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 « let's cause a little trouble » - pv. Elias

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MessageSujet: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Jeu 29 Oct - 0:48



elias & mackenzie
Would you bleed for me? Lick it off my lips like you needed me? Would you sit me on a couch? With your fingers in my mouth? You look so cool when you're reading me. Would you lie for me? Cross your sorry heart and hope to die for me? Would you pin me to a wall? Would you beg or would you crawl? Stick a needle in your hungry eyes for me? Let's cause a little trouble. Oh, you make me feel so weak. I bet you kiss your knuckles. Right before they touch my cheek. But I've got my mind, made up this time. Cause there's a menace in my bed. Can you see his silhouette? And I've got my mind, made up this time. Go on and light a cigarette, set a fire in my head. Set a fire in my head, tonight. Don't forget me, don't forget me. I wouldn't leave you if you'd let me. Hmm, when you met me when you met me. You told me you were gonna get me. Let's cause a little trouble. Oh, you make me feel so weak. I bet you kiss your knuckles. Right before they touch my cheek. But I've got my mind, made up this time.
« let's cause a little trouble »



Le filtre entre les lèvres, elle tire une nouvelle bouffée, laissant un épais nuage blanchâtre échapper de sa gorge empoisonnée. Elle peut sentir la toxine se frayer un chemin jusqu’à ses poumons noircis, pollués par des années et des années de consommation régulière. Jusqu’à s’insinuer dans les interstices les plus infimes de son esprit, détraquant toujours un peu plus sa conscience. Une certaine mentalité qu’elle ne contrôle plus vraiment, ces derniers temps. L’impression constante d’avoir abusé de ses propres créations venant finalement lui chatouiller le cerveau, alors même qu’elle ne s’en était jamais préoccupée. Elle se sent observée, épiée. Constamment jugée. Elle a parfois l’impression de sentir deux énormes mains enserrant ses omoplates faire pression sur ses épaules, cherchant à la mettre à terre. Un poids considérable reposant sur elle et avec lequel elle n’arrive plus à gérer sa survie, dans un monde où chaque détail à son importance. Il lui arrive de perdre pieds, de plus en plus souvent, de ne pas se reconnaître. De ne plus se connaître. Son malaise va même jusqu’à troubler son reflet. Ce qu’elle contemplait autrefois dans le miroir n’est plus. Cette image d’elle affreusement altérée. Changée en une vision d’horreur dont elle ne supporte plus la vue. Croiser cette réflexion de ce qu’elle est lui donne la nausée. L’incompréhension devenue reine, la chimiste s’est entré dans le crâne qu’elle serait victime d’effets secondaires indésirables. À mille lieues de la vérité.

Une dernière taffe. La nicotine s’écoule le long de ses bronches. Elle grimace en retenant une quinte de toux et lève les yeux vers sa destination. L’hôpital se dresse non loin d’elle, un endroit qu’elle ne connaît que trop bien. Pour y avoir passé un certain temps elle-même, les rouages de l’institution ne lui sont pas inconnus. Une décharge électrique la fait tiquer, réveillant une vieille blessure cicatrisée. Son omoplate irritée, réduite en miettes par un impact de balle et aujourd’hui reconstruite, comme sa vie après l’agression subie. Les souvenirs de cette nuit sont vagues. Sa mémoire définitivement trouble. Amochée par les anesthésiants et le cocktail d’antidouleurs que l’australienne s’est concocté elle-même. Des médicaments issus de son cru personnel, qui pourraient bien l’avoir sauvée autant qu’ils pourraient l’achever. Des années après, elle réalise que ses déboires ne l’ont toujours menée qu’à une seule figure. Une seule estampe.

Le front plissé, elle laisse échapper le mégot d’entre ses doigts et l’écrase sous sa semelle. La profonde inspiration qu’elle exerce aurait du lui donner du courage. Il n’en est rien. Elle est bien loin de se réjouir de ce qu’elle s’apprête à faire. Il est plus question de nécessité que d’envie. C’est du moins ce qu’elle aime à croire. Ce qu’elle se force à penser. Admettre et assumer. La dealeuse n’a pas pour habitude de mettre à sac les établissements d’utilité publique. Les circonstances l’obligent pourtant à mettre les mains dans la boue. Nuire à autrui pour mieux engendrer son profit. Faire prospérer son trafic dans la plus grande illégalité tout en entamant un peu plus les stocks de l’hôpital. Plus elle y pense, plus ça la rend malade. Elle secoue la tête. Essayant de se focaliser sur son objectif plutôt que de ressasser ses états d’âme.

L’odeur d’antiseptique l’assomme. Après avoir franchi les portes et laissé passer la lumière, elle se voit rebutée par l’atmosphère ambiant. Insipide. Tout est blanc, neutre et pastel. Les murs décrépis et l’état lamentable du mobilier n’ont rien de rassurant. Un dispensaire aux allures de mouroir. Au coeur duquel elle déambule, mal à l’aise. Derrière ses traits tirés et son teint pâle, la trafiquante peine à dissimuler le dégoût qui s’empare de ses tripes à mesure que les minutes passées dans cet endroit s’égrènent. Elle a bien du mal à croire qu’elle vient de franchir le seuil de l’établissement volontairement, et non sur un brancard. Le brouillard de son esprit se dissipe à mesure que ses pas se frayent un chemin au travers du dédale de couloirs. Elle arpente la coursive, feignant la plus grande banalité. Souriant aux infirmières qu’elle croise ça et là. Elle va même jusqu’à adresser un « Bonjour » formel à la soignante qu’elle rencontre au détour des coulisses, à proximité des vestiaires du personnel. L’australienne en ressort quelques secondes plus tard, l’apparence contrefaite, affublée d’une de ces blouses immaculées absolument immondes. D’un geste assuré et dans un soupire, elle remonte ses cheveux vert d’eau à l’arrière de son crâne avant de prendre la direction du service de toutes ses convoitises.

La pédiatrie lui donne envie de vomir. Poser les yeux sur des enfants pour la plupart aux portes de la mort ou dans le meilleur des cas, blessés, ne fait que confirmer son désir jusque ici inaliénable de maintenir son existence telle qu’elle demeure à ce jour. Seule. Les numéros de chambre défilent devant ses prunelles lumineuses. Ses pas grignotent le couloir à une vitesse affolante, sans qu’elle ne puisse mettre la main sur la substance, l’élixir, dont la chimiste a éperdument besoin. Elle jure intérieurement, s’apprête à faire demi tour, préférant ne pas s’attarder dans cet hospice. Quand finalement, le calme apparent se dissipe, laissant place à l’effervescence et l’agitation. Les voix s’élèvent, se répercutent sur les cloisons minces, mais personne ne répond. Tout le monde se regroupe, s’éloigne un peu plus loin dans le service. Dégageant son horizon, élargissant sa vision. Le corridor se vide. Elle, s’empresse, jette son dévolu sur un chariot laissé là par une infirmière en service. Les yeux plissés, ses iris voilées se concentrent sur le nom de la molécule désespérément recherchée. La dealeuse, absorbée par sa tâche, prêtant bien plus d’attention à ses gestes consciencieux qu’à la porte de la chambre restée entrouverte. Une chambre, non seulement occupée. Mais surtout visitée par l’image même demeurant au coeur de ses plus sombres souvenirs - et dont elle ne parvient pas à se défaire.

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MessageSujet: Re: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Sam 31 Oct - 3:10


Quand les portes débarrassent l’horizon, la réalité fauche l’égaré. Deux univers bien distincts, celui où le mouvement interrompt les pensées et l’autre où les pensées interrompent le mouvement. Entre ici et là, il n’y a qu’un pas, celui qui le conduit du seuil à l’entrée. Une unique enjambée, une transition absurde, grossière. Fébrile, sa semelle flirte avec la limite. Déjà placé dans l’antichambre du cauchemar, là où reculer signifie fuir en lâche. Quelques inspirations précipitées pour mieux se bousculer et atterrir au centre des confusions. Le sabotage débute. L’onde sensorielle se déploie, traque les supplices et corrompt l’enveloppe décharnée. Les fragrances rêches et fortes s’approprient les poumons. Le malaise s’entretient dans l’ambiance moite, fiévreuse qui alimente tout le complexe. D’aussi loin qu’il se souvienne, les milieux hospitaliers l’insupportent. La médecine l’a engendré d’une certaine façon, en offrant à ses géniteurs la possibilité de préserver l’aînée en le concevant. Cette même science a échoué quand la théorie a été mise en application. Toute son aversion repose sans doute sur ces faits. Et avec le temps, les fractures diverses, les ennuis de santé des enfants et puis, les grossesses difficiles de Carley, ce ressenti s’est vu renforcé. Sa confiance déjà en branle pour le corps médical, a définitivement connu son tragique terme quand on lui a annoncé que Bran ne se réveillerait jamais. Irrationnel dans la douleur mais conscient de ce raté, il n’en demeure pas moins acide. Blâmer quelqu’un, quelque chose, pratiquement un concept, pour pouvoir partager le poids du crime. Mais sa responsabilité intacte, entière, il se la traîne malgré tout du hall à l’étage convoité. Sa démarche si assurée se craquelle dès les premières secondes, accueillant cette honte impatiente qui rythme l’avancée. La jambe défaillante émet plus de chuintements que jamais et se refuse à le soutenir plus dignement. Il boîte comme un vieillard résigné. Toujours plus diminué. Toujours plus misérable.

Les derniers mètres lui paraissent interminables, éprouvants. A bout de nerfs, les doigts saluent enfin la poignée. Il passe l’encadrement sans lutter contre les élancements familiers qui naissent du thorax et chutent dans ces teintes ambrées qui maintiennent péniblement la pupille en place. Les sons grignotent les perceptions avant que la vision ne lui lacère, une fois de plus, la rétine. A chaque fois, c’est un coup dans l’estomac. C’est une bataille sans fin sur un ring étroit. Envoyé au sol à répétition. C’est être frappé à terre. Une agonie qui n’a de relief que les traits qu’il déniche sous un démêlé de tuyaux. Tout le reste ne ressemble à rien de réel, de concret, de connu, des droites, des perpendiculaires, un papier peint lisse, rigide. Froid. Aussi froid que les doigts qu’il cueille sur le drap. Sa paume glisse dans les boucles chocolat du garçon. « Bonjour Bran. » Le silence répond. La douleur le talonne. Il peut s’inventer une réaction, espérer que les paupières closes finiront par lui ouvrir les sentiers de la rédemption, congédiant le chemin solennel des enfers. Il peut croire que ça lui épargnera pour quelques secondes, les plaies qui tiraillent de tous les côtés. Il peut penser que c’est utile. Parce que dans la minute suivante, tout ça disparait et plus rien n’a d’importance. Rien en dehors de ce qui ne sera jamais plus. Le journaliste se recroqueville sur son siège. Jour après jour, il revient pour expliquer à l’esprit déjà dissipé de son gosse, qu’il est désolé. Les mots n’ont de valeur que leur inconsistance, ils perdent pratiquement leur sens à mesure qu’il les use contre les phalanges du gamin alors qu’il les appose contre ses lèvres à défaut de les avoir dans la mâchoire. Là où elles auraient leur place. Des prières chuchotées qui n’accomplissent aucun miracle mais endurcissent sa propre sentence.

