'admettre que ce qu'elle avait sous les yeux n'avait plus grand chose en commun avec sa petite fille. C'était absurde. La situation dans laquelle ils s'étaient embourbés étaient folle, cinglée et totalement absurde. C'étaient eux, qui étaient devenus fous, cinglés et absurdes.
Elle n'avait jamais imaginé que devenir mère voulait dire ça. Elle ne l'avait jamais vécu comme ça, alors elle s'imaginait bien difficilement que l'on puisse aimer à ce point. Aimer à s'en damner. Elle avait toujours essayé de prendre ses décisions de façon rationnelle, elle essayait de peser le pour et le contre le plus objectivement possible, prenant en compte la composante subjective en essayant toutefois de minimiser son rôle au maximum. Louiza avait grandi en essayant d'être le plus rationnel possible, et en méprisant ses parents aux choix absurdes qui avaient déteint sur leur désormais grotesque famille. Elle les avait méprisé pour avoir laissé dominer une passion qui dépassait toute raison, au même titre qu'elle avait toujours quelque peu jugé les personnes faisant des choix irrationnels.
Mais depuis quelques années elle avait vu son monde bien bâti se faire démolir à coups de hache. Allie venait détruire son bel édifice de raison et de choix rationnels comme elle détruisait ses petites montagnes de terre lorsqu'elle jouait dans le jardin. Et récemment, les fondations venaient de flancher.

Il était déjà tard, et un semblant de calme s'était posé dans la maison. Elle n'entendait plus Allie, elle n'entendait plus de voitures passer. Elle n'entendait que sa respiration.
Les journées étaient devenues longues, les soirées épuisantes et les nuits sans fin.

Elle vivait avec un fantôme qui rentrait tard la nuit et s'enfuyait tôt le matin. Elle vivait avec une ombre qui n'était bonne qu'à lui faire des reproches. Une ombre qui venait de se glisser sous le pas de la porte, et apparaître dans son champ de vision.
Louiza ne prit même pas la peine de lever le visage vers Rhys, mais ne manqua cependant pas de lui lancer : « Bonne soirée ? J'ai l'impression que tu passes de très bonnes soirées en ce moment, toi. »
Elle n'était pas mauvaise à ce jeu de reproches non plus. C'était bien ça le problème.
Leur relation s'était atrocement dégradée au fil des années, et ça c'était bien une chose qu'elle ne pouvait nier – et sans doute la seule chose sur laquelle ils étaient encore d'accord. Elle ne le reconnaissait plus, et se demandait parfois si c'en valait encore la peine... Elle arrivait à se convaincre que leur histoire n'avait été qu'une blague dès le début. Qu'elle avait été idiote de tomber dans ses bras adolescente, charmée par ses grands yeux et son regard perçant, et impressionnée par ses quelques années de plus. Les jeunes filles aiment toujours les garçons plus âgés qu'elles, disait-on. Louiza – ou Nora, plutôt, n'était pas une exception à cette règle. Mais cette période là n'était pas l'erreur la plus grossière. Non, la grosse erreur était sans doute de retomber dans ses bras lorsqu'il était revenu comme une fleur, avec quelques mots doux, un regard à tomber et des excuses pleines de bon sentiments. Naïvement encore, elle y avait cru, et s'était laissée emporter jusqu'à s'échouer sur cette rive.
S'échouer sur cette île grise et montagneuse et s'y barricader volontairement comme de bons imbéciles. Ils étaient allés trop loin pour faire marche arrière. Trop loin pour s'en sortir indemnes désormais. Mais elle ne le supportait plus.
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MessageSujet: Re: How can you say that your truth is better than ours? - RHYS   Lun 19 Oct - 15:38

Brûlante, la liqueur défendue se déverse dans son œsophage, se répand délicieusement dans ses veines. Il s’efforce de rester civilisé, mais ne voit même plus l’utilité du verre à ce stade, qui ralentit seulement la folle course de l’arsenic au creux de sa trachée. L’incendie crame son estomac, réchauffe son corps à moitié mort. Comme bourré d’analgésiques, le forcené entre ses côtes le harcèle moins. Il n’y a qu’ainsi qu’il parvient à estomper les traits déformés d’Allison, monstre aux pupilles livides, de son esprit détraqué. A les faire disparaitre. A réentendre sa voix douce et fluette, au lieu des grognements bestiaux ayant annihilé toute forme de parole. A ne plus l’imaginer déchiqueter avec ses dents la chair d’une proie offerte sur un plateau d’argent. Elle les aime vivantes. Ne tolère que les êtres encore chauds pour repas. Il en frissonne, les doigts tremblants. Une partie de la liqueur dorée s’échappe de son contenant, brûle les égratignures en travers de ses mains. Aussi inapte que sa femme à mettre un terme à cette situation inhumaine. De perdre définitivement son enfant. Réduits à n’être plus que les vulgaires ombres d’eux-mêmes, ils se raccrochent à la plus infime lueur d’espoir. Se noient dans le déni pour ne pas avoir à supporter un deuil tragique. C’est bien la seule chose qu’ils partagent encore. L’abominable secret, et leur culpabilité latente. Le fardeau qu’ils se trainent, bien trop lourd pour eux. Celui qui finira par les achever.

L’islandais a troqué son uniforme de peacekeeper contre des habits de civil. Pour mieux se fondre dans la masse. Se mêler aux autres dépravés, affairés à transgresser les lois dans le repère sordide. Trop occupés à épancher leur propre soif d’interdits pour démasquer l’intrus. L’épave n’a pas trouvé le courage de rentrer et d’affronter les œillades chargées de mépris de Louiza. La sensation infecte d’être un minable qu’elle accentue à l’extrême, même sans s’en apercevoir. Plongé dans ses pensées mortifères, il ne consent à s’extirper de sa torpeur inquiétante qu’en entendant des éclats de voix. Un rire se brise contre ses oreilles, chargé d’une allégresse à mille lieux de son état actuel. Le son l’irrite, mord hargneusement la cage thoracique de l’aigri. Les rétines translucides glissent vers la source. Deux hommes se rapprochent, laissent leurs souffles suaves puis leurs lèvres voraces se mêler. Inconscients du danger. Irrésistiblement attirées, ses sphères acérées ne parviennent pas à s’en détacher. Elles scrutent l’un des deux coupables avec une attention presque gênante, inconvenante. Il croit reconnaitre la silhouette la plus imposante, et sa respiration se coupe l’espace d’un instant. Le mélange infect de surprise, de jalousie et de haine le prend aux tripes. Jusqu’à ce que l’imprudent cesse de lui dévorer les amygdales, pour lui permettre d’identifier le visage de son partenaire de crime. Ce n’est pas lui. Ils n’ont que leur taille hors-norme et leur couleur de cheveux en commun. La tension se relâche et il expire bruyamment, comme pour rattraper le temps passé en apnée. Le fantôme de son ancien amant se dissipe, et le félin tapi en lui peut rétracter ses griffes. Il en peste d’amertume, écœuré d’avoir confondu. Avant de se décider enfin à prendre ses responsabilités pour rentrer chez lui.  

