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 Perfect timing {pv.}

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MessageSujet: Perfect timing {pv.}   Mer 21 Oct - 21:00


Elias Kaligaris & Calyxte Breckenridge
Dead and buried in an open grave. In a backstreet bar on the champs elysees. A face in the middle of a broken frame. Looking back at me. And I don't know where I belong. But I feel like moving on. We were in the wrong place. But it was perfect timing

La fragilité d’une domination instaurée dans la douleur. L’ordre si aisément bafoué. Endoctriné pour contrôler, garantir la pérennité d’un système trop facilement ignore. Il suffit d’un élan fatigué pour que toute la mécanique s’effondre. Les rouages du monde, enraillés par la présence de grain de sable venus se glisser entre les écrous. Ils ne sont que des grains de sable. Les résistants. Les alliances supposées salvatrices. Et lui, il n’est qu’un infime morceau de vent essayant de disperser l’amas avant qu’il ne devienne trop important. Le Peacekeeper dans son uniforme grise. Posé sur un siège à l’Assemblée, on l’a déplacé sur un autre fauteuil dans les étages de l’armée. Au pouvoir d’une petite troupe et privé d’air. L’immobilisme n’est pas une chose qui est ancrée dans ses veines. Le géant n’est pas fait pour rester passif. Si charmer avec son éloquence l’a fait frissonner les premiers temps, l’adrénaline a creusé un cruel fossé sous sa chair. Alors rester encore enfermé pour se contenter de donner des ordres, Calyxte en est incapable. Il sait pourtant, qu’il ne devrait pas. Que le confort et le calme d’un endroit confiné sont les meilleures choses pour lui. Pour son cœur. Capacités déjà limitées par une faiblesse aortique, elles n’ont fait que s’amoindrir au fil des ans. Crispant les parois fatiguées jusqu’aux rivages d’une douleur insupportable lorsque l’effort se fait trop intense. La mort, dans les vagues de son inconscience. Sa déraison portée à son plus haut niveau. C’est jouer et tout perdre dans un claquement de doigts. Et le refus de s’avouer vaincu tant qu’il pourra encore tenir debout. L’entêtement du soldat ayant lutté toute sa vie contre une condition handicapante. Et maintenant qu’il a conscience, que son temps n’est plus qu’une poignée de sable dans le vent, il abandonne la prudence et défie les ordres.

Et maintenant que le canon de son arme vient effleurer la nuque et les mèches folles qui caressent la peau, Calyxte a conscience de la folie de son choix. Le danger en ligne de mire. Les remontrances à son retour dans ses quartiers. Et l’ordre bafoué qui se traîne à ses pieds. Du haut de sa hauteur, le soldat toise l’impudent et ordonne à la carcasse en piteux état de se relever. Le regard se fait de glace, et le gris se pare d’éclats sombres. La mâchoire se crispe sous la pression de la déconvenue. L’entêtement, et les échos d’un rire engendré par une trop forte consommation d’alcool. L’interdit que l’on détourne le hérisse. Mais plus encore c’est la faiblesse dans laquelle se retrouve la loque qui le fait fulminer. Il en a horreur, de l’alcool et ses ravages. Ce bel arsenic qui offre monts et merveilles le temps d’une gorgée. Le feu d’un plaisir honteux avant que tout bascule. Vice plongeant le plus respectable des hommes dans les affres d’une attitude exécrable et primaire. C’est du dédain qui s’appose sur les traits de fer. Et une profonde aversion. Le vice, comme tous les hommes, il en est pétrit. Rongé jusque dans les tréfonds de son âme malgré l’existence de restriction à laquelle il s’astreint depuis son adolescence.

« - Lève-toi. » L’ordre claque dans le silence suspendu au-dessus d’eux. L’improbable duo, isolé du reste du monde dans le dédale miteux d’une ruelle abandonnée. Loin du raffut émanant de l’artère grouillante de monde. Les pupilles se lèvent un instant, embrassent le décor de leur froideur alors qu’il tente de deviner derrière quelle bâtisse s’élève l’antre du débauché. Une autre partie de sa mission. Et la première se traîne à terre. Profite de la baisse de vigilance du soldat pour tenter de s’enfuir. La folie est saluée par le cliquetis d’un cran de sécurité que l’on hôte. Lentement, du bout du pouce, Calyxte libère le chien de son arme. « - Epargne-moi l’inconfort d'une nouvelle répétition. » Et comme pour apposer une nouvelle couche d’autorité à son timbre déjà inflexible, la détonation brise le silence. Dans la main de l’interpellé, la bouteille explose. Le verre se répand sur le sol et dans la paume de l’homme qui gémit sa douleur. Plainte sourde gagnant en force lorsque le liquide d’ambre se fige sur l’asphalte souillé.

Les effluves le poussent à plisser le nez, et il recule d’un pas quand l’entêté se décide enfin à se relever. Malhabile sur des jambes rendues fragiles par le venin rongeant les veines, l’exercice, pitoyable au possible, arrache un sourire amer au soldat. L’ébauche d’une contrariété. L’état de sa proie le désole, et sous la peau l’agacement n’est plus seulement celui de l’homme. Le parasite sous sa chair s’éveille, gratte la peau et y fait courir des frissons. Calyxte perd pied le temps d’une inspiration. Laisse les échos de sa nouvelle essence prendre le pas sur son humanité. Il ravale la faiblesse dans un soupir et resserre son étreinte contre la crosse de son arme, pour tenir l’impudent en joue correctement. La patience s’étiole et l’esprit s’embrouille. Abattu par l’envie soudaine de presser la détente. D’invoquer la mort et contempler la vie s’échapper de ce corps brisé. Provoquer le trépas d’un félon pour oublier la menace qui s’accroche à son cœur.


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MessageSujet: Re: Perfect timing {pv.}   Sam 31 Oct - 2:10

Les phares brûlent sa nuque, chevauchent les pensées pleutres qui échappent à son esprit. Les quelques carcasses métalliques s’annoncent d’un vrombissement et s’éteignent au bout de l’obscurité. Elles sont douloureuses, ces lumières sur ce cou qui fléchit. Elles imposent leur règne sur les points stratégiques, les plus fragiles, les plus dociles. Des faisceaux qui alimentent la détresse au lieu de la signaler. Il trébuche. La jambe accuse la souffrance psychique et se refuse à toute coopération. Les os grincent, le squelette agit en conséquence. La colonne vertébrale se voûte, la démarche se saccade, trahit ce mal qui ronge la moelle. Mais Elias ne veut pas s’arrêter. Il ne veut pas s’attarder sur le bas-côté d’une route aussi fréquentée pour se laisser être perpétuellement jugé par un peu de ferraille ébranlée. Le prochain véhicule projette sur sa silhouette, un nouvel halo miséricordieux qui revigore l’hémorragie interne. Celle qui n’a ni témoins, ni soutien. Incolore, inodore, elle sommeille dans le creux des artères. Explosion interne répétée, un bombardement provenant du palpitant, un sabotage de l’organisme. Le suicide aurait été une option que les autres ont dû envisager pour lui. Certains ont dû lui souhaiter. Pourtant, il n’a pas cette prétention. Aucune grandeur d’âme pour mettre fin à des jours maudits, comptés en cicatrices offertes à celui qui partage son sang et ses traits, perdu dans un sommeil éternel. De quel droit devrait-il priver sa fille de père de toute façon ? Se tuer ne résoudra rien mais ajoutera davantage d’ennuis à Carley et Clementine. De toute manière, il a été élevé dans la seule perspective de ce qu'il avait été. Il a embrassé cette conviction, celle d’être un échec, la pire déception de ses parents. L’enfant qui n’aurait même pas dû naitre. Le gosse qui n’a même pas pu remplir son rôle dans cette tragédie. Nora, seconde du nom, a dû assumer ces conséquences alors qu’il a appris à maudire l’ombre qu’elle projetait sans arrêt sur lui. Parfois, il la plaint. Parfois, il la déteste encore. Et pourtant, elle est sans doute sa seule alliée. Quelle ironie.

