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 « Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]

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MessageSujet: « Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]   Dim 15 Nov - 23:18


« Concurrence et profit : l’un est la guerre, l’autre le butin. »



Marcus & Giulietta
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L’après-midi tirait sur sa fin et les couloirs des locaux du gouvernement étaient toujours peuplés. Les premiers employés commençaient à quitter les lieux, créant des vagues de départ se dirigeant vers les escaliers ou ascenseurs afin de déserter pour la nuit. D’autres s’attelaient à terminer leurs dernières tâches de la journée, dans un souci de perfectionnisme, ou alors en rêvant futilement qu’ils parviendraient à prendre de l’avance sur le lendemain. Désillusion qui ne tarderait pas à se manifester concrètement sous forme de deadlines non-respectées. Il était bien connu que le travail ne manquait pas au gouvernement et que chacun peinait à accomplir son œuvre quotidienne. Il aurait fallu engager plus de personnel, mais ce n’était pas à l’ordre du jour.

Marcus avait passé la journée à pencher sur le dernier discours qui lui avait été demandé par un haut placé du gouvernement. Il était primordial qu’il y place des valeurs fortes de la nation, telles liberté, sécurité, égalité et courage. Mentir en soit n’était pas un souci. Ce n’était certes pas la première fois qu’il le faisait et ce ne serait certainement pas la dernière. Mentir pour la coupe des hauts placés n’était pas non plus un problème. Et puis son job nécessitait ce genre d’accroc à la morale. Sa seule préoccupation était que, dans le flot de gens qui écouteraient ce discours prononcé par une voix habituée de leurs oreilles, certains y croiraient. Bien sûr, une bonne conférence devait marquer les esprits. Mais lorsqu’il s’agissait clairement de tromper l’auditoire, n’était-ce pas déplorable que le peuple se laisse berner ? Chacun est responsable de son sort. Si la population se plaignait de son gouvernement, pourquoi se retrouvait-elle toujours plus nombreuse devant les postes de télévision, à guetter la moindre parole de ses politiciens ? Et à hocher la tête d’un air entendu devant ces quelques valeurs mises pour l’apparat ? Comble de l’ironie.

Une affaire de la plus haute importance flottait sur toutes les lèvres depuis quelques jours. Il n’était plus question que de cela et le niveau d’alerte avait été donné. Une secte nouvelle avait vu le jour dans les recoins du Bayou de La Nouvelle Orléans. Silencieusement, elle y avait pris ses quartiers, se répandant lentement mais sûrement. Et alors, elle avait marqué certaines portes de la ville. D’un rouge sang, ce symbole tracé d’une manière qui semblait aléatoire, sans règles, apportait invariablement la mort en ces lieux dès le lendemain. On murmurait que la Peste s’était installée en ville. D’où venait-elle ? Comment était-ce arrivé ? On ne savait encore rien à ce stade de l’enquête qui avait directement été lancée par les autorités. Cependant, chaque jour voyait de nouveaux morts au lever du soleil. La situation empirait. Il était évident que les choses devaient vite être réglées. Il fallait éviter un vent de panique au sein de la population, qui serait un véritable désastre. Alors on taisait les informations, mais cela ne durerait sûrement pas longtemps que la vérité n’éclate au grand jour. Les murs avaient des oreilles…

« Regarde où tu vas ! »

Son ton était rageur à l’égard de celui qui l’avait bousculé alors qu’il traversait à présent les couloirs du gouvernement, des papiers et un café à la main. Il sortait du bureau d’un de ses collègues quand un homme pressé l’avait heurté sans le voir venir. Marcus avait même failli renverser son breuvage, ce qui l’aurait mis d’extrême mauvaise humeur. Les sourcils froncés, il respira un grand coup pour calmer ses nerfs avant de reprendre sa route. Une gorgée plus tard, il jeta son gobelet vide dans une des poubelles de tri qui siégeait non loin. Il n’était plus qu’à un couloir de son bureau quand, en tournant le coin de celui-là, une forme émergea de l’autre côté et lui fonça littéralement dessus. Cette fois-ci, il ne put éviter le choc.

« C’est pas vrai ! »


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MessageSujet: Re: « Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]   Dim 22 Nov - 0:16