Le temps se fige là où la mort s’attarde, quand elle a marqué son gibier mais tarde à l’emporter. Les aiguilles prennent tous les détours, remontent les heures. Le souvenir se couronne. Despotique compagnon qui accompagne l’isolé dans la perte, qui dans ces grands moments de désespoir, apporte l’idée, la seule qui soit vraie, de vouloir retrouver le pire pour pouvoir apprécier à nouveau le meilleur. Il est toujours trop tard pour le réaliser et toujours trop tôt pour réapprendre à l'oublier. Sans doute que les mois peuvent s’engranger sans qu’il ne s’en aperçoive tout à fait, trop occupé à étudier les saisons flétries pour se soucier des nouvelles. Mais le sépia doit basculer quand l’infirmière se présente. Son matériel s’échoue à l’entrée de la pièce alors qu’elle s’avance, les nouvelles perfusions sur les bras. Le grec ne respire déjà plus que par obligation alors qu’on dévisse les poches vides pour amener les nouvelles. On dit que le deuil est égoïste. Peut-il le réaliser en croyant à la vie qui s’attarde mais s’échappe pourtant à chaque seconde ? L’employée lui pose une question. Peut-être deux, il ne répond à aucune. Admirablement, sa patience la poursuit alors qu’elle s’apprête à prendre les constances du patient sous le regard dépité et vide du père brisé.

Propulsés dans un mutisme entêtant, ils se laissent aisément distraire par les sons distendus en provenance du corridor. On interpelle la femme qui s’applique à soigner le garçon, des cris qui agrippent la poitrine et bousculent le rythme cardiaque. Elle repousse le chariot qu’elle a planté devant l’embrasure. La paroi qu’elle franchit, percute abruptement le plastique venu entraver la fermeture définitive du lieu. Une brèche dans l’isolement qu’il souhaite combler presque instantanément. Sa main resserre une dernière fois celle de Bran avant qu’il n’enjambe la distance le séparant du monde extérieur. Il débloque paresseusement  l’entrée du piège involontaire, s'offrant en pâture à la lumière aveuglante de l’allée. Sans doute, aurait-il clos l’accès à toute curiosité si la couleur n’avait pas à ce point proclamé sa souveraineté sur l’anthracite qui recouvrait jusqu’alors son univers tout entier. L’aorte se fige, se crispe et dégénère au centre de la polémique germant déjà. Mackenzie est une valeur absolue. Celle qu’il déniche à chaque croisement, peu importe le carrefour traversé et la trajectoire désignée. Au prochain virage, elle apparait. Sirène insoupçonnée ou simple victime d’une conspiration cosmique ? Elias est doué pour éviter la vraie interrogation. Celle qui suggère le décor à la route tracée. Là où elle se tient. Dans les sentiers battus qu’il se plaisait à parcourir quand l’adolescence étalait ses possibilités sur ses traits enjoués. Mais il n’est plus question d’hésiter. La surprise compose une expression incertaine et terriblement confuse sur son visage jusque là ravagé par la mélancolie. « Bonjour. » C’est tout ce qu’il parvient à articuler.

Le ridicule l’étouffe. Quel âge a-t-il pour se laisser être aussi impressionné et déstabilisé par une gamine instable ? Son trouble s’allonge quand il parvient à décrocher sa rétine de la sienne pour détailler sa situation, son déguisement et le but de cette visite. Son sang peine à cheminer dans ses veines quand il croit l’espace d’une seconde, qu’elle est là pour lui. Il ravale ses espoirs et cherche à briser ce qui s’est construit entre eux à leur insu. Cette tension désormais farouche masquant une frustration bien palpable. Elle se manifeste dans sa manière de l'aborder. C'est quasiment instinctif. « Je crois connaître votre sœur jumelle, mademoiselle. Même taille, même attitude mais accoutrements bien plus débraillés, je le crains. C’est héréditaire cette vocation pour le milieu médical dans la famille ? » Son sourire en coin meurt quand les circonstances se rappellent à son bon souvenir. Sa carrure se déplace, ses bras s’étendent pudiquement de part et d’autre du cadre qui accueille d’ordinaire la porte. Il masque au mieux le corps étendu de son enfant, là-bas en arrière plan. Il ne veut pas qu’elle assiste à ça. Il ne veut pas la lier à ça. Parce que ça, c’est tout ce qui le sépare encore d’elle. Et c’est bien assez pour qu’il renonce aux songes insensés qui ont éclot de façon spontanée à un moment où rien ne semblait compter. Sauf que le gosse allongé là, il compte. Et que sa sœur n’a pas non plus besoin que leur géniteur s’égare dans l’impossible, court après des sensations qui le déserteront dans la raison. « Tu devrais revoir la couleur de tes cheveux. Le blanc fait ressortir le vert, un gyrophare ne ferait pas mieux en pleine nuit. » ironise-t-il en analysant le butin qu’elle a collecté avec une discrétion relative. Ses pensées ne se réorganisent pas totalement. Ses pulsations, encore moins.

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MessageSujet: Re: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Dim 1 Nov - 22:42




Elle s’affaire, ses doigts jouant sur le verre des fioles qu’ils caressent. Les caractères défilent devant ses prunelles éclairées. L’encre noire se range, se mélange et se dérange jusqu’à former ses plus grands désirs recomposés. Tout en cherchant, elle s’imagine déjà de retour dans son laboratoire, misérable bureau sur lequel se chevauchent paperasse et matériel, à jouer avec sa nouvelle trouvaille. La pièce manquante de ce puzzle sur lequel elle planche avec acharnement depuis longtemps. Trop longtemps. L’impatience la gagne. Refusant de se laisser submerger par la hâte et la précipitation, la trafiquante se pince la lèvre inférieure, fébrile. Elle sent son esprit sur la brèche, instable. Et le combat qu’elle mène contre elle-même reprend de plus belle. Ballet incessant de pour et de contre se renvoyant la balle à chaque instant. La migraine pointe, elle plisse les yeux, agacée. Dans son cheminement, l’ingénieuse manque de lâcher prise sur un flacon, aspirant sa clameur, la renvoyant mourir au fond de sa gorge serrée. Le soupire de soulagement muet qui franchit ses lèvres lui offre quelques secondes de répit, son regard parcourant avec précaution le corridor soudainement vidé, abandonné de ses réels occupants. Sa colonne se fait raide, ses vertèbres crispées la font tiquer. La situation est loin de la réjouir et elle se voudrait déjà partie, loin, de retour dans son environnement. Cet endroit qu’elle aime à penser familier. Aux antipodes de celui-ci dans lequel elle se force à évoluer. L’hôpital ne fait que lui rappeler ce qu’elle préfèrerait oublier. Lui renvoie en plein visage sa plus grande déception, son échec le plus considérable. L’accablant un peu plus par cette vérité qu’elle ne fait qu’éloigner, qu’elle ne fait que prétendre. Et qu’elle est bien loin d’être ce qu’elle aurait aimé devenir. Un regret qu’elle garde en elle comme une cicatrice, une entaille à jamais ouverte.
     
Elle croit rêver. Ne l’a même pas vu arriver. Ne l’a pas senti approcher. Bien trop inattentive à ce qui pourrait se passer au delà d’un mètre autour d’elle. L’ironie lui fait crisser des dents. Comme si elle y pouvait quelque chose. Comme si elle pouvait y changer quelque chose. Chimiste talentueuse, à des années lumière de se reconvertir en pilleuse. C’est sa voix, si masculine, étrangement articulée, qui la tire de la convergence de ses sens. Retour brutal à la réalité, elle sursaute. Son regard assassin se pose instantanément sur la silhouette se dessinant non loin, responsable désigné. L’étonnement non dissimulé se dessine sur ses traits fins alors que ses pupilles divergent, confuses. Elle resserre sa prise autour du petit flacon tant désiré, finalement trouvé, comme s’il allait lui échapper. L’australienne réalise finalement, la tension qu’il exerce à la détailler ainsi, sans même s’en rendre compte. Elle ne trouve même pas quoi répondre à ce « Bonjour » anodin, porteur de la même expression que celle déformant son visage. Un trouble qu’ils semblent partager et qu’elle croit pouvoir ressentir sur chaque infime parcelle de son épiderme. Atteignant chaque cellule de son organisme dérangé. Une gène rapidement traduite en un rictus railleur. L’australienne rendue muette par cette simple présence. Un grain de sable dans le rouage mécanique de ses plans. Un imprévu qu’elle ne sait pas comment aborder. Un contretemps qu’elle espère secrètement du au hasard qu’elle ne sait pas comment apprivoiser, comment surmonter. Son sourire s’élargit quand il finit par aligner quelques mots de plus à son attention. Elle s’exaspère à ses côtés autant qu’elle exalte à son contact. Dualité permanente qu’il ne fait qu’aggraver. Alimentant en permanence ce feu artificiel qui brûle entre eux. Les flammes nourries de leurs éclats de voix, se délectant de leur indécision. Une défiance permanente, mise en évidence une fois de plus, que la dealeuse entretient de toute sa duplicité.

« - Il faut croire que j’ai toujours eu l’amour des substances dans le sang. Ou dans les gênes. Question de point de vue » Elle le suit du regard alors que son propre sourire s’étiole. La carrure du journaliste s’impose entre elle et le pas de ce qui semble être une porte. L’australienne penche la tête, l’espoir d’être capable d’entrevoir quoique ce soit en travers de l’imposante silhouette s’évapore dans un souffle. Elle esquisse un pas de côté, son but n’étant pas d’importuner Elias ou de faire intrusion dans une partie de sa vie qu’il ne souhaite visiblement pas dévoiler. Pas avec elle. Bien qu’ils aient déjà partagé beaucoup de leurs existences respectives l’un avec l’autre. Inconsciemment, se dévoilant sans trop en dire. Jusqu’à franchir cette limite qui lui paraissait jusqu’alors insurmontable. Une relation rendue impossible. Et pourtant. Il se pourrait que l’impossibilité ne soit séparée de la réalité que par un baiser. Le problème se pose, comme une nouvelle évidence. Un nouveau jour venu éclairer leurs esprits embrouillés. Le commentaire du grec l’agace. Piquée au vif, son sang s’agite. Elle se sent insultée. Comme souvent avec lui par le passé. Elle laisse échapper un rire nerveux, ses membres raidis par la désillusion accompagnant sa déception. « - Tu devrais revoir ton sens de l’amabilité. Épargne-moi tes leçons de colorimétrie, veux-tu ? On sait tous les deux qu’elles sont inutiles, alors ne gâche surtout pas ta précieuse salive pour moi » Elle rétorque, posant chaque mot à sa place. Manifestation indélébile de la rage gagnant son esprit hanté par ce souvenir, ce mirage qu’elle ne comprend toujours pas. « - Quant à toi, on dirait que fréquenter les hôpitaux ne te réussi pas. Ça met en évidence ton teint cireux. À la limite du livide. Tu devrais dormir plus… » Elle s’approche. Sa délicatesse passée définitivement rangée au placard. Enterrée avec l’estime autrefois éprouvée, et perdue le soir où il l’a laissée se noyer dans le brouillard avec lequel elle se débattait. « - Ou ralentir sur les médocs, peut-être ? » Elle le toise, le dévisage. L’australienne le sait troublé, au moins autant qu’elle peut être déstabilisée. C’est pourtant une amertume tout à fait corrélative qui lui bousille la gorge, et sa petite médisance une bien piètre paraphrase de son véritable ressenti. « - Tu veux vraiment continuer sur ce terrain, Elias ? » Sa voix se fait plus douce, menaçant la fourberie.

« - Je vais pas traîner, t’en fais pas. Inutile de préciser que je ne devrais pas être ici. T’auras pas à supporter ma vue très longtemps » Un pas en arrière, la chimiste préfère instaurer de la distance entre elle et son ancien client. Elle soupire, regrettant presque de s’être emportée de la sorte. Il aurait été préférable que leur première entrevue depuis le soir de leur bévue se passe autrement. Elle a toujours cru au hasard, mais elle doit admettre que cette fois-ci, il aurait été admirable que les choses se fassent d’une manière plus conventionnelle. Comme si elle avait pour habitude d’entrer dans la norme. La mafieuse secoue la tête, retenant un rictus maladroit avant de sentir le regard du grec se poser sur sa main. D’un geste assuré et relativement peu discret, elle plonge ses doigts dans la poche de sa blouse pour mieux y dissimuler son trésor. « - J’en ai besoin pour un nouvel anti-douleur. Ça t’intéresse ? »  Son air faussement vindicatif trahit certainement sa plus grande appréhension. Qu’il lui dise non.

