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 not my fault ▬ pv Giu.

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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MessageSujet: not my fault ▬ pv Giu.   Sam 31 Oct - 18:19



Mon désintérêt pour la chose n'est pas qu'absolu, il est palpable : je n’écoute que d’une oreille distraite les commentaires des autres membres du Gouvernement. Réunion hebdomadaire, rassemblement d’imbéciles notoires, je n’ai pour ces hommes engoncés dans des costumes mal faits qu’un mépris que je ne cherche pas à effacer. Leur odeur de transpiration m’asphyxie autant que leurs parfums mal dosés et écœurants, leur discours n’a aucun intérêt : tout cela n’est au final qu’une perte de temps. Un soupir, je laisse mes doigts jouer avec le stylo qu’ils ont trouvé, me laisse aller contre le dossier du fauteuil et appelle d’un mouvement de tête l’homme qui se tient debout derrière moi depuis plus d’une heure maintenant. J’entends le froissement de tissu, l’ouïe aiguisée par la concentration, ne prêtant à présent plus une seule once d’attention à ce qu’ils peuvent ânonner quant à l’intérêt de la prohibition – que j’ai personnellement soutenue. Le murmure de mon subordonné se glisse dans ma nuque, dans un Monsieur ? poli, succin, direct, comme je les aime. « Toute cette réunion n’a aucun intérêt, veuillez me raccompagner à mon bureau. » Le silence. Brutal. Je n’ai pas pris la peine de murmurer tout comme je n’ai pas pris la peine de masquer ce mépris qui suinte de chacun de mes mots. Je sens à défaut de les voir leurs regards brûlants mes rétines, un fin sourire assuré leur répond. Je me lève, conscient d’être le centre de l’attention. Ma main glisse le long de ma veste pour l’ajuster et éventuellement la défroisser, je replace correctement le col de ma chemise et prends même le temps de nettoyer mes verres teintés, afin que tous aient la chance d’observer mes pupilles brûlées. Enfin, je déplie d’un coup de poignet la longue canne blanche qui est désormais mon soutien. « Mais continuez, continuez, je vous prie. Je m’en voudrais de vous faire prendre du retard sur cette réunion qui doit certainement être la plus importante de votre journée. »

Une dizaine de pas, je perçois notre sortie de la pièce au changement d’atmosphère, de température, de pression et d’hygrométrie. Et si je suis incapable de quantifier d’une quelconque manière ces différences, toute la surface de mon corps et de mon épiderme les ressent presque douloureusement. Il est étrange de voir à quel point notre perception du monde est transformée lorsque le sens le plus évident nous être définitivement ôté. Je ne reconnais plus les visages des personnes qui passent et s’activent autour de nous : je perçois en revanche leur démarche empressée, leur ton hypocrite ou affairé, l’étranglement anxieux de ceux qui s’adressent à moi. Je m’extirpe donc d’une salle étouffante pour échouer dans un couloir légèrement moins oppressant, et quelques minutes plus tard, c’est dans mon aile du bâtiment et de l’étage que j’arrive, guidé par ma mémoire et cet homme qui me suit comme une ombre depuis que j’ai repris mes fonctions. Un garde-du-corps du Garde du Corps. Mon pas se raffermit, je me pose en maître une fois mon sanctuaire atteint. Mes doigts effleurent le bureau, glissent jusqu’à l’ordinateur qui vibre dans un ronflement continu. J’entends mon acolyte recevoir sans tarder les dossiers demandés un peu plus tôt avant que je ne sois contraint à perdre mon temps dans une réunion dénuée d’intérêt. « Qu’on ne me dérange pas, je vous prie. Sauf bien évidemment si vous jugez la demande pertinente. » Mon ton ne laisse planer aucun doute quant à ce qui risque d’arriver à mon secrétaire s’il se trompe dans son jugement. Il ne serait certainement ni le premier ni le dernier à être remercié sans l’ombre d’une hésitation et il le sait. Je n’ai que très peu de tolérance pour les incapables et encore moins de patience pour les imbéciles, c’est quelque chose que je ne cherche pas à cacher.

Assez perdu de temps, je m’installe à mon fauteuil sans attendre, tendant la main pour récupérer les documents traduits en braille, le double restant dans les mains de mon subordonné. Aussitôt, mon épiderme part à la recherche du premier caractère, frémit sous cette affluence de reliefs que je ne déchiffre qu’à grand peine malgré les semaines qui se délitent sous mes pieds et succèdent à mon accident. Concentré, je tente de comprendre l’ensemble mais me heurte à mon épuisement dès la fin du premier paragraphe. Je dois me rendre à l’évidence et mon fatigué « Lisez moi le compte-rendu » retranscrit ma reddition de la manière la plus douloureuse : je suis dépendant des yeux de mes subordonnés, je suis dépendant de la confiance que je peux placer en eux. Ce qui me rend davantage encore exigeant envers eux. Sa voix claire s’élève, je me laisse aller contre le dossier du fauteuil, tentant de ne pas me laisser distraire par son couinement. Les mains jointes, je ferme les yeux par réflexe pour me concentrer un peu plus sur ce qu’il commence à me lire. Des comptes-rendus d’espionnage, des résultats d’analyse, des résumés d’enquête, j’apprécie sa voix claire qui ne balbutie ni ne bafouille et qui, mieux encore, va droit au but. Une sonnerie discrète mais insistante le fait s’arrêter, je me redresse instantanément. « Qu’est-ce donc ? » Une visiteuse. Je fronce les sourcils. « Dégagez-la. » Ma voix est sans appel, je me désintéresse aussitôt de l’interruption et fais signe à mon lecteur de poursuivre. Ce qu’il ne fait pas. « Et bien ? » La réponse ne se fait pas attendre. « Elle insiste, monsieur. » Un soupir. « Nom, prénom, antécédent, affiliation, faites faire un dossier à son nom et reliez là toutes les personnalités présentant un quelconque intérêt. » J’ai rapidement la réponse à mes trois premières demandes et je commence à cibler quelques raisons possibles de sa venue et de son insistance. Giulietta Porter. Femme, veuve très exactement de ministre. Je soupire, une nouvelle fois. « Allez superviser la conception du dossier et faites là entrer en sortant. Revenez dès que tout sera mis en marche. »

Le temps qu’elle arrive, je cherche à me souvenir de son visage, sans succès : son nom ne m’évoque rien de plus que ce que l’on vient de m’apprendre. J’entends la porte s’ouvrir, je me lève par réflexe. « Vous vouliez me voir, madame… Porter ? » Je prends le temps d’analyser son odeur, de m’imprégner de sa démarche. « Pardonnez mon impolitesse, j’ai perdu depuis peu l’habitude de serrer la main. Que puis-je faire pour vous ? »


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MessageSujet: Re: not my fault ▬ pv Giu.   Sam 7 Nov - 16:31

Mon rôle n’est pas terminé. Si la mort de mon époux pourrait me le faire croire, c’est désormais celui de veuve éplorée que je dois endosser. Et je me suis tellement plu dans le rôle d’espionne que je réitère, continue dans cette voie, dans l’idée d’apporter toujours plus à ma cause, mes amis et dans une certaine mesure, rendre plus important le décès de mon ancien mari. C’est, armée de toutes ces pensées, que je passe de nouveau les portes des bâtiments du gouvernement. Une impression de malaise me prend, comme à chacune de mes venues ici, mais je m’efforce à conserver un sourire poli, qui dissimule habilement une impression de tristesse, à peine feinte. Mes yeux s’élèvent, se heurtent à la magnificence de l’endroit, une fois de plus, choqués par cette grandeur lorsque tout le reste de la ville semble s’enfoncer dans la misère. Je ne me rends compte de mon hypocrisie que trop tard. Bien sûr que je vis, moi aussi, dans le luxe, reste de mon mariage, mais je tente de me convaincre que ce n’est que pour maintenir ma couverture, rien de plus. La vérité étant pourtant que je me suis habituée à cette opulence et qu’il me serait tout de même difficile de revenir à l’état de pauvre hère sans avenir. Soudain minée par ces pensées lugubres, je me force à secouer la tête, afin de les chasser et tente de me composer un pas vif, pour franchir la distance qui me sépare des ascenseurs. Personne ne s’oppose à mon cheminement, tous mes connaissent, au moins de vu et je leur souris d’ailleurs à tous, comme pour leur rappeler que je suis toujours cette gentille dame, du moins en apparence. Un tumulte intérieur me gêne encore, me pousse à m’agacer de détails pourtant anodins et je me force à soupirer, à évacuer toute la tension qui veut s’accumuler sous mon épiderme.

