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 /!\ Misfits (.Kyran)

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MessageSujet: /! Misfits (.Kyran)   Ven 20 Nov - 22:00

MISFITS

feat Kyran R. Hogan & Aleksi S. Lenaïk
Evidently we can't work it out. I guess that courage ain't allowed. Evidently you're not in the mood. And everything I say just bothers you. You built this fortress. I stumble towards it. Evidently you look furious. Walls up and I know you're serious. And guilty I may be. But don't give up on me. In the wake of the Odyssey. We will still be thick as thieves. Evidently this is my mistake. Lost touch but I think I've been replaced.Evidently something's gotta give. Play it safe, but I know you're worth the risk


L’appréhension du retour greffée au cœur. L’infirmière me parle, mais les mots refusent de pénétrer les brumes de mon esprit. Rongé de l’intérieur par l’angoisse, fatigué par les traitements qui m’accablent depuis mon entrée ici. Dans la discussion accablante me parvient l’écho de certains mots. Psychologue et rendez-vous, injections et chimique. Et les frissons qui dégringolent le long de mon échine. Elle ose me dire que c’est pour mon bien. Appose un sourire chaleureux sur ses lèvres carmin. Et l’envie de lui arracher son sourire me prend à la gorge. Je réplique, appose sur mes propres lippes une singerie imitant son rictus pour faire croire à ma bonne foi. Je ne prendrais pas rendez-vous, j’arrêterais le traitement qui me fatigue et me bride. Il n’y a pas de maladie, seulement un choix de vie et une orientation qui ne peuvent être effacés par des injections d’hormones. La stupidité et la barbarie de la chose me restent en travers de la gorge. Je me perds une fois de plus dans les méandres de ma déraison. Et sursaute lorsque la question brise le silence. Ai-je quelqu’un à contacter ? Je cille, interdit. Efface Son nom dans un hochement de tête négatif. Aucun téléphone pour le joindre, elle devrait le savoir. Et quand bien même, Il ne viendrait pas. Ezra… Si sa présence parviendrait à libérer mon cœur d’une partie du poids qui l’écrase, je refuse de lui infliger ça. Ma pitoyable présence, mon silence et les larmes qui me brûlent les yeux depuis deux semaines. La honte en écho à ma douleur. C’est un soupir qui accompagne ma sortie de la chambre aseptisée. Aidé par l’infirmière, dont le seul contact me révulse. Le souffle suspendu dans les poumons, les artères en feu, la pression se relâche lorsque je me retrouve seul avec mes affaires devant les portes de l’établissement. Face à un décor morne et gris, dont le froid mordant me fait frissonner. Des flocons éparses s'écrasent au sol pour le recouvrir d'une légère couche blanche. J'ai le mal du pays devant ce spectacle. Et la désagréable impression de sortir de prison. Cette liberté offerte après avoir purgé sa peine que je n’ai jamais connue. Le regard ancré vers l’horizon, je m’oblige à ne pas regarder en arrière. Par peur de les voir changer d’avis. Continuer de payer pour un crime qui n’en est pas un à mes yeux.

Gravir les marches qui me séparent de l’appartement ne m’a jamais paru aussi pénible. A chaque pas, le cœur bat plus fort. Et lorsque je m’arrête devant la porte écaillée, je tremble. Hésite avant d’extirper les clés des poches de ma veste. Elles restent suspendues devant la serrure, indécises. Et lorsque le déclic résonne enfin dans le silence morbide du couloir, j’en ferme les yeux. Un enfant craignant de se faire prendre en pleine bêtise aurait certainement la même attitude que moi. Une inspiration, l’apnée à nouveau et la porte qui s’ouvre. Sur le vide. Sur Son absence. La mâchoire et les dents se desserrent, libérées d’un poids. Ce n’est que remettre à plus tard l’inévitable. La confrontation que je ne suis pas prêt d’affronter. Les clés se posent sur un meuble branlant près de la porte. Bientôt rejointes, par le sac et les boites contenant les seringues, gracieusement offertes par l’hôpital. Le dédain collé au visage et l’ombre d’une vague colère ancrée dans les pupilles, je tourne le dos à l’offense. Vacille dans la contemplation de ce décor familier. J’ai l’impression de ne plus être à ma place. De m’introduire dans un univers qui n’est pas le mien lorsque je viens m’assoir sur le rebord du lit défait. Sa place seulement, pas la mienne. Laissée intacte comme pour témoigner de mon inexistence. La main revient s’enrouler autour de ma gorge. Je réprime dans un hoquet l’accès de faiblesse venu perler contre mes cils et envoie valser plus violemment que je ne le voulais, mes chaussures sur le parquet usé. Pour finalement m’allonger à ma place. Tournant le dos à la Sienne.

C’est une tentation à laquelle je ne parviens pas à résister. Un appel silencieux de ma conscience qui me pousse à me tourner pour me perdre entre les draps défaits. Les paupières se ferment et je m’enivre des restes de Son odeur. Cherche dans ces relents l’illusion de Sa présence. Sa chaleur contre ma peau et le feu de Ses étreintes. Le souffle en déroute, la main glisse contre mon ventre, s’abandonne entre les cuisses. Mais le refus reste entier. Le silence, mon propre corps qui me tourne le dos. La peine contre les lèvres, la honte sur la langue, je mets un terme au supplice et reviens m’échouer à ma place. En boule pour atténuer la sensation de chute qui me poursuit. Ils m’ont détruit. Fracassés de la même manière que les autres, des années plus tôt. Violé une fois de plus par la volonté de la tyrannie au pouvoir. Les paupières toujours closes, comme un refus d’affronter le vide, je sursaute lorsqu’un poids vient peser près de moi. L’intrus m’oblige à quitter ma cécité, et les pupilles fatiguées se posent alors sur Perk. La boule de poils s’étire, se dandine jusqu’à venir coller son museau contre mon nez. Le ronronnement de l’animal m’apaise, appose un faible sourire sur mes lèvres. Qui gagne en intensité lorsque le chat vient se rouler en boule contre mon ventre. Je m’autorise à laisser ma main venir se perdre dans ses poils. Récolter un peu de chaleur dans ce contact, l’affection qui me fait défaut et me détruit de l’intérieur. La présence de l’animal allège mon cœur, le libère de cette angoisse sourde et je baisse la garde. Résiste malgré tout contre le sommeil venu gratter mes paupières. Pour finalement perdre la lutte dans un reniflement. La sensation de fatigue, elle est devenue ma meilleure alliée depuis des jours. L’impression de ne pas dormir assez malgré un nombre impressionnant d’heures de sommeil.


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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Sam 21 Nov - 17:43

La neige glisse contre ses paumes ensanglantées, s’incruste dans les blessures ouvertes pour mieux le faire frissonner. Le froid glacial s’appose contre l’épiderme fiévreux, fait redoubler ses claquements de dents. Empire le sort déjà critique de ses nerfs effilés. Le scandinave abhorre le changement incongru de climat et presse davantage le pas. L’un de ses bras replié contre son torse se cache à l’intérieur de sa veste, pour ne pas affoler les passants. Le cuir dissimule aussi la plaie béante contre sa hanche, la tâche sombre qui macule son haut clair. On pourrait cependant le suivre à la trace, avec toutes les gouttes de cruor qu’il sème. Elles creusent un sillon ébène dans le manteau blanc qui recouvre l’asphalte. L'écarlate souillé annonce la couleur. La chair littéralement arrachée par la mâchoire d’un zombie, qui peine à se refermer tant l’infection bataille pour se propager. La vision n’est pas jolie à voir et il cherche à éviter un mouvement de panique en ne s’attardant pas dans les rues. Ou de se faire abattre comme un vulgaire chien par les forces de l'ordre. Même si tous ses muscles lui font mal, tirent sous l’armure diaphane avec une ardeur infernale. Les ecchymoses ravagent l’ivoire de sa peau de haut en bas, ne faiblissent pas. Tout le mécanisme de guérison est ralenti, concentré sur les marques de morsures qui maculent son corps esquinté. Démoli pour une poignée de billets verts. Il a enchainé beaucoup trop de combats dans une même soirée pour en sortir indemne. Le dernier aurait pu lui être fatal, s’il ne s’était pas dégagé au dernier moment pour planter une lame dans le crâne du monstre s’apprêtant à le dévorer.

Rompu à la solitude depuis plusieurs semaines, il ne s’attend pas à trouver qui que ce soit dans son appartement. Il n’y a plus que le vide pour l’accueillir depuis qu’Il est parti. L’ours bourru ne veut voir personne, préfère lécher ses blessures à l'abri des œillades inquisitrices. Douloureuse, la montée des marches épuise ses dernières réserves d’énergie. Par pur réflexe, il appuie sur la poignée à l’étage, tout en commençant à chercher dans ses poches les clefs. Elle s’ouvre brusquement, et il manque de trébucher lamentablement. Surpris, il s’engouffre à l’intérieur, et ses prunelles claires ne tardent pas à aviser une forme familière blottie entre les draps. Sa respiration se bloque l’espace d’un instant, la machinerie qui lui sert de palpitant s'enraille. Un profond soulagement s’empare de lui, puis se fait balayer par une vague de rage. Brusque, primaire, instinctive. Il le préférait presque inconscient finalement, quand la peur de Le perdre était plus forte que l’offense. Il toise la silhouette recroquevillée avec dédain, résiste à l’envie de se couler contre elle, de voler un peu de Sa chaleur pour réchauffer son corps mort. Puis d’un geste plus vif que son état n’est supposé le lui permettre, il tire la couette avec hargne. Même le chat semble prendre peur, cerner que les choses vont tourner au vinaigre, et quitte la couche de ses maitres pour partir se cacher dans un recoin inaccessible. Le mafieux prend bien soin de ne pas le toucher. Par peur de l’amocher grièvement dans un accès de fureur. Ou de l’éteindre jusqu’à l’étouffer, tant Sa présence a pu lui manquer. « - Tu prends toutes tes affaires et tu dégages. Je veux plus te voir ici. » Crache-t-il, mauvais. « - Magne-toi le cul ! » L’ordre claque cruellement. Il ne lui laisse aucune chance, ne cherche pas à entendre Sa version de l’histoire. Il la connait. Sans s’attarder, il attrape au pêle-mêle quelques-unes de Ses affaires, les salit au passage avec son hémoglobine putride. Le tyran cherche à les caser dans un sac, mais la moitié s’écroule par terre tant il s’y prend maladroitement.