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MessageSujet: Re: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Lun 2 Nov - 23:52

Des possibilités, il en existe peut-être des milliers et il s’est longtemps cru conquérant d’un horizon aux facettes multipliées par les choix qu’il restait à engranger. Il a été, autrefois, victorieux de cette liberté. Désormais, il est fait prisonnier. Entre eux, il n’y a de l’espace que pour quelques pas. Ce n’est même pas suffisant pour qu’il puisse croire qu’ils sont étrangers. Pas satisfaisant non plus pour qu’il se permette de penser qu’ils sont familiers. D’un œil critique, il évalue ses maigres options mais ironiquement, il tombe à court de mots pour décrire ce qui lui échappe. Un journaliste peut parler de guerre, de paix, il peut énoncer des vérités et masquer des réalités. Il peut manipuler l’opinion publique, dresser des portraits trompeurs ou concrets de personnalités ou d’anonymes. Il distribue des témoignages, il témoigne parfois lui-même. Mais il est incapable de nommer la complexité d’un phénomène occulte. Il peut l’analyser, la traduire en valeurs tangibles et réussir à passer à côté de l'essentiel. Il se confond en confusion et s’enlise dans son incompréhension à défaut de pouvoir contrôler des sensations antinomiques. Dans ce milieu aseptisé, il ne s’est jamais senti aussi peu en sécurité. Tous les dangers se définissent par la présence hostile de cet imprévu. Ils s’aplatissent autour de la pupille, amenés par l’ambre qui s’agite, ils s’éparpillent sur ces lèvres qu’elle ne tardera pas à remuer. Le péril ne s’arrête pas au contour d’une silhouette. Il en faut deux pour amorcer une tempête. Elle a déjà débuté et il doute même qu’elle se soit, un jour, arrêtée depuis qu’il la connait. C’est absurde mais réel. Dans une parallèle, il peut peut-être décider de tourner le dos à l’orage mais il ne se permet même pas d’envisager la perpendiculaire. Il n’y a qu’une allée à remonter et trop d’obstacles pour qu’il puisse réussir à réellement tout enjamber. Alors, il reste immobile. Il attend que le ciel se dégage en redoutant l’accalmie et concevant clandestinement la foudre.

La stupéfaction est double et l’amusement, incomplet. Peut-on rire de tout ? Sûrement. Mais il n’en est pas encore là. Acculé par le mutisme de la jeune femme, il se sent captif de sa propre lâcheté. Une dispersion de l’esprit, une divergence par les paroles alors que tout converge vers la même conclusion, vers cette personne. Il assomme son discernement le temps d’une conversation fugace qui ne les mènera nulle part. Il apprécie le voyage cependant. Du trouble qu’il parvient à entrevoir sur les traits encore juvéniles de l’écorchée au fléau de cette attraction qui réarrange sa gravité pour la concevoir aux pieds de cette interlocutrice vexée. Des rictus qui s’entrechoquent et n’accumulent que des frustrations au coin des fraudes affectives. Entretenir cette mystification semble être aisée pour l’enragée mais hors de portée du grec qui ne peut parasiter cette pointe d’allégresse au milieu de sa morbidité exténuante. Il se plait à la constater aussi ébranlée. Au moins, ils partagent ce mauvais rôle. Les réactions de l’infiltrée valident ses théories, elles l’égarent sur les sentiers qu’il reconnait. Sa nervosité ne trompe pas l’interpellé. Il l’a bien blessée sans même l'avoir vraiment cherché. Mackenzie s’élance et il ne fait rien pour la contredire. Il se contente de croiser les bras, adossant son épaule à l’embrasure de la porte pour maintenir l’équilibre incertain sur sa guibole endommagée. Mais son prétendu détachement s’ébrèche quand elle avance. Il est tenté de reculer. Néanmoins, il est bien plus attiré par la possibilité d’une proximité et par la perspective d’une bataille remportée. Ils sont en guerre permanente et tout se joue entre la raison, les circonstances, la situation et cet organe indépendant qui dicte trop souvent le moindre de leurs mouvements, éparpille des émotions trop forte dans des organismes déjà bien trop bousillés.

Il la détaille avec intensité le temps que dure sa colère en veillant à ne pas trahir ses pensées. Faussement indifférent, il ne bronche pas jusqu’à ce qu’elle exécute le pas qui l’éloigne. Il se redresse alors, émiettant son sourire farouchement provocateur sur sa bouche. « Tu t’inquiètes pour moi, Mack ? C’est très attentionné de ta part. Non vraiment, je suis touché. » Il n’aime pas qu’elle devine ses failles. Comme il ne supporte pas de soupeser les siennes. Cette nuit chaotique où il s’est vu défaire la prise des démons sur ses poignets, n’a pas fini de le hanter et les quelques ecchymoses encore échouées sur l’épiderme visible ne font que le lui rappeler. Il ne peut agir sur ce qui ne lui appartient pas. Sa tête se balance de droite à gauche pour marquer la suite de son insolence même si son calme perdure. « Tu n’as jamais réussi à poser les bonnes questions, pas vrai ? Mais je t’en prie, extériorise. Poursuis donc sur ce terrain ou sur un autre, je serais très curieux de savoir jusqu’où ton imagination va pouvoir te porter.» Stimulé et pourtant, tout aussi lassé de ces jeux enfantins, il s’accorde un peu temps pour considérer sérieusement la raison de sa présence en ces lieux, de cet accoutrement qu’elle a subtilisé pour les besoins d’une mission encore nébuleuse. Les prunelles du trentenaire chutent sur la fiole qu’elle a conservé religieusement dans la paume. Elle la débarrasse aussi vite de son horizon en appuyant les bienfaits de sa trouvaille. « Ca dépend si l’effet est plus puissant que ce que tu as… Avais l’habitude de me vendre. » corrige-t-il instantanément, traçant pratiquement à la craie entre leurs deux positions, cette limite déjà franchie, ce fossé qu’il cherche à replacer entre leurs deux carcasses fragilisées.

Les excuses se pressent contre ses lèvres pour ne jamais les outrepasser. De quoi devrait-il être désolé ? Il l’a préservée d’un destin peu reluisant. Ce qu’il s’est passé ensuite, ne doit rester qu’une conséquence d’une carence de bon sens. Face à ce souvenir, il ne peut plus refouler l’aggravation des symptômes. Sa main cueille sa propre nuque. « Pour la colorimétrie, elle ne m’éblouit pas outre mesure ceci étant dit. Loin de moi l’idée de te blesser avec cette remarque tout à fait innocente. C’est juste que toute cette couleur te trahit et ne sert pas ta cause. Ta tentative tout à fait hilarante d’infiltration est en péril, voilà tout. Tu as déjà vu beaucoup de toubib arborer ce genre de fantaisie capillaire ? Erreur de discernement, Caulfield. T’es plus douée en petit rat de laboratoire qu’en agent secret. Même si, je dois le reconnaître, cet accoutrement te sied plutôt bien. J’irais même jusqu’à dire qu’il t'est flatteur. » Railleur, il ne peut se départir de son rictus. Il s’accroche à ce qu’ils ont longuement entretenus pour parvenir à maintenir un cap. Cependant, il se noie déjà en eaux troubles. Il sauve le navire comme il peut, aspire l’air tant qu’il est à sa portée. « J'ignorais que tes patrons aimaient risquer leur business en t'envoyant sur le terrain en tout cas. » L’atteindre pour se débarrasser de sa propre faiblesse. Celle qu’il manifeste dans la minute qui survient. « Tu sembles bien en forme pour me cracher aussi passionnément au visage. Heureux de constater que ton admirateur secret ne s’est pas empressé d’achever son travail. A moins que tu ne te sois mise à le traquer ? » Le ton innocent de son interrogation ne parvient pas à colmater ce qui lui a taraudé l’esprit durant des jours entiers.

Mais Mackenzie n’a rien d’une jeune femme en détresse, elle lui a d’ailleurs prouvé ce soir-là. Et il n’a rien d’un chevalier. Il faut qu’il redistribue les personnages de cette pièce et se rappelle qui il est censé être ici, maintenant. Comme si sa prière avait pu être entendue, le moniteur de Bran s’agite. Il tourne la tête dans un spasme alors que le son est déjà redevenu régulier. Il se crispe néanmoins dans l’entrée et analyse les soins laissés à l’abandon par l’infirmière sur le lit du condamné. La crainte lui tord les entrailles. « Tu ne sais pas où elles sont passées tes collègues ? » demanda-t-il avec ironie à la fausse employée avant de reporter son attention sur la dealeuse en veillant toujours farouchement à masquer le contenu de la pièce. Il ne sait pas combien de temps il pourra continuer à faire coïncider ces deux existences. Celle où il est père et celle où il se surprend à marchander un peu d’attention auprès d’une gamine égarée.

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MessageSujet: Re: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Dim 8 Nov - 23:52




Le piège aussi omniprésent qu'impalpable se referme encore un peu plus sur sa frêle silhouette. Elle s'enlise, se débat avec vigueur sans parvenir à se défaire de cette camisole lui enserrant la poitrine. Retenue prisonnière de ce carcan inviolable dans lequel elle se morfond. Une cage à l'image de son manque de volonté, son absence d'honnêteté, réprimant avec elle tout sa verve passée. Le profit retiré de cet enfermement volontaire est bien moindre. Elle s'obstine cependant, insiste, poussant le vice jusqu'à se complaire dans cet état de demie vie. Enfouissant ce qu'il reste de celle qui aurait réagit bien loin sous les décombres de son égo émietté. Les clés de la forteresse jetées au loin, elle se forge une armure de cristal parée d'un visage de glace. Captive volontaire de cet état de souffrance mêlé d'incompréhension et d'une lassitude plus que certaine. Elle se laisse engloutir par l'indifférence - ravalant non sans peine toute l'amertume et la concupiscence qui lui irritent la gorge. Cette aigreur malsaine débordant jusqu'au coin de ses lèvres rosées, empoisonnant chaque parcelle de chaire encore atteignable. Bien pire que toute la nicotine qu'elle peut ingérer. Bien pire que toute la panacée qu'elle s'inflige. Cette drogue là, on ne s'en défait pas. Un curare permanent. Fatalement addictive, la toxine personnifiée projette son venin, la dealeuse en ligne de mire.