C’est donc maître de mes gestes et pensées que je me retrouve face au secrétaire de celui que je viens voir aujourd’hui. Enfermé dans sa bulle dorée, je ne suis guère surprise de me voir d’abord refuser l’accès à son bureau. Et c’est de nouveau l’agacement qui me prend, face à ce contretemps que je juge inopportun. D’un geste de la main, je viens chasser une mouche imaginaire avant de reprendre, d’un ton peut être un peu plus sec. « Dites à monsieur Morienval que j’insiste. Je dois le voir aujourd’hui. C’est d’une importance capitale. Et il risque de vous en vouloir, si vous ne me faites pas entrer… » Je mens, joue sur la peur qu’il semble éprouver de son patron, conserve mon masque mais fais aussi jouer mon véritable agacement, pour donner du poids à mes propos. Je pousse le vice à regarder ma montre, feint l’impatience tandis qu’il daigne enfin appeler l’homme que je cherche à voir aujourd’hui. J’écoute la voix s’élever dans le haut parleur, prends le refus comme une claque, mais ne me défile pas pour autant. Mes épaules détendue, je ne me laisse pas démonter face au ton sans appel de l’homme et d’un signe, demande au secrétaire d’insister encore.

Enfin, l’accès m’est autorisé et je retiens ma respiration lorsque mes pas me mènent jusqu’au centre de son bureau. Mes questions sont sur le point d’obtenir réponse lorsque je parcours son visage sans dire un mot. Il s’est redressé, regarde dans ma direction, mais il semble rapidement évident qu’il ne me voit pas, pas réellement. Mes informations à son sujet sont donc parfaitement exactes et il est plus que temps de m’incruster un peu plus dans sa vie, dans son bureau, à la recherche des informations dont je suis dépourvue depuis la mort de mon mari. Je m’avance donc vers lui, tend la main, dans un réflexe poli et fronce les sourcils, plus pour la forme qu’autre chose. Je ne m’étonne pas de le voir négliger ma salutation et hoche la tête, toujours poliment, dans l’optique de tromper une quelconque caméra. Je n’en vois pourtant aucune, mais il n’est pas encore tant que prendre des risques. « Monsieur Morienval. Bonjour. Vous êtes tout excusé. J’ai… entendu parler de votre récent… accident. » Hésitations polies, calculée, afin de sembler empreinte d’un empathie que je suis loin de ressentir. Ce chacal n’a que ce qu’il mérite après tout, mais je ne peux prononcer ces mots à voix haute. « Je suis désolée de m’imposer ainsi mais… j’ai pensé que vous pourriez m’aider. Depuis le mois d’août, je dors très mal. Je suis incapable de… » J’hésite, bute sur le mot et me maudis de mes lacunes en anglais. Pourtant, je sais qu’il s’agit d’un mot très simple, mais je ne le retrouve pas. Cette pause est aussi une façon d’accentuer ma pseudo tristesse, en un jeu parfaitement huilé. « Pardon… Je ne… trouve pas le sommeil à cause d’une question qui me prend, toutes les nuits. Vous allez bientôt m‘interrompre, pour me dire que vous ne voyiez pas en quoi cela vous regarde, j’y viens. » Je prends une nouvelle pause, pour reprendre ma respiration. « Mon mari est mort, à cause d’une lacune de votre département. Les rebelles ont été capables de l’atteindre, alors que vous êtes censés garantir sa sécurité. Alors voilàma question… Que s’est il passé ! » Et alors que j’assène mon coup de grâce, je laisse mon regard s’égarer partout. Toujours à la recherche d’une caméra. Et surtout du lieu où sont dissimulé ses dossiers…

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MessageSujet: Re: not my fault ▬ pv Giu.   Lun 9 Nov - 10:36



Dégagez-la. Ma voix claque dans un ordre tranquille, presque nonchalant d’inoriginalité. Je n’aime pas être dérangé et encore moins lorsque j’ai expressément donné l’ordre de filtrer les importuns. Elle insiste. C’est de la curiosité qui teinte mon agacement désormais. Si je n’ai aucun doute quand à l’incompétence de mon secrétaire, je l’espère suffisamment lucide pour ne pas s’hasarder sans raison sur ce terrain-là. Un soupir, je laisse mes déductions prendre leur déduction et autorise l’accès à mon bureau en crachant une liste d’informations que je veux avoir dans les plus brefs délais. Giulietta Porter. Femme de ministre, veuve d’un homme aussi inutile d’indolent mais auquel je me dois de concéder quelques mérites malgré tous. Je décortique la poignée de secondes qu’on m’octroie pour faire le point sur ce que je sais d’elle et plus encore sur ce que j’ignore. De ses intérêts à ses convictions, de ses habitudes et à sa place dans la hiérarchie sociale, je filtre tout et m’aperçois d’une choses : si ma mémoire est excellente et si j’en connais plus sur mes collègues que leurs propres conjoints, cette Giulietta n’a pas pris la peine de retenir mon attention jusque-là, pas suffisamment du moins pour que je puisse me souvenir de son visage.

La porte s’ouvre, je délie mes muscles par réflexe et par simple politesse. Si mes verres teintés masquent efficacement mes pupilles rongées par l’acide, mon immobilité dévoile plus que je ne le voudrais ces ténèbres que j’observe avec minutie. Mes autres sens, eux, se déploient autour de moi pour récupérer ça et là des informations sur mon interlocutrice, de sa respiration à ses déplacements en passant par cette démarche calme qu’elle affiche. Un froissement, je l’interprète comme une main tendue que je refuse de serrer dans des excuses polies. « Monsieur Morienval. Bonjour. Vous êtes tout excusé. J’ai… entendu parler de votre récent… accident. » Je balaie ses hésitations et sa mièvre considération d’un geste agacé de la main avant de lui faire signe de s’asseoir. Dans mon oreille, mon écouteur grésille et me fait parvenir dans un murmure quelques informations supplémentaires sur feu son mari à défaut d’en posséder sur la dame. Je passe le doigt sur mon oreille, réduis au minimum le volume de l’ensemble et me rassois calmement, attendant la suite de ses balbutiements et espérant fortement ne pas être en train de perdre mon temps. Mon accident… si la presse ne s’en est pas saisie à ma demande, ce n’est guère un secret pour autant surtout au sein de ce bâtiment qui surplombe la ville. « Je suis désolée de m’imposer ainsi mais… j’ai pensé que vous pourriez m’aider. Depuis le mois d’août, je dors très mal. Je suis incapable de… » J’arque un sourcil, laisse paraître pleinement l’indifférence totale qu’éveille en moi l’évocation d’éventuels troubles du sommeil. « Je ne suis certes pas ministre comme l’était feu votre mari, mais ne me confondez pas pour autant avec un éventuel thérapeute ou l’un de ces lèches-bottes prêts à vous entendre geindre sur de quelconque insomnie. Donc si tel était l’objectif de votre irruption dans mon bureau, je vous prie de sortir. » Ma voix traînante s’étire comme un chat entre nous, saisissant au vol le suspens laissé par la veuve Porter pour s’infiltrer dans ce que je considère pour le moment n’être que des lamentations peu pertinentes.

