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 Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}

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MessageSujet: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Sam 24 Oct - 14:34


« It's close to midnight and something evil's lurking in the dark »



Marcus Kostas & Helena Burnett
featuring

Halloween. La décadente et l’opulente. La fête des morts de la magie étend son aura dans les rues de la Nouvelle-Orléans. Chasse le temps d’un soir les ombres du Gouvernement et de son oppression. Et vous êtes en ce jour conviés à participer à des festivités organisées pour vous offrir l’occasion de frôler l’allégresse. Derrière les portes de l’inquiétant Manoir se tient la soirée de l’année. Celle qui restera sur toutes les lèvres et dans tous les esprits comme la nuit où le mythe est devenu réalité. Oubliez les fards qui sont les vôtres le jour levé, à la tombée de la nuit tous les masques tomberont.

Vous avez été invité à venir vous perdre dans la chaleur d’une soirée guindée, au luxe et à l’oisiveté entêtante. Engoncés au milieu de la foule et ses rires. Vous ne pensiez pas devenir le personnage principal d’une redoutable tragédie. Car derrière ces visages affichant un sourire de façade, se cache la Mort. Uniques entités vivantes au milieu des morts. Revenants des siècles passés, morts provoquées par votre main, proches disparus, ils se rappellent tous à votre bon souvenir. Pour le meilleur et surtout le pire. Les portes de la demeure se sont scellées et ne s’ouvriront que lorsque le soleil viendra frapper contre les lourds rideaux de velours. Coupés du monde, vous êtes seuls avec les esprits d’Halloween. Nul besoin d’être un sorcier pour les voir, ils sont aussi réels que vous et moi, tangibles et faits d’une chair froide.

Sachez aussi que ce qui se trouve dans votre verre n'est pas vide de malice. Qu'importe votre essence, vous ferez les frais d'un autre sort jeté sur votre pauvre petite personne. Humains, métamorphes, sorciers, voleurs de vie ou possédés, votre humanité sera aussi futile que le verre dans les mains du fantôme qui vous frôle.
- Marcus, tu vois le souvenir le plus violent vécu par une personne chaque fois que tu la touche.
- Helena, empathe, tu ressens toutes les émotions et tous les sentiments des personnes autour de toi.

(Le sort peut durer tout le topic ou seulement pendant un nombre de messages plus restreint, selon votre envie.)

Et pour que la fête ne soit encore plus belle, voici votre premier défi:
- Marcus : citrouille, farce, grimoire, superstition
- Helena : porche, linceul, grenier, épouvantail


(Déguisements conseillés mais facultatifs.)

Ordre de passage:
1 - Marcus Kostas
2 - Helena Burnett



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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Mar 10 Nov - 14:10


Nowhere Left To Run
« It’s close to midnight and something evil’s lurking in the dark »



Marcus & Helena
featuring

L’invitation n’avait pas donné moult détails sur la soirée en question. Marcus avait lu d’un œil distrait la petite ligne indiquant que le déguisement était conseillé. Phrase qu’il avait aussitôt mise dans les oubliettes de son cerveau. Il n’était certes pas du genre à se costumer pour un événement, encore moins pour Halloween. Petit, il était fasciné par cette fête. La symbolique derrière celle-ci, et surtout ses origines païennes, le rendaient curieux. Ce temps où la superstition régnait en maître reviendrait peut-être un jour. Il n’avait jamais revêtu un de ces déguisements de squelette, de fantôme ou de vampire pour crier un « Farce ou friandise » au seuil des portes de sa ville natalel. Derrière sa fenêtre, il avait observé les autres enfants gérer ce rôle à la perfection sans les envier le moins du monde.

Lorsque les portes de la salle de réception s’ouvrirent devant lui, Marcus marqua une seconde d’arrêt avant de reprendre sa marche lente et silencieuse vers l’intérieur richement décoré. Ses yeux parcoururent l’assemblée : visages connus, et une grande majorité de visages inconnus. Certains portaient des masques alors impossible de déterminer leur identité. Le décor était époustouflant de luxe et d’oisiveté. Lourds rideaux de velours aux fenêtres, tapis aux prix inestimables, vaisselle en porcelaine, et champagnes et vins de qualité supérieure dans les coupes des invités.

Trempant ses lèvres dans celle qu’un serveur lui avait remise à son arrivée, ses papilles goûtèrent ce que ses yeux avaient déjà pu percevoir. Un apparat pompeux et faste. Est-ce que le gouvernement tolérait cette soirée ? Il était incompréhensible que ce soit le cas. Sortant de sa poche l’invitation qu’il avait montrée à l’entrée, Marcus n’aperçut aucun nom d’organisateur. Quel manque total de communication. À moins que l’homme à l’origine de ceci ne tienne pas à être démasqué.

L’alcool dans son verre commença à éveiller son attention alors que son esprit lui, s’embrumait peu à peu. Heureusement qu’il savait toujours quand s’arrêter de boire. Comment une telle soirée avait-t-elle pu être organisée en ces temps de prohibition ? Il avança de quelques pas et arriva près des danseurs qui tournaient sur une musique entêtante. Au centre de la salle, une citrouille plus grande que les autres trônait fièrement. Jack-o’-lantern ne devait pas être loin.

Des courants d’air froids traversaient la salle par moments, d’origine inconnue puisque toutes les fenêtres étaient fermées. En son for intérieur, Marcus sentait un être se réveiller. Serrant la mâchoire, il posa son verre à présent vide sur une petite table non loin, sur laquelle étaient posés deux objets dans la thématique de la soirée : vieux grimoire et baguette magique. L’air était chargé de créatures maléfiques, et il n’avait aucune envie de mettre à nu celui qui se cachait au fond de sa poitrine. C’était déjà assez dur de perdre sa condition d’être humain.

En déambulant à nouveau parmi les invités, sa main vint se poser furtivement sur le dos d’une femme d’une vingtaine d’années, juste pour pouvoir se frayer un passage derrière le groupe dans lequel elle se trouvait. Aussitôt, des images défilèrent dans sa tête, lui martelant le crâne par ses sons étrangers. Cela le força à s’arrêter net dans son mouvement. Ses mains vinrent se porter à ses tempes, comme pour essayer de faire passer la douleur soudaine. Ce souvenir ne lui appartenait pas. Il flottait pourtant dans son esprit comme s’il était sien. Il se déroulait avec force dans sa tête, rendant le reste de la fête très lointain à ses sens. Il réussit à s’écarter de la foule pour se mettre à l’écart, la tête toujours douloureuse et les yeux emplis de cendres de souvenirs meurtriers. Était-ce l’être en lui qui jouait ainsi avec sa raison ?


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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Dim 15 Nov - 20:33

La grosse horloge baroque fièrement présentée comme une des pièces maîtresses de la collection d’objet sordides qu’abritait le musée vodou résonna jusqu’au grenier, traversant les étages supérieurs où était installée la maigre famille Burnett. Elle venait de sonner vingt heures, heure à laquelle Helena devait quitter sa villa de bois pour assister à la soirée organisée dans les bas fonds du quartier sud. Elle déposa un baiser sur le front de Douglas, à qui elle promit de rentrer sur les coups de minuit. L’assistant qu’elle payait à l’entretien du musée avait accepté de veiller jusqu’à son retour. Helena ne pouvait savoir son fils seul, bien que cela impliquait risques et dangers. Néanmoins elle avait choisi son « majordome » avec minutie, et lui faisait confiance pour ce genre de tâche. Assister à cette réception en l’honneur d’Halloween n’était qu’un pur prétexte pour parler business avec un de ses contacts. Elle avait d’abord planifié de faire sauter la fête, de réduire en cendres les invités parmi lesquels ses ennemis grouillaient, mais après étude du dispositif de sécurité, les probabilités d’échec avait largement pris le dessus sur celles d’une potentielle réussite. Sa présence allait donc principalement l’aider à identifier les cibles futures, qu’elle avait inscrites telle une liste noire des ennemis de la liberté, sa liberté.