Il s’immobilise au bout d’un trottoir, la main se crispant sur le membre défaillant. Il jure entre ses dents serrées. Les relents d’alcool qui l’accompagnent, sont subitement  balayés par la proximité d’un parfum. Il redresse le menton pour jauger l’arrivante, songe un court instant à lui demander un peu d’aide pour atteindre n’importe quel banc afin de s’y reposer mais l’orgueil repousse cette éventualité. Cette dualité n’a pas le temps d’être mise à l’épreuve parce qu’elle ne lui accorde pas la moindre attention et file avec empressement dans le dédale des allées, se sentant menacée par la présence d’un inconnu à une heure tardive dans un lieu particulièrement rebutant. Le grec n’a d’autres choix que de clopiner maladroitement. Ses doigts arrachent à sa veste, le flacon où les gélules s’agglutinent. L’ébriété se prête mal à la surconsommation de ces pilules mais ça ne l’inquiète pas. Il connait ses limites ou se plait à le penser du moins. Les médicaments s’effondrent dans son œsophage avec difficulté sans aucun flot pour les porter à l’estomac. La sensation désagréable le poursuit alors qu’il atteint, pratiquement par miracle, le square. Ses pas sont de plus en plus désordonnés. Il est suffisamment diminué pour apprécier sa solitude, il ne doit plus faire le moindre effort pour masquer sa faiblesse. D’un geste las, le dos de sa main ramasse la sueur sur son front. Il songe à se planter dans le décor quelques instants pour soulager ses muscles atrophiés quand les voix se font entendre. Sa curiosité évince sans grand mal le tourment, il s’achemine péniblement sur les sentiers effacés et assiste au triomphe des autorités sur l’innocence.

Elle se manifeste, l’essence supplémentaire, le filtre qui s’impose dans la glace. Absolue, cette entité s’étend dans ses entrailles alors que la rétine frôle la violence. Souvent, il en est terrifié et fait replier sur ses instincts chaotiques, la sévérité de son jugement et de sa conscience. Pour cette nuit, elle ressemble davantage à une parente qu’au Némésis quotidien pourtant. Le journaliste ne peut réprimer son sourire alors qu’il s’écarte des ombres pour plonger volontiers dans les ennuis. Il sait ce que Calyxte Breckenridge reproche au renégat. Il sait aussi qu’il est lui-même en faute pour des motifs similaires mais ça ne refrène pas cette pulsion dévastatrice qui le caractérise depuis l’enfance. L’insolence. « Alors Breckenridge, on ramène la brebis égarée dans le droit chemin ? Ne possédez-vous pas, un peu trop, la belle allure de l’enfoiré pour jouer au messie ? Puis, je croyais que les plus grands n’utilisaient pas la violence pour prêcher la bonne parole. M’aurait-on mal renseigné ?  » se moque-t-il allégrement. Son regard accroche la victime. Visage familier. Un cousin de sa femme. Ou du moins de sa future ex-femme. C’est peut-être ça qui l’a décidé à foncer tête baissée dans les prochains ennuis de la soirée. A moins que ça ne soit la liqueur qu’il a sifflé avant de rentrer. A moins que ça ne soit simplement un acte qui témoigne simplement de sa précarité mentale. A moins qu’il ne puisse juste pas résister à l’envie de provoquer ce détestable peacekeeper avec qui l'historique ne fait que s'aggraver. La proie du milicien relève les yeux vers son potentiel sauveur et se fige. Il ne l’apprécie pas spécialement, le responsable de tous les malheurs de la cousine. Mais ça ne change rien. « Je crois que comme tout citoyen de cette belle ville, il a droit à un procès équitable, non ? Vous vous empressez bien, me semble-t-il, à l’effrayer et à dégainer l’arme. On fait de l’excès de zèle peut-être ? Vous n’êtes pas juge pourtant et ne pouvait le condamner à la peine capitale aussi simplement. Il serait terriblement regrettable de commettre une telle erreur, ne serait-ce pas une faute grave ? Un terrible manquement aux valeurs défendues par votre armée ? »  énonce-t-il très calmement en passant son regard du prétendu criminel à celui du prédateur. Il doit se forcer à ne pas pousser le vice au flottement sur ses lèvres, de ce rictus qu’il contient à peine.  Il sait qu’il va encore payer chère son effronterie. Limiter les dégâts ne lui ferait dès lors aucun mal.

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MessageSujet: Re: Perfect timing {pv.}   Mar 3 Nov - 21:29


Dans la tourmente qui règne dans les méandres de son esprit en perdition, le soldat n’entendant pas les échos qui s’élèvent dans son dos. Emprisonné dans sa déchéance, les pupilles de glace rivées sur la nuque de l’indigent qui tente péniblement de se remettre sur ses pieds. Il n’y a que les soupirs de la médiocrité qui lui parviennent. Cette symphonie pitoyable d’un être en train de se perdre dans les dédales de l’infamie. C’est la honte qui crispe ses traits, l’étincelle d’un mépris sans limite dans les yeux de glace. Et l’index qui se fait caressant contre la détente. C’est un fantasme, un désir pressant qui attise ses passions. L’instinct de mort, ancré dans la chair du soldat. Le Major comme le Peacekeeper. Décuplé par la présence du monstre qui se niche dans les fibres fatiguées de son cœur en fin de course. La tentatrice se fait plus intense encore à mesure que les secondes s’écoulent. Le sablier de sa folie qui se rempli au rythme des contractions aortiques dans sa poitrine. Fébriles. Il s’enlise dans les tréfonds de ce calme arrogant. Ne laisse transparaitre que l’albâtre de ses traits la seule ombre d’un rictus assassin. Tue… L’écho se fait plus pressant, s’écrase contre ses tempes pour mieux faire germer la migraine. Calyxte en soupire, ferme les paupières et le temps d’une inspiration, la rigidité de sa posture se brise. La main tremble, l’index s’éloigne de la gâchette et il esquisse un infime pas en arrière. Son nom claque dans son dos. Le ramène dans la brume de sa douloureuse réalité dans un sursaut. L’inattendu qui dissipe la surprise dans ses veines et la raison de sa présence en ce lieu revient s’apposer contre ses rétines. Il cille et baisse le regard sur sa proie.  « - Elias, quelle agréable surprise. » Le cynisme fait vibrer ses cordes vocales. Et lentement, le soldat se retourne. Tenant toujours en joue le ver qui se traîne lamentablement par terre, Calyxte toise le nouvel arrivant.

L’inquisition dans le regard, le soldat évalue les dommages. Décèle dans le regard la même faiblesse que celle qui ronge le premier apostat. Le martèlement contre sa poitrine se fait intense. Détruit les os pour mieux distiller dans les veines cette chaleur qui le met au supplice. Tiraillé entre les volutes d’une raison aux prises avec la folie. Elias, ou le fragment qui réveille les débris de son passé. Le soldat tremble sous la glace. Brisé par la caresse d’un souvenir qui le met au supplice. Les confidences de son amant. La chaleur de sa voix roule contre ses tympans. L’illusion se fait réel le temps d’un battement de cils. Le cœur se serre et sur les traits s’appose l’ombre d’une douleur souveraine. « - Il semblerait malheureusement. La bonne parole est parfois difficile à entendre lorsque l’on se tient trop bas. » Calyxte se racle la gorge, et lève légèrement un sourcil. Raillé pour sa petite taille. Bafoué pour cette hauteur le rapprochant plus d’un géant que d’un homme pour certain, la violence il a appris à l’adorer au fil des années. La contenir dans les fibres de son être jusqu’à ce que l’édifice se brise. « - La peur pousse à l’obéissance. Je te l’accorde, je ne suis pas juge. Mais ici ou dans l’arène, qu’elle différence quand son sort est déjà scellé ? » Il hausse une épaule, la désinvolture frôlant l’impudence. Les pupilles de glace se reposent sur la pauvre créature, cherchant vainement à trouver un quelconque allié en la personne d’Elias. Et l’envie de le tuer, ici et maintenant qui revient s’ancrer à son esprit. Alors lorsque les paroles viennent effleurer ses tympans, le Peacekeeper esquisse un sourire. Une ombre apposée sur la finesse de ses lippes. L’écho d’un amusement morbide qui effleure le visage et incendie les pupilles. La langue claque et le soldat reporte alors toute sa froide attention sur le nouvel arrivant. Cisaille de son regard les perles sombres et embrumées.

