AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Things we lost in the fire (.Sigrid)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Féminin
↳ Nombre de messages : 5149
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Things we lost in the fire (.Sigrid)   Dim 8 Nov - 21:00

THINGS WE LOST IN THE FIRE

feat Sigrid K. Lenaïk & Aleksi S. Lenaïk
THINGS WE LOST TO THE FLAMES. THINGS WE'LL NEVER SEE AGAIN. ALL THAT WE'VE AMASSED. SITS BEFORE US, SHATTERED INTO ASH. WE SAT AND MADE A LIST OF ALL THE THINGS THAT WE HAD. DOWN THE BACKS OF TABLE TOPS. TICKET STUBS AND YOUR DIARIES. I READ THEM ALL ONE DAY. WHEN LONELINESS CAME AND YOU WERE AWAY. THEY TOLD ME NOTHING NEW, BUT I LOVE TO READ THE WORDS YOU USED.


« - Aleksi Lenaïk. Vous êtes reconnu coupable de dépravation, consommation de substance illégales et de déviances sexuelles. Pour cela, vous êtes condamné à… » La sentence n’a de cesse de raisonner contre mes tempes. Malgré le vide qui sommeille entre mes deux oreilles, elle se répète, encore et encore. Inlassablement. Elle m’accable de tout son poids. De son horreur et de celle qui a suivi.  Déviance sexuelle… Le terme me fait l’effet d’une tare. Une maladie que l’on peut soigner à coups d’antibiotiques et de séances chez un spécialiste. C’est ce qu’on essaie de me faire croire. A la douleur physique s’ajoute la douleur mentale. Celle que l’on connait lorsque l’on évolue dans un monde où la différence n’a pas sa place. Un second coming-out, quinze ans après le premier, devant les yeux de toute une nation. Sous le regard sévère d’une dictature absurde. Quel est l’intérêt de châtier la vie privée des gens ? Mes sourcils se froncent et la douleur me cisaille le corps. Je n’ai pas cherché à vouloir faire le compte-rendu de mes blessures. J’ai survécu, aussi égoïste soit-il, c’est bien ça le plus important. Pourquoi et comment, je n’en sais rien. Je ne veux pas savoir. Je ne m’en souviens plus. C’est le vide dans mon esprit. Le néant entre la sentence et mon réveil sur un lit d’hôpital. Le fil de ma mémoire perdu dans le dédale d’un labyrinthe dont je ne parviens plus à trouver la sortie. Et je m’épuise à tenter de remonter le temps. Revenir jusqu’à l’instant où tout à basculer. Bien loin de me douter que cette amnésie passagère est jumelle à toutes les autres. Celles qui accompagnent cette engeance détestable qui me dévore de l’intérieur. L’assassin qui s’épanoui dans le sang et la douleur.

Protégé du reste du monde, à l’abri dans une chambre. Les bruits alentours me parviennent avec une telle netteté que l’envie de me percer les tympans me rongent le cœur. Le silence me fait peur mais le bruit exacerbe mes angoisses. Seul au milieu du néant. Et contempler la vie au-dehors, la journée qui s’efface sous les brumes. Le réveil ne remonte qu’à quelques minutes mais j’ai à nouveau l’envie détestable de replonger dans les bras de Morphée. Dormir pour ne plus penser. La mâchoire se crispe et les dents grincent. Contre les cils, s’appose le sel de larmes que je ravale en fermant les paupières. Ma faiblesse en première coupable, la honte en associée. La haine pour parfaire ce tableau destructeur. Ce Gouvernement me faisait déjà horreur. Mon supplice n’aura fait que précipiter plus encore sa chute. Je m’agite, rejette les draps pour m’assoir et laisser mes pieds effleurer le sol. Les antidouleurs à demeure dans les veines, ils ne parviennent pas à endiguer le flot de souffrance qui se heurte contre ma peau. Du bout des doigts, j’effleure les contours de mes côtes, et comprend que plusieurs sont brisées. La caresse du sang sur la langue trouve son miroir dans les tâches sombres qui se répandent sur les bandages. Tout disparaîtra. Le sang, les plaies et les os cassés. Réduit en cendres par les rouages de mon essence malsaine. Trop faible pour que cela soit vraiment rapide, ma convalescence sera plus longue que prévue, mais elle finira par prendre fin quand ils se rendront compte qu’il n’y a plus rien à soigner. Au fond, ils doivent déjà savoir. Trahi par mon propre sang et cette immonde teinte noire.

Les rétines qui s’abiment dans la contemplation de la rue en contrebas. Une main fermement agrippée au rebord de la fenêtre pour ne pas voir mes jambes se dérober sous mon poids. Lutter pour se lever, la situation me fait sourire avec une amertume dont je ne parviens pas à me défaire. Et au milieu du champ de ruines, mes pensées dévient. J’espérais, futilement, que Son ombre viendrait s’échouer près de la mienne. Une visite de Sa part, quelle belle utopie. Après ce qui s’est passé, qu’espérais-je ? Qu’il prenne le risque de venir jusqu’ici quand ce qui nous lie est un crime ? Ma folie lui a donné une bonne excuse de renier ce qu’Il est. S’enliser dans ce déni qui nous ronge tous les deux. Un soupir amer m’échappe, se répand sur la vitre en une fine pellicule de buée. Effacée d’un geste un brin rageur de la main pour mieux dissiper le trouble. Et balayer les pensées parasites. L’infidélité qui engendre la destruction. Je redoute soudain l’instant où je devrais quitter cette prison aseptisée. Me retrouver face à Kyran, justifier une conduite qui ne me ressemble pas vraiment. J’ai cédé à l’appel de pulsions affreuses. Sans penser un seul instant aux conséquences. Seulement au plaisir coupable qui m’a dévoré les reins et le cœur. Un second soupir brise le silence. Les paupières se ferment et je baisse la tête. Mes doigts se crispent contre leur appui de fortune et c’est à contrecœur que je me traine une seconde fois jusqu’à mon lit. Pour m’y assoir avec toute la raideur du monde. Le parasite impossible à détruire, engendré pour se faire fracasser. La stupidité de la chose appose un maigre sourire sur mes lèvres qui se change en grimace de douleur lorsque mon dos revient se heurter contre le moelleux des oreillers.


_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Things we lost in the fire (.Sigrid)   Sam 28 Nov - 4:28


Things we lost in the fire
Elle se tient là, au bord de l’arène, à visionner les procès comme une statue de pierre sans expression. Seul le mouvement de sa chevelure trahit le fait qu’elle n’est pas inerte, qu’elle est une spectatrice comme une autre. Des huées, des cris, des paroles vides de sens. Voilà tout ce qui résonne à ses oreilles tandis que pleuvent les punitions, parfois les exécutions. Elle voit défiler devant ces yeux toutes sortes d’animaux. Des animaux… ce n’est pas péjoratif à ses yeux. Elle les compare à des souris minuscules, effrayées, à des loups craintifs mais dangereux et tant d’autres. Un oiseau de feu qui danse sur la scène abattu par des flèches… La rouquine leur accorde son regard mais peu de sentiments, préférant se dire qu’ils ne sont là que parce qu’ils ont outrepassés les lois. Elle se persuade qu’il est toujours une raison, que c’est autrement différent que ces mises en scènes macabres jouées par le cirque. Ça ne dissuade pas son esprit de les assimiler quand Sigrid baisse la garde. Intérieurement la voix lui susurre qu’elle n’est qu’un monstre qui prétend le contraire. Non, elle le refuse, le nie. Elle respecte la loi, elle est du bon côté de la barrière. Elle s’en convainc régulièrement. Aujourd’hui, elle observe le spectacle sans vraiment avoir besoin d’y songer. Elle n’a pas eut à intervenir dans le « jeu », elle ne fait que tenir sa place, avec une bonne garde à ses côtés. Un coyote. Pas le genre de compagnie dont elle avait l’habitude auparavant, pas une créature des plus courantes mais qui s’était parfaitement adapté. Elle est là, tient son rôle sagement, comme une figure de marbre devant les événements. Enfin pas totalement de marbre quand arrive l’accusé suivant.

Sigrid pâlit soudainement. C’est un cauchemar qui prend vie sous ses yeux et qui la fait se pincer fortement comme si elle doute du fait que tout ceci soit réel. Les choses sont trop cohérentes pour que ce ne soit pas le cas mais pour la jeune femme, tout n’est pas si simple. Elle entend un sordide ricanement emplir son cœur, lui répétant qu’elle le savait, qu’elle l’avait bien vu et qu’elle aurait du se douter que cela finirait par arriver un jour ou l’autre. Elle a l’impression d’avoir la gorge sèche, elle se dit que peut-être, elle n’a pas bien regardé mais en s’attardant un peu plus sur son visage, plus aucun doute n’est possible. Il s’agit bien d’Aleksi. Elle a eu envie de le revoir et peut-être qu’ils se croisent pour la dernière fois. Elle ne sait pas ce qu’il a fait. Non, elle ne veut pas savoir ce qu’il a fait, ce n’est pas de sa faute. Elle refuse d’admettre qu’il fasse partie des coupables, des délinquants. Non il n’est pas comme tous ceux qui sont ressortis d’ici morcelés ou pire, morts. Il doit vivre… ça, c’est l’essentiel. Elle n’écoute rien de la raison de sa présence ici ou plutôt elle se force à ne pas y prêter attention. Ne pas avoir l’image de quelqu’un qui mérite un châtiment. En elle bouillonne une colère mais elle ne peut rien faire, comme autrefois ! Elle ne peut qu’être spectatrice et ce sont les mêmes images, celles du passé qui aveugle Sigrid. Elle ne voit plus l’arène, elle le voit se battre au milieu du cirque. Cela lui donne mal au crâne et elle pose les mains de chaque côté de sa tête, elle a envie de hurler : stop. L’animal sent son énervement, sa colère. Il a une attitude craintive soudainement. Quand elle rouvre les yeux sur le présent, les choses vont mal. Aleksi a l’air mal en point pour ne pas dire donnant l’impression d’être aux portes de la mort, elle ne comprend pas ce qu’il se passe. Tout ce qu’elle voit c’est qu’un homme s’approche de lui et elle ne sait pas ce qu’il s’apprête à faire. Elle ne cherche pas plus loin et lâche le coyote sur l’homme, faisant mine d’en perdre le contrôle. Le spectacle est terminé… rentrez chez vous !