[…]

Toujours la même appréhension, la même boule d’angoisse qui vient tordre ses entrailles comme une vulgaire éponge. Il n’y échappe jamais, chaque fois qu’il fait remonter la lourde porte métallique lui permettant d’accéder à son garage. Il est pourtant toujours animé de l’espoir ridicule que la vision d’horreur sera différente. Qu’il n’y aura devant ses iris que des cartons entassés et des outils dont il ne se sert pas. Et pas une furie miniature, prête à l’éventrer. Cette fois-ci, seul un silence glaçant vient toutefois se heurter à ses tympans. Les râles affamés ont cédé leur place à des soupirs faméliques presque inaudibles. Littéralement vidée de son énergie, la petite rampe dans sa camisole de force, contre son matelas de fortune. La lourde chaine qui enserre sa cheville réduit considérablement sa faculté de mouvement. Rhys s’en rapproche, s’accroupit puis plonge ses doigts dans les boucles dorées avec tendresse et appréhension. Deux billes embrasées par la folie se tournent brutalement vers lui. La mâchoire claque à quelques centimètres de ses doigts. Il a le réflexe de les retirer à temps. Elle semble incapable de réitérer l’offense. Les gencives grincent, se percutent dans un crissement affreusement désagréable. Le militaire se relève, rejoint l’intérieur de la maison en empruntant l’escalier.

Excédé, tous ses gestes sont brusques, raides. Un éléphant dans un magasin de porcelaine ne ferait pas moins de bruit pour annoncer son arrivée. La grâce de la panthère noire reléguée aux oubliettes. Il pose ses clefs de voiture rageusement contre la table ensevelie sous les papiers, sans prononcer un mot. Il n’en a pas besoin, puisque son épouse se charge de faire les questions et les réponses, cynique à en crever. Les hostilités sont ouvertes. « - J’en ai l’air ? Tu peux comprendre la notion de travail ou bien le concept te dépasse toujours complètement ? » Siffle t’il, plein de mauvaise foi, en cherchant du regard les sphères sombres de sa femme. Mais il n’attend pas qu’elle daigne lever ses prunelles médisantes vers lui pour enfoncer le couteau dans la plaie. « - Je peux savoir ce qui s’est passé ? Je viens de voir Allie, elle est complètement inerte et prostrée. Tu as osé te nourrir sur elle ? C’est ça ? Tu crois vraiment qu’elle a besoin de ça, dans l’état où elle est ? » Gronde t’il. Les intonations restent basses, comme pour éviter d’alerter les voisins d’une énième scène de ménage, mais il accuse et fulmine. « - Tu ne crois pas que tu en as déjà assez fait ? » Le sous-entendu est clair. C’est sa faute si leur fille en est là.

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MessageSujet: Re: How can you say that your truth is better than ours? - RHYS   Mer 21 Oct - 23:14

Elle avait siffloté ses paroles en guise de bonjour. Lui déverser quelques amertumes était devenue une habitude, presque. C'était peut-être sa façon de lui demander comment s'était déroulée sa journée, et qu'elle avait pensé à lui. Elle n'attendait pas de réponse en particulier, et n'allait pas faire l'effort de répliquer s'il présentait avec du répondant aujourd'hui – ce qui était apparemment le cas.
Il vomissait ses petites répliques acides comme s'il les avait soigneusement préparées lors du chemin du retour et peaufinées dans l'ascenseur. Alors qu'elle ne daignait pas lui adresser un regard, lorsqu'il l'accusa de se nourrir sur leur fille, elle ne put qu'arrêter ses activités et le foudroyer avec ses yeux perçants. Elle resta interdite une seconde de plus, lui laissant l'occasion de l'accuser encore un peu.
Elle s'était habituée à beaucoup de choses. Voir leur relation se dégrader comme un pot de confiture qui se vide, et voir qu'ils n'étaient capables de rien pour la sauver. Apprendre qu'elle était enceinte alors qu'ils n'y croyaient plus – ou elle n'y croyait plus, seule, peut-être ; et apprendre en même temps qu'elle avait été dupe pendant un certain temps. Le cumul de ces derniers changements l'avait anéantie. Elle s'était sentie minable, et refusait en même temps de tout abandonner. Elle n'avait pas envie d'échouer encore, échouer quelque part qui la concernait elle seule. Mais en vérité, elle sentait que la situation actuelle pouvait facilement être décrite par les termes d'échec, catastrophe et immoral.
Elle s'était presque habituée à la condition de leur fille, en quelques sortes. Elle n'était plus aussi choquée ni révulsée à l'idée de garder Allie attachée dans le garage – et c'était terrible à dire. Elle était toujours aussi désespérée quant à son état qui ne semblait pas s'améliorer ni se stabiliser, elle craignait qu'elle ne fasse une explosion de violence, et que cette prison-ci ne lui soit plus suffisante. Elle craignait qu'on ne trouve jamais d'antidote. Elle craignait la perte de sa fille. Elle n'était toujours pas à l'aise à l'idée de la nourrir avec des animaux morts et redoutait le moment où il faudrait passer à l'étape supérieure. Mais d'une façon... savoir qu'elle était attachée ne l'atteignait plus autant. Elle faisait ça pour leur fille, pour son bien, pour la sauver. Ce n'était pas inhumain. Ni cruel, ni fou, ni insensé. C'était pour sauver Allison.
En revanche, elle ne s'était pas habituée aux reproches. Pas à cette accusation qui la désignait comme l'unique responsable de l'état d'Allie, ni celle où elle était un élément actif dans l'affaiblissement de leur petite.

« Tu me dis ça comme si tu en savais quelque chose. Tu passes tes journées et tes nuits dehors et tu vas jeter un coup d’œil sur elle à 1h du mat, et trois secondes après tu te casses. T'as aucune idée de son état, de comment elle se comporte du matin jusqu'au soir car TU N'ES PAS LA. »
Il était impensable pour elle qu'elle puise son énergie chez Allie. Allie n'avait rien à lui donner, et Louiza ne le prendrait pas de toute façon. Elle savait se contrôler, elle le faisait tous les jours. Elle grapillait un peu d'énergie vitale chez les personnes qu'elle croisait, quelques poussières d'énergie à chaque contact léger, dans les transports en commun, à l'hôpital lorsque le patient ne risquait rien.
Elle jugeait qu'elle s'en sortait bien. Malgré que tout était devenu fade et que le monde semblait avoir basculé dans des teintes sépia, que les odeurs n'avaient plus rien de ce qu'elles étaient et qu'elle ne les ressentait à peine, que la faim qui la tenaillait n'avait rien de celle qu'elle connaissait, et qu'elle était toujours là, constante, et que malgré ce qu'elle pouvait voler chez les uns et les autres, il lui semblait que ce n'était jamais assez. Jamais assez pour être rassasiée, mais assez pour finir la journée.
« T'as pas le droit de m'accuser de tout et n'importe quoi. Je sais qu'on a du mal à trouver un terrain d'entente, mais je pensais que... Je pensais que Allison en était un. Je pensais que malgré le fait qu'on soit des gens cons, sacrément cons, il y avait une chose sur laquelle on était d'accord et sur laquelle on pouvait se faire confiance. »