Elle peut être éplorée, détruite par la douleur ou abattue par l’abandon subit de son époux, je suis incapable pour le moment d’une quelconque compassion. Des giclées de sang ont trop souvent brûlées mon épiderme ces derniers temps, ou du moins avant ma cécité, pour que je m’autorise une empathie qui me semble de toute manière complètement hors de ma portée. Si elle souhaitait entendre plaintes et condoléances, je crains qu’elle ne se soit trompée d’office et plus encore d’interlocuteurs. Pourquoi donc est-elle encore devant moi et non jetée en bas des marches par des hommes appelés d’un murmure ? A cause de ce que je perçois derrière sa voix, derrière ses mots, derrière ses hésitations. Les traces d’un accent, les traces d’un passé, les traces de mes origines italiennes. « Pardon… Je ne… trouve pas le sommeil à cause d’une question qui me prend, toutes les nuits. Vous allez bientôt m‘interrompre, pour me dire que vous ne voyiez pas en quoi cela vous regarde, j’y viens. » Cette fois, alors qu’elle vient clairement de m’inviter à m’infiltrer dans ce silence pour lui faire part de ce que je peux penser de ses déclarations, je prends la décision de rester silencieux, dans une posture d’attente tranquille. Le silence. Angoissant, déroutant, un allié qui est en passe de devenir un traitre. « Mon mari est mort, à cause d’une lacune de votre département. Les rebelles ont été capables de l’atteindre, alors que vous êtes censés garantir sa sécurité. Alors voilà ma question… Que s’est-il passé ?! »

Je ne m’attendais pas à une telle demande et encore moins à un tel aplomb. J’imagine que de par son rang et le pied posé au sein de cet établissement, elle se pense hors d’atteinte et en possession d’un quelconque droit au savoir et aux excuses. Mon sourire amusé, comme devant une enfant réclamant par un caprice d’être considérée comme une adulte, lui répond dans un premier temps. Mes doigts glissent sur le bureau, effleurent un stylo, s’attardent sur son toucher lisse et se perdent à le faire s’agiter et tourner dans le creux de ma main. Loin d’être figé ou tendu, je suis aussi nonchalant qu’à mon aise, assis dans ce fauteuil qui me porte depuis bientôt deux ans. « Votre mari est mort, certes, mais il n’est pas le seul et toutes les familles en deuil ne s’hasardent pas à venir me demander des explications, merci bien. » Le stylo cesse de virevolter entre mes doigts, se pose pendant une inspiration. Ma voix est toujours amusée. « Qu’est ce qui vous fait croire que votre cas est différent du leur ? » J’ai beau être calme, sans chercher à la provoquer, juste à énoncer des évidences, mes pupilles immobiles partent à la recherche dans ma mémoire de la véritable explication du veuvage de mon interlocutrice. Mes services sont en effet supposés garantir la sécurité des personnalités politiques, par ordre de priorité certes mais par défaut de tous les ministres, porte-parole et hautes figures du Gouvernement. « Vous savez, mes hommes se chargent de veiller sur les vies des personnalités importantes de ce bâtiment. Si votre mari est mort, c’est certainement qu’il n’était en aucun cas classé parmi ces personnalités importantes, tout ministre qu’il était. Surtout parce qu’il était ministre, d’ailleurs, j’ai quotidiennement des preuves de l’incompétence de ces hommes. » Je joins les mains, conclus tranquillement. « Voilà ce qu’il s’est passé, madame. Votre mari était sans nul doute une quantité négligeable et un dommage collatéral d’un système visant à protéger dans les cas critiques l’indispensable aux détriments du futile et du figuratif. » Je ne fais pas dans la diplomatie, non pas parce que j’en suis incapable mais bien parce que je n’en vois présentement pas l’utilité. « Mais si vous le souhaitez, je peux tout à fait demander un complément d’enquête, qui sera réalisé à vos frais bien évidemment, afin de déterminer à quel niveau s’est située l’erreur d’appréciation. L’embauche de votre mari à ce poste ou, moins plausible, dans les choix effectués par mes équipes et la communication qui a été faite par les services secrets dont je n’étais à l’époque pas encore responsable. » En quelques mots, je lui impose une conclusion : que quelque soit la véritable source de la faille de sécurité ayant mené à la mort du Ministre Porter, je serai hors de cause. Si des têtes tombent après cela, ce ne sera clairement pas la mienne.


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MessageSujet: Re: not my fault ▬ pv Giu.   Ven 13 Nov - 12:23


L’arrogance pourrait se lire sur mon visage ou ma posture, mais tout cela lui est invisible, aussi c’est dans mon ton et mon jeu que je tente de faire passer toute l’émotion que suis censée ressentir. Et je crois d’ailleurs avoir un instant échoué lorsque je l’entends me répondre avec tant de froideur, tant de cruauté. A peine triste de ce décès, je me prends une seconde d’empathie pour les pauvres femmes qui avant moi, aurait pu tenter de se plaindre auprès de lui. D’un clignement d’œil, je manifeste mon étonnement, avant de penser à d’éventuelles caméras de nouveau et c’est ma main qui vient épouser mes lèvres, dans un effarement total, qui vient témoigner de ma détresse. Soudain remplacée poar une colère juste à moitié feinte.

« Quantité négligeable… » J’hésite une seconde, peu sûre de la signification de ces quelques mots, mais l’évidence me frappe finalement et par réflexe, je me lève afin de donner un peu plus de poids à mes propos. « Probablement avez-vous raison. Mon choix n’était donc pas des plus judicieux. Probablement auriez vous été une bien meilleure idée. Séduisant, désagréable à souhait, visiblement plein de connaissances sur les personnalités politiques du parti, d’une gentillesse à toute épreuve. Oui, vous auriez été parfait dans le rôle du mari couillonné… » Et j’éclate de rire, sous l’ironie suintante que j’exprime. Les mots que je viens de prononcer sont des plus exacts, mais par le ton de ma voix, je fais passer tout cela pour une vaste fumisterie, avant de reprendre, d’un ton plus incisif. « Vous estimez futile un homme que vous ne connaissez visiblement pas. Pourtant vous êtes censé être… euh… omniscient je crois est le mot que je cherche. Bref. Vous êtes censé l’être et pourtant vous ignorez qui il était. Etait il futile ? Probablement… Peut être pas pour tout le monde. » Et le rôle de la veuve éplorée revient au galop tandis que je me rassois, l’air visiblement las. Mon éclat est terminé pour l’instant et tout à fait explicable par mon statut récent. « Quoiqu’il en soit, monsieur Morienval, il ne faut pas s’étonner de voir des rebelles s’offusquer contre leur gouvernement, lorsque l’on voit comment sont traités vos plus fidèles partisans. » Je balaye mon propre argument d’un geste de la main lorsque je me rappelle de nouveau la cécité de mon interlocuteur.