Helena refusait une arrivée pompeuse et remarquée. Sur le porche de la demeure accueillant la soirée en question, elle ajusta son masque vénitien, en parfait accord avec la longue robe noire qu’elle portait, au décolleté certes avantageux, et aux fines perles venant dessiner sa taille. Son humeur n’était pas à la couleur, mais plutôt à l’insipidité, face à un monde qu’elle ne reconnaissait pas. Heureusement pour elle, elle n’était pas la seule à arborer un tenue de deuil ce soir-là. Cependant les tissus qui défilaient devant ses yeux étaient parés de paillettes, de diamants, d’or, d’opulence. Le luxe et sa luxure transpiraient derrière chaque masque, et chaque coupe. Une atmosphère guindée et théâtrale, pour impressionner les fleur-bleues. Helena avait rarement assisté à une telle fête, ne venant pas d‘un tel milieu. Tout lui semblait irréel. Elle se pensait dans un bal du dix-neuvième siècle, dans une contrée d’Europe de l’est, où les superstitions et autres épouvantails étaient encore aux gouts du jour. Elle eut un frisson de convoitise. Un tremblement ébahi devant de telles richesse. Stupéfaite qu’autant de somptuosités pouvaient se mêler dans un seul et unique lieu. L’abondance l’empêchait de penser. Les longs rideaux plaqués sur les fenêtres tels des linceuls funéraires faisaient ressortir les gigantesques lustres pendus au-dessus de sa tête. Sur chaque collier elle posait ses yeux interloqués, brillant devant une si faste splendeur.

Malencontreusement bousculée, elle revint à elle. On s’excusa, elle rendit son pardon par un sourire raté. Elle fit un rapide tour de salle. Elle remarqua des hommes postés aux entrées et sorties, l’oeil aguerri, guettant chaque mouvement. Son regard balaya davantage l’immense pièce. Son contact n’était probablement pas arrivé. Il lui avait indiqué le masque qu’il porterait ce soir, pour se faire remarquer d’emblée. Helena n’était nullement importunée face à l’attente. Elle avait de quoi ravir son regard pendant de longues heures. Elle saisit une coupe à la volée, pour faire patienter ses papilles. Aucune tête ne ressortait du lot. Elle en connaissait certaine, mais n’avait pas l’envie de briser sa flegme pour entamer une conversation qui lui passait largement au-dessus du crâne. Helena était devenue antipathique depuis les Jours Sombres. Elle n’avait pas le coeur aux blagues futiles, sauf entourés par ses hommes de confiance.

L’alcool faisait son silencieux chemin jusqu’au sang. N’ayant rien englouti depuis plusieurs heures, il ne se fit pas prier pour monter rapidement au cerveau. Cette coupe finie, Helena n’était plus qu’à une verre et demi de l’ivresse. Ses gorgées suivantes se firent plus espacées. Guettant le hall d’entrée que les nouveaux invités foulaient chacun leur tour, elle frissonnait, empreinte à des souffles glacés qui caressaient sa peau. Pourtant la foule suante était censée libérer chaleur et relents d’alcool à cette heure-ci. Des êtres d’un autre monde se dessinaient entre les différents tissus portés. Helena n’aimait pas ça. Helena n’aimait pas les créatures qui lui étaient inconnues.

D’habitude adroite et sereine dans ce genre de situation, Helena s’emplit soudainement de haine. Une haine qu’elle ne se connaissait pas. Dont elle ignorait l’origine. Qu’elle ne pouvait contrôler. Elle tenta de se contenir, ce qu’elle réussit tant bien que mal, au prix d’une grimace traitre. Au départ elle pensa à un trop plein d’hormones, que le glas de la ménopause avait sonné. Son masque voilait parfaitement ses états d’âmes, ce qui ne la rassura que quelques instants, avant que la peur ne s’empare de tout son corps. Elle n’avait aucune raison d’être effrayée à l’heure actuelle, si ce n’est par ce qui était en train de la posséder. Ce fut un bal d’émotions qui vinrent se bousculer en elle, qui lui confirmèrent que c’était bien plus profond qu’une rupture de son cycle menstruelle. Elle posa sa coupe d’un geste brusque. Son déguisement facial commença à l’étouffer, l’écraser, elle se sentait suffoquer. Elle le retira brutalement, et s’approcha d’une fenêtre, espérant pouvoir trouver une source d’air frais. A mesure que ses pas l’amenaient vers la faible lueur lunaire, les sentiments qui s’emparaient d’elle changeaient, parfois trop vite. Prise soudainement d’un chagrin inexplicable, des larmes énigmatiques vinrent brouiller sa vue, pile poil ce qu’il lui fallut pour rentrer tout droit dans le dos d’un homme. La tristesse laissa place à l’incompréhension. Quand elle voulut s’excuser, ce furent ses propres sentiments qui vinrent se battre avec les étrangers. Elle connaissait cet homme, et visiblement, lui non plus n’était pas à son aise.

Helena hésita à feindre l’indifférence et la froideur, à faire comme s’il s’agissait d’un partait inconnu, aussi mystérieux que ses états d’âme qui la prenaient au corps -autant que lui d’ailleurs. La première chose que sa bouche réussit à émettre fut un vulgaire « Merde ». Elle chassa une vanité qui cherchait à s’immiscer en elle, étant déjà emplie par un trop plein de sentiments contraires, qui l’amenèrent par ailleurs à parler plus vite que sa pensée. « Suis-je la seule à sentir que quelque chose ne tourne pas rond ici ? Et accessoirement que cette situation est étrange ? Ou alors je suis déjà trop bourrée ? » Regrettant quelque peu ces mots tout sauf distingués, elle décida se baisser les bras et d’accepter son sort, de se confronter à la seule réalité tangible à laquelle elle assistait; Colin.  
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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Jeu 19 Nov - 14:42


Nowhere Left To Run
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Marcus & Helena
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Les souvenirs étrangers s’effaçaient peu à peu, mais la douleur restait là, lancinante, comme si elle s’était accrochée à son être tout entier et qu’elle était décidée à ne pas l’abandonner. Voilà qui ne faisait pas ses affaires. Il détestait être en position de faiblesse face à des inconnus. Et la salle en était remplie. Tentant de reprendre le contrôle de lui-même, il ferma les yeux quelques brèves secondes et poussa un faible gémissement afin d’évacuer cette souffrance qui avait surgi sans prévenir. Lorsqu’il ouvrit à nouveau les paupières, l’illusion qu’il projetait était parfaite.

Jetant un œil par la fenêtre juste derrière lui, il leva la tête pour observer le ciel qui semblait extraordinairement brillant en ce soir d’Halloween. L’astre lunaire paraissait également plus grand, impression factice qui ne devait être due qu’à son imagination. En ce 31 octobre, le sentiment que fantômes, esprits et squelettes sortis du tombeau pouvaient être réels était perceptible. Alors qu’il se perdait dans la contemplation des étoiles, quelqu’un lui rentra littéralement dedans. Il se tourna directement et le temps resta un instant en suspens lorsqu’il découvrit le visage de celle qui avait interrompu son moment de solitude. Ah. Voilà qui était inattendu. Celle qu’il ne voyait généralement qu’en privé se retrouvait à présent face à lui, alors qu’ils étaient entourés de centaines d’étrangers. Instinctivement, il se tourna vers la foule, comme pour apercevoir si quelqu’un avait les yeux fixés sur eux. Il ne put être sûr que ce n’était pas le cas, il y avait trop de monde. Elle laissa échapper un mot bref qui résumait bien la situation. C’était à peu près ce qu’il pensait en cet instant. Il acquiesça ensuite à ses paroles.