« - Ironise autant que tu veux, fais-toi plaisir, s’il n’y a que ça pour t’amuser » La tentative de plaisanterie du grec passe mal. Ce sourire drastiquement provocateur qu'il arbore ne passe pas du tout. La laissant encore plus frustrée. Son trouble grandissant à mesure que la voix du journaliste s'élève, apposant dans l'air chaque mot comme des notes sur du papier à musique. Un vocable semblable à autant de couteaux lancés dans sa direction. L'atteignant en pleine poitrine. Elle le dévisage, sans même sans rendre compte. Plus touchée par les paroles de l'estropié qu'elle ne voudrait l'admettre. « - Je vais pas épuiser mon imagination si débordante pour te satisfaire, Elias. Tu me fatigues déjà assez comme ça. Trouve quelqu’un d’autre pour rassasier ta curiosité morbide » Les yeux fatigués roulent dans leurs orbites. Elle détourne le regard, chassant la colère à grand coup de volonté. La géhenne se prolonge alors que ses mains trouvent refuge dans les poches de sa blouse ainsi subtilisée. Du bout des doigts, elle chatouille la fiole précédemment dissimulée, jouant machinalement avec le bouchon du flacon. Occupant ses gestes autant que son esprit alors que déjà, la vague reprend. Moins violente. Mais toujours aussi incisive. « - Je travaille sur la question. Mais, puisque tu abordes le sujet, j’ai besoin de savoir si tu comptes me racheter de la marchandise. J'ai d’autres clients sur ma liste d’attente qui commencent à s’impatienter, je vais pas pouvoir garder ta ration habituelle en stock très longtemps » Le revirement la surprend elle-même. Son timbre écorché se fond en une voix des plus formelles. De celle qu'elle a pour habitude de porter quand elle entre en contact avec des acheteurs potentiels. Des acheteurs, dont faisait partie le grec, jusqu'à ce que leurs erreurs respectives les poussent à commettre l'irréparable. Franchir cette barrière, obstacle inoubliable au pouvoir étrangement hypothétique. « - Toujours intéressé ou tu préfères te fournir chez la concurrence ? » L'interrogative fend l'atmosphère, glaciale au possible. Le rictus qu'elle a pu esquisser se fane, laissant ses traits sans vie. Un profil d'une neutralité effarante. Reflet malheureux de l'opération en cours à l'arrière de son crâne. Quelque part entre le souvenir et l'oubli total. La résistance ou l'abandon. Se battre - encore - ou déposer les armes. Surtout ne pas admettre que la positive lui briserait les tripes. Ultime balafre dessinée par ces mots qu'elle se met à redouter, bien qu'encore inexistants.

Autant d'efforts de la part de l'éclopé pour lui déballer une tirade frôlant le théâtral, tant de volonté mise ensemble dans un but encore aussi trouble que son état mental. Il parvient à lui arracher un sourire en coin. Un rictus doucereux qu'elle aurait préféré ne pas laisser poindre sur son visage. Mais qu'elle ne peut refouler au creux de ses joues éternellement. Sa tête s'incline de gauche puis de droite, cherchant maladroitement à retrouver une prestance dument corrompue. Frôlant douloureusement avec les joutes au cœur desquelles ils se lançaient dans leurs premiers échanges. « - Dans ce cas, apprécie la vue en silence ou baisse d’un ton, par pitié » La supplique s'accompagne d'un œil hautain. Imitant l'air supérieur transpirant par tous les pores de la peau du grec. « - Nul doute que tu aurais trouvé une bien meilleure solution que moi dans cette situation Elias. Mais le truc c’est que je m’en tape » Un haussement d'épaules. Sa voix s'articule aisément, ouvrant les portes à toutes ses pensées. Les laissant échapper sans se préoccuper de ce qu'elle devrait partager ou garder en son sein. Son égo en berne la tiraille. Tailladant ses filtres habituels à coups de ciseaux aiguisés. « - Je t’ai pas demandé ton avis alors tu peux bien user ta langue à me donner des leçons ou la garder planquée derrière tes dents, aucune importance » Un souffle meurt sur son palais, étouffé avant même d'avoir franchit les barrières de ses lèvres. Une moue enfantine - provocatrice - se dessine au coin de sa bouche. Tout simplement incapable d'accepter la fausse morale énoncée par un imposteur.

L'enchaînement suivant ne lui semble pas réel. Ça ne peut être qu'une manifestation de sa hargne personnelle. Un songe luciférien. Suspendus entre leur espace, les mots se perdent. Se mélangent. Lui parviennent dans le désordre. Il a finalement osé. Elle ne peut que lui en vouloir. Lui en vouloir encore un peu plus. L'australienne se sent pâlir, assommée par la réplique. Elle se sent soudain à bout de forces, faible. Coquille vide exempte de toute volonté propre. « - Sérieusement Elias, tu frises le ridicule… » Elle peine à articuler mais la sentence qu'elle prononce lui laisse un poids au creux de l'estomac. Un goût d'inachevé. S'additionnant au reste de leurs ébauches. Autant de travaux entamés, jamais achevés. Seulement des résultats brouillon. La chimiste se sent défaillir à mesure que les souvenirs de cette nuit sombre lui reviennent. L'entaille à sa confiance si profonde qu'elle reprend soudain conscience de la présence d'ecchymoses sur une grande partie de son épiderme. Une peau meurtrie. Gangrénée, noircie par ce mal qui l'accable et dont elle ne sait rien. Sa paume vient cueillir son front dans un geste témoignant de son agacement profond. Elle secoue la tête, révoltée. Accablée par ce manque flagrant de tact et cette carence plus qu'évidente de délicatesse.

Une affliction maquillée de fard aux joues, très vite interrompue par le bruit strident et trop interpellant d'un moniteur qui s'emballe. La dealeuse refoule sa curiosité, toisant le journaliste avec acharnement. Elle l'observe se fendre de nervosité sous l'effet de ce bip anormal et déjà régulier à nouveau. L'évidence du secret la frappe dans toute sa largeur. Ayant désormais tout le loisir de se faire une idée du contenant sans pour autant connaître le contenu. « - Occupées, certainement. Tout comme moi d’ailleurs » L'infiltrée - lassée - esquisse un au revoir du bout des doigts, vulgaire salut interrompu par des éclats de voix étrangers. Ses prunelles rejoignent le fond du couloir où un amas de blouses pastels semblent s'acharner sur le cas d'un patient jouant avec les constantes. Déjà, des renforts se précipitent. La faussaire esquive les soignants, espérant ne pas se faire remarquer. Espérant ne pas Lui donner raison. « - Occupe-toi du petit, le matériel est dans la chambre ! » On l'interpelle, une main s'accroche à son bras, lui arrachant une plainte sourde. La douleur passe, aussi rapidement que la voix ordonnée qui déjà s'évapore plus loin dans le corridor. Elle se retrouve à affirmer d'un hochement de tête dubitatif. La rapidité d'exécution la laisse perplexe. Tout comme le regard d'Elias dans lequel elle finit par se replonger. L'australienne s'avance vers l'embrasure de la porte si ardemment protégée. « - Tu permets ? » Elle se tient, bien insignifiante créature, face à la carrure imposante du journaliste. « - Tu ne voudrais pas mettre ma tentative d'infiltration en péril ? N'est-ce pas ? » Quelques mots ainsi plagiés résonnent entre une coursive à nouveau déserte et une chambre inaccessible. Le secret si bien gardé de cerbère désormais si près. Alors que leurs deux enveloppes écorchées n'ont jamais été aussi lointaines. Une proximité qui les sépare. La fait enrager.

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MessageSujet: Re: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Mer 11 Nov - 22:53

Il est difficile de deviner les pensées qui traversent l’esprit voisin. Terriblement ardu d’envisager les raisonnements qui s’allongent sous cette crinière indomptée. Que se passe-t-il sous la couleur ? Est-ce que les boucles masquent un monochrome ennuyeux, usé par une lassitude commune à l'espèce humaine ? S’est-elle peinte un ciel par-delà le front pour absorber les nuages ? Ou en donner l’impression ? Observateur avisé mis en déroute par une centaine de tempêtes dans le creux de ces yeux. La férocité pour placarder à ses traits, une vérité énigmatique. Combien d’explosions et de scissions internes doit elle endurer quand l’aube relève les hommes et que le crépuscule les abat ? Parfois, il note l’insouciance et l’inconstance. Trop souvent, il devine la douleur et la mélancolie. Elle a dû perdre à ce jeu cruel des chances et des contretemps. Mais à quelles extensions ? Il se plait à croire que c’est cette curiosité naturelle, ce besoin viscéral de décortiquer le fonctionnement et la psychologie des autres qui l’a poussé à s’intéresser d'un peu trop près au cas de la dealeuse. Une raison pour une conséquence. Un commencement qui peut sans doute aboutir à une solution. Peut-être devrait-il s’avouer l’obsession, se résoudre à envisager cet intérêt marqué pour ce qu’il a toujours été. Mais faire accoster ces lettres les unes aux autres, former un mot qu’il ne peut assumer, semble au-dessus de ses moyens actuels. Ce n’est pas un déni total. Simplement, une omission de l’évidence. N’a-t-il pas assez à gérer ? Doit-il ajouter à ses ennuis, cet attrait prohibé ? Le journaliste combat bien des démons bien que l’entité qui fait de ses veines, son effroyable terrier, ne se prononce jamais quand il s’agit de cette damnée. Il aimerait l’envisager comme un grain de lumière dans une forêt noire. Mais ça ne changerait sûrement rien. Lui, abimé par les années, ravagé par ses erreurs et elle, si jeune et pourtant tout aussi bousillée. C’est injuste. Et il a tendance à vouloir combattre ce concept. A vouloir remédier à l’immérité. Elle est un autre souci qu’il doit résoudre. Pour elle, peut-être pour lui. Pourvu qu’il ne pense pas à eux.

Cette dualité persiste dans son comportement. Il bat à chaud, rarement à froid et sème les composantes de cette attraction, à chaque instant, accrochant la carcasse de son interlocutrice de son effronterie pour mieux dispenser ses vérités. Celles qui l’ont mené sur ses lèvres alors qu’une partie de ce puzzle s’est assemblé tandis qu'une autre a chuté. Plus il cherche à comprendre, plus il réalise l'étendue de son ignorance. Dans le trouble qu’elle entretient, elle choisit la carte de la colère. Lui s’adonne entièrement à l’insolence. Ses lèvres se retroussent en une moue dubitative alors qu’elle balaie toutes ces tentatives de déstabilisation. « Tu bats déjà en retraite, me voilà terriblement confus, je ne suis pas habitué à un tel repli. Tu me causes là un grand chagrin. Je n’arrive plus à t’inspirer comme auparavant ? » Sa tête bascule juste assez pour exprimer une tristesse fictive alors que face à lui, changeante, elle casse le rythme de sa voix. La mélodie se réarrange pour le convier au business avant d'imposer une nouvelle sentence au bout  d’un point. Son sourire se crispe mais perdure malgré le sentiment qui émerge du brouillard sensoriel. Il est désolé de l’avoir vexé. Encore plus désolé de l’avoir embrassé et d’avoir compliqué leur relation normalement basée sur le trafic qu’elle vient d’énoncer. Pour gagner du temps, il se contente d’une interrogation. « Ce sont des menaces ? Ou de simples recommandations ? » Marketing ou simple transfert métaphorique qui suppose la rupture de tout contact entre eux ?

Pour faire bonne mesure, il nuance son propos comme il peut. Il refuse de se décider, même au pied du mur. Pas prêt à renoncer à ce qu'ils vivent ou ne vivent pas d'ailleurs, mais pas prêt à accepter ce qu'ils pourraient vivre. Un entredeux embarrassant auquel il pallie péniblement de son périlleux phrasé. « Si ma part a déjà trouvé acquéreurs, je t’en prie. Cette attention est sincèrement touchante mais je ne voudrais surtout pas que mes maigres contributions à ton petit trafic t’empêche de remplir ton assiette. Mais sache que loin de moi l’idée de gonfler les poches de quelques autres mafieux. Il n’y a que ton joli minois pour réussir à me fidéliser à une quelconque organisation douteuse. Et puis, soyons honnête, le génie de tes inventions mérite une attention particulière. Cette forme rare d’intelligence ne fait pas légion dans ce milieu. » La flatterie pour enrober l’ensemble, pour avouer tout aussi sûrement ce qu’il ne peut pas taire. Sa sincérité est palpable bien que la forme fasse planer un doute nécessaire pour ne pas s’écorcher devant assistance. Deux attitudes diamétralement opposées. Elle crache son venin et il s’évertue à conserver son détachement. L’exilé pousse alors son vice plus loin tandis qu’elle termine sa tirade. « Qui est ridicule ? Pardon ? Je n’ai pas vraiment écouté ce que tu disais, j’appréciais la vue en silence comme tu me l’as si gentiment suggéré. » Son regard coule jusqu’à sa silhouette de façon enjôleuse alors qu’un nouveau rictus se dessine sur sa bouche. Son amusement s’évanouit dès l’instant où le lieu s’impose à la rêverie.