Elle avait l'air presque déçue. Sa voix était devenue plus douce que pour la première réponse. Elle regrettait réellement qu'il puisse s'imaginer une chose pareille – mais encore plus fort que le regret, c'était la colère.
Elle ne put s'empêcher de rajouter, très calmement, mais d'un ton sec : « Mais je vois que j'ai placé beaucoup trop d'espoirs en toi. »
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MessageSujet: Re: How can you say that your truth is better than ours? - RHYS   Jeu 29 Oct - 21:01

Il est facile, incroyablement facile, de rentrer à des heures imbues de la nuit pour mieux agir en inspecteur des travaux finis. D’asséner les pires reproches quand on choisit la fuite pour ne pas avoir à affronter la réalité sordide. Mais c’est le seul refuge qu’il a trouvé. Le seul moyen de préserver sa santé mentale, ou ce qu’il en reste. D’oublier la douleur lancinante qui lui vrille les tripes, ne serait-ce que quelques heures. La peur effroyable qui s’y tord comme un serpent, et expulse son venin mortel sur ses organes vitaux. S’éloigner n’est plus un caprice, une vengeance perfide pour l’avoir contraint à s’asphyxier sous la poussière des archives. C’est devenu une nécessité, une question de survie. Il est sans doute moins fort, moins résistant que sa femme, qui passe tout son temps avec leur fille malade. Plus lâche. Adolescents, l’islandais avait déjà la conviction de ne pas la mériter, et absolument rien n’a su le détromper depuis. Bien au contraire. Le sentiment d’infériorité s’est renforcé. Peut-être aussi qu’à trop l’entendre, dans sa bouche comme dans celle d’Elias, il a fini par le croire. Le malaise ne l’empêche pas de la foudroyer de son regard ombrageux, suintant du mépris qu’elle répand elle-même dans ses paroles. « - Je la vois suffisamment pour m’en faire une idée. Qu’est-ce que tu voudrais que je fasse de plus ? Plus elle est en contact avec nous, plus elle s’agite. » Il y croit dur comme fer, à ses excuses. Aux prétextes qu’il invente pour alléger sa conscience.

Les intonations se parent d’accents moins agressifs, et pourtant terriblement plus tranchants. Les mots viennent lui écorcher le cœur comme une lame. La douceur apparente le blesse plus qu’elle ne l’attendrit, accentue l’éclat glacial de ses prunelles. Il se demande un instant si la grecque cherche sincèrement à apaiser les conflits, ou à les aggraver. « - Et pourquoi pas ? Pourquoi tu aurais davantage le droit que moi d’être épargnée quand tu commets des erreurs ? Alors parce que ça touche Allie tu devrais avoir une espèce d’immunité ? Au nom de quoi ? Tu ne te gênerais pas pour m’en mettre plein la gueule si les rôles étaient inversés, c’est trop facile de te défiler. » Crache t’il, peu décidé à rendre les armes. La rancœur qu’elle lui voue le déchire depuis trop d’années pour qu’il se concède à nouveau le mauvais rôle. Sa dernière réplique moralisatrice lui fait lever les yeux au plafond et sa mâchoire se serre. « - C’est ça, joue encore la carte de la déception, au cas où ça me serait pas encore rentré dans le crâne. »

ll n’y a qu’elle pour le faire sortir si aisément de ses gonds. Pour le rendre si acariâtre en un temps record, alors qu’il a appris à faire preuve de retenue et à déployer des trésors de patience avec les autres. Dès qu’il passe le pas de la porte, toutes ses émotions se décuplent, se mélangent en un maelstrom extrême et meurtrier. Le tumulte infernal le détruit. Les détruit. Ils se font bousiller par leurs propres erreurs, par la situation impossible dans laquelle ils se sont embourbés. Il exècre ce qu’ils sont devenus. L’accident a fait voler en éclats l’harmonie précaire qu’ils avaient réussi à créer autour de leur enfant, et les débris circulent dans leur sang. Il a souffert de la guerre, des horreurs perpétrées au nom de son engagement dans l’armée. Les nuits entrecoupées de terreurs nocturnes. L’enveloppe tailladée par des douleurs fantômes. Mais ce n’était rien, strictement rien, à côté de l’impression d’avancer en permanence sur un champ de mines avec Louiza. De cette sensation atroce que tout peut leur exploser à la gueule et empirer affreusement leurs maux. Leur arracher leur petite, les laisser irrémédiablement démunis. Un mal en a chassé un autre, remplaçant les cauchemars de ses années de service par l’horreur d’être découverts. Et paradoxalement, celle de ne justement jamais être délivrés de ce fardeau, même s’il ne se l’avoue pas et qu’ils n’y survivraient probablement pas. Pas plus en tant que couple qu’individuellement. Les nerfs à vif, il n’est plus capable de réfléchir, de se contenir. Le soldat ne distingue plus chez elle que des tentatives pour le meurtrir. Relève un sens caché et mauvais derrière les remarques les plus anodines. Le corps arqué de colère, ses muscles tirent la chair zébrée de cicatrices, se tendent péniblement sous sa peau. « - Lève-toi. Tu vas aller constater que son état s’est dégradé entre ce matin et ce soir par toi-même. » Rugit le milicien, autoritaire comme lorsqu’il doit faire obéir aux ordres ses recrues. Il ne lui laisse qu’une poignée de secondes pour obtempérer avant de contourner la table et d’empoigner violemment son bras. Il la fait se mettre sur ses pieds de force et la pousse sans ménagement vers l’escalier du garage.

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MessageSujet: Re: How can you say that your truth is better than ours? - RHYS   Mar 3 Nov - 20:55

Plus elle est en contact avec nous, plus elle s'agite. S'il s'acharnait à croire à ça, Louiza se raccrochait à l'exact opposé. Elle essayait de travailler moins, revoir son contrat pour diminuer le nombre d'heures de travail dans la semaine. Elle posait ses congés par-ci par-là, non pas pour se prendre une escapade fraîche et revigorante – bien qu'elle en aurait besoin, mais pour rester à la maison en pyjama toute la journée, passer des bouts de journée avec sa fille, et chercher à comprendre ce qui lui arrivait, chercher à savoir si des cas similaires existaient ou avaient existé et ce qu'ils avaient fait. Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, pour être sûre de lui donner le plus de chances possibles. Lorsqu'Allie commençait effectivement à s'agiter en sa présence, elle ne le prenait jamais personnellement. Elle se disait simplement qu'il était un moment de la journée où Allie s'agitait, qu'elle soit présente ou non – mais ce qu'elle ne s'avouerait jamais, aussi, était qu'Allison n'agitait très rarement en sa compagnie. Elle devenait plus faible et plus molle, et ça, Louiza ne pouvait le nier – même si elle le faisait sans difficulté face à Rhys.