« Il y a définitivement quelque chose d’anormal dans cette soirée. L’alcool n’altère en rien ta capacité à le sentir. »

Marcus avait l’impression que cette fête allait mal se passer. Il était incapable de dire exactement pourquoi, mais ce sentiment ne le quittait pas. Ces vagues froides qui lui parcouraient le corps à intervalles réguliers accentuaient cette idée. Il regrettait presque d’avoir décidé de venir à cette soirée. Mais maintenant qu’il avait Marilyn devant lui, il se disait que ça pouvait être intéressant malgré tout. Il n’était pas habitué à la voir en dehors de leurs rendez-vous privés, et il ne connaissait rien d’elle. Cependant, avec le temps passé ensemble, l’envie pouvait être tentante d’en savoir plus sur la personne avec qui il partageait son intimité. Ils avaient pour règle de ne jamais évoquer leur vie personnelle, afin de rester anonymes sur cette part au moins. Cette rencontre fortuite allait néanmoins peut-être changer la donne. Surtout que Marilyn ne semblait pas vouloir faire comme s’ils ne se connaissaient pas.

« Je ne sais pas si j’ai bien fait de répondre positivement à cette invitation… Quoique je ne m’attendais pas à te voir. C’est une surprise plutôt… intéressante. »

Le petit sourire qui avait accompagné ces paroles s’effaça aussitôt, afin de ne pas permettre à quelqu’un d’autre qu’à Marilyn de le remarquer. Elle était, parmi tous ces individus, la personne la plus proche de lui, et cela lui fit bizarre de constater cela, alors que de nombreuses têtes qu’ils avaient croisées en arrivant étaient des têtes connues, du travail pour la plupart. Des collègues à qui il adressait des bonjours polis avant de s’éloigner rapidement pour éviter les discussions futiles. Il ne les méprisait pas, non, il n’avait juste pas envie de subir le récit de leurs vies pathétiques.

« Qu’est-ce qui t’a poussée à venir à cette soirée ? L’amusement ou bien autre chose ? »

Il restait volontairement distant dans ses questions, parce qu’ils n’étaient pas habitués à se confier. Questions banales dans un cadre qui ne l’était pas nécessaire. Du moins pour eux deux. Il posa à nouveau son regard sur la foule, délaissant les yeux envoûtant de Marilyn. Plus loin, des invités déguisés s’exhibaient aux commentaires de leur groupe d’amis. Pour la plupart vêtus de costumes qui cherchaient à effrayer, on était encore loin de la magie de Noël qui amenait bien d’autres légendes. Le moment de couper du gui à la serpe afin de l’accrocher au-dessus des visages pour qu’ils s’offrent aux baisers n’était pas encore venu. Marcus n’était pas certain de préférer les traditions de Noël…


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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Ven 20 Nov - 18:45

Poussée par d’étranges affects qu’elle ne contrôlait pas, elle regretta ses mots. Ses sentiments inconnus s’étaient dissipés. Ils étaient désormais isolés contre cette fenêtre vers laquelle elle cherchait encore de l’air pour dépressuriser ce mélange invraisemblable qui l’avait habité. Néanmoins, elle venait de commettre une grave erreur en adressant la parole à cet homme, qu’elle n’était pas censée connaître, à qui elle n’était pas censée parler, avec qui elle s’apprêtait à tenir une conversation qui lui déplaisait. Bien qu’elle n’ait concrètement rien d’autre à faire que lui adresser la parole, elle s’exposait bien trop en se tenant devant lui. Elle ignorait tout de cet homme, de Colin. Elle ne connaissait que les courbes de son torse, la chaleur de son corps, et la douceur de sa peau. Même cela était trop. Cette rencontre n’était définitivement pas prévue.

Elle écouta d’une oreille les paroles de son partenaire privé, tout en jetant des regards ici et là pour guetter ce contact qui ne venait décidément pas. Il aurait pu constituer une parfaite issue de secours. Une porte de sortie à cette situation gênante, aux étranges vagues d’émotions qui continuaient de s’emparer d’elle, et surtout aux regards des autres invités que sa paranoïa jugeait inquisiteurs. Elle se sentait gênée, mise à nue aux yeux de tous. Si embarrassée que ses pommettes rouges la trahissaient. Colin quant à lui semblait arborer une parfaite assurance. Il confirmait ses inquiétudes, acquiesçant à l’idée que cette soirée était emplie d’une atmosphère singulière, semblable aux chimères qu’elle n’avait toujours pas appris à apprivoiser, elle qui luttait encore pour défendre sa place au bas de la chaîne alimentaire. Cette réception ressemblait à un piège, à une embuscade évidente. Elle souhaitait de tout coeur rentrer chez elle, se coucher aux côtés de son fils et de sa poupée de chiffon, et faire appel à son cher compagnon monsieur Alzheimer pour faire disparaître ce mauvais cauchemar de sa mémoire défaillante. « Je n’aime pas ça. Je serai même prête à enchaîner les coupes, histoire que cette soirée passe le plus vite possible. » Au fond, rien ne l’empêchait de quitter les lieux, si ce n’était ce Colin qui lui tenait la grappe contre son grès. Finalement, elle allait peut-être mettre ses paroles à exécution, et se souler jusqu’à voir des licornes voler autour des majestueux chandeliers pendus depuis le plafond incrusté de dorures.

Elle sourit lorsqu’il évoqua le caractère intéressant de cette rencontre fortuite. Elle ne partageait pas tout à fait le même avis, considérant davantage cette discussion comme un fâcheux incident auquel elle devait faire face, tout en gardant la tête haute. « Je n’irai pas jusque là. Non pas que te voir m’est profondément pénible, quoi que je ne t’aurai jamais donné rendez-vous ici, c’est plus que je ne suis pas très enthousiaste à l’idée de te parler comme si tout cela était normal. » La légendaire confiance de Colin commençait à traverser l’enveloppe charnelle d’Helena, ce qui lui donna un léger regain d’aplomb. Elle écarta son regard de la foule, trop distrayante, alors qu’elle essayait de ne pas perdre la face devant son interlocuteur. En y réfléchissant bien, elle ne se souvenait pas avoir aligné autant de répliques durant l’une de leurs sensuelles entrevues. Peut-être avaient ils autant bavardé lorsqu’il était question de choisir avec quel whisky ils allaient s’enivrer pour s’adonner à leur affaire.

Ses cheveux aux reflets de charbon s’hérissèrent tandis que Colin la questionnait sur la raison de sa présence. Il s’aventurait sur un terrain périlleux. Les interrogations qu’il émettait n’étaient pas les bienvenues, et Helena se décontenança aussitôt. Il était évidemment hors de question de répondre avec exactitude. Cet amant était potentiellement un acteur hostile dans la rebellion que préparait Helena -un bien grand mot pour un groupe en quête de mission. De plus, il dérogeait à la règle suprême qu’ils avaient instaurée entre eux, à savoir ne pas parler de leur vie respective. A vrai dire ne pas parler du tout, si ce n’est pour émettre des gémissements de plaisir, raison maitresse de leurs rencontres. Chassant la déroute qui s’ancrait au creux de ses entrailles au point d’avoir l’estomac noué, elle répondit avec un élégant cynisme qui lui était coutumier. « Mmoui, on peut parler d’amusement. J’essaye de sortir de ma misanthropie. Une… amie m’a convaincue de venir, qu’il ne fallait pas rester enfermé dans la peur. Malheureusement elle ne semble pas avoir répondu au rendez-vous, elle. » Fière de sa réplique détournée qui l’avait encouragée à tenir tête à ce curieux Colin, elle continua retourner la situation à son avantage, ajoutant d’une voix plus douce. « Et que fait un homme si solennel à une telle fête ? Tu n’as même pas pris le temps d’enfiler ne serait-ce qu’un masque, tu as l’air un peu trop seul ce soir. » Son but n’était pas de faire de tels commentaires implicites. Elle jouait sur l’ambiguïté de ses propos, cherchait à le désorienter, de sorte à pouvoir prendre la fuite quand le besoin se ferait pressant.
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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Dim 22 Nov - 11:11


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Marcus & Helena
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Voir Marilyn en ces lieux le perturbait quelque peu, même s’il ne pouvait nier qu’il était bien plus attiré par cette femme qu’il n’osait se l’avouer. Il était en train de se remémorer leur dernière rencontre alors qu’ils échangeaient des propos innocents.