Je ne supporte plus ma présence entre ces murs. J’exècre chaque moment de simulation, chaque prétention d’amitié avec tous ces gens que je méprise. Pourtant, mes sentiments personnels ne peuvent entrer en ligne de compte puisque le plus important pour moi reste la réalisation et le succès de ma mission. Le simulacre de paix qui subsiste depuis cette bête association entre le gouvernement et la soit disant rebellion rend cette quête plus importante encore. Et c’est dans cette optique que je compte bien trouver une nouvelle cible à mes espionnages. La logique voudrait que je vienne m’intéresser au fameux jumeau de Nolan. D’après ses dires, il devrait être dans le coin, terré quelque part. Et si c’est lui que je cherche les raisons ne sont pas toutes innocentes. Maintenant presque certaine de croire mon collègue, il reste cependant un mystère. Les rencontres avec le jumeau maléfique, durant lesquelles il a toujours semblé me reconnaître. C’est un mystère que ma mémoire ne veut résoudre et que je compte bien détruire à coups de questions et demandes. Force est de constater pourtant, qu’après plusieurs tours aux divers étages de la tour, son absence. Je ne veux le demander, tout comme je ne désire pas devenir suspecte en traînant un peu trop dans certains coins. Mon privilège de veuve s’amenuise aux jours qui passent et viendra le temps où je ne pourrais plus prétendre être légitime dans le coin. C’est un soupir qui s’échappe de mes lippes tandis que je cherche un peu plus profondément dans mon esprit, à la recherche d’indices qui pourraient me mener sur sa piste. Tout s’évade pourtant dans un souffle et je retiens avec peine un grognement de frustration.

Probablement est-ce temps de prendre une pause, de me poser un peu plus sérieusement plutôt que de déambuler sans autre but qu’une recherche douteuse. Mieux vaut probablement réfléchir juste assez pour trouver une solution. Le vide pourtant répond à mes prières silencieuses et l’évidence me frappe bientôt. Je ne trouverais rien ici. Pas de cette façon. Pas sans me préparer auparavant. Et l’envie de quitter les lieux me prend presque aussitôt alors je me relève de mon assise éphémère en direction des ascenseurs. Je ne sais même plus à quel étage je me trouve mais je me souviens assez des locaux pour me diriger d’un pas vif vers mon but. Trop vif peut être puisque je viens heurter violemment un homme sur mon chemin. Sa voix s’élève entre nous tandis que sous le choc, je perds l’équilibre.

De façon assez ridicule, je secoue soudain les bras, dans l’optique de rétablir ma balance. Précaire, j’empêche la chute de peu avant d’enfin me concentrer sur la personne qui me fait face. Très vite, j’active ma banque de donnée interne, cherche son visage parmi ceux que je suis censée connaître mais s’il ne m’est pas totalement inconnu, je me retrouve incapable de lui donner un nom… ou une fonction. Je me mords donc la lèvre, de façon presque adorable, afin d’éviter d’exprimer ma frustration à voix haute. Et cela marche plutôt bien puisque c’est d’une voix calme que je rétorque finalement. « Veuillez m’excuser… Je ne regardais pas ma route, trop concentrée sur mes pensées que j’étais. A cette heure, je ne pensais croiser personne. Je suis vraiment confuse monsieur… » Je laisse l’interrogation terminer ma phrase, cherche par cette formulation un peu désuète une information que mon cerveau se refuse à transmettre. Je suis pourtant certaine de le connaître. D’un sourire, mon regard et mon visage s’illuminent, toujours dans cet acte que je suis contrainte de jouer lorsque je me trouve entre ces murs. Chacune de mes connaissances me connaît enjouée et la carte de la veuve ne fonctionnera pas éternellement… Malheureusement. « Si jamais nous nous sommes déjà rencontré, je m’excuse de vous avoir oublié… Mon mari m’a fait rencontrer tant de gens que j’en oublie parfois leurs noms… » Et ma moue devient contrite, juste assez pour donner l’illusion de réellement m’en vouloir de cet oubli.

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MessageSujet: Re: « Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]   Jeu 3 Déc - 10:15


« Concurrence et profit : l’un est la guerre, l’autre le butin. »



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Choisir un camp. La vie a de tout temps attendu des hommes qu’ils prennent parti, même lorsqu’ils n’en avaient pas envie. Bien ou mal était la dichotomie originelle, par la suite sont arrivées d’autres sortes de pouvoir, régissant la société dans laquelle les individus évoluaient. Décider que tel ou tel homme vaut la peine, que tel ou tel concept est intéressant ou que l’on peut accorder sa confiance à telle ou telle idée a complexifié l’existence humaine. Obligés de se positionner pour ne pas rester dans une zone floue, chaque être a dû s’interroger pour connaître ses propres valeurs avant de poser un choix. À présent, la Nouvelle Orléans présentait deux camps adverses qui, soudain, avaient fait un pacte. Ceux qui avaient voté pour le gouvernement s’étaient retrouvés avec des résistants dans l’autre creux de la balance du pouvoir. Et ceux qui œuvraient pour la résistance n’avaient rien pu faire lorsque l’alliance avait été concrétisée. À présent, le pouvoir avait deux visages, tel le Janus des anciens Romains. Mais quelle tête représentait le passé et, surtout, laquelle représentait l’avenir ? Le présent s’écrivait lentement, sans que personne ne puisse savoir réellement ce qu’il adviendrait de cette alliance qui semblait contre-nature.