Ce qu'il disait était vrai. S'il avait été celui qui était en compagnie d'Allie ce jour-là, elle l'aurait recouvert sous des tonnes et des tonnes de reproches et piques assassines, constamment, sans lui accorder la moindre pause. Elle aurait voulu qu'il se noie dans son venin, et même après ça, elle n'aurait pas été satisfaite. Cependant, le fait d'être dans cette position maudite lui donnait un tout autre avis. Elle n'était plus si amère, et se montrait plus compréhensive dans les apparences, du moins. Elle prêchait le fait qu'on ne pouvait pas vraiment pointer du doigt de véritables coupables, autres que ces monstres qui les avaient attaquées évidemment. Elle reconnaissait être désolée et s'en vouloir pour ce qui s'était passé, mais il était injuste de la tenir pour unique responsable. « UNE ERREUR ? On nous a attaqué, ce n'est pas une erreur, je ne me suis pas trompée. Si tu avais été avec elle, ça n'aurait rien changé. Tu n'étais pas là, tu n'es jamais là, tu n'as jamais été là, tu n'en sais rien. »
En apparence, c'était le message qu'elle voulait faire passer à Rhys, en réalité, elle se disait tout ce qu'elle aurait craché à la gueule de son mari bien aimé s'il avait été dans sa position.

Puis Rhys changea de ton. A peine avait-elle eu le temps d'absorber ses quelques mots qu'il la forçait à se relever, la tirant sans ménagement vers la porte menant au garage. Elle ne voulait pas qu'Allie prouve ses dires. Que l'état d'Allie confirme ses accusations. Alors elle tenta de se dégager, violemment, du mieux qu'elle put, renforçant en parallèle la prise autour de son bras. « Je te dis que je sais comment Allie se porte, car j'étais là toute l'après-midi. » grinça-t-elle entre ses dents, à quelques centimètres de son visage. Elle était incapable de situer la dernière fois où elle avait été aussi près de Rhys. Elle avait l'impression que cela faisait des décennies qu'ils se déchiraient et s’entre-tuaient joyeusement. Elle ne se rappelait plus de la dernière once d'affection qu'ils auraient pu se montrer. Elle se demandait s'ils en étaient encore capables. Elle le regardait, défiante, scrutait ses traits fatigués et ses grands yeux qui la mitraillaient. Elle se demandait comment elle avait pu tomber dans ses bras une fois, puis encore une fois, car le triste portrait qui s'étalait sous ses yeux n'avait rien d'attirant. Elle avait pitié pour l'homme qu'elle voyait, et le méprisait sans retenue. « Lâche-moi, Rhys. » siffla-t-elle entre ses dents serrées. « Si tu rentres aussi tard dans l'unique but de m'emmerder, tu ne devrais pas rentrer du tout. »
Voyant qu'il ne s'exécutait pas, elle força contre ses doigts pour se défaire elle-même de sa prise. Elle lui lança un regard noir, avant d'aller s'installer de nouveau sur le canapé, les jambes croisées, en espérant qu'il ne vienne pas la chercher de nouveau pour la forcer à pénétrer le garage.

« Je sais ce que c'est de faire des erreurs, je le constate tous les jours vers minuit/une heure du matin lorsque tu traverses le seuil de la porte. »
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MessageSujet: Re: How can you say that your truth is better than ours? - RHYS   Ven 13 Nov - 22:23

Le point de non-retour atteint et allègrement dépassé. Il ne pouvait que se rendre à compte à quel point tout ce qu’ils avaient cherché à reconstruire avait été vain. Vain et exténuant. Grignotées par la rancœur, les poutres s’effritaient dangereusement. Menaçaient de faire s’effondrer tout l’édifice en papier mâché à tout moment. Rongées par une vermine si pugnace, si profondément ancrée, que rien ne pourrait parvenir à l’en déloger. Ils n’avaient fait que se leurrer en cherchant à sauver leur mariage. Ils ne savaient que jeter de la poudre aux yeux. Que faire semblant devant leur entourage ou même l’un avec l’autre. Allison était leur seule raison de tenir, d’entretenir la mascarade. Ils avaient misé la survie de leur couple bancal sur elle, et tout se démantelait désormais. Les paumes s’écorchaient en tentant de ramasser les débris calcinés, de les recoller à nouveau maladroitement. Le milicien ne pouvait parler de sa situation à personne. En mettre plein la figure de sa femme en rentrant était devenu finalement le seul exutoire à sa portée. La moindre critique se retrouvait décuplée, réduisait ses nerfs déjà à vif en lambeaux. Tu n’as jamais été là. Prévisible, le reproche raya pourtant ses gencives, tordit ses entrailles comme un vulgaire chiffon. L’affirmation catégorique était vécue comme une profonde injustice, rabaissait tous les efforts que l’infidèle avait pu faire pour se racheter. « - J’ai jamais été là ? Comment t’ose me sortir des âneries pareilles ? J’ai peut-être pas été à la hauteur de tes espérances en tant que mari, mais j’ai toujours été là pour la petite. J’aurais pu me tirer à sa naissance, t’étais bien contente de pas traverser ça seule. Et j’étais là pour toi aussi, quand t’agonisais dans ton lit, tout ça parce que t’as pas été foutue de rester sagement à l’intérieur pendant les émeutes. » Glaciale, sa voix restait néanmoins égale, laissait présager d’une de ces colères froides et perfides dont il avait le secret. S’il parvenait à ne pas hausser réellement le ton, il contrôlait en revanche de moins en moins son langage, incapable de ne pas sombrer dans la vulgarité.

« - Je ne suis certainement pas un cadeau mais je ne vois pas qui d’autre pourrait supporter un dragon comme toi. Putain ça t’arracherait la gueule de te remettre en question de temps à autre ? T’es pas fatiguée ? » Il détestait ce petit ton condescendant qu’elle empruntait avec lui. Sa façon singulière de le poignarder du regard et de l’enterrer profondément sous terre. Son dédain l’écrasait. Réduisait l’opinion qu’il pouvait avoir de lui-même à un néant abyssal, même s’il s’efforçait de ne pas ciller. Ravaler la douleur, le sang qui se déversait hors de ses organes vitaux. Hémorragies sentimentales qui l’assassinaient lentement mais surement de l’intérieur. Le pire était sans doute que son épouse ignorait encore bien des choses sur lui, sur l’intensité et la durée de ses traitrises. La prise sur son bras se renforçait à mesure que la furie cherchait hargneusement à se dégager. Une part de lui brûlait de lui briser, de le rompre juste pour lui faire mal comme elle le blessait lui par le biais de ses mots acides. Un juste retour de boomerang. « - Tu t’en rends même pas compte hein ? T’as une tellement haute estime que toi que tu peux pas admettre que je puisse avoir raison, même ne serait-ce qu’une fois dans ta pauvre vie. Même s’il en va de santé à elle, et pas de ton misérable ego. » Siffla t’il, son souffle suffisamment proche pour caresser la peau suave de sa pommette. Le contact, dérisoire, était le seul dont il pouvait s’abreuver tant le gouffre entre eux s’était creusé. Ils se rendaient mutuellement trop malades pour parvenir à se toucher autrement que pour se détruire, s’agresser. Pour se communiquer autre chose que du ressentiment par les gestes. Les mains ne courraient plus contre l’enveloppe enjôleuse, ne s’appropriaient plus les courbes sous peine de se voir sèchement repoussées. Stoïque, il la toisait de toute sa hauteur et la laissa s’acharner jusqu’à s’échapper de la prison improvisée de chair. Le soldat ne poussa pas le vice jusqu’à la suivre, même si ce n’était pas l’envie qui lui manquait de la forcer à se relever et à obéir sans plus de cérémonie. A mi-chemin entre le mari brutal et l’enfant capricieux.