« Te saouler n’aidera sûrement pas à accélérer le cours du temps. Et ce climat étrange me forcerait plutôt à rester lucide pour ma part. »

Il ne connaissait pas ce côté de Marilyn. Certes, lorsqu’ils se voyaient, il n’était question que de sexe, même si un verre d’alcool pouvait très souvent être présent lors de la soirée. Et lui-même aimait sentir le goût sirupeux de l’alcool sur sa langue, avant qu’il n’aille se loger dans sa gorge. Puis ce fourmillement qui traversait le corps était divin. Il aimait ce point de limite à ne pas franchir avant de plonger dans l’ivresse totale. Être juste sur la corde raide, entre la réalité et la fiction. Ce sentiment de contrôle total qu’il avait sur lui-même était jouissif.

« Voyons, où est passé ton sens de l’aventure ? Cette rencontre fortuite nous met tous les deux dans l’embarras, crois-moi. Mais tu me permets de ne pas avoir à parler à ces abrutis qui ont cru que se déguiser pour Halloween était l’événement le plus excitant de leurs vies misérables. »

Il eut une moue de dédain pour tous ceux qui s’amusaient devant lui, prenant cette soirée pour un événement fabuleux qui leur permettrait de ne plus penser à leur existence pendant un moment. Face à tant de faste, son sarcasme avait tendance à s’accentuer. Il n’y pouvait rien, c’était une réaction presque épidermique, tellement enfoncée dans sa manière d’être depuis des années que plus rien ne pourrait le changer. Altérer la nature humaine était impossible.

« Oh tout cela est voulu. Je ne suis pas excellent dans l’art de converser avec autrui. Disons que tu fais exception à ma règle, pour ce soir du moins. À circonstances exceptionnelles… »

Il avait parfaitement conscience de ne pas avoir répondu à la première question de Marilyn. Il ne savait pas personnellement ce qu’il y faisait, donc de là à l’expliquer… Dans la salle, la fête battait son plein. Une musique lancinante s’égrenait alors que les danseurs se pliaient dans des mouvements souvent disgracieux. Les boissons alcoolisées passaient de main en main avant de finir leur course dans un gosier qui avait à peine eu le temps de se dessécher depuis le dernier verre. La fièvre montait, rendant chacun un peu hagard, un peu perdu. Certains voulaient sortir prendre l’air mais les portes restaient hermétiquement closes. Alors ils se servaient à nouveau un peu de cet alcool aux couleurs d’Halloween. C’était ce moment où la tension monte lentement et peut soit s’évacuer sans rencontrer d’obstacles, soit stagner puis aller crescendo jusqu’à une explosion.

Malgré sa vigilance, Marcus ne put sentir lorsque la soirée bascula dans la deuxième option. Alors qu’il était toujours dos à la fenêtre, à quelques mètres de lui, deux hommes visiblement ivres se crurent soudain sur un ring de boxe. Impossible de savoir ce qui avait déclenché cette violence brusque entre eux, mais ils tentaient de faire s’effondrer leur adversaire sans se soucier le moins du monde des individus qui les entouraient. La foule s’écarta, et l’employé du gouvernement les vit s’avancer vers lui. Tout cela prit quelques secondes, lui laissant à peine le temps de réagir quand l’un des deux fut poussé par l’autre et tomba littéralement sur Marcus. Sous le choc, celui-ci ne put que basculer vers l’arrière, et se réceptionna sur les coudes. Une douleur subite lui fit froncer les sourcils et il serra la mâchoire pour ne pas laisser échapper de cri. L’autre, lui, s’était redressé immédiatement. Le fait d’avoir renversé quelqu’un sembla lui faire reprendre conscience de son environnement et les deux hommes cessèrent leur combat.

« Désolé mec, ça va ? »

L’inconnu lui tendit la main pour l’aider à se relever mais Marcus n’accepta pas son geste. En bouillant de colère intérieure, il se remit debout en s’aidant de son bras gauche, le seul qui ne le faisait pas souffrir. En palpant son coude droit, une vive douleur résonna dans son membre et il ne réussit pas à le plier sans grimacer. L’autre voulut s’avancer.

« N’approche pas, enfoiré. Dégage d’ici avant que je ne te rende la pareille. »

Il n’était pas du genre à se battre, il n’avait jamais été doué pour ça. Pour lui, les mots étaient plus faciles à manier que ses poings. Sa voix était glaciale mais qui connaissait Marcus aurait entendu un peu de tremblement dans sa voix pourtant ferme. La souffrance était bien présente. L’autre leva les deux mains en signe de paix, cependant, ses yeux démontraient qu’il n’avait pas apprécié ces propos.

« C’est bon, j’ai pas fait exprès ! »

Il s’éloigna sans demander son reste, laissant enfin la solitude se refermer autour de Marcus qui ferma les paupières un instant en appuyant son épaule sur le cadre de la fenêtre.


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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Ven 27 Nov - 14:12

Des ombres semblaient toujours voltiger entre les quelques silhouettes portées par la musique de chambre de l’orchestre. Les musiciens étaient les seuls à avoir été formellement contraints d’arborer les accoutrements mortuaires d’halloween. Les pans des longues robes portées par les bourgeoises hautaines de cette réception glissaient sur le sol vernis, au grès du passage d’esprits invisibles, pourtant perceptibles. Helena le pressentait. Il ne fallait pas être sorcier, animal, ou expert en magie noire pour déceler l’étrange présence qui émanait de cette pièce. Cela se traduisait par un mal être général, caché au travers de valses emphatiques, de discussions frivoles, ou de rencontres fortuites comme celle que la jeune femme vivait à l’instant. Pourtant Colin apportait un certain confort, aidé de ses mots certains. Si Helena se savait confrontée à sa véritable identité face à lui, elle se sentait à l’abri du danger physique que pouvait apporter les créatures maléfiques et autres chimères ayant élu domicile en ces lieux. « Alors charge toi de monter la garde, je m’occupe de profiter de cette soirée ». A ces mots elle termina sa coupe. Puis la déposant nonchalamment sur le rebord de la fenêtre, elle se saisit de celle de son interlocuteur, sans demander de permission. Ils étaient assez intimes pour qu’elle puisse se permettre de telles manières. Ce n’était pas comme si il ignorait la spontanéité de ses gestes et la rudesse de ses mouvements, qui paraissaient néanmoins toujours gracieux.

Ecoutant les mots de Colin, Helena s’autorisa un rire succinct, qui fut abrégé par sa main se claquant sur ses lèvres après avoir entendu le son trop aigu qu’elle émettait. En tant que parfaite humaine, dernier maillon d’une chaîne alimentaire en perpétuelle évolution, qui se dévoilait chaque jour davantage, elle connaissait la vie misérable qu’évoquait Colin. Cette vie qui ne cessait d’être prise par nombres de tourments cauchemardesques, dévorés par des sorciers dont l’existence avait été parfaitement niée, jusqu’à ce qu’ils décident de mettre le monde à mal. Elle avait toujours soupçonné Colin de faire partie de cette catégorie d’êtres surnaturels, mais s’était toujours refusée à y croire, trouvant cela bien étrange de s’accoupler entre êtres disparates. Elle aussi trouvait ces petits gens ridicules, risibles. Néanmoins elle ne pouvait s’empêcher de les pardonner. Car contrairement à elle, ils semblaient heureux dans ce monde pourtant si chaotique. Ils semblaient apprécier ce moment, profiter d’une sécurité relative, s’amuser du son sur lequel ils dansaient. Lors d’une soirée, ils pouvaient s’extirper d’un quotidien noir et funeste auquel chacun était confronté. « Certes, cela fera le rebondissement de l’année, et je me délecterai de repenser à ce soir quand l’ennui me prendra. Mais laisse ces abrutis. Ils font notre divertissement, et touchent enfin au bonheur. A moi que tu ne sois jaloux ? » Helena laissa glisser un sourire malicieux au coin de ses lèvres. Elle était convaincue que Colin était au fond, tout comme elle, malheureux. Cela se présumer à travers l’ironie et le sarcasme qui lui étaient reconnaissables. Elle entrevoyait derrière ce regard mystérieux une once d’insipidité, qui faisait de lui un être qu’elle avait du mal à percer. Pourtant elle devinait une certaine douleur, une affliction. Certainement le fruit de longues heures passer à le regarder alors qu’elle se balançait sur son corps, recouvrant les draps d’une chambre d’hôtel, cette peine se décelait, même à travers l’agitation de ses doigts sur sa peau.