L’équilibre est fragile. Il faut sans cesse le rétablir pour ne pas tomber. Cet équilibre qui régit l’entièreté de la vie humaine doit être chéri, pour éviter le chaos, la guerre ou la mort. Plus d’une fois, il a été mis à mal, et le fin fil qui le compose a été brisé. Difficile de recoller les morceaux par la suite. Pourtant, régulièrement, les hommes s’appuient dessus comme s’ils avaient oublié leurs erreurs passées. Ils menacent de le rompre à nouveau, et alors le choc est souvent inévitable. La voix de Marcus s’était élevée au moment dur de l’impact, comme pour répondre à cette irruption dans son cercle d’intimité, qui était la deuxième en moins de cinq minutes. Est-ce que les autres étaient devenus incapables de marcher correctement sans le heurter ? Il n’était tout de même pas invisible ! Jetant un coup d’œil rapide à celui qui l’a bousculé, il se rendit compte qu’il s’agissait en réalité d’une jeune femme. Elle mit quelques secondes à se rétablir, le choc l’ayant plus atteint elle que lui. À part une légère douleur au bras là où elle l’avait touché, il avait gardé son habituel air distant. Son visage ne lui était pas étranger. Il était certain de l’avoir déjà vu, mais il ne souvenait plus dans quelles circonstances. Alors que sa mémoire cherchait, elle s’excusa, et il hocha légèrement la tête.

« Ce n’est rien, c’est juste que vous êtes la deuxième personne à me heurter en moins de cinq minutes alors je commençais à me demander si les gens étaient encore capables de marcher droit. »

Il ne pouvait s’empêcher d’être sarcastique. Après tout, les circonstances lui donnaient ce droit, non ? Il détestait être dérangé par autrui, d’autant plus lorsqu’il s’agissait d’inconnus. Et il n’appréciait pas plus que ça le contact physique. Pourquoi les gens se sentaient-ils toujours obligés de se toucher les uns les autres ? La main sur une épaule, sur un bras, pour consoler quelqu’un ou lui montrer sa sympathie, les embrassades du matin lorsque les collègues arrivaient au bureau, etc. lui donnaient envie de fuir loin de tout. Heureusement, chacun semblait avoir vite compris qu’il n’aimait pas cela, et on lui évitait ces contacts obligatoires.

« Votre tête m’est vaguement familière également. Je suis Marcus Kostas, je suis chargé de communication. Votre mari, vous disiez ? Rappelez-moi votre nom… »

Il n’était tout de même pas assez asocial pour ne pas tenter d’apaiser la femme en face de lui qui semblait réellement embarrassée de l’avoir percuté. Et puis il n’arrivait plus à faire coordonner un nom à ce visage et cela le dérangeait. Il aimait que les choses soient bien à leur place et détestait lorsque sa mémoire lui faisait défaut. Mais il devait bien avouer que, plus le temps passait, plus les petits détails avaient tendance à s’effacer naturellement.


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MessageSujet: Re: « Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]   Mar 8 Déc - 22:50


En mon sein, les noms tourbillonnent, s’associent à des noms mais aucun ne semble convenir à l’homme dégingandé devant moi. Je le connais, c’est une évidence, mais je me retrouve de le retrouver parmi mes souvenirs et cela m’embête plus que je n’ose le montrer. Mon pouvoir, ce sont les informations que je trimballe ici et là, sur tous les habitants de ce building. L’oubli est une erreur que je ne me permets pas. Et pourtant, face à lui, je me rends compte que je ne suis pas infaillible, que je ne suis pas aussi forte que je le crois. Il n’a suffit que d’un regard à son égard pour m’en rendre compte et vouloir le baisser humblement face à la force de mon ignorance. Mon visage pourtant, n’affiche qu’un large sourire de circonstance et une politesse à toute épreuve. Rien n’indique mon tourment intérieur alors que la discussion s’engage calmement entre nous. Je ris doucement à sa remarque, plus pour lui donner l’impression que je l’écoute réellement que par réel amusement. « Je tiens à m’excuser une fois encore. L’inattention est un fléau qui m’a malheureusement frappé de plein fouet. Tout comme vous. » Mon sourire se fait doux, je deviens la Giulietta douce et adorable que tout le monde adore, alors que la rage continue à me ronger de l’intérieur. Dirigée contre moi-même, elle nourrit l’esprit qui m’habite et je retiens avec peine un mouvement d’humeur à son égard. Après tant d’affabilité, cela serait forcément malvenu, aussi je relègue cette pensée au fin fond de moi pour ne laisser exprimer que le masque politique.