Tremblant de rage, l’islandais préféra s’éloigner avant de commettre l’irréparable. De prononcer des paroles qu’ils pourraient tous les deux regretter. Voire de s'en prendre physiquement à elle. Comme une lame, les intonations amères de Louiza tranchèrent cependant le silence qui venait de s’instaurer,  et le fusillèrent sur place. Dos à elle, il se stoppa net, pétrifié. Il ne s’attendait pas à une attaque aussi directe. A ce qu’elle franchisse si aisément un seuil supplémentaire dans la violence verbale. L’échine lacérée de frissons, ses paupières se refermèrent furtivement, comme pour mieux emmagasiner la pique. Il se retourna après quelques secondes, presque théâtral. Ses rétines translucides braquées sur la silhouette gorgée de venin. Les billes d’acier sondèrent les émeraudes à distance, tandis que ses barrières de nacre filtraient les mots qui auraient pu franchir ses lèvres. Les mastiquaient jusqu’à proférer la menace voulue. « - C’est ce que tu veux ? Me voir partir ? Parce que ça peut s’arranger si c’est vraiment ce que t’espère en me balançant ce genre d’horreur à la gueule. » Il ignorait s’il attendait une réponse positive ou négative. S’il ressentirait du soulagement dans un cas comme dans l’autre. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il ne supportait plus le dégoût viscéral qui les tenaillait tous les deux. « - Mais faudra pas venir me reprocher après d’avoir mis les voiles, c’est trop facile de te faire sans arrêt passer pour la victime. De me coller tous les torts constamment, même quand j’y suis pour rien. Ce sera ta décision. »

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MessageSujet: Re: How can you say that your truth is better than ours? - RHYS   Jeu 19 Nov - 23:42

Elle avait l'impression de revivre ces soirées à chaque fois. Chaque soirée ressemblait à la précédente, et ainsi de suite, et ainsi de suite. C'était toujours pareil, encore et encore, comme une vieille peluche de perroquet bousillée qui répéterait toujours les trois mêmes mots avec une voix horrible qui vous reste à l'esprit. Rhys était un horrible perroquet, avec son air nonchalant et ses grands yeux plein de mépris. Une bestiole aux couleurs vives qui lui défonçaient gentiment les yeux et qu'elle prendrait plaisir à déplumer.
C'était ainsi tous les soirs, ou presque. Elle semblait entendre le même discours, dissimulés sous des mots et provocations différents. Et lorsqu'ils ne se disaient rien, sans doute trop fatigués de leurs journées respectives, des soirées déjà passées et simplement de leur personne, elle avait l'impression qu'il restait toujours entre eux, quelque part dans l'air, le fantôme de leurs maux. Elle ricana lorsqu'il osa lui dire qu'il avait toujours été là pour leur fille. Ils n'avaient décidément pas la même définition du mot 'toujours'. « Tu crois qu'être là quand elle est en train de... T'es le père qui se ramène seulement aux anniversaires avec un cadeau dans les mains et qui espère attirer toute la gloire et je ne sais quoi encore. C'est tout que tu es, Rhys, et ça tu ne le captes pas. »

Un dialogue de sourd, voilà tout ce que c'était. Et ça rendait Louiza folle de colère. On dit toujours qu'il y a au moins deux versions à une histoire, mais c'était quelque chose qu'elle n'avait jamais réellement compris. Elle ne comprenait pas comment on pouvait dire une chose pareille, car pour elle il y avait la vérité, et les semblants de vérité qui jonchaient autour de cette dernière. Le problème étant qu'elle n'avait jamais considérée sa version comme une de celles qui étaient rejetées en périphérie.
Elle écoutait chacune de ses paroles acides et chaque goutte venait lui brûler la peau. Pénétrait sa chair pour réduire en cendres tout ce qui pouvait se cacher en dessous. Elle le détestait. Dans ces moments là, elle le détestait – et parfois, elle se demandait si elle ne faisait plus que le détester maintenant. Elle n'arrivait pas à trouver d'affection en elle, pas de tendresse, pas de douceur. Dès lorsqu'elle passait le seuil de la porte, elle devenait cette femme amère que Louiza ne reconnaissait pas de le miroir. Elle ne reconnaissait pas cette voix pleine de haine et de colère, si sèche et si tranchante. Elle n'avait jamais été ça. Elle était cette fille au sourire constant, malicieuse et qui se baladait avec ses boucles qui rebondissaient à chaque pas. Et elle était devenue une espèce de monstre qu'elle ne connaissait pas.
Lorsque Rhys lui tendit le bâton, elle faillit ne pas réfléchir et l'attraper. Les mots lui échappèrent presque. Elle eut envie de gueuler OUI, oui j'aimerais que tu te casses et que tu ne viennes plus jamais rôder dans le coin. Oui, j'aimerais que tu prennes tes dernières affaires et que tu dégages de nos vies, parce que c'est visiblement le choix que tu as fait. Mais sa gorge se noua, et aucun son ne put sortir.

Elle resta silencieuse quelques longues minutes, tiraillée entre la rage brûlante qui semblait atteindre sa température d’ébullition et la terreur qui la paralysait petit à petit. Elle n'avait aucunement envie de tout perdre – perdre plus qu'elle n'avait déjà perdu. Elle finit par grogner bruyamment, passant ses mains dans ses cheveux pour les retenir en arrière quelques secondes, immobiles et le regard fixe devant elle. Elle souffla, et se réinstalla en tailleur, orientée vers Rhys. « Comment est-ce qu'on en est arrivé là ? » dit-elle, plus calme, sans pour autant s'être résignée. Elle avait toujours dans la voix ce petit ton cynique, sa façon de se mettre à distance des choses. Prétendre que ça ne l'atteignait pas tant que ça, qu'elle parvenait encore à s'en moquer. La question n'était cependant pas une mascarade. Elle se demandait réellement ce qui les avait mené à prendre un chemin aussi sombre. Ce qui avait pu se briser si doucement pour que tout l'échafaudage se casse la gueule aussi violemment. Peut-être qu'Elias avait raison, qu'elle n'aurait jamais dû l'épouser. Qu'elle n'aurait jamais dû s'engager dans quoique ce soit avec le meilleur ami d'enfance de son grand frère. N'existe-t-il pas une règle universelle contre ces relations-là ? Ces choses qu'on ne vous apprend jamais ouvertement mais que tout le monde se doit de savoir pour la vie en société ?
« Écoute, si tu veux partir, va-t-en. Je serai la dernière à te retenir parce que... Parce que je n'ai plus aucune raison de le faire, et que Allie n'est pas une raison. Et que... au fond, je me demande pourquoi tu restes encore ici, je me demande pourquoi tu ne t'es pas barré quand tu en as eu l'occasion. Et ne me dis pas que me savoir enceinte t'a fait changer d'avis et que tu t'es senti obligé, par je ne sais quelles responsabilités invisibles et principes vagues, d'élever ta fille. Si c'est pour faire ça tous les soirs, va-t-en Rhys, on n'a plus rien à se dire, plus rien à faire ensemble. » Elle plongea son visage dans ses mains, se frottant les yeux lentement, avant de se redresser légèrement. « Mais n'essaie pas de me faire jouer le mauvais rôle, celle qui te chasse de chez toi. Tu veux te barrer, fais-le mais ne viens pas par la suite me dire que c'était à cause de moi, ou encore mieux, pour moi. Tu ne m'as jamais écoutée, et je doute fortement que tu commences aujourd'hui. Tu me fatigues et ça ne m'amuse plus. »
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MessageSujet: Re: How can you say that your truth is better than ours? - RHYS   Ven 20 Nov - 20:41