« - Putain t’en as quand même une belle paire d’oser te repointer ici comme une fleur. S’ils t’ont suivi, ça va faire bien d’ailleurs sur ton cv. Ça va arranger ton cas déjà désespéré, ya pas de doute. » Peste le jaloux maladif, avant de se résigner, et d’envoyer valser tout ce qu’il tient d’une main. Il se dirige alors vers le meuble à côté de l’entrée, fait chuter ce qui s’y trouve. Des seringues dégringolent, rebondissent contre le plancher. La découverte a le mérite de l’immobiliser net. Péniblement, le norvégien se baisse et ramasse l’une des seringues échouées par terre. Ses côtes fêlées craquent dans l’effort, son souffle se coupe. La douleur fulgurante le fait légèrement tituber. Du bout des doigts, il s’appuie furtivement contre le sol, et se redresse laborieusement. Plié en deux comme un pauvre vieillard. Chancelant, il se rapproche ensuite suffisamment près pour jeter au visage d’Aleksi sa trouvaille. « - C’est quoi ça ? T’as déjà eu le temps d’aller chercher ta came ? Ils t’ont pas assez abruti à l’hosto ? » Rugit-il. Derrière l’apparente colère, c’est pourtant l’inquiétude qui prédomine. Protecteur, il aime moins qu’auparavant savoir son amant dépendant à l’extrême de ce genre de poison. Mettre Sa santé en danger pour une dose de pourriture dans les veines, pour se détruire les neurones. Un court silence de répit avant que le malfrat ne recommence à grogner. « - Nettoie-moi ce merdier nom de dieu, reste pas avachi comme une loque dans le lit ! » Hors de question de passer pour un faible, de Lui laisser percevoir son trouble. Il Lui en veut à crever, d’avoir laissé un autre posséder Ses reins. Et peut-être plus d’une fois, de surcroit. De n’avoir pris aucune précaution, de s’être fait attraper comme un pauvre novice. Ses ignobles lésions continuent de le faire trembler. Il en grimace d’affliction, incapable de se contenir. Il ne veut pas regarder où elles en sont devant le finlandais. Vérifier qu’elles ne se sont pas davantage aggravées sur le chemin, comme il le redoute. Mais si le trajet l’a lessivé, sa crise d'énervement est en train de l'achever comme un imbécile, et il ignore combien de temps il pourra encore tenir debout.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Jeu 26 Nov - 20:54

(Paroles en italique = Finnois)

Le réveil se fait en sursaut. Le froid mord la peau, le chat abandonne sa place et du venin m’explose à la figure. J’ignore combien de temps j’ai dormi. Je n’ai pas l’occasion de vraiment y penser tant le retour en fanfare de Kyran me laisse interdit. Je m’attendais à un orage, et je récolte une tempête. Une déferlante de rage qui me coupe le souffle. Je cille, bêtement. Ignore délibérément la suite des horreurs qu’il me lance pour rester bloqué sur la même phrase. Je veux plus te voir ici. L’offense tiraille mon cœur entre la douleur et la haine. Et je reste figé, le temps de Le suivre du regard et le laisser s’agiter dans la pauvre pièce. Sa faiblesse me cisaille les pupilles, et l’odeur si familière de Son sang me comprime les entrailles. « - Avec ce que tu sèmes, ils n’ont pas besoin de moi pour trouver ta planque. » Affaiblie par la fatigue et le sommeil encore ancré à mes pupilles, la voix se fait fragile. Et dans la trachée comprimée, la chaleur de la haine remonte. Je m’extirpe du lit, attrape mes chaussures que je remets à la hâte. Les mots se meurent dans ma tête, se perdent dans les limbes. Dans mon refus de vraiment répliquer.

« - Tu l’as mis tout seul, débrouille toi pour ranger. » Ma voix vibre, tremble d’une colère qui me brise le cœur. J’ai mal, au plus profond de ma poitrine. La déchirure se fait intense à mesure que je fourre mes affaires dans le pauvre sac dont les coutures craquent face à la fureur avec laquelle je m’exécute. La fatigue n’est plus qu’un souvenir, remplacée par le venin d’une colère sourde. Il m’insupporte. Attise ma rancœur et ma peine. Celle engendrée par Son absence, cette ignorance qu’Il m’a offerte pendant ma convalescence. Qu’espérais-je ? Qu’il prenne le risque de venir me rendre visite ? Bafoue sa liberté pour prendre de mes nouvelles ? Certainement, pauvre imbécile que je suis. La fermeture du sac se bloque dans un bruit sec et je cesse enfin de m’agiter dans le pauvre studio. Immobile devant la porte, le regard fatigué brûlant de douleur qui se pose sur Sa silhouette fracassée. J’hésite un instant, brûle d’envie de m’approcher, de contempler l’étendue des dégâts. Les effluves du sang qui me retournent le ventre, m’astreignent à la distance. Et ma piteuse décision s’ancre pour de bon dans les brumes de mon esprit. « - Va te faire voir, Kyran. » Je le crache dans un reniflement, jetant le sac sur mon épaule pour prendre la porte sans demander mon reste. Mis dehors par Son éternelle mauvaise humeur. Et la mienne qui monte en flèche à mesure que je descends les marches. Dans l’escalier miteux, le froid se fait incisif et je frissonne. Mâche ma fureur pour m’immobiliser une fois le coin de la rue atteint. Les flocons en tas devant mes pieds, le froid dans les doigts qui tentent d’extirper une cigarette de ma poche. Elle s’embrase et la bouffée de nicotine qui se rue dans mes poumons calme le temps d’un battement de cils la douleur qui me dévore la poitrine. Les suivantes laissent le temps aux pièces de s’assembler. De former un puzzle qui me fait froncer les sourcils lorsqu’il se trouve résolu. Folie d’un suicidaire qui prend soudain conscience du rôle qu’il joue dans cette pitoyable comédie. Ce n’est pas le fait de n’avoir aucun endroit où aller qui vient de me sauter à la figure. Mais mes maigres économies qui filent dans ce pauvre studio. L’héritage d’une vie morcelée pour Lui offrir un toit le temps qu’Il se reconstruise. Je râle, écrase d’un pied rageur ma cigarette et soupire avant de faire volte-face, revenir en arrière et remonter les maudites marches.

La porte s’ouvre à la volée, le sac va s’écraser à côté du lit et déjà le panneau de bois se referme dans un claquement sourd. « - Pour qui tu te prends ? Au cas où tu l’aurais oublié, Je suis celui qui paie pour tout ça. Si l’un de nous doit dégager, ce n’est certainement pas moi. » Les cordes vocales se tendent et se déchirent. Vibrent des notes d’un accent nordique ressurgissant seulement quand la colère se fait souveraine. Je m’efforce de garder le contrôle, de ne pas céder à l’envie harassante de lui cracher tout mon venin à la figure. Ce qui accable mon cœur, le presse et le flétrit depuis des mois. L’accumulation de rancœur et d’exaspération pour écraser cet amour détestable. « - Tu n’es plus en position de me donner des ordres, je ne suis plus ton larbin mais ton… » La phrase se suspend sur ma langue. Et apposer un nom sur ce que nous sommes m’est impossible. Peut-être parce que nous ne sommes rien. « - Je ne suis plus ton employé. » A défaut de pouvoir pleinement libérer ma pensée, ce qui filtre est un ramassis de mépris corrosif. Du bout du pied, je bute dans une des seringues éparpillées par terre. L’envoie dans sa direction, la mâchoire serrée et des tremblements sur la peau. « - Justement, ils s’en sont donné à cœur joie, c’est un souvenir du séjour. Ils m’ont gratifié du forfait de luxe, castration et psychologue personnel. Alors oui, à choisir, j’aurais préféré que ce soit une bonne dose d’héroïne pour me bousiller utilement. » Les épaules se haussent et les bras frappent le vide avant de retomber lourdement contre mes flancs. La lueur des larmes au coin des cils, mon regard s’ancre au Sien, paré de la même froideur qui alimente les pupilles grises. « - Tu peux remercier notre cher Gouvernement, il te donne la meilleure excuse du monde pour continuer de te comporter comme un connard machiste finit à la connerie. » De l’arrogance dans la voix et de la peine dans le cœur. Je baisse les yeux et enlève ma veste. Reprend mes droits sur un monde qui ne m’appartient pourtant plus. Ramasse les seringues éparses sur le sol pour les remettre dans un coin. Afin de mieux les oublier. Le silence en sentence, je Lui tourne le dos le temps de me racheter une ligne de conduite. Inspire pour contraindre le calme à revenir se ruer dans mes veines et assécher le sel qui me brûle les pupilles.

« - Si tu pouvais t’étouffer avec ton humeur de merde. Et après tu oses dire que je suis un cas désespéré. Pauvre type… » Craché dans un finnois blessé avant de me réfugier dans la salle de bain, les insultes fusent dans ma langue maternelle tandis que mes mains tremblantes cherchent de quoi panser Ses plaies. «-  Maintenant tu ravales ta foutue mauvaise humeur, et tu poses ton cul. Enlève-moi ces chiffons. » Le courage de Le toiser, implacable. Et le cœur au bord des lèvres en attendant que le norvégien daigne s’exécuter. « - Tu es pitoyable… Je suis peut-être une loque, mais tu n’es pas mieux. Tu as gagné combien cette fois ? Dix dollars ? » C’est du mépris qui me mord la langue quand sous la peau l’angoisse se fait impérieuse. Si mes dépendances menacent d’avoir ma peau, les Siennes sont toutes aussi redoutables. Et même si en cet instant je Le déteste, je préfèrerais encore passer des mois dans une maudite chambre d’hôpital plutôt que de Le perdre pour de bon.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Dim 29 Nov - 22:34

Planté devant lui, à une distance respectable, le finlandais semble attendre. Un signe, un élan de faiblesse de sa part. Il le scrute intensément, et la souffrance indicible qui déchire les émeraudes le fait frémir. Les mots pour retenir le brun se bousculent mais il est incapable de les laisser s’exprimer. Ils se mélangent, s’alignent pour mieux se retrouver dans le désordre. Son ego étouffant occupe les deux ventricules de son palpitant, noie ses nobles intentions. Les dents serrées, il se persuade que c’est ce qu’il veut. Ne plus Le revoir, au moins tant que sa rancune sera aussi vivace. Tant que la fureur fourmillera à ce point au creux de son poing, désireux de s’écraser contre la ligne délicieuse de Sa mâchoire. Il s’impose un silence religieux, Lui concédant au moins le dernier mot. La porte claque, le fait sursauter. Une seconde lui suffit pour regretter son geste odieux. Depuis quand obéissait-Il à ses ordres au juste, l’employé téméraire et insolent ? Depuis quand s’exécutait-Il si facilement en étant victime d’une telle injustice ? Le souffle court, les jambes chancelantes, le mafieux vient s’asseoir sur le matelas. Juste à côté de l’empreinte laissée par Aleksi. L'odeur capiteuse qui imprègne les draps, se mêle au cruor séché dans ses narines. Il soulève son haut, se contorsionne pour inspecter la vilaine blessure qui s’étend contre sa hanche. Le mouvement le fait grimacer, autant de douleur qu’à cause de la vision ignoble. Des sueurs froides glissent contre son échine, accentuent son malaise. Il ne peut pas s’empêcher de jeter des coups d’œil furtifs à l’entrée, dans l’espoir futile de Le voir revenir, après avoir tout mis en œuvre pour Le faire fuir. Doté de guiboles de plomb, il ne se sent pas de descendre les escaliers, de courir après une ombre. Le hacker est certainement déjà trop loin pour ça de toute façon.

Ses pieds trépignent, battent d’anxiété jusqu’à ce que le souhait se réalise. Le panneau de bois s’ouvre brusquement, laisse passer la tornade de rancœur dans son sillage. Un profond soulagement libère ses entrailles cadenassées par son effarante bêtise mais l’arrogance reprend bien vite le dessus. C’est mécanique, il se doit de répliquer. « - Tu veux qu’on parle de tous les mois où t’as pas payé de loyer ? Où t’étais nourri, logé, et payé grassement ? T’as envie qu’on tienne les comptes peut être ? Je suis pas certain que t’aies les moyens de rembourser, même sans les intérêts de retard. » Siffle t’il, redressant naturellement les épaules pour se donner davantage de contenance. « - Je dois te rappeler que c’est ta faute si on est obligés de se terrer dans ce clapier ? La moindre des choses que tu puisses faire, c’est de pas trop la ramener à ce sujet. T’es pas en position de faire le malin non plus. » L’ignoble piqure de rappel lui fait mal. Il n’a pas seulement perdu les biens matériels amassés, son trafic, sa réputation. Il a perdu son indienne. D’une œillade noire, il intime au brun le silence, de ne pas broncher. La seringue emballée sous plastique ricoche contre son genou, lui inflige une déconvenue supplémentaire. Mais ce n’est rien à côté de la bouffée de rage qui le prend aux tripes en songeant aux effroyables sévices subis. Au fait qu’il n’en a rien su, même en fricotant allègrement avec Son infirmière, même en veillant sur lui pendant Son sommeil. Inutile jusqu’au bout. Impuissant comme jamais.