Helena commençait à sentir les effets dangereux de l’alcool continuant sa montée au cerveau. Elle venait se mêlait à la masse déjà enivrée des invités dont les pas incertains tentaient leur route ici et là. Lentement, la pièce vacillait. Elle fixa un point, gardant l’équilibre. Nul besoin de perdre face maintenant, qui plus est devant Colin. Son regard bascula quand deux gaillards vinrent à se frapper, sans raison apparente si ce n’est une blague de gros bonhomme. Helena avait eu l’habitude de voir ce genre de démonstration de force dans sa vie antérieure, la vie londonienne qu’elle menait autrefois. Elle ne fut donc pas surprise de voir la foule abasourdie, prise entre l’attrait de la violence et la stupéfaction de la brutalité à laquelle ils s’adonnaient. Elle fut cependant plus inquiète quand l’un vint se choir sur Colin. Le duel se stoppa net. Son interlocuteur se releva, non sans une once de colère qui vint durcir ses traits. Son bras semblait le faire souffrir, et ce fut un échange glacial avec le fautif qui vint terminer l’altercation. Elle ne savait pas où se mettre. Elle ne savait pas si elle avait besoin de se mêler à ça. Elle se contenta de lancer un regard noir, accusateur et condescendant, dévoilant une haine formelle. Posant à nouveau ses yeux sur Colin,  elle le vit quelque peu tourmenté par son membre atteint. Visiblement, il n’avait échappé à aucun coup, et son souffle trahissait l’agacement de la douleur. Helena n’était pas assez indifférente à Colin pour le laissait en peine. Pourtant, elle ne se posait pas la question quad ses ongles écorchaient son dos lors d'étreintes sauvages. Mais les circonstances actuelles faisaient qu'elle n'était en mesure d'échapper à ses maux. « Tu as mal où ? Tu saignes ? » Elle procéda à l’inspection de l’organe touché, accompagnée par des mouvements délicats pour ne pas empirer la souffrance qu’il subissait. Elle n’avait jamais été particulièrement habile dans ce genre de situation. Cependant elle avait un fils qui malgré les circonstances politiques avaient de nombreuses fois joué à se pendre du haut d’un arbre et d'y tomber assez fortement pour se casser un os. Elle connaissait le geste le plus banal et rudimentaire, qui pouvait néanmoins panser Marcus le temps de faire un vrai diagnostique. « Suis-moi. » Elle fit signe à Colin de se rendre vers les cuisines. Longeant le buffet, elle se rapprocha trop près d’un invité atteint d’une faim inouïe. Elle laissa Colin prendre le pas sur sa trajectoire et s’empara en deux temps trois mouvements d’un bol de bonbons disposé sur le buffet. En toute discrétion -du moins c’est ce qu’elle espérait-, elle s’empiffra de marshmallows et de caramels, sans pouvoir pour autant contrôler cet appétit peu gracieux. Cela apaisa par ailleurs son ventre vide depuis trop longtemps, et permit d’éponger une partie de l’alcool ingurgiter. Et histoire de finir sur une touche plus élégante, elle attrapa au vol une coupe, sensée aider les sucreries à trouver le chemin de son estomac. Elle s’empressa ensuite de rattraper Colin dans les cuisines, toujours atteint, le bras ballant. Dénigrant complètement les employés interloqués par une telle présence, elle chercha le congélateur des yeux, poussant un cuisto au passage. Elle ouvrit le bac à glace et s’empara d’un sac de glaçons. Le tendant à Colin, elle lui fit signe de l’appliquer sur la zone touchée.
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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Dim 13 Déc - 9:06


Nowhere Left To Run
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Marcus ne s’était pas attendu à faire rire son interlocutrice avec son sarcasme et son ironie. Il leva un sourcil amusé en sa direction et se permit même un sourire en coin. Finalement, ils ne s’en sortaient pas si mal dans ces circonstances exceptionnelles qui les mettaient face à face sans avoir sonné de clochette d’alerte pour les prévenir. Le destin était joueur, et, d’habitude, le chargé de communication détestait cela. Faire face à l’imprévu restait pour lui une véritable gageure. Il aimait que les choses soient organisées, et prévues, car cela lui permettait d’être toujours prêt à y répondre de la meilleure manière possible. Certes, l’existence humaine était remplie d’inattendus, il en était parfaitement conscient, mais il avait appris à régler la sienne comme du papier à musique, pour n’avoir plus que les imprévus dus aux autres. Et cela fonctionnait assez bien. Avec l’expérience également, il savait que le sarcasme ne plaisait pas à tout le monde. Il était ravi que Marilyn ne fasse pas partie de ce public.

« Jaloux ? »

Sa voix avait presque percé dans les aigus quand il lâcha ce simple mot, tant la surprise était réelle. Comment pouvait-elle s’imaginer qu’il enviait ceux dont ils étaient à présent les spectateurs ? Elle aussi était parfaitement ironique en cet instant. Elle devait bien se douter qu’il n’éprouvait rien pour eux à part de l’ennui profond. Voir tournoyer ces invités dans leurs déguisements insipides ne lui procurait rien d’autre.

« Comment pourrais-je être jaloux de ces énergumènes ? Regarde-les, ils ont oublié que demain ils retourneraient dans une vie qu’ils n’apprécient pas. Au moins moi je ne me voile pas la face. »

Marcus s’arrêta là. Son discours était peut-être un peu trop défaitiste. Et peut-être se dévoilait-il trop aussi. Il fallait qu’il se rappelle qui était son interlocutrice et les règles qu’ils avaient fixées au début de leur relation. Il n’avait pas envie qu’elle décide d’interrompre là leur liaison parce qu’il avait été trop bavard. Il appréciait trop ces soirées privées pour s’en voir privé. Il ne remarqua pas que l’alcool commençait à altérer les sens de Marilyn, focalisé sur le combat de deux imbéciles qui vinrent ensuite le pousser.

Sa main gauche toujours posée sur son coude droit, en essayant de calmer la douleur qui le tenaillait, ses paupières se rouvrirent quand il entendit la voix lointaine de Marilyn. Est-ce qu’elle lui parlait depuis longtemps ? Il avait fait le vide autour de lui pour se focaliser sur son propre corps afin de gérer la douleur. Il avait presque oublié qu’elle était là. Elle se rapprocha de lui et posa ses mains sur l’endroit douloureux alors que Marcus la regardait d’un air lointain. Palpant son coude, elle le força à laisser échapper un petit gémissement montrant sa souffrance ; il était quasiment persuadé d’avoir un os du coude cassé. Est-ce qu’elle était médecin ? Après tout, ils ne connaissaient rien de l’autre, même leurs propres prénoms étaient des noms d’emprunt, alors elle aurait très bien pu être du corps médical. Elle réagissait d’une façon presque touchante, et, s’il n’avait pas eu aussi mal, Marcus aurait pu en sourire. Elle n’avait pas à faire ça pour lui, après tout ils n’étaient que deux étrangers qui profitaient du corps de l’autre quand le besoin se manifestait. Ils n’étaient pas là pour veiller sur l’autre, ils n’étaient pas là pour prendre soin de l’autre. Malgré tout, l’Anglais ne se poserait pas contre sa volonté à elle. Si elle désirait lui apporter une quelconque aide, il en profiterait. Pour une fois, il alla contre ses principes et se laissa guider à travers la salle de réception. Sur le chemin des cuisines, Marilyn échappa de son champ de vision un instant, et il continua tout seul à se diriger vers l’arrière de la salle. Il fut rattrapé par celle qui lui tenait compagnie qui, à peine les portes franchies, dédaignant les employés qui étaient surpris de voir des invités de leur côté, s’empara d’un sac à glaçons et le lui tendit. Il s’en saisit et resta un instant les bras ballants, sans agir. Sa voix était moins sûre d’elle qu’auparavant, la souffrance l’ayant affaiblie, comme le reste de son corps.