Comment est-ce qu’on en est arrivé là ? La même question tournoyait dans les méandres de son esprit détraqué, le retournant dans tous les sens. Il connaissait pourtant déjà la réponse. Comment et surtout pourquoi les rouages de l’engrenage fatidique s’étaient actionnés. En lui demandant d’abandonner son travail, elle l’avait forcé à renoncer à ce qu’il était. Un militaire. Un soldat. Elle avait détruit tout ce qui le faisait se sentir vivant depuis l’annonce terrible qui avait précédé son engagement dans l’armée. Enterré sous la paperasse, contraint d’exécuter quotidiennement des tâches rébarbatives et monotones, il s’était retrouvé à nouveau seul avec sa conscience. Avec tout le loisir de réfléchir à sa conception effroyable, au sang putride qui coulait dans ses veines comme de l’arsenic. De songer à l’inutilité de sa condition, plus frappante que jamais en ne servant plus une cause noble telle que la défense de la nation. Piégé dans une routine qui ne lui ressemblait pas, dans un type de relation qui ne lui convenait pas. Il n’était probablement pas fait pour la stabilité. Pour entretenir une longue et assidue relation de couple avec quelqu’un sans perdre la ferveur des premiers temps. Leur mariage se portait à merveille tant qu’ils ne se croisaient que lors de ses permissions. Tant qu’ils pouvaient profiter de la présence de l’autre sans la subir. Calyxte lui offrait tout ça. Le chaos, l’incertitude, les instants volés. L’adrénaline pure, stimulante, délicieuse. Addiction brûlante et impérieuse dont il avait très vite été incapable de se passer. Même si comme les drogués les plus extrêmes, en plein déni, il prétendait être capable d’arrêter dès qu’il en aurait envie. Il chérissait la possibilité d’évacuer toute sa frustration, toute l’animosité accumulée contre son épouse, dans leurs ébats. Une manière perfide de traiter la rancœur qu’il éprouvait contre elle. Le mal par le mal. La vengeance en riposte au choix qu’elle lui avait égoïstement imposé. Voilà comment ils en étaient arrivés là. A cause de l’immaturité pathologique de l’islandais. De son besoin viscéral de saccager tout ce qu’il construisait. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à sauver, plus qu’un néant abyssal à leurs pieds.

Mais Rhys n’incarnait plus le seul destructeur. Elle l’aidait désormais volontiers dans son entreprise, au marteau et au burin. Il avait transformé une jeune femme douce et enjouée en un monstre de froideur. Ils pataugeaient dans leur marécage de douleur, s’y embourbaient jusqu’au coude. Aggravant leur position critique au moindre mouvement. Il attendait la sentence de la grecque comme un condamné à mort sur son échafaud, et elle lui fit effectivement l’effet d’un couperet lorsque le silence fut brisé. « - Parce que moi ça m'amuse tu crois ? Quelle différence ça fait, que je le veuille ou non ? » Souffla t’il, presque abasourdi qu’elle puisse envisager qu’il s’agissait encore d’une question de volonté. Ils n’en étaient plus là depuis longtemps. En lui retournant sa question implicite, il se gardait aussi bien d’y répondre. « - Je suis le seul à admettre qu’on est dans une impasse ? Fais pas comme si tout ça ne dépendait que de moi. Si je reste, on finira par s’entretuer. On ne se supporte plus. » Il ignorait s’il souhaitait recoller les morceaux ou non. S’accrocher à un espoir chimérique. Elle ne lui proposait d’ailleurs pas, elle ne mettait pas d’eau dans son vin. Ils pouvaient rester comme ils l’étaient ou il pouvait fuir, en emportant avec lui sa médiocrité. Il ne lui semblait pas qu’un troisième choix s’offrait à lui, à eux, en écoutant sa femme. Qu’une bouée de sauvetage pouvait les ramener sur le rivage, les empêchant de se faire écorcher mortellement par les récifs.

« - Quel autre choix il nous reste ? T’as une meilleure option ? Je suis resté parce que je le voulais, parce que j’ai jamais eu vraiment l’intention de te quitter. Parce que ça me déchirait le cœur de risquer de ne voir notre fille que les week-ends et les vacances scolaires, ou même ne serait-ce qu’à moitié. Pas parce que j’étais obligé, pas non plus car j’estimais qu’elle avait besoin de son père, même si c’était le cas. Quoi que tu puisses en penser. » La décision de rester avait été en vérité affreusement facile à l’époque, lorsque son amant l’avait éconduit lâchement par le biais d’un intermédiaire. Sans prendre la peine de lui annoncer en personne. Il n’avait pas eu à choisir, à se poser des milliards de questions. Ne pas abandonner Louiza, de surcroit enceinte, s’était imposé comme une évidence. Mais s’il s’en allait cette fois, ce ne serait pas pour retrouver des draps plus accueillants, d’autant moins en croyant à tort son sorcier mort. Ni pour la punir de ne pas avoir accepté d’être mariée à un courant d’air des années auparavant. Non, ce serait parce qu’ils se retrouvaient prisonniers d’une situation impossible. Qu’ils se faisaient vivre mutuellement un enfer, pour oublier ce qu’il était en train d’advenir de leur enfant.

Ses sphères d’acier rivées sur elle épiaient la plus infime de ses réactions. La gorge nouée, la bouche pâteuse, il sentait ses entrailles se tordre d’affliction. Une de ses mains s’appuya contre un meuble à portée, insufflant au bois toute la tension qui engluait ses os. « - J’arrive pas à comprendre… Qu’est-ce que tu veux à la fin ? Pourquoi t’as pas demandé le divorce Louiza ? Pour la beauté du geste ? Parce que ça aurait fait tâche dans le voisinage ? » Demanda t’il de but en blanc. La colère cédait sa place à une profonde lassitude. « - Je te dégoute, je le sais. Tu me détestes encore plus que ton frère, et c’est pourtant un expert dans ce domaine depuis quinze ans. »  Il avait perdu son frère de cœur pour elle. Pour une erreur d’adolescent qu’il continuait de payer à crédit. L’immense gâchis l’écœurait. « - Mais t’as raison, si je me tire, ça sera aussi et avant tout pour moi. » Conclut-il, sur un ton plus sec, à nouveau glacial.