Alors je me lève, vient feinter les cent pas alors que doucereusement, je viens m’approcher de ses étagères. Je n’oublie pas les raisons qui m’ont poussé à venir passer sa porte et si je me sens un peu téméraire, je n’ose pas encore fouiller. Ses réponses m’ont prouvé la froideur du personnage et je ne souhaite pas savoir à quel point il peut être un sale type. « C’est donc votre cécité qui vous a propulsé au rang de chef de la sécurité… Il me semble que les deux évènements sont plutôt contemporains. » J’expose les faits, cette fois sans ironie ou attaque, avant de finalement soupirer, dans une intention évidente de relâcher la tension. Je souhaite tout autant stopper les hostilités et c’est d’un ton radouci que j’enchaine finalement. « Je ne vous demande pas de compatir monsieur Morienval. Tout comme je ne souhaite vous accuser de rien. Je souhaite simplement comprendre ce qui est arrivé. Peut être n’avez-vous jamais perdu personne, même si j’en doute vu le climat actuel. Cependant si c’est le cas et que vous ignoriez ce qui est arrivé, probablement avez-vous tout fait pour savoir… Ou le feriez vous si vous étiez dans ma situation. » Je prends une pause, soupire de nouveau et pose mes mains sur son bureau, sur lequel je suis venu m’apposer de nouveau. « Ne sous estimez pas mon importance ou celle de la mort de monsieur Porter. Je mérite de savoir et vous êtes le mieux placé pour me répondre. » Et dans cette ultime tentative pour gonfler son égo, je reprends ma marche, qui se veut nerveuse, même si je ne fais qu’observer les alentours avec minutie.

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MessageSujet: Re: not my fault ▬ pv Giu.   Ven 20 Nov - 21:40



Mon mari est mort, à cause d’une lacune de votre département. Je doute qu’il existe un seul moment de ma vie où cette phrase aurait pu éveiller en moi un quelconque sentiment de culpabilité ou de remord. L’indifférence, voilà ce qui résume le mieux ma réaction face à ce que je considère comme une simple et pathétique supplique d’une enfant aussi capricieuse que ridicule. Mon mépris suinte de mes lèvres dans ce calme inébranlable qui me caractérise. Son mari est mort, certes, mais je n’en ai que faire : des citoyens de cette ville meurent chaque jour et ce n’est pas pour autant que je vais pleurer chacun d’eux. Mes larmes sont trop précieuses pour être gaspillées de la sorte, leur source est même tarie depuis trop de mois maintenant. Mon stylo virevolte entre mes doigts dans un ballet que je perçois par le biais de mon épiderme. Je m’entends lui expliquer posément mon désintérêt profond pour son veuvage. Si son mari est mort alors que mon service était supposé le protéger, c’est toujours simplement qu’il n’était qu’une quantité négligeable comparé au reste de la masse des ministres et que ce n’est donc pas une perte d’importance capitale. Juste un nom, un dossier, une affaire classée et un imbécile de moins à protéger, en somme bien peu de chose. Je joins les mains, conclue tranquillement. Lui octroie même le privilège de se voir proposer un quelconque complément d’enquête pour faire le point sur ce qu’elle nous reproche. A ses frais, bien évidemment, il est hors de question que le Gouvernement cautionne ce genre de requêtes aussi superflues que pouvait l’être son mari. Le silence reprend ses droits une fois ma dernière phrase, dite sur un ton égal, achevée. Mes sens aiguisés non seulement par ma nature lupine mais aussi par ma cécité notent des mouvements de la part de mon interlocutrice, un raclement de chaise. « Quantité négligeable… » Et bien, voilà un entretien tout à fait avorté dans les règles de l’art, je n’aurai perdu dans l’affaire qu’une secrétaire que je compte renvoyer négligemment dans les heures à venir pour avoir autorisé non seulement une imbécile à requérir de moi une entrevue mais en plus pour ne pas l’avoir éconduite avec efficacité. Je prends la peine de relever la tête dès que son écho de voix me permet de la localiser sans erreur. Sa respiration s’enroule autour de ma gorge, marque son emplacement. « Probablement avez-vous raison. Mon choix n’était donc pas des plus judicieux. Probablement auriez vous été une bien meilleure idée. Séduisant, désagréable à souhait, visiblement plein de connaissances sur les personnalités politiques du parti, d’une gentillesse à toute épreuve. Oui, vous auriez été parfait dans le rôle du mari couillonné… » J’arque un sourcil, dépose un léger sourire sur mes lèvres en me levant à mon tour dans une lenteur exagérée. Elle rit, ses éclats voltigent vers mes lèvres qui s’étirent davantage encore. Pense-t-elle réellement faire de l’esprit ou ne cherche-t-elle qu’à me provoquer, sans succès ? « Vous estimez futile un homme que vous ne connaissez visiblement pas. Pourtant vous êtes censé être… euh… omniscient je crois est le mot que je cherche. Bref. Vous êtes censé l’être et pourtant vous ignorez qui il était. Etait-il futile ? Probablement… Peut être pas pour tout le monde. » Une moue, c’est ma seule réaction devant cette diatribe de veuve éplorée. Il est adorable de voir une femme défendre à ce point son défunt mari mais je suis et je reste imperméable à la détresse qu’elle m’afflige avec cette colère capricieuse qui ne parvient pas un seul instant à m’atteindre.

Je me demande une fraction de seconde si elle a réussi l’exploit de se fatiguer elle-même avec ses propres lamentions. Malheureusement non, sa voix lasse reprend. « Quoiqu’il en soit, monsieur Morienval, il ne faut pas s’étonner de voir des rebelles s’offusquer contre leur gouvernement, lorsque l’on voit comment sont traités vos plus fidèles partisans. » Pardon ? J’arque une nouvelle fois un sourcil. « Faites attention aux propos que vous tenez, Porter. Si votre mari ne méritait aucun traitement de faveur, je doute que sa mort vous protège d’une quelconque manière si vous vous hasardez ainsi à apporter un soutien, même moindre, aux rebelles. » Je laisse un ricanement filer de mes lèvres dans un dédain si naturel qu’on peut se demander s’il s’agit de s’en vexer ou de culpabiliser pour sa propre bêtise. J’espère pour la veuve qui se permet de tel propos qu’elle va choisir la bonne façon de le recevoir et, plus encore, j’espère que ça va la pousser à remettre en question ses propos à la limite de l’insubordination. Un mouvement, elle se lève à nouveau. Je ne m’étais pour ma part pas assis de nouveau, préférant la surplomber et m’épargner des mouvements vifs trahissant une impulsivité qui m’est étrangère. Les claquements de ses pas sur le sol la localisent avec précision, je n’ai qu’à me concentrer pour savoir que loin de s’éloigner et d’enfin se soustraire à ma vue, si je puis me permettre l’expression, elle se rapproche de moi bien au contraire ou du moins de ces armoires qui bordent un des quatre murs qui ceignent mon bureau. Ma patience s’amenuise au fur et à mesure que sa présence se prolonge.