« - De la légitime défense. L’esprit embrumé par l’alcool qui se révolte. Les balles se perdent si aisément. Et dans un endroit comme celui-ci, qui témoignera du contraire ? Ma parole contre quoi ? La tienne ? » L’espace alentour désignée de la main tenant le revolver. L’arme agite la poussière avant de revenir se pointer en direction de la tête du félon. C’est une vengeance personnelle qu’il applique à chaque fois qu’il ôte la vie. Détruire les visages et les crânes pour mieux oublier les ravages subits par les siens. Déverser sa douleur et toute sa peine dans la destruction d’âmes damnées. Perdues dans les engrenages de leur propre impuissance. L’attitude change dans un soupir. Les sourcils se froncent et le corps se tourne. Empreint d’une lenteur menaçante, la silhouette fait face à l’ombre qui la défie. Il oublie pendant un instant son ancienne proie. Le prédateur qui vient de flairer un bien meilleur gibier.  « - Serait-ce l’ivresse qui te pousse à vouloir jouer au chevalier servant ? Ou bien serait-ce un sursaut d’altruisme ? » Le ténor se fait ronronnant. Séducteur, lorsque les restes du politicien reviennent se heurter à la surface. Le sourire de façade pour charmer l’audience. Et la mort dans le regard, dissimulée derrière l’éclat de cette suffisance qui est la sienne depuis quelques années.

« - Dis-moi, téméraire, toi qui semble tellement te soucier de son pauvre sort, prendrais-tu sa place ? » Il hausse le menton dans la direction d’Elias avant de pencher légèrement la tête sur le côté. C’est un choix qui lui offre. La possibilité de sauver une âme déjà détruite de la mort certaine qui l’attend. Ici ou devant la cour, son sort s’est scellé lorsqu’il a eu la folie de se perdre dans les flots de l’ambre alcoolisée. Un pacte qu’il lui offre dans les éclats assassins de son sourire. Le beau-frère de l’être ayant précipité sa chute. Deux choix qui s’élèvent dans les méandres de son esprit fatigué. Faire payer la traitrise de l’un à l’autre. Détruire les liens de cet ersatz de famille pour épancher le mal qui le dévore. Ou vivre par procuration. Se dire que cette pitoyable créature est liée à cet autre. Qu’en respirant l’air vicié qui s’engouffre dans les poumons d’Elias, il partagera à nouveau un infime morceau de Son existence. S’Il vit encore… La voix se fait chantante contre ses tempes, et sa trachée se serre. L’horreur ensevelie dans son propre esprit. La félonie d’une vérité trop difficile à supporter, et la main du soldat tremble.

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MessageSujet: Re: Perfect timing {pv.}   Sam 7 Nov - 2:28

Les ongles s’enfoncent dans les paumes frénétiquement. Cette violence, il la traîne depuis qu’il a été apte à serrer ses poings pour les brandir contre ses premiers assaillants. Autrefois, elle dictait ses codes et sa conduite. Maîtresse d’une déroute insoluble, impératrice des échecs, seule alliée quand la douleur psychique ramène les pensées au cœur et taraude l’imagination, d’une macabre espérance. Une forme d’expression, la seule chose à faire pour ne pas succomber au poids des attentes garrottées. Vu que ses phrases n'intéressaient personne, il a longtemps pris ses phalanges pour sa plume et le sang récolté pour son encre. Des appels projetés dans des nuits trop noires, dans des espaces clos sans autres témoins que des juges par essence. Des ennuis à la chaîne qui l'ont forcé à se résigner non pas au silence mais à ce qu'il est désormais. Ces mots qu'il a longtemps détesté, il a choisi d'en faire sa force. Il a compris leur pouvoir et a appris à manier leurs subtilités. Avec l'expérience, il a cessé de s'intéresser au chaos intérieur pour le préférer à l'anarchie extérieure. Il s'est reconnu dans des luttes passionnées, s'est déniché une âme au milieu des tornades et s'est façonné une morale en observant un monde qu'il a rejeté bien trop longtemps jusqu'à n'en  plus voir ses couleurs. Les travers de l'adolescent transpercent l'adulte cependant. Bien plus depuis qu'un mal s'est inséré entre ses côtes pour comprimer ses artères, susciter cette suffocation qui rappelle une malsaine impatience et un besoin viscéral d'alimenter le présent par ces échos du passé. C'est un spectre qu'il ne rejette pas, qu'il invite au contraire dans sa mémoire. Et il le contrôle de la sorte. La tension dans ses muscles décroît. Retourner en arrière serait une insulte à ce qu'il a péniblement acquis.

A défaut de pouvoir colporter la fureur d'un geste, il opte pour la subtile provocation du langage, s'octroyant un pouvoir restreint dans une société rongée par la corruption, le mépris et l'injustice mais certain par sa réalité. Ne pas déclencher les hostilités et s'en tenir aux faits. Ce genre de noble attitude ne paie pas par ici. Mais ça n'en demeure pas moins important pour lui de préserver des valeurs sans doute trop souvent absentes. De ne pas se mettre au niveau du milicien est primordial. " Il faut avouer que quand on atteint des hauteurs aussi peu communes comme vous, lorsqu'on a la prétention de toiser les nuages, on croit bien souvent pouvoir embrasser les fesses du Seigneur." Sa pose presque religieuse suggère allègrement le sérieux de ses propos. Il n'a aucune considération pour la religion cependant. " Et les illuminés, vous m'excuserez, se discréditent totalement par leur manque d'esprit critique. Le soleil passe-t-il donc trop près de votre tête,  ? Ça expliquerait beaucoup de chose. L'aveuglement, la mégalomanie chronique, la dégénérescence mentale. "  énumère-t-il toujours très calmement. " J'aime votre dévotion pour le système judiciaire de cette ville, elle pousse à l'admiration. En effet, quitte à décimer une population entière, autant le faire le plus simplement possible. Votre conscience n'a plus de raison d'être si je ne me trompe ? Je me demande de quoi vous aurez tous l'air au gouvernement quand il ne restera sur cette foutue terre que quelques macchabées relevés, des cul-de-jattes qui pourront rien contre vous,  des simplets qui vous obéiront comme de parfaits petits crétins et toute cette bourgeoisie nauséabonde qui vous aura lécher les semelles jusqu'à perdre totalement leur dignité. Je vous épargne le couplet sur ses belles créatures aux courbes généreuses qui auront tôt fait de se tirer une balle dans le crâne à force de fréquenter les lits des politicards frustrés pour survivre. On sait que les femmes plantureuses, c'est pas vraiment votre rayon.  " Un sourire narquois éclot à son insu. Il l'abat en terrain houleux, il s'attend à tout moment à s'enliser lui-même dans ces sables mouvants.