Bientôt, le nom vient s’imposer à moi, résonne à mes tympans avant même que la voix de l’homme ne s’élève de nouveau. Kostas. Le souvenir s’impose à moi au moment où il prononce lui-même les syllables. Il confirme ce que je crois savoir et alors qu’il termine de parler, mon sourire devient plus sincère. Je me souviens de l’intérêt qu’il peut avoir. Je me rappelle son rôle au sein de cette mascarade. Tout comme je sais tout ce qu’il pourrait m’apprendre au sujet de ces hommes et femmes qui croient diriger le monde. Je ressens un regain de motivation pour entretenir la conversation et tend la main vers lui lorsqu’il s’enquit à son tour de mon nom. « Porter. Giulietta Porter. Du moins, c’est sous ce nom que vous auriez pu me connaître. Je suis… j’étais, l’épouse du ministre Porter. » Mon visage s’est crispé en une parfaite moue de douleur à demi contenu. Mon rôle me tient soudainement plus à cœur et je compte bien faire tomber monsieur Kostas dans le piège stupide du sexe et pourquoi pas de l’amour. Peu scrupuleuse à l’égard du cœur des hommes, je tiens à atteindre le sien pour m’abreuver à une nouvelle source d’information. « Chargé de la communication vous avez dit. Ca m’a l’air incroyablement intéressant. C’est vous qui écrivez tous ces beaux discours ? » Candeur et gentillesse se battent la première place sur l’expression de mon visage tandis que mon intérieur s’écœure lui-même de ce que je prétends être. Je ne suis même pas certaine que cela fonctionnera, mais je sais de source sûre que les hommes aiment parler de ce qu’ils font, de ce qu’ils sont et je ne vois pas ce que celui là pourrait avoir de différent.

Je pourrais pousser le vice avec un battement de cil mais je me contente de le regarder avec mes grands yeux pleins d’intérêt, un sourire fin sur le visage. Je pourrais reprendre la parole, pour l’interroger plus avant, mais je préfère conserver le silence pour l’instant. Juste assez longtemps pour esquisser un pas en avant, dans l’optique imaginaire de rétablir un équilibre que je n’ai pourtant pas perdu. Je cherche simplement à m’approcher un peu plus de lui et l’assaillir de mon parfum suave une fois encore. « Que je suis maladroite ce soir. » Mon éclat s’échappe, d’une voix trop douce pour être suspecte, tandis que ma main se pose sur le mur le plus proche, empêchant une chute malvenue.

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MessageSujet: Re: « Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]   Dim 20 Déc - 9:56


« Concurrence et profit : l’un est la guerre, l’autre le butin. »



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Il était presque étrange de trouver en ces hauts lieux une personne qui sache sourire et plaisanter. Marcus était habitué à ne croiser que des regards préoccupés, des silhouettes pressées, des muscles tendus, le stress toujours présent dans leurs corps fatigués. Le bâtiment du gouvernement n’était pas des mieux lotis en ce qui concernait la charge de travail. La récente alliance avec la résistance n’avait pas apaisé les esprits, car, dans le fond, personne ne savait réellement si cette alliance pouvait fonctionner sur le long terme et ce que ça apporterait au quotidien de la population de La Nouvelle Orléans. Le chargé de communication n’était pas mieux placé, car il avait dû changer quelque peu sa façon de travailler suite à cet accord. Ses discours se créaient différemment, les événements qu’il organisait s’adressaient à un autre public et ses petites habitudes bien rodées avaient donc été perturbées.

Un petit sourire s’afficha sur les lèvres de son interlocutrice dont il ne connaissait toujours pas le nom. Visiblement, son nom à lui évoquait quelque chose pour elle. Il attendait patiemment qu’elle révèle son identité, afin qu’ils soient à égalité. Lorsqu’elle lui tendit la main, il la fixa un instant dans le vide avant de venir la serrer. Pourquoi toujours un contact physique ? Bon sang, qu’il détestait cela. Elle aurait pu se contenter de continuer à sourire au lieu de se sentir obligée de le toucher. Il ne garda sa main dans la sienne que quelques secondes, juste le temps de ne se montrer impoli. Toutes ces contraintes sociales l’ennuyaient.

Porter ? Oui il l’avait un peu connu, comme la plupart des hauts placés qui œuvraient en ces lieux. S’il se souvenait bien, le ministre était décédé en août dernier. Marcus n’était plus certain de se rappeler les circonstances de sa mort, mais elle n’était pas naturelle, de cela il était certain. Porter était encore trop jeune pour mourir. Ainsi donc la femme qui se tenait devant lui était sa veuve. Il essayait de se remémorer des événements mondains où il les aurait croisés ensemble, mais sa mémoire ne parvenait pas à retomber sur ses souvenirs. Il les avait sûrement classés en non-importants.

« Ah oui, je m’en souviens à présent. Nous nous sommes croisés à un ou deux événements organisés avec l’ensemble du ministère. Mais nous ne nous étions jamais parlé il me semble. »

Un petit mensonge qui ne lui porterait pas préjudice. Il pouvait feindre de la reconnaître, même si ce n’était pas le cas. La petite grimace de douleur sur le visage de son interlocutrice ne passa pas inaperçue auprès de lui, cependant, il ne sut comment y répondre. Devait-il lui présenter ses condoléances alors que son mari était mort depuis plusieurs mois ? Toujours ces foutus usages de société qu’il n’était pas sûr de comprendre. Il préféra se taire et enchaîner sur la perche qu’elle lui tendait.