Peu m’importe, au final, que les rebelles et les gens du peuple se montrent insatisfaits des dispositions prises par le Gouvernement et peu m’importe non plus la façon dont sont traités les habitants du Government Building. Sa seule chose en laquelle je m’autorise encore à croire, c’est à cette force de décision qu’est le Gouvernement, à ce liant qu’il constitue, à l’incapacité des hommes à se régir eux-mêmes sans pouvoir fort pour les contrôler et canaliser leurs folies. Quelques livres sur l’Histoire de la civilisation humaine entre mon siècle de naissance et celui qui scellera ma mort ont beau traité de démocratie et de république, ce concept dans son application me semble si brouillon et incohérent que je refuse de croire en sa viabilité. Seule la dictature a une poigne suffisante pour faire régner l’ordre en ville. Et seule l’élimination systématique des faibles pourra nous permettre de perdurer. Alors, ce qu’elle peut penser de la manière dont sont traités ceux qu’elle désigne comme étant les plus fidèles partisans du Gouvernement… et bien cela m’indiffère tout autant que son deuil. En fin de compte, la seule chose présentant chez elle un intérêt notable est son accent aux consonances méditerranéennes qui titillent à chaque syllabe ma curiosité.

« C’est donc votre cécité qui vous a propulsé au rang de chef de la sécurité… Il me semble que les deux évènements sont plutôt contemporains. Je ne vous demande pas de compatir monsieur Morienval. Fort heureusement, elle irait dans le cas contraire eu devant d’une désillusion cruelle. Tout comme je ne souhaite vous accuser de rien. Je souhaite simplement comprendre ce qui est arrivé. Peut être n’avez-vous jamais perdu personne, même si j’en doute vu le climat actuel. Cependant si c’est le cas et que vous ignoriez ce qui est arrivé, probablement avez-vous tout fait pour savoir… Ou le feriez-vous si vous étiez dans ma situation. » Je l’entends soupirer. Fixe mes yeux sur sa localisation imprécise, guidé à l’ouïe par son soupir. « Ne sous estimez pas mon importance ou celle de la mort de monsieur Porter. Je mérite de savoir et vous êtes le mieux placé pour me répondre. » J’attends quelques secondes.

Ses allers et venues trahissent, à mes oreilles, une nervosité fascinante. Son agacement, son insistance : une sincérité dont je n’ai pour le moment aucune raison de douter. Ses mots, en revanche, masquent ce que je considère comme une menace malvenue. Mon visage ne se sépare pas de son calme et de son apparence détendue : au fond de moi je me crispe. Loin de me flatter, sa dernière phrase s’est teintée de moquerie ainsi précédée d’un conseil que je ne peux que percevoir comme un ordre. Ne sous-estimez pas mon importance. Et elle, sous-estime-t-elle la menace que je fais planer sur sa vie en réponse à sa seule impudence ? « Croyez moi, madame Porter, je ne sous-estime pas votre importance ou celle de feu votre mari. Bien au contraire : je vous reçois, cela signifie donc que j’ai même tendance à la surestimer, contentez-vous en. » La main glissant le long du bureau, je le contourne, faisant disparaître le rempart entre elle et moi. « Ma vie privée et les défunts que j’ai potentiellement dû enterrer ne vous concernent en rien, les dispositions que j’ai pu prendre pour comprendre leur disparition non plus. Je peux en revanche vous concéder une chose : j’ai cherché à comprendre moi aussi. » Et j’ai agi en conséquent. Le cadavre de Cora a beau se détériorer en un ensemble de perceptions éparses, la vue perdant de sa clarté au fur et à mesure que les semaines m’éloignent de mon accident, sa mort persiste en un goût amer d’insatisfaction. Sa mort, loin de me calmer, n’ai glissé en mon sein qu’une joie malsaine devant la détresse d’Ezio, ou Stain comme il préfère se faire appeler. « Si je ne vous mentirai pas en vous cachant le profond désintérêt que soulève votre détresse, et encore moins l’absence complète de compassion que je peux avoir pour vous, je peux toutefois comprendre votre colère et votre curiosité. En revanche, je ne vous demanderai pas une troisième fois de surveiller vos propos, madame Porter. L’importance que pouvait avoir votre ministre de mari étant présentement réduite à peau de chagrin, je doute qu’elle puisse d’une quelconque manière rivaliser avec la mienne. Quant à la vôtre… permettez-moi de vous le dire crument : elle est risible. Gardez donc à l’esprit qu’il vaut mieux pour vous, si vous souhaitez des réponses, veiller à ne pas m’exaspérer, m’offenser, m’agacer ou quoique ce soit d’autre et à peser chacun de vos mots avec une attention toute particulière.  »

Je lui concède un léger sourire visant à lui faire comprendre qu’il n’est même pas envisageable de s’offusquer de mes paroles. « Cela étant clair, dites-moi donc quel poste occupait votre mari, ce que les rebelles auraient bien pu trouver à lui reprocher et dans quelles circonstances il a été assassiné. J’imagine que c’est contemporain de cet attentat qui m’a coûté la vue ? »


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MessageSujet: Re: not my fault ▬ pv Giu.   Lun 23 Nov - 19:26


Tout au long de ma diatribe, j’observe les réactions de mon interlocuteur qui ne sont pas loin d’être inexistante. Trop à mon goût. Il ne me donne absolument aucun indice pour percer sa carapace trop solide pour mes petits ongles de veuve éplorée. La première vraie réaction s’obtient lorsque j’évoque les rebelles. D’un côté, je voudrais pouffer face à sa réaction, mais je m’en retiens, me contentant d’une réaction qu’il ne put voir. C’est avec un roulement des yeux que je lui réponds d’abord, avant de croiser les bras pour lui répondre de vive voix. « Oh mais monsieur Morienval, je n’apporte strictement aucun soutien aux tueurs de mon époux. » Mon ton se fait sec, presque offusqué de l’insinuation qu’il a osé porté et ma voix se brise, à dessein, afin de renforcer l’illusion de colère que je peux ressentir à leur égard. Son rire me paraît malvenu mais je me garde pourtant de la moindre remarque. Il ne paraît pas être homme à subir des piques sans réagir de façon disproportionnée et je m’en voudrais de provoquer son courroux plutôt que sa sympathie. Je ne suis pas certaine que l’homme puisse ressentir tel sentiment, mais je m’y risque pourtant, reprenant mon discours enflammé sans cesser d’observer ses réactions. Toujours moindre, je sens la frustration me monter au nez et ressens l’envie et le besoin de le provoquer jusqu’à enfin obtenir une humanité qu’il ne semble pas ressentir. Alors de nouveau, après mes déambulations, je croise les bras, plonge mon regard sur son visage et retiens avec peine un claquement de langue agacé. Bien m’en prend puisqu’il se décide enfin à répondre, à s’exprimer sur mon accusation, ma demande de renseignements. Le jeu de la veuve se resserre autour de lui et je me félicite intérieurement d’avoir réussi à titiller suffisamment sa curiosité pour qu’il me permette de rester un peu plus en sa présence.

Le début bien sûr, n’arrange pas le cas du chef de la sécurité et je me donne soudain la mission de faire ravaler sa superbe à cet homme trop arrogant pour son propre bien. Pas immédiatement bien sûr, il n’est pas le temps pour une telle erreur. Il s’en vient, s’approche de moi et par politesse, j’incline la tête vers lui comme pour m’excuser de mon impudence et je me souviens un peu tard de sa cécité. Je ne dis pourtant rien, attendant la suite comme un enfant attend sa glace en plein été. La colère pointe, augmente et bourdonne à mes oreilles tant et plus que mon faciès se déforme en une affreuse grimace. Non loin de se transformer en fureur, il ne faudrait qu’un étincelle de plus pour me voir lui sauter dessus dans l’optique de lui faire du mal. Je voudrais lui répondre. Lui dire qu’un jour, mon importance si risible lui coûtera sa pathétique petite vie. Lui répondre que son exaspération n’est qu’une stupidité de plus à ajouter à son actif. Lui rétorquer que tous mes mots sont choisis avec un soin tout particulier. Pourtant, c’est d’une voix calme, maitrisée et d’une grimace disparue, que je lui concède finalement. « Pardonnez mon impudence monsieur Morienval. Vous ne comprenez visiblement pas la douleur d’une perte telle que la mienne, seulement c’est ma faute d’avoir cru en votre compassion. » Un sourire accompagne cette pique pourtant teintée d’une diplomatie trop ancrée pour être ignorée.