Il ne sourit plus quand elle s’éloigne, il ne sourit toujours pas quand la fuite de sa comparse est interrompue et qu’on la lui renvoie. « Je suis suffisamment altruiste et clément pour t’épargner un esclandre et une arrestation. On va donc attendre sagement que l’infirmière disparaisse à l’angle du couloir pour que tu t’éloignes tranquillement. » décrète-t-il avec calme en croisant les bras sur la poitrine et en veillant à se positionner du mieux qu’il peut devant l’embrasure de la porte. « Tu crois franchement que je vais te laisser approcher  cette pièce, Mack ? Tu n’es pas infirmière. Et même si ce déguisement met en valeur tes yeux, il ne te donne aucun droit d’approcher de… » Elle n’a pas besoin de savoir. Il n’a pas envie qu’elle sache. Il ne veut pas s’expliquer, il ne veut pas lire le jugement ou pire, la pitié dans ces prunelles déjà bien trop rongées par la rancœur et l’amertume. « De porter assistance à un patient. » complète-t-il sèchement. Trop sèchement pour que ça lui ressemble. Il la défie d'un regard et s’attend à une réaction quand de nouveaux pas viennent déranger leur conversation.

Son chignon serré et ses lèvres pincées lui donnent cette allure guindée qui l’a toujours écœuré. Carley approche de la scène. Dans un premier temps, elle ne voit même pas l’élément perturbateur au milieu de cet endroit morne et désinfecté. Elle fonce sur lui, parle vite et rudement. Durant un bref instant, il pourrait presque calculer les probabilités du prochain drame alors que ces deux femmes sont rassemblées dans cet espace de façon inopportune. « Tu ne peux pas t’empêcher de te pointer en dehors des heures que je t’avais assigné, pas vrai ? » Elias laisse son impertinence contrer la souffrance qu’elle évoque et invoque à chaque fois un peu plus. Sa nervosité est noyée sous la brutalité du ton. « Très heureux de te voir moi aussi, tu as bonne mine. » ironise-t-il alors que son ancienne épouse arbore cernes, teint blafard et maigreur frappante.  « La ferme. » La future divorcée le bouscule pour entrer dans la chambre. Il soupire en reportant son attention sur la prétendue infirmière. Avant qu’il puisse sauver les apparences, son ex-femme revient hanter le couloir. Elle s’adresse à l’usurpatrice avec douceur.  « Mademoiselle, pardon mais vous devriez terminer ses soins, non ? » Il ouvre la bouche, la referme aussitôt. Comment est-il censé gérer cette situation ?  « Laisse-la passer. » Elle le pousse d’un geste de main avant d’encourager la jeune femme à pénétrer dans la pièce, d’un signe de tête amical.

Elle attend perceptiblement qu’elle soit à l’intérieur pour pouvoir reprendre les hostilités. Lui est à deux doigts de retenir Mackenzie mais il n’est pas assez rapide. De plus, la nouvelle arrivante s’occupe rapidement de brouiller le moindre de ses cheminements.  « Je vais consulter son médecin. Quand je reviens, t’as intérêt à être parti. » Il la fixe avec mépris. « Sinon ? »  « Tu n’as pas envie de le savoir, Elias. » Un ricanement et il l’abandonne pour s’enfoncer aussi sec dans la salle derrière lui. Il attrape aussi vite qu’il le peut, l’épaule de la mafieuse et lui déclare alors froidement. « Tu peux partir. » Tu dois partir.  Il se refuse à envisager les conclusions qu’elle a tiré. Il ne veut pas d’une discussion. Ni d’une analyse poussée de ce qu’il vient de se passer. Il veut simplement pouvoir conserver un certain degré d’anonymat et ne pas mêler ces deux Univers. Celui où il a tout gâché et tout perdu. Et celui qui lui donne encore la sensation de pouvoir tout conquérir.

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MessageSujet: Re: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Dim 22 Nov - 15:26



« - L’inspiration ne manque pas Elias, c’est la patience qui commence à me faire défaut, j’en ai peur » Résolue dans ses propos, elle l’observe se jouer d’elle comme on torture une poupée de chiffon. Il s’amuse de ses nerfs à vif et elle le déteste pour ça. Pour ce qu’il provoque chez elle. Cet état constant de bellicisme qu’elle ne se connaissait pas et qu’elle voudrait abandonner. Mais qu’elle ne peut qu’embrasser, s’armant du plus pitoyable des boucliers face à un homme qu’elle rejette pour mieux enlacer. Refusant toujours d’admettre l’évidence. Elle se perd dans le sourire crispé qu’il lui adresse, imitant son air désabusé. Une distance plus que palpable entre leurs deux organismes, la chaire à découvert. Un lien dont elle ne peut, ni veut, se défaire. Et qui la ronge à en crever. Bien plus que le poison méconnu qui lui bouffe les veines et lui esquinte le cerveau de sa présence perpétuelle. L’interrogation la frappe comme la métaphore de leur relation pourtant inexistante. Qu’est-elle censée répondre à cette nouvelle provocation ? L’australienne semble perdre peu à peu ses moyens face au journaliste. La vague qu’elle avait pourtant lancée lui revient sans cesse en plein visage, ne lui laissant pas le temps de respirer. De penser. Elle agit sous l’effet de la pression, ses lèvres s’exécutent avant même qu’elle ne puisse les en empêcher. « - C’est une question tout ce qu’il y a de plus banale. Ne cherche pas à en faire une quelconque interprétation, ce serait perdre ton temps. Et j’ai cru comprendre qu’il t’étais très précieux alors, je t’en prie, épargne-toi ces secondes de réflexion inutiles » Le ton s’appose régulier dans leur atmosphère. Elle souffle, secoue la tête à mesure que les mots lui échappent. Ses doigts se crispent au fond de ses poches, elle serre les poings. Se battant contre elle-même pour contenir ce venin qui lui brûle pourtant la langue.

Des flatteries qu’elle ne veut pas entendre. Les compliments fendent l’air, l’atteignant avec difficulté. Il l’exaspère dans toute son honnêteté. Pas une once d’hypocrisie ne transparaît dans la voix du grec et ça la rend malade. Il lui aurait été facile de l’accuser de mensonges. C’est peut être ce qui pourrait arriver de pire. Ce qu’il pouvait dire de pire. L’impact de ces paroles lancées au vent, comme les pétales d’une fleur fanée, est bien plus percutant qu’elle ne l’aurait voulu. Ce pouvoir qu’il a sur elle, elle l’exècre. Se détestant elle-même d’être aussi faible. Incapable de résister à ce genre de regards enjôleurs qu’il lui lance. La pommade passe, inefficace. L’amertume persiste mais il parvient à lui arracher un sourire. « - Bien. Tu m’en vois ravie dans ce cas. Tu sais où me trouver si besoin » Une autre banalité pour masquer l’évidence. Son trouble perceptible subsiste, accélérant ses pulsations cardiaques avec entrain. La dealeuse hausse un sourcil. Perplexe face à tant d’insubordination. Il continue d’oser, d’essayer. Son sang bouillonne dans ses veines qui la démangent. L’insolence du grec provoque le rire de l’australienne qui perçoit finalement la subtilité des propos ainsi formulés. « Si tu continues à écouter mes suggestions je vais sérieusement songer à t’en faire plus souvent » Le sourire se prolonge sur ses joues pâles, contrastant avec la couleur éclatante de sa chevelure. Les phalanges se détendent dans les replis de sa blouse avant qu’on l’interpelle. Elle, l’usurpatrice. Et qu’on l’envoie en pâture au gardien du temple.

Leurs rictus s’effritent quand son regard entre en conflit avec les yeux assassins du journaliste. Elle retient un soupire et finit par l’abandonner en inclinant la tête alors qu’il se positionne en veilleur de chambre. Il a raison, après tout. Elle n’est personne. Et encore moins habilitée à entrer dans la pièce si bien gardée, malgré les apparences qu’elle a cherché à se donner. Son mutisme trahit la déraison qui la gagne. Doucement, c’est une nouvelle curiosité qu’elle perçoit en train de naître dans le gouffre de ses entrailles. Si elle pensait désormais connaître le grec, la voilà à nouveau surprise. Elle se voit stoppée net, à quelques mètres seulement de découvrir ce qu’Elias semble désespérément vouloir garder pour lui. Jusqu’à s’adresser à elle de la plus désagréable des manières. Un ton de parole qu’elle ne lui connaissait encore pas, et qu’elle se désole d’apprendre à côtoyer. Alors à des années lumières de s’imaginer la réalité qui l’accable. Tête baissée, comme une enfant grondée, elle s’apprête à répliquer quand des claquements de talons étrangers se font entendre non loin d’eux. La chimiste, inquiétée de voir cette femme à l’allure guindée s’approcher, recule de quelques pas pourtant significatifs. La femme au chignon ne semble même pas la remarquer au milieu des couleurs pastels se chevauchant autour d’eux. Elle lève les yeux pour mieux la détailler, se confrontant à la silhouette étrangement maigre et au teint blafard de la nouvelle arrivante. Les voix se percutent sous de fausses politesses à peine dissimulées. Elle assiste à ces joutes verbales en silence. Elle ne se sent pas à sa place, ainsi postée entre une lady à l’air revêche et le journaliste qui peine à exister à ses côtés. L’australienne, mal à l’aise, s’apprête à tourner les talons discrètement quand on l’interpelle de nouveau. L’inconnue fait preuve d’une étrange douceur à son égard et sa question l’inquiète autant qu’elle la rassure. « Oui, bien sûr », articule-t-elle le plus aimablement possible. Un air tout à fait professionnel s’imprègne de ses traits tirés. Elle pénètre dans la chambre, marchant sur les pas de la femme jusqu’alors innomée.

La mafieuse se sent comme une intruse dans ce milieu aseptisé. La chambre empeste la fatalité, lui donnant la nausée. Le bip régulier des machines lui agresse les tympans dès son entrée dans la pièce, tout comme le froid ambiant la saisit à la gorge. Une atmosphère qu’elle exècre, qu’elle a tendance à éviter comme la peste. Le front plissé, elle exécute quelques pas plus avant, s’approchant très vite du lit médicalisé trônant au milieu de la chambre. C’est avec la plus grande désolation qu’elle se retrouve à contempler l’enfant allongé là, l’air paisible malgré le nombre impressionnant de tubes lui parcourant l’échine. Les paupières closes et les boucles brunes du petit garçon font étrangement écho à son défunt petit-ami. Le douloureux souvenir lui arrache un soupir. Elle replace une mèche de ses cheveux verts d’eau derrière l’oreille, analysant le matériel laissé sur les draps blancs par la précédente infirmière. Un simple changement de perfusion. Opération enfantine pour la dealeuse mais non moins indispensable à la survie du patient. Des milliers de questions lui fusillent l’esprit alors que ses doigts s’enroulent autour de la poche vide, prête à être remplacée. La faussaire se voit bien vite mise en déroute par le journaliste et sa main fermement accrochée à son épaule. Elle lui fait face, convaincue dans sa vulnérabilité. « Écoute Elias, je ne veux pas savoir qui est dans ce lit, qui est cette femme ou même pourquoi tu traînes ici. J’ai bien compris, tu ne veux pas m’en parler, c’est très clair, je t’assure. Et je ne peux pas t’en vouloir pour ça » Sa voix s’adoucit alors qu’elle plonge des yeux lénifiants dans ceux du grec. Elle se veut rassurante mais la tâche est loin d’être facile. « Je ne te pose pas de questions, je peux même faire comme si je n'avais rien vu si c’est ce que tu veux. Mais il a besoin de cette perfusion » Ses propos se posent entre eux alors que d’une main, elle prépare le matériel, se laissant guider par sa mémoire étrangement complète. Elle a répété ce geste des centaines de fois dans un contexte tout aussi morbide. Le dernier espoir des causes perdues, alors que le moniteur s’agite de nouveau. Elle jette un regard insistant vers le ténébreux protecteur, après avoir examiné rapidement l’écran affichant des symboles de plus en plus inquiétants. « Elias, s’il te plaît, fais-moi confiance » La supplique se noie entre deux bips stridents qui finissent de l’inquiéter. La question de la foi en l'autre toujours en suspend. Elle craint le retour de l’inconnue. Ou pire. Elle craint surtout de devoir assister à des complications importantes du patient allongé innocemment au creux de draps immaculés. Elle craint les foudres de celui qu’elle redécouvre sous un tout nouveau jour. Bien plus sombre, entaché d’écarlate et le passé encore méconnu douloureusement à découvert.