Le regard du damné accoste sa proie. Ses pensées n'échappent pratiquement pas au journaliste qui comprend cette dualité mieux qu'il ne pourrait l'imaginer. L'esprit dérangé de son opposant attise une nuisible curiosité qui se permet déjà d'écarteler les sens du grec. Il traque la félonie dans l'attitude revancharde de son assaillant et aimerait pouvoir la photographier pour la placarder dans chaque recoin de la ville afin que les habitants connaissent ce visage. Afin qu'ils s'interrogent dignement sur l'autorité et son rôle actuel au sein de la communauté. Ses abus, ses torts. Oui, Calyxte est en cet instant, la plus belle allégorie qu'il puisse dénicher pour démontrer la véracité de ses opinions. Cette inhumanité tatouée au faciès, témoigne bien plus encore que l'acte qu'il souhaite commettre. " Une petite bavure de plus pour la route ? C'est vrai que vous n'êtes plus à ça près. Je me demande si vos supérieurs apprécieraient qu'on leur ressorte quelques vieux dossiers. " Il est sûr qu'il peut trouver de quoi l'inculper même si la procédure serait sans doute arrêtée par les grandes pompes et lui refroidi pour une telle tentative. Il sait qu'il ne pourra pas vraiment le battre parole contre parole. Cependant, des preuves peuvent parler et transmises de façon anonyme. L'insolent médite sur une façon correcte d'agir alors que ses songes embrumés par la liqueur, le mènent vers des pistes sordides qui ne font que les dérouter davantage. Son interlocuteur revient lui porter l'attention nécessaire à la suite de cette entrevue et lui arrache de la même façon un léger rire sarcastique.

Elias relève les mains pour applaudir avec force. " Vous connaissez ce mot, vous arrivez même à le prononcer et à l'employer dans le bon contexte, voilà qui m'impressionne, je dois le reconnaître. L'altruisme... " répète-t-il rêveur " Qui aurait cru qu'un jour, un mot aussi beau sortirait de votre bouche. Il vous sied mal, cela a dû vous écorcher le palais de le prononcer. " Moqueur, il ne peut retenir son impertinence alors qu'elle applique sur ses traits, un nouveau masque tissé de provocation. " Que je prenne sa place dans votre douce mascarade ? Que je joue l'agneau prochainement sacrifié afin que vous puissiez jubiler en toute impunité ? Me prendriez-vous pour un demeuré ? Si certains se plaisent à s'agenouiller devant vous pour baiser vos chausses afin que vous les épargniez ou se laissent abattre sans même se relever, vous pouvez compter sur moi pour rendre votre tâche bien plus ardue. Et je ne vois pas en quoi ça vous dérangerait de tuer deux âmes innocentes plutôt qu'une. Vous faites dans le sentimentalisme ou dans la fainéantise ? " Il hausse des épaules et impose à son expression un scepticisme dévolu.  

" Vous nous condamnerez pour cette sottise ? Ce qui serait tellement risible, pas vrai, Breckenridge ? Quand on sait que vous êtes coupable vous-même. Comment ça se passe pour la sentence quand l'amant est marié ? Cette luxure met en péril un mariage, voilà qui ajoute à vos péchês. Nul doute que de voler à ras du cul du bon dieu servira votre cause. Puisse-t-il être clément avec vous. " D'un ricanement, il s'avance nonchalamment jusqu'à approcher du seul témoin apeuré par cette scène improbable. De toute son audace, il se penche pour ramasser le cousin de Carley à terre et l'aide à se tenir maladroitement sur ses guibolles. Il va peut-être falloir qu'il court à un certain point, même s'il ne semble pas en état. Quand le peacekeeper se lassera de leur joute, les coups voleront. Le trentenaire sait que lui-même ne pourrait pas faire deux mètres sans s'effondrer à cause de la précarité de son état physique. Mais il ne s'inquiète pas spécialement de ce qu'il peut advenir de lui. Fait d'autant plus vorace qu'il n'est ni sobre, ni tout à fait enclin à l'optimisme. " C'est peut-être votre parole contre la mienne. Mais je crois qu'une mauvaise publicité ne serait pas vraiment une idée brillante en ces temps troublés, dans le climat actuel des choses. Les gens parlent, les gens s'interrogent. Et vous, vous tuez sans attendre le moindre jugement ? Vous savez comment on appelle les gens comme vous ? " Il hausse un sourcil en resserrant sa prise sur le bras de la victime. Il ne sait plus vraiment qui soutient l'autre alors que la douleur revient par vagues déstabiliser ses tentatives désespérées d'orgueil et de fierté déplacée, alors qu'il cherche à adopter cette position forte, faite de droiture et d'honneur, basée sur l'unique certitude. Il vaut mieux que cet homme prêt au massacre au nom d'une patrie instable et totalement aliénée. 

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MessageSujet: Re: Perfect timing {pv.}   Lun 9 Nov - 21:11


Fuir le silence. Et redouter l’absence de parole. L’éternel paradoxe d’un être déchiré entre son besoin de solitude et la peur qu’elle engendre dans son système nerveux. Les nerfs qui se brisent face à l’absence de vie, la terreur dans sa forme la plus pure qui étend son emprise sur le cœur pour mieux l’asservir. Le silence, à l’orée du Congo Square, se fait tyrannique. Les bruits de la rue grouillante ne sont plus que des murmures qui les caressent. Apportés plus fortement par une brise, un souffle qui effleure pour mieux disparaître dans le néant. Alors quand la voix de son opposant s’élève à nouveau, les frissons courent sur la peau de Calyxte. C’est un sordide manège qui l’écartèle à chaque fois qu’il revient enrailler la mécanique. Frôler la mort et c’est toute une vie qui change. Les anciens automatismes remplacés par d’autres, qui éventrent et prennent racine dans les tréfonds de l’âme. Et le démon qui sommeille en son sein ne parvient pas à apaiser ces angoisses sourdes. C’est une seconde voix qui fait écho à la sienne, celle du traître qui a porté les coups fatals. Celle de la trahison et le goût amer qu’elle laisse sur la langue. Elle claque contre le palais du milicien alors qu’il toise Elias. Et la réplique appose sur ses lippes la façade d’un sourire de circonstance. Aussi faux que la prétendue piétée dont l’autre se pare. Les paroles glissent sur ses épaules pour mieux en déchirer la chair. Et le doigt contre la gâchette tressaille. Meurt d’envie d’appuyer. Libérer la balle et exploser l’impudence de l’effronté. Il en meurt d’envie. Désir latent sous les fourmillements qui ravagent sa peau diaphane. Le feu de la mort dans le gris de ses pupilles.  «  - Faudrait-il encore que je possède une quelconque once de foi pour cela. Toi en revanche, c'est le sol que tu effleures de trop près. Le nez en plein dans les ramassis de cette belle ville, le mélange semble être particulièrement fort vu ton état. Et la façon dont ta langue se délie. » Le ténor claque. Se fait incisif et trahit à lui seul toute la frustration qui s’appose sous la surface. Le flegme reste impérial, la façade solidement bâtie sur les fondations du mensonge dans lequel il s’enlise depuis des années. Paraître pour mieux se protéger.