Encore une fois, j’ai oublié l’absence de vision de mon interlocuteur et soudainement, je crains que mes propos ne soient mal interprétés, aussi j’ajoute, d’une voix encore plus douce. « Loin de moi l’idée de vous offenser. » Et dans ces quelques mots, trop impromptus, mon accent ressort soudainement et je viens déposer ma main sur mes lèvres, comme pour m’en excuser. L’heure est aux questions et si je m’y attendais, je me laisse une seconde envahir par la peur d’être découverte de mes simples réponses. Il n’y a bien sûr aucune raison pour, mais cette pointe d’anxiété ne disparaît que lorsque je reprends enfin la parole. « Mon époux était ministre. Sa fonction exacte je n’en suis pas certaine. Il ne parlait jamais du travail à la maison. Je crois qu’il préférait tout laisser ici. » Ma voix se teinte d’une certaine tendresse pour lui, feinte … juste à moitié. Lentement j’en viens à déglutir, avant de reprendre la voix toujours assurée bien que teintée d’une peur de me faire prendre. « J’imagine que son poste était une menace suffisante pour lui. Je suppose que les rebelles veulent couper les têtes de l’hydre. » Dans mon discours, j’hausse les épaules et serre les lèvres, toujours sans me souvenir qu’il ne me voit pas. « Je n’étais pas là lors de son assassinat. C’était à la maison. Je… ne sais pas ce qu’il s’est passé mais j’ai trouvé son corps dans le salon. C’est forcément les rebelles, je ne vois personne d’autre pour lui en vouloir et rien n’a été volé… sauf des informations je suppose… Ses dossiers étaient éparpillés. » Je termine mon discours dans une mine contrite et laisse échapper un soupir de tristesse, bien audible pour ses oreilles d’aveugle…

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MessageSujet: Re: not my fault ▬ pv Giu.   Sam 5 Déc - 15:20



Si je contemple avec indifférence sa voix et sa détresse, la moindre mention d’une potentielle trahison au profit de cette rébellion que j’abhorre par son potentiel destructeur trouble un instant mon impassibilité. J’arque un sourcil de désapprobation, un ricanement s’échappe de mes lèvres dans une mise en garde explicite. Qu’elle fasse attention à ses propos, ce sont des fautes qui me donnent de quoi l’écraser et souiller la mémoire de son mari si jamais elle se prend l’envie de me défier sur du long terme. « Oh mais monsieur Morienval, je n’apporte strictement aucun soutien aux tueurs de mon époux. » Soit, de ce point de vue là, cela fait sens, mais j’ai depuis longtemps fait une croix sur la logique humaine pour mieux me concentrer sur le véritable moteur de la plupart des êtres humains : les émotions. Et qu’elle argue ne jamais apporter de soutien aux tueurs de son époux si elle le souhaite, je garde en mémoire qu’aucune loyauté n’est jamais définitivement acquise et que les êtres humaines, plus particulièrement les femmes, ne sont que des girouettes malmenées par leurs sentiments plutôt que leur raison. « Soit, mais modérez-vous tout de même, il vous serait fort préjudiciable que vos propos se voient être mal interprétés par un serviteur trop zélé de ce Gouvernement. » Mes propos à moi sont lentement articulés, avec un calme si loin de l’agressivité qu’on pourrait presque me croire en train de plaisanter. Si mon regard ne peut retranscrire mon sérieux, en revanche, c’est mon attitude qui ne laisse planer aucune ambiguïté. Pas de menace directe bien sûr, juste un petit rappel, une mise en garde cordiale. Agrémentée d’un petit rictus que l’on pourrait considérer comme un sourire né autant de mes paroles que de cette voix brisée et offusquée qui s’est échouée contre moi.

Des mouvements, je suis ses déplacements à l’ouïe. Si rien ne m’échappe dans ces frottements et ces claquements de talon, il n’en est pas de même quant à ses intentions. Elle a beau vouloir savoir ce qu’il s’est passé, qu’elle puisse s’obstiner à ce point face à mon hostilité et mon indifférence pleinement assumées me dépasse. Si j’ignore ce qui m’empêche pour le moment de la congédier d’un ton cassant, je sais tout du moins qu’elle pourrait avoir l’amabilité de comprendre que sa présence est de trop et avoir l’intelligence de partir d’elle-même avant que je m’énerve pour de bon. La seule chose pertinente dans sa présence est sans nul doute cet accent qui ressort et caresse mes tympans avec une douceur inadéquate.

Finalement, la conversation reprend dans des allers-venues qui la trahissent et titillent ma curiosité davantage que ses mots. Je mérite de savoir. De quel mérite parlons-nous, Veuve ? Le mérite s’acquiert et vous n’en avez aucun à mes yeux. Tout ce que vous méritez, miss Porter, c’est une bonne leçon d’humilité qui vous fera regagne votre place dans la fange d’où votre mari vous avait vraisemblablement extraite par une magnanimité aussi risible que votre bavardage. Ne sous-estimez pas mon importance. Oh, croyez moi, j’aurais bien du mal à sous-estimer ce qui est inexistant, je dois donc vous rectifier et vous faire remarquer que loin de la sous-estimer, je la surestime puisque je prends le temps de vous répondre. Ma main glisse, je contourne le bureau pour me rapprocher d’elle, tous mes sens concentrés pour remplacer ma vue disparue. Ma vie privée ne la concerne en rien, ces fantômes qui me poursuivent et dont l’acide m’a libéré généreusement ne la concernent en rien non plus. La seule chose que je peux lui concéder, c’est qu’à défaut de partager sa détresse, je peux comprendre son obstination.

Et peut être est-ce cela aussi qui me retient pour le moment de la faire éjecter avec brutalité de mon bureau. Vous marchez sur une corde raide, miss Porter, faites attention à ne pas perdre l’équilibre. Gardez à l’esprit que je peux vous réduire à néant et qu’il vaut mieux pour vous de veiller à ne pas m’offenser de quelque manière que ce soit. Mon ton est aussi clair que mon visage impassible et que mon attitude nonchalante. Je suis un prédateur, j’ose espérer que le loup suinte de tous mes pores pour faire passer correctement cette mise-en-garde que je suis déjà las de devoir répéter. La prochaine fois qu’elle m’oblige à me répéter, cette pénible Giulietta Porter risque de ne pas apprécier. Sa voix calme me répond, je la jauge avec toute la concentration que je peux rassembler à cet instant. « Pardonnez mon impudence monsieur Morienval. Vous ne comprenez visiblement pas la douleur d’une perte telle que la mienne, seulement c’est ma faute d’avoir cru en votre compassion. » J’attends une fraction de seconde, hésitant sur la manière d’interpréter ses propos. Dois-je tenir compte de ses capacités intellectuelles a priori fortement limitée ou suis-je supposé mettre en application ces menaces que je viens d’articuler ?