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MessageSujet: Re: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Sam 28 Nov - 1:58

Qu’y a-t-il de plus douloureux ? Le pouls de l’enfant qui s’affole à intervalles irréguliers, le moniteur rapportant le moindre raté avec une précision dérangeante ? Ou celui de la jeune femme tambourinant contre les doigts qu’il vient de resserrer sur son poignet ? Il cherche définitivement à l’écarter de la pièce. Chaque seconde à respirer cet air désinfecté, nécrose ses poumons et son endurance. Celle qu’il doit déployer pour tenir sur sa guibole amochée. Quand ses prunelles se fracassent abruptement contre les traits de Mackenzie, il peut pratiquement voir s’enrouler autour des nuances mordorées, une myriade de questions qui lui sont toutes dédiées. Son souffle se distend, s’avorte pratiquement et l’oxygène en vient à lui manquer. Il redoute déjà la crise. Il la craint d’autant plus qu’elle ne surviendrait qu’au plus mauvais moment. Les constances de Bran sont de plus en plus anarchiques et le détourne même partiellement de l’urgence qu’il a pu éprouver à éloigner sa dealeuse de cet environnement nauséabond. Entre le silence ombrageux de l’infirmière factice et les sons de plus en plus intrusifs et inquiétants de l’appareil, Elias ne sait déjà plus où se situer. Sa main relâche la peau de son interlocutrice mais pas immédiatement l’épaule qu’il maintient de l’autre main. Que pourrait-il dire ? Rien qui ne soit un mensonge ou un raccourci ? Que pourrait-il faire pour alléger une atmosphère entièrement soudoyée par ses crimes et son égoïsme ? Ne pas agir, un concept qu’il n’a jamais pu saisir, qu’il n’a jamais accepté ou même considéré. Sa seule option pourtant. Il est figé dans cette expectative. Il a besoin d’une réaction. N’importe laquelle. Parce qu’il ne supporte pas que le doute s’installe, que les spéculations grossissent alors qu’à quelques pas de là, la vie s’échappe pour ne jamais revenir.

Comme une prière silencieuse qui capte l’intérêt de son acolyte, elle se met à exaucer son souhait. Les lèvres remuent, il croit pouvoir anticiper le son de cette voix qu’il a appris à méconnaître dans cette composition étrange. Il recule d’un pas pour marquer une césure ardemment désirée. Celle qui lui rappelle où elle se tient et où il doit demeurer. Au seuil du drame qu’il a engendré, bien loin de toute promesse acidulée. Les paroles le déroutent autant par la forme que par le fond. Il la regarde sans comprendre. Il comprend quand il ne la regarde plus. Elle a sans doute raison. Mais elle se doit d’avoir tort. « Tu n’aurais pas dû entrer ici, Mack. Ce n’est pas ton  boulot, bon sang ! Tu veux l'achever ? » Son ténor peine à maintenir un cap fixe, les perturbations aortiques emmêlent et emmènent sans mal la portée de ses mots. Son instabilité se poursuit très vite à un tout autre niveau, ses doigts s’agrippent au bout du lit. Il y prend péniblement appui et contemple le corps échoué de son gosse. L’échine se courbe, les soupirs franchissent sa bouche alors qu’il contient à peine sa terreur. « Des gens reçoivent des formations pour ça. Ce n’est pas un hasard… Ce n’est pas une question de confiance mais de domaine d'expertise. Bordel, tu vends de la drogue, ça ne fait pas de toi une spécialiste en perfusions. Tout juste en aiguilles et encore…  C’est à moi de prendre cette responsabilité et si jamais tu fais une mauvaise manipulation… » Les paupières basculent, les tonalités s’agitent à nouveau. Il se redresse péniblement, clopine misérablement jusqu’à la porte pour balayer visuellement le couloir. Personne à perte de vue alors que derrière lui, l’état du patient s’aggrave.

On les avait prévenus. Tout peut arriver à n’importe quel moment maintenant, il suffit d’un seul ennui, d'un petit caillou venant se ficher dans l’engrenage pour que tout s’arrête. Il n’est pas prêt à ça. Pas déjà. C’est cette panique qui lui fait tourner les talons pour venir se poster face à la mafieuse. Il la contemple en cherchant à déchiffrer sa sincérité. Lui fait-il confiance ? Il n’en sait rien. La prochaine note aigüe a raison de sa patience et de sa lucidité. La souffrance irradiant de sa jambe lamine un peu plus le cours de ses pensées, il se voit céder à l’exigence d’une situation précaire sans autre conviction que ce besoin de faire quelque chose. De ne pas contempler impuissant, la dégénérescence cardiaque de son enfant. « Ok, d'accord. Fais-le. Mais fais attention. Si tu as un doute, je préfère que tu laisses tout tomber immédiatement. » Dans un spasme, il lui attrape le bras ultimement, plante ses yeux dans les siens. La sévérité s’approprie ses inflexions. « Je compte sur toi, Mack. S’il te plaît, ne fais rien d’imprudent. Je ne me le pardonnerais pas. » Il ne se le pardonne déjà pas. Un faux pas de plus l’abattrait pour de bon. Lui qui ne voulait rien dévoiler vient de se donner plus d’une fois en spectacle. Sa petite comédie nonchalante n’a plus rien pour perdurer. Il s’écarte péniblement d’elle afin de la laisser procéder aux soins, pour retrouver un semblant de substance également. La nervosité lui fait traverser la pièce, agripper la chaise qu’il a déserté un peu plus tôt pour s’y réinstaller. La nuque tournée vers l’engin qui matérialise les battements du garçon, il se crispe sur son siège suffisamment pour en éprouver des courbatures dès qu’il se remet à remuer. Le silence l’encombre, réveille toutes les plaies. Il ne peut pas s’empêcher de parler pour combler un vide qui ne peut avoir plus de tangibilité qu’ici, au centre de la tornade. « Tu fais ça souvent ? » Il ne veut pas détourner sa concentration de l’action. Mais il ne peut pas se taire, c’est au-dessus de ses forces. « Je veux dire, te déguiser, te faire passer pour quelqu’un que tu n’es pas ? Je pensais que c’était votre supérieur, chef, patron ou appelle-le comme tu veux qui fournissait le matériel pour le trafic. » C’est le premier et seul sujet auquel il a pu se raccrocher. Le plus évident à l'heure actuelle mais sans doute pas le meilleur. « Je ne cherche pas à me renseigner, c’était simplement de la curiosité. » précise-t-il finalement avant de basculer vers l’avant pour l’observer exécuter des gestes qui amplifient son anxiété.

Son attention se porte ensuite sur la silhouette de cette sauveuse improbable. Les motivations de cette dernière se noient en agiotages dans l’esprit éreinté du trentenaire. « J’ignorais que tu aimais jouer à mère Theresa durant ton temps libre. Ne te vexe pas mais tu tiens plus de l’ange déchu que de la nonne dévouée. » Aucun amusement, tout juste un semblant de détachement sublimement loupé. Ses paumes passent frénétiquement sur son visage. Il grommelle dans ses dents pour évacuer le second palier de cette vorace appréhension. « Si Carley savait qui tu étais et ce que je suis en train de te laisser faire… Je risque gros. » En plus de la survie de son rejeton, il met, une fois de plus, en jeu la garde de Clementine. A croire qu’il se plait à placer toutes les cartes entre les mains de son ex-épouse. Son index et son pouce jouent machinalement avec le spectre de l’alliance qu’il a fallu ôter. Elle porte encore son nom. La procédure s’allonge bien trop. Un sursis qu’il a trouvé arrangeant pendant un temps mais qu’il supporte de moins en moins maintenant. Entre le divorce qui ne se prononce pas tout à fait et cette âme qui s’attarde pour mieux fuir. L’attente l’épuise alors que la vie l’interpelle toujours plus. Les boucles colorées s’agitent plus loin. Elle est une allégorie en soi. Mais elle ne le sait pas. « Merci. » Un murmure qui se perd dans le tumulte des signaux persistants. Une réalité pourtant.  

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MessageSujet: Re: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Sam 28 Nov - 18:04



Le contact se fane alors que les regards s’intensifient et que son malaise persiste, nourri grassement par  les yeux assassins du journaliste qui la retient toujours par l’épaule. Elle peine à effacer la centaine de questions qui la tiraille, excitant ses nerfs déjà à vif. Tout comme elle peine à trouver les mots justes pour finir de convaincre le grec de la laisser agir. Les mots l’atteignent plus vite qu’elle ne l’aurait pensé. Faisant voler en éclat son armure pourtant si bien lustrée. Une façade désormais fissurée et dont elle ne parvient plus à combler le vide crée. Son front se plisse comme pour mieux encaisser la réplique. La vérité la transperce de parts en parts. La dealeuse retient sa respiration, un contrôle volontairement exercé pour ne pas laisser éclater sa consternation. Elle le suit du regard lorsqu’il s’éloigne, retrouvant son propre équilibre après avoir subi l’assaut non moins justifié. Elle se balance sur ses jambes, refaisant face à la fatalité qui l’a toujours effrayée. Peut-être devrait-elle partir après tout. La dernière personne qu’elle a essayé de sauver de la sorte n’a pas survécu, pourquoi devrait-elle réitérer l’expérience ? Elle se plaît à croire que ce n’est qu’une infime partie du processus qu’elle s’apprête à exécuter malgré tout. Oubliant malencontreusement toutes ses tentatives vaines d’améliorer l’état de santé de son premier amant mourant. Une moue revêche s’empare de ses traits troublés, constatant avec la plus grande amertume tout le vrai énoncé par l’éclopé. « - Je suis peut être jeune à tes yeux, mais je ne suis pas stupide. Et encore moins inconsciente. Je ne te demanderai pas de m’accorder ce droit si je ne savais pas exactement ce que je fais, Elias » Elle le sait ravagé et appuie ses propos d’un regard manifeste. À mesure que les secondes s’évadent, les choix s’évanouissent et le temps ne leur laisse plus la possibilité de débattre. « - Crois-moi, j’ai conscience de mon geste. Tu ne le regretteras pas » Elle articule difficilement. Les mots restent longuement coincés en travers de sa gorge avant de finalement atteindre la barrière de ses lèvres. Elle s’immobilise un instant, s’interdisant de toucher à nouveau au matériel. Ne pas dépasser l’obstacle de la volonté qu’on lui impose devient sa priorité. Pour ne pas le brusquer, franchir à nouveau cette limite qu’ils s’étaient promis de ne pas outrepasser.