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MessageSujet: Re: How can you say that your truth is better than ours? - RHYS   Sam 28 Nov - 23:07

Ils étaient dans une impasse, et ceux qui refusaient de l'admettre devaient être aveugles ou cons. Ou les deux, aveugles et cons. Ils étaient coincés, et la possibilité de faire marche arrière n'était même pas envisageable. C'était comme traverser un pont fragile et voir que les quelques mètres effectués s’effondraient à chaque pas, pendant que les mètres à venir les imitaient. Se retrouver sur un petit bout de bois en plein milieu, tandis que tout ce qu'il y a devant et derrière s'effondre. Et il n'était plus qu'une question de temps avant de prendre la chute également.

Ils ne faisaient que se renvoyer la balle, se poser des questions sans réponses et se donner des choix qui n'avaient jamais existé et qui n'en prenaient visiblement pas le chemin. Lui dire qu'il était resté parce qu'il le souhaitait. Parce qu'il n'avait jamais eu envie de la quitter – sous entendant sans doute qu'il l'aurait fait depuis bien longtemps si c'était ce qu'il voulait. Pour finir par lui demander pourquoi elle, elle restait ? C'était sans fin, absurde et sans issue. « Qu'est-ce que je veux ? J'ai l'impression d'être la gamine de 10 ans que tu essaies de fuir, et celle à qui tu demandes, une fois que t'en marre, ce qu'elle aimerait pour qu'elle te fiche enfin la paix. » C'était eux il y a vingt ans. Elle était la petite sœur collante qui voulait jouer dans la cour des grands. Participer aux coups foireux de son frère et de son meilleur ami, faire partie de ce duo qui semblait si soudé. Mais elle était la petite, la gamine, la chieuse, le pot de colle. Il faut croire que ça n'avait pas vraiment changé.
« J'avais juste envie de... » Elle fit quelques mouvements abstraits avec ses mains, cherchant ses mots. Elle ne savait pas vraiment ce dont elle avait envie, elle n'y avait pas pensé depuis longtemps. Il lui semblait que ça ne comptait plus depuis longtemps. Rhys était devenu un inconnu qu'elle détestait, et leur fille était... malade. Et ce qu'elle, Louiza, pouvait espérer ne comptait pas parmi les choses les plus importantes désormais. Elle soupira, et essaya tant bien que mal d'organiser quelques phrases : « J'avais envie de... Je sais pas, je voulais réussir quelque part, quelque chose. Rentrer chez soi le soir et discuter de nos journées respectives et... je sais pas, avoir la vie banale dont on ne parle pas parce qu'il n'y a rien à dire. J'avais pas envie d'un connard en tant que mari. » Elle avait prononcé cette dernière phrase presque légèrement. Elle ne le disait pas par pure provocation, n'essayait pas de faire une conclusion dramatique à sa petite envolée pleine d'espoir. Elle ne voulait pas finir ça sur une touche plus théâtrale, elle pensait simplement et s'était fait à l'idée au fil du temps. « Moi aussi je me demande pourquoi je n'ai pas demandé le divorce. Pourquoi je me suis accrochée à ça alors que... c'est débile. Et j'aurais dû m'en apercevoir dès le début, que ça n'avait pas de sens. Qu'on allait foncer droit dans le mur, et c'est ce qu'on fait. J'aurais dû écouter Elias... »

Les quelques secondes de répit, de silence ne durait jamais. L'un ou l'autre venait ouvrir sa grande gueule pour essayer d'engouffrer son adversaire. Et lorsque ce n'était pas le cas, il arrivait que ce soit Allie, hurlante. Allie, qui se déplaçait, ou qui essayait du moins. Elle entendait ce petit bruit aigu, le bruit de ses fers qu'elle ne pouvait plus ignorer. Elle avait développé son oreille pour ça. Et ça lui brisait le cœur à répétition.

« Mais je te retourne la question, pourquoi est-ce que tu n'as pas demandé le divorce ? Ou même, pourquoi est-ce que tu reviens encore toutes les nuits ici ? Tu me détestes, Rhys. Je le vois et je l'entends, et je sais pas pourquoi on fait encore semblant. » En réalité, si, elle savait. Cette raison était la seule chose qui restait, Allison. C'était tristement devenu leur raison à tout. Certains diront que c'est simplement le fait de devenir parent. Son enfant devenait le centre du monde et plus rien ne comptait, ils étaient la huitième merveille du monde, ils étaient Mozart et Pascal réunis, voués à devenir de grands artistes et de grands penseurs. Enfant prodige couronné par la réussite. Mais le problème des Steinsson ce n'était pas ça, pas tout à fait. Allie, en plus d'être devenue leur raison à tout, était surtout, leur excuse à tout.
« Ça fait depuis longtemps que c'est terminé, nous. » finit-elle par souffler. Si Rhys ne voyait peut-être pas les choses de cette manière, Louiza ne cherchait plus davantage. Elle considérait avoir assez combattu pour leur couple, pour leur famille. Elle ne s'arrêterait jamais pour leur fille, mais n'avait ni la force ni l'envie de renfiler l'armure pour Rhys. Ça n'en valait pas la peine. Il n'en valait plus la peine. « C'était terminé avant même que Allison naisse. Tu étais misérable, et j'étais misérable et c'était terminé, et tu n'as fait que le confirmer en allant trouver de la viande à baiser dans les rangs de l'armée. »
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MessageSujet: Re: How can you say that your truth is better than ours? - RHYS   Dim 13 Déc - 10:45

La vie banale dont on ne parle pas parce qu'il n'y a rien à dire. Une grimace méprisante étira instantanément ses traits découpés au scalpel. Déclenchée par son aveu davantage que par l’insulte qui suivit inévitablement. Elle était là, la différence fondamentale entre eux. Il n’aspirait pas à si peu. A s’enfermer dans une routine qu’il qualifiait spontanément de médiocre, même si sa fille était la meilleure chose qui lui était arrivé dans la vie. A laisser les journées s’étirer sans accroc. Prétendre le vouloir les avait menés au désastre. Il n’avait pourtant pas été capable de s’en rendre compte plus tôt, plus jeune. Nora aurait dû rester la petite sœur un brin collante, un brin agaçante. Celle qu’on préfère semer, qu’on évite d’embrasser en cachette de son ainé. Celle qu’on ne doit couver que d’un regard platonique, pour ne pas risquer de compromettre une amitié aussi forte que les liens du sang.