Océans d’acier, ses prunelles se fondent dans les Siennes, relèvent l’affreuse détresse qui s’y entasse. Elle lui broie littéralement le cœur, le lacère. Mais il n’a pas le temps de s’y accrocher, le marasme de frustration nocive et de fierté mal placée réduit en charpie ses nerfs à vif. Et ces quelques mots qui l’écorchent, les rares qu’il a pu saisir au milieu des bougonnements en finnois. Proches de sa langue barbare maternelle. Merde. Pauvre type. Il ne comprend pas le reste, mais cerne sans difficultés l’idée principale. Peu élogieuses, les attaques déguisées le blessent. Vexé qu’Il utilise un dialecte qui est supposé lui être étranger pour l’insulter. « - Répète un peu en anglais pour voir ? Le connard machiste t’emmerde. Tu t’y es foutu tout seul. Et entre nous, continuer à aller chez le psy te serait peut être salutaire. » Crache t’il, usant à son tour d’insinuations qui laisseront l’amant bafoué dans le flou. Rongeant son frein pour ne pas étendre la confession. L’assassin semble avoir oublié une partie de ce qui est arrivé dans la cave, et il n’en a jamais reparlé. Comme si omettre la vérité pouvait suffire à l’effacer. Ou l’art de se leurrer, de s’enfoncer la tête dans le sable jusqu’à s’en faire saigner les rétines. Il s’est contenté d’honorer sa promesse. Ne plus s’égarer dans des étreintes éphémères, désinvoltes. Les visualiser la chair écartelée lui coupait le désir de se fondre en elles. Ce n’était pas tant les morts abominables qui gelaient ses veines, le faisaient frissonner d’horreur. Mais d’être apte à faire de Lui un être inhumain, un abject monstre. S’il chérissait Sa noirceur, ce n’était que parce qu’elle masquait tout ce qu'il aimait, tout ce qui pouvait l’attirer en Lui. La fragilité, la sensibilité amère qui brisait les remparts érigés autour de son palpitant.

Les éclats de colère le poussent à se lever lourdement, l’orgueil titillé par le besoin viscéral de Lui faire ravaler son venin. Loin d’être coopératif, l’ours bourru le toise sans obtempérer. L’animal sauvage préfère lécher ses plaies à l’ombre, isolé. « - Je vais m’en occuper moi-même, te donne pas cette peine. » Il rompt la distance subitement, hargneusement. Semblable à un enfant impétueux, il donne un coup dans ce qu’Il tient, en fait tomber la moitié dans le lavabo et l’autre par terre. « - Qu’est-ce que ça peut bien te foutre ? » Mauvais, cinglant, le ton sordide empeste le péril imminent. Le tyran se rapproche, coince presque Son corps contre la tuyauterie. Sa main agrippe Son poignet pour le forcer à lâcher ce qu’Il tient encore entre les mains. Impose à l’épiderme délicat un étau de fer. Jusqu’à le marquer, jusqu’à le faire dangereusement rougir. Sans toutefois le tordre ni le plier. « - C’était comment ? C’était bien au moins ? T’as pris ton pied, ça valait la peine de finir dans une arène et de risquer ta peau ? » Les questions qui fâchent. Celles que le masochiste quémande mais dont il ne supportera certainement pas la réponse. Pas si elle confirme ses peurs. Pas si elle attise sa jalousie démesurée et détruit la machinerie entre ses côtes. Transcendé par son courroux, il en oublie ses contusions et ses morsures. Qu’il n’est qu’une loque qui menace à tout moment de s’effondrer.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Jeu 3 Déc - 21:00


La douleur me lacère le cœur et la colère colmate les brèches. Je Lui en veux. Pour tout un assemblage de choses, dont il n’est même pas responsable pour la plupart. Les reproches se collent sur ma langue mais ne parviennent pas à s’extirper du venin qui s’y trouve. Je suis pourtant revenu pour détendre des nerfs crispés à se rompre. Revenu pour remettre en place une situation qui me détruit de l’intérieur. Il se redresse et la réplique se fait immédiate. Je me mords la langue, crispe la mâchoire pour Lui faire face sans flancher. Les poings se serrent et les répliques me blessent. « - Te rembourser ? Mon pauvre mais tu rêves. Je t’ai déjà payé. En te servant d’exutoire pour tes crises de colère et pour satisfaire ces pulsions que tu refuses d’assumer. » Je le lâche dans un soupir, les dents serrées. Tout en sachant pertinemment qu’il a raison. J’ai payé ma dette comme une vulgaire prostituée, usant d’une enveloppe qui ne m’appartient plus depuis longtemps. Mon excuse est pitoyable, j’en ai largement conscience. Ses colères, je m’en serais passé. Mais le reste. J’étais le premier à vibrer dès qu’Il décidait de rompre la glace pour se faufiler dans ma pauvre chambre. Brûler sa peau contre la mienne et repartir aussi vite qu’il était venu. Je l’accuse alors qu’au fond, j’étais le premier à espérer ses visites. Je baisse malgré tout la tête, ravale les mots qui me détruisent la trachée et préfère me retirer pour éviter de nouvelles balles. Révérence tirée dans les accents d’un vent du nord. Et les paroles qui me parviennent me font grimacer. Qu’il en comprenne le sens, ne serait-ce que l’idée globale, j’aurais dû m’en douter. « - J’ai dit que tu étais le plus adorable de tout l’univers. Tu as vraiment besoin que je traduise ? Je suis sûr que tu as compris l’idée. » Alors pour cacher le trouble, le sarcasme se rue sur mes lèvres. L’ironie d’un mensonge qui se veut cinglant. « - Evidemment, et par la faute de qui ? Je ne suis pas un jouet que tu utilises et que tu oublies ensuite dans un coin jusqu’à ta prochaine lubie. Pour m’épancher sur ton cas et ton égoïsme étouffant ? » Je m’adresse à une ombre. Refuse de Lui faire face pour assumer ce que j’ai fait. La honte se fait impérieuse, assassine, elle vient s’insinuer dans les fibres de mon pauvre cœur qui n’en mène pas large lui non plus. Aussi paumé que son piteux propriétaire.

Je ne m’attendais pas à ce qu’Il s’exécute sans broncher. Je ne m’attendais pas non plus à ce qu’Il se lève et me gratifie de sa plus belle austérité. Le piteux organe se serre dans ma poitrine. Flétrit par Sa faiblesse. Rabougris par la menace qui m’accable et me toise. C’est un soupir agacé qui accueille Sa décision. Et mes doigts qui s’agrippent à mon nécessaire de petite infirmière improvisée. « - Et tu vas faire ça comment, en utilisant ta légendaire souplesse ? T’es déjà pas foutu de tenir debout. » Je reste impassible lorsque la distance se rompt. Scrute Ses traits et je sursaute stupidement lorsqu’Il bute dans mes trésors. Dans la surprise j’en lâche une partie et me cramponne à l’autre pour ne pas sombrer. Les sourcils se froncent, accueillent la déconvenue et je me renfrogne. « - Rien, je m’en fiche en fin de compte. » Je me fiche de combien un de ces ridicules combats peut lui rapporter. Je m’en fiche du moment qu’Il me revient à chaque fois. Je me fous de ce que Moïra et son bordel meurtrier peut Lui apporter. Il n’a pas besoin d’elle et de ces futilités pour se reconstruire. L’aveuglement du benêt fermement entiché de son bourreau. C’est le souffle de la honte qui vient piquer mes joues. Les embrase lorsque les questions impromptues brisent le silence. Je cille, et baisse les yeux vers Sa main qui m’opprime. Le rouge sur ma peau blafarde, la brûlure d’un contact aussi douloureux qu’électrisant. Et dans les méandres de mon pauvre cerveau, les morceaux qui tente de s’assembler. Le préserver ou Le meurtrir. Avouer ou mentir. La décision s’inscrit contre mes tempes et dans un sursaut, je relève la tête pour planter mon regard dans le sien. « - Tu n’as même pas idée. Un physique de rêve et un cul, j’en ai encore des frissons rien que d’y repenser. » L’attitude se fait douteuse, illustre les méandres d’un plaisir qui aurait dû être total. Ce n’est jamais le cas. Même avec toute la drogue du monde, ce n’est jamais réel avec un autre que Lui. A peine un écho qui se répercute contre mon cœur, me fait vibrer quelques maigres minutes avant que tout ne s’évapore dans le néant lorsque les corps se détachent et redeviennent étrangers. Je voulais lui faire mal, et c’est ma propre douleur que je provoque. L’envie de revenir en arrière, d’effacer ces sombres paroles et le silence qui se prolonge. Immobile jusqu’à ce que ma main s’agite, cherche à se délivrer de la pression qui se fait gênante et douloureuse.

« - Lâche-moi. Ne m’oblige pas à vraiment te laisser crever dans ce clapier. » Le murmure qui s’échoue contre Sa peau, avant que les épaules ne se haussent et retombent aussi soudainement. « - Tu peux me toiser tout son soul, me briser les os, tu ne me fais plus peur. Tu grognes, et c’est bien la seule chose que tu sais faire maintenant. » La détermination dans le regard, je ne parviens pas à me défaire de l’acier de Ses pupilles. Le sable s’échoue dans le sablier, les grains s’entassent et je retiens mon souffle. La pression contre mon poignet se fait plus légère. Les doigts se délient dans un murmure. Le cœur qui tressaille et la réaction qui se fait sans la moindre réflexion. Je le sens qui menace de s’effondrer, m’agrippe à Lui pour le retenir avant qu’il ne chute pour finalement le contraindre à s’assoir par terre. C’est l’angoisse qui se rue dans mes veines, fait trembler mes phalanges lorsqu’elles se posent contre Son front brûlant de fièvre. Elles serpentent le long de Son bras, viennent soulever le t-shirt et Le forcent à l’enlever. La blessure qui s’affiche sous mes rétines me fait plisser le nez. Des corps déchiquetés, des plaies atrocement dérangeantes, j’en vois tous les jours à la morgue. Y faire face hors d’une chambre froide me fige d’horreur. Surtout lorsqu’Il en est la victime. « - Ca en vaut la peine, dis-moi, de se faire déchiqueter par les monstres responsables de notre état pour trois pauvres billets verts ? » Le soupir s’échappe contre Sa peau. C’est un reproche qui se fait le détenteur de mes angoisses. Sans m’éloigner, je tâtonne du bout des doigts sur le carrelage jusqu’à attraper un paquet de compresses. « - Laisse-moi m’en occuper. » C’est une demande qui n’attend pas vraiment d’assentiment. Qu’il refuse ou accepte, peu m’importe, le résultat sera le même. La première gaze se pose contre Son flanc, du plat de la main. Elle reste appuyée contre la chair abîmée, le temps d’apaiser l’hémorragie et de laisser le fil de mes réflexions se détendre. Le regard incertain vacille d’une plaie à l’autre, glisse le long des stigmates déjà présentes et de celles encore à vif. Les dents contre les lèvres, elles entaillent la peau et ma main libre se lève. Paume offerte, elle se suspend devant Lui. « - S’il te plait Kyran… » Je me fais l’esclave d’une volonté assassine. Sacrifie ma piètre énergie pour la Lui offrir sans la moindre hésitation. Inverser les rôles, et accélérer le processus de guérison pour faire disparaître plus rapidement le venin qui se rue déjà dans Ses veines. Les cils qui effleurent Sa silhouette avant de se figer et mes pupilles s’ancrent aux Siennes. La pression contre sa hanche se fait plus forte lorsque je me penche. A peine, suffisamment pour effleurer du bout des lèvres le coin des Siennes. Et la supplique se réitère contre la ligne de Sa mâchoire.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Lun 21 Déc - 20:06

Je t’ai déjà payé. La déflagration est immédiate. Assourdissante, elle lui déchire les tympans. C’est la stupéfaction qui domine, en entendant une telle absurdité. Il n’a jamais vu leurs ébats malsains comme l’une des composantes des bons et loyaux services de son employé. Il l’a forcé à bien des choses, mais pas à celle-là. Il ne le fait pas ployer pour qu’Il s’attèle à de basses besognes entre ses cuisses. Il ne le menace pas, ne le supplie pas pour qu’Il daigne embraser ses reins. Qu’Aleksi puisse ne pas être pleinement consentant ne lui a jamais traversé l’esprit, tant il s’est justement échiné à ne pas le brusquer. A ne pas attiser Ses effroyables traumatismes. Il s’agit peut être du seul domaine où il le traite comme un partenaire et non comme son vulgaire larbin. Incarnant le moins entreprenant des deux. L’ancien détenu mène la danse depuis leur première rencontre dans le bar enfumé. Prenant presque constamment les devants. Forçant les barrières d’aversion qu’il érige entre eux, pour qu’il s’abandonne à des pulsions qu’il continue de juger contre-nature. Maladie infecte qu’il ne peut ni museler ni véritablement réfréner. L’accusation scabreuse le lacère, l’écorche vif. Elle le décontenance suffisamment pour le réduire au silence l’espace de quelques minutes.