Des actes que l’on pourrait facilement remettre en cause tant la tangibilité de son plan ne payait pas de mine. Elle se retrouve pourtant là, perchée sur ses deux pieds à côté d’un lit d’hôpital dans lequel s’évanouit le corps d’un enfant dont elle ne sait rien. Hormis que sa survie importe beaucoup pour Elias. Une douce immortalité prolongée par des machines qui s’animent de plus en plus et de façon inquiétante. Son regard navigue entre le moniteur habillé de couleurs et le journaliste divaguant nerveusement dans la pièce. L’autorisation donnée la soulage autant qu’elle la trouble. D’une main, il lui enserre le bras, réitérant ce contact doucereux et farouche qu’elle aurait presque regretté. Un frisson lui parcoure l’échine alors que sa main glacée se perd spontanément sur la joue du journaliste. À cours de mots pour manifester une certaine gratitude, elle préfère se fondre dans le mutisme, laissant des yeux complaisants parler pour elle. La dealeuse ne perd pas plus de temps et s’affaire la seconde suivante, créant autour d’elle la même bulle de solitude que lorsqu’elle se trouve seule dans son laboratoire. Une concentration qu’elle juge absolument nécessaire et qu’elle ne fait qu’amplifier en sentant le grec s’éloigner d’elle. Elle ne prête plus attention à rien, hormis la tendance cardiaque de l’enfant et le matériel disposé à sa vue. Ses doigts frêles jouent avec les tubes, les raccordant à la poche de liquide neuve. Son anatomie s’articule sans même y penser. Elle se laisse guider par des souvenirs amers et une expérience qu’elle a toujours pensé ratée. Le plus gros du travail accompli, elle finit par se détendre. Elle n’a plus qu’un pansement à poser sur le bras du garçonnet, quand la voix masculine l’interrompt de nouveau. « - Une chance pour toi que ce soit moi et pas quelqu’un d’autre cette-fois, non ? » La chimiste ne détourne pas la tête du jeune patient. Croiser le regard ombrageux d’Elias ne lui serait d’aucune aide en cet instant si décisif. « Pour te répondre, c’est tout à fait exceptionnel. Et ça ne me réjouis pas d’être là. Mais je pourrais être amenée à recommencer, si ça te plaît » Elle sourit en déposant la première bande de plastique sur l’aiguille traversant l’épiderme du gamin. Mais elle ne lui adresse pas ce rictus mal venu. Les mots lui échappent sans vraiment chercher à les contrôler. Elle domine déjà bien assez ses mouvements pour s’autoriser à se laisser aller dans ses paroles. Ne dévoilant rien de plus que ce qu'elle veut bien partager.

La tâche achevée, le soulagement la gagne. L’australienne observe de longues secondes durant les constantes de l’enfant qui semblent revenir à la normale. Des pulsations cardiaques qui se régularisent d’un côté, et s’accélèrent du sien. Espérant que son geste n’a rien empiré, n’a rien gâché. Elle se sait compétente mais doutera toujours en face du ténébreux qui l’accable. Les notes aiguës se succèdent de plus en plus régulièrement, achevant de la rassurer. Elle se pince la lèvre inférieure, repoussant avec envie ce sentiment égoïste de satisfaction qu’elle sent poindre en elle. L’employée factice secoue la tête et reborde doucement l’enfant dans ses draps immaculés, avant de parcourir la pièce du regard à la recherche d’Elias. « - Pourquoi je me vexerai ? Pour une fois, t’as plutôt raison. C’est pas mon genre » Et pourtant. Ses prunelles noisettes se posent sur le mâle qui semble avoir trouvé sa place sur un siège à proximité. Elle peut lire toute l’inquiétude sur son visage, sans vraiment la comprendre. Un air concerné la gagne et parvient à habiter ses traits dessinés. Elle croise les bras sur son abdomen, s’approchant de quelque pas, perplexe quant à l’appréhension dont il fait preuve. « Carley ? La femme de tout à l’heure ? Elle avait l’air d’avaler mon histoire, jusqu’à preuve du contraire » Et ce contraire lui fait tellement peur que ça lui brûle les tripes et lui ravage l'esprit. Elle n’a aucune idée de ce qu’elle pourrait faire pour sauver les meubles si jamais son subterfuge venait à voler en éclats. Une perspective qu’elle ne préfère pas envisager. Qu’elle choisit d’omettre, aveugle à ce qu’elle ne veut définitivement pas voir. « Qu’est-ce que tu pourrais bien lui dire qui lui desserre son chignon au point qu’elle t’en veuille ? Enfin, qu’elle t’en veuille plus qu’elle ne t’en veux déjà. De ce ce que j’ai pu voir, et surtout entendre, le courant passe plutôt mal entre vous »  Elle l’observe jouer avec ses doigts sans pour autant saisir la subtilité de ce geste. S’enfonçant un peu plus loin sur la route de toutes les choses auxquelles elle veut rester étrangères. Pas avant que l’évidence ne la frappe. « Et tu lui dirais quoi, à propos de moi ? Qui suis-je, Elias ? Éclaire moi, je dois avouer que sur ce point, j’ai besoin de tes lumières » Une vérité qu’elle laisse finalement éclater en esquissant un moue d’incompréhension. Elle joue à celle qu’il voudrait qu’elle soit. Pour mieux brouiller son esprit déjà dérangé, tranchant avec cette autre réalité qui l’habite et dont elle n’a jamais pris conscience. Prétextant l’asthénie alors que certains l’appellent surdouée. « - N’y vois rien de personnel mais je vais pas m’attarder ici. J’ai déjà passé beaucoup plus de temps que prévu dans cet hosto de malheur » L’enchaînement de justesse se poursuit. Ses bras retombent mollement le long de sa silhouette, elle replace une mèche de cheveux derrière son oreille, l’angoisse la gagnant de nouveau. Elle devrait déjà être partie, depuis longtemps. Et pourtant elle s’attarde. Cherchant inconsciemment à conquérir ce qu’elle n’obtiendra certainement jamais.

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MessageSujet: Re: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Ven 4 Déc - 0:25

La lumière filtre à peine alors que le soleil inonde les rues au dehors. C’est à croire que la noirceur ne provient que de l’esprit, que chaque pensée assassine s’agglutine aux vitres, forme un barrage imperceptible entre cette pièce et le reste du monde. C’est sûrement vrai. Tous ses sens sont altérés par la tragédie se rejouant sans répit dans cet espace exigüe. Tout son organisme se régule au son pesant et troublant du moniteur. Chaque battement rythme sa démarche, sa posture. A l’extérieur, il peut distraire la douleur. Il peut enchaîner les heures au boulot, se perdre en conversations futiles pour oublier l’essentiel. Entre ces parois, les vérités se fractionnent pour former une myriade de pièges qui se referment sur chaque jambe à chaque pas. Un marais sombre entravé aujourd'hui par une touche d’aquarelle. Au milieu de l’éternelle obscurité, elle s’affaire et il suit religieusement des yeux, chaque geste exécuté. Il ne se souvient pas l’avoir déjà vue aussi concentrée, il ne peut pas dire que ça ne lui plait pas. Ses boucles fracassent toujours plus l’atmosphère pesante et monochrome. Difficile d’entrevoir par-delà ces nuances. Sans doute qu’elle allège un peu le poids de cette existence par sa seule présence. Mais ne l’alourdit-elle pas tout autant en conjurant ce mauvais sort pour en engendrer de nouveaux ? Des explications, il en faudra. Peut-être pas aujourd’hui. Sans doute pas demain. Un jour pourtant, s’ils sont amenés à se revoir. Cette incertitude ne le rassure pas. Néanmoins, il le faudrait. Se dévisser la tête pour la remettre entre des mains inexpérimentées. Comment peut-elle l’amener avec autant de facilité au bord du précipice ? Comment peut-il vouloir fermer les paupières et s’y laisser tomber ? L’inconnu ne l’a jamais vraiment effrayé. Dans d’autres circonstances, il aurait eu moins d’hésitation bien que l'écart entre les chiffres jouent parfaitement leur rôle dans cette mascarade. Beaucoup de spéculations pour si peu d’actes dans les faits. Il se sent comme un adolescent captif de son imagination. Risible.

De l’acidité à la suggestion, elle agrippe l’attention et le retient dans cette fascination déplacée au chevet de l’enfant. Elias éprouve plus de difficulté à se faire enjoué et léger maintenant qu’une partie de son intimité a été impunément dévoilée. Il fait ce qu’il peut de ce timbre trop grave et trop concerné. « Ha ça oui, je suis bien content. Je sais pertinemment que personne dans votre petite bande de joyeux lurons ne peut porter avec autant d’élégance, cette blouse. J'aurais assurément perdu au change. » Mais le ton ne s’accorde pas au contenu. Les doigts glissent sur le front, l’anxiété rongeant les nerfs. « Tu devrais faire gaffe, Mack mais je ne suis pas contre l’idée que tu gardes ce déguisement. Après tout, on ne sait jamais. » ajoute-t-il dans une tentative relativement ratée de désintérêt. Comment pourrait-il l’être alors qu’elle manie à l’instant les fils qui relient son garçon à la vie - ou ce qu’il en reste du moins. Le dernier mouvement réalisé semble empli d’une douceur qu’il ne lui reconnaît pas. Soucieuse, elle a replacé les draps avec une délicatesse foncièrement touchante. Cette seule vision trouble l’esprit déjà bien trop enlisé dans un jeu de vrai et de faux. Elias peine à contenir ses émotions. Son masque de nonchalance d’ordinaire adroitement apposé, tient si peu en place que cela en devient pitoyable. La joue tressaute même légèrement quand elle lui concède des réponses. « Pour une fois seulement ? » Un soupir alors qu’elle relève ce qui lui a échappé. Se taire ne lui aurait pas fait de mal. Alors que Mackenzie poursuit l'ouverture des hostilités, il se sent perdre le peu de contrôle qu’il avait jusqu’alors maintenu.

Le cap ne cesse de dévier. Et avant qu’il ne le sache, le courant bascule. Déjà l’ouragan, il tangue entre ses deux réalités, entre tout ce qu’il a esquivé et ce qui lui revient désormais en pleine figure. Il ouvre la bouche, la referme, ramène la tête contre les paumes pour tenter de rassembler le flux confus de ses cheminements. Déjà, elle annonce son départ. Peut-il garder le silence alors qu’elle vient de l’aider ? Son regard glisse sur la silhouette voisine toujours tristement allongée. « Je croyais que tu ne comptais pas poser de questions ? Que tu n’avais pas besoin de savoir ? » parvient-il à répliquer ultimement d’une intonation qui ne suggère que la froideur pour ne pas divulguer la terreur latente. Les prunelles reprennent de la hauteur pour la contempler. Cette sublime anomalie au milieu de ce décor ennuyeux et austère. Le grec s’appuie férocement sur les accoudoirs de la chaise pour réussir à se remettre sur ses jambes tout en ignorant les protestations du membre défaillant. « Je ne compte pas te dénoncer si c’est de ça dont tu veux parler. Mais j’ai la nette impression que ce n’est pas de ça qu’il s’agit. » Difficilement, il fait un pas vers elle. Il tente de comprendre ce qu’il se passe, ce qui peut traverser ses songes en cet instant. Il ne déduit rien de censé. Après tout, ils se connaissent à peine. Pour ne pas dire, pas du tout. Est-ce qu’elle a attendu quelque chose de lui ? Il n’arrive pas à le concevoir. « Qu’est-ce que tu veux que je dise très sincèrement ? Je ne pensais pas que mon comportement t'affecterait d'une quelconque façon, très sincèrement. » Bien entendu, pourquoi aurait-elle accordé de l’importance à ce dérapage ? Tout les sépare. Elle est trop futée, trop intéressante pour tenir d’autres hommes à distance, pour avoir pu repenser un seul instant à ce sordide moment où l’attraction a rattrapé la retenue. En tout cas, jamais elle n'aurait pu y dédier plus d'une pensée comme lui a pu le faire. Parce que lui, c’est forcément différent. Forcément. Péniblement, il se rapproche d’elle juste assez pour qu’il ne reste pratiquement plus d’espace entre eux, s’assure de reprendre un semblant de contrôle sur ce qui n'en possède déjà plus. « C’est à toi de m’éclairer. Qu’est-ce que tu attendais de moi au juste ? » Il la met au défi d’un regard, apprécie l’électricité qui circule déjà sans mal entre eux. C’est une torture de ne pas allonger un bras, de ne pas la rapprocher plus encore. Seules les tonalités régulières de la machine derrière lui, le préservent d’une action irréfléchie, impulsive. Il est déjà si proche pourtant. Trop proche, pratiquement déconnecté.