J’aurais dû écouter Elias… Sa mâchoire se serra hargneusement alors que les mots assassins venaient percuter ses gencives. C’était peut-être ce qui le détruisait le plus quand il jetait un œil en arrière, quand il constatait l’échec cuisant de leur mariage. Son ancien meilleur ami avait désapprouvé leur relation dès qu’il en avait eu connaissance, multipliant les critiques cinglantes pour les inciter à rompre. Cela n’avait pas fait bouger d’un iota Rhys, fermement décidé à ne pas faire de Louiza une erreur de jeunesse. Il aurait mieux fait de l’ériger sur un piédestal et de l’y laisser, au lieu de chercher à combler des années d’absences par une demande en mariage. Il avait perdu pour elle celui qui était tout pour lui depuis son arrivée sur le sol américain, et tout ça pourquoi ? Pour finir malheureux comme les pierres, détesté par les deux. Avec du recul, il n’était plus aussi certain que le sacrifice en valait la chandelle à l’époque. « - Ecouter Elias… On croirait entendre une petite fille qui pleurniche. C’est tout ce que tu sais faire, depuis le début. Chialer parce que t’as pas eu la vie que tu méritais. Chialer sur tous les malheurs qui s’abattent sur toi. C’est vrai qu’il est de bon conseil ton frère, avec son divorce sur les bras et son fils à l’hosto. On dirait bien que le donneur de leçons non plus ne l’a pas trouvée la recette du bonheur. » Cracha t’il, lâchant des mots qui dépassaient sa pensée, mais qui traduisaient néanmoins bien ses frustrations internes.

Sans se l’avouer, il espérait peut être un déclic en lui lançant ce qui ressemblait à s’y méprendre à un ultimatum. Qu’elle le retiendrait, qu’elle s’extirperait de sa forteresse de pierre pour tenter de reconstruire les ruines de ce qu’il restait d’eux. Au lieu de ça, il avait la sensation amère de la soulager. Qu’elle n’attendait que de pouvoir le pousser vers la sortie, guettant le premier prétexte. Odieuse et irrécupérable. On aurait pu lui confier qu’elle avait soigneusement préparé et conservé ses répliques dans l’attente d’une confrontation qu’il l’aurait cru. Son indifférence glaciale le blessait plus qu’il ne voulait bien l’admettre. « - Ce n’est pas parce qu’on déteste quelqu’un qu’on ne l’aime plus Louiza. Je suis surement un sale connard et un pauvre type mais je voulais me rattraper, recoller les morceaux. Sauf que t’en as jamais eu envie. T’en as jamais été capable. T’as fait semblant pour Allie. » Il n’oubliait pas toutes les choses qu’il avait aimé chez elle, qui l’avaient fait tomber amoureux, même si elles avaient désormais le goût infect de cendres. La jeune femme pleine de rêves et d’humanité qui s’était fanée à son contact mortifère, jusqu’à se muer en une vulgaire caricature de ménagère hystérique. Il savait qu’il ne la reverrait plus, qu’elle n’apparaissait plus que par petites touches en présence de leur fille ou qu’elle se trouvait furtivement à court de haine. Qu’importe l’envie de la retrouver, cela restait impossible puisqu’il n’était plus celui qui s’était entiché d’elle non plus. L’affection d’antan enterrée sous des gravats de rancœur et d’incompréhension.

Quand il pensait qu’ils ne pouvaient pas tomber plus bas, qu’elle ne pouvait pas se montrer plus ignoble, elle semblait prendre un malin plaisir à lui démontrer le contraire. Innommable, sa vulgarité lui coupa le souffle. L’escalade dans la violence verbale, jusqu’à atteindre un seuil d’ignominie encore inégalé. Sur son front, une veine saillante palpitait, marquait la colère vrillant ses tripes. Menaçant de fendre son crâne en deux. L’image abjecte tordait ses entrailles, le rendait malade. Il imaginait de la viande froide, un cadavre. Le milicien s’efforçait de l’effacer, de ne pas y penser, mais il savait que son amant était mort quelques mois auparavant. Il avait senti le lien soudant tout métamorphe à son créateur se briser, lui déchirer le cœur avant de le broyer. Les impacts étaient restés logés dans son palpitant difforme, le faisaient souffrir à chaque battement. Il pouvait sentir les éclats de verre qui roulaient, qui saignaient. Si profondément incrustés dans sa chair que chercher à les en retirer mènerait à l’hémorragie. Qu’elle ose salir sa mémoire au nom de sa jalousie puérile le rendait fou. « - De la viande à baiser ? C’est ce que sont tes patients ? De la viande ? » Il ne retint son élan de rage qu’en serrant le poing. Qu’elle ravale son venin et s’étouffe avec. « - Je t’interdis d’en parler si mal. Il ne mérite pas ça, il n’était même pas au courant que j’étais marié. Et c’était pas juste… C’était pas qu’une histoire de... » Il n’acheva pas sa phrase, ravalant les mots crus qui se pressaient au bord de ses lippes. L’islandais s’était toujours efforcé de ne pas mettre d’étiquette sur sa relation avec le soldat. Il évitait d’analyser ce qu’il pouvait ressentir pour lui, de comparer à son épouse. Par peur, sans doute. Mais aussi parce que c’était ce qui rendait l’adultère si savoureux, si passionnel. Ne pas se poser mille questions, ne pas subir les affres du quotidien. Comme transporté dans une réalité parallèle où il n’était pas enchainé, où il pouvait être lui-même. Calyxte le rendait libre, et il s’était accroché à cette plénitude jusqu’à s’en écorcher grièvement la peau. Jusqu’à que le sorcier le force à se disloquer en une bête furieuse, soumise aux inconstances de la lune. « - Pas du tout. » Lâcha-t-il entre ses barrières de nacre, comme un aveu douloureux. La grecque lui en voulait depuis des années pour ce qu’il avait dépeint comme de simples coucheries, brèves et ponctuelles, quand rien n’était plus faux. Elle ignorait qu’il avait fait horriblement pire. Le mensonge tenace était si monstrueux qu’il ne se sentait pas capable d’aller plus loin dans la confession. De balayer les ultimes miettes d'attachement qui subsistaient.

« - Tu sais quoi ? Tu devrais prendre exemple. Te faire sauter la rondelle par quelqu’un d’autre te serait salutaire, même si t’es devenue tellement frigide que j’suis pas sûr que ça suffirait à te détendre. T’as ma bénédiction. J’en ai plus rien à foutre. » Siffla t’il, médisant à l’extrême. L’acier de ses prunelles ployait sous les assauts d’un orage sans précèdent. Croyant dur comme fer à ses paroles meurtrières, même si elles étaient certainement jetées en l’air. Le félin tempétueux se dirigea vers la porte d’un pas déterminé, avant de faire volte-face pour asséner à la brune le coup de grâce. « - D’ailleurs, j’ai pas l’intention de me tirer finalement. J’ai payé la moitié de cette maison, ya pas de raison que je te la laisse. T’es tellement agréable que j’ai pas envie de te faire ce plaisir. Et si t’as pas envie de me supporter dans le lit, tu peux aller dans la chambre d’ami. Elle est libre. » Le panneau de bois claqua avec véhémence, sortant presque de ses gonds alors que le bruit assourdissant de ses pas martelait déjà les marches de l’escalier. Fermement décidé à ne rien lui céder et surtout pas à lui offrir sur un plateau d’argent un départ qu’elle semblait espérer.

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I hear my poisons in the multitude. Why was I damned a human deemed too rude? Somewhere between the madness and my mind. I live with lesions called the human kind. I wander aimlessly amongst the herd. Infesting shadows, I am undeterred. My head explodes, my soul berates.
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