Ses dents viennent égratigner sa langue fielleuse lorsque le finlandais lui reproche d’avoir trop joué. D’avoir profité de Lui avant de le délaisser. Des mois sans le toucher. A se frustrer chaque fois que leurs enveloppes pouvaient se frôler. Cela n’avait rien d’un jeu, rien d’un caprice, contrairement à ce qu’Il pouvait penser. Il s’est éloigné par nécessité. Par dégoût, par rancœur aussi. Décidé à affaiblir Son obsession vorace, à contrer Ses tares meurtrières. « - Tu peux pas comprendre. » Se contente-t-il de marmonner dans sa barbe, dans l’impossibilité d’aller plus loin. Il doit le tenir dans l’ignorance pour Son propre bien. L’esprit fêlé se briserait en milliers de morceaux acérés si la révélation s’extirpait de leurs lippes empoisonnées une seconde fois. « - T’avais une araignée au plafond bien avant de me connaitre. » Le tyran n’a fait que s’engouffrer dans les failles, qu’alimenter Ses névroses sordides. La démence tapie dans les méandres de Son crâne depuis longtemps.

Sadique autant qu’il peut être masochiste, le prédateur se rapproche, plaque les hanches frêles contre les siennes. Les relents de désir et de haine remontent, se mélangent à son sang gangréné. Au bord de ses lèvres, son cœur saigne. Les gouttes noirâtres s’amoncellent, ulcèrent le palais qu’elles tapissent. L’ignoble réponse aux interrogations qui tournent dans sa tête depuis des jours, sans lui laisser le moindre répit, le fait frissonner. Les lames de glace se plantent dans son échine, raidissent sa posture fière. Il visualise les étreintes obscènes. Aucune réplique n’aurait pu le satisfaire. S’Il avait bafoué les charmes de l’amant sacrifié, il ne l’aurait pas cru. « - Dommage que tu l’aies massacré dans l’arène, le joli petit cul d’Apollon se retrouve maintenant réduit en charpie. Beau gâchis. Mais ça, t’as préféré l’oublier pas vrai ? La sanglante boucherie. Et après c’est à moi que tu dis d’assumer ? » Un ricanement mauvais s’échappe de ses lippes mesquines, alors que la prise contre Son poignet s’accentue. Il ne sait pas ce qui le retient de fracturer l’os sèchement, de se délecter d’un craquement devenu effroyablement familier. Trop souvent morcelé puis ressoudé. Les iris polaires défient les Siennes, s’y ancrent hargneusement. L’insolent provoque outrageusement, ne fait rien pour éteindre les braises. Ce n’est pas son courroux qui s’apaise. C’est le corps traitre qui le lâche. Ses malheureuses guiboles se muent en coton et c’est toute la pièce qui tangue. Il se rattrape comme il le peut à Sa manche, ne s’affale pas sur le carrelage seulement grâce au réflexe qui le sauve. Marionnette de chiffon, il se laisse manipuler docilement. A terre, il grimace lorsque les phalanges indécentes glissent contre son épiderme fiévreux, effleurent les plaies béantes. Il n’appose néanmoins aucune résistance, retire son haut pour Lui permettre d’examiner l’ampleur des dégâts. Evidente, l’anxiété se lit sur les traits de l’infirmier de fortune. Il tente d’en sourire, mais le mouvement furtif ressemble davantage à un rictus de douleur qu’à autre chose. « - On dirait que je ne suis pas le seul à aimer lancer des menaces en l’air. » C’est ce qui fait leur force. C’est ce qui les mène à leur perte. Maitres dans l’art de se pourrir l’existence, ils se précipitent pourtant toujours au secours de l’autre. « - Ce n’est… pas que pour l’argent. » Murmure-t-il difficilement, le souffle court. L’argent n’est qu’une médiocre excuse, même s’il en a certes cruellement besoin. C’est l’adrénaline pure qui le mène. Frôler la mort à chaque combat. Sentir la vie qui s’émiette, qui se rue hors de ses veines.

Le laisser panser ses meurtrissures. Il n’a pas le choix, le hacker ne lui laisse pas. Il sait que c’est un refus catégorique qui le clouera au sol s’il cherche à se relever. Les tremblements d’affliction redoublent alors qu’Il éponge ses blessures. Jusqu’à ce que la proximité dérive et que les suppliques caressent ses oreilles. Le manque cisaille ses entrailles, le met au supplice. Ses paupières se ferment alors que la bouche enjôleuse frôle sa compagne délicieusement, se pare de douceur pour l’amadouer. Il suffirait de tourner le visage de quelques infimes centimètres pour la capturer, pour la dévorer. S’il commence, il sait qu’il ne s’arrêtera plus. Mais il n’est pas prêt à faire cet aveu d’impuissance et dans un bref sursaut, il se redresse et trouve l'énergie pour repousser le damné. De ses piètres forces, l'ingrat l’envoie valser brutalement contre la tuyauterie, au risque qu’Il s’y cogne rudement. « - Dégage. » Siffle-t-il rageusement, loin d’être enclin à se soumettre si facilement. « - Putain mais tu crois vraiment que j’ai envie de voir défiler ta vie de merde ? Comment t’as baisé ce pauvre type et d’autres avant lui ? Plutôt crever. Je croyais que t’avais déjà payé toutes tes dettes ? Tu peux arrêter de te forcer. » Les sphères d’acier le fusillent. Océan en furie gorgé de l'impérieuse colère qu’il ressent depuis des mois. C’est l’orgueil blessé qui parle, qui le rend si arrogant, si puant. Les nerfs lâchent, expulsent la jalousie moribonde sans une once de retenue. Il n’a pas avalé non plus qu’Il prétende s’être prostitué avec lui et le prouve. Incisive, la diatribe fausse tous leurs rapports, sème le doute. Ravage les restes de raison du despote paranoïaque. La simple idée le rend malade, le détruit littéralement. « - J’ai survécu à pire que ça de toute façon. Regarde-toi, t’es une loque, tu peux rien pour moi. Les morsures finiront par cicatriser, j’ai l’habitude ces jours-ci. Arrête de t’inquiéter pour rien. » Maugréé le scandinave dans un soupir. Evitant les émeraudes entêtantes pour se reposer sur les compresses imbibées de son cruor écœurant. Il ne veut pas de Sa pitié, mais plus encore, il refuse d’empirer Son état. « - Contente toi d’essayer de stopper l’hémorragie ou va faire la sieste, mais n’espère pas servir de repas. » Un ultime grognement, moins irascible que les précédents. Il s’empêche de s’excuser, ravale les remords qui lui brûlent la gorge. Il l’a cherché.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Dim 27 Déc - 14:20


L’acide trace sa route. Se glisse dans Ses veines pour le briser de l’intérieur. Je l’aperçois sur le fer de ses traits. Et en ressens un simulacre de fierté. Corrosive et assassine devant la bassesse de l’attaque. Il me pousse à bout, m’oblige à faire preuve d’une attitude honteuse et détestable. Me calquer sur Ses répliques acerbes pour ne pas sombrer ni courber l’échine devant lui. Epoque révolue depuis bien longtemps. Je m’enlise dans l’horreur, lui crache à la figure une vérité qui me fait mal autant qu’elle Le heurte. Véridique et mensongère à la fois. Les frissons de plaisir restent présents sur la peau, partagée avec les lames de la honte. Chercher ailleurs ce qu’on a déjà à côté de soi. Je me suis comporté comme lui avec ces femmes que je déteste. Cherchant la chaleur d’une étreinte dans les bras d’un inconnu qui ne signifie rien. Et pourtant. Le silence se fait sur ma langue lorsque la réplique se brise contre mes tympans. Dommage que tu l’ais massacré. Je cille et oscille dans le vide. Perdu dans les brumes de ma mémoire. D’un passé effacé dans le sable et le sang. On m’a offert l’absolution. Sauvé par un fauve lâché par mégarde. Et je me suis contenté de cette version-là. Je n’ai pas voulu chercher plus loin. Les sourcils se froncent et la déconvenue s’affiche un instant sur mes traits fatigués. « - Je… Je n’ai pas oublié. Massacré… C’était le seul moyen de m’en sortir. La seule option pour qu’ils daignent me laisser une chance de me racheter. Le seul moyen… » La tentative pour me convaincre se solde par un élan de douleur dans la poitrine. Le sol qui vacille devant l’horreur de mon geste. Et les fragments de la lutte qui reviennent se poser sur mes rétines. Inconsciemment, je m’agrippe à Son poignet avant qu’Il ne chute. Parce que je peine à imaginer l’instant. A me dire que j’ai pu m’abaisser à une telle sauvagerie avec un être que j’ai pu désirer. Que j’ai possédé sans pudeur.

Chasser les pensées parasites dans un soupir, d’un infime mouvement de tête avant de laisser ses explications remplacer la douleur. Evidemment, l’argent n’est qu’un avantage. Le payement offert en plus de la dose d’adrénaline provoquée par la lutte. Je ne peux pas lui en vouloir pour ça. Moi qui trouve la même chose devant un ordinateur. Les doigts sur le clavier, le flux de chaleur dans les veines et le cerveau. J’acquiesce d’un infime hochement de tête avant de reposer mon regard sur les contours de la plaie Lui barrant le flanc. De toutes les horreurs qui maculent sa peau, c’est elle qui m’inquiète le plus. Celle qui m’attire le plus. La main contre l’écorchure, les phalanges qui s’y crispent avant que le contact ne me vrille le ventre. J’en crève, de ne pas pouvoir me briser contre Sa bouche. M’y heurter et m’abimer les lèvres jusqu’à ce qu’elles saignent. Renouer avec Sa chaleur, m’enivrer de cette présence qui m’est devenue vitale. L’attente se fait douloureuse et la réponse qui survient du néant me déchire la poitrine. Rejeté comme un malpropre, les mains qui se plaquent sur le carrelage pour ne pas chuter totalement face à la force de Son geste. Les dents claquent et se serrent, retiennent le flot de ressentiment venu se fracasser contre mon palais. L’éternel supplice. L’amour et la haine qui se partagent un seul cœur et l’écartèle pour mieux prendre le dessus. Dominer l’organe, jusqu’à ce qu’un seul sentiment parvienne à prendre le contrôle. Ce ne sera jamais le cas. Je m’entiche du Mal, brûle de passion pour le pire. Pour y trouver le meilleur, maculé de sang et de douleur. « - Elle ne sera pas aussi merdique que la tienne, on ne peut pas faire mieux que toi à ce niveau-là. Parce que tu crois que je te laisserais voir ça ? Ce que je fais avec les autres ne te regarde pas. » Je crache le venin dans un sifflement acerbe. Tout en me relevant sans Lui accorder le moindre regard. Frustré d’avoir été si aisément rejeté. De ne Lui être d’aucun secours et de me heurter à ma piteuse inutilité. « - Excuse-moi d’être suffisamment idiot pour me soucier d’autre chose que de ma personne. » C’est un feulement de colère qui s’échappe de mes lèvres. Et la voix se fait tremblante. J’oscille entre le besoin violent de lui venir en aide malgré tout et celui de Le détruire plus encore. Le laisser là pour de bon, sans regarder en arrière et ne plus revenir. Disparaître de Sa vie et de Ses délires. Si sur l’instant, l’idée me paraît tentante, je sais pertinemment que je serais le premier à céder. A revenir Le chercher une fois que la peine aura lavé les écorchures de ma colère.  