Soudain mal à l’aise, malhabile sur ses longues jambes, Calyxte joue des pieds pour garder contenance. Subir la pluie de venin qui s’écrase sur sa tête sans sourciller. Le sourire reste implacable, se pare d’éclat assassin. Et c’est la rupture. Les lèvres s’affaissent le temps d’un battement de cils. Les traits se figent, brisés par l’allusion. On sait… Il sait. L’évidence lui broie le cœur, serre le piteux organe jusqu’à faire poindre une douleur qui lui coupe le souffle. Il cille, et le temps d’un tremblement, le bras tendu vers la proie affaiblit perd de sa force. Il sait. Alors l’homme choisit d’ignorer. D’effacer l’affront dans un infime raclement de gorge, récupérant les centimètres perdus dans l’accablement venu peser sur ses épaules.  « - C’est un bien magnifique discours que tu tiens là. Un beau pamphlet de journal torchon, de la propagande de bas étage qui ravivait tous les benêts qui se vantent d’appartenir à la Résistance. Un magnifique discours, qui serait amplement suffisant pour te faire chuter s’il venait à être entendu par les mauvaises personnes… » Il laisse le cynisme ronronner dans sa voix. Rouler sur sa langue alors qu’il accable l’importun d’un regard lourd de sens. Assassin et aussi glacial que purent l’être ses paroles. Suspendu entre deux lutteurs, le temps hésite à reprendre sa course. Il les fige dans leurs postures initiales comme de vulgaires pantins. Les actes ont été oubliés et seuls les mots semblent autorisés dans la joute.

« - Une de plus, une de moins, nous ne sommes plus à ça près n'est-ce pas? Toi, moi, lui, les erreurs sont monnaie courante maintenant. » Il hausse une épaule, désinvolte. Efface les pointes de malaise qui se fichent dans sa poitrine et sa gorge.  « - Il n'y a aucuns vieux dossiers à ressortir, navré de briser tes beaux espoirs de destruction. » L’insolence de l’être qui se croit au-dessus de celui qu’il écrase de tout son mépris. Du haut de sa hauteur, il brise l’impudent, appose une distance entre eux pour le remettre d’un seul regard à sa place. L’applaudissement résonne dans ses oreilles comme la marque d'une nouvelle provocation. Fige une fois de plus son expression dans un relent de profonde haine. Le mépris suintant de ses traits, et les dents qui se serrent pour ravaler les pulsions de mort qui s’accrochent à sa raison.  « - L'art de manier les mots. La politique vous apprend cela. Si tu écoutais plus attentivement, tu le saurais. » Il s’astreint au calme, refuse de laisser filer l’immobilisme dans lequel il se tient. Pas aussi aisément. Pas face à un être comme lui. Et pourtant, le soldat sent que la lutte qu’il mène est en train de lui échapper.  « - Les martyrs récoltent les honneurs. Te sacrifier pour défendre la précieuse vie d'un autre dépravé. La petite Résistance verrait ton acte d'un œil admiratif. Ni l'un ni l'autre. Mais je te l'accorde... éradiquer deux rejets seraient fortement plaisant. Fait moi cet honneur, le jeu est tellement plus plaisant quand il est ardu. » Le rictus assassin revient s’afficher sur ses lippes, dévoilent la nacre de ses dents le tant d’un soupir. L’immobilisme s’étiole, et l’avancée téméraire d’Elias l’oblige à faire un pas en arrière. Calyxte suit la scène du regard, figé dans l’austérité d’une expression gravée sur ses traits. Et l’accusation précipite une nouvelle chute. Il écoute, impassible. S’efforce de rester de marbre quand sous la peau, les larmes et le sang se mêlent et se font douleur.  « - Je suppose que tu vas me le dire, toi qui sait tout. » Le soupire s’échappe d’entre ses lippes serrées. Il est contraint d’entendre cette fois. De faire face à l’odieuse vérité de la situation qui fut la sienne des années en arrière. De cette délicieuse erreur qui lui colle à la peau. Le goût de l’autre sur sa langue n’est plus qu’une illusion, mais la saveur des instants passés en Sa présence refuse de s’effacer. Condamné à mort pour une liaison vouée à l’échec. Le rejet se fait immédiatement. L’aorte abîmée recrache sa peine dans les veines brisées. Distille le refus de se retrouver à nouveau confrontée à cet ancien temps.

« - Fiche-le camp. » Il s’adresse à la larve qu’Elias tente de maintenir à portée de bras. Baisse son arme et recule d’un autre pas en signe de sa bonne foi. C’est la promesse d’une libération qui s’offre devant les yeux embrouillés de l’homme. Un regard qui effleure celui de son sauveur avant qu’il ne s’en détache pour se traîner pitoyablement vers les brumes flottant à l’orée du square. Enorgueilli par un élan de stupidité héroïque. Les secondes qui s’égrènent au rythme d’une démarche hésitante. Et la détonation qui brise le silence. La nuque se perfore dans une gerbe de sang et la silhouette s’effondre. La précision redoutable du tir, à bout de bras, l’arme encore fumante du crime qu’elle vient de commettre. Et déjà le corps du soldat qui sort de son immobilisme pour se briser contre celui du survivant. L’envoyer en arrière, le contraindre à reculer alors que les phalanges s’enroulent autour de la gorge. Pantin entre ses doigts, le corps se soulève de terre à l’instant où il heurte le mur le plus proche. « - Ne me parle pas de sentence. Tu t’investis du rôle de preux chevalier, celui qui vient venger l’honneur bafoué de sa pauvre sœur ? Tu as des années de retard. J’ai déjà payé pour cette erreur, un autre s’en est chargé à ta place. » Le venin s’extirpe de sa bouche, lui arrache la langue. Fait trembler sa main et le contraint à relâcher sa prise, laissant les pieds toucher à nouveau le sol.  « - Il faut être deux pour mettre un mariage en péril. Puisse le seigneur avoir pitié de ma pauvre personne, mais pries pour le salue de ta sœur. Après l’enfer qu’elle a fait vivre à son mari, elle en a bien besoin. Et pleurer dans les jupes de son frère, c’est d’un pathétique… » Il ravale son dédain, recule avec lenteur. Ses gestes empreints d’une théâtralité assassine. Il le toise, le frère trop bavard. Meurt d’envie de l’écraser comme un misérable ver pour se délester du poids d’une culpabilité qui se réveille. La piqure de rappel lui fait mal, affreusement mal.

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MessageSujet: Re: Perfect timing {pv.}   Ven 20 Nov - 1:37

La frustration fortifie l’instabilité. Des bruissements indistincts du côté de l’arme que le félon détient. Le pressentiment n’attend pas de percevoir les tremblements compulsifs qui animent l’index du milicien, pour se répandre dans l’atmosphère. La seule présence du flingue alerte sans mal l’esprit le plus embrouillé. Un ascendant dérangeant mais un risque qu’il ne veut pas calculer. Qu’on lui perfore les poumons ou l’estomac, ces organes jubilent bien assez forts pour qu’il ait parfois envie de les faire taire. Il aurait pu choisir l’apathie comme réponse correcte à la menace et aux récents événements. Il aurait pu la préférer à ce mélange de résignation et d’insolence nait des injustices répétées. Peut-être que l’instinct de survie se corrompt toujours plus au contact de ce monde insipide. L’idéaliste pourrait faiblir à cette seule pensée mais depuis toujours, il se préserve du doute. La réalité encrasse bien trop son mécanisme organique pour qu’il se permette de perdre foi en ses convictions. C’est tout ce qui le maintient encore debout. A chaque univers gâché, une volonté supplémentaire de recracher la terre ingurgitée. Elias a toujours été de ceux qui s’opposent à toute forme de soumission, qui marche à contrecourant quand on leur ordonne de rejoindre le rang. Il a très tôt cultivé l’art de la contradiction. Il suffit qu’on lui demande de la fermer pour qu’il parle plus fort encore, qu’on lui dise d’abandonner pour qu’il s’accroche. Qu’on lui dise de crever pour qu’il ait envie de vivre. C’est ça qui l’a sauvé le jour où il s’est réveillé de son bref coma, quand Carley lui a annoncé qu’il avait réussi à tuer Bran. Elle n’avait pas attendu qu’il soit totalement conscient pour lui balancer les pires horreurs. Parfois, il oublie. Parfois, les phrases ressurgissent pour mieux s’effacer à nouveau. C’est un brouillard traversé par des phares et il n’est pas certain de pouvoir en sortir un jour.