« Il faut que j’enlève ma chemise, sinon ça ne servira à rien. »

Sans que Marilyn ait eu le temps répondre quoi que ce soit, une autre voix s’éleva dans la pièce. Elle provenait du chef cuisinier qui n’appréciait pas cette irruption soudaine.

« Sortez d’ici tout de suite ! Vous n’avez rien à faire dans les cuisines ! »

« Viens, on va ailleurs. »

Marcus s’était adressé uniquement à Marilyn, sans jeter un seul coup d’œil à celui qui défendait son territoire. Au lieu de repasser la même porte que celle par laquelle ils étaient arrivés, emportant avec lui le sac de glaçons, le chargé de communication en tira une autre, qui devait donner vers les coulisses de la salle de réception. Après deux couloirs vides, il tomba sur les toilettes du personnel. Bien, ça ferait l’affaire. Il poussa la porte, et, une fois à l’intérieur, il déposa les glaçons sur le lavabo. Il commença par ôter sa veste de costume, et sa cravate, avant de terminer par sa chemise qui était à présent froissée. Il mit le tout sur le plan de travail jouxtant le lavabo. Puis sa main s’empara du sac à glaçons et l’appliqua en grimaçant sur l’endroit douloureux.


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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Lun 11 Jan - 12:55

Collin avait, semble-t-il, du mal à percevoir ce qu’Helena voulait insinuer. Sa voix le trahit, ce qui étira encore plus le sourire d’Helena, qui le trouvait presque mignon à s’exclamer de la sorte. Le danger était cependant de s’engager dans une discussion trop profonde, qu’elle redoutait ardemment. Elle était à la fois poussée par le désir de percer Collin, de le comprendre, de le connaître, et retenue par les barrières qu’ils avaient érigées au début de leur rencontre. Ne rien savoir était leur mot d’ordre, qu’elle avait du mal à appliquer en cette soirée, que ce fut à cause de l’alcool enivrant son cerveau, ou simplement les circonstances singulières de cette soirée. Déchirée entre ces deux extrêmes, elle se contenta d’achever la conversation là où il était plus sûr pour elle d’en rester. « Jaloux que ces imbéciles soient heureux une soirée. » En omettant volontaire de souligner qu’ils l’étaient, contrairement à lui. Car au fond, Collin était potentiellement pleinement heureux. Ca elle n’en savait rien, et ne voulait en aucun cas le confirmer.

Au milieu des cuisines encombrées, Collin avait visiblement perdu toute assurance. Helena ne s’attarda pas sur ces détails et préféra se concentrer sur le bras de son interlocuteur, qui semblait plus cassé qu’autre chose. Loin d’être un médecin hors paire, elle appliqua ses maigres connaissances en lui tendant un sac de glaçons, qui devait probablement servir à concocter les moult cocktails destinés à l’assemblée mondaine du dehors. Les gestes d’Helena se faisaient imprécis, surtout parce qu’elle se refusait à lâcher son verre de sa main droite, persuadée que le champagne était son plus fidèle ami et son gain indubitable d’assurance face à une conversation qu’elle avait de plus en plus de mal à gérer, à un homme à qui elle n’était pas censée parler, et à une situation de plus en plus extraordinaire. D’autant plus que Collin émit le besoin d’enlever sa chemise. Helena rit intérieurement à l’idée de reproduire une de leur soirée au milieu des canapés offerts aux bouches du dehors. Ces hommes et femmes du monde ne devaient par ailleurs pas être habituée à fréquenter les lieux de préparation de leurs plats, vu la grimace que tira le chef cuisinier en les apercevant derrière une rangée de casseroles. Celui-ci fulmina quand il les vit, peu enclin à accepter leur partie de jambes en l’air. Helena s’apprêta à répondre avec aigreur, mais Collin semblait bien plus apte à calmer le jeu, sans une escalade de violence verbale. Elle préféra s’incliner et le suivit docilement, non sans laisser courir un regard de mépris sur son visage à destination du chef.

Helena parcourut les couloirs réservés au personnel, sur les pas de Collin, sans trop savoir où celui-ci avait pour objectif de les emmener. Le simple fait de se savoir seule avec lui l’enchantait, heureuse de s’être débarrassée des yeux inquisiteurs des autres invités, et l’horrifiait à la fois, n’ayant plus vraiment d’issue de secours. Néanmoins cette déambulation avait le don de l’avoir fait sortir d’une foule oppressante, à laquelle elle ne voulait pour rien au monde être mêlée. S’appuyant inlassablement sur son verre, elle passa à sa suite la porte des toilettes. Endroit étroit parfaitement intime pour jouer au malade et au docteur. Tout en observant Collin ôter veste, cravate et chemise, elle s’alluma une cigarette pour accompagner ses dernières gorgées, qui, espérait-elle, ne signeraient pas son acte d’ivresse. Elle lui tendit son paquet « Tu en veux une ? » Ce corps, elle le connaissait par cœur. La chemise froissée n’était qu’un accessoire de leurs rencontres. Ces épaules, ce torse, ces courbes, elle les avait longtemps explorées, jamais insatiable. C’était tout simplement ce qu’elle savait le mieux à propos de Collin. La forme de son squelette était imprimée sous ses doigts, comme un éternel souvenir qui se renouvelait à chacune de leur soirée privée. « Tu aurais pu choisir un endroit plus sympa que les toilettes, on est loin de la chambre d’hôtel du Royal Sonesta. » S'essayant à l'ironie pour détendre une atmosphère légèrement pesante, elle l’observait infatigablement se démener entre son sachet de glaçon d’où coulait l’eau froide liquéfiée, et son bras qu’il peinait à bouger. Elle hésita à se remettre à l’œuvre, pour l’aider dans sa douleur, culpabilisant presque de le regarder souffrir sans rien faire. Elle ne voulait pas se montrer trop charitable. Ça n’était pas dans ses habitudes, encore moins à l’encontre d’inconnus qui se trouvaient potentiellement être hostiles, car elle savait qu’elle en comptait davantage que d’amis. Mais sa prudence avait tendance à s’effacer devant lui. Il était sur la ligne de démarcation, changeant de camp quand ils ne se voyaient pas, retournant chez les gentils quand ils se retrouvaient dans le même lit. Elle ne pouvait lui faire confiance, mais il lui était possible de le garder neutre. Après tout, il était toujours utile de se mettre un ennemi dans la poche. « Il faut l’immobiliser, sinon tu auras mal à chaque mouvement ». Coinçant sa cigarette entre ses lèvres, elle s’empara de la chemise froissée gisant aux côtés du lavabo et s’attela à la réalisation d’un bandage de fortune, qu’elle serra délicatement à l’aide de la cravate, en essayant de ne pas amplifier la souffrance.
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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Dim 17 Jan - 11:51


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La pièce était assez petite et très fonctionnelle. À l’image du reste de l’établissement, tout était propre mais sans chaleur. Aucune décoration sur les murs blancs défraîchis, aucune couleur qui aurait pu rendre l’atmosphère moins pesante. Il y avait en tout cinq toilettes aux portes entrouvertes, et deux lavabos qui trônaient sur le même plan de travail. Les miroirs étaient surplombés chacun d’une lumière au néon qui donnaient un air blanchâtre, limite cadavérique, aux visages qui se regardaient dans la glace. Ou alors c’était parce que Marcus était blanc comme un linge suite à la douleur qui envahissait son être et ne le lâchait pas d’une semelle.