« - Mais tu as raison… Je vais arrêter de me forcer et ne plus m’inquiéter pour un pauvre type qui en a rien à foutre des autres. Montre-moi à quel point tu maîtrises la situation, je suis curieux de te voir à l’œuvre. Tu peux crever, j’en ai plus rien à faire au fond. » Les mêmes reproches qui reviennent sans cesse se heurter contre Sa carcasse. Je le toise avec mépris, serre dents et poings pour quitter la pièce après quelques piteuses secondes de silence. Pour m’installer sur le lit, la jambe agitée de tremblements nerveux. Un soupir de lassitude me déchire la gorge, et les paupières se ferment pour chasser la douleur. L’inconfort d’une situation que je n’étais pas prêt à supporter. Pas aussi vite. Pas après mon hospitalisation. Pas après les horreurs que l’on a tenté d’incruster dans mon crâne. Je m’efforce de rester sourd aux bruits qui émanent de la salle de bain. M’oblige à rester là, et l’arrivée de Perk sur le lit à côté de moi parvient à me faire changer d’idée. Le temps de quelques caresses, accueillies par un ronronnement tonitruant. Et les larmes qui perlent sur mes cils. Le reflet d’un tout qui se fait trop immense pour être contenu. Trop fragile pour côtoyer un être comme lui. Kyran et sa prestance. Elle écrase tout, comme lors de ce premier soir où il n’y avait que lui dans ce bar. L’insignifiance du reste du monde étalée à Ses pieds. Mon insignifiance. Un nouveau soupir brise le silence et je repousse doucement le félin prompt à venir se coucher sur mes genoux. Pour me relever et refaire mon entrée dans la salle de bain. Sans prendre le risque de croiser Ses pupilles assassines, je reviens me poster à côté de lui, mes mains s’attelant déjà à colmater la faille, la faire disparaître sous un bandage sain.

« - Même si je trouve ta petite crise de jalousie touchante, tu m’épuises Kyran. J’essaie de te comprendre, vraiment, mais je fatigue. Je m’inquiète parce que c’est comme ça que les choses fonctionnent. Comment peux-tu encore croire que je me force… Il n’y pas d’obligation face à ceux auxquels on tient, seulement de l’abnégation. Tu pourrais puiser jusqu’à ma dernière part d’énergie, que le résultat serait le même. Du moment que tu t’en sors, je me fiche du reste… » Je me fiche de mourir si Lui est sauf. La chose fait germer un nœud dans ma gorge. Je tremble le temps d’une inspiration, ravagé par ce piteux constat. Celui d’être lié à Lui, si étroitement et pour de bon maintenant. La blessure du flanc dissimulée sous de la gaze, je m’occupe alors de celle qui s’étend sur son bras. Tout en m’efforçant de Le toucher le moins possible. Juste ce qu’il faut pour les soins, rien de plus. Ignorant les frissons qui me lacèrent les bras au moindre contact avec Sa peau. « - Et le jour où elles ne cicatriseront plus ? On ne peut pas pousser la chance indéfiniment. » Je le murmure plus pour moi que pour Lui. Les yeux rivés sur la plaie, contraints de ne pas s’en relever. Malgré tout, je suis en train de courber l’échine devant Lui. Je m’écrase, et me mords la langue pour arrêter de faire la conversation. Laisser le silence s’imposer entre nous pour mieux me déchirer le cœur.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Mar 5 Jan - 22:36

Les mots se bousculent, se percutent. Se déversent hors des lippes en balbutiements qui pourraient être attendrissants dans d’autres circonstances. Ils ne lui inspirent qu’une profonde pitié. Le tortionnaire ne parvient pas réellement à compatir, pas après ce qu’Il l’a fait. La voix mesquine qui siffle qu’Il n’a récolté que ce qu’Il a pu semer se fait impérieuse, écrase celle encline au pardon. Il ne parvient pas à passer outre. Pas encore. Les blessures qui maculent la blancheur de sa peau sont insignifiantes en comparaison des sillons pourpres qui lacèrent son palpitant. Il imagine leurs corps entrelacés sans cesse, sans répit. Il ne pense qu’à ça depuis des semaines. Jaloux à s'en arracher les rétines à mains nues. Si la mise à mort barbare a été jouissive, elle n’en a pas moins été terriblement éprouvante. La terreur de Le perdre estompée, c’est la rancœur maladive qui domine. Elle s'accroche aux tissus de son épiderme, y tisse la plus sombre des toiles. Qu’Il en souffre ne l’émeut pas. Qu’Il soit trop atteint par la sentence sordide pour recommencer, pour retourner voir ailleurs, s’impose comme la plus exquise des punitions.

Le mouvement de recul est instinctif, insultant tant il survient rapidement. Facilement. Il est presque devenu plus facile de le repousser que de céder. Le flot de rancœur qui noie ses viscères rend plus douloureuse que jamais l’attirance pernicieuse. Il l’aime affreusement mal depuis le début, par crainte Lui laisser prendre toute la place dans son cœur semi-mort. Et même s’il est déjà trop tard pour l’empêcher, il perpétue ses ignobles habitudes, incapable de véritablement s’en détacher. « - Les autres ? » Il manque de s’étrangler en crachant la question. De s’étouffer de rage. Infecté jusqu’à la moelle par le vice, le libertin est le plus mal placé des deux pour s’insurger ou donner des leçons. Il n’a que le droit de se taire, de se faire le plus petit possible et d’endurer silencieusement l’affront. Mais il a fait l’erreur de prendre la fidélité du finlandais pour acquise. De croire qu’il pouvait s’enivrer d’autres courbes sans redouter qu’Il en fasse de même. Probablement parce qu’Il avait conscience de Ses abjects traumatismes. De Sa peau nue transie de peur contre la sienne la première fois. L’idée d’avoir fait sauter un verrou, menant peu à peu son amant à s’ouvrir à d’autres, le débecte. S’il préfère ne pas Le voir trembler d’effroi lorsque leurs reins se brisent, il déteste que d’autres puissent profiter de Son regain de confiance. « - T’es déjà pas foutu d’accepter ton régime alimentaire, et tu te crois capable de maitriser tes dons ? Me fais pas rire. Tu serais incapable de retenir le flot d’images, des années que t’as été transformé et tu continues de te conduire comme une pauvre mauviette pathétique chaque fois que tu dois te nourrir. » Le ton se fait dédaigneux, chargé de tout le venin qui peut engluer ses veines. Il méprise sans limites les congénères qui refusent d’embrasser pleinement leurs sublimes capacités. Qui se croient plus humains en se laissant stupidement crever de faim, alors qu’ils deviennent justement plus meurtriers lorsque le corps lâche et que le manque se fait trop intense. Leur espèce semble plus touchée que les autres par les remords inutiles.

« - Mais c’est ça, casse-toi si ça te chante, je t’ai rien demandé putain ! Je t’ai pas attendu pour me soigner les autres jours, t’as qu’à retourner faire la larve, tu fais ça tellement bien. » Lâche t’il avec véhémence, en envoyant le bout de son talon cogner brutalement contre Son tibia alors que la carcasse frêle se tient debout face à lui. Pas assez fort pour le faire chuter. Une pointe de culpabilité tiraille le torse du félon, mais il s’oblige à ne pas le suivre. Les mains maladroites s’emparent des compresses abandonnées, entreprennent de terminer Son travail. Il n’y parvient pas réellement, fait tomber l’alcool au mauvais endroit, échappe des jurons furieux. Il ignore si c’est la fièvre, la douleur ou la fureur qui le rendent si fébriles. La stupeur le gagne lorsque le hacker retourne gentiment dans la pièce s’occuper de ses plaies dégoulinantes. Démontrant un niveau de masochisme rare, même pour Lui. Au lieu de l’apaiser, la douceur des paroles l’irrite, jette davantage d’huile sur le feu. Le mafieux ne le mérite pas. Mais il ne décolère pas pour autant. « - De l’abnégation ? Comme c’est brave, comme c’est noble de ta part. » Un ricanement cruel s’extirpe de ses lippes. Sans prévenir, le bras amoché dont Il s’occupe se tend, agrippe rudement le Sien. Les doigts libres s’enroulent autour de Sa gorge, font rougir l’ivoire pâle. Il la tourne légèrement sur le côté, en hume l’odeur capiteuse. Un geste sec, et il pourrait briser Son si joli cou. L’une de ses jambes se positionne derrière Son dos, rapproche dangereusement l’enveloppe maigre de la sienne, plus solide. Ses lèvres effleurent la ligne parfaite de Sa mâchoire, remontent jusqu’au lobe de Son oreille. En mordillent la chair tendre. Manège suave contrastant violemment avec la rigidité de la prise contre Sa jugulaire. Le brasier se propage. Lèche ses entrailles avec une ardeur tyrannique, les réduit en cendres sanguinolentes. Brûlant de Le posséder. Les serpents fielleux dérivent, se coulent dans les boucles d’ébène en bataille. Il les saisit hargneusement, lui fait pencher la tête en arrière de force. « - Tu veux quoi ? Une déclaration ? Tu veux me faire pleurer avec ce ton tragique ? Tu veux m’entendre dire que tout est oublié, sous prétexte que t’es le moins pourri des deux ? Tu peux te la foutre au cul ton abnégation, et même te torcher avec ! Elle représente plus grand-chose quand t’es en rut on dirait. » Susurre t’il, mauvais comme la peste, avant de le libérer et de se relever plus rapidement que son état n’est supposé le lui permettre. La pièce continue de tourner, ses guiboles menacent de s’effondrer sous son poids, mais il tient par pure fierté. « - Ya rien à comprendre, j’aime pas être pris pour un con, c’est tout. Et je ne suis pas le seul à me contredire constamment. » Un dernier regard acide, et le scandinave retourne vers la chambre, lui tournant le dos. Les phalanges se pressent contre l’une des morsures barrant son abdomen tandis que les autres prennent appui contre le mur terne. C’est laborieusement qu’il parvient à se déplacer en grimaçant. Vieillard ivre de la proximité avortée.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Sam 9 Jan - 21:00


L’absence de réaction, le silence en guise de réponse. A peine un raclement de gorge sarcastique qui prend alors tout le poids de cette réplique qui ne vient pas. Toujours répugner à se nourrir et se croire capable de filtrer les rejets de ma mémoire. Une part de moi sait que je pourrais le faire. Pour Lui cacher une vérité que je ne veux pas qu’Il contemple ouvertement. Ma vie privée, au même titre que la Sienne. Des écarts pitoyables qui se comptent sur les doigts d’une main, sans importance. Des erreurs de parcours que je brûle d’effacer. La fatigue qui revient. Celle de faire face à la même impasse. Toujours elle, qui se dresse entre nous. Je me replis pour ne pas faire face. Eviter le torrent de lave qui m’arrache la gorge et me brûle le cœur. Résister contre l’envie dérangeante de Le mettre à la porte. Il saurait où aller. Contrairement à moi. C’est ce léger détail qui m’a poussé à Le suivre lorsque tout c’est effondré. Ca et autre chose c’est évident. Ne rien connaître d’une ville dans laquelle je vis depuis des années. Je ne suis qu’une ombre au milieu de ses rues. La morgue en repère de secours, le temps de trouver une solution. L’idée me fait hausser une épaule avant que je ne revienne m’échouer à Ses côtés. Brisé par la faiblesse qui me ronge dès qu’il s’agit du norvégien. Lui et ce caractère détestable qui me pousse à bout. Les armes jetées à ses pieds, je courbe l’échine devant lui et agite le drapeau blanc signant la fin d’un combat que je n’ai aucunement de mener. Les plaies qui se pansent dans un armistice factice. Et le venin qui revient s’échouer contre ma peau. Je sursaute lorsque Sa main vient s’agripper contre mon bras. Fronce les sourcils sous le coup de la douleur qui s’échoue contre ma peau et esquisse un geste de recul. Piteusement avorté devant la poigne qui me réduit la chair en lambeaux.