« Je ne sais pas si je les qualifierais de « beaux ». Vous le savez, un homme comme moi n’est que la marionnette des hauts placés. Mes discours doivent refléter l’avis de celui qui les prononce alors je m’évertue à les rendre aussi fidèles à leur destinataire que possible. »

En faisant fi de sa propre morale très souvent. Il était sûr que Giulietta Porter avait compris le sous-entendu qu’il avait laissé filtrer dans ses propos. À une autre époque, il n’aurait jamais laissé échapper une telle information qui pourrait lui porter préjudice. Il valait mieux qu’on ne connaisse pas son avis et ses opinions sur la situation actuelle. Mais que pouvait une veuve d’un ministre de toute façon ? Et puis il n’était plus un jeune homme sans expérience. Il saurait se défendre si les circonstances l’exigeaient.

« Est-ce que cela vous dérange si nous continuons cette discussion en allant vers mon bureau ? J’ai encore quelques petites choses à finir avant la fin de la journée… »

Il fit un signe de la main vers le couloir derrière elle, comme une invitation à le suivre. Il ne savait pas exactement ce qu’elle était venue faire en ces lieux alors il se permit de le lui demander.

« Au fait, que veniez-vous faire ici aujourd’hui ? »


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MessageSujet: Re: « Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]   Mer 6 Jan - 16:06


D’un nouveau sourire, je salue son effort de prétendre me reconnaître, même si sa formulation me laisse comprendre le contraire. Bien sûr, il doit croiser tant de monde que mon nom ou mon visage ne doivent pas être d’une grande importance. Si moi même, je me souviens de lui, c’est parce qu’à l’époque déjà, l’intérêt qu’il pouvait avoir pour moi s’imposait. Cet homme côtoie les plus hauts, fabriquent leurs mots, leur propagande et là est toute sa gravité. « Vous avez raison. Cela est bien dommage que cela n’arrive que maintenant. » Toute en charme et délicatesse, je laisse mon accent chanter, pour le toucher de ma douceur méditerranéenne. C’est tout un art que je maitrise parfaitement, déployant mes fils sur lui, alors même que ma cible première aujourd’hui était tout autre. La diversion est pourtant bienvenue, je ne sais pas réellement si je suis prête à affronter le jumeau de Nolan entre ces murs. Le souvenir de l’ascenseur reste encore bien trop présent et maintenant que je discute avec l’homme des mots, je me rends compte de l’erreur que j’étais prête à commettre. Rester avec le grand brun me semble une bien meilleure idée, que je m’empresse de suivre. Un instinct me semble que le danger est bien moindre dans ce couloir, que plus loin dans le bâtiment, en présence d’un Wiggins que je ne connais pas.

Il me faut plusieurs secondes pour reprendre totalement le fil de la conversation, même si mon sourire, plaqué hypocritement sur mon visage, n’a pas bougé. D’un simple mouvement de tête, j’acquiesce ses mots et d’une voix plus douce que ne laisse présager mon tourment intérieur, je me permets de continuer sur ma lancée. « Peut être que ce n’est pas votre avis monsieur Kostas, mais les mots que vous utilisez sont incroyablement puissants. Je suis souvent bercée et portée par vos discours. » Je lâche un soupir savamment suave, pour continuer sur ma lancée de charme, juste pour le pousser un peu plus à tomber pour moi. Projet probablement ambitieux tant il semble imperméable à mes tentatives. Probablement n’est-ce qu’une impression puisqu’il m’invite rapidement dans son bureau. Un brin vexée pourtant, qu’il n’ait pas essayé de me rattraper après ma fausse chute, je laisse s’enfuir se désagrément pour acquiescer à sa demande. Suivant son invitation, ainsi que ses pas, qui nous mènent jusqu’à son office, je laisse mon esprit s’égarer une seconde vers ses propos précédent. Je n’y ai as réellement fait attention, avant ce moment, mais maintenant que j’y réfléchis plus en détails, il me semble noter un brin de détachement dans ce qu’il a dit et peut être finalement, qu’il ne sera pas utile de se jouer de lui pour obtenir des informations.

En un coin de mes pensées, je relègue cette idée et me contente de retrouver toute ma superbe, pour la suite des festivités. Ce n’est qu’après quelques mètres, que je décide de reprendre la parole, d’un air enjoué, comme une enfant que l’on emmène dans un parc d’attraction pour la première fois. « Quelque chose m’intrigue. Comment on devient chargé de la communication au gouvernement ? Vous vous êtes présenté un jour, en clamant que ce poste était pour vous ? » Je joue la malice et feint l’amusement, comme une question sans grande importance, lancée en l’air, dans l’optique de passer un peu le temps. Lorsque l’intérêt est pourtant bien réel. Je m’accroche à l’attente de sa réponse, sans trop en avoir l’air. « Surtout, dites moi si je vous agace, je ne voudrais pas vous faire perdre du temps. D’autant plus si vous avez des choses à terminer. » Une moue un brin désabusée vient naître sur mes lèvres, toujours maitrisée, alors que l’impatience ronge mon esprit et me pousse à vouloir en savoir toujours plus sur lui, celui qui pourrait bien devenir une cible potentielle. « Oh ! Pardonnez moi ! Je suis tellement curieuse que j’en ai oublié de vous répondre. A vrai dire, j’étais là pour voir un ami de mon… époux. J’étais sur le départ comme je ne l’ai pas trouvé. » J’hausse simplement les épaules, ce n’est qu’un contre temps, voilà ce que je cherche à exprimer. Ma réponse n’est d’ailleurs pas si éloignée de la vérité, lorsque l’on regarde bien.