Marcus n’avait même pas jeté un coup d’œil derrière lui pour être sûr que Marilyn le suivait. Elle lui avait forcément emboîté le pas, à quoi cela lui aurait-il servi de rester dans des cuisines où ils étaient des indésirables ? Ils avaient ce dont ils avaient besoin. Enfin… si un sac à glaçons pouvait servir à apaiser sa douleur provisoirement, il n’était pas certain que cela réglerait le problème sur le fond. Mais rien à la soirée ne permettrait de le faire alors… Il fallait collaborer avec les moyens du bord. C’était déjà positif d’avoir trouvé de quoi le soulager quelque peu. À vrai dire, il était reconnaissant à Marilyn d’avoir été avec lui ce soir. S’il s’était retrouvé seul, les événements ne se seraient pas déroulés de la sorte. Et il se voyait déjà déambulant dans les rues de La Nouvelle Orléans avec son bras ballant et cassé sans savoir s’il valait mieux rentrer chez lui et attendre que ça passe, ou aller à l’hôpital qui devait à cette heure être rempli de patients peu fréquentables. D’autant plus que les hôpitaux n’étaient pas sa tasse de thé et qu’il préférait les éviter autant que possible.

La voix de sa compagne d’infortune s’éleva dans la petite pièce et résonna quelques secondes avant qu’il ne se tourne vers elle. Sa silhouette se découpait sur le fond blanc du mur, et Marcus remarqua qu’elle n’avait pas lâché son verre de champagne. Son autre main lui tendait un paquet de cigarette déjà entamé. Son esprit était déjà embrumé par la douleur et il hésita donc un instant avant d’accepter. Il n’avait pas l’habitude de fumer, n’y trouvant habituellement aucun intérêt. Mais ce soir était différent et il se dit que c’était peut-être bon à prendre.

« Ça aidera peut-être les glaçons… »

Sa voix était beaucoup moins forte que d’habitude, il s’en aperçut et toussa légèrement pour s’éclaircir la gorge avant que la fumée de la cigarette ne descende dans ses poumons lorsqu’il tira dessus une première fois. Il regretta presque de ne pas avoir également emporté son verre d’alcool. Ces trois éléments combinés auraient pu agir efficacement sur sa souffrance actuelle. Quant au lendemain, et bien, il aurait avisé en temps et en heure. Ses principes s’envolaient comme la fumée qu’il souffla et qui alla se fixer au plafond, ne trouvant aucune autre échappatoire. Il fit un petit sourire en coin quand elle fit part de son doute quant au choix du lieu. Des souvenirs de leurs nuits au Sonesta s’imprimèrent dans son esprit, laissant flotter sur son visage ce sourire léger.

« Je croyais qu’un nouveau décor serait intéressant, histoire de changer nos habitudes. Je ne te savais pas si attachée au luxe du Sonesta mais si tu veux, on peut toujours s’y rendre. Je suis sûr qu’ils vont adorer me voir arriver dans cette tenue. »

Il voulut écarter les bras comme pour montrer l’entrée fracassante qu’il aurait pu faire torse nu à l’hôtel mais le mouvement lui rappela brutalement la réalité et le mal qui s’insinuait dans tout son bras. Voilà qu’il plaisantait alors que les circonstances ne s’y prêtaient nullement. Marcus coinça sa cigarette entre ses lèvres et se tourna à nouveau face au miroir. Il appliqua à nouveau la poche à glaçons sur son coude souffrant, effectuant un mouvement de va-et-vient sur la zone enflammée. Il avait des difficultés à ne pas grimacer, la douleur restant bien présente et engourdissant son être.

Marilyn vint alors à sa rescousse. D’un air lointain, il se laissa faire et la regarda s’affairer autour de lui, saisissant sa chemise, la poche à glaçons et sa cravate pour créer un bandage de fortune. Le froid intense des glaçons collés sur sa peau nue le fit frissonner et il tira une bouffée de sa cigarette pour se redonner une contenance. L’air de la pièce était tiède mais, sans chemise et un sac à glaçons plaqué contre son coude, il n’avait pas très chaud. Son interlocutrice, elle, avait les mains chaudes, et il aurait bien voulu pouvoir continuer à profiter de sa chaleur mais elle s’éloigna légèrement une fois qu’elle eut fini, récupérant sa cigarette entre ses doigts. Au lieu de sortir simplement un mot de remerciement, son corps, lui, en décida autrement et sa main vint se poser furtivement au creux de la nuque de Marilyn pour rapprocher leurs lèvres. Cela ne dura qu’une seconde à peine puis il s’éloigna à nouveau, se demandant si c’était la meilleure façon de lui témoigner sa reconnaissance d’être restée près de lui. Le mot s’échappa néanmoins de sa gorge et il tira une nouvelle bouffée de sa cigarette qui allait bientôt se terminer.

« Merci. Pour le bandage. »


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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Mar 8 Mar - 0:39

Helena mit sur le dos de l’alcool l’étrange bienveillance dont elle faisait preuve à l’égard de Collin. Elle n’était pas franchement à l’aise avec elle-même, s’appuyant sur sa cigarette et sur son sarcasme pour se donner de l’assurance. Collin l’intimidait. Blessé, il dégageait une certaine tendresse, à laquelle elle n’était pas habituée. Il était en général bien plus austère, ne laissant rien paraître. Même quand il s’agissait de laisser son corps jouir d’un plaisir excitant, il ne se montrait pas très démonstratif. Cela ne l’empêchait pas d’être un très bon coup, et de savoir transformer cette poigne en brutalité érotique. Rares étaient les gestes tendres, qu’ils s’agissent des préliminaires ou des délicieux soupirs lâchés après les ébats. Cependant Helena ne se les autorisait pas, bien que parfois elle aurait aimé laissé vagabonder ses yeux dans ceux de son partenaire, esquissant un sourire affable agrémenté de délicates caresses.

Elle était restée avec lui parce qu’elle n’avait tout simplement rien d’autre à faire. Pourtant elle s’était plu à partager cette soirée à ses côtés. Parce qu’au fond Collin la comprenait bien mieux que cette brochette guindée qui virevoltait dans de parfaites robes dorées. Peut-être qu’ils étaient semblables au fond. Deux êtres paumés, dans un milieu qui n’était pas le leur, si mal à l’aise qu’ils se retrouvent à arpenter des couloirs interdits au point de finir leur nuit dans les toilettes. Des marginaux, en somme. Assez délurés pour s’allumer une cigarette dans la pièce exiguë, elle-même assez blanche pour se croire dans un hôpital aseptisé. Helena alluma la cigarette de son compagnon d’infortune, se plaisant à partager avec lui ces fumées cancérigènes. Appuyée contre le carrelage du mur, elle laissa s’échapper d’entre ses lèvres toujours peintes de rouge en écoutant Collin répliquer à sa remarque ironique. Rire bruyant, qui résonna de toute part. Rire enivré qui trahissait son esprit légèrement embrumé par des vapeurs de champagne ingurgitées en trop grandes quantités. Ça lui faisait du bien de se laisser aller. Toujours sous tension, à se mordre les doigts pour son fils, pour ses hommes de main, elle ne prenait pas de temps pour elle. Souvent elle s’autorisait un verre de vin, dégoutée par ses réseaux de contrebande. Rarement elle lâchait prise au point de laisser son cerveau naviguer sur des vagues chimériques. Elle avait oublié le son de son rire, ne côtoyant que sa voix austère, dure, implacable. C’était étrange pour elle de se dire que ses cordes vocales se déliaient en présence de Collin.