« - Sais-tu seulement ce que ça veut dire ? Hein, permet moi d’en douter. » Je le crache sans même prendre la peine de Le regarder. Et frissonne lorsque Ses doigts s’enroulent autour de ma gorge. Le cœur de la proie s’emballe dans sa poitrine, le souffle se fait erratique. C’est un jeu, et je m’y perds. Abaisse ma garde le temps d’une inspiration douloureuse, pour devenir une vulgaire poupée de chiffon entre Ses doigts. Les paupières se ferment et je me mords la lèvre. Ravale dans un spasme l’élan sulfureux venu électriser mes reins lorsque les corps se rapprochent. L’envie de Lui sur la langue, le désir impérieux dans le cœur. Et un profond dégoût entre les tempes. J’oscille entre deux envies contradictoires. La fascination et la répulsion. Le supplice de ces injections, répétées chaque matin pendant toute la durée de mon hospitalisation. L’erreur d’une orientation sexuelle défaillante corrigée au mieux, au point de parvenir à me dégoûter d’une passion qui me fait pourtant frémir. J’en soupire à l’instant même où Ses phalanges agrippent mes cheveux. Les paroles me heurtent. Frappent avec hargne alors qu’Il me relâche et me plante là comme un pauvre imbécile. Je cille, tente de remettre de l’ordre dans le désordre qui règne sous mes côtes. La mâchoire se serre sous le souffle d’une colère sourde. Elle me brise de l’intérieur, et tétanise mon cerveau. « - Je ne veux rien. Ou juste que tu arrêtes de te comporter comme le dernier des cons. Il y en a bien assez dans cette ville, pas la peine que tu en rajoutes. » Pauvre murmure s’échappant de lèvres sèches. Assassines qui préfèreraient restées scellées ou mieux, se briser contre les Siennes.  J’efface l’injure de pensées honteuses dans un raclement de gorge nerveux et me relève. Plus rapidement que je ne l’aurais voulu, le geste dérange l’ordre de mon petit monde et m’oblige à rester un instant debout dans la salle de bain avant de pouvoir retourner dans la pièce adjacente. Sa sortie était aussi pitoyable que mon entrée, mais la rage incendiaire dissipe la faiblesse au rythme de battements de cœur effrénés.

« - J’en ai rien à foutre de tes reproches. Si tu pouvais t’étouffer avec. Tu crois que tu es le seul à avoir le droit d’aller voir ailleurs ? » Le reproche, craché à Ses pieds. Les pupilles assassines qui s’écrasent contre Sa silhouette. Je serre la mâchoire pour empêcher mes dents de se briser les unes contre les autres. « - Tu n’aimes pas être pris pour un con… Mais tu fais tout pour Kyran. Et tu crois que ça m’enchante de devoir faire profil bas à chaque fois que tu es de sale humeur ? J’en ai marre d’être pris pour un truc que tu peux bousiller sans vergogne. J’en ai marre d’être là que lorsque je te suis d’une quelconque utilité. Pour être ensuite totalement ignoré. Pour être dédaigneux et puant, là tu es extrêmement fort. » La voix vibre et de nouveau, le nord s’invite sur ma langue. Je le toise, tout le dédain qu’Il m’inspire en cet instant fiché dans mes iris. C’est une nouvelle confrontation de plus qui me détruit. Eteint les braises de cette envie folle tout en continuant de me convaincre qu’elle est détestable. Le regard vacille et se pose alors que le placard. La porte branlante mal fermée et les vêtements qu’elle tente vainement de cacher. La poudre s’enflamme et explose. Le bruit de mes neurones qui s’agitent et se rebellent. La débandade dans le cœur, la rage au ventre et le désespoir sous la peau, j’ouvre la porte à la volée et empoigne quelques-unes de Ses affaires. Pour mieux ouvrir la fenêtre et les balancer au dehors sans la moindre hésitation. J’ai toujours eu horreur de ce foutu jean, et de ce t-shirt informe. Un ménage par le vide, une invitation silencieuse à prendre la porte. « - Démerde-toi pour les récupérer. Tu devrais aller prendre l’air avec, ça te remettrais peut-être quelques neurones en place. Pour ce qu’il en reste. Ou mieux, récupères tes chiffons et tire-toi. Va t’affaler devant la porte de Moïra, vu le temps que tu passes chez elle, elle ne verra pas de différence. » La fenêtre se referme dans un claquement en écho à ce flot de ressentiment qui s’écrase contre ma poitrine. La jalousie qui se mêle à la méfiance. « - Et si tu pouvais faire ça en silence. Les larves ont les oreilles sensibles. A la connerie surtout. » Une dernière raillerie lancée avec une œillade assassine avant que je ne revienne m’échouer sur le lit. Le corps tremblant et le cœur au bord des lèvres.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Dim 10 Jan - 23:21

Pernicieuse provocation. L’infecte raillerie enfle, grésille, ricoche contre son palpitant. Sa poigne n’en devient que plus hargneuse, que plus décidée à soumettre l’impertinent. Ses barrières de nacre crissent, se serrent sous le ressentiment qui anime la carcasse amochée toute entière. Le rappel sournois que leur culture ne se situe pas au même niveau. Et que si le mafieux est rusé, le hacker est surdoué. Brillant en comparaison du cancre qui n’a pas pu recevoir une éducation digne de ce nom, contraint par ses parents à cesser l’école tôt. Ce n’était pas faute de vouloir continuer. D’un tempérament doux et calme qui l’aurait prédisposé à affectionner la lecture, et non à jouer de ses poings pour se faire une place moins misérable dans un monde ravagé par la vermine. Aleksi est brillant tout court. Il n’y a que la drogue dépouillant Ses neurones d’élite pour réduire le fossé intellectuel entre eux. « - T’aimes ça, pas vrai ? » Susurre-t-il contre la gorge offerte, les lèvres suffisamment proches se délecter de la saveur entêtante de la peau. La voix grave se pare d’accents enjôleurs, laisse planer le doute quant au véritable sens de la question. En dépit des apparences, ce n’est toutefois pas de Ses talents à le faire frémir de convoitise qu’il parle. Et dans un souffle sulfureux, les propos ambigus se précisent. « - Etaler ta foutue science ? Jouer au petit prétentieux dédaigneux ? Tu devais être une jolie tête de turc si t’étais déjà comme ça gamin. Tu ferais mieux de ravaler ta bile, pour le peu que tu t’en sers de ton cerveau, t’as pas de quoi la ramener trop. » Il délivre enfin l’insolent de ses griffes, s’en éloigne piteusement. Il ne prend pas la peine de répondre au reproche qui percute son échine, préférant Lui laisser le dernier mot pour mettre un terme à leur ridicule scène de ménage. Le finlandais n’en a cependant pas terminé avec son cas.

La furie lui emboite le pas, vraisemblablement décidée à les lui briser jusqu’au bout. Un ricanement amer secoue son enveloppe, avant de se transformer en une violente quinte de toux. Des gouttes noirâtres de sang viennent maculer le plancher abimé. Le temps pour Lui de poursuivre son portrait désastreux et d’accentuer ses plaintes. Les jérémiades lui cisaillent les tempes, l’amusent tout en lui donnant envie de l’encastrer dans le mur le plus proche. « - Le droit ? J’ignorais que je l’avais, c’est trop généreux de ta part. » Ronronne t’il, un rictus carnassier en travers des lippes. S’il l’a, c’est aux risques et périls de celles dont il épouse les courbes aguicheuses. Les poupées éphémères défigurées et éviscérées par les soins du jaloux maladif. Le tyran se décolle de son appui de fortune, s’avance vers l’amant aux faux airs de mégère bafouée. « - T’en as marre ? C’est ce que tu prétends, mais dans le fond tu t’emmerderais comme un rat mort si je te traitais comme tu le mérites. C’est pas les occasions de te tirer qui ont manqué. Si tu restes, c’est bien que t’y trouves ton compte. Et si c’est pas le cas, la porte est grande ouverte. Qui sait, tu trouveras peut être enfin le bon toutou attentionné de tes rêves dehors. » Un geste large et méprisant en direction de la sortie, empreint d’une nonchalance certainement horripilante. Il n’a jamais rien promis, et certainement pas de se montrer attentionné et aimable. Allergique aux attaches sentimentales, aux promesses de fidélité. Il a toujours tenu farouchement à sa liberté, et ne s’imaginait pas devoir un jour rendre des comptes à quelqu’un. Surtout pas à un spécimen masculin. Inapte à assumer les dérapages incontrôlés, l’infamie sous les draps. Couple bancal et dysfonctionnel à l’extrême, uni sous le couvert de vulgaires prétextes. Tenir son génie à l’œil pour l’un, le garder sous le coude pour abuser de Ses bons et les loyaux services. L’empêcher d’aller à la concurrence en surveillant le moindre de Ses faux pas. Et pour l’autre, ne pas finir à la rue comme un pauvre malotru. C’est ce qu’ils prétendent à tour de rôle, avec plus ou moins de force et de conviction. Le leurre est devenu trop grotesque pour qu’ils puissent y croire eux-mêmes. S’il refuse de s’en séparer, c’est bien parce qu’il l’aime, et qu’il ne peut plus vivre sans Lui.

La stupéfaction domine lorsque Sa crise de nerfs éclate et que ses affaires sont jetées comme de vulgaires détritus à l’extérieur. Vite balayée par des pulsions de rage. L’incendie se propage, emporte les battements de son cœur dans une frénésie meurtrière. Il reste interdit une poignée de secondes, tremblant de colère, avant de se précipiter vers le lit défait sans réfléchir. Il agrippe sans cérémonie Son bras, le relève de force et le traine brutalement jusqu’à la fenêtre. Serrant vigoureusement pour étouffer toute tentative d’échapper à sa poigne de fer. La fenêtre est réouverte avec brusquerie, et sans laisser le temps à l’air vif du froid de s’infiltrer dans ses poumons, il empoigne Sa nuque et le pousse vers l’avant. A moitié basculé dans le vide, juste retenu par les phalanges qui broient le cou fragile. « - La vue te plait ? Et si t’allais les récupérer toi-même, en empruntant un petit raccourci, hum ? » Il fait ployer le buste maigre encore davantage vers l’avant pour l’effrayer. Lui faire payer et perdre Son excès d’assurance. Un petit laps de temps avant de finalement Lui permettre de regagner la terre ferme. « - Non tout compte fait, la hauteur n’est pas assez vertigineuse, j’ai pas besoin de me farcir un éclopé en plus du reste. » Le norvégien referme la vitre dans un claquement sourd, relâche le corps frémissant. Le prédateur revient pourtant s’y presser dangereusement, l’enjoint à reculer jusqu’à buter contre le mur.

Son souffle suave se mêle à celui haletant de sa proie. Il laisse sa main rêche remonter le long de son torse, capturer les pulsations désordonnées qui s’y heurtent. Les serpents racoleurs poursuivent leur inexorable ascension, se font caressants contre la jugulaire malmenée. « - T’aurais pu trouver un moyen plus subtil de te débarrasser des fringues que t’aimais pas. » La fureur s’est dissipée. Une pointe d’espièglerie imprègne son timbre et ses rétines acérées se fondent dans les émeraudes enivrantes. Le brasier lui chatouille le ventre, brûle les hanches qui se plaquent perfidement contre les Siennes. Le voir se rebeller contrarie le tortionnaire, mais Il n’est jamais plus désirable que lorsque la haine luit férocement dans Ses pupilles. Ses lèvres se scellent à leurs délicieuses partenaires dans un mordillement. L’armure délicate se déchire, mêle l’écarlate au goût addictif qui glisse conte sa langue. Il en soupire de plaisir, renforçant la prise sous sa mâchoire, comme pour l’empêcher de s’écarter. L’autre s’aventure agressivement contre la chute de Ses reins, la ramène le plus près possible de son bassin. Loin d’être tendre, le baiser cannibale est empli de toute la frustration qu’il accumule depuis des mois. L’échange l’électrise littéralement, incendie ses chairs. Il ne se décide à le délivrer de l’étreinte despotique qu’à contrecœur, les entrailles en lambeaux. « - Pour ta gouverne, Moïra n’a pas tes arguments… » Ce n'est qu'un murmure. L’une des très rares fois où la comparaison avec une femme ne sonne pas comme un terrible défaut. Où il admet ne vibrer réellement qu’avec Lui. Il recule néanmoins, lui rend Son espace vital pour respirer. « - Je vais prendre une douche. Je sais que tes hormones de femelle hystérique te travaillent, mais je te serais reconnaissant d’éviter le rangement par le vide. Je te prie de croire que si je descends les chercher, ce sera pas seul, alors évite si t’as pas envie de bouffer toute la neige du trottoir d’en face. » Cela sonne presque comme une invitation indécente, même si ça n’en est pas vraiment une. Il ne supporte simplement plus la crasse qui se colle à son épiderme, qui empeste. La brute refait le chemin en sens inverse, se traine jusqu’à la salle de bains en retirant son jean sale. Et n’hésite pas plus d’une seconde à commander un jet d’eau glaciale, pour faire tomber la fièvre. Autant celle qui s’acharne de l’intérieur, que celle qui menaçait de se loger entre ses cuisses.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Mar 12 Jan - 21:31