Elle ne connaît pas encore les conséquences, ce qui va lui tomber sur le coin du nez. Elle a rapidement fait revenir l’animal dans son espace et elle a pris la poudre d’escampette. Elle se tord les mains, inquiète à l’idée de ce qu’on pourra lui dire, elle ne veut pas perdre son job. Elle trouvera des excuses, de plates excuses, courbera le dos comme elle a si bien appris à le faire durant toute son enfance. Elle arrive à l’hôpital avec précipitation, regarde un peu partout, s’écarte dès que des personnes s’approchent comme s’ils avaient la peste. Elle n’aime pas trop l’hôpital, n’y a pas de très bon souvenir. Elle s’approche de l’accueil, elle a l’air un peu paumée. « Bonjour ? Euh… Bon… bonjour ! Je viens rendre visite à quelqu’un, je… Il est entré il y a peu. Hum… il est brun, s’appelle Aleksi. » Enfin je crois a-t-elle envie de rajouter. Quand on lui demande un nom de famille… elle rougit. Elle a envie de répondre Holloway mais non ça c’est son ancien nom à elle et sur le coup, elle est incapable de trouver ses mots. La femme s’impatiente lui demande si elle est de la famille mais semble en douter vu sa réaction. Sigrid murmure mal assurée « … une cousine éloignée. » A force de description, on finit par lui indiquer une chambre. Enfin ! Elle n’est pourtant pas bien rassurée à l’idée d’y mettre les pieds et pourtant elle toque timidement avant de rester là, dans l’encadrement à observer cet homme près de la fenêtre. Déjà debout ? Elle se demande comment s’est possible mais déjà, fronce les sourcils d’un air désapprobateur. Il ne semble pas avoir remarqué sa présence quand il retourne auprès de son lit d’hôpital. Il souffre… mais pas seulement physiquement, elle pourrait en jurer. En elle un rire sombre encore une fois lui dit qu’elle va se brûler les ailes. Remuer le passé, s’il est réellement un morceau de puzzle, c’est prendre le risque d’une violente claque en pleine face. Tant pis, elle est là maintenant «  Ale... » Elle s’arrête, ne peut pas l’appeler innocemment par un prénom qu’elle croit se souvenir, dont elle n’est pas certaine. Ou même par un prénom qui n’est pas sien, il n’est peut-être pas son frère. « Bonjour… je venais m’assurer que ça allait pour… » Elle hésite « pour vous ». Ils ne se connaissent pas, elle croit que si. Elle ne peut pas aborder le sujet ainsi. Elle ne sait pas comment lui adresser la parole en fin de compte. Tout se mélange se complique dans sa tête. Elle se mord l’intérieur de la joue. « … J’étais dans l’arène tout à l'heure… » C’est tout ce qu’elle trouve à dire, comme pour avouer une culpabilité. Le ton de sa voix le laisse sous-entendre.Bravo on avance ! Que va-t-il penser d’elle désormais ? Comment peut-elle gagner sa confiance ?
AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 5149
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Things we lost in the fire (.Sigrid)   Mer 2 Déc - 20:36


Obnubilé par le bruit régulier des gouttes qui s’échouent dans la poche de ma perfusion. Les paupières mi-closes comme si le seul fait de m’être levé m’avait vidé de toute mon énergie, je m’enlise dans des réflexions qui me détruisent. Maudis mon éternelle inconscience et ce qu’elle vient une fois de plus de m’apporter. Incapable de rester à ma place quand il serait tellement plus judicieux de le faire. Incapable de me contenter de ce que je possède. J’aurais dû attendre que la crise passe. Laisser la guerre froide s’étendre jusqu’à ce qu’elle s’apaise. Attendre qu’Il me revienne au lieu de chercher à me briser le cœur et le corps contre d’autres reins. Le goût de l’autre encore sur ma langue, il se mêle à celui du sang. Cet amas noirâtre qui a maculé le sol de l’arène et dont les nuances sombres perlent encore sous les bandages. Trop faible pour que le processus agisse correctement, et la faim au ventre. Je n’ai ni la force ni l’envie de m’abaisser à un larcin. Pas ici. Pas après ce qui s’est passé. J’en arrive malgré tout à me demander pourquoi ils m’épargnent. Quand il serait tellement plus simple de m’éliminer, moi la créature dont la milice s’échine à traquer les semblables. Je me perds dans le fil de mes pauvres élucubration, l’incompréhension figée sur mon front et fronçant mes sourcils. C’est un sursaut qui accueille la voix d’une inconnue. Je cille, papillonne des paupières avant de tourner la tête vers elle. Blake… Bêtement le prénom d’emprunt de ma sœur m’échappe. Se glisse en un murmure sur mes lèvres le temps d’un battement de cœur. La chaleur d’une intense satisfaction me brûle le ventre et se dissipe lorsque l’examen se fait plus précis. Si les traits ont quelque chose de familiers avec ceux de Blake, ce ne sont pas les siens. La déception au cœur, les sanglots dans la gorge, je les ravale dans un reniflement.

Un sourcil se lève, intrigué. Qu’elle se sente concernée par mon état de santé me dérange. Il me dérange parce qu’il soulève un nuage d’ombre que je suis incapable de dissiper. Trop de questions dans les méandres d’un esprit brisé. Trop de silences qui ne parviennent pas à être expliqués. Sa présence dans cette chambre est un mystère à elle seule. Les visites sont interdites dans cette aile de l’hôpital, on me l’a bien fait comprendre. Ecrasant mes espoirs de Le voir s’introduire dans cet endroit qui n’est à mes yeux, rien de plus qu’une nouvelle cellule. J’étais dans l’arène. Les traits se figent et l’acide se répand sur ma langue. « - Comme beaucoup d’autres. »Je ne suis pas le dernier à tomber dans les filets de ce Gouvernement. Pas le dernier à assurer le spectacle d’une foule asservie et avilie. « - Vous vous en êtes bien sorti… » Je le lâche dans un soupir amer, détournant le regard de la jeune femme pour mieux me concentrer sur le drap et la forme incertaine de mes pieds en-dessous. Le silence, et le temps de la réflexion. Elle était dans l’arène. Les brumes de ma mémoire qui se confondent et se mélangent, m’obligent à faire le tri pour rassembler les pièces d’un puzzle qui m’échappe. Elle y était, mais pas dans le même camp que moi. Dans le Leur. Du côté des puissants et de l’injustice. L’amertume se fait venin, corrosive contre ma langue. Je claque des dents lorsque ma mâchoire se crispe et ravale l’envie irrépressible de l’accabler de toute ma haine. « - Excusez-moi, je me suis trompé. Je vous ai rangé du mauvais côté. » L’ébauche d’un sourire incertain sur les lèvres, aussi timide que le regard que je m’autorise à lui lancer. Il y a quelque chose chez cette femme qui me dérange. Cette ressemblance affolante avec ma petite sœur. Cet attrait douteux qu’elle exerce sur mon pauvre cœur. Elle soulève les cendres d’un deuil encore trop récent pour être indolore. Elle agite les braises de ma curiosité maladive.

L’œillade fragile se fait plus forte, m’oblige à tourner la tête dans sa direction. Elle n’a pas bougé, toujours immobile dans l’encadrement de la porte. « - Comment avez-vous fait pour arriver jusqu’ici ? On m’a dit que les visites n’étaient pas autorisées, sauf pour les proches. » Candeur d’un imbécile qui comprend que trop tard le mensonge qu’elle a dû énoncer pour arriver jusqu’ici. Un sourcil se lève et l’intérêt se fait plus pressant. Je ravale ma rancœur et le venin assassin qui s’était glissé sur ma langue dès les premiers instants de cette rencontre incongrue. Rangée du côté des assassins sans même réfléchir. Certain que tous les pions œuvrant pour cette cause sont tous frères d’opinions et de pensées. « - C’est une visite que vous offrez à tous les rescapés de l’arène ? » Ma question est abrupte. La voix plus froide que je ne l’aurais voulu. Je m’efforce alors d’apposer un sourire sur mes lèvres. D’effacer le mal qui me dévore malgré les antidouleurs. Malgré ma nature qui lutte pour effacer les séquelles et réparer les dommages. Je n’aurais pas dû me lever. Pas dans mon état, c’était une erreur et je m’en rends bien compte. Le monde vacille un instant, m’oblige à ciller à de nombreuses reprises jusqu’à ce que la chambre retrouve netteté et stabilité. « - Aleksi. » Le nom qui s’écorche sur ma langue en une rapide présentation. Elle surgit plus pour satisfaire ma curiosité. Apposer un nom sur ce visage. Autre que le murmure de celui de ma sœur qui n’a de cesse de venir me caresser les oreilles. Elle sait comment je m’appelle. Elle sait pourquoi je me retrouve ici. Ma propre ignorance m’agace. Alors pour ne pas la voir disparaître malgré le mauvais départ de cette entrevue, je désigne d’un geste de la main la chaise qui trône face à moi. La chaleur dans les gestes quand dans le regard perdure les traces d’une méfiance évidente. Trop de fois blessé par le Gouvernement, lui et tous ceux qui rallient sa cause sont une menace à mes yeux.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Things we lost in the fire (.Sigrid)   Lun 7 Déc - 3:58


Things we lost in the fire
Tiens-toi droite et souris Kaylin ! Tu sais ce qui arrive aux enfants qui ne sont pas souriants, n’est-ce pas ? Bien… Alors sois sage et va prévenir monsieur Loyal que toute la troupe est prête. Et n’oublie pas que ce soir tu participes à la fête.