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MessageSujet: Re: « Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]   Dim 14 Fév - 10:43


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Cette femme était une distraction agréable dans sa fin de journée qui avait été plus que chargée. Sa voix chantante n’était pas désagréable à écouter, contrairement à celles qu’il avait l’habitude d’entendre entre ces quatre murs. En l’observant de manière plus approfondie, Marcus était persuadé qu’elle était capable de parvenir à ses fins grâce au charme dont elle n’était pas dénuée. N’était-elle pas bien plus jeune que Porter ? Il ne parvenait pas à se souvenir concrètement de ce détail mais il était quasiment certain que leur différence d’âge devait être plus importante qu’habituellement. De tout temps les hommes de pouvoir avaient attiré dans leurs filets de nombreuses femmes avides d’argent. Est-ce que Giulietta faisait partie de cette catégorie ? Marcus pouvait voir en quoi Porter avait pu être intéressé par elle. Sa façon de discuter et de bouger était parfaitement calculée mais elle le faisait de manière tellement naturelle que cela pouvait passer pour de l’intérêt réel. Elle avait l’habitude de plaire et cela en était devenu un jeu. Il devait reconnaître qu’elle était douée. Il laissa un petit sourire flotter sur ses lèvres.

Cependant, sa manière de le flatter et d’encenser ses discours le dérangeait quelque peu. Il se força à répondre. « C’est que mon but est atteint dans ce cas. » Il n’avait pas souvent l’occasion d’écouter l’avis de personnes extérieures concernant son travail. Généralement, il œuvrait seul dans son bureau à l’écriture d’un discours, puis le présentait au destinataire ou à son secrétaire qui validait – ou non – son travail. À partir de ce moment, soit il repartait apporter les modifications nécessaires, soit sa participation à cette mission s’achevait. Il était rare qu’il prenne le temps d’écouter les destinataires prononcer ses discours. Il n’aimait pas le ton avec lequel on lisait ses mots. Surtout depuis que la résistance s’était alliée au gouvernement et que les propos avaient complètement changé. Quel besoin avait-il eu de faire ce pacte ? C’était donner foi aux allégations de la résistance et Marcus était certain que cela allait un jour se retourner contre les membres du gouvernement. Quand le moment sera venu, il sera intéressant d’avoir réfléchi aux solutions de repli à l’avance.

Accompagnée par Giulietta, il marcha d’un pas lent vers son bureau qui se trouvait quelques couloirs plus loin. Sur les portes devant lesquelles ils passaient, des petites pancartes indiquaient ce qui se cachait derrière les battants. Service comptabilité. Secrétariat. Responsable de tel service ou de telle équipe. Le nombre de personnes qui œuvraient au sein de ce bâtiment étaient nombreuses et Marcus ne les connaissait naturellement pas toutes, malgré sa bonne mémoire visuelle. Il sourit à Giulietta quand elle lui demanda comment il en était arrivé là. « Oh non, j’ai gravi les échelons comme tout le monde. J’ai commencé tout en bas, mais, rapidement, on a remarqué que je pouvais être persuasif et que je savais manier les mots. Puis un jour il a fallu remplacer l’ancien chargé de communication. On a pensé à moi, et me voilà. » C’était un résumé très bref de son parcours au sein du gouvernement mais il n’avait jamais été du genre à se confier. Encore moins à des inconnus. « Et vous, quel métier exercez-vous ? » Détourner la conversation était toujours la meilleure solution. Un peu de politesse et de jolis mots et tout prenait toujours la tournure qu’il espérait. Du moins dans la plupart des cas.

« Vous me ne dérangez pas. C’est bientôt la fin de ma journée de toute façon. Le travail attendra demain. Et puis je ne peux pas vous abandonner comme ça après le choc que vous avez subi, je me sens un peu responsable. » Ce qui n’était pas tout à fait vrai, après tout c’était elle qui lui était rentrée dedans. Mais il avait appris la politesse et la galanterie envers les femmes. Si parfois il ne savait pas comment se comporter en société, il avait eu néanmoins une éducation anglaise. Le terme de gentleman ne lui siérait certes pas mais certains principes étaient bien les siens tout de même. Il avait adopté un ton léger, proche de celui qu’on adopte lorsqu’on veut faire de l’humour. Il garda ce ton lorsqu’il dut répondre à ses autres propos. « Et bien quand vous reviendrez le voir, essayez de ne pas percuter d’autres employés. Ou on murmurerait que vous venez uniquement pour créer des problèmes. Ce serait fâcheux. » Il haussa un seul sourcil pour accompagner son ton qui s’était fait encore un peu plus taquin.