« Loin de moi l’idée de vous offenser. » Je m’écarte d’elle sans un mot, prenant encore quelques secondes pour lui laisser, au mieux, le temps de se rétracter et au pire, me laisser le temps de choisir mes mots. Car s’il était latent jusque là, l’accent clairement méditerranéen qui pare ses propos vient de se révéler dans toute sa splendeur dans cette phrase et, immanquablement, je l’associe à une certaine spontanéité et de ce fait, une certaine sincérité. « Soit. » Le t claque sur les lèvres comme une conclusion, signe que j’accepte ce que j’interprète généreusement comme des excuses voilées et que je passe l’éponge pour cette fois sur son impudence exaspérante. Mes doigts glissent à nouveau sur le bureau, me ramènent à quelques pas de mon fauteuil et surtout me pousse à lui tourner le dos dans une attitude ouvertement désintéressée et, j’espère qu’elle le remarquera avec l’attention qu’il se doit, une certaine indulgence et mansuétude pour ses complaintes. Où, quand, comment, pourquoi, mes questions dégringolent mes lèvres dans une voix traînante. « Mon époux était ministre. Sa fonction exacte je n’en suis pas certaine. Il ne parlait jamais du travail à la maison. Je crois qu’il préférait tout laisser ici. » Je lâche un léger soupir d’agacement devant cette niaiserie étalée sans la moindre honte. Pense-t-elle réellement m’amadouer de cette manière, me pousser à compatir par cette ignorance qu’elle assume ? Azzura savait elle exactement quelle était ta fonction, Rafaele ? Mon cœur rate un battement. Et je manque pour ma part de manquer la légère inflexion de la voix de mon interlocutrice lorsqu’elle reprend. « J’imagine que son poste était une menace suffisante pour lui. Je suppose que les rebelles veulent couper les têtes de l’hydre. Je n’étais pas là lors de son assassinat. C’était à la maison. Je… ne sais pas ce qu’il s’est passé mais j’ai trouvé son corps dans le salon. C’est forcément les rebelles, je ne vois personne d’autre pour lui en vouloir et rien n’a été volé… sauf des informations je suppose… Ses dossiers étaient éparpillés. » Me tournant dans sa direction, j’agite lentement et brièvement une main pour lui faire comprendre que ces détails sont superflus. « Epargnez-moi les détails de l’enquête, je vous prie. »

J’ai l’impression de devoir discuter avec une abrutie. Avec une simple d’esprit comme pouvait l’être Orfeo. Une pointe de douleur transperce mes pensées à cette seule évocation, je m’humecte les lèvres en réponse. « Si je comprends bien, vous ignorez et le métier exact de feu votre époux, et les circonstances mêmes de l’assassinat, sans oublier que soit vous n’êtes pas au fait des avancements de l’enquête qui doit certainement avoir actuellement lieu dans les locaux de la police, soit vous êtes en train de me faire perdre mon temps pour avoir des réponses que je ne pourrai vous offrir dans l’immédiat. » J’inspire lentement, mes doigts glissant sur la surface du bureau à la recherche d’une feuille vierge et d’un stylo. Si je ne suis guère à l’aise avec l’écriture depuis mon accident, et même avant, j’ose espérer que ce n’est pas son cas et je tourne l’ensemble dans sa direction, posant le stylo dessus. « Notez donc ce nom et ce numéro de téléphone, ainsi je ne serai pas le seul, au terme de cette journée, à avoir perdu de précieuses minutes en votre compagnie. » J’épèle les noms et prénoms d’un ou deux responsables des enquêtes pour meurtres ainsi que le numéro de téléphone permettant de les joindre.

Et ce n’est que lorsque ma voix cesse d’ânonner ces nombres que je me rends compte d’une chose : elle a effectivement réussi, à un moment quelconque, à éveiller en moi un soupçon d’empathie et de compassion. J’ai cherché l’assassin d’Azzura, je m’en suis vengé de manière toute aussi cruelle. Sans compter que son accent titille encore ma curiosité. Je finis par froncer les sourcils et faire un choix à double tranchant. L’italien de ma naissance se faufile entre mes lèvres lorsque je poursuis avec une certaine désinvolture, comme si aucun changement de langue n’avait été fait. « Quant à votre première requête, je comprends mieux votre méprise. Vous ignoriez, miss Porter, quel était le poste exact de votre époux et vous l’idéalisiez de la manière la plus touchante possible. Il est normal, j’imagine, que vous l’admiriez ou autre mais je suis contraint de vous confesser la plus triste des réalités : votre mari était une quantité négligeable, voilà tout. Ce que les rebelles ont pu chercher dans votre demeure, dans son bureau, ne sont que des informations d’importances moindres sans quoi, je puis vous assurer que mon office aurait fait tout le travail nécessaire pour que cela n’arrive point. » Je fais une pause, ignorant ce que je souhaite comme réaction de sa part. De l’incompréhension face à cette langue aux sonorités étrangères ou au contraire une compréhension que je ne saurai comment interpréter.


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MessageSujet: Re: not my fault ▬ pv Giu.   Lun 4 Jan - 12:22


L’arrogance dont il me nargue m’agace et laisse grandir en moi une multitude d’idées que je désire mettre en place le plus vite possible. Dans son impudence, il laisse échapper de précieux indices qui ne tombent pas dans l’oreille d’une sourde ou les yeux d’un aveugle. S’il est défait de sa vue, ce n’est pas mon cas et je ne manque pas d’observer chacune de ses réactions, même si ce n’est finalement pas le plus parlant. Non, ce sont plutôt les intonations de sa voix, cette envie latente de me faire partir au loin et cette nonchalance qu’il s’obstine à m’imposer. Cela ne ressemble à rien d’autre qu’un homme qui s’en moque et c’est bien cela qui me permet de mieux le cerner, dans le cas où je voudrais effectivement l’utiliser. Malheureusement, au temps qui passe en sa compagnie, je dois me rendre à une évidence simple, cet homme n’est pas facile à atteindre et pire encore, se moque bien de ma présence en ses murs. En ces conditions, je ne peux faire grand-chose de lui, si ce n’est voler des dossiers qu’il m’accusera aussitôt d’avoir pris. Soit pas le meilleur mouvement possible pour une personne dans ma condition. Mieux vaut donc, continuer mon jeu, sur cette lancée de la veuve éplorée, alors qu’il s’efforce de me montrer tout son dédain. Et une nouvelle fois, une bouffée de colère vient s’emparer de moi et me donne une envie incroyablement stupide.

Papier en main, j’observe le stylo, l’avise une seconde avant de m’en emparer pour écrire, tout autre chose que ce qu’il me dicte. Lentement les mots m’échappent et je laisse l’encre noircir le papier doucement. L’arrogance qui vous pousse à considérer chaque être comme insignifiant vous a coûté la vue. Et continuera à vous coûter toujours plus. Prenez garde monsieur Morienval. L’orgueil est un pêché qui vous conduira à la mort. Ce ne sont pas des menaces. Pas réellement. Je ne cherche pas à lui faire, ni même à lui faire comprendre mon importance. Je souhaite juste l’imaginer perdre un peu de sa superbe, juste un peu. Sa voix s’éteint au moment où ma plume se tait et je relève des yeux intrigués vers lui. Simplement parce quelque chose m’intrigue soudain. Il me dédaigne, m’attaque même, depuis ma première seconde ici. Cependant par les informations qu’il vient de me donner, que je n’ai pas prise, il vient de baisser un peu ses barrières. Alors ma main, celle qui tient le papier, celle qui allait le déposer sur le bureau, tremble légèrement, tandis que j’hésite sur la marche à suivre. La logique voudrait que je récompense son odieuse attitude de cette attaque fourbe. La compassion me pousse pourtant à émettre un doute.