Elle frissonne. Ce souvenir lui rappelle trop bien qu’elle aurait très bien pu être celle qui envoie Aleksi à l’abattoir. Plusieurs fois, avec le cirque, elle a refusé d’être l’instrument de leurs jeux macabres jusqu’à ce que finalement elle soit lasse de payer le prix sans pouvoir finalement aider qui que ce soit. Elle a fini par comprendre que son âme est aussi damnée que celle de ceux qui lui ont volé son enfance. Arrivée ainsi dans cette chambre d’hôpital, elle a l’impression que tous ces souvenirs peuvent se lire sur son visage. Son âme morcelée qui a déjà vu une fois cet homme se battre se confronte au même spectacle encore une fois. Mêmes rôles chacun. Lui victime et elle spectatrice mais la première fois elle n’est pas intervenue. Elle se remémore la scène comme si c’était hier mais lui ne doit pas se rendre compte de la redondance. Heureusement pour elle, sans doute. Quand il sursaute à son entrée, elle a pourtant l’impression de paraître pendant quelques secondes comme un monstre et le regard qu’il lui retourne par la suite ne fait qu’accentuer cette sensation. Elle peut jurer qu’il a tenté de prononcer un mot mais elle n’a pas compris, elle n’a pas entendu. Elle lit sur son visage une déception qui lui fait un peu se sentir étrangère. Bien sûr que tu es une étrangère, rien qu’une emmerdeuse qui vient après la tempête et qui espère recoller les morceaux d’un vase complètement brisé ! Il est vrai qu’il a l’air sur le point de craquer moralement. Un autre genre de visite lui aurait mieux plus que de voir ce qui est à ses yeux une parfaite inconnue. Elle ne franchit pas la distance, reste au niveau de la porte et se sent si bête de débarquer effectivement ainsi, espérant vainement qu’il soit simple de lui parler. de lui dire ce qu’elle veut demander. Elle se mord l’intérieur de la joue. Pas besoin de faire naître des regrets. Elle examine un peu plus attentivement la silhouette de l’homme qu’il est devenu. Elle peut paraître un brin curieuse et elle l’est. Elle essaie de faire correspondre l’image récurrente de ce petit garçon pleurant à chaudes larmes avec cet individu brisé mais ils sont différents évidemment. Comment peut-elle comparer une époque révolue à ce présent dont elle ne s’est pas de quoi il est forgé. La peur envahit soudainement le cœur de la femme : est-ce que cette séparation qu’elle a vécu dans son passé peut finalement être réparée alors que rien ne la rattache plus à son ancienne famille ? Combien de fois a-t-elle essayé de se rappeler le visage de sa mère ou la voix de son père sans en être finalement capable ? Trop de fois depuis qu’elle se souvient qu’elle n’est pas l’enfant d’un cirque. Aleksi est ce qui reste de moins flou pour le moment. Le reste a encore du mal à se reconstruire. Il faut dire qu’elle n’avait que 5 ans… Lui était si petit. Il t’a sûrement oublié. Tu ne seras JAMAIS rien pour cette ombre de ton passé. La douleur la ronge profondément parce que tout cela est sans doute parfaitement vrai. Elle ne veut rien laisser paraître.

Il semble surpris tandis qu’elle le fixe littéralement. Elle le met mal à l’aise aussi apparemment. Il interprète mal ce qu’elle lui a dit et elle pâlit un peu. Non ce n’est pas cela qu’elle voulait lui faire comprendre… mais elle ne dit rien pour le moment. Elle, elle compte bien ne jamais mettre les pieds au cœur de cette arène en tant que victime. Pas de cette façon. On l’a déjà enfermée dans la cage du lion. Métaphoriquement, ou pas seulement. Une fois, deux fois, pas trois. Elle est enfin libre alors elle ne voudrait pas être comme beaucoup d’autres. Elle se sent soudainement embarrassée quand il lui dit qu’elle s’en est bien sortie. Elle pense amèrement : pas la première fois, pas tant que ça. Elle doit lui dire qu’il se méprend mais elle entrouvre la bouche et la referme. Un nœud se forme dans sa gorge. Son dos est tellement strié de lignes blanchâtres, tellement craquelé de part en part qu’il lui rappelle sans cesse les douleurs d’enfants. Elle ne peut pas se montrer dos nue, c’est certain. Maisy a vu les marques qui lui appartienne et depuis, elle ne la lâche plus. Le regard des autres. Pitié, tristesse, colère ? Ne me regardez pas ! Faites comme si vous n’aviez rien vu !  Elle est bien incapable de dire un mot. Elle se rend compte qu’il en va de même pour lui. Elle le juge avant de le connaître. Elle a de la peine parce qu’il a clairement souffert dans l’arène… mais il va mieux que l’homme à qui elle est venu en aide. Heureusement que c’est un coyote qui se tenait à ses côtés aujourd’hui. L’animal est si bien dressé qu’il lui obéi à merveille mais elle joue toujours sur le fait que la nature est versatile et qu’on ne peut prédire l’instinct d’une créature. Personne ne peut avoir compris l’ordre que Sigrid a murmuré au coyote. La rouquine voit avec peine la réaction du blessé changé un peu alors qu’il saisit le triste mot. Elle est inquiète à l’idée qu’il lui dise de partir rapidement mais il semble contrôler et apaiser sa rancœur. Il laisse sous-entendre qu’il a mal vu les choses et elle acquiesce tristement. Il lui adresse un sourire timide sans qu’elle sache s’il n’est pas faux : A-t-il peur qu’elle puisse juger son comportement ? Ils ne sont pas dans le même camp… Elle lui répond, pratiquement trop mécaniquement, détachée, pour ne pas sombrer. «  Au temps pour moi, je vous ai induit en erreur. J’ai … malheureusement vu l’état dans lequel vous étiez quand on vous a mené ici. » Elle est honnêtement soulagée et le visage de Sigrid s’adoucit réellement, montrant même un doux sourire. « Vous étiez pratiquement … » Elle s’arrête brusquement et fait un geste du plat de la main, indiquant que ça n’a pas d’importance. Ça ne sert à rien de remuer le couteau dans la plaie, sinon à réveiller les blessures silencieuses. Il ose un peu mieux l’observer. Il lui pose une question qui la surprend un peu. Oui, c’est vrai qu’il a raison. Les visites ne sont autorisées qu’au membre de sa famille. Pour le coup, elle passe une main dans ses cheveux et rougit un peu. « Oui… Je me suis fait passée pour une de vos cousines. J’avoue avoir menti. »  Il ne semble pas que ça ait déranger qui que ce soit d’ailleurs. Sans doute est-ce parce qu’elle a retrouvé ses papiers d’identité pour leur présenter entre trois descriptions trop vaseuses sur l’apparence d’Aleksi. Elle se souvient désormais du nom de famille : Lenaïk.

L’incident dans l’arène doit faire en sorte qu’il a peut-être les idées moyennement claires mais en tout cas, il n’a pas perdu sa langue et ne se refuse pas à parler avec elle. Il pourrait décider de se taire complètement et elle ne pourrait pas lui en vouloir. Elle se sent cependant un peu agressée par la question de sa visite et détourne le regard pour la première fois. Touchée Sigrid ! Que vas-tu répondre à cela ? Lui balancer soudainement : « Non c’est parce que je crois que t’es mon frère ». Pathétique Babydoll. La voix intérieure lui tord les boyaux et la voix froide qu’il lui a adressée n’arrange rien, si bien que la dresseuse de créatures répond avec brusquerie, les dents un peu serrée. «  Il y a peu de rescapés. Je ne suis même pas sûre que vous auriez du vivre !  Ceux qui sont là-bas y sont parce qu’ils ont enfreints les lois. Vous deviez faire amende honorable et si je n’étais pas intervenue… » Elle se tait, pose sa main sur sa bouche. Elle regrette les mots, elle a envie de fondre en larme mais elle mord fermement sa langue. Elle souffle et fais quelques pas, avant de se tourner vers lui s’inquiétant de ce qu’il peut bien penser. « Désolée… je ne voulais pas vous dire ça. Vraiment…» Il souffre et elle l’accable. Ses opinions en prennent un sacré coup mais parler de quel côté on se trouve est inévitable de nos jours. Elle l’entend prononcer son prénom… Oui elle sait comment il s’appelle. Oh… il veut qu’elle se présente ?  Elle suit son geste du regard tandis qu’il lui indique une chaise, postée face à lui. C’est un début et elle va s’asseoir. Ça vaudra mieux que d’avoir les jambes qui tremblent. Elle ne peut, en revanche, pas lui en vouloir de se montrer méfiant. « … K… Sigrid » Elle pose la main sur son buste cherchant le médaillon. « J’ai longtemps oublié mon prénom. Aleksi… » Elle se parle pratiquement plus à elle-même qu’à lui, comme avec un sourire nostalgique. Ce médaillon et sa rencontre avec lui… c’est ce qui lui a donné la force de partir du cirque. « Pour tout vous dire, ce n’était pas dans cette arène que j’espérais vous voir de nouveau.»
AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 5149
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Things we lost in the fire (.Sigrid)   Sam 12 Déc - 21:07


Je m’accroche à ses lèvres. Ne parviens pas à défaire mon regard de sa silhouette. Elle parle, sa voix reste la sienne mais les traits changent. Troublé par mon état pitoyable, je n’ai de cesse de revoir le visage de ma sœur se superposer à celui de la jeune femme. Elles se ressemblent, il n’y a que le regard qui diffère. J’en frissonne et m’oblige à poser les yeux ailleurs. Cille pour effacer l’illusion et avale ma salive avec difficulté. La gorge nouée, parsemée d’éclats de verre qui me font grimacer. La phrase se suspend et j’en esquisse un maigre sourire. Sombre et songeur. J’étais mort. Ou proche de l’être. Détruit physiquement et aussi mentalement. La douleur reste présente, dans les chairs et sous mes tempes. Je dois mon salut à un animal. Et dans les brumes qui envahissent mon pauvre cerveau, je ne parviens pas à réellement apercevoir la finalité du combat dont j’ai été l’acteur. Je ne parviens pas à me souvenir, que celui avec lequel j’ai si stupidement fauté, a été exterminé de mes propres mains. Assassiner mon amant. Les méandres de ma piètre mémoire refusent de me laisser voir cette partie-là de la lutte. « - Mort ? C'était le but me semble-t-il. Soigner l’abcès en le détruisant totalement. Quoi de plus efficace ? » Ma voix tremble. Mais la légèreté s’appose sur mes traits alors que je hausse les épaules. A peine, car le geste éveille mes douleurs et m’oblige à soupirer. Offrir à un drogué de la morphine à profusion. Je les remercie de l’attention, regrette pourtant la faible dose dont ils gratifient mon système et brûle de l’augmenter jusqu’à ce qu’un flot s’écoule de la perfusion jusque dans mes veines. La suite me fait esquisser un nouveau sourire. Une cousine. A bien y réfléchir, il est tellement facile de mentir en ayant les bonnes cartes en main. Personne pour vérifier non plus que les informations sont fondées. « - J'admire la prise de risques. C'est tellement facile de berner les administratifs de nos jours. » Je le lâche avec honnêteté. Si la prise de risque est admirable, je ne parviens pas à en comprendre la raison. Elle ne me connait pas. Ne m’a vu que dans une arène où j’aurais dû y mourir. Prit le risque de me sauver et réitère la chose en venant se glisser dans ma chambre. Pourquoi ? La question me brûle les lèvres mais refuse d’en franchir le seuil. Je me concentre alors sur mes mains. Déplie et repli les doigts, dissimulés sous des bandages. Et la gaze qui se parsème de taches sombres.