Alors que ses doigts s’affairaient entre le bandage et les glaçons, elle sentit son corps frissonner de l’intérieur. Elle fixa quelques instants son regard dans le sien, le temps de resserrer la cravate qui entourait son coude contracté. Elle hésitait, se retenait de trembler, préférant donner l’impression de mouvements assurés. Elle plissait les yeux, pour se donner un air concentré, mais surtout parce que la fumée de sa cigarette se consumant entre ses lèvres venait lui piquer les pupilles. Une fois son affaire terminée, elle flotta le temps d’un instant, puis se résolut à ramener son mégot fumant entre ses doigts tout en se balançant vers l’arrière. Collin et l’alcool. Un cocktail dont elle avait déjà abusé, et qui faisait plus que de lui manquer entre ces murs carrelés étriqués. Ce fut lui qui eut le courage et la fougue de faire ce qu’elle suppliait à elle-même d’accomplir. Sa paume froide vint se loger au creux de sa nuque, rapprochant son visage du sien en un mouvement qui vint exciter les bulles d’ivresse qui sommeillaient dans le sang d’Helena. Elle se laissa faire, répondant à ce baiser modestement. En une seconde il la libéra, et vient reprendre place au bord de l’évier, cigarette à la main, remerciement solennel en bouche. Elle était loin d’être venue pour ça, et se demandait s’il ne valait pas mieux fuir avant qu’on ne les surprenne, s’enlaçant entre la brume de nicotine qui se reflétait sur les carreaux immaculés. Pourtant Helena ne se sentait pas en danger. Elle se disait que personne ne viendrait fouiller les toilettes de services, qu’elle ne connaissait de toute façon pas les employés et qu’au pire elle demanderait à ce qu’on les liquide. Et surtout que si Collin était un homme discret de la même manière qu’elle l’était vis à vis du gouvernement, ils étaient deux amants lambda utilisant certes le lieu inapproprié. Poussée par la frénésie de l’ivresse, elle lâcha alors sa cigarette, qui vint mourir sur une goutte d’eau ayant éclaboussé le sol, et eut ses deux mains libres pour s’emparer du corps de Collin. Elle s’échoua à son tour sur ses lèvres, pendant que ses doigts aveugles cherchaient à caresser le torse déjà dénudé de Collin. Remontant jusqu’aux cheveux dans lesquels ils dansaient, ses phalanges redescendirent par le dos. Helena se sentait paradoxalement en sécurité contre cet épiderme à la fois étranger et intime. Le gout de l’inconnu stimulait ses pulsions, qui n’avaient jamais été assouvies en telles circonstances, dans l’endroit le moins luxurieux de cette faste demeure. Quittant la mâchoire de Collin, ses lèvres vinrent glisser avec ardeur au creux de son cou, tout en faisant remonter ses paumes jusqu’à son cuir chevelu. Elle voulait s’y accrocher, à cet instant d’égard qu’elle s’autorisait au milieu de la pression des ténèbres du dehors. Ce manoir en apparence sinistre et sordide se révélait être un refuge secret loin du cœur de la Nouvelle-Orléans dont les rues moites et macabre à la fois l’oppressaient.
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MessageSujet: Re: Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}   Dim 17 Avr - 12:02


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Les gestes précautionneux de Marilyn avaient une résonance étrange. Jamais ils ne s’étaient retrouvés dans cette situation. Toutes leurs précédentes entrevues se calquaient généralement sur le même schéma type, et, de façon générale, Marcus était sûr que cela lui convenait aussi bien que cela convenait à sa partenaire. Mais là, en cet instant, il était en train de se demander si, finalement, son esprit ne s’était pas attaché à elle plus que de raison. Tout cela n’aurait rien auguré de bon. Il prenait toujours soin de garder ses distances avec autrui. Certes, ses activités nocturnes avec Marilyn rendaient leur relation totalement différente de ce qu’il pouvait tisser habituellement, et cela compromettait peut-être sa légendaire prudence. Cependant, cette soirée risquait encore plus de faire basculer le fragile équilibre sur lequel sa vie se tendait. Et il venait à l’instant de jouer avec le feu. Ce chaste baiser n’était pas innocent, et il savait que son corps ne s’arrêterait pas là. Peu importe le lieu inapproprié.

Ses yeux suivirent le mouvement de la cigarette que Marilyn jeta au sol négligemment. En réponse, ses doigts lâchèrent celle qu’il tenait une seconde plus tôt, pour pleinement s’occuper de l’instant présent. Ses lèvres répondirent à celles de Marilyn, et ses mains s’accrochèrent avec ferveur à ce corps qui était venu se lover contre le sien. Son esprit s’éloigna lentement de la scène, comme pour ne pas s’y attacher, pour ne pas se laisser piéger par cette symbiose qui risquait de l’atteindre trop profondément s’il restait. L’odeur de la peau de Marilyn embruma le peu de raison qui demeurait présente dans son cerveau, et il ne fut plus qu’un homme en proie à ses désirs les plus bruts. Il avait conscience de sa main dans les cheveux parfumés de sa partenaire, de sa main glissant sur ses hanches, sur sa cuisse, soulevant aléatoirement des vêtements qui bloquaient rarement son mouvement. Il avait conscience de mains qui exerçaient la même pression sur son propre corps, corps qui se contenait néanmoins pour ne pas se laisser aller totalement. Il avait toujours fait preuve de retenue lors de leurs ébats, mais, cette fois-ci, avec la douleur dans son coude qui tenait son esprit malgré tout éveillé, sa sensibilité était exacerbée. Il exerça une légère pression sur Marilyn pour la faire reculer et venir l’adosser au mur le plus proche. Le temps semblait à la fois s’étirer et accélérer sa course, comme s’il ne voulait pas prendre parti à cette activité qu’il n’avait pas cautionnée.

Lorsque tout se stabilisa, Marcus resta un instant le front appuyé contre celui de sa compagne, comme pour laisser à son esprit le temps de regagner son corps. Ce dernier avait puisé dans ses réserves déjà abimées par sa blessure, et il sentait la faiblesse le gagner. Il garda les yeux clos quelques secondes et appliqua une dernière fois ses lèvres sur celle de Marilyn, avant de se mouvoir lentement pour mettre une petite distance entre eux deux. L’après était toujours particulier. Car il n’était pas certain de savoir comment réagir ou comment agir. Même si ce n’était pas la première fois, la même incertitude le gagnait à chaque fois. Cependant, la raison pour laquelle il aimait être avec Marilyn était qu’elle ne le jugeait pas. Ils étaient tous deux au même niveau, perdus dans leur quotidien harassant, cherchant par ces rapports un peu d’oubli et de compréhension mutuelle. C’était peut-être en cela que Marcus craignait de s’attacher à elle. Parce qu’elle le comprenait, alors qu’elle ne connaissait même pas sa véritable identité. Cela bousculait tellement tout ce en quoi il croyait qu’il n’osait y songer de façon trop approfondie, par peur de découvrir une réalité à laquelle il ne voulait se confronter.

Il ancra ses prunelles à celles de Marilyn un instant, puis s’en éloigna pour chercher des yeux le paquet de cigarettes et le briquet. Il en saisit une et l’alluma avant de se rhabiller un peu plus convenablement. Il ne remit néanmoins pas sa chemise, mais essaya de réajuster le bandage de fortune que Marilyn avait mis en place un peu plus tôt et qui s’était détaché dans l’action. Il n’y parvint pas à une main et se tourna vers elle. « Tu peux m’aider ? Je crois qu’il faudrait que je le garde encore un peu… » La douleur qui s’exerçait dans son coude avait été altérée par l’énergie que son corps avait dégagée, et elle allait sûrement se réveiller avec intensité d’un instant à l’autre. Il préférait s’y préparer un maximum. Surtout que la température de son organisme avait augmenté rapidement et qu’elle n’allait pas tarder à baisser. Il tira une bouffée de sa cigarette et passa sa main valide dans ses cheveux pour tenter d’y remettre un peu d’ordre également. Ce faisant, ses yeux parcoururent la silhouette de Marilyn et une partie de son esprit nouvellement actif dans sa tête apprécia immensément cette seconde. Son visage, lui, garda cette impassibilité incertaine qui était sienne. Dans le fond de ses prunelles, cependant, son esprit joueur faisait flamboyer une lueur malicieuse.


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Nowhere Left To Run {Marcus/Helena}

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