La critique a frappé là où elle devait. L’acidité qu’il reçoit lui arrache l’esquisse d’un sourire amusé. Il déteste sans doute Breckenridge pour tout ce qu’il est et plus encore, pour tout ce qu’il représente mais il ne peut pas nier apprécier sa répartie. C’est bien la seule chose qu’il estime chez le peacekeeper. « Le nez collé au sol, c’est comme ça qu’on déniche de charmants trèfles à quatre feuilles. Il y a plus de choses à découvrir sur ces parterres que vous dénigrez que de réponses insolubles dans un ciel troublé. C’est sûrement plus facile de ne pas se confronter aux autres et de garder les yeux rivés sur les cieux en se prenant pour un dieu soi-même. Pas besoin de foi pour ça, pas vrai ? Assez mégalomane pour s’imaginer aux commandes de ce monde. Vous devez être très seul au fond, c’est d’une tristesse. » ajoute-t-il en exagérant son expression faussement peinée. Il se moque ouvertement de cet homme qui croit détenir les vérités parce qu’il est le seul à posséder l'arme et les munitions. Le damné poursuit ses représailles sans craindre les conséquences. Sans doute à tort. Ce soir, il a oublié qu’il n’a définitivement plus quinze ans et que même sans les poings, il provoque. « La Résistance mais quelle résistance ? Mon bon monsieur, il paraît qu’elle a rejoint vos rangs. La résistance n’est plus ! Elle est votre alliée. N’est-ce pas un peu déplacé de l’accuser avec autant d’empressement ? Critiquez-vous vos aimables collègues ? Allons, allons. Mais c’est mignon que vous preniez à cœur autant votre métier, vos idéaux. C’est beau, les gens manquent tellement de convictions en ces temps troublés. Mais vous, vous êtes quelqu’un de grand. Un grand homme, assurément.» Le sarcasme claque avec douceur alors qu’il appose son regard sur l’homme en soulignant à nouveau cette hauteur déjà critiquée auparavant.

La nonchalance de l’autorité lui donne envie de s’esclaffer. Tout le monde a quelque chose à cacher et quelque chose de mal planqué. Il se ferait une joie d’en dénicher une mais peu importe. « J’écoute attentivement. Bien plus que vous. Sinon vous ne serez pas là, à brandir un pistolet sur des gens qui veulent oublier pourquoi ils craignent et méprisent des hommes tel que vous. » La fatigue survient abruptement comme trop souvent ces derniers mois. Sa langue délie avec lassitude les prochaines  conclusions. « Vous êtes vraiment un con fini, hein. » L’éreintement s’allonge dans les secondes suivantes alors qu’il hausse des épaules abruptement devant le fiel ennemi. « Je n’ai pas cette prétention mais j’en sais sûrement plus que vous sur la nature humaine et sur ce qu’elle a engendré. » Il aimerait pouvoir partir maintenant mais il doute posséder encore ce choix. Sa liberté est entravée inéluctablement par la présence nocive du milicien.

La tension qui coule entre eux sans la moindre demi-mesure atteint son apogée alors que l’opposant donne un ordre qui résonne comme une malédiction. Le grec aimerait pouvoir retenir son comparse mais ses mains se referment déjà sur le néant. Il a été trop lent. Son seul allié s’enfuit avec incertitude. L’adrénaline réveille d’une seule onde sa carcasse engourdie. Il fait un pas en avant mais la détonation survient avant qu’il ait pu articuler un message oral à l’égard de l’évadé désormais trépassé. Le sang s’envole, métaphore rustre pour achever cet échange jusque-là un peu trop courtois. L’autre a payé pour son effronterie. La culpabilité pèse un peu plus lourd quand il cherche à gagner la dépouille, à glaner, ne serait-ce qu'une dernière lueur dans la pupille de l’écroulé. Des morts, il en a déjà vu un millier. Des sentences aussi cruelles, il en a déjà constaté. On ne s'y habitue sans doute pas. Lui refuse de s'y faire. Déjà, il est arrêté et déjà menacé par le meurtrier. Les doigts autour de la gorge, le souffle quasiment contre la peau alors que le démon exerce une pression suffisante sur son corps pour qu’il recule. Il accuse une souffrance intenable à la jambe alors qu'on l'oblige à marcher en un sens non souhaité. Les insultes s’invitent dans son esprit, il les contient à peine en serrant durement la mâchoire.

Les muscles se contractent de haine et d’effroi alors qu’il fixe le cadavre un peu plus loin en écoutant d’une oreille distraite les vociférations de l’assassin. La bile remonte l’œsophage, il est dur de contenir la rage. En attendant de démêler ses émotions, il rigole à gorge déployée au nez de son assaillant. « On est jaloux peut-être ? Si c’est pas trognon. Si j’avais su que c’était le grand amour entre toi et Rhys, j’aurais sans doute contribué pour la lune de miel. » Son sourire se tord, ses phalanges craquent quand il rassemble ses doigts au creux de sa paume pour mieux pouvoir le cogner. Attaquer Louiza aura sans doute été le glas de sa maîtrise. Pourtant quelque chose retient cette main si prête à imposer son implacable jugement.

Clementine. C’est tout ce qui importe. Il se raccroche aux derniers moments, bien trop brefs, en compagnie de sa fille. Il se souvient de la promesse faite à son avocate. Ne pas faire de vague. Pas s’il voulait sa garde. La pression se relâche petit à petit mais le sentiment d’injustice perdure. Il faut qu’il utilise ses armes, celles qui n'ont pas besoin de violence pour délivrer le message. Alors il redresse le regard pour heurter les yeux de l’inquisiteur. « Contrairement à toi, j’ai le sens de la loyauté et des gens auxquels je tiens. C’est certain que quand on a rien d’autre dans son existence qu’une arme, un titre dérisoire concédé par une armée de bras cassés et des amants mariés pour passer ses frustrations, on ne peut devenir qu’aussi pathétique que toi. Tu crois que tu gardes le contrôle de tout en butant la première personne qui ne te revient pas, en cherchant à m’étrangler et en insultant ma sœur. Mais en fait, t’es juste affreusement paumé. » L’air s’engouffre péniblement dans sa cage thoracique. Il se sent plus usé que jamais. « Tu sais quoi. J’ai vraiment pitié. J’ai pitié de toi. Ta vie est vide de sens. Et je n’ai pas vraiment envie de t’offrir la satisfaction d’une illusion, une prétendue victoire en me débattant ou en t’en collant une dans le nez. Parce que tu vois, contrairement à toi, je sais qui je suis. Je sais où je vais, pourquoi je me lève le matin, pourquoi je me bats. Et je ne t’accorde aucun crédit, aucune importance. Tu ne mérites même pas que je lève le poing. Je ne veux pas t’offrir ce doux plaisir. Ne compte pas sur moi pour te donner les armes. » A ces mots, il laisse ses bras retomber mollement de chaque côté de son corps au lieu de poursuivre celui qui a fini par reculer. Pourtant toujours insoumis, il veille à concentrer ses efforts sur sa guibole atrophiée pour ne pas tomber. Ce serait là, la seule humiliation qu’il ne pourrait encaisser.