Les mots m’accablent. S’effondrent sur mes épaules et me laisse un instant interdit. Perdu à fixer le vide sans trop savoir quoi penser de telles paroles. C’est une vérité qui blesse, s’ancre dans le fil de mes pauvres pensées pour mieux les ronger. Faire amende honorable, et m’écraser pour donner raison aux puissants. Je n’ai jamais été capable de me plier à la volonté de qui que ce soit. Préférant le désordre tranquille aux élans de rébellions tumultueux et bruyant. Ma sœur était ce côté-là, j’étais l’autre face de la pièce. Elle s’excuse mais c’est trop tard. Les choses ont été jetées entre nous. Je me contente de hocher la tête. En désaccord avec ce qu’elle peut dire. « - Vous ne le vouliez pas, mais vous l'avez dit. Et d'une certaine manière, vous avez raison. J'enfreins les lois depuis bien trop longtemps pour parvenir à me repentir maintenant. Une bien mauvaise habitude, j’en ai conscience. » Une épaule se hausse et mon regard revient se poser sur elle alors qu’elle prend place sur la chaise face à moi. J’ignore ce qui me pousse à vouloir continuer la conversation. C’est une attraction qui m’empêche de clairement réfléchir. Me brise de l’intérieur et me force à continuer d’avancer sur cette route que j’ai décidé de prendre dès l’instant où elle s’est présentée à moi. Je recommence malgré moi à la fixer. Les présentations se font, et un arrière-goût étrange vient se poser sur ma langue. « - Sigrid… Joli prénom, très nordique… » Trop habitué à consonances de mon pays de naissance, un prénom pareil ne peux pas me laisser de marbre. Combien de chance de tomber sur un être venant des grands froids dans une ville pareille ? L’étrange hasard me pousse à lever un sourcil, l’incrédulité s’apposant sur mes traits. La curiosité augmentant d’un cran dans mes pauvres veines. Elle se partage le corps brisé de fatigue et de douleur avec la morphine. Le mélange est étrange, assurément détestable et pourtant plaisant. Il a de la nostalgie dans sa voix. Une mélancolie qui m’interpelle et serre mon cœur sans que je ne sache vraiment pourquoi. La main qui s’empare de son collier, comme si toute son identité y était contenue. Et à nouveau, l’incompréhension se brise contre mes tempes.

« - Me voir de nouveau ? Parce que nous… » Je le soupire, désorienté. Mon état ne me permet pas de gratter les couches sales de ma mémoire. D’en extirper une quelconque première rencontre. Ce n‘est pas faute d’essayer pourtant. Mais les morceaux restent résolument éloignés les uns des autres. Je m’en souviendrais. Si ma route avait déjà croisée la sienne. C’est certain. Elle Lui ressemble trop pour que je l’oublie aussi facilement. Mon ignorance tiraille mes nerfs, me pousse à ressentir un certain inconfort. Le lit se fait acier et m’oblige à m’agiter pour tenter de retrouver une position plus confortable. L’horreur de ne pas savoir et mon cœur qui se serre devant le vide qui se dresse sous mes pieds. « - Je suis navré mais je ne me souviens pas. Avec les détails et ce qui s’est passé, j’ai des difficultés à remettre de l’ordre là-dedans. » L’index qui vient tapoter contre ma tempe pour illustrer de pitoyables propos. J’esquisse un maigre sourire à son adresse. Sincère et qui traduit à lui seul l’embarras dans lequel je me trouve. Je m’en veux de ne pas être capable de me rappeler d’elle, c’est un fait évident.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Things we lost in the fire (.Sigrid)   Ven 18 Déc - 6:02


Things we lost in the fire

« Nous sommes seuls. Nous aimons tout ce qui finit et tout ce qui meurt. Notre faute est d’y survivre. »

Une ombre passe devant les yeux de la rouquine. Elle ne parvient pas à prononcer le dernier mot de sa phrase. Elle ne veut pas être brusque et souligner les plaies encore béantes certes mais il n’y a pas que ça. Combien de cadavres ont croisés le chemin de Sigrid ? L’histoire n’est jamais réellement finie. Elle est encore un instrument de mort et elle les regarde, ces animaux égarés, marcher dans les ténèbres de la vie, condamnés à finir leur chemin sous ses yeux. Ils ne sont que des visages inconnus parmi la foule, des regards qui se perdent dans le néant, des prénoms sans résonnance. Des ombres, voilà tout. Il semble pourtant qu’il soit l’exception, que son visage semble familier et que son prénom éveille les souvenirs d’une petite fille qu’elle aurait pu être. Une gamine qu’elle aurait voulu être. Le mot franchit finalement les lèvres d’Aleksi tandis qu’elle se tord les doigts, mal à l’aise avec l’idée qu’il aurait pu devenir une victime comme toutes les autres. Soigner l’abcès en le détruisant ? C’est comme cela qu’on éradique un problème ? Tuer… Dans ce cas, est-ce qu’elle est morte intérieurement ? Non, ce n’est pas elle que l’on a éradiqué mais une partie de sa mémoire et une partie de son âme mais elle sait… elle sent les déchirures sur sa peau lui rappeler. La solution qu’il évoque est bien trop radicale. La femme qu’elle est n’est pas d’accord avec ses propos, pas entièrement. Si l’on éradique tout le monde, qui reste-t-il à soigner ensuite ? « Non, je ne crois pas » Elle marque une pause. Se taire c’est préférable mais parfois Sigrid parle, sans vraiment chercher à peser les paroles. Elle n'est pas sans coeur, juste détachée. Elle y a bien été obligée. Elle veut discuter avec lui. Quitte à ne rien dire ou à se confronter. C’est toujours préférable au fait de s’ignorer. « Il suffit d’une balle en pleine tête pour éradiquer un mal. Si on veut soigner, on ne joue pas avec le patient. » Je sais de quoi je parle. Quand on joue avec nous, cela ne fait qu’envenimer, grossir l’abcès. J’en connais un qui est très doué pour ça. Sigrid frissonne brusquement. Elle ne se rend pas compte que les mots peuvent être durs, elle parle soudainement comme si elle dit ça pour elle, qu’elle constate quelque chose, plongée dans ses pensées. Presque un état rêveur. Un rêve désagréable. « C’est plus efficace de briser son jouet préféré, de lui laisser du temps pour se reconstruire et puis une fois, pratiquement neuf à nouveau, pouvoir encore les faire craquer entre ses doigts ». Elle rit, amère. Pourtant elle est là, brisée oui mais dans le camp des enfants capricieux posant un regard hautain sur les « jouets ». La seconde voix se tait en elle, Sigrid redevient plus calme affiche un sourire un peu désolé. Elle jette un coup d’œil aux gestes désinvoltes d’Aleksi en pensant qu’il ne devrait pas bouger ainsi avec les blessures. C’est encore trop frais pour lui. Il semble trouver légèrement amusant que la dresseuse se soit présentée en cousine. Automatiquement, elle se radoucit encore plus. La prise de risque … la plus grosse a été de le secourir dans l’arène, la seconde de venir ici. Mentir n’est plus si dur ensuite. « C’est une prise de risque minime… » Répond-t-elle, d’un air doux. Elle ne l’a fait que parce qu’elle veut lui parler depuis tant de temps et qu’il a failli mourir. Elle se sent pratiquement coupable sans raison valable. Elle voudrait le protéger mais elle n’en a aucun droit. Il ne doit rien y comprendre également… Elle ne dit rien qui puisse l’aider à saisir réellement en plus.

Brusquement l’ambiance se tend. Ils sont de deux univers différents. Ils se heurtent à un conflit de compréhension. Il ne comprend pas qu’il est sur la mauvaise voie. Elle est du côté de la justice ! Il faut payer nos erreurs. Chacun doit s’amender de ce qu’il commet comme crimes. Cela semble une évidence pour la femme pourtant elle sait combien les hommes peuvent être cruels les uns envers les autres et combien les mensonges sont parfois puissants. Non, elle ne veut pas croire qu’elle soit du mauvais côté de la barrière. Quelque part, elle est également blessé qu’il soit parmi les fautifs. Pourquoi lui ? Elle est dure, les mots tranchent et elle le blesse sans doute. Tout est dit. Ils ne sont pas certains de se comprendre un jour. Ils n’ont pas les mêmes convictions. Elle est déçue mais elle a dit les mots qu’il ne faut pas. Elle ne peut pas faire semblant de n’avoir rien dit. Bien sûr qu’elle regrette mais Aleksi a mille fois raison elle l’a dit ! Elle ne veut pas l’entendre rétorquer qu’il a raison, qu’il est coupable. Elle ne lui a pas craché ça pour qu’il s’écrase devant elle. Pas devant elle ! Elle se mord la langue. « Oui, c’est dit. Je ne veux pas que vous admettiez cela devant moi si vous n’en pensez rien. Je ne vous blâmerais pas pour vos paroles, j’ai réagi par colère.» Ils sont trop opposés et elle devrait peut-être abandonner, le laisser tranquille sauf qu’il est tout ce qui la raccroche pour le moment à son passé. Un infime brin qui risque de céder. Elle ne peut pas tourner le dos, sous prétexte que la rencontre est douloureuse et délicate. Il ne la rejette pas complètement alors pourquoi ne pas réessayer ? … Parce que tu vas te fracasser encore plus quand tu liras en lui la haine qu’il a pour toi, son dégoût. Pitié ! qui voudrait d’une sœur pareille ? Les présentations sont hasardeuses. Elle trouve étrange qu’il prononce son prénom, cela la laisse un peu songeuse. Elle cligne des yeux, lui adresse un regard surpris. « C’est nordique ? » Il a eu l’air étonné à cette idée autant qu’elle l’est de découvrir ça. Elle a l’air ravie. Son visage s’éclaire comme si ce simple détail la rend heureuse. Un point de plus dans sa mémoire et qui évoque chez la femme une curiosité trop spontanée. « Comme pour vous … ? Vous venez d’où exactement ?  » Elle veut en savoir plus, pour voir si cela peut éveiller des bribes de ce qui a disparu pour elle. A moins qu’il n’y ait trop à reconstruire.