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MessageSujet: Re: « Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]   Mar 23 Fév - 21:05


Le velours que j’utilise, ainsi que les compliments que je ne cesse de faire, m’arrache la gorge et attire une nausée malvenue. Ses discours ne sont que répugnance et propagande, que je déteste au plus au point. Et pourtant, face à cet homme, j’arbore un grand sourire avenant, laisse mon regard pétiller et lui permet de croire en mon intérêt sincère. Fort heureusement pour moi qu’il est incapable de lire mes pensées, vu le dégoût que ces dernières se permettent d’exprimer. Mon visage souriant est bien loin de ces considérations internes alors que de nouveau, je lui offre quelques mots probablement trop téléphonée, qui risquent d’attirer ses doutes bien trop vite. Probablement devrais-je réfléchir à une approche un peu plus discrète, mais après avoir commencé ainsi, je ne me vois pas capable de changer mon attitude du tout au tout. Je m’enferme donc dans cet amas de bienséance, tout en continuant à l’accompagner de mon pas léger. Les murs du gouvernement, par trop oppressant, semblent parfois se rapprocher et se refermer sur moi et j’y vois là un signe évident de ma bêtise. Je ne devrais plus être ici, pas lorsque le frère de Liam risque de me tomber dessus. Pas alors que je n’ai officiellement, plus rien à faire dans le coin. Je ne me dérobe pourtant pas, continue à avancer dans les méandres que j’ai appris à apprécier malgré moi et sursaute lorsque sa voix résonne de nouveau entre nous. Perdue dans les avertissements vains de mon esprit défaillant, j’en ai oublié ma question et reste donc surprise une seconde, lorsqu’il fini par y répondre. D’une oreille attentive, je me concentre sur chacun de ses mots, dans l’optique de chercher un indice, une porte que je pourrais franchir pour me rapprocher de lui, m’immiscer dans sa vie. Rien pourtant ne m’arrive et c’est avec un léger sentiment de frustration que je termine l’écoute de son parcours. L’intérêt que je porte au chargé de communication diminue légèrement, mais je n’abandonner pas tout de suite, trop têtue pour laisser un potentiel pigeon me glisser entre les doigts.

Le sujet revient vers moi et j’accueille la question dans un hochement de tête ravi. Je feins m’extasier à la simple idée de parler de moi, comme la petite femme frivole que je sais être lorsqu’il le faut. « Oh… Rien d’aussi intéressant, j’en ai peur. » Je ne pousse pas le vice à pouffer, mais illumine le morne couloir d’un sourire qui se veut éclatant. En jouant un peu le mystère, je plonge mon regard dans le sien, juste une seconde, avant de mettre mes mains dans mon dos, dans une optique de légèreté. « Je suis peintre. Enfin… C’est un grand mot je suppose. Disons que je gribouille avec la peinture et que j’essaye de gagner de l’argent comme ça. » Cette fois, je laisse un petit rire m’échapper, complètement sincère. Probablement la seule once de sincérité que j’ai pu laisser échapper depuis notre rencontre fortuite. Toujours dans mon espièglerie permanente, je l’écoute avec attention et me délecte de l’intérêt qu’il semble enfin me porter. « Ce n’est pas votre faute voyons ! Je ne regardais. Vous n’avez pas à vous faire pardonner de quoi que ce soit. Ceci dit… Je suis contente de passer un peu de temps avec vous. » J’apprécie peu le fait de devoir lui lécher un peu les bottes pour parvenir à attirer son attention, mais dans l’ensemble, nos dialogues plaisants me font peu à peu aimer le moment passé en sa compagnie.

Lorsque l’improbable se profile enfin, je ne peux empêcher un franc éclat de rire, qui vient ponctuer sa remarque, qui aurait pu se trouver vexante, s’il n’avait pas eu ce ton bien agréable. « Promis Marcus, je m’efforcerai de faire attention la prochaine fois. » Dans cette formulation bien trop spontanée, mon côté italien ressort lorsque je me permets à l’appeler par son prénom, bien plus rapidement que le voudrait la bienséance. Si cela n’a pas été prémédité, je laisse pourtant ma main atteindre mes lèvres de nouveau. « Oh pardon je… ne suis pas aussi familière d’habitude. » Je pourrais bien sûr prétendre, que sa présence me rend tant à l’aise que je me suis oubliée, mais je me retiens de justesse, pour ne pas me perdre dans une lourdeur malvenue. « Je devrais utiliser un filtre parfois… » Je préfère m’exprimer dans un soupir, pour me fustiger de cet oubli, somme toute peu attendu…

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MessageSujet: Re: « Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]   Sam 16 Avr - 17:56


« Concurrence et profit : l’un est la guerre, l’autre le butin. »