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MessageSujet: Re: Perfect timing {pv.}   Jeu 26 Nov - 13:16


Le monologue s’étend. Appose sa marque dans les rouages d’un esprit déjà bien fatigué. Détruit plus que de raison par la folie d’un autre. Il a échappé au pire, mais les dommages sont pourtant bien réels. Et alors qu’il affronte l’ennemi, les fourmillements dans ses doigts se font violents. Il perd le fil un bref instant, cille et se coupe de sa triste réalité. Oublie Elias et l’autre homme, le vice dont ils sont coupables. Calyxte oublie tout, jusqu’à son propre prénom. Devient aussi vide que l’autre le pense. Alors comme pour se rattraper avant de réellement se briser sur le sol de sa perdition, le soldat reprend le contrôle. Agit, en faisant ce qu’il fait de mieux. Ordonner pour mieux détruire. Il arrache une vie pour récupérer les fragments épars de la sienne. Et menace l’impudent. Le malmène de toute sa force avant qu’elle ne lui échappe à nouveau.  « - C’est pour des ignares de ton engeance qu’une pitoyable alliance a été instauré. Ces pauvres imbéciles ne seront jamais des alliés, ils restent des ennemis. Je critique le faible et l’apeuré, la bêtise et la croyance erronée d’une quelconque salvation en s’alliant à la médiocrité. » Le soldat ravale son venin, efface la dernière offense d’un claquement de langue. La nervosité lui lie les dents, agite ses phalanges qui brûlent de revenir se heurter contre la vie qui palpite dans cette gorge misérable. Sous la peau le démon gratte. Insuffle dans les pensées brisées de l’homme les visions d’horreurs de fantasmes morbides. Arracher la langue fielleuse pour le contraindre au silence. Briser l’engeance pour le voir ramper, assouvir un désir de vengeance détestable que l’amant éconduit se force de ravaler. Libérer sa peine en s’en prenant au frère, à défaut de pouvoir accabler la sœur de toute sa douleur. Calyxte ravale le venin, soupire et recule comme pour retrouver sa raison dans la distance.

« - Tu n’écoutes pas Elias, tu brasses du vent en essayant d’avoir l’air intéressant. Et si je suis un con fini, j’ai bien peur que nous soyons deux dans ce cas-là. » Un sourire cynique s’appose sur les lippes du prédateur et il penche légèrement la tête sur le côté. Inspectant sa piètre proie, les pupilles incisives cherchant encore quoi faire de la créature. Le rire lui cisaille les nerfs, détruit ses tympans, oblige la mâchoire à se crisper si fortement qu’elle en devient douloureuse. Il pensait avoir tout entendu. Il pensait que la bouche assassine avait distillé tout son venin. Il se trompait. Les mots lui déchirent le cœur et Calyxte se fige. Rhys. Le seul nom qu’il a banni de sa vie. Qu’il se refuse d’entendre et de prononcer. Il n’y pense pas non plus. Ce n’est qu’un visage, un reste de voix qu’il efface, un corps qu’il a connu par cœur et dont il oublie la saveur. Un tout dépourvu d’identité. Une joie et une peine qui se rencontrent dans sa poitrine pour mieux lui rappeler ce qu’il a vécu. Ce qu’il a perdu. Alors l’entendre de la bouche d’un autre. C’est la douleur qui resurgit, le pousse à reculer d’un nouveau pas pour se mettre à l’abri de l’attaque. Et malgré la froideur austère qui perdure sur ses traits, Calyxte s’effondre. De toute sa hauteur, la forteresse derrière laquelle il s’est barricadé s’étiole et se change en poussière. Soufflée par le vent des paroles assassines qui le fouettent et le meurtrissent. Il encaisse, stoïque face à la menace, comme le fait tout bon soldat. Il se contente de serrer les dents pour retenir l’affliction. Elle lui nécrose la langue, assèche sa trachée et lui brûle le cœur. Et face aux mots qui le meurtrissent, l’éloquence se désagrège. Tout ce que l’autre énonce lui hurle à la figure une vérité qui le blesse à chaque fois qu’il s’y retrouve confronté. Tout perdre dans un seul accident. La confiance en l’humanité, sa loyauté envers ses semblables, ses proches. Pour se protéger, Calyxte s’est éloigné de tout. Tout effacer pour ne garder que sa haine et sa douleur. Il n’est plus que colère. Une aversion profonde pour le reste de l’humanité. Pour lui. Alors oui, il le sait. Sa vie n’a plus de sens. Il s’y accroche depuis trois ans, et se réveille chaque matin en se disant qu’il a un jour de plus pour errer dans ses limbes. Ce monde vide dans lequel il déambule depuis son réveil. C’est la haine qui le maintien en vie.

La détresse s’appose sur le visage impassible. Sur les cils perle le sel de sa douleur. Il le ravale dans un battement de paupières, réalise qu’il a baissé sa garde plus qu’il n’aurait dû le faire. Que le masque est tombé sans qu’il ne le veuille. La faiblesse et la douleur, ostensiblement dévoilées devant les yeux d’un étranger. D’une évocation, revenant dans les conversations qu’il avait avec son amant. Avec ce nom, auquel il refuse de penser. Les relents de cet amour fracassée qui le blesse lorsqu’il contemple sa solitude. Le géant flanche, les doigts de sa main droite se ferment dans un violent spasme. Le contrôle du corps sur celui de la raison. Et cette douleur qui le transperce de l’intérieur. Il suffoque, l’air avarié se fait rare dans sa poitrine. Les minutes s’étendent au milieu d’un silence assassin.  « - Très beau discours, je dois l’admettre ton éloquence est admirable. » Le cynisme en étendard, masquant péniblement la douleur et le tourment qui assaillent l’ennemi blessé. Il est à terre, les genoux dans la poussière de sa piètre vie. Le cœur en sang battant à tout rompre entre ses doigts.  « - La pitié est une forme de lâcheté. Ne me donne rien, je n’en ai pas besoin. Ce soir ou un autre jour, qu’importe. Tôt ou tard tu commettras de quoi m’offrir une prétendue victoire. » Les épaules se délient, se redressent malgré le poids qui les accable. De ses mains tremblantes, Calyxte ramasse les débris de sa pauvre personne pour se reconstruire une forteresse. Une protection malgré les plaies béantes qui suintent de son âme.  « - Et tu imagines que tu me connais suffisamment pour avoir une idée aussi précise de ce que je suis ? Vous vous êtes concertés, ta sœur et toi, pour dépeindre mon portrait une fois l’adultère révélé ? Et en vous basant sur quoi ? Votre petite rancœur à tous les deux ? » L’ébauche de sourire reste apposé sur les lippes, mais la voix d’ordinaire si sûre d’elle, vacille. Elle trébuche sur des notes qu’elle maîtrise d’ordinaire. Le soldat avance en terrain miné, et la peur lui broie le cœur et la trachée.

« - Serais-tu seulement capable de lever le poing ? Tu peines déjà à tenir debout, alors attaquer… au fond tu caches ta faiblesse derrière de bien grandes paroles et un prétendu désintérêt. Laisse-moi deviner, tu as trébuché de ton lit en te levant un beau matin pour accomplir ton incroyable destinée ? Peut-être souhaiterais-tu t’asseoir ? » L’esquisse d’un rire assassin s’appose contre sa langue. La moquerie pour effacer l’atteinte. Le cynisme pour oublier ce qui le préoccupe. Ce prénom qu’il s’oblige à ignorer. Cette distance qu’il appose entre sa raison et son cœur. Contre son palais, la brûlure se fait insistante. Et la présence d’Elias le pousse à se dire que peut-être, peut-être Il est ici. Que Sa mort s’est faite uniquement dans le sang séché qui macule son cœur. A l’intérieur et seulement à l’intérieur.