Oui nous nous sommes déjà vus. Elle n’est pas blessée qu’il soit étonné. Il ne peut pas tellement en être autrement. Elle avait les yeux rivés sur lui tandis qu’il se débattait comme un diable pour survivre. Elle ne pouvait détourner les yeux du spectacle. Elle acquiesce doucement mais ne sait pas si elle doit lui dire la vérité. Lui en voudra-t-il d’avoir encore une fois été parmi ses bourreaux. Elle ne sait pas comment il peut réagir. Pour le moment, ce qu’elle voit, c’est qu’il tente de chercher où ils se sont rencontrés avant. Il bouge trop sur son lit, Sigrid manque de se lever, esquive un geste et grince un peu des dents avant de laisser échapper … pas un ordre mais un conseil. « Ne bougez pas trop, vous allez rouvrir vos plaies ! » Elle fronce les sourcils un bref instant « … s’il vous plaît … ? » Désolé de ne pas se souvenir ? Elle, elle a oublié tant de choses qu’elle ne peut pas en vouloir à qui que ce soit pour ce genre de choses. Il n’a pas à lui offrir ce pauvre sourire en guise de réponse. Elle va lui expliquer. Elle est venue pour ça à la base même si le chemin est long et semé d’embûches. Sigrid est patiente. « C’est normal. J’étais un peu différente. J’avais les cheveux noir et bien moins soignés… Vous ne pouvez pas vraiment vous souvenir mais moi oui… » Elle a du mal à dire la suite, elle a peur que sa voix éclate en mille morceaux, de ne pas trouver les mots pour qu’il comprenne vraiment ce qu’elle ressent. Elle ne veut pas qu’il la voie comme un sinistre ange mortuaire. « J’ai… grandi, on va dire, avec des gens qui voyageaient beaucoup, qui n’avaient aucun scrupules à être cruels envers les étrangers. Vous vous êtes trouvés dans ce cirque un jour, comme dans cette arène cette fois. Je… suis partie. » Les mots sont maladroits. Elle est partie… c’est faible comme façon de voir les choses. C’est sa voix qui trahit le plus ce que tout cela signifie pour elle. Elle tremble un peu et une larme s’est échappée. « Je voulais vous retrouver, parce que ma mémoire est incomplète et vous l’avez réveillée. Je m’appelle Sigrid… Lenaïk. »
AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 5149
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Things we lost in the fire (.Sigrid)   Sam 19 Déc - 21:12


Le sourire amer face aux paroles assassines. Pleines de justesse c’est un fait, mais terriblement douloureuse à entendre. Il est des parasites qu’aucun traitement ne peut détruire. Impossible à éradiquer tant ils sont tenaces. Je fais partis de cette engeance-là. Je fais partie de ceux qui s’accrochent stupidement à une chose qu’ils n’ont plus ou qui s’éloigne à chaque battement de cœur. Je fais partis de ceux que le Gouvernement aimerait voir tomber. Ceux qu’il faut détruire pour ne pas tout voir basculer. Le rebelle et le monstre. Le parasite qui s’insinue dans le moindre interstice et ronge l’édifice de l’intérieur. On m’a arrêté pour ça. Contenu dans une cage aussi minuscule que ridicule. On a voulu me briser une fois de plus et voilà que je suis encore là. Stupidement accroché aux restants d’une vie qui n’est plus la mienne. « - Il semblerait que cela soit une solution plus efficace, effectivement. » J’acquiesce du bout des lèvres, à moitié convaincu par la chose. A peine capable de donner raison à une étrangère. La suite de l’échange me brise un peu plus. Par colère, il est facile de s’emporter et de ne pas réfléchir. Les paupières se ferment un maigre instant puis se ré-ouvre pour la fixer à nouveau. Sa question me prend de court. D’où je viens ? De nulle part. D’ici et d’ailleurs. De partout. Né dans les terres glaciales du grand nord de cette boule sur laquelle l’humanité se traine. Sur les rivages d’un fleuve britannique ou dans l’immensité d’une ville américaine. Les sourcils se froncent un instant et je me perds dans le fil de mes pauvres divagations. Je l’oublie pendant de piteuses secondes, me retrouve seul au milieu du néant de mes souvenirs. Comme pour vous… Ce n’est qu’un piètre nom de famille, rien de plus. Aux consonances certes exotiques, et encore.

« - Je pense oui. D'où je viens ? Il ne doit plus rester grand-chose de cet endroit, à part peut-être un désert de glace, parsemé de monstres comme ceux qui errent dans les rues de notre ancienne capitale... Et qui finira par être oublié vu que le monde ne se limite plus qu'à cette ville et ses pauvres alentours. Je viens du grand nord de la Finlande. » Un haussement d’épaule pour signifier le côté dérisoire de la chose. Approuver mes propres paroles tant une origine n’est plus rien qu’un nom de ville et de pays sur des papiers voués à pourrir au fond d’un tiroir. Je ne sais même plus où sont les miens d’ailleurs. Quand on a été rien de plus qu’une série de chiffre pendant une décennie, une identité, ce n’est pas important en fin de compte. Quand on n’a plus personne à qui se rattacher, il est bien inutile de se souvenir de son lieu de naissance et de ses liens perdus. L’ordre qui se brise contre mes oreilles me fait esquisser un maigre sourire. Pousse mon corps à s’enliser dans un léger immobilisme. Le temps de m’avouer vaincu et de reposer à nouveau contre les oreillers dans un soupir fatigué. La lassitude sur le bout des lèvres, l’agacement à fleur de peau aussi. L’inconfort d’une situation qui me fait peur. Je me retrouve seul au milieu de visages inconnus, à la merci de gens en qui je n’ai aucunement confiance. Prémices d’une convalescence dont le goût amer me dévale déjà la trachée. « - Elles se refermeront bien assez vite. Trop vite à mon goût, ne vous inquiétez pas pour ça. » Je le lâche dans un soupir. L’affreux constat de ma nouvelle nature. De cette inhumanité qui me ronge de l’intérieur. Elle est loin de se douter que mes pauvres plaies sont le cadet de mes soucis. La douleur physique, j’y suis habitué. Rompu à ses échos depuis bien trop longtemps pour seulement en ressentir les effets. Les premiers instants seulement, passée la piqure, le reste s’efface.

L’ignorance se brise dans un aveu. Le cirque. Il me faut un moment avant de me souvenir totalement. Ayant effacé les éclats de cette affreuse journée pour ne plus y penser. En partie seulement. Le cirque des damnés et de l’horreur. Je la scrute comme si elle venait d’entrer dans la pièce. Cherche à déceler les reflets de cette folie assassine perçue dans les regards des tenanciers de ce massacre. Il n’y a rien. Rien hormis cette maladresse qui se fait charmante dans ses prunelles. Cette faiblesse qui fait vibrer sa voix mais ne me rappelle rien. Si je l’ai croisé dans les dédales de ce fameux cirque, je n’ai pas retenu ses traits. Trop occupé à comprendre, à contempler le sol pour ne pas chuter. Courber le dos face à l’ignominie pour ne pas y rester. « - Je vois... J'ai été stupide ce jour-là, les cirques m'ont toujours mis mal à l'aise. J'ignore pourquoi je m’en suis approché. » L’aveu s’extirpe avec difficulté d’une bouche rendue pâteuse par l’amertume. L’inconscience dans sa plus belle forme. Distillée dans des veines ayant besoin de leur dose de folie pour parvenir à alimenter l’organe tapis entre les côtes. La dose de danger d’un camé trop dépendant pour apprendre à vivre sainement. « - Pourquoi aurais-je éveillé votre... Pardon? » Je papillonne bêtement des cils. Flotte dans les eaux incertaines de ce qui semble être un délire auditif. Lenaïk. Mon propre nom, émanant de la bouche d’une autre. D’une étrangère. La stupeur dans le cœur, c’est un rire nerveux qui s’échappe de mes lèvres alors que je me redresse sur le matelas. La nervosité s’enlise dans les membres, contre les lèvres qui ne cessent de s’étirer en une ébauche de sourire pitoyable. J’évite de croiser son regard, je le cherche pourtant. Reviens m’y heurter pour mieux m’en éloigner. Les phalanges s’ouvrent et se ferment, aux prises avec un tourment qui me ronge tout entier. « - C'est un nouveau test, en plus de l'arène, c'est ça? C'est pour ça tu es venue et qu'ils t'ont laissé passer si facilement ? » Un jeu de plus. C’est un test, rien de plus. Une mauvaise blague qui me fait rire. Encore, mais l’hilarité se fait forcée. Se rapproche d’une crise de nerfs qui s’achève dans un sanglot, ravalé de justesse. « - Tu Lui ressembles tellement... » Le murmure contre les lippes. Il s’échappe plus pour moi que pour elle. Je m’étais accroché aux similitudes entre elle et Blake depuis son entrée dans la pièce. Le regard, le feu de ses cheveux. Les traits qui ne cessent de se superposer. Cousine… Je fronce les sourcils tout en triturant mes doigts. Nous n’avions pas de cousins. Ma seule tante ayant préférant dédier sa vie à commenter celle d’autrui et à s’occuper de ses chats de race. Le résultat d’un égarement de mon père ? Cette option-là me paraît encore plus improbable que la première.