Marcus & Giulietta
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Cette femme était certes charmante et intéressante, mais Marcus ne parvenait pas à saisir ce qui le perturbait en elle. Elle était peut-être un peu trop polie. Et cette attitude dénotait de manière tellement singulière par rapport à tous ceux qu’il pouvait croiser au quotidien que cela le… choquait. Il ne pouvait pas s’ôter de la tête que cela cachait quelque chose de louche. Alors qu’elle pouvait tout simplement posséder ce type de caractère et ne rien feindre. Cependant, Marcus avait eu l’habitude de se méfier de l’eau qui dormait. Cette manière d’agir l’avait souvent fait éviter de nombreux ennuis et il s’y tenait. En attendant, pour l’instant, il répondait avec la même politesse dont elle faisait preuve. Après tout, rien n’indiquait qu’elle était néfaste. Marcus se targuait d’être assez fin pour sentir que quelqu’un voulait se jouer de lui, ou l’utiliser, alors il se rendrait certainement compte si cette femme tentait de le faire.

La première question qui lui vint à l’esprit lorsqu’elle évoqua son métier était de comprendre comment elle faisait pour vivre avec ce type de profession dans le monde dans lequel ils vivaient à présent. Un mauvais esprit dans sa tête lui susurra que c’était sûrement pour cette raison qu’elle était précédemment mariée à un ministre. Il s’en voulut un peu. Il était toujours obligé de voir le côté négatif des gens qu’il rencontrait ou avec qui il traitait. Cette déformation avait fait de lui l’homme qu’il était, à savoir un être solitaire, peu enclin à l’amitié ou à toute forme de sentiment positif avec un autre être humain. Et, dans la plupart des cas, cela lui convenait, il le reconnaissait. Mais comme l’humain n’est pas fait pour vivre éternellement seul, l’absence de ses semblables pouvait occasionnellement créer un vide en lui. Vide qu’il remplissait alors comme il le pouvait. Il était quasiment sûr que c’était lors d’une de ses périodes de manque d’humain qu’il avait rencontré celle qu’il appelait Marilyn. Sinon comment expliquer l’intérêt qu’elle avait suscité en lui ? S’il n’avait pas été aussi faible à l’instant où ses yeux s’étaient posés sur elle, il n’aurait certainement pas succombé autant. Mais tout cela était à présent du passé, il ne pouvait plus le changer, et le futur lui réserverait très probablement d’autres surprises.

S’il cilla de l’entendre utiliser son prénom comme s’ils étaient amis de longue date, il n’en laissa rien paraître. D’autant qu’elle s’excusa immédiatement, cette familiarité semblant être sortie de sa bouche contre sa volonté. Encore une fois, un léger malaise revint flotter dans sa poitrine, sans qu’il ne parvienne à saisir son origine. « Il n’y a pas de mal, ne vous en faites pas. » A bien y réfléchir, il trouvait cela presque charmant la façon dont Giulietta avait automatiquement porté sa main à sa bouche, comme si ce qu’elle avait dit été honteux. Il n’allait pas lui reprocher son attitude, lui-même avait l’impression de se permettre un peu trop de proximité avec elle. Ses traits se plissèrent à cette idée, et il se dit qu’il fallait qu’il reprenne un peu son attitude plus professionnelle et ferme. Se laisser aller en de telles familiarités n’était pas dans son habitude.

Alors qu’ils arrivaient dans le couloir où se trouvait son bureau, un de ses collègues déboula d’un pas rapide. Il repéra Marcus au loin et le héla d’un ton pressé. « Kostas, on a besoin de toi en salle de réunion 6. Tout de suite ! » Le sentiment d’urgence qui avait retenti dans l’espace vide se répercuta immédiatement dans le cœur de l’intéressé. Il n’était pas du genre à envoyer paître cet individu qui osait déranger sa fin de journée, et qui promettait par là une soirée placée sous le signe du travail. Visiblement, il s’était trompé. La besogne n’attendrait pas demain. Vu le ton employé par son collègue, l’urgence était réelle et il ne fallait pas tarder. Il se tourna vers sa compagne et eut une moue désappointée. « Je suis navré, il semble que ma journée ne soit pas encore finie… Je vais devoir vos abandonner ici, ça a l’air urgent, il vaudrait mieux que je ne tarde pas à m’y rendre. » Il se sentait un peu mal de la laisser comme ça, de but en blanc, mais son supérieur ne lui pardonnerait pas de laisser traîner une affaire urgente. Elle pourrait certainement le comprendre. Il lui adressa un dernier sourire poli avant de s’élancer à la suite de son collègue qui était déjà loin. Il se retourna une dernière fois pour lui lancer : « C’était un plaisir de faire votre connaissance, à la prochaine j’espère ! » Puis, il disparut en tournant le coin d’un nouveau couloir.

- FIN -

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« Concurrence et profit : l'un est la guerre, l'autre le butin. » [Marcus & Giulietta]

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