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❝ Naufragé dans la nuit

On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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MessageSujet: Re: Perfect timing {pv.}   Jeu 3 Déc - 1:31

L’ironie trace sans mal son chemin sur les lèvres momentanément closes du trentenaire alors qu’il approuve silencieusement le désaccord de son adversaire sur cette prétendue alliance. Le voilà en train d'acquiescer aux propos du méprisable. Qui a dit que l’improbable ne pouvait se produire ? Depuis déjà plusieurs mois, il expérimente cette théorie. Tout peut arriver en effet. Trop souvent, les hommes sont les premiers responsables du changement inopiné pour le meilleur mais surtout le pire. Elias est de ceux qui pensent que le destin leur appartient dans sa totalité, que les choix influent chaque parcelle de l'existence et que la fatalité n’existe pas. Pour chaque artisan, un matériel différent, des perspectives moindres. Personne ne s’élance dans cette aventure avec les mêmes chances. C’est la première cause de discorde. Avoir entre les mains ce que le voisin a toujours rêvé posséder tandis que ce chanceux aspire à autre chose. L’être humain n’est jamais satisfait et tant que les gens ne seront pas égaux, tant qu’il y aura quelque chose à subtiliser à autrui, à convoiter, les conflits d’intérêt ne pourront s’arrêter. En avoir conscience ne permet nullement de dissiper les malentendus ou d’entretenir une empathie hébétée. Le grec ne compte pas plaindre le sinistre personnage qui le domine de toute sa hauteur. Il ne veut pas le comprendre, ni lui offrir le moindre doute. Il lui a démontré de toute manière, à quel point, il ne valait pas la peine qu’on s’intéresse à son cas. Tuer de sang-froid par simple plaisir démontre d’une pathologie mentale sévère. Combien de monstres révélés par l’apocalypse ? Le journaliste s’invite dans ce constat mais refuse de se penser similaire à cet être dépecé de toute rationalité et toute conscience. Y a-t-il quelque chose de plus atroce que la certitude de voir les fous armés et les sages assassinés ?

Les brèches s’allongent mais l’insolent n’en a pas tout à fait conscience. Son discours détruit partiellement l’échange, le laisse songeur tandis que le peacekeeper se tient face à lui, affreusement raide. Bien trop crispé pour offrir la sensation d’un détachement que l’orateur aurait pu anticiper. Désarçonné par ses secondes qui s’engrangent sans le moindre retour, ce dernier ne peut s’empêcher de pousser un de ces soupirs à moitié exaspéré, à moitié ironiquement amusé. Aurait-il visé juste ? Sa langue s’est déliée plus vite que ses pensées. Il faut croire que parfois, cela paie. Il espère avec une pointe d’optimisme frôlant le ridicule consommé qu’il pourra désormais s’éloigner. Le regard se fige sur la dépouille de l’homme abattu, le cœur se tord. Est-ce qu’on s’habitue un jour au massacre ? Sans doute que c’est mieux comme ça. D’être hanté par le carnage lui assure de ne pas atterrir dans le camp des insensibles, de ne pas être dans les bottes du détestable milicien qui lui fait encore face. Il tente d’esquisser un pas pour mieux reculer mais la léthargie de son opposant s’étiole tout aussi subitement. « Et tu comptes me pister pour ça ? C’est mignon, j’ignorais que je te faisais cet effet-là. Je penserai à semer quelques mots doux derrière moi pour tes beaux yeux. » ajoute l'exilé avec acidité et impertinence. Il n’a pas besoin qu’un réprésentant du gouvernement mette son nez dans ses affaires mais ça a toujours été inévitable de toute manière. Ils se détestent cordialement.

Un léger rire sarcastique lui échappe tandis que l'autre cherche à tous les moyens de récupérer péniblement le contrôle. « Tu n’es pas assez intéressant pour qu’on débatte de toi, désolé d’interrompre ton petit rêve éveillé. Des types comme toi, ça court les rues. C’est comme la grippe, ça revient à chaque fois que l’hiver s’installe. N’es-tu pas que le simple produit d’un monde pourri jusqu’à la moelle ? La conséquence de la cruauté humaine ? Non, Breckenridge, je ne te connais pas personnellement mais je connais ce regard, je reconnais les symptômes. Tu n’es pas aussi complexe que tu aimes le penser, pas aussi inatteignable que tu le souhaiterais. Sinon, je n’aurais pas réussi à te mettre en rogne en quelques phrases improvisées. » Ses épaules grimpent et redescendent abruptement. La fatigue amorce toujours plus son effet sur sa posture, sa jambe le fait souffrir davantage alors qu’il cherche par tous les moyens à déplacer son poids sur l’autre guibole. La sueur froide ne tarde pas à dévaler ses tempes. Plus il s’attarde, plus sa belle assurance en prend un coup et son ennemi ne met pas bien longtemps à le constater. Un rictus sinistre déforme sa bouche bien vite. « Je ne pense pas me tromper en affirmant que mes conclusions t’ont bien plus perturbé que mes phalanges n'auraient pu le faire. Savoir blesser quelqu'un de ses poings, c’est à la portée du premier imbécile venu. Je vaux mieux que toi sur ce point et je suis sincèrement désolé que tu te sentes obligé de me diminuer pour te sentir supérieur. Quelle misérable estime de soi. » articule-t-il difficilement, les dents serrées par la souffrance et la fierté émiettée.

A bout de patience, le damné ouvre ultimement les bras au danger. Il laisse la place au meurtrier pour viser son aorte si ça lui chante. « Et donc, tu comptes me tirer dessus ou pas ? Parce que bon, je n’ai pas que ça à faire et je ne doute pas que tu as également d’autres âmes à torturer. Exercer son petit sadisme, ce n'est pas tous les jours facile j'imagine. T’as eu ton quota de sang pour la journée ou en bon petit vampire, tu aimerais en avoir davantage sur les mains pour te lécher allégrement les doigts ? On sait tous les deux que tu ne me souhaites pas une mort rapide qui plus est alors à quoi bon poursuivre cette mascarade ? » Epuisé, il ne souhaite déjà plus que retrouver le confort de sa demeure, les nouveaux démons s’accrochant aux semelles, perforant les prunelles. Avant qu’il ne soit aveuglé totalement et se laisse dominer par ce qui l’habite, il vaut mieux rentrer. Ils en ont sûrement assez fait, assez dit pour extérioriser leur haine. Le malheureux qu’il a voulu sauver est toujours allongé là qui plus est. Au fond, il l’a déjà sur la conscience. Que dirait Carley si elle avait assisté à cette scène ? Sans doute qu’il n’avait pas à s’emmêler. Et elle aurait raison. Comme trop souvent d’ailleurs. Il redresse le regard et attend d’être sûr que le sournois ne va pas le cribler de balles quand il lui tournera enfin le dos. Sans doute ne pourrait-il jamais l’être, tout à fait certain. Mais le risque est impérieux en ces temps précaires. Il a appris à ne pas s’en inquiéter. Il existe des châtiments bien plus douloureux que la mort. Bran s’invite dans ses songes. Son équilibre s’en retrouve toujours plus diminué. Il doit se concentrer pour ne pas chuter. Ses doigts se replient sur les antidouleurs au fond de sa poche. Quand le regard de l’éventreur  aura déserté, il se resservira allégrement. A l’abri de tout jugement. Du moins, autre que le sien.

Devant le silence qui s'allonge pour ne jamais briser la tension, le grec soupire et tourne les talons sans plus de mot, ajoutant seulement un énième regard au cadavre qu'il abandonne, la culpabilité lui lacérant le ventre. Il crispe chaque muscle pour poser un pied devant l'autre sans trop trahir sa défaillance mais en vain. A l'angle de la rue, il abandonne sa mascarade et interpelle un taxi, incapable de poursuivre sans manquer de choir. Les pensées emmêlées, la colère toujours présente, il ressasse cette rencontre et son dénouement explosif. Un jour, il sera tué par cet homme, c'est presque une certitude. Presque.

- Sujet Terminé -

_________________

    Stuck along a road of sadness with nowhere to go. Here's hoping that the signs are real. And tomorrow with a spring in my heel. Somewhere on the road of sadness lies a better deal. I know that my hardened heart is beating still. I drove it to the point of madness just to feel something real.
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Perfect timing {pv.}

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