« - C’est une mauvaise blague… C’est pour savoir si je suis fou ou non ? Ma sœur s’appelait Sofja. Ils se sont trompés de prénom. Et elle est… » Les mots se meurent sur ma langue. Incapables d’aller plus loin tant le simple fait d’y penser me lacère le cœur. Des ongles dans le ventre, qui grattent afin de mieux faire saigner l’édifice. Mes doigts qui s’agrippent les uns aux autres pour m’empêcher de sombrer. « - Ma sœur est morte. » Le dernier maillon me rattachant aux Lenaïk. Le dernier morceau d’une vie éclatée. Ma jumelle malgré nos deux ans d’écart. La fusion de deux êtres dans un seul cœur, déchiré et piétiné par l’horreur d’un monde qui m’écœure. « - Une cousine, c’est ça ? » L’esprit s’enlise dans ses tergiversions, mais le cœur s’est arrêté. Il ne cherche pas à comprendre, ne veut pas savoir si elle fait vraiment partie de ma famille. Il refuse de la laisser entrer. Il n’y a plus de place à l’intérieur. Seulement du vide, laissé par la perte de mon dernier lien du sang. C’est un refus catégorique qui se couple pourtant avec une curiosité malsaine. Les battements d’un fou qui se surprend à vouloir y croire. Mais qui ne parvient pas à trouver la force de la regarder droit dans les yeux. J’ai peur de ce que je pourrais y lire.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Things we lost in the fire (.Sigrid)   Dim 27 Déc - 3:53


Things we lost in the fire

Il est des mots qu’elle doit apprendre à ne pas dire. Sigrid ne sachant absolument pas ce que son interlocuteur a vécu, n’est pas bien consciente de ce qui blesse ou non. Elle sait que certaines choses ne se disent pas, elle a parfois du mal à dire les choses également mais quand elle est plongée dans la peine, la colère ou la réflexion, elle se détache rapidement de ses sentiments et les paroles peuvent devenir blessantes. Un contrecoup, maintenant qu’elle est un peu plus libre qu’avant de dire les choses comme elle les voit. Elle n’a cependant pas envie de pousser la conversation plus loin quand Aleksi lui  signifie qu’il approuve ses propos. Il n’a pas l’air d’avoir envie de parler de ce genre de choses et elle peut parfaitement comprendre évidemment. Elle ne sait même pas ce qu’il pense au fond. De la situation, d’elle. Elle sent combien il est dur de communiquer avec lui. Il faut dire qu’il est comme un inconnu et que c’est elle qui a cherché à faire le premier pas dans sa direction. Elle n’a pas l’air d’être spontanément doué pour démarrer un dialogue ou pour mettre les gens à l’aise. Jusque là, les gens lui tendent la main et Sigrid la saisit ou la repousse mais aller vers les autres d’elle-même, ce n’est pas simple. Elle est bien trop méfiante. Et si elle tombe sur quelqu’un qui la détruit ? Encore… Elle avance donc à tâtons souvent dans ce genre de situation. Encore plus quand la personne en face d’elle n’est pas totalement réceptive et pourtant, elle est tellement maladroite dans sa façon d’agir qu’elle le trouve bien patient. Il n’a pas demandé un seul instant qu’elle lui fiche la paix, qu’elle le laisse tranquille. La curiosité est sans doute assez forte pour les laisser tous les deux expérimenter le terrain. Elle se montre légèrement plus ouverte quand il s’agit de parler de choses très superficielles, sans grande conséquence sur ce qu’il pourra penser d’elle. D’où vient-il… cette question vise à remplir un vide, à aider Sigrid à imaginer des origines similaires, à tenter d’éveiller en elle des bribes d’un passé enterré. Trop profondément. Il ne répond pas aussitôt et elle se dit qu’il ne répondra pas du tout. Pourquoi parler de qui on est à une femme qui débarque dans votre chambre d’hôpital après vous avoir tout de même regarder agoniser dans l’arène. Elle tend finalement l’oreille attentivement. Elle se doute qu’il ne reste plus grand-chose… elle a beau avoir été coupé de sa famille, elle a malheureusement bien conscience du monde dans lequel ils vivent. Elle acquiesce tristement à ces mots mais ce n’est pas tellement ce qu’elle désire savoir. Si le monde est limité aujourd’hui, il ne l’a pas toujours été. « Je me doute bien. C’est déjà bien qu’il reste au moins cette ville… » Une ville où elle peut vivre. Cela convient à la demoiselle. Elle sourit quand enfin elle entend ce qu’elle a attendu. La Finlande… c’est donc de là-bas que viennent les Lenaïk ? Elle ne connaît rien sur ce pays et visiblement ça n’éveille rien en elle. Elle est un brin déçue à cette constatation. « La Finlande… » se murmure-t-elle pour elle-même, cherchant dans ses lectures volées si le mot évoque une quelconque chose dans son esprit. Rien. Elle esquisse un triste sourire pendant un instant. Ce n’est sans doute pas important comme détail, lui ne semble pas y attacher d’importance mais la rouquine aurait aimé que cela l’aide à se souvenir. Non rien, pas même une étincelle. Elle soupire. Tant pis, ce n’est qu’un détail.

L’autorité qu’elle use brièvement sur Aleksi l’a fait grimacer légèrement. Elle n’a aucune raison de se montrer ainsi à son égard. Elle a tellement l’habitude de soigner les animaux qu’elle en devient presque vexante pour un être humain. Ou du moins, elle le serait si on fait la comparaison avec son comportement au travail. En tout cas, l’injonction est efficace et le patient s’enfonce dans son oreiller sans montrer de réelle résistance. Elle préfère cela, inquiète quant aux plaies dont il est couvert. Il va guérir, ça elle n’en doute pas mais elle n’a pas envie que la visite qu’elle lui rend prolonge son temps de convalescence. Ce n’est pas le but. Elle observe vaguement la chambre. La blancheur des murs la dégoûte. Elle déteste cet endroit et c’est bien parce qu’elle a eu envie de prendre des nouvelles de son rescapé et essayer d’’enfin démêler les enchevêtrements de souvenirs concernant sa jeunesse, qu’elle est là. Dans un foutu hôpital ! Elle évite de songer à l’angoisse et reporte son attention sur le blessé tandis qu’il parle. Elle ne comprend rien. Il cicatrisera vite ? Il n’a pas l’air pourtant de s’en réjouir… Elle fronce les sourcils, cherchant la logique mais ne voit pas que dire à cela. Elle opte pour une toute autre option. « Ce n’est pas une raison pour vous agiter. Vous vous faites souffrir inutilement. » Ne pas faire de mouvement brusque quand les plaies sont trop récentes, sinon la peau se craquelle et de nouveau la plaie est à vif. Du temps, ça en prend plus que cela pour cicatriser mais ça finit toujours par se refermer. Physiquement. La douleur physique est cinglante, elle vous rappelle que vous êtes encore en vie et elle vous maintient en vie. C’est une sonnette d’alarme alors il faut l’écouter et se reposer. Laisser le corps effacer les traces… Sigrid est ferme sur ce point : il ne doit pas bouger outre mesure. Il doit rester calme. C’est peut-être pour cette raison également, qu’elle tente de trouver des mots plus… doux pour rappeler une rencontre entre eux dont il n’a aucune mémoire.

Il ne l’a sans doute pas vu du tout d’ailleurs. On n’attarde jamais le regard sur un visage fermé, passant inaperçu, sauf sur scène. Elle sait qu’elle lui remémore sans doute une période délicate de sa vie. Le cirque fou et macabre où il s’est battu pour sa vie. Sigrid n’a rien fait pour arrêter les choses ce jour là, elle l’a observé hors de portée et le cœur presque entièrement glacé, commençant doucement à dégeler de nouveau. Il la regarde différemment et elle baisse les yeux, se sent soudainement aussi coupable que si elle l’avait elle-même jeter dans l’arène. C’est presque le cas dans un sens. Elle n’est pas celle qui l’a jeté dans les flammes mais elle n’a pas sauvé son âme, loin de là. Pas la première fois et aujourd’hui encore, elle a essayé de ne pas trop se mouiller. Elle a éveillé en lui un chaos de souvenirs douloureux, elle sait ce que c’est. Constamment, elle chasse de sa tête le sourire sadique d’un monsieur Loyal, les spectacles sanglants à répétition, un claquement résonnant à ses oreilles ou les murs blancs  à outrance. Elle a tant de choses à oublier, à effacer derrière un avenir un peu mieux. Comment ça pourrait être pire de toute façon ? Sauf qu’elle ne se sent pas comme quelqu’un qui vit vraiment, mais comme beaucoup des âmes de nos jours, comme une survivante… Elle entortille une mèche de ses cheveux roux entre ses doigts quand il évoque son regret d’avoir mis les pieds là-bas. Elle est contente dans un sens qu’il y ai mis les pieds… mais elle comprend son amertume sur le sujet. Il a été un rayon de soleil pour Sigrid. Une brève lueur qui lui a donné la force de dire stop. « On… on fait parfois des choix qu’on ne peut pas expliquer alors même que la raison vous pousse au contraire. » Comme de le protéger dans l’arène avant qu’il ne soit trop tard, comme de mettre les pieds ici alors qu’elle l’a regardé se faire lyncher ? Comme de lui raconter tout ça… Il entame une question qu’il ne termine pas, la surprise lui faisant stopper tout faux semblant. Elle acquiesce doucement. Oui, elle a bien prononcé le mot Lenaïk.  Il se relève dans son lit, automatiquement Sigrid tend un bras vers lui pour lui faire signe de se calmer mais elle l’abaisse aussitôt, n’étant pas sa mère. Le rire d’Aleksi heurte douloureusement les tympans de la rouquine qui grimace.  Elle sent qu’elle n’a pas choisi le bon moment mais y en aurait-il eu un ? Si oui, quand ? Quand il sera trop tard ?  Elle observe sa réaction, elle ne sait pas quoi dire de plus. Non, en fait, elle ne peut rien dire de plus parce qu’elle panique un peu intérieurement et alors qu’elle pour tenter de rajouter quelque chose, elle se tait. Il vient de demander s’il s’agit d’un test. Sa gorge se noue. Non bien sûr que non, elle ne peut pas lui faire une chose pareille. L’accusation la rend malade de douleur. Elle tente de ravaler sa peine mais des larmes s’échappe, c’est peut-être bien pire que tout ce qu’elle à endurer. Moralement, elle se sent piétinée, mise dans le sac d’une menteuse, d’une sadique, d’une femme sans cœur mais le pire est encore qu’elle se rende compte qu’il a raison parce qu’elle vient de le faire souffrir comme tous les autres. Comme les gens qui ont arrachés Sigrid à sa famille, qui l’ont forcé à oublier. Ils ont détruits ses souvenirs et elle, elle vient de donner un coup de pied dans les débris de cet homme. Remuer un peu la douleur d’un souffrant. Elle ne s’est jamais autant sentie dans la peau de ses bourreaux qu’aujourd’hui. Il sanglote. Comment peut-elle avoir fait autant de mal avec un simple mot. Ce murmure, elle l’a entendu… Elle lui ressemble. Elle ne sait pas à qui, elle aimerait savoir mais elle va réveiller à nouveau une peine immense. Elle ne peut pas se battre contre ça. Elle ne sait pas faire. Que doit-elle dire ? Doit-elle simplement lui glisser le collier dans ses mains ? C’est tout ce qu’elle a de précieux… tout ce qu’elle a de sa famille. Elle veut parler, lui assurer que non, elle n’est pas comme ça, qu’il se trompe allègrement mais rien. Elle le laisse s’enfoncer dans des tourments dont elle ne sait rien. Elle a les mains qui tremble mais doucement elle se défait de son collier. Elle pose ses mains sur ses jambes et souffle, histoire de se calmer. Rester normale… sauver les apparences ? Non être venu ici n’est pas spécialement normal déjà Elle ne regarde plus Aleksi depuis un petit moment mais elle lève la tête doucement après avoir essuyé les larmes aussi discrètement que possible. Il reprend. Il parle, convaincu d’une farce et la visiteuse se sent encore blessée, poignardée. Elle l’entend prononcer un prénom. Sofja, une sœur. Morte. Les mots lui sont délicats. Elle n’est pas cette sœur… Elle secoue la tête négativement au mot cousine. Non, elle est persuadé qu’elle n’est pas une cousine. Au fond d’elle, son cœur lui crie qu’elle est bien sa sœur parce qu’elle se convainc qu’il est l’enfant qui était avec elle à la fête foraine ce jour là. Elle n’arrive plus à garder son ton détaché, à parler sans un écho de tristesse, de mort dans l’âme. «  Tu as raison, tout ça n’est qu’un test…puisque je ne suis pas une victime de l’arène, c’est ça ? » Elle lui rend un rire amer également et plein de douleur. Son âme qui sombre. Elle le tutoie comme il l’a fait, laissons tomber toute marque de respect. «  La vie c’est bien ça au fond, se faire piétiner par les autres ! Tout le monde sait qu’il est fréquent d’interrompre un spectacle public et d’aller ensuite jeter l’acide sur sa nouvelle proie !  » Les larmes se mêlent au ricanement empreints de colère. Les émotions en total discordance. Elle se lève de sa chaise, s’approche du lit et y pose les mains. « Pas un instant je n’ai parlé d’une Sofja, d’une sœur ! Mes condoléances, c’est ce qu’on dit non ?» Elle serre les dents, resserre son emprise sur la barre du lit, le médaillon pendant entre ses doigts fins. « Je me suis trompée, tu n’es sans doute pas le petit garçon de mes souvenirs, celui que j’ai cherché. Tu n’es sans doute que la mauvaise blague qu’on me joue, si moi je suis la tienne. Je n’ai plus besoin de ça je suppose. » Elle lui balance le collier. Des Lenaïk il ne doit pas en exister des tonnes. Elle est de plus en plus persuadée qu’il s’agit de lui mais elle n’aurait jamais cru qu’être ainsi repoussée, niée sans pouvoir approfondir ses explications. Elle n’aurait jamais cru faire souffrir non plus. Elle n’a plus qu’à faire demi-tour mais la rage la consume : elle s’en veut d’en être à ce point affectée et la tristesse ajoutée à cela la paralyse totalement mais progressivement la barre. Difficilement, pour ne pas être vaincue par sa faiblesse, elle ajoute en prononçant de façon précise les mots « Une dernière chose Aleksi,… ensuite tu pourras oublier cette rencontre. C’est à Sofja que je ressemble… je… je t’ai entendu. »
AVENGEDINCHAINS
Revenir en haut Aller en bas