Récolter les fruits de ce que l’on a semé. Je me suis joué de Lui. De ce savoir supposé limité face au mien. Faible et vicieuse, l’attaque se fait acide lorsqu’elle prend toute son ampleur dans mon pauvre cerveau. La langue se fait châtier par mes dents et  le venin se ravale avec peine. Et la prise qui se resserre contre ma nuque se fait oiseau de mauvais augure. Amorce la suite de Ses paroles quand le début est parvenu à me faire frissonner de délectation.  Il est dans le juste. Je cille et baisse les yeux. Vacille dans la faiblesse et ravale la provocation. Le silence pour éviter d’aller trop loin. Admis en seconde année, à Cambridge à l’aube de ses seize ans, qui ne serait pas considéré comme une tête de turc ? Ou un sujet de curiosité tout au plus. Je me renfrogne et respire enfin lorsque l’étau se libère. Des battements de cœur frénétiques avant que la haine ne se diffuse totalement sous ma peau. C’est un élan qui détruit tout sur son passage, ouvre les vannes et libère ce trop-plein de ressentiment, retenu prisonnier depuis trop longtemps. Parce que j’y trouve mon compte. Au fond oui. Parce que j’ai besoin de Lui. Parce que malgré tout ce venin qui nous ronge, je suis incapable de m’en défaire. Derrière les crises et la colère, les fils d’un attachement certain peinent à se faire une place. Défaits pour mieux se ressouder dès que la trêve est signée. Pour mieux se faire déchirer au premier assaut. C’est un jeu incessant, sans gagnant ni perdant tant le niveau est le même dans les deux camps. L’amertume sur la langue et les poings qui se referment. Les frissons contre l’échine, c’est tout le corps qui vibre et tremble sous les secousses d’une colère assassine. J’ouvre la bouche, prêt à répliquer mais la referme aussitôt. Parce qu’il n’y a pas grand-chose à dire. Rien en fait, tant Il est dans le juste. Je soupire et détourne le regard. L’instant de calme avant que tout ne bascule. Que Ses affaires dégringolent par la fenêtre et que mon cœur explose. Il hurle et bat à tout rompre contre mes côtes, même une fois l’accès de démence terminé.  

La réaction est aussi soudaine que ma crise de nerfs. La poigne contre mon bras m’arrache un infime soupir de douleur. Un écho de résistance lorsque la fenêtre s’ouvre et l’envie pressante de faire machine arrière. Stupidement, je tire, grimace lorsque le bras craque sous la force qui le persécute. La peur du vide me prend aux tripes, et je m’agrippe au mieux au rebord de l’ouverture. « - Kyran… » L’angoisse dans la voix, il n’y a que son prénom qui s’échappe de ma bouche sèche. Les tremblements redoublent et la crainte se fait souveraine devant les secondes qui s’enchaînent. L’asphyxie dans les poumons et l’oxygène qui revient s’y engouffrer violemment lorsque la menace disparaît. Il m’a vidé, totalement. Le sang a abandonné mon visage et je lutte pour reprendre mon souffle. M’épuise à tenter d’apposer un calme de façade sur des traits tirés par la crainte. Je recule lorsque le norvégien revient vers moi. Me heurte au mur et frissonne d’appréhension. L’assurance s’est brisée. Elle a chuté pour se fracasser sur le sol enneigée. Alors je baisse les yeux, stupidement. Soumis face à l’ennemi. Et sursaute lorsque Ses phalanges se heurtent contre mon torse. La remontée me laisse interdit, tout comme les mots qui s’échouent contre mes tympans. Un maigre sourire sur les lèvres, fortement teinté de cette angoisse sourde qui refuse de me quitter. « - La subtilité te serais passée au-dessus de la tête, et tu ne m’aurais pas écouté. » Le murmure est faiblard, hésitant. Les pupilles se font fuyantes malgré l’envie déroutante de venir se heurter aux Siennes. Le rapprochement des corps ennemis me prend de cours. J’en frissonne et lorsque Sa bouche se heurte contre la mienne, j’en soupire. Le plaisir se presse contre mes dents, se glisse sur Sa langue pour mieux l’enflammer. Son audace me tue. Quand d’ordinaire il reste impassible, me laisse l’occasion de me jeter le premier dans le brasier de l’indécence. Qu’il soit l’instigateur d’un tel élan me fait esquisser l’ébauche d’un sourire contre Ses lèvres. Sa frustration trouve un écho dans celle qui me lacère le ventre. Mes mains s’agrippent à ses épaules, emprisonnent sa nuque pour l’empêcher de reculer. Et les siennes contre mes reins me plongent dans un tourment douloureux. A nouveau tiraillé entre cette envie délicieuse de me déchirer la peau contre la sienne. Et le besoin déroutant de Le repousser. Le cœur implose sous l’envie. Le bas-ventre se crispe face au dégoût. Le corps se morcèle et lorsqu’Il me lâche, la délivrance me coupe le souffle. Un soupir de frustration m’échappe et vient mourir contre Sa mâchoire. Et le murmure me fige, tant il est inattendu. L’aveu me fait ciller. Stupidement. Et la suite de Sa tirade me passe au-dessus de la tête. Je reste planté là comme un pauvre con, à papillonner des cils devant le fantôme de sa présence. C’est un faible sourire qui s’appose sur mes lèvres. Une esquisse qui gagne en force pour devenir sincère. Et la chaleur se distille sous ma peau.

Il me faut un long moment avant de quitter cette étrange léthargie. De me rendre compte que de l’eau coule et que je suis seul dans la pièce. Le regard dérive sur le décor, effleure le sang qui macule le parquet. Les traits se tirent, se crispent et l’inquiétude me pousse à reporter mon attention sur l’encadrement de la porte de la salle de bain. Pauvre crise d’un pauvre imbécile qui a oublié de s’inquiéter du plus important. Je me mords la lèvre devant ma propre bêtise et fait un pas en avant. Pour me raviser aussitôt. L’hésitation étreignant mon cœur. Face au calme, la fatigue se rue dans mes veines. Dans un soupir, j’attrape le paquet de seringues et sans la moindre hésitation, le balance par la fenêtre pour la refermer sans un regard en arrière. Un cadeau empoisonné pour tous les drogués de ce quartier de merde. Et sans réfléchir plus longtemps, je me débarrasse de mes vêtements. Gardant malgré tout mon caleçon, pour cacher la honte. Déjà mal à l’aise dans ma peau, mon hospitalisation n’a rien arrangé. C’est avec un nœud dans la gorge et le cœur battant que je me glisse dans la salle de bain. Me faufile sous la douche, derrière Lui. Le souffle retenu dans la trachée, mes bras viennent entourer Sa taille et les mains se déposent contre Son torse. Je me coule contre Ses reins et pose mon front entre Ses épaules. « - Je suis désolé. » L’excuse est pitoyable, inutile tant mon comportement est inexcusable. Et je doute qu’il daigne m’offrir son pardon. J’inspire, effleure du bout du nez l’arrête de Son omoplate. L’eau glacée me mord la peau et me pousse à me presser un peu plus contre Lui. Le temps se fige, l’angoisse s’apaise mais le cœur continue de battre avec hargne. « - Quand j’ai été… Lorsqu’ils m’ont… » Les mots se bloquent. Se figent sur ma langue tant ils sont douloureux, même des années après. Je renifle et esquisse un geste de recul avant de me raviser. « - Après ça, j’ai voulu me convaincre que j’étais normal. J’y ai cru pendant quelques temps avec Fanny. Jusqu’à ce que tu démolisses tout. Je n’ai pas besoin d’un toutou attentionné. Je n’ai pas besoin des autres. C’est toi qui me rends comme ça. Il n’y a que toi en qui j’ai réellement confiance. Que toi qui me touche comme tu le fais, sans que ça fasse mal. » Il n’y a que Lui qui me possède et me hante comme il le fait. Mon petit monologue est d’une niaiserie agaçante, à tel point qu’un léger rire nerveux m’échappe. C’était stupide, de Lui dire des choses pareilles après la tempête qui a sévit dans la pièce d’à côté. « - Tu te sens mieux ? » Arrête de parler bon sang. Le silence est ce qui me sied le mieux. Je repose mon front contre Sa nuque et me fait violence pour me taire. J’ai peur de Sa réponse. Au fond, je n’ai pas envie qu’Il réponde.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Sam 16 Jan - 23:59

L’eau gelée sinue le long de ses membres, en adopte les formes. L’hémoglobine sale se disperse. La brute endure le supplice sans broncher, les dents serrées. L’une de ses mains appuyée contre le carrelage froid. Il a besoin d’au moins ça pour se remettre les idées en place, pour figer le sang qui bouillonne furieusement dans ses artères. Endormir la colère qui continue de ronger ses viscères. Le feu sous la glace. Aleksi ne mérite pas d’en faire les frais. Même si les risques ont toujours fait partie du contrat, il sait qu’il va parfois trop loin. Qu’il pourrait finir par réellement le perdre, dans une arène ou avec un autre homme. Ou sous ses poings meurtriers. La tension agglutinée contre ses épaules se désagrège lentement sans pour autant complètement disparaitre. Déconnecté de ce qui l’entoure, il n’entend pas le finlandais se faufiler dans la douche à ses côtés. Il sursaute vivement lorsque les phalanges suaves entourent son ventre, imposent à leurs deux enveloppes une proximité qui n’est plus aussi familière après des mois d’éloignement forcé. « - Tu vas choper la mort, tu devrais pas rester là… » Marmonne t’il sur un ton mi-protecteur mi-grincheux, prenant subitement conscience de la température polaire. Sa paume se décolle du mur, vient se poser contre les serpents aventureux pour les écarter, mais il suspend son geste au moment où Il reprend la parole. Un soupir s’échappe de ses lèvres, et ses doigts se nouent aux Siens, comme pour lui signifier que l’offense est lavée. Il ne reste plus grand chose à pardonner en vérité, pour ne pas dire plus rien. Il hoche légèrement la tête tandis que l’étreinte se raffermit.

Les confessions lui glacent le sang. Il a beau les connaitre à la perfection, leur ignoble venin le tétanise à chaque fois. Palpable, la souffrance et l’horreur écorchent Son timbre, et il tremble à l’unisson. Comme immergé dans un lac sibérien, l’abominable vision lui coupe la respiration. Transperce ses poumons, en les vidant de tout leur oxygène. La répulsion lui soulève le cœur en songeant aux coups de reins qui l’ont déchiqueté. Son estomac se révulse, remonte jusqu’à son œsophage. D’affreux frissons secouent ses vertèbres, en songeant à l'abjecte barbarie dont Il a été victime. Au myocarde qui a sans doute manqué d’éclater de terreur, aux larmes écarlates arrachées. On ne se remet jamais réellement des sévices endurés dans l’enfer carcéral, il le sait. On ne peut que se forger une armure, se terrer dans l’oubli. Chercher vainement à effacer l’humiliation cuisante, les salissures. Il regrette seulement que Ses bourreaux soient déjà morts, le privant de l’opportunité de les massacrer. De les transformer en bouillie humaine. En un magma fétide d’ossements et de boyaux enchevêtrés.