Vite balayé pourtant par sa prise de parole suivante. D’abord surprise par les intonations chaleureuses et familières, je me laisse lentement bercer par cet accent que je n’ai plus entendu ailleurs qu’en ma propre voix depuis trop longtemps. La magie se brise pourtant rapidement lorsque les mots m’atteignent enfin. Ma main s’affermit sur le papier, mais le froisse en un geste rapide pour le fourrer dans ma poche alors que le stylo chante de nouveau, contre une nouvelle feuille du bloc note. Informations de piètre importance. Votre vue n’est donc que de piètre importance. Tout comme la vie de tous vos collègues qui sont décédés en août. Vous ignorez ce qui ce cache dans votre propre cour monsieur Morienval et cela vous coûte toujours un peu plus. La rationalité m’a abandonné lorsque j’écris ces mots. Une colère sourde m’empêche de réfléchir plus avant, motivée par le mépris évident de ce tout ce que j’ai pu accomplir pour la résistance avec ce mariage contracté par un intérêt calculé. C’est un orgueil tout personnel qu’il a atteint, mais que je m’efforce de ne pas laisser transparaître lorsque dans un ton étonné, je feins ne pas comprendre. « Quelle jolie langue vous parlez. Je suis malheureusement incapable d’en comprendre un mot. Serais-ce de l’italien ? Je suis désolée si mon accent et mon prénom vous a trompé, je n’y ai jamais mis les pieds. Je dois avoir pris l’accent très audible de mes parents. » Le mensonge m’embête, semble évident à déceler, mais je préfère conserver cette distance entre nous, dans la peur de me laisser attendrir de nouveau. Sans bouger, je me permets de reprendre, d’un ton plus doux. « Votre aide m’a été très précieuse monsieur Morienval. Je vais m’empresser de contacter ces personnes. Merci. Vraiment. » Il ne faudrait que mon départ pour conclure cet entretien, mais le papier, déposé sur le bureau, semble soudain briller et l’hésitation me prend une nouvelle fois. Juste une seconde avant que ne résonne de nouveau l’appel de la fierté, que je m’empresser d’écouter. « Je suppose que vous faire perdre plus de temps serait un vice, bonne journée monsieur Morienval. » Et c’est le cœur soudain battant, que j’entreprends de quitter la pièce.

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MessageSujet: Re: not my fault ▬ pv Giu.   Mar 26 Jan - 0:37



Ma patience, d’ordinaire remarquablement résistante, s’émiette à chacun de ses mots ; à chacune de ses modulations de voix qui oscillent sans cesse entre la provocation, l’impudence et un sarcasme auquel je ne goûte guère. Elle m’irrite, cette jeune femme. Pire encore : elle me fait perdre mon temps. Si j’ai délaissé cette réunion d’imbéciles ce n’était pas pour retomber dans les mains d’une impertinente, d’une petite sotte à la vendetta aussi ridicule que futile. Et pourtant… et pourtant, je m’entends articuler d’une voix posée un résumé bref de la situation, de sa situation. Un idiot de mari, il faut croire que ceux qui se ressemblent sont voués à s’assembler, au poste aussi clinquant que pouvait être naine sa virilité, un idiot de mari que j’imagine semblable en tout point à ces porcs gras et en sueur qui se traînent dans les couloirs et salissent aussi bien l’air que la réputation de ce Gouvernement. Un idiot de mari mort, pour une raison inconnue dans des circonstances qu’elle ne peut me décrire clairement. Quelque chose en elle me rappelle immanquablement mon petit frère, cette voix traînante et candide avec laquelle il babillait il y a quelques siècles. Cette voix dénuée de méchanceté, dénuée d’intelligence aussi, cette voix innocente capable de la pire des stupidités comme de la plus simple des gentillesses. Si la veuve face à moi ne semble guère portée sur cette deuxième option, elle accumule suffisamment de médiocrité dans sa manière d’être et, il faut l’avouer, suffisamment de traces d’italien dans sa voix pour que dans un battement de cœur, je finisse par chercher sur mon bureau feuille et stylo, et que je les glisse dans sa direction.

Des noms, des numéros, ma mémoire sans faille les épèle, les lui confie dans un bon rythme qui ne sera pas répété. Je l’entends écrire, je l’entends inscrire sur le papier ce que je lui indique. Finalement, je me tais, laisse le dernier numéro crépiter sur les lèvres dans ce silence qui reprend ses droits. Dans un goût amer, j’avale ma salive acide et me rends compte qu’elle a fini par s’immiscer derrière mes barrières. Une pensée me titille l’esprit, finit par s’impose. L’ombre d’Azzura, invisible à mes yeux immobiles, pesante par cette pression qu’elle exerce sur mes épaules, s’invite dans la partie et me pousse à tenter l’expérience. C’est mon instinct qui m’y pousse, comme dans un espoir désespéré de rencontrer un pair lui aussi perdu dans le temps et échoué dans cette époque que j’exècre. J’entends une main se crisper sur le papier, j’entends la feuille se froisser dans un crépitement qui crispe chacun de mes muscles. Je fais une pause, je savoure un peu de cet italien qui habite mes pensées mais ne s’épanouit que trop rarement dans ma gueule. Et à nouveau, le stylo imprime sa marque dans un chuchotement qui attise ma curiosité. J’ai cessé de parler, qu’a-t-elle à inscrire de plus ?

Je suis encore concentré sur ce chuintement discret lorsque sa voix s’immisce dans mes tympans dans une douceur que je balaye d’une main agacée. « Quelle jolie langue vous parlez. Je suis malheureusement incapable d’en comprendre un mot. Serait-ce de l’italien ? Je suis désolée si mon accent et mon prénom vous a trompé, je n’y ai jamais mis les pieds. Je dois avoir pris l’accent très audible de mes parents. Votre aide m’a été très précieuse monsieur Morienval. Je vais m’empresser de contacter ces personnes. Merci. Vraiment. » Mon visage n’exprime qu’un profond désintérêt pour ce qu’elle peut me dire, le reste de mon attention est concentrée sur une seule chose : sa voix. Son étonnement, feint. Elle a parlé trop tard. Elle m’a écouté, ne m’a pas interrompu. Elle m’a compris. Cette certitude trace son chemin dans mes pensées, se mue en vexation. Je reste stoïque, immobile, dans une attitude suintant autant le mépris que l’attente, autant la patience que l’indifférence. Tout n’est pas feint, tout n’est pas vrai non plus. Je suis un mélange complexe de l’ensemble. « Je suppose que vous faire perdre plus de temps serait un vice, bonne journée monsieur Morienval. » Elle quitte la pièce, je me mords la lèvre une fraction de seconde avant d’avoir le dernier mot sur cette conversation. « C’est un regret que vous ne puissiez comprendre la langue de vos aïeux, veuve. Je vous complimentais sur votre obstination pour honorer la mémoire de votre époux. Et je vous priais de m’excuser pour ma rudesse, somme toute explicable mais guère excusable. » C’est mensonge, bien évidemment, que tout cela. Mais peu importe : elle ne pourra me traiter de menteur en retour. « En revanche, quoiqu’il soit inscrit sur cette feuille négligemment délaissée sur mon bureau, j’espère pour vous que ça ne s’apparente guère à des menaces. Je crains, si c’est le cas, être contraint de me faire un devoir de limiter à quelques mois votre veuvage qui vous est, visiblement, fort pénible. »

FIN DU RP


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