Depuis quand s’est-il mis à courber l’échine vers elle ? Il ne le saura jamais et bientôt, ça n’a plus d’importance parce que déjà, les talons de Carley claquent contre le vinyle et l’obligent à s’écarter brutalement d'elle. Il manque de chuter, se réceptionnant de manière imprévue sur la guibole abimée et se rattrapant de justesse au lit à proximité. Il s’efforce de masquer la moindre émotion, reprenant son expression indifférente quand son ex-femme s’invite dans leur environnement. « Vraiment ? Tu es encore là ? » Le trentenaire laisse les habitudes reprendre leurs droits. Principalement pour sauver les meubles. « Pour ton plus grand plaisir. » Les traits de la brune s'affaissent et se crispent alors qu’elle reprend déjà de l’air sans doute pour proférer de nouvelles menaces. « Je m’en vais, c’est bon. Epargne-moi tes commentaires. » Rageusement, il reprend sa veste sur le siège, se penche pour effleurer le front de Bran de ses lèvres avant de se tourner vers la sortie. Discrètement, il congédie également l’infirmière factice, en la pressant légèrement d’une main dans le dos afin qu’elle le suive jusqu’au couloir. Hors de question de les laisser entre elles. Il ne veut pas qu’elle apprenne quoique ce soit pour des raisons multiples et infinies. Il refuse que Carley lui retire le peu d’inconstance cardiaque qu’il est parvenu à retrouver envers et contre tout. Quand bien même c’est égoïste et totalement impensable. C’est tout ce qu’il peut espérer, préserver un peu d’étincelles pour croire à la suite. Quand bien même cette dernière devrait se jouer sans la cause principale de ce renouveau.

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MessageSujet: Re: « let's cause a little trouble » - pv. Elias   Lun 14 Déc - 22:19




Elle se perd volontairement dans ses souvenirs aussi douloureux que salvateurs. Des souvenirs amers qu’elle avait mis de côté pendant un temps considérable et au creux desquels elle parvient à retrouver ces gestes qu’elle ne pensait plus jamais pratiquer. Une routine, qu’elle aurait préféré ne pas retrouver. Mais dans laquelle elle se fond de nouveau, ne pensant pas à sa propre expérience minable mais à la survie de l’enfant gisant inerte entre les draps immaculés. Ce serait mentir que de dire que la faussaire se sent bien entre les quatre murs de cette chambre d’hôpital. Et la responsabilité pesant sur ses épaules ne fait qu’empirer son malaise. Bien qu’elle soit la seule à blâmer pour se retrouver avec l’aiguille entre les mains. Elle a presque supplié pour que cela arrive et le droit de s’en plaindre s’est envolé dans le regard lourd de sens qui lui porte Elias à chaque instant. La manipulation se veut bien plus simple qu’elle ne se la rappelait mais sentir les yeux inquiets du grec sur elle, alors que les secondes s’égrènent difficilement, ne l’aide en rien. Les gestes lui viennent naturellement, elle se camoufle derrière sa piètre connaissance. S’enlise dans ce bourbier impossible avant de finir par en réchapper. Indemne, mais non moins touchée. « - T’en fais pas pour moi, je m’en sors très bien. Je m’en sors toujours » Les mots échappent à ses lèvres éprouvées sans qu’elle ne parvienne à les retenir. L’air grave que le mâle arbore et ce ton concerné qu’il ne parvient plus à dissimuler l’atteignent encore un peu plus. Ajoutant une pression certaine sur ses nerfs déjà si harassés. Après avoir bordé le jeune garçon avec la plus grande délicatesse, l’australienne se tourne vers le journaliste. Elle le trouve visiblement perturbé, troublé. Les éclats de son armure de faïence tombant petit à petit, laissant poindre derrière ces fissures de plus en plus larges, une once de faiblesse et de fragilité. Un état émotionnel qu’elle ne lui connaissait pas, et dont elle ne sait pas quoi penser. Divaguant entre l’irrépressible envie de le serrer dans ses bras et la retenue inébranlable dont elle se doit de faire preuve. « - Cette fois seulement » Elle appuie sur la sentence comme pour l’appliquer une seconde fois. Ses traits adoucis s’étirent en un sourire des plus légers, s’opposant au masque de froideur dont il se pare.

Elle se sentirait presque agressée par l’interrogative cinglante. Si seulement les prunelles du ténébreux ne se fondaient pas dans les siennes de cette manière. Si seulement elle pouvait lui résister. Il la contemple de toute sa hauteur alors qu’elle se sent à nouveau si ridicule et insignifiante face à lui. Un état d’esprit qu’elle combat et s’efforce de ne pas laisser transparaître. Esquivant ses états d’âme par un comportement bien plus incisif, qu’elle laisse cependant soigneusement de côté cette fois-ci. Optant pour une diplomatie toute relative, sans jamais tomber dans l’hypocrisie. Hypocrisie qu’elle abhorre et répugne. Jusqu’à préférer faire mal plutôt que d’y succomber. « - C’est vrai, ça n’a rien à voir avec ce qui se passe dans cette chambre. D’où ma question. Le reste, ça ne regarde que toi, comme je te l’ai déjà dit » Elle se veut délicate, sans vraiment y parvenir. Son caractère taciturne reprenant le dessus bien plus facilement qu’elle ne le voudrait. Plantée solidement sur ses deux jambes, sa colonne se raidit quand la dénonciation prend part à l’échange. Le doute ne l’a jamais pourtant vraiment traversée concernant Elias. Mais la perspective l’effraie toujours autant. Et l’entendre prononcer ce terme maudit lui arrache un frisson. Sensation désagréable parcourant tout son épiderme meurtri. Elle l’observe s’approcher, respectant la distance instaurée. Mais le vocable qui suit la percute de plein fouet. La douleur s’en suit rapidement. Une douleur intérieure. Bien plus cruelle et insupportable que n’importe quel impact de balle. La déception. Ce sentiment qui l’envahit petit à petit et ne cesse de la faire flancher. Son front se plisse sans qu’elle ne puisse contrer ce tic nerveux. Ses bras retombent mollement le long de sa silhouette dessinée et son sourire se fane. Laissant place à un voile de désillusion. Ses prunelles décrochent de celles du journaliste, incapables de maintenir leur intensité plus longtemps. Elle perd le contrôle à nouveau, se laissant submerger par ce qu’elle pensait maîtriser. Mais ne s’attendant certainement pas à se prendre une gifle en plein visage. De la plus violente des manières. Qu’il prenne la forme d’une porte claquée ou d’un déni concrètement formulé, le revers de la médaille fait toujours aussi mal. C’est presque avec dégoût qu’elle l’observe s’approcher, réduisant l’espace entre à ce qui s’apparente le plus à un presque rien. Quelques centimètres, à peine, entre leurs deux organismes. La faussaire se sent faiblir une fois encore, laissant s’écouler toute la volonté dont elle peut faire preuve d’ordinaire. Cette force qu’elle emploie à se battre contre ce qu’elle ressent lui glisse entre les doigts, comme de la fumée qu’on essaie d’attraper à mains nues. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien attendre de lui ? « - Que tu restes » L’allusion se veut plus qu’évidente. La pilule lui est toujours restée en travers de la gorge. Le regard de défi qu’il lui lance ne l’impressionne pas, ne l’impressionne plus. Elle relève l’exercice non sans difficulté mais la proximité de leurs deux corps n’a pas une bonne influence sur sa capacité de raisonnement. Elle peut sentir l’hémoglobine venir battre contre les parois de sa jugulaire, jusque dans ses tempes. Un rythme régulier, faisant étrangement écho aux notes aiguës de la machinerie laissée loin derrière eux. Et très vite, aux claquements des talons résonnant dans le couloir.

La distance si brutalement retrouvée lui fait aussi mal que de la laisser disparaître. Elle recule de quelques pas, inconsciemment. Son instinct reprenant le dessus face à cette invité nuisible refaisant surface dans leur atmosphère. L’inconnue, désormais dotée d’un nom, s’immisce entre eux de la moins délicates des manières. L’infirmière temporaire reprend durement conscience de la réalité dans laquelle elle est censée évoluer. Elle reprend presque instantanément cette expression neutre dont elle s’était laissée envahir à son entrée dans ce costume infâme. Elle se veut silencieuse, laissant l’échange houleux se dérouler devant ses prunelles indécises. Et avant qu’elle ne puisse entreprendre quoi que ce soit qui puisse sauver sa couverture jusqu’ici si bien préservée, elle se sent poussée vers la sortie. Conduite vers le couloir par la main du grec positionnée dans le bas de son dos. Une invitation arbitraire à laquelle elle ne proteste pourtant pas. Consciente que cette opportunité sera peut-être la seule qui lui soit donnée de s’en sortir si facilement. Une contenance si laborieusement retrouvée, s’opposant à l’instabilité permanente qui la hante. Et que la confrontation ne fait qu’aggraver. La laissant au bord du gouffre, prête à y sombrer. Se laissant lentement engloutir par la vague de vents contraires auxquels elle doit faire face. Le calme du couloir contraste étrangement avec l’atmosphère agitée et pesante de la chambre aseptisée. La nervosité d’Elias semble avoir imprégné chaque parcelle de son anatomie mais elle se refuse à se laisser gagner par la même calamité. Rassurée par les quelques mètres la séparant désormais de la pièce immaculée, la dealeuse replonge ses mains dans les poches de sa blouse, retrouvant le contact agréable du flacon qui s’y dissimule. L’objet de sa convoitise, la seule raison l’ayant vraiment conduite ici en premiers lieux. Un prétexte qui n’en est pas vraiment un, et qu’elle aurait presque oublié. « - Il faut vraiment que je m’en aille, Elias. Avant qu’on me remarque » Un soupir franchit la barrière de ses lèvres alors qu’elle baisse la tête. Trouvant soudainement tout le réconfort possible dans la contemplation du carrelage miteux de l’hôpital. « - Tu devrais partir aussi… » Elle résiste à l’envie qui la ronge de se laisser aller à toutes les questions qui se bousculent dans son esprit débordant de toutes parts. Confirmant sa promesse, gage de sa bonne volonté et de cette sincérité qui ne l’a jamais quittée. Son visage se fait plus doux, mimant sans grande conviction ce regard qu’ils partagent d’ordinaire. L’australienne replonge ses iris claires dans celles du journaliste, avant d’effleurer sa joue du bout des lèvres. Une main glacée s’attarde sur la nuque alors que déjà elle s’éloigne. Le regret l’envahit. Elle se félicite pourtant de ne pas avoir cédé à la tentation d’un baiser bien moins chaste. Agrandissant l’espace entre leurs deux êtres, le poussant jusqu’à l’infini que lui offre le corridor. Elle s’efface contre les murs, esquissant la silhouette d’une ombre dans le bâtiment. Elle s’évapore aussi vite qu’elle est apparue, disparaissant dans les limbes de sa propre conscience, retrouvant cet état de latence dans lequel elle s’était plongée. Une accalmie, avant d’affronter une fois encore la tourmente et le trouble permanent.

⎜TOPIC TERMINÉ

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    All we do is drive ◇ My hands wrapped around the stick shift swerving on the 405, I can never keep my eyes, Off this. My neck, the feeling of your soft lips. Illuminated in the light, bouncing off the exit signs I missed. It's so simple but we can't stay. Overanalyze again, would it really kill you if we kissed?
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« let's cause a little trouble » - pv. Elias

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