Féminin
↳ Nombre de messages : 5149
↳ Points : 113
↳ Date d'inscription : 03/09/2013
↳ Age : 26
↳ Avatar : Ben Whishaw
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Médecin Légiste & Hacker
↳ Opinion Politique : Contre le Gouvernement
↳ Niveau de Compétences : 1
↳ Playlist :
SAEZ - A bout de souffle ♭ MCR - Famous last words ♭ ADELE - Skyfall ♭ THE KILLERS - Human ♭ ALEX HEPBURN - Reckless ♭ STONE SOUR - Tired ♭ SLIPKNOT - Dead Memories, Before I Forget, Snuff ♭ IMAGINE DRAGONS - Monster ♭

↳ Citation : « Je suis un trucage humain qui aspire à devenir un homme sans trucages. »
↳ Multicomptes : Stain E. Greyjoy & Regan Faulkner
↳ Couleur RP : #b68656



Feuille de perso
↳ Copyright: Cryingshame
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Things we lost in the fire (.Sigrid)   Mar 5 Jan - 19:49


Elle ne comprend pas et ne voit pas. Que ces blessures, aussi graves puissent-elles être finiront par disparaître. Que sous la peau, les picotements sont déjà à l’œuvre. J’ai mal c’est un fait. Au moindre geste, au plus infime mouvement, c’est tout mon corps qui hurle et se déchire. Cette douleur physique n’est pourtant rien en comparaison de celle qui s’immisce dans les méandres de mon pauvre cerveau. Assassiné sur le sable d’une arène putride. Détruit par des convictions qui m’échappent et ne cessent de m’accabler d’un poids étouffant. Et la certitude que ce séjour dans cette chambre ne sera qu’un moyen de plus de me briser plus encore. Dans les règles de l’art. Changer le renégat en un être viable. Digne de faire partit de ce nouvel univers. Personne n’a pris la peine de m’expliquer, pas de suite. Il est plus judicieux de faire durer le plaisir, attendre que la crainte se fasse souveraine pour asséner le coup fatal. J’en frissonne et me fait violence pour rester calme. Reposer sur des oreillers justes bons pour m’étouffer. La suite me prend de court. C’est un nom trop bien connu qui vient s’immiscer entre moi et l’étrangère. La rouquine que je fixe à m’en irriter les rétines. Le nœud dans la gorge revient, s’y enroule et serre pour mieux me contraindre à suffoquer. Elle ne dément pas, ne cherche pas à me faire comprendre que ce que j’ai entendu ne relève que de la simple illusion. Lenaïk, c’est bien son nom. Est-ce un patronyme si commun ? Comme les Smith sur ces terres ? J’en doute et ce doute me plonge dans un désarroi qui me broie le cœur. Les sourcils se froncent et le regard se perd dans le vide. Le raisonnement tente de se faire, arrive à des conclusions que le cœur juge trop hâtives et renie en bloc. Je n’ai pas encore fait le deuil de ma sœur. Je refuse de le faire parce que la déchirure qui pourrie contre mon cœur ne pourra jamais cicatriser. C’est une part de moi qui a disparu. Mon sang, et mes tourments. L’amour trop intense d’un frère pour sa petite sœur. Le pacte de deux gamins s’étant jurés de ne jamais se séparer. Un hoquet de tristesse m’échappe et je le brise en posant ma main devant ma bouche.

C’est avec timidité et angoisse que je repose mon regard sur elle. Juste à temps pour la voir hocher la tête. Elle n’est pas une cousine, réfute l’idée alors qu’elle en est la première instigatrice. Une sœur… Le mot reste bloqué quelque part dans ma poitrine. La gorge se fait de feu et la langue devient aride. « - Non, tu as mal interprété mes paroles. Ce n'est pas ce que je voulais dire. » Ce n’était pas ce que je voulais dire. Et je suis pourtant bien incapable de rendre mes piètres paroles plus claires. Elles se perdent dans mon propre cerveau et ne donnent qu’une suite de mot pitoyablement ridicule et dénuée de sens logique. Je l’écoute et m’enlise dans le silence. Sa douleur me fait mal. Parce que j’en suis l’origine. Le rustre qui fait souffrir sans même s’en rendre compte. Je me redresse lorsqu’elle se lève, ne la lâche pas du regard lorsqu’elle se rapproche. Tiraillé entre le besoin de me rapprocher, de la toucher pour trouver dans ce contact une réponse à tout ce flot d’interrogations détestables qui se brisent contre mes tempes. Et l’envie sourdre de reposer là, de jouer au malade et mettre un terme à un supplice qui m’est bien plus douloureux que ma brève incursion dans l’arène. Le petit garçon de ses souvenirs. La phrase attise ma curiosité et me pousse à lever légèrement un sourcil. Une fois encore, je m’en vais creuser dans les limbes de ma mémoire. Et ne me heurte qu’à du néant. Il n’y a que mon enfance avec Sofja, des brides d’une époque révolue dont les couleurs s’estompent au fil de du temps. C’est une période que tout le monde oublie. Efface volontairement ou non lorsque l’âge adulte fait son entrée. Parce que c’est trop puéril se raccrocher à l’insouciance. Parce que ça fait mal de se dire que tout ça est définitivement derrière. « - Je suis profondément navré Sigrid, j'ignore ce que tu cherches. Ce que tu espérais trouver en venant ici. Tu dois te méprendre sur qui je suis... » Les gamins, ça change. Ca se ressemble pour mieux se différencier des années plus tard. Des gamins bruns, il y en a des tonnes. Il devient très facile de se méprendre et de voir chez quelqu’un le reflet d’un autre. L’interdit dans les muscles lorsqu’elle achève sa phrase. Et le bijou qui tombe sur le lit. Je le fixe, incrédule. Cille bêtement face à cet objet que je connais. Que je crois connaître.

« - Je connais ce collier. Ma grand-mère avait le même. » C’est un murmure qui m’échappe alors que je me penche pour le saisir avec douceur. Et me perdre un instant dans sa contemplation. Les questions me brûlent la langue. L’esprit cherche à savoir où elle a trouvé cet objet. Comment elle l’a obtenu. Le modèle n’était pas unique, j’en ai bien conscience mais cette coïncidence qui s’appose sur toutes les autres ébranle mon pauvre petit monde. C’est un nouveau coup de pied dans une existence déjà bien bordélique. Une nouvelle bouffée de chaos qui menace de tout faire s’écrouler. Pour qu’il ne reste que des ruines. Un assemblage pitoyable que rien ne pourra relever cette fois. Je ne suis plus qu’un pauvre fantôme. Une enveloppe qui veut se croire dépourvu de cœur. Parce qu’il me fait mal. A en crever. Parce qu’il n’y avait de la place que pour ma sœur et Kyran. Juste ces deux êtres et personne d’autre. Une place est vide à présent, et une étrange chaleur est en train de faire fondre la glace qui tente de s’y installer. Les pupilles hésitent et finissent par se relever. Par se poser doucement sur Sigrid. C’est à Sofja que tu ressembles. J’en esquisse un maigre sourire, tiraillé entre un sentiment de tendresse étrange et un mal être étouffant. « - Il semblerait que j’oublie beaucoup de choses ces derniers temps. Mais une telle rencontre, je doute que je sois capable de le faire. » La chaleur d’un sourire plus franc que tous les précédents vient s’apposer sur mes lippes et je lui tends doucement le collier. « - Tu devrais le reprendre. Il doit avoir de la valeur. » A ses yeux comme aux miens. Un simple morceau de métal qui me rapproche d’une étrangère plus que je ne l’aurais imaginé. « - Tu n’as pas choisi le meilleur moment pour venir. Tu n’aurais pas dû venir aussi tôt, ça ne devait rien apporter de bon. Plus tard, quand je serais sorti. Tu pourras peut être m’expliquer comment tu t’es procuré ce collier. » Sombre benêt ne fait pas celui qui ne sait pas. Ca ne m’a jamais réussi de jouer les imbéciles. Mais au point où j’en suis. J’ai arrêté de compter le nombre de fois où mon inconscience et ma bêtise combinées ont menacé de me faire tuer. La mort, c’est une vieille amie qui se fout de ma gueule à chaque fois que je m’en approche d’un peu trop près.