Tu te sens mieux ? La question attentionnée lui fait esquisser un simulacre de sourire. « - Pas pire en tout cas. » Il n’a plus envie de vociférer. Les plaies purulentes continuent de lui tirailler le torse, mais il ne les sent plus autant. Il se libère doucement de Ses bras, arrête la pression de l’eau avant de se tourner vers Lui dans l’espace réduit. Le silence se fait, se veut salutaire pour ses tympans éraflés. Les rétines claires scrutent les émeraudes angoissées, tentent d’y imprégner un semblant de chaleur. Ses phalanges égratignées se lèvent, essuient les gouttes qui parsèment le visage attristé. Elles se logent ensuite derrière Sa nuque, comme pour l’empêcher de détourner le regard. Agrippent la tignasse sombre, les perles gelées qui roulent contre son épiderme. « - C’est moi qui manque de te jeter par la fenêtre et c’est toi qui t’excuse ? » Susurre-t-il contre Sa bouche, sans une once d’animosité. L’amusement n’est cependant que factice. Se raisonner ne sert à rien, il sait que la trêve sera encore brisée, qu’importe les promesses qu’il pourra se faire à lui-même. Trop sanguin et acariâtre pour qu’il en soit autrement. « - Je le sais. Et je regrette ce qui s’est passé. C’est toi qui a raison, je me suis comporté comme un pauvre type. » L’aveu s’extirpe finalement de sa gorge, ardu à admettre pour un orgueilleux maladif tel que lui. Le mâle dominant ne le répètera pas à nouveau mais consent à courber l’échine, à ne pas laisser son amant endosser tous les torts. « - Mais je t’ai veillé à l’hôpital, quand tu étais encore inconscient, entre la vie et la mort. Ça ne doit pas recommencer. Je ne veux plus revivre ça. » Plus jamais. Le ton se fait plus brusque, plus autoritaire. Néanmoins teinté en filigrane d’une angoisse évidente. Le légiste est le seul à avoir percé sa carapace à ce point. A s’être engouffré dans les failles jusqu’à se nicher dans les moindres atomes de sa chair. Le monstre a pourtant tout fait pour l’en empêcher, replié dans sa forteresse de haine. Habitué à atrophier les sentiments pour les empêcher de l’envahir, de se retourner contre lui. L’échec lamentable lui laisse un goût amer en travers de la trachée, endolorit ses membres de la tête aux pieds. Il déteste ça. Cette sensation de liberté volée. Le manque, l’assujettissement, la dépendance. Le mélange létal qui englue désagréablement ses veines, vire au calvaire.

Les serpents curieux descendent le long du torse fortement amaigri, frôlent les os avant d’emprisonner Sa taille frêle. Ses hanches se rapprochent irrésistiblement des Siennes, son visage fond contre Son cou. Les lèvres possessives l’effleurent, parsèment la texture diaphane de baisers ardents, la mordent. Comme des flammes, les doigts redessinent les contours de Son dos. La douceur éphémère s’altère inévitablement, la poigne devient plus revêche, plus passionnée. Inapte à faire preuve de délicatesse, tous ses gestes sont teintés d’une tendre sauvagerie. Le débauché marque l’ivoire de la peau, y imprime jalousement une violence mal contenue alors que les deux corps se heurtent à la paroi de la douche. Ses lippes capturent leurs compagnes esseulées, les dévorent avec fougue. Les mains baladeuses poursuivent leur inexorable exploration, font chuter le tissu qui recouvre ses flancs, glissent contre Ses fesses pour mieux l’asservir à sa volonté. Aguicheur à en crever, le scandinave en épouse les formes enivrantes. Se plaque sans hésiter contre l’épiderme fiévreux et ruisselant. Irrépressible, la vague de désir l’engloutit, le consume littéralement. Le rend ivre, insatiable. La proximité lubrique l’électrise et les mois de privation semblent décupler le plaisir malsain qui tyrannise ses reins. Les reptiles indécents capturent l’organe entre Ses cuisses, la virilité qu’ils auraient volontiers arrachée aux prémices de leur relation déviante, et se l’approprient dans des mouvements lascifs réitérés. En contradiction totale avec le reste de Ses réactions, c’est contre toute attente le calme plat qui l’emporte. Le libertin s’acharne, avant de saisir l’inutilité de l'entêtement et de libérer la pauvre chose de son emprise. L’agacement le titille, même en s’efforçant de préserver ses nerfs et de ne pas se vexer. La carcasse ne s’éloigne pas pour autant de la délicieuse tentation, sa bouche s’écarte seulement de la Sienne, dérive vers le lobe de Son oreille. A bout de souffle. « - Le traitement ? Tu veux qu’on arrête là ? » Demande t’il, d’une voix qui se voudrait neutre, mais qui reste trop rauque pour faire réellement illusion.

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MessageSujet: Re: /!\ Misfits (.Kyran)   Dim 17 Jan - 20:58


Le froid sur la peau. J’ai beau affectionner les températures polaires, les gouttes qui me mordent la peau n’ont de cesse de me faire frissonner. Faire baisser Sa fièvre en s’attrapant un coup de froid… Qu’elle merveilleuse idée. Il a raison, je ne devrais pas rester là. Pour lui, pour moi. Ce rapprochement ne devrait pas avoir lieu. Parce qu’il est nocif. Parce que mon cœur me fait mal, à battre si fortement contre ma poitrine. Il me rappelle que je suis stupidement faible. Fatigué, au bord du gouffre. J’ai lutté pendant tant de temps, effaçant l’opprobre en me disant que tout disparaîtrait dès l’instant où le traitement cesserait. Une connerie de plus à jeter sur le tas de toutes celles qui peuplent déjà mon petit monde. Je ne devrais pas rester là et pourtant je ne fais que m’agripper plus fortement contre Son abdomen. Cherche le refuge de ce corps rendu étranger par l’éloignement. Etranger mais difficilement oublié, la peau qui se tend sous la pulpe de mes doigts a toujours la même texture. Le souvenir se rappelle à ma mémoire, vif et incisif, et j’en frissonne. Ses doigts qui viennent se nouer aux miens, font dégringoler une nouvelle série de frissons le long de mon échine. La brûlure contre mes phalanges ravive l’envie déroutante de me détacher. Et le désir cuisant de me rapprocher. Sa réponse ne me satisfait qu’à moitié. Distille un vent de panique dans mes pauvres artères qui se crispent au même titre que mes traits. Je le déteste, ce maudit trafic. Ce club et cette arène. Son besoin pressant de faire rugir l’adrénaline dans son système pour mieux se bousiller. Le comble de l’ironie. Le drogué qui reproche son addiction à un autre dépendant. J’ai honte de mon piteux raisonnement, et par instinct je me retrouve à baisser la tête entre Ses épaules. Un soupir reste coincé dans ma trachée et se change en un infime râle de frustration et de mécontentement lorsqu’Il finit par se libérer de mon étreinte. Mon pied glisse contre la céramique abîmée. Je me replie légèrement sur moi-même, avide de trouver un semblant de pudeur quand il est pourtant inutile d’en chercher.

Le silence me déchire de l’intérieur. Presque autant que l’acier de ces prunelles qui s’ancrent aux miennes. Je les évite un bref instant puis finit par céder. Je m’y perds, en redécouvre les nuances pourtant familières et réalise à quel point l’effet qu’elles peuvent avoir sur moi reste inchangé. Ce magnétisme déroutant et cette forte chaleur dans le bas du ventre. Le besoin irrépressible de les laisser me fasciner jusqu’à l’excès. Je réalise alors que mon souffle s’était suspendu dans ma trachée. En apnée devant le charme de ce regard magnétique, je soupire et reprend mon souffle lorsque les mots brisent le silence. Un infime haussement d’épaules en guise de réponse, la bouche qui s’ouvre pour se refermer aussitôt lorsque les phalanges s’agrippent contre ma nuque. L’aveu me fait alors esquisser un maigre sourire. Toucher naïvement par ce murmure, parfait étranger sur Sa langue. Une main se fait tremblante et vient se couler contre la courbe de Son cou. « - Moi qui pensais que tu passais toutes tes nuits à frapper des monstres. » Une infime moquerie pour dissimuler le trouble engendré par la révélation. Moi qui pensais qu’Il m’avait laissé pourrir dans cette chambre sans s’en soucier. La mauvaise habitude qui m’oblige à me borner à Le voir comme un parfait salaud. D’oublier que sous la couche de merde, il y a encore quelque chose à sauver. Je me suis échiné à la gratter pourtant, devinant la lumière quand il ne devait rester que du vide. « - Ca ne recommencera pas. » C’est une promesse qui s’échappe de mes lippes dans un soupir. Cette erreur me coûte plus que je ne l’imaginais. Elle me brise et me bride. J’en suffoque un instant, m’agrippe alors à Ses épaules pour ne pas sombrer et exulte la trace d’un plaisir coupable lorsque Sa bouche dévore mon cou. Mes hanches contre les Siennes, l’enivrement des sens et l’ivresse au bout des doigts. Ils s’échouent contre les épaules, caressent la chair et glissent contre Ses bras. Sa violence me fait gémir d’une satisfaction malsaine lorsque mon dos heurte le carrelage froid. Je la préfère à ces élans de douceur. Calme éphémère voué à disparaître dans les flammes de cette sauvagerie qui Le caractérise. Le baiser m’enflamme le cœur. Mais les phalanges qui s’aventurent contre mes reins font renaître les vapeurs du mal être. C’est la nausée qui me prend les tripes, le rejet sur ma langue qui frôle la sienne langoureusement. L’accablement dans les reins, et la contradiction dans les attitudes. Je le veux. Aussi violemment que lors de notre première rencontre. Je brûle de Le sentir plus près encore, d’éprouver la force de Ses reins enchaînés aux miens. Le désir décuplé par l’éloignement se heurte alors avec rage contre le chimique qui me dissout les veines. Et lorsque les doigts se glissent entre mes cuisses, je chute. Une main reste fermement agrippée contre son flanc, mais l’autre vient se poser sur Son torse, prête à Le repousser.

C’est la honte dans les veines et la colère dans le cœur qui accueillent l’absence de réaction. Mon propre corps qui se joue de mes envies et s’octroie le droit de me tourner le dos. Je râle lorsque Sa bouche abandonne la mienne et crispe mes phalanges contre Son torse. Je tremble. De froid, de rage et de rancœur. Me mords avec hargne l’intérieur de la joue pour ravaler le flot de haine qui vient de se heurter contre ma langue. Je cille, effleure les contours de ce corps qui m’électrise. Je veux arrêter là. Egoïstement je serais capable de le faire. Mais l’état dans lequel Il se trouve appose un infime sourire sur mes lèvres. L’ébauche d’une pensée salace venue faire briller mes prunelles qui s’ancrent aux siennes. A défaut de pouvoir partager l’extase, Il sera le seul à la connaître. La main contre Sa peau L’oblige à reculer, inverse les rôles. Les souffles se mêlent jusqu’à fusionner, mes lèvres s’écrasant avec hargne contre les Siennes. J’abandonne le rythme effrénés des pulsations de Son cœur, agrippe Sa nuque sans douceur et laisser mon autre main effleurer la peau tendue de Son bas ventre. Le geste se fait lascif, indécent, lorsque la provocation se glisse entre Ses cuisses et se fait maîtresse de Son désir. Le tyran à la merci de son employé. Les caresses se font lubriques, attisent et exacerbent le feu qui lui déchire les reins. Mes hanches reviennent se plaquer contre les Siennes, emprisonnent l’impudence entre nos deux corps et la laisse captive de mes phalanges. Sa frustration et les soupirs qui s’échouent contre ma langue me suffisent. M’enlisent dans une chimère langoureuse, satisfont le désir brûlant qui s’enflamme dans mon cerveau. Le corps se tend, vibre et se comprime. La prise contre Sa nuque se renforce pour l’empêcher de s’éloigner de mes lèvres, assassines dangereusement scellées. Le râle de plaisir se meurt contre ma langue lorsqu’Il vient entre mes doigts. Le souffle court, le cœur en perdition, je Le libère lentement de mon emprise. Le front se pose alors contre le Sien, un dernier geste tendre avant l’éloignement fatal. Le froid revient se heurter contre ma peau lorsque je m’extirpe de la douche. Encore fiévreux, perdu dans les brumes de mon pauvre cerveau. Réalisant avec peine ce qu’il vient de se passer. La prise de contrôle d’un fou téméraire. La jouissance de l’autre dans le cœur et contre la peau en seule satisfaction. Je récupère à la hâte un t-shirt et un short, les enfiles en silence pour venir me glisser sous la couette. Face au mur, dos au reste du monde. Seul avec mon déshonneur et cette douleur qui me détruit le corps. Ce n’était qu’un pauvre instant de calme avant la prochaine tempête. La prochaine déchirure. J’en frissonne et me pelotonne encore plus sous les draps, pour y disparaître totalement.

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/!\ Misfits (.Kyran)

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