« - Tu devrais t’en aller, Sigrid. » Je le murmure dans un soupir. La fatigue qui reprend ses droits sur un corps brisé. J’ai faim. Elle me tiraille le ventre et je doute que de l’énergie soit prévue au menu dans cet endroit. Et me retrouver à ingurgiter de la vraie nourriture... J’en ai déjà un goût de cendre sur la langue. « - Merci pour ce que tu as fait pour moi là-bas. » Les pupilles s’ancrent aux siennes quelques instants encore avant de se détourner vers la fenêtre. Ravi d’avoir fait ta connaissance. Elle me brûle la langue, cette vérité étrange, mais ma mâchoire refuse de se desserrer.

_________________

Do I have to run and hide ?

I get the feeling just because. Everything I touch isn't dark enough. If this problem lies in me. I'm only a man with a chamber who's got me. I'm taking a stand to escape what's inside me. I'm turning to a monster. And it keeps getting stronger.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://consign-to-oblivion.forumactif.com/t885-aleksi-hold-your-

Invité
Invité






MessageSujet: Re: Things we lost in the fire (.Sigrid)   Ven 8 Jan - 7:49


Things we lost in the fire

Il ne lui reste pratiquement rien, pas même les traces floues d’un ancien foyer dont elle devinerait vaguement les différentes pièces. Elle est incapable de décrire père et mère, n’en a absolument aucun souvenir. Elle tente souvent de se remémorer des brides du passé mais plus elle s’y force et moins elle obtient de résultats. Tout ce qui la rattache à autrefois est bien souvent inconsciemment enfoui en elle. Bloqué. Son prénom imposé Kaylin, celle qui assimile. Ils l’ont forcé à assimiler une nouvelle identité, une nouvelle vie, un nouveau rôle. Ils ont effacé sa vie d’avant, l’ont arrachés aux siens et maintenant elles sont moindres les chances de renouer avec des origines perdues. Cela fait légèrement moins de 30 ans qu’elle est devenue une fille du cirque. Elle le restera toute sa vie au fond puisqu’elle a grandi avec eux. Aleksi a passé 28 années sans cette sœur qui se pointe soudainement et elle lui impose son point de vue. Elle remue des placards empoussiérés que plus personne n’ose ouvrir depuis longtemps. Il l’observe comme si elle l’intimide alors que ce n’est nullement son intention. Est-ce les larmes, ou bien les mots qui brusquent le jeune homme ? Elle refuse d’être sa cousine, elle préfère encore être une inconnue que de jouer la mascarade d’un semi-mensonge. Elle n’a soulevé cette idée auprès du corps médical qu’en songeant qu’il serait plus prudent de ne pas être soudainement affilié avec lui sans l’avoir rencontré. La famille éloignée est importante mais pas autant que le cœur même de la famille. Elle travaille au Collosseum pour le gouvernement. Il est un délinquant, un déchet de la société pour eux. Quelque chose vient de se briser au fond d’elle et même s’il répond qu’elle a mal interprété ses propos, Sigrid ne retrouve pas de sourire au creux des joues. Il ne s’explique pas plus au sujet de ce que signifiaient ces mots. Elle sait uniquement que cela l’a blessé, qu’elle n’a jamais réellement ressenti autant de douleurs. Elle préfère encore le claquement d’un fouet sur sa chair, les griffes d’un tigre sur la peau de ses cuisses, la cuisante douleur d’une gifle. Tout sauf ça, un cœur qui se scinde. Elle se ferme à ce qu’il peut bien dire « ça n’a pas de réelle importance. ».Elle laisse les mots sortir de sa bouche comme un flot nécessaire pour se libérer et souffrir un peu moins. Elle sait qu’il tend l’oreille mais que peut-il bien dire et qu’attend-t-elle de lui ? Tout se mélange dans sa tête, elle ne trouve que la force de se lever, l’impulsion pour amorcer un départ. Qui tarde. Elle le voit se redresser au moment où elle quitte son assise et lui adresse un regard plein de reproche. Il ne semble plus vouloir détourner le regard. La colère, la peine de la rouquine lui ont-elles fait peur ? Elle ne comprend pas la réaction soudaine de cet homme. Elle ne lui fera rien sinon elle l’aurait laissé pourrir sur le sable de l’arène. Elle le sent encore curieux. Apparemment un trait de caractère qui lui sied à merveille. Elle l’est aussi, un peu trop pour avoir voulu faire un peu mieux sa connaissance. Elle n’a pas envie de satisfaire sa soif de curiosité. La fête foraine et le petit garçon sont tout ce qui reste, ce qu’elle a de plus cher dans sa mémoire. Elle ne lui répondra pas, elle a essayé mais il ne semble pas réceptif. Du moins, il semble lui non plus n’avoir guère de mémoire. Elle s’en souvient sans doute parce que cette journée a été un puissant choc émotionnel et il faut dire qu’elle était en âge de comprendre qu’elle n’allait pas revoir ses parents ni son petit frère. Elle a gardé en sourdine ce morceau de sa vie jusqu’à ce qu’il ressurgisse subitement devant ses yeux.

Navré. Le mot entre par une oreille et ressort par l’autre. Des excuses, elle n’en veut pas. Elles sont inutiles, sans consistance. Ce sont des mots pour ne rien dire si ce n’est que tout cela n’a servi à rien. Elle a bien vu et se passerait donc bien de son commentaire mais tout cela c’est cette seconde voix en elle qui la pousse à agir plus violemment qu’elle ne le voudrait. Après tout, Aleksi lui dit calmement pardon, il ne lui dit pas qu’elle est taré et que ses théories sont complètement erronées, qu’elle devrait se faire soignée. Non rien de méchant. Juste qu’il n’est pas celui qu’elle cherche. Elle ne sait plus vraiment ce qu’elle a essayé de trouver ici. Des réponses apparemment mais c’était idiot. Elle essaie d’envisager l’idée qu’elle ait fait fausse route mais… elle n’y parvient pas. Elle savait son prénom avant de l’entendre dans l’arène, avant de l’entendre le prononcer. Il lui est revenu. Son prénom a les mêmes origines que le sien, même nom de famille. Elle perd espoir, les coïncidences sont bien trop cruelles. Elle n’a pas envie d’argumenter, de se battre pour rien. Il ne veut pas qu’elle s’immisce dans sa vie. Il a oublié, effacé. Il était plus jeune qu’elle : deux ou trois ans, elle ne sait plus. Normal qu’il n’ai pas de mémoire de cet incident. « Des réponses tout simplement. … Eh bien, tu es Aleksi Lenaïk, mais pas le bon. » Pas pour le moment, peut-être jamais.

Il fixe le collier d’un air étonné. Elle s’en est défait. L’objet qui a confirmé ce qu’elle pensait. Elle l’a trouvé dans la malle de Mr Loyal, avec des coupures de presse relatant l’enlèvement. Elle n’a pas gardé les journaux, n’a récupéré que le bijou. Il doit bien y avoir eu des photos de la famille sur certains articles mais aucune image ne lui revient en tête. Sans doute de trop petits articles pour y mettre une photographie. Elle serre les dents quand il prétend reconnaître le même genre de collier. Cherche-t-il à souffler sur les braises encore chaudes ? Sa grand-mère … elle est persuadée que là encore, le hasard fait trop bien les choses pour que ce soit faux. Elle ne dit rien, elle ne cherche pas à entrer dans son jeu, regarde le bijou et hausse les épaules. Il l’a récupéré entre ses doigts, elle le regarde faire. Il semble se questionner mais Sigrid a d’ors et déjà perdu espoir. Le fin sourire du brun semble sincère mais elle sent qu’ils marchent de nouveau sur des œufs. Elle est toujours en colère et triste mais elle n’explose plus. Il prétend qu’il n’oubliera pas cette rencontre mais elle a envie de lui crier que s’il l’a oublié une fois, il est parfaitement capable de l’oublier une autre fois. « Ne me dis pas ça… Oublier c’est tellement plus simple que de se rappeler. » N’est-ce pas ? Elle lève les yeux vers lui, ils sont rougis. Elle observe la main tendue et la médaille mais elle fait un pas en arrière. Elle bouge à nouveau. Le collier avait de la valeur mais ell se contente de regarder l’objet sans prendre entre ces doigts cet éclat de passé. « Plus vraiment. Je ne sais même pas si je souhaite encore le garder… » Si cela me rappelle que j’ai perdu toute ma famille, toutes mes origines. Il ne sera que la mémoire de ma douleur. Oui elle n’est pas venue au bon moment mais c’est quand le BON moment. Quand il sera sorti… elle est sceptique. Comment le retrouvera-t-elle ? Elle ne sait rien de lui. Si elle doit attendre qu’il tombe dans l’arène de nouveau, ce n’est pas gagné. Elle ne peut pas lui donner de nouvelles. Ce sera à lui de faire le prochain pas. « C’est vrai, pas le bon moment. J’aurais du attendre que tu ne sois plus hospitalisé, quand je n’aurais plus su où te trouver. Je suis déjà tombé sur toi par hasard… Tu sais où je travaille, tu connais mon prénom et mon nom. Garde le collier, tu me le ramèneras quand tu seras sorti. » Elle acquiesce, consciente qu’il est temps de partir en effet. Le laisser se reposer après tant d’émotions. Il a l’air épuisé et elle n’a pas du être de tout repos comme visite, ni d’un réel confort au contraire. Elle s’accroche à son regard un moment quand il la remercie. Les mots sont sans doute les plus positifs de toute leur conversation entière. Elle esquisse difficilement un maigre sourire « Oui, j’aurais du le faire bien plus tôt. »
AVENGEDINCHAINS


CLOS
Revenir en haut Aller en bas
 

Things we lost in the fire (.Sigrid)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Things we lost in the fire (.Sigrid)
» things we lost in the fire | Ailam
» [Résolu] Prise IEEE Fire Wire
» Fire Emblem Online
» [DOCUMENTAIRE] Raiding The Lost Ark

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
CONSIGN TO OBLIVION .} :: The Fifth Chapter :: Memories-